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Positionnements et références, la colonne vertébrale de la vie

L’homme est un animal qui pense. Ceci est sa grande force et aussi sa faiblesse. D’un côté cela lui permet d’inscrire son histoire dans le temps, de prévoir, donc d’organiser et de créer mais d’autre part l’oblige à formaliser, représenter son émotionnel dans sa conscience cognitive sous  forme d’images mentales. Il lui arrive de ne pas pouvoir finaliser la formalisation de certains concepts qui échappent à son entendement. Il est alors en prise avec une angoisse qui ne peut cesser tant que ce concept reste indéfini. L’invention des religions (représentation transcendantale d’un concept non formalisable) est la tentative de parade pour échapper à cette angoisse. Les représentations sous forme d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité constituent les références qui permettent à l’homme de se situer dans son environnement, de se sentir « positionné », d’avoir un univers stabilisé.

Dans la psychologie relativiste on accorde une importance toute particulière à la notion de positionnement. Ce dernier sera le moteur de toute action et le générateur de nos comportements. Le positionnement est une notion absolument nécessaire à l’homme pour un vécu serein. Lorsqu’il perd ses références, l’homme dérive, flotte dans un univers d’angoisse, et peut sombrer dans la dépression.

Le positionnement

Vis à vis de tout événement l’individu définit son positionnement à l’aide des références qu’il a acquises précédemment. A partir du contenu de sa conscience cognitive il fait une analyse critique de l’événement pour déterminer dans quelle mesure la perception de celui-ci est en accord avec ses propres références. Il se situe, se positionne donc par rapport à l’événement.

Les références

Lors de l’intégration de cet événement dans sa conscience cognitive l’individu va (car l’événement ne sera jamais en accord total avec ses propres valeurs) peu ou prou remettre en cause ses convictions initiales pour recréer un tout homogène entre ses valeurs initiales et celles apportées par cet événement. La conscience cognitive se reconstruit donc avec des références légèrement différentes mais plus solides.  Toute expérience nous modifie, nous enrichie, même si l’évolution est peu perceptible.

Les valeurs

Ce système référentiel constitue notre système de valeurs, car c’est à travers lui que se fera toute analyse critique d’une situation qui se présente à nous. Il définit plus largement le regard que l’on porte sur la vie et constitue notre identité.

Le sens de la vie

C’est par la construction de ce système de valeurs que va se définir pour nous « le sens de la vie », puisque c’est lui qui va donner une valeur, un sens à nos perceptions, à nos actions et nos pensées. Il va  nous donner un sentiment d’utilité, justifier de nos comportements.

Les motivations

Guidé par ce « sens de la vie » définit dans notre système de valeurs, l’individu va développer ses motivations, c’est à dire ses nécessités existentielles. Il va cultiver des envies, des désirs, pour satisfaire son système de valeurs.

Les comportements

Les motivations de l’individu vont générer ses comportements dans la vie, sa façon d’être, d’agir ou de réagir, définir ses relations aux autres et de concrétiser ce qu’il est pour eux.

Conclusion

Dans la psychologie relativiste la formation de l’identité est connexe de celle de la conscience cognitive. Au développement de cette dernière correspond une « maturation » de l’identité, une individuation du sujet, un renforcement de son autonomie et de sa personnalité. Cette « maturation » est le fruit de l’analyse critique des événements de la vie grâce au positionnement qu’adopte le sujet vis à vis de son vécu.

  • Positionnement, références, valeurs font partie d’un seul mécanisme d’acquisition de la conscience cognitive.
  • Le sens de la vie va lier nos expériences à nos comportements.
  • Motivations et comportements font partie du mécanisme qui gouverne nos actions et la représentation de notre vécu.
  • L’ensemble de ces 4 points représente le mécanisme de notre vécu.

