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Le RSA, droit et devoirs ?

Notre ancien, actuel, et futur président a en projet de conditionner le versement du RSA à l’obligation d’un certain nombre d’heures de travail au profit de la collectivité. Bien sûr cette mesure fait polémique qu’il n’est pas trop difficile de démêler.

Reprenons la genèse de nos sociétés. Originellement les humains se sont regroupés en familles, clans, villages, provinces et nation pour faire face aux dangers environnant (naturels ou humains). Évidemment ces coalitions basées sur la solidarité réciproque entraine des contraintes et des servitudes. La solidarité ne paraît légère que quand elle s’exerce à votre avantage ! Les devoirs réciproques induisent des droits particuliers et dans les société chacun s’est plus intéressé à ses droits qu’à ses devoirs. Les empereurs, les rois, les dominants se sont octroyés des droits, des privilèges avec l’assentiment des religions dont ils se réclamaient.

A la révolution de 1789, pour lutter contre les privilèges, les droits des rois et de la noblesses et de l’église la constituante adopte la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui, abolissant les privilèges, accorde à tous les citoyens des droits identiques. C’est un texte d’un lyrisme magnifique qui à mon avis enterre bien des œuvres de Molière, Baudelaire ou Hugo. Il faut le lire !

Malheureusement il est basé sur une erreur fondamentale car il aurait dû s’appeler « déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen ». En effet dans une société les devoirs l’emportent sur les droits. Ce sont les devoirs réciproques qui confèrent au citoyens des droits, et non les droits qui engendrent les devoirs !

Ils est de plus en plus fréquent de voir des individus, des groupements réclamer leurs droits et assez rare de les entendre parler de leurs devoirs. Dans l’esprit d’aujourd’hui chacun revendique ses droits et exige de l’autre qu’il s’impose les devoirs correspondants.

Le chômage et devenu un droit alors qu’il n’est possible que si que chacun s’impose, au préalable, le devoir solidaire de cotiser. La solidarité impose les devoirs, et ceux-ci permettent les droits.

Une société solidaire est avant tout une société de devoirs. Lorsque les droits devancent et imposent les devoirs on n’est plus dans une société solidaire mais dans une société de privilèges (Celle dont on a voulu sortir en 1789 et que l’on continue à rejeter !). C’est malheureusement la dérive de notre société ou chacun réclame ses droits sans ce soucier de ses devoirs ni, de plus, du droits des autres. C’est une société du « chacun pour moi » qui se dessine ! Quand la démocratie vire à l’individualisme on tends à l’anarchie qui est la forme mère de la dictature du plus fort.

Abordons maintenant le problème du RSA. Les citoyen bénéficiaires ont des devoirs comme tous les citoyens du pays. Les actifs paient des cotisations sociales, des impôts, des taxes qui alimentent le budget de l’état. Au contraire les bénéficiaires de RSA n’ont généralement pas cotisés ou très peu. Ils ne sont pas pour autant bénéficiaires de droits et exemptés de devoirs ce qui romprait l’égalité citoyenne. Il est bien sûr impossible de leur réclamer des cotisations puisque sans moyens financiers. On ne peut leur demander que ce qu’ils peuvent fournir c’est à dire du temps et donc des heures de travail solidaire.

En ce qui concerne le chômage, il touche des personnes ayant normalement cotisé et respecté leurs devoirs et en droits de réclamer leur indemnités. En période de chômage bas les cotisations couvrent largement les indemnités et le système fonctionne. Quand le chômage est haut (<7%) le système devient déficitaire et nécessite quelques aménagements. Il faut produire plus de richesse pour couvrir ce manque et les chômeurs pourraient être sollicités pour mettre le main à la pate

A chacun selon ses mérites, je dirais plutôt à chacun selon ses devoirs bien remplis

Valeurs, Droits, et Devoirs

Dans une société les valeurs sont une représentation archétypale des toute l’histoire de ses membres. Elles représentent les valeurs morales telles que les imaginent les citoyen et qu’ils voudraient voir accepter par tous leurs concitoyens. Mais, attention, il s’agit toujours d’une version ego centrée. Si ces valeurs sont souhaitées pour les autres elles ne s’appliquent à chacun de nous avec beaucoup de restrictions. Chacun de nous est « le cas particulier » qui justifie que l’on prenne certaines distances avec les valeurs fondamentales !

