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Errare humanum est (l’incertitude de la mesure)

Toute mesure contient une marge d’erreur, qu’elle se  rapportent à un élément étalon (comme le mètre ou l’heure) ou un faisceau de données statistiques. L’erreur est un élément inhérent à toute mesure ou toute évaluation.

 Les catégories d’erreurs

  1. L’erreur absolue. C’est l’erreur faites sur une mesure. Elle est représentée par la différence entre la valeur mesurée et la valeur réelle (souvent inconnue). On peut l’exprimée par :
    Erreur sur la grandeur D =△(D) = Valeur mesurée – valeur réelle. L’erreur s’exprime dans la même unité que la grandeur
    Cette erreur absolue présente deux inconvénients majeurs
    a) La valeur réelle n’est en général mal connue
    b) Elle est indépendante de la valeur mesurée. Pourtant une erreur de 1 cm sur une mesure de 10 cm n’a pas la même incidence qu’une même erreur sur une mesure de 1 km.
  2. L’erreur relative : C’est l’erreur faites sur une mesure rapportée à la valeur réelle de la grandeur mesurée. Dans ce cas une bonne approximation de la grandeur mesurée est suffisante. L’erreur s’exprime comme un pourcentage de la valeur réelle ou estimée

Il existe d’autres principe de calcul d’erreur statistique (moyenne, écart quadratique) applicables à la collection d’un grand nombre de données.

Propagation des erreurs

Dans un calcul complexe qui nécessite un certain nombre de mesure séquentielles, l’erreur sur la première mesure peut se reporter sur la deuxièmes, puis sur la troisièmes. Cette cascade d’erreur impacte, évidemment, le résultat final. Les règles de calculs sont :

△(a+b) = △(a-b) = △(a)+ △(b)  

△(a*b)/(a*b) = △(a/b)/(a/b) = △(a)/a + △(b)/b

Erreurs ou incertitudes

Lorsque on connait la valeur réelle de la grandeur que l’on mesure on peut évaluer une différence comme une erreur de mesure. Par exemple un objet qui fait 10 cm de long, si on le mesure à 10,1 cm on peut dire que l’on à fait une erreur absolue de 0,1 cm ou 10% .

Mais général on ne connaît pas la valeur de la grandeur que l’on mesure (sinon pourquoi la mesurer !) et l’on ne peut plus parler d’erreur, mais d’incertitude.

Le terme de « calcul d’erreur » est ici très mal choisi car il ne s’agit pas d’évaluer une erreur (par rapport à une grandeur de référence que l’on ne connaît pas) mais de déterminer un fourchette d’incertitude autour de la valeur mesurée.  On pourra exprimer la grandeur mesurée en termes de

Grandeur mini < grandeur mesuré < grandeur maxi

Les grandeurs maxi et mini sont exprimées en pourcentage de la valeur mesurée. Toutes les grandeurs situées à l’intérieur de la « fourchette » sont aussi probables que la valeur mesurée

Exemple d’un sondage d’opinion

Nous ne sommes plus dans un système de science exacte mais dans un système de sciences humaines

Examinons les diverses causes d’erreurs ou plutôt d’incertitude dans un sondage d’opinion

  1. L’échantillon représentatif (en général environ 1000 personnes) est censé représenter en résumé la population dont on veut recueillir l’opinion. Bien que constitué sur des bases statistiques historisée, il est susceptible d’introduire certains biais si certaines catégories sont sur représentées.
  2. Le questionnaire. La façon dont on rédige les questions peut induire des biais dans les réponses. Par exemple les questions « êtes-vous content de l’action du gouvernement ? » ou « êtes-vous mécontent de l’action du gouvernement ? » ne donneront pas les mêmes résultats, les indécis (qui pensent à la fois oui et non) ayant tendance à répondre par oui à la question.
  3. Les attitudes des sondés. Certaines personnes ont une certaine réserve à exprimer leur opinion réelle, ayant peur de se montrer trop réactionnaire ou trop progressiste. C’est le cas des électeurs du front national qui pendant longtemps étaient sous évalués dans les sondages.
  4. D’autres élément peuvent intervenir comme, le moment ou l’on vous interroge, votre sympathie avec le sondeur, la façon dont chacun interprète les questions

Pour palier à ces biais les institut de sondage effectuent des « redressements » qui sont aussi cause potentielle d’erreur.

