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Nouvelle classification des psychopathologies

Pour commencer reprenons le mécanisme d’intégration dans notre conscience des événements vécus.

L’événement est vécu et perçu sous un mode émotionnel, non formulé. Notre conscience en donne une image mentale formalisée et va chercher à l’intégrer à notre vécu historique. Pour cela une analyse critique de cet événement (ou plutôt de son image formalisée) et lancée pour comparer et positionner cet événement par rapport au grand réseau logique acquis de la conscience. En créant des liens logiques de causalité avec les divers élément mis en jeu dans la conscience cet événement va maintenant faire partie intégrante du réseau logique de la conscience. Selon la capacité ou non de créer ces liens logiques l’événement sera intégré ou refusé par la conscience.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes apparents. C’est comme si en médecine on classait les maladies selon les boutons, la douleurs, la fièvre. En psychologie, comme en médecine les psychopathologies doivent être classifiées selon leur causes, leurs origines. On peut avancer deux critères principaux :

La structure de la conscience (Problématique structurelle)

Conscience rigide : Narcissisme, paranoïa. Les liens logique de la conscience avec les diverses représentations mentales sont rigides et sans nuances. Les relations de causalité ne souffrent aucune nuance et sont construit sur des certitudes. Les événements vécu auront beaucoup de mal à s’intégrer (car le réseau n’a aucune souplesse d’adaptation) et seront généralement vécus comme éléments perturbateurs et agressifs. L’image de soi établie reste le garant de l’intégrité de l’individu.

La conscience « laxe » : Angoisse, addictions, nature dépressive, sous-estimation de soi. Au contraire les liens logiques de la conscience sont lâches, incertains. Le système de référence est flou et le sujet mal assuré. Il vit dans un monde sans structure et de ce fait développe un sentiment profond d’angoisse. Il pourra intégrer dans sa conscience toutes sortes d’événements vécus sans aucune sélectivité et sans rigueur. Sans « colonne vertébrale » il sera flottant, indécis, et cherchera toujours à « se raccrocher aux branches » pour essayer de se trouver un référent externe pour palier à son absence. de références personnelles.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

La conscience morcelée : Schizophrénie, Autisme (Asperger), bi-polatité. La conscience ne fait pas un tout mais est faites d’éléments qui  constituent des « poches »  de logique, mais sans liens ensemble. Si la conscience est morcelée le souci de détails l’emportera sur la capacité de synthèse. Si la conscience est fractionnée en grand blocs on pourra observer des tendances à des comportements antagonistes plongeant le sujet dans un perpétuel conflit intérieur.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

Les déficits affectif : Régression, Anorexie (conscience rigide) boulimie (conscience laxe). Le déficit affectif induit généralement une attitude régressive avec le refus de grandir si la structure de la conscience est rigide, ou au  contraire une recherche désespéré d’affection si la conscience est plutôt « laxe ». L’adolescence est le moment le plus critique pour la gestion du déficit affectif.

Les erreurs dans le vécu : Nous vivons nos événements vécus sur un mode émotionnel dont nous fabriquons une image mentale qui devra être intégrée à notre conscience en fonction de l’analyse critique que nous en ferons vis à vis de notre vécu historique intégré (le réseau logique de notre conscience). Si l’interprétation de ce vécu est erroné, son image mentale formulée ne sera pas conforme à ce qu’elle aurai dut être. Sa confrontation avec le reste de la conscience ne pourra pas donner des résultats satisfaisants.  

Les erreurs dans l ‘intégration :Après avoir formalisé un événement dans une représentation mentale, c’est au tour de l’analyse logique d’établir les liens de dépendance ( causalité) entre cette représentation et les réseau logique des représentation déjà intégrées ? Si cette analyse se passe mal, et que l’intégration dans le réseau se fait de façon erronée on observera une certaine incohérence entre ce point de la conscience et le reste du réseau logique.

Psychopathologies globales ou partielles.

Dans les précédents cas précédents on construit un point aberrant dans la conscience. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point entrainera un lien logique qui, même s’il est en parfaite cohérence avec le point précédent, sera en incohérence avec le reste de la conscience. Se construira un réseau logique parfaitement homogène mais en désaccord avec le reste de la conscience que l’on pourrait qualifier de « cancer de la mémoire ».

