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Les études ayant trait à la psychologie

L’égoïsme de l’enfant à l’adulte

Quelques remarques préliminaire :

  1. Le terme égoïsme est assez mal choisi car il ne définit pas le fait un individu mais plutôt une relation entre deux individus : l’un trouvant l’autre égoïste et l’autre s’estimant parfaitement « dans les clous ». J’avais pensé utiliser le terme narcissisme, mais je lui ai trouvé une consonance un peu trop psychopathologique. Peut-être le mot égocentrisme serait-il un moyen terme acceptable. Il est toujours difficile de trouver le juste mot adapté pour une situation abordant un concept nouveau pour lequel le mot n’existe pas encore.
  2. Il apparaît généralement que l’adolescence est l’âge de « l’égoïsme paroxysmique ». Je vais essayer de démontrer le contraire de cette idée reçue

A sa naissance le nourrisson est dans un état de totale fusion avec son environnement. Il n’a ni conscience de son existence, ni conscience de l’existence d’un autre que lui (absence d’identité en termes de psychologie relativiste). Il vit dans un univers totalement fusionnel dans lequel lui et son environnement ne font qu’un. Est-ce un état de total narcissisme (tout le monde est en lui) ou au contraire de totale empathie (Il est fondu dans tout le monde) ? la question n’a pas de sens dans la mesure ou le concept même d’égocentrisme présuppose la notion de l’autre comme entité différenciée.

Au début de son développement la fusion du bébé à son environnement (parents, fratrie, berceau), reste fondamentale, mais petit à petit, le bébé commence à percevoir une légère réalité extérieure. Il apprend que ses parents peuvent apparaître ou disparaître, que s’il lâche un jouet il n’en a plus la jouissance. Ce qui était un état de fusion universelle se fissure et s’installe chez lui un véritable narcissisme total. Seul lui existe par rapport à quelques rares éléments extérieurs qui peuvent lui échapper. Il ne s’agit pas de narcissisme pathologique (qui signifierai que l’image du moi, de son ego est sur évalué par rapport à une norme admise ) mais d’un état naturel à ce stade de développement.

Progressivement l’enfant prend en partie conscience de l’existence d’un monde qui lui est extérieur et avec lequel il faut négocier. La vision du monde reste encore très fusionnelle et l’autre n’existe que dans la mesure où il est en relation, en interférence avec l’enfant. Les parents, par exemple, n’existent pour l’enfant que par la relation qu’ils ont avec lui (ils protègent, dirigent, punissent, récompensent, …) mais il n’ont pas pour lui d’existence propre en dehors de lui (problèmes de santé, professionnels, affectifs, …). Ils n’existent que par leur présence dans l’univers de l’enfant, hors de cet univers ils n’ont pas de réalité. C’est encore une vision très égocentrique que l’on ne peut qualifier d’égoïste, dans la mesure ou l’enfant n’a pas encore les moyens d’affirmer ou de revendiquer sa différence .

Le problème de l’enfant capricieux, qui lui revendique, est une légère entorse à cette règle.  Il apparaît lorsque l’enfant prend conscience que certains de ses comportements lui permettent d’obtenir ce qu’il désire. C’est, bien sûr, très pénible pour les parents et très mauvais pour l’enfant car l’impression de toute puissance qu’il en retire est basée non pas sur sa force mais sur la faiblesse de ses parents. Cette fausse certitude lui sera néfaste, plus tard, quand il aura affaire à plus fort que lui !

A l’adolescence l’enfant affirme une identité naissante. Plus il se voit autonome et plus il découvre pour les autres un certain degré d’autonomie. La vision fusionnelle du monde fait place à une vision plus empathique. Les autres prennent une existence propre et l’ado comprend qu’il doit négocier avec eux. Bien que moins « égocentré » que l’enfant, l’ado apparaît plus « égoïste » car il à plus de moyens pour revendiquer son autonomie. Moins dépendant de son environnement familial, il voit le monde extérieur comme un rival vis à vis duquel il doit s’affirmer. Il va apparaitre « égoïste », non pas que sa vision soit plus narcissique ou égocentrée que celle de l’enfant qu’il a été, mais simplement parce qu’il a les moyens de la faire valoir. De la soumission narcissique il passe à l’empathie revendicatrice. C’est encore une phase pénible pour les parents et difficile pour l’ado. Être en réaction vis à vis de ce que l’on a accepté , devoir renier son « maitre » est une forme de deuil que doivent vivre nos ados et que les parents doivent l’aider à vivre. C’est, pour eux, une tâche ingrate, mais plus facile à assumer quand on comprend ce qui se passe dans la conscience de l’enfant et les enjeux de la situation.

Progressivement l’ado va devenir adulte, affirmer son identité, exister par lui-même. Il devient conscient de son vécu et en même temps du vécu des autres. Le narcissisme originel fait place à l’empathie. A partir du moment ou l’autre à pris une existence propre on commence à pouvoir réellement parler d’égoïsme dans certains comportements.

Ceux-ci, quand ils sont très affirmes, résultent d’attitudes égocentrées non résolues dans la maturation de l’individu. Il s’agit donc d’attitudes « régressives » liées à des comportements déviants acquis durant l’enfance, par défauts éducatifs, et qui se perpétuent à l’âge adulte.

Le vieillard, un peu figé dans sa conscience cognitive rigidifiée a perdu ses capacités d’adaptation. Il ne peut, ni ne souhaite évoluer. Son intérêt pour le monde devient très faible. Plutôt que d’acquérir de nouvelles connaissances ou nouvelles expériences, il préfère gérer son capital acquis. Pourquoi se projeter dans le futur quand on n’a plus d’avenir ? Il préfère adapter son vécu à sa situation plutôt que de refaire le monde. On ne peut dire qu’en vieillissant on devient plus égoïste, mais plutôt que l’on devient plus indifférent au monde et aux autres, et ce n’est pas la même chose ! La vie est bien faites qu’au moment de quitter ce monde, on s’en détache.

En conclusion, contrairement à la croyance générale, dans l’évolution de l’être humain on ne passe pas au cours de sa vie d’une vision altruiste du monde à une vision égoïste, mais bien au contraire d’une attitude totalement narcissique et de soumission à une attitude espérée empathique et autonome. C’est plutôt encourageant pour la vie sociale.

Formation des opinions et thérapies comportementales

Dans l’évolution d’une société vers de nouvelles valeurs on distingue trois étapes :

  1. La prise de conscience collective (somme des prises de consciences individuelles) qui agit sur la formation de la conscience cognitive de chacun. De nouvelles valeurs sont intégrées et la pensée cognitive individuelle et collective s’en trouve modifiée. Lors d’un sondage sur l’acceptabilité de ces nouvelles valeurs les « sondés » on tendance à fournir une réponse d’acceptabilité.
  2. Sous la pression de cette opinion les gouvernants ou leurs organes législatifs adoptent des lois qui inscrivent ces nouvelles valeurs dans la légalité
  3. Vient alors la période de début de l’application de la loi et on se trouve très souvent confronté à de sérieuses résistances. En effet, alors que sondés, les individus avaient tendance à répondre via leur conscience cognitive (et approuver la mesure), mis en situation ils se trouvent en conflit avec leur conscience émotionnelle qui, n’ayant pas encore fait face à cette nouvelle situation, réagit par ses anciennes valeurs émotionnelles non mises à jour. Il faudra un peu de pratiques et plusieurs expériences pour que les couches les plus anciennes de la conscience (émotion) et les couches les plus récentes(cognitive) se retrouvent en phase. (une forme de « remise en cohérence » de la mémoire ). La vision collective s’appuie davantage sur le cognitif alors que l’approche individuelle reste fortement influencée par l’émotionnel.
  4. On voit ainsi qu’une évolution des valeurs dans la conscience cognitive ne met pas directement à jours les valeurs émotionnelles (alors que l’inverse est plus automatique) Il faudra la confrontation à l’expérience pour qu’un conception intellectuelle puisse retrouver ses racines émotionnelles
  5. Pour montrer comment l’émotionnel profond et difficile à modifier je vais prendre l’exemple que je connais le mieux, c’est à dire moi ! je me penses et me prétends ni raciste, ni machiste, … et pourtant ! Si par exemple dans un reportage je vois une femme noire qui perd son enfant j’ai tendance dans un premier réflexe à minimiser l’importance de son deuil, puis la raison prend le dessus et ma compassion devient totale. Sur la « différence » homme-femme je sais que mon premier élan me pousse à faire plus confiance à un homme qu’à une femme pour prendre des décisions importantes, la raison me conduit évidemment à une vision plus raisonnée. Même si cette élan raciste ou machiste ne dure qu’un petit centième de seconde et qu’il est vite étouffé, on ne peut nier son existence ? Il est dans notre conscience des tréfonds animaux qui refusent de s’effacer. Heureusement, ils sont contrôlés, gouvernés par notre cognitif, sociabilisés. On comprend comment en l’absence d’une bonne sociabilisation les instincts primaires peuvent prendre le dessus dans nos comportements. Nous sommes tous, au fond, des bêtes qui ont appris (plus ou moins) à vivre ensemble.                                                                                                                                          

Je ne crois pas être un monstre et ce que j’observe en moi doit-être le lot de chacun d’entre vous.

Cette exemple nous permet d’aborder  le principe des thérapies comportementales et cognitives.

Lorsque notre conscience cognitive s’est construite « de traviole » en raison de certaines erreurs dans l’analyse critique de situations anciennes, le décalage entre nos valeurs émotionnelles intégrées et leurs représentations dans l’univers cognitif peut induire des comportements pathologiques ou déviant. Les premières approches thérapeutiques se proposaient de remonter dans nos souvenir et de corriger ces erreurs (comme on corrige un « bug » dans un programme informatique). C’est un principe auquel je ne souscrit pas. Il n’est pas question d’effacer la mémoire ni de la reconstruire en se mettant dans un situation analogue au souvenir. Ce n’est simplement pas possible de revivre avec la conscience d’aujourd’hui des événements qui ont été analysés avec la conscience d’hier. Ce qui est fait, et fait, et le passé ne se réécrit pas. Le passé, dans son bon et son mauvais doit s’assumer.

Il faut donc envisager une autre approche thérapeutique.

L’analyse de la formation d’une opinion développée plus haut peut nous fournir un excellent fil conducteur.

Disons d’abord que nous considérons une opinion comme la résultante d’un certain nombre de positionnements dans le domaine considéré. Il y a alors deux façon de se forger une opinion :

  1. Selon un cheminement personnel. La formation même de la conscience cognitive par la création de liens logiques entre les représentations mentales que nous nous faisons des situation nous amène à définir les positionnements nécessaires à la formation de notre opinion sur les choses. Cette opinion peut, évidemment, être plus ou moins rigide, plus ou moins solide,  plus ou moins cohérente, plus ou moins pathologique. Qu’importe à ce stade, c’est notre opinion.
  2. Une autre façon de se forger une opinion est la formation ou l’éducation. Dans ce cas l’opinion, toute faites, nous est proposée par un éducateur, un commentateur, un philosophe. Cette opinion nous intéresse et nous décidons d’y souscrire (en général, pas par hasard, mais parce que nos idées ou nos failles nous poussent en ce sens). Nous recevons dans notre conscience cognitive des informations qui nous séduisent, mais ne sont pas forcément en accord avec notre vécu historique émotionnel. Nous adoptons cette opinion mais sans véritablement l’accepter sur le plan de notre émotionnel. Progressivement, en faisant vivre cette idée, nous allons développer de nouveaux liens logiques en liaison avec notre conscience émotionnelle qui vont, non effacer les positionnements acquis dans le passé, mais se superposer à eux, créer des liens de remise en cause, et finalement les envahir et les étouffer comme un lierre asphyxie une plante. C’est la volonté de « faire vivre » ces idées nouvelles, de les prendre volontairement en compte dans toute analyse des situations vécues qui va ancrer nos nouvelles opinions dans notre conscience. Entre la volonté d’adopter une idée et son intégration totale (presque totale !) dans notre conscience, le chemin est long. On retrouve là un des préceptes de Bouddha : « Ce qui importe n’est pas d’atteindre son but, mais de suivre le chemin qui mène (ou plutôt mènerai) à ce but ! »

On comprend, ainsi, le principe des thérapies comportementales et cognitives. Pas question de renier ou d’effacer un passé gravé dans notre conscience, mais de donner au patient la direction à prendre et les outils pour cheminer vers le but. Le cap est, bien sûr, de corriger les comportements pathologiques pénalisant, et les outils les exercices volontaires qui vont permettre dans toutes situations d’analyser les événements dans le contexte du but à atteindre. Le patient pourra alors, pas à pas, forger les liens logiques qui vont intégrer dans sa conscience les critères correctifs, les éléments qui vont, peu à peu, supplanter les éléments pathologiques et étouffer la maladie. Il ne sera, peut-être pas réellement guéri au sens psychopathologique, mais il pourra vivre « comme si ! ». Personne n’en demande plus.

L’important n’est pas d’atteindre son but, mais de cheminer vers lui !

Positionnement et proximité des éducateurs

La psychologie relativiste a fait du positionnement la colonne vertébrale de toute relation. Il est la base de l’analyse critique de tout événement et de la prise d’identité d’un individu. Ceci mérite donc que l’on s’attarde un peu sur cette notion.

Prenons pour exemple le positionnement dans l’espace et examinons comment la proximité peut jouer dans cette fonction. Commençons par un petit exemple pour illustrer le propos.

Mettons-nous tout près d’une personne. Il devient difficile de l’appréhender visuellement dans son ensemble. Si on lève les yeux on aperçoit son visage, si on baisse les yeux on aperçoit ses pieds. On ne pourra se positionner, vis à vis d’elle, que de façon partielle, morcellaire, ou dynamique en visant alternativement le haut (le visage) et le bas (les pieds).

Si cette personne est située, disons à 20 mètres, on l’appréhende dans sa globalité et notre positionnement par rapport à elle est total.

Si cette personne est maintenant éloignée, disons à 100 mètres, elle n’est plus qu’un élément dans notre champs visuel parmi de nombreux autres. Notre relation à elle est minimisée et diluée parmi nos relations à tous les objets observés. Notre positionnement à l’objet redevient incertain.

Le positionnement est clairement établi lorsque l’objet de ce positionnement occupe entièrement notre champs de vision. C’est dans ces conditions que notre référencement spatial à lui est clairement défini. Pour une bonne construction de références il faut que l’objet de la relation soit clairement identifié dans son intégrité, clairement différencié du sujet qui l’observe, et le plus stable possible. La stabilité de l’observateur sera également un facteur essentiel d’une bonne relation.

