Dans toutes les religions la croyance est relayée par une représentation religieuse. L’entité transcendantale, dépourvue de toute représentation humaine, ne peut exister pour nous que si on lui donne forme dans notre univers cognitif.
La foi est du domaine de l’affect et de l’émotion brute, la religion en est son incarnation accessible à tous dans une représentation cognitive.
La croyance ou l’irrationnel
Prenons l’exemple de la religion que je connais le mieux, la religion catholique :
L’objet adoré (qu’il me pardonne de le nommer objet !) est Dieu. C’est une entité supérieure, omnipotente et gestionnaire de l’univers. Il est du domaine de la transcendance donc, par principe, hors du champ de la connaissance humaine. Il nous promet une vie éternelle en récompense de notre soumission. C’est totalement une croyance.
Mais se pose la question de comment adorer une entité qui pour nous, est sans être, existe sans exister. C’est le rôle des religions que de donner corps à cette croyance. Comment construire alors cette religion ?
Tout d’abord il faut trouver un lien entre ce monde transcendantal et le monde des humains. Nous avons besoin d’une incarnation humaine de ce dieu inaccessible et intemporel. Toutes les religions vont proposer à leur adepte un être, voire un objet représentant la divinité. Moïse et Abraham sont les représentant de dieu pour les juifs. Jésus, fait homme pour les catholiques, Mahomet pour les Musulmans, Pharaon pour les Égyptiens, l’Olympe pour les Grecs er Romains, les montagnes, les volcans, les fleuves, les totems, pour des religions plus anciennes. Nous sommes encore dans le domaine de la croyance, loin de toutes raisons.
Il nous reste à étudier la transmission des instructions divines aux humains via ce médiateur patenté. C’est le rôle des « textes sacrés » d’être le document de base traduisant les règles divines. On a la bible, les tables de la loi, les évangiles, le coran, le dharma … une foultitude de textes prétendument issus de la divinité dont on ne connaît pas l’origine mais dont on est certain qu’ils sont apocryphes. On est encore dans le domaine de la croyance pure. Même quand se produit un chiisme, dans la doctrine, qui apparaît, on trouve une nouvelle incarnation de dieu comme Jésus ou Mahomet, le même schéma se met en place avec nouvelle version du dieu, nouvelle incarnation terrestre, et nouveaux « textes sacrés ».
La religion ou la raison
A partir de ce stade la religion va entrer dans le domaine humain, celui de la logique commandée par la raison humaine. On entre dans l’institutionnalisation de la croyance.
- Une organisation temporelle, très Jacobine chez les Catholique ou plus décentralisée chez les Musulmans.
- Un lieu de culte, église, mosquée, synagogue, temple, marae …
- Des règles morales, inspirée des textes sacrée initiés ou suggérés par le dieu qui seront le critère d’accès à la vie éternelle.
- Des guides spirituels : Prêtrise, Rabbins, Iman, Pasteurs …
- Des règles liturgiques, messes, confession, purification, prières … qui seront l’expression symbolique de notre soumission.
- Un décorum plus ou moins sophistiqués : Très chez les Orthodoxes et Catholiques, minimaliste chez les protestants et Musulmans.
- Un esprit de communauté entre les pratiquants et une injonction au prosélytisme et au financement.
Le schéma d’organisation et les mécanismes de fonctionnement sont communs à toutes les religions actuelles ou passées. Une origine fondée sur une croyance totalement irrationnelle en un être supérieur doté de tous les pouvoirs qui nous manquent à nous pauvres humain, un relai entre le divin et l’humanité, et une organisation traduisant notre reconnaissance éternelle et notre totale soumission à la divinité.
Ce schéma récurrent autour des myriades de dieux présents ou passés indique largement le côté humain du concept même de religion. Les humain ont besoin d’un dieu et quelque soient les époques, les lieux ou les civilisations ils s’en trouvent un!
