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La couverture générale

L’addiction au téléphone portable

Le portable envahi la vie de nos concitoyens et surtout celle des plus jeunes ! Il s’agit, au  sens strict, ‘un véritable addiction.

Je vais parler ici de l’addiction psychologique et non de l’addiction physique qui souvent se superpose à la première (alcool, tabac, drogue)

Une addiction se caractérise par la recherche de références chez un individu  en perte de repères et qui  cherche à compenser son univers flottant en se « raccrochant aux branches ». La perte ou la « diffusion » des repères crée un sentiment de malaise, de perte d’identité, génératrice d’un sentiment de vide et d’angoisse. La recherche d’une sensation forte qui donne, momentanément un sentiment d’exister est un mécanisme de compensation à ce vide intérieur. Toute addiction se traduit par la recherche d’un « shoot » d’une sensation forte fut-elle physique ou physique (alcool, tabac, drogue, cleptomanie, excitation du jeu, goût du risque,  …).

Le téléphone portable n’échappe pas à la règle. Il trouve un terrain favorable chez les jeunes, à personnalité flottante, encore indécise, en recherche d’identité, en transition difficile entre le monde protégé de l’enfance et le monde ouvert des adultes.

On distingue dans l’addiction au portable deux éléments qui coexistent :

  1. Le besoin d’échange. L’échange, la communication sont des moyens de se situer, de se définir (au moins temporairement). Communiquer, c’est être, ce qui peut être une illustration, ou interprétation du « cogito ergo sum » de Descartes. Échanger s’est meubler un vide dans lequel baigne un adolescent quand il est seul. Échanger c’est définir des relations avec les autres, créer des valeurs, des repères. C’est exister à travers la réaction de l’autre. C’est tout particulièrement quand il se retrouve seul (par exemple le soir au moment des se coucher, dans son lit, seul dans sa chambre) que l’ado va mettre en branle ce mécanisme d’échange qui lui permet de se sentir « être ». N’être plus seul c’est déjà être !
  2. Le sentiment de toute puissance. Nous commandons le smartphone et il obéit. Il réagit à la moindre de nos sollicitation comme un esclave fidèle. Plus le téléphone réagit de façon rapide et fluide et plus est grand notre sentiment de le dominer. D’où la recherche de matériel de plus en plus performant donc de plus en plus docile et obéissant « au doigt et à l’œil »
    Cette rapidité, non seulement flatte notre sentiment de pouvoir et en plus meuble de plus en plus le sentiment de vide qui nous occupe. Rapidité veut dire profusion, profusion veut dire aveuglement et négation de toute réflexion. Le smartphone bouche le vide que nous fuyons. Pour l’adolescent c’est le sentiment trompeur d’exister

Nos adolescent ont besoin de se définir, de se forger une identité, de se sentir être. Ils sortent de la période de l’enfance ou ils n’existaient qu’au travers de leur environnement (généralement parental). Ils quittent ce cocon qui était leur identité pour se retrouver « à poil » sans repère. Que leur reste-t-il ? la révolte, les grandes utopies mobilisatrices. Finalement le smartphone n’est peut-être qu’un moindre mal !

PS : Attention, comme les réseaux sociaux le smartphone est un outils génial qui peut nous apporter beaucoup. Ce n’est pas parce que ces outils sont « dévoyés » qu’ils n’en gardent pas intrinsèquement leurs qualités.

Ces utopies qui nous gouvernent

L’espoir fait vivre dit le dicton, par contre il ne précise pas s’il nous fait bien vivre ou mal vivre, s’il nous fait vivre ou survivre !

Nous sommes gouvernés par une fuite en avant vers la vie dont nous rêvons au mépris des réalités. Quand celles-ci nous rattrapent, nous voilà déçus, amers, frustrés. L’espérance dans une réalité fantasmée conduit toujours à la désillusion.

Passons en revue ces utopies dont nous sommes les esclaves consentant.