Transposons cette exemple dans un domaine ou le positionnement, la référence, est un élément fondamental, j’ai cité l’éducation.

L’enfant pour se former à besoin de référants qui sont généralement les parents ou les éducateurs. La proximité affective, intellectuelle du référant sera un élément essentiel de la réussite d’une éducation, ou d’une rééducation (dans le cas d’un éducateur). La « juste distance » sera le point clé de ce succès.

Envisageons le cas d’un trop grande proximité, dans le cas des parents ou d’éducateurs « copains ». Le contact avec l’enfant se fait bien et la relation apparaît satisfaisante. L’enfant est en confiance, se sent accepté et la situation est apparemment harmonieuse. Pourtant, en général, cela se termine en catastrophe. L’enfant est maintenu dans une position régressive et se complait dans son cocon. Arrive un jour ou, sous la pression des circonstances, le parent ou l’éducateur se voient obligés de prendre une décision d’adulte (en principe pour le bien de l’enfant) qui l’oppose à l’enfant. Il s’en suit un drame. L’enfant se sent brutalement trahi, abandonné. Il vit cette décision comme une séparation, un petit deuil. Inutile de dire que pour un éducateur d’enfants en difficultés cette rupture de confiance avec l’enfant (qui est en difficulté généralement pour avoir vécu ce genre de situation) l’échec sera total. Non seulement l’enfant sera braqué vis à vis de son référant, mais il présentera des défenses renforcées vis à vis de tout éducateur qui pourrait tenter de prendre la relève.

Envisageons l’option contraire ou les parents ou l’éducateurs sont trop loin de l’enfant, par manque d’implication affective ou intellectuelle. Inutile de faire un dessin, comme dans le cas précédent d’un objet éloigné la référence ne se construit pas et les référants ne jouerons pas leur rôle.

Reste à trouver la juste distance qui assurera le meilleur système référentiel pour le « bambin ». Elle se situe, bien sûr, entre les deux positions extrêmes précédentes, mais où ?

Cela dépendra essentiellement de l’enfant.

Si celui-ci est en demande d’affection (c’est souvent le cas des plus jeunes) l’éducateur pourra se rapprocher de lui, aller le chercher, répondre à ses sollicitations d’amour, sans toutes fois se confondre (fusionner) avec lui. L’éducateur doit toujours rester un élément externe au système de l’enfant, faute de quoi il ne pourrait pas être un élément de référence.

Au contraire, si l’enfant est en défense contre une relation affective qui l’a déçue et contre laquelle il a pris ses « distances de sécurité » (c’est souvent le cas des plus âgés), il faudra le laisser venir, l’apprivoiser, ne pas forcer ses défenses. De toutes façons derrière ce refus de l’affection se cache un grand manque qui finiras bien par éclater au grand jour. C’est en se construisant de nouvelles références, de nouvelles certitudes que l’enfant pourra abandonner ses défenses pour retrouver une nouvelle sécurité plus gratifiante.

Le rôle d’éducateur est infiniment difficile. Les parents compensent leurs erreurs par l’amour inconditionnel qu’il portent (généralement) à leur enfant et qu’il lui conserveront pour longtemps. L’éducateur social(qui ne peut pas donner un amour éternel à tous les enfants dont il s’occupe) n’a pas ce « filet de sécurité » et de ce fait  n’a pas le « droit à l’erreur ». Il lui faut donc agir avec prudence, par petit pas, et avec patience.

PS : Il faut comprendre que l’univers de l’enfant est terriblement fusionnel et égocentrique. Pour lui les éléments extérieurs n’ont de sens que s’il sont intimement intégrés à son univers. Ses parents existent essentiellement dans la mesure de la relation qu’ils ont avec lui. Ils n’ont pas, pour l’enfant, de réalités externes comme une vie personnelle, des désirs particuliers, un existence en dehors de la relation qu’ils ont avec lui. Il faut attendre l’âge adulte pour que l’enfant se forme une identité, se différencie de son environnement pour qu’il puisse, en parallèle accorder à son environnement une existence propre. C’est le phénomène d’individuation et de maturation.

Les psychopathologies, classification et thérapies

Pour comprendre les psychopathologies il est important de revenir sur la construction de la conscience.

Disons, en préambule, que l’on peut représenter la conscience comme un ensemble d’images mentales représentant les situations, les choses, ou les êtres, liées entre-elles par des relation logique causales. La cause précédant toujours l’effets ces  relations définissent également une chronologie et donc la notion de temps.

Tout être vivant, à sa naissance, doit-être doté d’un certain nombre de fonctions et capacités métaboliques nécessaire à sa survie immédiate. Pour l’homme et les animaux supérieurs ce sont notamment les fonctions respiratoires, digestives, circulatoires (le sang). C’est un innée indispensable caractéristique d’une espèce.

Puis, pour l’homme, le nourrisson va développer des capacités émotionnelles au contact de son environnement. Les notions de faim, de bien-être et de mal-être (accompagné du besoin de sécurisation), de chaud et froid, d’espace qui vont forger les premiers étages de sa conscience émotionnelle. A noter que ces acquisition sont fondées et issues de ses premières fonctions organique (C’est, par exemple, sur la fonction digestive que se construit la notion de faim, sur la notion de bien-être que le nourrisson va apprendre la notion de douleur, donc de danger). Progressivement se fabrique un réseau émotionnel plus élaboré (on dira plus formalisé) avec les notions primaires d’amour ou de rejet, avec une meilleur prise de conscience de la notion d’espace (donc de sa position dans cet espace et de la distinction entre lui et son environnement). Dans la petite enfance, au contact de son environnement familial, scolaire, sociétal et des messages plus cognitifs qu’il reçoit les prémices de sa future conscience cognitive s’élaborent. Il va apprendre à se dissocier partiellement de son entourage (individuation), acquérir la notion de temps (liée à la conscience cognitive). Ensuite viendrons des notions plus sociétales de bien et de mal, d’amis et d’ennemis. Progressivement il pourra comprendre et intégrer des notions plus complexes, plus construites, plus formalisées. L’éducation parentale, scolaire, les relations à ses copains ou copines vont lui créer des références, des positionnements qui vont donner naissance à son identité. Plus il avancera en âge, plus il sera confronté à des problématiques (à sa portée) et plus sa conscience cognitive va s’enrichir, se structurer, et plus son identité va s’affirmer. C’est le difficile passage de l’adolescence ou il faut passer d’un vécu émotionnel (assorti de relations fusionnelles) à un vécu cognitif (assorti de relation empathiques). On construit alors les bases du réseau logique de la conscience (images mentales liées et structurées par des relations logiques)

A l’âge adulte il va apprendre à se dissocier des autres, à avoir ses propres visions, ses propres valeurs (évidemment fortement influencées par le milieu dans lequel il évolue), à forger sa propre identité, et accentuer son vécu cognitif (sans oublier totalement son vécu émotionnel sur lequel il s’est construit).

Plus l’individu avance en âge et plus les niveaux émotionnels s’enfoncent dans les profondeurs de la conscience et plus les niveaux cognitifs sont sollicités dans les comportements. Les relations deviennent de moins en moins fusionnelles et plus empathiques. L’individu a moins besoin des autres et le vieillard a tendance à se replier sur lui-même et sur son passé (d’autant plus qu’il a de moins en moins de futur !)

Au cours de cette construction de nombreuses erreurs peuvent se produire qui pourront déboucher sur des psychopathologies bénignes ou sévères. Nous sommes tous des mini psychopathes et heureusement les véritables psychopathologies sont du domaine de l’exception.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes et je préfère y substituer une classification par leurs causes. En médecine on a commencé par classifier les maladies selon leurs symptômes (irruptions, rougeur, douleurs) pour enfin les classifier par leur cause (bactériennes, virales, allergiques, …). Il est temps que la psychologie s’inspire de cette voie.

  1. Les pathologies liées à des incohérences dans la construction de la conscience. Elles sont d’autant plus sévères et difficiles à combattre qu’elles se produisent dans les couches les plus profondes de la conscience (donc au plus près de l’enfance). Des erreurs d’analyse et de compréhension peuvent survenir, lors de l’intégration des expériences vécues, dans la structure du  réseau de la conscience. Il peut également s’agir d’erreurs dans l’information transmise par le milieu environnant (par un milieu familial déséquilibré par exemple). La conscience se construit partiellement, dans certains domaines, sur ces informations erronées et il en résulte certaines incohérences sur l’ensemble de son réseau. Plus ces incohérences se produirons au plus profond de la conscience, au plus près de ses racines, de ses fondements et plus les incohérences développées sur elles, le schisme de la conscience sera important. Ce sera la cause de ce que j’appellerai les « pathologies dissociatives » comme la schizophrénie, la bipolarité, voire certaines formes d’autisme.
  2. Les pathologies liées à une structuration trop rigide de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont sans nuances, gorgées de fausses certitudes. L’individu va perdre toute adaptabilité à son environnement et développer un vécu organisé autour de l’angoisse de perdre ses certitudes. C’est la cause des paranoïa et narcissismes.
  3. Les pathologies liés à une structuration trop faible de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont imprécises, incertaines. L’individu manque de références solides, il est flottant, angoissé. Il cherchera sans cesse un modèle qui pourrait lui apporter les références « clé en main » qui lui manque. Il développera un comportement pusillanime avec des relations aux autres difficiles. Étant mal positionné il ne permettra pas aux autres de ses positionner par rapport à lui, d’où des relations ambigües et parfois conflictuelles (car pour les autres il n’est jamais le même, fluctuant et peu fiable). C’est la porte ouverte à la dépression, la pusillanimité et aux diverses addictions (alcool, tabac, jeux, drogue, …) qui seront pour lui un moyen de se « désangoisser », de retrouver, un instant, un positionnement vis à vis d’une sensation forte.

Mieux « sérier » les psychopathologies, les organiser par causes communes, c’est mieux les comprendre, et par là mieux les traiter.

La psychologie relativiste : La méthode thérapeutique

Le principe général des thérapie conventionnelles, basé sur l’approche psychanalytique, est la reconstruction. Le principe en est le retour, par régression, dans le passé pour atteindre le point d’où serai issu la pathologie (névrose ou psychose) pour, à partir de lui, se livrer à une reconstruction thérapeutique de la psyché. La psychologie relativiste et son modèle de construction de la conscience s ‘oppose à cette théorisation.

La mémoire et ses réminiscences ne s’effacent pas. Les souvenirs mémoriels peuvent s’enfouir sous la formidable acquisition des nouvelles expériences mais ne disparaissent pas pour autant. Seule la dégénérescence neuronale peut entrainer un effacement de la mémoire. Non seulement un événement vécu ne s’efface pas, mais de plus il reste implicitement contenu dans le reste de la conscience qu’il a contribué à construire. Oublions cette approche et acceptons que le passé soit le passé et que rien ne le fera disparaître. Les regrets, les remords, n’ont jamais gommés une erreur faites. On doit vivre et assumer son passé.

La thérapie ne se fera pas dans l’oubli mais au contraire par l’acquisition de nouvelles informations qui pourront compenser ces expériences anciennes, et remettre en cause de vieilles erreurs acquises. On ne peut s’abstraire du passé mais on peut « l’encapsuler » dans un nouveau réseau logique qui décrédibilisera le vécu antérieur et se posera en contradicteur des tendances nuisibles. Une forme de cognitif qui s’opposera à un émotionnel déformé. C’est d’ailleurs le principe de l’éducation que de forger des gardes fou au instincts profonds issus du monde des émotions. On retrouve donc le principe des thérapies comportementales et cognitives infiniment plus efficaces et faciles à mettre en œuvre, pour peu que l’on ait fait le bon diagnostic.

Inutile de préciser qu’en ce qui concerne les psychopathologies lourdes le travail est loin d’être évident (surtout lorsque la conscience cognitive est perturbée). Néanmoins il me semble que quitte à avoir un long chemin à parcourir, autant le faire dans la bonne direction.  

Comportements asociaux et psychopathologies

Les comportements asociaux peuvent avoir plusieurs origines qu’il est important de ne pas confondre.

Les psychopathologies proviennent d’une construction erronée du réseau de la conscience, souvent accentuée par un terrain soit trop rigide soit trop « laxe » de celle-ci. Elles peuvent bien évidemment conduire à des comportements asociaux.

Mais ceux-ci peuvent également découler d’une éducation, d’une formation, d’un environnement en décalage avec les normes admises dans la société.

  1. Dans le premier cas c’est le déséquilibre dans la conscience, sa structure même qui induit un mal vécu de l’individu et donc sa réaction de défense contre une société dont il  n’arrive pas à appréhender les règles. L’agressivité apparente développée par l’individu est de fait une réaction de défense vis à vis d’un environnement  qu’il n’arrive pas à appréhender de façon cohérente.
  2. Dans le second cas c’est l’intégration de valeurs en réaction avec les normes sociales qui génère l’asociabilité des comportement. Ces valeurs en décalage avec les règles et usages empêchent une intégration harmonieuse de l’individu dans son environnement et, par conséquence, une volonté de détruire cet univers qui le rejette.2

Le premier cas découle de la structure, de la construction de la conscience. Il est donc de nature structurelle. Le second cas découle d’un contenu inadapté de la conscience, d’une éducation inadaptée. Il est donc conjoncturel

Les deux cas peuvent évidemment coexister.

La « radicalisation », par exemple, peut être le fruit d’une structure trop « laxe » de la conscience qui génère un état angoissé et malléable ( de nature hysteroïde). Les règles strictes d’un environnement radical peuvent apporter un mécanisme de stabilisation dans une certitude (même aberrante) qui peut aider à résoudre les angoisses. Le terrain structurel angoissé peut être apaisé par une éducation conjoncturelle adaptée.

Elle peut également être le fruit d’une structure mentale trop rigide (de nature paranoïde) qui gêne l’adaptabilité sociale et qui se trouve conforté par l’intégration à un groupe qui prône la même rigidité des valeurs. Ici encore le terrain paranoïde trouve à s’exprimer dans une idéologie radicale de nature conjoncturelle.

Dans les deux cas, l’intégration à un groupe fournit ou justifie les références solides qui faisaient défaut ou s’opposaient à l’intégration sociale. Les  sectes, les groupes radicaux, les idéologies fortes, sont une forme de thérapie (comportementale par compensation) pour ces individus.

Dans le cas fréquent des enfants dit « inadaptés socialement » c’est généralement une absence de références familiales, sociales et sociétales qui génèrent une conscience trop « laxe ». Ces enfants se forgent, pour résoudre leur terrain angoissé des certitudes très simplistes (souvent au contact d’enfants dans une situation analogue). Se rattacher à ces certitudes leur permet de se stabiliser, même si elles contrarient fortement leur capacité d’intégration sociale. Il semble que la résolution de leur angoisse personnelle prime sur leur besoin d’intégration (encore qu’il retrouvent une certaine intégration dans des petits groupes de copains en dés errance comme eux)

La thérapie est délicate et doit tenir compte de l’analyse précédente.

