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Les études ayant trait à la psychologie

La mémorisation des situations

La mémorisation des situations se fait toujours en deux temps. Une phase d’apprentissage et une phase de mémorisation. IL y a une grande analogie avec un ordinateur qui apprend en captant les informations dans sa RAM (Radom access memory) pour ensuite les inscrire dans sa ROM (read only  memory).

Vous avez tous appris un texte « par cœur ». On commende par le lire le texte ou du moins les premières phrases ; (qui est la phase d’apprentissage) par petits bouts, pour ensuite tenter de les réciter à haute voix (ce qui constitue  la phase d’inscription)

Étudions le processus tel que décrit dans la psychologie relativiste

  1. On perçoit  une situation soit par la vue, l’ouïe, le gout, l’odorat ou le toucher
    Ces capteurs transforment le « message » reçu en un signal électrique transmis au cerveau. Un signal électrique constitue un apport d’énergie électrique qui va déséquilibrer l »état énergétique du cerveau. Celui-ci est activé.
  2. Il va chercher à retrouver son équilibre en s’efforçant de consommer cette énergie excédentaire. Dans un premier temps le signal comparé aux divers signaux déjà analysés pour lui donner un sens par comparaison(définitionrelative).Ce sens  est  comparé au vécu historisé pour créer un sentiment (joie, rejet, peur …). Celui-ci va déclencher des comportements, qui eux, vont dissiper une partie de l’énergie reçue
  3. Le signal et les liens de comparaison vont être inclus dans le réseau de la conscience. La création d’un lien dans un réseau implique une énergie de liaison qui consomme le restant d’énergie.
  4. Le signal reçu est maintenant explicité et stocké dans la mémoire. Il pourra être rappelé si nécessaire.

Conclusion

La mémorisation d’une situation est un phénomène complexe qui implique la numérisation du message, son comparaison avec le vécu historique, le déclenchement d’un comportement et le stockage de l’information.

L’identité animale et humaine

L’identité est ce qui permet d’identifier de façon univoque un individu parmi tous les autres.

Notre identité repose sur nos caractéristiques morphologiques et sur notre conscience. Les premiers sont l’œuvre de la nature qui dans sa grande diversité ne produit aucun individu totalement identique et les secondes sur la création de notre conscience au hasard de nos expérience, de notre vécu, de notre environnement. Chacun ayant un vécu différent, notre conscience, de par sa construction, est véritablement un pilier de notre identité.

Cette identité repose sur une partie innée ou génétique et une composante acquise par  l’élaboration de notre conscience. Il n’est pas exclus que l’une influence l’autre. L’important est que cette identité puisse reconnaitre un individu parmi les 7 milliards d’habitants de la planète.

Chez les humains la reconnaissance d’une identité, est  principalement,  visuelle. On identifie une personne à sa silhouette, son look, sa démarche … notons que l’on ne peut reconnaître et identifier qu’une personne que l’on cannait et dont o, a mémorisé les caractéristiques. Pour un inconnu on ne peut l’identifier, tout au plus peut-on le classifier dans des catégories dont on connait les caractéristiques. Par le son on peut reconnaître se voix, quand à l’odeur, le toucher ils sont inopérants (ne pensons pas que reconnaître quelqu’un à son parfum c’est l’identifier . ce n’est qu’identifier le parfum)

Nous identifions un animal à ses caractères visuel morphologique . Lui nous reconnais à notre odeur

Chez la plupart de animaux l’identification ce fait pas l’odeur. Certains des animaux ont une vision très aiguisée (comme les rapaces par exemple ) qui leur sert à identifier leurs proie mais ceci ne constitue pas un élément majeur de leur identité mais simplement on don identifiant l’espèce plus qu’un individu.

La question qui se pose est : « Comment voit-on à travers un sens qui n’est pas la vue ? ». Nous voyons non pas les objets mais la lumière qu’ils réfléchissent. C’ ‘est par une analyse mentale à partir d’un système de codification apprise que nous identifions les objets et notre environnement.

 Prenons l’exemple des chauve-souris qui  « voient » par l »analyse des sons (ultra-sons) réfléchis par les objets de leur environnement. Aucune raison pour qu’son réfléchi fournissent moins de détails qu’une lumière réfléchie. Ce n’est qu’une question d’analyse pour que les chauve-souris « voient » les sons aussi bien que nous voyons la lumière.

Alors que chez l’humain le réseau de conscience est riche de liens logiques de causalité permettant une formalisation, une représentation des images mentales, chez l’animal les images mentales, pauvre en liens de causalité et peu formalisées. L’animal n’arrive pas à donner des représentations de ce qu’il ressent et les images mentales sont plus des ressentis que des représentations. Il n’ a pas la capacité de créer les codes, les systèmes qui décrivent leurs émotions. C’est pourquoi ils ne développent pas de langages élaborés comme les humains (ce qui n’exclue  pas un système de communication plus sommaire)

Conclusion

L’humain a débuté dans les temps reculés comme un animal, doué du sens de l’odorat. Pourquoi as t il développé cette capacité de codification alors que les autres espèce ne l’ont pas fait ? mystère. En parallèle il a oublié es capacités olfactives. Notons que cette capacité de développer des sentiments un peu plus élaborée chez nos animaux domestiques (notamment chez le chien) car la fréquentation des humains et leurs exigences (sorte d’éducation) leur ont permis d’enrichir leurs consciences. Mais ne nous trompons pas, sur ce plan, ils sont loin  de nous.

La Conscience animale et humaine

Rappelons d’abord deux notions de première importance :

La mémoire : c’est la zone ou le cerveau stocke  l’information selon les processus décrits dans mon post précédent. On peut la comparer dans un ordinateur à la ROM (read only mémory)

La conscience : C’est l’état du cerveau activé par un message issu de nos sens. Elle gouverne les émotions, les images mentales, leur intégration dans la mémoire par la création de liens logiques de causalité avec le reste du réseau de mémoire, ainsi que les sentiments et les comportements. On pourrait la comparer dans un ordinateur à la RAM (radom acces memory)

Chez les humains et les animaux du moins les animaux supérieurs (Grands singes, chiens, chat … ) la mémoire semble de même nature, à cette différence prés c’est que chez les humains la mémoire riche de connaissance a la capacité de créer beaucoup plus de liens logiques avec un réseau de mémoire infiniment plus riche. De ce fait l’humain possède des représentations des situations infiniment plus précise, plus formalisées que l’animal.

En quelques mots : « L’humain voit, entend, sent et touche l’animal ressent ».

Alors que l’humain a des  situations des images mentales, précises, élaborées, codifiées et échangeables, l’animal à des souvenir qui sont plus des impressions. Pour autant cela ne signifie pas qu’il ne mémorise pas son vécu comme l’être humain, mais qu’il développe dans sa mémorisation infiniment moins de lien logiques entre ses images que l’humain… Il crée beaucoup moins de liens de causalités, et encore moins de liens chronologiques que l’humain. C’est pourquoi ses comportement sont plus gouvernés par ses besoins immédiats, ses nécessités, que par la raison. Il est difficile de décrire le  ressentit d’un animal car nous ne savons décrire que les éléments formalisés, comme nous les vivons. Chez l’animal  ils sont trop flous et diffus. Néanmoins ils sont parfaitement suffisant pur qu’il puisse vivre sa vie animale.

Ne faisons pas l’erreur de  prêter aux animaux des sentiments et d’analyser leur comportements comme-ci ils étaient des nôtres.

P.S. Nous aussi avons sur certains sujets une approche animale, soit que nous manquions de connaissances sur le sujet (donc de références causales) soit que le sujet soit mal codifié dans ses détails comme les odeurs, les sentiments ou même des concepts abstrait comme, par exemple,  la liberté ou l’opportunité de choisi sur un sujet que nous connaissons mal. Dans ce cas notre jgement et très affectif, presque animal.

Prenons deux exemples simples :

  1. Demander à quelque de vous décrire certaines odeurs ; Il vous dira ça sent la lavande, l’essence, la friture, le citron …Ceci n’est pas une description mais un simple identification. Il sera impossible, pour lui, de donner plus de détails car il est incapable de créer des liens logiques avec des informations qu’il n’a pas et qui souvent n’existent pas faute de référence. C’est la perception qu’a l’animal.
  2. Demander lui de vous décrire une table. Il sera  évidemment capable de l’identifier, mais il pourra vos dire : « de cuisine, de salle à manger, de style Louis XV, ronde ou carrée, Etc. Etc.  Il sera capable de la décrire finement en créant des liens logiques avec l’ensemble de ses connaissances sur le sujet. C’est  la perception des humain.

Conclusion

L’animal à une perception instinctive, globale, primaire, alors que l’être humain à également une perception instinctive, mais  gouvernée (pas toujours malheureusement) par la secondarité de la raison.

Attention à tout anthropomorphisme dans nos rapports à l’animal.

Dans la nature quand un lion dévore une antilope il n’a ni sentiments, ni regrets. Il obéis simplement à sa nécessité. Un animal n’a pas de morale pour valoriser ses émotion et en faire des sentiments.

la conscience, structure et création

Le présent « post » n’a pas la prétention de décrire la construction de la conscience, mais d’en donner une représentation aussi commode que possible pour en donner un modèle. Cette représentation, est proche du système de l’IA en ce sens qu’elle décrit le cerveau et sa conscience en termes de zones logiques, alors que le neurosciences les décrivent en termes géographiques. Les deux approches ne sont pas opposées mais complémentaires.

L’apprentissage cognitif

Il se fait pas à pas, strates par strates chaque nouvel élément prenant son sens par rapport aux éléments précédemment acquis

Reprenons le processus en  détail

La perception. Nous abordons la perception de notre environnement par nos 5 sens (vue, ouïe, papilles gustatives, olfactives, tactiles). Ces récepteurs transforment les messages reçus en signaux électriques envoyés au cerveau. Sous cet apport d’énergie le cerveau s’active en modifiant certaines connexions neuronales. Le cerveau activé se trouve dans un état d’excitation qui perturbe son équilibre.

Résorber cette excès d’énergie peut se faire de différentes façons.

L’émotion :Vous recevez un message visuel, sonore, olfactif, gustatif ou tactile. Vos récepteurs (rétine, tympan, papilles) vont le transforme en un signal électrique transmis au cerveau via les nerfs. Recevant ce message électrique (un apport d’énergie) le cerveau va s’activer, modifier ses connexions neuronale et se trouver en déséquilibre électrique. Il vat agir en sorte de retrouver son équilibre en dissipant cette énergie excédentaire. Plusieurs processus se mettent en action pour atteindre ce but

L’intégration. Les nouvelles connexions acquissent vont être comparées à  des émotions déjà perçues , analysées et formalisées. Ces comparaisons vont créer des liens de connexions logiques avec ces émotions déjà étudiée, par exemple : plus grand, plus petit, similaire, différent, de même couleur…etc. etc.
Ce sont ces liens logiques qui vont commencer à donner un sens  à notre message et à en faire ce que l’on peut appeler une « image mentale ». On ne perçoit plus de simple signaux électriques mais véritables images,  son, odeur, gout, ou toucher. Notre perception est maintenant représentée sous forme d’images compréhensible
La formation de ces liens, l’intégration à une structure consomme une partie importante de l’énergie du message reçu.

Les valeurs et les sentiments. Ce n’est pas la seule comparaison entreprise par notre cerveau. L’image mentale maintenant formalisée va être comparée au système de valeurs apprise au cours de notre vécu. Ceci va permettre de positionner l’objet ou la situation relativement à ces valeurs pour en donner une signification morale. Ceci va créer de nouveaux liens logiques entre le nouveau vécu et le réseau de notre conscience . Va se développer via ce positionnement un sentiment vis à vis de l’objet ou de la situation. Par exemple de répulsion ou d’empathie, de joie ou de tristesse, d peur, d’envie, de désir … etc. etc.

Les comportements. Ces sentiments vont induire des comportements qui vont être la  façon, pour nous de réagir et pour notre cerveau, d’évacuer l’énergie excédentaire fournie par le message et retrouver son équilibre. Ces comportements, expression de nos sentiments peuvent être tés variés et multiples. Ce peut être de simple attitudes corporelles (recul, attirance, mimiques … ou plus élaborés come des manifestations de joie, de colère, d’ agression, de tristesse, de désir … etc. etc. notre cerveau a maintenant évacuer l’énergie reçue et retrouve son équilibre. Ce sont ces comportements que les psychologues nomment, à tort, les émotions.

La conscience ou l’identité. C’est l’ensemble de ces divers positionnements vis à vis de objets ou des situations qui va construire notre conscience et définir notre identité propre. Celle-ci se développe tous les jours, se conforte ou évolue au hasard de nos expériences.
On comprend comment la notion de « perte de son identité » est sans objet. On ne peut l’envisager sans une remise à blanc de notre cerveau … difficilement envisageable.

