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La Conscience animale et humaine

Rappelons d’abord deux notions de première importance :

La mémoire : c’est la zone ou le cerveau stocke  l’information selon les processus décrits dans mon post précédent. On peut la comparer dans un ordinateur à la ROM (read only mémory)

La conscience : C’est l’état du cerveau activé par un message issu de nos sens. Elle gouverne les émotions, les images mentales, leur intégration dans la mémoire par la création de liens logiques de causalité avec le reste du réseau de mémoire, ainsi que les sentiments et les comportements. On pourrait la comparer dans un ordinateur à la RAM (radom acces memory)

Chez les humains et les animaux du moins les animaux supérieurs (Grands singes, chiens, chat … ) la mémoire semble de même nature, à cette différence prés c’est que chez les humains la mémoire riche de connaissance a la capacité de créer beaucoup plus de liens logiques avec un réseau de mémoire infiniment plus riche. De ce fait l’humain possède des représentations des situations infiniment plus précise, plus formalisées que l’animal.

En quelques mots : « L’humain voit, entend, sent et touche l’animal ressent ».

Alors que l’humain a des  situations des images mentales, précises, élaborées, codifiées et échangeables, l’animal à des souvenir qui sont plus des impressions. Pour autant cela ne signifie pas qu’il ne mémorise pas son vécu comme l’être humain, mais qu’il développe dans sa mémorisation infiniment moins de lien logiques entre ses images que l’humain… Il crée beaucoup moins de liens de causalités, et encore moins de liens chronologiques que l’humain. C’est pourquoi ses comportement sont plus gouvernés par ses besoins immédiats, ses nécessités, que par la raison. Il est difficile de décrire le  ressentit d’un animal car nous ne savons décrire que les éléments formalisés, comme nous les vivons. Chez l’animal  ils sont trop flous et diffus. Néanmoins ils sont parfaitement suffisant pur qu’il puisse vivre sa vie animale.

Ne faisons pas l’erreur de  prêter aux animaux des sentiments et d’analyser leur comportements comme-ci ils étaient des nôtres.

P.S. Nous aussi avons sur certains sujets une approche animale, soit que nous manquions de connaissances sur le sujet (donc de références causales) soit que le sujet soit mal codifié dans ses détails comme les odeurs, les sentiments ou même des concepts abstrait comme, par exemple,  la liberté ou l’opportunité de choisi sur un sujet que nous connaissons mal. Dans ce cas notre jgement et très affectif, presque animal.

Prenons deux exemples simples :

  1. Demander à quelque de vous décrire certaines odeurs ; Il vous dira ça sent la lavande, l’essence, la friture, le citron …Ceci n’est pas une description mais un simple identification. Il sera impossible, pour lui, de donner plus de détails car il est incapable de créer des liens logiques avec des informations qu’il n’a pas et qui souvent n’existent pas faute de référence. C’est la perception qu’a l’animal.
  2. Demander lui de vous décrire une table. Il sera  évidemment capable de l’identifier, mais il pourra vos dire : « de cuisine, de salle à manger, de style Louis XV, ronde ou carrée, Etc. Etc.  Il sera capable de la décrire finement en créant des liens logiques avec l’ensemble de ses connaissances sur le sujet. C’est  la perception des humain.

Conclusion

L’animal à une perception instinctive, globale, primaire, alors que l’être humain à également une perception instinctive, mais  gouvernée (pas toujours malheureusement) par la secondarité de la raison.

Attention à tout anthropomorphisme dans nos rapports à l’animal.

Dans la nature quand un lion dévore une antilope il n’a ni sentiments, ni regrets. Il obéis simplement à sa nécessité. Un animal n’a pas de morale pour valoriser ses émotion et en faire des sentiments.

La conscience animale

Nous prêtons tous aux animaux un état anthropomorphique qui ne reflète pas leur nature réelle. C’est un penchant très humain. Que ce soit avec nos animaux de compagnies avec lesquels nous entretenons des dialogues insensés : « Oh ! il est gentil le petit toutou à sa maman … » ou avec les animaux sauvage pour lesquels dans les documentaires animalier on se croit obligé de leur donner un prénom et de leur prêter des sentiments humain (amour, colère, tristesse …).

L’anthropomorphisme n’est pas une tare mais le reflet de notre incapacité à imaginer autre chose que ce que nous connaissons. Nous analysons les situations, les formalisons ou les représentons en fonction de ce que nous avons acquis au cours de nos expériences. Cette incapacité n’est pas limitée à la vision des animaux, mais également à celle de nos semblables que nous voyons à travers le filtre de ce que nous sommes. Une sorte « d’Ego morphisme.»

Pour aborder la conscience animale, dans l’incapacité ou nous sommes de la percevoir, essayons d’en percer le mystère au travers du modèle de représentation de la conscience que nous propose la psychologie relativiste.

Comment se forme la conscience chez les êtres vivants

Disons qu’elle se construit par strates successives, chaque acquisition servant de support aux acquisitions ultérieures. On ne peut acquérir la notion de montagne sans avoir la connaissance d’une plaine, ou réciproquement. Chaque nouvel acquis se bâtit à partir de connaissances déjà intégrées.

Lorsque nous percevons une situation ou un objet, à travers nos sens, nos récepteurs (visuel, auditifs,  gustatif, olfactifs, ou tactiles) envoient des signaux électriques à notre cerveau. Celui-ci est alors activé et réagit en organisant des connexions neuronales qui forment une image mentale. A ce stade cette image mentale n’a aucun sens et n’est qu’une configuration neuronale, une typologie du cerveau. En comparent cette image à des images déjà acquises, en termes d’analogies, de différences, de valeur, de déni, la nouvelle image établie des liens logiques de dépendance qui vont lui donner un sens relatif aux connaissances déjà acquise. L’image est alors intégrée à notre réseau de conscience, notre réseau mémoriel.

Plus une image forme de liens avec le contenu de la mémoire et plus elle est formalisée dans une représentation définie, précise, descriptible, échangeable, c’est à dire du domaine du cognitif. Par exemple le concept de voiture peut être relié aux concepts de transport, mécanique, vitesse, routes, pneus, moteur, famille …etc. etc. des éléments qui vont permettre de donner une représentation, de décrire ce concept dans le domaine du cognitif

A l’encontre le concept d’odeur de lavande sera peu formalisé, relié simplement au nom lavande, à l’image de la plante, mais rien qui puisse décrire l’odeur, en donner une représentation échangeable. Le concept reste dans le domaine de l’émotion, du  ressenti, de l’indescriptible.

L’humain peu jouer sur ces deux tableaux. Il est capable de formuler des concepts, mais aussi de vivre par des conceptions purement émotionnelles.

L’animal, par contre, n’a pas cette capacité de formalisation (ou du moins extrêmement réduite), il vit uniquement de ses ressentis, de ses perceptions, de ses émotions. Il réagit à l’instinct, sans analyse.

L’animal a des émotions mais pas de sentiments. En effet le sentiment se développe quand l’image mentale formée par la perception d’une situation se confronte aux images mentales dans le domaine des valeurs. L’image acquière alors une valeur morale qui détermine le sentiment de colère, de  joie, d’approbation, de déni etc. etc. se sentiment va engendrer des comportement adaptés.

L’animal n’ayant pas cette capacité de formulation ne peut  développer de sentiments. Par contre il pourra vivre de ses émotions et pourra pressentir le danger, la récompense, le besoin de protection …tout cela sans faire appel à la notion

d’analyse ou de prévision

L’animal n’a pas la notion du temps que nous même êtres humains n’apprenons que vers l’âge de 6 ou 8 ans. Il n’organise pas son vécu dans un récit chronologique et donc ne vit ni de passé, ni de future. Il ne connaît que le présent pour sa vie ou sa mémoire (comme un enfant jusqu’à 4 ou 5 ans). Dans les documentaires animaliers on voit bien le lion s’approcher des antilopes qui continuent à brouter tranquillement. Ce n’est qu’au moment où le lion s’élance qu’elles envisagent le danger et détalent. Elles n’envisagent pas le futur, mais réagissent au présent.

Les humains ont inventés le temps, comme une organisation chronologique et causale de nos souvenirs et prévisions. C’est un apprentissage qui nécessite une certaine capacité e formalisation que n’ont ni les petits enfants, ni les animaux.

Ne prêtons pas aux animaux des sentiments qui leurs sont etrangés.

Il nous est très difficile de concevoir le vécu animal, même s’il est une composante importante de nos comportements. Par principe nous prenons conscience des choses quand nous réussissons à les formaliser, à leur procurer une représentation. Ce vécu émotionnel est par définition irreprésentable, donc inconscient et inaccessible  notre entendement.

Pour les animaux, nous ne pouvons que répondre à leur comportements sans leurs ajouter une vision sentimentale. C’est le respect que nous leurs devons. Ne cherchons pas à leurs imposer notre mode de vie de citadin embourgeoisé, nos réactions et nos sentiments, ils ne sont pas, dans la nature, conçus pour cela.

Modèle thermodynamique de la conscience

On peut assimiler notre conscience à un système thermodynamique (système de gestion des énergies). Pour cela énonçons les trois grands principes de la thermodynamique

  1. Le premier principe énonce que l’énergie ne peut être créée. Elle peut se transformer mais ne peut apparaître ni disparaître. Ce qui voudrait dire que depuis le supposé big bang l’énergie totale de l’univers n’aurait pas variée
  2.  Le second principe énonce que dans un système isolé l’entropie d’un système ne peut que croitre. Celle-ci représente le niveau de désordre d’un système. Il en résulte que dans toute évolution d’un système isolé celui-ci doit perdre son organisation et évoluer vers le chaos
  3. La température d’aucun système ne peut atteindre le zéro absolu, ce qui représenterait une entropie nulle, donc une énergie interne (enthalpie) du système nulle.

Ce sont ces principes que nous allons appliquer à la construction de la conscience

Considérons, tout d’abord, que la conscience humaine n’est pas un système isolée puisque par nécessité elle échange avec le monde extérieur. Son évolution n’est pas supposée à priori l’entrainer vers le chaos.

