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La couverture générale

Croyance au Père Noël et âge mental

On n’a pu montrer, en psychologie relativiste, comment au fur et à mesure de la formation de la conscience cognitive l’enfant passait d’une relation fusionnelle à son environnement à l’adolescence avec un développement de la conscience cognitive. (le mécanisme de formation de la conscience cognitive par formalisation des émotions a été décrit par ailleurs).

Il est intéressant de constater comment la croyance au mythe du « père noël » évolue avec le développement de la conscience de l’enfant telle que décrite par la psychologie relativiste.

Dans la première année la conscience cognitive de l’enfant et « embryonnaire » et même sa conscience émotionnelle est peu riche. Il vit dans son présent dans un univers indéfini, avec comme seul repère ses échanges intuitifs, émotionnels avec ses proche. La notion de « père noël » avec sa légende ne peut même pas être envisagée.

Les années suivantes (environ 1 à 3 ans) Les parents tentent d’apprendre à l’enfant cette notion. Mais celle-ci passe mal et le petit enfant, tout à son échange émotionnel, fusionnel, avec ses parents, ne fait pas vraiment de différence entre son environnement quotidien et l’histoire qu’on lui raconte.

Au fur et à mesure que l’enfant développe sa conscience cognitive, qu’il commence à prendre une petite autonomie, qu’il commence à établir une distance entre ses proches et lui, qu’il acquière un début d’identité, il commence à être capable de former sa propre histoire. Il peut alors intégrer le mythe du « père noël » comme un personnage en soi, comme un être, certes magique, mais ayant sa propre existence en dehors de tout contexte familial. C’est la période ou l’enfant croit vraiment au « père noël ». Il en adopte le mythe avec le rouge, la barbe blanche, les rennes … et bien sur les cadeaux !

En grandissant l’enfant développe son autonomie (encore bien partielle), sa capacité de réflexion, son analyse critique. En fonction de son degré d’autonomie (vers 6à 8 ans) et du forcing des parents (tellement content de garder ce lien fusionnel avec leur « bébé »), le doute commence à s’insinuer dans son esprit. L’histoire du personnage qui passe par la cheminée et porte en une nuit des cadeaux à tous les enfants du monde parait un peu bizarre (surtout que ses parents lui font donner ses anciens jouets pour les enfants qui n’auront pas de noël). Mais compte tenu des avantages il préfère nier ses doutes et jouer le jeu de « j’y crois ». Cette position ambiguë, accentuée par les échanges avec ses camarades plus matures, peut durer un certain temps. L’enfant passe du « j’y crois » à « je doute mais j’y crois » et enfin au « j’y crois pas mais je fais comme si »  

Lorsque, enfin, les parents révèlent à leur enfant la « terrible vérité » il s’avère que celui-ci n’est pas vraiment étonné car il le savait déjà.

La croyance au « père noël » est un excellent marqueur (compte tenu du contexte familial) de l’autonomie d’un enfant, de son niveau de maturité, de ce que l’on pourrait appeler son âge mental. D’ailleurs on dit d’un adulte naïf et peu mature : il croit encore au père noël !

Précisions de vocabulaire

Il est un certain nombre de mots qui bien qu’utilisés couramment non pas un sens parfaitement défini. On se sert indifféremment de l’un ou de l’autre, ce qui entraine un certain flou dans la compréhension puisque chaque mots représente l’ensemble des significations de chacun. Pour lever l’ambiguïté essayons de donner un sens précis à chacun d’eux.

Humain, Homme, Femme

Le mot Humain sera réservé à la désignation des membres de l’espèce humaine (homo sapiens), le mot Homme désignera les individus Mâles et le mot Femelle désignera les individus Femelles

Perception, sensation, sentiment, attitude, intention, Comportement

C’est l’ensemble des éléments constitutif de ce que l’on appelle généralement l’émotion. Rappelons que la peur, la colère, la joie ne constituent pas des émotions, à proprement parlé, mais des comportements relatifs à une sollicitation émotionnelle.

  1. La perception est la réception d’un message (Audio, visuel, olfactif, gustatif, ou tactile) par nos récepteurs sensoriels qui le transforment en signal électrique envoyé au cerveau par notre système nerveux.
  2. La sensation est l’activation des zones de notre cerveau activées par ce signal électrique. A ce stade le message n’a aucun sens, ni émotionnel, ni cognitif. Il constitue une simple perception sans aucune signification. C’est ce que l’on appelle une image mentale.
  3. Le sentiment nait de la confrontation de cette sensation à d’anciennes sensation préalablement interprétées par notre cerveau. Cette analyse relative va définir des liens logiques entre cette nouvelle sensation et les sensations équivalentes. Ces relations seront du type : « Plus grand, plus petit, plus rouge, moins dangereux, aussi bénéfique, plus choquant, … ». Elles peuvent être innombrables et variées. C’est à travers elles que va se définir la sensation pour devenir un sentiment de nature émotionnelle ou cognitive. La situation vécue va alors prendre un sens en rapport avec le vécu historique de l’individu. L’image mentale lié au réseau de la conscience par des liens logiques de causalité enrichi le réseau de la conscience, ce qui participe à l’élaboration de l’identité.
  4. L’attitude ou positionnement par rapport à l’événement, est défini par les relations logiques que la sensation de la situation a développée avec l’histoire de l’individu. Elle va être sa vision personnelle de la situation, comment il se positionne par rapport à elle, comment il se défini dans la situation.
  5. Les intensions sont évidemment dépendantes de l’attitude adoptée. Elles constituent le désir de réponse à la situation envisagée
  6. Les comportements sont la mise en œuvre des intensions précédentes. Elles peuvent constituer en des réactions somatiques (suées, rougeurs, tremblements, nausées, palpitations …) ou en des réactions comportementales (Joie, colère, peur, défi, tristesse …)

L’ensemble de ces phénomènes constitue ce que l’on peut appeler : « L’émotion »   

Angoisse, anxiété, peur

Encore des mots qui sont souvent pris l’un pour l’autre. Essayons de leur attribuer un sens précis

  1. L’angoisse est une sensation liée à la perte de repères. L’individu se sent « flottant », mal défini. Étant mal identifié il lui est difficile de se situer par rapport aux situations, aux autres. Cela crée une sensation de malaise, de mal-être. Il ne s’agit ni d’un comportement, ni d’un sentiment, mais d’une simple sensation, un climat, une impression indéfinie qui se reproduit chaque fois qu’un individu, soit n’arrive pas à se créer des repères solides, soit qu’il perde momentanément ses repères établis. L’individu vit avec la sensation d’un danger pressant mais non identifié. L’angoisse est inhérente à tout être humain, elle est la source du besoin de positionnement.
  2. L’anxiété survient lorsque l’angoisse se cristallise sur une menace précise. Il s’agit, de façon générale, d’une situation de danger dont on ne peut prévoir l’issue :  Négative, Neutre, voire positive. L’anxiété vient avec l’incertitude. L’individu va évidemment chercher une attitude pour parer au danger imminent. Bien sûr selon la solution qu’il envisage son attitude sera différente. S’il envisage une issue positive il se rassurera, mais immédiatement il envisagera que l’issue peut également être négative et devra définir une nouvelle parade au danger. Il oscillera entre vision positive ou négative privilégiant la pire si c’est un personnage angoissé. Cet aller et retour défini, dans l’anxiété, le mécanisme de rumination.
  3. La peur est la crainte d’un danger imminent dont l’issue est prévisible. Le positionnement devient clair, il faut faire face au danger et trouver la meilleure parade. La peur peut générer la panique si l’individu ne trouve pas de solution, elle devient alors paralysante. Au contraire si l’individu envisage une parade possible (et s’il a confiance en lui) la peur peut devenir mobilisatrice et exalter la force de vivre. Certains individu utilise ce sentiment de peur contrôlée pour mieux se sentir exister dans une « poussée d’Adrénaline.

Bien sûr ces situations ne sont pas totalement indépendantes, l’angoisse génère souvent de l’anxiété, et cette dernière n’est jamais dépourvue d’angoisse. La peur sous-tend toujours un certain niveau d’anxiété.

Doute, Hésitation

  1. Le doute se présente comme une analyse critique des situation, il consiste donc à prendre un certain recul dans ses jugements. C’est, en général, le sentiment que la réponse à une situation peut prendre des formes différentes (le plus généralement deux, par exemple droite ou gauche, vrai ou faux, oui ou non). L’individu est alors face à un choix pas toujours évident
  2. L’hésitation survient quand l’individu s’avère incapable de faire ce choix. Elle correspond à une difficulté à prendre ses repères vis à vis de la situation

Le doute résulte d’un analyse lucide de la situation, c’est donc un point positif et raisonné, une prise de recul. L’hésitation est connexe de l’anxiété et en présente toutes les caractéristiques.

On peut dire que :

  1. Mieux vaut une mauvaise décision que pas de décision du tout. En cas de mauvaise décision on peut éventuellement « redresser la barre », en l’absence de décision on ne contrôle rien du tout
  2. Si on hésite fortement entre deux positionnements qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, on peut choisir n’importe lequel, puisqu’ils sont sensiblement équivalents

Conclusion

Il est fondamental pour la compréhension de clairement définir les mots que l’on utilise. On ne peut traduire une pensée claire par des mots flous et imprécis, et on ne peut comprendre une pensée claire si on n’a pas une définition précise des mots qui la traduisent

Quelques notions suspectes : temps, espace, liberté, Éternité

Le Temps

J’ai eu déjà l’occasion de montrer que la notion du temps et un concept de l’ordre de la métaphysique. Seule la durée est un concept humain. Sa mesure implique une origine, une fin, et une unité base de temps.

Quand je dis, nous sommes en l’année 2021, je ne fixe pas le temps mais je fixe une origine (l’année Zéro supposée être celle de la naissance du christ), une fin (notre année) et une unité de temps (1 an = une rotation de la terre autour du soleil). On trouve alors 2021 rotations de la terre autour du soleil comme mesure de cette durée. Mais combien de temps dure cette rotation, mise à part la valeur de 1 année fixée par définition, nul ne le sait. La durée est donc une grandeur relative à la base de temps que l’on a fixé et non une grandeur absolue.

La notion de temps n’existe pas dans l’univers humain, et la durée n’est qu’une valeur relative à la définition d’une base de temps !

L’Espace

C’est encore une notion métaphysique. Nous pouvons connaître les objets qui peuplent l’espace mais nous ne pouvons concevoir celui-ci. Nous ne pouvons concevoir que la distance entre deux objets. Ceci nécessite une origine (le premier objet), une fin (le second objet), et une unité de mesure. Historiquement elle avait été définie comme la longueur d’une barre de métal « invar » déposée au pavillon de Breteuil.

La notion d’espace n’existe pas dans l’univers humain, et la distance n’est qu’une valeur relative à la définition d’une base de distance.

La liberté

La liberté n’existe pas à l’état naturel qui ne connaît que la notion de nécessité. Le lion n’est pas libre ou non de manger la gazelle, il en a simplement la nécessité. A l’état naturel l’animal n’est pas affecté par la notion de liberté mais par la satisfaction de ses besoins. La liberté est liée à la présence d’une conscience cognitive et à l’élaboration d’une relation logique entre les entités considérées. Elle fait partie de la vision construite de notre monde.

Dés que l’homme forme un groupe, famille, tribu, clan, société, la contrainte du « vivre ensemble » pose le problème de la liberté. Celle-ci est intimement liée à la structure définie pour le vivre ensemble, elle est dépendante de la limite fixée aux contraintes du vivre ensemble. C’est donc une notion relative.

L’éternité

Encore une notion des plus suspecte.

Les grandes religions monothéistes ne nous proposent, en fait, qu’une demi éternité. En effet, lorsque l’on nous propose la vie éternelle ceci s’entend de la naissance à l’éternité. La véritable vie éternelle s’entend sans fin, mais également sans début. Notre âme réputée éternelle a bien un début lors de notre naissance. Ce concept même d’éternité produit donc ce paradoxe : « Une demi éternité (celle de l’humain ou de son âme) est-elle moitié moins longue qu’une véritable éternité sans début ni fin ? » Comment un processus humain comme la reproduction peut-il générer un concept aussi transcendantal qu’une âme ?

Les religion asiatiques voient la vie éternelle comme une série de réincarnation, donc avec un passé et un futur. Là encore se pose le problème de l’origine, le « client zéro » avant la première réincarnation, et la fin programmée du cycle de réincarnation une fois atteinte l’illumination.

Conclusion

Voilà quatre concepts (temps, espace, liberté, éternité) qui n’ont aucun sens dans l’univers humain. Ils prennent place dans des représentations métaphysiques (transcendantaux) de notre univers. Ils ont leurs équivalents dans l’univers humain :  Temps et durée, Espace et distance, liberté et limites légales, Éternité et durée. Ils ne recouvrent pas des notions humaines, mais métaphysiques, transcendantales. Ils ne sont que des croyances !

On conçoit qu’il soit difficile d’en donner une définition dans notre univers !

Certitudes et incertitudes

Dans des précédents articles j’ai eu l’occasion de parler de l’influence des certitudes et des incertitudes sur les comportements humains.