Dans nos civilisation occidentales elles restent fortement influencées par les valeurs chrétiennes, issues des enseignement de Jésus Christ, basées sur l’égalité entre les hommes, la solidarité, et donc sur un certain appel à l’uniformité.  On comprend pourquoi en France Le Jacobinisme domine et la décentralisation difficile.
En Chine, par exemple, c’est l’influence du Confucianisme qui se fait sentir. Elle préconise la prédominance de l’état, que l’individu doit se réformer pour servir sa nation, que chacun doit garder la place qui lui est assigné dans la hiérarchie sociale. Dans un état sain, le vie ne peut qu’être heureuse. Le confucianisme est resté doctrine d’état jusqu’en 1911 et a bien sûr été abolie sous Mao.

Pourtant, en occident jusqu’au XVII ème siècle, en dépit des enseignement des évangiles, c’est une vision proche du confucianisme qui s’est imposé. La noblesse détenait les richesse, rien de plus normal puisqu’ils étaient la noblesse. Le peuple était pauvre, rien de plus naturel dans leur état.

Paradoxalement, ce sont les penseur des lumières et la révolution Française qui ont remis en place les valeurs morales chrétiennes : L’égalité entre les hommes et la solidarité. Cette époque à combattue la religion en tant qu’institution mais n’a pas remis en cause les valeurs morales qu’elle aurait dû défendre.

Cette nouvelle « doctrine d’état » s’est traduite dans « La déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». C’est texte magnifique que je relis souvent comme je lirai un grand poème épique.

C’est la que le bât blesse et que nos révolutionnaire ont commis une erreur que nous payons encore tous les jours. Ils auraient dû établir : « La déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen »

Dans la nature la notion de droit et de devoir n’existe pas. Le lion n’a pas le droit de manger la gazelle, il en a simplement la nécessité ! La femelle allaite son petit non par devoir, mais par nécessité !

Quand les premiers hommes ont créé les premières société, c’était s’unir pour se défendre contre des dangers que chacun d’eux ne pouvait affronter seul. Les société humaines sont fondées sur la notion de solidarité, donc de devoirs réciproques. Dans un société, nul n’a de droits sans que les autres n’assument leurs devoirs.

Par exemple, le « droit au chômage » si souvent revendiqué n’a de sens que si tous les autres assument leur devoir de cotiser aux ASSEDIC. Sans devoir des autres, le droit au chômage n’est que « pipo ».

 En comparant le nombre de manifestations pour réclamer des droits à leurs pendants pour réclamer des devoirs vous comprendrez les problèmes de nos sociétés. Chacun réclame ses droits, mais se défile autant que faire se peut devant ses devoirs.

Ce sont les devoirs qui créent les droits et non les droits qui créent les devoirs.

Prenons l’exemple des seigneurs du moyen âge, ils avaient le devoir de défendre les populations vivant sur leurs terres. Pour cela ils devaient construire des château fort et entretenir des armées. Ceci leur donnait le droit de lever des impôts pour financer cette défense. Évidemment c’est le principe, car dans les faits les seigneurs ont quelque peu abusé de leur position dominante !

Dans le même ordre d’idée, en ce qui concerne la vaccination beaucoup réclament leur droit à ne pas être vaccinés mais oublie facilement leur devoir de l’être par solidarité avec tous.

L’une des valeurs cardinales dans les sociétés occidentale est le désir d’égalité entre tous les humains. Ce concept était totalement ignoré des civilisations anciennes. Dans l’Égypte antique, Pharaon, les prêtres, et les nobles se partageaient pouvoir et richesses. Dans l’empire Romain les Patriciens, arguant de leur lignée avec les Fondateurs de Rome, s’attribuaient de père en fils les privilèges de l’argent et de la puissance.