Considérons tous messages reçu par notre conscience de l’extérieur comme un apport d’énergie. Toute information véhicule de l’énergie.Ceci est parfaitement justifié puisqu’il s’agit : de lumière, soit un jet de photons (la vue), d’une onde sonore (l’ouïe), d’une impulsion tactile (toucher) ou d’une liaison moléculaire (odorat et gout).

Cet apport d’énergie va, via notre système sensoriel, activer certaines zones du cerveau qui va ainsi accroitre localement son niveau d’énergie. Pour retrouver son état d’équilibre celui-ci va devoir dissiper ce surplus énergétique. Il va le faire de deux manières

  1. En créant des liens  logiques entre cette image mentale et les images déjà intégrées ultérieurement (la création d’un lien dans un réseau nécessite un apport d’énergie)
  2. Soit en la consommant dans des comportements (Parole, écrit, gestuelle, réactions psychosomatiques)
  3. Le cerveau retrouve un équilibre mais avec un niveau d’énergie potentielle accru. Puisque le réseau c’est enrichi. L’environnement lui a fourni cette energie.
  4. Il existe également un sous-système thermodynamique géré par la conscience. C’est le système neuro musculaire qui lui également utilise des apports extérieurs (aliment et oxygène) consommés dans l’action musculaire. La conscience gère ce système via les sensations de faim et de satiété et par la gouvernance des comportements cités plus haut.

C’est cet accès à un niveau énergétique supérieur qui va permettre à la machine humaine de créer et de produire. Ceci montre combien la communication de l’être humain avec son environnement est indispensable à la vie. Sans apport via la communication l’humain ne peut enrichir sa conscience (en élever le niveau d’énergie) et alimenter sa créativité. La communication est le moteur de la vie des humains

Si, au contraire un humain se trouve totalement isolé, sans contact avec l’extérieur, il devient une machine thermodynamique isolée et son entropie ne peut qu’augmenter. Son réseau de conscience se disloque, évolue vers le chaos, et l’humain vers la folie.

Voyons maintenant comment cette machine thermique évolue avec le temps

  1. Dans le premiers âges l’enfant à une relation fusionnelle avec son environnement (parents, proches, éducateurs, télévision …) il est en disposition plus que favorable pour ingérer tous les messages qui lui viennent de l’extérieur. On peut dire qu’il est « gavé » d’énergie. Il va amasser et entasser les connaissances et les expériences. Il enrichit sa conscience et va dépenser ce surplus d’énergie dans une activité intense. Il bouge, il court, et ne reste jamais en place
  2. Passé l’adolescence le jeune adulte prend son autonomie. Il reste avide d’expériences mais devient plus sélectif. Il continue à enrichir sa conscience mais cherche plus à la consolider, et à la structurer. Son surplus d’énergie diminue mais sa capacité cognitive, ses connaissances pallient à ce léger  déficit et contrôle ses comportements. Il l’utilise moins à s’agiter et plus à créer, construire, entreprendre.
  3. Chez le vieillard l’appétit de connaissances et de nouveautés s’atténue. Il n’y a plus de carburant dans le moteur et l’activité s’efface

Dans les psychopathologies, l’énergie acquise par l’information construit des liens erronés, des comportements erratiques. La mauvaise interprétation des messages reçu conduit le cerveau, non pas à dysfonctionner mais à fonctionner en fonction de messages mal compris et d’un réseau de conscience incohérent.

Les mécanismes secrets de la mémoire

Les mécanismes de la conscience sont si rapides, si habituels, qu’ils nous apparaissent naturels et ne demandant aucune investigation.

Connaissance et reconnaissance et recherche sont trois processus mentaux légèrement différent. La connaissance est l’apprentissage de nouveaux concepts et leur insertion dans le réseau de la conscience, alors que la reconnaissance est l’identification de ces concepts par rapport aux connaissances déjà acquises. La recherche consiste à fouiller dans sa conscience en réponse à une question qui nous est posée.

Notons que la frontière entre ces trois notions est ténue et que toute reconnaissance contient sa part de nouvelle connaissance (les situations analysées n’étant jamais strictement identiques) et forcément de recherche

La connaissance ou l’apprentissage.

C’est l’événement fondamental de la construction de la conscience. Nous allons voir comment l’apprentissage (au sens le plus large c’est à dire l’ensemble de nos nouvelles expériences vécues) va constituer l’élément fondateur de la formation de notre identité.

Lorsque nous recevons un message, un information captée par l’un ou plusieurs de nos sens (ouïe, audition, gout, odorat, toucher) il est transformé par ces récepteurs en un signal électrique transmis au cerveau. A ce moment ce signal n’a aucun sens, il ne s’agit simple flux d’électrons circulants via notre système nerveux. Comment celui-ci va-t-il à partir de ce signal nous donner une image, un son, un gout, une odeur ou une sensation tactile ?

C’est un mécanisme relativement analogue à par exemple une télévision. Les signaux optiques ou audio captés par une caméra sont transformés en signaux électrique transmis par fil ou par ondes hertziennes à notre récepteur de télévision. Celui-ci joue le rôle de cerveau (une forme primitive d’intelligence artificielle) qui va traduire et nous proposer une image et un son que nous pouvons comprendre.

La grande différence entre la télévision et notre système mental est que la télévision ne mémorise rien, ou enregistre sans interprétation sur un disque dur alors que notre cerveau décrypte, mémorise, et crée des relations entre le nouveau message et les messages précédemment enregistrés. Le cerveau crée un réseau de connaissances, une gigantesque base de données de nos expériences vécues, alors que la télévision ne fait qu’enregistrer chaque connaissance sans aucune relations entre elles. La conscience est un réseau d’images mentales (données par les signaux électriques) reliées entre-elles par des liens logique de dépendance.

C’est bien sûr ce réseau base de données qui nous interpelle. Lorsqu’un message arrive à notre cerveau qui le compare aux messages reçus précédemment et sélectionne ceux qui peuvent présenter une certaine analogie avec le nouvel entrant. Il va créer des relations logiques avec eux du type :

même couleur, Rien à voir, plus grand que, même situation, plus effrayant, contraire de, inacceptable, vrai, faux, …etc. etc.

Le message sera alors mémorisé ainsi que ses relations logiques avec les autres élément de la mémoire constituant le réseau de la conscience et en même temps notre identité.

En effet chaque nouveau message est mémorisé par rapport à l’ensemble de notre vécu historisé et représente notre positionnement identitaire dans la vie. Cette interprétation personnelle des événement est ce qui nous caractérise, qui constitue notre « ADN mental », ce que nous sommes, bref notre identité.

De ce fait, ayant tous des expériences différentes (légèrement) nous sommes tous différents et notre identité est bien ce qui nous identifie en termes d’être unique.

Dans le tout jeune âge les souvenir sont de l’ordre du ressenti, de la sensation, puis au fur et à mesure de la prise de maturité ils deviennent plus formels, plus définis, plus exprimables avec des mots et des concepts. C’est à partir de quatre ans que se forment premiers souvenirs conscients et échangeables avec les autres.

Notons qu’ils existe ; même à l’âge adulte des souvenir non exprimables comme celui des odeurs, des gouts, non pas pour des raisons de maturité mais parce qu’il nous manquent les identifiants de base pour les formaliser.

Pour les couleurs on peut apprendre aux enfants le rouge, le jaune, le vert à partir de référents externes universels, puis ont leur apprend les mélanges (bleu + jaune=vert, rouge + bleu=violet, bleu + rouge=marron). Plus grand ils peuvent apprendre les nuances de rouge (carmin, vermillon, cerise, framboise) de bleu (ciel, marine, roi, lavande) et toutes les nuances possibles vert Véronèse, jaune citron, j’aune d’or, etc. etc. Pour chacune de ces nuances ont à un référent à montrer et le vocabulaire à proposer.

Pour les gouts, les odeurs, les touchers nous n’avons pas ces référents externes universellement identifiés, ni le vocabulaire associé, ni surtout la volonté d’apprendre. Seuls ce qui en ont vraiment besoin (parfumeurs, aromaticiens) ont développé un vague langage mi commun, mi personnel, mais qui reste primitif par rapport à celui qui permet l’évocation de la palette des couleurs. Pour les gouts et les odeurs nos souvenirs sont très fondés sur des ressentis, des émotions même si certains se raccroche à des images vécues (lavande, citron, cuir, poulet rôti, pizza, hôpital (éther) dentiste (girofle) )

La reconnaissance ou l’identification

C’est un autre élément du fonctionnement de la mémoire qui est de retrouver dans sa mémoire un élément déjà mémorisé et de l’identifier par rapport aux éléments perçus. C’est un mécanisme assez proche du rappel dans la mémoire d’un souvenir anciennement connu.

Le message reçu par le cerveau (image mentale) et confronté au réseau de la mémoire pour rechercher les images mentales susceptible de créer les liens « identique à » ou « similaire à ». Ceci permet d’identifier dans la mémoire le ou les souvenirs déjà identifiés correspondant au nouveau message et ainsi de le définir.

Notons que le lien « strictement identique à » est très peu probable dans la mesure ou  deux expériences ne sont jamais similaires. La vie ne se répète pas ! Toute reconnaissance s’accompagne toujours d’un mécanisme de connaissance (apprentissage) et d’enrichissement de la conscience. Le même objet, par exemple, n’est jamais vu de façon identique, soit que le contexte, la lumière, la position, voire notre humeur soient différentes.