La certitude correspond à une structure mentale rigide, sans nuances, manichéenne, sans capacité de négociations. Toute remise en cause et niée car la structure figée ne peut admettre de modifications. Elle enferme l’individu dans un « Ghetto » de personnes ayant les mêmes convictions. Elle mène au narcissisme et en cas de contradiction à la paranoïa.

L’incertitude est génératrice d’angoisse, d’anxiété. Incapable de se forger les repères stabilisant l’individu reste dans un doute permanent sans pouvoir en sortir. Il a un comportement pusillanime, flottant.

L’être humain se débat entre ces deux extrémités. La certitude qui est sécurisante mais sclérosante et l’incertitude angoissante mais ouverte sur les autres

Prenons l’exemple de la campagne de vaccination

  1. Nous sommes en présence d’un virus inconnu, dont on connaît à peine le mode de transmission (on ne connaît toujours pas la genèse de la pandémie), contre lequel on n’a aucun traitement. C’est une situation d’incertitude totale devant un danger, inévitablement génératrice d’angoisse.
  2. Plusieurs laboratoires mettent au point des vaccins donnés pour efficaces ce qui pourrait être un point d’ancrage pour une perception sécurisante de la situation.
  3. Les personnes à conscience rigide, hostiles à toute situation incertaine, recherchent à tout prix une voie de sécurisation, un positionnement stable. La seule option parfaitement déterminé qui leur est offerte c’est le déni. Ils nient la pandémie, nient l’efficacité du vaccin. Pour justifier cette position insoutenable ils invoquent des mensonges d’état, des complots, le danger d’une médication nouvelle. Ils ont maintenant leur écriture de l’histoire qui légitime leur position. Ils s’arc-boutent sur leur argumentation et les voilà dans une position sécurisante parce que clairement tranchée. Ils n’ont aucune confiance dans les spécialistes mais ils font confiance en leur jugement, Ce qui dénote un certain narcissisme.
  4. Pour les personnes à conscience mal définies, c’est le doute qui l’emporte. Pandémie ou pas pandémie, vaccin efficace ou non, vaccin dangereux ou non ! « Dans le doute abstient toi », ils restent dans l’expectative. Leur réponse est : « J’attends ». Si on leur pose la question : « Qu’est-ce que tu attends ? » ils n’ont pas d’autre réponse que « j’attends de voir » Ce qui n’est pas vraiment une réponse et surtout ce n’est pas un positionnement par rapport à la situation. Toute question sans réponse claire pose problème !
  5. Entre ces deux extrêmes on trouve une majorité de Français qui eux aussi doutent (ce qui est une position tout à fait raisonnable !) mais qui font le choix d’une autre solution. Ils admettent que le problème les dépasse et se retournent vers des personnes en qui il peuvent avoir une certaine confiance : Médecins, Virologues, Épidémiologies, Gouvernants. Il ne s’agit pas d’une confiance absolue mais de s’en remettre à des personnes qui présentent une certaine crédibilité à leurs yeux. Le doute (raisonnable) n’empêche pas la confiance, selon le vieil adage : « Une mauvaise décision vaut mieux que pas de décision du tout »
  6. Les personnes à conscience rigide ou mal définie vivent sur la peur. Celle de se remettre en cause et de se déstabiliser pour les première, la peur des conséquences d’une mauvaise décision pour les seconde
    « La peur est toujours mauvaise conseillère ».
    Ces « fameux rebelles » sont plutôt des gens qui ont peur de la vie !

La certitude, mère de tous les abus

Nous avons vu dans un article précédent comment l’incertitude était source d’angoisse pour l’être humain et combien il recherchait la certitude pour se sécuriser.

Cependant, l’excès de certitude à également des cotés pervers.

La certitude est l’assurance pleine et entière de l’exactitude de quelque chose.

Comment se forgent les certitudes ?

Elles sont le fait d’une conscience rigide. C’est à dire que les relations causales entre les images mentales qui peuplent la mémoire sont sans nuances. La causalité est brute et sans possibilité de négocier. La vision du monde est manichéenne, en blanc ou noir. Non seulement les opinions sont tranchées, mais toutes nouvelles situations vue à travers ce filtre sont vécues sur le même mode. La conscience se construit, ainsi, sur ce schéma simplement binaire.

Cette rigidité de la conscience ne peut accepter la nuance sans se mettre en porte à faux, sans se mettre en danger, sans être déstabilisé. Sur une situation, un discours, une idée, qui pourrait remettre en question sa vision schématique du monde, cette individu préfèreras la nier que de ce remettre en cause. Il se réfugie donc dans ses certitudes pour mieux se protéger dans une position narcissique et paranoïaque.

Les certitudes sont-elles d’origine innée ou acquise ?

Elles sont acquises et forgées par l’environnement. Existe-t-il des terrains privilégiés à cette rigidité ? c’est vraisemblable mais pas établit. Par contre il est certain que l’éducation, le milieu est le vecteur de cette vue simplificatrice. Un argument pour privilégier la rigidité acquise est que de nombreux individus ont une grande rigidité dans certains domaines (la religion par exemple) tout en gardant une certaine ouverture d’esprit dans d’autres domaines. Ceci indique que cette rigidité de pensée est plus due à une interaction avec l’environnement qu’a une prédisposition structurelle.

La religion et les certitudes

Il est avéré que la croyance religieuse est essentiellement apprise. Le besoin de religion, de certitudes existe en chacun d’entre nous (par besoin de sécurisation, de références simples et intangibles) mais c’est dans un milieu Catholique que l’on devient Catholique, dans un milieu Musulman que l’on devient Musulman … etc. etc.

Mais la religion détermine des certitudes, « le dogme ». Si on croit en dieu, on est bien obligé de croire en ses règles et ses commandements. A la question : « les religions sont-elles compatibles avec la république ? » on doit, en premier lieu répondre par la négative. Suivre les lois de dieu assure son éternité, alors que les lois de la républiques ne vous protège que le temps d’une vie.

Pourtant de nombreuses religions arrivent à coexister avec des lois républicaines. C’est parce que les lois de dieu (qui dans mes croyances ont été définies par des hommes) sont très proches des règles du « vivre ensemble » définies dans les divers modèles de sociétés. Aider les plus faibles, ne pas nuire aux autres, ne pas accaparer leurs biens, … tout ceci est commun aux lois divines et aux lois des hommes. Sauf sectarisme effréné les religions peuvent se vivre en république. Naturellement si des religieux s’attachent non aux dogmes fondamentaux sensés venir de dieu, mais à des rites développés par l’usage dans les églises (chants religieux, communion, confession, voile, ne pas manger de porc, messes, shabbat, kippa) alors l’accord avec la république peut être en défaut. Venant de gens très religieux qui prennent ces rites pour des dogmes incontournables, l’opposition peut être très violente.  

La radicalité

C’est encore une autre façon de voir les certitudes. La raideur des opinions peut se produire dans bien des domaines, elle forme le lit, notamment, des idéologies. La pensée communiste, finalement assez proche des morales religieuse, a causé des ravages quand des idéologues radicaux s’en sont emparés. En URSS, en Chine, à cuba, le parti communiste, la dévotion radicale au « parti » à supplantée le respect des humains. Évidement l’idéologie Nazi est l’archétype de la radicalisation aveugle et incontrôlée. Daech et les groupes terroriste Musulmans ont commis nombre d’atrocités au nom d’une lecture littérale du Coran. Bien sur les leaders de ces mouvement ne sont pas toujours des psychorigides, mais plutôt des narcissiques qui utilisent l’arme de la radicalité pour manipuler les foules et assouvir leurs besoins de domination

Conclusion

La certitude est le travers qui justifie toutes les actions, même les plus horribles. Sans le doute tout est possible, tout est permis. Le sentiment d’avoir raison, de détenir la vérité permet d’agir, en dehors de toute culpabilité, puisque on agit dans le sens de la vérité, de la raison, et, peut-on le croire pour le bien de tous. En ce sens les religions, les idéologies peuvent pousser à l’excès.

Cette attitude psychorigide qui découle du sentiment de certitude pousse au développement d’un comportement narcissique qui contrarié peut aboutir à une forme de paranoïa.

L’incertitude mère de l’angoisse

Avant toutes choses posons quelques définitions

Positionnement : C’est le jugement critique que l’on porte sur les objets, les êtres, et les situations. Il défini notre relation avec ce qui nous entoure, comment nous nous situons dans notre environnement grâce à une évaluation critique. L’ensemble de ces positionnement au cours de notre vie représente notre identité, comment nous nos définissons dans notre environnement.

Angoisse : c’est la sensation d’une perte de repère par apport à notre environnement, de perdre son identité, d’une difficulté à se positionner, se définir, donc à exister

 Anxiété : Elle nait quand l’angoisse se fixe sur un objet ou une situation dangereuse dont on ne peut prévoir l’issue fatale ou anodine. On va osciller entre pessimisme et optimisme dans la mesure où l’on ne peut avoir une évaluation précise du danger.

Peur : Elle survient en situation de danger imminent et à issue certaine. Elle nous pousse à réagir pour trouver la meilleure parade ou le meilleur échappatoire.

Émotions : Elle nait de toute perception, à travers nos cinq sens. Celle-ci, transmise au cerveau sous forme d’impulsions électriques va être analysée par comparaison avec notre vécu historique pour définir notre sentiment de la situation, notre attitude par rapport à elle, notre positionnement. De cela vont découler nos comportements en réaction à ces émotions.

L’être humain a la capacité de représenter ses émotions dans un réseau d’images mentales reliées entre-elles par des liens logiques de causalité. Ce sont ces liens logiques qui donnent leur sens à ces représentations et créent ainsi notre positionnement dans la vie. Malheureusement ; l’humain, en a également l’absolue nécessité. Alors que l’animal peut se positionner dans la vie sans faire appel à des représentations (uniquement par ses sensations, ses sentiments) l’humain ne peut se passer de son réseau de représentations. Non pas qu’il ne possède pas comme l’animal un réseau de sensations, mais il ne peut se passer de se situer dans son univers cognitif. S’il ne peut représenter logiquement un événement et ne peut donc se positionner par rapport à lui, l’humain ne peut ressentir cet événement. Ceci déclenche le phénomène de l’angoisse, de la perte de contrôle devant un événement.

Lorsque l’on joue au tennis, on nous apprend, au début à toujours frapper la balle en position bloquée. En effet, dans ce cas, on a à juger uniquement du mouvement de la balle. Si au contraire on frappe la balle en déplacement on doit juger du mouvement de la balle, de son propre mouvement et de la corrélation entre ces deux faits. C’est évidemment beaucoup plus complexe.

Ceci pour illustrer comment il est difficile de se positionner par rapport à un objet mal défini. D’où la sensation d’angoisse devant une situation que l’on arrive pas à définir clairement, à représenter logiquement

C’est pour éviter cette situation angoissante que l’humain se voit dans la nécessité de se représenter clairement les situations

Cette angoisse est un ressenti non défini, une sorte de néant. Ce n’est pas à proprement parlé un sentiment, c’est plutôt un état, un terrain sur lequel vont se développer ses comportements.

Lorsque l’angoisse se cristallise sur un événement particulier, un danger potentiel, se développe le sentiment d’anxiété avec son va et vient de crainte et d’espérances, sa rumination.

L’humain a un besoin absolu de se positionner dans la vie et c’est pourquoi il redoute l’incertitude. Pour beaucoup d’entre nous mieux vaut une fausse vérité (fake news) solide et simple qu’une vérité incertaine, donc complexe, vis à vis de laquelle il est difficile de se positionner de façon stable.

Dans la vie, nos comportements seront toujours dirigés vers la certitude, vers la sécurisation.

La vie éternelle, c’est quoi ?

Toutes les religions ont promise aux humains la vie éternelle, mais jamais une explication précise n’en a été données et les humains, avides de se projeter dans l’éternité n’en n’ont jamais demandé.

Disons tout d’abord que « la vie éternelle » est un véritable oxymore, la notion de vie, fondée sur un début et une fin, est totalement antinomique de la notion d’éternité. Pour nous, tout a un début et une fin, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, d’humains, de minéraux, de planètes.

Cette notion d’éternité, transcendantale à l’humain ne peut se débattre à notre niveau, tout au plus peut-on discuter de la représentation que les humains peuvent s’en faire.

L’éternité n’est qu’un simple avatar de la notion d’infini appliquée à la notion de temps. Qu’est donc pour nous cet infini dont les scientifiques raffolent et font un usage … quasi infini.

Cette notion s’applique à deux grandeurs magiques, l’espace et le temps. Alors que nous pouvons nous représenter la distance et la durée, l’espace et le temps nous sont inaccessibles.

Prenons l’unité qui permet de mesurer distance et durée : la numération.

La suite des nombres (1,2,3,4, …) représente un suite infinie

La suite des nombres paires (2,4,6, 8, …)  représente également une suite infinie.

Dans le domaine du fini la suite des nombres paires contient deux fois moins de nombre que la suite des nombres. Pourtant elles sont toutes les deux infinies et devraient contenir la même quantité de nombres. Ce paradoxe est levé en précisant que l’on ne peut comparer que des nombres clairement définis et que par essence l’infini est … indéfini !

