Archives de catégorie : Psychologie

Les études ayant trait à la psychologie

Narcissisme chez les dirigeants et le enfants

LES DIRIGEANTS

Ce n’est plus un secret que la majorité des dirigeants politiques ont une tendance au narcissisme. Arriver au sommet de la pyramide du pouvoir est une tâche si difficile qu’il est quasiment impossible de l’accomplir sans une totale surestime de soi, une haute idée de sa valeur et de son destin. Tous nos présidents ont été plus ou moins narcissiques, De Gaule, Sarkozy, Chirac, Giscard, Macron , Hollande, pour essayer de les classer dans un ordre décroissant. (et ce, sans aller rechercher dans l’histoire Louis XIV ou Napoléon)

Derrière tout narcissique se cache un paranoïaque en sommeil !  Ce sont deux pathologie de même origine, une raideur  excessive de la conscience.

Cette surestime de soi ne se produit pas par hasard, elle est le fruit d’un sentiment d’insécurité, d’un réel doute sur ses capacité, compensé par un affirmation narcissique de défense.

C’est sur ce doute latent que se construit la position paranoïaque, le sentiment diffus d’être menacé dans son pouvoir apparaît dans la difficulté. Plus le pouvoir grandi et plus la possibilité de dérive paranoïaque menace.

Dans nos régimes démocratique le pouvoir n’est jamais absolu, et les contre-pouvoirs permanent. Aucun de nos dirigeants n’a sombré dans la paranoïa. Il n’en est pas de même dans les régimes autoritaires.

Hitler, Staline, Mao ont terminé leur carrière dans un  délire paranoïaque (hypocondriaque pour Staline) voyant partout des ennemis à éliminer.

Erdogan est un plein virage et depuis un ou deux ans sa paranoïa s’affirme

Trump montre tous les signes de sa dérive. Il ne voit plus que des ennemis, il se sent victime et persécuté. Il était grand temps de l’arrêter.

Poutine est certes un narcissique affirmé, il a évidemment des tendances paranoïa, mais un tel contrôle sur ses émotion qu’on peut le penser à l’abri de cette évolution.

La leçon à tirer de cette histoire et qu’il  faut toujours se méfier des « grands hommes ». Leur sentiment de supériorité plait aux populations qui aiment se sentir protégés par qui, elle pensent plus fort qu’eux. Elles s’abandonnent à lui, lui donnent tous les pouvoirs, enflent son narcissisme et fabriquent de ce fait la paranoïa qui va apparaître à la moindre contrariété.

De façon générale on n’accède pas au pouvoirs en tant que dictateur, on le devient. C’est le peuple qui fabrique ses dictateurs, il fabrique ses idoles pour enfin les bruler.

Ne blâmons pas les dictateurs, mais ceux qui les ont porté aux nues !

Comme quoi dans la démocratie, si vacillante soit-elle, les contre-pouvoirs sont la meilleure défense contre les dictatures folles

L ENFANT EST-IL NARCISSIQUE ?

On avance souvent l’hypothèse que l’enfant passe obligatoirement par une période narcissique pour former son identité. On peut voir les choses différemment.

Le narcissisme est une sur évaluation de l’image de soi, une raideur de la conscience, sans doute une défenses contre un sentiment d’infériorité dû à des troubles de l’enfance. Dans la mesure où il y a sur ou sous-estimation de son image cela suppose une relation différenciée, distanciée avec l’autre. Estimation signifie relation, relativité et image implique un comportement cognitif. Ces deux élément ne sont pas du domaine de l’enfance mais plutôt de la maturité.

Comment donc expliquer ce narcissisme apparent chez l’enfant ? Pour résoudre cela, plongeons nous dans l’univers de l’enfant.

En pleine formation de sa conscience cognitive l’enfant vit principalement sur un mode émotionnel, en fusion avec son environnement (Parents, frères et sœur, …). C’est à dire qu’il a très peu de distanciation avec ses proches et il les vit comme faisant partie de son univers. Il n’a pas d’autonomie réelle, pas de distance avec les autres et les voit  comme n’ayant pas de distance avec lui. C’est un univers totalement fusionnel. Il n’imagine pas « les autres » comme ayant une vie propre, autonome, et dans laquelle il n’existerai pas. Il ne voit dans « les autres » que ce qui les relie à lui et ne leur attribue pas une réalité autre que celle qu’il vit avec eux.

C’est une position egocentrique mais pas narcissique (sauf pathologie particulière) Il est le centre de son univers, peuplé par ses proches. Il ne perçoit que la partie de l’univers, de son environnement en fusion avec lui.

C’est en prenant son autonomie (dans la maturation) qu’il se sentira différent, distancié, des autres, et donc sentira que les autres sont différents de lui. Le passage d’une relation fusionnelle aux autres à une relation empathique corrigera cet égocentrisme de la fusion.

Il n’y a pas, sauf pathologie, de narcissisme chez l’enfant mais une position centrale dans l’univers qu’il vit. L’éducation moderne qui sur protège l’enfant, l’enferme sans sa bulle régressive, l’empêche de prendre son autonomie et de sortir de son univers égocentré .

A force de classifier les pathologies par leurs conséquences comportementales et non par leur causes psychologiques on finit par tout mélanger !

Les addictions

Les addictions

On peut définir l’addiction, dépendance, autrefois assuétude, comme l’envie répétée et irrépressible de faire ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire. Cette définition concerne des envies ou besoins non nécessaire et exclue évidemment les besoins vitaux.

Les addictions peuvent être nombreuses et variées. Citons l’alcool, les drogues, les jeux d’argents, les jeux vidéo, la masturbation, la boulimie, les achats, les smartphones, l’anorexie.

Les addictions ont de façon générale pour origine un déficit de repères chez des sujets angoissés ou anxieux et c’est cette absence de positionnement que l’addiction tente maladroitement de corriger.

L’angoisse n’est ni un sentiment, ni un ressenti. Elle est par nature inconsciente est traduit une incapacité à se situer. C’est une position flottante due à une conscience cognitive trop laxe. Le sujet ne se situe pas par rapport aux autres, par rapport aux situations, il a du mal à se définir. Il se construit sur un socle flottant. Le besoin de se « raccrocher aux branches » se fait particulièrement urgent en période d’inactivité quand le sujet se retrouve face à lui-même. Il a alors besoin d’un coup de fouet. C’est le propre des sujets à conscience cognitive trop laxe. Ce « coup de boost » peut être recherché soit dans une satisfaction physique, soit affective, soit purement psychique

  1.  recherche d’une satisfaction physique
    L’alcool, la tabac, la masturbation vont donner une satisfaction physique immédiate, une sensation forte à travers laquelle le sujet aura l’impression de se resituer et donc d’exister. C’est évidemment une sensation éphémère qui disparaitra avec l’effet qui l’a crée
    la boulimie et l’addition aux smartphones impliquent en plus un déficit affectif que le sujet va compenser par un besoin impérieux d’ingérer pour la boulimie ou la recherche de contact permanent pour le smartphone
  2. La recherche d’une satisfaction psychique
    Le sujet à tendance pour se sentir exister à rechercher une excitation intellectuelle, à se redéfinir dans une fébrilité  permanente. C’est le cas dans l’addiction aux jeux (d’argent ou vidéo) et aux drogues comme la cocaïne et pour certains le goût du risque. Le tabac peut également figurer dans cette catégorie dans la mesure ou l’addiction au geste de fumer est présente.
  3. La recherche de la négation de soi
    C’est le cas du cannabis et des drogues « anesthésiante ». Le sujet ayant des difficulté à se situer dans son univers, il utilise ces substances pour accéder à un monde ou la référence, le positionnement n’existe plus. Il se sent adapté à cet univers
  4. L’anorexie est un cas un peu particulier
    Elle résulte d’une difficulté à se situer, principalement dans le passage à l’âge adulte. Elle est une addiction un peu particulière car c’est une addiction non pas à l’acquisition mais à la privation. La récompense vient du sentiment de puissance que donne le contrôle sur soi-même. C’est à travers cette domination de lui-même que le sujet se sent exister

De façon générale les addictions résultent d’une difficulté à se situe, à se positionner, donc à se définir et se sentir exister. Elles constituent des palliatifs à cette difficulté de sentir exister, mais leur effet et toujours éphémère et ne corrige pas le problème de fond.

De plus l’addiction n’a pas seulement des causes, elle a aussi des effets très souvent délétères. La recherche de stabilisations jamais satisfaites auto-alimente l’addiction, soit par besoin répétitifs, soit par une véritable addiction biologique à certaines substances.

L’énigme de la conscience : émotion ou cognition

J’ai toujours décrit la conscience comme composée d’images mentales reliées entre-elles par de liens logiques de dépendance. Tout cela est bien beau, mais il reste en suspens certains problèmes

  1. Comment peut-on représenter la notion d’images mentales et de relations logiques ?
  2. Lorsque nous communiquons, notre cerveau reçoit-il un message cognitif analysé par notre conscience cognitive, ou un message émotionnel analysé par notre conscience émotionnelle

Nous allons essayer de répondre à ces deux questions.

Lorsque nous percevons notre environnement, c’est avec nos cinq sens, et uniquement à travers nos cinq sens. Le message reçu (Visuel, Auditif, Olfactif, Gustatif, tactile) est transmis, via des récepteurs, sous forme de signaux électriques au cerveau. Cette perception nous donne une sensation enregistré dans le cerveau. Cette sensation, cette impression, est à ce stade dépourvue de tout sens et ne représente rien. Pour qu’elle prenne un sens elle devra être assortie d’une représentation formalisée qui lui prêtera une signification.

  1. C’est en comparant cette nouvelle sensation à des sensations anciennes (qui elles ont reçu leur formalisation, leur signification) que celle-ci va prendre un sens. Cette comparaison, va donner une valeur à la sensation perçue en créant cette fameuse relation logique entre elle et les sensations déjà explicitées dans notre mémoire. C’est dans le positionnement de cette sensation par rapport aux sensation déjà explicitées que celle-ci va prendre son sens, sa valeur.
    Dans la conscience, chaque image mentale est assortie de liens logiques avec le reste de la mémoire. C’est le couple image mentale – relation logique qui en est l’élément constitutif.
    Notre mémoire est donc composée d’un niveau émotionnel constitué par l’enregistrement de l’ensemble de sensations perçues, et d’un niveau cognitif constitué de l’ensemble des relations logiques de dépendance (ou de comparaison) entre les sensations (images mentales) stockées. La somme de ces deux « niveaux » constitue notre conscience
  2. En ce qui concerne la communication, la solution de notre problème résulte de l’énoncé précédent. Lorsque nous recevons, dans la communication, un message que celui-ci soit verbal, visuel, olfactif ou autre, il ne peut être perçu  que par nos sens, et uniquement par nos sens. Dans cette configuration nous ne pouvons percevoir dans le message que sa partie « émotionnelle », la seule accessible à nos sens, et en aucun cas sa partie cognitive voulue par notre interlocuteur.
    Ce n’est qu’ultérieurement que l’analyse de cette perception (sensation) par notre conscience, la comparaison avec des sensations anciennes déjà explicitées redonnera à ce message les contenu cognitif voulu par notre interlocuteur. On comprend aisément pourquoi le sens du message perçu n’est pas toujours exactement le sens que l’autre à voulu lui donner. Plus la culture est commune, plus les apprentissages sont communs et meilleur sera la transmission de l’information.

La perception est immédiate et ne nécessite aucun apprentissage, elle est pratiquement d’un niveau organique. C’est pourquoi la conscience émotionnelle est le moteur de la vie animale. Par contre la construction de la conscience cognitive, principalement réservée aux humains, est lente car elle suppose un parcours complexe et nécessite une communication avec les autres dans un processus d’apprentissage.

C’est pourquoi les enfants vivent sur le mode émotionnel et le passage à l’adulte, au mode plus cognitif est long et périlleux. La perception, la sensation, ne se trompe pas, par contre son interprétation dans la conscience cognitive et périlleuse et donne lieu à de nombreux contre-sens. C’est pourquoi l’humain a besoin de communication pour évoluer vers le stade adulte. Il n’est pas de développement humain sans apprentissage de la vie et donc sans échanges avec ses semblables.

