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La vie réelle ou virtuelle

Ce « post » est l’introduction à l’étude d’une modélisation de la vie qui comportera 4 autres chapitres sur les quatre éléments de la vie.

Je ne parlerai pas, ici, des quatre éléments astrologiques (Eau, Feu …) mais de ceux qui structurent la physique moderne : « Le temps, l’espace, la matière et l’énergie ». De ces éléments, un seul est accessible  à la perception humaine via nos sens : La matière. En effet on peut la voir, l’entendre, la sentir, la gouter, et la toucher, ce qui n’est pas le cas des autres éléments. La matière sera donc le point central de cette analyse.

Considérons, donc, la vie comme l’évolution de la matière sous l’influence de l’énergie, représenté dans une construction intellectuelle que sont le temps et l’espace.

D’autres pourraient utiliser cette définition en remplaçant l’énergie par un dieu à leur convenance.

INTRODUCTION

Toute perception est essentiellement personnelle. Grace à une culture commune et un système de référence commun, cette représentation est échangeable. Comment fonctionne ce système. Prenons un exemple :

  1. On me montre un carton référencé comme rouge et l’on me dit : « voilà la couleur rouge ».
  2. J’analyse les sensations produites dans mon cerveau à la vue de ce carton et je les associe à la couleur rouge.
  3. Maintenant à chaque fois qu’une couleur me produira une sensation analogue je pourrais dire que c’est du rouge.
  4. Mes concitoyens ont reçu la même éducation à partir de la même référence et ont appris à associer les sensations qu’ils ressentent, peut être différente de la mienne,  à la couleur rouge.
  5. Nous pouvons alors communiquer et  reconnaître, tous et toutes, la couleur rouge., Même si, à priori nos sensations peuvent être différentes. Qu’importe nos ressentis personnels puisque nous utilisons un référentiel commun (dans ce cas le carton coloré)

Alors que nous pouvons percevoir et conceptualiser la matière, l’énergie ne nous est perceptible que dans ses conséquences  qui sont les évolutions de la matière. Elles sont innombrables : Élévations de température, déplacements d’objets,  développements cellulaires,  orbites des corps célestes, … et sous diverses formes : Électricité, chaleur, photosynthèse, nucléaire, thermique … On peut bien sûr la modéliser : Faisceau d’électrons, agitation thermique des molécules, radioactivité, laser … Mais son concept même nous échappe. Cela fait partie de la magie du monde que l’on sait utiliser, représenter, mais dont on ignore tout (ce qui est le cas du temps étude l’espace). L’énergie serai une sorte de gouvernance du mouvement de la vie, une forme de déterminisme … s’il en existe un !

Ce qui vient d’être dit est évidemment valable pour les formes, le sons, les odeurs, les gouts, et les textures. Tout ce que nous percevons est défini  par référence à des modèles étalons standardisés. Nos perceptions se définissent, de façon non absolue, mais relative, dans un système universel codifié. Sans cet apprentissage nous ne percevrions que des images mentales sans signification cognitive. Elles pourraient, cependant, prendre un sens affectif global en les reliant à des situations, ou des impressions comme c’est le cas des consciences animales

Conclusion.

Notre réalité, la seule que nous pouvons atteindre est perception que nous avons de matière . Qu’elle soit réelle dans un absolu ou virtuelle dans notre perception importe peu puisque  c’est la seule qui nous est accessible. Elle constitue notre réalité propre échangeable à travers des références communes. L’interprétation de ces perceptions est relative à notre système référentiel.

la représentation de la vie

On peut représenter la vie comme les transformations subits par  la matière sous l’influence de l’énergie. Il en existe bien sur une infinité d’autres définitions, mais celle-ci est la mienne, en cohérence avec la théorie de la psychologie relativiste. Cependant cette vision ne serait rien sans une capacité d’en donner une représentation manipulable par notre conscience. Être conscient des choses c’est pouvoir en donner une représentation, une image, sous une forme codifiée et donc décryptable et échangeable.

Notre vision du monde suppose donc une ou des clés de cryptage, paramètres de base de cet univers codifié.

Les humains ont choisit depuis la nuit des temps deux grandeurs fondamentales : le temps et l’espace. En fait, le temps n’existe pas en soi et n’est qu’un corolaire à toute modification de l’espace. L’espace, lui, n’est que la perception que l’on peut avoir de son environnement. Cet espace évolue avec les déplacements, concomitamment avec le temps.

Les grandeurs utilisées pour représenter mon univers ne sont donc pas le temps et l’espace (dont on ne peut avoir conscience) mais la durée et la distance, deux grandeurs relatives qui peuvent servir de base à la représentation de la vie. La durée est, par exemple une rotation de la terre sur elle-même (dont on ignore la valeur absolue) et la distance le mètre étalon (dont on ignore la longueur absolue). Qu’importe cette ignorance si ces grandeurs nous permettent de construire une représentation de notre monde (si relative qu’elle soit !)

