Archives de catégorie : Sociologie

Les études sociologiques

Antivax, arguments et histoire

La mouvance antivax n’est pas une nouveauté née avec le covid. C’est une vieille histoire et les arguments en sont éculés. Je ne parlerais pas ici des argumentations trop fantaisistes comme l’inoculation d’une puce ou du virus du SIDA au cours de la vaccination ni du complot international des pédophiles, on doit quand même raison garder.

  1. La crainte des effets secondaires.
    La rumeur, rapportée par l’historien Laurent -Henri Vignaud, a circulée au XIX ème siècle que les vaccins pouvaient rendre les femmes stériles. Rumeur remise à l’ordre du jour par les antivax.
     il même été affirmé que pour éliminer la race Arabe (si tant est qu’il puisse s’agir d’une race) on inoculait dans le vaccin une partie de sang Juif.
    Autre rumeur du début de XIX ème, la crainte de la Minotaurisation ! La vaccin de la variole étant conçu à partir de la vaccine de porc, l’idée à germée que la vaccination pouvait engendrer des déformations faisant apparaître des attributs porcins aux gens vaccinés.
    Ces rumeurs ne sont pas loin de ressembler à celle faisant état du risque de modification de notre ADN par le vaccin ARN.

  2. La cupidité des laboratoires
    Au XVIII ème les médicament étaient fabriqués par les Apothicaires (Artisans pharmaciens). L’apparition des vaccin diffusés à large échelle a entrainé la naissance d’une industrie pharmaceutique, immédiatement remise en cause pour son appétence pour les profits. En 1880 le journaliste Henri Rochelot traite pasteur de « Chimiste financier ». Le vaccin aurait été imaginé pour favoriser les profits des laboratoires et aurait fait plus de morts que de guérisons. Donc rien de nouveau sous le ciel !
    “Les flots du vaccin deviendront le Pactole des vaccinateurs”, ose le docteur Maurice Deutsch dans un mémoire sur la vaccination en 1881.

  3. La protection naturelle
    Autre argument intemporel : le principe même de la vaccination serait contre-nature et le corps humain, qui dispose de défenses immunitaires, n’en aurait pas besoin pour se défendre contre les maladies. Pendant longtemps, on a cru que la variole était une maladie “atmosphérique”, due à l’air impur de certaines zones urbaines et pauvres. Elle pouvait, selon les tenants des théories holistiques, être due à de mauvais comportements, pathogènes en eux-mêmes. “Quand une personne tombe malade, c’est qu’elle s’est mal alimentée, qu’elle vit dans un environnement dégradé ».
    En 1857 le docteur Villette de Terzé affirme : «  le vaccin est un délit contre le corps ». Cet argument a pris force avec l’apparition des médecines alternatives. On retrouve là l’argument des frères Bogdanoff : « Nous sommes en bonne santé donc nous ne craignons pas le virus » … raté !

  4. Le refus de la vaccination obligatoire
    Et là non plus, rien de neuf. En 1853, l’Angleterre se dote de sa première loi de vaccination obligatoire contre la variole. Cet événement politise inévitablement le débat. Les premières ligues anti-vaccin sont créées, comme la National Anti-Vaccination League ou la London Society for the Abolition of Compulsory Vaccination. Des manifestations éclatent, notamment dans des villes ouvrières du nord : Leicester, Manchester ou Gloucester. Des villes loin du pouvoir central, comme une résistance à l’État. La principale différence, finalement, réside dans la multiplication des canaux d’information, car avec les réseaux sociaux, les théories du complot circulent plus vite, rendant difficile l’explication rationnelle face à la peur.

Conclusion
On voit que tous les arguments développés par les antivax sont de vieux serpents de mer qui resurgissent à l’apparition de chaque nouveau vaccin. A chaque fois ces arguments sont balayés par l’histoire. Les faits sont têtus et donnent régulièrement tort aux aintivax. Malheureusement eux aussi dont entêtés et resterons dans leur total déni de réalité.
Tout cela ressortira quand on trouvera un vaccin contre la malaria ou le SIDA propagé par le même type de leader et relayé par le même type de suiveurs.

P.S. Il est curieux de voir que la sortie de nouveaux médicaments ne suscite aucun rejet alors que les protocoles de validation des vaccins et des médicament sont identiques

L’erreur de Marine Le Pen : de-diabolisation n’est pas de-radicalisation.

Héritant de son père du front national, Marine Le Pen trouvant ce mouvement trop radical pour accéder au pouvoir à lancé son processus de « dédiabolisation ». L’idée n’était pas sotte, au départ, mais elle semble maintenant avoir atteint ses limites.

Le concept était, pour obtenir plus d’accessibilité vis à vis de l’électorat, d’abandonner le côté néo nazi du parti de son père pour se recentrer vers une « droite dure » mais acceptable par une plus grande partie de l’opinion. En un certain sens elle a réussi son pari.

Pourtant elle semble se trouver dans une impasse. Après sa piètre présentation devant Emmanuel Macron lors du « débat du 2ème tour » elle a commencé à être critiquée. A l’intérieur même de son parti un courant s’est développé mettant en doute sa capacité à accéder un jour à la présidence de la république. C’est toujours mauvais (le début de la fin) dans un parti quand on ne représente plus une possibilité de victoire … on devient inutile, voire un boulet. D’autre part, en voulant recentrer son propos Marine Le Pen se trouve prise en tenaille entre l’aile droite de son parti (extrême droite Zemmour) et l’aile droite des républicains (Ciotti, Wauquiez) elle ne sait plus ou se situer pour se démarquer.

Elle est donc bloquée sur sa gauche et débordée sur sa droite. De nombreuses personnalité de son parti désertent pour rejoindre Éric Zemmour, non pas qu’ils apprécient le polémiste (dont ils espèrent sans doute se débarrasser), mais pour reformer un parti d’extrême droite qui remplacera le rassemblement national. Elle se trouve, en quelque sorte, évincée de son parti.

C’était tout à fait prévisible. Elle a voulu « de diaboliser » le FN alors que son parti était largement constitué de gens radicalisés, absolument pas prêt à la moindre concession. Elle se recentre, mais le rassemblement national, qu’elle a voulu éradiquer, se reconstitue sur sa droite. Elle se retrouve exclue de l’extrême droite. Elle a réussie à se de diaboliser mais les fondamentaux de l’extrême droite sont restés.

Tant que les militants pouvaient penser qu’elle avait une chance d’accéder à la présidence de la république ils la soutenaient par intérêt. C’était la carotte qui fait avancer l’âne. Aujourd’hui ils l’a boudent car elle leur devient inutile.

La grande erreur stratégique de Marine Le Pen et d’avoir cru que l’on pouvait « de diaboliser » un parti comme le FN sans en « de radicaliser » ses membres. Fermement ancrés dans leurs positions, ceux-ci sont imperméables à toute évolution.

Les mariages arrangés

Il est de coutume, dans certaines civilisations moins « évoluées » que la notre que les mariages soient arrangés par les parents sans que les futurs époux aient leur mot à dire. C’est un usage qui nous paraît, à nous citoyens des pays occidentaux, totalement aberrant, injuste, voire un tantinet barbare. Dans nos civilisations nous privilégions le mariage dit « d’amour » sur ces mariages de raison, mais c’est un fait relativement récent. Il n’y a encore pas bien longtemps les mariages en France étaient arrangés par les parents pour des raisons socio-économiques (regroupement des fortunes, des patrimoines fonciers, pour assurer l’avenir de la future épouse, …). Ce n’est qu’à partir de la fin du XIXème, début vingtième siècle que la notion de mariage d’amour c’est imposée, soit il y a environ 100 ans.
Pour mieux cerner cette conception du mariage tentons d’oublier de la voir par nos yeux et de nous mettre dans le contexte d’une époque et de sa culture.
Dans les temps anciens deux critères pouvaient garantir la survie de l’espèce :
1) La force physique, garantie de la survie individuelle
2) La fertilité garantie, de la survie collective
Ces deux notions ont institués la domination de l’homme sur la femme (force physique) et la notion de la protection qu’il lui devait (fertilité). Il semble que cet archaïsme dure encore, partiellement, de nos jours alors qu’elle n’a plus sa raison d’être.
La civilisation évoluant lentement cette domination-responsable a placé les femmes dans un position de dépendance, à tel point qu’il n’existait pas de place dans la société pour une femme non mariée. Elle ne pouvait ni garantir son intégrité, ni assurer sa subsistance, et encore moins élever des enfants. Le mariage se présentais alors comme une nécessité vitale pour éviter une vie d’apocalypse. Il ne s’agissait pas d’assurer son bonheur mais tout simplement sa survie.
Il s’est institué ,tout naturellement, la responsabilité pour les parents, d’assurer l’avenir de leurs filles de leurs trouver un époux. En corollaire, et pour rendre les choses possibles, il était indispensable que les parents puissent également imposer leur volonté à leurs garçons (qui devaient jouer leur rôle dans ce marché)
La notion de « mariage arrangé » c’est tout naturellement imposée sous la responsabilité des parents. Notons que les filles étaient redevables à leur père de leur trouver « un parti » et de tous les sacrifices que devait faire la famille pour les marier (dot, trousseau, cérémonie …) Les garçons n’étant pas en mesure de trouver par eux même une épouse (puisque les filles, confinées à la maison, n’étaient pas disponible sans le truchement des parents) étaient redevable à leurs parents de leur trouver une épouse et de leur assurer un statut social.
Loin d’être l’horreur que nous imaginons aujourd’hui le « mariage arrangé » était plutôt vue comme une bénédiction !
Dans la littérature médiévale l’amour entre garçons et filles reste célébrée, mais plus sur le plan de l’amour impossible à concrétiser (Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Guenièvre et Lancelot).
L’amour : oui, mais le mariage d’amour : non !
Ce sont souvent les conditions socio-économiques qui dirigent les mœurs et usages des sociétés. Les mariages arrangés, voire forcés, n’échappent pas à la règle. Les filles confinées à la maison et aux tâches ménagères ne sont pas autonomes et n’ont pas de moyens de subsistance hors d’un foyer. Elles quittent donc la dépendance du père pour la dépendance de l’époux. Elles n’ont pas de moyens d’existence. Les parents, en toute affection, s’efforcent de trouver pour elle le meilleur époux et le meilleur avenir. Notons qu’a cette époque les filles et les garçons étaient redevable à leurs parents de leur trouver un « bon parti ».
En occident, c’est, sans doute, à partir de l’époque romantique que la notion de bonheur dans la relation homme/femme se développe. La démocratisation de l’éducation, sa laïcisation, l’accès des femmes à la culture et à l’autonomie ont progressivement placé l’individu au centre du débat et le mariage, pure arrangement social, est devenu une recherche du bonheur. Comme toujours les idées vont plus vite que les usages et le « mariage arrangé » a perduré un certain temps pour devenir tout à fait exceptionnel.
Il existe toujours un « gap » d‘une cinquantaine d’années entre les idées (les progressistes) et les coutumes (les conservateurs). On a récemment observé ces querelles avec les lois sur la contraception, l’avortement, le pacs, le mariage pour tous, aujourd’hui la PMA et sans doute demain la GPA. A chaque fois le conservatisme a lutté contre la nouveauté, mais à du s’incliner. Pas plus qu’on ne lutte contre la nature, on ne lutte contre l’évolution des civilisations.
Aujourd’hui la notion de recherche du bonheur (propre aux civilisations de nantis !) est le fondement même du mariage, et le « mariage arrangé » nous paraît antinomique avec cet objectif. Il en est autrement dans des sociétés ou la vie est plus difficile et ou la notion de survie passe avant la notion de bonheur. Essayons de voir chaque situation avec les lunettes qui conviennent. Nos lunettes de nantis (nos Ray Ban) nous offrent une version déformée de la réalité des autres sociétés. Ne jugeons pas les sociétés plus archaïques avec nos lois, comme d’ailleurs ces sociétés ne devraient pas juger nos comportements avec les leurs.
De nos jours la situation est, évidemment, complexe car les sociétés ne sont pas homogènes et coexistent les mouvements conservateurs et les mouvements dit « progressistes ». Cette dualité d’opinions est bien sûr génératrice de conflits. La diffusion très large de l’information entre les diverses sociétés active les désirs et les peurs. Les divisions au sein des familles et même dans l’esprit de chacun sont monnaies courantes. Les mutations de la société se font, c’est malheureusement le propre de l’homme, sur un fond d’intolérance et de façon chaotique.

Ce que l’on peut tirer comme leçon est que la notion de mariage, purement sociétale jadis et devenue tout récemment, chez nous, une recherche du bonheur à deux. Avec l’accroissement des divorces, la dérive des mariages vers les pacs, on peut penser que nous nous tournons, de plus en plus dans le mariage, vers une recherche du bonheur individuel. C’est pourquoi on divorce dès que rien ne va plus. Comme dans tous les domaines la société « Ubérisée » vire au chacun pour soi… attendons la suite !

PS. Signalons que la polygamie s’est développée dans des pays ou peu d’hommes étaient riches et pouvaient subvenir aux besoins ‘une femme. Ceux qui en avaient les moyens y pourvoyaient. Cela peut nous paraître choquant mais c’était une nécessité pour assurer la survie des femmes et une descendance abondante.

La démocratie, Utopie populiste !

On oppose souvent démocratie (la panacée) et populisme (l’horreur absolue), mais à l’analyse il s’avère que le distinguo est bien plus subtil.
L’exemple classique que l’on donne de la démocratie est la « démocratie Athénienne ». En y regardant de plus prés ce n’est pas aussi évident. A priori dans ce système dit « de gouvernement par le peuple » chacun pouvait donner son avis et participer aux débats et aux décisions. Mais pour être citoyen Athénien et pouvoir voter, il fallait :
1) être né d’un père citoyen Athénien
2) ne pas être esclave
3) Ne pas être une femme
4) Ne pas être métèque (Étranger)
Ceci réduit, les citoyens votant à une petite caste bourgeoise se transmettant le droit de vote de père en fils, et la démocratie à son minimum.
Dans nos pays occidentaux nous avons opté pour une large démocratie, mais sur un mode représentatif. Jusqu’au début du XXème siècle le régime a fonctionné car le peuple, ignorant, faisait confiance à ses élites pour diriger le pays. Progressivement avec le développement de l’éducation obligatoire « le peuple » à enrichi son sens critique et la confiance dans les élites s’est effrité. Aujourd’hui chacun se sent en droit, et parfois en devoir, de prendre part aux décisions et le vent de la « démocratie directe » souffle très fort. Elle est supportée par les courants populistes. C’est bien normal puisque le « pouvoir au peuple » implique la démocratie directe ! Mais celle-ci se heurte à deux écueils :
1) Avec 67 millions d’habitants il est très difficile, pour chaque décision de consulter chacun, et ce pour des questions techniques. Peut-être que les votes numériques pourront permettre un jour de lever cette barrière.
2) La démocratie directe, en l’absence de partis représentatifs et fédérateurs confine vite à l’anarchie. Celle-ci entraine vite l’émergence de groupe dominants et de la dictature (confère l’Allemagne de 1933)
En fait, la véritable démocratie n’a jamais existé et n’existera jamais car elle n’est pas viable et confine vite à la dictature. C’est une simple utopie souvent mortifère (Confère Mao, Staline, Castro, Mussolini, Franco …) Il nous reste la « pseudo » démocratie sous sa forme représentative dans laquelle le pouvoir confisqué par les représentants est sans cesse remis en cause par les masses populaires.
Le système idéal de gestion des société reste à inventer car aucun de ceux mis en œuvre ne s’est vraiment imposé. Pour le moment tenons nous en au moins pire qui est celui dans lequel nous vivons.

Le mythe du drapeau ou la confusion du sujet et de l’objet

Une polémique de plus à propos du drapeau Européen déployé sur l’arc de triomphe de la place de l’étoile en l’honneur de la prise de fonction d’Emmanuel Macron à la présidence de l’Union Européenne. La polémique, en elle-même, n’a que peu d’intérêt (quand nous avons 200.000 cas de contamination, que Poutine menace l’Ukraine, que Xi Jinping muselle Hong Kong, que les catastrophes climatiques sont légions …). Savoir si le drapeau Français a été omis ou si le drapeau Européen a remplacé le drapeau Français, si celui-ci a été retiré suite à la plainte des oppositions ou selon le calendrier établi par la majorité et sans doute du niveau intellectuel de nos élites politiques, mais j’avoue être largement dépassé par tant de perspicacité !

Mais de toute mauvaise chose on peut retirer du bien, et cette polémique n’échappe pas à la règle !

Ce qui doit nous interpeller en la matière est la confusion entre le symbole et le concept qu’il représente. Une idole n’est rien qu’un icône, un symbole, que l’on doit vénérer pour ce qu’elle symbolise et non pour ce qu’elle est.

L’une des premières manifestation de la lutte contre l’idolâtrie se trouve dans la bible. Pour les religions abrahamiques, l’idolâtrie est une corruption, une impiété à combattre. Lorsque Moïse descend du mont Sinaï et qu’il voit les Hébreux adorer une idole, le veau d’or, ce qui est interdit par le Deuxième Commandement, il est pris d’une colère si grande qu’il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher.

Rappelons, donc, ce qu’est un symbole, une icône, une représentation, une signalétique. Prenons par exemple le pictogramme des toilettes hommes et femmes. Il nous indique la fonction, le contenu d’un lieu, mais il ne viendrait à personne de confondre le symbole avec le lieu. Il n’est qu’une information graphique (compréhensible même par ceux qui ne savent pas lire) qui nous indique ou est le lieu considéré, et comment nous y comporter.  Il est d’autres symboles, plus chargé d’émotion comme par exemple des statues religieuse, la Kaaba à La Mecque, ou encore la dent de Bouddha au Sri Lanka. Il sont adorés non seulement pour ce qu’ils représentent mais également « en soi » pour ce qu’ils sont. La commence la confusion entre l’objet symbole et le sujet qu’il est censé représenter.

C’est ce qui arrive notre à drapeau national. Il est là pour représenter notre nation, dans sa pureté, sa grandeur et ses valeurs positives. Dans ses conditions il ne représente pas véritablement la nation telle que nous pouvons la vivre au quotidien avec ses vicissitudes, ses valeurs nobles et ses mesquineries mais plutôt un idéal rêvé de notre nation. Il représente un peu la France sans les Français !

Si, par ailleurs, on se représente la confection d’un drapeau formé d’un bâton et de bandes de tissus coupées dans des laies de trois couleurs et cousue ensembles, il perd de sa magie et de son aura. Ne confondons pas ce drapeau, simple agencement de divers tissus et ce qu’il représente : la nation idéale telle que la voudraient les Français. On peut vilipender une nation, la critiquer, la dénigrer comme on peut le faire de tout concept abstrait, mais on ne peut pas l’injurier, l’humilier car ces actions s’appliquent à des humains et jamais à des abstractions. Allez donc injurier la stoïcisme, l’existentialisme … qui se sentira blessé ?

On peut déchirer un drapeau, le salir, on ne peut le profaner. Premièrement parce qu’il n’est pas sacré, et secundo car il n’est que le bout de tissus qui symbolise une nation dans ce qu’elle a de plus idéalisée, mais qu’il n’est pas la nation !  Ne confondons pas, en la matière, le sujet et l’objet.

C’est ce que font les nationalistes de tous poils, adorateurs des drapeaux, soumis aux symboles. Ils rêvent d’une nation idéale qui n’existe pas et n’a jamais existé. Ils sont incapables de voir notre nation telle qu’elle est réellement aujourd’hui dans sa complexité, dans sa diversité, dans ses grandeurs et ses bassesses. Quand on place la nation au-dessus des Français on s’engage sur un chemin dangereux. C’est ce qu’ont prôné les idéologues communistes plaçant la survie du parti avant celle des citoyens. On retrouve cette approche dans le « make Amerique great again » de Trump qui place le destin de l’Amérique par-delà celui des Américains, elle sous-tend la plupart de idéologies nationaliste, et également certaines idéologies écologistes qui placent l’avenir de la planète au-dessus de l’avenir des humains.