Le rappel de souvenir ou la réponse à une question

Nous sommes souvent confrontés à la situation dans laquelle une question nous est posée, soit par un interlocuteur, soit par un événement qui nous interpelle. Prenons un exemple :

On nus pose la question : « Quelle est la date de la bataille de Marignan ? »

Nous répondons immédiatement : « 1515 »

Voilà qui paraît évident ! C’est en fait un ensemble de processus complexe qui comporte

  1. Identification du message. C’est le processus habituel du décryptage d’un message (verbal, audio, voire odorant, gustatif ou tactile.) commun à tous les processus décrit
  2. Identification de ce message comme une question soit par sa syntaxe, son intonation, ou l’interrogation qu’elle nous pose personnellement.
  3. Recherche dans notre réseau de conscience des liens de similitude qui pourraient répondre à la question. Pour cela il nous faut trouver le ou les bons points d’entrée dans le réseau qui cheminant au travers les liens logiques nous amèneraient à la réponse recherchée. Il arrive que nous ayons la sensation de connaitre la réponse tout en étant incapable de la retrouver. C’est qu’il nous manque le point d’entrée, la clé, pour accéder au labyrinthe de la mémoire. Imaginez que vous recherchiez chez vous votre téléphone. Vous ne savez plus ou vous l’avez posé, impossible de la retrouver. A partir d’un autre téléphone vous l’appelez et la sonnerie vous donne un indice de là où il se trouve. Il sonne dans le salon ! entrons on l’entend sonner sur la commode, voilà on le trouve. Reviennent alors à la mémoire les éléments qui nous auraient permis de le retrouver. On est entré dans le salon, on nous a appelé dans une autre pièce, nous avons machinalement posé le téléphone sur la commode (un endroit où on ne le pose jamais). Si nous nous étions souvenu d’avoir été appelés cela aurai suffit à créer le point d’entré dans nos souvenir. La sonnerie du téléphone à constitué un autre accès (un indice) pour développer une chaine logique qui nous a amené à l’objet

Conclusion

Tous ces mécanisme mentaux qui nous paraissent si évidents sont le fruit de toute une organisation structurelle de notre conscience. La mémoire consciente (celle formalisable dans les codifications sociales) comme la mémoire inconsciente (celle que l’on ne peut formaliser et qui reste du niveau du ressenti) sont un réseau complexe, une gigantesque base de données dans laquelle nous fouillons en permanence pour ajouter, rechercher, nuancer, les souvenirs de notre vécu. Plus les souvenirs sont récents, plus ils occupent une position extérieur dans le réseau de la conscience et plus nous y accédons facilement. Plus ils sont profonds et anciens et moins nous les retrouvons (car le chemin d’accès est plus long). Ceci est à nuancer avec l’impact qu’a eut sur nous ce vécu.

Inversement dans la destruction par l’Alzheimer ce sont les souvenir les plus superficiels qui s’effacent en premier les souvenirs anciens étant plus résilients

Conscience : La recherche dans la mémoire

Ce que je propose n’est pas la description d’une réalité qui m’échappe et nous échappe totalement, mais la présentation d’un modèle qui peut nous permettre d’en comprendre la logique.

J’ai proposé dans mon dernier article un modèle de construction de la conscience et l’intégration des émotions formalisées dans la mémoire.

Mais nous ne sommes pas « Harpagon » qui accumule son or pour ne jamais s’en servir. Mémoriser ne sert à rien si l’on est pas capable, en cas de nécessité, de fouiller dans cette mémoire pour en extraire les informations qui y sont stockées.

C’est une question que je me suis posée en faisant un mot croisé. On nous propose une définition, un nombre de lettres, et voici, comme par magie, que surgit de notre mémoire le mot juste, adapté à cette définition et au nombre exacte de lettres. C’est un processus si naturel, si banal, que de trouver dans notre mémoire la réponse à une question que nous n’y faisons plus attention. Pourtant la question se pose, quel est le truc qui permet ce tour de magie.

Il s’agit d’un processus tout à fait analogue de celui de la construction de la conscience décrit dans l’article précédent. En fait, le secret (que vous pouvez révéler à tout le monde !) est que la construction même de la mémoire implique la création des éléments qui permettrons de la fouiller. L’humain est quand même une sacré invention et si c’est un dieu qui l’a créé, : « Chapeau l’artiste ».

Reprenons le mécanisme pas à pas.

La perception

Un message visuel écrit, ou un message audio parlé arrive sur nos récepteurs (rétine ou tympan) et est transmis au cerveau sous forme de signaux électriques totalement dépourvu de sens. Il forme une image mentale dans notre cerveau (on devrait plutôt dire une représentation mentale) qui met en activité celui-ci.

En comparaison avec les acquis, les apprentissages precédents, il va décoder cette image pour lui donner un sens. Ceci nécessite, bien sûr, l’acquisition du langage, de la langue, de sa syntaxe et grammaire. Le message prend pour nous un sens.

Point important notre cerveau va analyser la syntaxe de ce message sous forme d’affirmation ou de questionnement. S’il s’agit d’une information le cerveau va suivre le processus décrit dans l’article précédent et l’information va s’inscrire dans notre conscience, le réseau de notre mémoire.

La recherche

S’il s’agit d’une interrogation le processus va être un peu différent.

  1. Notre cerveau va chercher à sélectionner dans notre mémoire les éléments de premier niveau analogues à celui proposé par le message,
  2. puis chaque élément de premier niveau ira chercher dans la mémoire les éléments qui lui paraissent analogue. Ainsi de suite jusqu’à aboutir (ou non !) à ce qui est la réponse à la question.
  3. Dans ce cas il n’y a pas d’intégration dans la conscience car la question ne mérite, en général, pas d’être mémorisée. La réponse, elle, est déjà intégrée à la mémoire.
  4. La réponse peut se traduire par un comportement, si la question nous surprend, nous bouscule, mais plus généralement par une expression écrite ou verbale.
  5. C’est bien la construction initiale de la mémorisation dans notre conscience, sa structuration initiale, qui permet la recherche des éléments mémorisés. Notre cerveau est ainsi fait que les informations sont acquises de façon à ce qu’elles puissent être retrouvées et exploitées.
    C’est là toute la magie !

P.S. J’ai pour plus de clarté utilisé apparemment sans distinction les mots de conscience et de mémoire. En fait la mémoire et l’élément statique de stockage des informations et de leur structuration, (une sorte de disque dur !) la conscience est le « système d’exploitation » qui permet de gérer, d’acquérir ou de retrouver les informations, qui permet de les faire vivre et pour nous de se sentir exister.

Les émotions et la construction de la conscience

Ce que je vais écrire n’est pas une description du fonctionnement de la conscience, mais un modèle, une représentation, permettant d’explicité certaines de nos réaction

Les psychologues font de savantes classifications des émotions : colère, défi, joie, tristesse …. C’est un système dont je ne partage pas la crédibilité. En fait ce qu’ils appellent émotions ne sont que des comportements successifs à un processus émotionnel. Ils oublient d’ailleurs complétement d’autres comportement comme les sueur, les rougeur, les tachycardie, les diarrhées et vomissements. Comme on ne critique pas sans donner des arguments je vais m’en expliquer.

Pour commencer prenons un exemple – volontairement « trash » et caricatural – mais pour mieux voir il est bon de grossir le trait.

Supposons que je sois avec un gros Nazi en train de regarder un four crématoire dans lequel on brule les cadavres de Juifs ayant été au préalable gazé. J’ai prévenu que ce n’était pas léger !

Nous voyons exactement la même scène et pourtant nos comportement vont être totalement différent.  Lui va manifester son contentement, sa joie, moi mon horreur et désolation. Même événement, réaction différentes. Dit comme cela ça paraît une simple évidence … pas un scoop !

Pourtant cet exemple illustre parfaitement tout le principe de la gestion de la conscience et mérité que l’on s’y attarde. Ce mécanisme comporte un certain nombre de phases qui se doivent d’être explicitées.

Le message, l’information.

Lorsque nous vivons un événement nous en percevons des messages visuels, audio, olfactifs, gustatifs, ou tactiles. Limitons-nous aux messages visuels (le raisonnement étant identique pour les autres perceptions) et à la vision d’un objet.

Lorsque nous croyons voir un objet, nous ne voyons en fait que la lumière refléchie par cet objet. L’objet lui même n’est pas visible et si on cesse de l’illuminer il disparaît dans le noir.

La perception

C’est donc un faisceau lumineux (paquet de photons ou onde électromagnétique selon la représentation choisie) qui frappe notre rétine. Le Nazi et moi sommes alors parfaitement en phase et nous avons une perception identique. Nos rétines, pratiquement identiques (les Nazi ne sont pas des monstres biologiques) transforment ce faisceau lumineux en signaux électriques envoyés à notre cerveau. Le Nazi et moi sommes encore en phase.

L’identification

Les signaux électriques transmis au cerveau forment à son niveau ce que l’on appelle une image mentale (qui peut également contenir des messages audio, olfactifs …). A ce stade le message reçu n’a aucun sens et le Nazi et moi en avons la même perception.

La différence va commencer à se faire sentir lors du processus d’identification. Notre cerveau excité par ce message va commencer son processus d’identification. Pour cela il va sélectionner dans sa mémoire tous les signaux plus ou moins analogues déjà inscrit, fruits de ses expériences précédentes. Là je commence à me distancier (enfin !)  de mon petit Nazi qui n’ayant pas le même vécu que moi va forcément récupérer une sélection différente.

La comparaison

Notre cerveau va maintenant comparer l’image mentale nouvellement créée à la sélection d’images faites par analogie et créer des liens logiques de dépendance entre elles. La nouvelle image est plus grosse, plus rouge, correspond ou non à des critères déjà ancrés dans ma mémoire etc.  etc. Il va comparer ce nouveau message à mon vécu historique et c’est cette comparaison qui va donner un sens cognitif ou émotionnel à ce que j’ai vu. A ce stade ma vision du four crématoire prend un sens, une réalité. Compte tenu de nos vécu différents, de nos cultures différentes le sens donné à cette vision par mon Nazi et moi va être complétement différente.

Le positionnement

Selon le sens donné à l’événement nous allons, lui et moi, développer un sentiment différent vis à vis de cette vision identique du four crématoire. Lui comparant la situation à ses convictions antisémites va avoir un sentiment, un positionnement hautement positif de la chose. Puisque les Juifs sont une race malfaisante, nuisible, c’est le devoir de tout bon Nazi de les exterminer pour protéger l’humanité de leur influence malfaisante. Pour moi, je vois de pauvres innocents, ni plus, ni moins mauvais que l’ensemble des humains, massacrés en masse pour servir une idéologie stupide, sans fondements, délétère. Mon sentiment, mon positionnement vis à vis de l’événement sera hautement négatif.