Jésus Christ (fils de dieu, agitateur politique, ou philosophe ?) a lancé la grande idée morale de l’égalité entre les hommes. On peut dire qu’il a été entendu puisque la religion chrétienne a forgé les nations occidentales et quelle reste très influente encore de nos jours.

Jésus a donc été entendu … mais cela a-t-il changé quelque chose ? pas vraiment

Durant le moyen âge et jusqu’à la révolution Française l’église a joué un jeu plus que bizarre et bien peu en accord avec ses commandement. Elle a lancé les croisades, mis en avant l’inquisition, et surtout c’est toujours acoquiné avec la noblesse (auto proclamée) et le pouvoir pour entretenir les inégalités sociales. La révolution a relancé le concept d’égalité avec le succès que l’on connaît.  Rapidement la bourgeoisie a remplacé la noblesse, toujours avec la complicité des églises. Encore un coup d’épée dans l’eau.

Le XX ème siècle a remis sur le tapis le concept à travers l’utopie communiste. Encore raté

Comment comprendre qu’une telle idée prônée par toutes sortes d’idéologie, si chère à nos cœur, si profondément ancrée dans nos valeurs n’arrive pas à s’imposer ?

Élémentaire mon cher Watson, parce que c’est une utopie, ce dont chacun rêve mais dont personne ne veut.

L’expérience montre que ce sont, généralement, les sociétés les plus inégalitaires qui occupent le haut du panier en termes d’économie. Le France et l’Angleterre du XIX ème siècle, les états unis du début du XX ème, et le miracle Chinois de la fin du XX ème siècle. La France, avec sa politique sociale et redistributive perd progressivement son rang de grande puissance et intègre le « ventre mou » des nations aisées. On s’aperçoit que le France n’a plus les moyens de sa politique égalitaire, elle perd années après années sa compétitivité. On doit faire le constat décevant que les idéologies de gauche (humanistes et redistributives) ont échouées. C’était une belle utopie qui n’a pas réussi à se concrétiser, qui s’est fracassé sur le mur des réalités.

La nature humaine est impitoyable ! Nous avons tous besoin de nous positionner, c’est le début de notre processus de sécurisation. La hiérarchisation des êtres et des choses est notre mode de fonctionnement qui malheureusement refuse l’égalité. On ne se positionne pas en étant pareil, mais en étant différent. La définition de notre identité se fait par comparaison et différence avec les autres : « je suis plus à gauche ou plus à droite, je suis plus grand ou plus petit, plus malin ou plus nigaud … ». L’égalité ne nous définit pas : «je suis pareil que lui » ne nous apprend rien.

Il nous faut découvrir un autre mode de fonctionnement, la recherche d’égalité est un piège, une dangereuse utopie. Serais-je plus heureux sui j’étais le clone de Bernard Arnaud, Michel Fourniret ou Vladimir Poutine : Non je n’ai pas du tout envie de mener la vie qu’ils mènent.

Ce qui est important est que chacun trouve dans la société la place et le rôle qui le rendent heureux. Cela passe par une meilleure connaissance de soi, une meilleure reconnaissance par les autres, et infiniment de tolérance !

Valeurs, devoirs, et droits, sont intimement liés. Ce sont les valeurs qui impliquent les devoirs, et les devoirs qui accordent des droits. Tout le mal des sociétés vient quand on privilégie les droits aux devoirs.

Morale, ethique, devoirs et droits

Nous vivons tous en sociétés et celles-ci sont régies par des lois, librement acceptées (si on suppose le système de démocratie représentative à la majorité accepté). Celles-ci définissent les devoirs de chaque citoyen dans la société vis à vis de ses concitoyens. En contrepartie de ces devoirs, les citoyens acquièrent un certain nombre de droits, dans la mesure ou ceux-ci n’imposent pas à leur concitoyens des devoirs qu’ils n’ont pas choisis.