Les nationaliste rêvent de forger une nation idéale et fantasmée, et sont prêt à sacrifier des humains pour cela. Ne pouvant représenter, dans cette vision, la nation dont ils rêvent ils se rabattent sur des symboles. Le drapeau est un support idéal pour incarner tout et ne représenter rien.

Gardons-nous d’adorer des « veaux d’or », ne confondons pas l’objet et son sujet, le mythe et la réalité.

Importantes précisions de vocabulaire

Il est un certain nombre de mots qui bien qu’utilisés couramment en psychologie, non pas un sens parfaitement défini. On se sert indifféremment de l’un ou de l’autre, ce qui entraine un certain flou dans la compréhension puisque chaque mots représente l’ensemble des significations de chacun. Pour lever l’ambiguïté essayons de donner un sens précis à chacun d’eux.

Humain, Homme, Femme

Le mot Humain sera réservé à la désignation des membres de l’espèce humaine (homo sapiens), le mot Homme désignera les individus Mâles et le mot Femelle désignera les individus Femelles

Perception, sensation, sentiment, attitude, intention, Comportement

C’est l’ensemble des éléments constitutifs de ce que l’on appelle généralement l’émotion. Rappelons que la peur, la colère, la joie ne constituent pas des émotions, à proprement parlé, mais des comportements relatifs à une sollicitation émotionnelle.

  1. La perception est la réception d’un message (Audio, visuel, olfactif, gustatif, ou tactile) par nos récepteurs sensoriels qui le transforment en signal électrique envoyé au cerveau par notre système nerveux.
  2. La sensation est l’activation des zones de notre cerveau activées par ce signal électrique. A ce stade le message n’a aucun sens, ni émotionnel, ni cognitif. Il constitue une simple perception sans aucune signification. C’est ce que l’on appelle une image mentale.
  3. Le sentiment nait de la confrontation de cette sensation à d’anciennes sensations préalablement interprétées par notre cerveau. Cette analyse relative va définir des liens logiques entre cette nouvelle sensation et les sensations équivalentes. Ces relations seront du type : « Plus grand, plus petit, plus rouge, moins dangereux, aussi bénéfique, plus choquant, … ». Elles peuvent être innombrables et variées. C’est à travers elles que va se définir la sensation, pour devenir un sentiment de nature émotionnelle ou cognitive. La situation vécue va alors prendre un sens en rapport avec le vécu historique de l’individu. L’image mentale lié au réseau de la conscience par des liens logiques de causalité enrichi le réseau de la conscience, ce qui participe à l’élaboration de l’identité.
  4. L’attitude ou positionnement par rapport à l’événement, est défini par les relations logiques que la sensation de la situation a développée avec l’histoire de l’individu. Elle va être sa vision personnelle de la situation, comment il se positionne par rapport à elle, comment il se défini dans la situation.
  5. Les intensions sont évidemment dépendantes de l’attitude adoptée. Elles constituent le désir de réponse à la situation envisagée
  6. Les comportements sont la mise en œuvre des intensions précédentes. Elles peuvent constituer en des réactions somatiques (suées, rougeurs, tremblements, nausées, palpitations …) ou en des réactions comportementales (Joie, colère, peur, défi, tristesse …)

L’ensemble de ces phénomènes constitue ce que l’on peut couramment appeler : « L’émotion »   

Angoisse, anxiété, peur

Encore des mots qui sont souvent pris l’un pour l’autre. Essayons de leur attribuer un sens précis

  1. L’angoisse est une sensation liée à la perte de repères. L’individu se sent « flottant », mal défini. Étant mal identifié il lui est difficile de se situer par rapport aux situations, aux autres. Cela crée une sensation de malaise, de mal-être. Il ne s’agit ni d’un comportement, ni d’un sentiment, mais d’une simple sensation, un climat, une impression indéfinie qui se reproduit chaque fois qu’un individu, soit n’arrive pas à se créer des repères solides, soit qu’il perde momentanément ses repères établis. L’individu vit avec la sensation d’un danger pressant mais non identifié. L’angoisse est inhérente à tout être humain, elle est la source du besoin de positionnement.
  2. L’anxiété survient lorsque l’angoisse se cristallise sur une menace précise. Il s’agit, de façon générale, d’une situation de danger dont on ne peut prévoir l’issue :  Négative, Neutre, voire positive. L’anxiété vient avec l’incertitude. L’individu va évidemment chercher une attitude pour parer au danger imminent. Bien sûr selon la solution qu’il envisage son attitude sera différente. S’il envisage une issue positive il se rassurera, mais immédiatement il envisagera que l’issue peut également être négative et devra définir une nouvelle parade au danger. Il oscillera entre vision positive ou négative privilégiant la pire si c’est un personnage angoissé. Cet aller et retour défini, dans l’anxiété, le mécanisme de rumination.
  3. La peur est la crainte d’un danger imminent dont l’issue est prévisible. Le positionnement devient clair, il faut faire face au danger et trouver la meilleure parade. La peur peut générer la panique si l’individu ne trouve pas de solution, elle devient alors paralysante. Au contraire si l’individu envisage une parade possible (et s’il a confiance en lui) la peur peut devenir mobilisatrice et exalter le sentiment de vivre. Certains individu utilise ce sentiment de peur contrôlée pour mieux se sentir exister dans une « poussée d’Adrénaline.

Bien sûr ces situations ne sont pas totalement indépendantes, l’angoisse génère souvent de l’anxiété, et cette dernière n’est jamais dépourvue d’angoisse sous-jacente. La peur sous-tend toujours un certain niveau d’anxiété.

Doute, Hésitation

  1. Le doute se présente comme une analyse critique des situation, il consiste donc à prendre un certain recul dans ses jugements. C’est, en général, le sentiment que la réponse à une situation peut prendre des formes différentes (le plus généralement deux, par exemple droite ou gauche, vrai ou faux, oui ou non). L’individu est alors face à un choix pas toujours évident
  2. L’hésitation survient quand l’individu s’avère incapable de faire ce choix. Elle correspond à une difficulté à prendre ses repères vis à vis de la situation

Le doute résulte d’un analyse lucide de la situation, c’est donc un point positif et raisonné, une prise de recul. L’hésitation est connexe de l’anxiété et en présente toutes les caractéristiques.

On peut dire que :

  1. Mieux vaut une mauvaise décision que pas de décision du tout. En cas de mauvaise décision on peut éventuellement « redresser la barre », en l’absence de décision on ne contrôle rien du tout
  2. Si on hésite fortement entre deux positionnements qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, on peut choisir n’importe lequel, puisqu’ils sont sensiblement équivalents

Conclusion

Il est fondamental pour la compréhension de clairement définir les mots que l’on utilise. On ne peut traduire une pensée claire par des mots flous et imprécis, et on ne peut comprendre une pensée claire si on n’a pas une définition précise des mots qui la traduisent

L’union derrière le chef

Il est bien connu qu’en cas de problème les groupes constitués ont tendance à se regrouper derrière leur leader. C’est un besoin de sécurité qui mène à se rapprocher « du père » protecteur. Même les clans antagoniste oublient un instant leurs divergences pour se retrouver sous une autorité unique. Comment un problème peut réussir un rassemblement qui serai inenvisageable sans lui ?

Ici encore c’est un problème de positionnement. Dans un groupe les divergences viennent d’un positionnement différent par rapport à une situation donnée. Cette différence de point de vue entraîne un positionnement antagoniste des deux fractions l’une par rapport à l’autre. Quand un problème sévère survient qui touche les deux fractions de la population les positionnements de chacune vis à vis de ce problème deviennent similaires et elles deviennent solidaires l’une de l’autre. Bien sûr aucune des deux fractions ne peut prendre le leadership (sous peine de retrouver l’antagonisme sous-jacent). Le leader qui s’impose alors et le leader reconnu du groupe. L’union se fait autour du chef.

Les sanctions économiques

Quand le gouvernement d’un état est jugé (à tort ou à raison) dangereux, on prend des sanctions économiques contre ce pays. On espère, alors, que le mécontentements des populations devant les restrictions déstabilise ce gouvernement et que le peuple le renverse. C’est possible à terme, mais dans un premier temps la population se solidarise de son chef, seul rempart contre ces restrictions. En général les sanctions économiques échouent, et loin de déstabiliser le chef, elle renforce (momentanément) son pouvoir.

L’ennemi commun

C’est l’arme absolue des régimes totalitaires. Inventer un ennemi commun qui menace le peuple. C’est évidemment un problème de propagande, de contrôle rigoureux de l’information, et d’élimination des opposants au nom de ce danger.

C’était les USA et le monde occidental pour l’URSS et le bloc communiste, les communistes pour les USA de l’avant-guerre, les juifs pour les nazis et les mouvements d’extrême droite, la France pour la Turquie d’Erdogan. On pourrait trouver mille exemples ou une gouvernance totalitaire utilise ou invente un ennemi extérieur pour justifier et renforcer son pouvoir. Les peuples marchent « à fond » dans ces manipulation nationalistes.

Les flux migratoires

Encore un fantasme instrumentalisé par de nombreux partis et principalement par la droite Française. Il s’agit, à partir d’un problème réel, de développer la peur d’une immigration incontrôlée qui submergerait notre pays au point que les citoyens actuels seraient amenés à disparaître. L’idée est de réunir sous la bannière de l’extrême droite toutes les populations affolées par le fantasme créé. Progressivement les citoyens prennent peur et se regroupent autour de l’idée que l’immigration est un danger quasi mortel. Petit à petit l’idée se transmet de l’extrême droite à la droite dur et commence à contaminer la droite modérée.

Conclusion

C’est le principe de la gouvernance par la peur. On part d’un problème réel mais contrôlable, pour en faire un monstre fantasmé et Inarrêtable. Les « apeurés » se réunissent alors sous la bannière de celui ou celle qui avalise le fantasme et prétend régler le problème et dominer la situation.

Il, Elle, ou iel … un nouveau dilemme

L’opinion Française est obnubilée, dans tous les domaines, par la notion de genre.

L’écriture inclusive n’a pas prise car compliquée à écrire (essayez de prendre un cours de première année de médecine avec l’écriture inclusive !) et impraticable à l’oral

Il est proposé maintenant de créer un nouveau pronom personnel représentant les individus qui ne se reconnaissent ni dans les hommes ni dans le femmes

Cela revient à créer un troisième genre

Ce troisième genre ne correspond pas à un entité homogène par rapport à ses critères de définition.

  1. le genre masculin est défini par les attributs sexuels masculins, la morphologie, et le costume.

2. Le genre féminin par les attributs sexuels féminins la morphologie, et le costume.

3. Le troisième genre recouvre les deux cas avec

3.1. Des gens qui veulent être reconnus comme des hommes ou des femmes (Gay et lesbiennes)

3.2. Des hommes qui veulent être reconnus en femmes (les travesti et les transsexuels)

3.3. Des femmes qui veulent être reconnus en hommes.

3.4. Les bisexuels, eux, se reconnaissent soit en homme soit en femme

On voit que les genres masculins et féminins sont définis par des critères plus ou moins objectifs alors que le troisième genre néglige ces critères objectifs (qui sont néanmoins présents) pour s’attacher à l’image que l’individu veut donner de son sexe.

Comment choisir il, elle, ou iel quand on ne connaît pas le souhait des personnes. Ce pronom doit être utilisée pour les individus qui ne s’identifient ni aux hommes ni aux femmes. Le problème est que la personne qui parle ne connaît pas, forcément, le souhait de l’individu qu’il évoque.

Supposons que nous utilisions dans la phrase le prénom iel : « iel est beau » ou « iel est belle » comment savoir si l’on doit utiliser beau ou belle.  Dans la phrase « il est l’auteur » ou « elle est l’auteure » on doit créer un nouveau mot pour le troisième genre

Il faudrait donc définir des nouveaux adjectifs pour le genre ni homme ni femme.

Créer un nouveau genre implique la création d’une nouvelle version de tous les mots « genrés » du dictionnaire (notamment les adjectifs, les noms des professions), une création de nouveaux pronoms (son, sa, … ? cet, cette, … ? ceux, celles, … ?) un nouvel accord du participe passé (il est passé, elle est passée, iel est pass … ?) devrait être inventé.

La classification en trois genre est taxonomiquement inhomogène. Les trois impliquent, de fait, la considération du genre masculin et féminin, mais le troisième les néglige pour s’intéresser au ressenti de l’individu par rapport à ces critères.

Ce genre de classification est donc « boiteuse ».

Par contre la définition d’un genre neutre pour les choses serait un plus. Les objets matériels n’ont pas à être « genrés ». Pourquoi une voiture, un vélo, une trottinette, un camion. Mais ceci entrainerai, hors prédominance du masculin la création de nouveaux adjectifs, pronoms accord du participe passé

Tous cela est bien compliqué. Le Français est une langue très compliqué avec une foultitude de règles et d’exception. Le compliquer encore serai propre à décourager de son usage. Je préfère alors parler Anglais !

Actuellement j’utilise les deux genres classiques, les humains pour désigner ce qui recouvre l’espèce dans son ensemble, les hommes pour les mâles, les femmes pour les femelles. Si nécessaire je précise le sous genre (bi, Trans, lesbienne, …) par exemple un homme bi, une femme lesbienne… Nul besoin de révolutionner la grammaire et les dictionnaires

Zemmour, une erreur stratégique ?

Nous, Français adorons la polémique. Il suffit qu’une personne un peu connue prononce une phrase « de travers » ou qui puisse être interprété « de travers » pour que les médias s’en saisissent et la diffusent à grande échelle. L’opinion s’en empare, on en cause « au café du commerce ». Les politiques sont bien obligés de prendre position, et cela occupe le terrain durant une semaine.

Mais, Nous, Français, avons horreur de la polémique. Elle génère forcement deux points de vue antagonistes et par là même elle est génératrice d’incertitude et d’angoisse.

La stratégie d’Éric Zemmour a consisté à jouer de la polémique. Il lance une petite phrase iconoclaste, politiquement incorrecte, et le processus est lancé. Médias, opinions, et politiques s’en emparent. Sur le plan politique la polémique occupe tout l’espace. Si c’est un phrase sur les migrants, les politiques doivent prendre position sur le sujet et toute tentative de parler d’autre chose en devient inaudible. Zemmour est le maitre du jeu sur le terrain qu’il a choisi et il occulte tout autre sujet.

Pour le moment cette stratégie lui a manifestement profité et sa côte dans les sondages est conséquente.

Mais vient le second volet de l’alternative : Les Français détestent la polémique. C’est là que le bât blesse Zemmour. Après avoir créé le « buzz », semé le doute et la perturbation, il faut rassurer. Il lui faudrait maintenant développer un programme crédible propre à fédérer les Français sur ses propositions. La tâche est difficile car on quitte alors le domaine de l’affectif pour entrer dans celui de la raison. C’est un domaine ou la critique peut s’exercer, les propositions contredites, les mensonges démasqués. Sera-t-il capable de tenir le choc sur ce terrain, c’est loin d’être sûr. Il convaincra les plus radicaux de l’extrême droite qui lui resteront fidèle mais il perdra beaucoup de ses soutiens soucieux d’économie qui jugerons son programme plus démagogique que réalisable. Les autres candidats pourrons à loisir l’attaquer sur ses propositions. Il ne sera plus sur son terrains mais sur le leur.

Pour le moment Zemmour reste sur sa stratégie de polémique. S’il ne prend pas le virage de la raison, Il lassera et inquiètera. S’il prend ce virage, il sera attendu par ses concurrents.  

Espérons que je ne me trompe pas ! … ça m’arrive souvent !

Vie et mort des partis politiques

Comme toutes les institutions, les partis politiques ne sont pas éternels. Ils apparaissent et disparaissent au hasard des circonstances. En France on a assisté au déclin du parti communiste, su parti socialiste, et du grand parti de droite (LR).

Ce déclin est-il inéluctable, et quelles sont les dangers qui menacent ces institutions

  1. La confusion du but et des moyens.
    C’est un phénomène assez classique et pourtant mal connu. Il est bien illustré dans la pièce d’Alfred de Musset, « Lorenzaccio ». Dans celle-ci, Lorenzo de Médicis, jeune homme plein d’idéal veut débarrasser Florence de son cousin Alexandre de Médicis qui règne, sur la ville en tyran, cruel et débauché. Afin de pourvoir approcher le Duc, Lorenzo devient l’organisateur de ses débauches. Il utilise ce moyen pour devenir proche de son cousin, dans le but de pouvoir le l’assassiner. Au bout d’un certain temps, Lorenzo s’aperçois qu’il est lui-même devenu un débauché, et que son but initial (tuer le tyran) et devenu le prétexte (le moyen) qui justifie sa débauche. Le moyen est devenu son but, et son but le moyen.
    On observe le même mécanisme dans les partis politiques. Un parti se crée à partir d’une idéologie, d’une vision de la chose publique, d’un concept social ou économique, dans le but de faire triompher ses idées. Pour cela il faut parvenir au pouvoir. Dans la jungle politique il est difficile (même avec de bonnes idées) de devenir un parti dominant. Pour cela il faut dépenser des trésors d’énergie, de conviction, de coups tordus, voire de mauvaise foi.
    C’est une tâche si ardue que bientôt l’objectif du parti et de ses dirigeants est d’accéder au sommet, d’être élu, l’idéologie initiale ne servant plus qu’à justifier cette conquête du pouvoir. Le but (imposer une idée) devient le moyen (stratégie de prise de pouvoir). Le moyen (prendre le pouvoir) est devenu le but.
    c’est pourquoi on observe dans tous les partis une débauche d’efforts pour « gagner les élections » l’idée directrice initiale servant d’appât pour gagner le plus de voix possible. Les électeurs ne s’y trompent pas longtemps et reprochent aux politiques de penser plus à leur carrière qu’à la population

  2. La difficulté de grandir
    Pour arriver au pouvoir un parti doit recueillir un maximum de sympathisants, et grandir jusqu’à obtenir une majorité. C’est là que la bât blesse !
    Quand on est un petit parti, l’ensemble des adhérents et des sympathisants forme un groupe idéologiquement assez homogène. Quand un parti grandi il perd cette uniformité de pensée et regroupe des sensibilités qui s’écartent de plus en plus de l’idée originale. On voit se former des « courants », une droite, un centre, une gauche. L’unité du parti est menacée. Un leader charismatique peut réussir à conserver l’unité du parti sous son « aura ». Dans la victoire tout est facile car chacun sait que l’unité sert aussi sa carrière personnelle. Dans la défaite c’est autre chose. Chaque courant en fait porter la responsabilité aux autres, le parti se déchire et de nombreux « petits chefs » émergent. Il devient difficile d’avoir un leader incontesté. C’est l’éclatement ! Certains filent vers d’autres partis, aux idéologies proches ou compatibles, qui leur promettent un avenir. D’autres créent leur propre mouvement, d’autre enfin s’acharnent à faire revivre le cadavre, Il est extrêmement difficile de grandir en gardant son unité
    C’est la fable de « la grenouille qui veut devenir aussi grosse que le bœuf », elle finit par éclater !

  3. Les changements de contexte
    Un parti se crée autour d’une idéologie. Celle-ci correspond aux besoins supposée d’une époque. Avec le temps le contexte dans lequel se projette le parti évolue et certain membre commencent à trouver qu’il faudrait modifier les objectifs du Pari. Survient alors une « querelle des anciens et des modernes » entre ceux qui veulent faire évoluer le parti et ceux qui veulent le garder dans sa fraicheur originale. Pour ceux qui souhaitent une évolution se posent deux problèmes, le choix de la direction à prendre et le fait que les créneaux disponibles sont déjà occupés par des parti plus jeunes. L’espace est limité ! encore une occasion de se déchirer.

