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Les études ayant trait à la psychologie

Le narcissisme en politique

On a vu apparaître ces dernier temps un certain nombre de dirigeants autocratiques et aisément qualifiés de dictateurs. Certains ont été élus « démocratiquement » (Hitler, Trump, Erdogan, Poutine) d’autres ont été portés au pouvoir par un coup d’état ou une révolution supportée par le peuple (Staline, Mao, Castro). Sans aller à ces extrêmes on ne peut nier que la plupart des dirigeants politiques ont un ego fortement dimensionné. Si l’on prend les postulants à l’élection présidentielle en France on voit mal lequel serai dépourvu d’un fort narcissisme.

Il est donc légitime de se poser la question de savoir pourquoi, quel que soit le régime constitutionnel d’un pays son dirigeant est, souvent malheureusement, un Narcisse !

A propos de régime précisons d’abord la confusion générale entre démocratie et république. La démocratie est le gouvernement par le peuple. Elle s’oppose à la royauté de droit plus ou moins divin (Gouvernement par dieu). La république est une forme de démocratie dans laquelle la volonté du peuple s’exprime à travers un ou des représentants élus. La dictature peut être vue comme une forme de démocratie dans laquelle le dictateur prendrait en compte la volonté du peuple, une république peut être totalement anti démocratique lorsque les élus obéissent à la volonté d’un seul homme, comme par exemple dans les républiques socialistes soviétiques dans lesquelles les représentants du peuple(le parti) étaient inféodés à Staline.
pourquoi donc le « bon peuple » se choisit-il des dirigeant à l’ego sur dimensionné ? on peut en donner diverses raisons

  1. Pour avoir la simple prétention de diriger un pays il faut avoir une certaine dose de confiance dans ses capacités à faire l’unanimité et à s’imposer à tous. Les prétendants sont forcément imbus d’eux même.
  2. La bataille est si forte pour arriver à la première marche de la hiérarchie politique que seul ceux capables d’un investissement total peuvent y postuler
  3. Parce que chacun d’entre nous a besoin de se sentir positionné en haut de l’échelle. N’en ayant, généralement, pas la capacité nous projetons la réalisation de nos désir sur l’homme providentiel qui sera, par procuration, notre porte-parole, le représentant de nos désirs narcissiques. C’est pourquoi l’élection de notre favori est toujours fêté comme une victoire personnelle

Nous sommes tous profondément narcissique. Pour vous en rendre compte faites une petite expérience. Mettez-vous debout et regardez tout autour de vous (à 360°). Vous percevez le monde, votre monde dont vous êtes indubitablement le centre !

Vous pouvez imaginer comment un autre observateur, situé dans un autre lieu peut percevoir son monde. Vous pouvez l’imaginer, le construire intellectuellement, mais vous ne pourrai jamais le vivre.

Le petit enfant est narcissique (c’est toujours le cas en situation de fusion). De ses parents ils ne voit que ce qui le concerne, qui le touche. Il ne peut imaginer qu’ils aient une vie en dehors de lui. Ce n’est que petit à petit, avec ses nombreuses expériences extérieures à son milieu qu’il pourra imaginer des relations entre ses parents et d’autres proches (le reste de la famille, les professeurs, les voisins …). Il construira un monde en dehors de lui fait de multiples relations complexes voire contradictoires. C’est alors qu’il n’est plus purement animal mais qu’il devient un humain.

Ce quasi inévitable narcissisme de nos classes dirigeantes à évidemment le danger de ses dérives.

  1. Dérive autocratique. Se croire le meilleurs, le centre du monde entraine forcément un comportement pour le moins directif, voir autocratique. Les autres étant, par principe inférieurs (Puisque l’on est supérieur) leurs décisions son forcément moins bonne que celles du leader qui doivent logiquement s’imposer.
  2. Un narcissisme contrarié vire inévitablement à la paranoïa. Rappelons-nous les délires de Hitler, Staline, Poutine, voyant tout les contestataires comme des ennemis, de traitres, de véritables dangers.

C’est à nous, le peuple, de mieux choisir nos dirigeants, d’éliminer tout ces prétendants délétères, ces Machiavels, ces porteurs de malheur.

PS. La narcissisme que je décris ici peut paraître en décalage avec celui des psychologue (primauté de l’image de soi), mais à y réfléchir cette vision centripète du monde, cette vision à travers soi-même, c’est bien le même narcissisme.   

Le mécanisme des achats compulsifs

L’achat compulsif est une pathologie qui touche environ 1% de la population mondiale. C’est un acte d’achat qui échappe à tout contrôle de la raison, poussé par une pulsion irrésistible, et qui, généralement, échoue sans son but de donner satisfaction.

Il est précédé de la notion de création du besoin sous forme souvent addictive. Nous décrirons dans ce qui va suivre le mécanisme mental qui se nourrit de ce besoin.

Supposons la naissance d’un besoin pour un article donné (cela peut être n’importe quoi, y compris un concept abstrait).

Chez la plus part d’entre nous ce besoin passe au filtre de la raison : « en ai-je vraiment besoin », « quel satisfaction cela va m’apporter », « entre-t-il dans mon budget ». Soit une analyse critique de la situation qui va déterminer ou non mon acte d’achat.

Chez un individu atteint de « le fièvre acheteuse » le besoin nait, en général, sur un terrain déjà addictif dont avec une très forte pulsion.

Prenons l’exemple d’un achat sur internet. On commence à chercher (merci Google, Amazon, Ali baba !) les diverses propositions pour cet article. Celui-ci a tel avantage, mais aussi des points faible, celui-là comble les points faibles mais perd l’avantage du précédent, cet autre paraît très bien mais il est trop cher.  A force de chercher on finit par se focaliser sur la recherche de « l’élu de notre cœur » au point d’en oublier notre but initial qui était la satisfaction d’un besoin. On entre dans la confusion du but et du moyen. Notre but initial qui était la satisfaction d’un besoin devient maintenant celui de la recherche de l’objet idéal. Le moyen qui en était la recherche devient maintenant le but. La satisfaction du besoin n’est plus que le prétexte à la recherche.

L’analyse critique ne porte plus sur : « cet objet va-t-il satisfaire mon besoin » mais sur ai-je bien trouvé le bon article ! L’analyse étant conclue je n’ai plus qu’à passer au clic final qui va conclure mon achat.

On ne sait plus du tout si on a fait un bon achat et dans la majorité des cas l’objet va nous décevoir ou apparaître inutile.

On pourrait trouver d’autres exemples de confusion du but et du moyen dans les achats sur « téléachat », les démarchages à domicile qui nous font confondre la satisfaction de notre besoin avec le choix de l’article idéal. C’est tout l’art de la vente de mettre en avant les qualité (prétendues) de l’objet sans poser le problème de la satisfaction éventuelle de notre besoin !

Dans l’achat compulsif il y a au départ un terrain addictif. Celui-ci crée un besoin exacerbé qui fait perdre tout recul sur la situation au sujet. Cette pression enclenche le mécanisme de la recherche du « mieux disant » qui à l’analyse critique du besoin substitue l’analyse critique de l’objet.

Il s’agit bien d’une addiction puisque l’achat ne résout pas le problème et que, comme, dans toute addiction il demande à être réitéré.

La confusion du but et du moyen recouvre une confusion sujet -objet

Perception et images subliminales

Les spécialistes des neurosciences ont montré que, si rapides soient-ils, les processus mentaux avaient une certaine temporalité. La transmission des information au, et dans le cerveau prend un certain temps. Bien sûr celui ci se mesure en fraction de seconde ou de millisecondes, mais cette transmission n’est pas instantanée. Ceci pose le problème des « images subliminales » : Combien de temps doit durer une perception pour effectivement impressionner notre cerveau ?

Livrons-nous à une petite expérience. Supposons que l’on vous montre durant un certain temps l’image d’un visage ou un objet connu. Combien de temps doit durer cette exposition pour que vous puissiez le reconnaître. ?

Il n’est pas question ici de mesurer objectivement cette durée (ce qui supposerait un appareillage hautement technique) mais contentons-nous d’une vision qualitative. Comme le dirait le regretté Fernand Raynaud pour reconnaître un visage, l’exposition doit durer « un certain temps ! ». Voilà qui paraît une plaisanterie, mais il est certain (par expérience) qu’une exposition trop courte ne nous permet pas l’identification de la personne ou de l’objet, alors qu’une exposition un peu plus longue nous le permet. Ceci montre que ce processus d’identification n’est pas instantané mais nécessite une certaine durée de perception.

Mais le processus de reconnaissance est un processus cognitif qui met en jeu notre conscience cognitive. Il est basé sur une recherche dans notre mémoire d’analogies avec des expériences vécues précédemment (il est certain que pour reconnaitre un visage, un objet, et l’identifier il faut l’avoir précédemment connu et identifié)

Qu’en est-il de la perception d’une image subliminale faisant appel à l’émotion ? la perception émotionnelle est-elle instantanée ou procède-t-elle d’une certaine temporalité ?

Il est impossible de répondre à cette question puisque la perception émotionnelle (la sensation) reste du domaine inconscient tant qu’elle n’est pas formalisée en un message cognitif. On ne peut que supposer que fondée sur les mêmes mécanismes biologiques (connections neuronales) la sensation obéi aux mêmes lois que la perception cognitive et possède, donc, une temporalité.

Tout ceci remet, un peu, en question l’hypothèse que des images subliminales pourraient influencer nos comportements. Il faudrait qu’elles durent un certain temps en étant moins subliminales que prévu. En effet soit-on les reconnaît et l’on ne peut plus les qualifier de subliminales, soit-on ne les identifie pas et il est difficile de dire quelle est leur influence.

Précisions de vocabulaire

Il est un certain nombre de mots qui bien qu’utilisés couramment non pas un sens parfaitement défini. On se sert indifféremment de l’un ou de l’autre, ce qui entraine un certain flou dans la compréhension puisque chaque mots représente l’ensemble des significations de chacun. Pour lever l’ambiguïté essayons de donner un sens précis à chacun d’eux.

Humain, Homme, Femme

Le mot Humain sera réservé à la désignation des membres de l’espèce humaine (homo sapiens), le mot Homme désignera les individus Mâles et le mot Femelle désignera les individus Femelles

Perception, sensation, sentiment, attitude, intention, Comportement

C’est l’ensemble des éléments constitutif de ce que l’on appelle généralement l’émotion. Rappelons que la peur, la colère, la joie ne constituent pas des émotions, à proprement parlé, mais des comportements relatifs à une sollicitation émotionnelle.