La communication. Comment avec  chacun une identité propre nous arrivons ç communique entre-nous. Prenons un exemple simple
A un enfant de trois ans nous montrons un carton rouge  en lui disant : « ceci est rouge » Il va maintenant associer l’émotion ressentie à la couleur rouge et si on lui montre un objet rouge il dira « ceci est rouge » Montrons le même carton à un autre enfant, il apprendra le concept de rouge et devant un objet rouge il dira :  « ceci est rouge ». Même si les deux enfant ont des ressentis différents du carton il seront d’accord sur la notion de rouge. L’apprentissage à travers un référentiel commun permet à des sensibilités différentes de communiquer. C’est le principe même du langage de communiquer par l’intermédiaire des mots pour se comprendre. Tout notre  apprentissage, en quelque domaine que ce soit est basé sur un référentiel commun, qu’il s’agisse de mots, d’images. De sons. Il est plus difficile de communique dans le domaine des odeurs et du toucher car les référentiels sont assez rares et diffus.
Voyons un autre exemple :
Si vous cherchez la définition d’un mot dans un dictionnaire, prenons le mot « table ». Vous allez trouver : « plateau avec quatre pieds » Il vous faut maintenant savoir ce qu’est un pied ». « C’est un support pour un objet ou le corps humain » et ce qu’est un plateau « Sur face plane ». De fil en aiguille chaque mot est défini par référence à d’autres mots. Aucun ne peut être défini dans l’absolu. C’est exactement le processus de construction de la conscience ou chaque concept est défini à partir de concepts déjà acquis ou à acquérir.

Conclusion

Contrairement aux plante dont le cerveau est purement organique, c’est à dire qu’il ne gouverne que les fonctions basiques qui permettent la survie de l’espèce (comme la photosynthèse, la fabrication de la chlorophylle … aux animaux qui en plus des fonctions organique( respiration, digestion, circulation sanguine…) mais qui possèdent  des fonctions affectives capable de mémoriser les situations avec un minimum de liens logiques insuffisante pour donner une image mentale très formalisées, L’humain possède de créer de multiple liens logiques fournissant des images mentales extrêmement formelles. Cela lui permet d’accéder au langage, à l’interprétation formelle des images, la synergie des idées …en un mot à la créativité.

L’importance des repères et positionnements dans la vie

La construction des repères et des positionnements

l’angoisse est la sensation diffuse de ne s Pa savoir qui nous sommes, pourquoi nous sommes là et où aller. Cette incertitude , cette non définition de nous même nous met en position difficile pour répondre aux situations que nous devons vivre. Comment sans boussole choisir le bon chemin ? Dans ce doute le sentiment d’insécurité et maximum et c’est le terreau privilégié de l’angoisse.

C’est l’ensemble des positionnements que nous adoptons, au  cours de notre vie, qui va définir comment nous voyons le monde et donc notre place et notre identité dans notre environnement. C’est donc à travers ces relations aux choses, aux êtres et aux situations que nous construisons notre identité.   Nous sommes le fruit de nos expériences et de nos relations. Une relation ne se fait pas entre deux êtres, mais entre l’image que l’un se fait de lui et l’image qu’il  se fait de l’autre. . Nous réagissons plus en fonction de ce que nous croyons être ou voudrions être. Une image de soi forte et cohérente nous permet d’envisager la meilleure réaction aux événement. L’identité est ce que nous pensons être, elle nous permet de nous sentir exister, bref d’exister ! La formation de notre identité est le véritable chemin e notre vie. Les repères sont ce qui nous permet d’évaluer les situations, d’en envisager les conséquences et par suite de définir nôtre position et nos comportements en réaction

Quand le nourrisson vient au monde il n’a pas d’identité. Certes sa conscience organique, celle qui régit les fonctions vitales (circulation sanguine, digestion la capacité respiratoire) sont déjà développées « in utéro » mais sa conscience affective et surtout cognitive est quasiment vierge.

Le nourrisson n’est que des éléments dispersés dans un univers dont ils font parties intégrante.

Le premier travail du bébé vat être de prendre conscience que ces éléments disparates font partie d’un tout et il doit  apprendre à les relier entre eux (bras, jambes, tête …) pour former un tout qui est lui-même. Le bébé est alors une entité globale incluse dans un univers avec lequel il est en fusion.

C’est à travers ses expériences successives qu’il va définir ses repères et se situer dans son environnement. Il va apprendre à saisir les objets qu’il voit, reconnaître ses proches. Il va découvrir l’interaction avec eux, il pleure quand il a faim, il pleure quand il se sent seul … donc en perte de ses repères. Ils comprend que ses manifestations déclenchent une réaction positive de son entourage … il apprend la relation.

Certes il voit encore les autres comme faisant partie de lui … et réciproquement. La relation est pour lui centripète et il considère l’extérieur comme à son service. Le bébé est un pur narcissique qui se sent le centre du monde. Mais dans cette relation il commence à se définir et former une première image de lui-même. Ce début de positionnement est le début de la formation de son identité.

Vient alors la période fondamentale de l’éducation C’est là où il va découvrir ses limites et l’ingérence des autres dans ses désirs. C’est la famille, la religion, ’école, les copains, les éducateurs, les règles dans les jeux. Il va devoir se positionner par rapport à la vie sociale, la morale familiale. Découvrant ses limites il va comprendre que sa relation avec les autres doit tenir compte d’eux. Il commence à se différencier du monde qui l’entoure. Sentant les autres différents de lui il va se sentir différent d’eux. Il commence à se dépouiller de sa vision fusionnelle pour découvrir l’empathie et l’autonomie. La relation avec les autres cesse de devenir une domination pour devenir une relation à part égale. Il apprend le compromis, la négociation …bref la relation sociale.

Céder aux petits enfants capricieux c’est leur interdire de se fixer des limites … donc de se différencier des autres … bref le maintenir dans une position narcissique régressive dans laquelle leurs personnalités ne peuvent éclore

. Ils ont besoin de se confronter au désirs des autres … et parfois à céder. C’est comme cela que l’on apprend l’empathie !

En grandissant, l’éducation et la connaissance jouant leur rôle, il va apprendre à se positionner par rapports aux idées abstraites

. Il va remettre en question ses apprentissages, avoir ses propres convictions (souvent utopistes chez les jeunes), donc commencer à se définir une identité, une image de lui. Il va voir ses parents avec un œil différent. Il ne les connaissait que dans sa relation avec lui et il découvre qu’ils ont une vie en dehors de lui. Qu’ils ont d’autres relations, d’autres affects, d’autres intérêts. C(est une désillusion (blessure narcissique) qui est absolument nécessaire à son autonomisation, à sa prise d’identité. Il commence à avoir ses propres repères, ses propres positionnements pour se situer dans sa vie. C’est une nécessité pour ne pas sombrer dans l’angoisse et le mal être. Il cesse progressivement d’être ce qu’il est pour les autres pour devenir lui-même. C’est le début de la maturité.

La nécessité des repères

L’éducation : L’humain est essentiellement narcissique car il ne perçoit le monde qu’à travers ses propres sens. De ce simple fait il ne peut se concevoir que comme le centre du monde.  Cela fait partie de la nature animale de tous nos semblables. C’est l’éducation qui  va fournir la contrepartie antagoniste à ce fait et permettre la vie sociale. C’est elle qui va fixer les limites à nos désirs et les points de repères nécessaires à leur mise en place. Tout enfant qui grandi dans un environnement stable et équilibrera développera des valeurs qui auront nature universelle lui permettant de s’intégrer au groupe social dans lequel il va évoluer. La religion, les croyances, les idéologies, la morale qui lui sont enseignés en ferons un citoyen apte à ‘intégrer socialement.
Une partie de notre jeunesse évoluant dans des milieux précaires, instables, perturbés a tendance à faire leur éducation « dans la rue » plutôt que dans le cocon familial. Ils ne sont pas sans règles et sans valeurs, ils développent les critères de leur groupe plus proches de « la loi de la jungle » que des chaleurs sociétales conventionnelles. Ils respectent et suivent les dominant, fixent les limites, les droits et les devoirs de chacun,  vivent en fonction de l’intérêts de leur groupe, produisent u empathie interne comme dans toute société institutionnalisée.  Cependant celles-ci ne sont pas compatibles, généralement en opposition,  avec les règles en vigueur dans la société globale. Ils ont subi l’éducation qui les adaptent à leur groupe mais qui les marginalise dans notre monde. Qu’il s ‘agissent de bandes, de gangs ou de mafias. Ils ont des codes qui ont des structures très voisine de nos société traditionnelles mais fondés sur des valeurs  radicalement différentes.

L’autre problème des notre jeunesse, et celui-là plus général, est l’absence des perspective d’avenir. Comme je l’ai dit l’humain a besoin de repères auxquels se rattacher pour adopter une positionnement sécurisant. La sécurité c’est maitriser son environnement et maitriser son avenir. Nous avons perdu foi dans nos religions (même si certains tentent de s’y accrocher sans vraiment y croire) les utopies nous ont déçues, la philosophie tourne en rond, les modèles (principe d’identification des jeunes)  qui deviennent des chanteurs ou des rappeurs, rien qui mobilise sur le fond.  le monde change tous les jours et il devient difficile de trouver sa place dans un milieu  qui n’est jamais celui sur lequel on pensait compter. Nous ne savons pas vivre dans l’incertitude, et pourtant il va falloir apprendre. Les principes d’égalité, de solidarité, de collectif hérités du  siècle des lumières disparaissent progressivement, l’autre apparaît de moins en moins comme une aide mais plutôt comme un frein, un boulet aux  aspirations personnelles. Bref le monde change et nous avons du mal à suivre son évolution.

Cette perte des repères nous déboussoles et il nous faudra un certain temps pour les recréer et nous trouver de nouveaux dogmes.

Conclusion

Les repères sont la condition « sine qua non » du sentiment de sécurité chez les humains. Ils définissent un positionnement qui nous permet d’analyser les situations et de tenter de les contrôler à notre avantage.

Mais rien n’est simple, des repères trop rigides (par exemple issus d’une éducation trop rigoureuse) donnent à l’individu le sentiment de bien contrôler les événements, mais en contrepartie deviennent une faiblesse car elle perturbent la capacité de socialisation et d’adaptation de l’individu.  Ce sentiment de sécurité devient, par contre,  dans l’univers social une position insécure et angoissante. Inversement des repères trop flous, incertains nous induisent un sentiment d’insécurité dans notre positionnement vis à vis des événements que nous devons subir, par contre elle nous procure une plus grande capacité d’adaptation au monde social et un refuge sécurisant dans les autres.

Le narcissisme fondement essentiel de la condition humaine

Le narcissisme est le fondement même de l’être humain, il n’est pas une pathologie mais simplement la nature profonde de l’être humain

Nous appréhendons le monde qui nous entoure en le percevant à travers nos cinq sens (Vue, ouïe, odorera, gout et toucher). Seul sont perçu les éléments de la vie qui frappent nos sens et c’est à travers cette relation centripète avec le monde que nous en avons la vision,  ou plutôt la représentation que nous nous en faisons.

Précisons que ce que l’on appelle communément « le sixième sens » est tout sauf un sens. Il est le résultat d’une analyse des situations passant outre, ou plutôt en deça de systèmes de représentation que nous utilisons le plus couramment. S’est ainsi que se représentent le monde les animaux … dont nous faisons partie.

Faites une petite expérience. Faites un tour sur vous même en regardant, écoutant, sentant ce qui nous entoure. Maintenant posez- vous la question : ou est le centre de ce monde que je viens d’observer ? Il est le point de convergence des perceptions que nous avons enregistrées, c’est  à dire nous-même.

C’est la racine de notre narcissisme. Nous ne percevons des événements, des choses, des autres, qu’à travers la relation que nous avons avec eux et ce que nous en percevons.

On peut dire que l’on vint de définir le narcissisme, cette capacité de se sentir au centre d’un monde ou les choses et les êtres n’existent qu’à travers la relation que nous entretenons avec eux. Ils n’existe que par rapport à nous.

Comment se fait-il que cette tendance ne tourne pas toujours à la paranoïa ? Nous sommes le centre du monde et rien n’a de valeur qui ne corresponde pas à nos désirs … ce qui nous contrarie est inévitablement un obstacle, donc un ennemi.

Comment se fait-il que nous puissions imaginer que les autres ont une vie en dehors de nous ?

C’est grâce à notre capacité d’imagination que nous sommes capable de nous représenter ce que les autres peuvent ressentir. Alors que le narcissisme est inhérent à la nature humaine, la prise en compte des autres est purement éducative. Elle fait partie de la prise de maturité. En effet, la dispartuon de la fusion régressive, devenir autonome, indépendant, implique un apprentissage

Le bébé ou le petit enfant vit en fusion avec son entourage proche. Il ne voit ses parents que à son service. Progressivement avec l’éducation il va découvrir que eux aussi ont des désidératas qui vont parfois à l’encontre de siens. C’est la période des caprices et des colère (la blessure narcissique) Puis il va devoir relationner avec ses frères et sœurs, ses copains d’école, découvrir l’autorité du maitre, faire toutes sortes d’expériences collaboratives. C’est un passage obligatoire pour découvrir qu’il n’est pas seul au monde et e maitre de son  destin. Apprendre à voir les autres comme des éléments extérieurs c’est aussi  se voir comme autonome, différent d’eux. C’est ainsi que l’enfant forge son identité. Celle-ci se forme dans la différence.

