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Le grand remplacement

C’est une idée qui fait fureur (au sens propre et au sens figuré) dans les milieux d’extrême droite et qui vient d’être avancée par le président Tunisien qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de migrants dans son pays tout en trouvant normal que les ressortissants Tunisien émigrent vers l’Europe.

C’est une théorie suffisamment fumeuse et floue pour qu’on s’y arrête. Tout se mélange, colonisation, repeuplement, remplacement.

La colonisation

La conquête  d’un pays voisin, suivie d’une migration n’est pas un fait nouveau.

Les Égyptiens ont envahi et colonisé les pays limitrophes

Les Romains ont étendu leur empire du moyen orient jusqu’aux frontières de l’Ecosse et colonisé les états conquis. Ils y ont implanté, en douceur, la civilisation, la culture, la religion Romaine

Portugais et Espagnols ont annexés les états d’Amérique du sud, plus pour en accaparer les richesses que pour les coloniser. L’église Catholique y a cependant œuvrée pour y implanter le catholicisme.

Les Colonisations Française, Anglaises, Allemandes n’avaient aucune visées culturelles ou idéologiques, mais un but purement mercantile. S’assurer des ressources et des territoires et trouver de la main d’œuvre soumise à bon marché

Dans tout cela aucune intention de remplacement, au contraire l’idée de garder les populations locales pour les travaux subalternes et mal payés

Le repeuplement

C’est la méthode mise en place au Tibet par les Chinois. Elle consiste à noyer les populations locales dans un flux d’émigrés Chinois de façon à les rendre minoritaires dans leur pays. Sans éradiquer la culture Tibétaine, la civilisation Chinoise devient prépondérante. C’est également la tentative faites à Hong Kong. C’est une amorce de « grand remplacement »

Ce qui commence à se rapprocher du « grand remplacement » c’est la tentative d’éradication des Ouïgours en les chassant, les parquant pour les remplacer par une population Chinoise. Récemment la purge des territoires arméniens par l’Azerbaïdjan en est un autre exemple.

Le grand remplacement

L’archétype du grand remplacement est la conquête de l’Amérique par les migrants venant d’Europe (Angleterre, Allemagne, France). Ceux-ci ont, en toute conscience, éradiqué les tribus indiennes locales pour prendre leur place. Aucune intention de civilisation ou de religions mais une simple volonté affichée de « grand remplacement ». Cette abomination a donné naissance à la première puissance économique et technologique du monde.

La création de l’état d’Israël se fait selon un schéma de « grand remplacement ». Le pays principalement peuplé de Palestiniens devient, par la volonté des grandes puissances, l’état juif ou les autochtone se retrouve rapidement minoritaires et discriminés. La notion de « remplacement » vient de la volonté assumée de s’installer « en place de … »  

En un certain sens la conquête de l’Australie par les colons Anglais peut-être considérer comme un remplacement, les peuplades Aborigènes ayant été en partie décimées ou réduites en semi esclavage.

Conclusion

Les véritables grands remplacements se sont produits lorsque des migrants venus de pays technologiquement développés ont envahis des pays très vastes et faiblement peuplés. Ils se sont produits non pour des volontés idéologiques, mais comme des luttes de territoire. Les plus forts triomphants des plus faibles.

Aujourd’hui, en France, nous ne sommes absolument pas dans les conditions d’un grand remplacement, bien au contraire. Nous avons une  population de migrants venant de pays nettement moins avancés sur le plan technologique et arrivant dans des pays déjà largement peuplés.

Le danger réside plutôt dans l’incapacité pour les pays « accueillant » d’intégrer une population moins éduquée, moins qualifiée sans l’utiliser comme main d’œuvre à bas cout.  Le problème est avant tout social et non idéologique.

Dans l’intégration « à la Française » les migrants sont censés se fondre dans la population locale en oubliant leur culture d’origine. C’est une lubie, il faut 3 ou 4 générations pour qu’une telle assimilation puisse se faire … une sorte de grand remplacement à l’envers puisque ce sont les migrants qui doivent perdre leur culture ! En attendant chacun doit faire un effort, les migrants pour s’adapter, Les Français pour les accepter. Quoi qu’il en soit il y a des limites (psychologiques, culturelles, économiques) à la capacité d’accueil dans un pays. Il semble que ces limites risquent d’être atteinte à la vue des événements récents.