En raison de ces problématiques les partis politiques ont une espérance de vie limitée. Celle-ci devient de plus en plus courte au fur et à mesure que les changements sociétaux s’accélèrent.  Ne pleurons pas sur la fin d’un parti, elle est inéluctable.

Éric Zemmour : La stratégie du polémistes

NODFERATU LE VAMPIRE

Tout homme politique a sa stratégie pour s’imposer devant l’opinion publique. Généralement elle consiste à mettre en avant sa personnalité, pour imposer son charisme et ainsi crédibiliser son programme et ses promesses. C’est la méthode choisie par les grands tribuns (De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy, Macron, Mélenchon). Il ‘agit d’entrainer les foules dans un élan d’espoir ou de patriotisme qui les met en état de « gober » toutes les promesses, même les moins réalisables.

Ces n’est pas dans les cordes de notre alias de « Nosferatu » qui doit donc adopter une stratégie différente.

Ce n’est pas pour rien que Zemmour est identifié comme un polémiste. J’ai essayé de montrer dans un article précédent comment dans un débat il arrivait à entrainer son interlocuteur sur son terrain de prédilection, là où il se sent à l’aise et prêt à jongler avec les contre-vérités qui désarçonne son adversaire.

Dans le débat public sa stratégie est identique.

  1. Il commence par lancer une contre-vérité évidente, une horreur que ses adversaire, même s’ils le pensent parfois, n’oserons jamais avancer. Ceci crée le « buzz ». C’est l’objectif d’Éric Zemmour.
  2. Les médias avides de scandales, moteurs de la croissance des ventes, la reprennent à loisir, et selon les tendances du média, pour la contrer voire la démolir
  3. Les hommes politiques dans ce délire médiatique sont bien obligés de prendre position. Chacun le fait dans l’intérêt de son parti politique et de son candidat, d’où des opinions très différentes et généralement très tranchées.
  4. La polémique est lancée, les opposition se contredisent, se déchirent.
  5. Le but est atteint, le débat publique est porté sur le terrain choisi par Éric Zemmour qui s’y trouve plus à l’aise que ses adversaires.

Cette stratégie est assez visible et pourtant tous s’y laissent prendre car chacun pense y avoir intérêt. Les médias pour faire de l’audience, les hommes politiques pour se démarquer de leur adversaires. Mais, ce faisant, ils font le jeu du polémiste Éric Zemmour qui ne fait que monter dans les sondages.

Bien sûr, cette tactique est valable dans les débuts d’une campagne électorale, mais elle ne le sera plus quand ce sera les électeurs qui fixeront les sujets qu’ils souhaitent voir débattre .Les politiques seront bien obligés de s(y soumettre. Il est possible qu’alors les scores de Zemmour ne soient plus aussi élevés.

Eric Zemmour, un pervers narcissique

J’avais publié cet article en mai 2019. Il redevient brulant d’actualité

Il était programmé à la télé un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Éric Zemmour. J’ai décidé de le regarder, non pas pour les idées qui pourraient y être développées (une idée nouvelle ne peut naitre dans ce genre de débat contradictoire ou conflictuel) mais pour assister à un duel d’éloquence, un débat rhétorique ou la dialectique l’emporte sur les idées. Une sorte de forum d’éloquence comme on pouvait en suivre dans l’Athènes antique. Je dois dire que je suis resté sur ma faim.

J’aime beaucoup écouter Cohn-Bendit et je l’ai suivi depuis ses prestations de mai 68. . J’adore sa vivacité d’esprit, son sens de la répartie, ses analyses lucides et empreintes d’un minimum d’idéologie. Pourtant, là, je l’ai trouvé plutôt faible, sans doute un peu vieillit (cela nous arrive à tous passé un certain âge !) . Il m’a paru hésitant, mal positionné par rapport à son contradicteur. Comment se fait-il qu’un si remarquable rhétoricien comme notre Dany « feu » le rouge puisse ne pas s’imposer devant un esprit aussi étriqué qu’Éric Zemmour ?

C’est bien simple Zemmour est le véritable « pervers narcissique », son archétype !

  1. Narcissique c’est quasi une évidence. Il suffit de le voir s’adresser à ses opposants avec ce sourire suffisant, dédaigneux, voire provocateur, pour mesurer la dimension de son ego. Il affirme, conteste, a toujours raison (même contre les évidences). On l’a vu, de façon pitoyable demander à D. Cohn-Bendit de faire devant lui son « mea culpa » comme s’il était le dieu du jugement dernier.
  2. Pervers, il l’est de deux façons : D’abord, pour assurer son ego il ne doit pas accepter la contradiction. C’est un homme retors, mais à l’esprit plutôt étroit. Une sorte de super héros sans super pouvoirs. Alors, ne pouvant pas se hisser au-dessus des autres, il n’a d’autre issue que de les rabaisser et si possible les humilier. Dans le débat on l’a vu humilier une pauvre jeune fille qui parlait de ses expériences positives de contact avec des étrangers lors de son expérience « Erasmus » Il l’a rabaissé au rang de petite étudiante privilégiée croyant naïvement que son vécu pouvait avoir valeur universelle alors qu’il n’était que le résultat d’un « entre-soi » d’un petit milieu bourgeois. (Ce qui est totalement faux car ce contact positif entre jeunes étrangers se retrouve dans tous les milieu sociaux, par exemple dans les rencontres sportives, les journées mondiales de la jeunesse, les chantiers de jeunesse, etc. etc.). Il est de ce fait prêt à asséner les plus énormes contre-vérités pour assurer l’intégrité de son ego.

On retrouve là l’univers fabriqué du narcissique. Pour assurer sa supériorité il se construit un univers à sa mesure, dans lequel il joue le rôle d’un « Deus ex machina », super arbitre de la vérité. Il s’accroche à cet univers qui le sécurise dans lequel ce que nous pouvons prendre pour des « fake news » sont les piliers de sa construction égotique. L’erreur majeur de Dany est de l’avoir suivi dans cet univers taillé à sa mesure perverse dans lequel il navigue comme un poisson dans l’eau. Dany pensait pouvoir déconstruire cet univers, il s ‘est en fait noyé dedans. C’est une bonne leçon de ce débat, on ne peut lutter avec un tel Narcisse en le suivant dans son monde incohérent (pour nous) et dont lui seul a les clés. On ne peut que s’y perdre.

On voit bien comme dans l’actuel débat de la présidentielle Zemmour entraine les autres sur son terrain et comment ses adversaires s’embourbent dans ce terrain. Il faut sortir Zemmour de sa « zone de confiance » pour pouvoir le contrer, oublier ses propos racistes (Islamophobes) pour l’entrainer sur des sujets sur lesquels il sera moins à l’aise.  

  • L’autre perversité de ces sinistres narcissique, qui en fait les êtres retors et dangereux que l’on connaît est justement leur capacité diabolique à nous entrainer dans cet univers fantasmé. N’importe quelle de ses propositions sont des pièges pour nous attirer sur son terrain, dans son piège. Répondre à une de ses phrases s’est glisser dans la trappe. C’est notre pensée qui devient incohérente dans un monde ou lui gére la cohérence. Cela revient à s’agiter dans des sables mouvants. C’est pourquoi ces individus sont de redoutables manipulateurs qui finissent par faire perdre à leur proche toute notion de leur réalité propre pour épouser celle du pervers.

Message pour Daniel Cohn-Bendit : On ne débat pas avec un pervers narcissique, on le soigne. Par contre ce débat a loin d’avoir été inutile car il a mis en évidence la pathologie d’Éric Zemmour. On peut maintenant s’en méfier et s’en défier !

La mystification du « grand remplacement »

Le grand remplacement est une théorie conspirationniste d’extrême droite popularisée par l’écrivain Renaud Camus, qui est généralement présenté comme son inventeur. Il énonce sa thèse dans le livre L’Abécédaire de l’innocence publié en 2010, et en fait le titre d’un autre ouvrage qu’il publie en 2011. Cette théorie est très populaire dans la mouvance identitaire de l’extrême droite. D’après cette vision, les Français « de souche » seraient évincés démographiquement par des peuples non européens, principalement issus des pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, suivant un processus d’immigration de « peuplement » avec la bénédiction d’un « pouvoir remplaciste ». La rédaction numérique de RTL résume sa théorie : « les Noirs et les Arabes vont remplacer les Français “de souche” ; ils veulent saper la “civilisation” française ; il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte, mais les élites nient cette réalité ».

Présente dès la fin du XIXe siècle et durant le XXe siècle, cette thèse vise successivement en Europe les Juifs, les Italiens, les Arméniens, puis les Maghrébins à partir de l’après-guerre. Elle a principalement des origines néo-nazies et antisémites.

La grande hypothèse de cette théorie est le remplacement d’une population à faible fécondité (Les Français) par une population à forte fécondité (les musulmans Arabes ou noirs) et d’une culture à laquelle nous sommes attachés par une culture qui nous serait étrangère.

Cette théorie essentiellement véhiculée par l’extrême droite est une large mystification organisée dans un objectif raciste et discriminant à l’égard des étrangers qui souhaitent s’installer en France.

Bien que martelée par les courants complotistes à références pseudo nazie, elle ne résiste à aucune analyse sérieuse.

Références historiques

On ne trouve pas d’exemples dans l’histoire d’un phénomène de « grand remplacement » en dépit de nombreuses tentatives.

L’occupation Romaine sur l’ensemble du bassin Méditerranéen a bien tenté une relative « romanisation » des peuples colonisés, qui a disparue avec l’effondrement de l’empire Romain. Chaque peuple ayant repris sa culture propre, même si des influences romaines ont perdurées en France les « Gaulois » sont restés Gaulois, et les Romain sont devenus Italiens.

La colonisation Française en Algérie, Vietnam, Afrique noire, si elle a pu imposer son administration coloniale, son système éducatif, son influence religieuse n’a que très peu influer sur les identités locales. Dès la décolonisation les population de ces états ont repris leurs us et coutumes, leur religion dominante, leur culture ancestrale. le grand remplacement des cultures ne marche pas. Nos complotistes craignent l’invasion d’une culture Maghrébine en France. Ceci montre à quel point elle est restée vivace malgrés les colonisation!

Les colonisations Britanniques n’ont pas empêché que l’Inde reste l’Inde, et l’Afrique de l’est Africaine.

Les tentatives soviétiques ou maoïstes pour créer « un homme nouveau » ont été un échec total. Dès la fin de la coercition les peuple Russes ou Chinois sont vite revenus à leurs cultures de tradition.

L’arrivée massif de Juifs en Palestine (devenu Israël) n’a pas modifié les croyances et les valeurs des populations Arabes locales, à tel point que c’est maintenant Israël qui redoute l’accroissement numériques des Arabes d’Israël.

La théorie de la démographie

Encore un mensonge patent

Faisons une estimation tout à fait grossière, juste pour fixer les idées :

Nous sommes, disons, 66.000.000 de Français, dont 8% sont musulman,

et nous avons environ 650.000 naissances par ans

Si EF est le nombre d’enfant d’origine Française

EM les enfants d’origine musulmane

Si on admet que les familles musulmanes font deux fois plus d’enfant que les familles Françaises et que la mortalité est identique chez les « Français » et les « Musulmans »

On peut écrire :

EF + EA =650.000

EF + 2×0.08 EF =650.000

D’où EF= 650.000/1.16

EF=560.000 et EA = 90000

Au bout d’une génération (20 à 25 ans) les musulman seraient alors environ 15% dans la population de France. C’est un accroissement notable, mais on est loin du grand remplacement. Si leur fécondité ne varie pas ils pourraient être 50% dans 50 ans. Voilà qui devient sérieux !

Cependant on sait que le taux de mortalité est plus fort chez les population les moins favorisées, dont font partie les émigrés et que au bout d’une génération le taux de fécondité des « issus de l’émigration » devient similaire à ceux des Français dit « de souche »

D’autre part le taux de fécondité des femmes française est passé de 2. 2 enfants par femmes en 2010 à 1,84 en 2020. Il ne cesse de baisser.

Dans ces conditions le « grand remplacement démographique » n’est pas pour demain et n’est qu’un leurre agité par les complotistes et l’extrême droite pour affoler les populations.

La perte de sa culture

La culture est formée par l’ensemble des expériences vécue et des jugements que l’on a portés sur elles. Elee forme notre identité, ce qui nous caractérise comme un individu unique. La culture ne se perds pas (sauf perte de mémoire amnésique). Elle peut évoluer (et elle évolue tous les jours), se modifier, subir de nouvelles influences. Mais ces modifications n’effacent pas notre historique, elles puisent en lui pour donner un sens à nos nouvelles expériences, elles l’enrichissent.

Dans l’après-guerre nous avons été fortement influencés par la culture américaine. Musique, business (marketing, management), alimentation (Hamburger, Ketchup, sodas). Ceci a profondément modifié nos modes de vie, et pourtant aucun Français ne s’est senti dépouillé de son identité ou de sa culture

L’intégration progressive

Dans le processus d’intégration prôné par l’extrême droite il faudrait que les étrangers perdent totalement leur culture pour adopter une culture Française, les Français dit « de souche » ne bougeant pas. C’est impossible car on ne peut perdre sa culture. Par contre une évolution progressive peut amener les ressortissant venu de l’extérieur à greffer sur leur culture des éléments de la culture Française, à condition que les Français acceptent d’adopter certains éléments de la culture des émigrés.

Pour intégré un élément à un ensemble, il faut que cet ensemble libère de la place pour l’élément à intégrer.

Les invraisemblances de la langue Française

Beaucoup considèrent que la langue Française est une langue extrêmement riche, subtile et permettant de transmettre toutes les nuances de notre pensée. Ce n’est pas faux et pourtant elle est également riche en invraisemblance. Dans mon titre invraisemblance devrait se lire « invraizemblance » (S entre deux voyelles

Les mots « genrés »

On connaît le problème de la féminisation des mots qui conduit à des propositions aussi fantaisistes que « l’écriture inclusive ». C’est un débat qui est la simple conséquence de notre fâcheuse habitude de « genrer » les mots. Pourquoi un fauteuil est il masculin alors qu’une chaise et féminine. Les objets n’ont pas de sexe, du moins à ma connaissance, et bien malin qui trouve un coté masculin à un fauteuil. J’ai eu beau vérifier entre les pattes de mon fauteuil sans y trouver un indice de sexe. Seuls les êtres vivant qui se reproduisent sont sexués et peuvent supporter un genre. Personnellement j’utilise pour désigner notre espèce le terme d’humains, pour désigner le mâle le terme d’homme et pour la femelle celui de femme. C’est une distinction que l’on retrouve souvent dans le monde animal, en tout cas pour ce qui est des animaux qui nous sont les plus familier.

En ce qui concerne les noms de métiers, par exemple le boulanger et un monsieur qui se lève à 4 heures du matin pour préparer la fournée du matin. La boulangère est plutôt à la vente et à la caisse et son métier est très différent de celui de boulanger, elle est plutôt vendeuse. Boulangère n’est donc pas, apriori, une femme qui fait un métier de boulanger. « Genrer » les métiers est un non-sens, même si certains métiers sont plus couramment pratiqués par des hommes ou des femmes, la notion même de métier n’a pas de raisons à recevoir un genre. On n’a pas besoin de » dire un auteur, une auteure, puisque un auteur ou une auteur serai suffisamment clair

Les redondances

On sait que dans tout système organisé toute donnée redondante est susceptible de prendre une valeur différentes selon les situations. C’est toujours une source d’erreurs.

Pour définir le genre et le nombre nous disposons à la fois de pronoms, d’articles, et de la notion de pluriel. Supposons que j’écrive : « les chaise» en omettant le s du pluriel. La plupart d’entre vous vont me signaler une faute d’orthographe. Pourtant il se peut également que chaise soit correctement écrit et que ce soit l’article : les qui soit incorrect et devrait être remplacé par : la. L’interprétation n’est plus univoque mais dépend du contexte de la phrase, à savoir s’il y a une ou plusieurs chaises.

Cette redondance d’information conduit à une imprécision dans l’écriture correcte de la phrase.

Il est inutile pour définir un genre ou un nombre d’utiliser deux informations. Si j’écris les chaise, j’ai défini par l’article « les » que chaise est un pluriel. Inutile d’y ajouter un S.

Pour le genre, si j’écris : « la femelle du porc est la truie ». Trois informations indiquent le genre féminin, car ‘la’ indique le féminin,’ femelle’ indique le féminin, et ‘truie’ également.

Ceci nous oblige de plus à qualifier de féminin une truie, ce qui est une comparaison qui ne fera pas plaisir à toutes les femmes !

Les consonnes redoublée

Par exemple les mots s’écrivant avec un m ou avec mm. J’ai essayé de me pencher sur ce cas particulier du m redoublé ou non. J’ai trouvé pas moins de 12 règles différentes représentant chacun un cas particulier, et encore nombreuse sont assortie d’un « le plus souvent ». La plus satisfaisante étant que si la racine du mot commence par un m on double le m

Par exemple maillot emmailloter

Dans l’ensemble il ne s’agit pas de règles de construction mais de règles d’usage servant à tenter de donner un aspect réglementaire à des concept crées par l’usage.

Cet usage est très complexe à gérer et il serait bien plus simple et aussi clair de ne jamais doubler les consonnes

Un somet me paraît aussi clair que un sommet

J’apele est aussi clair que j’appelle

Une fois les vieux reflexes remisé (avec un m) au placard

Je dis et je répette, les Français ne sont pas mauvais en orthographe, c’est l’orthographe qui est mauvais en Français

L’agonie de la démocratie

La démocratie athénienne désigne le régime politique mis en place progressivement dans la cité d’Athènes durant l’antiquité et réputée pour être l’ancêtre des démocraties modernes Le terme démocratie vient des mots grecs δῆμος / dêmos (« le peuple ») et κράτος / krátos («la puissance, le pouvoir »). Il s’agit donc d’un régime où les décisions sont prises par le peuple.

En 451, Périclès modifie la loi qui désormais confère la citoyenneté au jeune adulte à la seule condition de la double filiation d’un père de statut citoyen et d’une mère, fille de citoyen, ce second critère introduisant une restriction notable.

Les esclaves et les femmes considérés respectivement comme des biens et d’éternelles mineures, ainsi que les métèques (étrangers) n’étaient pas inclus dans la communauté politique

On voit que cette démocratie d’origine était en fait aux mains d’une petite partie de la population et loin d’être aussi démocratique qu’on le prétend.

Dans le monde occidental et au moyen orient c’est le régime de la royauté et du califat qui est en vigueur, appuyé sur des appartenances religieuses et en accord avec les églises et les prêtres.

A la révolution Française la royauté est abolie et la république instituée.

La république est un mode d’organisation d’un pays dans lequel le pouvoir est exercé par des représentants de la population, généralement, et où le d’État n’est pas héréditaire et n’est pas le seul à détenir le pouvoir. Une république est typiquement antonyme d’une monarchie héréditaire, mais n’est pas toujours synonyme de démocratie

La démocratie commence avec le mandat que l’on confie aux représentants élus. Il peut être de deux nature

Le mandat représentatif est une forme de mandat politique qui possède la caractéristique d’être général, libre et non révocable. C’est à dire que le représentant peut agir en tous domaines à sa guise car il n’est pas tenu de respecter les engagements qu’il aurait éventuellement pris devant ses mandants.

Le mandat impératif est une forme de mandat politique, dans lequel le pouvoir est délégué à une organisation ou un individu élu en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger.