Dans ce modèle, la durée représente l’évolution, et la distance sa représentation, les deux ne pouvant être séparés (espace-temps).

Comme pour représenter toute grandeur relative, pour représenter la durée et la distance il nous faut une origine, une fin, et une unité étalon. Nous avons ces unités étalon (rotation terrestre et mètre). Comment peut on définir origine et fin. L’origine peut être le moment présent dans lequel la matière est dans un certain état. Pour avoir un deuxième point il nous faut faire appel à une propriété des humains : La capacité mémorielle ! C’est elle qui va nous fournir le deuxième point. C’est dans notre mémoire passée ou prévisionnelle que nous allons retrouver le souvenir d’un état passé et pouvoir représenter le mouvement, la vie, dans notre conscience.

C’est certainement cette capacité de se représenter sa vie, donc de la manipuler, de se souvenir, donc de prévoir, qui donne à l’humain sa supériorité sur l’animal. L’humain peut gérer sa vie (ou du moins en  avoir l’impression) alors que l’animal la subit et s’y adapte.

Sans capacité mémorielle il n’y aurait pas de conscience de la vie. Nous serions toujours immobiles au moment présent et à l’endroit présent sans que rien ne bouge ou ne change.

Conclusion

La vie est un phénomène curieux dont nous sommes à la fois acteur et spectateur. Acteur parce que c’est de notre vie qu’il s’agit, et spectateur parce que nous n’en vivons que la représentation que nous pouvons en produire. Nous vivons se paradoxe d’être un acteur inconscient, passif, mais un spectateur actif car nous tentons d’en orienter le destin.

En bref, a la question : « c’est quoi la vie ? » la réponse : « serait nul ne le sait, mais on peut en donner une représentation qui nous donne l’impression de pouvoir la gérer ! »

C’est quoi la vie (1) ?

On peut définir la vie comme les transformations subits par  la matière sous l’influence de l’énergie. Il en existe bien sur une infinité d’autres définitions, mais celle-ci est la mienne, en cohérence avec la théorie de la psychologie relativiste. Cependant cette vision ne serait rien sans une capacité d’en donner une représentation manipulable par notre conscience. Être conscient des choses c’est pouvoir en donner une représentation, une image, sous une forme codifiée et donc décryptable et échangeable.

Notre vision du monde suppose donc une ou des clés de cryptage, paramètres de base de cet univers codifié.

Les humains ont choisit depuis la nuit des temps deux grandeurs fondamentales : le temps et l’espace. En fait, le temps n’existe pas en soi et n’est qu’un corolaire à toute modification de l’espace. L’espace, lui, n’est que la perception que l’on peut avoir de son environnement. Cet espace évolue avec les déplacements, concomitamment avec le temps.

Les grandeurs utilisées pour représenter mon univers ne sont donc pas le temps et l’espace (dont on ne peut avoir conscience) mais la durée et la distance, deux grandeurs relatives qui peuvent servir de base à la représentation de la vie. La durée est, par exemple une rotation de la terre sur elle-même (dont on ignore la valeur absolue) et la distance le mètre étalon (dont on ignore la longueur absolue). Qu’importe cette ignorance si ces grandeurs nous permettent de construire une représentation de notre monde (si relative qu’elle soit !)

Dans ce modèle, la durée représente l’évolution, et la distance sa représentation, les deux ne pouvant être séparés (espace-temps).

Comme pour représenter toute grandeur relative, pour représenter la durée et la distance il nous faut une origine, une fin, et une unité étalon. Nous avons ces unités étalon (rotation terrestre et mètre). Comment peut on définir origine et fin. L’origine peut être le moment présent dans lequel la matière est dans un certain état. Pour avoir un deuxième point il nous faut faire appel à une propriété des humains : La capacité mémorielle ! C’est elle qui va nous fournir le deuxième point. C’est dans notre mémoire passée ou prévisionnelle que nous allons retrouver le souvenir d’un état passé et pouvoir représenter le mouvement, la vie, dans notre conscience.

C’est certainement cette capacité de se représenter sa vie, donc de la manipuler, de se souvenir, donc de prévoir, qui donne à l’humain sa supériorité sur l’animal. L’humain peut gérer sa vie (ou du moins en  avoir l’impression) alors que l’animal la subit et s’y adapte.

Sans capacité mémorielle il n’y aurait pas de conscience de la vie. Nous serions toujours immobiles au moment présent et à l’endroit présent sans que rien ne bouge ou ne change.

