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Le narcissisme en politique

On a vu apparaître ces dernier temps un certain nombre de dirigeants autocratiques et aisément qualifiés de dictateurs. Certains ont été élus « démocratiquement » (Hitler, Trump, Erdogan, Poutine) d’autres ont été portés au pouvoir par un coup d’état ou une révolution supportée par le peuple (Staline, Mao, Castro). Sans aller à ces extrêmes on ne peut nier que la plupart des dirigeants politiques ont un ego fortement dimensionné. Si l’on prend les postulants à l’élection présidentielle en France on voit mal lequel serai dépourvu d’un fort narcissisme.

Il est donc légitime de se poser la question de savoir pourquoi, quel que soit le régime constitutionnel d’un pays son dirigeant est, souvent malheureusement, un Narcisse !

A propos de régime précisons d’abord la confusion générale entre démocratie et république. La démocratie est le gouvernement par le peuple. Elle s’oppose à la royauté de droit plus ou moins divin (Gouvernement par dieu). La république est une forme de démocratie dans laquelle la volonté du peuple s’exprime à travers un ou des représentants élus. La dictature peut être vue comme une forme de démocratie dans laquelle le dictateur prendrait en compte la volonté du peuple, une république peut être totalement anti démocratique lorsque les élus obéissent à la volonté d’un seul homme, comme par exemple dans les républiques socialistes soviétiques dans lesquelles les représentants du peuple(le parti) étaient inféodés à Staline.
pourquoi donc le « bon peuple » se choisit-il des dirigeant à l’ego sur dimensionné ? on peut en donner diverses raisons

  1. Pour avoir la simple prétention de diriger un pays il faut avoir une certaine dose de confiance dans ses capacités à faire l’unanimité et à s’imposer à tous. Les prétendants sont forcément imbus d’eux même.
  2. La bataille est si forte pour arriver à la première marche de la hiérarchie politique que seul ceux capables d’un investissement total peuvent y postuler
  3. Parce que chacun d’entre nous a besoin de se sentir positionné en haut de l’échelle. N’en ayant, généralement, pas la capacité nous projetons la réalisation de nos désir sur l’homme providentiel qui sera, par procuration, notre porte-parole, le représentant de nos désirs narcissiques. C’est pourquoi l’élection de notre favori est toujours fêté comme une victoire personnelle

Nous sommes tous profondément narcissique. Pour vous en rendre compte faites une petite expérience. Mettez-vous debout et regardez tout autour de vous (à 360°). Vous percevez le monde, votre monde dont vous êtes indubitablement le centre !

Vous pouvez imaginer comment un autre observateur, situé dans un autre lieu peut percevoir son monde. Vous pouvez l’imaginer, le construire intellectuellement, mais vous ne pourrai jamais le vivre.

Le petit enfant est narcissique (c’est toujours le cas en situation de fusion). De ses parents ils ne voit que ce qui le concerne, qui le touche. Il ne peut imaginer qu’ils aient une vie en dehors de lui. Ce n’est que petit à petit, avec ses nombreuses expériences extérieures à son milieu qu’il pourra imaginer des relations entre ses parents et d’autres proches (le reste de la famille, les professeurs, les voisins …). Il construira un monde en dehors de lui fait de multiples relations complexes voire contradictoires. C’est alors qu’il n’est plus purement animal mais qu’il devient un humain.

Ce quasi inévitable narcissisme de nos classes dirigeantes à évidemment le danger de ses dérives.

  1. Dérive autocratique. Se croire le meilleurs, le centre du monde entraine forcément un comportement pour le moins directif, voir autocratique. Les autres étant, par principe inférieurs (Puisque l’on est supérieur) leurs décisions son forcément moins bonne que celles du leader qui doivent logiquement s’imposer.
  2. Un narcissisme contrarié vire inévitablement à la paranoïa. Rappelons-nous les délires de Hitler, Staline, Poutine, voyant tout les contestataires comme des ennemis, de traitres, de véritables dangers.

C’est à nous, le peuple, de mieux choisir nos dirigeants, d’éliminer tout ces prétendants délétères, ces Machiavels, ces porteurs de malheur.

PS. La narcissisme que je décris ici peut paraître en décalage avec celui des psychologue (primauté de l’image de soi), mais à y réfléchir cette vision centripète du monde, cette vision à travers soi-même, c’est bien le même narcissisme.   