  1. La liberté. Je reprendrais ici la phrase de Paul Valéry : «  La liberté est un de ces mots détestables qui ont plus de valeur que de sens ». Il voulait dire, par-là, que la liberté était un concept, une espérance qui ne collerai jamais à la réalité, donc une utopie. L’humain est un élément de la nature, il est soumis à ses lois (même s’il rêve de s’en défaire) et à toutes dépendances naturelles. Il dépend de la nature (comme la nature dépend de lui) et ne peut donc jamais être libre.
    Pour l’humain le sentiment de liberté vient quand il sait transformer ces contraintes en nécessités … ce qui ne se fait pas sans efforts, donc sans contraintes !
  2. L’égalité. Encore un fameux mythe que celui de l’égalité entre les hommes. La véritable égalité ne se retrouve que dans l’identité. Hors nous sommes tous différent et nous n’aurons jamais le sentiment d’égalité, nous désirerons toujours ce que l’autre a et que nous n’avons pas.
    Prenons le désir de l’égalité entre homme et femmes, elle ne se fera jamais car trop de différences nous séparent. Le problème n’est pas d’être égaux mais que chacun trouve dans nos sociétés la place qui lui convient et que les autres lui accordent cette place. Il vaut mieux viser à être tous heureux plutôt que tous égaux.
  3. La fraternité. Mot magique au Fronton de toutes nos mairies. Malheureusement elle n’est pas aussi automatique qu’on aimerai le croire. Nombreuses sont les fratries qui se déchirent ou s’ignorent, les familles qui se divisent. Si on élargi le terme à la solidarité en générale on constate qu’elle existe et fait même partie des valeurs fondamentales dans notre société. Cependant elle est loin d’être systèmatique et à même tendance à se faire oublier dans les périodes difficiles, c’est à dire quand elle serai le plus utile.

Voici  donc 3 utopie sociétales qui nous font avancer dans un univers quasi onirique. Nous courrons, comme les lévriers de course, après un leurre que nous n’atteindrons jamais. Nous vivons dans une sorte de « roman photo rose », dans une sorte de déni de réalité et depuis des millier d’années les mythes de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité ne cessent d’alimenter nos espoirs et nos  déceptions.

Il existe d’autre utopie dont nous faisons notre miel, par exemple 

  1. La vie éternelle. Voilà encore un beau roman. En tout temps et en tout lieux les croyances ont prêté à ‘(humain une temporalité sans limites. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire (Assyriens, Égyptiens, Romains, Grecs, Aztèques, Maya, Indous, Bouddhistes) on retrouve, sous une forme ou sous une autre, le mythe de la vie après la mort. C’est un invariant de nos croyances. Tout le monde y croit, mais personne n’y croit vraiment et bien peu sont prêt à faire la voyage pour en bénéficier. C’est un point que l’on peut porter au crédit de terroristes kamikaze de Daech, que de constater qu’ils croient vraiment dans leur vie éternelle !
  2. La vérité. C’est encore un grand mythe, celui de la vérité absolue et non contingente. C’est évidemment une vision « religieuse » de nature transcendantale. Il existerai, par-delà les visions de chacun, les interprétations divergentes, un vérité qui ne supporterai aucune réserve, aucune contradiction, sans place pour le doute. Bien sûr celui ou ceux qui posséderaient cette vérité s’accorderaient tous les droits pour la faire triompher. Cela a été longtemps la position des diverses églises qui ne se sont pas privés d’en abuser pour s’imposer. Il n’en reste pas moins que chaque église ayant sa vérité, celle-ci devient multiple et conflictuelle.
    Pensons plutôt à la vérité contingente, la vérité possible, probable, mais non certaine

Ces grands mythes nous conduisent tous directement à l’intolérance, au vécu perpétuellement conflictuel, à l’affrontement, bref à tout ce qui mine notre vivre ensemble.