Les pays d’Asie font un peu exception puisque beaucoup d’entre eux’ont pas eu de réelle influence religieuse. Lao Tseu, Confucius et Bouddha (entre les VIème et Vème siècle AV JC) sont les maitres à pensée de l’Asie ancienne. Le Confucianisme fut la doctrine d’état de la Chine jusqu’au début de XXème siècle. En dépit de leur caractère de sages ou de philosophes, réfutant toute intervention divine dans la vie terrestre, la tradition et le légende ont voulu leur attribuer des vertus quasi magique. A l’exception du Confucianisme resté une pure doctrine, Le Taoïsme de Lao Tseu et le Bouddhisme ont dérivé en véritable religion.
Les religions sont donc un appel au surnaturel, au magique, à ce qui pourrait transcender l’humain … bien que toutes les religions laissent l’humain bien à sa place ne lui promettant une nature transcendantale que quand il sera mort. Une soumission de tous les instant en contre partie d’une vie éternelle hypothétique. Dans le business on appelle cela un marché de dupe. Croire en un dieu, pourquoi pas, je serais bien peine d’affirmer le contraire, mais me soumettre à un dieu qui , de plus, ne me l’a jamais demandé …pourquoi ?
Et ces dieu, qui en a parlé … toujours des hommes qui disent avoir eu contact avec lui, toujours sans témoins valables. Une croyance, une légende qui n’a de crédibilité que par la confiance aveugle que l’on fait à celui qui la transmet dans les familles de générations en générations sans possibilité d’argumentation critique. On adopte très jeune les croyances de ses parents.
Croire à quelqu’un qui marche sur l’eau, multiplie les pains, ouvre la mer rouge ou parle avec l’ange Gabriel n’a pas plus de sens que de croire au père Noël qui distribue les cadeaux dans le monde en une nuit ou aux revenants ou aux extraterrestres. La croyance est hors de toute pensée rationnelle, de toute réalité logique, c’est sa grande force car rien ne peut la contredire.
La religion de son côté est issue de la pensée humaine. Prise comme une déclinaison d’une croyance elle prend un tour assez logique et ainsi s’ouvre à la critique. On peut critiquer les rites, les usages … mais toute critique se heurte à l’argument imparable : Dieu l’a voulu ainsi !
La religion s’avère une forme de radicalisation douce dans laquelle le dogme est un absolu incontournable, comme dans toute idéologie. Dans les temps anciens la radicalisation était absolue : Croisades, Guerre de religions, Inquisition, massacre des Cathares De nos jours la morale civique des religions l’emporte sur le dogme absolu … exception faites de quelques orthodoxes ultras qu’ils soient catholiques, Juif, ou Musulmans.
Conclusion
Les religions sont construites sur des croyances irrationnelles propagées par un homme se prétendant prophète ou de nature divine. Cette croyance universelle se décline en diverses religions adaptée à la civilisation dans laquelle elle se développe. Plus la civilisation est ancienne et plus le côté magique est présent dans l’incarnation humaine du culte. Le caractère systèmatique de la structure toutes les religions indiquent que :
- Il n’existe qu’une seule entité divine qui a inspiré l’ensemble des religions
- Les religions naissent d’un besoin universel des humains qui les conduit à trouver une solution identique à leurs angoisses
La première amène à croire en un monde supra humain en relation étroite avec les humains qui, en quelque sorte, nous « surdétermine » et nous laisse entièrement dépendant d’un au-delà.
La seconde nous laisse patauger dans notre « condition humaine » à la recherche d’un absolu qui nous échappe.
Soit on est en recherche perpétuelle d’une transcendance, soit on se persuade qu’on l’a déjà trouvé … chacun cherche son chat !
PS Les idéologies fonctionnent sur le même principe que les religions
- Un être suprême immatériel, comme par exemple le parti communiste en URSS qui nous promet, non la vie éternelle, mais des lendemains qui chantent
- Un médiateur terrestre comme Staline, Mao, Hitler
- Un texte sacré : Petit livre rouge, Mein Kampf
- Une structure de parti et une organisation de gestion
- Des manifestation publiques de la puissance de l’organisation