Contrairement à l’idée reçue personne, dans une société, n’a de droits innées, mais les seuls droits que leurs accordent leurs concitoyens via les devoirs qu’ils acceptent.

Il n’y a nul droit des rois, des élites, des hommes, des femmes, des enfants ,des animaux, (ni de dieux … pour moi !) mais seulement les devoirs réciproques que la communauté porte au titre de règles. La nature ne connaît pas de droits et c’est la société qui en génère comme  la contrepartie des devoirs qu’elle impose. Ceci peut donner la fausse illusion de droits.

Se définissent, via ces lois, les règles du « vivre ensemble » qui font consensus dans une société. On peut alors parler d’une sorte de « morale sociale » qui définit le bien et le mal dans l’ordre publique. Charge au législateur d’en définir les contours, aux citoyens de les approuver, et à la justice d’arbitrer entre le bien et le mal.

D’autre part chaque individu, via son vécu personnel, son éducation, ses expériences, ses déceptions et ses espoirs, se définit une morale qui lui est propre. Celle-ci peut être en phase avec la « morale sociale » adoptée par le plus grand nombre ou au contraire présenter des antagonismes avec elle. Pour chacun se pose alors un débat « Cornélien » entre ses devoirs acceptés dans la société et ses désirs de justice contrariés. Peuvent alors surgir des conflits pour des groupes constitués qui contestent la société dont les règles leurs paraissent en désaccords avec leurs visions du monde. On peut citer, tout à trac, les objecteurs de conscience, les groupes anarchistes, les « Zadistes », les manifestants et protestataires de tout bord plus ou moins civils ou radicalisés.

Si, maintenant, un individu est, en plus, adepte d’une religion, d’une secte, d’une idéologie, une nouvelle injonction morale vient se superposer ou s’opposer à la « morale sociale » et créer ainsi, pour chacun des adeptes de nouveaux conflits moraux. Ces conflits sont d’autant plus critique que, par exemple, les religions imposent une morale issue d’une entité supra terrestre (un Dieu) avec laquelle on ne peut transiger. On doit obéir sous peine de tourments plus ou moins éternels. On conçoit que le dilemme soit de taille. Heureusement les morales proposées par les dieux, et retransmises par les religions sont assez proches de celles proposées par les sociétés (ne pas tuer, ne pas nuire à son prochain, prôner l’égalité entre les hommes ; la bonté, l’humilité, …). Cette proximité peut d’ailleurs faire sérieusement douter de leur nature divine ! Dans ces conditions les divergences entre morale sociale et morale religieuse portent surtout sur des problème de forme (rites, coutumes vestimentaires, vision sociale de la religion, …) et les religieux modérés s’en accommodent assez bien, d’autant plus que les républiques laïques sont assez tolérantes en ce sens. Bien sur les religieux fondamentalistes, souvent plus attachés à la forme qu’au fond dans leurs pratiques, plus soucieux de « la lettre » des textes dit sacrés que de leur fond, ne peuvent accepter de faire passer la morale sociale devant leur morale religieuses. Dans leur vision c’est leur éternité qui est en jeux, ce qui n’est pas anodin pour eux.

La vision harmonieuse de la loi dans une société supposerait que la vision du monde de ses citoyens soit homogène. Ce n’est généralement pas le cas. Il en  résulte des inclinaisons diverses qui s’incarnent dans des partis politiques antagonistes.

Dans la France médiévale, et jusqu’à la révolution la conception du monde de l’église catholique était hégémonique et s’imposait sans conteste à tous les habitants (les hiérarchies religieuses et apparentées en ont largement profité à leur bénéfice, ouvrant la porte à la révolution de 1789). A partir de la république, les morales sociales et religieuses se sont affrontées jusqu’à arriver à un « modus vivendi » dans la loi de 1905. Progressivement la morale religieuse a perdu de son influence et les conflits ont plutôt surgis avec les nouvelles idéologies modérés ou sectaires dans leur affirmation (communisme, mai 68, écologie fondamentale, ). L’apparition de nouveaux sectarisme religieux (Cathos intégristes, Musulmans fondamentalistes) ont fait renaître des conflits avec les religions, souvent venus de l’influences de sociétés étrangères, issus du mouvement de « mondialisation » qui traverse le monde.