Les émotions en psychologie relativiste

Comme pour tout affect humain les émotions vont mettre en jeu tout le spectre de notre conscience pour balayer de la réaction inconsciente jusqu’au comportement et à son analyse cognitive.

C’est l’essence même de la psychologie relativiste de penser que le passage de la perception à l’expression est un jeu de formalisations successives qui nous font passer de la pulsion informelle  au comportement formalisé.

Principe de l’émotion

Émotion signifie mouvement, ce qui implique modification d’un état énergétique.

Considérons, un instant, notre psyché comme un système énergétique ayant atteint un certain équilibre. Tout apport d’énergie à ce système va entrainer un déséquilibre qui tend à le faire bouger. Selon le second principe de la thermodynamique, un système isolé ne peut évoluer que vers le chaos, la déstructuration. Tout apport à notre psyché, à notre conscience devrait donc se traduire par une tendance à sa désorganisation. L’émotion devrait donc nous éparpiller. Mais contrairement à l’énoncé de ce second principe notre psyché n’est pas un système isolé, mais au contraire un système en échange permanent avec son environnement. Tout apport d’énergie à ce système en perpétuelle relation va, au contraire, induire une structuration supplémentaire à notre conscience. En effet tout apport d’énergie à un système organisé non isolé va le faire passer à un niveau énergétique supérieur.  C’est l’idée même de la psychologie relativiste d’envisager les expériences de la vie, nos multiples perceptions, comme l’élément structurant de notre pensée, comme l’élément moteur qui nous feras passer du chaos originel de la petite enfance à la pensée organisée de l’âge adulte.

L’émotion, le message perçu, sera le carburant, l’apport énergétique qui fera évoluer notre pensée vers un niveau d’organisation, donc de formalisme, supérieur. L’émotion va nous structurer et nous faire devenir, passer d’une pensée purement émotionnelle, sans cohérence, sans formalisme à une conscience cognitive organisée et capable de se représenter sur un mode verbalisable et échangeable.

En d’autres termes, sans émotions, pas de mouvement, pas d’évolution, pas de vie, pas de prise d’identité.

On conçoit alors que l’étude de l’émotion soit fondamentale dans la représentation de la vie. Comme les aliments sont une nécessité vitale pour notre existence physique, les émotions sont une nécessité vitale pour notre développement psychique.

Le mécanisme de l’émotion

On peut résumer le mécanisme de l’émotion dans le schéma suivant, que nous allons expliciter :

Le chemin de l’émotion

Avant tout l’émotion commence par une « perception », un ressenti à travers nos sens : Ouïe, Vision, Odorat, goût, et toucher. Ce sont, ou du moins on le pense aujourd’hui, nos seul moyens de communication avec le monde qui nous entoure.

Ces messages qui ne sont, à ce stade, que de simples signaux électriques (on retrouve ici la notion d’apport énergétique) vont être transmis à notre cerveau pour une première analyse rapide et inconsciente. Ils vont être analysés en termes d’impact, d’importance et en termes de nouveauté. C’est à travers ces critères d’impact et de nouveauté que va se produire la première réaction de notre organisme. Plus le message reçu sera important et nouveau et plus l’émotion sera forte.

Si l’émotion est purement sensorielle (qui ne met en jeu aucun imaginaire) nous aurons une réaction purement organique, comme pourrait l’avoir une plante. Une brulure déclenche une nécrose des tissus, un coup un hématome, par exemple.

Chez les humains l’émotion est rarement de niveau purement sensoriel car nous avons en nous (c’est la différence avec les plantes) un imaginaire inconscient acquis au cours de nos expériences de la vie. S’il est mis en jeu par l’analyse, on va déclencher des réactions émotionnelles inconscientes comme une suée, des palpitations, des crispations, des gestes incontrôlés, des rougeurs, des diarrhées. C’est en fait l’animal qui est en nous qui réagit à son bouleversement émotionnel

Mais nous ne sommes pas que des animaux et nous avons aussi des capacité d’analyses un peu plus élaborées. Le message perçu est maintenant analysé avec un peu plus de perspicacité. Il est comparé et évalué à l’aune de nos expériences passées sur un mode un peu plus formalisé que l’analyse quasi inconsciente précédente. Nous allons développer ce qu’on peut appeler un « sentiment » vis à vis de la situation évoquée par le message. De ce dernier, se développe une représentation, certes encore floue et imparfaite,  mais qui nous en donne une approche un peu plus cognitive. C’est une sorte d’impression que l’on aurait du mal à décrire, mais que nous ressentons confusément. Nous avons alors la capacité de nous situer par rapport à la situation, de nous positionner, de la prendre en compte dans notre univers personnel

Nous développons alors ce que l’on peut appeler une « attitude » vis à vis de l’événement (du message). Nous pouvons apprécier à peu près les conséquence qu’il pourrait avoir, en évaluer les avantages ou les inconvénients, la gravité ou la banalité, bref comme on dit « nous en faire une idée »

Mais dans un système tout apport d’énergie est déstabilisant et a besoin d’être consommé. Il va l’être de deux façons

  1. En intégrant cette expérience à notre système de pensée, c’est  à dire en créant des liens logiques de structure, de dépendance, entre la représentation de cette expérience et celle des expériences passées. La structuration d’un système nécessite un accroissement de son niveau énergétique . C’est en construisant ces liens logiques que nous fabriquons notre positionnement vis à vis de cet événement. Ils vont être les relations entre ce nouvel apport et nos acquis anciens qui vont définir comment notre histoire se situe par rapport à ce présent.
  2. Ce surcroit d’énergie va également se dissiper dans notre réponse, c’est à dire dans le message en retour que nous allons envoyer. Nous allons adopter un « comportement »  qui se traduira par un message gestuel, verbal, une action physique adaptée à ce que nous avons évalué de la situation.
    Ce comportement deviendra alors un nouvel acquis pour notre conscience, de nature plus formalisé, plus codifié que les acquis précédents

C’est ainsi que les émotions construisent notre conscience, nos positionnements, notre identité, c’est ainsi qu’elles font de chacun de nous l’être unique que nous sommes.

Les niveaux d’analyses dans l’émotion

Intéressons-nous maintenant à ces processus d’analyses qui participent à partir des émotions à la construction de notre être.

  1. Sur le plan psychologique,
    la « perception » du message générateur de l’émotion et la réaction instinctuelle à ce message seront d’un niveau totalement inconscient, réflexe.
    La création du « sentiment » sera un processus de niveau émotionnel, à moitié conscient mais sans définition précise. Sont intégration dans la conscience sera de niveau émotionnel
     Le passage aux « comportements »  et leur intégration dans la conscience relèvera du cognitif, puisqu’il est capable de se formaliser dans des  mots, des actes possibles à décrire.
  2. Sur le plan sociologique ou relationnel
    La réaction à la « perception », immédiate inconsciente relève du niveau organique et n’implique ni relation ni  sociologie
    La création du « sentiment » relève de la confrontation entre les message perçus et notre psyché. Elle est purement personnelle et ne tiens en aucun cas compte de notre environnement. C’est notre sentiment vis à vis de l’événement
    Nos « comportements » vont être la projection que nous pensons devoir en faire vis à vis de l’extérieur. Ils vont prendre en compte des valeurs issues de notre environnement , ils vont être fonction de l’image que nous voulons porter de nous vers les autres. Ils sont sociabilisés (bien ou mal évidemment !)  

Les approches thérapeutiques

Elles vont dépendre du niveau que l’on veut atteindre

  1. Le niveau purement émotionnel inconscient. Il ne nous est pas accessible. Toute approche consciente ou simplement construite est inaudible pour ce niveau … peut-être un jour, mais pas aujourd’hui
    Par contre ce niveau, purement organique pourra être atteint par la médecine et les médicaments. Ils ont prouvés leur efficacité à ce niveau
  2. Au niveau de la création du sentiment et de sa gestion, on est dans le pure domaine de la psychothérapie, psychanalyse, ou autre
  3. En ce qui concerne les attitudes et les comportement, on tombe dans le domaine des thérapies comportementales et cognitives, qui en faisant réfléchir sur nos comportements induisent des modifications dans nos attitudes, qui  en retour vont induire pour nous de nouveaux comportement

PS : Profitions en pour redéfinir deux termes

Humeur : Ce serait la somme des sentiments qui habitent un individu à un moment donné. C’est un concept conjoncturel.

Tempérament : Ce serait la somme des sentiments qui « statistiquement » habitent un individu. C’est un concept structurel.

Le langage des mains : La gestuelle

Les mimiques du visages sont une réaction à une émotion et traduisent d’une façon involontaire les émotions ou les sentiments ressentis

A l’opposé les gestuelles des mains sont une action, sinon volontaire du moins volontariste, destinée à transmettre une information à notre interlocuteur.

Certains gestes sont purement des actions informatives, d’autres peuvent être mêlés, selon les circonstance, d’un contenu émotionnel ou sentimental. Leur lecture en est plus compliquée car ils peuvent contenir, non seulement un message informatif, mais également l’expression du ressenti d’une émotion. Un message informatif peut être simple, bien codifié, une réaction émotionnelle est toujours complexe et peu soumis à codification lisible.

Balayons le spectre de ces gestes, tous à visée informative, en allant de :

  1. Décision : Les plus informatifs et fortement tranchés et cognitifs
  2. Précision : Toujours informatifs mais sou tendant une réaction cognitive
  3. Hésitation : Traduisent déjà un état émotionnel dans le doute
  4. Sentimentaux : Expression d’un sentiments

On voit dans ce « scan » que l’on passe de gestes fortement cognitifs, à des gestes teintés d’émotion, puis des gestes ou l’émotion l’emporte sur le cognitif, pour aller vers des gestes de nature purement émotionnelle

Les plus informatifs vont être les gestes de décision :

Viennent ensuite les gestes de précision qui impliquent une demande cognitive d’explication, mais déjà un début d’hésitation

En allant vers les gestes moins informatifs et qui impliquent déjà une forte composante émotionnelle viennent les gestes d’hésitation

En dernier lieu, fortement teintés  de réactions émotionnelles, bien que toujours à visé informatives viennent les gestes sentimentaux

On voit que le langage gestuel des mains s’étend sur un large spectre allant du plus cognitif au plus sensible et du plus personnel au plus relationnel

Emotions/raison : Dissonance cognitive

La dissonance cognitive est un concept introduit par le psychologue social Léon Festinger dès 1957, qui traduit un état de tension ressenti par une personne en présence de cognitions (connaissances, opinions ou croyances) incompatibles entre elles.

L’homme réduit son inconfort psychologique en recherchant une adéquation entre son comportement et son opinion.

La dissonance cognitive amène la personne à mettre en œuvre des stratégies visant à restaurer un équilibre cognitif (changer une ou plusieurs croyances, discréditer certaines informations, rechercher de nouvelles informations…).

Elle a largement été utilisée dans le marketing pour comprendre, et surtout susciter, les achats compulsifs. Dans le « combat » entre le désir né du monde émotionnel et son contrôle par le monde cognitif la publicité tente, et souvent réussi, à privilégier dans l’acte d’achat la composante émotionnelle.

La psychologie relativiste va nous aider à montrer le mécanisme mis en jeu dans ce conflit.

Dans une configuration saine

Rappelons brièvement le mécanisme de formation de la conscience. Lorsqu’un individu perçoit une information venue de l’extérieure (un message) sa réaction peut se schématiser en plusieurs phases

  1. La perception du message sous forme d’un signal lumineux, audio, olfactif, tactile
  2. L’analyse, le décodage de ce message par le cerveau pour le transformer en images mentales qui en seront la représentation
  3. La confrontation de ces images mentales avec  celles déjà intégrées dans notre conscience (notre mémoire). C’est une analyse critique informelle.
  4. Le positionnement de l’individu par rapport au message reçu et interprété. C’est le développement des attitudes.
  5. L’intégration, sous forme d’images mentales, du message dans notre conscience qu’elles soient de nature émotionnelles ou cognitives
  6. La création de liens de dépendance logique entre les nouvelles images et le réseau d’images déjà existant dans la conscience pour en assurer l’intégration

Si ce processus se passe sans problème les représentations émotionnelles et cognitives dans notre mémoire sont parfaitement en phase et il ne peut exister de conflit entre le vécu émotionnel et le vécu cognitif.