L’ensemble de ce mécanisme peut se symboliser comme la prise d’identité de l’individu, c’est à dire ce qu’il est pour lui et pour chacun de ceux qu’il est amené à fréquenter. On voit que la formation de l’identité est un mécanisme complexe, lent, et sans cesse remis en cause par de nouvelles expériences.

Cette vision de l’identité en perpétuelle construction, sans cesse modifiée par les expériences de la vie est en opposition fondamentale avec les pensées identitaires qui considèrent l’identité comme un patrimoine qu’il faut protéger et garder en l’état ou on l’a reçu. Cette vision patrimoniale de l’identité et bien sûr en désaccord avec l’évolution perpétuelle des sociétés, elle ne peut que mener les individus à être de plus en plus en décalage avec les réalités, à une vision ultra conservatrice, et une totale inadaptation avec la société moderne.

Réflexions non abouties !

Je vous livre ici quelques réflexions, non abouties, à propos des problèmes que peut poser le positionnement. Rappelons que le positionnement est le fait de l’analyse critique des ressentis émotionnels par la conscience cognitive de façon à les intégrer à celle-ci. Il va ensuite déterminer nos attitudes devant la vie et nos comportements. C’est l’élément essentiel de notre sentiment de vécu.

reflexionCes réflexions pourront ou non être retenues, et s’intégrer ou non à notre modèle … qui vivra verra ! L’innovation est la piste que l’on trouve au milieu de milliers de cul de sacs

Le Cannabis induit une perte de positionnement, d’ou la sensation de « planer », perte des valeurs, d’intérêt et de goût pour les choses d’ou un certain sentiment de se libérer des contraintes, mais génération (apparemment paradoxal ) d’un état dépressif.

La formation de la conscience cognitive à l’adolescence si elle se fait sous abus de cannabis, conduit à une faible structuration de la psyché, à un état mal positionné, et une vulnérabilité aux chocs émotifs.

Le mal des transport est fréquent chez les enfants, il disparaît généralement à l’âge adulte.

Il est reconnu être un défaut de positionnement dans l’espace chez l’enfant via l’analyse des positionnements par l’oreille interne.

Le fait qu’il disparaisse à l’âge adulte avec la structuration de la conscience cognitive fait songer à une relation entre la maturité de la conscience et le mal des transports.

Bouddha propose, pour atteindre la sérénité, d’abandonner toute conscience (cognitive?) et de se retourner sur soi même pour exister en tant que soi et non en relation avec les autres. Il serait, ainsi, resté 3 ans sous un arbre à méditer.

J’observais l’autre jour le chat de mes voisins, couché sous un arbre durant des heures, et je n’ai put m’empêcher de faire un parallèle. Le chat à une conscience cognitive rudimentaire et vit plus sur un mode instinctif, émotionnel que raisonné … un peu selon les préconisations de Bouddha.

Bouddha nous proposerait donc, pour atteindre la sagesse, de vivre sur un mode plus animal que humain. Pourquoi pas !

Le chat aurait une conscience cognitive rudimentaire, et pourtant peu d’êtres vivant on une perception de l’espace, un positionnement géographique aussi précis que lui. Il y a la un paradoxe que je n’explique pas. Peut être que le positionnement dans l’espace correspond au premier niveau de la conscience cognitive, ses premier rudiments.

La thérapie par la médiation animale semble avoir dans certains cas un effet très positif. Il serait intéressant d’en décrire le mécanisme pour définir dans quels cas l’utiliser. Le développement d’une relation avec un animal, hors de toutes les craintes de la relation aux autres, devrait être un excellent moyen de créer une relation solide, non anxiogène, et de développer une base de positionnement qui sera le noyau de la création (ou de la consolidation ) d’une conscience cognitive. C’est un parfait premier pas dans une thérapie pour des patients en défaut important de positionnement. Elle peut leur donner confiance et bien être dans leur vécu. Ce n’est sans doutes qu’un premier pas, un « pied à l’étrier », le premier étage nécessaire à une thérapie plus orientée sur la relation à autrui, vers l’intégration sociale.