Narcissisme et paranoïa dans la vie courante

Il s’agit de psychopathologies que l’on a tendance à dissocier tant leur symptômes sont différents (Nous avons la déplorable habitude de classifier les psychopathologies par leurs symptômes et non par leurs causes)

Très schématiquement le narcissisme nait de la sur évaluation de l’image de soi alors que la paranoïa se définit par le sentiment d’être perpétuellement agressé par son environnement. Bien que les deux symptômologies soient très différentes il s’agit bien d’une seule famille pathologiques. Il n’est pas de narcissiques sans composantes paranoïaques comme il n’existe pas de paranoïaques sans composantes narcissiques.

La cause commune de ces deux pathologies est la construction trop rigide de la conscience. Les images mentales de notre conscience (nos ressentis, nos impressions, nos émotions primaires) sont reliées entre elles par des liens logiques sans nuances, sans aucune capacité de négociation. La vérité est absolue, intangible, et bien sûr en  contre point toute autre idée, toute autre vision est négative, perverse, dangereuse.

L’image de soi est inévitablement sur valorisée puisqu’elle s’appuie sur une vérité non négociable. J’ai forcément raison et les autres forcément tort … donc je suis le meilleur. C’est la base du narcissisme.

En corolaire toute contradiction est prise comme une totale remise en cause d’un équilibre structuré dans sa rigidité, une véritable agression. La position de défense devient la négation de toute contradiction, la rigidification dans sa position de confort. C’est le fondement de la paranoïa … et en un certain sens de la radicalisation.

Dans la vie courante on distingue, en autres

  1. Les complotistes. Par essence même on peut les mettre dans la catégories des paranoïdes. Ils sont en réaction contre toute forme d’organisation ou de connaissance qui n’abonde pas dans leurs sens. Ils sont narcissiques par leur propension à tout savoir mieux que tous le monde, avoir raison contre tous. Leur narcissisme blessé les amènent à voir des ennemis partout, des complots contre eux, à se poser en victime, dans un attitude paranoïde.
  2. Les anti vaccins. C’est bien sûr une forme de complotistes. Ils s’appuient sur des certitudes rigides pour dénigrer les vaccins. Malheureusement ces certitudes sont un tissus d’ânerie diffusées par des ignorants et « gobées » comme tel par d’autres ignorants. Ils sont persuadés qu’un gigantesque complot se trame contre eux orchestré par les laboratoires pharmaceutiques, par les états, par l’Europe. Ils cochent toutes les cases, rigidité de pensée, narcissisme, et paranoïa.
  3. Les extrémistes de droite et de gauche. Les ex « frontistes » et les « France insoumises ». Eux aussi sont pétris des  certitudes qui flottent dans leur petit milieu. Ils se confortent les uns les autres en vivant en vase clos. Ils sont accrochés à leurs certitudes idéologiques et ne fréquentes que des individus qui pensent comme eux et ont une vision rétrécie su monde.
  4. La radicalité. C’est l’exemple type du narcissisme paranoïa. Elle a deux ressort selon que l’on est leader ou suiveur.
    En ce qui concerne les leaders, ce sont des personnalités à conscience hyper rigide, imbu d’eux même et narcissiques. Ils sont sur d’eux ce qui leur confère une certaine autorité et leur rôle de leader. En butte aux difficultés ils virent facilement à la victimisation et la paranoïa ce qui justifie leurs actes extrême puisqu’ils ne se sentent pas agresseurs mais agressés et en défense (presque légitime)
    En ce qui concerne les suiveurs ce sont tout au contraire des personnalité faibles, en recherche d’identité, mal dans leur peau. Ils vont trouver chez les leaders une identité de substitution qui va leur permettre de se sentir exister. Ils vont s’y accrocher comme un noyé s’accroche à une branche. Ils sont prêt à tout pour conserver ce semblant d’identité. Ils seront donc les bon petits soldats que l’on pourra envoyer au « casse-pipe » et qui irons jusqu’à la mort pour se sentir vivre. Ce sont rarement les leaders qui se sacrifient pour la cause, c’est le rôle dédié aux suiveurs.
  5. Pour terminer citons quelques exemples, malheureusement célèbre de Narcissiques paranoïa comme Adolf Hitler, Josef Staline, Donald Trump, et la plupart des petits ou grands dictateurs de l’histoire. En ce qui concerne les royautés le problème est un peu différents car les rois ne se sont pas portés au pouvoir par leur volonté narcissique mais à leur corps défendant par simple filiation, presque « à l’insu de leur plein gré ! »

La plus part de ces « fléaux de l’histoire » sont venus au pouvoir avec l’assentiment du peuple, souvent presque « démocratiquement », en tous cas avec l’adulation des foules. On peut s’interroger sur le choix des peuples, est-il préférable à la loterie de la filiation royale ?