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Perceptions, émotions, sentiments

J’ai déjà eu l’occasion d’expliciter le processus de l’acquisition des informations venues de notre environnement.

Perception : Par nos sens (vue, ouïe, goût, odorat, toucher) nous percevons les « messages » que nous adresse notre environnement. Nos récepteurs les reçoivent et les transforment en signaux électriques transmis à notre cerveau. C’est la perception des choses.

Émotion : Notre cerveau est activé, sous forme d’une émotion, et cherche à décrypter ces messages pour leur donner un sens. C’est l’émotion provoquée par les choses, une simple sensation informelle.

Sentiment :  le message est comparé à notre acquis, notre culture, l’expression de notre vécu afin, par des relations logiques, de lui donner un sens. Ce sentiment premier donné à l’émotion est le sentiment des choses.  C’est une sensation critique.

N.B. Dans le langage courant on appelle émotion le processus qui englobe la perception, l’émotion, le sentiment, auxquels on ajoute le comportement provoqué. On cite alors comme émotion : la peur, la colère, la joie, le défi … qui sont en fait les comportements provoqués par notre perception de notre environnement.

Pour donner un exemple de ce phénomène je vais faire appel à deux expériences personnelles.

  1. Le Parmentier de canard : J »ai eu l’occasion de manger un plat préparé de Parmentier de canard. J’ai été très gêné car il y avait à l’intérieur des morceaux caoutchouteux et gluant que j’attribuait à des bas morceaux du canard mis la pour des questions de coût. Je renonçais à le manger. J’ai eu l’occasion dans racheter une barquette, et j’ai pu lire sur la boîte : « Parmentier de canard aux champignons. ». Je l’ai gouté à nouveaux et ce qui m’avais paru des morceaux élastiques et gluants a pris une tout autre tournure. Ils avaient maintenant la consistance d’un champignon (avec il faut le dire pas beaucoup de goût) et devenaient de ce fait très acceptables. La même perception analysée avec des informations différente m’a donc conduite à deux sentiments différents et à deux comportements distincts.
  2. La dent cassée : Je me suis cassé une incisive laissant dans ma dentition un interstice, genre dents du bonheur. Après avoir mangé j’ai constaté, en passant ma langue, qu’un morceau un peu filamenteux était coincé dans mes dents de devant. C’est une sensation gênante. J’ai essayé de l’enlever avec ma langue, puis avec mes doigts, puis avec un brossage énergique. Rien n’y fait. C’est extrêmement désagréable. Après de multiples essais je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un résidu coincé entre mes dents mais tout simplement de la face interne de ma lèvre qui « pointait » dans l’interstice de ma dentition. Tout essai pour le retirer me faisait ouvrir la bouche éloignait ma lèvre de mes dents et il n’y avait plus rien à ôter ! Là encore la même perception analysée dans une autre perspective me donnait un sentiment différent. La gêne a cessé, mon comportement modifié,

Ces deux exemples montrent bien qu’une perception n’a aucun sens en soi et que c’est la confrontation de cette perception à nos acquis qui lui en donne un. Ce sens va alors déterminer nos comportements. Ces expériences confirment le mécanisme proposé pour la notion de perception.

L’énigme de la conscience : émotion ou cognition

J’ai toujours décrit la conscience comme composée d’images mentales reliées entre-elles par de liens logiques de dépendance. Tout cela est bien beau, mais il reste en suspens certains problèmes

  1. Comment peut-on représenter la notion d’images mentales et de relations logiques ?
  2. Lorsque nous communiquons, notre cerveau reçoit-il un message cognitif analysé par notre conscience cognitive, ou un message émotionnel analysé par notre conscience émotionnelle

Nous allons essayer de répondre à ces deux questions.

Lorsque nous percevons notre environnement, c’est avec nos cinq sens, et uniquement à travers nos cinq sens. Le message reçu (Visuel, Auditif, Olfactif, Gustatif, tactile) est transmis, via des récepteurs, sous forme de signaux électriques au cerveau. Cette perception nous donne une sensation enregistré dans le cerveau. Cette sensation, cette impression, est à ce stade dépourvue de tout sens et ne représente rien. Pour qu’elle prenne un sens elle devra être assortie d’une représentation formalisée qui lui prêtera une signification.