En France nous avons opté pour le mandat représentatif

Nos représentant constituent le corps législatif, chargé d’établir les lois de la république. Nos députés, bien que élus dans une circonscription ont essentiellement une représentativité nationale. L’ingérence de nos députés dans les affaires de leur circonscription, donc au plan local, est une première entorse à notre démocratie à visée essentiellement électoraliste. Nos députés non aucune prérogatives locales et encore moins de rôle exécutif.

Mais ce n’est pas ces petites entorses qui mettent en danger notre démocratie, le mal est plus profond.

Si on s’en tient à la définition de la démocratie comme la gouvernance par le peuple, on peut, à la limite, dire que les périodes Hitlérienne, Stalinienne, Castriste, ou Maoïste, étaient des démocraties puisque le peuple approuvait ces dirigeants et avaient le sentiment que c’était leur pensée qui dirigeait le pays. C’était, bien sûr, une illusion.

Le risque maximum qui guette nos démocraties et l’effritement du sens du collectif dans les populations, la perte du sens du devoir remplacé par la forte conscience des droits individuels. Ce sont les devoirs communs qui font une société et qui permettent à chacun d’accéder à ses droits.

Nos sociétés, surtout dans les pays riches, sont sur protégeantes, et c’est un bien. La médecine nous assure une bonne santé, les assurances la réparation des dommages matériels, les états nous protègent des agressions extérieures, etc. etc. Chacun prend ces protections comme un droit absolu, comme un dû, en oubliant qu’ils ne sont que le fait du dévouement des autres. Dans cette sécurité chacun pense qu’il peut s’assumer seul et réclame sont autonomie. C’est une attitude délétère pour une société.

  1. Chacun entend décider par lui-même, ce qui nous fait passer de la démocratie à l’anarchie
    Mon vote ne sert à rien puisque je n’obtiens pas ce que je désire. C’est l’une des raisons majeures (pas la seule) de l’abstention aux différents votes. Le sentiment que le vote n’est plus une action collective, statistique, mais une revendication individuelle est forte, il est pris comme une question que l’on pose à chacun pour donner suite à ses désirs et non comme un outils pour dégager une majorité.
    L’Uberisation des professions, le désir d’être son propre patron, traduisent ce sentiment que l’on « s’en sort mieux » seul qu’en collectivité. Le Brexit en est un autre exemple.

  2.  On ne respecte plus la représentativité, c’est une conséquence du précédent
    Dans notre démocratie les décisions du parlement, représentant du peuple sont souveraines. Pourtant les décisions de nos législateurs sont systématiquement contestées par des manifestations, de plus en plus violentes, dans la rue. Les minorités n’acceptent plus les décisions prises à la majorité, n’acceptent plus notre modèle démocratique. L’exemple récent des polémiques sur le port du masque, la vaccination, le passe sanitaire en témoignent.
    Ont en voit une illustration dans le sport avec l’apparition de l’arbitrage vidéo. Avant, la décision de l’arbitre était souveraine, on lui accordait une forme d’infaillibilité déléguée. Le public et les supporters n’acceptent plus cela. La vidéo représente ce que ne voit pas l’arbitre et que voit le public (le peuple) et qui prime sur la décision arbitrale. L’arbitre n’est plus un des joueurs de la partie mais un exécutant de la décision collective. En viendra-t-on un jour à un référendum pour savoir si un but et marqué ou non !
  3. Désir de proximité de la décision, Chacun se croit en droit et en capacité de participer aux décisions et la démocratie dites « participative » séduit d’avantage que le démocratie représentative. Elle présente un danger car l’excès de démocratie participative conduit vite à l’anarchie, puis par réaction à la dictature. On l’a vu dans l’évolution des systèmes communistes dans lesquels la démocratie directe à amené Staline, Mao, Castro au pouvoir.
  4. La dernière faiblesse de la démocratie réside dans le fait que la décision choisie par la majorité n’est pas toujours la meilleure, elle est souvent la plus mauvaise pour ne pas dire la pire. C’est la majorité du peuple Allemand qui a porté le parti Nazi et Hitler au pouvoir. C’est aussi les peuples qui ont choisi Staline, Mao, Castro, Poutine, Erdogan. Le slogan « le peuple a toujours raison » est bien discutable
    Notre monde devient si complexe que les décisions dites « de bon sens » n’ont plus beaucoup de sens. Les experts et spécialistes qui passent leur vie sur un sujet ont bien du mal à dégager « la » solution, alors le pauvre peuple et bien loin des réalités. Les décisions ont des conséquences à long termes difficile à évaluer, et « le peuple » juge à très court terme.

En conclusion, la démocratie qui était adaptée à un monde formé par des élites dirigeantes et un peuple ignorant ont été tuées par le développement de l’éducation. Beaucoup d’entre nous sont formés et veulent, se croient en capacité, de participer aux décisions. Les élites, comme tous les hommes, sont faillibles et n’inspirent plus confiance à la population. Elles se sont, inévitablement, décrédibilisées et le sentiment du « je ferais mieux » c’est imposé à tous. Comment faire participer chacun à des décisions sur des sujets que très peu maitrisent … c’est l’équation que nous devons résoudre pour assurer le « vivre ensemble » du monde future.

Liberté, égalité, fraternité. Le paradoxe dans l’utopie

Comme le disent tous les étrangers, la France est un pays romantique ! pas uniquement au sens littéraire du mot, mais plutôt par l’idéal de nos valeurs. Si les Asiatiques sont des pragmatiques nous sommes des grands idéalistes. Il est vrai que notre mythologie est pétrie de valeurs chevaleresques : « La défense des plus faibles, de la veuve et de l’orphelin, le triomphe de l’affectif, de l’amour, de la passion sur le réalisme, la honte de l’argent gagné, la négation des hiérarchies, l’égalité de tous, le choix pour chacun de son destin.

Ce sont d’ailleurs trois utopies qui définissent les valeurs de notre République : « Liberté, égalité, fraternité ». Valeurs qui sont d’ailleurs parfois antinomiques

Libertés

La liberté est un mot à sens multiples.

Pour Épicure c’était la capacité pour chacun de faire ce qui lui plait, selon son désir, pour Auguste Comte la liberté venait avec la raison et donc par la science. Pour les existentialistes (Kierkegaard, Sartre) l’humain libre était celui qui agit, l’humain qui subit étant un esclave. Paul Valery disait : « Liberté est un de ces mots détestables qui ont plus de valeurs que de sens ». Il voulait dire par là que la liberté était plus une utopie qu’une réalité. C’est bien mon avis. La liberté est un objectif que nous cherchons tous à atteindre mais sans jamais y parvenir.

A mon sens, la liberté survient lorsque les contraintes sont admises comme des nécessités. Par exemple, les contraintes de religions (communion, ablutions, confessions) qui seraient pour moi des contraintes et une atteinte à ma liberté sont vues différemment par les croyants qui les jugent comme des nécessités et les acceptent sans problèmes.

Egalité

Pour les êtres humains, l’égalité est le principe qui fait que tous doivent être traités de la même manière, avec la même dignité, qu’ils disposent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes devoirs. Elle a été promue par Jésus Christ, les églises, la révolution Française, l’utopie communiste entre autres. L’expérience de la vie montre, à loisir, que s’il s’agit d’un objectif louable, il n’en est pas pour autant atteignable. 2000 ans de civilisation occidentale en sont la preuve. L’égalité est une utopie, un leurre après lequel nous courons sans l’atteindre

Fraternité

C’est la vertu cardinale des sociétés fondées sur la solidarité réciproque.

La fraternité est un état d’unité, entre plusieurs personnes. C’est un sentiment qui dépasse l’égo, qui rassemble plusieurs « moi » pour faire un « nous ». Cet ensemble porte à son fondement le respect de la personne humaine. Ici encore il s’agit d’une magnifique et généreuse utopie qui, malheureusement se fracasse sur le mur de la réalité. Nous sommes tous frères, mais bien souvent frères ennemis !

Liberté et égalité. Tout dépend de la définition de la liberté. Si on la prend comme la plus part la conçoivent, au sens Épicurien, comme la capacité à faire ce que l’on veut, elle est en opposition avec la notion d’égalité. Cette liberté induit inévitablement des différences vécues comme des inégalité. L’égalité impose des sacrifice qui sont des obstacles à la liberté de chacun. On le voit clairement lorsque des décisions prises pour le bien commun sont remises en question quand elles égratignent les libertés de chacun.

Liberté et Fraternité. La liberté de chacun empiète sur celle des autres. La notion de fraternité est bafouée. La liberté d’expression, par exemple, est l’anti thèse de la fraternité puisqu’elle permet à chacun de gêner, médire, et nuire à son voisin. On ne peut avoir « le beurre et l’argent du beurre ! »

Egalite et fraternité. Ces deux notions semblent compatibles puisque arriver à l’égalité suppose, pour y parvenir, des sacrifices réciproques et donc de développer une sorte de sentiment de fraternité. Cependant l’égalité, lorsqu’elle est imposée comme cela fut le cas dans les régimes soviétiques n’engendre pas la fraternité mais la rivalité., Par contre la fraternité peut mener à une forme d’égalité

Conclusion

On voit combien notre pays est entravés dans ses valeurs les plus fondamentales. Certes elles ne manquent pas de panache, et c’est que nous aimons, mais elles manquent totalement de réalisme. Le collectif de la fraternité se heurte à l’individualisme de la liberté, et l’égalité à bien du mal à trouver sa place dans ce conflit.

La liberté que chacun considère comme son droit individuel et en opposition à la fraternité qui représente les devoirs de chacun. Notre société privilégie les droits sur les devoirs, l’individualisme sur le collectif, c’est pourquoi nous glissons doucement de la démocratie vers un début d’anarchisme. Il est difficile d’imaginer une future société sur ces bases.

Dieu serait-il un pervers narcissique ?

Un pervers narcissique est un individu à l’ego démesuré qui développe les stratégies les plus élaborées pour humilier, dévaloriser les autres et ainsi les mener à croire que leur seule issue est dans l’adoration et la soumission à sa volonté.

Présenté comme cela … on voit venir l’analogie !

Ce que je vais dire maintenant doit évidemment être considéré comme une fable, dont la forme est symbolique, à ne pas trop prendre au sérieux, mais dont la morale mérite d’être prise en compte. Je m’excuse par avance si je peux choquer des religieux, mais tout croyant a le droit, et même le devoir, de réfléchir sur sa croyance

Je parlerais de la religion chrétienne, parce que c’est celle que je connais le mieux, mais les propos restent valables pour toutes les grandes religions de notre époque.

Dieu a créé les humains et, sympa, les a placés dans le paradis terrestre. Les humains ont fauté, péché, et se sont attiré le courroux de dieu. Si les humains ont péché c’est bien parce que le péché existait, et c’est bien dieu qui l’avait créé ce péché. C’était donc un piège dans lequel Adam et Ève sont tombés à pied joints. Dieu les a chassé et envoyé sur terre.  Il avait déjà créé la terre et déjà donc prévu que les humains tomberaient dans le piège qu’il avait conçu. Machiavel puissance dix !  Ca c’est pour le pervers narcissique.

La réaction de dieu est celle de tous les narcissiques contrariés, il s’est senti agressé et a développé une réaction paranoïaque en chassant nos ancêtres du paradis. Si dieu avait été un peu moins égotique il aurait admis sa part de responsabilité dans l’histoire aurai pardonné à Adam et Ève, et nous coulerions tous des jours heureux au paradis ! Quel gâchis ! Ca c’est pour la tendance paranoïaque !

Dieu a ensuite envoyé son fils se faire crucifier pour réparer nos fautes. Un façon

  1. De sacrifier son fils à son narcissisme, pas chouette.
  2. De mettre en évidence notre incapacité à nous racheter par nous-même et donc de montrer que notre seul salut c’était lui, à travers l’adoration et la soumission que nous lui devons

C’est typiquement la stratégie du pervers narcissique à tendance paranoïaque. Il aurai quand même été plus sage de pardonner aux humains leur erreur, quitte à leur « passer un savon » et tout serai rentré dans l’ordre sans douleur. On peut dire que dieu a gâché l’avenir de l’humanité par vanité.

Mais dieu ne s ‘est pas arrêté là. Il nous a enseigné « pardonnez-vous les uns les autres comme je vous ai pardonné ». Tu parles ! si lui, avait pardonné à Adam et Ève nous n’en serions pas là. Tout à fait la stratégie du pervers narcissique qui crée la situation qui va placer l’autre dans sa dépendance totale.

Dieu a également utilisé une stratégie qui fait partie de la panoplies du pervers narcissique qui est de diviser pour mieux régner. Comment a-t-il pu tolérer, et même être complice, des croisades, de l’inquisition, des guerres de religions, si ce n’est pour jouir de ces divisions qui nous affaiblissent et nous mettent à sa merci.

C’est le principe même du concept de dieu que de créer un personnage « tout puissant » qui demande adoration et soumission. En fabriquant cette image de dieu les humains induisent inévitablement son narcissisme. Les dieux gréco-romain étaient déchirés par des querelles d’ego que même Zeus n’arrivait pas à maitriser, les dieux Égyptiens, Juifs ou musulman sont tous doté de cette « tout puissance » qui ne peut que leur conférer un comportement narcissiste et paranoïaque.

Le ou les dieux, s’ils existent, ne sont pas en cause. Ils sont transcendants et hors des concepts moraux qui caractérisent les sociétés humaines. Ce ne sont pas les dieux qui sont mauvais mais l’image que les humains ont voulu donner d’eux qui est délétère.

Je ne discuterai pas de la croyance ou non croyance à une entité transcendantale. En discuter serai, immédiatement, de ramener cette transcendance dans le domaine des humains et lui retirer son caractère divin. La croyance est un choix, fondamental, que chacun fait sans pouvoir le prouver.

Ce que je discute par contre c’est le problème des religions.

La communication entre une entité transcendantale et les humains n’a aucun sens. On peut communiquer ente humain (et ce n’est pas toujours facile) vaguement entre homme et animaux, mais penser communiquer avec une transcendance à partir des concepts humains me paraît une « escroquerie intellectuelle » qui consiste à attirer le divin dans le champ des humains.

C’est ce que font les religions en développant tout une mythologie à visage humain. Toutes les religions ont donné de leurs dieux une représentation à forme humaine, au moins symbolique, mais accessibles aux humains. Les dieux Égyptiens avaient leurs représentations, les dieux Gréco-romain formaient un panthéon terriblement humain, les chrétiens ont Jésus christ (liaison mi dieu, mi-homme) les musulmans érigent Mahomet ou Ali en médiateur semi divins. Elles ont toutes développé des morales, des dogmes, des rites, des obligations de conception purement humaine et sans rapport avec toute notion de transcendance.

Ce faisant, toutes dénient à leur dieux toute nature divine pour l’intégrer à notre monde. Adorer dieu en lui refusant toute nature divine est le pire blasphème que l’on puisse faire.

Mais pas de problème puisque le dogme des dogmes des religions est que l’on n’a pas le droit de douter. Dans une religion dieu est dieu par le simple fait qu’il est interdit d’en douter. Cela ressemble un peu au culte de Kim-Jong-un en Corée du nord !

Certitudes et tolérance, les bases de la vie sociale

Contrairement aux animaux, l’être humain a la capacité de représenter ses sentiments dans un récit chronologique de sa vie. Les événements s’enchainent et sont liés par des relations de dépendance. Tel événement qui survient est l’effet d’un autre événement qui en est la cause. Cette relation de dépendance crée un avant/après qui organise les situations dans un récit chronologique, donc organisé dans le temps. Alors que les animaux vivent dans l’instant présent, l’être humain vit dans l’histoire.

Cette capacité à représenter les relations causale entre les événements est la source de la créativité de l’humain. Être capable de reconnaitre la cause d’un événement permet d’en contrôler l’effet et donc d’innover.

Cette capacité de l’humain est à la fois sa force et sa faiblesse. En effet s’il est capable de représenter la vie sous forme de relations causales il en a, en même temps, la nécessité. C’est là sa faiblesse. Il est obligé de donner une représentation logique des situations, des événements, des sentiments qu’il vit. S’il est en incapacité de la faire, il ne peut se positionner par rapport à eux, se situer dans sa vie. Ce manque de repères et générateur d’angoisse. Celle-ci étant l’impossibilité de se sentir exister, de se définir, sans développer des relations logiques entre l’humain et son vécu.

Pour l’humain, tout ce qu’il ne peut comprendre est source d’angoisse. Les primitifs étaient angoissés devant les volcans, le soleil, la pluie, les inondations, les tremblements de terre, les sécheresses etc. etc. Pour résoudre cette angoisse ils ont inventé les dieux. Le dieu du volcan, le dieu du soleil, le dieu de la pluie …et pour réellement se sécuriser ils ont toujours donné une apparence humaine à ces dieux.

La connaissance évoluant, les événements naturels ont perdu de leur magie et les dieux ont plutôt représenté les sentiments et les valeurs morale. La notion de bien et de mal est présente dans toutes les grandes religions moderne. Les chrétiens ont jésus et les évangiles, le paradis et l’enfer, les musulmans Mahomet, le coran, et encore la vie éternelle conditionnée par le bien et le mal. Chez les Indouistes et les Bouddhistes, la réincarnation est conditionnée par le bien et le mal fait dans sa vie. La encore les dieux ont pris forme humaine. Jésus et humain, fils de dieu, Mahomet supplante Allah dans le cœur des musulmans, Rama, Shiva, Vishnou, ont des avatars à forme humaine, Bouddha est humain déifié par se sagesse !

Cette longue digression sur les religions pour montrer combien les humains ont besoin de certitudes, qu’ils trouvent dans ces représentations à taille humaine de l’inconnu.

La certitude

L’humain se construit sur la certitude. Les religions en sont un exemple, mais les idéologies, les croyances sont de nature identique. Le problème de la certitude c’est, évidemment, qu’elle ne reconnait pas le doute. Si je suis chrétien je ne peux accepter Allah, Bouddha, ou rama, faute de renoncer à ma foi chrétienne. Si je suis communiste, Maoïste, je ne peux accepter le capitalisme. Si j’accepte une alternative, si minime soit-elle, à ma certitude, elle ne devient plus certitude mais doute.

A la question : « Telle religion, telle idéologie, est-elle compatible avec la république ? » la réponse est, évidemment non ! La loi de dieu, le dogme de l’idéologie, prime toujours sur toute autre loi issue des humains. L’adaptation des religions ou des idéologies à la vie dans notre république est un phénomène qui s’explique très bien, mais que je n’ai pas le temps de développer dans cet article.

Cette certitude, qui ne tolère pas le doute, génère une vérité monolithique. Par principe, par certitude, j’ai raison ! et si j’ai raison, l’autre à tort ! Mais, bien sûr, pour l’autre, lui a raison donc j’ai tort ! Ce sont sur ces certitudes que se développent la majorité de nos conflits, et l’incapacité à en sortir. Tout au plus trouve t’on dans les arrangements négociés une forme de tolérance condescendante. J’ai raison et l’autre a tort, mais bon ! il n’est pas si mauvais, pas si dangereux. Tolérons son erreur, trouvons des excuses à son erreur.

La tolérance

Nous vivons chacun les événements de notre vie, nous les analysons, nous les jugeons, au travers de nos connaissances, de nos expériences, de notre histoire, de notre vécu. Nous avons tous un vécu différent et chacun de nous vit le même événement de façon différente. A chacun sa vérité ! Heureusement, vivant en société, nous avons un « bagage » commun qui nous permet d’avoir sur la plus part des sujets un « consensus mou » qui, si nous ne sommes pas trop sectaires dans nos jugements, nous permet, un certain « vivre ensemble »

Si nous admettons que la vérité a plusieurs visage, que la vérité de l’un n’est pas forcément la vérité de l’autre, nous introduisons le doute dans notre vie. La question qui se pose est alors : « est-il possible de vivre avec le doute ? peut-on vivre dans l’hésitation permanente ?» A cette question je réponds oui !