  1. Quand on soigne ces enfants on commence, de fait, par les isoler de l’environnement semi stabilisant qu’ils s’étaient créés. On doit donc s’attendre de leur part à une certaine agressivité affirmée ou rentrée. Elle est naturelle chez tout être déraciné, et il faut la gérer avec beaucoup de compassion.
  2. Il faut éviter de « briser » leurs références avant d’en avoir établi des nouvelles. Ils vivraient ceci comme une insupportable agression, comme un boiteux auquel on retirerai ses béquilles en lui disant tu dois te débrouiller sans elles.
  3. L’éducateur à le rôle difficile d’être le nouveau référent. C’est dans la relation avec ce « point fixe » que l’enfant doit fabriquer son nouveau positionnement. J’insiste sur le fait que l’enfant doit, de lui-même développer ses nouvelles références et que l’on ne peut et ne doit en aucun cas les lui inculquer. Lui seul peut gérer et sentir l’opportunité de passer d’un système à l’autre.
  4. L’éducateur doit être le point de référence par rapport auquel l’enfant peut se situer et se redéfinir. Le jugement bienveillant mais sévère de l’éducateur doit redéfinir les notions de « bien et de mal » dans le comportement de l’enfant.
  5. Ce jugement ne peut être acceptable que s’il n’est pas moralisateur, castrateur, destructeur de certitudes, et si l’enfant à confiance dans son référent. La relation de confiance, de complicité est un élément majeur de la relation thérapeutique. Comme dans une relation familiale l’enfant acceptera les règles établies s’il se sent aimé, protégé, secouru quand il a des défaillances. Dans cette thérapie, mieux vaut, souvent, « transgresser les lignes » que de perdre la confiance de l’enfant.
  6. L’enfant doit intégrer que les nouvelles valeurs qu’on lui propose sont bien plus bénéfiques pour lui que les valeurs auxquelles il était accroché.
  7. Inutiles de dire combien le rôle de référent est difficile !  

Les enfants inadaptés ne sont, la plus part du temps, pas des malades, pas non plus des « racailles », mais simplement des inadaptés, des échecs éducatifs. Il faut les prendre comme tel.

Réorienter des enfants vers un système de valeurs qu’il a toujours vécu comme hostile est un travail de funambule dans lequel l’erreur se paye au prix d’une chute souvent lourde de conséquences. Comme dans toute éducation, avant d’imposer il faut aimer, avant de s’octroyer des droits il faut accepter ses devoirs.

Il n’y a pas de technique magique pour devenir de bons parents, il n’y en a pas non plus pour devenir un bon éducateur.

PS : Le traitement des déviances sociales dans le cas de psychopathologies avéré est, bien sûr, un atout autre débat

Enfin un modèle abouti pour la conscience

Introduction

Après 10 ans de réflexion et 3 ans de recherches, je peux enfin proposer un modèle de la conscience satisfaisant. Ses qualités sont d’être simple, presque évident, suffisamment universel pour que des spécialistes des neurosciences aux Freudiens les plus convaincus chacun puisse y trouver son compte, et capable d’intégrer tous les aspects de la psychologie,  de la théorie, au diagnostic, et à la thérapie.

Entropie et psychologie relativiste

Le second principe de la thermodynamique stipule que dans un système isolé en évolution, l’entropie ne peut que croitre et l’énergie du système diminuer. L’entropie étant le niveau de désordre dans le système. Cette hypothèse est étayé par le fait suivant :

Tout système est composé d’un certain nombre d’éléments réunis en configurations. Les configurations organisées représentent une toute infime partie des configurations possibles. Toute évolution du système l’entrainera donc inévitablement vers des configurations sans organisation, vers le chaos, donc vers une entropie maximum.

Formation de la conscience

On peut appliquer ce principe à tout système quel qu’il soit pour peu qu’on le conçoive comme un échange énergétique. On peut notamment essayer de l’appliquer au domaine de la psyché humaine, dans le cadre de la psychologie relativiste.

Dans cette discipline, nous avons postulé que la conscience humaine passait au cours de la vie d’une conscience émotionnelle sans structure et chaotique (petite enfance) à une conscience cognitive organisée et rigidifiée dans un réseau logique (âge adulte). Ceci peut paraître antagoniste avec le second principe de la thermodynamique.

Il n’en est rien car la conscience humaine ne constitue pas un système isolée. Dans un tel système, en interaction avec l’extérieur, tout apport d’énergie peut contribuer, au contraire à l’entrainer vers ses formes les plus énergétiquement favorisées, donc les plus structurées. Cette entropie négative ou néguentropie a été théorisée par Brillouin et Schrödinger

L’homme échange avec son milieu extérieur et c’est comme cela qu’il se construit. Sa psyché n’est donc pas un système isolé. Ces échanges lui sont une nécessité vitale, car sans eux l’homme ne peut être viable, car il se nourrit de communication.

Pour l’homme l’apport d’énergie qui va structurer sa conscience est la connaissance, l’expérience, le vécu. Ces éléments vont s’intégrer à sa conscience et développer sa conscience cognitive. A travers elle se construisent les notions de positionnement, d’analyse critique, de relations et aussi les notions abstraites qui organisent les sociétés (Religions, morales, idéologies, républiques, démocraties) et constituent les représentations mentales nécessaires à la vie humaine. Au cours de sa vie l’homme va acquérir des connaissances et développer sa vision du monde.

Dans sa toute petite enfance sa communication se déploiera autour d’une information peu élaboré (pauvre en énergie) et c’est surtout sa conscience émotionnelle qui va se construire. L’analyse critique des événements sera mineure, les images mentales représentatives imprécises, et les liens qui les coordonnent plutôt flous. Néanmoins chaque nouvelle expérience, chaque nouveau message, apporte, intègre, un peu de logique dans le réseau de conscience. Cet enrichissement cognitif amène un peu plus de logique dans l’analyse critique des futurs événements. Petit à petit le réseau mémoriel se structure, l’émotion perd du terrain dans les représentations mentales et leurs liens logiques vis à vis de la raison, et la conscience cognitive se forme. Ce n’est que vers 2 à 3 ans que l’enfant acquière suffisamment de structure cognitive pour se forger ses premiers souvenirs. Avant il n’est que dans l’émotion, la fusion, et ne construit pas de représentations mentales capable d’émerger dans sa conscience.

Au fur et à mesure des expériences la conscience se construit par strates successives de plus en plus formalisées. Chaque nouvel événement est analysé en fonction des données déjà acquise et apporte un plus au développement de la conscience cognitive. Petit à petit les capacités de communication formelles vont se développer, la conscience cognitive intégrer des informations de plus en plus structurées, et initier un vécu cognitif plus solide. La conscience se formera par strates successives de plus en plus organisées, chacune étant le fruit de la strate précédente enrichie de la nouvelle information acquise. A l’âge adulte (pas avant 30 ans) la conscience cognitive commence à se rigidifier et s’efforce de contrôler les élans émotionnels.

 Plus l’information reçue, les messages détectés, seront fortement structurés (donc riche en énergie)  et plus la conscience cognitive sera rigide, et plus la capacité d’adaptations aux idées nouvelles sera faible. La nature profonde de la conscience sera fonction de l’éducation reçue (avec, pourquoi pas, une participation de potentialité génétique !)

Plus les messages reçus et intégrés sont nombreux, riches, et relatifs à des domaines variés et plus la conscience cognitive sera complexe, pleine de nuances, capable d’analyses critiques élaborées des événements vécus. Plus de culture variée et plus d’ouverture d’esprit, moins de certitudes abruptes, et plus de tolérance.

Les strates les plus profondes (relatives aux événements les plus anciens) seront moins formulées, moins logiquement structurées, moins figuratives, et donc moins susceptible d’être mémorisées de façon représentatives et donc de revenir à la conscience. Elles constituerons des émotions intégrées, mémorisées mais incapable de réapparaitre à la conscience en cas d’appel. Ceci ne veux pas dire qu’elles sont inutiles car elles ont servies de fondements à la construction des strates plus formulées. Ne faisons pas l’erreur de donner trop d’importance à ce que nous pouvons concevoir (le vécu cognitif) au détriment de ce qui nous échappe (le vécu émotionnel). Mea culpa, c’est mon défaut majeur !  

Dans les représentations mentales qui apparaitrons à notre conscience quand nous devons réagir à un événement ce sont de toute évidence les plus récentes, les plus formulées (et peut-être les plus accessibles) qui seront privilégiées. Les plus anciennes ne nous apparaitrons pas de façon consciente mais joueront quand même un rôle dans notre analyse critique car elles seront implicitement présentes dans les représentations conscientes.  

Évidemment si un événement est intégré de façon erronée dans l’empilement du réseau de la conscience, il se produira des incohérences dans sa construction. Imaginez un maçon qui construit un mur en parpaings bien alignés horizontalement. Si tout d’un coup un parpaing est mal posé, que sa surface n’est pas bien horizontale toutes les autres pièce posée sur lui partirons de travers et toute une partie du mur sera bancale. Il en est de même pour la conscience et tout élément intégré de façon erronée, incohérente génèrera une « pile » en incohérence avec l’ensemble du système. Toute analyse s’appuyant sur ce réseau erroné conduira à développer ce « cancer de la conscience ». Toute analyse s’appuyant à la fois sur ce réseau erroné et sur le réseau cohérent conduira le sujet à une position ambiguë, incertaine, et frustrante.

Notre conscience est faites de ces « mini » incohérences que nous avons pris l’habitude de gérer. Ce n’est que lorsque ces incohérences seront marquées quelles pourront déboucher sur des pathologies de dissociation de la mémoire (attitudes bipolaires, schizophrénie, voire autisme) ou pourront accroitre, pour des consciences cognitives rigides, les tendances au narcissisme et à la paranoïa.

Conclusion

L’énergie apportée aux cellules vivantes sous forme d’oxygène, de sucre,  associée à leur capacité d’assimilation va définir la vie, son organisation et son évolution. L’énergie apporté à la conscience sous forme d’information, de messages structurés , va définir le vécu. (le vécu étant la conscience de vivre)

Privé de cet apport, l’homme (totalement isolé, sans possibilités de communiquer) perd toute structure mentale organisée, il périclite dans une forme de folie chaotique, puis de vécu végétatif. Pour tout enfant, l’apport de cette information par son milieu environnant (parents, proches) est une nécessité vitale à sa structuration et à son développement normal.

Pour véritablement vivre « en homme », l’homo sapiens a besoin de la communication. C’est l’échange d’informations structurées qui fait le vécu de l’homme et le différencie de l’animal.

L’animal vit de ses émotions, l’homme de son vécu à travers sa conscience cognitive. L’animal vit sur l’instant, l’homme vit dans le temps de son récit historique.

PS : Ceci peut résoudre le problème de la modélisation de la construction de la conscience, mais il reste à définir comment cette mémoire peut être utilisée, comment les éléments reviennent à la conscience quand un événement la sollicite. Il reste encore bien du « pain sur la planche ».

On pourrait pour cela s’inspirer des algorithmes de l’Intelligence Artificielle, notamment ceux de la médecine, qui permettent à partir d’une série d’images mémorisées de retrouver celles qui correspondent à votre cas et de faire un diagnostic. Il ne serai pas étonnant que l’algorithme de recherche puisse être adapté à notre conscience, et que la façon dont il fouille les parmi les images mémorisées reliées par des relation de signification (des critères) puisse s’adapter à la recherche dans une mémoire cognitive formée d’images mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.

L’ordinateur est issu du cerveau humain, rien ‘étonnant qu’il puisse en être une représentation, une formalisation, un modèle. Après tout, c’est bien la fonction d’un modèle d’être un outil de travail pour manipuler ce que l’on ne peut comprendre

Conscience cognitive et dissensions familiales

J’ai expliqué comment l’analyse critique d’un événement vécu permettait l’intégration d’une image mentale en créant des liens logiques qui la relie au réseau des images mentales déjà intégrées.

Pour donner un exemple de cette construction, prenons ce cas très (peut-être trop) schématique :

Soit deux individus, l’un élevé dans une famille de tradition politique à gauche, l’autre dans un famille de tradition politique de droite.  Ils vivent tous les deux les événements que nous venons de vivre (révolte des « gilets jaunes »)
L’individu élevé dans une tradition de gauche, empreint de valeurs de solidarité, d’égalité et faisant, via sa conscience cognitive, l’analyse critique de la situation intégrera le vécu des événements avec compassion et sympathie.
Celui élevé dans une tradition de droite, plutôt soucieux d’efficacité, de récompense du mérite, privilégiant les valeurs économiques analysera la situation comme dangereuse, irresponsable, et remettant en cause le principe de juste rémunération des mérites.
On comprend, à travers cet exemple, comment le vécu historique intégré influe sur la construction de la conscience cognitive et comment celle-ci se conforte de ses propres expériences.
Chacun de nous vit les événements en fonction de sa propre histoire et se construit sur les fondations qu’il a lui-même bâties. Ceci explique la diversité entre les humains : autant d’histoires, autant d’individualités.
Mais la construction de la mémoire cognitive n’est pas uniquement liée à ce processus déterministe.
1) Lorsque l’analyse critique de l’événement montre une certaine dissonance avec le vécu historique, celui-ci ne peut s’intégrer directement à la mémoire historique. La création de liens logiques suppose une remise en cause du vécu historique pour l’adapter au nouvel événement étudié. Le réseau s’adapte (remise en cause), les liens historiques sont modifiés, et ce, en fonction de la plasticité de la mémoire cognitive (rigide ou laxe)
2) Si cette dissonance est trop marqué, l’intégration de l’événement peut être refusé et celui-ci mis dans une sorte de « quarantaine » dans laquelle peuvent être stockés des événements vécus mais non intégré au réseau cognitif. Il en reste cependant trace dans la conscience émotionnelle.
3) Si le vécu de l’événement est déformé par rapport à sa réalité, celui-ci peut être intégré de façon erronée dans la conscience cognitive et construire des liens apparemment logiques avec les éléments mis en cause dans l’analyse critique, mais en incohérence avec l’ensemble du réseau. Les futures analyses qui devront s’appuyer sur cet élément erroné conduiront au développement d’un réseau logique, mais en incohérence avec le réseau principal. Plus le point erroné est profond dans la hiérarchie chronologique (donc plus ancien historiquement, petite enfance) et plus le sous-réseau pourra prendre de l’importance (et plus il sera difficile à éradiquer).
4) Un phénomène analogue peut se produire si l’erreur se fait au niveau de l’analyse critique par la conscience cognitive. Les conséquences en seront strictement identiques.