  1. C’est en comparant cette nouvelle sensation à des sensations anciennes (qui elles ont reçu leur formalisation, leur signification) que celle-ci va prendre un sens. Cette comparaison, va donner une valeur à la sensation perçue en créant cette fameuse relation logique entre elle et les sensations déjà explicitées dans notre mémoire. C’est dans le positionnement de cette sensation par rapport aux sensation déjà explicitées que celle-ci va prendre son sens, sa valeur.
    Dans la conscience, chaque image mentale est assortie de liens logiques avec le reste de la mémoire. C’est le couple image mentale – relation logique qui en est l’élément constitutif.
    Notre mémoire est donc composée d’un niveau émotionnel constitué par l’enregistrement de l’ensemble de sensations perçues, et d’un niveau cognitif constitué de l’ensemble des relations logiques de dépendance (ou de comparaison) entre les sensations (images mentales) stockées. La somme de ces deux « niveaux » constitue notre conscience
  2. En ce qui concerne la communication, la solution de notre problème résulte de l’énoncé précédent. Lorsque nous recevons, dans la communication, un message que celui-ci soit verbal, visuel, olfactif ou autre, il ne peut être perçu  que par nos sens, et uniquement par nos sens. Dans cette configuration nous ne pouvons percevoir dans le message que sa partie « émotionnelle », la seule accessible à nos sens, et en aucun cas sa partie cognitive voulue par notre interlocuteur.
    Ce n’est qu’ultérieurement que l’analyse de cette perception (sensation) par notre conscience, la comparaison avec des sensations anciennes déjà explicitées redonnera à ce message les contenu cognitif voulu par notre interlocuteur. On comprend aisément pourquoi le sens du message perçu n’est pas toujours exactement le sens que l’autre à voulu lui donner. Plus la culture est commune, plus les apprentissages sont communs et meilleur sera la transmission de l’information.

La perception est immédiate et ne nécessite aucun apprentissage, elle est pratiquement d’un niveau organique. C’est pourquoi la conscience émotionnelle est le moteur de la vie animale. Par contre la construction de la conscience cognitive, principalement réservée aux humains, est lente car elle suppose un parcours complexe et nécessite une communication avec les autres dans un processus d’apprentissage.

C’est pourquoi les enfants vivent sur le mode émotionnel et le passage à l’adulte, au mode plus cognitif est long et périlleux. La perception, la sensation, ne se trompe pas, par contre son interprétation dans la conscience cognitive et périlleuse et donne lieu à de nombreux contre-sens. C’est pourquoi l’humain a besoin de communication pour évoluer vers le stade adulte. Il n’est pas de développement humain sans apprentissage de la vie et donc sans échanges avec ses semblables.

Contrôle et libération des émotions

L’émotion est un processus complexe qui à partir d’une information reçue (message) de l’extérieur va mettre en branle des mécanismes de réaction (dans émotion il y a motion = mouvement) qui sont constitutifs de nos comportements. Par exemple :

On perçoit un message dont l’analyse par notre conscience nous dit qu’il est désagréable, voire agressif et on va réagir par un comportement de défense fait de mimiques, de gestuelle, de parole, ….

Il est parfois bon de libérer l’expression de ses émotions, il est parfois bon de la contrôler.

Le comédien

Il est chargé de faire vivre sur scène des personnages imaginaires en leur prêtant les mots, les gestes, les comportement en  phases avec les situations qu’ils vivent. Un comédien débutant ou médiocre va s’en tenir là. Il mettra dans le personnage tout ce dont il sera techniquement capable. Il va jouer le personnage. S’il faut jouer la colère, il adoptera une mine menaçante, des gestes saccadés, peut-être une pointe de tremblement, des vociférations.  Il mettra tout, sauf de l’âme, de l’émotion. Son personnage ne sera pas crédible. Le mauvais comédien se regarde jouer, il est spectateur et non acteur

Le comédien chevronné, le « vieux pro » ne se posera pas la question de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, puisqu’il faut jouer la colère il se mettra en colère. Il entrera dans le personnage et se mettra en colère à sa place. Son personnage sera crédible car il sera vraiment un homme en colère et non une représentation caricaturale. Le comédien saura alors libérer son émotion sans aucun contrôle ni retenue. Il ne sera pas spectateur mais acteur.