  1. La perception est la réception d’un message (Audio, visuel, olfactif, gustatif, ou tactile) par nos récepteurs sensoriels qui le transforment en signal électrique envoyé au cerveau par notre système nerveux.
  2. La sensation est l’activation des zones de notre cerveau activées par ce signal électrique. A ce stade le message n’a aucun sens, ni émotionnel, ni cognitif. Il constitue une simple perception sans aucune signification. C’est ce que l’on appelle une image mentale.
  3. Le sentiment nait de la confrontation de cette sensation à d’anciennes sensation préalablement interprétées par notre cerveau. Cette analyse relative va définir des liens logiques entre cette nouvelle sensation et les sensations équivalentes. Ces relations seront du type : « Plus grand, plus petit, plus rouge, moins dangereux, aussi bénéfique, plus choquant, … ». Elles peuvent être innombrables et variées. C’est à travers elles que va se définir la sensation pour devenir un sentiment de nature émotionnelle ou cognitive. La situation vécue va alors prendre un sens en rapport avec le vécu historique de l’individu. L’image mentale lié au réseau de la conscience par des liens logiques de causalité enrichi le réseau de la conscience, ce qui participe à l’élaboration de l’identité.
  4. L’attitude ou positionnement par rapport à l’événement, est défini par les relations logiques que la sensation de la situation a développée avec l’histoire de l’individu. Elle va être sa vision personnelle de la situation, comment il se positionne par rapport à elle, comment il se défini dans la situation.
  5. Les intensions sont évidemment dépendantes de l’attitude adoptée. Elles constituent le désir de réponse à la situation envisagée
  6. Les comportements sont la mise en œuvre des intensions précédentes. Elles peuvent constituer en des réactions somatiques (suées, rougeurs, tremblements, nausées, palpitations …) ou en des réactions comportementales (Joie, colère, peur, défi, tristesse …)

L’ensemble de ces phénomènes constitue ce que l’on peut appeler : « L’émotion »   

Angoisse, anxiété, peur

Encore des mots qui sont souvent pris l’un pour l’autre. Essayons de leur attribuer un sens précis

  1. L’angoisse est une sensation liée à la perte de repères. L’individu se sent « flottant », mal défini. Étant mal identifié il lui est difficile de se situer par rapport aux situations, aux autres. Cela crée une sensation de malaise, de mal-être. Il ne s’agit ni d’un comportement, ni d’un sentiment, mais d’une simple sensation, un climat, une impression indéfinie qui se reproduit chaque fois qu’un individu, soit n’arrive pas à se créer des repères solides, soit qu’il perde momentanément ses repères établis. L’individu vit avec la sensation d’un danger pressant mais non identifié. L’angoisse est inhérente à tout être humain, elle est la source du besoin de positionnement.
  2. L’anxiété survient lorsque l’angoisse se cristallise sur une menace précise. Il s’agit, de façon générale, d’une situation de danger dont on ne peut prévoir l’issue :  Négative, Neutre, voire positive. L’anxiété vient avec l’incertitude. L’individu va évidemment chercher une attitude pour parer au danger imminent. Bien sûr selon la solution qu’il envisage son attitude sera différente. S’il envisage une issue positive il se rassurera, mais immédiatement il envisagera que l’issue peut également être négative et devra définir une nouvelle parade au danger. Il oscillera entre vision positive ou négative privilégiant la pire si c’est un personnage angoissé. Cet aller et retour défini, dans l’anxiété, le mécanisme de rumination.
  3. La peur est la crainte d’un danger imminent dont l’issue est prévisible. Le positionnement devient clair, il faut faire face au danger et trouver la meilleure parade. La peur peut générer la panique si l’individu ne trouve pas de solution, elle devient alors paralysante. Au contraire si l’individu envisage une parade possible (et s’il a confiance en lui) la peur peut devenir mobilisatrice et exalter la force de vivre. Certains individu utilise ce sentiment de peur contrôlée pour mieux se sentir exister dans une « poussée d’Adrénaline.

Bien sûr ces situations ne sont pas totalement indépendantes, l’angoisse génère souvent de l’anxiété, et cette dernière n’est jamais dépourvue d’angoisse. La peur sous-tend toujours un certain niveau d’anxiété.

Doute, Hésitation

  1. Le doute se présente comme une analyse critique des situation, il consiste donc à prendre un certain recul dans ses jugements. C’est, en général, le sentiment que la réponse à une situation peut prendre des formes différentes (le plus généralement deux, par exemple droite ou gauche, vrai ou faux, oui ou non). L’individu est alors face à un choix pas toujours évident
  2. L’hésitation survient quand l’individu s’avère incapable de faire ce choix. Elle correspond à une difficulté à prendre ses repères vis à vis de la situation

Le doute résulte d’un analyse lucide de la situation, c’est donc un point positif et raisonné, une prise de recul. L’hésitation est connexe de l’anxiété et en présente toutes les caractéristiques.

On peut dire que :

  1. Mieux vaut une mauvaise décision que pas de décision du tout. En cas de mauvaise décision on peut éventuellement « redresser la barre », en l’absence de décision on ne contrôle rien du tout
  2. Si on hésite fortement entre deux positionnements qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, on peut choisir n’importe lequel, puisqu’ils sont sensiblement équivalents

Conclusion

Il est fondamental pour la compréhension de clairement définir les mots que l’on utilise. On ne peut traduire une pensée claire par des mots flous et imprécis, et on ne peut comprendre une pensée claire si on n’a pas une définition précise des mots qui la traduisent

Certitudes et incertitudes

Dans des précédents articles j’ai eu l’occasion de parler de l’influence des certitudes et des incertitudes sur les comportements humains.

La certitude correspond à une structure mentale rigide, sans nuances, manichéenne, sans capacité de négociations. Toute remise en cause et niée car la structure figée ne peut admettre de modifications. Elle enferme l’individu dans un « Ghetto » de personnes ayant les mêmes convictions. Elle mène au narcissisme et en cas de contradiction à la paranoïa.

L’incertitude est génératrice d’angoisse, d’anxiété. Incapable de se forger les repères stabilisant l’individu reste dans un doute permanent sans pouvoir en sortir. Il a un comportement pusillanime, flottant.

L’être humain se débat entre ces deux extrémités. La certitude qui est sécurisante mais sclérosante et l’incertitude angoissante mais ouverte sur les autres

Prenons l’exemple de la campagne de vaccination

  1. Nous sommes en présence d’un virus inconnu, dont on connaît à peine le mode de transmission (on ne connaît toujours pas la genèse de la pandémie), contre lequel on n’a aucun traitement. C’est une situation d’incertitude totale devant un danger, inévitablement génératrice d’angoisse.
  2. Plusieurs laboratoires mettent au point des vaccins donnés pour efficaces ce qui pourrait être un point d’ancrage pour une perception sécurisante de la situation.
  3. Les personnes à conscience rigide, hostiles à toute situation incertaine, recherchent à tout prix une voie de sécurisation, un positionnement stable. La seule option parfaitement déterminé qui leur est offerte c’est le déni. Ils nient la pandémie, nient l’efficacité du vaccin. Pour justifier cette position insoutenable ils invoquent des mensonges d’état, des complots, le danger d’une médication nouvelle. Ils ont maintenant leur écriture de l’histoire qui légitime leur position. Ils s’arc-boutent sur leur argumentation et les voilà dans une position sécurisante parce que clairement tranchée. Ils n’ont aucune confiance dans les spécialistes mais ils font confiance en leur jugement, Ce qui dénote un certain narcissisme.
  4. Pour les personnes à conscience mal définies, c’est le doute qui l’emporte. Pandémie ou pas pandémie, vaccin efficace ou non, vaccin dangereux ou non ! « Dans le doute abstient toi », ils restent dans l’expectative. Leur réponse est : « J’attends ». Si on leur pose la question : « Qu’est-ce que tu attends ? » ils n’ont pas d’autre réponse que « j’attends de voir » Ce qui n’est pas vraiment une réponse et surtout ce n’est pas un positionnement par rapport à la situation. Toute question sans réponse claire pose problème !
  5. Entre ces deux extrêmes on trouve une majorité de Français qui eux aussi doutent (ce qui est une position tout à fait raisonnable !) mais qui font le choix d’une autre solution. Ils admettent que le problème les dépasse et se retournent vers des personnes en qui il peuvent avoir une certaine confiance : Médecins, Virologues, Épidémiologies, Gouvernants. Il ne s’agit pas d’une confiance absolue mais de s’en remettre à des personnes qui présentent une certaine crédibilité à leurs yeux. Le doute (raisonnable) n’empêche pas la confiance, selon le vieil adage : « Une mauvaise décision vaut mieux que pas de décision du tout »
  6. Les personnes à conscience rigide ou mal définie vivent sur la peur. Celle de se remettre en cause et de se déstabiliser pour les première, la peur des conséquences d’une mauvaise décision pour les seconde
    « La peur est toujours mauvaise conseillère ».
    Ces « fameux rebelles » sont plutôt des gens qui ont peur de la vie !

La certitude, mère de tous les abus

Nous avons vu dans un article précédent comment l’incertitude était source d’angoisse pour l’être humain et combien il recherchait la certitude pour se sécuriser.

Cependant, l’excès de certitude à également des cotés pervers.

La certitude est l’assurance pleine et entière de l’exactitude de quelque chose.

Comment se forgent les certitudes ?

Elles sont le fait d’une conscience rigide. C’est à dire que les relations causales entre les images mentales qui peuplent la mémoire sont sans nuances. La causalité est brute et sans possibilité de négocier. La vision du monde est manichéenne, en blanc ou noir. Non seulement les opinions sont tranchées, mais toutes nouvelles situations vue à travers ce filtre sont vécues sur le même mode. La conscience se construit, ainsi, sur ce schéma simplement binaire.

Cette rigidité de la conscience ne peut accepter la nuance sans se mettre en porte à faux, sans se mettre en danger, sans être déstabilisé. Sur une situation, un discours, une idée, qui pourrait remettre en question sa vision schématique du monde, cette individu préfèreras la nier que de ce remettre en cause. Il se réfugie donc dans ses certitudes pour mieux se protéger dans une position narcissique et paranoïaque.

Les certitudes sont-elles d’origine innée ou acquise ?

Elles sont acquises et forgées par l’environnement. Existe-t-il des terrains privilégiés à cette rigidité ? c’est vraisemblable mais pas établit. Par contre il est certain que l’éducation, le milieu est le vecteur de cette vue simplificatrice. Un argument pour privilégier la rigidité acquise est que de nombreux individus ont une grande rigidité dans certains domaines (la religion par exemple) tout en gardant une certaine ouverture d’esprit dans d’autres domaines. Ceci indique que cette rigidité de pensée est plus due à une interaction avec l’environnement qu’a une prédisposition structurelle.

La religion et les certitudes

Il est avéré que la croyance religieuse est essentiellement apprise. Le besoin de religion, de certitudes existe en chacun d’entre nous (par besoin de sécurisation, de références simples et intangibles) mais c’est dans un milieu Catholique que l’on devient Catholique, dans un milieu Musulman que l’on devient Musulman … etc. etc.

Mais la religion détermine des certitudes, « le dogme ». Si on croit en dieu, on est bien obligé de croire en ses règles et ses commandements. A la question : « les religions sont-elles compatibles avec la république ? » on doit, en premier lieu répondre par la négative. Suivre les lois de dieu assure son éternité, alors que les lois de la républiques ne vous protège que le temps d’une vie.

Pourtant de nombreuses religions arrivent à coexister avec des lois républicaines. C’est parce que les lois de dieu (qui dans mes croyances ont été définies par des hommes) sont très proches des règles du « vivre ensemble » définies dans les divers modèles de sociétés. Aider les plus faibles, ne pas nuire aux autres, ne pas accaparer leurs biens, … tout ceci est commun aux lois divines et aux lois des hommes. Sauf sectarisme effréné les religions peuvent se vivre en république. Naturellement si des religieux s’attachent non aux dogmes fondamentaux sensés venir de dieu, mais à des rites développés par l’usage dans les églises (chants religieux, communion, confession, voile, ne pas manger de porc, messes, shabbat, kippa) alors l’accord avec la république peut être en défaut. Venant de gens très religieux qui prennent ces rites pour des dogmes incontournables, l’opposition peut être très violente.  