Les scientifiques utilisent cette notion d’infini pour résoudre certaines de leurs équations autrement insolubles, mais c’est une pure fiction dans la mesure ou elle nous est inaccessible, indéfinie, et invérifiable.

La vie éternelle s’inscrit dans cette fiction de l’infini du temps C’est Isaac Newton qui en 1687 a formulé le temps comme « le réceptacle » dans lequel s’inscrivent la matière et l’énergie (c’est à dire la vie). Que la vie soit présente ou non le temps existe et s’écoule, il est transcendant à la vie, donc d’origine divine. Cette définition du temps est la porte ouverte à la notion de vie éternelle.

C’est donc ce que nous proposent les religions, mais disons qu’elles sont relativement floues sur ce qu’elles nous offrent.

Les religions chrétiennes, à l’instar de toutes les autres, nous font miroiter une sorte de béatitude sans fin, assis à la droite du père. Ceci présuppose que « le père » ait une droite et une gauche, donc une morphologie qui rappelle la nature humaine, et que ce soit un enchantement de passer une éternité assis, car comme disait Woody Allen : « l’éternité c’est long, surtout vers la fin … on n’en voit plus le bout ! »

Nous ne savons rien de ce que pourrait être une vie éternelle, quel serait notre rôle, y aurait-il des sentiments, des relations, sous quelle forme serions-nous, jeunes, vieux, ectoplasmique, ou au contraire amorphe, inerte, minéral, dans une situation dont nous ne sentirions même pas les bienfaits, dans une sorte de néant. Nous souhaitons tous une vie éternelle mais aucun d’entre nous n’a la moindre idée de ce qu’elle pourrait être. Nous l’imaginons comme une vie sur terre mais débarrassée des soucis, des tracas, et des aléas qui nous perturbent. Mais il ne s’agit pas de cela. Il est question d’autre chose, un état qu’il nous est impossible de concevoir, car il serait hors des représentations humaines, une sorte de vie sans vie, un bonheur sans sentiment, des mouvements dans un espace indéterminé, des actions sans aucun sens, bref un non être sans fin ni limites, un néant d’existence.

Les religions nous vendent un article sans mode d’emploi, le truc génial qui ne sert strictement à rien, une sorte de produit du téléachat. Comprenons bien que la notion de « vie éternelle » n’a strictement aucun sens dans notre univers terrestre, ne correspond à aucune réalité, ce n’est qu’une croyance c’est à dire une forme de choix que nous faisons pour donner un sens à notre vie. Mais il faut rester conscient que ce sens n’a en soi aucun sens, qu’il est totalement arbitraire. C’est un écran que nous mettons devant nos yeux pour voir la vie à travers des « lunettes roses ». Comme la croyance en un dieu elle nous permet de transcender notre condition humaine, de croire en repousser les limites, de penser nos difficultés passagères, bref d’espérer. C’est une utopie qui peut nous aider à vivre.

Mais qui croit réellement à la vie éternelle. A ma connaissance les seuls vraiment convaincus sont les martyrs et les kamikaze. Eux sont prêt à sacrifier leurs vies terrestres pour accéder à leurs paradis. La majorité ses gens, croyants ou athées, voudraient bien y croire, font comme-ci, mais ne sont pas prêt à quitter la terre pour le paradis. Ils sont accrochés à la vie, effrayés par la mort, et pas partant pour « le grand voyage ».

Il est intéressant de voir que même les plus athées d’entre nous se projettent dans une vie éternelle. Il suffit d’observer leur comportement lors du décès d’un proche qui traduit bien leur déni total de la mort. Les cérémonies funèbres se déroulent comme-ci le défunt y assistait. On lui récite les vers qu’il aimait, on dit tout le bien que l’on pensait de lui, combien on l’aimait, on passe sa musique favorite …  mais malheureusement il n’est plus là pour en profiter. A cette occasion je vous signale que je serais absent pour mes obsèques et que si vous avez des choses gentilles à me dire faites le avant mon décès après ce sera trop tard !

La tradition d’aller fleurir les tombes, de se recueillir en parlant aux défunts, de faire vivre les anciens (comme en Asie) sont des façons de nier la mort et de perpétuer, non pas le souvenir, mais la vie des défunts dans un « au-delà » chimérique.

Il est terriblement angoissant de se savoir condamné à cette « vie éternelle » sans savoir ce qui nous attend, d’être plongé dans cet inconnu… et ce pour l’éternité ! On comprend que nous ayons tous une peur atroce de la mort et de cette vie inconnue qui lui succède.

Personnellement je préfère ne pas croire en cette éternité, penser qu’à ma mort mon esprit, mon essence même disparaitra dans le néant et que mon enveloppe charnelle retournera au règne minéral dont elle est issue. Après tout, avant de naître je n’étais rien, le plus logique est de retourner à cet état originel et redevenir le rien dont je suis issu. Dans mes souvenir ce n’était pas une situation si pénible !

Bien sûr ne croire à rien, c’est à dire au néant, est une croyance au même titre que de croire à l’infini ou l’éternité. C’est celle qui me va le mieux et c’est celle que je choisis.

Le tableau de la violence

Devant tout situation un être humain a besoin de se positionner, de se situer. Évaluer une situation nous permet de nous en faire une représentation intégrée à notre système de pensée. C’est notre façon de vivre un événement, de nous sentir exister par rapport à celui-ci, de le vivre, donc d’avoir la conscience de participer à son histoire, en quelque sorte d’exister. Le positionnement est notre manière d’être à travers la relation que nous entretenons avec les situations vécues, à travers la représentation que nous nous faisons de notre vécu. Nous ne vivons pas les situations mais la représentation que nous nous en faisons !

Nous passons notre vie à juger les situations et les autres. C’est notre nature. Précisons que jugement, qui est une évaluation critique des événements ne veut pas dire condamnation qui est une prise de position morale, sociétale pat rapport à ce jugement en fonction de critères fixés à l’avance.

Ce besoin de positionnement s’accompagne chez nous d’un besoin de sécurité qui nous pousse à chercher un positionnement qui nous donne une situation dominante par rapport à l’événement, une situation de contrôle de celui-ci. C’est l’origine même de la notion de violence

La violence est l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments naturels.  La violence traduit toujours un désir d’action.

Dans notre mauvaise habitude de classifier les choses par leurs effets plutôt que par leurs causes nous assimilons sous le vocable de violence des relations à l’autre bien différentes. Les mêmes causes produisent les mêmes effets mais les  mêmes effets ne proviennent pas forcement des mêmes causes,

La violence physique

  1. La violence ordinaire, celle qui nous touchent tous. Celle qui nous pousse à nous « engueuler » avec quelqu’un qui nous « double dans la queue », un employé de la poste qui n’agit pas comme nous l’aurions souhaité, un conjoint pour des motifs futiles, etc. etc. Derrière cette violence se cache toujours un sentiment individuel de frustration et d’impuissance.
  2. La violence dans la foule, celle qui se produit lors des débordement dans les manifestations. Elle recouvre évidemment un sentiment de frustration de d’impuissance à obtenir ce que l’on réclame, mais également un sentiment d’entrainement. Voir « les autres » avoir des comportements transgressifs, accompagné du sentiment d’impunité que donne l’anonymat permet de laisser éclater la frustration. C’est d’abord la colère, puis le passage à l’acte. La sur enchère des plus actifs fait monter le niveau de violence des moins actifs jusqu’à la limite de tolérance qui existe (heureusement) même pour les plus violent. N’ayant pas de « bouc émissaire » présent cette violence se tourne vers le matériel, voire vers les forces de l’ordre, vues non plus comme des êtres humains mais comme des représentations virtuelles de l’opposition à leurs désirs
  3. La violence froide et calculée du sadisme, c’est un cas bien différent de pathologie sadique. Là encore le reconnaissance par une autorité facilite le passage à l’acte. Il s’agit là moins d’une action que d’une forme de revanche !

La violence morale

  1. Le harcèlement moral. C’est encore une forme de défoulement sous couvert d’anonymat. Il concerne, bien sûr, ceux qui s’exposent sur les réseaux sociaux et ceux qui sont à l’affut de toute occasion pour exprimer leur violence refoulée. C’est un curieux phénomène ou certains insultent des personnes qu’ils ne connaissent pas, parce qu’elles ont écrit des choses dont elles ne savent pas qui les lira ! J’écris de façon anonyme pour des gens que je ne connais pas dont certains vont insulter des personnes qu’ils ne connaissent pas. Un vrai dialogue de sourds et d’aveugles.
    Un point intéressant à noter est que le profil des harceleurs est très voisin de celui des radicalisés. D’un côté des narcissiques paranoïaques qui ne supportent pas une opinion qui puisse les remettre en cause et de l’autre des individus à personnalité faible qui se donnent une allure de puissance en imitant leurs leaders narcissiques.
  2. La domination. Il y a, c’est certains, une forme de violence dans l’abus de position dominante. Qu’il s’agisse d’un supérieur hiérarchique sur un subalterne, d’un homme sur son épouse, d’un détenteur sur un solliciteur, il s’agit toujours d’une forme de chantage de celui qui peut sur celui qui ne peut pas. On veut en faire le « chemin de croix » des femmes, mais c’est une vue restrictive car ce genre de domination touche également les hommes
  3. La violence « à bas bruit » des groupes de pression. C’est une violence sociétale générée par la structure même de la société (souvent qualifié comme « le système », une sorte d’entité presque transcendantale, extérieure à nous, qui nous dominerais). En fait, ce fameux « système » nous en faisons partie, nous y contribuons tous, il est notre culture collective. Il n’en reste pas moins que ce « système » dans lequel nous ne trouvons pas la place que nous souhaiterions avoir est vu comme une violence qui induit chez certains un sentiment de frustration, donc une porte ouverte à exprimer leur propre violence.

Conclusion

On voit comment la violence peut prendre plusieurs visages. Elle peut prendre plusieurs formes et a de nombreuses causes. Néanmoins un élément semble être un invariant dans toutes ces formes, c’est le sentiment de frustration et d’impuissance à s’affirmer.

Prenons le simple exemple d’une altercation entre deux personnes dans la rue. Tout débute par un litige, aussi futile qu’en soit la nature. On commence par s’expliquer, chacun veut faire entendre raison à l’autre, le ton monte, devient pus que vif, on s’insulte, et finalement on en vient au mains. Classique ! Chacun est frustré de ne pas pouvoir avoir raison, la verbalisation échoue à résoudre le problème, chacun (ou au moins l’un des interlocuteur) ressent son impuissance à faire entendre son point de vue par la raison. Il oublie donc ce mode de fonctionnement et retourne à un comportement régressif, primaire et proche de la nature qui est la violence physique.

Ceci explique clairement pourquoi ceux qui manient le moins bien les idées et la langue sont plus enclins à tomber rapidement dans l’affrontement physique. Les plus cultivés, plus intellectuels irons plutôt vers la violence morale.

Lutter contre la violence supposerait lutter contre les frustrations qui nous titillent tous. C’est malheureusement une vision utopique car ce sentiment né de la comparaison entre ce que nous rêvons pour notre vie et ce qu’elle est vraiment n’est pas près de s’éteindre, il fait partie de la « condition humaine ». Cette utopie est de la même nature que celles de l’égalité, de la fraternité, de la liberté, des rêves inatteignables !  L’utopie et joyeuse et roborative mais elle est, inévitablement, suivie de la déception.

Dans nos société modernes, effrayées par toute violence physique, on pense que verbaliser sa frustration, l’exprimer dans une discussion peut permettre de l’exorciser et de la combattre. Je n’en suis pas persuadé. Nos sociétés, pour combattre la violence physique ont inventées la violence morale (qui n’existait pas dans les sociétés primitives) à travers les institutions et leurs lois, à travers les religions et leurs commandements, les morales et leurs règles. Il n’est pas certain qu’un coup de poing ou une gifle fasse plus de mal qu’une contrainte morale, une domination psychique. Qu’est-il préférable, avoir à faire appel à un médecin ou à un psychologue pour réparer les dégâts de la violence ?

L’appel à la violence est inévitablement lié à notre besoin de positionnement. Celui-ci induit des inégalités, donc des frustrations. On ne peut envisager d’éradiquer la violence, elle est inhérente à notre type de relations. Par contre, on peut la canaliser, la sublimer. Bien sûr cela reviendrait à remplacer la frustration initiale par une autre, celle qui nous retient d’être violent. La psychologie relativiste peut nous donner une piste. La frustration vient du fait que nous passons trop rapidement du positionnement vis à vis d’une situation (jugement critique) au verdict ou à la condamnation. La psychologie relativiste nous montre que l’on peut juger sans condamner, c’est à dire se positionner sans hiérarchiser. Je prends un exemple simple : le racisme. On peut juger qu’il y a des différences morphologiques qui permettraient (c’est loin d’être évident) de classifier les êtres humains en catégories taxonomiques que l’on pourrait appeler races. Ce n’est pas du racisme, c’est un simple effort de classification. Le racisme né quand, à partir de cette classification (ce jugement) ont veut établir une hiérarchie entre les races (verdict, condamnation). Classifier ne veut pas forcément dire classer ! Accepter de voir les différences entre chacun sans vouloir en tirer des conséquences hiérarchiques de domination permet d’éviter le sentiment de frustration qui anime celui ou ceux qui ont le sentiment d’être dominés. Oui nous sommes tous différent, non il n’y a pas de meilleurs et de moins bons.