Dans une configuration pathologiques

Tout ne se passe pas toujours aussi harmonieusement et de nombreux biais peuvent se produire dans le processus précédent. Ils sont très fréquents et généralement de faible importance. Cependant, dans certains car ils peuvent induire des micro-pathologies perturbantes.

  1. La perception de message peut être brouillée, perturbée et le cerveau ne reçoit qu’une image déformée du message réellement émis (bruits, lumières, odeurs parasites).
  2. Le décodage par le cerveau, l’interprétation des signaux, peut induire des erreurs et la représentation du message n’être pas ce qu’elle devrait être.
  3. L’analyse critique informelle du message, tel que reçu, peut, elle aussi, introduire des biais. Soit parce qu’il se produit une erreur dans l’analyse, soit (cas le plus fréquent) parce qu’elle s’appuie sur des images acquises dans notre conscience elles-mêmes issue d’un processus antérieur erroné
  4. Le positionnement de l’individu, ses attitudes, sont entachées d’erreurs. Il se situe, par rapport à l’événement, de façon incohérente avec sa propre histoire, son vécu
  5. L’intégration de la représentation de l’événement est biaisée et l’individu  en gardera un souvenir trompeur. Il croira avoir vécu une situation qui, de fait, n’aura jamais existée.
  6. Il en résulte des relations de dépendance, entre cet événement mal vécu, et le reste du réseau de sa conscience, incohérentes et fallacieuses. L’empilement de ce type d’erreur, lorsqu’un nouveau message va venir, pour être interprété, s’appuyer sur cet élément incohérent il va créer dans le réseau des chaines de dépendances viciées. Ces chaines, même si elles forment un ensemble cohérent, appuyées sur un point d’incohérence , formerons un réseau parasite dans la conscience.(j’appelle cela un « cancer de la mémoire » !) Toute analyse ultérieur qui se construira à partir de ce réseau parasite et du réseau général mettra l’individu  en  « porte à faux » et dans une situation d’inconfort.

Conclusion

On observe très souvent des erreurs dans l’intégration des messages perçus de l’extérieur dans notre conscience entre nos aspirations émotionnelles et cognitives. En raison de leur moindre formalisme (c’est dans la formulation que peuvent se produire les erreurs) l’intégration des messages dans notre sphère émotionnelle est généralement plus proche de notre réalité  que leur intégration dans notre sphère cognitive, par contre les informations de la zone cognitive sont souvent plus proches des réalités sociétale. On observe donc souvent un désaccord entre nos besoins issus de nos émotions et ceux issus de notre raison.

Doit on  vivre au gré de nos émotions au détriment de notre intégration sociale ou au contraire suivre les normes et conventions que nous impose la société au dépend de notre vécu intime ?

Celui qui détiendra la réponse à cette question ne sera pas loin de la sagesse !

Contrôle et libération des émotions

L’émotion est un processus complexe qui à partir d’une information reçue (message) de l’extérieur va mettre en branle des mécanismes de réaction (dans émotion il y a motion = mouvement) qui sont constitutifs de nos comportements. Par exemple :

On perçoit un message dont l’analyse par notre conscience nous dit qu’il est désagréable, voire agressif et on va réagir par un comportement de défense fait de mimiques, de gestuelle, de parole, ….

Il est parfois bon de libérer l’expression de ses émotions, il est parfois bon de la contrôler.

Le comédien

Il est chargé de faire vivre sur scène des personnages imaginaires en leur prêtant les mots, les gestes, les comportement en  phases avec les situations qu’ils vivent. Un comédien débutant ou médiocre va s’en tenir là. Il mettra dans le personnage tout ce dont il sera techniquement capable. Il va jouer le personnage. S’il faut jouer la colère, il adoptera une mine menaçante, des gestes saccadés, peut-être une pointe de tremblement, des vociférations.  Il mettra tout, sauf de l’âme, de l’émotion. Son personnage ne sera pas crédible. Le mauvais comédien se regarde jouer, il est spectateur et non acteur

Le comédien chevronné, le « vieux pro » ne se posera pas la question de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, puisqu’il faut jouer la colère il se mettra en colère. Il entrera dans le personnage et se mettra en colère à sa place. Son personnage sera crédible car il sera vraiment un homme en colère et non une représentation caricaturale. Le comédien saura alors libérer son émotion sans aucun contrôle ni retenue. Il ne sera pas spectateur mais acteur.

Un comédien qui doit interpréter un personnage ne doit pas le faire vivre, mais il doit le vivre.  Il doit être capable de laisser remonter ses émotions pour les transmettre sans fard. Les comédiens sont, en général, des individu de  type émotif, sensible, qui ont parfois du mal à ne pas se laisser envahir par leurs émotions … d’ou leur légendaire « Ego »

Les médiateurs

C’est tout l’inverse qui est requis. Le médiateur intervient dans des conflits. Dans ces situations c’est l’affectif, l’émotionnel qui s’oppose à la résolution « raisonnable » du litige. Le médiateur devra surtout éviter de se laisser déborder par ses émotions et devra entrainer les « belligérants » sur le terrain de la raison. Il devra, non seulement, se poser en spectateur de la situation,  mais amener les personnes en conflits à devenir spectateur de leurs comportements. Vous connaissez, sans doute, l’expression :

« Si tu te voyait quand tu es en colère ! », Ce qui signifie : « Tu te trouverais ridicule et inconséquent »

L’art de la médiation est de parvenir à sortir les personnes en conflit de leurs émotions et les amener à prendre de la distance par rapport à elles. Ceci veut dire les voir de l’extérieur, de plus loin en position de spectateur et non plus d’acteur

C’est d’abord le contrôle des émotions qui assure le succès d’une médiation

Ce qui ne signifie pas que le médiateur doit occulter les réactions émotionnelles des « belligérants ». Il doit, au contraire les prendre en compte, les analyser, pour en trouver les fils directeurs, le début de la pelote sur lequel il faut tirer pour amener chacun des participants au recul nécessaire à la résolution du conflit.

Conclusion

La dialectique « émotion/raison » est sous-jacent à toute situation et à toute personnalité. Il est salutaire d’être capable de « jongler à deux boules » avec ces deux vécu. Avoir, de façon générale, la capacité à distancier émotion et raison et sans doute le fondement de toute sagesse

Les addictions et la dépendance

Les addictions et les dépendances

Dans ces moments difficiles de confinements nous sommes exposé à une perte de repère et à une certaine solitude. Ce sont les deux paramètres les plus déterminant dans le développement des addictions ou de leurs rechutes. C’est donc bien  le moment de se poser la question du mécanisme de l’addiction afin d’y mieux résister

Définition

On parle d’addiction lorsqu’un sujet ne peut résister à la survenue répétée d’un comportement, et que celle-ci est précédée d’une tension croissante que seul le passage à l’acte soulage (sur le moment).

Notons qu’en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement, le sujet ressent une anxiété pénible ou insupportable. Cet envahissement donne lieu à des tentatives répétées pour contrôler, réduire ou abandonner le comportement, mais en vain.

Ne confondons pas l’addiction qui est de nature psychologique et la dépendance qui est de nature organique (difficultés de sevrage). Certaines addictions (Alcool, Drogues, Médicaments,) se doublent de dépendance.

L’addiction

Si la caractéristique pharmacologique de certaines substances (alcool, drogues, tabac…) joue un rôle reconnu dans la survenue d’un besoin addictif/dépendant, on peut repérer des mécanismes identiques dans des addictions sans substances (jeu pathologique, fièvre acheteuse, « cyberdépendance », boulimie mais aussi parfois travail, sport, sexualité etc.) : il est donc plausible d’isoler certains invariants dans les personnalités sujettes aux addictions.

Causes profondes des addictions

C’est la fragilisation de la structure identitaire qui crée le terrain favorable à une addiction. Les individus à la personnalité flottante, avec des repères et des positionnement incertains sont les plus vulnérable et bien sur les adolescents sont les cibles les plus touchées. D’autres catégories évoluant dans des environnements professionnels ou familiaux instables comme les artistes, chanteurs, musiciens, chômeurs, certains retraités peuvent facilement être atteint. Toute fragilisation des repères, qu’elle soit de nature structurelle (enfance perturbée, carence d’affection) ou conjoncturelle (rupture affective, rupture professionnelles) est une porte ouverte à l’addiction.

Prenons un exemple : le tout-petit ayant échoué à intérioriser le lien à sa mère absente, toute absence est désormais vécue comme une perte. Ces profils sont caractérisés par un vécu angoissé, un imaginaire qui s’appauvrit, une vulnérabilité à l’ennui et à l’anxiété, une relation compliquée à autrui, oscillant entre dépendance et évitemen-.

Une angoisse débordante conduit alors le sujet à mettre en place une relation à un objet à la fois source de stimulation et de satisfaction immédiate (les sensations ont remplacé les émotions) et, croit-il, maîtrisable. L’objet de l’addiction (alcool, aliment, toxique notamment) permet au sujet d’exprimer sa toute-puissance dans une relation fusionnelle. Mais cette autosuffisance s’avère rapidement illusoire car la sensation de manque replonge le sujet dans la dépendance à autrui qu’il croyait avoir ainsi vaincue. Il en ressort plus vulnérable que avant en développant un sentiment d’échec, une sous-estime de soi

Le principe de « niveau de tolérance » (besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour maintenir l’effet attendu) conduit fréquemment la personnalité addictive à présenter et à subir plusieurs dépendances, concomitantes ou successives.

Auto-alimentation des addictions

Le danger dans les addictions est qu’elles s’autoalimentent (ce qui est la base même du mécanisme addictif)

Si l’on prend par exemple l’addiction à l’alcool :

Le sujet, par les circonstances, est soumis à une forte angoisse. Il a du mal à cerner ses repères et à se sortir de son système de références floues et incertaines. Il va rechercher un stimuli qui, temporairement, pourra lui servir de point de référence. Sous l’impact de ce stimuli intense il va avoir, en focalisant son attention sur cet effet, l’impression de se re situer, de s’accrocher à un point fixe. L’alcool est un excellent générateur de ce type de stimuli.

Bien évidemment le sujet s’accroche à une « branche pourrie » puisque le sentiment de se référencer ne dure que le temps que dure le stimuli. Très rapidement il va retrouver son univers angoissé et le besoin de se re stimuler, par exemple de boire encore, ce qu’il va faire jusqu’à ce qu’un événement extérieur survienne pour l’en empêcher (ce qui lui causera une frustration très pénible et des réactions très vives) ou que l’ivresse l’emporte dans un état comateux dans lequel il perd tout besoins et stimuli.  Au réveil il retrouvera sa personnalité flottante et angoissée assortie généralement d’un fort sentiment de culpabilité et de dévalorisation de son image (blessure narcissique) pour avoir cédé à son addiction. Il n’en sera que plus vulnérable et encore plus perdu et angoissé. Le phénomène s’auto alimente et le sentiment d’être égaré en lui-même s’accentue.

De plus l’alcool, par exemple, est susceptible de créer une dépendance qui participe à l’auto alimentation du processus.

Selon les addictions le type de stimuli recherché sera différent

L’alcool, les drogues, le tabac, la boulimie se vivrons dans un stimuli oralisé pour calmer une angoisse.

Le jeu, les achats compulsifs, le travail se vivrons dans la recherche d’une intense activité cérébrale pour calmer une anxiété (angoisse cristallisée sur un besoin de gagner de l’argent, du pouvoir)

Signalons de nouvelles addictions apparue récemment :

L’addiction au téléphone portable ou le sujet essaye de calmer son angoisse dans la recherche d’un contact permanent à l’autre pour éviter de se sentir seul. (recherche d’un stimuli affectif)

L’addiction aux jeux vidéo ou le sujet recherche une intense activité intellectuelle pour éviter de sentir le vide qui l’habite (recherche d’une activité cérébrale intense).

Le principe des thérapies contre les addictions

Diverses méthodes peuvent être envisagées

  1. Traiter en premier la cause profonde (sentiment d’angoisse) avant d’aborder le traitement du comportement addictif
  2. Traiter en premier le comportement addictif pour terminer en essayant de re-référencer le sujet
  3. Mais le mécanisme d’auto alimentation des addictions décrit plus haut suggère de traiter les deux problèmes en parallèle puisque l’un alimente l’autre et réciproquement. N’en traiter qu’un seul serai infructueux

Conclusion

Une addiction se présente comme un « médicament » qui soulage assez rapidement une douleur, mais ne guérit pas. Son effet est très provisoire et donc son efficacité est donc extrêmement faible. Par contre ses effets secondaires sont généralement violemment délétères et le ratio bénéfices/risques est déplorable.