Conclusion

La vie est un phénomène curieux dont nous sommes à la fois acteur et spectateur. Acteur parce que c’est de notre vie qu’il s’agit, et spectateur parce que nous n’en vivons que la représentation que nous pouvons en produire. Nous vivons se paradoxe d’être un acteur inconscient, passif, mais un spectateur actif car nous tentons d’en orienter le destin.

En bref, a la question : « c’est quoi la vie ? » la réponse : « serait nul ne le sait, mais on peut en donner une représentation qui nous donne l’impression de pouvoir la gérer ! »

85 ans, il est temps de parler de la mort

C’est une événement de la vie très étrange. On ne le choisit pas, on le subit, on ne sait pas de quoi il s’agit, on se le représente difficilement, il est hors du champ de la raison et laisse le terrain à toutes les spéculations affectives.

C’est pourtant un événement d’une banalité totale (2000 morts par jour rien qu’en France) mais comme toutes les situations  que l’on ne comprends pas il nous angoisse.

Tenter d’en donner une interprétation raisonnée peut aider à le dédramatiser.

C’est quoi la mort, on n’en sait rien et c’est bien là le problème. Chacun s’en donne une représentation

  1.  La vision religieuse : Dans toutes les croyances religieuses, après la mort, la vie éternelle. Notons bien que l’on dit après la mort et non après la vie ! ce qui donne à la faucheuse un rôle charnière capital alors que si l’on passe de la vie à la vie éternelle la mort n’est ni un temps, ni un fait. C’est à mon avis une représentation néfaste qui donne à « la camarde » un rôle qu’elle ne mérite pas. De plus elle promet une vie éternelle, notion transcendantale, irréelle, non définie qui lui donne un coté sans repère et pleine d’angoisse
  2. La vision semi religieuse : Elle concerne les individus non croyants mais enclin à une vision religieuse et transcendantale de la vie. Ils ne croient pas, théoriquement, à la vie éternelle mais pratiquent tous les rites qui s’y rapportent comme enterrer dignement les morts en les traitants comme si ils étaient encore vivants, fleurir les tombes ou les urnes, et aller les visiter
  3. Les véritables athées n’existent pas. Quoi qu’ils puissent affirmer, nul ne peut se départir d’une certaine vision religieuse de la vie. Même les scientifiques purs font appel à des notions transcendantales comme l’infini ou le zéro. Parlons plutôt des agnostiques de tous poils qui sans nier l’existence non affirmée d’une transcendance, ont délibérément choisis une vision de la vie limitée à ce qui nous est accessibles, la vision humaine. Pour eux la vision est naturaliste. Les plantes naissent d’une graine, s’épanouissent, fleurissent, engendre des graines, meurent, et se décompose. Il en est de même pour les animaux, et les humains. La vie est un simple « artefact » de la nature. Sous cet aspect naturaliste la mort est le geste le plus écologique qui soit. Sans elle, plantes, insectes, animaux, humains, se développeraient à l’infini et la planète serai très rapidement invivable. Mourrons pour sauver la planète comme d’autres sont mort pour sauver leur patrie !

C’est cette dernière vision que je développerai. La mort comme un inévitable, un incontournable, une partie intégrante de la vie.

Et pourtant même si la mort est acceptée, nous restons « accro » à la vie. Dans « la voie royale » Malraux faisait dire à Perken, l’aventurier de la jungle : « Ce qui  est difficile dans la mort c’est d’arrêter d’écrire sa biographie ! ». Mourir c’est un peu arrêter de conter son histoire, comme si dans une conversation dans laquelle vous vous exprimez avec passion quelqu’un vous coupe brutalement la parole. Vous vous sentez immédiatement écarté, mis de côté. La vie, c’est une chambre d’hôtel que l’on a réservé pour 80 ans et qu’il faut libérer un jour, ou les vacances qui se terminent !

En psychologie relativiste l’essence d’un être, sa définition, vient de sa conscience qu’elle soit cognitive, émotionnelle, ou organique. La disparition de cette conscience signifie la disparition de l’être. La mort joue ce rôle de nous transporter dans un néant difficilement représentable, pour l’accepter, il faut savoir accepter que ce néant, quel qu’il soit, ne nous concerne pas puisque, alors, nous n’existerons plus. Ce n’est évidemment pas facile de renier quelque chose que l’on ne peut même pas imaginer… mais c’est la sagesse que de vivre dans un monde que l’on ne comprend pas totalement.

Les meilleures histoire ont une fin, la notre ne fait pas exception ! Nous étions matière et nous retournons en matière.

P.S. Pour mettre un peu de dérision dans ce propos, parlons de mes obsèques car :

J’en suis désolé pour ceux qui voudraient y participer, mais je serai malheureusement absent, retenu ailleurs  par d’autres projets indépendant de ma volonté.