La radicalité

C’est encore une autre façon de voir les certitudes. La raideur des opinions peut se produire dans bien des domaines, elle forme le lit, notamment, des idéologies. La pensée communiste, finalement assez proche des morales religieuse, a causé des ravages quand des idéologues radicaux s’en sont emparés. En URSS, en Chine, à cuba, le parti communiste, la dévotion radicale au « parti » à supplantée le respect des humains. Évidement l’idéologie Nazi est l’archétype de la radicalisation aveugle et incontrôlée. Daech et les groupes terroriste Musulmans ont commis nombre d’atrocités au nom d’une lecture littérale du Coran. Bien sur les leaders de ces mouvement ne sont pas toujours des psychorigides, mais plutôt des narcissiques qui utilisent l’arme de la radicalité pour manipuler les foules et assouvir leurs besoins de domination

Conclusion

La certitude est le travers qui justifie toutes les actions, même les plus horribles. Sans le doute tout est possible, tout est permis. Le sentiment d’avoir raison, de détenir la vérité permet d’agir, en dehors de toute culpabilité, puisque on agit dans le sens de la vérité, de la raison, et, peut-on le croire pour le bien de tous. En ce sens les religions, les idéologies peuvent pousser à l’excès.

Cette attitude psychorigide qui découle du sentiment de certitude pousse au développement d’un comportement narcissique qui contrarié peut aboutir à une forme de paranoïa.

L’incertitude mère de l’angoisse

Avant toutes choses posons quelques définitions

Positionnement : C’est le jugement critique que l’on porte sur les objets, les êtres, et les situations. Il défini notre relation avec ce qui nous entoure, comment nous nous situons dans notre environnement grâce à une évaluation critique. L’ensemble de ces positionnement au cours de notre vie représente notre identité, comment nous nos définissons dans notre environnement.

Angoisse : c’est la sensation d’une perte de repère par apport à notre environnement, de perdre son identité, d’une difficulté à se positionner, se définir, donc à exister

 Anxiété : Elle nait quand l’angoisse se fixe sur un objet ou une situation dangereuse dont on ne peut prévoir l’issue fatale ou anodine. On va osciller entre pessimisme et optimisme dans la mesure où l’on ne peut avoir une évaluation précise du danger.

Peur : Elle survient en situation de danger imminent et à issue certaine. Elle nous pousse à réagir pour trouver la meilleure parade ou le meilleur échappatoire.

Émotions : Elle nait de toute perception, à travers nos cinq sens. Celle-ci, transmise au cerveau sous forme d’impulsions électriques va être analysée par comparaison avec notre vécu historique pour définir notre sentiment de la situation, notre attitude par rapport à elle, notre positionnement. De cela vont découler nos comportements en réaction à ces émotions.

L’être humain a la capacité de représenter ses émotions dans un réseau d’images mentales reliées entre-elles par des liens logiques de causalité. Ce sont ces liens logiques qui donnent leur sens à ces représentations et créent ainsi notre positionnement dans la vie. Malheureusement ; l’humain, en a également l’absolue nécessité. Alors que l’animal peut se positionner dans la vie sans faire appel à des représentations (uniquement par ses sensations, ses sentiments) l’humain ne peut se passer de son réseau de représentations. Non pas qu’il ne possède pas comme l’animal un réseau de sensations, mais il ne peut se passer de se situer dans son univers cognitif. S’il ne peut représenter logiquement un événement et ne peut donc se positionner par rapport à lui, l’humain ne peut ressentir cet événement. Ceci déclenche le phénomène de l’angoisse, de la perte de contrôle devant un événement.

Lorsque l’on joue au tennis, on nous apprend, au début à toujours frapper la balle en position bloquée. En effet, dans ce cas, on a à juger uniquement du mouvement de la balle. Si au contraire on frappe la balle en déplacement on doit juger du mouvement de la balle, de son propre mouvement et de la corrélation entre ces deux faits. C’est évidemment beaucoup plus complexe.

Ceci pour illustrer comment il est difficile de se positionner par rapport à un objet mal défini. D’où la sensation d’angoisse devant une situation que l’on arrive pas à définir clairement, à représenter logiquement

C’est pour éviter cette situation angoissante que l’humain se voit dans la nécessité de se représenter clairement les situations

Cette angoisse est un ressenti non défini, une sorte de néant. Ce n’est pas à proprement parlé un sentiment, c’est plutôt un état, un terrain sur lequel vont se développer ses comportements.

Lorsque l’angoisse se cristallise sur un événement particulier, un danger potentiel, se développe le sentiment d’anxiété avec son va et vient de crainte et d’espérances, sa rumination.

L’humain a un besoin absolu de se positionner dans la vie et c’est pourquoi il redoute l’incertitude. Pour beaucoup d’entre nous mieux vaut une fausse vérité (fake news) solide et simple qu’une vérité incertaine, donc complexe, vis à vis de laquelle il est difficile de se positionner de façon stable.

Dans la vie, nos comportements seront toujours dirigés vers la certitude, vers la sécurisation.

Le tableau de la violence

Devant tout situation un être humain a besoin de se positionner, de se situer. Évaluer une situation nous permet de nous en faire une représentation intégrée à notre système de pensée. C’est notre façon de vivre un événement, de nous sentir exister par rapport à celui-ci, de le vivre, donc d’avoir la conscience de participer à son histoire, en quelque sorte d’exister. Le positionnement est notre manière d’être à travers la relation que nous entretenons avec les situations vécues, à travers la représentation que nous nous faisons de notre vécu. Nous ne vivons pas les situations mais la représentation que nous nous en faisons !

Nous passons notre vie à juger les situations et les autres. C’est notre nature. Précisons que jugement, qui est une évaluation critique des événements ne veut pas dire condamnation qui est une prise de position morale, sociétale pat rapport à ce jugement en fonction de critères fixés à l’avance.

Ce besoin de positionnement s’accompagne chez nous d’un besoin de sécurité qui nous pousse à chercher un positionnement qui nous donne une situation dominante par rapport à l’événement, une situation de contrôle de celui-ci. C’est l’origine même de la notion de violence

La violence est l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments naturels.  La violence traduit toujours un désir d’action.

Dans notre mauvaise habitude de classifier les choses par leurs effets plutôt que par leurs causes nous assimilons sous le vocable de violence des relations à l’autre bien différentes. Les mêmes causes produisent les mêmes effets mais les  mêmes effets ne proviennent pas forcement des mêmes causes,

La violence physique

  1. La violence ordinaire, celle qui nous touchent tous. Celle qui nous pousse à nous « engueuler » avec quelqu’un qui nous « double dans la queue », un employé de la poste qui n’agit pas comme nous l’aurions souhaité, un conjoint pour des motifs futiles, etc. etc. Derrière cette violence se cache toujours un sentiment individuel de frustration et d’impuissance.
  2. La violence dans la foule, celle qui se produit lors des débordement dans les manifestations. Elle recouvre évidemment un sentiment de frustration de d’impuissance à obtenir ce que l’on réclame, mais également un sentiment d’entrainement. Voir « les autres » avoir des comportements transgressifs, accompagné du sentiment d’impunité que donne l’anonymat permet de laisser éclater la frustration. C’est d’abord la colère, puis le passage à l’acte. La sur enchère des plus actifs fait monter le niveau de violence des moins actifs jusqu’à la limite de tolérance qui existe (heureusement) même pour les plus violent. N’ayant pas de « bouc émissaire » présent cette violence se tourne vers le matériel, voire vers les forces de l’ordre, vues non plus comme des êtres humains mais comme des représentations virtuelles de l’opposition à leurs désirs
  3. La violence froide et calculée du sadisme, c’est un cas bien différent de pathologie sadique. Là encore le reconnaissance par une autorité facilite le passage à l’acte. Il s’agit là moins d’une action que d’une forme de revanche !

La violence morale

  1. Le harcèlement moral. C’est encore une forme de défoulement sous couvert d’anonymat. Il concerne, bien sûr, ceux qui s’exposent sur les réseaux sociaux et ceux qui sont à l’affut de toute occasion pour exprimer leur violence refoulée. C’est un curieux phénomène ou certains insultent des personnes qu’ils ne connaissent pas, parce qu’elles ont écrit des choses dont elles ne savent pas qui les lira ! J’écris de façon anonyme pour des gens que je ne connais pas dont certains vont insulter des personnes qu’ils ne connaissent pas. Un vrai dialogue de sourds et d’aveugles.
    Un point intéressant à noter est que le profil des harceleurs est très voisin de celui des radicalisés. D’un côté des narcissiques paranoïaques qui ne supportent pas une opinion qui puisse les remettre en cause et de l’autre des individus à personnalité faible qui se donnent une allure de puissance en imitant leurs leaders narcissiques.
  2. La domination. Il y a, c’est certains, une forme de violence dans l’abus de position dominante. Qu’il s’agisse d’un supérieur hiérarchique sur un subalterne, d’un homme sur son épouse, d’un détenteur sur un solliciteur, il s’agit toujours d’une forme de chantage de celui qui peut sur celui qui ne peut pas. On veut en faire le « chemin de croix » des femmes, mais c’est une vue restrictive car ce genre de domination touche également les hommes
  3. La violence « à bas bruit » des groupes de pression. C’est une violence sociétale générée par la structure même de la société (souvent qualifié comme « le système », une sorte d’entité presque transcendantale, extérieure à nous, qui nous dominerais). En fait, ce fameux « système » nous en faisons partie, nous y contribuons tous, il est notre culture collective. Il n’en reste pas moins que ce « système » dans lequel nous ne trouvons pas la place que nous souhaiterions avoir est vu comme une violence qui induit chez certains un sentiment de frustration, donc une porte ouverte à exprimer leur propre violence.

Conclusion

On voit comment la violence peut prendre plusieurs visages. Elle peut prendre plusieurs formes et a de nombreuses causes. Néanmoins un élément semble être un invariant dans toutes ces formes, c’est le sentiment de frustration et d’impuissance à s’affirmer.

Prenons le simple exemple d’une altercation entre deux personnes dans la rue. Tout débute par un litige, aussi futile qu’en soit la nature. On commence par s’expliquer, chacun veut faire entendre raison à l’autre, le ton monte, devient pus que vif, on s’insulte, et finalement on en vient au mains. Classique ! Chacun est frustré de ne pas pouvoir avoir raison, la verbalisation échoue à résoudre le problème, chacun (ou au moins l’un des interlocuteur) ressent son impuissance à faire entendre son point de vue par la raison. Il oublie donc ce mode de fonctionnement et retourne à un comportement régressif, primaire et proche de la nature qui est la violence physique.

Ceci explique clairement pourquoi ceux qui manient le moins bien les idées et la langue sont plus enclins à tomber rapidement dans l’affrontement physique. Les plus cultivés, plus intellectuels irons plutôt vers la violence morale.

Lutter contre la violence supposerait lutter contre les frustrations qui nous titillent tous. C’est malheureusement une vision utopique car ce sentiment né de la comparaison entre ce que nous rêvons pour notre vie et ce qu’elle est vraiment n’est pas près de s’éteindre, il fait partie de la « condition humaine ». Cette utopie est de la même nature que celles de l’égalité, de la fraternité, de la liberté, des rêves inatteignables !  L’utopie et joyeuse et roborative mais elle est, inévitablement, suivie de la déception.

Dans nos société modernes, effrayées par toute violence physique, on pense que verbaliser sa frustration, l’exprimer dans une discussion peut permettre de l’exorciser et de la combattre. Je n’en suis pas persuadé. Nos sociétés, pour combattre la violence physique ont inventées la violence morale (qui n’existait pas dans les sociétés primitives) à travers les institutions et leurs lois, à travers les religions et leurs commandements, les morales et leurs règles. Il n’est pas certain qu’un coup de poing ou une gifle fasse plus de mal qu’une contrainte morale, une domination psychique. Qu’est-il préférable, avoir à faire appel à un médecin ou à un psychologue pour réparer les dégâts de la violence ?