Le comportement

C’est un processus à deux volets

  1. Le comportement visible. Le Nazi va exprimer sa joie, son allégresse, avec peut-être même une pointe de regret que le four ne soit pas un peu plus vaste pour accélérer ce processus qui lui paraît si nécessaire
    Moi je vais sans doute être tétanisé par l’horreur, trembler, vomir, avec en moi une idée de meurtre vis à vis de cet individu si méprisable.
  2. La création de liens logiques de causalité, de dépendance va permettre d’intégrer cette nouvelle expérience maintenant chargée de sens au grand réseau logique de ma conscience. Cette nouvelle expérience à enrichi ma conscience (dans le cas du Nazi je préfèrerai dire appauvri, mais il s’agit bien d’un enrichissement), renforce sa structure, que ce soit sur le plan cognitif ou émotionnel. Cette enrichissement de la conscience par apports successifs et intégration, ce développement du réseau de conscience est appelé processus de maturation de l’individu.
    L’intégration de tout corps étranger à un système nécessite un double process. Tout d’abord le corps étranger doit faire un effort pour s’adapter au milieu qui va l’accueillir, d’autre par ce milieu doit lui même faire un effort d’adaptation pour laisser place au nouveau venu. Il n’y a jamais d’intégration à sens unique.
    Certains individus, à conscience dites rigide, ont du mal à s’adapter aux circonstances nouvelles. Les liens de causalité de leur conscience sont sans souplesse, rigides : « les choses sont ainsi et pas autrement, je ne me remets pas en cause car par principe ma position est la seule valable ! ». Ces individus au positionnement sur déterminé, psychorigides, voire narcissiques ou paranoïaques sont incapable d’intégrer dans leur réseau de conscience les concepts nouveaux. Leur structure mentale est trop rigide pour se plier à toute remise en cause. C’est la fable du chêne et du roseau. Le roseau se plie, s’adapte, alors que le chêne résiste farouchement …  jusqu’à son point de rupture ou alors il explose.
    D’autres, au contraire, développent des liens logiques de causalité plutôt flous et mal déterminés. Ils ont un positionnement flottant et incertain. Ils pourront facilement s’adapter à tout changement car ils n’ont pas comme nos précédent de structure rigide à défendre. Ils seront de nature hystérique, généralement angoissés, trop perméables aux idées des autres et manqueront de personnalité

Conclusion

c’est la relation aux autres, à notre environnement, qui construit notre conscience, c’est à dire notre identité. On voit comment le processus émotionnel est à la base même de notre existence, ou du moins de notre sentiment d’exister. Sans émotions, pas d’humains, pas d’animaux, même pas de plante. Le vivant à besoin de relation pour exister, même les plantes ont des récepteurs sensoriels qui les font vivre.

Comprendre le mécanisme des émotions c’est approcher de la compréhension de la conscience … c’est déjà pas mal !

La conscience et les images mentales

J’ai toujours développé l’idée que notre conscience était constituée d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité ( l’idée n’est pas de moi, elle m’a été soufflée par Bouddha lui-même et mon ami Gérard Aussoleil). Cette modélisation de la conscience permet, dans le cadre de la psychologie relativiste, de rendre compte de la construction de notre psychisme, de son évolution à travers nos âges, de la transformation de nos émotions en comportements, de la relation entre perception et vérité.

Reste deux point fondamentaux à élucider : qu’est-ce qu’une image mentale, qu’est-ce qu’une relation causale entre des images mentales ?

Faute d’expliciter, de représenter ces deux points la théorie de la psychologie relativiste n’est qu’une simple diarrhée verbale de plus dans le monde de la psychologie. Utiliser des notions non définies pour bâtir une théorie c’est comme bâtir une maison sur des sables mouvants.

C’est au cours d’un travail sur les émotions que j’ai pu, enfin, expliciter ces notions.

Lorsque nous percevons un événement, un situation, ce sont nos sens qui sont alertés. Rayon lumineux qui frappe notre rétine, un son qui frappe notre tympan,  une odeur, un gout, une sensation de toucher qui excite nos récepteurs sensoriels. Ces informations captées par nos sens sont transformées en signaux électriques complexes adressé au cerveau.

Ce sont ces signaux électriques qui activent notre cerveau. A ce niveau ils sont de simples signaux et comme tels ils n’ont aucun sens, ne représentent rien de plus que ce qu’ils sont, des impulsions électriques. L’émotion en elle-même n’a pas de sens, elle n’est qu’une perception.

C’est alors que notre cerveau, activé par ce signal électrique va entrer en action. Il va comparer ce signal reçu à des signaux reçus antérieurement et qui ont déjà pris un sens. Il va détecter les analogies, les différences, et toutes les relation logiques  envisageable entre ce nouveau signal et ceux appris précédemment. En quelque sorte il va positionner cette nouvelle information par rapport à nos apprentissage anciens. C’est ce positionnement qui va donner un sens à l’émotion, en faire un sentiment capable de nous faire réagir  au signal reçu. Nous pourrons alors adopter des comportements de peur, de joie au de tristesse, de colère, de rejet ou d’approbation, de punition ou de récompense, des réactions somatiques comme la rougeur, la suée, le tremblement, etc. etc. Le nouveau signal, maintenant explicité va prendre sa place dans le réseau de notre conscience, de ce fait enrichie. Il pourra maintenant, mémorisé, servir à l’analyse critiques des futurs messages que nous recevrons.

A partir de ce mécanisme nous pouvons alors donner une représentation descriptive de la constitution de la conscience.

Les images mentales sont  ces signaux électriques inscrit dans notre conscience et qui représentent la mémorisations des perceptions reçues au cours de notre vécu.

Ces images mentales sont reliées entre-elles par des liens de comparaison logiques, entre ces diverses images. C’est l’ensemble images mentales et relations logiques qui constitue le réseau de notre conscience, notre positionnement dans la vie, notre identité. C’est à travers lui que chacun trouve le sens de sa vie !

Ce faisceau de relations constitue le squelette de notre conscience et en même temps une indexation qui va permettre de retrouver une information stockée dans la mémoire.

L’énigme de la conscience : émotion ou cognition

J’ai toujours décrit la conscience comme composée d’images mentales reliées entre-elles par de liens logiques de dépendance. Tout cela est bien beau, mais il reste en suspens certains problèmes

  1. Comment peut-on représenter la notion d’images mentales et de relations logiques ?
  2. Lorsque nous communiquons, notre cerveau reçoit-il un message cognitif analysé par notre conscience cognitive, ou un message émotionnel analysé par notre conscience émotionnelle

Nous allons essayer de répondre à ces deux questions.

Lorsque nous percevons notre environnement, c’est avec nos cinq sens, et uniquement à travers nos cinq sens. Le message reçu (Visuel, Auditif, Olfactif, Gustatif, tactile) est transmis, via des récepteurs, sous forme de signaux électriques au cerveau. Cette perception nous donne une sensation enregistré dans le cerveau. Cette sensation, cette impression, est à ce stade dépourvue de tout sens et ne représente rien. Pour qu’elle prenne un sens elle devra être assortie d’une représentation formalisée qui lui prêtera une signification.

  1. C’est en comparant cette nouvelle sensation à des sensations anciennes (qui elles ont reçu leur formalisation, leur signification) que celle-ci va prendre un sens. Cette comparaison, va donner une valeur à la sensation perçue en créant cette fameuse relation logique entre elle et les sensations déjà explicitées dans notre mémoire. C’est dans le positionnement de cette sensation par rapport aux sensation déjà explicitées que celle-ci va prendre son sens, sa valeur.
    Dans la conscience, chaque image mentale est assortie de liens logiques avec le reste de la mémoire. C’est le couple image mentale – relation logique qui en est l’élément constitutif.
    Notre mémoire est donc composée d’un niveau émotionnel constitué par l’enregistrement de l’ensemble de sensations perçues, et d’un niveau cognitif constitué de l’ensemble des relations logiques de dépendance (ou de comparaison) entre les sensations (images mentales) stockées. La somme de ces deux « niveaux » constitue notre conscience
  2. En ce qui concerne la communication, la solution de notre problème résulte de l’énoncé précédent. Lorsque nous recevons, dans la communication, un message que celui-ci soit verbal, visuel, olfactif ou autre, il ne peut être perçu  que par nos sens, et uniquement par nos sens. Dans cette configuration nous ne pouvons percevoir dans le message que sa partie « émotionnelle », la seule accessible à nos sens, et en aucun cas sa partie cognitive voulue par notre interlocuteur.
    Ce n’est qu’ultérieurement que l’analyse de cette perception (sensation) par notre conscience, la comparaison avec des sensations anciennes déjà explicitées redonnera à ce message les contenu cognitif voulu par notre interlocuteur. On comprend aisément pourquoi le sens du message perçu n’est pas toujours exactement le sens que l’autre à voulu lui donner. Plus la culture est commune, plus les apprentissages sont communs et meilleur sera la transmission de l’information.

La perception est immédiate et ne nécessite aucun apprentissage, elle est pratiquement d’un niveau organique. C’est pourquoi la conscience émotionnelle est le moteur de la vie animale. Par contre la construction de la conscience cognitive, principalement réservée aux humains, est lente car elle suppose un parcours complexe et nécessite une communication avec les autres dans un processus d’apprentissage.

C’est pourquoi les enfants vivent sur le mode émotionnel et le passage à l’adulte, au mode plus cognitif est long et périlleux. La perception, la sensation, ne se trompe pas, par contre son interprétation dans la conscience cognitive et périlleuse et donne lieu à de nombreux contre-sens. C’est pourquoi l’humain a besoin de communication pour évoluer vers le stade adulte. Il n’est pas de développement humain sans apprentissage de la vie et donc sans échanges avec ses semblables.