Admettre que dans un litige, dans une confrontation, il y a une vérité et une seule, revient à admettre qu’il y a au-dessus des hommes une entité supérieure qui fixe cette vérité ou cette morale. C’est une vision quasi religieuse qui dépouille les hommes de leur destin. A chacun sa vérité, selon son vécu, ses expériences, sa culture. On ne peut juger d’un litige avec un code pénal pour l’une des parties et un code différent pour l’autre partie.

Rythmes et sons en psychologie relativiste

Il est des choses qui nous paraissent si naturelles, si évidentes, que nous n’en voyons plus la complexité. Avoir envie de danser au son d’une musique en fait partie. Pourtant il peut paraître étrange qu’un émotion auditive puisse déclencher un tel comportement !

Certaines musiques donnent envie de danser (reggae, disco, Jazz …) d’autres non (musique classique, exception faites des valses de Strauss ou du boléro de Ravel, ou encore le Rap).

Quels sont dans une musique les éléments qui nous donnent envie de bouger ?

  1. Avant tout le rythme, le tempo. Il doit être régulier, ni trop rapide ni trop lent, environ deux coups par seconde
  2. Il doit comporter un élément de « syncope » qui induit un « rythme dans le rythme ». Ceci accentue l’envie de bouger
  3. Être accompagné d’une ligne mélodique aussi simple que possible, mais qui synchronisée avec le « tempo » est entrainante.

Ce sont ces éléments qui constituent ce que l’on appelle une « musique dansante ». Ce constat étant fait nous n’avons résolu que la question du comment sans aborder celle du pourquoi ! C’est là le point délicat.

Dans les danses des société primitives (non au sens négatif, mais au sens de primarité, originel) Un simple rythme, un rythme simple accompagnait la danse. Un battement de tambour régulier (boum, boum, boum…) suffisait à accompagner la danses qui consistait généralement à se déplacer d’un pied sur l’autre, généralement en tournant en rond pour rester dans un lieu dédié à cette danse. Il est difficile, pour moi, de dire si c’est le rythme du tambour qui donne l’envie de danser ou si c’est le besoin de danser pour des question rituelles qui doit s’accompagner du battement du tambour. Ce qui est certain c’est que ce déplacement en rythme crée un état, sinon de transe, du moins d’une perte de la conscience cognitive au profit d’un vécu plus émotionnel. C’est un phénomène bien connu des adeptes du Jogging. A bout d’un certain temps, la fatigue aidant, le coureur se « vide la tête » et ne vit plus qu’au rythme de sa foulée et de sa respiration. On ne peut évidemment pas parler de transe ou d’état de méditation, mais on s’en approche.

Ultérieurement les danses dites « folkloriques » ont introduit la syncope (boum, badaboum, boum, badaboum) et une ligne musicale simple, répétitive, et peu variée. Alors on peut dire la musique donne l’envie de danser, même si en même temps le besoin de danser, de faire la fête précède souvent l’appel à la musique.

De nos jours la musique dites « dansante » nous donne envie de danser même dans des circonstances ou le désir de danser était loin de nos préoccupations. La musique « dansante » est de nos jours rythmée, syncopée, mais maintenant variée.

Ce petit et rapide historique ne nous apporte pas encore d’explication sur le rapport entre la perception auditive d’une musique et le comportement dansant qu’il déclenche. Nous restons dans le domaine du comment mais toujours pas du pourquoi !

A ce stade je « sèches » un peu et je me contenterais d’émettre quelques hypothèses et les suggestions des lecteurs me seraient très utiles pour éclairer les nombreux point qui m’échappent. N’hésitez pas à envisager les idées les plus farfelues, le fonctionnement de notre cerveau est toujours si surprenant qu’il échappe souvent à ce que nous pensons être la logique. En recherche, en « brain storming » on doit tout envisager, l’hypothèse la plus folle peut souvent ouvrir la porte vers la plus logique. 

Après tout, ce blog n’est pas là pour apporter des solutions, mais pour ouvrir des réflexions. Ouvrons donc quelques pistes :

  1. Quand nous recevons un message de notre environnement (quand nous vivons une situation) celui-ci comporte généralement des éléments émotifs (le non-dit) et des éléments cognitifs. Comme je l’ai expliqué dans l’article«  Les émotions et la construction de la conscience notre cerveau décrypte ce message, lui donne un sens, et le mémorise tant dans ses composantes affectives que cognitives. Ceci va déclencher, en réaction, des comportements cognitifs logiques (formation d’une pensée) ou des comportements émotifs (suées, tremblement, palpitation, rougeurs, diarrhées …).  Le battement d’un tambour étant, à priori dépourvu de tout sens logique on peut s’attendre à ce qu’il déclenche un comportement exempt de toute logique, de nature purement émotionnel, réactive et incontrôlée comme le mouvement.
  2. Autre hypothèse, plus fantaisiste : La fréquence des rythmes qui nous font danser est proche de la fréquence de nos rythmes cardiaques. S’agit-il d’une coïncidence ou d’un besoin d’harmonie, un plaisir dans le synchronisme, un sorte de recherche d’une situation fusionnelle ? J’en parles, mais je n’y crois pas trop ! Par contre il est certain que nous sommes accoutumés à « bouger » dans une certaine gamme de rythmes. Plus vite nous perdons vite les pédales, plus lentement suppose un relâchement que tous ne possèdent pas.
    La perception du rythme est avant tout une perception du temps ou plutôt devrais-je dire de la durée. Lorsque nous appréhendons un rythme nous évaluons, en fait, la durée entre deux stimulations. Chaque élément de rythme a, comme chaque élément de temps, un début, une fin, et donc une durée. Dans cette perception du rythme nous évaluons cette durée, non pas à l’aide d’un instrument de mesure comme une horloge, mais par rapport à une référence interne, une sorte de base de temps qui nous serai innée ou acquise. Peut-on trouver là un point de liaisons avec les nombreuses théories sur les « rythmes biologiques » (sommeil/éveil liés à l’alternance des jours et des nuits, rythmes alimentaires acquis culturellement, fréquence cardiaque …)
  3. Un point intéressant est le comportement des petits enfants (3 à 5 ans) quand ils entendent de la « musique dansante » il se mettent à mimer des pas de danse. Bien sûr il y a dans ce comportement une part de mimétisme inspiré par leurs parents, mais leur spontanéité donne quand même à réfléchir. Par contre les animaux, qui sont un peu au même stade de développement intellectuel que les petits enfants ne sont pas sujets à ce phénomène.
  4. La répétition prolongée de gestes crée une forme d’anesthésie de la pensée, c’est une forme de déni, une façon de se vider la tête, et de tout oublier, tracas ou joies. C’est par ce type de processus (accompagné peut être de quelques plantes hallucinogènes) que les tribus primitives et les chamanes atteignent un état second qui peut même leur faire oublier la douleur.
    Le rythme répétitif étant « anesthésiant et faisant le vide dans le cerveau celui-ci se trouve, momentanément, débarrassé des pensées (négatives ou autres) donc en situation apaisée. Il est donc prédisposé à des comportement positifs, et notamment à agir pour se sentir exister. La réaction ne pouvant être du domaine du cognitif elle se manifeste par un comportement moteur. Celui-ci sera en phase avec le rythme entendu sous peine de générer un sentiment de désaccord désagréable. C’est le principe de la danse que de bouger en synchronisme avec la musique.
  • Nous avons toujours tendance à nous adapter aux événements extérieurs, le besoin de se mettre en phase avec le rythme entendu, simplement en battant la mesure avec le pied, nous permet de nous situer, de nous positionner par rapport à lui. Ce n’est pas possible dans le cas ou le rythme audio est aléatoire, par contre s’il présente une certaine régularité cela devient possible. Il doit être suffisamment répétitif pour engendrer un besoin de positionnement, et suffisamment varié pour continuer de surprendre et de créer l’émotion.
    En toutes circonstances nous avons tendance à adapter nos comportements à la situation offerte par notre environnement. Pour la plupart d’entre nous il s’agit de se retrouver en harmonie avec ce qui nous entoure, car c’est pour nous une situation sécurisante exclue de tout conflits. Rien d’étonnant que nous puissions adapter notre comportement moteur au rythme qui nous est proposé.

Conclusion

Comme tout message l’écoute d’un rythme audio provoque une émotion, qui comme toute émotion provoque un besoin de se positionner, de ce mettre en phase avec la sensation perçue. La meilleur façon de se situer vis à vis d’un rythme est d’y participer, et ce par un comportement dynamique, moteur. Ce comportement sera non cognitif, car le message est ainsi, donc non contrôlé, reflexe.

Cet embryon de proposition n’est pas vraiment satisfaisante, et si certains d’entre vous ont des suggestion à apporter, des expériences vécues à raconter, elles seront les bienvenues !

Anxiété et matraquage des médias

Il n’échappe à personne quel lorsqu’un événement anxiogène survient nous sommes abreuvés, saturés, d’informations dans les médias (presse, radio, télévision). Cette sur information et d’autant plus étonnante que généralement elle n’apporte aucuns éléments nouveaux mais se contente de rabâcher les faits largement connus, de les décortiquer mille fois pour spéculer sur leurs éléments inconnus. Pourquoi étaler en quelques heures ce dont le contenu nécessiterait quelques minutes ?

Il est de bon ton de critiquer les médias et leur comportement diarrhéique, mais ceux-ci ne font que fournir ce que nous leur demandons. Il s’agit donc d’un phénomène psychosocial qui mérite que l’on s’y intéresse.

Avant tout, et pour éviter toutes confusions donnons quelques définitions :

  1. L’angoisse. Il est difficile de définir l’angoisse car il ne s’agit pas d’un sentiment formalisé mais d’un état, d’un terrain sur lequel vont se construire nos comportements. L’être humain a besoin de se positionner, de créer ses références pour fabriquer son identité. C’est elle qui le défini en tant que ce qu’il est, en tant qu’individu. En l’absence de ces références l’être humain ne se ressent pas, il est flottant, indéfini, sans relations précises avec son environnement. Sur ce terrain mouvant il ne peut rien construire de solide, rien de sécurisant. Sa personnalité sera flottante, il ne se sentira à l’aise nulle part car on ne peut jamais positionner un objet en déplacement aléatoire. Freud situerait l’angoisse dans l’inconscient, je préfère la définir comme un état. Dans les deux cas on ne peut jamais la décrire, on ne peut qu’en décrire les conséquences.
  2. L’anxiété. Il s’agit là d’un sentiment c’est à dire de l’évaluation d’une situation par rapport à ce que nous sommes, de notre positionnement par rapport à notre environnement.
    Le sentiment d’anxiété survient lorsque nous sommes confrontés à une situation dont l’issue pourrait nous être pénalisante sans que nous puissions dire comment, quand, avec qu’elle intensité, avec qu’elle issue elle peut se produire. L’anxiété se fonde sur l’incertitude, et l’on discerne facilement sa relation avec l’état d’angoisse.
    Dans de telle conditions notre premier réflexe est d’envisager une réaction pour éviter le danger qui nous menace, trouver les parades pour y échapper. Malheureusement l’évolution de la situation ne nous est pas connue et il est difficile de trouver la parade à un événement inconnu. Nous essayons d’envisager une issue et d’y trouver la réponse adaptée. Mais, bien sûr, d’autres issues sont possibles pour lesquelles notre première réponse ne sera pas adaptée. Nous devons donc trouver une nouvelle réponse mieux en accord avec la nouvelle situation. Notre esprit tourne « en boucle » envisageant les nombreuses issues probables, positives ou négatives, définissant à chaque fois la réponse adaptée. Aucune ne peut être satisfaisante puisque l’issue nous est, par principe inconnue. Pourtant notre besoin de sécurisation nous pousse « quoi qu’il en coûte », comme dirait notre bien aimé Président, à en trouver une.
    Ceci décrit le phénomène de rumination spéculative, comportement qui décrit le mieux le sentiment d’anxiété. Nous l’avons, un jour ou l’autre, tous connu à des degrés divers selon le potentiel d’angoisse qui nous caractérise.

Ceci posé On comprend mieux la position des médias devant ces événements anxiogènes. Je l’ai déjà dit, les médias nous fournissent (pour les majeurs) ce que nous attendons d’eux. L’Humanité ravi les nostalgiques du communisme, Le Figaro la bourgeoisie de droite, Valeurs actuelles a son public à l’extrême droite Etc. Etc. Chacun vend à chacun ce qu’il a envie d’acheter.