Conclusion

Alors que le narcissisme est le fondement de la nature humaine, l’empathie est le fondement des sociétés. C’est le respect, la prise en compte des autres et de leurs particularisme qui permet la vie sociale, le vivre ensemble. Cette dualité est le reflet des devoirs et des droits des citoyens

L’e manque d’une « bonne éducation » au vivre ensemble construit des sociétés … come on voit évoluer la nôtre, ou le narcissisme l’emporte sur l’empathie et les droits sur les devoirs.

Il n’y a jamais d’excès de narcissisme mais un défaut d’empathie qui confine un individu dans une attitude régressive, immature, capricieuse et insensible aux souffrances des autres. Donald Trump en est l’illustration parfaite !

Le narcissisme chez les enfants

Il est bien connu que les enfants vivent « dans leur monde » On pourrai les taxer de « narcissisme » mais ceci mérite certaines explications

Le bébé

A sa naissance le bébé obtient son indépendance organique, mais sur le plan psychologique il est intimement lié à son milieu et ne fait aucune séparation entre lui et son environnement. Il est dans un état purement fusionnel avec le monde. Il n’y a aucun narcissisme chez le bébé car il n’existe pas en tant que tel, il n’est que l’élément d’un tout.

Le petit enfant

IL commence à prendre un peu conscience de lui-même. Il apprend la distance entre lui et les objets qui l’entourent mais demeure très en fusion avec son environnement. De ses proches il ne voit que ce qui concerne la relation avec lui, sans imaginer qu’ils puissent avoir une vie en dehors de lui. Il occupe une place centrale dans son monde et se voit comme le point de convergence de son univers. On ne peut encore parler de narcissisme tant la composante fusionnelle est forte et son identité trop faible.

L’adolescent

C’est l’être humain en devenir. Il commence à se dissocier nettement de son environnement et à construire son identité. Différentié des autres il peut commencer à se positionner par rapport à eux. C’est à ce moment que la composante narcissique peut se révéler, s’il n’a pas acquis, s’il n’a pas intégré la notion du besoin d’empathie envers les autres dans la vie sociale. Notons que dans la nature la notion d’empathie n’existe pas, seule existe la notion de besoin. L’empathie, concept moral donc sociétal, est une notion apprise par l’environnement et les expériences.

D’autres élément entrent en jeu comme le besoin de se positionner au-dessus des autres (par sentiment d’infériorité), la crainte d’être dépassé par les autres (début  de comportement paranoïde)

Mal positionné l’adolescent flotte entre divers attitudes : Fusion, Identité, instincts primaires, estime de soi, morale sociale, environnement …On comprend la position difficile des adolescent dans notre monde d’adultes.

L’histoire et le vécu

Quand j’étais jeune, les anciens me parlaient du temps « d’avant la guerre ». Il s’agissait de la guerre de 14-18, c’est à dire des années1900-1910. J’écoutais leur récit, mais tout en sachant qu’il était authentique je le recevais comme un récit, plutôt une histoire. Si intellectuellement je le rattachais à l’histoire de mon pays, donc à la mienne, Je ne pouvais en avoir aucune approche affective autre qu’au travers de l’affection que je pouvais porter à mes interlocuteurs.

Aujourd’hui quand je parle à des plus jeunes de « l’avant-guerre », il s’agit de la guerre de 39, je vis ses souvenirs dans « mes tripes » puisque je les ai vécus et je conçois que mes interlocuteurs n’en n’ont pas la même approche. Ils doivent le vivre comme une histoire authentifiée par la confiance qu’il m’accordent, comme si un historien leur parlais de la commune, de la guerre de 70, ou de Charlemagne.

La mémorisation des récits n’est pas la même selon que l’on les a vécus ou non.

Lorsque l’on entend une histoire les sons audio perçus par nos oreilles transmettent des  signaux électriques qui forment des images mentales dans notre cerveau. Ces images sont confrontées à nos souvenirs pour prendre un sens cognitif et être mémorisés. Cette prise de sens se fait par la création de lien logiques entre les nouvelles images perçues et les images antérieurement acquises et analysées :

  1. Dans le cas d’un récit historique la liaison, les relations, ne peuvent se faire qu’avec des souvenirs, des connaissances. Ce nouveau récit sera donc intégré dans la mémoire comme une extension de nos connaissances historiques. Les souvenir affectifs ne sont pas en jeu, exception faites, peut-être, de la relation avec notre interlocuteur. Nous le vivons en tant que spectateur.
  2. Lorsque ce récit a été vécu, il est intégré en tant que connaissance, mais également lié à d’autres éléments subjectifs ou émotionnels (climat, saison, situation, état émotionnel …). C’est un souvenir dans lequel nous sommes impliqué personnellement. Nous le vivons et le revivons en tant qu’acteur. Il sera relié à tout notre environnement affectif de l’époque et donc parfaitement intégré à notre univers autant affectif que cognitif. Le rappeler feras re surgir les émotions de l’époque et donc avec notre totale implication.

L’expression d’un récit par celui qui l’a vécu et bien différente de la perception de ce même récit par quelqu’un qui ne l’a pas vécu. C’est la tout le problème de la transmission. Autant la transmission des connaissances et possible, autant la transmission des émotions est difficile !

Quand un aïeul nous raconte son passé militaire, quand on nous inonde des photos de vacances, quand un raseur nous abreuve de ses passions, comprenons que ce qi a peu de valeur pour nous est un univers enchanté pour lui !

Dialogue avec des « radicalisés »

Définissons d’abord lque a radicalité n’est pas réservée aux islamistes de Daech. On trouve de la radicalité aux franges de tous les groupes politiques, religieux, idéologiques, sociaux …. La radicalité se traduit par :

  1. Une conscience absolue pour les individus radicalisés de détenir la vérité, donc de tenir les autres dans l’erreur.
  2. Une schématisation des dogmes, une absence de nuance dans les conceptions, nécessaire à une pensée radicale. Si la pensée est trop nuancée la notion de vérité devient plus relative et la certitude n’est plus possible.
  3. Une conscience individuelle rigide, voire psychorigide qui permet d’accepter des vérités simplistes et de ne pas pouvoir les remettre en cause. Des individus à tendance narcissique qui portent leurs convictions au-dessus de celles des autres.
  4. Ce narcissisme, s’il est contrarié, peut virer à la paranoïa (peur de l’autre)
  5. La radicalisation se fait rarement seule, elle est généralement acquise auprès de « mentors » dans un entre-soi qui élimine toute contestation extérieure. Persuadés d’avoir des idées personnelles les radicalisés sont généralement le fruit d’une manipulation qui flatte leur narcissisme.

En bref la radicalité n’est ni une opinion, ni une pensée, elle est plutôt une croyance. Elle fonctionne sur un cercle vicieux :

Cette chose existe puisque j’y crois

Puisque cette chose existe je ne peux qui croire

Puisque j’y crois cette chose existe

…………..

J’ai eu l’occasion de « dialoguer » avec ce type d’individu, Islamiste, noir anti blanc, extrémiste de droite et de gauche, idéologues, écologiste radical, complotistes anti-vax. Le contenu de ces dialogues est de peu de valeur (dialogue de sourds) mais son déroulement stratégique mérite d’être étudié :

  1. La personne vous délivre un message (proposition, information) formaté selon sa croyance
  2. Vous y répondez de façon argumentée de manière à contre dire le message
  3. Vous vous attendez à une contre argumentation, Mais en réponse vous avez une nouvelle attaque sur un terrain différent. Votre argumentation est oubliée, c’est un processus d’évitement
  4. Vous contre argumentez à cette nouvelle proposition, et la encore votre réponse est ignorée pour laisser place à une nouvelle controverse. Bien sûr ces propositions sont de plus en plus farfelues et faciles à réfuter
  5. Jusqu’à ce qu’on arrive à des affirmation si saugrenues qu’il n’est même plus possible d’y répondre logiquement !

De fait, les radicalisés ne sont pas des ignares imbéciles, mais des individus aussi structurés que vous est moi. Le problème est qu’ils perçoivent très bien votre argumentaire, mais que leur croyance, leur foi, leur interdit d’y adhérer, afin de ne pas désorganiser leur conscience narcissiquement structurée. Le principe de l’évitement est une réaction de défense contre une remise en cause trop lourde de leur vision du monde.

Comment briser le cercle vicieux de la radicalisation.

Certainement pas en  attaquant le processus « la chose existe donc j’y crois ! » qui est   parfaitement logique.

Le maillon faible est le processus «  J’y crois, donc la chose existe ! » qui est bien sûr hors logique, donc de la croyance à tout prix.

C’est cette absence de souplesse, de laxisme dans la pensée qui empêche de voir les nuances nécessaires à la tolérance.

L’IA et psychologie relativiste

L’intelligence artificielle et la psychologie relativiste sont fondées sur une représentation similaire de la conscience et du fonctionnement du cerveau, à savoir : des pavés d’information liés entre eux par des relations logiques de dépendance.

  1. Dans l’intelligence artificielle les ilots d’informations prennent leur sens et leur valeur grâce aux relation de comparaison que l’on peut établir entre eux. C’est en scannant ce réseau logique de liens que l’IA permet de dégager un sens universel à la compilation des textes explorés. C’est une analyse statistique des probabilités de pertinence qui permet, dans un foisonnement de propositions de dégager celles qui ont la meilleur probabilité de pertinence
  2. Dans la psychologie relativiste l’information est faite des images mentales mémorisées dont le sens et la valeur sont définies par les relations logiques de comparaison qui les réunissent. C’est en scannant ce réseau logique que notre cerveau peut intégrer ses nouvelles expérience à leur juste place dans le réseau existant ou rechercher une information.

La structure du modèle de la mémoire sont donc identiques dans l’IA et la psychologie relativiste. Néanmoins il existe également des différences fondamentales qui expliquent pourquoi, aujourd’hui l’IA ne représente pas la conscience de l’humain

  1.  Le formalisme. La mémoire de l’intelligence artificielle est composée d’éléments cognitifs qui vont être des textes, de images modélisées et codifiées aux formats informatiques (.JPG, .png, .tiff …)  des sons modélisés aux formats informatiques (.mp3 …), donc des éléments factuels  codifiés sous forme de 1 et de 0
    Au contraire la mémoire humain peut stocker des éléments non formels et non codifiés comme des odeurs, des impressions des émotions (la moiteur d’un soir d’orage, la fraicheur d’un sous-bois, l’humeur d’une personne, l’ambiance d’une réunions), autant de chose que l’IA ne peut pas conserver (même si elle peut en conserver la description formalisée)
    notons que en ce qui concerne les images, formes et couleurs peuvent être modélisées (table Pantone des couleurs) pour les sons également ils sont modélisable par l‘écriture musicale … et donc proche de lIA
  2. Le raisonnement. Logique  Le raisonnement de l’IA est basé sur ses connaissances cognitives. Tout peut se comprendre et s ‘expliquer (pour peu que l’on ait connaissances des algorithmes qui la gèrent). On peut dire, en quelque sorte, que pour l’IA (comme pour le Don Juan de Molière) : « deux et eux sont quatre ! »
    il en est différemment pour l l’intelligence  humaine. Nous savons gérer « l’à peu près », le « presque mais pas tout à fait », nous jonglons avec l’incertitude. Le sens des mots n’est pas exactement le même pour chacun d’entre nous et pourtant nous nous comprenons, nous avons tous des visions différentes du monde et pourtant nous vivons ensemble, nous ne savons pas toujours exactement pourquoi nous agissons et pourtant nous avançons. La gestion de l’art du flou est la grande force de l’être humain.
    On retrouve, avec l’IA, l’utopie d’Auguste Comte et des positivistes qui pensaient que la science libérerait l’homme de toutes les contraintes, ou encore le debat opposant Niels Bohr partisan du principe d’incertitude dans la théorie quantique et Albert Einstein prétendant qu’une théorie qui repose sur l’incertitude  n’es pas au point. L’histoire a donné raison à l’incertitude.
    L’IA a ce côté technocratique dont on doit se méfier car toute certitude conduit à l’autoritarisme
  3. La capacité de rêve. De par sa vision technocratique du monde l’IA s’interdit de franchir les limites logiques de la raison pure. Elle va donc, contrairement à l’esprit humain, être incapable de produire du rêve ou de l’utopie. Ce sont pourtant les deux grands moteurs de l’action et de la créativité des êtres humains. Comment innover sans être poussé par une bouffée d’utopie, comment inventer si on ne croit pas en ce qu’on pourrait faire.
    Pensons bien que l’intelligence humaine se forme au cours d’une vie. On est d’abord bébé, puis enfant, ado, jeune adulte, adulte, et enfin vieillard. Ce vécu complexe nous forge une identité tout en nuances, en contradiction, autant basée sur l’émotion que sur la raison. Rien à voir avec une IA conçue par des adultes pour des adultes. Pensez-vous qu’une IA puisse discuter, à son niveau, avec un enfant de 6 ans ?
  4. L’intelligence. ChatGPT est une invention prodigieuse dans sa capacité à explorer une énorme base de données et à dialoguer avec les humains dans leurs langages. Mais que l’on ne si trompe pas ChatGPT est une mémoire prodigieuse, mais ce n’est pas une intelligence. En effet, l’intelligence humaine est capable de filtrer les données qu’elle accumule, elle les valorise ou dénigre, elle les sélectionne ou les élimine (chatGPT fait cela mais sur une base statistique et non à partie d’une échelle de valeurs personnelle.). De plus l’intelligence humaine choisi, décide, et prépare une stratégie d’action. Une intelligence doit avoir une identité qu’elle s’est forgé elle-même au hasard de ses expériences.
  5. La pensée universelle. L’IA compile des informations venus de tous bords, de toutes sensibilités, de tous les horizons. Elle en produit une compilation statistique qui a valeur universelle. A divers interlocuteurs qui lui posent la même question elle fournira la même réponse.
    l’esprit humain réagit très différemment sa réponse sera nuancée en fonction de l’interlocuteur. Selon son statut social, son niveau de culture, ses convictions politiques, son âge, l’empathie ou l’antipathie que on lui porte, la réponse pourra varier et pourra même comporter une partie de mensonge !
  6. La morale. Pourra avoir une position, une évaluation des événements (nécessaire pour « matcher » l’intelligence humaine) Il faudra doter l’IA d’une morale. « oui, mais laquelle ? »
    soit l’IA construit elle-même sa propre morale et dans ce cas elle sera dotée d’une « morale statistique » qui sous couvert de plaire à tout le monde sera vilipendée par tous.
    soit on fournit à l’IA une morale « clé en main » et on s’oriente vers la « pensée unique » ou bien on développe différentes IA accédant aux même données mais avec des visions morales distinctes. Une IA de gauche, une IA de droite, une IA catholique, une IA musulmane, une IA sportive, Une IA culturelle …
  7. Les pathologies. Comme toutes consciences l’IA développera ses propres pathologies que l’on pourra appeler bugs. Une intelligence artificielle malade est un danger pour tous si on ne la diagnostique pas. Ces bugs peuvent être de diverses sortes
    — Collecte d’informations erronées dans la base de données (analogie avec la construction de liens erronés dans la conscience àTocs et mal-être)
    — Mauvaise relation entre les données (fragmentation de la conscience)
    — Trop grande rigidité dans l’application des règles (narcissisme et paranoïa)
    Devra-t-on inventer des psychiatres pour intelligence artificielle ?

