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Mécanisme de construction et d’interprétation des rêves

Quand rêves-t-on ?

Nos phases de sommeil sont principalement la phase de sommeil profond et la phase de sommeil paradoxal. Contrairement à ce que l’on a pu penser les rêves se produisent durant ces deux phases, mais de façon plus active dans le sommeil paradoxal.

Pourquoi rêve-t-on ?

Il nous apparaît que notre perception des événements et leur analyse sont quasi immédiate, instantanée. En fait il n’en est rien et le processus d’identification/mémorisation peut prendre un certain temps.

Rappelons cette « blague Suisse » ; Un humoriste fait une blague, et un Suisse en rit. En fait il ne rit pas pour la blague qui vient d’être énoncée, mais pour celle que l’humoriste a lancé trois minutes avant et qu’il vient de comprendre !

Ceci traduit (méchamment) combien le mécanisme de perception/compréhension peut prendre un certain temps, variable selon les individus. Durant ce lapse de temps le cerveau « mouline » pour comprendre (ou pas) et intégrer cette nouvelle expérience.

Dans certaines circonstances l’intégration peut même ne pas se faire. Prenons, par exemple, les survivants de l’attentat du Bataclan. Ils ont subi un choc émotionnel si violent qu’ils en sortent dans un état de sidération totale. Ce choc et si violent, si brutal, si inédit pour eux qu’ils ne trouvent dans leur mémoire rien qui ne puisse s’y rattacher. Cette émotion intense reste au niveau émotionnel sans réussir à s’actualiser, se formaliser dans la sphère cognitive. Ce sont ces émotions enfouies, sans expression de raison, qui vont générer ultérieurement le « syndrome post traumatique ». Chaque fois qu’un événement vécu pourra rappeler le souvenir enfoui, le sentiment de panique ou les cauchemars réapparaitrons. Le temps d’intégration de l’émotion à la mémoire est infiniment long et seule une thérapie appropriée pourra déclencher le mécanisme de formulation qui permettra de « digérer » le vécu traumatique.

Les rêves sont-ils autoalimentés

Notre cerveau peut-il, sans stimulation extérieure produire de nouvelles images mentales ? C’est une question fondamentale dans la production des rêve. On peut trouver plusieurs exemples ou notre cerveau n’a plus besoin de percevoir de nouvelles sensations pour produire des images et s’auto-activer :

  1. Les scies musicales. Il nous arrive d’entendre une musique qui va tourner en boucle dans notre mémoire souvent durant de long moments. On appelle cela « une scie ». Dans ce cas nous allons ressasser cette mélodie (en général une simple phrase mélodique) alors que nous ne l’entendons plus venant de l’extérieur. Le cerveau autoproduit cette musique.
  2. Dans la rumination anxieuse le cerveau en l’absence de toute sollicitation externe, peut produire des réflexions, des contre réflexions qui vont tenter de résoudre l’anxiété qui nous étreint. Le cerveau fonctionne tout seul, en roue libre !
  3. Les souvenirs sont un mécanisme de production d’images par le cerveau à partir d’une sollicitation ayant parfois un rapport lointain avec les souvenirs qu’elle fait surgir.
  4. Le syndrome post traumatique est la résurgence de souvenir non intégrés à notre univers cognitif et qui tentent désespérément de se faire intégrer. En effet sous le coup d’une forte émotion (situation de guerre, d’attentat, d’agression) Les images mentales produites par le perception des événements sont trop violentes, trop brutales, trop soudaines et inédites pour pouvoir trouver leur représentation cognitives. Elles restent « in limbo » en attente de pouvoir s’exprimer dans un univers logique. Elles restent « en souffrance » prêtes à ressurgir à la moindre sollicitation et sont le carburant de la production d’images dramatiques et terrorisantes qui sont le symptôme du « syndrome post traumatique ».
  5. Les rêves procèdent du même mécanisme. En l’absence de toute perception externe (puisque nos sens sont en « stand-by ») nous percevons des images, des histoires qi ont un certain aspect de réalité. Dans la mesure ou durant le sommeil les fonctions cognitives sont e-au repos la logique des associations logiques dans nos rêves n’est plus contrôlée par la raison et peut donner des assemblages hétéroclites.