On voit comment la construction de la conscience cognitive se fait par empilement en strates successives de représentations des événements (représentations mentales et liens logiques de causalité). Les plus profondes, les plus historique (la petite enfance) étant de nature moins formalisées (puisque appuyées sur peu de représentations logiques), et donc plus proche de la conscience émotionnelle. Plus la conscience cognitive se développe et plus les représentations seront formalisées, sophistiquées, logiques. L’enfant n’a que des représentations un peu floues dans sa conscience cognitive car appuyées sur des représentation un peu chaotiques, elles sont peut conscientes car elles n’appartiennent pas au monde structuré accessible. L’adulte, plus construit développera des représentations de plus en plus formelles (mais moins spontanées) au fur et à mesure qu’il « grandira en âge et en sagesse ». Il aura une meilleur « vision » (conscience) de son vécu.
Pour un thérapeute la communication avec un enfant devra tenir compte de l’état de construction de la conscience de son patient (degré de maturité) et adapter ses messages en conséquence.
Ces mécanismes rendent bien compte, par exemple, des dissensions dans les fratries. Elles se basent le plus souvent sur des jalousies, rivalités lors de la petite enfance. L’un des frères ou sœurs développe un sentiment de jalousie vis à vis d’un autre (très souvent l’ainé vis à vis de son cadet). Ce dernier ne comprenant pas le pourquoi de cette rivalité la traduit en termes de désamour ou de rejet. Dans la petite enfance ces sentiments s’inscrivent dans la mémoire sous forme très peu formalisée et donc peu consciente. Sur ces bases les consciences se développent. L’analyse de tous les événements familiaux se fait à l’aune de ce hiatus et un réseau incohérent se construit. Plus l’âge avance et plus les représentations se formalisent et plus elles prennent la forme de vérités. La dissension prend alors des allures de réalités en oubliant complètement l’erreur sur lesquels elles sont basées. De fausses interprétations ont conduit à un vrai problème.

Si on plonge dans les raisons de cette l’animosité on s’aperçoit qu’on ne s’aime pas simplement parce que … on ne s’aime pas ! C’est vraiment la première prise de conscience préalable avant toute réconciliation.

Comportements asociaux ou psychopathologiques

Beaucoup de nos concitoyens affichent des comportements asociaux, qui se traduisent par des incivilités, des débordements de violence, des positions en repli de la société. Il est intéressant d’essayer d’en faire émerger leurs racines et leurs causes.

On peut distinguer deux causes principales (sans que l’une n’évite la participation de l’autre à ces comportements déviants).

La première cause est évidemment éducative. Il s’agit d’un manque d’éducation à la vie sociale principalement due à la défaillance du milieu familial, car c’est dans cet environnement que ce font les premiers apprentissages du « vivre ensemble ». Un milieu familial déstructuré, dans lequel les individus ne trouvent pas leur place exacte conduit à une vision (et donc un apprentissage) d’une société sans structures clairement définies et donc ou tout pourrait être possible pour chacun. Contrairement à ce que l’on affirme ces individus ne sont pas dé-sociabilisés, mais plutôt sociabilisé dans un autre univers que celui que nous souhaitons. Généralement ces enfants (car c’est d’enfants ou d’adolescent dont il s’agit) vivent et s’éduquent dans la rue. Ils forment spontanément des microsociétés sous forme de bandes avec leur organisation et leurs valeurs, comme toute société humaine, car il n’existe pas de groupes humain qui ne secrète un « vivre ensemble » basé sur des valeurs et des hiérarchies.

Ces microsociétés sont assez primitives, presque animales et ne sont pas sans rappeler la meute que constituent les loups. La valeur la plus fondamentale est basée principalement sur la force et très minoritairement sur la raison. Pour régler un litige on se bagarre et le vainqueur (le plus fort) l’emporte et a donc raison. Ceci contre toute notre logique, car être le plus fort physiquement n’implique pas immédiatement que son point de vue était le bon. Dans cette meute « la raison du plus fort et toujours la meilleure ». C’est sur cette valeur de base que se fonde la hiérarchie (le positionnement) dans la bande. Le plus fort, le plus malin, le plus agressif, devient le chef. Il impose le respect car il apparaît comme le plus apte à conduire la bande vers son destin. Comme dans la meute, sa compagne ou son compagnon acquière « par alliance » un statut de dominant. Comme dans un groupe animal des jeux d’alliance peuvent inverser les hiérarchies et remettre en cause les dominants.

La bande étant un « entre soi » avec ses propres valeurs elle est forcément en opposition, en lutte avec les autres groupes constitués et principalement avec ce que nous appelons notre société civilisée.

La déchéance sociale favorisant la déstructuration des familles est évidemment un facteur déclenchant du phénomène. Elle favorise le développement de ces bandes et leur donne en même temps leur motif justifié de haine contre notre société.

Ne voyons pas dans ces bandes des groupes dé-sociabilisés mais plutôt des minorités qui n’ont pas réussi (ou que nous n’avons pas réussi) à intégrer dans notre système. Ils agissent comme toute minorité qui se sent rejeté, qui s’auto-organise en microsociété sur la base des valeurs qui leurs sont accessible. Dans le cas des bandes il s’agit de la force, mais dans le cas d’une minorité religieuse cela peut être la foi.

Nous ne sommes pas ici dans un phénomène pathologique mais dans une simple désocialisation d’un individu qui induit un phénomène de groupe et la constitution d’une coalition asociale. Naturellement chaque participant au groupe peu avoir, en plus, ses propres psychopathologies.

Le terrain psychologique. Une des causes de dérangement psychologique et la configuration structurelle de la conscience cognitive. Elle ne représente pas, en soi, une pathologie, mais le terrain sur lequel certaines pathologies peuvent se développer. Celles-ci peuvent, outre le problème personnel du sujet, conduire à des comportements déviants et  asociaux.

Une conscience cognitive à structure rigide, c’est à dire dans laquelle les relations causales entre les événements sont sans nuances, sans latitude de débat, construites sur des absolues certitudes, est la porte ouverte à des comportements narcissiques ou paranoïdes. Cette structure rigide ne laisse aucun capacité à la conscience cognitive d’intégrer des événements autres que ceux qui peuvent confirmer les certitudes déjà acquises. Tout apport de l’extérieur non conforme à la pensée existante est refusé. «  L’ego » est privilégié (position narcissique) et l’apport extérieur considéré comme une agression (position paranoïde). Dans de telles conditions le vécu avec les autres est inévitablement conflictuel, sauf dans un petit cercles épousant les mêmes valeurs ou avec des individus faibles en recherche de références solides (Gourous, Autocrates, Chef de bandes)

Une conscience cognitive trop laxiste, c’est à dire dans laquelle les relations causales entre les événements sont mal définie, incertaines, trop réceptives aux propositions nouvelles conduira à des comportements angoissés, anxiogènes, par manque de références. L’individu sera imprévisible et en perpétuelle recherche de lui-même, sans fiabilité. Étant mal référencé il ne permet pas aux autres de se positionner vis à vis de lui et ses relations sont forcément compliquées.

Il s’agit là de comportements asociaux strictement individuels de nature pathologique fondamentale dues à la nature même de la conscience cognitive, indépendamment des événements anecdotiques que l’individu a put vivre.

La troisième cause ressort également de la psychopathologie. Elle résulte de la construction erronée de la conscience cognitive. J’ai montré comment se construisait le réseau logique de la conscience cognitive. Tout élément vécu est perçu par la conscience émotionnelle et transmis pour analyse critique à la conscience cognitive. En fonction des résultats de cette analyse le vécu de l’événement sera accepté pour intégration de façon soit positive ou soit négative. La prise en compte dans la conscience cognitive se traduira par la création de liens logiques entre l’image mentale de l’événement et le grand réseau du vécu historique.

L’analyse critique peut parfois mal fonctionner et les relations causales avec le vécu historique mal évaluées (parce que l’événement a été mal perçu,  parce que son incidence sur le réseau général a été mal évalué, parce qu’il remettrai en causes trop de certitudes établies). L’événement est alors intégré dans la conscience cognitive avec des liens logiques en incohérence avec l’ensemble du réseau. Toute analyse critique ultérieure qui s’appuiera sur cet événement conduira inévitablement à intégrer un événement avec des liens logiques, certes cohérent à ce niveau, mais en incohérence avec l’ensemble du réseau. Il pourra alors se développer un sous-réseau en incohérence avec le réseau principal qui générera pour l’individu un mal-être dans une partie de son vécu (On pourrait rapprocher ce mécanisme de la « névrose » Freudienne)

C’est un phénomène très courant dans notre vécu qui se produit à petite échelle des milliers et des milliers de fois dans notre vie. Tant qu’il est de petite importance, que les réseaux parasites ne s’étendent pas trop, il est vécu comme une norme. Nous sommes tous un peu incohérent, mais pas plus que les autres ! cela fait partie de l’imperfection de la pensée humaine (Bouddha l’avait largement dénoncée). Si par contre l’incohérence est largement développée dans une large partie de notre conscience le vécu en  porte-à-faux entre les deux réseau (cohérent et incohérent) peut entrainer des pathologies graves allant de la simple frustration, au comportement bipolaire, voire à la schizophrénie.

Plus cette incohérence se développe profond dans notre conscience, au niveau le plus bas de son réseau (c’est à dire dans l’enfance) et plus le sous-réseau peut prendre de l’ampleur et plus ses conséquences risquent d’être dramatiques pour l’individu. On peut alors rapprocher le phénomène de la « psychose » Freudienne)

Dans ce cas, encore, le comportement asocial sera individuel, d’origine pathologique, et ne se traduira pas par des actions de groupes.

Il est très important  de bien isoler ces divers mécanismes si on veut traiter le phénomène avec efficacité. Ce qui complique l’analyse c’est que ces mécanismes peuvent coexister et se superposer. On peut même dire qu’ils existent rarement de façon isolée et que différencier la poule de l’œuf sera le secret d’une thérapie réussie.

L’implication personnelle dans les événements

Nous vivons très souvent les événements dans un mode impliqué, « le nez dans le guidon » et bien souvent sans le recul nécessaire à une saine analyse de la situation. De ce fait nous réagissons à ce qui nous arrive plus « avec nos tripes » qu’avec notre raison, car nous mettons en jeu davantage notre conscience émotionnelle que notre conscience cognitive.

Rappelons brièvement le mécanisme de réaction à un événement.

Lorsque nous sommes participant d’un événement quel qu’il soit, nous commençons par le ressentir et le vivre au niveau de notre conscience émotionnelle. L’information est alors transmise à notre mémoire cognitive pour analyse critique. Cet événement va être évalué en fonction de notre système de références acquis pour définir notre positionnement par rapport à lui, et la capacité qu’il va avoir à s’intégrer dans notre système de valeurs. Trois cas peuvent survenir :

  1. L’événement ne bouscule que peu notre système de valeurs et il aura capacité à s’intégrer dans notre conscience cognitive en créant les nouveau liens logiques de dépendance au réseau existant. Il y aura peu  de remise en cause du système de valeurs et cette nouvelle expérience va enrichir notre vécu historique sans modifier de façon sérieuse notre équilibre référenciel. Notre comportement, en réaction à cet événement sera empreint de logique et de raison.
  2. L’analyse de l’événement traduit un désaccord profond avec notre système de référence et, par conséquence, son vécu aura du mal à s’intégrer dans notre conscience cognitive. Selon la solidité, la forte structuration de cette conscience Il pourra être simplement rejeté et noté comme aberrant, ou au contraire se montrer totalement incapable d’être formalisé. Cette incapacité de l’événement à être vécu sous une forme logique, cette impuissance à le formaliser, va nous laisser envahit par l’expression de notre conscience émotionnelle et nos réactions ne seront plus gouvernées par la raison mais plutôt par l’émotion. Elles seront plutôt irrationnelles et pourront surprendre notre entourage. C’est ce que l’on peut appeler un choc émotionnel.
  3. Suite à une erreur dans l’analyse critique de cet événement, celui-ci va nous paraître compatible avec notre vécu historique(alors qu’il ne l’est pas du tout). Il va s’intégrer à notre conscience cognitive mais sera en désaccord avec notre conscience émotionnelle générale.Ceci, à notre insu, va créer un point d’incohérence dans notre mémoire qui sera par la suite générateur de conflits. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point erroné générera un conflit entre conscience émotionnelle et cognitive. Alors que le comportement explicité plus haut (au point 2) entraine une réaction émotive immédiate, l’intégration erronée d’un événement dans la conscience cognitive aura un « effet retard » sur le vécu d’événements futurs.

Nos comportements impliquent alors un dilemme :

La réaction émotionnelle est, en accord avec notre vécu intime mais évidemment se trouve en porte-à-faux avec notre vision des réalités extérieures. L’individu aura un double vécu, intime et externe, qui ne seront pas en phase, non compatibles. S’il essaye de privilégier son vécu intime, son comportement sera inadapté aux réalités de son environnement, et si, au contraire, il s’efforce de se vivre en adéquation avec son environnement il éprouvera un sentiment profond de frustration.  Le vécu sera frustrant et le comportement inconfortable.

La réaction dépendra de l’impact émotionnel de l’événement.Si cet impact  est faible la conscience cognitive pourra prendre en charge l’affect et l’individu réagira de façon plus ou moins rationnelle. Par contre si cet impact est fort, la conscience émotionnelle va déborder la conscience cognitive  qui n’aura pas la capacité de gérer l’événement, de le formaliser et de l’intégrer de façon logique. L’individu va réagir de façon affective, souvent en opposition avec son système de valeurs et ses références. Son comportement sera incompréhensible  pour son entourage et même pour lui.

La réaction raisonnée se fait « dans le temps »alors que la réaction émotionnelle se fait « dans l’immédiat ». En effet la conscience cognitive reconnaît la notion de temps (de chronologie)alors que la conscience émotionnelle ne connaît que le présent.

On le voit très bien, par exemple, dans le domaine politique.La menace écologique est prise en compte dans une approche raisonnée alors que celle qui vise le chômage ou le pouvoir d’achat se fait dans l’immédiat sur un mode affectif. Le public est sensible au discours écologique et il en comprend très bien la nécessité à long terme. Cependant quand une décision vient bousculer son quotidien, l’inquiéter, sa réaction devient émotionnelle et sa vision à court terme. Il va privilégier son vécu immédiat (affectif) et totalement occulter sa vision à terme (cognitif).