N.B.  A noter que tous les comportements addictifs comportent des effets secondaires pénalisants ou délétères, Comme-ci la culpabilité et l’auto punition faisait partie intégrante de l’addiction

PS   Ne confondons pas l’addiction qui est le fait de sujet mal référencés et l’obsession qui est plutôt le fait de sujet rigides

Coronavirus, Angoisse, Anxiété, ou Peur

Il existe de nombreux mots en Français ou en argot pour désigner la réaction d’un individu devant une menace imminente : L’angoisse, l’anxiété, la peur, l’inquiétude, la trouille, les foies, la « traquette », la pétoche, … Le sens précis de ces mots reste assez flou et ils sont employés indifféremment et sans discernement.

Essayons de donner un sens à chacun d’eux et de présenter un tableau clinique des réactions devant un danger. Donnons, de plus, un un exemple dans la crise du coronavirus qui nous bouscule actuellement.

Angoisse

L’angoisse est un sentiment diffus, plus un sentiment, qu’un état. C’est une réaction devant le sentiment d’un danger non identifié, non formulé. On ne peut mettre d’images ni sur le danger, ni sur le malaise que l’on ressent. L’angoisse constitue le fond d’une personnalité, un terrain mobile et incertain sur lequel se construit un individu. Elle peut se manifester par des réaction physiques, chaleur, transpiration, troubles intestinaux, mais elle peut aussi se traduire dans une personnalité incernable construite sur un fond mouvant, une identité floue, insaisissable, un positionnement incertain qui rend la communication aux autres difficiles ( il est toujours difficile des se positionner par rapport à une référence mobile ! ).

L’angoisse est un défaut de positionnement soit nature structurelle, plutôt au niveau de la conscience émotionnelle. L’angoisse est un vide et comme telle elle ne peut ni se formuler, ni se décrire. C’est également le terrain idéal pour la propagation ou la rechute dans les addictions.

Dans la crise du coronavirus nous sommes tous placés devant une grande incertitude. On découvre à peine le problème on n’en connais ni les tenants ni les aboutissants. On se pense en danger sans savoir d’ou il peut venir, qui il va frapper, qui il va épargner. On n’a pas vraiment conscience de l’importance du péril, parfois on peut même douter de sa réalité. Les réactions des politiques se font « au coup à coup » au fur et à mesure de l’évolution de la situation (ou du moins de la perception que l’on en a). IL nous est impossible de nous positionner, de nous situer par rapport à cet événement. C’est typiquement une situation génératrice d’angoisse.
L’angoisse paralyse.

Anxiété

L’anxiété est d’une nature différente. Il s’agit d’une réaction devant un danger plutôt identifié mais encore non avéré. L’anxiété vient du fait que l’on ne connaît pas les éventuelles conséquence du danger à venir, ni même d’ailleurs sa réalité. Elle va se traduire par un intense activité intellectuelle, l’élaboration des scénarios possibles et de leurs conséquences, la recherche de parades et de solutions. Devant l’incertitude on ne peut prévoir ce qui va arriver ni quel comportement on pourra adopter devant le danger. Dans une grande fébrilité on va chercher à définir une stratégie devant chacune des situations envisagées comme possibles. Comme celles-ci sont nombreuses chaque stratégie imaginée pour parer à une situation données sera remise en cause par l’émergence d’une autre situation qui remettra en cause la parade précédemment envisagée. La stratégie le plus souvent envisagée, pour mettre fin à cette perpétuelle recherche, est de se préparer au pire, d’envisager une parade à la situation la plus extrême. Se préparer au pire serait être prêt à tout. Malheureusement, c’est donc la solution la plus dramatique qui s’impose, et le pire devient probable. On obscurcit le fait que les choses peuvent aussi gentiment s’arranger pour ne vivre que la situation la plus dramatique … on crie avant d’avoir mal !

Il y a difficulté à se positionner devant une situation improbable dont les conséquences ne sont pas connues. Quand l’angoisse cesse d’être indéterminée pour se cristalliser sur un sujet précis elle devient anxiété.

L’anxiété et de nature conjoncturelle, du niveau cognitif et doit être reliée à la conscience cognitive.

Dans la crise du coronavirus l’anxiété devant la situation est parfaitement mise en évidence dans le comportement des médias (qui rappelons le s’efforcent de satisfaire aux aspiration des lecteurs ou auditeurs) Ils traduisent la fébrilité de nos attentes et notre besoin de rumination intellectuelle. On nous abreuve de nouvelles tantôt alarmantes, tantôt rassurantes dont la plupart sont au conditionnel. C’est une véritable « diarrhée » d’informations, un flot continu, un perpétuel ressassement destinée, non pas à nous informer mais plutôt à satisfaire notre besoin de rumination. Les médias nous permettent, en quelque sorte, de sublimer notre angoisse en anxiété, de combler cette impression de vide due à l’angoisse par un trop plein de pensées contradictoires.
L’anxiété rend fébrile.

La peur

La peur survient devant un danger avérée, une menace précise dont les conséquences sont connues et quantifiables. Il faut réagir devant un problème identifié et évaluer ses propres capacités à faire face ou non. La difficulté de positionnement ne vient pas, comme pour l’anxiété, d’identifier la cible, mais dans le doute sur ses capacité à faire face à la situation. La peur survient généralement quand on se trouve confronté à des situations nouvelles, ou à des situations déjà vécues pour lesquelles on n’avait pas trouvé la parade adéquate.

La peur est une réaction de défense salutaire, elle permet de prendre conscience de ses limites et de ses capacités.

Dans la crise du coronavirus, devant l’évolution de la situation et le fait que le danger se précise, après l’angoisse puis l’anxiété, vient la peur. On finit par clairement identifier le danger, on choisi sa stratégie de défense (ou plutôt on adopte celle définie par les pouvoirs publics) et on commence la lutte. La population épouse la stratégie de « confinement » proposée par les scientifiques et mise en oeuvre par les gouvernants. La peur nous pousse à accepter les privations qui nous sont imposées.
La peur pousse à l’action.

Ces trois types de réaction sont en relation étroite, dans des domaines différents, avec la capacité de positionnement de chacun

Nous avons définis ces situations comme strictement indépendantes. En général il n’en est rien et elles se mélanges gaillardement. L’anxiété et la peur surgissent plus facilement chez un individu de nature angoissée et toutes difficultés de positionnement les facilitent.

Dans la crise du coronavirus les trois mécanismes se superposent. L’angoisse qui nous paralyse, l’anxiété qui entraine des réactions fébriles, incohérentes et désordonnées, enfin la peur qui nous permet de réagir et d’accepte les contraintes de la lutte.

Le vocabulaire étant toujours imprécis, chacun pourra aimer choisir des mots différents pour nommer les trois mécanismes précédents. J’ai donné mes mots et leur définitions, on peut en choisir d’autres. L’important est que les trois mécanismes existent et peu importe comment on les nommes.

L’émotion : schéma énergétique

Voyons comment les notions d’émotion, de positionnement, et de nécessité de communication peuvent se formaliser dans un modèle énergétique

La notion d’énergie est sans doute la représentation, la plus universelle de la vie. On la retrouve en physique dans la thermodynamique (science des échanges d’énergie) autan que dans la mythologie Hindou, Brahma étant l’énergie créatrice et Shiva l’énergie destructrice, ou encore dans toutes les philosophies Bouddhiques ou para-Bouddhiques pour lesquelles la notion d’énergie libérée ou bloquée est omni présente. Dans les religions chrétiennes le saint esprit peut être vu comme l’énergie divine qui donne à l’homme la force de sa foi.

Dans le règne végétal les plantes ont besoin d’énergie pour vivre. Elles consomment les nutriments de la terre (véhiculée par l’eau), le CO2 de l’air, ainsi que l’énergie solaire pour réaliser leur photosynthèse, c’est à dire la fabrication de matière vivante. Cette dernière peut être considérée comme une énergie potentielle qui servira à alimenter les herbivores et les insectes, ou via leur décomposition à reconstituer les nutriments de la terre, ou les énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon. A noter que la plante trouve son nutriment dans la terre ou elle est plantée et n’a donc pas besoin de se déplacer pour survivre. Elle n’a donc pas besoin de la notion de positionnement dans l’espace.

Dans le règne animal ( animaux et humains) , la vie à également besoin de nutriments pour se développer. Les animaux consomment des plantes, d’autres animaux, de l’oxygène de l’air, qui sont soit stockés sous forme d’énergie potentielle (à consommer plus tard) dans les muscles et dans les graisses, soit utilisés sous forme d’énergie cinétique pour générer le mouvement, donc la vie. A noter que contrairement aux plantes les animaux doivent consommer de l’énergie pour rechercher et acquérir les nutriments qui leur sont nécessaire. Il leur est donc nécessaire d’acquérir la notion de positionnement dans l’espace.

On peut noter trois niveaux de développement de la conscience entre les plantes, les animaux, les humains.

Les plantes

Elles ne possèdent pas de cerveau clairement défini. Elles obéissent aux simples lois de la sélection naturelle qui les a dotés des capacités fonctionnelles nécessaires à leur survie. On peut dire qu’elles n’ont pas de conscience (au sens ou nous l’entendons pour les humains). Elles sont gérés par des processus chimiques, ou photochimiques, les lois de leur environnement naturel et n’ont que peu de capacités d’adaptation en cas d’évolutions de leurs conditions de vie.

Les animaux

Ils sont plus évolués et possèdent un cerveau, et des récepteurs (vue, ouïe, odorat, gout, et toucher) qui leur permettent de percevoir les messages issus de l’extérieurs. Ceux-ci, apparemment formels, sont en fait reçu par ces récepteur sous forme de messages dépourvus de sens, comme de simples signaux électrique certes complexe mais dépourvus de signification. C’est l’interprétation de ces signaux par le cerveau ( la psyché) qui leur donnera un sens. C’est donc la capacité du cerveau à fournir un formalisme codifié à ces impulsions électriques qui leur donnera une signification.  Pour les animaux la capacité à formuler les émotions est faible et peu sophistiqué. Elles sont analysées comme gratifiantes ou pénalisantes, alarmant ou sécurisantes, c’est à dire assez peu formelles et plutôt globales. Les animaux peuvent se projeter dans l’espace mais pas dans le temps, ils ressentent des émotions mais ne peuvent en faire des sentiments et encore moins un récit. Ils sont plus sensibles aux signaux portant sur les sens plus primitifs (odorat) que sur les sens plus formalisables (vue, ouïe)

Les humains

Comme les animaux les humains perçoivent les messages issus de l’extérieur, surtout par la vue et l’ouïe, mais ils ont, contrairement aux animaux, une forte capacité à les transcrire dans des représentations formelles comme le langage ou les images. De cette capacité à formaliser, les humains développent la notion de temps ou plutôt de chronologie. Ils peuvent, par des liens logiques, organiser les représentations des événements en cause et effets, en  avant et après, ce qui permet de les structurer en un récit chronologique

Cette capacité des humains à formaliser leur vécu est devenu une nécessité. Ils ont besoin de formaliser leurs émotions (les messages perçus) pour se situer par rapport à elles, se positionner, acquérir en toutes situations des repères. Pour l’humain l’absence de repère est le moteur de l’angoisse. La seule façon de résorber cette angoisse est d’intégrer la situation au réseau formalisé et logique de leur connaissance. L’humain à un besoin absolue de comprendre, d’expliquer, de représenter sa vie dans une formulation logique codifiée. Quand se présentent des événements qu’il ne peut expliquer il invente la notion transcendantale de dieu qui constitue, apparemment, une explication logique à tout ce que l’humain ne peut comprendre

Schéma énergétique de l’émotion

On peut considérer que le nutriment, le carburant de la psyché, est l’information contenue dans les messages reçu de l’extérieur et perçues par nos sens. C’est cet apport d ‘énergie qui va alimenter le moteur de notre psyché et ainsi créer  le mouvement de la vie. Cette énergie pourra être utilisée :

Pour enrichir la structure de notre conscience de nouvelles informations intégrées à notre réseau logique de connaissances. Toute organisation d’un réseau, toute création d’une structure, consomme de l’énergie et est stockée sous forme d’énergie potentielle. C’est l’acquisition de la connaissance, la formation de notre conscience, de notre vision du monde, de notre identité.