Le paradoxe est que, très souvent, ces migrants, venant de pays qui possèdent largement les richesses minières et énergétiques, émigrent vers des pays qui ne possèdent pas ces richesses mais qui vont les exploiter dans les pays que quittent ces migrants !

Le grand remplacement, pas si bête !

L’extrême droite Française, tétanisée par les problèmes de l’immigration, théorise la notion de « grand remplacement » selon laquelle l’arrivée inexorable de « millions d’émigrés » remettrait en cause l’équilibre démographique de notre nation. Les « Français de souche, les bons blanc » seraient évincé du pays et dominés par une inteligencia musulmane. Avant de discuter de cet « apocalypse » voyons ce qu’il en est à travers l’histoire.

L’archétype du grand remplacement est évidemment « la conquête de l’ouest » pour former les États Unis d’Amérique. Même s’il n’a pas véritablement été théorisé comme tel, on peut le résumer dans la phrase (attribuée à Philip Sheridan) : «. Un bon indien est un indien mort ». Les populations indiennes ont été massacrées ou réduites en servitude pour laisser la place aux migrants venu essentiellement d’Europe. C’est là le scénario fantasmé que met en scène notre extrême droite.

Trouve-t-on d’autres cas similaires dans l’histoire ?

L’empire Romain

Une des premières expansions impériales dans l’antiquité est la naissance de l’empire Romain. En quelques siècles les Romains ont annexé à leur empire la majorité des pays bordant le méditerranée (plus la Gaule et une partie de l’Angleterre). Cela a-t-il généré une forme de grand remplacement ?

On peut répondre que non puisque les Romains se sont toujours appuyés sur les élites locales (Achetées à coup de sesterces et d’honneurs). Et les traditions en vigueur. L’empire Romain s’est superposé aux structures locales existantes sans les éradiquer. Il n’y a donc pas eut de « grand remplacement » mais une simple prise en main des pays

L’Empire Ottoman

L’autre visée expansionniste est la création de l’empire Ottoman issue de la conquête par les musulmans de nouveaux territoires.

A partir du XIV siècles les Ottoman étendent leur domination sur de nombreux états chrétiens orthodoxes d’Europe. Juifs et Chrétiens sont considérés comme « protégés » et sont exemptés d’obligation militaire. Par contre ils sont soumis à double imposition à double titre de citoyen et de chrétiens ou Juifs. Une forte pression incita ces populations à se convertir à l’Islam Sunnite. Le remplacement a été progressifs et plus ou moins consenti, mais à ce niveau on pourrait plutôt parler d’intégration.

Les conquistadors

Les conquêtes en Amérique du sud par les Espagnols et Portugais relèvent plus du « racket » que du remplacement. L’objet en est essentiellement l’accaparement des richesses (or) du pays pour les rapatrier en Espagne ou au Portugal pour enrichir l’état. Les populations locales ne sont exterminées que si elles s’opposent au pillage de leurs richesses, elles sont d’autre part décimé par les maladies microbiennes importé par les colons. C’est ainsi que disparaitrons les civilisations Aztèques, Incas, et Mayas. Le remplacement se fera partiellement sur plusieurs siècles et résultera plutôt de l’appétence des populations locales pour les standards de vie des colons

Les conquêtes coloniales (France, Angleterre, Allemagne, Hollande)

Ici, encore, il s’agit de s ‘approprier les richesses locales sans volonté de remplacement. Les populations locales sont exploitées. Les colons, fort de leur supériorité supposée ou réelle, s’imposent en maitre sans aucune visée idéologiques. Les populations locales sont simplement utilisées comme une main d’œuvre docile (par coercition) et à bon marché. Bien sûr « l’apport bénéfique de la civilisation » sert de prétexte à la colonisation.

La civilisation et la culture locale sont simplement ignorées pour ne retrouver de l’intérêt qu’au début du XX ème siècle via les mouvements artistiques (plutôt à gauche)

La colonisation de l’Australie

Il s’agit là d’une migration prédatrice puisque les autochtones (Aborigènes) sont chassées de leurs territoire au bénéfice des colons, parfois exterminés, mais sans visée idéologique tant les colons étaient certains de la supériorité indiscutable de leur culture

Le régime Nazi

Ont parler de « remplacement partiel » puisque l’idéologie Nazi se propose d’éliminer radicalement les Juifs, les Roms, les homosexuels et les communistes pour laisser la place aux « bons ariens » blancs, blonds, aux yeux bleus. C’est évidemment une véritable théorisation du « remplacement » dont on a pu apprécier les conséquences.