Un comédien qui doit interpréter un personnage ne doit pas le faire vivre, mais il doit le vivre.  Il doit être capable de laisser remonter ses émotions pour les transmettre sans fard. Les comédiens sont, en général, des individu de  type émotif, sensible, qui ont parfois du mal à ne pas se laisser envahir par leurs émotions … d’ou leur légendaire « Ego »

Les médiateurs

C’est tout l’inverse qui est requis. Le médiateur intervient dans des conflits. Dans ces situations c’est l’affectif, l’émotionnel qui s’oppose à la résolution « raisonnable » du litige. Le médiateur devra surtout éviter de se laisser déborder par ses émotions et devra entrainer les « belligérants » sur le terrain de la raison. Il devra, non seulement, se poser en spectateur de la situation,  mais amener les personnes en conflits à devenir spectateur de leurs comportements. Vous connaissez, sans doute, l’expression :

« Si tu te voyait quand tu es en colère ! », Ce qui signifie : « Tu te trouverais ridicule et inconséquent »

L’art de la médiation est de parvenir à sortir les personnes en conflit de leurs émotions et les amener à prendre de la distance par rapport à elles. Ceci veut dire les voir de l’extérieur, de plus loin en position de spectateur et non plus d’acteur

C’est d’abord le contrôle des émotions qui assure le succès d’une médiation

Ce qui ne signifie pas que le médiateur doit occulter les réactions émotionnelles des « belligérants ». Il doit, au contraire les prendre en compte, les analyser, pour en trouver les fils directeurs, le début de la pelote sur lequel il faut tirer pour amener chacun des participants au recul nécessaire à la résolution du conflit.

Conclusion

La dialectique « émotion/raison » est sous-jacent à toute situation et à toute personnalité. Il est salutaire d’être capable de « jongler à deux boules » avec ces deux vécu. Avoir, de façon générale, la capacité à distancier émotion et raison et sans doute le fondement de toute sagesse

L’émotion : schéma énergétique

Voyons comment les notions d’émotion, de positionnement, et de nécessité de communication peuvent se formaliser dans un modèle énergétique

La notion d’énergie est sans doute la représentation, la plus universelle de la vie. On la retrouve en physique dans la thermodynamique (science des échanges d’énergie) autan que dans la mythologie Hindou, Brahma étant l’énergie créatrice et Shiva l’énergie destructrice, ou encore dans toutes les philosophies Bouddhiques ou para-Bouddhiques pour lesquelles la notion d’énergie libérée ou bloquée est omni présente. Dans les religions chrétiennes le saint esprit peut être vu comme l’énergie divine qui donne à l’homme la force de sa foi.

Dans le règne végétal les plantes ont besoin d’énergie pour vivre. Elles consomment les nutriments de la terre (véhiculée par l’eau), le CO2 de l’air, ainsi que l’énergie solaire pour réaliser leur photosynthèse, c’est à dire la fabrication de matière vivante. Cette dernière peut être considérée comme une énergie potentielle qui servira à alimenter les herbivores et les insectes, ou via leur décomposition à reconstituer les nutriments de la terre, ou les énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon. A noter que la plante trouve son nutriment dans la terre ou elle est plantée et n’a donc pas besoin de se déplacer pour survivre. Elle n’a donc pas besoin de la notion de positionnement dans l’espace.

Dans le règne animal ( animaux et humains) , la vie à également besoin de nutriments pour se développer. Les animaux consomment des plantes, d’autres animaux, de l’oxygène de l’air, qui sont soit stockés sous forme d’énergie potentielle (à consommer plus tard) dans les muscles et dans les graisses, soit utilisés sous forme d’énergie cinétique pour générer le mouvement, donc la vie. A noter que contrairement aux plantes les animaux doivent consommer de l’énergie pour rechercher et acquérir les nutriments qui leur sont nécessaire. Il leur est donc nécessaire d’acquérir la notion de positionnement dans l’espace.

On peut noter trois niveaux de développement de la conscience entre les plantes, les animaux, les humains.

Les plantes

Elles ne possèdent pas de cerveau clairement défini. Elles obéissent aux simples lois de la sélection naturelle qui les a dotés des capacités fonctionnelles nécessaires à leur survie. On peut dire qu’elles n’ont pas de conscience (au sens ou nous l’entendons pour les humains). Elles sont gérés par des processus chimiques, ou photochimiques, les lois de leur environnement naturel et n’ont que peu de capacités d’adaptation en cas d’évolutions de leurs conditions de vie.