Qu’est-ce que l’émotion

L’émotion est un mot très vague qui recouvre l’ensemble d’un processus affectif qui va du ressenti d’une situation aux comportements qui en résultent. L’ensemble de ce process doit être plus finement analysé pour mettre en évidence diverses phases qui le compose.

Le ressenti

C’est la perception d’un message reçu de notre environnement et détecté par l’un de nos sens (vue, ouïe, odorat, gout, toucher). C’est une forme d’acquisition brute pour notre conscience, on peut dire : » une prise de conscience ».

L’émotion

Toute acquisition nouvelle dans un système en équilibre induit une potentialité de déséquilibre et une réaction tendant à retrouver un nouvel équilibre. La perception d’un nouveau message par notre conscience n’échappe pas à la règle. Notre équilibre est, de ce fait, perturbé et notre conscience va, immédiatement, mettre en œuvre les mécanisme pour résorber ce déséquilibre.

L’analyse critique

Le premier processus va être une tentative d’analyse critique de la situation. Pour ce faire, notre conscience va tenter de passer le message à notre univers cognitif (notre conscience cognitive) pour tenter de l’intégrer à notre réseau logique de conscience. Pour dialoguer avec notre univers cognitif le message devra être formalisé, représenté, devenir une image mentale interprétable par notre conscience cognitive. Cette phase de représentation mentale des situations est un pas absolument nécessaire à l’analyse critique de la situation. Cette représentation va, alors, être comparé à l’ensemble des représentations mentales présentes dans notre mémoire pour définir les liens logiques de dépendance entre elle et le réseau mémoriel. Si ces liens peuvent se créer la nouvelle situation (le nouveau message) trouvera sa place logique dans notre conscience et deviendra partie intégrante de notre vécu historique, de notre identité.

Si ce processus ne peut se mettre en place, sous l’effet d’un choc affectif trop intense, trop surprenant, trop déroutant, l’analyse critique qui devrait conduire à l’intégration du message ne peut pas se produire. Pour réagir au déséquilibre notre conscience va mettre en jeu  des mécanismes de défense de type émotionnels. Ce peut être des suées, des rougeurs, des palpitations, une colère irrationnelle, des réactions de violence (selon la capacité ou non de l’analyse critique à partiellement interpréter le message). Notre conscience cognitive logique ne pouvant agir, c’est notre conscience émotionnelle qui va prendre la main  pour évacuer le message troublant. Il en restera des traces dans notre conscience émotionnelle.

Les attitudes et positionnement

Que le message s’intègre correctement ou non dans notre réseau de conscience le résultat détermine notre attitude vis à vis de la situation vécue. Ceci va définir notre positionnement vis à vis d’elle (le message reçu) c’est à dire la façon dont nous allons la vivre, l’évaluer, la juger. Ce positionnement vis à vis de l’ensemble des situations vécue constitue la construction de notre identité, ce que nous sommes, ce que nous devenons. L’historique de ces analyses est notre identité profonde en perpétuelle reconstruction.

Ce positionnement va, évidemment, définir la façon dont nous allons réagir au message reçu et déterminer nos comportements en  réaction à la situation.

Nous réagissons à une situation non pas seulement en fonction de ce qu’elle est, mais aussi en fonction de tout notre vécu historique déjà intégré. Ce n’est pas un individu « neuf » qui réagit à une situation mais un individu  avec tout son passé et toute son histoire.

Conclusion

L’émotion  est un phénomène complexe et non une entité en soi. Par exemple :

  1. Un bruit nous fait sursauter. C’est le mécanisme émotionnel qui  entre en jeu. Dans la surprise, l’analyse critique par la conscience cognitive ne peut pas être mise en route. La réaction de défense sera la contraction musculaire qui nous fait sursauter
  2. On est face à un danger identifié. Il se peut que dans un premier temps la réaction émotionnelle se mette en jeu, puis l’analyse critique de la situation intervient, jauge le danger (plus ou moins bien plus ou moins mal) et nous positionne vis à vis de la situation. Nous adoptons alors les comportements de défense qui nous paraissent appropriés. Dans ce cas précis les réactions émotionnelles peuvent obscurcir l’analyse critique et nos comportements n’être pas si appropries que cela.

Évitons de confondre sous le vocable d’émotion la perception du message, sa représentation en une image mentale compréhensible par notre conscience cognitive, notre positionnement, et les comportements qui  en résultent. L’émotion, à mon sens, n’est que le sentiment d’instabilité, de porte-à-faux généré par la perception d’un nouveau message.

Alzheimer, la dé-construction de la conscience

Il existe deux modes principaux de représentation du cerveau et de ses productions

  1. Le modèle biomédical qui s’intéresse à l’organe lui-même et à son fonctionnement (Lobes, hippocampe, hypothalamus, irrigation, dopamine, endorphines, …). C’est le domaine de la médecine et de la psychiatrie.
  2. Le modèle psychologique, adopté par les psychanalystes, les psychologues, et qui s’intéresse aux productions du cerveau et donc à la notion de conscience à travers les concepts de complexes, psychopathologies,…

Le premier modèle semble, a priori, plus efficaces puisque, des traitements plus courts et moins couteux obtiennent des résultats plus rapides et prennent en compte les mêmes pathologies que le second mais en incluant de plus l’Alzheimer, le parkinson, les AVC., les tumeurs au  cerveau Il est donc tentant de faire entrer la maladie d’Alzheimer dans le modèle psychologie et plus précisément dans celui de la psychologie relativiste.

Rappelons le schéma de construction de la conscience chez l’humain.

  1. A la naissance le cerveau du nourrisson est quasiment vierge et n’est peuplé principalement que des informations nécessaires au fonctionnement de l’organisme, soit des fonctions de respiration, digestives, circulatoires et de  contrôle musculaire. C’est une sorte d’inné indispensable à la survie du nouveau-né, une forme de conscience « organique ».
  2. Par auto apprentissage le bébé va intégrer de nouvelles connaissances comme la distanciation entre lui et les objets de son environnement, le goût, le plaisir et la souffrance et commencer à intégrer la notion d’espace (surtout dès qu’il va marcher).
  3. Ultérieurement l’enfant va apprendre par mimétisme un certain nombre de valeurs simplistes comme le contrôle des sphincters, la récompense, le refus, les rudiments de comportements sociaux. C’est le début de la création de la conscience émotionnelle, du vécu fusionnel, et de la reconnaissance de ses proches.
  4. Vient ensuite une phase d’apprentissage dirigé (une forme de « dressage bienveillant » par les parents et les éducateurs) pour intégrer des valeurs morales, la notion de temps, la manipulation pour arriver à ses fins . C’est le début de la création de la conscience cognitive.
  5. Les informations cognitives, au fur et à mesure des expériences, vont « s’empiler » les unes sur les autres, chacune dépendant des informations précédemment acquises, pour former le réseau de la conscience dans lequel les information les plus anciennes s’estompent au profit des informations les plus récentes.

Étudions maintenant le mécanisme de la disparition de la conscience dans la maladie d’Alzheimer.

  1. Dans un premier temps ce sont les informations les plus nouvelles qui sont « oubliées ». Le malade ne se souvient plus de ce que l’on vient de faire ou dire, mais il conserve l’ensemble de sa mémoire.
  2. Puis le malade perd la notion de beaucoup d’éléments qu’il a appris dans le passé mais se souvient encore des souvenirs très anciens. Il confond souvent les événements récents avec les souvenirs de sa jeunesse, il prend par exemple la fille pour la mère qu’il a connu jadis. C’est la déconstruction progressive de la conscience cognitive.
  3. C’est enfin la conscience émotionnelle qui est attaquée, le malade ne reconnaît plus ses proches, conjoints, enfant, frères et sœurs. Les reconnaissances non cognitives ne marchent plus.
  4. Enfin ce sont les fonctions organiques qui sont altérées notamment les dernièrs apprises (contrôle des sphincters) et enfin les fonctions fondamentales disparaissent. D’abord la déglutition, enfin la respiration. Le malade en est au stade du  décès.

On fait alors la remarque suivante : Dans la maladie, les fonctions mentales, les éléments de conscience disparaissent dans l’ordre inverse de celui dans lequel elles se sont créés. Comme si la conscience se construisait en empilant des couches sur des couches et se détruisait en « effeuillant la marguerite de la conscience » des couches supérieures au plus basses.

Ceci  n’est ni une proposition d’un mécanisme de la maladie d’Alzheimer, ni une approche à visé thérapeutique, mais elle est un premier pas dans l’intégration de cette maladie au schéma général de la psychologie relativiste.

Comme on le dit « c’est le premier pas qui coute ! »

Les psychopathologies, classification et thérapies

Pour comprendre les psychopathologies il est important de revenir sur la construction de la conscience.

Disons, en préambule, que l’on peut représenter la conscience comme un ensemble d’images mentales représentant les situations, les choses, ou les êtres, liées entre-elles par des relation logique causales. La cause précédant toujours l’effets ces  relations définissent également une chronologie et donc la notion de temps.

Tout être vivant, à sa naissance, doit-être doté d’un certain nombre de fonctions et capacités métaboliques nécessaire à sa survie immédiate. Pour l’homme et les animaux supérieurs ce sont notamment les fonctions respiratoires, digestives, circulatoires (le sang). C’est un innée indispensable caractéristique d’une espèce.