Divers

Parmi les tentative de « grand remplacement » on peut citer les génocides qui sont par définition des tentatives radicales de remplacement. Éliminer une partie ciblée de la population pour laisser la place à une autre confine inévitablement au « remplacement » Ces génocides sont malheureusement légion dans l’histoire. Citons les plus connus :

La croisade des Albigeois

Les guerres de religions

L’invasion de la Corée par les Japonais

Le guerre du Biafra

Les massacres par les Khmers rouge au Cambodge

Le massacre des Tutsi par les Hutus,

L’épuration des « révisionnistes » dans les états totalitaires

Conclusion

Le « grand remplacement » n’est pas nouveau dans l’histoire. On le juge différemment selon que l’on se trouve du côté du « remplaceur » ou du « remplacé ».

La formation des états unis paraît plutôt positive pour le monde occidental alors qu’il laisse un souvenir amer du côté des descendants des indiens. Pourtant aux États unis cette idée n’est pas morte et la chasse aux communisme, la ségrégation des noirs continue de polluer la vie politique américaine.

On voit que les véritables « grands remplacements » ont toujours été sous tendus par une pensée d’extrême droite principalement alimentée, voire justifiée, par le nationalisme. Dans celle-ci, comme dans toutes les idéologies, le concept est plus important que la réalité, ou du moins le concept est une excuse à une réalité ignoble.

Dans l’idéologie d’extrême droite actuelle la France, avec un grand F est plus importante que les français comme dans l’idéologie écologiste, sauver la planète est plus important que sauver les hommes. On peut donc négliger les humains pout l’idéologie.

Le grand remplacement suppose une civilisation plus développée ou mieux armée (Migrants/indiens aux USA, armée Allemande contre armée française) qui s’impose à une plus faible. Nous ne sommes actuellement pas du tout dans ce cas de figure. En Europe les migrants, loin d’être en force, sont les parents pauvre de notre civilisation. Ils ne peuvent s’imposer par la force à moins que leur démographie ne passe, en France, le cap des 50 millions d’individus. Ceci est hautement improbable.

Le « grand remplacement » à effectivement existé dans le passé, mais l’utiliser dans le contexte actuelle est une pure escroquerie intellectuelle.

La mystification du « grand remplacement »

Le grand remplacement est une théorie conspirationniste d’extrême droite popularisée par l’écrivain Renaud Camus, qui est généralement présenté comme son inventeur. Il énonce sa thèse dans le livre L’Abécédaire de l’innocence publié en 2010, et en fait le titre d’un autre ouvrage qu’il publie en 2011. Cette théorie est très populaire dans la mouvance identitaire de l’extrême droite. D’après cette vision, les Français « de souche » seraient évincés démographiquement par des peuples non européens, principalement issus des pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, suivant un processus d’immigration de « peuplement » avec la bénédiction d’un « pouvoir remplaciste ». La rédaction numérique de RTL résume sa théorie : « les Noirs et les Arabes vont remplacer les Français “de souche” ; ils veulent saper la “civilisation” française ; il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte, mais les élites nient cette réalité ».

Présente dès la fin du XIXe siècle et durant le XXe siècle, cette thèse vise successivement en Europe les Juifs, les Italiens, les Arméniens, puis les Maghrébins à partir de l’après-guerre. Elle a principalement des origines néo-nazies et antisémites.

La grande hypothèse de cette théorie est le remplacement d’une population à faible fécondité (Les Français) par une population à forte fécondité (les musulmans Arabes ou noirs) et d’une culture à laquelle nous sommes attachés par une culture qui nous serait étrangère.

Cette théorie essentiellement véhiculée par l’extrême droite est une large mystification organisée dans un objectif raciste et discriminant à l’égard des étrangers qui souhaitent s’installer en France.

Bien que martelée par les courants complotistes à références pseudo nazie, elle ne résiste à aucune analyse sérieuse.

Références historiques

On ne trouve pas d’exemples dans l’histoire d’un phénomène de « grand remplacement » en dépit de nombreuses tentatives.