La tolérance pour la liberté des autres, la tolérance aux inégalités, la tolérance à la misère des autres, la tolérance à notre destin, et enfin la tolérance à la vérité des autres, voilà le moyen de lutter contre ces mythes qui nous aveuglent tous.  

La tolérance est dure à pratiquer mais elle vaut mieux que d’être esclave de nos illusions.

La liberté menacée

On entend beaucoup de critiques sur la liberté en péril, les lois et décisions liberticides, mais demandez à ces pourfendeurs quel est leur définition de la liberté vous verrez qu’il seront aussi balbutiants qu’ils sont  catégoriques dans leurs critiques.

Avant de savoir si nos libertés sont menacées encore faudrait-il s’entendre sur le sens du mot liberté et ce que, dans ce contexte peuvent être nos libertés. Il existe de nombreuses définitions de la liberté qui à mon sens sont sujet à caution. En voici quelques-unes :

  1. Selon Épicure la liberté serait la possibilité de pouvoir faire ce que l’on veut, quand on veut, et ou l’on veut. Lui même faisait la critique de sa définition en précisant que cela conduisait à devenir l’esclave de ses désirs … ce qui serait l’antithèse de la liberté
  2. Pour Auguste Compte la liberté viendrait de la raison, de la science. Tout ce qui provient d’un raisonnement logique et cohérent serait image de la liberté. Depuis Freud et Jung, cette définition fait sourire
  3. Pour les existentialiste (Kierkegaard, Sartre) l’homme trouverai sa liberté lorsqu’il agit au lieu de subir. La liberté serait dans l’action. Sartre s’est pourtant toujours empêtré dans une idéologie dont il n’ a jamais pu se délivrer.
  4. Épictète disait à son ennemi « tu es maitre de ma carcasse, prends là, mais tu n’auras jamais aucun pouvoir sur ma pensée ». Curieuse vision d’une séparation totale du corps et de l’esprit, l’un pouvant être libre sans l’autre.
  5. Parlons de la liberté, sur le plan social, telle qu’elle a été définie dans les déclarations des droits de l’homme. Elle accorde à  « l’humain » tous les droits dans la mesure où ils n’empiètent pas sur les droits de autres. Curieuse définition d’une liberté qui accorde des droits à chacun sans proposer en regard les devoirs réciproques. C’est une définition presque Épicurienne.
  6. J’aime assez la définition qu’en donne Paul Valery : » la liberté est l’un de ces mots détestables qui ont plus de valeurs que de sens ». Il voulait dire par là que la liberté était un magnifique concept, un idéal, qui malheureusement ne résistait pas à la notion de réalité.

Quoi que l’on fasse la liberté entraine toujours des contre parties. Prenons la simple notion de choix.

Supposons que deux options te sont proposées et que tu doives choisir en toute liberté l’une d’entre elles. Ton choix est apparemment totalement libre. En contre-parti si tu n’as le choix que dans une seule option on peut dire que ton choix est contraint. Ta liberté est nulle.

Revenons sur le choix entre deux options. Si tu en choisi une tu devras en contre-parti assumer les conséquences de celle que tu auras choisi. De ce fait ton choix ne sera plus aussi libre mais dépendant des conséquences de  l’option choisie. Ceci rétrécira ton périmètre de liberté.

Prenons un autre exemple. Supposons un bon catholique dont la foi le contraint à aller à la messe tous les dimanches, à se confesser, à prier, etc. etc. Cette contrainte est-elle une privation de liberté ? Il n’en est rien. Si au contraire on lui interdisait de remplir ces devoirs de chrétien il vivrait cela comme une atteinte à sa liberté.

On voit que la notion de liberté à une valeur relative. Il n’existe pas de liberté absolue. Tout espace de liberté est aussitôt envahi par des contraintes qui  en limitent la portée .Continuellement l’humain tente de lever les obstacles à sa liberté, mais chaque contrainte levée en fait surgir d’autres.