L’appel à la violence est inévitablement lié à notre besoin de positionnement. Celui-ci induit des inégalités, donc des frustrations. On ne peut envisager d’éradiquer la violence, elle est inhérente à notre type de relations. Par contre, on peut la canaliser, la sublimer. Bien sûr cela reviendrait à remplacer la frustration initiale par une autre, celle qui nous retient d’être violent. La psychologie relativiste peut nous donner une piste. La frustration vient du fait que nous passons trop rapidement du positionnement vis à vis d’une situation (jugement critique) au verdict ou à la condamnation. La psychologie relativiste nous montre que l’on peut juger sans condamner, c’est à dire se positionner sans hiérarchiser. Je prends un exemple simple : le racisme. On peut juger qu’il y a des différences morphologiques qui permettraient (c’est loin d’être évident) de classifier les êtres humains en catégories taxonomiques que l’on pourrait appeler races. Ce n’est pas du racisme, c’est un simple effort de classification. Le racisme né quand, à partir de cette classification (ce jugement) ont veut établir une hiérarchie entre les races (verdict, condamnation). Classifier ne veut pas forcément dire classer ! Accepter de voir les différences entre chacun sans vouloir en tirer des conséquences hiérarchiques de domination permet d’éviter le sentiment de frustration qui anime celui ou ceux qui ont le sentiment d’être dominés. Oui nous sommes tous différent, non il n’y a pas de meilleurs et de moins bons.

Admettre que dans un litige, dans une confrontation, il y a une vérité et une seule, revient à admettre qu’il y a au-dessus des hommes une entité supérieure qui fixe cette vérité ou cette morale. C’est une vision quasi religieuse qui dépouille les hommes de leur destin. A chacun sa vérité, selon son vécu, ses expériences, sa culture. On ne peut juger d’un litige avec un code pénal pour l’une des parties et un code différent pour l’autre partie.

Rythmes et sons en psychologie relativiste

Il est des choses qui nous paraissent si naturelles, si évidentes, que nous n’en voyons plus la complexité. Avoir envie de danser au son d’une musique en fait partie. Pourtant il peut paraître étrange qu’un émotion auditive puisse déclencher un tel comportement !

Certaines musiques donnent envie de danser (reggae, disco, Jazz …) d’autres non (musique classique, exception faites des valses de Strauss ou du boléro de Ravel, ou encore le Rap).

Quels sont dans une musique les éléments qui nous donnent envie de bouger ?

  1. Avant tout le rythme, le tempo. Il doit être régulier, ni trop rapide ni trop lent, environ deux coups par seconde
  2. Il doit comporter un élément de « syncope » qui induit un « rythme dans le rythme ». Ceci accentue l’envie de bouger
  3. Être accompagné d’une ligne mélodique aussi simple que possible, mais qui synchronisée avec le « tempo » est entrainante.

Ce sont ces éléments qui constituent ce que l’on appelle une « musique dansante ». Ce constat étant fait nous n’avons résolu que la question du comment sans aborder celle du pourquoi ! C’est là le point délicat.

Dans les danses des société primitives (non au sens négatif, mais au sens de primarité, originel) Un simple rythme, un rythme simple accompagnait la danse. Un battement de tambour régulier (boum, boum, boum…) suffisait à accompagner la danses qui consistait généralement à se déplacer d’un pied sur l’autre, généralement en tournant en rond pour rester dans un lieu dédié à cette danse. Il est difficile, pour moi, de dire si c’est le rythme du tambour qui donne l’envie de danser ou si c’est le besoin de danser pour des question rituelles qui doit s’accompagner du battement du tambour. Ce qui est certain c’est que ce déplacement en rythme crée un état, sinon de transe, du moins d’une perte de la conscience cognitive au profit d’un vécu plus émotionnel. C’est un phénomène bien connu des adeptes du Jogging. A bout d’un certain temps, la fatigue aidant, le coureur se « vide la tête » et ne vit plus qu’au rythme de sa foulée et de sa respiration. On ne peut évidemment pas parler de transe ou d’état de méditation, mais on s’en approche.

Ultérieurement les danses dites « folkloriques » ont introduit la syncope (boum, badaboum, boum, badaboum) et une ligne musicale simple, répétitive, et peu variée. Alors on peut dire la musique donne l’envie de danser, même si en même temps le besoin de danser, de faire la fête précède souvent l’appel à la musique.

De nos jours la musique dites « dansante » nous donne envie de danser même dans des circonstances ou le désir de danser était loin de nos préoccupations. La musique « dansante » est de nos jours rythmée, syncopée, mais maintenant variée.

Ce petit et rapide historique ne nous apporte pas encore d’explication sur le rapport entre la perception auditive d’une musique et le comportement dansant qu’il déclenche. Nous restons dans le domaine du comment mais toujours pas du pourquoi !

A ce stade je « sèches » un peu et je me contenterais d’émettre quelques hypothèses et les suggestions des lecteurs me seraient très utiles pour éclairer les nombreux point qui m’échappent. N’hésitez pas à envisager les idées les plus farfelues, le fonctionnement de notre cerveau est toujours si surprenant qu’il échappe souvent à ce que nous pensons être la logique. En recherche, en « brain storming » on doit tout envisager, l’hypothèse la plus folle peut souvent ouvrir la porte vers la plus logique. 

Après tout, ce blog n’est pas là pour apporter des solutions, mais pour ouvrir des réflexions. Ouvrons donc quelques pistes :

  1. Quand nous recevons un message de notre environnement (quand nous vivons une situation) celui-ci comporte généralement des éléments émotifs (le non-dit) et des éléments cognitifs. Comme je l’ai expliqué dans l’article«  Les émotions et la construction de la conscience notre cerveau décrypte ce message, lui donne un sens, et le mémorise tant dans ses composantes affectives que cognitives. Ceci va déclencher, en réaction, des comportements cognitifs logiques (formation d’une pensée) ou des comportements émotifs (suées, tremblement, palpitation, rougeurs, diarrhées …).  Le battement d’un tambour étant, à priori dépourvu de tout sens logique on peut s’attendre à ce qu’il déclenche un comportement exempt de toute logique, de nature purement émotionnel, réactive et incontrôlée comme le mouvement.
  2. Autre hypothèse, plus fantaisiste : La fréquence des rythmes qui nous font danser est proche de la fréquence de nos rythmes cardiaques. S’agit-il d’une coïncidence ou d’un besoin d’harmonie, un plaisir dans le synchronisme, un sorte de recherche d’une situation fusionnelle ? J’en parles, mais je n’y crois pas trop ! Par contre il est certain que nous sommes accoutumés à « bouger » dans une certaine gamme de rythmes. Plus vite nous perdons vite les pédales, plus lentement suppose un relâchement que tous ne possèdent pas.
    La perception du rythme est avant tout une perception du temps ou plutôt devrais-je dire de la durée. Lorsque nous appréhendons un rythme nous évaluons, en fait, la durée entre deux stimulations. Chaque élément de rythme a, comme chaque élément de temps, un début, une fin, et donc une durée. Dans cette perception du rythme nous évaluons cette durée, non pas à l’aide d’un instrument de mesure comme une horloge, mais par rapport à une référence interne, une sorte de base de temps qui nous serai innée ou acquise. Peut-on trouver là un point de liaisons avec les nombreuses théories sur les « rythmes biologiques » (sommeil/éveil liés à l’alternance des jours et des nuits, rythmes alimentaires acquis culturellement, fréquence cardiaque …)
  3. Un point intéressant est le comportement des petits enfants (3 à 5 ans) quand ils entendent de la « musique dansante » il se mettent à mimer des pas de danse. Bien sûr il y a dans ce comportement une part de mimétisme inspiré par leurs parents, mais leur spontanéité donne quand même à réfléchir. Par contre les animaux, qui sont un peu au même stade de développement intellectuel que les petits enfants ne sont pas sujets à ce phénomène.
  4. La répétition prolongée de gestes crée une forme d’anesthésie de la pensée, c’est une forme de déni, une façon de se vider la tête, et de tout oublier, tracas ou joies. C’est par ce type de processus (accompagné peut être de quelques plantes hallucinogènes) que les tribus primitives et les chamanes atteignent un état second qui peut même leur faire oublier la douleur.
    Le rythme répétitif étant « anesthésiant et faisant le vide dans le cerveau celui-ci se trouve, momentanément, débarrassé des pensées (négatives ou autres) donc en situation apaisée. Il est donc prédisposé à des comportement positifs, et notamment à agir pour se sentir exister. La réaction ne pouvant être du domaine du cognitif elle se manifeste par un comportement moteur. Celui-ci sera en phase avec le rythme entendu sous peine de générer un sentiment de désaccord désagréable. C’est le principe de la danse que de bouger en synchronisme avec la musique.
  • Nous avons toujours tendance à nous adapter aux événements extérieurs, le besoin de se mettre en phase avec le rythme entendu, simplement en battant la mesure avec le pied, nous permet de nous situer, de nous positionner par rapport à lui. Ce n’est pas possible dans le cas ou le rythme audio est aléatoire, par contre s’il présente une certaine régularité cela devient possible. Il doit être suffisamment répétitif pour engendrer un besoin de positionnement, et suffisamment varié pour continuer de surprendre et de créer l’émotion.
    En toutes circonstances nous avons tendance à adapter nos comportements à la situation offerte par notre environnement. Pour la plupart d’entre nous il s’agit de se retrouver en harmonie avec ce qui nous entoure, car c’est pour nous une situation sécurisante exclue de tout conflits. Rien d’étonnant que nous puissions adapter notre comportement moteur au rythme qui nous est proposé.

Conclusion

Comme tout message l’écoute d’un rythme audio provoque une émotion, qui comme toute émotion provoque un besoin de se positionner, de ce mettre en phase avec la sensation perçue. La meilleur façon de se situer vis à vis d’un rythme est d’y participer, et ce par un comportement dynamique, moteur. Ce comportement sera non cognitif, car le message est ainsi, donc non contrôlé, reflexe.

Cet embryon de proposition n’est pas vraiment satisfaisante, et si certains d’entre vous ont des suggestion à apporter, des expériences vécues à raconter, elles seront les bienvenues !

Anxiété et matraquage des médias

Il n’échappe à personne quel lorsqu’un événement anxiogène survient nous sommes abreuvés, saturés, d’informations dans les médias (presse, radio, télévision). Cette sur information et d’autant plus étonnante que généralement elle n’apporte aucuns éléments nouveaux mais se contente de rabâcher les faits largement connus, de les décortiquer mille fois pour spéculer sur leurs éléments inconnus. Pourquoi étaler en quelques heures ce dont le contenu nécessiterait quelques minutes ?

Il est de bon ton de critiquer les médias et leur comportement diarrhéique, mais ceux-ci ne font que fournir ce que nous leur demandons. Il s’agit donc d’un phénomène psychosocial qui mérite que l’on s’y intéresse.