Pour déclencher des réactions émotionnelles telles que suées, rougeurs, tremblements, palpitations, mouvements incontrôlés,  diarrhées, vomissements, perte de connaissance, qui constituent des réactions de défense destinées à consommer une énergie en excès.

Pour déclencher des comportements soit émotionnels comme la peur, la colère, le fou-rire, la pitié, les divers sentiments, … soit  des comportements plus raisonnés qui permettent de faire face à la situation vécue. Ces comportements sont des messages ré émis vers l’extérieurs qui, en consommant de l’énergie visent à restabiliser notre équilibre bousculé

Conclusion

C’est l’information issue de l’extérieur qui constitue le moteur de notre vie, ou du moins la conscience que nous avons de vivre. Si ces messages viennent à manquer, si notre capacité cérébrale de les analyser, on peut dire que nous sommes en état de mort cérébrale, assimilé à une plante. L’émotion née d’un déséquilibre de notre psyché. Nous devons consommer l’énergie, les messages reçus pour éviter tout désordre de notre conscience. Paradoxalement bous ne pouvons-nous passer de ces messages qui alimentent notre conscience et notre sentiment d’exister.

L’humain est une drôle de machine, déstabilisé par toute information reçue, luttant pour retrouver son équilibre, mais qui ne peut se passer de cette stimulation  externe.

La vie est ce mouvement permanent. Consommer de l’énergie, la restituer, c’est ça la vie !

Le narcissisme pour les nuls !

Bien sûr ce titre n’est qu’un clin d’œil à une collection maintenant célèbre. Loin de moi l’idée  que je m’adresse à des nuls, moi le « sachant » ! Ce serait une démarche totalement narcissique. Mon propos est de proposer mon point de vue, sans vouloir convaincre. S’expliquer aux autres c’est leur permettre de vous comprendre et donc de mieux vous accepter.

Parler du narcissisme sera l’occasion de rappeler (ce que je prêche à qui veux l’entendre … et ils ne sont pas nombreux) que la classification des psychopathologies par leurs symptômes est une erreur et qu’une classification par leurs causes serai bien plus fructueuse.

Le narcissisme

Le sujet narcissique développe une image idéale de lui-même qu’il survalorise et s’efforce d’imposer aux autres. Si vous en cherchez un parfait exemple, pensez à Donald Trump. En contre-point, si le sujet privilégie son image idéalisée c’est évidemment parce qu’i n’aime pas ce qu’il est véritablement.

La « sous-estime de soi »

Le sujet à tendance à se dévaloriser, se sentir toujours en infériorité en se comparant aux autres et à ce qu’il penses devoir être. Le sujet n’aime pas ce qu’il est en comparaison à une image idéalisée de ce qu’il pourrait ou devrait être

On voit que ces deux pathologies sont exactement les mêmes : Mauvaise image de soi en comparaison d’une image idéalisée de ce que l’on pourrait ou devrait être.

Comment les mêmes causes peuvent produire des effets si différents, voire antagonistes comme les comportements narcissiques ou pusillanimes ?

Le vieil adage : « Les mêmes causes produisent les mêmes effets » n’est valide que si ces causes agissent sur le même objet. Dans notre cas il n’en est rien. Les causes détectées agissent sur des individus différents, donc sur des terrains différents.

En psychologie il existe deux terrains fondamentalement différents : La conscience rigide ou la conscience souple (1 voir rappel plus bas … pour ceux qui n’ont pas tout suivit)

Le sujet à conscience rigide (Paranoïde) est réfractaire à toutes critiques et les rejettent systématiquement. Il peut à loisir développer l’image idéalisé de lui-même, la porter en avant. C’est une façon de s’affirmer et de nier toutes remise en cause. C’est le narcissique type.

Le sujet à conscience souple (hysteroïde) va intégrer toutes les critiques et remises en cause de ce qu’il est. Il va dévaloriser ce qu’il est vraiment tout en rêvant de ce qu’il pourrait être. C’est le type même de la « sous-estime de soi »

On voit que narcissisme et sous-estime de soi sont une seule et unique pathologie qui s’appliquant sur des terrains différents (antagonistes) conduit à des comportements différents (antagonistes)

  • Un individu à la conscience rigide possède une conscience cognitive fabriquée à partir de certitudes plus ou moins simplistes. Cette rigidité lui interdit toute acquisition d’idées nouvelles. Toute pensée non en accord total avec ce qu’il est le déstabilise, est vécue comme une agression, et est immédiatement rejetée. C’est un sujet à tendance « paranoïde »

Au contraire un individu à la conscience laxe ou souple à une structure de conscience mal déterminée. Il est hyper réceptif aux idées des autres et peut les intégrer facilement. C’est un sujet à tendance « hysteroïde »

Qu’est-ce que l’émotion

L’émotion est un mot très vague qui recouvre l’ensemble d’un processus affectif qui va du ressenti d’une situation aux comportements qui en résultent. L’ensemble de ce process doit être plus finement analysé pour mettre en évidence diverses phases qui le compose.

Le ressenti

C’est la perception d’un message reçu de notre environnement et détecté par l’un de nos sens (vue, ouïe, odorat, gout, toucher). C’est une forme d’acquisition brute pour notre conscience, on peut dire : » une prise de conscience ».

L’émotion

Toute acquisition nouvelle dans un système en équilibre induit une potentialité de déséquilibre et une réaction tendant à retrouver un nouvel équilibre. La perception d’un nouveau message par notre conscience n’échappe pas à la règle. Notre équilibre est, de ce fait, perturbé et notre conscience va, immédiatement, mettre en œuvre les mécanisme pour résorber ce déséquilibre.

L’analyse critique

Le premier processus va être une tentative d’analyse critique de la situation. Pour ce faire, notre conscience va tenter de passer le message à notre univers cognitif (notre conscience cognitive) pour tenter de l’intégrer à notre réseau logique de conscience. Pour dialoguer avec notre univers cognitif le message devra être formalisé, représenté, devenir une image mentale interprétable par notre conscience cognitive. Cette phase de représentation mentale des situations est un pas absolument nécessaire à l’analyse critique de la situation. Cette représentation va, alors, être comparé à l’ensemble des représentations mentales présentes dans notre mémoire pour définir les liens logiques de dépendance entre elle et le réseau mémoriel. Si ces liens peuvent se créer la nouvelle situation (le nouveau message) trouvera sa place logique dans notre conscience et deviendra partie intégrante de notre vécu historique, de notre identité.

Si ce processus ne peut se mettre en place, sous l’effet d’un choc affectif trop intense, trop surprenant, trop déroutant, l’analyse critique qui devrait conduire à l’intégration du message ne peut pas se produire. Pour réagir au déséquilibre notre conscience va mettre en jeu  des mécanismes de défense de type émotionnels. Ce peut être des suées, des rougeurs, des palpitations, une colère irrationnelle, des réactions de violence (selon la capacité ou non de l’analyse critique à partiellement interpréter le message). Notre conscience cognitive logique ne pouvant agir, c’est notre conscience émotionnelle qui va prendre la main  pour évacuer le message troublant. Il en restera des traces dans notre conscience émotionnelle.

Les attitudes et positionnement

Que le message s’intègre correctement ou non dans notre réseau de conscience le résultat détermine notre attitude vis à vis de la situation vécue. Ceci va définir notre positionnement vis à vis d’elle (le message reçu) c’est à dire la façon dont nous allons la vivre, l’évaluer, la juger. Ce positionnement vis à vis de l’ensemble des situations vécue constitue la construction de notre identité, ce que nous sommes, ce que nous devenons. L’historique de ces analyses est notre identité profonde en perpétuelle reconstruction.

Ce positionnement va, évidemment, définir la façon dont nous allons réagir au message reçu et déterminer nos comportements en  réaction à la situation.

Nous réagissons à une situation non pas seulement en fonction de ce qu’elle est, mais aussi en fonction de tout notre vécu historique déjà intégré. Ce n’est pas un individu « neuf » qui réagit à une situation mais un individu  avec tout son passé et toute son histoire.

Conclusion

L’émotion  est un phénomène complexe et non une entité en soi. Par exemple :

  1. Un bruit nous fait sursauter. C’est le mécanisme émotionnel qui  entre en jeu. Dans la surprise, l’analyse critique par la conscience cognitive ne peut pas être mise en route. La réaction de défense sera la contraction musculaire qui nous fait sursauter
  2. On est face à un danger identifié. Il se peut que dans un premier temps la réaction émotionnelle se mette en jeu, puis l’analyse critique de la situation intervient, jauge le danger (plus ou moins bien plus ou moins mal) et nous positionne vis à vis de la situation. Nous adoptons alors les comportements de défense qui nous paraissent appropriés. Dans ce cas précis les réactions émotionnelles peuvent obscurcir l’analyse critique et nos comportements n’être pas si appropries que cela.

Évitons de confondre sous le vocable d’émotion la perception du message, sa représentation en une image mentale compréhensible par notre conscience cognitive, notre positionnement, et les comportements qui  en résultent. L’émotion, à mon sens, n’est que le sentiment d’instabilité, de porte-à-faux généré par la perception d’un nouveau message.

Une expérience sur la relation fusionnelle de l’enfant

Le très jeune enfant vit avec son entourage (ses parents en général) une relation quasi fusionnelle. Il ne se différencie pas d’eux et épouse leurs émotions et leurs états d’âme. N’ayant que très peu de capacités cognitives il a un positionnement tout à fait incertain à son environnement, et sans repères, il utilise ceux de ces parents , dans la fusion, pour exister. Dans cette situation l’enfant se vit comme le « centre du monde » et n’existe dans l’univers que ce qui peut avoir une relation avec lui. De ses parents, par exemple, il ne conçoit que ce qui peut interférer avec lui et n’imagine pas qu’il puissent avoir une vie en dehors de lui.

Il est une expérience que nous avons tous vécu avec nos enfants … du moins pour ceux qui en ont élevé.

Lorsque l’enfant commence à parler, prononce ses premiers mots, on lui apprend les rudiments du vocabulaire en nommant des objets que l’on désigne afin que l’enfant répète le mot. On lui montre son père en disant « papa » et l’enfant répète « papa ». On penses alors qu’il a appris à identifier et reconnaître son père. Quelques jours après l’enfant croise un autre homme et l’appelle « papa ». Ceci fait en général  beaucoup rire.

En fait quand l’enfant répète pour la première fois « papa » ce n’est pas son père qu’il identifie mais l’objet visuel que l’on lui présente. Il identifie un homme. Devant notre enthousiasme il se conforte dans son identification et pour nous faire plaisir et se faire valoir il va appeler toute représentation masculine « papa ».

De fait, l’enfant ne fait pas encore la relation entre son père, pour lequel il a une relation purement fusionnelle et l’image de son père qui est encore un objet qui lui est étranger. Quand on lui désigne l’image de son père et qu’on la nomme « papa » c’est cette image qu’il associe au mot « papa » et non la représentation fusionnelle qu’il a de son père.

Dans ce stade fusionnel la représentation du père est purement émotionnelle et absolument pas cognitive. Il ne peut identifier à partir d’une image que les objets avec lesquels il a pris une certaine distance et qui sont ,de ce fait, sortis de sa sphère émotionnelle. On ne peut identifier par les mots d’un langage (codification cognitive) que des objets dont la représentation est entrée dans notre sphère cognitive (c’est à dire qui se sont différenciés de nous).

Le fusionnel ne peut se vivre que dans l’émotion, l’objectivé dans le cognitif.