Reprenons le cas d’un problème dans une fratrie ou l’ainé est perturbé par l’apparition dans la sphère familiale de son cadet. L’ainé est persuadé que ses parents l’on délaissés au profit de son cadet et voit celui-ci comme un rival. Il en développe une agressivité à son égard qui pourra durer toute sa vie. Le cadet sentant l’animosité de son ainé adopte une position de défense et se sent perpétuellement victime d’une agression. Les deux pourrons développer un comportement paranoïaque  en ce qui concerne les événements liés à la sphère familiale. Il ne seront pas  forcément de nature générale « paranoïde » mais pourrons dans certaines circonstances adopter des comportements qui y font penser.

Il est important de concevoir que certaines parties de la conscience ayant une construction pathologique peuvent entrainer ,seulement quand elles sont sollicités, des comportements déviants et pathologiques. Je caractériserais ces comportements de « partiels »,  et de nature conjoncturelle, ceci par opposition à des comportements pathologiques structurels qui affecterons l’individu en toutes circonstances. On pourra, par exemple, trouver des comportement « paranoïdes » chez des sujets à conscience « laxe » et en sous-estimation de soi.

Évitons de caractériser, trop simplement, un sujet par un pathologie unique, même si elle est dominante, la psychopathologie peut être multiformes

Les psychopathologies, classification et thérapies

Pour comprendre les psychopathologies il est important de revenir sur la construction de la conscience.

Disons, en préambule, que l’on peut représenter la conscience comme un ensemble d’images mentales représentant les situations, les choses, ou les êtres, liées entre-elles par des relation logique causales. La cause précédant toujours l’effets ces  relations définissent également une chronologie et donc la notion de temps.

Tout être vivant, à sa naissance, doit-être doté d’un certain nombre de fonctions et capacités métaboliques nécessaire à sa survie immédiate. Pour l’homme et les animaux supérieurs ce sont notamment les fonctions respiratoires, digestives, circulatoires (le sang). C’est un innée indispensable caractéristique d’une espèce.

Puis, pour l’homme, le nourrisson va développer des capacités émotionnelles au contact de son environnement. Les notions de faim, de bien-être et de mal-être (accompagné du besoin de sécurisation), de chaud et froid, d’espace qui vont forger les premiers étages de sa conscience émotionnelle. A noter que ces acquisition sont fondées et issues de ses premières fonctions organique (C’est, par exemple, sur la fonction digestive que se construit la notion de faim, sur la notion de bien-être que le nourrisson va apprendre la notion de douleur, donc de danger). Progressivement se fabrique un réseau émotionnel plus élaboré (on dira plus formalisé) avec les notions primaires d’amour ou de rejet, avec une meilleur prise de conscience de la notion d’espace (donc de sa position dans cet espace et de la distinction entre lui et son environnement). Dans la petite enfance, au contact de son environnement familial, scolaire, sociétal et des messages plus cognitifs qu’il reçoit les prémices de sa future conscience cognitive s’élaborent. Il va apprendre à se dissocier partiellement de son entourage (individuation), acquérir la notion de temps (liée à la conscience cognitive). Ensuite viendrons des notions plus sociétales de bien et de mal, d’amis et d’ennemis. Progressivement il pourra comprendre et intégrer des notions plus complexes, plus construites, plus formalisées. L’éducation parentale, scolaire, les relations à ses copains ou copines vont lui créer des références, des positionnements qui vont donner naissance à son identité. Plus il avancera en âge, plus il sera confronté à des problématiques (à sa portée) et plus sa conscience cognitive va s’enrichir, se structurer, et plus son identité va s’affirmer. C’est le difficile passage de l’adolescence ou il faut passer d’un vécu émotionnel (assorti de relations fusionnelles) à un vécu cognitif (assorti de relation empathiques). On construit alors les bases du réseau logique de la conscience (images mentales liées et structurées par des relations logiques)

A l’âge adulte il va apprendre à se dissocier des autres, à avoir ses propres visions, ses propres valeurs (évidemment fortement influencées par le milieu dans lequel il évolue), à forger sa propre identité, et accentuer son vécu cognitif (sans oublier totalement son vécu émotionnel sur lequel il s’est construit).

Plus l’individu avance en âge et plus les niveaux émotionnels s’enfoncent dans les profondeurs de la conscience et plus les niveaux cognitifs sont sollicités dans les comportements. Les relations deviennent de moins en moins fusionnelles et plus empathiques. L’individu a moins besoin des autres et le vieillard a tendance à se replier sur lui-même et sur son passé (d’autant plus qu’il a de moins en moins de futur !)