Dans le cas d’un événement anxiogène, le plus récent étant la pandémie de Covid 19, nous avons besoin d’éléments pour alimenter notre mécanisme de rumination spéculative. Or, ce sont des situations qui nous échappent car bien peu d’entre nous (excepté les intarissables hommes politiques) on les connaissances nécessaires pour alimenter nos élucubrations. Nous nous tournons alors vers les médias avec les experts qui disent blanc, les contre experts qui disent noir, les journalistes qui en rajoutent ou tentent de faire la synthèses d’hypothèses autant incertaines que contradictoires, qui spéculent à notre place, qui parlent pendant des heures sur des sujets qu’ils ignorent, que tout le monde ignore, et sur lesquels il n’y a rien à dire. Nous buvons leurs paroles car elles alimentent nos propres ruminations, nous ne pourrions nous en passer faute de nous trouver devant l’angoisse de « la mémoire blanche ».

Le matraquage des informations dans les médias n’est que le nécessaire carburant pour alimenter la rumination qui est la recherche d’une sécurisation.

PS : Notons que le mécanisme de l’anxiété se prosuit quand nous devons faire face à une situation à l’issue incertaine mais présumée négative, mais également si nous devons faire face à une situation à l’issue présumée positive mais incertaine

Covid et psychopathologie chez les adolescents

Les thérapeutes constatent avec un certain effarement la recrudescence de certaines psychopathologies chez les adolescents en conséquence de la pandémie de Covid 19.

C’était, malheureusement, aussi prévisible qu’inévitable.

Commençons par décrire brièvement ce qu’est la période de l’adolescence dans notre société. C’est le moment ou l’enfant quitte ses références familiales, son positionnement d’enfant pour se lancer dans le monde des adultes. Il va découvrir un autre monde, celui des adultes. C’est un total repositionnement dans un univers moins protecteur, plus autonome. La grande difficulté de cette transition est que l’enfant abandonne, on peut dire rejette, ces références enfantines pour se projeter dans un univers dont il n’a pas encore les clés. Il faut un certain temps, beaucoup d’expériences diverses pour forger (le mot n’est pas trop fort) son identité d’adulte. Durant l’adolescence l’enfant est ballotté entre ses références enfantines et les nécessités de l’univers des « grands ». C’est une période ou l’individu est en recherche d’identité, de la voie a suivre, en perpétuel doute. Il découvre un monde inconnu dans lequel il cherche à se situer, un période de « non être » qui se déroule sur un fond d’angoisse. La référence, la prise d’identité, est la thérapeutique des adolescents.

Voyons comment vont réagir ces « êtres en devenir » aux situations générées par la crise du Covid 19

  1. Les références sont chamboulées, l’avenir devient incertain, les valeurs sont perturbées. Entre santé, économie, éducation, les hiérarchies se bousculent sans cesse au hasard des pics épidémiques. Les examen auront lieu ou pas, écrit, oral, contrôle continu, révision ou pas. Pour qui n’est pas solidement ancré dans ses références ce n’est pas facile à vivre.
  2. L’anxiété familiale n’est pas propice à la stabilisation. Les parents craignent pour leur santé, celle de leurs parents, de leurs enfants. Ils craignent de perdre ou ont perdu leur emploi, ils ne savent ce que sera leur futur. Autant d’anxiété qui déteint sur les enfants
  3. La culpabilité est présente. Les enfants ont envie de transgresser les règles de prudence mais redoutent de devenir les vecteurs de contamination pour leurs parents et grands-parents. Les parents ont également la crainte de contaminer leurs enfants. Ce doute permanent ne permet pas de se positionner.
  4. Les adolescent ont besoin de relations avec leurs amis. Ce sont ces relations qui vont leur apporter les informations (le carburant) nécessaire à la formation de leur identité. Ils se construisent ensemble par l’échange avec leur environnement. L’environnement familial a joué son rôle et ne peut plus leur apporter grand-chose de nouveau. Il leur faut du sang neuf, des expériences nouvelles. On ne s’enrichit pas avec ce que l’on possède déjà.

Voyons quelles psychopathologies peuvent menacer nos adolescents. Les principales liées à la perte ou la faiblesse du positionnement sont la dépression et les addictions et la recrudescence des TOC

  1. La dépression. Elle va concerner les enfants qui s’étaient fixés des valeurs, leur valorisation à travers des références qui s’effondrent devant eux. C’est un choc émotionnel, un véritable deuil. Ils peuvent perdre confiance en leur parents qui n’ont pas su les protéger, perdre confiance en eux avec un sentiment d’échec. La dépression peut être profonde et aller jusqu’aux idées suicidaires.
  2. Les addictions. En cette période de perte d’identité (qui signifie la perte de soi) l’adolescent va chercher quelque part l’énergie qui lui manque pour se sentir exister. Il va rechercher le « shoot » qui va lui donner un instant le sentiment « d’être ». L’alcool, la drogue, la nourriture jusqu’à exagération, vont être vecteurs de sensation fortes qui peuvent momentanément masquer le vide qui l’habite.
    Ce « shoot » peut être un « shoot » d’adrénaline que l’on trouve dans l’addiction au jeu, dans la prise de contrôle sur soi que procure l’anorexie, dans la recherche du risque exagéré.
  3. Les TOC. Ces troubles de l’anxiété ne peuvent qu’être favorisés par le climat anxiogène dans lequel évoluent nos ados.

Bien sûr ces pathologie ne touchent pas tous les adolescents et nombreux d’entre eux réagissent avec modération et supportent ces situations sans grands dommages. Comme disait Jean de Lafontaine dans « les animaux malades de la peste » :

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés

Conscience : La recherche dans la mémoire

Ce que je propose n’est pas la description d’une réalité qui m’échappe et nous échappe totalement, mais la présentation d’un modèle qui peut nous permettre d’en comprendre la logique.

J’ai proposé dans mon dernier article un modèle de construction de la conscience et l’intégration des émotions formalisées dans la mémoire.

Mais nous ne sommes pas « Harpagon » qui accumule son or pour ne jamais s’en servir. Mémoriser ne sert à rien si l’on est pas capable, en cas de nécessité, de fouiller dans cette mémoire pour en extraire les informations qui y sont stockées.

C’est une question que je me suis posée en faisant un mot croisé. On nous propose une définition, un nombre de lettres, et voici, comme par magie, que surgit de notre mémoire le mot juste, adapté à cette définition et au nombre exacte de lettres. C’est un processus si naturel, si banal, que de trouver dans notre mémoire la réponse à une question que nous n’y faisons plus attention. Pourtant la question se pose, quel est le truc qui permet ce tour de magie.

Il s’agit d’un processus tout à fait analogue de celui de la construction de la conscience décrit dans l’article précédent. En fait, le secret (que vous pouvez révéler à tout le monde !) est que la construction même de la mémoire implique la création des éléments qui permettrons de la fouiller. L’humain est quand même une sacré invention et si c’est un dieu qui l’a créé, : « Chapeau l’artiste ».

Reprenons le mécanisme pas à pas.

La perception

Un message visuel écrit, ou un message audio parlé arrive sur nos récepteurs (rétine ou tympan) et est transmis au cerveau sous forme de signaux électriques totalement dépourvu de sens. Il forme une image mentale dans notre cerveau (on devrait plutôt dire une représentation mentale) qui met en activité celui-ci.

En comparaison avec les acquis, les apprentissages precédents, il va décoder cette image pour lui donner un sens. Ceci nécessite, bien sûr, l’acquisition du langage, de la langue, de sa syntaxe et grammaire. Le message prend pour nous un sens.

Point important notre cerveau va analyser la syntaxe de ce message sous forme d’affirmation ou de questionnement. S’il s’agit d’une information le cerveau va suivre le processus décrit dans l’article précédent et l’information va s’inscrire dans notre conscience, le réseau de notre mémoire.

La recherche

S’il s’agit d’une interrogation le processus va être un peu différent.

  1. Notre cerveau va chercher à sélectionner dans notre mémoire les éléments de premier niveau analogues à celui proposé par le message,
  2. puis chaque élément de premier niveau ira chercher dans la mémoire les éléments qui lui paraissent analogue. Ainsi de suite jusqu’à aboutir (ou non !) à ce qui est la réponse à la question.
  3. Dans ce cas il n’y a pas d’intégration dans la conscience car la question ne mérite, en général, pas d’être mémorisée. La réponse, elle, est déjà intégrée à la mémoire.
  4. La réponse peut se traduire par un comportement, si la question nous surprend, nous bouscule, mais plus généralement par une expression écrite ou verbale.
  5. C’est bien la construction initiale de la mémorisation dans notre conscience, sa structuration initiale, qui permet la recherche des éléments mémorisés. Notre cerveau est ainsi fait que les informations sont acquises de façon à ce qu’elles puissent être retrouvées et exploitées.
    C’est là toute la magie !

P.S. J’ai pour plus de clarté utilisé apparemment sans distinction les mots de conscience et de mémoire. En fait la mémoire et l’élément statique de stockage des informations et de leur structuration, (une sorte de disque dur !) la conscience est le « système d’exploitation » qui permet de gérer, d’acquérir ou de retrouver les informations, qui permet de les faire vivre et pour nous de se sentir exister.

Les émotions et la construction de la conscience

Ce que je vais écrire n’est pas une description du fonctionnement de la conscience, mais un modèle, une représentation, permettant d’explicité certaines de nos réaction

Les psychologues font de savantes classifications des émotions : colère, défi, joie, tristesse …. C’est un système dont je ne partage pas la crédibilité. En fait ce qu’ils appellent émotions ne sont que des comportements successifs à un processus émotionnel. Ils oublient d’ailleurs complétement d’autres comportement comme les sueur, les rougeur, les tachycardie, les diarrhées et vomissements. Comme on ne critique pas sans donner des arguments je vais m’en expliquer.

Pour commencer prenons un exemple – volontairement « trash » et caricatural – mais pour mieux voir il est bon de grossir le trait.

Supposons que je sois avec un gros Nazi en train de regarder un four crématoire dans lequel on brule les cadavres de Juifs ayant été au préalable gazé. J’ai prévenu que ce n’était pas léger !

Nous voyons exactement la même scène et pourtant nos comportement vont être totalement différent.  Lui va manifester son contentement, sa joie, moi mon horreur et désolation. Même événement, réaction différentes. Dit comme cela ça paraît une simple évidence … pas un scoop !

Pourtant cet exemple illustre parfaitement tout le principe de la gestion de la conscience et mérité que l’on s’y attarde. Ce mécanisme comporte un certain nombre de phases qui se doivent d’être explicitées.

Le message, l’information.

Lorsque nous vivons un événement nous en percevons des messages visuels, audio, olfactifs, gustatifs, ou tactiles. Limitons-nous aux messages visuels (le raisonnement étant identique pour les autres perceptions) et à la vision d’un objet.

Lorsque nous croyons voir un objet, nous ne voyons en fait que la lumière refléchie par cet objet. L’objet lui même n’est pas visible et si on cesse de l’illuminer il disparaît dans le noir.

La perception

C’est donc un faisceau lumineux (paquet de photons ou onde électromagnétique selon la représentation choisie) qui frappe notre rétine. Le Nazi et moi sommes alors parfaitement en phase et nous avons une perception identique. Nos rétines, pratiquement identiques (les Nazi ne sont pas des monstres biologiques) transforment ce faisceau lumineux en signaux électriques envoyés à notre cerveau. Le Nazi et moi sommes encore en phase.

L’identification

Les signaux électriques transmis au cerveau forment à son niveau ce que l’on appelle une image mentale (qui peut également contenir des messages audio, olfactifs …). A ce stade le message reçu n’a aucun sens et le Nazi et moi en avons la même perception.

La différence va commencer à se faire sentir lors du processus d’identification. Notre cerveau excité par ce message va commencer son processus d’identification. Pour cela il va sélectionner dans sa mémoire tous les signaux plus ou moins analogues déjà inscrit, fruits de ses expériences précédentes. Là je commence à me distancier (enfin !)  de mon petit Nazi qui n’ayant pas le même vécu que moi va forcément récupérer une sélection différente.

La comparaison

Notre cerveau va maintenant comparer l’image mentale nouvellement créée à la sélection d’images faites par analogie et créer des liens logiques de dépendance entre elles. La nouvelle image est plus grosse, plus rouge, correspond ou non à des critères déjà ancrés dans ma mémoire etc.  etc. Il va comparer ce nouveau message à mon vécu historique et c’est cette comparaison qui va donner un sens cognitif ou émotionnel à ce que j’ai vu. A ce stade ma vision du four crématoire prend un sens, une réalité. Compte tenu de nos vécu différents, de nos cultures différentes le sens donné à cette vision par mon Nazi et moi va être complétement différente.

Le positionnement

Selon le sens donné à l’événement nous allons, lui et moi, développer un sentiment différent vis à vis de cette vision identique du four crématoire. Lui comparant la situation à ses convictions antisémites va avoir un sentiment, un positionnement hautement positif de la chose. Puisque les Juifs sont une race malfaisante, nuisible, c’est le devoir de tout bon Nazi de les exterminer pour protéger l’humanité de leur influence malfaisante. Pour moi, je vois de pauvres innocents, ni plus, ni moins mauvais que l’ensemble des humains, massacrés en masse pour servir une idéologie stupide, sans fondements, délétère. Mon sentiment, mon positionnement vis à vis de l’événement sera hautement négatif.