Avant tout, et pour éviter toutes confusions donnons quelques définitions :

  1. L’angoisse. Il est difficile de définir l’angoisse car il ne s’agit pas d’un sentiment formalisé mais d’un état, d’un terrain sur lequel vont se construire nos comportements. L’être humain a besoin de se positionner, de créer ses références pour fabriquer son identité. C’est elle qui le défini en tant que ce qu’il est, en tant qu’individu. En l’absence de ces références l’être humain ne se ressent pas, il est flottant, indéfini, sans relations précises avec son environnement. Sur ce terrain mouvant il ne peut rien construire de solide, rien de sécurisant. Sa personnalité sera flottante, il ne se sentira à l’aise nulle part car on ne peut jamais positionner un objet en déplacement aléatoire. Freud situerait l’angoisse dans l’inconscient, je préfère la définir comme un état. Dans les deux cas on ne peut jamais la décrire, on ne peut qu’en décrire les conséquences.
  2. L’anxiété. Il s’agit là d’un sentiment c’est à dire de l’évaluation d’une situation par rapport à ce que nous sommes, de notre positionnement par rapport à notre environnement.
    Le sentiment d’anxiété survient lorsque nous sommes confrontés à une situation dont l’issue pourrait nous être pénalisante sans que nous puissions dire comment, quand, avec qu’elle intensité, avec qu’elle issue elle peut se produire. L’anxiété se fonde sur l’incertitude, et l’on discerne facilement sa relation avec l’état d’angoisse.
    Dans de telle conditions notre premier réflexe est d’envisager une réaction pour éviter le danger qui nous menace, trouver les parades pour y échapper. Malheureusement l’évolution de la situation ne nous est pas connue et il est difficile de trouver la parade à un événement inconnu. Nous essayons d’envisager une issue et d’y trouver la réponse adaptée. Mais, bien sûr, d’autres issues sont possibles pour lesquelles notre première réponse ne sera pas adaptée. Nous devons donc trouver une nouvelle réponse mieux en accord avec la nouvelle situation. Notre esprit tourne « en boucle » envisageant les nombreuses issues probables, positives ou négatives, définissant à chaque fois la réponse adaptée. Aucune ne peut être satisfaisante puisque l’issue nous est, par principe inconnue. Pourtant notre besoin de sécurisation nous pousse « quoi qu’il en coûte », comme dirait notre bien aimé Président, à en trouver une.
    Ceci décrit le phénomène de rumination spéculative, comportement qui décrit le mieux le sentiment d’anxiété. Nous l’avons, un jour ou l’autre, tous connu à des degrés divers selon le potentiel d’angoisse qui nous caractérise.

Ceci posé On comprend mieux la position des médias devant ces événements anxiogènes. Je l’ai déjà dit, les médias nous fournissent (pour les majeurs) ce que nous attendons d’eux. L’Humanité ravi les nostalgiques du communisme, Le Figaro la bourgeoisie de droite, Valeurs actuelles a son public à l’extrême droite Etc. Etc. Chacun vend à chacun ce qu’il a envie d’acheter.

Dans le cas d’un événement anxiogène, le plus récent étant la pandémie de Covid 19, nous avons besoin d’éléments pour alimenter notre mécanisme de rumination spéculative. Or, ce sont des situations qui nous échappent car bien peu d’entre nous (excepté les intarissables hommes politiques) on les connaissances nécessaires pour alimenter nos élucubrations. Nous nous tournons alors vers les médias avec les experts qui disent blanc, les contre experts qui disent noir, les journalistes qui en rajoutent ou tentent de faire la synthèses d’hypothèses autant incertaines que contradictoires, qui spéculent à notre place, qui parlent pendant des heures sur des sujets qu’ils ignorent, que tout le monde ignore, et sur lesquels il n’y a rien à dire. Nous buvons leurs paroles car elles alimentent nos propres ruminations, nous ne pourrions nous en passer faute de nous trouver devant l’angoisse de « la mémoire blanche ».

Le matraquage des informations dans les médias n’est que le nécessaire carburant pour alimenter la rumination qui est la recherche d’une sécurisation.

PS : Notons que le mécanisme de l’anxiété se prosuit quand nous devons faire face à une situation à l’issue incertaine mais présumée négative, mais également si nous devons faire face à une situation à l’issue présumée positive mais incertaine

Covid et psychopathologie chez les adolescents

Les thérapeutes constatent avec un certain effarement la recrudescence de certaines psychopathologies chez les adolescents en conséquence de la pandémie de Covid 19.

C’était, malheureusement, aussi prévisible qu’inévitable.

Commençons par décrire brièvement ce qu’est la période de l’adolescence dans notre société. C’est le moment ou l’enfant quitte ses références familiales, son positionnement d’enfant pour se lancer dans le monde des adultes. Il va découvrir un autre monde, celui des adultes. C’est un total repositionnement dans un univers moins protecteur, plus autonome. La grande difficulté de cette transition est que l’enfant abandonne, on peut dire rejette, ces références enfantines pour se projeter dans un univers dont il n’a pas encore les clés. Il faut un certain temps, beaucoup d’expériences diverses pour forger (le mot n’est pas trop fort) son identité d’adulte. Durant l’adolescence l’enfant est ballotté entre ses références enfantines et les nécessités de l’univers des « grands ». C’est une période ou l’individu est en recherche d’identité, de la voie a suivre, en perpétuel doute. Il découvre un monde inconnu dans lequel il cherche à se situer, un période de « non être » qui se déroule sur un fond d’angoisse. La référence, la prise d’identité, est la thérapeutique des adolescents.

Voyons comment vont réagir ces « êtres en devenir » aux situations générées par la crise du Covid 19

  1. Les références sont chamboulées, l’avenir devient incertain, les valeurs sont perturbées. Entre santé, économie, éducation, les hiérarchies se bousculent sans cesse au hasard des pics épidémiques. Les examen auront lieu ou pas, écrit, oral, contrôle continu, révision ou pas. Pour qui n’est pas solidement ancré dans ses références ce n’est pas facile à vivre.
  2. L’anxiété familiale n’est pas propice à la stabilisation. Les parents craignent pour leur santé, celle de leurs parents, de leurs enfants. Ils craignent de perdre ou ont perdu leur emploi, ils ne savent ce que sera leur futur. Autant d’anxiété qui déteint sur les enfants
  3. La culpabilité est présente. Les enfants ont envie de transgresser les règles de prudence mais redoutent de devenir les vecteurs de contamination pour leurs parents et grands-parents. Les parents ont également la crainte de contaminer leurs enfants. Ce doute permanent ne permet pas de se positionner.
  4. Les adolescent ont besoin de relations avec leurs amis. Ce sont ces relations qui vont leur apporter les informations (le carburant) nécessaire à la formation de leur identité. Ils se construisent ensemble par l’échange avec leur environnement. L’environnement familial a joué son rôle et ne peut plus leur apporter grand-chose de nouveau. Il leur faut du sang neuf, des expériences nouvelles. On ne s’enrichit pas avec ce que l’on possède déjà.

Voyons quelles psychopathologies peuvent menacer nos adolescents. Les principales liées à la perte ou la faiblesse du positionnement sont la dépression et les addictions et la recrudescence des TOC

  1. La dépression. Elle va concerner les enfants qui s’étaient fixés des valeurs, leur valorisation à travers des références qui s’effondrent devant eux. C’est un choc émotionnel, un véritable deuil. Ils peuvent perdre confiance en leur parents qui n’ont pas su les protéger, perdre confiance en eux avec un sentiment d’échec. La dépression peut être profonde et aller jusqu’aux idées suicidaires.
  2. Les addictions. En cette période de perte d’identité (qui signifie la perte de soi) l’adolescent va chercher quelque part l’énergie qui lui manque pour se sentir exister. Il va rechercher le « shoot » qui va lui donner un instant le sentiment « d’être ». L’alcool, la drogue, la nourriture jusqu’à exagération, vont être vecteurs de sensation fortes qui peuvent momentanément masquer le vide qui l’habite.
    Ce « shoot » peut être un « shoot » d’adrénaline que l’on trouve dans l’addiction au jeu, dans la prise de contrôle sur soi que procure l’anorexie, dans la recherche du risque exagéré.
  3. Les TOC. Ces troubles de l’anxiété ne peuvent qu’être favorisés par le climat anxiogène dans lequel évoluent nos ados.

Bien sûr ces pathologie ne touchent pas tous les adolescents et nombreux d’entre eux réagissent avec modération et supportent ces situations sans grands dommages. Comme disait Jean de Lafontaine dans « les animaux malades de la peste » :

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés

Conscience : La recherche dans la mémoire

Ce que je propose n’est pas la description d’une réalité qui m’échappe et nous échappe totalement, mais la présentation d’un modèle qui peut nous permettre d’en comprendre la logique.

J’ai proposé dans mon dernier article un modèle de construction de la conscience et l’intégration des émotions formalisées dans la mémoire.

Mais nous ne sommes pas « Harpagon » qui accumule son or pour ne jamais s’en servir. Mémoriser ne sert à rien si l’on est pas capable, en cas de nécessité, de fouiller dans cette mémoire pour en extraire les informations qui y sont stockées.

C’est une question que je me suis posée en faisant un mot croisé. On nous propose une définition, un nombre de lettres, et voici, comme par magie, que surgit de notre mémoire le mot juste, adapté à cette définition et au nombre exacte de lettres. C’est un processus si naturel, si banal, que de trouver dans notre mémoire la réponse à une question que nous n’y faisons plus attention. Pourtant la question se pose, quel est le truc qui permet ce tour de magie.

Il s’agit d’un processus tout à fait analogue de celui de la construction de la conscience décrit dans l’article précédent. En fait, le secret (que vous pouvez révéler à tout le monde !) est que la construction même de la mémoire implique la création des éléments qui permettrons de la fouiller. L’humain est quand même une sacré invention et si c’est un dieu qui l’a créé, : « Chapeau l’artiste ».

Reprenons le mécanisme pas à pas.

La perception

Un message visuel écrit, ou un message audio parlé arrive sur nos récepteurs (rétine ou tympan) et est transmis au cerveau sous forme de signaux électriques totalement dépourvu de sens. Il forme une image mentale dans notre cerveau (on devrait plutôt dire une représentation mentale) qui met en activité celui-ci.

En comparaison avec les acquis, les apprentissages precédents, il va décoder cette image pour lui donner un sens. Ceci nécessite, bien sûr, l’acquisition du langage, de la langue, de sa syntaxe et grammaire. Le message prend pour nous un sens.

Point important notre cerveau va analyser la syntaxe de ce message sous forme d’affirmation ou de questionnement. S’il s’agit d’une information le cerveau va suivre le processus décrit dans l’article précédent et l’information va s’inscrire dans notre conscience, le réseau de notre mémoire.

La recherche

S’il s’agit d’une interrogation le processus va être un peu différent.

  1. Notre cerveau va chercher à sélectionner dans notre mémoire les éléments de premier niveau analogues à celui proposé par le message,
  2. puis chaque élément de premier niveau ira chercher dans la mémoire les éléments qui lui paraissent analogue. Ainsi de suite jusqu’à aboutir (ou non !) à ce qui est la réponse à la question.
  3. Dans ce cas il n’y a pas d’intégration dans la conscience car la question ne mérite, en général, pas d’être mémorisée. La réponse, elle, est déjà intégrée à la mémoire.
  4. La réponse peut se traduire par un comportement, si la question nous surprend, nous bouscule, mais plus généralement par une expression écrite ou verbale.
  5. C’est bien la construction initiale de la mémorisation dans notre conscience, sa structuration initiale, qui permet la recherche des éléments mémorisés. Notre cerveau est ainsi fait que les informations sont acquises de façon à ce qu’elles puissent être retrouvées et exploitées.
    C’est là toute la magie !

P.S. J’ai pour plus de clarté utilisé apparemment sans distinction les mots de conscience et de mémoire. En fait la mémoire et l’élément statique de stockage des informations et de leur structuration, (une sorte de disque dur !) la conscience est le « système d’exploitation » qui permet de gérer, d’acquérir ou de retrouver les informations, qui permet de les faire vivre et pour nous de se sentir exister.