Comme j’ai toujours aimé la viande rouge, pour mon incinération, de grâce, pas trop cuit et en ce qui concerne mes cendres, je ne suis pas un Phoenix qui renait de ses cendres, alors elles n’ont aucune valeur ne serait-ce que symbolique. Elles sont composées  de tanins, de sels de calcium et de potassium, de carbonates et de phosphates. Rien qui justifie un élan affectif. Plutôt que « d’honorer » les morts qui ne sont plus, portons notre affection sur les vivants.et notre respect sur les vivants, et s’il faut « fleurir », fleurissons les vivants plutôt que les morts.

Et surtout pas de regrets, genre « il va nous manquer, quel peine de l’avoir perdu » … je préfèrerais : « Quelle chance de l’avoir connu »

C’est quoi le sens de la vie ?

Le positionnement est la colonne vertébrale dans la psychologie relativiste.

La vie, la nature n’ont, à priori, aucun déterminisme, pas de finalité autre que « d’être et se reproduire ». La vie n’a pas en soi de sens ! C’est à nous de lui en donner un. C’est même une nécessité car c’est en référence à ce sens donné que nous pourrons développer notre identité.

Pour certains d’entre nous, les religieux, la vie a, à priori, un sens qui nous est dicté par la foi en un dieu. Celui-ci nous donne, par ses injonctions, un but (sens) à notre vie qui est en général celui de le servir pour accéder à une vie éternelle paradisiaque. Mais la notion de Dieu est une notion transcendantale qui dépasse la condition humaine et ne peux être intégrée en tant que telle. Ceci est d’autant plus vrai que jamais, de mémoire d’être humain, dieu n’a donné d ‘injonctions… en tout cas pas à moi ! Ce sont les religions qui ont établi les dogmes et les rites qui gouvernent la vie des fidèles à partir de textes sacrés systématiquement apocryphes. Ce « sens de la vie » est donc toujours choisi et non originel. La vie n’a de déterminisme que celui que l’on lui donne.

On est donc ramené au choix originel, celui de l’existence ou la non existence d’une entité transcendantale. Je parle bien d’un choix car une croyance, dont la démonstration dans l’univers humain est impossible et bien le résultat d’un choix délibéré ou plus ou moins sugéré.

Personnellement j’ai fait le choix arbitraire de la non existence de dieu (dieu, Allah, Yahvé, Bouddha, …) car c’est le choix qui donne l’entière responsabilité de ses actes à l’être humain. Je ne suis pas partisan de l’attitude qui consiste à dire « dieu l’a voulu ». En effet qui peut croire que dieu a voulu Hiroshima, l’invasion de l’Ukraine, et toutes les horreurs que le humains ont pu perpétrer durant de siècles sans penser que ce dieu serait une sacré canaille ! Non les humains sont bien responsables de leurs travers.

Ce fait étant posé (Attention, je ne nie pas l’existence de dieu, mais je m’en passe !) voyons comment on peut donner un sens à sa vie. C’est au hasard de nos expériences, de notre éducation, de nos lectures, des informations que nous recevons que se forge notre conscience, notre identité. Se développe alors une vision du monde, des valeurs morales qui sont le reflet de notre maturation et qui vont construire l’ossature de notre personnalité, la colonne vertébrale de notre pensée.

Pour les personnes religieuses c’et autour de l’entité divine et de ses préceptes que va s’organiser le sens de la vie. Ce sera le point de référence ultime par rapport auquel se fera le jugement sur les événements vécus. Chaque situation sera évaluée, plus ou moins au regard des dogmes et pratiques préconisés par la religion. Évidement la pensée divine n’est pas la seule influence qui gouverne notre identité. Des expériences diverses peuvent également jouer dans notre construction mentales, qui peuvent modifier ou parfois contredire l’influence de la religion. Il existe par exemple plusieurs catégories de « bon chrétiens » comme les catholiques de gauche, bourgeois libéraux, catholiques extrémistes dispersés autour d’un même axe religieux.

Pour les « non croyants » le sens de la vie va se développer autour de valeurs morales comme la famille, le travail, la réussite sociales, les idéologies, les passions diverses (collections, sport, cinéma …) voire des croyances fumeuses (antivax, complotistes) qui seront le point de références pour nos jugements sur les situations et donnerons une certaine cohérence à notre pensée et donc à nos comportements. Ici encore les influences et les expériences sont multiples et notre pensée n’est pas manichéenne. Étant le reflet d’expériences variées elle présente de nombreuses facettes.