Le comportement

C’est un processus à deux volets

  1. Le comportement visible. Le Nazi va exprimer sa joie, son allégresse, avec peut-être même une pointe de regret que le four ne soit pas un peu plus vaste pour accélérer ce processus qui lui paraît si nécessaire
    Moi je vais sans doute être tétanisé par l’horreur, trembler, vomir, avec en moi une idée de meurtre vis à vis de cet individu si méprisable.
  2. La création de liens logiques de causalité, de dépendance va permettre d’intégrer cette nouvelle expérience maintenant chargée de sens au grand réseau logique de ma conscience. Cette nouvelle expérience à enrichi ma conscience (dans le cas du Nazi je préfèrerai dire appauvri, mais il s’agit bien d’un enrichissement), renforce sa structure, que ce soit sur le plan cognitif ou émotionnel. Cette enrichissement de la conscience par apports successifs et intégration, ce développement du réseau de conscience est appelé processus de maturation de l’individu.
    L’intégration de tout corps étranger à un système nécessite un double process. Tout d’abord le corps étranger doit faire un effort pour s’adapter au milieu qui va l’accueillir, d’autre par ce milieu doit lui même faire un effort d’adaptation pour laisser place au nouveau venu. Il n’y a jamais d’intégration à sens unique.
    Certains individus, à conscience dites rigide, ont du mal à s’adapter aux circonstances nouvelles. Les liens de causalité de leur conscience sont sans souplesse, rigides : « les choses sont ainsi et pas autrement, je ne me remets pas en cause car par principe ma position est la seule valable ! ». Ces individus au positionnement sur déterminé, psychorigides, voire narcissiques ou paranoïaques sont incapable d’intégrer dans leur réseau de conscience les concepts nouveaux. Leur structure mentale est trop rigide pour se plier à toute remise en cause. C’est la fable du chêne et du roseau. Le roseau se plie, s’adapte, alors que le chêne résiste farouchement …  jusqu’à son point de rupture ou alors il explose.
    D’autres, au contraire, développent des liens logiques de causalité plutôt flous et mal déterminés. Ils ont un positionnement flottant et incertain. Ils pourront facilement s’adapter à tout changement car ils n’ont pas comme nos précédent de structure rigide à défendre. Ils seront de nature hystérique, généralement angoissés, trop perméables aux idées des autres et manqueront de personnalité

Conclusion

c’est la relation aux autres, à notre environnement, qui construit notre conscience, c’est à dire notre identité. On voit comment le processus émotionnel est à la base même de notre existence, ou du moins de notre sentiment d’exister. Sans émotions, pas d’humains, pas d’animaux, même pas de plante. Le vivant à besoin de relation pour exister, même les plantes ont des récepteurs sensoriels qui les font vivre.

Comprendre le mécanisme des émotions c’est approcher de la compréhension de la conscience … c’est déjà pas mal !

Perceptions, émotions, sentiments

J’ai déjà eu l’occasion d’expliciter le processus de l’acquisition des informations venues de notre environnement.

Perception : Par nos sens (vue, ouïe, goût, odorat, toucher) nous percevons les « messages » que nous adresse notre environnement. Nos récepteurs les reçoivent et les transforment en signaux électriques transmis à notre cerveau. C’est la perception des choses.

Émotion : Notre cerveau est activé, sous forme d’une émotion, et cherche à décrypter ces messages pour leur donner un sens. C’est l’émotion provoquée par les choses, une simple sensation informelle.

Sentiment :  le message est comparé à notre acquis, notre culture, l’expression de notre vécu afin, par des relations logiques, de lui donner un sens. Ce sentiment premier donné à l’émotion est le sentiment des choses.  C’est une sensation critique.

N.B. Dans le langage courant on appelle émotion le processus qui englobe la perception, l’émotion, le sentiment, auxquels on ajoute le comportement provoqué. On cite alors comme émotion : la peur, la colère, la joie, le défi … qui sont en fait les comportements provoqués par notre perception de notre environnement.

Pour donner un exemple de ce phénomène je vais faire appel à deux expériences personnelles.

  1. Le Parmentier de canard : J »ai eu l’occasion de manger un plat préparé de Parmentier de canard. J’ai été très gêné car il y avait à l’intérieur des morceaux caoutchouteux et gluant que j’attribuait à des bas morceaux du canard mis la pour des questions de coût. Je renonçais à le manger. J’ai eu l’occasion dans racheter une barquette, et j’ai pu lire sur la boîte : « Parmentier de canard aux champignons. ». Je l’ai gouté à nouveaux et ce qui m’avais paru des morceaux élastiques et gluants a pris une tout autre tournure. Ils avaient maintenant la consistance d’un champignon (avec il faut le dire pas beaucoup de goût) et devenaient de ce fait très acceptables. La même perception analysée avec des informations différente m’a donc conduite à deux sentiments différents et à deux comportements distincts.
  2. La dent cassée : Je me suis cassé une incisive laissant dans ma dentition un interstice, genre dents du bonheur. Après avoir mangé j’ai constaté, en passant ma langue, qu’un morceau un peu filamenteux était coincé dans mes dents de devant. C’est une sensation gênante. J’ai essayé de l’enlever avec ma langue, puis avec mes doigts, puis avec un brossage énergique. Rien n’y fait. C’est extrêmement désagréable. Après de multiples essais je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un résidu coincé entre mes dents mais tout simplement de la face interne de ma lèvre qui « pointait » dans l’interstice de ma dentition. Tout essai pour le retirer me faisait ouvrir la bouche éloignait ma lèvre de mes dents et il n’y avait plus rien à ôter ! Là encore la même perception analysée dans une autre perspective me donnait un sentiment différent. La gêne a cessé, mon comportement modifié,

Ces deux exemples montrent bien qu’une perception n’a aucun sens en soi et que c’est la confrontation de cette perception à nos acquis qui lui en donne un. Ce sens va alors déterminer nos comportements. Ces expériences confirment le mécanisme proposé pour la notion de perception.

La théorie et la pratique

C’est un débat récurent que d’opposer la théorie à la pratique, les chercheurs  aux praticiens. Souvent les praticiens pensent qu’ils n’ont nul besoin de théorie et que leur expérience du terrain suffit à justifier leurs actions. Les théoriciens au contraire pensent souvent que toute pratique non appuyée sur un support théorique sérieux et totalement individuelle, sans vérification globale, et sans synergie entre les praticiens.

Chaque science a son histoire mais toutes ont suivi le même développement

  1. Tout commence par l’observation d’un phénomène qui interpelle un chercheur. Il peaufine son observation, recueille le maximum de données expérimentales sur le sujet, croise ces données, les compare à des données similaire sur des sujet voisin, et essaye de mieux cerner le phénomène à partir de ces données expérimentales
  2. Après avoir recueilli toutes ces données on peut tenter d’émettre une hypothèse pour les expliquer, c’est à dire donner une vision à priori du phénomène. 
  3. La formulation d’une hypothèse est l’ébauche de la production d’une théorie. Si elle est vérifiée par l’expérience cette hypothèse est validée (provisoirement)
  4. De cette hypothèse découlent des conséquences logiques qui devraient être vérifiées, elles aussi, par l’expérience. Si c’est le cas, l’hypothèse et ses conséquences de premier niveau sont validées. On peut envisager des conséquences de deuxième niveau qui combine l’hypothèse et les conséquences de premier niveau et qui devraient être validées par l’expérience
  5. De proche en proche on développe un réseau logique de causes/effets qui constitue le corps de la théorie
  6. Tant que les conséquences continuent d’être vérifiées par l’expérience l’hypothèse et la théorie restent valables.  Si d’aventure certaines conséquences logiques ne peuvent être vérifiées par l’expérience, on doit revoir l’hypothèse initiale ou en proposer de nouvelles qui rendrons compte de toutes les observations faites.
  7. A partir de ce modèle on va pouvoir établir une pratique, thérapeutique, de production, économique, sociologique …

Toutes les sciences ont suivi ce même cheminement. La chimie, la physique, la médecine ont d’abord été des sciences d’observation, individuelles, empiriques, avant de se théoriser pour devenir ce qu’elles sont aujourd’hui.

La médecine a commencé avec Hippocrate, et la théorie des humeurs jusqu’au moyen âge, puis la modélisation du corps humain grâce à la chirurgie, puis la théorie bactérienne par Koch et Pasteur, enfin toutes les découvertes de la biochimie.

La chimie a commencée avec l’alchimie, puis la chimie expérimentale, les premières théories moléculaires, les lois de Lavoisier, pour terminer par la chimie du nucléaire et la théorie quantique.

En physique la théorie de la matière, issue des observations des astronomes grecs a débuté avec Démocrite (Théorie Atomiste), Aristote (les quatre éléments), John Dalton (l’atome) sur des bases expérimentales. Elle a ensuite été théorisée par Niels Bohr, Schrödinger, Einstein …

Dans toutes ces disciplines le passage de l’observation à la théorisation correspond au passage de l ‘émotion au cognitif, du ressenti à l’explicité. C’est une évolution générale dans la nature.

Dans tous les cas chaque évolution successive d’une théorie, aussi embryonnaire soit-elle, a permis de développer une pratique adaptée. Il ne peut y avoir de pratique sans une vision sous-jacente du phénomène.

Il ne peut y avoir de bonne pratique sans un support théorique minimal, mais une théorie qui ne déboucherai pas sur une pratique ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau. N’opposons pas les deux.

Œcuménisme, encore une belle utopie

Nous avons , de par la monde, un certain nombre de grandes religions plus ou moins en compétitions les unes avec les autres. Le mouvement Œcuméniste a traversé les religions chrétiennes (Églises catholique, orthodoxes, protestantes et anglicanes) en prônant des actions communes aux divers mouvement du christianisme. Rien n’empêcherait d’étendre ce mouvement à l’islam et au Judaïsme dont les origines dans l’ancien testament sont communes au christianisme. La jonction avec les religions asiatiques (Indouisme, Bouddhisme ) est moins évidentes bien que fondamentalement leur appel aux dieux, leurs morales basées sur la compassion, l’égalité entre les hommes,  la notion de  bien et de mal, et la récompense dans une vie éternelle, soient assez proche.

Que peut-il ressortit d’une vision Œcuméniste ? Peu ou beaucoup. Sur le plan du rapprochement des religions pas grand choses à espérer. Chacun a ses certitudes (Jésus est le fils de Dieu ou c’est un simple prophète, il est ressuscité ou non, Jésus est bien Juif mais il n’est pas Dieu, …) autant de sujets dont il impossible de débattre (car, bien sûr, personne n’en sait rien) et sur lesquels il est impossible de faire la moindre concession (Faute de réduire à néant toute ses croyances). Chacune de ces religions, de ces croyances, est fondée sur des certitudes auxquelles il est impossible de déroger  sans remettre en cause la vérité transcendantale de chacun.

Resterai la tolérance, mais elle ne pourrait être que condescendante : « j’ai raison, les autres ont tort … mais finalement il ne sont pas si éloigné de la vérité, alors acceptons les avec leurs erreurs ! ». C’est une position, finalement pas si différente de la « laïcité à la Française » … une acceptation de l’erreur des autres.

Y-a-t-il vraiment besoin d’Œcuménisme ? honnêtement pour moi la réponse est non ! Toutes les religions sont fondées sur la croyance en une entité transcendantale appelé dieu. C’est un invariant (même dans le bouddhisme, l’homme aux super pouvoir, le Bouddha, a acquis par se sagesse une nature divine que personne ne lui conteste). Chaque religion a donné de cette transcendance une représentation humaine soit dans la forme soit dans la représentation de sa pensée. Dans toutes les religions le dieu a une forme (encore que dans l’Islam la représentation formelle de Allah n’est pas envisagée, mais la représentation du prophète, Mahomet ou Ali en tient lieu) et une pensée morale. Forme et fond sont assises sur des concepts humains. Par essence une transcendance ne peut se concevoir dans une représentation humaine, faute de quoi elle ne serait plus transcendantale mais du domaine de l’humain. Penser qu’un dieu puisse donner à l’humain des codes et des principes moraux, de nature purement humaine, revient inévitablement à lui contester sa nature divine. Toutes les religions donnent une forme différente à leur(s) dieu(x), mais sur le fond et hors tentative de représentation il n’existerait qu’un dieu unique. L’œcuménisme ne serait qu’un tripotage, des petits arrangements temporels entre églises, une sorte de « motus vivendi » permettant à chacun de vivre une croyance commune à sa façon. L’œcuménisme n’est pas un problème de dieu mais un problème de chapelles.

Il n’y aurait donc qu’une seule religion et le monde se diviserai entre croyants en ce dieu et non croyants.