Les émotions et la construction de la conscience

Ce que je vais écrire n’est pas une description du fonctionnement de la conscience, mais un modèle, une représentation, permettant d’explicité certaines de nos réaction

Les psychologues font de savantes classifications des émotions : colère, défi, joie, tristesse …. C’est un système dont je ne partage pas la crédibilité. En fait ce qu’ils appellent émotions ne sont que des comportements successifs à un processus émotionnel. Ils oublient d’ailleurs complétement d’autres comportement comme les sueur, les rougeur, les tachycardie, les diarrhées et vomissements. Comme on ne critique pas sans donner des arguments je vais m’en expliquer.

Pour commencer prenons un exemple – volontairement « trash » et caricatural – mais pour mieux voir il est bon de grossir le trait.

Supposons que je sois avec un gros Nazi en train de regarder un four crématoire dans lequel on brule les cadavres de Juifs ayant été au préalable gazé. J’ai prévenu que ce n’était pas léger !

Nous voyons exactement la même scène et pourtant nos comportement vont être totalement différent.  Lui va manifester son contentement, sa joie, moi mon horreur et désolation. Même événement, réaction différentes. Dit comme cela ça paraît une simple évidence … pas un scoop !

Pourtant cet exemple illustre parfaitement tout le principe de la gestion de la conscience et mérité que l’on s’y attarde. Ce mécanisme comporte un certain nombre de phases qui se doivent d’être explicitées.

Le message, l’information.

Lorsque nous vivons un événement nous en percevons des messages visuels, audio, olfactifs, gustatifs, ou tactiles. Limitons-nous aux messages visuels (le raisonnement étant identique pour les autres perceptions) et à la vision d’un objet.

Lorsque nous croyons voir un objet, nous ne voyons en fait que la lumière refléchie par cet objet. L’objet lui même n’est pas visible et si on cesse de l’illuminer il disparaît dans le noir.

La perception

C’est donc un faisceau lumineux (paquet de photons ou onde électromagnétique selon la représentation choisie) qui frappe notre rétine. Le Nazi et moi sommes alors parfaitement en phase et nous avons une perception identique. Nos rétines, pratiquement identiques (les Nazi ne sont pas des monstres biologiques) transforment ce faisceau lumineux en signaux électriques envoyés à notre cerveau. Le Nazi et moi sommes encore en phase.

L’identification

Les signaux électriques transmis au cerveau forment à son niveau ce que l’on appelle une image mentale (qui peut également contenir des messages audio, olfactifs …). A ce stade le message reçu n’a aucun sens et le Nazi et moi en avons la même perception.

La différence va commencer à se faire sentir lors du processus d’identification. Notre cerveau excité par ce message va commencer son processus d’identification. Pour cela il va sélectionner dans sa mémoire tous les signaux plus ou moins analogues déjà inscrit, fruits de ses expériences précédentes. Là je commence à me distancier (enfin !)  de mon petit Nazi qui n’ayant pas le même vécu que moi va forcément récupérer une sélection différente.

La comparaison

Notre cerveau va maintenant comparer l’image mentale nouvellement créée à la sélection d’images faites par analogie et créer des liens logiques de dépendance entre elles. La nouvelle image est plus grosse, plus rouge, correspond ou non à des critères déjà ancrés dans ma mémoire etc.  etc. Il va comparer ce nouveau message à mon vécu historique et c’est cette comparaison qui va donner un sens cognitif ou émotionnel à ce que j’ai vu. A ce stade ma vision du four crématoire prend un sens, une réalité. Compte tenu de nos vécu différents, de nos cultures différentes le sens donné à cette vision par mon Nazi et moi va être complétement différente.

Le positionnement

Selon le sens donné à l’événement nous allons, lui et moi, développer un sentiment différent vis à vis de cette vision identique du four crématoire. Lui comparant la situation à ses convictions antisémites va avoir un sentiment, un positionnement hautement positif de la chose. Puisque les Juifs sont une race malfaisante, nuisible, c’est le devoir de tout bon Nazi de les exterminer pour protéger l’humanité de leur influence malfaisante. Pour moi, je vois de pauvres innocents, ni plus, ni moins mauvais que l’ensemble des humains, massacrés en masse pour servir une idéologie stupide, sans fondements, délétère. Mon sentiment, mon positionnement vis à vis de l’événement sera hautement négatif.

Le comportement

C’est un processus à deux volets

  1. Le comportement visible. Le Nazi va exprimer sa joie, son allégresse, avec peut-être même une pointe de regret que le four ne soit pas un peu plus vaste pour accélérer ce processus qui lui paraît si nécessaire
    Moi je vais sans doute être tétanisé par l’horreur, trembler, vomir, avec en moi une idée de meurtre vis à vis de cet individu si méprisable.
  2. La création de liens logiques de causalité, de dépendance va permettre d’intégrer cette nouvelle expérience maintenant chargée de sens au grand réseau logique de ma conscience. Cette nouvelle expérience à enrichi ma conscience (dans le cas du Nazi je préfèrerai dire appauvri, mais il s’agit bien d’un enrichissement), renforce sa structure, que ce soit sur le plan cognitif ou émotionnel. Cette enrichissement de la conscience par apports successifs et intégration, ce développement du réseau de conscience est appelé processus de maturation de l’individu.
    L’intégration de tout corps étranger à un système nécessite un double process. Tout d’abord le corps étranger doit faire un effort pour s’adapter au milieu qui va l’accueillir, d’autre par ce milieu doit lui même faire un effort d’adaptation pour laisser place au nouveau venu. Il n’y a jamais d’intégration à sens unique.
    Certains individus, à conscience dites rigide, ont du mal à s’adapter aux circonstances nouvelles. Les liens de causalité de leur conscience sont sans souplesse, rigides : « les choses sont ainsi et pas autrement, je ne me remets pas en cause car par principe ma position est la seule valable ! ». Ces individus au positionnement sur déterminé, psychorigides, voire narcissiques ou paranoïaques sont incapable d’intégrer dans leur réseau de conscience les concepts nouveaux. Leur structure mentale est trop rigide pour se plier à toute remise en cause. C’est la fable du chêne et du roseau. Le roseau se plie, s’adapte, alors que le chêne résiste farouchement …  jusqu’à son point de rupture ou alors il explose.
    D’autres, au contraire, développent des liens logiques de causalité plutôt flous et mal déterminés. Ils ont un positionnement flottant et incertain. Ils pourront facilement s’adapter à tout changement car ils n’ont pas comme nos précédent de structure rigide à défendre. Ils seront de nature hystérique, généralement angoissés, trop perméables aux idées des autres et manqueront de personnalité

Conclusion

c’est la relation aux autres, à notre environnement, qui construit notre conscience, c’est à dire notre identité. On voit comment le processus émotionnel est à la base même de notre existence, ou du moins de notre sentiment d’exister. Sans émotions, pas d’humains, pas d’animaux, même pas de plante. Le vivant à besoin de relation pour exister, même les plantes ont des récepteurs sensoriels qui les font vivre.

Comprendre le mécanisme des émotions c’est approcher de la compréhension de la conscience … c’est déjà pas mal !

Perceptions, émotions, sentiments

J’ai déjà eu l’occasion d’expliciter le processus de l’acquisition des informations venues de notre environnement.

Perception : Par nos sens (vue, ouïe, goût, odorat, toucher) nous percevons les « messages » que nous adresse notre environnement. Nos récepteurs les reçoivent et les transforment en signaux électriques transmis à notre cerveau. C’est la perception des choses.

Émotion : Notre cerveau est activé, sous forme d’une émotion, et cherche à décrypter ces messages pour leur donner un sens. C’est l’émotion provoquée par les choses, une simple sensation informelle.

Sentiment :  le message est comparé à notre acquis, notre culture, l’expression de notre vécu afin, par des relations logiques, de lui donner un sens. Ce sentiment premier donné à l’émotion est le sentiment des choses.  C’est une sensation critique.

N.B. Dans le langage courant on appelle émotion le processus qui englobe la perception, l’émotion, le sentiment, auxquels on ajoute le comportement provoqué. On cite alors comme émotion : la peur, la colère, la joie, le défi … qui sont en fait les comportements provoqués par notre perception de notre environnement.

Pour donner un exemple de ce phénomène je vais faire appel à deux expériences personnelles.

  1. Le Parmentier de canard : J »ai eu l’occasion de manger un plat préparé de Parmentier de canard. J’ai été très gêné car il y avait à l’intérieur des morceaux caoutchouteux et gluant que j’attribuait à des bas morceaux du canard mis la pour des questions de coût. Je renonçais à le manger. J’ai eu l’occasion dans racheter une barquette, et j’ai pu lire sur la boîte : « Parmentier de canard aux champignons. ». Je l’ai gouté à nouveaux et ce qui m’avais paru des morceaux élastiques et gluants a pris une tout autre tournure. Ils avaient maintenant la consistance d’un champignon (avec il faut le dire pas beaucoup de goût) et devenaient de ce fait très acceptables. La même perception analysée avec des informations différente m’a donc conduite à deux sentiments différents et à deux comportements distincts.
  2. La dent cassée : Je me suis cassé une incisive laissant dans ma dentition un interstice, genre dents du bonheur. Après avoir mangé j’ai constaté, en passant ma langue, qu’un morceau un peu filamenteux était coincé dans mes dents de devant. C’est une sensation gênante. J’ai essayé de l’enlever avec ma langue, puis avec mes doigts, puis avec un brossage énergique. Rien n’y fait. C’est extrêmement désagréable. Après de multiples essais je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un résidu coincé entre mes dents mais tout simplement de la face interne de ma lèvre qui « pointait » dans l’interstice de ma dentition. Tout essai pour le retirer me faisait ouvrir la bouche éloignait ma lèvre de mes dents et il n’y avait plus rien à ôter ! Là encore la même perception analysée dans une autre perspective me donnait un sentiment différent. La gêne a cessé, mon comportement modifié,

Ces deux exemples montrent bien qu’une perception n’a aucun sens en soi et que c’est la confrontation de cette perception à nos acquis qui lui en donne un. Ce sens va alors déterminer nos comportements. Ces expériences confirment le mécanisme proposé pour la notion de perception.

Anorexie et boulimie. L’opposé du contraire.

Ce sont deux pathologies du comportement alimentaire, et comme telles, on a tendance à les traiter en parallèle. Elles ont bien sûr de nombreux points communs

  1. Ce sont deux troubles du comportement alimentaire, même si, à l’évidence, ils débouchent sur des comportements très différents.
  2. Ce sont, généralement, des troubles du passage à l’âge adulte. Dans l’enfance la fusion avec l’environnement familial gère les référence de l’enfant. Il est complétement dépendant de son environnement (même si cela se traduit souvent par une forme de rébellion). Ses références, ses repères, ses positionnements sont fonction de son éducation. Son identité est très floue et sa personnalité mal définie.
    Dans son passage au stade d’adulte il va devoir abandonner ses anciens repères pour se forger sa propre identité, son propre jeu  de valeurs. C’est une transition difficile car l’adolescent se dégage de l ‘influence familiale sans avoir encore formé son jeu  de valeurs, ses positionnements,  son identité d’adulte. Abandonner un univers structuré, organisé, pour se lancer dans un monde en devenir c’est comme quitter une maison confortable pour aller habiter dans une maison en cours de construction.
    Tous les adolescent ne supportent pas cette épreuve et nombreux sont ceux qui devant cet univers sans références, donc par principe, angoissant,  ont tendance à se réfugier dans une attitude régressive et un refus de grandir. Au départ ces deux pathologies sont des troubles de l’angoisse qui  génèrent un replis affectif. Naturellement si la situation affective est instable le mal-être n’en est que plus intense.
  3. Cette situation d’angoisse, ce sentiment de perte de références, de perdre son identité,  de ne plus pouvoir se situer par rapport à son environnement (pour se positionner dans la vie, par rapport aux événement il faut avant tout savoir ou l’on est,  qui l’on est !), cette situation de flottement est la porte ouverte aux addictions et en  ce sens anorexie et boulimie peuvent s’analyser comme telles. Devant cette perte de soi-même l’adolescent a besoin de trouver des sensation forte qui, un instant, vont le resituer, le recadrer dans la vie.
    Si la perte des références et la toile de fond de ces pathologies il ne faut pas pour autant négliger les problématiques affectives qui vont leur donner du corps.

