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Covid et psychopathologie chez les adolescents

Les thérapeutes constatent avec un certain effarement la recrudescence de certaines psychopathologies chez les adolescents en conséquence de la pandémie de Covid 19.

C’était, malheureusement, aussi prévisible qu’inévitable.

Commençons par décrire brièvement ce qu’est la période de l’adolescence dans notre société. C’est le moment ou l’enfant quitte ses références familiales, son positionnement d’enfant pour se lancer dans le monde des adultes. Il va découvrir un autre monde, celui des adultes. C’est un total repositionnement dans un univers moins protecteur, plus autonome. La grande difficulté de cette transition est que l’enfant abandonne, on peut dire rejette, ces références enfantines pour se projeter dans un univers dont il n’a pas encore les clés. Il faut un certain temps, beaucoup d’expériences diverses pour forger (le mot n’est pas trop fort) son identité d’adulte. Durant l’adolescence l’enfant est ballotté entre ses références enfantines et les nécessités de l’univers des « grands ». C’est une période ou l’individu est en recherche d’identité, de la voie a suivre, en perpétuel doute. Il découvre un monde inconnu dans lequel il cherche à se situer, un période de « non être » qui se déroule sur un fond d’angoisse. La référence, la prise d’identité, est la thérapeutique des adolescents.

Voyons comment vont réagir ces « êtres en devenir » aux situations générées par la crise du Covid 19

  1. Les références sont chamboulées, l’avenir devient incertain, les valeurs sont perturbées. Entre santé, économie, éducation, les hiérarchies se bousculent sans cesse au hasard des pics épidémiques. Les examen auront lieu ou pas, écrit, oral, contrôle continu, révision ou pas. Pour qui n’est pas solidement ancré dans ses références ce n’est pas facile à vivre.
  2. L’anxiété familiale n’est pas propice à la stabilisation. Les parents craignent pour leur santé, celle de leurs parents, de leurs enfants. Ils craignent de perdre ou ont perdu leur emploi, ils ne savent ce que sera leur futur. Autant d’anxiété qui déteint sur les enfants
  3. La culpabilité est présente. Les enfants ont envie de transgresser les règles de prudence mais redoutent de devenir les vecteurs de contamination pour leurs parents et grands-parents. Les parents ont également la crainte de contaminer leurs enfants. Ce doute permanent ne permet pas de se positionner.
  4. Les adolescent ont besoin de relations avec leurs amis. Ce sont ces relations qui vont leur apporter les informations (le carburant) nécessaire à la formation de leur identité. Ils se construisent ensemble par l’échange avec leur environnement. L’environnement familial a joué son rôle et ne peut plus leur apporter grand-chose de nouveau. Il leur faut du sang neuf, des expériences nouvelles. On ne s’enrichit pas avec ce que l’on possède déjà.

Voyons quelles psychopathologies peuvent menacer nos adolescents. Les principales liées à la perte ou la faiblesse du positionnement sont la dépression et les addictions et la recrudescence des TOC

  1. La dépression. Elle va concerner les enfants qui s’étaient fixés des valeurs, leur valorisation à travers des références qui s’effondrent devant eux. C’est un choc émotionnel, un véritable deuil. Ils peuvent perdre confiance en leur parents qui n’ont pas su les protéger, perdre confiance en eux avec un sentiment d’échec. La dépression peut être profonde et aller jusqu’aux idées suicidaires.
  2. Les addictions. En cette période de perte d’identité (qui signifie la perte de soi) l’adolescent va chercher quelque part l’énergie qui lui manque pour se sentir exister. Il va rechercher le « shoot » qui va lui donner un instant le sentiment « d’être ». L’alcool, la drogue, la nourriture jusqu’à exagération, vont être vecteurs de sensation fortes qui peuvent momentanément masquer le vide qui l’habite.
    Ce « shoot » peut être un « shoot » d’adrénaline que l’on trouve dans l’addiction au jeu, dans la prise de contrôle sur soi que procure l’anorexie, dans la recherche du risque exagéré.
  3. Les TOC. Ces troubles de l’anxiété ne peuvent qu’être favorisés par le climat anxiogène dans lequel évoluent nos ados.

Bien sûr ces pathologie ne touchent pas tous les adolescents et nombreux d’entre eux réagissent avec modération et supportent ces situations sans grands dommages. Comme disait Jean de Lafontaine dans « les animaux malades de la peste » :

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés

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