Ce sont ces myriades de déviances autour de l’axe central donné au sens de notre vie qui font de nous des êtres humains avec toutes leurs contradictions, leurs complexités, leurs richesses, mais aussi des êtres difficiles à comprendre et dont les relations aux autres sont souvent laborieuses et conflictuelles. Comment comprendre un prêtre catholique qui viole des petits enfants, ou un oligarque communiste qui s’enrichi outrageusement ?

Donner un sens à sa vie (qui n’en a pas à priori) est une nécessité vitale pour un être humain. Nous avons tous besoin de références pour vivre car nous définir est un besoin majeur, nous positionner de façon aussi cohérente que possible vis à vis des situations, des objets, des valeurs est la condition « sine qua non » pour nous ancrer dans la vie. Un personnage sans références établies est un être flou, incernable, mais aussi incertain, pusillanime et angoissé. Ses relations aux autres sont très difficiles car lui étant mal positionné il est difficile de se situer par rapport à lui et les relations sont ambigües.

Les écueils de « donner un sens à sa vie » sont principalement de deux sortes

  1. Le sens de la vie manichéen. La vision du monde de ces individus est trop centrée sur un seul axe. C’est cas des extrémistes (Djihadistes, idéologues, narcissiques) qui deviennent des obsessionnels de leurs doctrines. Leur pensée est rigide, sans nuances, ils sont incapables d’accepter la différence et toute contradiction est vécue comme une agression personnelle. De narcissique ils passent facilement à la paranoïa.
  2. Le sens de la vie mal établi. La vision du monde de ces personnes est sans cohérence et elles ont du mal à se situer dans les situations qui les impliquent. Toujours en recherche de repères ils sont flottants et indécis. Ce sont des proies faciles pour les individus de la catégorie précédente qui leurs offrent « façon Gourous » les références qui leurs manquent.

On voit combien la notion de « sens donné à la vie » a une importance fondamentale dans nos comportement. Il influence notre positionnement quotidien vis à vis des événements de notre vie. Il est le squelette (plus ou moins rigide) de notre identité.

La vie est, en soi, dépourvue de sens et c’est à chacun d’entre nous de lui en définir un !

La vie éternelle, c’est quoi ?

Toutes les religions ont promise aux humains la vie éternelle, mais jamais une explication précise n’en a été données et les humains, avides de se projeter dans l’éternité n’en n’ont jamais demandé.

Disons tout d’abord que « la vie éternelle » est un véritable oxymore, la notion de vie, fondée sur un début et une fin, est totalement antinomique de la notion d’éternité. Pour nous, tout a un début et une fin, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, d’humains, de minéraux, de planètes.

Cette notion d’éternité, transcendantale à l’humain ne peut se débattre à notre niveau, tout au plus peut-on discuter de la représentation que les humains peuvent s’en faire.

L’éternité n’est qu’un simple avatar de la notion d’infini appliquée à la notion de temps. Qu’est donc pour nous cet infini dont les scientifiques raffolent et font un usage … quasi infini.

Cette notion s’applique à deux grandeurs magiques, l’espace et le temps. Alors que nous pouvons nous représenter la distance et la durée, l’espace et le temps nous sont inaccessibles.

Prenons l’unité qui permet de mesurer distance et durée : la numération.

La suite des nombres (1,2,3,4, …) représente un suite infinie

La suite des nombres paires (2,4,6, 8, …)  représente également une suite infinie.

Dans le domaine du fini la suite des nombres paires contient deux fois moins de nombre que la suite des nombres. Pourtant elles sont toutes les deux infinies et devraient contenir la même quantité de nombres. Ce paradoxe est levé en précisant que l’on ne peut comparer que des nombres clairement définis et que par essence l’infini est … indéfini !

Les scientifiques utilisent cette notion d’infini pour résoudre certaines de leurs équations autrement insolubles, mais c’est une pure fiction dans la mesure ou elle nous est inaccessible, indéfinie, et invérifiable.

La vie éternelle s’inscrit dans cette fiction de l’infini du temps C’est Isaac Newton qui en 1687 a formulé le temps comme « le réceptacle » dans lequel s’inscrivent la matière et l’énergie (c’est à dire la vie). Que la vie soit présente ou non le temps existe et s’écoule, il est transcendant à la vie, donc d’origine divine. Cette définition du temps est la porte ouverte à la notion de vie éternelle.

C’est donc ce que nous proposent les religions, mais disons qu’elles sont relativement floues sur ce qu’elles nous offrent.