On peut penser qu’il s’agit de « mouvements d’arrière-garde », la pensée religieuse, telle que nous la connaissons, étant incompatible avec la rationalisation scientifique qui nous submerge, ne peut que progressivement s’essouffler. Le doute s’impose enfin ! Plus la révolution technologique avance dans un pays et plus la représentation religieuse s’amenuise. La pensée philosophique religieuse demeure, mais sa concrétisation dans des rites obsolètes devient absurde. Plus les devoirs des citoyens envers leurs dieux reculent et plus leurs devoirs sociaux s’affirment. Mais inversement, plus les désirs individuels s’affirment et plus la « morale sociale » sera en difficulté. L’harmonie n’est pas pour demain !   

Droit des femmes et discrimination

Encore un sujet polémique et à propos duquel on ne se fait que des amis et des amies. Le problème de la « soumission » de la femme à l’homme est un problème récurrent dans toutes les sociétés depuis des siècles et des siècles, dans toutes les civilisations, et sur tous les continents. Cela interroge. Si j’étais Éric Seymour je dirais que : « si c’est tant universel, c’est sans doute que c’est normal ». Heureusement je ne suis pas ce pervers narcissique et j’ai essayé de réfléchir sainement  à la question.

Pour débuter en beauté disons que je n’aime pas beaucoup le terme de droit. Nos sociétés se sont fondées sur un principe de solidarité réciproque. Tous les membres d’une société doivent soutenir l’un des leurs en difficulté, et chaque membre peut attendre de tous les autres leur solidarité. La société est basée sur des devoirs et non sur des droits. Évidemment pour remplir leur devoir les individus sont en attente de recevoir les droits nécessaires à l’accomplissement de leurs devoirs. Par exemple, les parents ont le devoir de faire vivre et éduquer leurs enfants, et en contre partie ils ont le droit de choisir le mode d’éducation, de religions, de nourriture qu’ils imposent à leur progéniture.

La notion de « droit des femmes » s’efface donc devant la notion des devoirs des hommes vis à vis d’elles.

A l’origine de l’espèce la survie était essentiellement corrélée à la notion de force physique. Dans les sociétés primitives l’homme a donc reçu le devoir, la fonction d’être le protecteur de la femme. Ce devoir lui a donné certains droits évident comme de choisir le lieu de résidence, une certaine supervision de la sécurité du foyer. Jusque là rien d’anormal. Cependant au fil des temps l’homme a outre passé ces droits liés à ses devoirs et il s’est octroyé toutes sortes de droits sans rapport avec ses devoirs. C’est malheureusement un fait récurant que tout individu acquérant un pouvoir en use et  en abuse. Quand on a le pouvoir on fixe les règles et, bien sûr, on les définies à son avantage. La domination des hommes c’est donc installée, presque naturellement. Les garçons ont été élevés dans le culte de leur domination et les femmes de leur soumission.

Les temps ont bien changé, la force physique n’est plus une nécessité et le système devient obsolète (depuis déjà un certain temps). De nos jours, heureusement les femmes peuvent très bien se débrouiller seules et n’ont en rien besoin de la tutelle des hommes. Et pourtant le système « machiste » demeure.

En ce qui concerne la notion Française de droit on peut dire que, en tous cas sur le papier, les droits des femmes sont égaux à ceux des hommes. Il doit y avoir un minimum de lois, règlements, dans lesquels les femmes sont discriminées. Bien sûr les réglementation sur la maternité ou le remboursement des opérations de la prostate restent soumises « au genre », mais c’est inévitable.