Au cours de cette construction de nombreuses erreurs peuvent se produire qui pourront déboucher sur des psychopathologies bénignes ou sévères. Nous sommes tous des mini psychopathes et heureusement les véritables psychopathologies sont du domaine de l’exception.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes et je préfère y substituer une classification par leurs causes. En médecine on a commencé par classifier les maladies selon leurs symptômes (irruptions, rougeur, douleurs) pour enfin les classifier par leur cause (bactériennes, virales, allergiques, …). Il est temps que la psychologie s’inspire de cette voie.

  1. Les pathologies liées à des incohérences dans la construction de la conscience. Elles sont d’autant plus sévères et difficiles à combattre qu’elles se produisent dans les couches les plus profondes de la conscience (donc au plus près de l’enfance). Des erreurs d’analyse et de compréhension peuvent survenir, lors de l’intégration des expériences vécues, dans la structure du  réseau de la conscience. Il peut également s’agir d’erreurs dans l’information transmise par le milieu environnant (par un milieu familial déséquilibré par exemple). La conscience se construit partiellement, dans certains domaines, sur ces informations erronées et il en résulte certaines incohérences sur l’ensemble de son réseau. Plus ces incohérences se produirons au plus profond de la conscience, au plus près de ses racines, de ses fondements et plus les incohérences développées sur elles, le schisme de la conscience sera important. Ce sera la cause de ce que j’appellerai les « pathologies dissociatives » comme la schizophrénie, la bipolarité, voire certaines formes d’autisme.
  2. Les pathologies liées à une structuration trop rigide de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont sans nuances, gorgées de fausses certitudes. L’individu va perdre toute adaptabilité à son environnement et développer un vécu organisé autour de l’angoisse de perdre ses certitudes. C’est la cause des paranoïa et narcissismes.
  3. Les pathologies liés à une structuration trop faible de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont imprécises, incertaines. L’individu manque de références solides, il est flottant, angoissé. Il cherchera sans cesse un modèle qui pourrait lui apporter les références « clé en main » qui lui manque. Il développera un comportement pusillanime avec des relations aux autres difficiles. Étant mal positionné il ne permettra pas aux autres de ses positionner par rapport à lui, d’où des relations ambigües et parfois conflictuelles (car pour les autres il n’est jamais le même, fluctuant et peu fiable). C’est la porte ouverte à la dépression, la pusillanimité et aux diverses addictions (alcool, tabac, jeux, drogue, …) qui seront pour lui un moyen de se « désangoisser », de retrouver, un instant, un positionnement vis à vis d’une sensation forte.

Mieux « sérier » les psychopathologies, les organiser par causes communes, c’est mieux les comprendre, et par là mieux les traiter.

La psychologie relativiste : La méthode thérapeutique

Le principe général des thérapie conventionnelles, basé sur l’approche psychanalytique, est la reconstruction. Le principe en est le retour, par régression, dans le passé pour atteindre le point d’où serai issu la pathologie (névrose ou psychose) pour, à partir de lui, se livrer à une reconstruction thérapeutique de la psyché. La psychologie relativiste et son modèle de construction de la conscience s ‘oppose à cette théorisation.

La mémoire et ses réminiscences ne s’effacent pas. Les souvenirs mémoriels peuvent s’enfouir sous la formidable acquisition des nouvelles expériences mais ne disparaissent pas pour autant. Seule la dégénérescence neuronale peut entrainer un effacement de la mémoire. Non seulement un événement vécu ne s’efface pas, mais de plus il reste implicitement contenu dans le reste de la conscience qu’il a contribué à construire. Oublions cette approche et acceptons que le passé soit le passé et que rien ne le fera disparaître. Les regrets, les remords, n’ont jamais gommés une erreur faites. On doit vivre et assumer son passé.

La thérapie ne se fera pas dans l’oubli mais au contraire par l’acquisition de nouvelles informations qui pourront compenser ces expériences anciennes, et remettre en cause de vieilles erreurs acquises. On ne peut s’abstraire du passé mais on peut « l’encapsuler » dans un nouveau réseau logique qui décrédibilisera le vécu antérieur et se posera en contradicteur des tendances nuisibles. Une forme de cognitif qui s’opposera à un émotionnel déformé. C’est d’ailleurs le principe de l’éducation que de forger des gardes fou au instincts profonds issus du monde des émotions. On retrouve donc le principe des thérapies comportementales et cognitives infiniment plus efficaces et faciles à mettre en œuvre, pour peu que l’on ait fait le bon diagnostic.

Inutile de préciser qu’en ce qui concerne les psychopathologies lourdes le travail est loin d’être évident (surtout lorsque la conscience cognitive est perturbée). Néanmoins il me semble que quitte à avoir un long chemin à parcourir, autant le faire dans la bonne direction.