Pour les athées et les agnostiques ne pas croire en dieu devait être chose facile, une simple position, un simple déni. On peut toujours modéliser notre univers dans des concepts scientifiques, mais tout modèle a ses limites, il n’explique pas tout. La vie, l’univers, le temps, l’espace, la conscience ne nous propose que des modèles imparfaits et s’ouvrent sur un espace métaphysique qui nous dépasse. Le big bang c’est bien, mais avant ? l’expansion de l’univers c’est bien, mais jusqu’où ? la vie, la pensée c’est quoi ? le passé, le futur, jusqu’où ? Des milliers de question se posent qui ne peuvent se résoudre par une équation purement humaine. Les scientifiques ont inventé la notion de zéro, rien, néant, indescriptible en conception humaine, l’infini, idem impossible à concevoir … tout comme dieu ! Les athées, eux aussi, ont une pensée religieuse car ils ne peuvent se représenter sans appel à une transcendance quelconque.

Alors que faire ? il n’y a pas de religions, mais une condition, une religiosité humaine. La force et la faiblesse de l’humain par rapport à l’animal c’est la conscience cognitive. Elle le pousse à la création, à l’adaptabilité, mais elle l’oblige à représenter ses émotions à partir des concepts appris et développés par ses semblables. Ce n’est pas possible. Nous tournons en rond dans le bocal de nos connaissances et nous voudrions bien en sortir pour accéder enfin à la vérité qui ne se trouve pas dans l’espace du bocal. Les animaux sont restés au stade de l’émotion sans entrer dans l’univers de la connaissance., ils n’ont pas de problèmes moraux ou métaphysiques.  Les humains, eux, sont entré dans le bocal et il paraît difficile d’en sortir !

Comparaison entre les grandes religions

 Il reste dans notre monde 5 grandes religions qui sont, par ordre d’apparition : L’Hindouisme, le Bouddhisme, le Judaïsme, le Christianisme, et l’Islam. Des milliers d’autres religions ont existé mais, soit elles ont disparue avec les civilisations qui les ont supportés, soit elles sont des branches dérivées des grandes religions, soit elles demeurent des croyances minoritaires subsistant dans certaines contrées.

Je parlerais peu de l’Hindouisme car ma vision de cette religion est trop floue pour m’autoriser à m’exprimer.

  1. Le Judaïsme. C’est la religion d’origine, support des autres religions du monde occidental. Elle est fondée sur la croyance en une entité transcendantale (Dieu ou Yahvé), créateur de l’univers et dont l’histoire est relatée dans l’ancien testament (la bible). Bien sur les représentations métaphoriques données dans la bible (Adam et Ève, la pomme et le serpent, la vision d’un dieu « anthropo-centré » sur la terre, etc. etc.) n’ont pas résisté à l’évolution moderne de la pensée, mais dans toute métaphore on doit s’intéresser plus au concept qu’à la forme.
  2. Le Christianisme. C’est un schisme du Judaïsme né avec Jésus Christ. En marketing, toute nouvelle version d’un produit doit se démarquer de l’ancienne par un élément significatif (le nouvel OMO aux enzymes lave plus blanc). Dans le Christianisme c’est l’apparition de Jésus comme fils de dieu envoyé sur terre qui joue ce rôle. Bien sûr pour les Hébreux Jésus est plutôt une sorte d’agitateur politique dont il fallait de toute urgence se débarrasser. Le Christianisme conserve donc toutes les racines du Judaïsme (Le dieu, l’ancien testament) mais apporte son originalité dans le prêche des évangiles par Jésus.
  3. Vers l’an 600 de notre ère un nouveau schisme se produit avec l’apparition de l’Islam. L’élément fondateur est l’apparition d’un nouveau prophète en la personne de Mahomet. On conserve le dieu, l’ancien testament, on rétrograde Jésus du rang de fils de dieu à celui de prophète (ce qui remet en cause les évangiles) et on s’appuie sur le prêche de ce nouveau prophète : le Coran. A la mort du Prophète un schisme se produit dans l’Islam, les Sunnites conservant Mahomet comme Prophète, alors que les Chiites reconnaissent Ali (cousin de Mahomet) comme prophète. Mais les fondements de l’Islam ne sont pas remis en cause.
  4. Au quatorzième siècle apparaît le protestantisme qui se distingue alors du Catholicisme. Il s’agit plutôt d’une révolution politique contre l’influence jugée délétère de la hiérarchie Catholique et l’influence politique qu’elle occupe vis à vis de la royauté. Il n’y a pas de remise en cause fondamentale des dogmes de la religion, mais l’ancien testament (le retour aux sources) prend plus d’importance vis à vis des évangiles (base du Catholicisme)

Le Judaïsme est donc la religion originelle, mère de toutes les autres, et, contrairement à ce que l’on pense généralement, l’Islam, la plus récente et aussi la plus moderne.

Elle a la sagesse de refuser toute représentation de dieu. C’est plein de bon sens, dieu étant une entité de nature transcendantale aucune représentation à partir des concepts humains n’aurait de sens.
C’est une organisation largement décentralisée ou chacun, en principe, est responsable de sa foi, de ses actes, directement devant dieu et non devant une hiérarchie humaine.
Les rites et cérémoniaux, les costumes ridicules, le culte des morts sont réduit au minimum.

Tout ceci pour conclure qu’il s’agit d’une seule et unique religion puisqu’il s’agit d’un seul et unique dieu. Juif, (Ashkénazes ou Sépharades, Orthodoxe, Conservative, Massorti, …), Chrétiens (Catholiques, Protestants, Orthodoxes, Coptes, …) Musulmans (Sunnites, Chiites, Kharidjites, …) adhérent tous à la même vision d’un dieu transcendant. Leurs divisions tiennent plus à des rites, liturgies, autorités hiérarchiques, à des textes sacrés apocryphes, bref à des constructions humaines, qu’à une différence dans les croyances.

Un seul dieu, et des centaines de religions, branches, sectes, confréries, églises. de dogmes, d’approches théologiques. Si ce dieu avait voulu semer la zizanie il aurait difficilement pu faire mieux.

Ce qui est important à retenir c’est que toutes ces variantes prêchent la même morale : l’égalité entre les hommes, la solidarité, le rejet des richesses. Bien évidemment elles prêchent dans le désert !

Le Bouddhisme

Encore une évolution bizarre des religions. Un seul fondateur, un seul enseignement, divers textes fondateurs dont le plus ancien, apocryphe, date de 500 ans après la mort de Bouddha, pour fonder une multitude de branches dont les principales sont :

L’Hinayâna ou Theravada (Birmanie, Cambodge, Thaïlande, Laos)

Le Mahayana dont le Zen (Indes du nord, Japon, Corée)

Le Vajrayâna (Indes du nord, Tibet, Népal, Mongolie)

Ici encore d’un concept originel les humains ont créée, « à leur sauce » des multitudes de branches et sous branches, chacune s’arrogeant le droit à la vérité.

Signalons que si Bouddha n’est pas à l’origine une entité transcendantale mais plutôt un simple sage, philosophe avant l’heure. Les bouddhistes par une « pirouette intellectuelle » en ont fait une divinité. IL aurait acquis cette nature divine par sa grande sagesse et sa vie exemplaire. C’est une différence fondamentale avec les religions étudiées précédemment, dieu n’est pas à l’origine des choses et les humains peuvent devenir des dieux.

Encore une fois, pour accéder à cette divinisation les humains doivent respecter l’égalité entre tous, la solidarité, et la pauvreté !

L’Hindouisme

Il est basé sur une trilogie

Brahma, le créateur,
Vishnou, le conservateur (la vie)
Shiva le destructeur (la mort)

Si Brahma est le créateur, le détenteur de la conscience universelle, il est beaucoup moins vénéré que Vishnou et Shiva. Rien que de très normal, la création a été faites et ne concerne plus les humains alors que la vie et la mort les concernent au plus haut point !

Ici encore, à partir de la croyance en cette trilogie se sont développés de nombreux courants, tous basés sur les textes védiques, dont les trois principaux sont :

Le Vishnouisme qui vénère Vishnou

Le Shivaïsme qui vénère Shiva

Le Shaktisme plus orienté vers la déesse Kali

Dans l’hindouisme le « paradis éternel » s’obtient par une vie de pureté caractérisé par une acceptation des règles sociales (ce qui n’est pas sans rapport avec le confucianisme Chinois). D’où pour chacun l’acceptation de sa position sociale et la justification du système des castes

Conclusion

Toutes les religions que nous avons envisagées sont fondés sur les mêmes invariants.

  1. Le besoin, légitime, de remettre son destin à une entité transcendantales.
  2. Le fondement sur des textes sacrés d’origine et d’authenticité plus que discutables.
  3. La promesse d’une vie éternelle, heureuse si on a respecté les dogmes imposés, misérable dans le cas contraire.
  4. Une morale parfaitement en ligne avec les nécessités du « vivre ensemble » dans toutes les sociétés
    Désir d’égalité
    Besoin de solidarité
    Respect des règles sociales
  5. J’ajouterais un dernier point moins brillant c’est le principe de domination des religieux et des puissants sur les fidèles
    Le culte de la pauvreté qui s’applique aux fidèles mais pas aux églises. Il suffit de voir la magnificence des cathédrales, des mosquées, des temples Bouddhiste ou Hindouistes pour s’en convaincre. Culte qui bénéficie évidemment aux plus riches.
     Le respect inconditionnel des hiérarchies et des règles établies favorisant le conservatisme et l’immobilisme assurant aux dominants la stabilité de leur pouvoir

On voit donc que toutes ces religions apparemment si différentes n’en font qu’une seule. La croyance à diverses entités transcendantales est un leurre. Par principe une entité transcendantales ne peut se représenter dans la pensée humaine et voir des différences entre choses que l’on ne voit pas paraît pour le moins fantaisiste. Les principes et doctrines sont les mêmes et pas très différentes de bien des morales laïques. Quand au principe de la captation du pouvoir par le conservatisme, il existe dans toutes les sociétés humaines depuis la nuit des temps.

Désolé de le dire brutalement, mais le concept de dieu s’avère parfaitement inutile !

PS : Signalons que de nombreux immortels, comme les dieux grecs et Romains, les dieux Égyptiens, Gaulois, sont morts et enterrés depuis longtemps. Plus récemment les immortels des indiens d’Amériques, des incas, des Aztèques sont morts assassinés par nos nouveaux dieux. Mais Yahvé, Jésus, Allah, Bouddha, Brahma, mourrons à leur tour quand les humains qui les font

Condition humaine : L’angoisse originelle

Comme toute construction, la pensée humaine se bâti sur un socle universel que l’on pourrait appeler « la condition humaine ». Ce socle est plus ou moins étoffé selon les divers règnes : Végétal, Animal, Humain.

  1. Il existe dans ces trois règnes des fonctions absolument nécessaires à la vie comme la reproduction, l’alimentation par des constituants extérieurs, la production et la reproduction cellulaire. Sans elles l’espèce ne pourrait exister. Elles constituent d’absolues nécessités inhérentes à l’espèce et comme telles font partie de l’inné. C’est ce que l’on peut définir comme « la conscience organique ».
  2. Dans le règne animal et humain ces fonctions sont un peu plus élaborées et l’on distingue la reproduction, la fonction digestive, la fonction respiratoire, la circulation sanguine, et malheureusement la dégénérescence. Sans elles pas d’espèce viable. Dans ces deux règnes les individus sont en outre doté des cinq sens (Vue, Ouïe, Odorat,  Goût, Toucher). Non pas que les plantes puissent en être totalement dépourvues (La sensitive, par exemple, réagit au toucher) mais leur importance est, à ce jour, apparemment minoritaire. Les animaux et l’humain ont, à travers ces sens, la capacité d’échanger avec leur environnement et d’en recevoir des messages. A travers les récepteurs sensoriels ils perçoivent des informations qui transmises au cerveau sous formes de signaux électriques engendre des réactions que l’on peut appeler comportements. C’est ce que l’on défini comme le principe de l’émotion. Humains et animaux ont la capacité de mémoriser ces émotions pour former ce que l’on peut appeler « la conscience émotionnelle ».  
  3. Chez les humains apparaît une capacité supplémentaire qui est de représenter ces émotions sous formes codifiées et de les relier entre-elles par des liens logiques de causalité. Ceci permet à chacun d’organiser, de structurer ces émotions en une sorte de récit, de ce constituer une histoire. La mise en relation de ces émotions par ces liens logiques met chacune d’entre-elles en perspective par rapport aux autres et constitue un grand réseau logique  que l’on peut appeler « la conscience cognitive ».C’est cette relation entre les émotions qui leur donne un sens (les émotions seules sont de simples ressentis, dépourvus de sens), qui va définir le positionnement de chacun vis à vis de ses expériences c’est à dire son identité
    Cette capacité de l’humain à donner une représentation organisée de ses émotions va lui donner capacité d’échanger sous forme normalisée, codifiée, comme, le dessin le langage, l’écriture. Cette capacité de mise en communs des expériences ouvre la porte à la créativité collective, au progrès, à la vie sociale et sociétale

La sectorisation des trois  règnes est évidemment très schématique. A la fois des « overlap » peuvent se produire selon les espèces, mais au sein d’un même règnes des différences très marquées peuvent se produire. Par exemple chez les animaux le chimpanzé sera plus proche de l’humain que le ragondin, alors que les coraux pourraient se rapprocher des plantes.