Puis, pour l’homme, le nourrisson va développer des capacités émotionnelles au contact de son environnement. Les notions de faim, de bien-être et de mal-être (accompagné du besoin de sécurisation), de chaud et froid, d’espace qui vont forger les premiers étages de sa conscience émotionnelle. A noter que ces acquisition sont fondées et issues de ses premières fonctions organique (C’est, par exemple, sur la fonction digestive que se construit la notion de faim, sur la notion de bien-être que le nourrisson va apprendre la notion de douleur, donc de danger). Progressivement se fabrique un réseau émotionnel plus élaboré (on dira plus formalisé) avec les notions primaires d’amour ou de rejet, avec une meilleur prise de conscience de la notion d’espace (donc de sa position dans cet espace et de la distinction entre lui et son environnement). Dans la petite enfance, au contact de son environnement familial, scolaire, sociétal et des messages plus cognitifs qu’il reçoit les prémices de sa future conscience cognitive s’élaborent. Il va apprendre à se dissocier partiellement de son entourage (individuation), acquérir la notion de temps (liée à la conscience cognitive). Ensuite viendrons des notions plus sociétales de bien et de mal, d’amis et d’ennemis. Progressivement il pourra comprendre et intégrer des notions plus complexes, plus construites, plus formalisées. L’éducation parentale, scolaire, les relations à ses copains ou copines vont lui créer des références, des positionnements qui vont donner naissance à son identité. Plus il avancera en âge, plus il sera confronté à des problématiques (à sa portée) et plus sa conscience cognitive va s’enrichir, se structurer, et plus son identité va s’affirmer. C’est le difficile passage de l’adolescence ou il faut passer d’un vécu émotionnel (assorti de relations fusionnelles) à un vécu cognitif (assorti de relation empathiques). On construit alors les bases du réseau logique de la conscience (images mentales liées et structurées par des relations logiques)

A l’âge adulte il va apprendre à se dissocier des autres, à avoir ses propres visions, ses propres valeurs (évidemment fortement influencées par le milieu dans lequel il évolue), à forger sa propre identité, et accentuer son vécu cognitif (sans oublier totalement son vécu émotionnel sur lequel il s’est construit).

Plus l’individu avance en âge et plus les niveaux émotionnels s’enfoncent dans les profondeurs de la conscience et plus les niveaux cognitifs sont sollicités dans les comportements. Les relations deviennent de moins en moins fusionnelles et plus empathiques. L’individu a moins besoin des autres et le vieillard a tendance à se replier sur lui-même et sur son passé (d’autant plus qu’il a de moins en moins de futur !)

Au cours de cette construction de nombreuses erreurs peuvent se produire qui pourront déboucher sur des psychopathologies bénignes ou sévères. Nous sommes tous des mini psychopathes et heureusement les véritables psychopathologies sont du domaine de l’exception.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes et je préfère y substituer une classification par leurs causes. En médecine on a commencé par classifier les maladies selon leurs symptômes (irruptions, rougeur, douleurs) pour enfin les classifier par leur cause (bactériennes, virales, allergiques, …). Il est temps que la psychologie s’inspire de cette voie.

  1. Les pathologies liées à des incohérences dans la construction de la conscience. Elles sont d’autant plus sévères et difficiles à combattre qu’elles se produisent dans les couches les plus profondes de la conscience (donc au plus près de l’enfance). Des erreurs d’analyse et de compréhension peuvent survenir, lors de l’intégration des expériences vécues, dans la structure du  réseau de la conscience. Il peut également s’agir d’erreurs dans l’information transmise par le milieu environnant (par un milieu familial déséquilibré par exemple). La conscience se construit partiellement, dans certains domaines, sur ces informations erronées et il en résulte certaines incohérences sur l’ensemble de son réseau. Plus ces incohérences se produirons au plus profond de la conscience, au plus près de ses racines, de ses fondements et plus les incohérences développées sur elles, le schisme de la conscience sera important. Ce sera la cause de ce que j’appellerai les « pathologies dissociatives » comme la schizophrénie, la bipolarité, voire certaines formes d’autisme.
  2. Les pathologies liées à une structuration trop rigide de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont sans nuances, gorgées de fausses certitudes. L’individu va perdre toute adaptabilité à son environnement et développer un vécu organisé autour de l’angoisse de perdre ses certitudes. C’est la cause des paranoïa et narcissismes.
  3. Les pathologies liés à une structuration trop faible de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont imprécises, incertaines. L’individu manque de références solides, il est flottant, angoissé. Il cherchera sans cesse un modèle qui pourrait lui apporter les références « clé en main » qui lui manque. Il développera un comportement pusillanime avec des relations aux autres difficiles. Étant mal positionné il ne permettra pas aux autres de ses positionner par rapport à lui, d’où des relations ambigües et parfois conflictuelles (car pour les autres il n’est jamais le même, fluctuant et peu fiable). C’est la porte ouverte à la dépression, la pusillanimité et aux diverses addictions (alcool, tabac, jeux, drogue, …) qui seront pour lui un moyen de se « désangoisser », de retrouver, un instant, un positionnement vis à vis d’une sensation forte.

Mieux « sérier » les psychopathologies, les organiser par causes communes, c’est mieux les comprendre, et par là mieux les traiter.

La psychologie relativiste : La méthode thérapeutique

Le principe général des thérapie conventionnelles, basé sur l’approche psychanalytique, est la reconstruction. Le principe en est le retour, par régression, dans le passé pour atteindre le point d’où serai issu la pathologie (névrose ou psychose) pour, à partir de lui, se livrer à une reconstruction thérapeutique de la psyché. La psychologie relativiste et son modèle de construction de la conscience s ‘oppose à cette théorisation.

La mémoire et ses réminiscences ne s’effacent pas. Les souvenirs mémoriels peuvent s’enfouir sous la formidable acquisition des nouvelles expériences mais ne disparaissent pas pour autant. Seule la dégénérescence neuronale peut entrainer un effacement de la mémoire. Non seulement un événement vécu ne s’efface pas, mais de plus il reste implicitement contenu dans le reste de la conscience qu’il a contribué à construire. Oublions cette approche et acceptons que le passé soit le passé et que rien ne le fera disparaître. Les regrets, les remords, n’ont jamais gommés une erreur faites. On doit vivre et assumer son passé.

La thérapie ne se fera pas dans l’oubli mais au contraire par l’acquisition de nouvelles informations qui pourront compenser ces expériences anciennes, et remettre en cause de vieilles erreurs acquises. On ne peut s’abstraire du passé mais on peut « l’encapsuler » dans un nouveau réseau logique qui décrédibilisera le vécu antérieur et se posera en contradicteur des tendances nuisibles. Une forme de cognitif qui s’opposera à un émotionnel déformé. C’est d’ailleurs le principe de l’éducation que de forger des gardes fou au instincts profonds issus du monde des émotions. On retrouve donc le principe des thérapies comportementales et cognitives infiniment plus efficaces et faciles à mettre en œuvre, pour peu que l’on ait fait le bon diagnostic.

Inutile de préciser qu’en ce qui concerne les psychopathologies lourdes le travail est loin d’être évident (surtout lorsque la conscience cognitive est perturbée). Néanmoins il me semble que quitte à avoir un long chemin à parcourir, autant le faire dans la bonne direction.  

Enfin un modèle abouti pour la conscience

Introduction

Après 10 ans de réflexion et 3 ans de recherches, je peux enfin proposer un modèle de la conscience satisfaisant. Ses qualités sont d’être simple, presque évident, suffisamment universel pour que des spécialistes des neurosciences aux Freudiens les plus convaincus chacun puisse y trouver son compte, et capable d’intégrer tous les aspects de la psychologie,  de la théorie, au diagnostic, et à la thérapie.

Entropie et psychologie relativiste

Le second principe de la thermodynamique stipule que dans un système isolé en évolution, l’entropie ne peut que croitre et l’énergie du système diminuer. L’entropie étant le niveau de désordre dans le système. Cette hypothèse est étayé par le fait suivant :

Tout système est composé d’un certain nombre d’éléments réunis en configurations. Les configurations organisées représentent une toute infime partie des configurations possibles. Toute évolution du système l’entrainera donc inévitablement vers des configurations sans organisation, vers le chaos, donc vers une entropie maximum.

Formation de la conscience

On peut appliquer ce principe à tout système quel qu’il soit pour peu qu’on le conçoive comme un échange énergétique. On peut notamment essayer de l’appliquer au domaine de la psyché humaine, dans le cadre de la psychologie relativiste.

Dans cette discipline, nous avons postulé que la conscience humaine passait au cours de la vie d’une conscience émotionnelle sans structure et chaotique (petite enfance) à une conscience cognitive organisée et rigidifiée dans un réseau logique (âge adulte). Ceci peut paraître antagoniste avec le second principe de la thermodynamique.

Il n’en est rien car la conscience humaine ne constitue pas un système isolée. Dans un tel système, en interaction avec l’extérieur, tout apport d’énergie peut contribuer, au contraire à l’entrainer vers ses formes les plus énergétiquement favorisées, donc les plus structurées. Cette entropie négative ou néguentropie a été théorisée par Brillouin et Schrödinger

L’homme échange avec son milieu extérieur et c’est comme cela qu’il se construit. Sa psyché n’est donc pas un système isolé. Ces échanges lui sont une nécessité vitale, car sans eux l’homme ne peut être viable, car il se nourrit de communication.

Pour l’homme l’apport d’énergie qui va structurer sa conscience est la connaissance, l’expérience, le vécu. Ces éléments vont s’intégrer à sa conscience et développer sa conscience cognitive. A travers elle se construisent les notions de positionnement, d’analyse critique, de relations et aussi les notions abstraites qui organisent les sociétés (Religions, morales, idéologies, républiques, démocraties) et constituent les représentations mentales nécessaires à la vie humaine. Au cours de sa vie l’homme va acquérir des connaissances et développer sa vision du monde.

Dans sa toute petite enfance sa communication se déploiera autour d’une information peu élaboré (pauvre en énergie) et c’est surtout sa conscience émotionnelle qui va se construire. L’analyse critique des événements sera mineure, les images mentales représentatives imprécises, et les liens qui les coordonnent plutôt flous. Néanmoins chaque nouvelle expérience, chaque nouveau message, apporte, intègre, un peu de logique dans le réseau de conscience. Cet enrichissement cognitif amène un peu plus de logique dans l’analyse critique des futurs événements. Petit à petit le réseau mémoriel se structure, l’émotion perd du terrain dans les représentations mentales et leurs liens logiques vis à vis de la raison, et la conscience cognitive se forme. Ce n’est que vers 2 à 3 ans que l’enfant acquière suffisamment de structure cognitive pour se forger ses premiers souvenirs. Avant il n’est que dans l’émotion, la fusion, et ne construit pas de représentations mentales capable d’émerger dans sa conscience.

