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Zemmour, une erreur stratégique ?

Nous, Français adorons la polémique. Il suffit qu’une personne un peu connue prononce une phrase « de travers » ou qui puisse être interprété « de travers » pour que les médias s’en saisissent et la diffusent à grande échelle. L’opinion s’en empare, on en cause « au café du commerce ». Les politiques sont bien obligés de prendre position, et cela occupe le terrain durant une semaine.

Mais, Nous, Français, avons horreur de la polémique. Elle génère forcement deux points de vue antagonistes et par là même elle est génératrice d’incertitude et d’angoisse.

La stratégie d’Éric Zemmour a consisté à jouer de la polémique. Il lance une petite phrase iconoclaste, politiquement incorrecte, et le processus est lancé. Médias, opinions, et politiques s’en emparent. Sur le plan politique la polémique occupe tout l’espace. Si c’est un phrase sur les migrants, les politiques doivent prendre position sur le sujet et toute tentative de parler d’autre chose en devient inaudible. Zemmour est le maitre du jeu sur le terrain qu’il a choisi et il occulte tout autre sujet.

Pour le moment cette stratégie lui a manifestement profité et sa côte dans les sondages est conséquente.

Mais vient le second volet de l’alternative : Les Français détestent la polémique. C’est là que le bât blesse Zemmour. Après avoir créé le « buzz », semé le doute et la perturbation, il faut rassurer. Il lui faudrait maintenant développer un programme crédible propre à fédérer les Français sur ses propositions. La tâche est difficile car on quitte alors le domaine de l’affectif pour entrer dans celui de la raison. C’est un domaine ou la critique peut s’exercer, les propositions contredites, les mensonges démasqués. Sera-t-il capable de tenir le choc sur ce terrain, c’est loin d’être sûr. Il convaincra les plus radicaux de l’extrême droite qui lui resteront fidèle mais il perdra beaucoup de ses soutiens soucieux d’économie qui jugerons son programme plus démagogique que réalisable. Les autres candidats pourrons à loisir l’attaquer sur ses propositions. Il ne sera plus sur son terrains mais sur le leur.

Pour le moment Zemmour reste sur sa stratégie de polémique. S’il ne prend pas le virage de la raison, Il lassera et inquiètera. S’il prend ce virage, il sera attendu par ses concurrents.  

Espérons que je ne me trompe pas ! … ça m’arrive souvent !

Éric Zemmour : La stratégie du polémistes

NODFERATU LE VAMPIRE

Tout homme politique a sa stratégie pour s’imposer devant l’opinion publique. Généralement elle consiste à mettre en avant sa personnalité, pour imposer son charisme et ainsi crédibiliser son programme et ses promesses. C’est la méthode choisie par les grands tribuns (De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy, Macron, Mélenchon). Il ‘agit d’entrainer les foules dans un élan d’espoir ou de patriotisme qui les met en état de « gober » toutes les promesses, même les moins réalisables.

Ces n’est pas dans les cordes de notre alias de « Nosferatu » qui doit donc adopter une stratégie différente.

Ce n’est pas pour rien que Zemmour est identifié comme un polémiste. J’ai essayé de montrer dans un article précédent comment dans un débat il arrivait à entrainer son interlocuteur sur son terrain de prédilection, là où il se sent à l’aise et prêt à jongler avec les contre-vérités qui désarçonne son adversaire.

Dans le débat public sa stratégie est identique.

  1. Il commence par lancer une contre-vérité évidente, une horreur que ses adversaire, même s’ils le pensent parfois, n’oserons jamais avancer. Ceci crée le « buzz ». C’est l’objectif d’Éric Zemmour.
  2. Les médias avides de scandales, moteurs de la croissance des ventes, la reprennent à loisir, et selon les tendances du média, pour la contrer voire la démolir
  3. Les hommes politiques dans ce délire médiatique sont bien obligés de prendre position. Chacun le fait dans l’intérêt de son parti politique et de son candidat, d’où des opinions très différentes et généralement très tranchées.
  4. La polémique est lancée, les opposition se contredisent, se déchirent.
  5. Le but est atteint, le débat publique est porté sur le terrain choisi par Éric Zemmour qui s’y trouve plus à l’aise que ses adversaires.

Cette stratégie est assez visible et pourtant tous s’y laissent prendre car chacun pense y avoir intérêt. Les médias pour faire de l’audience, les hommes politiques pour se démarquer de leur adversaires. Mais, ce faisant, ils font le jeu du polémiste Éric Zemmour qui ne fait que monter dans les sondages.

Bien sûr, cette tactique est valable dans les débuts d’une campagne électorale, mais elle ne le sera plus quand ce sera les électeurs qui fixeront les sujets qu’ils souhaitent voir débattre .Les politiques seront bien obligés de s(y soumettre. Il est possible qu’alors les scores de Zemmour ne soient plus aussi élevés.