On retrouve dans ce comportement enfantin le comportement animal. Comme le jeune enfant les animaux (animaux dit supérieurs) ont une conscience cognitive très peu développée. Comme le jeune enfant ils ne font pas la liaison entre un objet et son image. Ils peuvent, de façon émotionnelle, ressentir un objet, un autre animal, ou un être humain, mais il leur est difficile de construire, formaliser, à partir de cette émotion une représentation cognitive de leur ressenti. C’est le lien entre leur ressenti visuel (perception de l’image) et leur ressenti émotionnel qui leur fait défaut. C’est pourquoi certains animaux peuvent rivaliser avec un enfant d’un an, un an  et demi, mais que alors que l’enfant va poursuivre son développement l’animal restera bloqué à ce stade primaire. Alors que l’enfant va apprendre le temps, la chronologie, l’histoire, et la différenciation, l’animal va rester bloqué sur sa notion d’espace et de présent.

L’homme se vit dans le temps, l’animal dans l’espace

Les conflits dans une fratrie

C’est un problème classique et récurent que les conflits entre ainés et cadets dans une fratrie.

L’ainé, d’abord enfant unique, développe avec ses parents une relation totalement fusionnelle. N’ayant que peu de références (sa conscience cognitive est très peu peuplée) il utilise les références de son environnement pour se situer. Il ne fait qu’un avec ses parents et vit en totale dépendance vis à vis d’eux. Sa sécurisation passe par eux.

La naissance d’un cadet va bousculer et remettre en cause cette structure. Devant faire face au nouveaux besoins de cet enfant les parents vont consacrer beaucoup de leur temps au nouveau-né et c’est autant de temps qu’il ne pourront consacrer à l’ainé. Celui-ci qui avait « des parents à plein temps » ne dispose plus que de parents à « mi-temps ».  Dans sa relation fusionnelle c’est véritablement la perte d’une partie de lui-même, une sorte de « petit deuil » qui lui sera difficile de vivre. Souvent l’ainé passe bien ce cap toujours difficile et compense la perte d’une partie de son vécu fusionnel en endossant le rôle de grand frère qui lui redonne de nouvelles références en le situant « dans la cours des grands ».

Souvent, malheureusement cela ne se passe pas aussi bien. L’ainé vit une véritablement situation d’abandon. Il en veut à ses parents de leur désertion (vécue comme une trahison) et il en veut à son cadet, rival qui lui prend sa place. L’expression de ce « mal être » ne se fera pas directement vis à vis des parents (bloqué par la relation de dépendance affectueuse et fusionnelle avec eux) mais s’exprimera directement dans l’agressivité développé à l’encontre de son cadet. Il se venge à la fois de son cadet qui a usurpé sa place et  de ses parents en s’en prenant à celui qui semble être devenu leur nouveau « petit chéri ».

L’attitude de l’ainé ne doit pas s’interprétée comme une réaction agressive mais plutôt comme une réaction de défense légitime :

Mes parents me laissent tomber et mon cadet veut prendre ma place.

En ce qui concerne le cadet, qui bien évidemment n’a aucunement le sentiment de chasser son ainé, l’agressivité de celui-ci est très mal vécue. Lui aussi à une réaction de défense :

Mon ainé me déteste.

Le problème est que l’on ne va pas en rester à ce conflit enfantin. Les deux enfants vont construire leurs relations familiales autour de ces deux interprétations erronées. Chacun d’entre eux analysera chaque situation en fonction de  son erreur initiale. L’ainé verra toujours dans les agissements et propos de son cadet le rival qui veut prendre sa place, et le cadet un ainé qui le déteste.

Rappelons brièvement le processus de la construction de la mémoire (conscience cognitive). Tout événement vécu est ressenti, puis analysé par la conscience cognitive sur la base des critères historiquement intégrés. C’est la confrontation du ressenti et de notre vécu historique qui va donner son sens à l’événement et l’intégrer à notre mémoire. La conscience de la situation se construit donc strate par strate au fur et à mesure des expériences, chaque couche servant de critère d’analyse pour la couche suivante. On comprend facilement que l’analyse d’un événement familial en fonction des critères erronés, comme ceux intégrés par l’ainé ou le cadet donne naissance à une vision du vécu familial biaisé pour les deux enfants. Le traumatisme de l’enfance va se perpétuer dans la fratrie, et la vision négative imprégnera le vécu familial. Dans la vie quotidienne ce sont les vécu les plus récents, les plus accessibles à la mémoire qui sont sollicité en premiers, ce sont eux qui, prioritairement, influencerons l’analyse critique des événements. Ils seront cependant entaché d’erreur puisque construits à partir de réminiscence enfantines biaisées. Ces enfants se reprocherons tout et n’importe quoi sans avoir conscience de leur erreur d’analyse. Les reproches qu’ils pourront se faire seront, évidemment, dépourvus de sens et totalement incompréhensibles. Chacun ne pourra pas comprendra l’attitude de l’autre (car il l’analysera sur la base de critères biaisés par ses expériences passées erronées) et ceci renforcera  l’animosité réciproque qui  de ce fait sera auto entretenue et ne fera que croitre. Bien sûr la réconciliation sera de plus en plus difficile.

Voilà deux enfants qui « s’en veulent » réciproquement alors qu’ils sont tous les deux  des victimes. Le cadet est victime du « mal être » de son ainée qui lui-même est victime de sa situation familiale. Ceci devrait conduire à une forme de solidarité … mais l’agressivité se tournerai immédiatement vers les parents ce qui est affectivement difficile à envisager pour les deux enfants.

Les parents sont eux-mêmes les victimes d’une vision sociale un peu utopiste. Elle consiste à penser, dans une idéalisation de la famille, que l’entente entre membres d’une même famille va de soi, une sorte d’a priori, innée, et par voie de conséquences qu’il n’y a pas lieu de s’en soucier. C’est malheureusement faux et l’expérience le démontre tous les jours ! Une bonne relation familiale se construit. Il est regrettable que cette vision idéalisé de la famille nous ait empêché de forger les outils pour cette réalisation qui pourraient permettre aux parents de gérer, au mieux, cette situation toujours difficile. Les vision utopistes masquent les problèmes et conduisent à bien des déceptions. Les parents, démunis devant la situations, sont également victimes de cette conception sociale erronée.

Comment sortir de cette spirale délétère ? Difficile, les parents, objet et générateur du conflit ne peuvent agir. Toute intervention de leur part est considérée comme une prise de partie et ne fait que raviver le conflit. La solution ne peut venir que des protagonistes et de leur volonté (ou non) d’arranger les choses. Dans la mesure où il s’agit d’un « faux conflit », une sorte de « malentendu »  la seule volonté de le résorber est suffisante pour, par petit pas successifs et réciproques, arranger les choses. Mais cette volonté est bien difficile à admettre, peut-être que la compréhension du mécanisme de la genèse du conflit pourrai faire réfléchir !

Alzheimer, la dé-construction de la conscience

Il existe deux modes principaux de représentation du cerveau et de ses productions

  1. Le modèle biomédical qui s’intéresse à l’organe lui-même et à son fonctionnement (Lobes, hippocampe, hypothalamus, irrigation, dopamine, endorphines, …). C’est le domaine de la médecine et de la psychiatrie.
  2. Le modèle psychologique, adopté par les psychanalystes, les psychologues, et qui s’intéresse aux productions du cerveau et donc à la notion de conscience à travers les concepts de complexes, psychopathologies,…

Le premier modèle semble, a priori, plus efficaces puisque, des traitements plus courts et moins couteux obtiennent des résultats plus rapides et prennent en compte les mêmes pathologies que le second mais en incluant de plus l’Alzheimer, le parkinson, les AVC., les tumeurs au  cerveau Il est donc tentant de faire entrer la maladie d’Alzheimer dans le modèle psychologie et plus précisément dans celui de la psychologie relativiste.

Rappelons le schéma de construction de la conscience chez l’humain.

  1. A la naissance le cerveau du nourrisson est quasiment vierge et n’est peuplé principalement que des informations nécessaires au fonctionnement de l’organisme, soit des fonctions de respiration, digestives, circulatoires et de  contrôle musculaire. C’est une sorte d’inné indispensable à la survie du nouveau-né, une forme de conscience « organique ».
  2. Par auto apprentissage le bébé va intégrer de nouvelles connaissances comme la distanciation entre lui et les objets de son environnement, le goût, le plaisir et la souffrance et commencer à intégrer la notion d’espace (surtout dès qu’il va marcher).
  3. Ultérieurement l’enfant va apprendre par mimétisme un certain nombre de valeurs simplistes comme le contrôle des sphincters, la récompense, le refus, les rudiments de comportements sociaux. C’est le début de la création de la conscience émotionnelle, du vécu fusionnel, et de la reconnaissance de ses proches.
  4. Vient ensuite une phase d’apprentissage dirigé (une forme de « dressage bienveillant » par les parents et les éducateurs) pour intégrer des valeurs morales, la notion de temps, la manipulation pour arriver à ses fins . C’est le début de la création de la conscience cognitive.
  5. Les informations cognitives, au fur et à mesure des expériences, vont « s’empiler » les unes sur les autres, chacune dépendant des informations précédemment acquises, pour former le réseau de la conscience dans lequel les information les plus anciennes s’estompent au profit des informations les plus récentes.

Étudions maintenant le mécanisme de la disparition de la conscience dans la maladie d’Alzheimer.

  1. Dans un premier temps ce sont les informations les plus nouvelles qui sont « oubliées ». Le malade ne se souvient plus de ce que l’on vient de faire ou dire, mais il conserve l’ensemble de sa mémoire.
  2. Puis le malade perd la notion de beaucoup d’éléments qu’il a appris dans le passé mais se souvient encore des souvenirs très anciens. Il confond souvent les événements récents avec les souvenirs de sa jeunesse, il prend par exemple la fille pour la mère qu’il a connu jadis. C’est la déconstruction progressive de la conscience cognitive.
  3. C’est enfin la conscience émotionnelle qui est attaquée, le malade ne reconnaît plus ses proches, conjoints, enfant, frères et sœurs. Les reconnaissances non cognitives ne marchent plus.
  4. Enfin ce sont les fonctions organiques qui sont altérées notamment les dernièrs apprises (contrôle des sphincters) et enfin les fonctions fondamentales disparaissent. D’abord la déglutition, enfin la respiration. Le malade en est au stade du  décès.

On fait alors la remarque suivante : Dans la maladie, les fonctions mentales, les éléments de conscience disparaissent dans l’ordre inverse de celui dans lequel elles se sont créés. Comme si la conscience se construisait en empilant des couches sur des couches et se détruisait en « effeuillant la marguerite de la conscience » des couches supérieures au plus basses.

Ceci  n’est ni une proposition d’un mécanisme de la maladie d’Alzheimer, ni une approche à visé thérapeutique, mais elle est un premier pas dans l’intégration de cette maladie au schéma général de la psychologie relativiste.

Comme on le dit « c’est le premier pas qui coute ! »

Psychologie des espaces immersifs

Un espace immersif est un lieu dans lequel un spectateur va entrer dans un univers qui n’est pas le sien et dans lequel il va être amené à vivre une expérience, qu’il n’aurait pas pu vivre dans son univers propre.

Il s’agit généralement – mais on peut envisager d’autres dispositifs – d’un lieu clos, pseudo-sphérique, dans lequel vont être projetés des images censées recréer un univers nouveau.

Cette notion d’espace immersif implique donc deux paramètres :

  1. La création d’un univers nouveau, un espace immersif.
  2. Le vécu d’une expérience narrative dans ce nouvel environnement.
  • L’espace immersif. Il est généralement créé par la projection sur cette surface pseudo-sphériques, enveloppant totalement le spectateur, d’images (mais ce pourrait être des stimuli sonores, voire olfactifs ou autres). Celles-ci sont projetées de façon suffisamment mobiles, hachées, pour que le spectateur ne puisse en analyser le narratifs mais uniquement les percevoir comme une atmosphère, une impression, un climat. Toute analyse cognitive, à ce niveau, plongerait  le spectateur dans un position de réflexion qui nuirait  à la création d’un univers qui lui soit totalement étranger. La création, à ce niveau, d’une relation cognitive entre l’univers du spectateur et celui que l’on veut lui suggérer ramènerait le spectateur à son univers propre et l’empêcherait de s’immerger totalement dans un univers qui doit lui être étranger.

L’immersion doit mettre en jeu l’émotionnel et non la raison.