C’est un des grands problèmes de la gouvernance d’un état comme le France. La remise en marche de l’économie, la lutte contre le chômage, la lutte contre les inégalités sociale, impliquent une politique à long terme.Malheureusement ce travail de fond est constamment remis en cause par les besoins à court terme de la population. La lutte contre le chômage, la réduction des déficits se heurtent à la demande de pouvoir d’achat, à la lutte contre les inégalités de revenu. Ces deux politiques sont contradictoires et s’annulent l’une l’autre. Résultat, on court plusieurs lièvres à la fois et on échoue sur les deux tableaux.

Le psychologue et le travail avec les enfants

Pour un psychologue le travail avec les enfants est une tâche difficile (mais peut-être moins que le travail avec des adultes !) car le fait de travailler « avec » et souvent perçu par l’enfant comme travailler « contre ».

 

VISION THEORIQUE

Rappelons quelques principes de la psychologie relativiste :

  • Notre psyché est, très schématiquement, composée d’une conscience émotionnelle réceptacle de nos émotions (zone de chaos non structurée) et d’une conscience cognitive formalisation, structuration de nos émotions dans des représentations mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.
  • A la naissance le bébé a une conscience cognitive très pauvre et vit surtout de sa conscience émotionnelle (comme tout petit animal supérieur) vit essentiellement de sa conscience émotionnel. Il ressent mais ne comprend pas, il a des émotions mais pas de sentiments.
  • Le vécu émotionnel entraine des relations à l’environnement d’un type fusionnel dans lequel le petit enfant, sans autonomie, ne distingue pas réellement la frontière entre lui et son environnement.
  • Au fur et à mesure de sa « maturation » l’enfant va développer sa conscience cognitive, va développer son identité et prendre de l’autonomie. Il commencera à prendre de l’autonomie et en se détachant de son environnement acquérir la notion de frontière entre lui et le autres. Sa relation passera progressivement du mode fusionnel au mode empathique.
  • Ce passage progressif et lent de l’univers fusionnel au relations d’empathie caractérise le passage de l’enfance, à l’adolescence, et à l’âge adulte.
  • Le passage à l’autonomie (relations empathiques) est anxiogène car innovant alors que la régression dans le monde fusionnel est sécurisant, mais aliénant. Cette dualité marquera tout le passage de l’enfance à l’âge adulte.
  • Comprendre l’enfant c’est avant tout être capable d’évaluer à quel stade de maturation il est (en fonction des circonstances de sa vie)

Pour parler plus précisément de l’enfance et entrer schématiquement dans son monde disons que :

  • L’enfant est sans autonomie, il vit à travers son environnement, ce qui lui permet de d’exister dans la fusion. Il s’agit principalement d’abord de sa mère (stade prénatal et natal) puis de son environnement familial (petite enfance) puis d’un cercle plus large, parents, amis, professeurs, éducateurs (adolescence). C’est un point difficile à comprendre pour nous autres adultes qu’un enfant existe surtout dans sa relation à son monde extérieur et sans autonomie propre.
  • Plus difficile à admettre c’est que pour un enfant son environnement n’existe que dans la relation qu’il peut avoir avec lui. Par exemple, vis à vis de ses parents (dans un univers conventionnel), l’enfant ne voit que la mère qui protège, qui fait des gâteaux, qui console, il ne voit que le père qui entraine, forme, éduque. Il ne voit pas en ses parents des individus qui ont une vie en dehors de lui, qui ont leurs problèmes, leurs besoins, leur existence propre. La notion d’autonomie lui est totalement étrangère.
  • Ce n’est que progressivement en fin d’adolescence que l’enfant acquière une identité marquée, donc une certaine autonomie et qu’il pourra comprendre que l’univers ne se réduit pas à ce qu’il en connais mais que tout être à son propre vécu, son existence propre. En forgeant son identité l’enfant se démarque des autres, ne veut plus en dépendre. Se différenciant des autres, inévitablement il différencie les autres de lui. L’identification est une sorte de deuil des autres. Si on n’est pas les autres, les autres ne sont pas nous !

Pour terminer cette description de l’univers de l’enfance et maintenant parler plus précisément des enfants dit « difficiles » (qui sont généralement des enfants qui ont eu une vie difficile) il nous faut parler de la violence.

  • La violence n’est pas une caractéristique d’un individu. Personne n’est violent de nature. On ne nait pas agressif, on le devient. Toute violence vient d’un sentiment d’impuissance. Derrière tout individu violent cherchez toujours ce qu’il voudrait faire mais qu’il ne peut réaliser.
  • L’incapacité à trouver sa place dans une société, le sentiment d’impuissance à s’intégrer génère la violence que l’on peut observer dans nos banlieues, dans les bandes de casseurs.
  • Vous avez surement observé sur une plage un enfant en train de construire un château de sable, dès qu’il l’abandonne un plus jeune vient piétiner ce château et le détruire. C’est le sentiment d’impuissance à faire de même qui pousse à cet acte agressif. Quand on n’est pas capable de construire, la seule façon de créer c’est de détruire. Derrière toute destruction il y a un désir de création contrarié. Derrière tout nihilisme il y a une identité qui ne peut éclore.
  • Une autre violence est le fait des enfants qui n’arrivent pas à sortir de l’enfance, qui n’arrivent pas à « maturer ». Ce fait de ne pouvoir éclore, de se sentir confiné dans l’aliénation du vécu fusionnel crée un sentiment d’impuissance à exister qui engendre de la violence. La régression engendre de la violence. (On peut observer cette violence contre soi-même par exemple dans l’anorexie)
  • Évidemment, et malheureusement, certains enfants cumulent les trois volets de l’impuissance. Difficulté à sortir de l’enfance, incapacité à s’intégrer dans la société, désir de création contrarié.

ASPECT THERAPEUTIQUE

Loin de moi l’idée de donner des conseils aux thérapeutes, je n’en est ni l’envie, ni les compétences. Je ne suis qu’un théoricien technocrate … chacun son rôle ! Par contre je peux m’autoriser à suggérer  quelques pistes.

  • Soigner un enfant c’est avant tout communiquer avec lui. Il faut donc entrer dans son univers, faire partie de sa fusion pour exister à ses yeux comme un élément de lui-même et non comme un corps étranger qui sera rejeté. Pour un adulte il est très difficile de s’immiscer dans un tel milieu, d’autant plus qu’il ne faut pas y  jouer le rôle enveloppant de protecteur (dans une relation régressive) mais celui de référant, point fixe à partir duquel l’enfant pourra se resituer et développer ses repères. Il s’agit peut-être d’assumer le rôle que les parents n’ont pas su incarner ?
  • Pour éclore et chasser de son esprit ce sentiment d’impuissance, l’enfant a besoin de réussir, qu’il s’agisse de réussite scolaire, sportive, de militantisme, de prise de responsabilité. Autant d’éléments qui peuvent le différencier des autres, lui forger une identité bien à lui à travers la reconnaissance des autres. Si un adulte peut (plus ou moins) s’auto référencer, l’enfant a besoin du regard des autres pour exister.
  • Le thérapeute devra être positif, bienveillant, encourageant mais sans cocooning. Il doit se comporter en référent, comme un point fixe par rapport auquel l’enfant pourra se resituer en positif ou en négatif. Il devra être juste, mais sans complaisance pour inculquer les valeurs sociales et de relation aux autres. C’est en sortant de la fusion que l’on acquière l’empathie nécessaire à l’intégration sociale.
  • L’intégration sociale ne viendra que plus tard, après que l’enfant aura affirmé son identité. Pour s’intégrer il faut savoir ce que sont les autres, mais avant tout savoir qui l’on est et ce que l’on est.

Positionnements et références, la colonne vertébrale de la vie

L’homme est un animal qui pense. Ceci est sa grande force et aussi sa faiblesse. D’un côté cela lui permet d’inscrire son histoire dans le temps, de prévoir, donc d’organiser et de créer mais d’autre part l’oblige à formaliser, représenter son émotionnel dans sa conscience cognitive sous  forme d’images mentales. Il lui arrive de ne pas pouvoir finaliser la formalisation de certains concepts qui échappent à son entendement. Il est alors en prise avec une angoisse qui ne peut cesser tant que ce concept reste indéfini. L’invention des religions (représentation transcendantale d’un concept non formalisable) est la tentative de parade pour échapper à cette angoisse. Les représentations sous forme d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité constituent les références qui permettent à l’homme de se situer dans son environnement, de se sentir « positionné », d’avoir un univers stabilisé.

Dans la psychologie relativiste on accorde une importance toute particulière à la notion de positionnement. Ce dernier sera le moteur de toute action et le générateur de nos comportements. Le positionnement est une notion absolument nécessaire à l’homme pour un vécu serein. Lorsqu’il perd ses références, l’homme dérive, flotte dans un univers d’angoisse, et peut sombrer dans la dépression.

Le positionnement

Vis à vis de tout événement l’individu définit son positionnement à l’aide des références qu’il a acquises précédemment. A partir du contenu de sa conscience cognitive il fait une analyse critique de l’événement pour déterminer dans quelle mesure la perception de celui-ci est en accord avec ses propres références. Il se situe, se positionne donc par rapport à l’événement.

Les références

Lors de l’intégration de cet événement dans sa conscience cognitive l’individu va (car l’événement ne sera jamais en accord total avec ses propres valeurs) peu ou prou remettre en cause ses convictions initiales pour recréer un tout homogène entre ses valeurs initiales et celles apportées par cet événement. La conscience cognitive se reconstruit donc avec des références légèrement différentes mais plus solides.  Toute expérience nous modifie, nous enrichie, même si l’évolution est peu perceptible.

Les valeurs

Ce système référentiel constitue notre système de valeurs, car c’est à travers lui que se fera toute analyse critique d’une situation qui se présente à nous. Il définit plus largement le regard que l’on porte sur la vie et constitue notre identité.

Le sens de la vie

C’est par la construction de ce système de valeurs que va se définir pour nous « le sens de la vie », puisque c’est lui qui va donner une valeur, un sens à nos perceptions, à nos actions et nos pensées. Il va  nous donner un sentiment d’utilité, justifier de nos comportements.

Les motivations

Guidé par ce « sens de la vie » définit dans notre système de valeurs, l’individu va développer ses motivations, c’est à dire ses nécessités existentielles. Il va cultiver des envies, des désirs, pour satisfaire son système de valeurs.

Les comportements

Les motivations de l’individu vont générer ses comportements dans la vie, sa façon d’être, d’agir ou de réagir, définir ses relations aux autres et de concrétiser ce qu’il est pour eux.

Conclusion

Dans la psychologie relativiste la formation de l’identité est connexe de celle de la conscience cognitive. Au développement de cette dernière correspond une « maturation » de l’identité, une individuation du sujet, un renforcement de son autonomie et de sa personnalité. Cette « maturation » est le fruit de l’analyse critique des événements de la vie grâce au positionnement qu’adopte le sujet vis à vis de son vécu.

  • Positionnement, références, valeurs font partie d’un seul mécanisme d’acquisition de la conscience cognitive.
  • Le sens de la vie va lier nos expériences à nos comportements.
  • Motivations et comportements font partie du mécanisme qui gouverne nos actions et la représentation de notre vécu.
  • L’ensemble de ces 4 points représente le mécanisme de notre vécu.

L’ensemble de ce mécanisme peut se symboliser comme la prise d’identité de l’individu, c’est à dire ce qu’il est pour lui et pour chacun de ceux qu’il est amené à fréquenter. On voit que la formation de l’identité est un mécanisme complexe, lent, et sans cesse remis en cause par de nouvelles expériences.

Cette vision de l’identité en perpétuelle construction, sans cesse modifiée par les expériences de la vie est en opposition fondamentale avec les pensées identitaires qui considèrent l’identité comme un patrimoine qu’il faut protéger et garder en l’état ou on l’a reçu. Cette vision patrimoniale de l’identité et bien sûr en désaccord avec l’évolution perpétuelle des sociétés, elle ne peut que mener les individus à être de plus en plus en décalage avec les réalités, à une vision ultra conservatrice, et une totale inadaptation avec la société moderne.

Le comédien, l’artiste et le  » trac « . Analyse

Tous les comédien et les artistes qui se produisent devant un public reconnaissent avoir un «trac» fou avant d’entrer en scène. On le comprend bien pour un jeune artiste qui débute et doit impérativement réussir son « examen de passage », mais il est plus étonnant de constater que même un artiste confirmé éprouve ce sentiment d’anxiété avant le lever du rideau. Même une star adulée, à peu près sure de recevoir une ovation de son public, avant même que d’avoir entamé son « show », est sujette au «trac» au point parfois d’en être indisposée.

Définissons d’abord, pour une bonne compréhension trois mots trop souvent employés l’un pour l’autre :

  • L’angoisse, c’est un sentiment diffus de mal être, non formalisé, qui provient du sentiment de perte de références, d’un déficit de positionnement, d’une impression de flottement. On ne peut le définir, ni dans son pourquoi, ni dans son comment, ni dans son quand. Par essence même l’angoisse ne peut se décrire avec des mots.
  • L’anxiété survient quand l’angoisse arrive à se cristalliser sur un fait précis. En général le sentiment que quelque chose pouvant avoir des conséquences fâcheuses va survenir sans savoir si l’issue en sera positive ou négative. Il s’en suit une « rumination mentale » ou le sujet essaye de prévoir l’imprévisible, élabore des solutions ou parades jamais satisfaisantes et toujours remises en cause. Certains sujets ont même tendance à prévoir le pire pour tenter d’éviter d’être désarçonnés par une issue envisagée comme forcement fatale
  • La peur est le sentiment que quelque chose de néfaste va certainement arriver et qu’il est nécessaire de prendre toutes dispositions pour, soit l’éviter, soit la contrer

Le «trac» du comédien est évidemment de l’anxiété, et en analyser les causes pourrait permettre de le mieux cerner

  • Disons en préambule que tout artiste qui aime se produire en public est généralement de nature angoissée. Le contact avec le public est le plus souvent un moyen de réassurance, de se redéfinir dans un rôle, de se ré-identifier.
  • Passons sur les causes évidente de ce «trac» comme la crainte de l’échec, la blessure narcissique de l’ego, un certain sentiment d’insuffisance, des considérations de carrière, de soucis financiers. Toutes ces considérations conduisent à une urgence de réussir et une crainte de l’échec. Évidemment toutes ses causes sont le lot de chacun d’entre nous, de tout individu soucieux de son avenir. Elles sont récurrentes et ne peuvent à elles seules rendre compte du phénomène particulier du «trac» d’avant entrée en scène qui assaille comédiens et artistes.
  • Mais les raisons évoquées ci-dessus ne sont que la cristallisation d’une angoisse, sa formalisation dans des raisons et des conséquences parfaitement plausibles. Un point doit pourtant interpeller : Quand le comédien entre en scène, quand l’artiste commence son show, dès les premières répliques, les premières paroles d’une chanson, le «trac» disparaît et le plaisir d’être en scène, de jouer avec et pour le public s’installe. Pourtant rien n’est encore assuré, l’échec toujours possible, les causes logiques de l’anxiété toujours présentes.
  • Le comédien, l’homme, vit dans son univers habituel, dans son environnement quotidien, avec ses références familiales, professionnelles, son cercle d’ami. Même quand il travaille, répète, il vit avec ses repères familiers. Par contre quand il est sur scène, dans son spectacle le voilà projeté dans l’univers de son personnage, de celui de ses partenaires, de celui voulut par l’auteur de la pièce. Toutes les références, les positionnements sont brutalement changés. Il ne peut et ne doit plus être lui-même mais il doit devenir celui qu’il incarne,  un Lorenzo, un Don Juan,  un Alceste, dans un autre lieu, dans une autre époque. Le comédien doit se redéfinir dans un autre univers, prendre une autre identité, perdre ses référence pour en adopter d’autres. S’il ne fait pas cela il sera mauvais, jouera la comédie sans incarner son personnage.