Le problème n’est donc pas de nature législative mais bien dans les mentalités. Or il est beaucoup plus facile modifier les lois que de changer la culture et les mentalités, et ce pour plusieurs raisons :

  1. Parce que, s’il est possible d’atteindre l’égalité entre deux être strictement identiques cela est beaucoup plus difficile quand ceux-ci présentent quelques différences. La réponse à leurs besoins sera forcément différente (légèrement) et la comparaison des avantages et inconvénients pour chacun difficile à faire. Comparer les avantages que présentent pour les hommes  leur force et leur taille à ceux attribué au charme et la séduction des femmes est « mission impossible ». Comparer la domination « machiste » de certains hommes à la « tyrannie domestique » de certaines femmes n’est pas chose facile. Chaque partie se pose en victime et re nie tous ses torts. On ne sait comparer que des grandeurs quantifiables dans la même unité.
  2. Parce que la discrimination des femmes n’est pas un cas unique. Sont également discriminé indépendamment de leur genre les gros, les moches, les petits, les juifs, les arabes, les noirs, les marginaux … bref tous ceux qui présentent un caractère minoritaire identifié dans un groupe, tous ceux qui sont un tant soit peu différents. Cela commence très tôt, dès la cour de récréation à l’école.
  3. Ce refus de la différence est lié à la tendance narcissique présente en chacun de nous. La différence nous inquiète, elle est génératrice d’angoisse car elle remet inévitablement en cause nos positionnements péniblement acquis. Nos références sont établies et toute vision nouvelle les remets en cause. Il n’est pas étonnant qu’on retrouve chez les mêmes individus la discrimination systématique des femmes, des minorités ethniques, ou des religions (voir Donald Trump si vous avez besoin d’un exemple !). Plus l’individu à une structure de conscience rigide et plus il aura tendance à avoir des visions discriminatoires des autres.
  4.  En ce qui concerne la discrimination homme/femme, tous les hommes ne sont pas fondamentalement « discriminant » mais la position de dominant est tellement confortable qu’ils usent et abusent facilement de la situation. C’est tellement plus facile de négocier avec quelqu’un en lui disant « ferme ta gueule ! » qu’en argumentant !
  5. La situation se fige très tôt, notamment à l’école. Chez les enfants la conscience cognitive est encore peu développée et le raisonnement logique faible. C’est donc, comme chez Cro-Magnon la force physique qui fait la loi. Les garçons « fichent des gnons » et les filles « tirent les cheveux », on n’est pas à égalité.
  6. La capacité discriminatoire est inversement proportionnelle à la capacité de tolérance, et sur ce point les femmes ne sont pas mieux que les hommes ! De plus notre société ne semble pas évoluer vers plus de tolérance, bien au contraire. Nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus complexe, ou nous recevons de plus en plus d’informations contradictoires et dans lequel il nous est de plus en plus difficile de nous situer, de nous positionner. Or une difficulté de positionnement, un manque de référence, c’est un manque de confiance en soi et en contrepartie la peur des autres. La société, que nous avons voulu, développe en nous des tendances « paranoïde » qui ne facilitent pas le vivre ensemble. Je crains que les visions discriminantes aient de beaux jours devant elles, et que régler les unes en fera naitre d’autres.   

La discrimination homme/femme est un phénomène navrant qui s’inscrit dans un panel plus large de discriminations. Il est le reflet de notre incapacité à vivre dans l’incertitude. Dans sa polémique avec Niels Bohr, Albert Einstein (pourtant loin d’être un con !) Soutenait, déjà, que puisque la mécanique quantique retenait le « principe d’incertitude » elle ne pouvait être une théorie aboutie. Seule la certitude est vérité. Lorsque nous auront, un jour peut-être, compris que l’on ne peut pas tout comprendre, pas tout savoir, pas tout contrôler t que la force véritable réside dans la capacité d’adaptation le monde ira sans doute mieux.

PS : on retrouve cette même dualité dans l’écologie entre ceux (les plus nombreux) qui veulent lutter contre le réchauffement climatique et contrôler la planète et ceux qui proposent de s’adapter au plus vite à ce réchauffement.