C’est souvent en transformant ces contraintes en nécessités que l’humain acquière un « sentiment » de liberté.

Comment retrouve-t-on dans sa mémoire ?

Dans mes récents « post » j’ai montré comment, de proche en proche, se construisait le réseau de la conscience fait d’images mentales (mémorisation des perceptions) et de leurs relation logique de comparaison qui leur donne leur sens, leur valeur.

Il reste un mécanisme à élucider qui est celui de l’utilisation de ces informations stockées pour en  faire une véritable mémoire. En effet, stocker des informations c’est bien, mais si on n’a pas le moyen de les retrouver en cas de besoin cela ne sert à rien.

Comment à une question trouve-t-on la réponse en sollicitant notre mémoire ?

D’abord quelques observation :

Lorsque vous êtes face à une définition de mot croisé comme par exemple la célèbre : «  Vide les baignoires et remplit les lavabos » votre recherche va commencer par une recherche d’analogie (car c’est souvent sur cette base que sont conçues les définitions). Baignoire vous conduit à bain, lavabo à salle de bain ou toilette, mais ceci  reste infructueux. Mais, si, baignoire vous fait tout à coup penser à place de théâtre (orchestre, baignoire, balcon) vous pouvez relier les deux partie de la question car théâtre implique également toilettes. C’est bien sûr à l’entracte que se vident les places de baignoire pour remplir les toilettes.

C’est le cheminement classique d’une recherche dans la mémoire.

Nous avons tous vécu les cas ou on nous pose une question, nous sommes sûr de connaître la réponse mais elle ne vient pas à notre connaissance (on dit « je l’ai sur le bout de la langue). Il nous manque la clé d’entrée dans la mémoire pour orienter nos recherche. Dans l’exemple précédent c’est l’analogie Baignoire-place de théâtre qui a été la clé d’entrée pour trouver la solution de l’énigme. Sans cette analogie nous serions restés sans réponse.

Quand nous recherchons quelque chose dans notre mémoire plusieurs clés d’entrée se présentent à nous. Chacune détermine un chemin qui pourrait nous conduire à la réponse recherchée. Nous examinons toutes ces pistes. Certaines s’avèrent des voies sans issues, certaines s’avèrent fructueuses et nous amènent à la solution. Si, au moins, l’une des clés positives ne se présente pas à notre conscience nous ne trouverons pas le chemin qui mène au résultat attendu.

Les clés sont trouvées par analogie et permettent de définir divers périmètres de recherches qui seront explorés indépendamment. Les chemin d’exploration seront les liens logiques, les relatons, entre les images mentales mémorisées dans la construction de la conscience. Ces liens sont donc des chemins réversibles utilisés dans un sens pour la construction du réseau de conscience et en  sens inverse pour fouiller dans la mémoire.

Reste maintenant à expliciter comment l’analyse d’un message peut aller chercher dans nos souvenirs les analogies (clés d’entrée dans la conscience = critère de recherche) et comment  à partir d’elles peut on suivre le cheminement qui nous mènera à la solution. Existe-il-dans notre conscience un système d’indexage (comme dans la mémoire d’un ordinateur) qui permet, de proche en proche, de suivre un cheminement, cela fait-il partie de la construction des liens logique de relation entre les images mentales ?

Rappelons que dans un apprentissage il y a eux phases bien distinctes et indispensables.

  1. La création du lien logique qui relie entre elles les images mentales
  2. L’inscription de ce lien logique dans le réseau de la conscience

Cette deuxième phases est absolument indispensable pour qu’une idée devienne un souvenir. Nous la faisons inconsciemment tous les jours, mais consciemment quand par exemple un comédien, ou nous, apprenons un texte « par cœur ». Je lis une phrase, je fais un effort de mémorisation pour m’en souvenir, je la récite pour vérifier qu’elle est bien apprise !