L’IA  s’avère devoir être un outils formidable dans les domaines technique et statistique (retombées fantastique en médecine), mais ne soyons pas tenté d’être des Prométhéens ou des Sisyphe, voyons dans l’IA un formidable outil de progés, mais pas une nouvelle nature.

Mieux gérer son deuil

« ce qui ne me tue pas me rend plus fort (Nietzsche 1888 »

Un deuil, au  sens le plus large, est la rupture brutale d’une relation affective. Il peut s’agir du décès d’un proche, d’une rupture amoureuse, de la perte d’un objet fétiche, de la perte d’une situation favorable. Le deuil n’épargne personne, depuis l’enfant qui perd son doudou, une séparation amoureuse, un licenciement brutal, le décès d’un parent. Le deuil est à la fois douloureux et nécessaire à la maturation d’un individu. C’est par l’apprentissage de la séparation que l’on peut s’autonomiser, prendre son identité propre, devenir un adulte indépendant. Le deuil est un incontournable de la vie. L’humain a un besoin existentiel d’établir des relations avec ses semblables, ces relations sont éphémères, et la séparation inévitable fait partie de la condition humaine. Apprendre à vivre le deuil est salutaire.

Faire du deuil un événement positif serait bien sûr exagéré car le deuil est une blessure à la fois affective et narcissique, mais le gérer comme un inconditionnel de la vie permet de mieux le supporter.

Dans une blessure affective la réaction est inévitablement affective, c’est à dire hors de tout contrôle objectif par la raison. Essayons donc de dédramatiser le drame, ce qui est assurément pas facile !

Prenons donc le cas de la perte d’un être cher (décès ou rupture).

On ressent un grand vide, une perte des repères, une perte du sens de la vie, une forme d’inutilité des choses. Ce qui était rose devient gris. C’est là que commence le travail, redonner des couleurs à la vie. Bien sûr on ne passe pas directement au rose (qui est une coloration de l’utopie) mais sortons du gris pour repeindre notre univers.

Voyons d’abord ce que peut être ce sentiment de vacuité qui nous assaille. On l’attribue à la perte de l’être cher, au manque de sa personne. Première erreur !

Avant de le(la) connaître on a put être heureux, et croyez en la parole d’un vieil homme, on pourra encore être heureux après. Ce n’est donc pas la personne qui nous fait défaut.

Mais alors, que nous manque-t-il ?

Il nous manque toutes les projections affectives que nous avons construit sur lui (elle), cette euphorie utopique que nous avions créée, cette fusion de nous en lui(elle). Le deuil est moins la perte d’un être aimé que la perte d’une partie de soi-même, celle que l’on avait investie dans l’autre.

Prenons un exemple aussi simple et basique que possible : Je vais acheter un paquet de biscuits. Je choisi une certaine marque parce que je sais que lui (elle) la préfère. C’est un geste naturel quand on aime. Après la séparation, dans la même circonstance je vais inconsciemment me poser la même question maintenant vide de sens. J’ai un moment de flottement, de perte de repères avant de faire mon choix. Certain(e)s continuerons, pour faire durer l’illusion, la marque que lui(elle) aimaient, d’autre ne saurons plus que faire n’étant plus tentés par aucune marque, d’autres enfin finirons par se remettre au centre du jeu et achèterons la marque qu’ils préfèrent. La dernière attitude est la bonne !

Le problème se renouvelle pour toutes les micro ou les macro décisions de la vie, ce qui génère un perpétuel sentiment de vide, d’incertitude, de manque. C’est dû au fait que la situation ayant changé les anciens repères ne sont plus adaptés à la situation nouvelle. C’est ce manque de repères, de positionnement dans la vie qui crée la douleur de la séparation, le sentiment d’abandon.

C’est donc vers la perte de ses anciens repères et la création de nouveaux positionnements qu’il faut agir. Bien sûr c’est plus facile à dire qu’à faire, mais c’est la voie du deuil. Faire son deuil c’est justement d’abandonner ses anciens critères d’évaluation des situations pour se créer de nouveaux points d’ancrage dans la vie et la repeindre de nouvelles couleurs.

Il faut au plus vite oublier l’avant pour se projeter dans l’après. C’est difficile car l’avant était heureux et l’après incertains, mais attention vivre l’avant aujourd’hui est impossible, inconfortable, et source de souffrance. Renoncer et difficile mais nécessaire et mieux vaut regarder devant que derrière. Avant était beau, mais vu avec les yeux d’aujourd’hui il est amer. Mieux vaut l’incertitude que l’amertume.

C’est là que l’expérience de ceux qui ont vécus est utile et croyez-moi par expérience, le bonheur est toujours devant soi, et jamais derrière

Un éloge, timide, de la vieillesse

Dans les temps reculés l’humain vivait environ 40 ans. Le temps de devenir adulte, d’assurer sa descendance, de l’élever jusqu’à l’âge ou elle pourrait se reproduire. L’objectif de la vie était de vivre, se reproduire et disparaître comme le font bien des espèces animales et végétales.

Le génie humain et la médecine sont passés par là et l’espérance de vie est passé à environ 80 ans et cela a changé bien des choses. Après 40 ans l’humain c’est fixés d’autres but pour donner un autre sens à sa vie. Ce peut être la réussite sociale, du caritatif, des collections, le jardinage, refaire le monde, se lancer dans la recherche du progrès ou des plaisirs … qu’importe le chemin choisi, ce n’est pas le but qui compte mais bien de faire la route.

C’est une forme de « fuite en avant » pour échapper à sa condition humaine. Mais vient un moment ou ce n’est plus une option, quand la fuite en avant se heurte au déficit d’après ! C’est la vieillesse

Qu’est-ce que c’est que cette foutu vieillesse ?

C’est bien sûr la fin de la vie, âge ou le corps fatigue ‘en dépit des progrès de la médecine, mais c’est aussi :

  1.  Le moment ou après des années d’expérience la conscience à tendance à se rigidifier, ou chaque nouvelle acquisition remet en cause tant de pensées établies, tant de liens structurant le réseau mental, tant d’éléments à remettre en cause que tout individu à tendance à rejeter toute idée nouvelle. On peut rectifier un édifice qui sort de terre, mais on ne remet pas en chantier une cathédrale une fois achevée.
  2. C’est aussi la période ou après avoir couru après tant de lièvres utopiques, après avoir connu tant de déceptions, que les illusions ne font plus rêver. On ne cherche plus à refaire le monde, on le prends tel qu’il est et on s’en accommode pour les années qu’il nous reste à vivre. Les jeunes verrons cela comme de la désillusion, nous ressentons cela comme de la sagesse ! On peut comprendre les enthousiasmes de la jeunesse (puisqu’on les a connus) mais on ne les partages plus.
  3. Dans la vieillesse on peut encore avoir un avenir devant soi, mais seulement quand on se retourne. C’est pourquoi, nous les vieux on radote en racontant indéfiniment nos guerres anciennes. Pour les jeunes l’avenir est bien plus long que le passé, pour les vieux c’est le contraire. Dans un monde ou la fuite en avant est de mise, on comprends que cela change tout.
  4. Ne recherchant plus les nouvelles expériences on n’a moins besoin de contact. Dans le « jeunisme », boulimique de relations et de contacts on voit cela comme un repli sur soi, une sorte d’indifférence aux autres. On peut voir la coupe à moitié pleine et penser qu’il y a une forme de sérénité, de liberté à ne plus dépendre, être esclave du regard de son voisin. La nature est bien faite, elle nous donne une certaine distanciation du monde au moment où l’on va le quitter.

La vieillesse est un période de la vie, qui comme les autres à ses problèmes. Quand on est jeune on travaille pour remédier à ces écueils dans un futur idéal, pour les vieux ce n’est évidemment plus possible, alors on fait avec. J’ai connu avec intérêt le sursis au service militaire, alors pourquoi pas le sursis au service funéraire !

Pour nos jeunes écologistes je rappellerai  que le geste le plus écologique qui soit pour sauver la planète est certainement la mort des plus vieux, sinon : « attention les yeux ! » notre terre deviendrais invivable, alors « place aux jeunes »

Mais comme disais Brassens « J’ai 25 ans, mon vieux Corneille, et je t’emmerde éperdument !

cerveau et ordinateur, analogies et différences

On a constaté de nombreuse analogies entre l’ordinateur et notre cerveau. Ce n’est pas très étonnant car le principe de l’ordinateur est issu du cerveau humain et comme on dit : « Les chiens ne font pas des chats !».

Analogies structurelles

L’ordinateur est constitué (schématiquement) de :

  1. Une RAM, c’est à dire une zone de mémoire dans laquelle se chargent les instructions de programme et ou se déroulent les opérations et calculs nécessaires. Cette zone est une mémorisation temporaire qui ne stocke aucune information. Toute information est détruite lors d’un changement d’application ou l’extinction de l’ordinateur. Sous instruction, les données de la RRAM peuvent être stockées sur le disque dur.
  2. Un disque dur ou tout autre système de stockage dans laquelle sont stockées les résultats intermédiaires ou définitifs des opérations se déroulant dans la RAM. Ce stockage est permanent et les données subsistent à l’extinction de l’ordinateur.
  3. Une ROM zone de mémoire que l’on peut seulement lire et non modifier qui stocke des informations nécessaires au fonctionnement général de l’ordinateur.
  4. Des périphériques d’entrées qui permettent de charger des informations dans l’ordinateur. Clavier pour charger des textes, clé USB pour charger des fichiers ou des applications, scanner pour charger des images, micro pour charger de l’audio.
  5. Des périphériques de sortie pour restituer à l’utilisateur les résultats qu’il attend. Écran pour montrer des textes, des chiffres, ou des images, micro pou restituer des messages vocaux ou musicaux, clé USB pour récupérer des fichiers, imprimante pour restituer le contenu des écrans.

