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La vie éternelle, c’est quoi ?

Toutes les religions ont promise aux humains la vie éternelle, mais jamais une explication précise n’en a été données et les humains, avides de se projeter dans l’éternité n’en n’ont jamais demandé.

Disons tout d’abord que « la vie éternelle » est un véritable oxymore, la notion de vie, fondée sur un début et une fin, est totalement antinomique de la notion d’éternité. Pour nous, tout a un début et une fin, qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, d’humains, de minéraux, de planètes.

Cette notion d’éternité, transcendantale à l’humain ne peut se débattre à notre niveau, tout au plus peut-on discuter de la représentation que les humains peuvent s’en faire.

L’éternité n’est qu’un simple avatar de la notion d’infini appliquée à la notion de temps. Qu’est donc pour nous cet infini dont les scientifiques raffolent et font un usage … quasi infini.

Cette notion s’applique à deux grandeurs magiques, l’espace et le temps. Alors que nous pouvons nous représenter la distance et la durée, l’espace et le temps nous sont inaccessibles.

Prenons l’unité qui permet de mesurer distance et durée : la numération.

La suite des nombres (1,2,3,4, …) représente un suite infinie

La suite des nombres paires (2,4,6, 8, …)  représente également une suite infinie.

Dans le domaine du fini la suite des nombres paires contient deux fois moins de nombre que la suite des nombres. Pourtant elles sont toutes les deux infinies et devraient contenir la même quantité de nombres. Ce paradoxe est levé en précisant que l’on ne peut comparer que des nombres clairement définis et que par essence l’infini est … indéfini !

Les scientifiques utilisent cette notion d’infini pour résoudre certaines de leurs équations autrement insolubles, mais c’est une pure fiction dans la mesure ou elle nous est inaccessible, indéfinie, et invérifiable.

La vie éternelle s’inscrit dans cette fiction de l’infini du temps C’est Isaac Newton qui en 1687 a formulé le temps comme « le réceptacle » dans lequel s’inscrivent la matière et l’énergie (c’est à dire la vie). Que la vie soit présente ou non le temps existe et s’écoule, il est transcendant à la vie, donc d’origine divine. Cette définition du temps est la porte ouverte à la notion de vie éternelle.

C’est donc ce que nous proposent les religions, mais disons qu’elles sont relativement floues sur ce qu’elles nous offrent.

Les religions chrétiennes, à l’instar de toutes les autres, nous font miroiter une sorte de béatitude sans fin, assis à la droite du père. Ceci présuppose que « le père » ait une droite et une gauche, donc une morphologie qui rappelle la nature humaine, et que ce soit un enchantement de passer une éternité assis, car comme disait Woody Allen : « l’éternité c’est long, surtout vers la fin … on n’en voit plus le bout ! »

Nous ne savons rien de ce que pourrait être une vie éternelle, quel serait notre rôle, y aurait-il des sentiments, des relations, sous quelle forme serions-nous, jeunes, vieux, ectoplasmique, ou au contraire amorphe, inerte, minéral, dans une situation dont nous ne sentirions même pas les bienfaits, dans une sorte de néant. Nous souhaitons tous une vie éternelle mais aucun d’entre nous n’a la moindre idée de ce qu’elle pourrait être. Nous l’imaginons comme une vie sur terre mais débarrassée des soucis, des tracas, et des aléas qui nous perturbent. Mais il ne s’agit pas de cela. Il est question d’autre chose, un état qu’il nous est impossible de concevoir, car il serait hors des représentations humaines, une sorte de vie sans vie, un bonheur sans sentiment, des mouvements dans un espace indéterminé, des actions sans aucun sens, bref un non être sans fin ni limites, un néant d’existence.

Les religions nous vendent un article sans mode d’emploi, le truc génial qui ne sert strictement à rien, une sorte de produit du téléachat. Comprenons bien que la notion de « vie éternelle » n’a strictement aucun sens dans notre univers terrestre, ne correspond à aucune réalité, ce n’est qu’une croyance c’est à dire une forme de choix que nous faisons pour donner un sens à notre vie. Mais il faut rester conscient que ce sens n’a en soi aucun sens, qu’il est totalement arbitraire. C’est un écran que nous mettons devant nos yeux pour voir la vie à travers des « lunettes roses ». Comme la croyance en un dieu elle nous permet de transcender notre condition humaine, de croire en repousser les limites, de penser nos difficultés passagères, bref d’espérer. C’est une utopie qui peut nous aider à vivre.

Mais qui croit réellement à la vie éternelle. A ma connaissance les seuls vraiment convaincus sont les martyrs et les kamikaze. Eux sont prêt à sacrifier leurs vies terrestres pour accéder à leurs paradis. La majorité ses gens, croyants ou athées, voudraient bien y croire, font comme-ci, mais ne sont pas prêt à quitter la terre pour le paradis. Ils sont accrochés à la vie, effrayés par la mort, et pas partant pour « le grand voyage ».

Il est intéressant de voir que même les plus athées d’entre nous se projettent dans une vie éternelle. Il suffit d’observer leur comportement lors du décès d’un proche qui traduit bien leur déni total de la mort. Les cérémonies funèbres se déroulent comme-ci le défunt y assistait. On lui récite les vers qu’il aimait, on dit tout le bien que l’on pensait de lui, combien on l’aimait, on passe sa musique favorite …  mais malheureusement il n’est plus là pour en profiter. A cette occasion je vous signale que je serais absent pour mes obsèques et que si vous avez des choses gentilles à me dire faites le avant mon décès après ce sera trop tard !

La tradition d’aller fleurir les tombes, de se recueillir en parlant aux défunts, de faire vivre les anciens (comme en Asie) sont des façons de nier la mort et de perpétuer, non pas le souvenir, mais la vie des défunts dans un « au-delà » chimérique.

Il est terriblement angoissant de se savoir condamné à cette « vie éternelle » sans savoir ce qui nous attend, d’être plongé dans cet inconnu… et ce pour l’éternité ! On comprend que nous ayons tous une peur atroce de la mort et de cette vie inconnue qui lui succède.

Personnellement je préfère ne pas croire en cette éternité, penser qu’à ma mort mon esprit, mon essence même disparaitra dans le néant et que mon enveloppe charnelle retournera au règne minéral dont elle est issue. Après tout, avant de naître je n’étais rien, le plus logique est de retourner à cet état originel et redevenir le rien dont je suis issu. Dans mes souvenir ce n’était pas une situation si pénible !

Bien sûr ne croire à rien, c’est à dire au néant, est une croyance au même titre que de croire à l’infini ou l’éternité. C’est celle qui me va le mieux et c’est celle que je choisis.

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