P.S. Pour illustrer la notion d’image mentale faisons une petite expérience à partir d’une notion totalement abstraite comme le gout. :

Essayez de vous souvenir du gout (je devrais dire de l’odeur) de la confiture d’orange et essayez de visualiser l’image qui se présente à vous.  Vraisemblablement vous ne voyez rien, ou peut-être une vague impression de couleur ou de flou.  Essayez maintenant de vous remémorer le gout de la confiture de fraise. Là encore vous ne voyez rien, mais cependant ce qui vous apparaît n’est pas ce qui vous apparaît en vous remémorant le gout de la confiture d’orange. Voilà deux expérience dans lesquelles vous ne voyez rien … mais ces eux riens sont différents. Ce sont simplement deux impressions qui n’ont pas de représentations visuelles, cognitives. Ce sont ces images mentales qui nous habitent.

La conscience et les images mentales

J’ai toujours développé l’idée que notre conscience était constituée d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité ( l’idée n’est pas de moi, elle m’a été soufflée par Bouddha lui-même et mon ami Gérard Aussoleil). Cette modélisation de la conscience permet, dans le cadre de la psychologie relativiste, de rendre compte de la construction de notre psychisme, de son évolution à travers nos âges, de la transformation de nos émotions en comportements, de la relation entre perception et vérité.

Reste deux point fondamentaux à élucider : qu’est-ce qu’une image mentale, qu’est-ce qu’une relation causale entre des images mentales ?

Faute d’expliciter, de représenter ces deux points la théorie de la psychologie relativiste n’est qu’une simple diarrhée verbale de plus dans le monde de la psychologie. Utiliser des notions non définies pour bâtir une théorie c’est comme bâtir une maison sur des sables mouvants.

C’est au cours d’un travail sur les émotions que j’ai pu, enfin, expliciter ces notions.

Lorsque nous percevons un événement, un situation, ce sont nos sens qui sont alertés. Rayon lumineux qui frappe notre rétine, un son qui frappe notre tympan,  une odeur, un gout, une sensation de toucher qui excite nos récepteurs sensoriels. Ces informations captées par nos sens sont transformées en signaux électriques complexes adressé au cerveau.

Ce sont ces signaux électriques qui activent notre cerveau. A ce niveau ils sont de simples signaux et comme tels ils n’ont aucun sens, ne représentent rien de plus que ce qu’ils sont, des impulsions électriques. L’émotion en elle-même n’a pas de sens, elle n’est qu’une perception.

C’est alors que notre cerveau, activé par ce signal électrique va entrer en action. Il va comparer ce signal reçu à des signaux reçus antérieurement et qui ont déjà pris un sens. Il va détecter les analogies, les différences, et toutes les relation logiques  envisageable entre ce nouveau signal et ceux appris précédemment. En quelque sorte il va positionner cette nouvelle information par rapport à nos apprentissage anciens. C’est ce positionnement qui va donner un sens à l’émotion, en faire un sentiment capable de nous faire réagir  au signal reçu. Nous pourrons alors adopter des comportements de peur, de joie au de tristesse, de colère, de rejet ou d’approbation, de punition ou de récompense, des réactions somatiques comme la rougeur, la suée, le tremblement, etc. etc. Le nouveau signal, maintenant explicité va prendre sa place dans le réseau de notre conscience, de ce fait enrichie. Il pourra maintenant, mémorisé, servir à l’analyse critiques des futurs messages que nous recevrons.

A partir de ce mécanisme nous pouvons alors donner une représentation descriptive de la constitution de la conscience.

Les images mentales sont  ces signaux électriques inscrit dans notre conscience et qui représentent la mémorisations des perceptions reçues au cours de notre vécu.

Ces images mentales sont reliées entre-elles par des liens de comparaison logiques, entre ces diverses images. C’est l’ensemble images mentales et relations logiques qui constitue le réseau de notre conscience, notre positionnement dans la vie, notre identité. C’est à travers lui que chacun trouve le sens de sa vie !