Les animaux

Ils sont plus évolués et possèdent un cerveau, et des récepteurs (vue, ouïe, odorat, gout, et toucher) qui leur permettent de percevoir les messages issus de l’extérieurs. Ceux-ci, apparemment formels, sont en fait reçu par ces récepteur sous forme de messages dépourvus de sens, comme de simples signaux électrique certes complexe mais dépourvus de signification. C’est l’interprétation de ces signaux par le cerveau ( la psyché) qui leur donnera un sens. C’est donc la capacité du cerveau à fournir un formalisme codifié à ces impulsions électriques qui leur donnera une signification.  Pour les animaux la capacité à formuler les émotions est faible et peu sophistiqué. Elles sont analysées comme gratifiantes ou pénalisantes, alarmant ou sécurisantes, c’est à dire assez peu formelles et plutôt globales. Les animaux peuvent se projeter dans l’espace mais pas dans le temps, ils ressentent des émotions mais ne peuvent en faire des sentiments et encore moins un récit. Ils sont plus sensibles aux signaux portant sur les sens plus primitifs (odorat) que sur les sens plus formalisables (vue, ouïe)

Les humains

Comme les animaux les humains perçoivent les messages issus de l’extérieur, surtout par la vue et l’ouïe, mais ils ont, contrairement aux animaux, une forte capacité à les transcrire dans des représentations formelles comme le langage ou les images. De cette capacité à formaliser, les humains développent la notion de temps ou plutôt de chronologie. Ils peuvent, par des liens logiques, organiser les représentations des événements en cause et effets, en  avant et après, ce qui permet de les structurer en un récit chronologique

Cette capacité des humains à formaliser leur vécu est devenu une nécessité. Ils ont besoin de formaliser leurs émotions (les messages perçus) pour se situer par rapport à elles, se positionner, acquérir en toutes situations des repères. Pour l’humain l’absence de repère est le moteur de l’angoisse. La seule façon de résorber cette angoisse est d’intégrer la situation au réseau formalisé et logique de leur connaissance. L’humain à un besoin absolue de comprendre, d’expliquer, de représenter sa vie dans une formulation logique codifiée. Quand se présentent des événements qu’il ne peut expliquer il invente la notion transcendantale de dieu qui constitue, apparemment, une explication logique à tout ce que l’humain ne peut comprendre

Schéma énergétique de l’émotion

On peut considérer que le nutriment, le carburant de la psyché, est l’information contenue dans les messages reçu de l’extérieur et perçues par nos sens. C’est cet apport d ‘énergie qui va alimenter le moteur de notre psyché et ainsi créer  le mouvement de la vie. Cette énergie pourra être utilisée :

Pour enrichir la structure de notre conscience de nouvelles informations intégrées à notre réseau logique de connaissances. Toute organisation d’un réseau, toute création d’une structure, consomme de l’énergie et est stockée sous forme d’énergie potentielle. C’est l’acquisition de la connaissance, la formation de notre conscience, de notre vision du monde, de notre identité.

Pour déclencher des réactions émotionnelles telles que suées, rougeurs, tremblements, palpitations, mouvements incontrôlés,  diarrhées, vomissements, perte de connaissance, qui constituent des réactions de défense destinées à consommer une énergie en excès.

Pour déclencher des comportements soit émotionnels comme la peur, la colère, le fou-rire, la pitié, les divers sentiments, … soit  des comportements plus raisonnés qui permettent de faire face à la situation vécue. Ces comportements sont des messages ré émis vers l’extérieurs qui, en consommant de l’énergie visent à restabiliser notre équilibre bousculé

Conclusion

C’est l’information issue de l’extérieur qui constitue le moteur de notre vie, ou du moins la conscience que nous avons de vivre. Si ces messages viennent à manquer, si notre capacité cérébrale de les analyser, on peut dire que nous sommes en état de mort cérébrale, assimilé à une plante. L’émotion née d’un déséquilibre de notre psyché. Nous devons consommer l’énergie, les messages reçus pour éviter tout désordre de notre conscience. Paradoxalement bous ne pouvons-nous passer de ces messages qui alimentent notre conscience et notre sentiment d’exister.

L’humain est une drôle de machine, déstabilisé par toute information reçue, luttant pour retrouver son équilibre, mais qui ne peut se passer de cette stimulation  externe.

La vie est ce mouvement permanent. Consommer de l’énergie, la restituer, c’est ça la vie !