Généralement l’incertitude sur les résultat d’un sondage sont de +/- 2%, c’est  à dire qu’un résultat de, par exemple, 44% signifie plutôt entre 42 et 46% comme « fourchette d’incertitude ».

Malheureusement, l’humain a besoin de certitude et nous préférons faire une erreur en nous fixant sur le résultat de 44% plutôt que d’assumer l’incertitude du résultat. Mieux vaut pour nous un résultat certain mais empreint d’incertitude qu’un résultat incertain qui  serait une certitude.

Ceci rappelle la fameuse polémique entre Einstein et Bohr à propos du principe d’incertitude d’Heisenberg, Einstein prétendant  qu’une théorie présentant une incertitude n’était pas acceptable alors que le physicien quantiques affirmaient que l’incertitude faisait partie de la vie et devait être prise en compte dans la théorie. L’avenir a donné tort à Einstein.

Conclusion et morale !

Nous avons beaucoup de mal à vivre dans l’incertitude au point de nous raccrocher « quoi qu’il en coute » à des vérités absolue. Sur le plan individuelle la certitude est une façon e nous dé angoisser, mais sur le plan collectif, sociétale, elle est source de tous les antagonismes et des conflit. Comprendrons-nous un jour que l’incertitude est la seule certitude que nous ayons.

Le principe des dieux et des religions est fondé sur le refus de l’incertitude !

Certitudes et incertitudes

Dans des précédents articles j’ai eu l’occasion de parler de l’influence des certitudes et des incertitudes sur les comportements humains.

La certitude correspond à une structure mentale rigide, sans nuances, manichéenne, sans capacité de négociations. Toute remise en cause et niée car la structure figée ne peut admettre de modifications. Elle enferme l’individu dans un « Ghetto » de personnes ayant les mêmes convictions. Elle mène au narcissisme et en cas de contradiction à la paranoïa.

L’incertitude est génératrice d’angoisse, d’anxiété. Incapable de se forger les repères stabilisant l’individu reste dans un doute permanent sans pouvoir en sortir. Il a un comportement pusillanime, flottant.

L’être humain se débat entre ces deux extrémités. La certitude qui est sécurisante mais sclérosante et l’incertitude angoissante mais ouverte sur les autres

Prenons l’exemple de la campagne de vaccination

  1. Nous sommes en présence d’un virus inconnu, dont on connaît à peine le mode de transmission (on ne connaît toujours pas la genèse de la pandémie), contre lequel on n’a aucun traitement. C’est une situation d’incertitude totale devant un danger, inévitablement génératrice d’angoisse.
  2. Plusieurs laboratoires mettent au point des vaccins donnés pour efficaces ce qui pourrait être un point d’ancrage pour une perception sécurisante de la situation.
  3. Les personnes à conscience rigide, hostiles à toute situation incertaine, recherchent à tout prix une voie de sécurisation, un positionnement stable. La seule option parfaitement déterminé qui leur est offerte c’est le déni. Ils nient la pandémie, nient l’efficacité du vaccin. Pour justifier cette position insoutenable ils invoquent des mensonges d’état, des complots, le danger d’une médication nouvelle. Ils ont maintenant leur écriture de l’histoire qui légitime leur position. Ils s’arc-boutent sur leur argumentation et les voilà dans une position sécurisante parce que clairement tranchée. Ils n’ont aucune confiance dans les spécialistes mais ils font confiance en leur jugement, Ce qui dénote un certain narcissisme.
  4. Pour les personnes à conscience mal définies, c’est le doute qui l’emporte. Pandémie ou pas pandémie, vaccin efficace ou non, vaccin dangereux ou non ! « Dans le doute abstient toi », ils restent dans l’expectative. Leur réponse est : « J’attends ». Si on leur pose la question : « Qu’est-ce que tu attends ? » ils n’ont pas d’autre réponse que « j’attends de voir » Ce qui n’est pas vraiment une réponse et surtout ce n’est pas un positionnement par rapport à la situation. Toute question sans réponse claire pose problème !
  5. Entre ces deux extrêmes on trouve une majorité de Français qui eux aussi doutent (ce qui est une position tout à fait raisonnable !) mais qui font le choix d’une autre solution. Ils admettent que le problème les dépasse et se retournent vers des personnes en qui il peuvent avoir une certaine confiance : Médecins, Virologues, Épidémiologies, Gouvernants. Il ne s’agit pas d’une confiance absolue mais de s’en remettre à des personnes qui présentent une certaine crédibilité à leurs yeux. Le doute (raisonnable) n’empêche pas la confiance, selon le vieil adage : « Une mauvaise décision vaut mieux que pas de décision du tout »
  6. Les personnes à conscience rigide ou mal définie vivent sur la peur. Celle de se remettre en cause et de se déstabiliser pour les première, la peur des conséquences d’une mauvaise décision pour les seconde
    « La peur est toujours mauvaise conseillère ».
    Ces « fameux rebelles » sont plutôt des gens qui ont peur de la vie !

