Archives par étiquette : français

Les invraisemblances de la langue Française

Beaucoup considèrent que la langue Française est une langue extrêmement riche, subtile et permettant de transmettre toutes les nuances de notre pensée. Ce n’est pas faux et pourtant elle est également riche en invraisemblance. Dans mon titre invraisemblance devrait se lire « invraizemblance » (S entre deux voyelles

Les mots « genrés »

On connaît le problème de la féminisation des mots qui conduit à des propositions aussi fantaisistes que « l’écriture inclusive ». C’est un débat qui est la simple conséquence de notre fâcheuse habitude de « genrer » les mots. Pourquoi un fauteuil est il masculin alors qu’une chaise et féminine. Les objets n’ont pas de sexe, du moins à ma connaissance, et bien malin qui trouve un coté masculin à un fauteuil. J’ai eu beau vérifier entre les pattes de mon fauteuil sans y trouver un indice de sexe. Seuls les êtres vivant qui se reproduisent sont sexués et peuvent supporter un genre. Personnellement j’utilise pour désigner notre espèce le terme d’humains, pour désigner le mâle le terme d’homme et pour la femelle celui de femme. C’est une distinction que l’on retrouve souvent dans le monde animal, en tout cas pour ce qui est des animaux qui nous sont les plus familier.

En ce qui concerne les noms de métiers, par exemple le boulanger et un monsieur qui se lève à 4 heures du matin pour préparer la fournée du matin. La boulangère est plutôt à la vente et à la caisse et son métier est très différent de celui de boulanger, elle est plutôt vendeuse. Boulangère n’est donc pas, apriori, une femme qui fait un métier de boulanger. « Genrer » les métiers est un non-sens, même si certains métiers sont plus couramment pratiqués par des hommes ou des femmes, la notion même de métier n’a pas de raisons à recevoir un genre. On n’a pas besoin de » dire un auteur, une auteure, puisque un auteur ou une auteur serai suffisamment clair

Les redondances

On sait que dans tout système organisé toute donnée redondante est susceptible de prendre une valeur différentes selon les situations. C’est toujours une source d’erreurs.

Pour définir le genre et le nombre nous disposons à la fois de pronoms, d’articles, et de la notion de pluriel. Supposons que j’écrive : « les chaise» en omettant le s du pluriel. La plupart d’entre vous vont me signaler une faute d’orthographe. Pourtant il se peut également que chaise soit correctement écrit et que ce soit l’article : les qui soit incorrect et devrait être remplacé par : la. L’interprétation n’est plus univoque mais dépend du contexte de la phrase, à savoir s’il y a une ou plusieurs chaises.

Cette redondance d’information conduit à une imprécision dans l’écriture correcte de la phrase.

Il est inutile pour définir un genre ou un nombre d’utiliser deux informations. Si j’écris les chaise, j’ai défini par l’article « les » que chaise est un pluriel. Inutile d’y ajouter un S.

Pour le genre, si j’écris : « la femelle du porc est la truie ». Trois informations indiquent le genre féminin, car ‘la’ indique le féminin,’ femelle’ indique le féminin, et ‘truie’ également.

Ceci nous oblige de plus à qualifier de féminin une truie, ce qui est une comparaison qui ne fera pas plaisir à toutes les femmes !

Les consonnes redoublée

Par exemple les mots s’écrivant avec un m ou avec mm. J’ai essayé de me pencher sur ce cas particulier du m redoublé ou non. J’ai trouvé pas moins de 12 règles différentes représentant chacun un cas particulier, et encore nombreuse sont assortie d’un « le plus souvent ». La plus satisfaisante étant que si la racine du mot commence par un m on double le m

Par exemple maillot emmailloter

Dans l’ensemble il ne s’agit pas de règles de construction mais de règles d’usage servant à tenter de donner un aspect réglementaire à des concept crées par l’usage.