La structure du cerveau présente de fortes analogies

  1. Lionel Naccache a montré que dans notre cerveau devrait exister une zone analogue à une RAM qui serait une zone transitoire dans laquelle se dérouleraient les traitement de l’information nécessaire au travail de la mémoire
  2. Des zones de stockage dans laquelle sont conservé les informations qui constituent notre mémoire de connaissance. Pour apprendre un texte « par cœur »  il ne suffit pas de le lire, c’est à dire de la charger dans notre pseudo RAM (ce qui nous en fait prendre conscience) mais il faut en plus faire un effort de mémorisation pour en garder la trace dans notre pseudo disque dur et être capable de le « ressortir » à l’occasion. Certains souvenir peuvent s’effacer avec le temps !
  3. C’est un point encore obscure, mais il est certain que quelque part dans notre cerveau se trouve un moteur et les règles qui régissent le fonctionnement de notre cervelle.
  4. Les périphériques d’entrée sont nos capteurs sensoriels. L’ouïe pour les textes et les images, le tympan pour la voix et la musique, les papilles olfactivess et gustative pour déceler les odeurs et les gouts, le toucher pour les sensations tactiles. Ces capteurs communiquent leurs informations au cerveau via le système nerveux.
  5. Des périphériques de sorties qui peuvent être la voix, la main pour dessiner ou écrire. Il n’existe pas de périphériques de sortie pour exprimer les odeurs, les gouts, ou les sensations tactiles. Comme l’ordinateur nous ne pouvons restituer des odeurs, des gouts ou des sensations tactiles. Par-contre il existe d‘autre moyens de nous exprimer, des mimiques, des gestes, le langage corporel, des sueurs, des rougeurs, des tremblements et l’ensemble de nos comportements

On voit déjà que la structure du cerveau et d’un ordinateur sont très similaire

Analogies de fonctionnement

Le principe basic du fonctionnement d’un ordinateur est la représentation binaire des opérations à effectuer. Dans les semi-conducteurs qui « peuplent » les microprocesseurs tout fonctionne sur une base binaire : « 1 ou 0 » « activé ou non activé ». Dans notre cerveau il en est de même. Les connections des synapses des neurones fonctionnent également sur le mode « activé non activé »

Les microprocesseur possèdent des combinaisons de semi-conducteur qui permettent de réaliser les opérations logiques nécessités par les programmes informatiques. On peut imaginer que notre cerveau présente une zone dans laquelle des combinaisons de connections synaptiques miment les fonctions d’un microprocesseur, temporairement ou non … on peut l’imaginer mais faudrait-il encore le prouver !

Différences entre cerveau et ordinateur

Elles reposent, de façon générale, sur le fait que, contrairement à nous, l’ordinateur n’a pas de sentiments, Rappelons que le sentiment est la confrontation de notre perception des situations avec notre vécu historique, et principalement notre histoire la plus récente. Il est notre positionnement vis à vis de ces événements qui va donner naissance à nos comportements (colère, joie, tristesse, ou autres). L’ordinateur « by pass » ce stade du sentiment pour passer directement de la perception (l’entrée clavier par exemple) au comportement (affichage écran par exemple). L’ordinateur est un objet, et par cela il objective tout, alors que l’humain peut être sujet ou objet. Toute relation humaine passe par l’étape du sentiment et l’on peut dire qu’en ces termes l’ordinateur n’a pas de relation avec nous (ou du moins à une relation très différente privé  d’émotion et d’affectif).

Posez la même question à un ordinateur à un mois d’intervalle et vous obtiendrez toujours la même réponse. Si vous posez la même question à un humain à un mois d’intervalle et vous obtiendrez généralement des réponses différentes. Entre temps l’humain aura changé d’humeurs, son histoire récente aura changé et son sentiment vis à vis de la question ne sera plus le même, d’où un comportement différent.

Autre élément, posez la même question à deux ordinateurs chargé des mêmes logiciels et vous obtiendrez la même réponse. Posez la même question à deux humain et vous obtiendrez deux réponse différente, chacun d’eux ayant sa propre histoire.

Si deux humain posent le même question à un ordinateur, ils obtiendrons la même réponse. Si deux humains posent la même question. à un humain, ils obtiendrons généralement deux réponses différentes. En effet la réponse tiendra compte du positionnement du locuteur envers chacun de ses interlocuteurs.

L’ordinateur est privé (à ce jour) d’affectif. Vous n’avez jamais vu un ordinateur se mettre en colère, rire, ou pleurer !

Conclusion

L’ordinateur, comme l’intelligence artificielle, bien que d’une puissance infiniment supérieure à l’intelligence humaine, ont un déficit structurel de jugement affectif ou subjectif. Ils sont magiques pour traiter des données objectivables, que ce soit en  termes quantifiables ou en termes d’opérations logiques mais ils ne possèdent (a moins que le programmeur ne les en ai doté de façon arbitraire) aucun libre arbitre. L’humain a cette faculté de gérer le flou, l’incertitude, le non formulé, le subjectif, l’affectif, qui lui permet la communication avec ses semblables. La relation entre humain ne peut être purement rationnelle et heureusement car on tournerai vite vers les vérités absolues et la pensée unique, causes de bien des conflits.

Freud et moi, pas toujours d’accord

J’ai toujours prôné que dans l’histoire de la psychologie il y avait deux génies, Bouddha et Freud. Le premier car il a inventé la conscience (ou du moins sa structure) et le second car il a inventé l’inconscient.

Je ne parlerai pas ici de la pratique thérapeutique mais de la théorie et des principes de la psychologie

En accord avec Sigmund Freud.

Toute théorie scientifique se base sur des hypothèses et un modèle. Freud a eut le grand mérite de s’intéresser aux deux. Il a fait l’hypothèse de l’inconscient et donné un premier modèle de la conscience sous forme de trois fonctions, zones logiques.

  1. Le ça : la zone de l’inconscient ou naissent les pulsions qui ont pour devenir de s’actualiser dans nos comportements
  2. Le moi : Zone de la conscience cognitive qui gouverne nos comportements raisonnés
  3. Le sur moi : La zone qui autorise ou non l’actualisation de nos pulsions dans un comportement cognitif et raisonné. L’autorisation est donnée au nom d’une morale acquise ou de réactions sécuritaires de préservation. Ce refoulement des pulsions inadaptées et la seconde hypothèse de Freud. C’est cela qui génère, pour Freud, les diverses pathologies mentales

Tout ceci peut, avec de sévères adaptation se trouver en accord avec la théorie de la psychologie relativiste

En désaccord sur le modèle

Le modèle proposé (ça, moi, surmoi) est trop pauvre et mérite d’être enrichi. Dans la psychologie relativiste il existe trois niveau de conscience

  1.  La conscience organique, celle qui gouverne les métabolisme des plantes, des animaux, et des humains (photosynthèse, respiration, digestion, circulation sanguine …) elle est de nature totalement inconsciente
  2. La conscience émotionnelle, celle qui reçoit nos perceptions, nos émotions encore non actualisées dans un univers cognitif. Elle n’est pas consciente du point de vue cognitif (car non représenté dans un univers cognitif) mais reste présente en nous et participe en sous-terrain à nos sentiments, nos comportements (c’est le propre des animaux et des humains).
  3. La conscience cognitive. Elle constituée de la représentation de nos perceptions et de nos émotion sous formes d’images mentales reliées entre-elles par des liens logique de dépendance (comparaison, dénégation, analogie, proportionnalité, choix,) comme pourrait être les opérateurs Booléens ET, OU, NI, SI … ALORS … Chaque image se déduisant des images précédemment acquise par des relations de dépendance qui lui donnent un sens relatif. La conscience devient alors un vaste réseau d’images mentales reliées par des liens de dépendance  
  4. Dans la conscience cognitive on peut ajouter la notion de rigidité ou de laxisme des relations de dépendance. Soit elle ont un caractère totalement affirmatif et sans nuance et la conscience et dites rigide, soit elle ont un caractère plus nuancée, avec un certain niveau de tolérance ou de doutes et la conscience et dites lâche !

Pour faire un rapprochement avec le modèle Freudien, le ça serait la conscience émotionnelle, le moi la conscience cognitive, et le surmoi la rigidité de la conscience.

En désaccord sur le surmoi

La barrière du sur moi (un peu trop moraliste chez Freud) qui interdit à certaines pulsions de s’exprimer et qui les maintient dans un état de refoulement pathologique et remplacée par des erreurs dans la construction du réseau. Si entre deux images mentales se produit une erreur dans la création des relations de dépendances à l’ensemble du réseau on introduit un point d’incohérence dans la conscience. Toute image ultérieure qui viendra se comparer à ce point, même avec des relations cohérentes, sera en décalage avec le reste du réseau On développe alors une branche en discordance avec le réseau généra (on parle de cancer de la pensée !). Cette incohérence est à l’origine de certaines pathologies mentales (mal être, angoisse, maniaco-dépression, schizophrénies, voire certains autismes)

La forte rigidité de la conscience conduit au narcissisme et à la paranoïa, alors que sa trop grande laxité amène à une nature angoissée, (pusillanime, influençable, hysteroïde).

La neutralité du thérapeute

Encore un point de friction avec le maitre. Freud prône la neutralité du thérapeute, le divan, voire une relation dos à dos entre patient et thérapeute. Pour moi, dans la psychologie relativiste il ne peut exister de relation neutre entre deux être. Celle-ci induit un positionnement réciproque donc une interférence. Un relation neutre serait une non relation.

Par contre, il est certain, que le thérapeute ne doit pas être un maitre à penser, un gourou. Il doit simplement épauler le patient dans sa recherche, sa prise de conscience de sa problématique, sans engagement mais pas sans relation, car c’est en elles que se trouve la compréhension.

Freud étudie un individu isolé (bien que face à son environnement) qu’il considère face à lui-même dans ses pathologies. Or un homme isolé n’aurait aucune pathologie, il ne serait jamais orgueilleux, ambitieux, narcissique ou autiste. C’est dans la relation que chacun se vit, c’est pourquoi la psychologie relativiste étudie l’humain dans sa relation aux êtres et au choses.

Conclusion

Le gigantesque travail de Freud à ouvert la voie à la psychologie en général. Mais cette science est restée très expérimentale, basée sur l’examen clinique. Freud avait proposé une première modélisation de la conscience. La psychologie relativiste en propose un approfondissement et une nouvelle orientation, même si l’hypothèse principale reste la notion d’inconscient de Freud. En toute science la base du progrès et la modélisation du phénomène (théorie de la lumière, relativité générale, théorie quantique …).

La notion d’images mentale est, elle, inspirée de Bouddha et de sa notion de Karma, ensemble de représentation liées par des liens de dépendances.

Comme quoi c’est dans le vieux pots que l’on fait les meilleures soupes !

Mécanisme de construction et d’interprétation des rêves

Quand rêves-t-on ?

Nos phases de sommeil sont principalement la phase de sommeil profond et la phase de sommeil paradoxal. Contrairement à ce que l’on a pu penser les rêves se produisent durant ces deux phases, mais de façon plus active dans le sommeil paradoxal.

Pourquoi rêve-t-on ?

Il nous apparaît que notre perception des événements et leur analyse sont quasi immédiate, instantanée. En fait il n’en est rien et le processus d’identification/mémorisation peut prendre un certain temps.

Rappelons cette « blague Suisse » ; Un humoriste fait une blague, et un Suisse en rit. En fait il ne rit pas pour la blague qui vient d’être énoncée, mais pour celle que l’humoriste a lancé trois minutes avant et qu’il vient de comprendre !

Ceci traduit (méchamment) combien le mécanisme de perception/compréhension peut prendre un certain temps, variable selon les individus. Durant ce lapse de temps le cerveau « mouline » pour comprendre (ou pas) et intégrer cette nouvelle expérience.

Dans certaines circonstances l’intégration peut même ne pas se faire. Prenons, par exemple, les survivants de l’attentat du Bataclan. Ils ont subi un choc émotionnel si violent qu’ils en sortent dans un état de sidération totale. Ce choc et si violent, si brutal, si inédit pour eux qu’ils ne trouvent dans leur mémoire rien qui ne puisse s’y rattacher. Cette émotion intense reste au niveau émotionnel sans réussir à s’actualiser, se formaliser dans la sphère cognitive. Ce sont ces émotions enfouies, sans expression de raison, qui vont générer ultérieurement le « syndrome post traumatique ». Chaque fois qu’un événement vécu pourra rappeler le souvenir enfoui, le sentiment de panique ou les cauchemars réapparaitrons. Le temps d’intégration de l’émotion à la mémoire est infiniment long et seule une thérapie appropriée pourra déclencher le mécanisme de formulation qui permettra de « digérer » le vécu traumatique.

Les rêves sont-ils autoalimentés

Notre cerveau peut-il, sans stimulation extérieure produire de nouvelles images mentales ? C’est une question fondamentale dans la production des rêve. On peut trouver plusieurs exemples ou notre cerveau n’a plus besoin de percevoir de nouvelles sensations pour produire des images et s’auto-activer :

  1. Les scies musicales. Il nous arrive d’entendre une musique qui va tourner en boucle dans notre mémoire souvent durant de long moments. On appelle cela « une scie ». Dans ce cas nous allons ressasser cette mélodie (en général une simple phrase mélodique) alors que nous ne l’entendons plus venant de l’extérieur. Le cerveau autoproduit cette musique.
  2. Dans la rumination anxieuse le cerveau en l’absence de toute sollicitation externe, peut produire des réflexions, des contre réflexions qui vont tenter de résoudre l’anxiété qui nous étreint. Le cerveau fonctionne tout seul, en roue libre !
  3. Les souvenirs sont un mécanisme de production d’images par le cerveau à partir d’une sollicitation ayant parfois un rapport lointain avec les souvenirs qu’elle fait surgir.
  4. Le syndrome post traumatique est la résurgence de souvenir non intégrés à notre univers cognitif et qui tentent désespérément de se faire intégrer. En effet sous le coup d’une forte émotion (situation de guerre, d’attentat, d’agression) Les images mentales produites par le perception des événements sont trop violentes, trop brutales, trop soudaines et inédites pour pouvoir trouver leur représentation cognitives. Elles restent « in limbo » en attente de pouvoir s’exprimer dans un univers logique. Elles restent « en souffrance » prêtes à ressurgir à la moindre sollicitation et sont le carburant de la production d’images dramatiques et terrorisantes qui sont le symptôme du « syndrome post traumatique ».
  5. Les rêves procèdent du même mécanisme. En l’absence de toute perception externe (puisque nos sens sont en « stand-by ») nous percevons des images, des histoires qi ont un certain aspect de réalité. Dans la mesure ou durant le sommeil les fonctions cognitives sont e-au repos la logique des associations logiques dans nos rêves n’est plus contrôlée par la raison et peut donner des assemblages hétéroclites.