Le mécanisme des rêves

Envisageons d’abord le mécanisme de la perception des émotions en période d’éveil. Nous percevons, à travers l’un ou plusieurs de nos sens un événement. Les capteurs de nos sens (rétine, tympan, papilles) délivrent au cerveau un ensemble de signaux électriques. Ceux-ci y forment une image mentale qui à ce niveau est totalement dépourvue de sens. La confrontation, comparaison, de cette image avec les images mentales précédemment acquises et explicitées dans notre conscience va développer des relations logiques entre ce nouvel entrant et le réseau de conscience. Ce réseau logique de dépendance va donner un sens à cette image par rapport à tous nos acquis historiques. L’interprétation de ce que nous percevons n’est jamais « absolue », mais relative » et dépends de nos expériences passée, de notre vécu personnel

Le travail de recherche dans la mémoire pour trouver les souvenirs analogues à la nouvelle image est un processus qui présente une certaine temporalité. Il s’exerce durant un certain temps et si les premiers résultats peuvent apparaître très rapidement, le processus peu continuer un certain temps après. Comparons cela à un ordinateur qui peut « mouliner » un certain temps en recherchant des données dans une gigantesque base de données. Durant la période d’éveil ce mécanisme est masqué par toutes les sollicitations qui se présentent à nous à tout instant. Durant la période d’endormissement les réactions cognitives sont majoritairement annihilées et l’expression relative aux émotions enfouies ne peut s’actualiser dans nos divers comportement. Elle s’exprime alors par la réapparition d’images mentales que nous appelons rêves. Ces rêves sont généralement considérés comme fugaces, temporaires, ne laissant pas de souvenir, et pourtant ces rêves peuvent s’inscrire dans la mémoire

On se souvient parfois de ses rêves, non au réveil, mais quelques heure après.

Parfois on se demande si on a déjà fait ce rêve ou si on vient de la faire.

Parfois on repense à une situation sans savoir si on l’a réellement vécue ou si on l’a rêvée.

Les rêves, ou en tout cas certains rêves, laissent une trace dans la mémoire alors que nous n’en avons même pas conscience.

Les rêves sont nécessaires à notre existence car ils permettent de formaliser des images mentales résiduelles qui sans ce mécanisme tourneraient en boucle dans notre conscience sans réussir à s’actualiser. Toute pensée non formalisée est génératrice d’incertitude, donc d’angoisse, car elle ne permet pas de se positionner dans notre conscience. C’est un mécanisme assez analogue au « syndrome post traumatique » dans lequel des perceptions émotives n’arrivent pas à se formaliser.

L’interprétation des rêves

Dans la mesure ou l’on admet que la production des rêves est la recherche d’une intégration logique (même si cette logique nous échappe partiellement)

d’éléments émotionnels au réseau logique de la conscience l‘interprétation des rêves est théoriquement possible. Par contre sur le plan pratique elle n’a encore à nos jours que très peu de sens pour diverses raisons :

  1. Le point de départ des rêves est en général un événement récent qui n’a pas réussi à s’actualiser totalement.  Au réveil on se souvient généralement de la fin de ses rêves, mais rarement du début et ce départ de la construction logique nous manque.
  2. Peu de gens peuvent se souvenir de leurs rêves. C’est une démarche difficile et ingrate que de se réveiller en pleine nuit pour noter le contenu de son dernier rêve.
  3. Les rêves sont éminemment personnels et leur interprétation demanderai une forte connaissance de la vie et de la psychologie du rêveur.
  4. Quant à rechercher des corrélations universelles qui permettraient de définir de grandes lois générales (sur la base de statistique ou d’intelligence artificielle) le matériel, les données manquent pour les établir.

Conclusion

On peut dire que la production des rêves présente (toute proportion gardée) une analogie avec un « syndrome post traumatique » en ce sens ils représentent une nécessité pour notre équilibre psychique

En ce qui concerne leurs interprétations elle demeure possible mais nous manquons cruellement de données pour en débuter l’analyse.

Les mécanismes secrets de la mémoire

Les mécanismes de la conscience sont si rapides, si habituels, qu’ils nous apparaissent naturels et ne demandant aucune investigation.

Connaissance et reconnaissance et recherche sont trois processus mentaux légèrement différent. La connaissance est l’apprentissage de nouveaux concepts et leur insertion dans le réseau de la conscience, alors que la reconnaissance est l’identification de ces concepts par rapport aux connaissances déjà acquises. La recherche consiste à fouiller dans sa conscience en réponse à une question qui nous est posée.