Ce faisceau de relations constitue le squelette de notre conscience et en même temps une indexation qui va permettre de retrouver une information stockée dans la mémoire.

Sujet et Objet. Fusion et Relation

Dans la syntaxe grammaticale Française, le sujet fait l’action, le verbe représente l’action, et l’objet (complément) subit l’action. C’est une vision volontariste des situations

Dans une phrase simple comme :
Le chat boit son lait
Le sujet (le chat) fait l’action de boire
Le verbe (boire) représente l’action
Et l’objet (le lait) subit l’action

Tout est simple, mais prenons une autre phrase très simple :
Jacques est l’objet de notre discussion
Jacques qui est le sujet de la discussion et en même temps l’objet de cette discussion. D’ailleurs on pourrait tout autrement dire :
Jacques est le sujet de notre discussion
Dans ce cas c’est l’objet qui devient sujet. Il semble que notre distinction entre sujet et objet devient plus que floue. Il y a paradoxe !

En fait, comme en tout paradoxe, le problème à une solution simple :

Le verbe être (comme le verbe avoir) ne sont pas des verbes d’action (comme boire, bouger, mange, réfléchir …) et notre définition du sujet qui fait l’action et de l’objet qui la subit perd son sens puisqu’il n’y a pas d’action. Le sujet et l’objet ne sont pas différenciés car la phrase ne décrit pas une action mais un état de Jacques.

Ces petites remarques anodines sont d’une grande importance en philo-psychologie relativiste. Dans cette approche basée sur la relation, la différenciation entre le locuteur et son interlocuteur est fondamentale. Une relation peut être assimilée à une interaction, donc à une action qui implique une certaine distance entre le sujet et l’objet.

Cette distinction objet/sujet reflète l’évolution de l’humain au cours de son évolution. A la naissance le tout petit enfant vit sur un mode fusionnel avec son environnement. Il ne se différencie pas de son entourage et puise, si tout se passe bien, ses références dans celles de ses parents. Il n’a aucune autonomie. Pour lui, il y a totale confusion entre le sujet (lui) et l’objet (les autres)

Au fur et à mesure que se forme sa conscience, par expériences et positionnements successifs, il apprend à se situer dans son environnement et découvre la distanciation entre lui et son univers. C’est le lent apprentissage de l’autonomie. D’un état ou lui, sujet ,était confondu avec son environnement, les objets, il passe progressivement au stade de la différentiation sujet/objet. C’est ce que l’on appelle le processus de maturation.

Tout l’effet de l’expérience, des apprentissages, de la culture, est d’enrichir la conscience, de la doter d’une identité, et donc d’identifier le sujet par rapport au reste de l’environnement. Cette identification implique une différentiation sujet/objet qui est le reflet de la « maturation » de l’individu.

Le passage du nourrisson à l’adulte est le passage de la confusion sujet/objet à sa différenciation ,à une relation  d’abord émotionnelle puis cognitive.

Les principes de la philo-psychologie relativiste

Imaginons un homme dans l’espace, seul, dans un espace vide sans planètes, sans astéroïdes, sans étoiles. Que serait-il : Rien !

Aurait-il peur, non, de quoi aurait-il peur, il n’y rien. Aurait-il faim ? On serait tenté de dire oui car on imagine un homme ayant vécu sur terre et laché dans cet espace. Mais il s’agit d’un homme vivant depuis toujours dans l’espace qui forcément ne pourrait avoir faim dans un monde ou la nourriture n’existe pas. On ne peut imaginer qu’il a besoin de respirer car il n’y a pas d’air dans cet univers.

Il ne serait rien, même pas un objet, car il n’y a aucun référent pour le définir. Toute définition est relative, il n’existe pas de définition absolue.

Si on définit un homme grand, c’est par rapport à un homme petit ou moyen. Si on définit le jour, c’est par rapport à la nuit. Tout critère de définition est relatif à une référence. Toute définition est un positionnement.