Ce passage d’une identité à une autre ne se fait pas sans douleurs. Perdre ses références est le moteur principal de l’angoisse. La transition commence par un abandon, une perte de repères. Par contre, une fois entré en scène le comédien retrouve l’identité et les référence de son personnage, il devient l’autre, il se re-stabilise et le «trac» disparaît.

La période difficile est ce moment charnière où l’on commence à s’oublier, ou l’on sent poindre en soit son futur personnage, cette période ou l’on n’est plus soi tout en n’étant pas encore l’autre. Ce déficit d’identité génère un fond d’angoisse qui a tous les éléments pour se muer en anxiété (Peur de l’échec, du jugement, perspectives de carrière, situation financière, etc. etc.).

Peut-on échapper à ce «trac» ? est-il même sain d’y échapper ? peut-on vraiment jouer la comédie sans passer par ce moment douloureux du «trac» ? C’est évidemment très dépendant de chacun, nous sommes tous différent, et personne ne réagit de la même façon. Pourtant, de manière générale, ce passage par l’angoisse, permet la libération de l’artiste et l’explosion de son nouveau personnage lors de son entrée en scène, devant son public. Ce phénomène de dépersonnalisation/re-personnalisation paraît fondamental pour passer entièrement de soi à l’autre, pour s’oublier et devenir son personnage. Comédiens, artistes, ne craignez plus ce «trac». Tout au contraire savourez le ! Il symbolise votre métier. Il vous permet d’être prêt pour votre entrée en scène.

La psychologie relativiste et la psychologie comportementale et cognitive

Si l’on regarde d’un peu près l’efficacité des thérapies dans les domaines autour de la psychologie on est obligé d’admettre qu’elle est d’une grande faiblesse. Quand on penses que pour améliorer un symptôme chez un patient il faut 4 à 5 ans de psychanalyse, on se rend compte combien le rapport entre les efforts fournit et les résultats obtenus est disproportionné. En médecine par exemple, il suffit d’une ou deux visites chez un médecin pour guérir des pathologies classiques, et l’efficacité de la technique médicale est sans commune mesure avec celle de toutes les techniques de psychologie. Bien sûr la création de médicament est un effort gigantesque pour un laboratoire pharmaceutique, mais rapporté au nombre de malades qui en bénéficierons il reste malgré tout modeste. C’est pourquoi la psychiatrie a une efficience assez élevée vis à vis des autres techniques thérapeutiques utilisée dans le domaine de la psychologie.

Ce rapport efforts engagés/résultats obtenus est un point essentiel car il va déterminer la compatibilité économique des soins et l’accessibilité générale aux soins pour les malades. Hors, le challenge qui attend les psychologues est : « comment guérir le maximum de patients avec les minimum de ressources engagées ». On peut dire, aujourd’hui que ce challenge est loin d’être gagné !

Un espace prometteur s’ouvre actuellement avec les thérapies comportementales et cognitives qui permettent, avec un minimum de séances (8 ou 10) de corriger des comportements déviants et pénalisants pour le patient. Dans ces conditions l’accès aux soins arrive dans le domaine du possible et c’est un bon signe.

Dans ce domaine, la psychologie relativiste peut être d’une grande aide pour les thérapeutes.

Corriger des comportements déviants suppose en premier lieu de définir ce qu’est un comportement, quel est le mécanisme de sa formation, pourquoi il va se produire dans un sens plutôt que dans un autre, quel est la raison d’un éventuelle déviance ? La psychologie relativiste va nous apporter sinon toutes les réponses, du moins des pistes pour tracer la genèse des comportements.

Comment se construisent les comportements dans la théorie de la psychologie relativiste

  • Quand il vit un événement, le sujet perçoit une « émotion », un « message », issu de son environnement.
  • Reçu dans sa conscience émotionnelle, ce message est analysé par sa conscience cognitive en vue d’être intégré à son vécu historique pour enrichir cette conscience cognitive.
  • Cette analyse va induire des positionnements de la conscience vis à vis de l’événement pour construire les liens logiques qui vont relier les divers paramètres de cet événement aux éléments déjà acquis dans la conscience cognitive.
  • Ces positionnements vont induire l’attitude ou les attitudes que le sujet va adopter vis à vis de cet événement.
  • Ce sont ces attitudes qui vont déclencher les comportements (actifs ou passif) du sujet

Dans ce schéma on voit combien c’est la structure, même, de la conscience cognitive acquise qui va gouverner les positionnements, les attitudes, et les comportements du sujet vis à vis de l’événement vécu. On peut donc dire qu’un sujet réagit à un événement en fonction, bien sûr de l’événement extérieur, mais surtout en fonction de ce qu’il est, de ce que sa conscience cognitive a déjà acquise. Si la structure de la conscience, dans la zone mise en jeu est cohérente le comportement induit du sujet sera cohérent (c’est à dire en phase avec ce que le sujet est réellement). Si au contraire la zone de la conscience mise en jeu présente un certain niveau d’incohérence avec l’ensemble du réseau de la conscience cognitive, les comportements induits pourront être incohérents, déviants, par rapport à ce que le sujet ou son environnement peuvent attendre.

Prenons un exemple, ou plutôt décrivons un schéma comportemental non pathologique, imaginaire, caricatural, pour essayer de faire comprendre le propos :

Supposons un sujet à forte éducation et pratique religieuse, donc enclin à la tolérance et au respect de l’autre. Supposons que par ailleurs son environnement lui ai appris une certaine méfiance vis à vis de l’homosexualité, considérée comme une perversion, une dégradation de l’individu. Si on pose à ce sujet la question du mariage entre homosexuels ses comportements, ses réponses risquent d’être erratiques et sans cohérences. Partagé entre son souci, ancré dans sa conscience, de tolérance et de respect, et son dégout de l’homosexualité ses positionnements seront ambiguës, mal assurés, et ses comportements manqueront de cohérence.

Dans le domaine pathologique le processus sera le même mais, évidemment, plus sournois.

Actuellement, les thérapies comportementales et cognitives utilisent des procédés expérimentaux d’apprentissage pour créer, au sein de la conscience cognitive, les « patchs », représentations compensatoires qui vont chercher à masquer la zone de non cohérence chez le sujet pour « l’encapsuler » dans une zone formée d’éléments cohérents avec l’ensemble de la conscience et qui vont corriger les positionnements malsains pour produire des nouveaux comportements satisfaisants pour le sujet et son entourage.

Évidemment la grosse difficulté de ce type de thérapie est de savoir créer entre la zone erronée de la conscience, et la nouvelle zone compensatoire, le lien logique indispensable qui annonce : « La proposition qui vient de cette zone est erronée et doit être remplacée par la proposition de la nouvelle zone compensatoire ! ». Actuellement ce lien se construit de façon inconsciente (pour le thérapeute comme pour le patient) par l’ajustement expérimental des processus thérapeutiques, et semble plutôt bien fonctionner.

Une étude particulière du processus de création de ce lien indispensable pourrait largement améliorer le process thérapeutique, et la psychologie relativiste pourrait être d’une grande aide en ce domaine.

La dépression conduit-elle au suicide ?

Définition de la dépression :

Elle se produit sous l’effet d’un choc affectif intense qui bouscule la conscience cognitive acquise. L’impact est si fort que la tentative d’intégration de la nouvelle information oblige la conscience à un tel écart, une telle remise en cause, qu’elle n’a même pas la possibilité de rejeter l’émotion et qu’elle explose en plein vol. Toutes les valeurs, les structurations, les liens de dépendance sont remis en cause et le sujet perd tous ses repères, donc toutes ses valeurs. Il se retrouve démuni dans l’analyse des événements car il a perdu ses critères d’analyse. C’est une situation d’angoisse (manque cruel de positionnement) et l’absence de valeurs fait perdre le « sens de la vie », le « goût des choses ». Plus rien n’a d’intérêt, toute action paraît vaine, les notions de bien ou mal, bon ou mauvais n’ont plus de sens. Dans l’explosion de la conscience cognitive la notion même de relation de dépendance (donc de temps) se perd.

Le suicide :

Il s’agit d’une tentative, qui paraît justifiée dans l’immédiat, pour se soustraire à une souffrance morale qui pourri la vie et dont on ne voit pas la fin possible dans le moment présent. Le suicide est vu comme la seule thérapeutique susceptible d’apporter la paix et le repos.

Interactions entre dépression et suicide.

Sur un plan purement théorique la dépression ne devrait pas conduire au suicide. L’indifférence du sujet à sa vie ne devrait pas générer de souffrance puisque aucune valeur ne vient réellement contrarier le vécu.

Sur le plan pratique la dépression n’est jamais totale et le sujet garde assez de valeur intégrées pour être capable de souffrir. Plus la dépression sera profonde et moins le sujet pourra souffrir, et moins la nécessité d’en finir se fera pressante.

En ce qui concerne le suicide on peut observer diverses tendance antagoniste :

  • Le désir d’en finir avec une vie de souffrance, comme un besoin de s’endormir d’un sommeil dont on ne se relèvera pas
  • La persistance d’un instinct de vie qui nous habite depuis notre plus jeune âge et qui nous pousse à nous défendre contre tout agression. C’est autour de ce désir de vie que se construit toute notre conscience et son échelle des valeurs.
  • Un certaine crainte de l’inconnu, la difficulté à accepter l’irréversible qui freine largement le passage à l’acte
  • Le rôle de la dépression

Le rôle de la dépression dans le passage à l’acte suicidaire.

Elle n’est pas suffisante en soi pour conduire à l’irréversible et elle doit s’accompagner d’une autre pathologie qui génère de la souffrance morale. Très fréquemment le traumatisme affectif qui a causé la dépression suffit à établir un état de mal être (rupture amoureuse, deuil, …). L’équation du suicide réside alors dans le bilan entre pulsions opposées :

Élément poussant au suicide

  • Désir d’échapper à une douleur insupportable
  • Reliquat des valeurs pouvant donner un sens à la douleur
  • Influence du choc émotif cause de la dépression sur le mal être

Élément freinant le passage à l’acte

  • Désir, besoin, de vivre inhérent à tout individu
  • Crainte de l’inconnu, de l’irréversible, et de la mort
  • Perte des valeurs dans la dépression ne donnant aucun sens à la mort

On voit que l’influence de la dépression sur le passage à l’acte suicidaire est un jeu extrêmement subtil et que c’est la résultante de toutes ces pulsion (le bilan) qui conduisent ou non à l’acte ultime. Il est malheureusement impossible, à ce jour, de quantifier ces paramètres pour en faire un bilan. Il nous faudrait être capable de représenter le processus dans un modèle, sinon mathématique, mais au moins quantifiable. Alors peut-être que des algorithmes d’intelligence artificielle associés à des données expérimentales pourraient nous aider à mieux appréhender le problème

Par contre, ces « éléments de langage » pourraient nous permettre de mieux aider la personne en souffrance en jouant sur les divers paramètres (même si on peut avoir du mal à en apprécier les importances relatives). Pour aider il faut d’abord comprendre et c’est l’objet de ces quelques lignes.

 

Monsieur « je sais tout », paranoïde ou hysteroïde ?

Nous avons tous côtoyé dans notre vie de ces personnes qui veulent toujours avoir raison, ne jamais être en tort, tout savoir mieux que tout le monde, détenir la vérité. C’est évidemment toujours très agaçant car en ayant raison ils nous mettent automatiquement en position d’avoir tort !

Nous avons l’habitude de classifier les comportements, les pathologies et psychopathologies par leur symptômes (bien visibles) plutôt que par leur causes (moins accessibles). Ceci nous amène à faire des amalgames et des confusions regrettables. Dans le cas qui nous intéresse (ou du moins qui m’intéresse !) c’est tout à fait flagrant. Il existe deux grandes typologies de « têtus », ceux à tendances paranoïdes et ceux à tendances hysteroïdes.

Le têtu paranoïde
C’est un individu dont la conscience cognitive a développé une structure rigide. Ses représentation mentales et leur interrelations sont simples, sans nuances, sans place au doutes (pour faire image à ceux qui ne sont pas au fait de la psychologie relativiste, on pourrai dire en termes Freudiens qu’il à un surmoi rigide et omniprésent). Il a des positionnements nets et tranchés et une identité forte. C’est un individu qui a peu de capacités d’adaptation et qui refuse tout ce qui serai susceptible d’ébranler sa construction intellectuelle. Une structure rigide ne se déforme pas, elle résiste ou elle explose. C’est un individu qui ne peut « relationner » avec les autres que sur son propre terrain. Même pour les aimer il doit les amener sur son terrain, leur imposer ses vues et ses gouts. C’est un autocrate malgré lui. On peut dire qu’il est de type « paranoïde » car tout ce qui n’est pas en accord avec ce qu’il pense, ce à quoi il croit, représente un danger pour son intégrité. Il ne peut accepter et inscrire dans sa conscience cognitive que des propositions, des événement qui ne le remettrons pas en cause, il en va de sa superbe, de son équilibre. Il aura un comportement plutôt agressif et prédateur car il lui faut s’imposer pour pouvoir être lui-même.