Prenons l’exemple d’actualité des vaccins. Il y a les « pro et les con » (con au sens latin évidemment ! quoique ) Les pro annoncent les résultats scientifiques, les expérience vécues … les con (toujours au sens latin !) argumentent que le virus à été diffusé par les laboratoires pour pouvoir vendre leur vaccins, qu’il peut modifier notre ADN … ! Il y a un certain doute car il n’est pas, a priori évident que l’on puisse totalement balayer les arguments contre les vaccins. Dans ce doute, vais-je tomber dans l’hésitation stérile ? Certainement pas. J’examine les arguments des uns et des autres. L’infime probabilité des arguments des anti vaccins ne résiste pas à la quasi-certitude des arguments des pro. Je fais mon choix et je défends la vaccination. Le doute n’empêche pas l’action.

Prenons un autre exemple : « dieu existe-t-il ? ». Vaste question. Il est aussi impossible de prouver l’existence de dieu que sa non existence. C’est le doute par excellence. Dans ce cas je fais mon choix. Dieu ne me paraît pas nécessaire pour moi, il apporte plus de nuisance que de bienfaits, il génère la certitude que je combats. Je fais mon choix, je décide donc que dieu n’existe pas et j’organise ma pensée autour de cet axiome ? Si d’aventure les événements me montrent que j’ai fais le mauvais choix je changerais mon fusil d’épaule et j’accueillerais ce dieu à bras ouvert.

Conclusion

Je me contenterai de citer quelques citations d’hommes qui ont lutté contre la certitude et pour la tolérance. Ils concluront ce débat mieux que je ne saurais le faire !

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. »

Gandhi

« Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule. »

Voltaire

« Le doute est à la base même du savoir, puisqu’il est la condition essentielle de la recherche de la vérité. On ne court jamais après ce qu’on croit posséder avec certitude. »

Jean Harvey.

Valeurs, Droits, et Devoirs

Dans une société les valeurs sont une représentation archétypale des toute l’histoire de ses membres. Elles représentent les valeurs morales telles que les imaginent les citoyen et qu’ils voudraient voir accepter par tous leurs concitoyens. Mais, attention, il s’agit toujours d’une version ego centrée. Si ces valeurs sont souhaitées pour les autres elles ne s’appliquent à chacun de nous avec beaucoup de restrictions. Chacun de nous est « le cas particulier » qui justifie que l’on prenne certaines distances avec les valeurs fondamentales !

Dans nos civilisation occidentales elles restent fortement influencées par les valeurs chrétiennes, issues des enseignement de Jésus Christ, basées sur l’égalité entre les hommes, la solidarité, et donc sur un certain appel à l’uniformité.  On comprend pourquoi en France Le Jacobinisme domine et la décentralisation difficile.
En Chine, par exemple, c’est l’influence du Confucianisme qui se fait sentir. Elle préconise la prédominance de l’état, que l’individu doit se réformer pour servir sa nation, que chacun doit garder la place qui lui est assigné dans la hiérarchie sociale. Dans un état sain, le vie ne peut qu’être heureuse. Le confucianisme est resté doctrine d’état jusqu’en 1911 et a bien sûr été abolie sous Mao.

Pourtant, en occident jusqu’au XVII ème siècle, en dépit des enseignement des évangiles, c’est une vision proche du confucianisme qui s’est imposé. La noblesse détenait les richesse, rien de plus normal puisqu’ils étaient la noblesse. Le peuple était pauvre, rien de plus naturel dans leur état.

Paradoxalement, ce sont les penseur des lumières et la révolution Française qui ont remis en place les valeurs morales chrétiennes : L’égalité entre les hommes et la solidarité. Cette époque à combattue la religion en tant qu’institution mais n’a pas remis en cause les valeurs morales qu’elle aurait dû défendre.

Cette nouvelle « doctrine d’état » s’est traduite dans « La déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». C’est texte magnifique que je relis souvent comme je lirai un grand poème épique.

C’est la que le bât blesse et que nos révolutionnaire ont commis une erreur que nous payons encore tous les jours. Ils auraient dû établir : « La déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen »

Dans la nature la notion de droit et de devoir n’existe pas. Le lion n’a pas le droit de manger la gazelle, il en a simplement la nécessité ! La femelle allaite son petit non par devoir, mais par nécessité !

Quand les premiers hommes ont créé les premières société, c’était s’unir pour se défendre contre des dangers que chacun d’eux ne pouvait affronter seul. Les société humaines sont fondées sur la notion de solidarité, donc de devoirs réciproques. Dans un société, nul n’a de droits sans que les autres n’assument leurs devoirs.

Par exemple, le « droit au chômage » si souvent revendiqué n’a de sens que si tous les autres assument leur devoir de cotiser aux ASSEDIC. Sans devoir des autres, le droit au chômage n’est que « pipo ».

 En comparant le nombre de manifestations pour réclamer des droits à leurs pendants pour réclamer des devoirs vous comprendrez les problèmes de nos sociétés. Chacun réclame ses droits, mais se défile autant que faire se peut devant ses devoirs.

Ce sont les devoirs qui créent les droits et non les droits qui créent les devoirs.

Prenons l’exemple des seigneurs du moyen âge, ils avaient le devoir de défendre les populations vivant sur leurs terres. Pour cela ils devaient construire des château fort et entretenir des armées. Ceci leur donnait le droit de lever des impôts pour financer cette défense. Évidemment c’est le principe, car dans les faits les seigneurs ont quelque peu abusé de leur position dominante !

Dans le même ordre d’idée, en ce qui concerne la vaccination beaucoup réclament leur droit à ne pas être vaccinés mais oublie facilement leur devoir de l’être par solidarité avec tous.

L’une des valeurs cardinales dans les sociétés occidentale est le désir d’égalité entre tous les humains. Ce concept était totalement ignoré des civilisations anciennes. Dans l’Égypte antique, Pharaon, les prêtres, et les nobles se partageaient pouvoir et richesses. Dans l’empire Romain les Patriciens, arguant de leur lignée avec les Fondateurs de Rome, s’attribuaient de père en fils les privilèges de l’argent et de la puissance.

Jésus Christ (fils de dieu, agitateur politique, ou philosophe ?) a lancé la grande idée morale de l’égalité entre les hommes. On peut dire qu’il a été entendu puisque la religion chrétienne a forgé les nations occidentales et quelle reste très influente encore de nos jours.

Jésus a donc été entendu … mais cela a-t-il changé quelque chose ? pas vraiment

Durant le moyen âge et jusqu’à la révolution Française l’église a joué un jeu plus que bizarre et bien peu en accord avec ses commandement. Elle a lancé les croisades, mis en avant l’inquisition, et surtout c’est toujours acoquiné avec la noblesse (auto proclamée) et le pouvoir pour entretenir les inégalités sociales. La révolution a relancé le concept d’égalité avec le succès que l’on connaît.  Rapidement la bourgeoisie a remplacé la noblesse, toujours avec la complicité des églises. Encore un coup d’épée dans l’eau.

Le XX ème siècle a remis sur le tapis le concept à travers l’utopie communiste. Encore raté

Comment comprendre qu’une telle idée prônée par toutes sortes d’idéologie, si chère à nos cœur, si profondément ancrée dans nos valeurs n’arrive pas à s’imposer ?

Élémentaire mon cher Watson, parce que c’est une utopie, ce dont chacun rêve mais dont personne ne veut.

L’expérience montre que ce sont, généralement, les sociétés les plus inégalitaires qui occupent le haut du panier en termes d’économie. Le France et l’Angleterre du XIX ème siècle, les états unis du début du XX ème, et le miracle Chinois de la fin du XX ème siècle. La France, avec sa politique sociale et redistributive perd progressivement son rang de grande puissance et intègre le « ventre mou » des nations aisées. On s’aperçoit que le France n’a plus les moyens de sa politique égalitaire, elle perd années après années sa compétitivité. On doit faire le constat décevant que les idéologies de gauche (humanistes et redistributives) ont échouées. C’était une belle utopie qui n’a pas réussi à se concrétiser, qui s’est fracassé sur le mur des réalités.

La nature humaine est impitoyable ! Nous avons tous besoin de nous positionner, c’est le début de notre processus de sécurisation. La hiérarchisation des êtres et des choses est notre mode de fonctionnement qui malheureusement refuse l’égalité. On ne se positionne pas en étant pareil, mais en étant différent. La définition de notre identité se fait par comparaison et différence avec les autres : « je suis plus à gauche ou plus à droite, je suis plus grand ou plus petit, plus malin ou plus nigaud … ». L’égalité ne nous définit pas : «je suis pareil que lui » ne nous apprend rien.

Il nous faut découvrir un autre mode de fonctionnement, la recherche d’égalité est un piège, une dangereuse utopie. Serais-je plus heureux sui j’étais le clone de Bernard Arnaud, Michel Fourniret ou Vladimir Poutine : Non je n’ai pas du tout envie de mener la vie qu’ils mènent.

Ce qui est important est que chacun trouve dans la société la place et le rôle qui le rendent heureux. Cela passe par une meilleure connaissance de soi, une meilleure reconnaissance par les autres, et infiniment de tolérance !

Valeurs, devoirs, et droits, sont intimement liés. Ce sont les valeurs qui impliquent les devoirs, et les devoirs qui accordent des droits. Tout le mal des sociétés vient quand on privilégie les droits aux devoirs.

Légalisation du cannabis

Nous parlerons ici de la légalisation du cannabis, sous contrôle de l’état, et non de sa dépénalisation qui ferait surgir des « cartels de la drogue »

C’est un problème qui se pose avec acuité en ce moment et dont la réponse est généralement manichéenne. Certain répondent avec assurance non, d’autres tout aussi affirmatifs répondent oui.

Avant de donner une réponse il est impératif de poser clairement le problème, d’en étudier tous les contours. Croyez-moi, la réponse ne peut être simpliste.

Premier constat, la France est l’un des pays développés dans lequel la législation sur le cannabis est la plus restrictive mais c’est également le pays ou la consommation illégale de cette substance est la plus importante.  Notre politique est un echec.

Deuxièmement. Le cannabis est considéré généralement comme une drogue douce, non addictive, presque récréative. C’est bien sur complétement faux. Cette substance a les caractéristique d’une drogue et elle constitue bien une addiction, sinon au sens strictement médical mais certainement au sens psychologique.

Ceci mérite une petite digression sur la nature d’une addiction

L’addiction

Une addiction est la recherche de repères dans un univers, un environnement qui en manque. C’est dans une relation à un point fixe que nous nous définissons, que nous prenons notre identité. Nous avons tous besoin de références, de positionnement, de repères pour nous sentir exister.  Hors cette définition nous vivons dans un monde ou nous ne trouvons pas notre place, ou nous ne nous sentons pas exister. C’est un univers angoissant.

L’addiction va nous donner ce sentiment d’exister. Il existe deux grands type d’addiction selon le mode de référencement utilisé

  1. L’addiction physique fondée sur la recherche d’une sensation physique (boulimie, alcool, tabac, drogue). Dans ce cas c’est la sensation (une sorte de shoot) provoquée par l’absorbation d’une substance qui va nous donner, un instant, le sentiment « d’être ». Bien que provoquée par une substance physique cette addiction reste un phénomène psychiques. Lorsque l’effet de la substance disparaît, le sentiment d’angoisse renait et le besoin d’en ingérer de nouveau (pour retrouver ce sentiment d’exister) se fait de nouveau sentir, d’ou la notion d’addiction. Certaines substances créent en plus une dépendance biomédicale qui accentue le besoin addictif et rendent plus compliqué le sevrage.
  2. L’addiction psychique, fondée sur le recherche d’une sensation intellectuelle (une sorte de shoot d’adrénaline). L’exemple type en est l’addiction au jeux. La sensation d’espoir, de crainte, le suspens, la spéculation, sont autant de points d’accroche qui font un instant oublier le vide angoissant. Passé le moment d’excitation le vide renait et le besoin de le combler avec. L’addiction aux jeux vidéo, au téléphone portable, le goût du risque, sont autant de tentatives de combler un vide principalement quand on se retrouve seul, face à soi-même. De nature similaire on retrouve les suiveurs de Gourous, le suiveur des leaders radicalisés qui recherchent dans des références « clé en main » un positionnement qu’ils ne trouvent pas en eux.

Les sujets à l’addiction

Maintenant définie l’addiction examinons qu’elles en sont les victimes désignées. Ce sont majoritairement les adolescents. Pourquoi ? Parce que nos ados sont en recherche d’identité. Ils ont vécu enfants sur les références familiales. A l’adolescence les nouvelles expériences, les nouveaux contacts, les nouveaux horizons commencent à leur former une conscience dont les références ne peuvent plus se superposer aux références familiales. Ils sont en décalage avec elles. Il leur faut donc les abandonner pour forger leur propre identité. Le problème c’est qu’ils doivent abandonner leurs références enfantines alors qu’ils n’ont pas encore fabriqué leurs références d’adulte. L’adolescence est donc une période de flottement, de flou identitaire, de vide référentiel, particulièrement propice aux addictions. C’est la période ou les adolescents se recherchent une identité d’adulte en fumant des cigarettes, en buvant de l’alcool, fumant du cannabis, consommant des drogues, sujet à la boulimie ou à l’anorexie, ou encore en cherchant à exister en épousant de grandes causes, des utopies qui leur offrent des références toutes faites. Bien sûr toutes personnes à personnalité flottante, mal structurée, ou en déficit momentanée de repère, seront vulnérables aux addictions.

La légalisation

Ceci posé, revenons au problème de la légalisation du cannabis, et au fonds à sa mise en vente sous contrôle de l’état. Ne nous voilons pas la face, le cannabis en France est de fait en vente libre. Chacun peut s’en procurer sans difficulté et le cannabis circule quasi librement sur le marché. Le problème n’est pas d’avoir ou non accès au cannabis, ceci est déjà acté, mais de savoir si on peut ou non en encadrer l’accès tout en luttant pour en limiter au maximum la consommation.  

Le cadre étant posé, voyons quelles seraient les conséquences positives ou négatives d’un telle action.

  1. Dans le positif, signalons
    – Une production et une distribution sérieusement encadrée par l’état permettrait un contrôle de la qualité du produit vendu, et notamment de sa teneur en produit actif (THC) la nocivité étant fonction de cette concentration. Le cannabis « vendu sous le manteau » est très souvent coupé avec des produits douteux utilisés pour en augmenter le poids (la vente étant au gramme). On a observé jusqu’à des coupages avec du plomb (en raison de sa forte densité) dont la toxicité n’est plus à démontrer.
    – La suppression de tout un trafic qui pourrit le vie des riverains, alimente la délinquance, les « guerres de gangs » et mobilise des forces de polices qui seraient mieux utilisées ailleurs, notamment pour lutter contre le trafic des autres drogues.
    – des recettes supplémentaires dans le budget de l’état (s’il prend en charge la production et la distribution)
  2. Pour les points négatif, signalons
    – Faciliter l’accès au cannabis pourrait favoriser sa consommation et créer un appel d’air pour de nouveaux consommateurs. Il semble, cependant, que l’expérience des Pays bas ne montre pas cet accroissement (hors tourisme étranger pour achat)
    – Avoir un produit de qualité contrôlée n’empêcheras pas certain consommateurs de rechercher sur le marché illégal des produits à plus forte concentration en THC
    – La désorganisation du marché de « deal » peut entrainer des perturbation dans les économies parallèles des quartiers et la reconversion des dealers vers le marché, quand même moins étendu, des drogues plus dures.
    – Cela impliquerai enfin un certain renoncement et le constat que les drogues dites, souvent à tort, « récréatives » ont trouvé une place, que nous ne voulions pas leur accorder, dans notre société.

Conclusion

Il s’agit d’un débat entre le souci d’efficacité et l’attachement à des valeurs traditionnelles.

D’un côté il est certain que la légalisation de la production et de la vente du cannabis permettrait un meilleur contrôle sanitaire, un apaisement social, et faire rentrer dans les caisse de l’état les sommes importantes qui entrent dans la poche des « dealers ».

D’un autre côté il est difficile pour certain d’admettre que la « drogue » fait maintenant partie de notre vie sociétale, que légaliser le cannabis serait renoncer aux valeurs du respect de soi, de la réussite et du contrôle de sa vie par la volonté. Plus qu’un problème technique il s’agit d’une querelle de valeurs. Ce n’est pas un fait nouveau et ce genre de débat a fait flores. La querelle des anciens et des modernes en littérature, la séparation de l’église et de l’état, la lutte pour le droit des femmes, plus récemment les débats sur la contraception, l’avortement, le mariage pour tous en sont l’illustration. De nos jour les débats sur l’euthanasie, la PMA et bientôt la GPA ou le clonage sont loin d’être tranchés. Il s’agit de conflit entre « progressistes » et « conservateur. Mais l’histoire chérie ceux qui l’épousent, elle finit toujours par donner raison aux « progressistes ». Le cannabis, comme l’euthanasie seront un jour légalisés. Quand et comment, l’avenir le dira.

Les « conservateurs » sont un frein aux élans parfois désordonnés des « progressistes », mais ceux-ci sont un moteur pour « booster » l’immobilisme des conservateurs.  Ainsi va le monde !

P.S. La légalisation du cannabis ne peut être qu’un pis-aller, un premier pas qui permet de contrôler sa sur-nocivité. Il n’en reste pas moins un produit nocif dont il faut, au maximum limiter l’usage. Malheureusement il semble difficile d’éradiquer le besoin (voir plus haut), autant rêver d’une société idéale. Il faut donc s’attaquer, surtout chez les jeunes, à la survalorisation de l’image du fumeur, à cette illusion que fumer un joint vous fait passer à l’âge adulte. On a partiellement réussi, en cinquante ans, pour l’alcool et le tabac, on peut le réussir pour le cannabis

Anomalie fiscale : Le contrôle

Chacun connaît le principe du contrôle fiscal qui consiste à vérifier les comptes des particuliers ou des entreprises par l’administration fiscale. Il a pour objet de détecter les fraudes ou les erreurs ayant eu des incidences sur le versement des impôts ou taxes par les entreprises.

Ce contrôle est diligenté par Bercy et effectué par des fonctionnaires de l’administration fiscale. Il concerne donc un litige éventuel entre Bercy et un contribuable, personne morale ou physique. En cette période ou l’on fait la chasse aux « conflits d’intérêts » le procédé est pour le moins étonnant.

Le principe fondamental d’un contrôle c’est qu’il doit être effectué par une tierce partie pour éviter tout conflit d’intérêt. En la matière, Bercy est à la foi juge (c’est lui qui mène le contrôle et en tire les conséquences) et partie (puisqu’il est partie prenante dans le litige.

Que dirait on si le contrôle était diligenté par le contribuable et effectué par l’un de ses salarié ? On crierait à la parodie de contrôle.

Même si on peut accorder aux contrôleurs de Bercy un certain niveau d’objectivité, il n’en reste pas moins que leur carrière reste fonction du résultat satisfaisant de leur action pour Bercy. Ils ne sont pas là pour défendre le contribuable, mais les intérêts de Bercy.

Il en résulte que ces contrôle sont effectués « à charge » le contrôleur traquant toutes les sommes n’ayant pas été versées à Bercy et ne se soucie absolument pas des sommes qui auraient été versées en excès par le contribuable.

J’ai l’expérience d’un contrôle de TVA ou après examen des comptes le fisc me réclamait environ 10.000 euros de redressement. J’ai du batailler ferme pour montrer au contrôleur qu’il avait fait de grosses erreurs (ce qui m’a pris du temps et n’est pas à la portée du contribuable moyen). Nous sommes finalement tombés d’accord sur un trop payé de 1200 euros de ma part.