Cet usage est très complexe à gérer et il serait bien plus simple et aussi clair de ne jamais doubler les consonnes

Un somet me paraît aussi clair que un sommet

J’apele est aussi clair que j’appelle

Une fois les vieux reflexes remisé (avec un m) au placard

Je dis et je répette, les Français ne sont pas mauvais en orthographe, c’est l’orthographe qui est mauvais en Français

Illogisme de la langue Française

Tout au long de mes études on m’a dit que j’étais mauvais en orthographe, que j’écrivais phonétiquement, et finalement je l’ai cru. Avec les recul et l’âge je me suis aperçu que je n’étais pas vraiment mauvais en orthographe mais que, en fait, c’était l’orthographe qui était mauvais.

Quelques exemples pour montrer comment notre langue est pleine de complexité.

L’orthographe sert à traduire les phonèmes de la langue parlée en langage écrit et en ce sens quoi de plus logique que d’écrire phonétiquement. La langue que nous parlons et écrivons, la fameuse langue de Molière et un tissus d’illogisme tant dans son orthographe que dans son vocabulaire.

Prenons le mot « cochon », rien de plus simple. Son féminin est cochonne, ce qui n’a rien à voir avec le masculin qui désigne un animal. Une cochonne est une femme qui fait des cochonneries et le terme doit s’employer au sens figuré. Un cochon, lui, donne des cochonnailles (ou plutôt le fermier en fait des cochonnailles) qui se transformerons en charcuterie. Le féminin du cochon serai la truie, ce qui n’est pas un féminin au sens grammatical, mais un terme genré. Parlons du porc qui lui n’a pas de féminin. C’est logique puisque le mot porc désigne plutôt la chair de l’animal une fois tué, découpé, et cuit. On conçoit alors qu’il ne soit plus genré, et pourtant c’est un terme masculin (et non neutre), mais sans féminin. Le porc, paradoxalement, ne fais pas de porcherie (comme la cochonne fait des cochonneries).  il vit dans une porcherie. Dans l’expression « dénonce ton porc » le mot porc et essentiellement pris dans son sens masculin. Au sens figuré, les hommes sont des porc, les femme, elles, des cochonnes. Au sens propre les synonymes de porc, cochon seront goret, verrat alors qu’au sens figuré ils seront cochon, pourceau.

Avouons que pour un mot aussi basique on se trouve dans un abyme d’illogismes et de contradictions.

Est-ce cela qui fait la richesse de notre belle langue ? peut-être pas mais cela y participe largement. Dans l’art les courants « nihilistes » ce sont toujours plus ou moins terminés par le « carré blanc sur fond blanc », c’est à dire en cul-de-sac. La beauté est toujours dans la richesse, la complexité de l’arrangement, des détails. L’excès de rigueur, de cartésianisme, de raison, est sans doute un obstacle à la beauté. La sécheresse de la raison ne permet pas à l’imaginaire de s’activer elle l’enferme dans un univers déjà prédéterminé. La beauté se cherche dans l’émotion et non dans la raison. La richesse d’une langue se trouve dans la variété, la nuance,  et la précision de son vocabulaire, c’est à dire dans « le fond » et jamais dans « la forme »

Le genre

Une des particularité de notre langue est de donner un genre à toutes choses, y compris à celles qui n’en ont pas. On dit un fauteuil, une chaise, un tabouret, une liseuse, un canapé, un méridienne, alors qu’il est assez ardu de définir le sexe de chacun de ces objets. Ce sont en plus des noms qui n’ont pas de féminin ou de masculin correspondant. Ils sont uni genrés !

Si on prend les noms de profession beaucoup se déclinent au masculin et au féminin. La mode est de généraliser cette pratique (on dit maintenant auteur et auteure, chef et cheffe). Mais alors le nom ne définit plus seulement  la profession mais la personne qui l’exerce. Le boulanger, la boulangère ne désignent plus uniquement la profession, mais la femme ou l’homme qui officie. Du coup, on n’a plus vraiment de mots pour désigner les profession en tant qu’activité. Être boulanger ne signifie pas uniquement faire de la boulangerie, mais également exercer ce métier en tant qu’homme, comme ci  être boulanger ou boulangère n’était pas le même métier    

L’orthographe

Nos grammairiens se gargarisent de la beauté et de la richesse de notre orthographe. Personnellement je les contredirais. Il s’agit pour moi d’un ramassis de règles et surtout d’exceptions qui en font un « gloubi goulba » indigeste. Prenons la simple phrase que je vient d’écrire. Le mot personnellement : » pourquoi 2 n et 2 l et pas 2 m. Il existe sans doute des  myriades de règles et contre règles qui le définissent, mais à mon sens, le redoublement de certaines consonnes (d,n,l,m,t,r,s,f,p) alors que d’autres ne sont jamais doublées (b,g,h,j,k,q,v,w,x,z) n’apporte pas grand-chose à la langue.