Le têtu hysteroïde
C’est au contraire un individu à la conscience cognitive fragile. Sa conscience est construite sur le doute, l’incertitude. Ses positionnements sont flottants et son identité si faible qu’il est difficile à cerner pour les autres et peu sûr de lui. Son manque de confiance en lui et le fil conducteur de son vécu. Il fait difficilement confiance aux autres car il ne se sait pas capable de réagir en cas d’erreur (par manque de confiance en ses capacités). Il redoute tout ce qui peut le faire vivre son sentiment d’infériorité et notamment de se tromper et de devoir assumer ses erreurs. Sa réaction de défense est : « Je ne me trompe pas, c’est l’autre qui a tort ». On peut le dire de type hysteroïde car sa structure mentale « laxe » lui permettrai de s’adapter à l’autre, de vivre à travers les désirs de l’autre. Il fait cela assez bien, sauf s’il doit se retrouver en situation d’échec, d’erreur, de faute. Dans ce cas-là, il met en route ses mécanismes de défense et commence le manèges des « c’est pas moi, c’est toi » qui peuvent être si agaçants. Malheureusement reconnaître une erreur, c’est avoir tort, c’est s’être trompé, c’est avoir été mauvais, c’est être infériorisé. Il peut vivre aimablement avec les autres sur son mode d’adaptabilité, mais il faut éviter de le mettre en porte-à-faux pour ne pas déclencher ses mécanismes de défense.

Évidemment les mécanismes décrits ci-dessus sont des descriptions théoriques. Un individu ne se résume pas en quelques traits de caractères et il est la résultantes de beaucoup d’influences diverses venant de son vécu personnel. C’est d’ailleurs ce vécu qui est à la base de la construction de sa conscience cognitive. Si l’on peut dire que cette conscience est plutôt rigide ou faible, ce n’est jamais si simple dans la vie. La structure d’une conscience peut être multi-facettes, rigide dans certains domaines, adaptable dans d’autres, rigide certains jours, plus souple dans d’autres et l’on ne peut en appréhender qu’une résultante statistique. Il faut bien faire avec ce que l’on a et vivre avec ses limites (ce qui signifie accepter de se tromper !), mais il faut rester conscient de n’être que dans le schéma, la caricature en espérant que la sensibilité de l’observateur saura remettre les nuances de couleurs qui manquent au tableau.

Pourquoi nos ados se comportent-ils … comme des ados !

Les parents connaissent bien les difficultés, mineures ou majeures, qu’ils rencontrent avec leurs enfants dans la période de 13 à 20 ans. Les adolescents, en retour, connaissent également des difficultés avec leurs parents. C’est une période de conflit, inévitable, nécessaire, et productive si elle est bien gérée.

Sur le plan psychologique, l’adolescence est une période de transition entre l’enfance (vécu en « fusion » avec l’environnement) et l’âge adulte période de prise d’indépendance et d’identité.

Sur le plan sociétale on constate une rupture assez brutale, vers 18/20 ans entre le monde de l’enfance et la monde des adultes. Elle était symbolisé jadis pour les garçon par le service militaire (on est conscrit, on « va aux putes » et on devient un homme !) De nos jours cette rupture est un peu moins brutale, mais en deux ans on quitte le foyer familial, on change de copains, on passe à l’université ou dans le monde du travail, on a ses premières expériences de vie de couple, un petite autonomie financière, les premières responsabilités.

On a donc un décalage entre la brutalité de la rupture sociétale et la progressivité de la rupture psychologique. C’est la premier élément d’instabilité pour l’ados qui se trouve plongé dans un monde dont il n’a pas les codes.

Voyons ce que nous propose la « psychologie relativiste » pour comprendre cette situation. L’enfant qui nait vit de sa conscience émotionnelle et dépend totalement de ses parents. Sa conscience cognitive est embryonnaire. Son vécu cognitif se fait à travers la fusion au milieu familiale. Il vit les événements à travers ses parents et ressent ce qu’ils ressentent. Progressivement, grâce à ses expériences de la vie il développe sa conscience, engage d’autres fusions (maitres, copains, éducateurs, grand parents) qui l’éloignent un peu de son cocon initial. Le voilà, vers 7 ou 8 ans qui devient un petit garçon ou une petite fille. Il a de plus en plus d’autonomie et de ce fait vit des expériences qui lui sont propres et non partagées par son univers familiale. Il commence donc à avoir un vécu personnel, une amorce d’identité. Plus il avance en âge et plus sa personnalité se développe reléguant, petit à petit, l’influence de la famille au second plan. Il commence à se sentir indépendant, mais en cas de difficulté il sait qu’il trouvera toujours dans sa famille le relais protecteur qui lui sera nécessaire. Il est en « liberté surveillée ». En ce sens, les examen du brevet et surtout le Bac sont une forte expérience initiatique. Pour la première fois il a un cap à franchir et seul devant sa feuille ou son examinateur il ne peut compter que sur lui-même car ses parents ne peuvent rien pour lui ! (Si cet examen est devenu désuet sur le plan de l’évaluation, il garde, en tout cas pour moi, cette valeur de rite initiatique … comme on le trouve encore dans les peuplades reculées ou pour devenir un homme l’enfant doit assurer une mission difficile sans aucune aide extérieure)

Le conflit parent enfant

Au fur et à mesure que l’ados affirme son identité, forge ses propres valeurs, il va inévitablement entrer en conflit (majeur ou mineur) avec l’univers dans lequel ses parents l’ont élevé. Il doit s’affirmer et le cocon protecteur que lui ont tissé ses parents devient une gêne majeur à son éclosion. Les parents veulent qu’il soit eux et lui veut être lui. C’est un conflit que les parents doivent accepter de perdre faute de briser le développement de l’enfant. Mais ils ne doivent pas perdre sans combattre, car :

L’ados est loin d’être mûr et il est prêt à s’engager dans n’importe quel chemin qui lui promet d’affirmer son identité. « Qu’importe la bouteille pour peu qu’on ait l’ivresse ». Le rôle des parents est alors d’accepter le débat ou le conflit pour permettre à leur ado d’analyser en conscience la voie qu’il choisit, de lui permettre de prendre le temps de la réflexion (durant le temps que dure le conflit), de lui fixer des garde-fous, des limites, des valeurs à ne pas transgresser qui lui serviront de références provisoires. Bien sûr l’ados peut n’en faire qu’à sa tête mais il saura que ses parents le désapprouvent, qu’il franchit une barrière défendue. Il vaut mieux un ados qui franchit la limite qu’un ados qui n’a pas de limites. Mieux vaut un ados positionné du mauvais côté de la frontière qu’un ado sans références. La grande faiblesse de l’adolescence c’est le manque de références, l’absence de positionnement, et le rôle de l’éducation, pour son aspect psychologique, c’est avant tout de donner des références stables.

On peut dire, également, que dans ce conflit, les parents jouent le rôle de « sparring Partner ». Ils vont permettre à leur ado de connaître son premier grand conflit, de s’entraîner à la dure bataille qu’est la vie, mais dans une sorte de « match amical » dans lequel l’enjeu n’est pas la victoire mais plutôt l’entrainement à la bataille. Quel meilleur adversaire pour s’endurcir que des parents qui ne vous veulent que du bien.

La déprime de l’ado

On observe souvent à l’adolescence une période de flottement chez l’enfant. Notre ado se traine, manque d’enthousiasme, passe des journée dans sa chambre à écouter de la musique, ne semble avoir aucun but, aucun objectif, c’est la déprime ! Peu à peu notre ado perd ses références de l’enfance pour acquérir, via le développement de sa conscience cognitive ses nouvelles références personnelles d’adulte. Malheureusement dans nos sociétés les jeunes sont projetés dans le monde des adultes assez brutalement. Ils ne croient plus en leur système référentiel de l’enfance, mais ils n’ont pas eu le temps de se forger leurs identité d’adulte (on sait combien évoluant dans le monde des adultes les ados ont du mal à se positionner. On les sent incertains, flottant, indécis, mal positionnés). Ce déficit de références les plonge dans un univers un peu angoissant dans un mécanisme analogue à celui de la dépression. Les références, les valeurs, ne sont plus solidement établies. Sans valeurs pas d’objectifs, pas de projet, pas de hiérarchisation des choses. Tout cela se terminera avec le vécu, l’acquisition progressives de nouvelles valeurs. Quand l’identité s’affirme la déprime s’efface. Évidemment si cette déprime dure, si elle n’est plus conjoncturelle, il faudra penser à la dépression et agir en conséquence.

La découverte de la sexualité

Encore un problème qui arrive sans prévenir et qui va bousculer l’adolescence. Décidement nos ados n’ont pas de chance, tout se précipite autour d’eux et voilà encore un élément qui les assaille et dont ils n’ont pas les clés. Toujours la faute à notre société. Le « tabou du sexe » n’a pas permis à leurs parents de les préparer à cette intrusion dans leur univers. Les voilà au prise avec de nouveaux désirs dont ils n’ont pas une conscience précise. Sans connaissances, sans modèle, sans l’expérience ou sans l’expérience des autres, impossible de se faire un positionnement vis à vis d’un « ennemi invisible ». Mal positionné dans le monde des adultes, les voilà en porte à faux avec le monde qui lui est proche, celui des ados. Le seul univers stable qui leur reste est celui de leur enfance dont ils souhaitent et doivent s’en détacher. Pas facile de gérer tout cela !

Conclusion

On voit comme l’adolescence est une période difficile et comment les adultes, avec leurs préjugés, leurs tabous ne sont pas capables, malgré leur bonne volonté, de préparer leurs enfants aux épreuves qui les attendent. On les sur protèges ce qui ne les prépare pas aux durs combats de la vie, et, en même temps, on ne leur donne pas les armes pour gérer leurs sexualité naissante, on ne leur offre pas toujours les références par l’exemple qu’ils sont en droit d’attendre de leurs parents et de la société. On doit aux enfants de leur forger les connaissances et les aptitudes pour défendre, non pas nos valeurs, mais leurs valeurs et se bâtir une identité solide.

 

 

Intelligence artificielle et psychologie relativiste

L’intelligence artificielle était jusqu’à ces derniers temps la capacité pour une machine de raisonner, à partir de données acquises, comme un cerveau humain, donc d’être capable d’effectuer des opérations logiques en chaîne et d’en exprimer le résultat (sur un écran, une imprimante, le pilotage d’une machine). Ces opérations étant cantonnées à des domaines particuliers et à des opérations répétitives

Ce processus est analogue à une partie de la capacité d’activité de notre cerveau dans le domaine de l’expressions à partir d’informations structurées de la conscience cognitive.

La grande nouveauté dans l’intelligence artificielle est que la machine est maintenant dotée de capacités d’apprentissage, donc capable d’acquérir des informations nouvelles qui lui permettrons de modifier sa logique et ses comportements. Ceci implique une capacité pour une machine de recevoir des messages, de les analyser et de les critiquer, puis de les intégrer au réseau d’informations déjà existant dans le but de les utiliser ultérieurement.

L’intelligence artificielle implique un processus d’apprentissage assez complexe. La mémoire de la machine est capable de recevoir un message (le lire, l’écouter, le visualiser), de le décrypter (langage, reconnaissance de forme), de le transcrire dans un pseudo-langage compréhensible par la machine, d’en faire une analyse critique pour en juger du bien fondée et de sa crédibilité, et enfin de l’intégrer au réseau d’informations déjà acquises, en l’enrichissant. Ces nouvelles informations pourront alors participer à l’expression par la machine sous forme de messages ou d’actions. L’acquisition de nouvelles données donnera plus de pertinence aux messages ou aux actions entreprises.

Ce processus et cette modélisation correspond trait pour trait à la modélisation de la psyché utilisée dans la psychologie relativiste. L’individu reçoit un message de son environnement, en dé-codifie le langage en le formalisant en représentation mentales, fait l’analyse critique du message, puis l’intègre dans le réseau logique de la conscience cognitive en développant de nouveau liens logiques (de causalité) avec les informations existantes. L’enrichissement de la conscience cognitive par apprentissage est pour l’individu sa prise de maturité et la formation de son identité. On peut penser qu’il en est de même pour la machine et que celle-ci à coup d’apprentissage se forgerait une maturité et une identité. Deux machines au départ identique pourraient, si elles sont soumises à des expériences différentes, évoluer différemment et générer des comportements qui seront spécifiques à chacune d’elles.

En ce qui concerne l’inscription de l’information dans la mémoire, dans les deux cas, elle procède d’une codification binaire activé/non activé qui se traduit pour la machine en byte 0/1 et pour l’homme en connexions synaptiques activées ou non activées.

Jusqu’à présent le parallèle entre intelligence artificielle d’une machine et celle du cerveau humain (telle que décrite dans la psychologie relativiste) semble tout à fait probant. La question se pose : La machine pourrait-elle remplacer l’humain ?

En fait nous avons comparé la machine à l’une des composantes de la psyché humaine, la communication au travers des étages formalisés de la conscience, à travers la conscience cognitive. Une communication au niveau de la logique et du formalisé.

Nous avons déjà vu que la communication de l’homme ne se limitait pas aux échanges formalisés et purement logique (du domaine du cognitif) Un autre niveau d’échange se produit également au travers des couches plus profondes et moins formalisées de la mémoire, au niveau de la conscience émotionnelle. C’est le domaine de la communication du non-dit ! Tout message formel que nous émettons s’accompagne d’une foule de messages adjacents : expression de visage, gestuelle, intonation, rythme de la voix … ces messages non formulés vont colorer le message formel et lui donner une dimension affective qui vont en enrichir le sens. Ces messages additionnels sont difficiles à appréhender car ils ne se réfèrent à aucun code explicite. Ils sont imprécis, flous, perçu ou non perçus par l’interlocuteur. Ils sont du domaine du ressenti, du sensible, de l’affectifs. Pourtant ils sont de la plus grande importance dans la communication, dans l’expression et la compréhension d’un message.

C’est, en tout cas pour le moment, la grande différence entre la communication par la machine dans l’intelligence artificielle et celle d’un être humain. La machine ne sait pas être floue, ne sait pas être approximative, ne sait pas se tromper (lorsqu’elle se trompe c’est un bug de programmation dont la faute incombe au développeur et non à la machine). La machine ne sait pas être ambiguë, hésitante, gérer le tout et son contraire, son message est toujours sec, technocratique, sans sensibilité, et de ce fait beaucoup moins riche en « signifié » que le message humain.

Il faudra dépenser beaucoup de millions de dollars et de temps pour développer une machine capable de se tromper, une machine non fiable, pleine de paradoxes, une machine capable à une même question de fournir des réponses différentes, bref une machine qui puisse refléter la pensée humaine avec tous ses paradoxes et ses incohérences. La machine saura-t-elle se mettre en colère, pleurer, déprimer, générer ses psychopathologies, naviguer dans ses contradictions comme nous le faisons tous les jours ?