Au fur et à mesure des expériences la conscience se construit par strates successives de plus en plus formalisées. Chaque nouvel événement est analysé en fonction des données déjà acquise et apporte un plus au développement de la conscience cognitive. Petit à petit les capacités de communication formelles vont se développer, la conscience cognitive intégrer des informations de plus en plus structurées, et initier un vécu cognitif plus solide. La conscience se formera par strates successives de plus en plus organisées, chacune étant le fruit de la strate précédente enrichie de la nouvelle information acquise. A l’âge adulte (pas avant 30 ans) la conscience cognitive commence à se rigidifier et s’efforce de contrôler les élans émotionnels.

 Plus l’information reçue, les messages détectés, seront fortement structurés (donc riche en énergie)  et plus la conscience cognitive sera rigide, et plus la capacité d’adaptations aux idées nouvelles sera faible. La nature profonde de la conscience sera fonction de l’éducation reçue (avec, pourquoi pas, une participation de potentialité génétique !)

Plus les messages reçus et intégrés sont nombreux, riches, et relatifs à des domaines variés et plus la conscience cognitive sera complexe, pleine de nuances, capable d’analyses critiques élaborées des événements vécus. Plus de culture variée et plus d’ouverture d’esprit, moins de certitudes abruptes, et plus de tolérance.

Les strates les plus profondes (relatives aux événements les plus anciens) seront moins formulées, moins logiquement structurées, moins figuratives, et donc moins susceptible d’être mémorisées de façon représentatives et donc de revenir à la conscience. Elles constituerons des émotions intégrées, mémorisées mais incapable de réapparaitre à la conscience en cas d’appel. Ceci ne veux pas dire qu’elles sont inutiles car elles ont servies de fondements à la construction des strates plus formulées. Ne faisons pas l’erreur de donner trop d’importance à ce que nous pouvons concevoir (le vécu cognitif) au détriment de ce qui nous échappe (le vécu émotionnel). Mea culpa, c’est mon défaut majeur !  

Dans les représentations mentales qui apparaitrons à notre conscience quand nous devons réagir à un événement ce sont de toute évidence les plus récentes, les plus formulées (et peut-être les plus accessibles) qui seront privilégiées. Les plus anciennes ne nous apparaitrons pas de façon consciente mais joueront quand même un rôle dans notre analyse critique car elles seront implicitement présentes dans les représentations conscientes.  

Évidemment si un événement est intégré de façon erronée dans l’empilement du réseau de la conscience, il se produira des incohérences dans sa construction. Imaginez un maçon qui construit un mur en parpaings bien alignés horizontalement. Si tout d’un coup un parpaing est mal posé, que sa surface n’est pas bien horizontale toutes les autres pièce posée sur lui partirons de travers et toute une partie du mur sera bancale. Il en est de même pour la conscience et tout élément intégré de façon erronée, incohérente génèrera une « pile » en incohérence avec l’ensemble du système. Toute analyse s’appuyant sur ce réseau erroné conduira à développer ce « cancer de la conscience ». Toute analyse s’appuyant à la fois sur ce réseau erroné et sur le réseau cohérent conduira le sujet à une position ambiguë, incertaine, et frustrante.

Notre conscience est faites de ces « mini » incohérences que nous avons pris l’habitude de gérer. Ce n’est que lorsque ces incohérences seront marquées quelles pourront déboucher sur des pathologies de dissociation de la mémoire (attitudes bipolaires, schizophrénie, voire autisme) ou pourront accroitre, pour des consciences cognitives rigides, les tendances au narcissisme et à la paranoïa.

Conclusion

L’énergie apportée aux cellules vivantes sous forme d’oxygène, de sucre,  associée à leur capacité d’assimilation va définir la vie, son organisation et son évolution. L’énergie apporté à la conscience sous forme d’information, de messages structurés , va définir le vécu. (le vécu étant la conscience de vivre)

Privé de cet apport, l’homme (totalement isolé, sans possibilités de communiquer) perd toute structure mentale organisée, il périclite dans une forme de folie chaotique, puis de vécu végétatif. Pour tout enfant, l’apport de cette information par son milieu environnant (parents, proches) est une nécessité vitale à sa structuration et à son développement normal.

Pour véritablement vivre « en homme », l’homo sapiens a besoin de la communication. C’est l’échange d’informations structurées qui fait le vécu de l’homme et le différencie de l’animal.

L’animal vit de ses émotions, l’homme de son vécu à travers sa conscience cognitive. L’animal vit sur l’instant, l’homme vit dans le temps de son récit historique.

PS : Ceci peut résoudre le problème de la modélisation de la construction de la conscience, mais il reste à définir comment cette mémoire peut être utilisée, comment les éléments reviennent à la conscience quand un événement la sollicite. Il reste encore bien du « pain sur la planche ».

On pourrait pour cela s’inspirer des algorithmes de l’Intelligence Artificielle, notamment ceux de la médecine, qui permettent à partir d’une série d’images mémorisées de retrouver celles qui correspondent à votre cas et de faire un diagnostic. Il ne serai pas étonnant que l’algorithme de recherche puisse être adapté à notre conscience, et que la façon dont il fouille les parmi les images mémorisées reliées par des relation de signification (des critères) puisse s’adapter à la recherche dans une mémoire cognitive formée d’images mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.

L’ordinateur est issu du cerveau humain, rien ‘étonnant qu’il puisse en être une représentation, une formalisation, un modèle. Après tout, c’est bien la fonction d’un modèle d’être un outil de travail pour manipuler ce que l’on ne peut comprendre

Conscience cognitive et dissensions familiales

J’ai expliqué comment l’analyse critique d’un événement vécu permettait l’intégration d’une image mentale en créant des liens logiques qui la relie au réseau des images mentales déjà intégrées.

Pour donner un exemple de cette construction, prenons ce cas très (peut-être trop) schématique :

Soit deux individus, l’un élevé dans une famille de tradition politique à gauche, l’autre dans un famille de tradition politique de droite.  Ils vivent tous les deux les événements que nous venons de vivre (révolte des « gilets jaunes »)
L’individu élevé dans une tradition de gauche, empreint de valeurs de solidarité, d’égalité et faisant, via sa conscience cognitive, l’analyse critique de la situation intégrera le vécu des événements avec compassion et sympathie.
Celui élevé dans une tradition de droite, plutôt soucieux d’efficacité, de récompense du mérite, privilégiant les valeurs économiques analysera la situation comme dangereuse, irresponsable, et remettant en cause le principe de juste rémunération des mérites.
On comprend, à travers cet exemple, comment le vécu historique intégré influe sur la construction de la conscience cognitive et comment celle-ci se conforte de ses propres expériences.
Chacun de nous vit les événements en fonction de sa propre histoire et se construit sur les fondations qu’il a lui-même bâties. Ceci explique la diversité entre les humains : autant d’histoires, autant d’individualités.
Mais la construction de la mémoire cognitive n’est pas uniquement liée à ce processus déterministe.
1) Lorsque l’analyse critique de l’événement montre une certaine dissonance avec le vécu historique, celui-ci ne peut s’intégrer directement à la mémoire historique. La création de liens logiques suppose une remise en cause du vécu historique pour l’adapter au nouvel événement étudié. Le réseau s’adapte (remise en cause), les liens historiques sont modifiés, et ce, en fonction de la plasticité de la mémoire cognitive (rigide ou laxe)
2) Si cette dissonance est trop marqué, l’intégration de l’événement peut être refusé et celui-ci mis dans une sorte de « quarantaine » dans laquelle peuvent être stockés des événements vécus mais non intégré au réseau cognitif. Il en reste cependant trace dans la conscience émotionnelle.
3) Si le vécu de l’événement est déformé par rapport à sa réalité, celui-ci peut être intégré de façon erronée dans la conscience cognitive et construire des liens apparemment logiques avec les éléments mis en cause dans l’analyse critique, mais en incohérence avec l’ensemble du réseau. Les futures analyses qui devront s’appuyer sur cet élément erroné conduiront au développement d’un réseau logique, mais en incohérence avec le réseau principal. Plus le point erroné est profond dans la hiérarchie chronologique (donc plus ancien historiquement, petite enfance) et plus le sous-réseau pourra prendre de l’importance (et plus il sera difficile à éradiquer).
4) Un phénomène analogue peut se produire si l’erreur se fait au niveau de l’analyse critique par la conscience cognitive. Les conséquences en seront strictement identiques.

On voit comment la construction de la conscience cognitive se fait par empilement en strates successives de représentations des événements (représentations mentales et liens logiques de causalité). Les plus profondes, les plus historique (la petite enfance) étant de nature moins formalisées (puisque appuyées sur peu de représentations logiques), et donc plus proche de la conscience émotionnelle. Plus la conscience cognitive se développe et plus les représentations seront formalisées, sophistiquées, logiques. L’enfant n’a que des représentations un peu floues dans sa conscience cognitive car appuyées sur des représentation un peu chaotiques, elles sont peut conscientes car elles n’appartiennent pas au monde structuré accessible. L’adulte, plus construit développera des représentations de plus en plus formelles (mais moins spontanées) au fur et à mesure qu’il « grandira en âge et en sagesse ». Il aura une meilleur « vision » (conscience) de son vécu.
Pour un thérapeute la communication avec un enfant devra tenir compte de l’état de construction de la conscience de son patient (degré de maturité) et adapter ses messages en conséquence.
Ces mécanismes rendent bien compte, par exemple, des dissensions dans les fratries. Elles se basent le plus souvent sur des jalousies, rivalités lors de la petite enfance. L’un des frères ou sœurs développe un sentiment de jalousie vis à vis d’un autre (très souvent l’ainé vis à vis de son cadet). Ce dernier ne comprenant pas le pourquoi de cette rivalité la traduit en termes de désamour ou de rejet. Dans la petite enfance ces sentiments s’inscrivent dans la mémoire sous forme très peu formalisée et donc peu consciente. Sur ces bases les consciences se développent. L’analyse de tous les événements familiaux se fait à l’aune de ce hiatus et un réseau incohérent se construit. Plus l’âge avance et plus les représentations se formalisent et plus elles prennent la forme de vérités. La dissension prend alors des allures de réalités en oubliant complètement l’erreur sur lesquels elles sont basées. De fausses interprétations ont conduit à un vrai problème.