Les religions chrétiennes, à l’instar de toutes les autres, nous font miroiter une sorte de béatitude sans fin, assis à la droite du père. Ceci présuppose que « le père » ait une droite et une gauche, donc une morphologie qui rappelle la nature humaine, et que ce soit un enchantement de passer une éternité assis, car comme disait Woody Allen : « l’éternité c’est long, surtout vers la fin … on n’en voit plus le bout ! »

Nous ne savons rien de ce que pourrait être une vie éternelle, quel serait notre rôle, y aurait-il des sentiments, des relations, sous quelle forme serions-nous, jeunes, vieux, ectoplasmique, ou au contraire amorphe, inerte, minéral, dans une situation dont nous ne sentirions même pas les bienfaits, dans une sorte de néant. Nous souhaitons tous une vie éternelle mais aucun d’entre nous n’a la moindre idée de ce qu’elle pourrait être. Nous l’imaginons comme une vie sur terre mais débarrassée des soucis, des tracas, et des aléas qui nous perturbent. Mais il ne s’agit pas de cela. Il est question d’autre chose, un état qu’il nous est impossible de concevoir, car il serait hors des représentations humaines, une sorte de vie sans vie, un bonheur sans sentiment, des mouvements dans un espace indéterminé, des actions sans aucun sens, bref un non être sans fin ni limites, un néant d’existence.

Les religions nous vendent un article sans mode d’emploi, le truc génial qui ne sert strictement à rien, une sorte de produit du téléachat. Comprenons bien que la notion de « vie éternelle » n’a strictement aucun sens dans notre univers terrestre, ne correspond à aucune réalité, ce n’est qu’une croyance c’est à dire une forme de choix que nous faisons pour donner un sens à notre vie. Mais il faut rester conscient que ce sens n’a en soi aucun sens, qu’il est totalement arbitraire. C’est un écran que nous mettons devant nos yeux pour voir la vie à travers des « lunettes roses ». Comme la croyance en un dieu elle nous permet de transcender notre condition humaine, de croire en repousser les limites, de penser nos difficultés passagères, bref d’espérer. C’est une utopie qui peut nous aider à vivre.

Mais qui croit réellement à la vie éternelle. A ma connaissance les seuls vraiment convaincus sont les martyrs et les kamikaze. Eux sont prêt à sacrifier leurs vies terrestres pour accéder à leurs paradis. La majorité ses gens, croyants ou athées, voudraient bien y croire, font comme-ci, mais ne sont pas prêt à quitter la terre pour le paradis. Ils sont accrochés à la vie, effrayés par la mort, et pas partant pour « le grand voyage ».

Il est intéressant de voir que même les plus athées d’entre nous se projettent dans une vie éternelle. Il suffit d’observer leur comportement lors du décès d’un proche qui traduit bien leur déni total de la mort. Les cérémonies funèbres se déroulent comme-ci le défunt y assistait. On lui récite les vers qu’il aimait, on dit tout le bien que l’on pensait de lui, combien on l’aimait, on passe sa musique favorite …  mais malheureusement il n’est plus là pour en profiter. A cette occasion je vous signale que je serais absent pour mes obsèques et que si vous avez des choses gentilles à me dire faites le avant mon décès après ce sera trop tard !

La tradition d’aller fleurir les tombes, de se recueillir en parlant aux défunts, de faire vivre les anciens (comme en Asie) sont des façons de nier la mort et de perpétuer, non pas le souvenir, mais la vie des défunts dans un « au-delà » chimérique.

Il est terriblement angoissant de se savoir condamné à cette « vie éternelle » sans savoir ce qui nous attend, d’être plongé dans cet inconnu… et ce pour l’éternité ! On comprend que nous ayons tous une peur atroce de la mort et de cette vie inconnue qui lui succède.

Personnellement je préfère ne pas croire en cette éternité, penser qu’à ma mort mon esprit, mon essence même disparaitra dans le néant et que mon enveloppe charnelle retournera au règne minéral dont elle est issue. Après tout, avant de naître je n’étais rien, le plus logique est de retourner à cet état originel et redevenir le rien dont je suis issu. Dans mes souvenir ce n’était pas une situation si pénible !

Bien sûr ne croire à rien, c’est à dire au néant, est une croyance au même titre que de croire à l’infini ou l’éternité. C’est celle qui me va le mieux et c’est celle que je choisis.

Et si la mort n’existait pas !

Dans la mesure ou la mort est la fin de la vie, définir ce que représente la mort implique, au préalable, d’avoir défini ce que peut être la vie. A partir de là tout se complique car il n’est guère possible de donner une représentation « officielle » ou indiscutable de la vie.

Dans la psychologie relativiste nous avons adopté une représentation de la vie, ou plutôt du fait d’exister, comme une capacité à percevoir des émotions et à les intégrer dans la construction de notre mémoire cognitive pour en fabriquer des représentations intelligibles. C’est ce mécanisme d’acquisition qui nous donne la conscience d’exister. S’il n’est pas la vie il nous en fournit une représentation acceptable.