  • Psychologie de l’immersion. A notre naissance, nourrisson, nous faisons notre première expérience immersive. Nous nous trouvons dans un univers inconnu, sans repères, sans capacité de le représenter pour le vivre. Nous vivons uniquement sur le mode de la sensation, de l’émotion, et de la fusion avec notre environnement (notamment nos parents). Ce n’est que très progressivement, par des expériences cognitives que nous allons apprendre à nous situer dans ce monde, à prendre des repères, apprendre les notions d’espace, de gout alimentaires, le bien être, le mal être, puis les valeurs du bien et du mal, la notion du temps, et tout ce qui nous amènera à prendre notre place dans cet univers, à devenir nous-même, à prendre notre identité. Tout individu sans repères n’existe pas (ou du moins n’a pas la conscience qu’il existe.) C’est la formalisation, l’expression, de la relation à notre entourage que nous appelons la conscience d’exister. Tout individu en absence, en déficit, en perte de repères a le besoin absolu de s’en créer. C’est par ce processus que nous passons de la petite enfance à l’âge adulte, d’un être indéfini à notre identité d’adulte. L’absence de repère génère un sentiment d’angoisse que nous comblons par le besoin impérieux de relations pour nous resituer dans notre environnement.

La création de l’espace immersif décrit plus haut doit replacer le spectateur dans cet état primitif. Il est envahit par un univers dont il n’a pas les clé, dans lequel son positionnement vacille, et dans lequel il a besoin de se resituer. Il est alors demandeur d’expériences narratives pour « se raccrocher aux branches » et il faut  maintenant lui en proposer.

  • Les expériences narratives.  Nous avons créé, dans notre espace immersif, une demande pour le spectateur de comprendre, de se situer, dans l’univers dans lequel il est plongé. Il va donc être parfaitement réceptif à l’expérience que l’on va lui proposer. Si on plonge un individu dans un espace immersif sans lui proposer un récit qui lui permettra de se positionner il n’aura qu’une envie c’est de s’échapper d’un univers qui pour lui ne sera qu’un petit cauchemar.
  • Prenons un exemple simple pour décrire la situation. Vous êtes devant un paysage de plaine, des champs qui s’étendent à perte de vue, vous ressentez un sentiment de plénitude que vous cherchez à immortaliser dans une photo. Et là, déception, la photo ne transmet aucune émotion, le paysage est plat, sans intérêt. Quand vous avez apprécié le paysage il s’était créé une relation entre vous et le panorama, vous aviez vécu une relation entre vous et lui dans un univers qui vous était commun. La photo est un autre univers dont vous ne faites pas partie (vous n’êtes qu’un observateur extérieur) Et la relation entre vous et le paysage n’existe plus (même si la relation entre la photo et vous existe). Faites maintenant la même photo, mais en prenant en premier plan un arbre, des fleurs, un personnage. Cette photo n’est plus l’univers atone de la photo précédente, elle prend du relief, prend « du  sens ». Il existe maintenant un relation entre le premier plan et le fond et la photo prend vie. La vie nait de la relation entre les choses, elle nait de la relation entre deux entités clairement identifiées (donc différentes l’une de l’autre). Dans la première photo tous les éléments du paysage avaient même valeur et ils ne créaient aucune relation entre eux. L’apparition d’un premier plan identifié a crée une relation entre lui et le fond ,et la vie surgit. Naturellement l’espace narratif ne doit pas se substituer à l’espace immersif mais s’y superposer (afin de garder les deux plans présent en permanence)
  • Conclusion : C’est ce que nous devons proposer à notre spectateur, une relation entre un fond  (l’espace immersif) et une premier plan (l’expérience narrative). Il nous faut donc créer une sorte de triangulation :
  • Le spectateur est en relation émotionnelle avec l’espace immersif et en relation cognitive avec l’expérience narrative. Pour ne pas le déstabiliser il est important qu’immersif et narratif soient en cohérence pour éviter que le spectateur soit en « grand écart » entre les deux. Le créateur devra soigner cette cohérence. Plus elle sera soignée et plus le spectateur recevra le message dans une position confortable.
  • Sans le narratif l’immersif n’a aucun sens, mais sans l’immersif le narratif n’a aucune couleur !

En ce qui concerne le « déroulé » de la séance, il faut laisser baigner le spectateur dans l’univers immersif un petit moment, afin qu’il pénètre dans le nouvel univers qu’on lui propose. Dès que le besoin de se référencer lui apparaît il faut alors lui proposer le récit qu’il attend. A la fin de l’histoire il est bon de laisser le spectateur un instant dans l’univers immersif pour qu’il « décroche » doucement de l’expérience et revienne tranquillement à sa vie.

On n’est pas si loin du déroulé d’une séance d’hypnose !

Nouvelle classification des psychopathologies

Pour commencer reprenons le mécanisme d’intégration dans notre conscience des événements vécus.

L’événement est vécu et perçu sous un mode émotionnel, non formulé. Notre conscience en donne une image mentale formalisée et va chercher à l’intégrer à notre vécu historique. Pour cela une analyse critique de cet événement (ou plutôt de son image formalisée) et lancée pour comparer et positionner cet événement par rapport au grand réseau logique acquis de la conscience. En créant des liens logiques de causalité avec les divers élément mis en jeu dans la conscience cet événement va maintenant faire partie intégrante du réseau logique de la conscience. Selon la capacité ou non de créer ces liens logiques l’événement sera intégré ou refusé par la conscience.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes apparents. C’est comme si en médecine on classait les maladies selon les boutons, la douleurs, la fièvre. En psychologie, comme en médecine les psychopathologies doivent être classifiées selon leur causes, leurs origines. On peut avancer deux critères principaux :

La structure de la conscience (Problématique structurelle)

Conscience rigide : Narcissisme, paranoïa. Les liens logique de la conscience avec les diverses représentations mentales sont rigides et sans nuances. Les relations de causalité ne souffrent aucune nuance et sont construit sur des certitudes. Les événements vécu auront beaucoup de mal à s’intégrer (car le réseau n’a aucune souplesse d’adaptation) et seront généralement vécus comme éléments perturbateurs et agressifs. L’image de soi établie reste le garant de l’intégrité de l’individu.

La conscience « laxe » : Angoisse, addictions, nature dépressive, sous-estimation de soi. Au contraire les liens logiques de la conscience sont lâches, incertains. Le système de référence est flou et le sujet mal assuré. Il vit dans un monde sans structure et de ce fait développe un sentiment profond d’angoisse. Il pourra intégrer dans sa conscience toutes sortes d’événements vécus sans aucune sélectivité et sans rigueur. Sans « colonne vertébrale » il sera flottant, indécis, et cherchera toujours à « se raccrocher aux branches » pour essayer de se trouver un référent externe pour palier à son absence. de références personnelles.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

La conscience morcelée : Schizophrénie, Autisme (Asperger), bi-polatité. La conscience ne fait pas un tout mais est faites d’éléments qui  constituent des « poches »  de logique, mais sans liens ensemble. Si la conscience est morcelée le souci de détails l’emportera sur la capacité de synthèse. Si la conscience est fractionnée en grand blocs on pourra observer des tendances à des comportements antagonistes plongeant le sujet dans un perpétuel conflit intérieur.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

Les déficits affectif : Régression, Anorexie (conscience rigide) boulimie (conscience laxe). Le déficit affectif induit généralement une attitude régressive avec le refus de grandir si la structure de la conscience est rigide, ou au  contraire une recherche désespéré d’affection si la conscience est plutôt « laxe ». L’adolescence est le moment le plus critique pour la gestion du déficit affectif.

Les erreurs dans le vécu : Nous vivons nos événements vécus sur un mode émotionnel dont nous fabriquons une image mentale qui devra être intégrée à notre conscience en fonction de l’analyse critique que nous en ferons vis à vis de notre vécu historique intégré (le réseau logique de notre conscience). Si l’interprétation de ce vécu est erroné, son image mentale formulée ne sera pas conforme à ce qu’elle aurai dut être. Sa confrontation avec le reste de la conscience ne pourra pas donner des résultats satisfaisants.  

Les erreurs dans l ‘intégration :Après avoir formalisé un événement dans une représentation mentale, c’est au tour de l’analyse logique d’établir les liens de dépendance ( causalité) entre cette représentation et les réseau logique des représentation déjà intégrées ? Si cette analyse se passe mal, et que l’intégration dans le réseau se fait de façon erronée on observera une certaine incohérence entre ce point de la conscience et le reste du réseau logique.

Psychopathologies globales ou partielles.

Dans les précédents cas précédents on construit un point aberrant dans la conscience. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point entrainera un lien logique qui, même s’il est en parfaite cohérence avec le point précédent, sera en incohérence avec le reste de la conscience. Se construira un réseau logique parfaitement homogène mais en désaccord avec le reste de la conscience que l’on pourrait qualifier de « cancer de la mémoire ».

Reprenons le cas d’un problème dans une fratrie ou l’ainé est perturbé par l’apparition dans la sphère familiale de son cadet. L’ainé est persuadé que ses parents l’on délaissés au profit de son cadet et voit celui-ci comme un rival. Il en développe une agressivité à son égard qui pourra durer toute sa vie. Le cadet sentant l’animosité de son ainé adopte une position de défense et se sent perpétuellement victime d’une agression. Les deux pourrons développer un comportement paranoïaque  en ce qui concerne les événements liés à la sphère familiale. Il ne seront pas  forcément de nature générale « paranoïde » mais pourrons dans certaines circonstances adopter des comportements qui y font penser.

Il est important de concevoir que certaines parties de la conscience ayant une construction pathologique peuvent entrainer ,seulement quand elles sont sollicités, des comportements déviants et pathologiques. Je caractériserais ces comportements de « partiels »,  et de nature conjoncturelle, ceci par opposition à des comportements pathologiques structurels qui affecterons l’individu en toutes circonstances. On pourra, par exemple, trouver des comportement « paranoïdes » chez des sujets à conscience « laxe » et en sous-estimation de soi.

Évitons de caractériser, trop simplement, un sujet par un pathologie unique, même si elle est dominante, la psychopathologie peut être multiformes

Bouddha, d’accord ou pas d’accord ?

l y a 4600 ans, Bouddha (le philosophe et non son image déifiée par les Bouddhistes) a décrit la conscience comme formée de représentations mentales des événements de notre histoire reliées entre-elles par des relations logiques de cause à effet.

Bravo à lui, il a posé, là, de façon géniale les bases des conceptions modernes de la pensée et de la perception (Neurosciences, thérapies comportementales)

Il a ensuite postulé que, la représentation n’étant pas la vérité mais une simple image imparfaite de celle-ci, il fallait s’en méfier car elle pouvait être trompeuse. En effet ces images, étant perturbées par l’influence sur nous de notre milieu environnant, ne pouvaient que nous éloigner de ce que devrait être notre vision propre. De plus ces représentations sont toujours entachées d’erreurs en raison d’analyses biaisées des situations. Elles peuvent donc nous conduire à des comportements en désaccord avec notre nature profonde. Encore bravo à lui, il a théorisée dans un trait de génie la pathologie mentale.

Pour éviter de nous « éloigner de nous-même » et de nous perdre dans les méandres de nos psychopathologies, il a préconisé de chasser de notre pensée toutes formes de représentations et d’aller chercher notre bonheur dans la « non forme » à travers la méditation. Celle-ci permettant de chasser toutes les pensées et de vivre à travers la perception de soi et non à travers l’image que nous pouvons avoir de nous.

A partir de ce point mes conceptions divergent de celle de Bouddha. Il a postulé que notre conscience, notre vécu était fait de représentations mentales, et maintenant il nous propose de les évacuer. En quelque sorte il nous propose de ne pas vivre pour mieux vivre. C’est un paradoxe, mais qui, pour ceux qui ne sont pas accrochés à la notion de vérité absolue mais adepte d’une vérité relative, n’est pas franchement choquant.

Le problème qui se pose à nous est le suivant : « faut-il ne pas exister pour mieux vivre, ou, vivre imparfaitement en existant », une sorte de « to be or not to be  » moderne !