La notion de pluriel (classiquement avec un s) est redondante avec la notion de pluriel déjà fournie par les pronoms. « Je mange des pommes » me paraît aussi précis que » je manges des pomme ». Pomme est un concept, la définition d’un objet, et en ce sens est indépendant du nombre de ses instances.

Quant aux innombrables exceptions à la règle du pluriel, elles sont parfaitement inutiles. La langue est-elle plus riche en disant et écrivant « des chevaux » que « des chevals », en disant ou écrivant « des genoux » plutôt que « des genous » ou encore des vitraux plutôt que des vitrails.

On peut citer mille invraisemblances dans notre orthographe, par exemple, sans aller chercher loin, l’écriture d’invraisemblance avec un seul s qui devrait se prononcer z.

Citons , bien sûr, l’accord grammatical su verbe avoir  avec son participe passé, les mots à orthographe bizarre comme « ailleurs », « parcours », … pourquoi un s qui ne marque pas le pluriel ?

Quelles leçon pouvons-nous tirer de ce constat :

  1. Ce que le « grammairiens » nous proposent comme un monument de logique est en fait une accumulation de cas particuliers, de règles justifiant les exceptions (qui de ce fait ne se présentent plus comme des exceptions mais comme des cas gérés par la doxa)
  2. Nous naviguons avec aisance et bonheur dans cet imbroglio de règles dont l’absence de logique nous est si familière que nous la voyons plus. Il est curieux de voir qu’en toutes chose l’habitude fait la norme et que nous ne voyons plus ce qui est en permanence sous nos yeux
  3. Beaucoup veulent défendre la langue Française dans le monde. Malheureusement, qu’elle qu’en soit la richesse, elle ne peut rivaliser avec la simplicité des langues Anglaises ou Espagnoles. Si on veut vendre un produit il doit être performant et simple à utiliser !

L’écriture est une codification de la langue parlée. L’écriture vient après le langage. Celui-ci  est construit à base de phonèmes (32 dans la langue Française), quoi de plus logique et de plus simple que d’écrire phonétiquement … Adieu à l’orthographe tarabiscoté !

Ces quelques exemples (on pourrait en citer des myriades d’autres) montrent comment l’habitude nous aveugle, comment les automatismes nous servent de logique. A force de pratiquer on n’analyse plus nos comportements et la familiarité nous sert de paravent.

Un raisonnement illogique devient parfaitement logique quand il est défini et justifié par une règle. Un exception à la règle du pluriel, totalement illogique, devient parfaitement logique quand elle est encadrée par la règle qui lui donne justification.

La règle du pluriel veut que les noms prennent un s final. Il y a une exception pour les mots se terminant par al qui prennent aux au pluriel ( un cheval, des chevaux). Un pratique contraire à tout logique et à tout souci de simplicité. Qu’à cela ne tienne nos grammairiens en font une règle ( les noms en al prennent aux au pluriel). Voilà que tout redevient logique ! Mais il y a un « hic » à cette règle, certains noms comme carnaval ne respectent pas la règle (un carnaval, des carnavals). Pas de problème pour les grammairiens qui en font une exception à la règle (qui traduisait elle-même une exception à la règle) et tout redevient parfaitement gouverné par la logique, comme si le fait d’être gouverné par une règle entrainait, de facto, la logique. Malheureusement des règles illogiques ne font pas la logique.

Roulons nous à plaisir dans le marasme de notre orthographe. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

La langue Française et ses déboires

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile, ils sont logiques et simplificateurs, tout le contraire de l’orthographe.

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.

 

 

 

 

 

La langue Française, ses déboires, et ses avatars

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.