L’occupation Romaine sur l’ensemble du bassin Méditerranéen a bien tenté une relative « romanisation » des peuples colonisés, qui a disparue avec l’effondrement de l’empire Romain. Chaque peuple ayant repris sa culture propre, même si des influences romaines ont perdurées en France les « Gaulois » sont restés Gaulois, et les Romain sont devenus Italiens.

La colonisation Française en Algérie, Vietnam, Afrique noire, si elle a pu imposer son administration coloniale, son système éducatif, son influence religieuse n’a que très peu influer sur les identités locales. Dès la décolonisation les population de ces états ont repris leurs us et coutumes, leur religion dominante, leur culture ancestrale. le grand remplacement des cultures ne marche pas. Nos complotistes craignent l’invasion d’une culture Maghrébine en France. Ceci montre à quel point elle est restée vivace malgrés les colonisation!

Les colonisations Britanniques n’ont pas empêché que l’Inde reste l’Inde, et l’Afrique de l’est Africaine.

Les tentatives soviétiques ou maoïstes pour créer « un homme nouveau » ont été un échec total. Dès la fin de la coercition les peuple Russes ou Chinois sont vite revenus à leurs cultures de tradition.

L’arrivée massif de Juifs en Palestine (devenu Israël) n’a pas modifié les croyances et les valeurs des populations Arabes locales, à tel point que c’est maintenant Israël qui redoute l’accroissement numériques des Arabes d’Israël.

La théorie de la démographie

Encore un mensonge patent

Faisons une estimation tout à fait grossière, juste pour fixer les idées :

Nous sommes, disons, 66.000.000 de Français, dont 8% sont musulman,

et nous avons environ 650.000 naissances par ans

Si EF est le nombre d’enfant d’origine Française

EM les enfants d’origine musulmane

Si on admet que les familles musulmanes font deux fois plus d’enfant que les familles Françaises et que la mortalité est identique chez les « Français » et les « Musulmans »

On peut écrire :

EF + EA =650.000

EF + 2×0.08 EF =650.000

D’où EF= 650.000/1.16

EF=560.000 et EA = 90000

Au bout d’une génération (20 à 25 ans) les musulman seraient alors environ 15% dans la population de France. C’est un accroissement notable, mais on est loin du grand remplacement. Si leur fécondité ne varie pas ils pourraient être 50% dans 50 ans. Voilà qui devient sérieux !

Cependant on sait que le taux de mortalité est plus fort chez les population les moins favorisées, dont font partie les émigrés et que au bout d’une génération le taux de fécondité des « issus de l’émigration » devient similaire à ceux des Français dit « de souche »

D’autre part le taux de fécondité des femmes française est passé de 2. 2 enfants par femmes en 2010 à 1,84 en 2020. Il ne cesse de baisser.

Dans ces conditions le « grand remplacement démographique » n’est pas pour demain et n’est qu’un leurre agité par les complotistes et l’extrême droite pour affoler les populations.

La perte de sa culture

La culture est formée par l’ensemble des expériences vécue et des jugements que l’on a portés sur elles. Elee forme notre identité, ce qui nous caractérise comme un individu unique. La culture ne se perds pas (sauf perte de mémoire amnésique). Elle peut évoluer (et elle évolue tous les jours), se modifier, subir de nouvelles influences. Mais ces modifications n’effacent pas notre historique, elles puisent en lui pour donner un sens à nos nouvelles expériences, elles l’enrichissent.

Dans l’après-guerre nous avons été fortement influencés par la culture américaine. Musique, business (marketing, management), alimentation (Hamburger, Ketchup, sodas). Ceci a profondément modifié nos modes de vie, et pourtant aucun Français ne s’est senti dépouillé de son identité ou de sa culture

L’intégration progressive

Dans le processus d’intégration prôné par l’extrême droite il faudrait que les étrangers perdent totalement leur culture pour adopter une culture Française, les Français dit « de souche » ne bougeant pas. C’est impossible car on ne peut perdre sa culture. Par contre une évolution progressive peut amener les ressortissant venu de l’extérieur à greffer sur leur culture des éléments de la culture Française, à condition que les Français acceptent d’adopter certains éléments de la culture des émigrés.

Pour intégré un élément à un ensemble, il faut que cet ensemble libère de la place pour l’élément à intégrer.