Qu’est-ce que l’émotion

L’émotion est un mot très vague qui recouvre l’ensemble d’un processus affectif qui va du ressenti d’une situation aux comportements qui en résultent. L’ensemble de ce process doit être plus finement analysé pour mettre en évidence diverses phases qui le compose.

Le ressenti

C’est la perception d’un message reçu de notre environnement et détecté par l’un de nos sens (vue, ouïe, odorat, gout, toucher). C’est une forme d’acquisition brute pour notre conscience, on peut dire : » une prise de conscience ».

L’émotion

Toute acquisition nouvelle dans un système en équilibre induit une potentialité de déséquilibre et une réaction tendant à retrouver un nouvel équilibre. La perception d’un nouveau message par notre conscience n’échappe pas à la règle. Notre équilibre est, de ce fait, perturbé et notre conscience va, immédiatement, mettre en œuvre les mécanisme pour résorber ce déséquilibre.

L’analyse critique

Le premier processus va être une tentative d’analyse critique de la situation. Pour ce faire, notre conscience va tenter de passer le message à notre univers cognitif (notre conscience cognitive) pour tenter de l’intégrer à notre réseau logique de conscience. Pour dialoguer avec notre univers cognitif le message devra être formalisé, représenté, devenir une image mentale interprétable par notre conscience cognitive. Cette phase de représentation mentale des situations est un pas absolument nécessaire à l’analyse critique de la situation. Cette représentation va, alors, être comparé à l’ensemble des représentations mentales présentes dans notre mémoire pour définir les liens logiques de dépendance entre elle et le réseau mémoriel. Si ces liens peuvent se créer la nouvelle situation (le nouveau message) trouvera sa place logique dans notre conscience et deviendra partie intégrante de notre vécu historique, de notre identité.

Si ce processus ne peut se mettre en place, sous l’effet d’un choc affectif trop intense, trop surprenant, trop déroutant, l’analyse critique qui devrait conduire à l’intégration du message ne peut pas se produire. Pour réagir au déséquilibre notre conscience va mettre en jeu  des mécanismes de défense de type émotionnels. Ce peut être des suées, des rougeurs, des palpitations, une colère irrationnelle, des réactions de violence (selon la capacité ou non de l’analyse critique à partiellement interpréter le message). Notre conscience cognitive logique ne pouvant agir, c’est notre conscience émotionnelle qui va prendre la main  pour évacuer le message troublant. Il en restera des traces dans notre conscience émotionnelle.

Les attitudes et positionnement

Que le message s’intègre correctement ou non dans notre réseau de conscience le résultat détermine notre attitude vis à vis de la situation vécue. Ceci va définir notre positionnement vis à vis d’elle (le message reçu) c’est à dire la façon dont nous allons la vivre, l’évaluer, la juger. Ce positionnement vis à vis de l’ensemble des situations vécue constitue la construction de notre identité, ce que nous sommes, ce que nous devenons. L’historique de ces analyses est notre identité profonde en perpétuelle reconstruction.

Ce positionnement va, évidemment, définir la façon dont nous allons réagir au message reçu et déterminer nos comportements en  réaction à la situation.

Nous réagissons à une situation non pas seulement en fonction de ce qu’elle est, mais aussi en fonction de tout notre vécu historique déjà intégré. Ce n’est pas un individu « neuf » qui réagit à une situation mais un individu  avec tout son passé et toute son histoire.

Conclusion

L’émotion  est un phénomène complexe et non une entité en soi. Par exemple :

  1. Un bruit nous fait sursauter. C’est le mécanisme émotionnel qui  entre en jeu. Dans la surprise, l’analyse critique par la conscience cognitive ne peut pas être mise en route. La réaction de défense sera la contraction musculaire qui nous fait sursauter
  2. On est face à un danger identifié. Il se peut que dans un premier temps la réaction émotionnelle se mette en jeu, puis l’analyse critique de la situation intervient, jauge le danger (plus ou moins bien plus ou moins mal) et nous positionne vis à vis de la situation. Nous adoptons alors les comportements de défense qui nous paraissent appropriés. Dans ce cas précis les réactions émotionnelles peuvent obscurcir l’analyse critique et nos comportements n’être pas si appropries que cela.

Évitons de confondre sous le vocable d’émotion la perception du message, sa représentation en une image mentale compréhensible par notre conscience cognitive, notre positionnement, et les comportements qui  en résultent. L’émotion, à mon sens, n’est que le sentiment d’instabilité, de porte-à-faux généré par la perception d’un nouveau message.