Le mécanisme des rêves

Envisageons d’abord le mécanisme de la perception des émotions en période d’éveil. Nous percevons, à travers l’un ou plusieurs de nos sens un événement. Les capteurs de nos sens (rétine, tympan, papilles) délivrent au cerveau un ensemble de signaux électriques. Ceux-ci y forment une image mentale qui à ce niveau est totalement dépourvue de sens. La confrontation, comparaison, de cette image avec les images mentales précédemment acquises et explicitées dans notre conscience va développer des relations logiques entre ce nouvel entrant et le réseau de conscience. Ce réseau logique de dépendance va donner un sens à cette image par rapport à tous nos acquis historiques. L’interprétation de ce que nous percevons n’est jamais « absolue », mais relative » et dépends de nos expériences passée, de notre vécu personnel

Le travail de recherche dans la mémoire pour trouver les souvenirs analogues à la nouvelle image est un processus qui présente une certaine temporalité. Il s’exerce durant un certain temps et si les premiers résultats peuvent apparaître très rapidement, le processus peu continuer un certain temps après. Comparons cela à un ordinateur qui peut « mouliner » un certain temps en recherchant des données dans une gigantesque base de données. Durant la période d’éveil ce mécanisme est masqué par toutes les sollicitations qui se présentent à nous à tout instant. Durant la période d’endormissement les réactions cognitives sont majoritairement annihilées et l’expression relative aux émotions enfouies ne peut s’actualiser dans nos divers comportement. Elle s’exprime alors par la réapparition d’images mentales que nous appelons rêves. Ces rêves sont généralement considérés comme fugaces, temporaires, ne laissant pas de souvenir, et pourtant ces rêves peuvent s’inscrire dans la mémoire

On se souvient parfois de ses rêves, non au réveil, mais quelques heure après.

Parfois on se demande si on a déjà fait ce rêve ou si on vient de la faire.

Parfois on repense à une situation sans savoir si on l’a réellement vécue ou si on l’a rêvée.

Les rêves, ou en tout cas certains rêves, laissent une trace dans la mémoire alors que nous n’en avons même pas conscience.

Les rêves sont nécessaires à notre existence car ils permettent de formaliser des images mentales résiduelles qui sans ce mécanisme tourneraient en boucle dans notre conscience sans réussir à s’actualiser. Toute pensée non formalisée est génératrice d’incertitude, donc d’angoisse, car elle ne permet pas de se positionner dans notre conscience. C’est un mécanisme assez analogue au « syndrome post traumatique » dans lequel des perceptions émotives n’arrivent pas à se formaliser.

L’interprétation des rêves

Dans la mesure ou l’on admet que la production des rêves est la recherche d’une intégration logique (même si cette logique nous échappe partiellement)

d’éléments émotionnels au réseau logique de la conscience l‘interprétation des rêves est théoriquement possible. Par contre sur le plan pratique elle n’a encore à nos jours que très peu de sens pour diverses raisons :

  1. Le point de départ des rêves est en général un événement récent qui n’a pas réussi à s’actualiser totalement.  Au réveil on se souvient généralement de la fin de ses rêves, mais rarement du début et ce départ de la construction logique nous manque.
  2. Peu de gens peuvent se souvenir de leurs rêves. C’est une démarche difficile et ingrate que de se réveiller en pleine nuit pour noter le contenu de son dernier rêve.
  3. Les rêves sont éminemment personnels et leur interprétation demanderai une forte connaissance de la vie et de la psychologie du rêveur.
  4. Quant à rechercher des corrélations universelles qui permettraient de définir de grandes lois générales (sur la base de statistique ou d’intelligence artificielle) le matériel, les données manquent pour les établir.

Conclusion

On peut dire que la production des rêves présente (toute proportion gardée) une analogie avec un « syndrome post traumatique » en ce sens ils représentent une nécessité pour notre équilibre psychique

En ce qui concerne leurs interprétations elle demeure possible mais nous manquons cruellement de données pour en débuter l’analyse.

Julien, ranges ta chambre ! … oui, demain !

Voilà l’un des « gros dilemmes » entre nous et nos ados. Il touche tout particulièrement les mamans qui tentent désespérément de passer l’aspirateur entre les chaussettes qui trainent, les blousons, les magazines et les cendriers. Il est clair que la vison de l’ordre varie avec les générations.

C’est tout naturel puisque la structure de la conscience est largement différente entre un ado et un adulte. Pour un ado qui sort de sa période de fusion totale, basée sur le contact émotionnel sans avoir encore acquis la structure cognitive structurée socialement des adultes (ou du moins de la plus part d’entre eux) la structure mentale est encore un peu « en vrac » et n’a pas encore intégré l’ordre social établi.

Pour ranger un objet plusieurs conditions sont nécessaires

  1.  Avoir clairement défini une taxonomie des objets pour assigner à chacun d’entre eux une catégorie
  2. Pour chaque catégorie fixer une position géographique dans la chambre
  3. Avoir le besoin d’assigner à chaque objet sa place.
  4.  Faire l’effort de différer sa passion suivante pour prendre le temps de ranger

Autant de notion qui sont étrangères à nos ados. Dans notre pensée structurée le désordre nous met mal à l’aise. Il traduit un sentiment que les objets échappent à notre contrôle (remarquons que les gens « en contrôle » sont les plus maniaques du rangement). Pour l’ado, le désordre correspond bien à sa structure mentale en vrac et qui est sans doute plus sécurisante que l’ordre. N’oublions jamais que sortant d’une période de fusion l’ado vit encore dans un immédiat assez court, les logiques à termes ne sont pas son truc, hors sans notion de logique pas de notion de rangement. Pour quoi ranger, quand on aura besoin de l’objet on l’aura directement sous la main. Rappelons que le petit enfant n’a pas cette notion de rangement. Il vit dans l’instant et l’objet qu’il vient de quitter ne l’intéresse plus, il n’existe plus.

Bien sûr cette notion de rangement peut s’apprendre par l’éducation, comme une contrainte nécessaire. Certain enfants sont en contrôle, par contrainte familiale ils peuvent devenir des enfants modèles avec des chambres bien ordonnées. D’autres peuvent trouver le désordre trop angoissant et se sécuriser en évitant tout chaos, il peuvent même devenir des « pathologiques du rangement », des maniaques de l’ordre. Cela peut être le fait de certains autistes qui ne supportent pas qu’un objet ne soit pas à la place assignée.

Normalement, c’est une période à passer, le temps de structurer sa conscience et de l’adapter aux réalités sociales :

  1. Les maniaques du rangement resterons des maniaques du rangement. Le besoin de contrôle est trop impérieux pour eux
  2. Normalement, avec la sociabilisation, la structuration logique de la conscience la notion de rangement s’impose. On comprend que c’est plus simple pour retrouver les choses et que dans le « bilans de l’effort » le rangement est positif.
  3. Certains auront du mal à structurer logiquement leur pensée et continuerons à vivre dans la pagaille dans leur tête comme dans leur habitat.
  4. D’autres encore auront une structuration, un sens de la logique suffisamment développé, pour vivre une relation organisée à un environnement « bordélique »

Conclusion

On retrouve là le dilemme éternel entre le besoin de sécurisation et le besoin d’autonomie qui nous suit tout au long de notre vie. Le rangement c’est la sécurisation, « chaque chose à sa juste place », c’est une manière de contrôler les événements, d’éviter les changements et les débordements. Le désordre c’est une sorte de liberté, on évite tous les cadres, tout ce qui fait barrière, on laisse court à la créativité et à l’aléa. C’est évidemment une situation anxiogène car pleine d’imprévu.

C’est l’éternel débat entre Descartes et Épicure, entre technocrates et artistes, entre centres de recherche et production, évolution ou contrôle. Chacun le gère selon sa structure mentale. Évidemment le problème reste toujours celui de la cohabitation entre individu de nature différente. C’est là qu’intervient la tolérance !

De toutes façons : « Ti range ou ti range pas, ti crève quand même ! »

Tolérance : le jugement sur ses semblables

On nous à souvent répété que la tolérance commençait en évitant de juger les gens. Dans cette proposition il y a confusion entre jugement et sentence !

Quand un tribunal juge une personne, tout commence par une évaluation psychologique des parties en litige.

Suit une évaluation du délit, de ses circonstances, et de son contexte.

En fonction de cette évaluation des faits le juge prononce un condamnation (définition des responsabilités) et une sentence (Punition infligée).

L’évaluation des faits est une analyse objective, impartiale, à charge et à décharge, hors de toue contexte juridique. Les faits sont les faits ! Alors que la partie condamnation et sentence est l’interprétation des faits établis en regard d’une morale collective définie dans la loi.

Le jugement et le positionnement

En psychologie relativiste le positionnement est la « colonne vertébrale » d’un individu. Toute relation avec un être, un lieu, une situation est une comparaison, une mise en rapport, un positionnement. C’est cette évaluation des ressemblances et différences qui éclaire le sens de notre vie et notre conscience d’exister. C’est une notion fondamentale. Jamais nous n’évaluons une situation dans l’absolu, mais toujours en comparaison avec ce que nous connaissons, ce que nous ressentons, ce que nous sommes. Il n’y a pas d’être qui ne soit mu par ce besoin de se positionner, par cette nécessité de se sentir exister. Ce type de jugement est une nécessité existentielle.

Le jugement et la condamnation

L’évaluation de ce jugement en regard d’une morale personnelle, civique ou législative et une autre « paire de manche ». En effet cette référence externe induit inévitablement une hiérarchisation sur une échelle basée sur une notion de bien et de mal, de légal ou illégal.

C’est le rôle dévolu à la justice, et à elle seule, de faire ce choix, et cela fait partie des règles du vivre ensemble. Elle s’appuie sur une morale sociale consensuelle reflétée dans la loi.

Dans le cas des « particuliers » cette évaluation entraine le risque d’être confronté à la notion de tolérance ou d’intolérance avec ses limites difficiles à fixer.

La tolérance est l’acceptation du jugement de positionnement sans faire appel à la notion de jugement condamnation. S’il est donc souhaitable (et nécessaire) d’évaluer les gens et les situations pour définir note positionnement par rapport à elles, mais aussi d’éviter toute hiérarchisation dans un système de valeurs externes et donc forcément arbitraires.

Évidemment la limite entre la tolérance et l’intolérance est un curseur très personnel. Il doit être fixé entre le laxisme et la rigueur, aussi près du laxisme que supportable.

Ajoutons que le grand ennemi de la tolérance est « la certitude ». Le sentiment d’avoir raison, contre vents et marées, est une porte béante ouverte sur la psychorigidité, les « pères la vertu », les idéologies totalitaires, l’intolérance religieuses, le terrorisme, et autres dictatures.

C’est la limite de nos certitudes qui fixe nos limites de tolérance

Mémorisation des images, sons, et odeurs

La mémorisation des sensations requière plusieurs éléments.

La perception Par nos récepteurs organiques (vue, Ouïe,…)

L’identification, à partir de référents stables, accessibles et eux même identifiés et mémorisés permettant à chacun de les apprendre de façon univoque

Une clé d’accès pour les retrouver dans notre mémoire

Les images

Pensons bien que ce que nous voyons ne sont ni les objets, ni les personnes, ni les paysages, mais simplement la lumière qu’ils reflètent, qu’ils nous renvoient. En l’absence de lumière les objets disparaissent ou du moins ne sont plus accessibles à notre vue (ils restent perceptibles par le toucher, l’odorat, le gout, ou l’ouïe).

Un rayon lumineux n’ayant pas, en soi, de sens défini, ce n’est qu’un « paquet de photons » qui atteint nos yeux. C’est notre cerveau qui par analyse comparative avec nos apprentissages va lui donner un sens. Qui dit apprentissage dit, évidemment, mémorisation. C’est ce mécanisme d’analyse et de stockage que nous allons étudier.

Lorsqu’un rayon lumineux traverse le cristallin et vient frapper le rétine (pour y former une image … qui soit dit en passant n’a rien d’une image mais une simple activation de diverses cellules de la rétine), il est transformé en signal électrique envoyé au cerveau via le nerf optique. Diverses zones géographique ou logiques du cerveau peuvent alors être mises en activation.

Il se forme alors ce que l’on appelle « image mentale » qui n’a rien d’une représentation graphique ou picturale mais correspond à une activité neuronale plus ou moins distribuée dans le cerveau. Tout ceci n’a encore aucun sens.

Cette « image mentale » va alors être comparée à nos souvenirs mémorisés et interprétés dans notre mémoire pour créer des liens de relation logique entre le nouveau message et ceux déjà mémorisés. Par un processus type ‘trial and errors » on va fouiller nos souvenir pour trouver analogies et différences entre le nouvel « entrant » et les souvenirs.