Après avoir examiné les points communs à l’anorexie et la boulimie il faut bien se pencher sur ce qui va faire leur différence  comportementale, c’est à dire ce qui sera, en tout cas momentanément, fait pour apaiser l’angoisse.

  1. Chez les individus à conscience lâche, déjà en difficulté de référence, en mal de positionnement la réponse viendra, comme dans le cas classique des addictions,  d’une satisfaction physique. Le fait de manger, ou plutôt d’engloutir, permettra de développer une relation avec ses sensations. Le gout, la texture, la déglutition, sont autant de repères qui dans l’instant peuvent donner l’impression de se resituer, de se positionner, donc d’exister. C’est le propre des consciences lâche que de trouver refuge dans l’abandon ; Ajoutons à cela le coté apaisant d’avoir l’estomac plein, comme un animal repu qui n’aspire plus qu’à une chose se reposer, dormir.
  2. Chez les individus à conscience rigide, un poil psychorigide, la satisfaction viendra de la prise de contrôle sur soi (ce qui est le crédo des personnalités à conscience rigide). Ils ont l’impression d’exister en gouvernant leurs émotions et leurs pulsions. L’adéquation à leur système de défense (leur référence) les persuade (« quoi qu’il en coute ») qu’ils sont maitre de leur vie, donc qu’ils existent. Ils sont souvent conscient qu’ils se détruisent en voulant exister, mais le besoin immédiat prime sur les dangers futurs.

Reste un point à élucider qui est celui de la sexualisation de ces pathologies. 90 à 95% des cas sont relatifs à des femmes, et il semble que les garçon en soient moins fréquemment atteint

On peut proposer plusieurs hypothèses (simple pistes de réflexion)

  1. Les garçons n’échapperaient pas à cette situation angoissante mais ils trouveraient d’autres exutoires ( le sport, la compétition, ) ou se réfugieraient dans d’autres schéma tout fait de maturation (affirmation d(une virilité, domination masculine)
  2. On peut également envisager que ce passage de l’enfance à l’adulte est beaucoup plus brutal chez les filles. L’apparition des premières règles signe le passage de la fillette à la femme, de l’enfant à la mère potentielle. En peu de temps l’adolescente doit se repositionner en femme sans avoir le temps de s’adapter à cette transformation. Chez les garçons la transition est plus progressive et l’adaptation plus facile

Je penses qu’il serait intéressant de traiter ces deux pathologies, non pas seulement du point de vue du trouble du comportement alimentaire, mais dépendante de la situation  de perte de références lors du passage à l’âge adulte. C’est avant tout un trouble de l’angoisse qui débouche sur un trouble du comportement qui prend corps dans la difficulté de régression dans une situation affective qui n’était pas toujours stable !

Narcissisme et paranoïa dans la vie courante

Il s’agit de psychopathologies que l’on a tendance à dissocier tant leur symptômes sont différents (Nous avons la déplorable habitude de classifier les psychopathologies par leurs symptômes et non par leurs causes)

Très schématiquement le narcissisme nait de la sur évaluation de l’image de soi alors que la paranoïa se définit par le sentiment d’être perpétuellement agressé par son environnement. Bien que les deux symptômologies soient très différentes il s’agit bien d’une seule famille pathologiques. Il n’est pas de narcissiques sans composantes paranoïaques comme il n’existe pas de paranoïaques sans composantes narcissiques.

La cause commune de ces deux pathologies est la construction trop rigide de la conscience. Les images mentales de notre conscience (nos ressentis, nos impressions, nos émotions primaires) sont reliées entre elles par des liens logiques sans nuances, sans aucune capacité de négociation. La vérité est absolue, intangible, et bien sûr en  contre point toute autre idée, toute autre vision est négative, perverse, dangereuse.

L’image de soi est inévitablement sur valorisée puisqu’elle s’appuie sur une vérité non négociable. J’ai forcément raison et les autres forcément tort … donc je suis le meilleur. C’est la base du narcissisme.

En corolaire toute contradiction est prise comme une totale remise en cause d’un équilibre structuré dans sa rigidité, une véritable agression. La position de défense devient la négation de toute contradiction, la rigidification dans sa position de confort. C’est le fondement de la paranoïa … et en un certain sens de la radicalisation.

Dans la vie courante on distingue, en autres

  1. Les complotistes. Par essence même on peut les mettre dans la catégories des paranoïdes. Ils sont en réaction contre toute forme d’organisation ou de connaissance qui n’abonde pas dans leurs sens. Ils sont narcissiques par leur propension à tout savoir mieux que tous le monde, avoir raison contre tous. Leur narcissisme blessé les amènent à voir des ennemis partout, des complots contre eux, à se poser en victime, dans un attitude paranoïde.
  2. Les anti vaccins. C’est bien sûr une forme de complotistes. Ils s’appuient sur des certitudes rigides pour dénigrer les vaccins. Malheureusement ces certitudes sont un tissus d’ânerie diffusées par des ignorants et « gobées » comme tel par d’autres ignorants. Ils sont persuadés qu’un gigantesque complot se trame contre eux orchestré par les laboratoires pharmaceutiques, par les états, par l’Europe. Ils cochent toutes les cases, rigidité de pensée, narcissisme, et paranoïa.
  3. Les extrémistes de droite et de gauche. Les ex « frontistes » et les « France insoumises ». Eux aussi sont pétris des  certitudes qui flottent dans leur petit milieu. Ils se confortent les uns les autres en vivant en vase clos. Ils sont accrochés à leurs certitudes idéologiques et ne fréquentes que des individus qui pensent comme eux et ont une vision rétrécie su monde.
  4. La radicalité. C’est l’exemple type du narcissisme paranoïa. Elle a deux ressort selon que l’on est leader ou suiveur.
    En ce qui concerne les leaders, ce sont des personnalités à conscience hyper rigide, imbu d’eux même et narcissiques. Ils sont sur d’eux ce qui leur confère une certaine autorité et leur rôle de leader. En butte aux difficultés ils virent facilement à la victimisation et la paranoïa ce qui justifie leurs actes extrême puisqu’ils ne se sentent pas agresseurs mais agressés et en défense (presque légitime)
    En ce qui concerne les suiveurs ce sont tout au contraire des personnalité faibles, en recherche d’identité, mal dans leur peau. Ils vont trouver chez les leaders une identité de substitution qui va leur permettre de se sentir exister. Ils vont s’y accrocher comme un noyé s’accroche à une branche. Ils sont prêt à tout pour conserver ce semblant d’identité. Ils seront donc les bon petits soldats que l’on pourra envoyer au « casse-pipe » et qui irons jusqu’à la mort pour se sentir vivre. Ce sont rarement les leaders qui se sacrifient pour la cause, c’est le rôle dédié aux suiveurs.
  5. Pour terminer citons quelques exemples, malheureusement célèbre de Narcissiques paranoïa comme Adolf Hitler, Josef Staline, Donald Trump, et la plupart des petits ou grands dictateurs de l’histoire. En ce qui concerne les royautés le problème est un peu différents car les rois ne se sont pas portés au pouvoir par leur volonté narcissique mais à leur corps défendant par simple filiation, presque « à l’insu de leur plein gré ! »

La plus part de ces « fléaux de l’histoire » sont venus au pouvoir avec l’assentiment du peuple, souvent presque « démocratiquement », en tous cas avec l’adulation des foules. On peut s’interroger sur le choix des peuples, est-il préférable à la loterie de la filiation royale ?

L’addiction au téléphone portable

Le portable envahi la vie de nos concitoyens et surtout celle des plus jeunes ! Il s’agit, au  sens strict, ‘un véritable addiction.

Je vais parler ici de l’addiction psychologique et non de l’addiction physique qui souvent se superpose à la première (alcool, tabac, drogue)

Une addiction se caractérise par la recherche de références chez un individu  en perte de repères et qui  cherche à compenser son univers flottant en se « raccrochant aux branches ». La perte ou la « diffusion » des repères crée un sentiment de malaise, de perte d’identité, génératrice d’un sentiment de vide et d’angoisse. La recherche d’une sensation forte qui donne, momentanément un sentiment d’exister est un mécanisme de compensation à ce vide intérieur. Toute addiction se traduit par la recherche d’un « shoot » d’une sensation forte fut-elle physique ou physique (alcool, tabac, drogue, cleptomanie, excitation du jeu, goût du risque,  …).

Le téléphone portable n’échappe pas à la règle. Il trouve un terrain favorable chez les jeunes, à personnalité flottante, encore indécise, en recherche d’identité, en transition difficile entre le monde protégé de l’enfance et le monde ouvert des adultes.

On distingue dans l’addiction au portable deux éléments qui coexistent :

  1. Le besoin d’échange. L’échange, la communication sont des moyens de se situer, de se définir (au moins temporairement). Communiquer, c’est être, ce qui peut être une illustration, ou interprétation du « cogito ergo sum » de Descartes. Échanger s’est meubler un vide dans lequel baigne un adolescent quand il est seul. Échanger c’est définir des relations avec les autres, créer des valeurs, des repères. C’est exister à travers la réaction de l’autre. C’est tout particulièrement quand il se retrouve seul (par exemple le soir au moment des se coucher, dans son lit, seul dans sa chambre) que l’ado va mettre en branle ce mécanisme d’échange qui lui permet de se sentir « être ». N’être plus seul c’est déjà être !
  2. Le sentiment de toute puissance. Nous commandons le smartphone et il obéit. Il réagit à la moindre de nos sollicitation comme un esclave fidèle. Plus le téléphone réagit de façon rapide et fluide et plus est grand notre sentiment de le dominer. D’où la recherche de matériel de plus en plus performant donc de plus en plus docile et obéissant « au doigt et à l’œil »
    Cette rapidité, non seulement flatte notre sentiment de pouvoir et en plus meuble de plus en plus le sentiment de vide qui nous occupe. Rapidité veut dire profusion, profusion veut dire aveuglement et négation de toute réflexion. Le smartphone bouche le vide que nous fuyons. Pour l’adolescent c’est le sentiment trompeur d’exister

Nos adolescent ont besoin de se définir, de se forger une identité, de se sentir être. Ils sortent de la période de l’enfance ou ils n’existaient qu’au travers de leur environnement (généralement parental). Ils quittent ce cocon qui était leur identité pour se retrouver « à poil » sans repère. Que leur reste-t-il ? la révolte, les grandes utopies mobilisatrices. Finalement le smartphone n’est peut-être qu’un moindre mal !

PS : Attention, comme les réseaux sociaux le smartphone est un outils génial qui peut nous apporter beaucoup. Ce n’est pas parce que ces outils sont « dévoyés » qu’ils n’en gardent pas intrinsèquement leurs qualités.

Comment retrouve-t-on dans sa mémoire ?

Dans mes récents « post » j’ai montré comment, de proche en proche, se construisait le réseau de la conscience fait d’images mentales (mémorisation des perceptions) et de leurs relation logique de comparaison qui leur donne leur sens, leur valeur.