La distance s’évalue par rapport à une référence, le mètre étalon ; le temps par rapport aux rotations de la terre.

Un humain s’évalue par rapport à des critères propres à ses semblables pris en référence.

Le respect s’évalue par rapport à des normes sociales, la liberté par rapport à des normes de contraintes sociales acceptables.

Une théorie se jauge par rapport aux résultats obtenus

Il n’existe aucune définition qui soit absolue, toutes nécessitent la comparaison à une référence. C’est notre principe même de la définition.

On retrouve là le problème de  l’incapacité à prouver l’existence ou la non existence de dieu. Pour définir dieu il nous faut un point de comparaison, une référence. Hors nos références sont toutes du domaine de l’humain, et dieu n’est pas de ce domaine puisqu’il est de nature transcendantale. Ne pouvant définir dieu, on ne peut le juger, prendre une position par rapport à lui. Il nous est extérieur, qu’il existe ou non. La plus part des religions représentent leur dieu par une représentation anthropomorphique. Chez les catholique le représentation du vieillard à barbe blanche a été abandonnée. L’islam à la sagesse de nier toute représentation d’Allah (même si cette sagesse a dérivé en une interdiction radicale de le représenter !).

L’existence n’est pas un fait en soi, elle dépend de l’observateur. Dans la théorie de la relativité d’Einstein les objets perdent leurs propriétés intrinsèques et ne se définissent que dans la relation qu’ils ont entre eux. C’est l’observateur, l’autre, qui « instancie » l’objet, qui lui donne sa réalité, son existence.

Venons-en maintenant au problème des humains, et plus largement à celui des êtres vivants.

Il existe trois niveaux de conscience (le mot est mal adapté car nous verrons que certains sont plus ou moins inconscients !)

  1. Le niveau organique. Ce sont les mécanismes inconscient, innés, sans lesquels l’organisme vivant ne saurait exister, les métabolismes basaux. Citons la photosynthèse, l’assimilation des nutriments, la respiration, la circulation sanguine, la reproduction … . Ils sont plus ou moins communs et indispensables à toutes les espèces.
  2. Le niveau émotionnel. Ce sont des mécanismes générés par les émotions et nécessaires à la survie dans les environnements. Citons la capacité à se situer dans l’espace, la peur, le besoin, la colère, l’empathie, … .Ce sont des impressions que nous ressentons sans les formaliser réellement. Ils sont communs aux animaux et aux humains et permettent une communication dans le non-dit entre les individus
  3. Le niveau cognitif. C’est la capacité de formaliser les émotions pour en faire des sentiments ; des représentations symboliques . Citons la notion du temps, le langage parlé ou écrit, l’expression graphique ou musicale , … . Ils sont l’apanage des humains et permettent la communication codifiée entre eux.

Bien évidemment il s’agit d’une représentation schématique. Ces niveaux ne sont pas des « couches » étanches au frontières clairement définies. Certains animaux sont susceptible de développer un embryon de conscience cognitive, on prête à certaines plantes une capacité émotionnelle, … . Il existe également de grandes différences entre les animaux, et du ver de terre au primates certaines espèces sont plus proche des plantes et d’autres plus proche des humains.

Parlons maintenant des humains. Il m’est difficile de comprendre les plantes sans m’en faire une représentation anthropomorphique qui n’aurait aucun sens. Les animaux dit « supérieurs » car plus proche de nous entrent  un peu plus dans le champs de notre compréhension, mais là encore attention à l’anthropomorphisme qui nous guette à chaque pas. Seul le registre des émotions peut être objet de comparaison car l’animal ne vit pas sur un mode réellement cognitif.

Comment fonctionne un humain ? Il est en contact avec le monde extérieur par ses cinq sens, et seulement par eux. Il n’y à aucun moyen connu  d’appréhender notre environnement que les 5 sens ?