Je m’attendais donc dans le rapport de contrôle à recevoir un remboursement de ce montant. Or le rapport stipulait simplement : « aucune anomalie détectée » … circulez y rien à voir ! asseyez-vous sur vos droits.

J’aurais évidemment pu contester devant le tribunal administratif et après quelques années de procédures, beaucoup d’efforts et de frais engagés obtenir réparation. Cela m’aurait couté plus que la somme récupérée.

Il n’est pas acceptable qu’un contrôle soit exercé par l’une des parties, le conflit d’intérêt est trop patent.

Cette remarque est évidemment valable pour tous les organismes de contrôle administratif (tribunal militaire, commissions parlementaires, commissions sénatoriales, conseil de l’ordre des médecins, pharmaciens, dentistes, magistrats, avocats, …). Ces juridiction corporatistes ne devraient pas exister.

Dans notre constitution nous avons trois pouvoirs indépendants (exécutif, législatif, judiciaire) il nous manque le quatrième pouvoir indépendant : Le contrôle

PS : Pour illustrer ces juridictions parallèles parlons d’un polémique en cours. Un certain nombre de militaires, nostalgique du pétainisme ou de l’OAS et du putsch d’Alger on publiés une tribune d’un goût plus que douteux. L’armée à pris contre eux des sanctions sans respecter ni la présomption d’innocence, ni la liberté d’expression (On ne peut invoquer cette liberté quand Charlie Hebdo publie des caricatures et la dénier aux autres). Quelque soit la nature délétère de cette tribune, c’est la justice républicaine qui doit s’appliquer et non une justice corporatiste forcément partiale.

En aucune circonstance on ne doit être juge et partie !

Juste pour se détendre

Anomalie de la justice : le discernement

Actuellement le procès de l’assassin de Sarah Halimi fait polémique. Un homme a agressé, roué de coups puis défenestré une femme âgée de confession Juive. La cour ayant estimé qu’au moment des faits l’individu n’était plus en possession de ses moyens et n’avait plus le discernement nécessaire pour contrôler ses actes devait être considéré comme irresponsable (bien que coupable). Ceci est conforme au droit Français. Certains, au contraire pensent, non sans raison, qu’un tel crime, une telle barbarie ne pouvait pas rester impunie et réclame un procès et une condamnation !

Comme toujours une polémique est fondée sur une incompréhension réciproque et un flou dans les approches.

Dans un jugement plusieurs approches sont possibles :

  1. On juge l’individu auteur du crime, son comportement, son histoire, se contentieux
  2. On juge le délit, l’acte commis, crime, escroquerie, agression
  3. On juge au nom des conséquence de l’acte pour la victime, au nom du préjudice commis

Ces trois approches conduisent à des conclusions très différentes. Prenons quelques exemples :

L’assassinat de Sarah Halimi. Si on juge l’individu, le criminel, la décision de la cour est justifiée par l’état mental de l’individu. Si par contre on juge l’acte il est criminel et demande procès et sanction

Infraction au code de la route. Un individu « grille un stop ». Deux cas possibles :

  1. Il est simplement repris par les gendarmes, verbalisé, et sans doute passible d’un retrait de permis
  2. Malheureusement à ce moment une voiture traverse le carrefour protégé, il a accident et mort d’hommes. Le conducteur fautif risque la prison.

Si on juge l’acte, dans les deux cas le délit est le même et la sanction devrait être identique. Au contraire si on juge au nom des conséquences de l’acte, l’infraction avec mort d’homme est de loin plus grave.

Les circonstances atténuantes. Au cour d’un procès la défense peut invoquer des circonstances atténuantes. On tient alors compte de l’environnement dans lequel s’est produit l’acte délictueux, l’histoire de l’accusé, ses contentieux éventuels avec la victime, la réciprocité des fautes. Un exemple typique en est le « crime passionnel ». Le jugement sur l’individu se superpose au jugement sur l’acte

La préméditation. Au cour d’un procès l’accusation peut invoquer cette circonstance aggravante. Un acte est considéré comme plus grave s’il est commis « de sang-froid » que s’il est commis sous l’emprise de la passion. Pourtant l’acte est le même et les conséquences pour la victime identique. L’intention de l’individu est prise en compte

Le crime antisémite.  L’antisémitisme est considéré comme une circonstance aggravante. Il est plus grave de léser un Juif que de léser un Catholique, un polonais ou un Chinois. Dans ce cas on tient compte de l’intention antisémite de l’individu qui implique la préméditation, mais également, des conséquences, de la nuisance causée à une communauté. Dans l’antisémitisme, en vouloir à un Juif c’est évidemment en vouloir à toute la communauté. Le jugement sur l’acte est influencé par le jugement sur l’individu, et par les conséquences potentiels sur une communauté

Conclusion ; On voit combien tout cela est flou. Selon le poids que chacun apportera aux divers éléments (individu, acte, conséquences) le jugement rendu pourra être assez différent. Tout jugement est contestable, l’utopie de la justice confine à celle de la vérité absolue. Un jour peut-être l’intelligence artificielle remplacera les juges. On cessera de les critiquer … mais on critiquera les algorithmes.

Anomalie de notre système judiciaire

La France est reconnue pour avoir un plutôt bon système judiciaire, même s’il est loin d’être parfait … selon l’adage : « Quand je me vois je me désole, mais quand je me compare je me console ».

Un point cependant ma chagrine que je n’arrive pas à comprendre, mais peut être me manque-t-il des informations qui pourraient expliquer ce que je ne m’explique pas. Dans la pyramide des instances judiciaires nous avons la première instance, l’appel, et le pourvoi en cassation (en oubliant pour le moment les juridiction Européennes ou internationales). Ce principe est sensé offrir aux parties jugées le maximum d’équité.

Sur un litige entre deux parties un premier jugement est prononcé par un juge. Si ce jugement ne satisfait pas l’une des parties, elle peut faire appel du jugement et un deuxième jugement est prononcé en appel qui annule le premier. Très souvent le jugement en appel est différent du jugement en première instance ce qui reconnait, implicitement que le premier jugement était erroné ou imparfait.

Si l’une des parties n’est pas satisfaite de ce nouveau jugement elle peut se « pourvoir en cassation ». La cour de cassation prononce un nouveau jugement qui peut être différent du jugement en appel. Ceci reconnaît implicitement que le jugement en appel pouvait être erroné ou imparfait. En négligant les instances Européennes le jugement de cassation constitue le jugement définitif.

Le principe de remettre plusieurs fois l’ouvrage sur le métier est évidemment un bon principe pour assurer un jugement juste et équitable. Cependant certains points me « titillent » dont je n’arrive pas à saisir la logique.

  1. Si le jugement en appel ne contredisait que très rarement le jugement de première instance, la procédure rectificatrice serait parfaitement justifiée. A ma connaissance (qui est sans doute très limitée en matière de chronique judiciaire) il est assez fréquent que le prononcé en appel soit différent de celui en première instance. Cela laisse planer le doute sur ces premiers jugements
  2. Lorsque la cour de cassation contredit le jugement de la cour d’appel, ce qui n’est pas rare, alors « quid » de la qualité du jugement en appel
  3. La cour de cassation est la juridiction supérieure qui va prononcer le jugement définitif … pourquoi les deux juridictions précédente auraient tout faux et la cour de cassation raison envers et contre tout. S’agit-il de « supers juges » qui corrigent les errements de petits juges peu compétant. Comment apprécier avec trois jugement différent lequel est le bon ! Pour le moment c’est celui qui parle en dernier qui a raison, est-ce raisonnable ?
  4. Si on admet que le jugement de premier instance peut être remis en cause par le jugement en appel, lui-même remis en cause par le jugement en cassation, pourquoi ne pas s’adresser directement à la cour de cassation puisque « in fine » c’est son jugement qui fait fois

Présenté ainsi le système frise l’incohérence, voire est aberrant. Pourtant je fais confiance à nos législateur pour ne pas avoir fait n’importe quoi. Il y a surement une raison à tout cela et j’aimerais la connaître. Si quelqu’un peut éclairer ma lanterne ce serai avec plaisir que je recevrais l’information qui me manque.

La féminisation des noms, un régal

La féminisation des noms est devenue « dans le vent ». Pourquoi pas ! Évidemment cela va doubler le nombre de pages de nos dictionnaires et ajouter un gros chapitre au Bescherelle pour définir quand il faut dire spectareure, spectateuse, ou spectatrice.

Pensons quand même que si les usages créent les symboles les symboles ne créent pas l’usage. Les usages créent les mots mais les mots ne font pas les usages.

Je me suis amusé à regarder le genre des noms qui décrivent le corps humain.

On commence par la tête (féminin), composée du crâne, du front, de l’œil, de l’oreille, du nez (masculin) puis de la bouche, la mâchoire (féminin) et enfin le menton (masculin)

Viennent ensuite le cou (mas), l’épaule (fém), le bras (mas), terminé par la main (fém).

En bas on a la cuisse (fem), le genoux (mas), la jambe (fém), puis le pied (mas)

On peut dire que pour l’égalité homme/Femme c’est plutôt réussi.

Un point amusant est celui des organes sexuels qui définissent bien évidemment le genre. Les organes masculins sont définis par des noms féminins (la verge, une couille) parfois masculin (un testicule) mais enveloppé dans une bourse (féminin).

Pour les organes féminins (le sein, le vagin, l’utérus) ont plutôt des noms masculins même s’ils débutent par la vulve et la lèvre.

Comment en est-on arrivé à ce méli-mélo. Sans doute sans apriori, par l’usage, et l’usage n’est pas très structurant. C’est le peuple a fait l’usage.

Le second principe de la thermodynamique (la physique des énergies) énonce que « tout système isolé évolue inévitablement vers le désordre, le chaos » … je n’ai pas dit le K.O !

C’est à dire qu’un système isolé ne peut pas s’auto-structurer. Pour cela il lui faut être en relation avec un système extérieur susceptible de lui fournir une énergie structurante.

Voilà une pierre dans le jardin des populistes. La gestion du peuple par le peuple, en vase clos, sans apport extérieur ne peut conduire qu’au chaos, c’est à dire l’anarchie. C’est le rôle des élites, des intellectuels, des sachants, des « connaissants » de tout poils de fournir cette énergie structurante nécessaire. Évidemment pour éviter l’anarchie on risque alors de tomber dans l’autocratie d’une classe dominante.

Pour en revenir à la féminisation des mots, c’est une tâche plus compliquée qu’il n’y paraît car elle s’appuie sur un système un peu « Branquignolesque ».

Par exemple féminisons un mot se terminant par eur :

Faut-il dire auteure, simple féminisation mais qui implique de prononcer un e muet ?

Faut-il dire auteuse comme dormeur fait dormeuse et chanteur fait chanteuse ?

Faut-il dire autrice comme spectateur fait spectatrice et réalisateur fait réalisatrice ?

Pour un mot se terminant par un e muet comme notaire, secrétaire ou étalagiste

Faut-il prononcer « notair » sans prononcer le e muet pour un homme et « notaire » en prononçant le e muet pour une femme ?

Le mot lingère pourrait-il avoir un masculin en linger comme boulangère fait boulanger ou bergère fait berger ?

De nombreux mot ont déjà leur féminin ;

Les mots masculins se terminant en er font ère au féminin

Les mots masculins se terminant ant font ante au féminin

Les mots masculins se terminant en iste sont identique au féminin.

Les mots masculins se terminant par eur peuvent au féminin faire euse, ou eure

Les mots masculin se terminant en eur peuvent au féminin faire oresse comme docteur fait doctoresse

Les mots masculins se terminant par teur peuvent au féminin faire trice
On voit que tout cela est bien compliqué et anarchique

La grosse erreur de notre langue est d’avoir systématiquement donné un genre à de concepts qui n’en ont pas. Pourquoi une chaise a-t-elle un nom féminin alors qu’un fauteuil ou un tabouret sont masculin. Celan’ rien à voir avec celui ou celle qui vont s’asseoir dessus. La féminisation des noms n’a pas grand sens dans la mesure où elle pense préciser un système déjà incohérent

Je ne sais pas s’il est intéressant de rajouter du chaos au chaos.

Vivre l’art, émotion ou raison

J’ai plusieurs fois essayé de définir l’art, une œuvre, un artiste en tentant de trouver la valeur universelle qui pourrait en être l’archétype. Je n’ai jamais réussi à trouver ce qui pourrait être la définition de l’artiste et de ses œuvres. C’est rageant, pour un phénomène aussi courant, aussi universel, de ne pas réussir à en produire une définition. Je n’en ai pas été capable et je n’ai trouvé dans la littérature que des définitions partielles, la plus part du temps ego centrée. Pourquoi ne peut-on définir l’art ?

La réponse est finalement assez simple : « Parce que l’art est émotion et que l’émotion ne se définit pas car elle ne peut se représenter en termes rationnels et logique ». Si on réussissait à définir l’art, il ne serait plus de l’art mais de la technique. Il serait enfermé dans un système de règles et de principes, gouverné par des mots, réduit à des poncifs, des canons réducteurs. On ne définit pas l’émotion (même si on peut en représenter les conséquences comportementales qui en sont issues). L’émotion n’a jamais de sens, elle est pure ressenti. Ce n’est que confrontée à nos expériences, à notre vécu cognitif qu’elle prend valeur. Elle n’est plus alors émotion mais sentiments, comportements, jugement.

Réjouissons-nous de ne pouvoir définir l’art, il reste une émotion non transmissible, non formulable, étanche à la sclérose de la représentation. Vivons l’art, mais n’essayons pas de le mettre en cage.

Tout ce discours doit vous paraître abscond et quelques exemples pourront mieux l’expliquer que les mots.

Tout d’abord un exemple (volontairement caricatural) un peu éloigné de l’art : « Le voyage ». Il y a deux types de voyageur

  1. Celui qui prépare soigneusement son voyage à l’avance. Il se renseigne sur le pays, son histoire, ses coutumes, ce qu’il faut voir absolument, les choses surprenantes, le climat politique etc. etc.
    Arrivant dans le pays il ne va rien manquer, être en accord ou pas avec ce qu’il a appris … mais il ne se dégagera pas de son « préconçu » sur le pays, il ne le verra en positif ou en négatif qu’au travers de ses préjugés. Au retour il aura plein de choses à raconter, il sera intarissable sur ses expériences.
  2. L’autre voyageur se renseignera sur le minimum d’éléments à connaître pour ne pas avoir de mésaventure à son arrivée. Il arrivera vierge de toute idée et découvrira le pays tel qu’il le ressent. Il flânera en humant l’atmosphère, les gens, les images. Il aura peut-être « raté » le Taj Mahal, le Golden Gâte ou la tombe d’Aménophis III, mais il aura trainé dans les petites boutiques, souris aux enfants, papoté avec un cafetier, respiré l’odeur des épices ou de la cuisine locale (il aura peut-être une petite « tourista »). Au retour il n’aura pas trop de choses à raconter, quelques impressions difficiles à transmettre, un récit décousu en petite touches, en pointillé.

De nos deux voyageurs le premier aura vécu une expérience intellectuelle, organisé, quadrillée, il pourra presque faire une conférence sur son expérience dans le pays mais il aura peu de vécu personnel de son voyage.

Le second aura vécu une expérience émotionnelle faites de touches de couleurs, de sons, d’odeurs, de foule ou de désert. Il ne pourra pas faire un bon récit de son voyage, il ne saura peut-être pas le formaliser dans un discours, mais il aura vécu une expérience qui l’aura certainement enrichi.

La peinture

Lorsque l’on regarde une œuvre d’art les processus sont identique.

On peut, comme pour un voyage, la voir d’un œil analytique : On s’intéresse au peintre, à son histoire, son environnement, la place qu’occupe le tableau dans son œuvre et dans les courants de la peinture. On étudie la technique, les couleurs, la composition, les rythmes. Bref on fait dire au tableau des tas de choses, on le fait parler. En fait on ne le fait pas parler, on parle à sa place, on projette nos attentes, nos connaissances sur lui, on justifie notre position d’amateur d’art. Mais lui n’est pas le sujet, il n’est que l’objet que nous, sujet, utilisons. Ne confondons pas l’émotion artistique avec Wikipédia.

On peut également le regarder avec « l’œil du cœur », se contenter de ressentir l’émotion qu’il nous propose, vivre avec lui comme un comédien vit avec son personnage. C’est un échange direct, en mode affectif, entre l’œuvre et nous. Comme tout échange basé sur l’émotion il est hors du temps et de l’espace, hors de la culture et de la connaissance. Le tableau d’objet devient  sujet, c’est nous qui le faisons vivre.

Le cinéma

On peut appliquer ce qui a été dit plus haut à l’expression cinématographique.

On peut voir un film avec un esprit critique, juger du scénario, de la mise en scène, de la prise de vie, de l’image, du montage, s’intéresser au réalisateur, aux acteurs. Autant de choses qui, de mon point de vue, sont toutes sortes d’obstacle au simple vécu de la situation. On ne peut pas vivre une situation et en même temps la regarder de l’extérieur

Je préfère voir un film, comme un bon moment à passer, une implication dans une autre vie, « le nez dans le guidon ! ». Évidemment, après coup, je n’ai pas grand-chose à en dire, hormis « c’était bien » ou pas !

La poésie

Nous avons tous fait à l’école des explications de texte. J’ai été un jour confronté à expliquer un poème de Verlaine. En cancre moyen j’ai traité le sujet plus ou moins bien … je devrais dire plus ou moins mal ! Plus tard j’ai compris pourquoi c’était un exercice sans futur. On n’explique pas la poésie, on l’écoute, on la dit, on la ressent. Ce n’est pas une raison mais une simple émotion. La poésie de dit pas, elle suggère ? Si on analyse littéralement, logiquement : « les sanglots longs des violons de l’automne … » on se dit que Verlaine avait dû prendre une « sacré torchée » pour pondre cela ! … des violons qui pleurent en automne !

Conclusion

On comprend pourquoi la définition de l’art est chose difficile. Doit-on le considérer en tant qu’émotion, en tant que  sentiment ; ou de récit ? Doit-on le considérer selon son côté personnel ou universel ?

L’émotion nous propose un vécu tout personnel de l’œuvre d’art, non transmissible, non formulable, non compréhensible. Le spectateur est seul devant l’œuvre, il en est imprégné sans en avoir conscience. C’est un peu la position d’un petit enfant devant un jouet qui l’attire, lui donne un désir, même s’il ne sait pas pourquoi, s’il ne voit pas à quoi cela peu servir. C’est un phénomène de fusion dans lequel la distance entre le sujet et l’objet n’existe plus.

Le sentiment est une position un peu plus complexe. L’émotion est maintenant confrontée au vécu du spectateur et elle intègre maintenant sa relation passée aux autres et à l’environnement. Le sentiment des choses reste encore difficile à transmettre. Il ne s’échange pas par des mots mais plus par des non-dits, des gestes, des mimiques, des comportements.

Le récit est la version la plus élaborée de l’art. il va s’exprimer par le langage. Il va traiter de l’œuvre en ce qu’elle s’inscrit dans une histoire, dans un courant de pensée, dans une chapelle artistique, décortiquer la technique, l’art de la composition, de la construction. C’est la forme la plus sociabilisée de l’expression artistique. Elle est collective mais pas universelle car elle est sujette aux courants d’opinions, aux groupes constitués, aux modes. Le récit décrit l’oeuvre, mais il est tout sauf l’oeuvre elle-même.

Personnellement je choisi l’art comme une émotion individuelle. Il n’est pas échangeable, non transmissible. Il est mon émotion, une pure relation entre moi et l’œuvre. Que m’importe l’artiste, sa notoriété ou son anonymat. Il a produit une œuvre, il a voulu la montrer, je m’en empare, je la fais mienne… et basta !.