Prenons un exemple : Je regarde une machine à café. A ce stade je vois un objet mais je ne sais pas ce qu’il est. Je retrouve de fortes analogie entre cette nouvelle image mentale et des anciennes que j’ai apprise : plusieurs machines Nespresso, une machine Philips, une vielle cafetière. Je trouve une analogie avec les machines électriques et une vague ressemblance avec la cafetière. J’en déduis que ce que je perçois est une machine à café électrique. Je note cependant certaines différences avec les modèles que je connais : formes différentes, couleur différentes, etc. etc. Ce sera donc une machine à café électrique mais d’un modèle que je ne connais pas encore. Je peux éventuellement chercher à l’identifier en repérant la marque, voir qu’il s’agit d’une Samsung. Je la mémorise donc comme telle. Elle est donc définie en relation, par rapport à mes apprentissages antérieurs. Cette image sera donc également identifiée par le vocabulaire attaché à mes souvenir comme une machine à café électrique de marque Samsung, ce qui me permettra d’en parler, de la décrire, de communiquer avec mes semblables.

Cette image à donc pris un sens, sa vérité, pas en soi, mais par relation avec mes apprentissages antérieurs. Elle est identifiée, stockée, et formalisée.

Naturellement les relations entre ces images ne se réduisent pas à des critères simplissimes, comme décrit plus haut, mais sont innombrables et touchent de nombreux éléments de ma mémoire

En conclusion la mémorisation de toute image (vue comme une image mentale) implique une capacité de codification, de formalisation données par les apprentissage successifs acquis depuis la toute petite enfance. Cette capacité s’enrichi au fur et à mesure des expériences comme un véritable « langage de représentation ». Pour une image graphique par exemple on apprend à dessiner, à représenter ce que l’on voit. A partir de un an on peut faire quelques traits, puis de vagues bonhommes et maisons. Progressivement le langage de la représentation se développe, se sophistique, et même, pour ceux qui s’orientent véritablement dans l’étude de l’art devenir extrêmement sophistiqué et efficace. On ne dessine pas un cheval sans avoir appris à le faire. Quand on apprend aux enfants, on leur montre des images (la poule, la table, la bouteille …) que l’on associe au langage parlé et écrit pour les plus grands. La mémorisation de l’image, du son, et du visuel écrit sont acquise concurremment. C’était la base du principe d’apprentissage de la lecture par la méthode globale, abandonnée parce qu’elle faisait peu de place à la sacré sainte orthographe.  

Les sons

Il existe trois grandes sortes de son : le langage parlé, la musique, et le bruit

En ce qui concerne le langage parlé nous avons vu que pour les tout petits il était enseigné de façon globale, image, vocabulaire et graphisme écrit pouvant à la fois servir de référence ou de clé d’accès à la mémoire. Plus tard l’approche devient plus analytique, rationnelle cognitive avec l’introduction de la grammaire, de l’orthographe, de l’étymologie et de la sémantique.

 En ce qui concerne la musique, la référence cognitive est bien sûr l’étude de la gamme et des intervalles entre les notes. Nous avons là des références relatives puisque l’on peut, par exemple, chanter une mélodie en partant de n’importe quelle note pour peu que l’on respecte les intervalles entre les notes. Pour ceux qui possèdent l’oreille absolue, ils sont capables de partir sur un sol s’il faut partir sur un sol. Cela est nécessaire pour jouer dans un ensemble c’est pourquoi le chef d’orchestre donne la note de référence (La 435 hertz) pour que chacun s’accorde sur cette référence.

Il est curieux que nous soyons capables de mémoriser une mélodie même si nous sommes incapables de la formaliser en terme ‘écriture musicale. Il n’y a pas que le cognitif qui peut se mémoriser, le ressentit, l’émotionnel peut aussi se graver dans notre mémoire. Par contre il nous faut un point d’accès pour nous en souvenir. Il s’agit souvent d’une image à appeler pour faire surgir la mélodie. Par exemple pour me souvenir du thème musical du Docteur Jivago (Lara) il me faut voir apparaître une image floue et très imprécise d’une forme d’affiche avec Omar Sharif.

En ce qui concerne les bruits le mécanisme est identique. Il faut avoir appris le bruit et défini une clé d’accès (nom, image, contexte) pour le mémoriser et l’identifier. Faute de quoi nous entendons le bruits mais il ne nous évoque pas grand-chose sauf quelques analogies avec des bruits déjà connus

Les odeurs et gouts

Il faut distinguer les gouts qui sont au nombre de cinq (salé, sucré, amer, acide, umami) des odeurs qui sont, elles, innombrables.

Les gouts sont assez faciles à mémoriser puisqu’ils sont à la fois peut nombreux et possèdent des référents faciles à identifier (sel, sucre, paracétamol, vinaigre, Glutamate de sodium). Nous les mémorisons très jeunes (avec un rejet pour les amers) et distinguons même leurs mélanges (pamplemousse sucré-amer), leurs caractéristiques.

Il est intéressant de noter que le gout Umami, développé au Japon est assez mal reconnu en occident. N’ayant pas été identifié et reconnu très jeune nous ne savons pas le percevoir en tant que tel mais nous le rapprochons du gout du Glutamate de sodium, des protéines grillées ou non, sans être vraiment capable de l’assimiler aux quatre autres vecteurs du gout. Si le gout est universel, sa perception dépend des cultures et il n’est pas impossible que d‘autres civilisations découvrent un jour des gouts qui leurs sont propres et que nous ignorons totalement.

En ce qui concerne les odeurs la mémorisation est plus difficile car elles sont en nombre quasiment illimitées. De plus aucune référence n’est universelle car chaque matière à son odeur propre.

Nous mémorisons assez bien les odeurs qui nous sont familière (pain chaud, poulet rôti, menthe, citron, fraise, herbe coupée, etc. etc.) auxquelles nous pouvons associer des représentation imagées (joignant à la fois la perception, l’identification, et la clé d’accès).

Pour les odeurs moins courante, c’est une affaire de spécialiste. Dans certains milieux les gens sont habitués à reconnaître certaines odeurs familières. Un fumeur saura reconnaître entre toutes l’odeur de sa cigarette favorite, un œnologue reconnaitra l’odeur des différents crus et cépages.

Les parfumeurs (les nez) et les aromaticiens (les créateurs des arômes artificiels) peuvent reconnaître l’odeur d’environ 1500 substances qui constituent leur palette de création. Mais ne n’y trompons pas ce n’est pas un don magique mais le fruit d’un long et fastidieux apprentissage, des heures à sentir les odeurs, à les mémoriser, à créer les clés d’accès pour les rappeler à la mémoire. Non seulement un parfumeur pourra, par exemple, reconnaître l’odeur de la rose mais il pourra différencier une rose d’origine bulgare, indienne, marocaine ou de grasse. Là encore c’est le fruit d’un apprentissage.

Conclusion

Toute mémorisation est le fruit d’un apprentissage, rien ne nous est acquis en ce domaine. Cet apprentissage doit être « accroché » par un lien logique à un élément (généralement une image) déjà intégré à notre mémoire. Toute mémorisation comprends deux phases.

  1. Une phase de perception ou l’on s’imprègne du message reçu, on le ressent
  2. Une phase d’intégration ou on le relie par lien logique à nos expériences passées
  3. Un de ces lien va « pointer » vers une (ou plusieurs) clé d’accès qui est l’un de éléments déjà acquis antérieurement

Apprendre par exemple un texte consiste à le lire pour l’introduire dans la mémoire, puis à le réciter pour le fixer et le mémoriser. Pour un texte, en général, c’est la fin d’une séquence, d’une phrase qui fait clé et appelle le début de la phrase suivante.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire la mémorisation ne concerne pas uniquement les éléments cognitifs, formalisés, mais également des éléments purement émotionnels comme les mélodies ou les odeurs

Les mécanismes secrets de la mémoire

Les mécanismes de la conscience sont si rapides, si habituels, qu’ils nous apparaissent naturels et ne demandant aucune investigation.

Connaissance et reconnaissance et recherche sont trois processus mentaux légèrement différent. La connaissance est l’apprentissage de nouveaux concepts et leur insertion dans le réseau de la conscience, alors que la reconnaissance est l’identification de ces concepts par rapport aux connaissances déjà acquises. La recherche consiste à fouiller dans sa conscience en réponse à une question qui nous est posée.

Notons que la frontière entre ces trois notions est ténue et que toute reconnaissance contient sa part de nouvelle connaissance (les situations analysées n’étant jamais strictement identiques) et forcément de recherche

La connaissance ou l’apprentissage.

C’est l’événement fondamental de la construction de la conscience. Nous allons voir comment l’apprentissage (au sens le plus large c’est à dire l’ensemble de nos nouvelles expériences vécues) va constituer l’élément fondateur de la formation de notre identité.

Lorsque nous recevons un message, un information captée par l’un ou plusieurs de nos sens (ouïe, audition, gout, odorat, toucher) il est transformé par ces récepteurs en un signal électrique transmis au cerveau. A ce moment ce signal n’a aucun sens, il ne s’agit simple flux d’électrons circulants via notre système nerveux. Comment celui-ci va-t-il à partir de ce signal nous donner une image, un son, un gout, une odeur ou une sensation tactile ?

C’est un mécanisme relativement analogue à par exemple une télévision. Les signaux optiques ou audio captés par une caméra sont transformés en signaux électrique transmis par fil ou par ondes hertziennes à notre récepteur de télévision. Celui-ci joue le rôle de cerveau (une forme primitive d’intelligence artificielle) qui va traduire et nous proposer une image et un son que nous pouvons comprendre.

La grande différence entre la télévision et notre système mental est que la télévision ne mémorise rien, ou enregistre sans interprétation sur un disque dur alors que notre cerveau décrypte, mémorise, et crée des relations entre le nouveau message et les messages précédemment enregistrés. Le cerveau crée un réseau de connaissances, une gigantesque base de données de nos expériences vécues, alors que la télévision ne fait qu’enregistrer chaque connaissance sans aucune relations entre elles. La conscience est un réseau d’images mentales (données par les signaux électriques) reliées entre-elles par des liens logique de dépendance.

C’est bien sûr ce réseau base de données qui nous interpelle. Lorsqu’un message arrive à notre cerveau qui le compare aux messages reçus précédemment et sélectionne ceux qui peuvent présenter une certaine analogie avec le nouvel entrant. Il va créer des relations logiques avec eux du type :

même couleur, Rien à voir, plus grand que, même situation, plus effrayant, contraire de, inacceptable, vrai, faux, …etc. etc.

Le message sera alors mémorisé ainsi que ses relations logiques avec les autres élément de la mémoire constituant le réseau de la conscience et en même temps notre identité.

En effet chaque nouveau message est mémorisé par rapport à l’ensemble de notre vécu historisé et représente notre positionnement identitaire dans la vie. Cette interprétation personnelle des événement est ce qui nous caractérise, qui constitue notre « ADN mental », ce que nous sommes, bref notre identité.

De ce fait, ayant tous des expériences différentes (légèrement) nous sommes tous différents et notre identité est bien ce qui nous identifie en termes d’être unique.

Dans le tout jeune âge les souvenir sont de l’ordre du ressenti, de la sensation, puis au fur et à mesure de la prise de maturité ils deviennent plus formels, plus définis, plus exprimables avec des mots et des concepts. C’est à partir de quatre ans que se forment premiers souvenirs conscients et échangeables avec les autres.

Notons qu’ils existe ; même à l’âge adulte des souvenir non exprimables comme celui des odeurs, des gouts, non pas pour des raisons de maturité mais parce qu’il nous manquent les identifiants de base pour les formaliser.

Pour les couleurs on peut apprendre aux enfants le rouge, le jaune, le vert à partir de référents externes universels, puis ont leur apprend les mélanges (bleu + jaune=vert, rouge + bleu=violet, bleu + rouge=marron). Plus grand ils peuvent apprendre les nuances de rouge (carmin, vermillon, cerise, framboise) de bleu (ciel, marine, roi, lavande) et toutes les nuances possibles vert Véronèse, jaune citron, j’aune d’or, etc. etc. Pour chacune de ces nuances ont à un référent à montrer et le vocabulaire à proposer.

Pour les gouts, les odeurs, les touchers nous n’avons pas ces référents externes universellement identifiés, ni le vocabulaire associé, ni surtout la volonté d’apprendre. Seuls ce qui en ont vraiment besoin (parfumeurs, aromaticiens) ont développé un vague langage mi commun, mi personnel, mais qui reste primitif par rapport à celui qui permet l’évocation de la palette des couleurs. Pour les gouts et les odeurs nos souvenirs sont très fondés sur des ressentis, des émotions même si certains se raccroche à des images vécues (lavande, citron, cuir, poulet rôti, pizza, hôpital (éther) dentiste (girofle) )

La reconnaissance ou l’identification

C’est un autre élément du fonctionnement de la mémoire qui est de retrouver dans sa mémoire un élément déjà mémorisé et de l’identifier par rapport aux éléments perçus. C’est un mécanisme assez proche du rappel dans la mémoire d’un souvenir anciennement connu.