Signalons un point d’inquiétude en ce qui concerne l’intelligence artificielle. A ce jour le mode de pensée de cette machine est défini par une pensée rigide à très forte structuration. La structure même d’une pensée narcissique et paranoïaque avec un niveau de tolérance quasi nul. Puisque la machine ne se trompe jamais elle est en droit de penser détenir la vérité, elle devient une religion. Saurons-nous créer une machine qui tolère l’incertitude et la contradiction, faire des concessions ?

Un domaine qui devrait encore longtemps rester l’apanage de l’humain est la création artistique (je parle de la création et non de la production). En littérature, peinture, musique, la machine pourra créer, mais saura-t-elle innover, produire quelque chose hors du champs de ce que l’on lui a appris, hors du domaine de la déduction logique ? rien n’est moins sûr.

A ce jour l’intelligence artificielle c’est de l’hyper réalisme, de la photographie, la psyché humaine de l’impressionnisme ou du cubisme

Textes, poésies, et chansons, en psychologie relativiste

On considère généralement en littérature qu’il y a deux grands modes d’expression :

  • La prose dans laquelle le texte n’est pas formaté par des règles strictes et par de simples règes de lisibilité (paragraphes, titres, sous-titres …)
  • La poésie ou le texte est régi par des formats très précis (sonnets, Rondeau, Ballade, Ode, Acrostiche …) et surtout par la notion de rime qui impose une lourde contrainte sur le contenu par un choix restrictif des mots utilisés.

Cette catégorisation supporte évidemment des exceptions comme, par exemple, les poésies en vers libres, ou des textes en prose à visée poétique.

Personnellement je préfère diviser la littérature en deux grands courants

  • La littérature du domaine du cognitif qui essaye à travers les mots et leur sens de refléter au mieux la pensée que l’on veut exprimer. Dans ce mode d’expression on choisit les mots, non pas pour leur musique, mais pour leur sens précis et le concept qu’ils recouvrent.
  • La littérature du domaine de l’affectif qui essaye à travers les mots et leur musique de suggérer au lecteur le sens que l’on veut porter. Ce n’est pas le sens académique des mots qui importe, mais leur musique et leur capacité d’évocation.

Il existe, bien sûr, de nombreux textes qui peuvent se revendiquer des deux catégories, celles-ci n’étant définies qu’en tant que critères taxonomiques.

Cette dernière classification me paraît plus fructueuse quand il s’agit de relier un texte à l’intérêt qu’un lecteur peut lui apporter.

Prenons mon cas personnel, non pas qu’il présente un intérêt particulier, mais tout simplement parce que c’est celui que je connais le mieux et dont il m’est le plus facile de parler. J’ai une vision très analytique du monde, dans chaque événement je recherche le « pourquoi » et comment cet événement peut s’intégrer dans mon système cognitif structuré. Dans la poésie, par exemple, je cherche à travers le sens des mots, non pas à me laisser imprégner, mais plutôt à comprendre ce qu’ils cachent. En ce sens la forme poétique me paraît, non pas une vision « impressionniste » du monde mais plutôt un obstacle au décryptage du sens des mots (puisque ceux-ci n’ont pas dans le texte le sens généralement admis pour eux). Mon réflex est donc de me dire : « la vie et ses messages sont déjà assez compliqués à comprendre, alors pourquoi ajouter une complexité supplémentaire en apportant une « sur-codification » en donnant aux mots un sens qu’il faut encore décrypter pour en atteindre le sens.

C’est, bien sûr, une très mauvaise utilisation de ma part de la poésie que j’utilise pour ce qu’elle n’est pas. Je l’utilise comme une expression construite et logique alors qu’il faudrait la prendre comme une suggestion. Si quelqu’un lit une poésie simplement en se laissant porter par les mots, leur rythme, leur musique, sans essayer de vraiment de les comprendre il aura sans doute un vécu du texte très différent. Il aura, sans doute, une impression plus proche de celle que peut procurer la musique (même si la poésie présente un aspect plus formalisé que la musique). Personnellement, à la radio, je préfère écouter un débat plutôt que de la musique. D’autres écoutent de la musique et son agacés par des débats verbeux et « prise de tête ».

Chacun, en fonction de la construction de sa conscience, prendra position pour telle ou telle forme d’expression. Évidemment j’ai décrit plus haut les positions extrêmes vis à vis d’un texte. La vie est plus compliquée et les attitudes sont toujours un mélange de ces deux extrêmes. De plus la position que chacun adopte peut varier avec le temps (plus on vieillit et plus la position passe de l’émotion à la rigueur), elle varie également en fonction des circonstances de la vie, de son état émotionnel du moment.

 

N.B. La chanson, dans la mesure où elle cherche, généralement, à exprimer des sentiments complexes avec des textes très courts, doit utiliser une forme plutôt elliptique, une forme de suggestion narrative. Elle est donc à rapprocher, toutes proportions gardées, de la poésie.

Les « ados » et leur téléphone portable

C’est l’une des grandes inventions des dernières années, un outil dont personne ne nie l’intérêt et qui nous rend joignable, presque, en toutes circonstance.

Et pourtant un phénomène nouveau est apparu dans la dernière décennie : l’addiction au téléphone portable. Dans tous lieux public (Transports en commun, salle d’attente, bancs publics) on peut constater qu’au moins 50% des personnes utilisent leurs téléphones portables soit pour communiquer par SMS, soit pour s’impliquer dans un quelconque jeu vidéo, soit pour écouter de la musique.

Quand un phénomène prend une telle importance il est bien naturel de s’y intéresser ; d’essayer d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

Pour finir de cerner le problème, disons que ce comportement est plutôt le fait d’un public jeune (ados) et de situations d’attentes (sentiment de vide). Ces observations devraient nous aider à dégager les composantes de ces comportements.

Le besoin de fusion, être toujours en contact

On connaît tous le besoin de relations fusionnelles de l’enfance, la nécessité de vivre à travers les autres, le besoin de vivre « en bande » de nos ados. Ce comportement est typique des 12-16 ans à cheval entre le besoin de vivre à travers leur conscience émotionnelle et celui de vivre sur le mode relationnel par leur conscience cognitive en formation. Soit, à la fois le besoin permanent « d’être en contact » et celui d’échanger sur un mode un peu plus formel. Le téléphone portable correspond exactement à ces deux nécessités. Les ados vont trouver dans cet accessoire comment rester en contact permanent avec leurs copains (copines) et échanger avec eux (elles) sur un mode un peu plus formalisé. Le téléphone va briser le sentiment d’isolement qu’éprouvent nos ados dès qu’ils se retrouvent seul, coupés de leur univers de fusion.

SMS plutôt que téléphone

On constate que les ados utilisent préférentiellement la communication par SMS plutôt que la conversation au téléphone. Ceci traduit le besoin de relations mais en même temps une peur (l’ado est mal positionné et a peur de la relation intime, peur de se dévoiler- ses relations aux autres restent toujours superficielles- sans plonger dans l’intimité). Le SMS est plus confortable. On est à l’abri des réactions de l’autre, on reste en zone de confort. Le texte court évite de se plonger dans l’intime. On ne peut pas réellement s’impliquer dans l’intime quand on ne sait pas encore qui l’on est !

SMS plutôt que l’email

Pour les mêmes raisons ils vont préférer le SMS à l’email, le tweet à Facebook.  Plus le message formalisé est court, plus il est schématique, et moins il engage de façon intime.

Le téléphone et l’email sont de la communication verbale ou écrite totalement formalisée. En faiblesse de conscience cognitive l’ado ne sait pas traduire ses émotions dans le verbe ou l’écrit. Dans ses relations aux autres, dans son groupe, il utilise le langage de l’affectif, le spontané, le non formulé pour s’exprimer. Il n’ose pas finaliser ses émotions dans un texte, ou plutôt il ne le peut pas car sa pensée n’est pas suffisamment construite et structurée pour être traduite en mots et phrases. Quand un ados abandonne les SMS pour passer à la conversation téléphonique ou à l’email, on peut dire qu’il à « maturé »

L’addiction

Elle vient de ce que le SMS n’est pas une communication satisfaisante et ne comble pas vraiment le besoin de fusion, d’où la recherche de toujours plus comme si la quantité pouvait pallier au manque de qualité. N’oublions pas que l’ados est un « être hybride » qui navigue entre son vécu émotionnel et son vécu cognitif, entre un échange affectif et un échange relationnel. Aucun de ces deux mode ne sera donc pour lui vraiment gratifiant, le SMS ne sera pas pour lui réellement gratifiant, d’où le besoin de toujours plus. Il reste cependant privilégié car il marie un peu les deux modes de communication, il est simple à mettre en œuvre, facile à dissimuler aux yeux des « autorités », il est immédiat et réactif, et permet une communication très impliquée sur le mode affectif (il est la traduction même du besoin de fusion) et peu impliqué dans l’intime.

Conclusion

Cette dépendance au téléphone portable n’est pas une « déviance » des temps moderne. Elle est la traduction du mal-être des ados qui trouvent en lui une façon d’exorciser (ou de tenter de le faire) le mal-être inhérent à la période de transition qu’ils vivent. C’est un réel besoin pour eux. Ne les en privons pas bien qu’il nous faut veiller à ce que cet usage n’empiète pas trop sur les besoins de sommeil et le temps de travail scolaire (c’est la rôle ingrat des parents de devoir gérer au mieux les besoins contradictoires de leurs enfants). Après cette période de transition ils finiront par utiliser leur téléphone en adulte pour leur travail, leurs relations, et les parents seront un jour très contents de recevoir un jour un petit SMS de leur enfant qui a quitté le nid familial.

Les addictions et leurs mécanismes

Définition

On parle d’addiction lorsqu’un sujet ne peut résister à la survenue répétée d’un comportement, et que celle-ci est précédée d’une tension croissante que seul le passage à l’acte soulage (sur le moment).
Notons qu’en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement, le sujet ressent une anxiété pénible. Cet envahissement donne lieu à des tentatives répétées pour contrôler, réduire ou abandonner le comportement, mais en vain.

Si la caractéristique pharmacologique de certaines substances (alcool, drogues, tabac…) joue un rôle reconnu dans la survenue d’une dépendance, on peut repérer des mécanismes identiques dans des addictions « sans substances (jeu pathologique, fièvre acheteuse, cyberdépendance, boulimie mais aussi parfois travail, sport, sexualité etc.) : il est donc plausible d’isoler certains invariants dans les personnalités sujettes aux addictions.

Cause profonde des addictions

Une assise identitaire fragilisée (en termes d’autonomie psychique et/ou d’estime de soi) et d’un traumatisme désorganisateur survenu précocement ou non mais en lien avec la question de la séparation ou de la carence affective.
Par exemple : le tout-petit ayant échoué à intérioriser le lien à la mère absente, toute absence est désormais vécue comme une perte. Un imaginaire qui s’appauvrit, une vulnérabilité à l’ennui et à l’anxiété, une relation compliquée à autrui, oscillant entre dépendance et évitement caractérisent ces profils.

Une angoisse débordante conduit alors le sujet à mettre en place une relation à un objet à la fois source de stimulation et de satisfaction immédiate (les sensations ont remplacé les émotions) et, croit-il, maîtrisable. L’objet de l’addiction (alcool, aliment, toxique notamment) permet au sujet d’exprimer sa toute-puissance dans une relation fusionnelle. Mais cette autosuffisance s’avère rapidement illusoire car la sensation de manque replonge le sujet dans la dépendance à autrui qu’il croyait avoir ainsi vaincue.

Le principe de « tolérance » (besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour maintenir l’effet attendu) conduit fréquemment la personnalité addictive à présente à subir plusieurs dépendances, concomitantes ou successives.

Auto-alimentation des addictions

Le danger dans les addictions est qu’elles s’autoalimentent (ce qui est la base même du mécanisme addictif)

Si l’on prend par exemple l’addiction à l’alcool :

Le sujet est soumis à une forte angoisse. Il a du mal à cerner ses repères et à se sortir de son système de références floues et incertaines. Il va rechercher un stimuli qui, temporairement, pourra lui servir de point de référence. Sous l’impact de ce stimuli intense il va avoir, en focalisant son attention sur cet effet, l’impression de se resituer, de s’accrocher à un point fixe. L’alcool est un excellent générateur de ce type de stimuli.

Bien évidemment le sujet s’accroche à une « branche pourrie » puisque le sentiment de se référencer ne dure que le temps que dure le stimuli. Très rapidement il va retrouver son univers angoissé et le besoin de se restimuler, de boire encore, ce qu’il va faire jusqu’à ce qu’un événement extérieur survienne pour l’en empêcher (ce qui lui causera une frustration très pénible et des réactions très vives) ou que l’ivresse l’emporte dans un état comateux dans lequel il perd tout besoins et stimuli.  Au réveil il retrouvera sa personnalité flottante et angoissée assortie généralement d’un fort sentiment de culpabilité et de dévalorisation de son image (blessure narcissique). Il n’en sera que plus vulnérable et encore plus perdu et angoissé. Le phénomène s’auto alimente et le sentiment d’être égaré en lui-même s’accentue.

De plus l’alcool est susceptible de créer une dépendance qui participe à l’auto alimentation du processus.

Selon les addictions le type de stimuli recherché sera différent

L’alcool, les drogues, le tabac, la boulimie se vivrons dans un stimuli oralisé pour calmer une angoisse.

Le jeu, les achats compulsifs, le travail se vivrons dans la recherche d’une intense activité cérébrale pour calmer une anxiété (angoisse cristallisée sur un besoin de gagner de l’argent, du pouvoir)

Signalons de nouvelles addictions apparue récemment :

L’addiction au téléphone portable ou le sujet essaye de calmer son angoisse dans la recherche d’un contact permanent à l’autre pour éviter de se sentir seul. (recherche d’un stimuli affectif)

L’addiction aux jeux vidéo ou le sujet recherche une intense activité intellectuelle pour éviter de sentir le vide qui l’habite (recherche d’une activité cérébrale intense).

Le principe des thérapies contre les addictions

Diverses méthodes ont été envisagées

  • Traiter en premier la cause profonde (sentiment d’angoisse) avant d’aborder le traitement du comportement addictif
  • Traiter en premier le comportement addictif pour terminer en essayant de re-référencer le sujet
  • Mais le mécanisme d’auto alimentation des addictions décrit plus haut suggère de traiter les deux problèmes en parallèle puisque l’un alimente l’autre et réciproquement. N’en traiter qu’un seul serai infructueux

Conclusion

Une addiction se présente comme un « médicament » qui soulage assez rapidement une douleur. Cependant son effet est très provisoire. Son efficacité est donc extrêmement faible. Par contre ses effets secondaires sont violemment délétères et le ratio bénéfices/risques est déplorable.

PS :Il n’est pas étonnant que le Baclofène (relaxant musculaire neurologique) puisse avoir un effet bénéfique sur les addictions à l’alcool.