Notons que la frontière entre ces trois notions est ténue et que toute reconnaissance contient sa part de nouvelle connaissance (les situations analysées n’étant jamais strictement identiques) et forcément de recherche

La connaissance ou l’apprentissage.

C’est l’événement fondamental de la construction de la conscience. Nous allons voir comment l’apprentissage (au sens le plus large c’est à dire l’ensemble de nos nouvelles expériences vécues) va constituer l’élément fondateur de la formation de notre identité.

Lorsque nous recevons un message, un information captée par l’un ou plusieurs de nos sens (ouïe, audition, gout, odorat, toucher) il est transformé par ces récepteurs en un signal électrique transmis au cerveau. A ce moment ce signal n’a aucun sens, il ne s’agit simple flux d’électrons circulants via notre système nerveux. Comment celui-ci va-t-il à partir de ce signal nous donner une image, un son, un gout, une odeur ou une sensation tactile ?

C’est un mécanisme relativement analogue à par exemple une télévision. Les signaux optiques ou audio captés par une caméra sont transformés en signaux électrique transmis par fil ou par ondes hertziennes à notre récepteur de télévision. Celui-ci joue le rôle de cerveau (une forme primitive d’intelligence artificielle) qui va traduire et nous proposer une image et un son que nous pouvons comprendre.

La grande différence entre la télévision et notre système mental est que la télévision ne mémorise rien, ou enregistre sans interprétation sur un disque dur alors que notre cerveau décrypte, mémorise, et crée des relations entre le nouveau message et les messages précédemment enregistrés. Le cerveau crée un réseau de connaissances, une gigantesque base de données de nos expériences vécues, alors que la télévision ne fait qu’enregistrer chaque connaissance sans aucune relations entre elles. La conscience est un réseau d’images mentales (données par les signaux électriques) reliées entre-elles par des liens logique de dépendance.

C’est bien sûr ce réseau base de données qui nous interpelle. Lorsqu’un message arrive à notre cerveau qui le compare aux messages reçus précédemment et sélectionne ceux qui peuvent présenter une certaine analogie avec le nouvel entrant. Il va créer des relations logiques avec eux du type :

même couleur, Rien à voir, plus grand que, même situation, plus effrayant, contraire de, inacceptable, vrai, faux, …etc. etc.

Le message sera alors mémorisé ainsi que ses relations logiques avec les autres élément de la mémoire constituant le réseau de la conscience et en même temps notre identité.

En effet chaque nouveau message est mémorisé par rapport à l’ensemble de notre vécu historisé et représente notre positionnement identitaire dans la vie. Cette interprétation personnelle des événement est ce qui nous caractérise, qui constitue notre « ADN mental », ce que nous sommes, bref notre identité.

De ce fait, ayant tous des expériences différentes (légèrement) nous sommes tous différents et notre identité est bien ce qui nous identifie en termes d’être unique.

Dans le tout jeune âge les souvenir sont de l’ordre du ressenti, de la sensation, puis au fur et à mesure de la prise de maturité ils deviennent plus formels, plus définis, plus exprimables avec des mots et des concepts. C’est à partir de quatre ans que se forment premiers souvenirs conscients et échangeables avec les autres.

Notons qu’ils existe ; même à l’âge adulte des souvenir non exprimables comme celui des odeurs, des gouts, non pas pour des raisons de maturité mais parce qu’il nous manquent les identifiants de base pour les formaliser.

Pour les couleurs on peut apprendre aux enfants le rouge, le jaune, le vert à partir de référents externes universels, puis ont leur apprend les mélanges (bleu + jaune=vert, rouge + bleu=violet, bleu + rouge=marron). Plus grand ils peuvent apprendre les nuances de rouge (carmin, vermillon, cerise, framboise) de bleu (ciel, marine, roi, lavande) et toutes les nuances possibles vert Véronèse, jaune citron, j’aune d’or, etc. etc. Pour chacune de ces nuances ont à un référent à montrer et le vocabulaire à proposer.