L’incertitude mère de l’angoisse

Avant toutes choses posons quelques définitions

Positionnement : C’est le jugement critique que l’on porte sur les objets, les êtres, et les situations. Il défini notre relation avec ce qui nous entoure, comment nous nous situons dans notre environnement grâce à une évaluation critique. L’ensemble de ces positionnement au cours de notre vie représente notre identité, comment nous nos définissons dans notre environnement.

Angoisse : c’est la sensation d’une perte de repère par apport à notre environnement, de perdre son identité, d’une difficulté à se positionner, se définir, donc à exister

 Anxiété : Elle nait quand l’angoisse se fixe sur un objet ou une situation dangereuse dont on ne peut prévoir l’issue fatale ou anodine. On va osciller entre pessimisme et optimisme dans la mesure où l’on ne peut avoir une évaluation précise du danger.

Peur : Elle survient en situation de danger imminent et à issue certaine. Elle nous pousse à réagir pour trouver la meilleure parade ou le meilleur échappatoire.

Émotions : Elle nait de toute perception, à travers nos cinq sens. Celle-ci, transmise au cerveau sous forme d’impulsions électriques va être analysée par comparaison avec notre vécu historique pour définir notre sentiment de la situation, notre attitude par rapport à elle, notre positionnement. De cela vont découler nos comportements en réaction à ces émotions.

L’être humain a la capacité de représenter ses émotions dans un réseau d’images mentales reliées entre-elles par des liens logiques de causalité. Ce sont ces liens logiques qui donnent leur sens à ces représentations et créent ainsi notre positionnement dans la vie. Malheureusement ; l’humain, en a également l’absolue nécessité. Alors que l’animal peut se positionner dans la vie sans faire appel à des représentations (uniquement par ses sensations, ses sentiments) l’humain ne peut se passer de son réseau de représentations. Non pas qu’il ne possède pas comme l’animal un réseau de sensations, mais il ne peut se passer de se situer dans son univers cognitif. S’il ne peut représenter logiquement un événement et ne peut donc se positionner par rapport à lui, l’humain ne peut ressentir cet événement. Ceci déclenche le phénomène de l’angoisse, de la perte de contrôle devant un événement.

Lorsque l’on joue au tennis, on nous apprend, au début à toujours frapper la balle en position bloquée. En effet, dans ce cas, on a à juger uniquement du mouvement de la balle. Si au contraire on frappe la balle en déplacement on doit juger du mouvement de la balle, de son propre mouvement et de la corrélation entre ces deux faits. C’est évidemment beaucoup plus complexe.

Ceci pour illustrer comment il est difficile de se positionner par rapport à un objet mal défini. D’où la sensation d’angoisse devant une situation que l’on arrive pas à définir clairement, à représenter logiquement

C’est pour éviter cette situation angoissante que l’humain se voit dans la nécessité de se représenter clairement les situations

Cette angoisse est un ressenti non défini, une sorte de néant. Ce n’est pas à proprement parlé un sentiment, c’est plutôt un état, un terrain sur lequel vont se développer ses comportements.

Lorsque l’angoisse se cristallise sur un événement particulier, un danger potentiel, se développe le sentiment d’anxiété avec son va et vient de crainte et d’espérances, sa rumination.

L’humain a un besoin absolu de se positionner dans la vie et c’est pourquoi il redoute l’incertitude. Pour beaucoup d’entre nous mieux vaut une fausse vérité (fake news) solide et simple qu’une vérité incertaine, donc complexe, vis à vis de laquelle il est difficile de se positionner de façon stable.

Dans la vie, nos comportements seront toujours dirigés vers la certitude, vers la sécurisation.