Si on plonge dans les raisons de cette l’animosité on s’aperçoit qu’on ne s’aime pas simplement parce que … on ne s’aime pas ! C’est vraiment la première prise de conscience préalable avant toute réconciliation.

La construction de la conscience cognitive

J’ai eu l’occasion de montrer comment, dans la psychologie relativiste, se formait le réseau logique de la conscience cognitive. Une émotion est transmise par un tiers, reçue et analysée par la conscience qui, si elle la trouve en cohérence avec l’ensemble de la psyché, l’intègre dans le grand réseau logique en créant tous les liens possibles avec l’existant.

Présentée ainsi la proposition est satisfaisante, mais peut-être un peu difficile à comprendre et à intégrer. Essayons donc dans donner une représentation plus imagée.

Intégration dans la conscience

Supposons que l’on connaisse Pierre, le père de Paul. Paul nous présente Jeanne une fillette de 10 ans et nous dit : « c’est ma fille ». Nous intégrons cette information dans notre mémoire et commençons le processus d’intégration générale en créant tous les liens logiques possibles.

  • Jeanne et la petite fille de Pierre
  • Pierre est le grand père de Jeanne

L’information initiale a été intégrée à notre conscience cognitive

Refus d’intégration dans la conscience

Supposons la même situation, mais maintenant Paul nous dit : « Jeanne est ma grand-mère ». Le processus d’intégration se passe mal car Jeanne vue son âge ne peut-être la mère de Pierre. Les liens logiques avec l’ensemble de la psyché ne peuvent être créés ou du moins sont créés avec un « flag » d’erreur.

Le cancer de la psyché

Reprenons la cas précédent dans lequel l’information : « Jeanne est la grand-mère de Paul » bien que mémorisée a vu son intégration refusée. Supposons que l’on fasse connaissance de Jacques le frère de Jeanne, de ses amis, et autres informations liées à elle et à lui. Tout ceci s’intégrera dans notre psyché comme un réseau logique dépendant de Jeanne. Bien que ce réseau soit parfaitement cohérent en soi, il ne pourra pas être lié au réseau général car les informations sur Jeanne ne le sont pas. Ce réseau issu de Jeanne se développera comme un corps étranger dans notre conscience, ce que j’appelle pompeusement « un cancer de la psyché ».

Ces cancers sont extrêmement nombreux chez chacun d’entre nous. S’ils se situent en périphérie de notre réseau ils ne créeront pratiquement pas de problème car les zones logiques qu’ils couvrent seront rarement sollicités. Par contre situé au plus profond de notre construction logique, au cœur de notre psyché ils auront un large développement et seront fréquemment sollicités. Ils pourront alors induire chez nous des comportements, au moins partiellement, incohérents et inexplicables. Un grand nombre de psychopathologie (que Freud pouvait définir comme « complexe, névrose, psychoses) trouveraient leur origine dans ces désordres de la conscience.

Rigidité et souplesse de la conscience

Elle traduit la capacité de notre mémoire cognitive à intégrer les messages reçus de l’extérieur. Avant de présenter des exemples adaptés voyons quelques notions préliminaires.

Supposons un sondage pour une élection politique qui donne à un candidat un score prévisionnel de 48,70 %. Si le sondage est de qualité on peut dire que ce candidat ne sera pas élu.

Supposons le même sondage, mais assorti d’une précision de mesure de plus ou moins 2 %. Le candidat crédité d’un score de 48,70 % est en fait crédité d’une fourchette allant de 46,70 % à 50,70 %. Et il n’est plus possible d’affirmer qu’il ne sera pas élu. Signalons que l’assertion que dans ce cas il aurai plus de chance de ne pas être élu que d’être élu est fausse. Il s’agit d’une imprécision dans le sondage et non d’une distribution statistique. Tous les résultats à l’intérieur de la fourchette sont strictement équivalents.

Prenons, maintenant, un individu à conscience cognitive rigide. Il a intégré de façon simplificatrice : « L’immigration est un danger pour notre culture, les migrants sont inadaptés à notre mode de vie, ils sont de plus voleurs et profiteurs ». Si se pose à lui la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants en France, sa réponse sera « non, dix fois non ! ». La conscience cognitive rigide n’accepte que des concepts qui la renforce dans ses certitudes et rejette tous les autres. C’est une structure « paranoïde » qui s’auto-conforte dans ses certitudes, il est difficilement adaptable.

Prenons un individus à conscience cognitive plus souple. Il a intégré de façon plus nuancée que si l’immigration pose problème, les migrants peuvent apporter des éléments qui remettent en cause salutairement certains points de notre culture, qu’il peuvent rajeunir une population vieillissante et participer à régler nos problèmes de retraite. A la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants, sa réponse sera plus nuancée. Par exemple : « pourquoi pas s’ils sont jeunes et formés, en veillant à ne pas faire entrer sur le territoire des individus indésirable, etc. etc. ». Sa conscience pourra même admettre certaines remise en cause de ses convictions et le débat pourra enrichir sa conscience. La conscience cognitive souple a des facilité à accueillir des concepts nouveaux et a s’auto-conforter dans sa souplesse. L’individu est adaptable.

La différence entre les deux individus réside dans leurs capacités à douter de leurs convictions, à la capacité de se remettre en cause. Notons qu’une trop grande souplesse de la conscience cognitive permet d’intégrer tout et n’importe quoi, générant une difficulté de positionnement, de référence et un terrain angoissé et anxiogène.

 

Bien sûr nous avons présenté des exemples très simples et dans la vie les mécanismes sont autrement complexes. Si complexes même qu’il serai délicat de les expliciter. L’important est de montrer, ici, le principe d’alimentation de la conscience cognitive, la construction du réseau logique, le positionnement par rapport aux événements, la prise  de maturité, et la formation de l’identité de chacun au fur et à mesure de ses expériences.

 

 

Connexions neuronales, algèbre de Boole, et liens logiques dans la conscience

Nous avons explicité la conscience comme un ensemble de représentations mentales reliées entre elles par des liens logiques formant des relations causales.

Les représentations mentales restent un mystère. On les connaît, on peut les visualiser dans sa mémoire, mais on ne peut (pour le moment) en donner une représentation liée à notre connaissance du cerveau.

En ce qui concerne les liens logiques on peut aller un peu plus loin. Nous avons pour avancer dans cette modélisation deux outils à notre disposition :

  • L’Algèbre de Boole nous permet une modélisation d’une opération logique sous forme de circuits électriques présentant une série d’interrupteurs. Ceux-ci symbolisent en étant ouverts ou fermés les notions de vrai/faux, connecté/non connecté, ou 1/0. On transforme ainsi toute opération logique en une série de représentation par des valeurs binaires.
  • La notion de cellule neuronale et leur connexion ou non connexion via des synapses. Les informations transitent dans notre cerveau via les cellules neuronales qui connectent (ou non) leurs synapses à ceux d’autres cellules neuronales pour leur transmettre (ou on) ces informations. L’information transmise est modifiée selon l’architecture des connections des synapses en fonction de l’opération logique représentée dans l’architecture en question

Considérons que l’information est contenue dans une cellule neuronale et que les synapses joue le rôle de connexion (pour assurer le transport des informations). Cette connexion peut être activé ou non (connectée ou non) et se comporter comme un interrupteur. Nous allons voir, dans des exemples très simples, comment l’architecture de ces connexions peut représenter une transformation logique de l’information.

 

Sur le schéma ci-dessus, si le bouton A est enfoncé (interrupteur fermée) le message est invariant, il circule sans être modifié.

On peut écrire S = E

Si le bouton A est ouvert le message ne passe pas

 

Ce schéma est un peu plus complexe. Deux messages E1 et E2 sont fournis au système. Si  les boutons A et B sont fermés les messages circulent et s’additionnent.

On peut écrire  S = E1 + E2 ce qui symbolise l’opérateur logique ET (en Anglais AND)

Bien sûr si l’un des boutons A ou B est ouvert le message ne passe pas. Il faut que A ET B soient fermés.

Dans ce schéma on a toujours une double possibilité en entrée. Si le bouton A est fermé, c’est le message E1 qui va passer et au contraire si c’est le bouton B qui est fermé, c’est le message E2 qui sera transmis. On aura donc deux possibilités :

S = E1 ou S = E2

Il faut que soit le bouton A, soit le bouton B  soit fermé pour que le message circule. Il faut que :  A OU B soit fermé

 

Nous avons abordé dans ce qui précède des cas extrêmement simple. L’algèbre de Boole peut engendrer des cas beaucoup plus complexes en combinant à l’infini les opérateurs booléen (ET, OU, NON, XOP, NAND, IMP, INH, NXNOR …). On arrive ainsi à couvrir toutes les actions logiques envisageables.

Evidement le cerveau humain est des plus complexe. Il permet d’envisager des milliards et des milliards de possibilités de connexion. Néanmoins on peut envisager que l’architecture des connexions neuronales (via les synapses) puisse représenter (je dis bien représenter et non être car il s’agit bien ici d’un modèle et non d’une vérité) la structure des relations logiques qui permettent l’échange et la circulation des informations dans la conscience (les liens logiques qui unissent les représentations mentales).

Nous n’avons pas encore les outils nécessaires pour observer la structure des connexions synaptiques. Cependant les progrès de la technique et des neurosciences laissent espérer que cela pourrait être bientôt possible et  vérifier ou invalider cette hypothèse.