Il reste un mécanisme à élucider qui est celui de l’utilisation de ces informations stockées pour en  faire une véritable mémoire. En effet, stocker des informations c’est bien, mais si on n’a pas le moyen de les retrouver en cas de besoin cela ne sert à rien.

Comment à une question trouve-t-on la réponse en sollicitant notre mémoire ?

D’abord quelques observation :

Lorsque vous êtes face à une définition de mot croisé comme par exemple la célèbre : «  Vide les baignoires et remplit les lavabos » votre recherche va commencer par une recherche d’analogie (car c’est souvent sur cette base que sont conçues les définitions). Baignoire vous conduit à bain, lavabo à salle de bain ou toilette, mais ceci  reste infructueux. Mais, si, baignoire vous fait tout à coup penser à place de théâtre (orchestre, baignoire, balcon) vous pouvez relier les deux partie de la question car théâtre implique également toilettes. C’est bien sûr à l’entracte que se vident les places de baignoire pour remplir les toilettes.

C’est le cheminement classique d’une recherche dans la mémoire.

Nous avons tous vécu les cas ou on nous pose une question, nous sommes sûr de connaître la réponse mais elle ne vient pas à notre connaissance (on dit « je l’ai sur le bout de la langue). Il nous manque la clé d’entrée dans la mémoire pour orienter nos recherche. Dans l’exemple précédent c’est l’analogie Baignoire-place de théâtre qui a été la clé d’entrée pour trouver la solution de l’énigme. Sans cette analogie nous serions restés sans réponse.

Quand nous recherchons quelque chose dans notre mémoire plusieurs clés d’entrée se présentent à nous. Chacune détermine un chemin qui pourrait nous conduire à la réponse recherchée. Nous examinons toutes ces pistes. Certaines s’avèrent des voies sans issues, certaines s’avèrent fructueuses et nous amènent à la solution. Si, au moins, l’une des clés positives ne se présente pas à notre conscience nous ne trouverons pas le chemin qui mène au résultat attendu.

Les clés sont trouvées par analogie et permettent de définir divers périmètres de recherches qui seront explorés indépendamment. Les chemin d’exploration seront les liens logiques, les relatons, entre les images mentales mémorisées dans la construction de la conscience. Ces liens sont donc des chemins réversibles utilisés dans un sens pour la construction du réseau de conscience et en  sens inverse pour fouiller dans la mémoire.

Reste maintenant à expliciter comment l’analyse d’un message peut aller chercher dans nos souvenirs les analogies (clés d’entrée dans la conscience = critère de recherche) et comment  à partir d’elles peut on suivre le cheminement qui nous mènera à la solution. Existe-il-dans notre conscience un système d’indexage (comme dans la mémoire d’un ordinateur) qui permet, de proche en proche, de suivre un cheminement, cela fait-il partie de la construction des liens logique de relation entre les images mentales ?

Rappelons que dans un apprentissage il y a eux phases bien distinctes et indispensables.

  1. La création du lien logique qui relie entre elles les images mentales
  2. L’inscription de ce lien logique dans le réseau de la conscience

Cette deuxième phases est absolument indispensable pour qu’une idée devienne un souvenir. Nous la faisons inconsciemment tous les jours, mais consciemment quand par exemple un comédien, ou nous, apprenons un texte « par cœur ». Je lis une phrase, je fais un effort de mémorisation pour m’en souvenir, je la récite pour vérifier qu’elle est bien apprise !

P.S. Pour illustrer la notion d’image mentale faisons une petite expérience à partir d’une notion totalement abstraite comme le gout. :

Essayez de vous souvenir du gout (je devrais dire de l’odeur) de la confiture d’orange et essayez de visualiser l’image qui se présente à vous.  Vraisemblablement vous ne voyez rien, ou peut-être une vague impression de couleur ou de flou.  Essayez maintenant de vous remémorer le gout de la confiture de fraise. Là encore vous ne voyez rien, mais cependant ce qui vous apparaît n’est pas ce qui vous apparaît en vous remémorant le gout de la confiture d’orange. Voilà deux expérience dans lesquelles vous ne voyez rien … mais ces eux riens sont différents. Ce sont simplement deux impressions qui n’ont pas de représentations visuelles, cognitives. Ce sont ces images mentales qui nous habitent.

La conscience et les images mentales

J’ai toujours développé l’idée que notre conscience était constituée d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité ( l’idée n’est pas de moi, elle m’a été soufflée par Bouddha lui-même et mon ami Gérard Aussoleil). Cette modélisation de la conscience permet, dans le cadre de la psychologie relativiste, de rendre compte de la construction de notre psychisme, de son évolution à travers nos âges, de la transformation de nos émotions en comportements, de la relation entre perception et vérité.

Reste deux point fondamentaux à élucider : qu’est-ce qu’une image mentale, qu’est-ce qu’une relation causale entre des images mentales ?

Faute d’expliciter, de représenter ces deux points la théorie de la psychologie relativiste n’est qu’une simple diarrhée verbale de plus dans le monde de la psychologie. Utiliser des notions non définies pour bâtir une théorie c’est comme bâtir une maison sur des sables mouvants.

C’est au cours d’un travail sur les émotions que j’ai pu, enfin, expliciter ces notions.

Lorsque nous percevons un événement, un situation, ce sont nos sens qui sont alertés. Rayon lumineux qui frappe notre rétine, un son qui frappe notre tympan,  une odeur, un gout, une sensation de toucher qui excite nos récepteurs sensoriels. Ces informations captées par nos sens sont transformées en signaux électriques complexes adressé au cerveau.

Ce sont ces signaux électriques qui activent notre cerveau. A ce niveau ils sont de simples signaux et comme tels ils n’ont aucun sens, ne représentent rien de plus que ce qu’ils sont, des impulsions électriques. L’émotion en elle-même n’a pas de sens, elle n’est qu’une perception.

C’est alors que notre cerveau, activé par ce signal électrique va entrer en action. Il va comparer ce signal reçu à des signaux reçus antérieurement et qui ont déjà pris un sens. Il va détecter les analogies, les différences, et toutes les relation logiques  envisageable entre ce nouveau signal et ceux appris précédemment. En quelque sorte il va positionner cette nouvelle information par rapport à nos apprentissage anciens. C’est ce positionnement qui va donner un sens à l’émotion, en faire un sentiment capable de nous faire réagir  au signal reçu. Nous pourrons alors adopter des comportements de peur, de joie au de tristesse, de colère, de rejet ou d’approbation, de punition ou de récompense, des réactions somatiques comme la rougeur, la suée, le tremblement, etc. etc. Le nouveau signal, maintenant explicité va prendre sa place dans le réseau de notre conscience, de ce fait enrichie. Il pourra maintenant, mémorisé, servir à l’analyse critiques des futurs messages que nous recevrons.

A partir de ce mécanisme nous pouvons alors donner une représentation descriptive de la constitution de la conscience.

Les images mentales sont  ces signaux électriques inscrit dans notre conscience et qui représentent la mémorisations des perceptions reçues au cours de notre vécu.

Ces images mentales sont reliées entre-elles par des liens de comparaison logiques, entre ces diverses images. C’est l’ensemble images mentales et relations logiques qui constitue le réseau de notre conscience, notre positionnement dans la vie, notre identité. C’est à travers lui que chacun trouve le sens de sa vie !

Ce faisceau de relations constitue le squelette de notre conscience et en même temps une indexation qui va permettre de retrouver une information stockée dans la mémoire.

La violence et la médiation

La violence est l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments naturels.

Dans ce qui va suivre nous nous intéresserons uniquement à la violence ou plutôt aux réactions de violence physique. Nous ne parlerons pas de la violence froidement utilisée pour asseoir, par exemple, une autorité. Les violences d’état, le harcèlement, les violences morales, la coercition, pouvant justifier d’autre développements. La violence dans la domination sadique est également d’une autre nature. Cependant ces autres types de violence cachent également un sentiment ou une crainte d’infériorisation.

On peut s’interroger sur les causes de cette violence et énumérer les raisons sociales, familiales, les psychopathologies, les blessures narcissiques, mais ceci illustre plus les circonstances dans lesquelles va s’exprimer la violence que ses causes profondes.

Recherchons si on peut trouver une cause unique à toutes ces explosions de violences. Par exemple pourquoi dans une discussion qui démarre tranquillement le ton monte progressivement, jusqu’à en venir aux mains ?

On s’aperçoit que derrière toute explosion de violence se cache un sentiment d’impuissance, de frustration, d’incapacité à obtenir ce que l’on recherche.

Reprenons l’exemple précédent d’une discussion qui s’envenime. Deux points de vue s’affrontent et chacun des interlocuteurs veut convaincre l’autre de la supériorité de sa vision. Chacun tente d’argumenter, mais sans succès. Les arguments se font de plus en plus spécieux, de plus en plus de mauvaise foi. Si personne ne cède chacun des interlocuteur se sent impuissant à convaincre l’autre par une argumentation civilisée, et la frustration grandie. On fait alors appel au plus vieux et au plus radical des arguments : La violence physique qui a pour objet la destruction de tout ce qui s’oppose à notre volonté

On peut également prendre l’exemple de l’enfant qui n’arrive pas à faire marcher son jouet et qui de rage le casse. Après avoir éssayé en vain de faire fonctionner son jouet l’enfant s’aperçois de son impuissance et brise l’obstacle qui s’oppose à lui. La violence est dirigée contre l’objet qui lui résiste. La finalité n’est plus de jouer mais de détruire ce qui lui résiste.

Examinons la situation des enfants dit « à problème » qui développent souvent une agressivité à la limite de la violence. Ils en veulent à la terre entière, le plus souvent, en raison de la difficulté qu’ils ont à y trouver leur place (pour toutes sortes de raisons). C’est un cercle vicieux car leur agressivité (due à la difficulté de se situer dans la société) est la raison majeure de leur rejet par « les autres ». Ce rejet accroit leur sentiment d’impuissance à exister dans une société et les poussent à la marginalité. Les aider c’est casser ce cercle vicieux.

Autre exemple dans le sentiment d’agression. Lorsque l’on se sent agressé par une personne, une situation, on peut souvent avoir une réaction violente. On peut tout d’abord tenter de gérer la situation par le dialogue et si cela échoue la violence éclate facilement. C’est une réaction classique dans les comportements paranoïdes dans lesquelles la réponse vers un individu peut être la violence physique. Évidement face à une situation, faute d’adversaire physique clairement identifié, la réponse violente sera dirigée vers la situation sous une forme plus organisée et plus perverse. Elle couvrira toujours le désir d’éliminer l’objet de résistance.

A contrario lorsqu’un individu domine facilement une situation, sur le plan physique, il n’aura jamais le besoin de recourir à la violence physique . Ceci explique la passivité des « grands costauds » et l’agressivité des « petits roquets ». Ce peut être différent si le plus costaud est entrainé sur un autre terrain ou il n’aura pas le dessus !

Derrière toute explosion de violence se cache toujours un sentiment d’impuissance devant la situation et un désir d’éliminer radicalement ce qui fait obstacle à nos désirs.

Comprendre la violence et ses mécanismes est fondamental pour pouvoir la gérer (chez soi et chez les autres !)

Lors d’une discussion, d’un conflit, si on veut que le débat ne dégénère pas en pugilat on doit toujours éviter d’acculer son adversaire dans une position sans issue, dans laquelle la seule porte de sortie serait de vous détruire.

Dans une médiation, souvent, l’un des participant prend un ascendant majeur sur l’autre le plaçant en situation d’impuissance. C’est toujours une situation à éviter. Une victoire par KO est une médiation achevée, classée, mais c’est une médiation bâclée totalement ratée ! Le problème est réglée mais la haine entre les participants exacerbée.