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Certitudes et tolérance, les bases de la vie sociale

Contrairement aux animaux, l’être humain a la capacité de représenter ses sentiments dans un récit chronologique de sa vie. Les événements s’enchainent et sont liés par des relations de dépendance. Tel événement qui survient est l’effet d’un autre événement qui en est la cause. Cette relation de dépendance crée un avant/après qui organise les situations dans un récit chronologique, donc organisé dans le temps. Alors que les animaux vivent dans l’instant présent, l’être humain vit dans l’histoire.

Cette capacité à représenter les relations causale entre les événements est la source de la créativité de l’humain. Être capable de reconnaitre la cause d’un événement permet d’en contrôler l’effet et donc d’innover.

Cette capacité de l’humain est à la fois sa force et sa faiblesse. En effet s’il est capable de représenter la vie sous forme de relations causales il en a, en même temps, la nécessité. C’est là sa faiblesse. Il est obligé de donner une représentation logique des situations, des événements, des sentiments qu’il vit. S’il est en incapacité de la faire, il ne peut se positionner par rapport à eux, se situer dans sa vie. Ce manque de repères et générateur d’angoisse. Celle-ci étant l’impossibilité de se sentir exister, de se définir, sans développer des relations logiques entre l’humain et son vécu.

Pour l’humain, tout ce qu’il ne peut comprendre est source d’angoisse. Les primitifs étaient angoissés devant les volcans, le soleil, la pluie, les inondations, les tremblements de terre, les sécheresses etc. etc. Pour résoudre cette angoisse ils ont inventé les dieux. Le dieu du volcan, le dieu du soleil, le dieu de la pluie …et pour réellement se sécuriser ils ont toujours donné une apparence humaine à ces dieux.

La connaissance évoluant, les événements naturels ont perdu de leur magie et les dieux ont plutôt représenté les sentiments et les valeurs morale. La notion de bien et de mal est présente dans toutes les grandes religions moderne. Les chrétiens ont jésus et les évangiles, le paradis et l’enfer, les musulmans Mahomet, le coran, et encore la vie éternelle conditionnée par le bien et le mal. Chez les Indouistes et les Bouddhistes, la réincarnation est conditionnée par le bien et le mal fait dans sa vie. La encore les dieux ont pris forme humaine. Jésus et humain, fils de dieu, Mahomet supplante Allah dans le cœur des musulmans, Rama, Shiva, Vishnou, ont des avatars à forme humaine, Bouddha est humain déifié par se sagesse !

Cette longue digression sur les religions pour montrer combien les humains ont besoin de certitudes, qu’ils trouvent dans ces représentations à taille humaine de l’inconnu.

La certitude

L’humain se construit sur la certitude. Les religions en sont un exemple, mais les idéologies, les croyances sont de nature identique. Le problème de la certitude c’est, évidemment, qu’elle ne reconnait pas le doute. Si je suis chrétien je ne peux accepter Allah, Bouddha, ou rama, faute de renoncer à ma foi chrétienne. Si je suis communiste, Maoïste, je ne peux accepter le capitalisme. Si j’accepte une alternative, si minime soit-elle, à ma certitude, elle ne devient plus certitude mais doute.

A la question : « Telle religion, telle idéologie, est-elle compatible avec la république ? » la réponse est, évidemment non ! La loi de dieu, le dogme de l’idéologie, prime toujours sur toute autre loi issue des humains. L’adaptation des religions ou des idéologies à la vie dans notre république est un phénomène qui s’explique très bien, mais que je n’ai pas le temps de développer dans cet article.

Cette certitude, qui ne tolère pas le doute, génère une vérité monolithique. Par principe, par certitude, j’ai raison ! et si j’ai raison, l’autre à tort ! Mais, bien sûr, pour l’autre, lui a raison donc j’ai tort ! Ce sont sur ces certitudes que se développent la majorité de nos conflits, et l’incapacité à en sortir. Tout au plus trouve t’on dans les arrangements négociés une forme de tolérance condescendante. J’ai raison et l’autre a tort, mais bon ! il n’est pas si mauvais, pas si dangereux. Tolérons son erreur, trouvons des excuses à son erreur.

La tolérance

Nous vivons chacun les événements de notre vie, nous les analysons, nous les jugeons, au travers de nos connaissances, de nos expériences, de notre histoire, de notre vécu. Nous avons tous un vécu différent et chacun de nous vit le même événement de façon différente. A chacun sa vérité ! Heureusement, vivant en société, nous avons un « bagage » commun qui nous permet d’avoir sur la plus part des sujets un « consensus mou » qui, si nous ne sommes pas trop sectaires dans nos jugements, nous permet, un certain « vivre ensemble »

Si nous admettons que la vérité a plusieurs visage, que la vérité de l’un n’est pas forcément la vérité de l’autre, nous introduisons le doute dans notre vie. La question qui se pose est alors : « est-il possible de vivre avec le doute ? peut-on vivre dans l’hésitation permanente ?» A cette question je réponds oui !

Prenons l’exemple d’actualité des vaccins. Il y a les « pro et les con » (con au sens latin évidemment ! quoique ) Les pro annoncent les résultats scientifiques, les expérience vécues … les con (toujours au sens latin !) argumentent que le virus à été diffusé par les laboratoires pour pouvoir vendre leur vaccins, qu’il peut modifier notre ADN … ! Il y a un certain doute car il n’est pas, a priori évident que l’on puisse totalement balayer les arguments contre les vaccins. Dans ce doute, vais-je tomber dans l’hésitation stérile ? Certainement pas. J’examine les arguments des uns et des autres. L’infime probabilité des arguments des anti vaccins ne résiste pas à la quasi-certitude des arguments des pro. Je fais mon choix et je défends la vaccination. Le doute n’empêche pas l’action.

Prenons un autre exemple : « dieu existe-t-il ? ». Vaste question. Il est aussi impossible de prouver l’existence de dieu que sa non existence. C’est le doute par excellence. Dans ce cas je fais mon choix. Dieu ne me paraît pas nécessaire pour moi, il apporte plus de nuisance que de bienfaits, il génère la certitude que je combats. Je fais mon choix, je décide donc que dieu n’existe pas et j’organise ma pensée autour de cet axiome ? Si d’aventure les événements me montrent que j’ai fais le mauvais choix je changerais mon fusil d’épaule et j’accueillerais ce dieu à bras ouvert.

Conclusion

Je me contenterai de citer quelques citations d’hommes qui ont lutté contre la certitude et pour la tolérance. Ils concluront ce débat mieux que je ne saurais le faire !

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. »

Gandhi

« Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule. »

Voltaire

« Le doute est à la base même du savoir, puisqu’il est la condition essentielle de la recherche de la vérité. On ne court jamais après ce qu’on croit posséder avec certitude. »

Jean Harvey.

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