Dans nos sociétés humaines modernes exister c’est penser, l’existence n’étant pas la vie mais le sentiment de vivre. (Je penses donc je suis, de Descartes). L’important n’est pas de vivre (comme une plante) mais d’avoir le sentiment, la conscience d’exister. Ce qui caractérise, pour nous, l’être humain c’est, justement, sa capacité à penser. Elle est maximum chez l’homme, assez faible chez l’animal, et pense-t-on (aujourd’hui) inexistante chez la plante. Vue avec nos yeux du vingt et unième siècle la proposition de Bouddha revient à prescrire de devenir un légume pour vivre heureux, en quelque sorte pour bien vivre le mieux serai de ne pas se sentir vivre. C’est une proposition pour le moins pessimiste et certainement dévastatrice. Si toute l’humanité se mettait à méditer sous un arbre, recentrée sur son nombril et indifférente aux autres, notre espèce disparaitrait en peu de temps (faute de soins, d’alimentation, de reproduction, de perspective d’avenir). Cette approche peut avoir sa valeur à l’échelon individuel, mais sur un plan collectif c’est un suicide. Elle est d’autre part l’archétype d’égocentrisme et de l’égoïsme

Il faut donc rechercher une autre voie pour exister que la version « nihiliste » de Bouddha.

Comment vivre au travers de représentations que l’on peut croire erronées mais qui, pourtant, vont dicter nos comportements. C’est évidemment un exercice de haute voltige à exécuter sans filet !

Nous sommes tous des êtres angoissés, en recherche permanente de positionnements et de certitudes, et vivre dans l’incertitude nous est très difficile. Étant certain que notre vision du monde est critiquable (du point de vue logique) il nous faut nous débarrasser des certitudes qui sont la plaie de la vie en société, admettre que nous pouvons nous tromper et que les autres peuvent également se tromper, ou tout simplement avoir une vision différente de la nôtre. Ne confondons pas le doute qui est source de réflexions critiques et l’hésitation qui paralyse et empêche d’avancer. La seule certitude que nous puissions avoir c’est que nous risquons fort de nous tromper, comme les autres peuvent se tromper. C’est la base de la notion de tolérance qui reste le « nec plus ultra » du vivre ensemble. (la tolérance ne doit pas être pas le sentiment d’avoir raison tout en permettant aux autres de vivre dans leurs erreurs, mais le sentiments que les autres peuvent avoir raison en pensant différemment de nous)

Bouddha nous propose de vivre dans la certitude du néant, je préfère vivre dans l’incertitude de l’existence.

PS : J’ai évidemment utilisé une pirouette intellectuelle pour débiter mon histoire. Pouvez-vous la déceler ?

PPS : L’homme a besoin de certitude pour se sécuriser et je lui propose de vivre en acceptant l’incertitude. Rassurez vous je me conforte avec l’idée (la certitude) que l’incertitude est inévitable et de cela je suis certain !. Élémentaire mon cher Watson !

Eric Zemmour, le pervers narcissique

Il était programmé à la télé un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Éric Zemmour. J’ai décidé de le regarder, non pas pour les idées qui pourraient y être développées (une idée nouvelle ne peut naitre dans ce genre de débat contradictoire ou conflictuel) mais pour assister à un duel d’éloquence, un débat rhétorique ou la dialectique l’emporte sur les idées. Une sorte de forum d’éloquence comme on pouvait en suivre dans l’Athènes antique. Je dois dire que je suis resté sur ma faim.

J’aime beaucoup écouter Cohn-Bendit et je l’ai suivi depuis ses prestations de mai 68. J’adore sa vivacité d’esprit, son sens de la répartie, ses analyses lucides et empreintes d’un minimum d’idéologie. Pourtant, là, je l’ai trouvé plutôt faible, sans doute un peu vieillit (cela nous arrive à tous passé un certain âge !) . Il m’a paru hésitant, mal positionné par rapport à son contradicteur. Comment se fait-il qu’un si remarquable rhétoricien comme notre Dany « feu » le rouge puisse ne pas s’imposer devant un esprit aussi étriqué qu’Éric Zemmour ?

C’est bien simple Zemmour est le véritable « pervers narcissique », son archétype !

  1. Narcissique c’est quasi une évidence. Il suffit de le voir s’adresser à ses opposants avec ce sourire suffisant, dédaigneux, voire provocateur, pour mesurer la dimension de son ego. Il affirme, conteste, a toujours raison (même contre les évidences). On l’a vu, de façon pitoyable demander à D. Cohn-Bendit de faire devant lui son « mea culpa » comme s’il était le dieu du jugement dernier.
  2. Pervers, il l’est de deux façons : D’abord, pour assurer son ego il ne doit pas accepter la contradiction. C’est un homme retors, mais à l’esprit plutôt étroit. Une sorte de super héros sans super pouvoirs. Alors, ne pouvant pas se hisser au-dessus des autres, il n’a d’autre issue que de les rabaisser et si possible les humilier. Dans le débat on l’a vu humilier une pauvre jeune fille qui parlait de ses expériences positives de contact avec des étrangers lors de son expérience « Erasmus » Il l’a rabaissé au rang de petite étudiante privilégiée croyant naïvement que son vécu pouvait avoir valeur universelle alors qu’il n’était que le résultat d’un « entre-soi » d’un petit milieu bourgeois. (Ce qui est totalement faux car ce contact positif entre jeunes étrangers se retrouve dans tous les milieu sociaux, par exemple dans les rencontres sportives, les journées mondiales de la jeunesse, les chantiers de jeunesse, etc. etc.). Il est de ce fait prés à asséner les plus énormes contre-vérités pour assurer l’intégrité de son ego.
  3. On retrouve là l’univers fabriqué des narcissiques. Pour assurer leur supériorité il se construisent un univers à leur mesure, dans lequel ils jouent le rôle d’un « Deus ex machina », super arbitre de la vérité. Ils s’accrochent à cet univers qui les sécurise dans lequel ce que nous pouvons prendre pour des « fake news » sont les piliers logique de leur construction égotique. L’erreur majeur de Dany est d’avoir suivi Zemmour dans cet univers taillé à sa mesure et dans lequel il navigue comme un poisson dans l’eau. Dany pensait pouvoir déconstruire cet univers, il s ‘est en fait noyé dedans. C’est une bonne leçon de ce débat, on ne peut lutter avec un tel Narcisse en le suivant dans son monde incohérent (pour nous) et dont lui seul a les clés. On ne peut que s’y perdre.    
  4. L’autre perversité de ces sinistres narcissique, qui en fait les êtres retors et dangereux que l’on connaît est justement leur capacité diabolique à nous entrainer  dans cet univers fantasmé. N’importe quelle de leurs propositions sont des pièges pour nous attirer sur leur terrain, dans un piège. Répondre à une de leurs phrases s’est glisser dans la trappe. C’est notre pensée qui devient incohérente dans un monde ou eux gèrent la cohérence. Cela revient à s’agiter dans des sables mouvants. C’est pourquoi ces individus sont de redoutables manipulateurs qui finissent par faire perdre à leur proche toute notion de leur réalité propre pour épouser celle du pervers.

Message pour Daniel Cohn-Bendit : On ne débat pas avec un pervers narcissique, on le soigne. Par contre ce débat a loin d’avoir été inutile car il a mis en évidence la pathologie d’Éric Zemmour. On peut maintenant s’en méfier et s’en défier !

Thérapies comportementales et Parmentier de canard

C’est parfois au travers d’un événement banal de la vie courante que l’on redécouvre les bases de la philosophie !

La perception que l’on a d’une situation et parfois bien différente de la réalité de cette situation (si tant est qu’elle existe !). Le souvenir que je vais évoquer ici met en relief tous les mécanismes d’acquisition et de ré utilisation de ses souvenirs par la conscience. Elle explicite également le processus de construction pathologique de la conscience et les possibilités d’y remédier par une thérapie (de type comportementale)

J’ai l’habitude de manger des plats cuisinés industriels (Ce genre de plat ou il y a trop de sel, trop de gras, trop de sucre, de l’huile de palme, et plein d’additifs qui donnent le cancer !). J’ai mangé l’autre jour un Parmentier de canard, pas mauvais au goût, mais plein d’espèce de trucs un peu gélatineux genre tendons ou nerfs dans la viande. C’était vraiment très désagréable et j’ai eu vraiment du mal à finir la barquette. J’ai eu l’occasion de remanger ce plat avec encore la même impression de morceaux tendineux, à la fois coriaces et un peu gluants et cartilagineux. Je me demandais comment on pouvait trouver dans un canard autant de bas morceaux.

Alors que je jetais l’emballage à la poubelle j’aperçu sur le carton l’énoncé : « Parmentier de canard aux champignons ». Alors là, Tilt ! Mon souvenir, réactivé par cette nouvelle information : « Le plat contient des champignons », se modifie légèrement et je vois la sensation éprouvée d’un autre œil (beaucoup moins négatif). J’ai remangé de ce plat et n’ai plus éprouvé la sensation désagréable que j’avais eu précédemment. Je ne mastiquais plus des nerfs, mais des champignons.

Pour d’écrire le phénomène, disons que ma sensation première a été analysée par ma conscience comme reliée à la sensation désagréable de mastiquer un tissus caoutchouteux et gluant. J’avais complétement occulté le souvenir de la consistance du champignon pour mettre en avant un souvenir plus désagréable. Avec l’acquis d’une nouvelle information j’ai pu ré-analyser la sensation sur de nouvelles bases et modifier la perception que j’en avais originellement.

Ceci nous apprend deux choses

  • 1. Suite à une mauvaise analyse critique d’un événement, d’une situation, d’un relation, on peut être amené intégrer dans le réseau de notre conscience une information en décalage ou incohérence avec le reste du réseau de liens logiques établis. Toute analyse critique qui s’appuiera ultérieurement sur ce lien erroné développera une branche du réseau de la conscience en incohérence avec le reste du contenu acquis. Se créeront alors des parties de conscience marginales qui, si utilisées, pourront nous conduire à des positionnements, puis des comportements aberrants.
  • 2. Quand il s’agit de l’analyse du goût d’un Parmentier de canard les conséquences ne devraient pas être dramatiques. Si ce schisme se produit au plus profond de notre conscience, les branches marginales pourront prendre une importance considérable et conduire à de véritables états psychopathologiques.
  • 3. Comment remédier au nuisances que peuvent créer ce déséquilibre de notre conscience. Il est illusoire, comme le prétendent les psychanalystes, de remonter dans le temps pour corriger des erreurs de construction de la conscience. L’idée de revivre aujourd’hui une situation vécu jadis est un non -sens. On ne refait pas l’histoire (sauf pour les négationnistes) le passé est le passé et il ne peut être revécu avec la conscience d’aujourd’hui. L’idée même d’effacer une partie de la mémoire pour la reconstruire de façon différente est une aberration. Le passé existe parce qu’il a existé et nous devons faire avec, l’assumer.
  • 4. Par contre l’acquisition de nouvelles informations, un nouveau regard porté sur ce passé sont possibles. Comme pour le Parmentier de canard, une nouvelle analyse critique alimentée par des nouvelles informations peut créer les liens de remise en cause de la partie de mémoire erronée. Cette dernière peut être contredites, classée au rang d’erreurs par l’apport de nouveaux éléments. Plus on développera ces nouvelles représentations et leurs réseaux logiques de dépendance et plus les erreurs du passé apparaitrons comme obsolètes. La nouvelle construction viendra en quelque sorte encapsuler la zone de conscience en erreur, viendra la dévaloriser, on peut dire la « ringardiser »
  • 5. Il est intéressant de constater que l’acquisition de nouvelles informations, non seulement remet en cause la perception que l’on peut avoir d’un événement actuel, mais modifie également le souvenir que l’on a pu en avoir. Par exemple dans cet exemple du Parmentier de canard les nouvelles connaissances me permettent de le manger maintenant sans dégout mais, en plus, elles ont modifiées le souvenir que j’ai de mes sensation anciennes. Quand je me remémore mes émotions anciennes, je ne peux plus les revoir du même œil. Elles m’apparaissent comme modifiées par les nouvelles acquisitions qui ont agit comme une sorte de thérapie.

On voit, alors, comment une rééducation, sans supprimer les anciennes expériences peut, à l’aide d’informations nouvelles, les corriger et leur donner une nouvelle perspective. C’est tout le principe des thérapies comportementales et cognitives.

C’est au thérapeute d’imaginer les exercices, les nouvelles pratiques et habitudes qui proposerons les nouvelles informations nécessaires à la réalisation de cet objectif. Le patient ne sera jamais guéri de son vécu passé, mais il sera de nouveau en cohérence avec lui-même et verra sa pathologie s’améliorer.