Pour les gouts, les odeurs, les touchers nous n’avons pas ces référents externes universellement identifiés, ni le vocabulaire associé, ni surtout la volonté d’apprendre. Seuls ce qui en ont vraiment besoin (parfumeurs, aromaticiens) ont développé un vague langage mi commun, mi personnel, mais qui reste primitif par rapport à celui qui permet l’évocation de la palette des couleurs. Pour les gouts et les odeurs nos souvenirs sont très fondés sur des ressentis, des émotions même si certains se raccroche à des images vécues (lavande, citron, cuir, poulet rôti, pizza, hôpital (éther) dentiste (girofle) )

La reconnaissance ou l’identification

C’est un autre élément du fonctionnement de la mémoire qui est de retrouver dans sa mémoire un élément déjà mémorisé et de l’identifier par rapport aux éléments perçus. C’est un mécanisme assez proche du rappel dans la mémoire d’un souvenir anciennement connu.

Le message reçu par le cerveau (image mentale) et confronté au réseau de la mémoire pour rechercher les images mentales susceptible de créer les liens « identique à » ou « similaire à ». Ceci permet d’identifier dans la mémoire le ou les souvenirs déjà identifiés correspondant au nouveau message et ainsi de le définir.

Notons que le lien « strictement identique à » est très peu probable dans la mesure ou  deux expériences ne sont jamais similaires. La vie ne se répète pas ! Toute reconnaissance s’accompagne toujours d’un mécanisme de connaissance (apprentissage) et d’enrichissement de la conscience. Le même objet, par exemple, n’est jamais vu de façon identique, soit que le contexte, la lumière, la position, voire notre humeur soient différentes.

Le rappel de souvenir ou la réponse à une question

Nous sommes souvent confrontés à la situation dans laquelle une question nous est posée, soit par un interlocuteur, soit par un événement qui nous interpelle. Prenons un exemple :

On nus pose la question : « Quelle est la date de la bataille de Marignan ? »

Nous répondons immédiatement : « 1515 »

Voilà qui paraît évident ! C’est en fait un ensemble de processus complexe qui comporte

  1. Identification du message. C’est le processus habituel du décryptage d’un message (verbal, audio, voire odorant, gustatif ou tactile.) commun à tous les processus décrit
  2. Identification de ce message comme une question soit par sa syntaxe, son intonation, ou l’interrogation qu’elle nous pose personnellement.
  3. Recherche dans notre réseau de conscience des liens de similitude qui pourraient répondre à la question. Pour cela il nous faut trouver le ou les bons points d’entrée dans le réseau qui cheminant au travers les liens logiques nous amèneraient à la réponse recherchée. Il arrive que nous ayons la sensation de connaitre la réponse tout en étant incapable de la retrouver. C’est qu’il nous manque le point d’entrée, la clé, pour accéder au labyrinthe de la mémoire. Imaginez que vous recherchiez chez vous votre téléphone. Vous ne savez plus ou vous l’avez posé, impossible de la retrouver. A partir d’un autre téléphone vous l’appelez et la sonnerie vous donne un indice de là où il se trouve. Il sonne dans le salon ! entrons on l’entend sonner sur la commode, voilà on le trouve. Reviennent alors à la mémoire les éléments qui nous auraient permis de le retrouver. On est entré dans le salon, on nous a appelé dans une autre pièce, nous avons machinalement posé le téléphone sur la commode (un endroit où on ne le pose jamais). Si nous nous étions souvenu d’avoir été appelés cela aurai suffit à créer le point d’entré dans nos souvenir. La sonnerie du téléphone à constitué un autre accès (un indice) pour développer une chaine logique qui nous a amené à l’objet

Conclusion

Tous ces mécanisme mentaux qui nous paraissent si évidents sont le fruit de toute une organisation structurelle de notre conscience. La mémoire consciente (celle formalisable dans les codifications sociales) comme la mémoire inconsciente (celle que l’on ne peut formaliser et qui reste du niveau du ressenti) sont un réseau complexe, une gigantesque base de données dans laquelle nous fouillons en permanence pour ajouter, rechercher, nuancer, les souvenirs de notre vécu. Plus les souvenirs sont récents, plus ils occupent une position extérieur dans le réseau de la conscience et plus nous y accédons facilement. Plus ils sont profonds et anciens et moins nous les retrouvons (car le chemin d’accès est plus long). Ceci est à nuancer avec l’impact qu’a eut sur nous ce vécu.

Inversement dans la destruction par l’Alzheimer ce sont les souvenir les plus superficiels qui s’effacent en premier les souvenirs anciens étant plus résilients