Nous avons défini une certaine supériorité des humains vis à vis des autres règnes (si on définit la capacité de prédation comme critère principale de la hiérarchisation) mais nous allons voir que ce qui fait la « force » de l’humain constitue en même temps sa grande « faiblesse ». En effet si l’humain a cette capacité à organiser ses émotions et leurs représentations dans un système logique cohérent, il en a en même temps la nécessité. C’est ce que l’on peut définir comme l’impérieuse obligation de positionnement.

A chaque nouvelle émotion (importante ou banale) le ressenti émotionnel est comparé aux ressentis déjà intégrés. Cette comparaison en termes de dépendance logique, de relation qualitative ou quantitative donne un sens à cette nouvelle émotion qui la relie à l’ensemble des représentations déjà intégrées. Cet ensemble de comparaisons, de positionnements, forme la vision du monde de chacun de nous et constitue notre identité. Notre sentiment d’être, d’exister, résulte de cette vision que nous avons de nous-même et de notre place dans notre environnement.

Un humain ne peut se sentir exister que si chacune de ses émotions le positionne dans son monde.

Toute situation ou l’être humain n’arrive pas à clairement se positionner, donc à clairement se définir est génératrice d’une position incertaine, du vision floue, et crée un malaise que l’on appelle angoisse. Ce malaise survient chaque fois qu’un individu est confronté à une situation qu’il n’appréhende mal et dans laquelle il a des difficultés à se situer. Savoir qui l’on est c’est se définir par rapport à son environnement, et exister c’est donc se définir. Pour annihiler ce ressenti d’angoisse l’humain a ce besoin permanent de se positionner, de se représenter les situations, de les intégrer dans son vécu du monde. La quête du positionnement est la quête incessante de notre identité.

On a besoin de se doter d’une représentation des choses pour les appréhender. C’est la genèse des religions. Devant les phénomènes naturel qu’elles ne pouvaient comprendre les populations primitives ont toutes inventées « les dieux » pour donner une réponse à leurs interrogations. Pus de phénomènes inexpliqués, le dieux expliquent tout.

A la naissance le nourrisson voit sa conscience organique s’activer (heureusement !) mais sa conscience émotionnelle est très peu riche vis à vis des événements extérieurs. Il se réfugie dans son environnement parental pour, par fusion, se doter des références qui lui manquent. Progressivement, au fur et à mesure des ses expériences, l’enfant va se dégager de ses références parentales pour développer ses propres positionnements. L’adolescence sera un moment charnière générateur d’angoisse car l’ado va rejeter ses références familiales alors qu’il n’a pas encore construit son positionnement d’adulte. Les stratégies pour passer ce cap sont nombreuses e parfois dangereuses (addictions)

Tout au long de notre vie nous sommes confrontés à des expériences nouvelles qui nous obligent en permanence à nous repositionner. Nous sommes confronté au choix d’aller de l’avant dans une situation incertaines, anxiogène, ou se complaire dans une situation régressive mais sécurisante.

Toute notre vie se déroule dans un univers chargé d’angoisse que certains gèrent bien alors que d’autres ne s’en sortent pas.

N.B. Ne confondons pas angoisse et anxiété.

L’angoisse est un sentiment de mal être, indéfini, et sans objet apparent, une sorte de sentiment de « non être » sans symptômes conscients. L’angoisse est plutôt difficile à se représenter car elle consiste essentiellement en une absence de capacité de représentation.

L’anxiété (fille de l’angoisse), survient lorsque nous envisageons un événement à conséquences funeste dont nous sommes incapable de prédire s’il se produira ou pas, si  ses conséquences seront dramatiques ou anodines. L’anxiété se traduit par la rumination morbide.

Anorexie et boulimie. L’opposé du contraire.

Ce sont deux pathologies du comportement alimentaire, et comme telles, on a tendance à les traiter en parallèle. Elles ont bien sûr de nombreux points communs

  1. Ce sont deux troubles du comportement alimentaire, même si, à l’évidence, ils débouchent sur des comportements très différents.
  2. Ce sont, généralement, des troubles du passage à l’âge adulte. Dans l’enfance la fusion avec l’environnement familial gère les référence de l’enfant. Il est complétement dépendant de son environnement (même si cela se traduit souvent par une forme de rébellion). Ses références, ses repères, ses positionnements sont fonction de son éducation. Son identité est très floue et sa personnalité mal définie.
    Dans son passage au stade d’adulte il va devoir abandonner ses anciens repères pour se forger sa propre identité, son propre jeu  de valeurs. C’est une transition difficile car l’adolescent se dégage de l ‘influence familiale sans avoir encore formé son jeu  de valeurs, ses positionnements,  son identité d’adulte. Abandonner un univers structuré, organisé, pour se lancer dans un monde en devenir c’est comme quitter une maison confortable pour aller habiter dans une maison en cours de construction.
    Tous les adolescent ne supportent pas cette épreuve et nombreux sont ceux qui devant cet univers sans références, donc par principe, angoissant,  ont tendance à se réfugier dans une attitude régressive et un refus de grandir. Au départ ces deux pathologies sont des troubles de l’angoisse qui  génèrent un replis affectif. Naturellement si la situation affective est instable le mal-être n’en est que plus intense.
  3. Cette situation d’angoisse, ce sentiment de perte de références, de perdre son identité,  de ne plus pouvoir se situer par rapport à son environnement (pour se positionner dans la vie, par rapport aux événement il faut avant tout savoir ou l’on est,  qui l’on est !), cette situation de flottement est la porte ouverte aux addictions et en  ce sens anorexie et boulimie peuvent s’analyser comme telles. Devant cette perte de soi-même l’adolescent a besoin de trouver des sensation forte qui, un instant, vont le resituer, le recadrer dans la vie.
    Si la perte des références et la toile de fond de ces pathologies il ne faut pas pour autant négliger les problématiques affectives qui vont leur donner du corps.

Après avoir examiné les points communs à l’anorexie et la boulimie il faut bien se pencher sur ce qui va faire leur différence  comportementale, c’est à dire ce qui sera, en tout cas momentanément, fait pour apaiser l’angoisse.

  1. Chez les individus à conscience lâche, déjà en difficulté de référence, en mal de positionnement la réponse viendra, comme dans le cas classique des addictions,  d’une satisfaction physique. Le fait de manger, ou plutôt d’engloutir, permettra de développer une relation avec ses sensations. Le gout, la texture, la déglutition, sont autant de repères qui dans l’instant peuvent donner l’impression de se resituer, de se positionner, donc d’exister. C’est le propre des consciences lâche que de trouver refuge dans l’abandon ; Ajoutons à cela le coté apaisant d’avoir l’estomac plein, comme un animal repu qui n’aspire plus qu’à une chose se reposer, dormir.
  2. Chez les individus à conscience rigide, un poil psychorigide, la satisfaction viendra de la prise de contrôle sur soi (ce qui est le crédo des personnalités à conscience rigide). Ils ont l’impression d’exister en gouvernant leurs émotions et leurs pulsions. L’adéquation à leur système de défense (leur référence) les persuade (« quoi qu’il en coute ») qu’ils sont maitre de leur vie, donc qu’ils existent. Ils sont souvent conscient qu’ils se détruisent en voulant exister, mais le besoin immédiat prime sur les dangers futurs.

Reste un point à élucider qui est celui de la sexualisation de ces pathologies. 90 à 95% des cas sont relatifs à des femmes, et il semble que les garçon en soient moins fréquemment atteint

On peut proposer plusieurs hypothèses (simple pistes de réflexion)

  1. Les garçons n’échapperaient pas à cette situation angoissante mais ils trouveraient d’autres exutoires ( le sport, la compétition, ) ou se réfugieraient dans d’autres schéma tout fait de maturation (affirmation d(une virilité, domination masculine)
  2. On peut également envisager que ce passage de l’enfance à l’adulte est beaucoup plus brutal chez les filles. L’apparition des premières règles signe le passage de la fillette à la femme, de l’enfant à la mère potentielle. En peu de temps l’adolescente doit se repositionner en femme sans avoir le temps de s’adapter à cette transformation. Chez les garçons la transition est plus progressive et l’adaptation plus facile

Je penses qu’il serait intéressant de traiter ces deux pathologies, non pas seulement du point de vue du trouble du comportement alimentaire, mais dépendante de la situation  de perte de références lors du passage à l’âge adulte. C’est avant tout un trouble de l’angoisse qui débouche sur un trouble du comportement qui prend corps dans la difficulté de régression dans une situation affective qui n’était pas toujours stable !

Narcissisme et paranoïa dans la vie courante

Il s’agit de psychopathologies que l’on a tendance à dissocier tant leur symptômes sont différents (Nous avons la déplorable habitude de classifier les psychopathologies par leurs symptômes et non par leurs causes)

Très schématiquement le narcissisme nait de la sur évaluation de l’image de soi alors que la paranoïa se définit par le sentiment d’être perpétuellement agressé par son environnement. Bien que les deux symptômologies soient très différentes il s’agit bien d’une seule famille pathologiques. Il n’est pas de narcissiques sans composantes paranoïaques comme il n’existe pas de paranoïaques sans composantes narcissiques.

La cause commune de ces deux pathologies est la construction trop rigide de la conscience. Les images mentales de notre conscience (nos ressentis, nos impressions, nos émotions primaires) sont reliées entre elles par des liens logiques sans nuances, sans aucune capacité de négociation. La vérité est absolue, intangible, et bien sûr en  contre point toute autre idée, toute autre vision est négative, perverse, dangereuse.

L’image de soi est inévitablement sur valorisée puisqu’elle s’appuie sur une vérité non négociable. J’ai forcément raison et les autres forcément tort … donc je suis le meilleur. C’est la base du narcissisme.

En corolaire toute contradiction est prise comme une totale remise en cause d’un équilibre structuré dans sa rigidité, une véritable agression. La position de défense devient la négation de toute contradiction, la rigidification dans sa position de confort. C’est le fondement de la paranoïa … et en un certain sens de la radicalisation.

Dans la vie courante on distingue, en autres

  1. Les complotistes. Par essence même on peut les mettre dans la catégories des paranoïdes. Ils sont en réaction contre toute forme d’organisation ou de connaissance qui n’abonde pas dans leurs sens. Ils sont narcissiques par leur propension à tout savoir mieux que tous le monde, avoir raison contre tous. Leur narcissisme blessé les amènent à voir des ennemis partout, des complots contre eux, à se poser en victime, dans un attitude paranoïde.
  2. Les anti vaccins. C’est bien sûr une forme de complotistes. Ils s’appuient sur des certitudes rigides pour dénigrer les vaccins. Malheureusement ces certitudes sont un tissus d’ânerie diffusées par des ignorants et « gobées » comme tel par d’autres ignorants. Ils sont persuadés qu’un gigantesque complot se trame contre eux orchestré par les laboratoires pharmaceutiques, par les états, par l’Europe. Ils cochent toutes les cases, rigidité de pensée, narcissisme, et paranoïa.
  3. Les extrémistes de droite et de gauche. Les ex « frontistes » et les « France insoumises ». Eux aussi sont pétris des  certitudes qui flottent dans leur petit milieu. Ils se confortent les uns les autres en vivant en vase clos. Ils sont accrochés à leurs certitudes idéologiques et ne fréquentes que des individus qui pensent comme eux et ont une vision rétrécie su monde.
  4. La radicalité. C’est l’exemple type du narcissisme paranoïa. Elle a deux ressort selon que l’on est leader ou suiveur.
    En ce qui concerne les leaders, ce sont des personnalités à conscience hyper rigide, imbu d’eux même et narcissiques. Ils sont sur d’eux ce qui leur confère une certaine autorité et leur rôle de leader. En butte aux difficultés ils virent facilement à la victimisation et la paranoïa ce qui justifie leurs actes extrême puisqu’ils ne se sentent pas agresseurs mais agressés et en défense (presque légitime)
    En ce qui concerne les suiveurs ce sont tout au contraire des personnalité faibles, en recherche d’identité, mal dans leur peau. Ils vont trouver chez les leaders une identité de substitution qui va leur permettre de se sentir exister. Ils vont s’y accrocher comme un noyé s’accroche à une branche. Ils sont prêt à tout pour conserver ce semblant d’identité. Ils seront donc les bon petits soldats que l’on pourra envoyer au « casse-pipe » et qui irons jusqu’à la mort pour se sentir vivre. Ce sont rarement les leaders qui se sacrifient pour la cause, c’est le rôle dédié aux suiveurs.
  5. Pour terminer citons quelques exemples, malheureusement célèbre de Narcissiques paranoïa comme Adolf Hitler, Josef Staline, Donald Trump, et la plupart des petits ou grands dictateurs de l’histoire. En ce qui concerne les royautés le problème est un peu différents car les rois ne se sont pas portés au pouvoir par leur volonté narcissique mais à leur corps défendant par simple filiation, presque « à l’insu de leur plein gré ! »

La plus part de ces « fléaux de l’histoire » sont venus au pouvoir avec l’assentiment du peuple, souvent presque « démocratiquement », en tous cas avec l’adulation des foules. On peut s’interroger sur le choix des peuples, est-il préférable à la loterie de la filiation royale ?