La manipulation d’opinion

La manipulation est une méthode délibérément mise en œuvre dans le but de contrôler ou influencer la pensée, les choix, les actions d’une personne, via un rapport de pouvoir ou d’influence. Les méthodes utilisées faussent ou orientent la perception de la réalité de l’interlocuteur en usant notamment d’un rapport de séduction, de suggestion, de persuasion, de soumission non volontaire ou consentie.

C’est cette finalité qui caractérise la manipulation et la différencie de l’information, du conseil, ou de la formation

L’humain a besoin, c’est sans doute une faiblesse, de se hiérarchiser

  1. Pour se référencer, se situer par rapport aux autres, donner un sens à sa vie, en quelque sorte exister
  2. Cette façon de se positionner par rapport aux autres, donc de se définir, est associée à un besoin de sécurité qui entraine chacun à tenter de se placer au plus haut dans la hiérarchie qu’il crée.

Dans une société humaine chacun doit s’imposer aux autres, imposer sa vision du monde. Nous sommes tous entrainés dans un combat infernal et inutile de « qui fera pipi le plus loin » (pardon pour cette expression un poil machiste).

Chacun réagit avec sa raison et ses émotions et c’est dans ces deux domaines que va intervenir la manipulation.

Je n’aborderais pas ici le problème général de la construction d’une opinion publique qui fait appel à bien d’autres critères mais à la formation de l’opinion individuelle (qui bien sûr joue son rôle dans l’élaboration d’une opinion publique)

Les domaines ou s’expriment les manipulations d’opinion sont extrêmement nombreux. On peut dire que dans tous les rapports humains on trouve la tentation de manipuler l’autre. La séduction est une forme de manipulation douce. Je ne parlerais ici que dans les domaines les plus généraux, les plus courants.

La publicité

Je commence par elle car c’est le domaine dans lequel elle est clairement assumée. Les publicitaires avouent sans vergogne rechercher dans notre psyché la faille qui leur permettra de nous faire acheter des objets dont nous n’avons probablement aucun besoin objectif, de créer chez nous un besoin pour le satisfaire par l’objet qu’ils nous proposent. On ne peut pas mieux faire comme manipulation.

Au départ, c’était la réclame, le message était cognitif, on nous expliquait les nombreux avantages de l’objet, en en omettant les faiblesses. Mais au bout d’un certain temps il s’est avéré que les messages purement cognitifs pouvaient être soumis à l’esprit critique des prospects. Ceux-ci pouvaient remettre en cause les affirmations du message.

Les publicitaires se sont alors adressés à des messages plus insidieux faisant appel à la conscience émotionnelle de prospect. Il s’agissait, non plus de décrire le produit dans ses aspects les plus positif, mais d’en diffuser une image, une impression positive.

 Assez récemment on est passé à un autre type de messages destiné à créer une notoriété pour le produit. Il s’agit maintenant de « faire rentrer dans le crane » des prospects simplement le nom du produit et la symbolique graphique associée, de créer une familiarité confinant à la confiance entre le prospect et le produit qui sera choisi de préférence à celui de ses concurrents. On diffuse un message accrocheur, souvent sans rapport avec le produit, uniquement destiné à intriguer, capter l’attention. Puis « in fine » on envoie le nom du produit et sa symbolique graphique.

« passez muscade » le tour est joué. On peut clairement parler de machination ou de manipulation.

Un autre point à signaler à propos des messages publicitaires est la diffusion quasi systèmatique de « fake news », même si celles-ci restent « dans les clous » sur le plan légal : « les produits qui suppriment les rides, empêchent la chute des cheveux, font maigrir en dormant, les voitures Volkswagen qui respectent les normes CO2, les produits bio qui ne le sont pas, les médicaments miracles etc. etc. ». On trouve un mensonge dans la plupart des messages publicitaire.  Donald Trump et les groupes complotistes sont des amateurs par rapport aux publicitaires.

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Les messages politiques

Encore des grands spécialistes de la manipulation. Dans ce cas il s’agit d’obtenir un consensus sur son nom de la part des futurs électeurs. Bien sûr tous les coups sont permis, au diable la morale !

  1. La première méthode est « la semi vérité ». Il s’agit tout simplement d’énoncer dans son discours tous les bienfaits potentiels de son action future (en omettant ses points négatifs) et de dénoncer dans les programmes de ses adversaires tous les points indéniablement négatifs (en omettant les points positifs). C’est le classique mensonge par omission. On annonce une vérité facilement ingérée par le prospect et on lui laisse la tâche difficile d’aller rechercher lui-même les contre-vérités.
  2. La seconde approche est d’avancer des pseudo vérité, des chiffres invérifiables sur le moment pour paraître justifier son argumentation. Ces vérités ne résistent souvent pas à une analyse critique ultérieure, mais qu’importe le ver est dans le fruit, le mal est fait.
  3. Troisième approche, le dénigrement de ses adversaires. Il s’agit d’aller rechercher, dans leurs passés des éléments qui semblent contre dire leurs discours actuels. Qu’importe qu’ils aient été vécus dans le passé, dans un contexte totalement différent, on les rapproche du discours actuel comme si ils avaient eu lieu la veille. C’est bien sûr un contre sens historique, de la malhonnêteté intellectuelle.
  4. On détecte facilement ces menteurs dans leur « parler mitraillette ». Il s’agit de parler, parler, parler, sans laisser la capacité à un interlocuteur d’intervenir. On évite ainsi toute contradiction, on peut asséner ses contre vérité, dévier pour répondre à coté de la question posée. Méfions-nous de ceux qui parlent trop vite, sur un mode hystérique !

Pour les politiques les méthodes suivantes relèvent plus de la stratégie publicitaire

  1. Les promesses intenables. Il s’agit de faire rêver. Le prospect attend la lune, soit on lui promet la lune. Nous sommes tous des êtres qui vivent d’espoir et qui préfèrent vivre dans l’utopie que dans la réalité. C’est cette faiblesse que nos politiques utilisent pour nous entrainer derrière eux. Qu’importent les désillusions ultérieures après qu’ils aient été choisis, si nécessaires ils nous berceront d’autres promesses.
  2. La création d’une image. Nous choisissons des hommes politiques que nous ne connaissons absolument pas et nous les élisons simplement sur la base de l’image que nous avons d’eux.  Ils doivent donc nous présenter la meilleure image d’eux, celle qui entrainera l’adhésion du plus grand nombre. Il y a toutes sortes d’images disponibles pour fabriquer un personnage : paternel, maternelle affectueux (se), paternel, maternelle fort(e) et protectrice, érudit spécialiste ou brillant économiste, près du peuple et populiste, enthousiaste et entrainant, … chacun d’eux doit choisir le personnage qui, incarné, lui donnera le plus de chance de séduire les électeurs. Un homme politique ne doit pas être sincère, mais jouer un rôle … cela s ‘appelle de la manipulation
    Récemment, pour mieux nous séduire nos politiques ont pris le parti de participer à des émissions populaires de télévision pour jouer leur personnage devant un vaste public. Ils choisissent alors le personnage « bonhomme » et prés de nous.

Nous avons examiné des types de manipulation de mode offensives ; Elles ont pour but de nous faire agir et de nous entrainer dans le sens choisi par le manipulateur. Il existe également des manipulations de mode défensives, destinées à nous faire réagir devant un danger potentiel.

Les thèses complotistes

On est dans ce cas typiquement sur une manipulation qui veut nous inciter à réagir devant un danger, une injustice, une manipulation. Faire réagir contre un danger n’est pas forcément du domaine de la manipulation, cela le devient lorsqu’il s’agit d’un danger imaginaire ou fabriqué de toutes pièces, et que sous-jacent se cache l’intention de nous entrainer dans une direction choisie par nos manipulateurs.

Les théories complotistes sont légion.

Personne n’a jamais marché sur la lune

Les attentats sont planifiés par d’autres que les islamistes

Le sida est un virus créé en laboratoire

La terre est plate

JFK a été assassiné par la CIA

Lady DI a été assassinée par la famille royale

Michael Jackson et Hitler ne sont pas mort

Le monde est gouverné par des reptiliens (dont Sarkozy, le Reine d’Angleterre, Obama, …)

J’en passe et des meilleurs …

Autant de choses, évidemment choquantes, qui nous heurtent, qui nous poussent à réagir (du moins les plus crédules) et à passer du mode raisonné au mode émotionnel. A partir de ce moment-là nous ne sommes plus en contrôle de nous-même et des événements, mais prêt à sauter sur n’importe qu‘elle solution qui nous est proposée. Un fois revenu en arrière il nous est difficile de nous dédire vu que notre raison a du mal à réfuter notre vécu émotif.

D’autres jouent sur les deux tableaux

Les religions et les idéologies

Il est toujours difficile de différencier les informations, du prosélytisme, de la propagande ou de la manipulation. La frontière entre elles est ténue. Les religions ou les idéologies ont surfés sur l’espoir et la peur. D’un coté on nous annonce l’enfer (spirituel ou socio-économique) et de l’autre on nous promet le paradis (spirituel ou socio-économique). La peur nous éloigne de notre conditions actuelle et l’espoir nous fait rêver à des jours idylliques. De quoi oublier toute raison pour plonger dans l’émotion.

Conclusion

Toutes les méthodes de manipulation s’appuient sur le même principe nous faire sortir de la raison pour nous embarquer dans l’émotion, de faire taire notre objectivité pour faire appel à notre subjectivité. Pensons au prestidigitateur, manipulateur dans tous les sens du terme qui nous fait voir ce qu’il veut nous faire voir en nous montrant ce que nous avons envie de voir !

Plus on est jeune, moins on est cultivé, et moins notre conscience cognitive est formée, et plus notre émotionnel est prêt à prendre le dessus. C’est pourquoi les jeunes et les classes populaire sont les cibles privilégiées des manipulateurs et notamment des populistes.

Ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces !

Vaccins, élaboration, comportement, polémiques

Avant de parler vaccin, il nous faut donner quelques informations sur les virus.


C’est en 1953 que André LWOFF a énoncé les trois caractères fondamentaux faisant des virus des entités originales :

1) Les virus ne contiennent qu’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN) qui constitue le génome viral. Les plus fréquents sont les virus ARN.
2) les virus se reproduisent à partir de leur matériel génétique et par réplication.
3) les virus sont doués de parasitisme intracellulaire absolu.

La coque virale, ou capside, est une structure protéique résistante que l’on retrouve dans tous les virus. L’ensemble formé par la capside et l’acide nucléique (parfois désigné par le terme anglais core) peut être, chez certains virus, entouré d’une enveloppe constituée de phospholipides arrachés à la membrane cellulaire lors du précédent cycle viral. Que la structure la plus périphérique soit la capside ou une enveloppe, des protéines sont exposées à l’extérieur et déterminent la spécificité antigénique virale ainsi que la capacité du virus à identifier ses cellules hôtes.

Chimiquement, l’ARN est un polymère linéaire constitué d’un enchaînement de nucléotides. Chaque nucléotide contient un groupe, un sucre (le ribose) et une base nucléique, ou base azotée. Les nucléotides sont liés les uns aux autres par des liaisons phosphodiester. On trouve quatre bases nucléiques dans l’ARN : l’adénine, la >guanine, la cytosine et l’uracile.  La Thymine se retrouve dans l’ADN.

Les 5 bases nucléiques entrant dans la composition des acides nucléiques sont :

ADN et ARN contiennent, en outre, des phosphates et des sucres. Alors que l’ARN contient de l’Uracile et du Ribose, dans l’ADN ils sont remplacés par la Thymine et le Désoxyribose.

La réplication du virus (comme celle des bactéries) se produit selon le mécanisme suivant :

  1.  L’ADN se copie en ARN, avec les modifications citées plus haut
  2. L’ARN se copie en ADN en entrainant les modifications inverses

Les virus sont donc constitués de séquences d’acides nucléiques, symbolisées par leurs initiales T, A, G, C, U) ; Par exemple :

TTCGAAGTCC …. GAGTTCCC …  pour les virus ADN et

UUCGAAGUCC … GAGUUCCC … Pour les virus ARN

Dans la chaine du virus certaines séquences jouent des rôles particuliers comme de donner la possibilité au virus de pénétrer dans les cellules, ou encore d’induire des effets pathogènes qui développent des maladies.

Les principaux types de vaccin contre le virus de la Covid 19 sont :

  1. Les vaccins basés sur le principe du virus inactivé. Par un procédé chimique ou thermique on détruit les séquences du virus repérées comme pathogènes, mais le virus conserve les séquences qui lui permettent de pénétrer dans les cellules. Ce sont les séquences contre lesquelles notre organisme va réagir en produisant des anticorps. Le virus inactivé peut ainsi se reproduire dans la cellule sans entrainer de nuisance et en quelques jours la cellule possédera assez d’anticorps pour neutraliser toute attaque du virus actif. Le sujet est ainsi immunisé contre ce virus et gardera cette immunité durant un certain temps, dépendant du vaccin injecté. C’est le type du vaccin Chinois de SINOPHARM.
  2. Les vaccins basés sur des Adénovirus. Il s’agit d’une famille de virus, humains ou animaux, dont certain sont pathogènes, mais beaucoup sont inoffensifs pour les humains.  Pour plus de sécurité le vaccin Astra Zeneca est basé sur un adénovirus spécifique du Chimpanzé et sans effet sur les humains. Dans ce virus ont introduit la séquence du virus de la covid 19 lui permettant de pénétrer dans la cellule. L’apparition de cette séquence virale dans la cellule va déclencher la réaction immunitaire développant les anticorps spécifiques permettant de lutter contre le virus, sans bien sûr introduire les séquences pathogènes. En se répliquant cet adénovirus active la production des anticorps permettant de lutter contre le virus de la covid 19, sans introduire de gêne pour le patient. C’est le type de vaccin développé par Astra Zeneca, le vaccin Russe Spoutnik, et le vaccin Johnson et Johnson.
    Cet Adénovirus modifié étant fragile il doit être conservé à -20°
  3. Les vaccins à ARN messager. Il s’agit de reproduire la séquence du virus de la covid 19 capable de pénétrer dans la cellule est de déclencher la production des anticorps, sans l’associer aux autres séquences du virus pathogène. Cette petite séquence d’ARN, une fois injectée va se dupliquer et activer les défenses immunitaires, sans perturbation pour le sujet vacciné, et rapidement (quelques semaines) le sujet sera immunisé contre le virus pathogène.
    L’ARN étant extrêmement fragile il convient de le conserver à une température très basse d’environ -80°
    C’est le type de vaccin développé par Pfizer et Moderna.

L’idée générale à tout ces vaccins et d’introduire dans la cellule la séquence du virus, capable de la pénétrer et de générer la réponse immunitaire sans impacter l’état de santé du patient. Les 4 vaccins mentionnés y parviennent par des voies différentes et assurent à la personne vaccinée une excellente immunité

Les effets secondaires

Ils sont étudiés dans la phase III du protocole de validation d’un vaccin. Sur une population de 40 à 50 .000 personnes certaines reçoivent le vaccin et les autres un placébo. On peut ainsi comparer les effets à moyen terme du vaccin en comparant le devenir des deux populations. L’absence d’effets indésirable dus au vaccin dans la population vaccinée permet la validation de cette phase. Elle garantie que la vaccination ne créera pas de nuisances générales à la population.

Il est certain que quand on passe d’un échantillon de 50.000 personnes à une vaccination de masse sur des millions de personnes des cas particuliers non visibles dans l’échantillon peuvent apparaître. C’est pourquoi toute vaccination nouvelle s’accompagne d’une campagne de « pharmacovigilance » rigoureuse afin de détecter tout cas suspect. Il faut dans ces cas déterminer si l’effet secondaire est dû à une relation de causalité avec la vaccination ou à une simple corrélation. On prend alors la décision politique qui s’impose.

Les anti vaccins

Une partie de la population reste hostile à la vaccination. Après tout pourquoi pas ! Encore faudrait-il que les arguments avancés tiennent la route.

Il n’est plus possible d’attaquer les vaccins sur le plan de leur efficacité. Elle est trop évidente et une telle attaque ne convaincrait personne. Il faut donc trouver une autre stratégie. Comme on a pu le montrer dans la contre-attaque de l’industrie du tabac dans la polémique sur le tabagisme passif, la réaction des industries du plastique aux attaques contre le bis phénol, ou celle des industries chimiques aux attaques contre les pesticides destructeurs d’abeilles, elles sont au nombre de trois

  1. Il s’agit d’inonder les médias de nouvelles pouvant créer un doute raisonnable :
    . Par exemple on ne peut connaître les effets de la vaccination à long terme, pourrait-elle déclencher dans vingt ans des cancers, des problèmes cardiaques, des problèmes de fertilité. Autant de question dont on n’aura la réponse que dans vingt ans, d’où le doute raisonnable. Et ne pas manquer d’avancer la mauvaise expérience avec l’amiante.
  2. Asséner de fausses vérités :
    . L’ARN messager reste un virus et il est donc dangereux. Ridicule il ne s’agit que d’une séquence d’acide nucléique sans effets
    . Un virus même inactivé reste un virus dangereux. Non, à partir du moment ou l’on a supprimé les séquences pathogènes le virus est inoffensif. Signalons qu’aucun des vaccin anti covid sur le marché Européen n’est construit sur ce principe.
    . L’ARN messager va modifier notre ADN. Non si cette séquence à la capacité (et la finalité) de pénétrer dans la cellule elle n’a pas la capacité de pénétrer dans le noyau ou est stocké notre ADN
    . On a observé telle pathologie chez une personne vaccinée donc le vaccin induit cette pathologie. IL suffit de créer une causalité là où il n’y a qu’une corrélation due au hasard, et le tour est joué !
  3. Dénigrer les personnes ou les institutions qui préconisent la vaccination :
    . Les laboratoires ne cherchent qu’à s’en mettre plein les poches
    . Les pouvoirs publics font le jeu des capitalistes
    . Le professeur « machin » à sorti une étude qui contredit l’innocuité du vaccin
    . Mettre en avant quelques scandales sanitaires (médiator, Thalidomide) qui discrédite la recherche médicale

On pourrait parler du double profil psychologique des anti vaccin, proche de ceux de tous les groupes radicalisés (Anti avortement, Daech, écolo trotskistes, …)
Les leader à conscience psychorigide désarçonnés par tout ce qu’ils ne contrôlent pas et les suiveurs à personnalité flottante en recherche de références auxquelles se rattacher

Conclusion

Ne suivons pas cette tendance « paranoïde » qui consiste à ne plus faire confiance à personne. Nous ne sommes pas mieux placés que les « experts » si douteux soient-ils pour nous faire notre opinion sur les choses. Sur chaque sujet (5G, réchauffement climatique, vaccins, pesticides, …) nous sommes tous des ignorants. Je préfère, au risque d’être dupé, faire confiances aux spécialistes plutôt qu’à moi ou à quelques pseudo gourou aussi ignorants que moi.

Faisons confiance au vaccin !

Illogisme de la langue Française

Tout au long de mes études on m’a dit que j’étais mauvais en orthographe, que j’écrivais phonétiquement, et finalement je l’ai cru. Avec les recul et l’âge je me suis aperçu que je n’étais pas vraiment mauvais en orthographe mais que, en fait, c’était l’orthographe qui était mauvais.

Quelques exemples pour montrer comment notre langue est pleine de complexité.

L’orthographe sert à traduire les phonèmes de la langue parlée en langage écrit et en ce sens quoi de plus logique que d’écrire phonétiquement. La langue que nous parlons et écrivons, la fameuse langue de Molière et un tissus d’illogisme tant dans son orthographe que dans son vocabulaire.