Le message reçu par le cerveau (image mentale) et confronté au réseau de la mémoire pour rechercher les images mentales susceptible de créer les liens « identique à » ou « similaire à ». Ceci permet d’identifier dans la mémoire le ou les souvenirs déjà identifiés correspondant au nouveau message et ainsi de le définir.

Notons que le lien « strictement identique à » est très peu probable dans la mesure ou  deux expériences ne sont jamais similaires. La vie ne se répète pas ! Toute reconnaissance s’accompagne toujours d’un mécanisme de connaissance (apprentissage) et d’enrichissement de la conscience. Le même objet, par exemple, n’est jamais vu de façon identique, soit que le contexte, la lumière, la position, voire notre humeur soient différentes.

Le rappel de souvenir ou la réponse à une question

Nous sommes souvent confrontés à la situation dans laquelle une question nous est posée, soit par un interlocuteur, soit par un événement qui nous interpelle. Prenons un exemple :

On nus pose la question : « Quelle est la date de la bataille de Marignan ? »

Nous répondons immédiatement : « 1515 »

Voilà qui paraît évident ! C’est en fait un ensemble de processus complexe qui comporte

  1. Identification du message. C’est le processus habituel du décryptage d’un message (verbal, audio, voire odorant, gustatif ou tactile.) commun à tous les processus décrit
  2. Identification de ce message comme une question soit par sa syntaxe, son intonation, ou l’interrogation qu’elle nous pose personnellement.
  3. Recherche dans notre réseau de conscience des liens de similitude qui pourraient répondre à la question. Pour cela il nous faut trouver le ou les bons points d’entrée dans le réseau qui cheminant au travers les liens logiques nous amèneraient à la réponse recherchée. Il arrive que nous ayons la sensation de connaitre la réponse tout en étant incapable de la retrouver. C’est qu’il nous manque le point d’entrée, la clé, pour accéder au labyrinthe de la mémoire. Imaginez que vous recherchiez chez vous votre téléphone. Vous ne savez plus ou vous l’avez posé, impossible de la retrouver. A partir d’un autre téléphone vous l’appelez et la sonnerie vous donne un indice de là où il se trouve. Il sonne dans le salon ! entrons on l’entend sonner sur la commode, voilà on le trouve. Reviennent alors à la mémoire les éléments qui nous auraient permis de le retrouver. On est entré dans le salon, on nous a appelé dans une autre pièce, nous avons machinalement posé le téléphone sur la commode (un endroit où on ne le pose jamais). Si nous nous étions souvenu d’avoir été appelés cela aurai suffit à créer le point d’entré dans nos souvenir. La sonnerie du téléphone à constitué un autre accès (un indice) pour développer une chaine logique qui nous a amené à l’objet

Conclusion

Tous ces mécanisme mentaux qui nous paraissent si évidents sont le fruit de toute une organisation structurelle de notre conscience. La mémoire consciente (celle formalisable dans les codifications sociales) comme la mémoire inconsciente (celle que l’on ne peut formaliser et qui reste du niveau du ressenti) sont un réseau complexe, une gigantesque base de données dans laquelle nous fouillons en permanence pour ajouter, rechercher, nuancer, les souvenirs de notre vécu. Plus les souvenirs sont récents, plus ils occupent une position extérieur dans le réseau de la conscience et plus nous y accédons facilement. Plus ils sont profonds et anciens et moins nous les retrouvons (car le chemin d’accès est plus long). Ceci est à nuancer avec l’impact qu’a eut sur nous ce vécu.

Inversement dans la destruction par l’Alzheimer ce sont les souvenir les plus superficiels qui s’effacent en premier les souvenirs anciens étant plus résilients

Mieux comprendre nos adolescents

Il y a deux virages importants dans notre vécu, la naissance et l’adolescence. Ce sont les deux périodes ou notre système de référence, celui qui nous définit, est totalement chamboulé.

Dans le ventre de sa mère, « in utéro », le bébé développe des relations sensorielles avec l’environnement maternel. Elles sont surtout basées sur nos sens les plus archaïques : Le toucher, l’ouïe, et sans doute les goûts et odeurs. Brutalement, à la naissance, ces repères sont perdus et le bébé doit reforger des nouveaux repères dans de nouvelles relations. La présence de la mère reste fondamentale à ce premier stade. Le père est encore, presque, un inconnu qui va devoir commencer à jouer pleinement son rôle. Le bébé tout en restant en relation fusionnelle (sur le mode de la sensation, de l’émotion) va commencer à initier son appréciation cognitive de l’univers

Le passage à l’adulte

A l’adolescence encore un virage fondateur ou l’ado va passer d’une relation de fusion au monde (émotionnel) à une relation empathique (cognitive). C’est une évolution difficile et anxiogène. L’enfant vivait dans son monde, englobé dans sa bulle de relations affectives à son environnement. Il était le centre de son univers dans un narcissisme infantile. Sa vision du monde ne tenait compte que de sa relation personnelle à son environnement. Il découvre, petit à petit, que ses parents, ses frères et sœurs, ses éducateurs … ont une vie et des relation en dehors de lui. Il n’est plus le centre du monde mais il n’en est qu’un point parmi d’autres, un élément d’un réseau. Toutes ses références constituées autour de sa relation aux autres ne sont plus suffisantes pour le situer dans l’univers qu’il découvre. Il doit maintenant tenir compte des autres et de leurs relations propres. Souvent ses amis relationnent au même objet que lui, mais avec des points de vue différents. Ceci complique la relation qu’il a avec eux. Il passe d’un univers mono centré autour de lui à un univers multi centré. Relationner avec un réseau d’amis et plus compliqué que relationner avec un cercle ! Cela demande infiniment plus de doigté, de souplesse, de tolérance, de largeur de vue donc un positionnement moins rigide mais donc moins stable.

Alors qu’à la naissance le changement est brutal, immédiat (mais sur une conscience peu riche et donc plus facilement adaptable) l’adolescence s’étend sur plusieurs années. C’est une évolution progressive mais que subit une conscience déjà riche et structurée. A la naissance le bébé a peu de choses à oublier et à reconstruire, à l’adolescence c’est tout un univers qui s’étiole et qu’il faut rebâtir.

Pour l’ado c’est un véritable deuil. Il doit abandonner toutes ses références infantiles pour se lancer dans un univers d’adulte dont il est loin d’avoir toutes les clés. Quitter le cocon sécurisant de la famille pour ouvrir la porte d’un nouveau monde sans références est anxiogène et loin d’être facile. Les adolescent sont forcément flottants, instables, influençables. Ils se cherchent désespérément, se raccrochent à des identités de substitution, vivent en plein paradoxe qui les rend difficile à comprendre.

Ils sentent le besoin impérieux de quitter l’univers de la cellule familiale et d’exister par eux même. Pour cela ils ont besoins d’utiliser la seule référence à leur disposition et notamment les parents. C’est un modèle qu’ils rejettent par nécessité de s’en libérer mais qui est en même temps le modèle d’adulte qu’ils connaissent le mieux et vers lequel ils tendent. Ils ont encore du mal à se sortir de leur vision fusionnelle et à distinguer la double vision de leurs « parents éducateurs » qui l’ont épaulé et dirigé durant l’enfance et celle de leurs « parents adultes » qui va leur servir de modèle pour l’avenir. Ils doivent passer doucement de la vision de ces parents comme l’éducateur qui les empêchent de grandir à celle de l’adulte qui va les aider dans le futur. C’est une période de « rébellion » inévitable mais nécessaire.

Quel devrait être le rôle des parents en la circonstance ?

A situation ambiguë, réponse ambiguë ! L’adolescent a besoin de ce conflit, de cette « rébellion » pour sortir de son enfance. Les parents sont, en la matière, un excellent « punchingball ». L’ado peut facilement s’opposer car il sait que ses parents l’aiment et ne lui veulent pas de mal, ils sont le sparring-partner idéal. Le rôle des parents est difficile car il faut recevoir les coups, les rendre mais sans faire mal, il faut perdre le combat (c’est la loi de la nature et la nécessité d’émancipation) mais quand même offrir une résistance acharnée pour que la victoire ne paraisse pas trop facile. L’ado ne doit pas gagner par K.O. au premier round, mais « aux points » après un beau combat sportif mais « fairplay » qui laisse les deux parties fières de leurs prestations.

Le point délicat et celui de la liberté que l’on accorde à l’adolescent. Elle doit être progressive et suivre les capacités d’autonomie de l’ado. Pour lui elle est toujours trop restreinte, pour les parents toujours trop large. De là le conflit pour acquérir l’indépendance. Voyons cela comme une « décolonisation » programmé qui va toujours trop lentement pour le « colonisé » et trop vite pour le « colonisateur »

La sexualité

Mais ce n’est pas le seul problème de l’adolescence car c’est également le temps de la découverte de la puberté, de la sexualité … et ce n’est pas rien. L’attraction entre filles et garçons et encore un terrain d’incertitudes et de sourde angoisse (nous l’avons tous vécu !). Voilà un domaine ou les ados n’ont de référence ni apprises par l’expérience ni enseignées par l’éducation, c’est difficile à gérer.

L’instinct sexuel est sans doute la pulsion la plus forte de notre espèce car c’est elle qui conduit à la reproduction et donc à la pérennité de « l’homo sapiens sapiens ». Pourtant rien ne prépare nos ados à l’aborder, et au lieu de l’aborder ils l’affrontent ce qui n’est pas la meilleur façon de la vivre et source de conflit. La faute en revient bien sûr à notre pudibonderie qui en fait un tabou. Les parents sont censés préparer les enfants à la vie et en la matière ils manquent totalement à leur devoir.

C’est difficile pour un ado de sentir en lui monter un instinct animal dont il n’a pas les clés pour le sociabiliser. On s’étonne qu’ils soient attirés par la pornographie, mais quoi de plus normal. Si on veut apprendre l’informatique, on prend des cours, on lit des livres, on pioche sur internet, si on veut apprendre la cuisine c’est idem. Si on veut apprendre la sexualité on n’a pas de mentors, pas de professeurs, pas de bibliothèque, alors on cherche là ou l’information est disponible : « la pornographie sur internet ». On pousse tout le temps nos ados à apprendre, à enrichir leurs connaissances pour devenir des citoyen cultivés et responsable de leur vie. C’est ce qu’ils font de façon anarchique avec la pornographie : « apprendre pour gérer ».

C’est une totale hypocrisie de s’affoler de cet attrait de nos enfants pour la pornographie alors que nous en sommes les premiers responsables pour avoir manqués à nos obligations de parents ou d’éducateurs

Le besoin d’absolu

Les adolescent sortent de la période de fusion dans laquelle tout est possible, puisque l’on est le centre du monde. Il découvrent l’univers cognitif, celui de la réflexion, de l’esprit critique, mais il est à peine ébauché, embryonnaire et simpliste. La combinaison de ces deux univers confère à l’adolescent un besoin d’absolu. Il s’agit d’un radicalisme conjoncturel qui doit se distinguer du radicalisme structurel qui ne disparaitra pas avec ma maturation. L’adolescent s’enflamme pour des causes, plus par romantisme, par vision simplificatrice que par rigidité de pensée. Plus sa conscience cognitive s’enrichira, plus l’adolescent prendra de l’esprit critique, le sens de la nuance, le doute. Il deviendra adulte. C’est une période que les parents doivent vivre avec attention pour éviter que ce qui est un penchant de jeunesse ne devienne un engagement à terme. Un adolescent en perte et en recherche de repères est facilement influençable (alors qu’il le nie et se croit tout à fait maitre de ses opinions) c’est une proie idéale pour le gourous de toutes sortes, les fournisseurs de références simplistes, et les idéologues radicaux. Charge aux parents de veiller au grain, discuter, argumenter sans contre dire, canaliser sans diriger. Discuter même si on n’a l’impression de « parler avec une brouette ». Pour parodier Talleyrand « discutez, discutez, il en restera toujours quelque chose ! ». La pire chose est de baisser les bras

La drogue

Cette période de flottement est une période de vulnérabilité à toutes les addictions : Drogue, Cigarette, Alcool. L’absence de repères solides amène à rechercher dans des « shoots » immédiats un point d’ancrage dans la réalité. Toute sensation forte donne, un instant, le sentiment d’exister qui manque aux individus en perte de repères. L’état flottant des adolescent les pousse inévitablement (mais plus ou moins) vers la recherche de ces moments forts. Les points de repère qu’on put fournir l’environnement familiale (même s’ils ont été mal vécus) seront le barrage aux tentations de l’addiction

Conclusion

On voit comme l’adolescence est une période difficile à vivre pour nos enfants. Rappelons que sur le plan social c’est aussi le passage de l’enseignement secondaire à l ‘enseignement supérieur ou au monde du travail, le Bac étant une forme de rite initiatique à cette transition. C’est pour beaucoup la première fois ou l’enfant est confronté à une épreuve pour laquelle il ne peut compter sur personne que sur lui-même. Parents, argents, protections sont inopérantes.

Mieux les comprendre ce sera mieux les aider.

Comme disais Hugues Auffray « Pour faire un homme, mon dieu que c’est long »