Disons tout d’abord que définir la vie, pour un être vivant comme nous le somme est un pari impossible. Devant l’incapacité à appréhender la vie nous en donnons une représentation qui serai l’image (ou une image) de la vie. Cette représentation nous fournit les hypothèse et les codes qui caractérisent notre vision de la vie. Pour chercher à définir la vie nous ne pouvons que travailler avec les codes et hypothèses que nous avons acquis, et qui invariablement vont nous reconduire à la définition initiale. On ne peut que tourner en rond. Seul un observateur extérieur, donc non humain, possédant des codes différents pourrait définir ce qu’est « notre vie » en comparaison avec ses propres codes (toute définition est un positionnement par références).

Laissons donc à des extraterrestre le soin de définir notre vie ! Ce n’est pas gagné !

Il nous faut pourtant impérativement adosser notre vécu à une définition de notre vie. Il s’agit de la base même de toutes nos constructions intellectuelles, de toutes constructions de représentations mentales, de notre mémoire cognitive, et de notre sentiment d’exister, d’être.

Nous sommes donc amenés, arbitrairement à choisir une représentation de la vie qui puisse « coller » au mieux avec nos expériences vécues et la construction de notre pensée.

C’est une double pirouette car :

  • Nous basons toute la représentation de notre existence sur un choix totalement arbitraire
  • La logique voudrait que ce choix soit fait avant tout début de construction mentale sensée en découler. Or nous faisons l’inverse, nous commençons par construire notre conscience cognitive dès notre enfance, avant de nous poser la question du choix de notre représentation de la vie, à l’âge adulte, ayant déjà une conscience cognitive formée.

Notre élaboration mentale est pleine de paradoxes, de contradictions, d’erreurs … et c’est d’ailleurs ce qui caractérise notre condition d’homme. C’est comme cela, et il faut faire avec ! Pas de panique, ce n’est pas grave de se tromper, de nager dans les contradictions et les paradoxes, tant que l’on a pleine conscience des erreurs et des approximations que l’on fait. Au contraire cela nous donne lucidité et tolérance. Ce qui est grave c’est de penser, malgré toutes ces approximations et contradictions, que l’on détient la vérité et que l’on « pense juste » … et donc en déduire que les autres « pensent mal ».

Nous avons le choix pour définir la vie entre deux courants principaux :

  • Le courant religieux (quelque soient les religions en cause) qui préconise une transcendance à l’homme, une entité supérieure gestionnaire de la vie, de notre vie. Elle décide de notre destin et donc de notre mort. Dans ce modèle l’homme existe comme un être permanent qui peut passer de la vie à la mort sans cesser d’exister. Dans ce monde la vie et la mort sont des états de passage d’une être pérenne qui peut les traverser en gardant son intégrité. Il y a donc une « vie après la mort », une vie éternelle. Dans ce schéma une chose me gêne car s’il y a une vie après la mort qu’en est-il avant la vie ? Y a-t-il une « vie avant la vie » ou assiste-t-on avec la naissance de l’enfant à la naissance de « l’âme », à la naissance d’un être éternel ? un être qui n’aurait pas de fin mais qui aurait un début !
  • L’autre approche est purement agnostique. L’homme, comme l’univers, n’est pas une création d’une entité supérieure. Au contraire c’est lui qui par sa pensée crée son univers et c’est le fait même de cette création qui est le sentiment d’exister, qui est le vécu, la vie. L’univers n’est plus une donnée « universelle » commune à tous les hommes mais une donnée « personnelle » chacun créant son propre monde à partir de ses propres expériences. Dans cette vision la mort perd de son sens. Si l’homme secrète son propre vécu, secrète sa vie, à partir du moment où il cesse de se sentir exister, il n’existe plus. La mort devient un « non état » car l’homme mort n’existant plus on ne peut plus le considérer comme mort ! Woody Allen disait : « tant que l’on n’est pas mort, on est vivant, et si on est mort on n’est tout simplement plus !». Il n’y a pas de mort, on est vivant ou rien ! Dans l’univers de la psychologie relativiste l’homme existe tant qu’il est vivant et qu’il relationne avec l’extérieur. Lorsque cette relation cesse l’homme devient néant. Est-ce l’homme qui disparaît ou le monde extérieur qui s’efface. Cela revient au même, un homme qui disparaît c’est un monde qui s’efface.

 

Évidemment tout ce qui précède n’est qu’une construction intellectuelle. Il ne s’agit nullement d’une description d’une réalité qui nous est inaccessible, mais d’une tentative d’en donner une représentation acceptable et susceptible de s’intégrer à la vision du monde qui est proposée dans la psychologie relativiste. Le propre de l’homme est de formaliser ses émotions en images mentales intégrées à sa conscience cognitive. C’est, pour lui, l’unique façon d’en prendre conscience, de les vivres. Ressentir, représenter, et intégrer ces images dans le grand récit que constitue notre conscience cognitive, c’est ce qui constitue notre vécu.