Prenons le mot « cochon », rien de plus simple. Son féminin est cochonne, ce qui n’a rien à voir avec le masculin qui désigne un animal. Une cochonne est une femme qui fait des cochonneries et le terme doit s’employer au sens figuré. Un cochon, lui, donne des cochonnailles (ou plutôt le fermier en fait des cochonnailles) qui se transformerons en charcuterie. Le féminin du cochon serai la truie, ce qui n’est pas un féminin au sens grammatical, mais un terme genré. Parlons du porc qui lui n’a pas de féminin. C’est logique puisque le mot porc désigne plutôt la chair de l’animal une fois tué, découpé, et cuit. On conçoit alors qu’il ne soit plus genré, et pourtant c’est un terme masculin (et non neutre), mais sans féminin. Le porc, paradoxalement, ne fais pas de porcherie (comme la cochonne fait des cochonneries).  il vit dans une porcherie. Dans l’expression « dénonce ton porc » le mot porc et essentiellement pris dans son sens masculin. Au sens figuré, les hommes sont des porc, les femme, elles, des cochonnes. Au sens propre les synonymes de porc, cochon seront goret, verrat alors qu’au sens figuré ils seront cochon, pourceau.

Avouons que pour un mot aussi basique on se trouve dans un abyme d’illogismes et de contradictions.

Est-ce cela qui fait la richesse de notre belle langue ? peut-être pas mais cela y participe largement. Dans l’art les courants « nihilistes » ce sont toujours plus ou moins terminés par le « carré blanc sur fond blanc », c’est à dire en cul-de-sac. La beauté est toujours dans la richesse, la complexité de l’arrangement, des détails. L’excès de rigueur, de cartésianisme, de raison, est sans doute un obstacle à la beauté. La sécheresse de la raison ne permet pas à l’imaginaire de s’activer elle l’enferme dans un univers déjà prédéterminé. La beauté se cherche dans l’émotion et non dans la raison. La richesse d’une langue se trouve dans la variété, la nuance,  et la précision de son vocabulaire, c’est à dire dans « le fond » et jamais dans « la forme »

Le genre

Une des particularité de notre langue est de donner un genre à toutes choses, y compris à celles qui n’en ont pas. On dit un fauteuil, une chaise, un tabouret, une liseuse, un canapé, un méridienne, alors qu’il est assez ardu de définir le sexe de chacun de ces objets. Ce sont en plus des noms qui n’ont pas de féminin ou de masculin correspondant. Ils sont uni genrés !

Si on prend les noms de profession beaucoup se déclinent au masculin et au féminin. La mode est de généraliser cette pratique (on dit maintenant auteur et auteure, chef et cheffe). Mais alors le nom ne définit plus seulement  la profession mais la personne qui l’exerce. Le boulanger, la boulangère ne désignent plus uniquement la profession, mais la femme ou l’homme qui officie. Du coup, on n’a plus vraiment de mots pour désigner les profession en tant qu’activité. Être boulanger ne signifie pas uniquement faire de la boulangerie, mais également exercer ce métier en tant qu’homme, comme ci  être boulanger ou boulangère n’était pas le même métier    

L’orthographe

Nos grammairiens se gargarisent de la beauté et de la richesse de notre orthographe. Personnellement je les contredirais. Il s’agit pour moi d’un ramassis de règles et surtout d’exceptions qui en font un « gloubi goulba » indigeste. Prenons la simple phrase que je vient d’écrire. Le mot personnellement : » pourquoi 2 n et 2 l et pas 2 m. Il existe sans doute des  myriades de règles et contre règles qui le définissent, mais à mon sens, le redoublement de certaines consonnes (d,n,l,m,t,r,s,f,p) alors que d’autres ne sont jamais doublées (b,g,h,j,k,q,v,w,x,z) n’apporte pas grand-chose à la langue.

La notion de pluriel (classiquement avec un s) est redondante avec la notion de pluriel déjà fournie par les pronoms. « Je mange des pommes » me paraît aussi précis que » je manges des pomme ». Pomme est un concept, la définition d’un objet, et en ce sens est indépendant du nombre de ses instances.

Quant aux innombrables exceptions à la règle du pluriel, elles sont parfaitement inutiles. La langue est-elle plus riche en disant et écrivant « des chevaux » que « des chevals », en disant ou écrivant « des genoux » plutôt que « des genous » ou encore des vitraux plutôt que des vitrails.

On peut citer mille invraisemblances dans notre orthographe, par exemple, sans aller chercher loin, l’écriture d’invraisemblance avec un seul s qui devrait se prononcer z.

Citons , bien sûr, l’accord grammatical su verbe avoir  avec son participe passé, les mots à orthographe bizarre comme « ailleurs », « parcours », … pourquoi un s qui ne marque pas le pluriel ?

Quelles leçon pouvons-nous tirer de ce constat :

  1. Ce que le « grammairiens » nous proposent comme un monument de logique est en fait une accumulation de cas particuliers, de règles justifiant les exceptions (qui de ce fait ne se présentent plus comme des exceptions mais comme des cas gérés par la doxa)
  2. Nous naviguons avec aisance et bonheur dans cet imbroglio de règles dont l’absence de logique nous est si familière que nous la voyons plus. Il est curieux de voir qu’en toutes chose l’habitude fait la norme et que nous ne voyons plus ce qui est en permanence sous nos yeux
  3. Beaucoup veulent défendre la langue Française dans le monde. Malheureusement, qu’elle qu’en soit la richesse, elle ne peut rivaliser avec la simplicité des langues Anglaises ou Espagnoles. Si on veut vendre un produit il doit être performant et simple à utiliser !

L’écriture est une codification de la langue parlée. L’écriture vient après le langage. Celui-ci  est construit à base de phonèmes (32 dans la langue Française), quoi de plus logique et de plus simple que d’écrire phonétiquement … Adieu à l’orthographe tarabiscoté !

Ces quelques exemples (on pourrait en citer des myriades d’autres) montrent comment l’habitude nous aveugle, comment les automatismes nous servent de logique. A force de pratiquer on n’analyse plus nos comportements et la familiarité nous sert de paravent.

Un raisonnement illogique devient parfaitement logique quand il est défini et justifié par une règle. Un exception à la règle du pluriel, totalement illogique, devient parfaitement logique quand elle est encadrée par la règle qui lui donne justification.

La règle du pluriel veut que les noms prennent un s final. Il y a une exception pour les mots se terminant par al qui prennent aux au pluriel ( un cheval, des chevaux). Un pratique contraire à tout logique et à tout souci de simplicité. Qu’à cela ne tienne nos grammairiens en font une règle ( les noms en al prennent aux au pluriel). Voilà que tout redevient logique ! Mais il y a un « hic » à cette règle, certains noms comme carnaval ne respectent pas la règle (un carnaval, des carnavals). Pas de problème pour les grammairiens qui en font une exception à la règle (qui traduisait elle-même une exception à la règle) et tout redevient parfaitement gouverné par la logique, comme si le fait d’être gouverné par une règle entrainait, de facto, la logique. Malheureusement des règles illogiques ne font pas la logique.

Roulons nous à plaisir dans le marasme de notre orthographe. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

Le passeport vaccinal

L’idée se fait jour, petit à petit, de délivrer un passeport vaccinal aux personnes à jour de leur vaccination anti-covid. Celui-ci donnerait des droits supplémentaires aux détenteur de ce documents. Des pays comme la Grèce, désireux de relancer leur tourisme l’ont adopté. En France cette idée fait évidemment polémique … qu’est-ce qui ne fait pas polémique dans notre pays ?

Cette idée mérite que l’on s’y intéresse car elle présente de nombreux avantages comme de nombreux inconvénients.

Les inconvénients

  1. C’est une mesure totalement inégalitaire dans la mesure ou l’ensemble de la population n’a pas eu l’opportunité d’accéder à la vaccination, et ne se verra pas offrir cette opportunité avant un certain temps. Il serait parfaitement injuste que les personnes qui ont pas eu la chance d’être vaccinés se retrouvent en plus pénalisés par rapport aux plus chanceux bénéficiaires du vaccin. L’égalité républicaine serait largement bousculée.
  2. En ce qui concerne l’accueil des touristes possédant ce passeport (comme l’a décidé la Grèce), ce n’est pas une bonne idée. En effet si les détenteurs de ce document peuvent être considérés comme immunisé contre le covid (abstraction faites de nouveaux variants) il n’est pas garanti qu’ils ne puissent être véhicule de transmission du virus tant dans l’exportation de celui-ci vers le pays qu’ils visitent que de l’importation au retour dans leur pays d’origine.
  3. La vaccination a été mise en place sur la base du volontariat, comme un choix personnel (personnellement je n’étais pas d’accord avec cette approche considérant la vaccination comme un devoir civique de protection des autres). Mettre en place un passeport vaccinal revient à introduire une discrimination entre les vaccinés et les non vaccinés. Le choix de la vaccination devient un choix sous contrainte contraire à la liberté annoncée.

Les avantages

  1. Possibilité de relancer progressivement la consommation et l’économie. Profitions de l’immunité de certains pour réactiver la consommation et libérer, petit à petit,  certains commerces des contraintes qui leur sont imposées. Ouvrir les restaurant entre gens vacciné inhibe le risque de contamination grave mais pas le risque de véhiculer le virus à l’extérieur, c’est donc une décision qui n’est pas sans conséquences.
  2. La vaccination a été proposée sur la base du volontariat et chacun à put faire librement son choix (même si l’accès au vaccin était loin d’être évident). Ceci introduit « de facto » une discrimination entre les pro et les con vaccin. Il est anormal que ceux qui ont choisi la vaccination soient pénalisés par la décision de ceux qui ont fait le choix opposé. Chacun doit assumer librement son choix et ses conséquences. Dans ces condition le passeport vaccinal devrait donner des droits particuliers à ceux qui ont fait le choix de la vaccination, alors que ceux qui ont fit le choix inverse pourraient en être privés.

Conclusion

C’est une question complexe et qui peut et doit faire débat. Mais débat ne devrait pas dire polémique … mais sinon nous ne serions pas en France !

Seuls les imbéciles et les ignorants possèdent la vérité. Il suffit de regarder les monde « d’un seul œil » pour penser détenir la raison. Malheureusement la vérité se regarde avec les deux yeux et c’est une position moins confortable.

Comme toujours la certitude est la mère de tous les vices !

LOurdeur administrative et gout du risque

L’administration Française est connue pour sa solidité, mais également pour sa lourdeur administrative. Citons quelques exemples, sans doute un peu trop spectaculaires,  pour illustrer cette faiblesse.

  1. Un couple âgé rentre de vacances et trouve sont pavillon occupé par des squatters. Il ne peut récupérer son logement et doit se lancer dans une longue procédure judiciaire. Pourtant tout le voisinage les connaît bien et de multiples témoins peuvent témoigner de leur bonne foi.
  2. Une personne voit son identité utilisée par un aigrefin qui multiplie les dettes attribuées à sa victimes. Elle se voit harcelée par les administrations qui lui  réclament des contentieux. Alors que sa bonne foi est évidente il lui faut des mois, parfois des années pour le rétablir dans ses droits
  3. Une personne a été considérée, par erreur, comme décédée par l’administration. Elle perd tous ses droits et son identité alors qu’il est évident qu’elle est bien vivante et que de nombreuses personnes peuvent en témoigner. La réhabilitation prend des mois.

Trois exemples ou l’on voit que l’administration suit docilement ses procédures mais est totalement incapable d’en sortir. Pourtant, devant l’évidence, il suffirait qu’un fonctionnaire puisse prendre une initiative pour trancher les débats. Malheureusement dans notre administration nul n’a le droit de s’affranchir des procédures. Elle ne permet pas les initiatives !

Dans de tels cas, le fonctionnaire qui n’est pas habilité à prendre une décision contraire aux procédures en vigueur en réfère à son chef. Celui-ci n’ayant pas plus de pouvoir d’initiative en réfère à son supérieur … et ainsi de suite jusqu’au niveau ministériel. Comme ce processus est absurde personne ne bouge et l’affaire s’enlise dans les méandres administratifs.

Il paraitrait simple de remédier à cette carence de responsabilisation, pourtant ce n’est pas si simple

  1. Toute délégation de responsabilité suppose un transfert de pouvoir. La latitude de liberté, donc le pouvoir accordé à un individu, implique une perte de pouvoir  de son supérieur hiérarchique. C’est évidemment mal vécu, sauf si le dit supérieur acquière plus de pouvoir retiré à son supérieur direct. De proche en proche il y a gain de pouvoir pour la chaine exécutive mais perte de pouvoir du « pouvoir central ». C’est un véritable  processus de décentralisation dont on sait que dans notre pays il est en même temps ardemment souhaité et farouchement refusé.
  2. Quand une décision est laissée à la discrétion des individus, quand elle est décentralisé, cela implique une inhomogénéité dans les actions entreprise et les droits de chacun. Dans notre pays où chacun observe l’autre pour s’assurer qu’il n’a pas plus que lui, voilà qui pose problème.
  3.  Toute liberté de décision accordée à un individu suppose une possibilité d’erreur, et la délégation de responsabilité implique une tolérance à l’erreur. Dans un pays ou en cas de problème on lance la « chasse au sorcière » on recherche le « bouc émissaire » il n’est même pas possible d’utiliser la capacité de décision accordée par crainte des représailles encourues en cas d’erreur supposée ou réelle.
  4. En cas d’erreur la référence ultime est : la procédure. Malheur à qui ne l’a pas respectée, à qui l’a enfreint. Alors chacun » ouvre le parapluie » et se réfugie dans la sacré sainte procédure. Adieu la liberté d’agir !

Ceci pour dire que, oui notre administration est lourde, tatillonne, sans souplesse, mais elle n’est que le reflet de notre culture qui craint toute perte de pouvoir, qui refuse toute inégalité, et qui cherche toujours à faire porter la responsabilité sur « l’autre ».

Cette tare n’est pas le propre de l’administration, mais le propre de notre pays. On la retrouve :

  1. Dans notre système politique dans lequel les gouvernant n’osent plus prendre les décisions qui leur incombent par peur du tribunal de l’opinion (qui gouverne leur ré élection)
  2. Dans notre refus de la décentralisation, du fédéralisme. Les élus locaux la réclament (c’est pour eux une prise de pouvoir) mais renâclent quand on les charge d’une décision délicate.
  3. Dans les entreprises ou prendre ses responsabilité est une prise de risque pour sa carrière (toute heure passée à travailler est une heure perdue pour la carrière !). La prudence est plus porteuse que la hardiesse !

N’accablons pas notre administration elle n’est que le reflet de ce que nous sommes. On n’a que l’administration et les gouvernant que l’on mérite. . Reporter la faute sur un « bouc émissaire » fait partie du problème !

Le principe de précaution

Il a été développé tout récemment et ne cesse de s’imposer dans nos diverses discussions. Reprenons en rapidement la genèse

1992 Déclaration de RIO

En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. »

1995 En France,

 la loi Barnier , codifiée dans le code de l’environnement, précise dans une seconde formulation, que « l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable. » Ainsi, la France a ajouté à la définition de Rio les notions de réaction « proportionnée » et de « coût économiquement acceptable ».

Révision constitutionnelle du 1er mars 2005 Charte de l’environnement

Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

Par ailleurs, par son arrêt Commune d’Annecy du 3 octobre 2008, le Conseil d’État a précisé que tous les droits inscrits dans la Charte de l’environnement avaient une valeur juridique contraignante.

Il s’agit là d’un principe, c’est à dire de l’esprit dans lequel on devrait agir et non une directive opérationnelle. En effet un certain nombre de notions restent manquantes ou floues et sujettes à interprétation.

Par exemple :

  1. Ce principe prend en compte la gravité potentielle de la nuisance encourue, mais ne prend pas en compte sa probabilité de survenir. Une nuisance, même très sévère, et sans grand objet si sa probabilité de survenir est très faible.
  2. L’adoption de mesures provisoires et proportionnées au dommage pré supposée est une mesure bien difficile à cerner. Comment définir une  mesure proportionnée à une nuisance non définie. Dans ce cas la seule mesure qui pourrait être prise est l’arrêt provisoire de toutes opérations  
  3. En troisième lieu, on peut sans doute tenir pour acquis, même si le Conseil constitutionnel n’a pas été amené à le juger, que le risque pour la santé humaine n’est pas, en tant que tel, pris en compte dans le principe de précaution. Le principe de précaution vise le risque environnemental. Il se peut, certes, que ce risque environnemental se traduise par des risques sanitaires ; dans ce cas, ces risques sanitaires sont pris en compte. Mais les risques sanitaires indépendants de facteurs environnementaux ne sont pas visés par l’article 5 de la Charte. Les risques inhérents à un traitement médical ou à l’administration d’un médicament nouveau ne relèvent pas de l’article 5.

Compte tenu de ces remarques on comprend la prudence du conseil constitutionnel à statuer sur ce genre d’affaires et la façon dont il se défausse sur les juges administratif  pour établir les jurisprudences nécessaires

Examinons quelques cas emblématiques :

  1. Les antennes pour téléphonie mobile. Il n’y a pas de risque majeur et irréversible pour l’environnement puisque une antenne peut facilement être démontée si nécessaire. En ce qui concerne le risque sanitaire (cancer !) il n’est pas directement lié à la dégradation de l’environnement, donc hors sujet pour le principe de précaution
  2. L’exploitation des gaz de schiste. Les dommages à l’environnement ne sont pas hypothétiques mais bien réels et bien documenté. On n’est donc hors du champs de la précaution mais dans le champ de la prévention. Le principe de précaution n’est pas concerné
  3. Implantation de la 5G. En ce qui concerne les antennes, on retombe sur le problème général des antennes de téléphonie mobile envisagé plus haut. En ce qui concerne les risques d’espionnage industriel ils ne constituent pas un risque environnemental et le principe de précaution constitutionnel ne peut être invoqué.
  4. Les nouveaux vaccin à ARN messager. S’ils peuvent éventuellement constituer un risque pour la santé des Français, ils ne présentent en aucun cas un danger pour l’environnement.
  5. L’usage du Glyphosate. Même si cela n’est pas encore formellement prouvé un consensus général se fait autour de la dangerosité de ce produit pour la santé humaine, risque qui est hors du principe de précaution. En ce qui concerne les risques environnementaux de la pollution à long terme des sols, ils entrent tout à fait dans le champs de ce principe (encore que l’on ne soit plus sur un risque hypothétique mais sur un risque bien identifié plus du ressort des règles de prévention que de précaution)

L’introduction de ce principe dans la constitution, via la « chartre de l’environnement » en a considérablement limité la portée (alors que sa constitutionnalisation viser à l’élargir). Heureusement toutes les règlementations sur la prévention des risques prennent le relais et viennent palier à cette insuffisance.

En résumé, ce principe, par ailleurs extrêmement louable, souffre de sa spécificité en termes d’environnement en négligeant les dommages fait aux personnes et aux bien. De plus, érigé en principe sans contours clairement définis, il peut être invoqué pour servir des intérêts très divergent. Les écologistes radicaux tentent de s’en servir pour bloquer tous projets susceptibles de gêner leur sacro-sainte doctrine de décroissance. Les ultra-libéraux l’invoquent pour montrer combien il est néfaste pour le progrès et le « bien-être » de l’humanité.

Dans le pays de Montesquieu on ne sait pas gérer «  l’esprit des lois » . Les principes, qui sont un éclairage sur les lois, sont immédiatement convertis en dogmes. En France tout doit être noir ou blanc, on ne sait pas vivre dans les cinquante nuances de gris ! Peut-être, un jour, saura t on vivre avec un certain niveau d’incertitude, peut-être un jour apprendra-t-on la tolérance.

Les certitudes, qui sont l’apanage des sots, sont à n’en pas douter le plus grand fléau de l’humanité