Personne ne peut se vanter de savoir ce qu’est la vie. Chacun peut en donner la représentation qui lui convient. Mais ne confondons pas l’objet avec son image et restons conscient que cette image n’est qu’un artifice intellectuel pour masquer notre ignorance.

Notre vie a-telle un sens !

Une des expressions qui m’a toujours interpellée est : « donner un sens à sa vie ». On dit, par exemple, d’un homme qui engage un combat incertain : « cela donne un sens à sa vie ! » et, bien sûr, vient immédiatement à l’esprit l’idée que si l’on peut donner un sens à sa vie c’est sans doute parce qu’elle n’en a pas, ou du moins que ce sens est loin d’être évident.

Nous sommes des êtres venus sur terre, sinon par hasard, du moins avec un déterminisme pour le moins obscur et inaccessible. Notre vie a-t-elle un sens caché, une finalité qui nous échappe, une destinée inavouée ? Si on se réfère aux autres êtres vivants, plantes ou animaux, on peut penser que leur vie n’a pas vraiment de sens. Ils apparaissent, grandissent, se reproduisent, se gâtent et meurent sans que ne se révèle aucune finalité, aucun but, aucune raison ni aucun sens. Il s’agit de simples mécanismes biologiques, de naissance, reproduction, disparition. Une sorte d’automatisme pour une espèce qui se perpétue et dont la seule raison est de se reproduire pour continuer à exister. S’agit-il d’un objectif ou d’une simple nécessité : « Tout ce qui ne se reproduit pas ne peut exister, ne peut être ! ». L’objectif de la reproduction n’est donc pas un but mais un simple état de fait lié à l’existance, une propriété inhérente à une espèce existante.

Les animaux, dénués de conscience cognitive (ou pour le moins avec une conscience cognitive très peu développé) ne sont pas capable, à l’encontre des humains, d’écrire leur vie dans un récit chronologique. Cette absence de capacité à développer les représentations mentales des événements de la vie et leurs liens logiques ne leur permet pas d’appréhender ou d’imaginer un sens à leur vie. Le « sens de la vie » est donc une notion purement humaine liée à la conscience cognitive. Donner un « sens à sa vie » implique une capacité à vivre sa vie selon un récit chronologiquement établit.

Donner un sens à sa vie est donc inscrire son récit (sa biographie) dans une finalité, soit dans un objectif, soit dans une comparaison (un positionnement) au vécu de ses semblables.

Faire le bien peut être un objectif qui donne un sens à un vie, sans bien sûr, que la notion morale de bien ou de mal soit universelle. Mère Theresa a construit son vécu en se dévouant au bien des enfants abandonnés de l’Inde, Hitler s’est engagé dans un épuration ethnique en pensant agir pour le bien de l’humanité. Par-delà les morales ces objectifs sont de ceux qui donnent un sens à une vie.

D’autres approches, moins dramatiques, peuvent donner un sens à des vie : La religion, le dévouement à sa famille, la recherche scientifique ou philosophique, la cuisine, le sport, la littérature, le combat politique, l’argent, etc. etc. Chacun d’entre nous se trouve une raison d’exister, plus ou moins acceptable, plus ou moins valable. Personne ne peut vivre sans se donner une raison de vivre ! La perte de « sens de la vie » s’appelle tout simplement « La dépression »

Quand les schémas construits pour donner ce sens à notre vie s’écroulent, quand la vie perd de son sens, les valeurs s’étiolent, l’individu perd ses raisons d’exister. L’état dépressif est exactement ce vécu ou choses et événements ont perdus leurs valeurs, plus rien n’est ni bien ni mal, gratifiant ou pénalisant, plus aucun acte n’est justifié et tout devient inutile et sans intérêt.

« Donner un sens à sa vie » c’est justifier de ses comportements et de ses pensées à travers un système de valeurs établit au cours de son histoire, à travers le vécu de sa conscience cognitive.

Le point important à signaler est que ce système de valeur n‘a aucun sens « à priori ». Il est le fruit de nos expériences et de notre histoire, et n’a aucune portée universelle. Nos valeurs sont personnelles et totalement fortuites. Elles ne peuvent prévaloir sur celles des autres, elles ne peuvent s’imposer au reste de nos semblables.

Nous vivons donc dans ce paradoxe apparent de vivre sur des valeurs qui nous sont une absolue nécessité pour vivre et qui dans le même temps ne reposent que sur un hasard ou un déterminisme obscur. Une sorte de futilité qui s’impose comme un impératif vital.