En émission

  1. Il a besoin de transmettre un message à son interlocuteur. Dans sa conscience il construit son message pour en donner une représentation cognitive ou émotionnelle
  2. Ce message est traduit en expression littérale ou pré-gestuelle
  3.  Le message est exprimé sous forme de son (message audio) de représentations picturales, ou de gestuelle (non dit)

En réception

  1. Il reçoit un message visuel, audio, olfactif, gustatif, tactile décrypté par le récepteur considéré et transmis au cerveau, via le système nerveux, sous forme d’un signal électrique.
  2. Le cerveau compare ce signal à des signaux reçus précédemment et ayant déjà pris un sens. Selon les expériences acquises ce sens sera plus ou moins formalisé en émotion, sentiment ,ou contenu cognitif.
  3. Cette nouvelle information est maintenant stockée dans la conscience et servira à l’analyse des messages ultérieurs

Ce mécanisme reflète le principe de la philosophie relativiste. L’objet n’est pas perçu en tant que tel mais par une représentation mentale (image mentale) fabriquée en comparant la perception de cet objet avec des perceptions antérieures déjà analysées.

L’objet n’a plus de réalité intrinsèque mais devient le sujet de notre perception. Il se défini, non par ce qu’il est mais par la relation que l’observateur entretien avec lui.

C’est par un mécanisme récurrent que se forme la mémoire (émotionnelle ou cognitive) Chaque élément perçu prend un sens et est mémorisé par comparaison avec les éléments  précédemment intégrés. La conscience se construit pas à pas au fur et à mesure des expériences vécues et forme un réseau logique de connaissance propre à chaque individu. Le vécu et les expériences de chacun étant différents chaque conscience est différente et constitue l’identité du personnage.

Tout événement est vécu par divers individus et donc analysé par des consciences différentes et la perception de cet événement devient différente pour chacun.

L’objet perd de son sens absolu pour se définir dans des perception différente et relatives à chaque individu. L’objet se défini dans sa relation à chaque observateur. 

ON voit donc que dans la philosophie et psychologie relativiste la notion de relation est de toute première importance. C’est dans la relation, dans l’échange que chacun d’entre nous se construit, se défini et représente sa vie. C’est la relation qui fait notre histoire.

Cette création de notre conscience par apports successifs et intégration des nouveaux messages au réseau informel ou logique de la conscience introduit une notion fondamentale : le positionnement.

Lorsque nous percevons un objet, un être, une situation, l’émotion qu’ils nous procurent est confrontée à nos acquis ultérieur, analysé, jaugé, jugé pour leurs donner la place exacte qu’ils doivent prendre dans notre conscience. Cette prise de distance évaluative est ce que l’on peut appeler notre positionnement par rapport à ce que nous vivons. Elle nous permet de nous situer, de nous référencer en permanence, de nous situer dans notre environnement et dans notre vie. Dans une conscience rigide l’intégration des messages sera difficile et ils prendrons vite une connotation négative voire agressive.

L’ensemble des positionnements que nous avons pu prendre au cours des expériences de notre vie défini notre identité (ce qui nous rend unique donc identifiable), c’est à dire ce que nous sommes (psychologie, caractère, tempérament, culture) ou plutôt ce que nous sommes pour les autres.

La psychologie relativiste s’appuie sur cette notion de positionnement, de référence. Schématiquement on peut dire :

L’angoisse est la difficulté à vivre selon des références bien établies. C’est un état de flottement.

L’anxiété est quand l’angoisse trouve un sujet d’accroche pour se référencer. C’est une branche de salut qui devient obsessionnelle

La dépression est la perte des valeurs socio-affectives de référence

La schizophrénie et certains autismes viennent de l’acquisition de références fractionnées et incohérentes entre elles

Le deuil est la perte des références avec « l’objet » qui a disparu et qui était vécu dans une relation fusionnelle, c’est la perte d’une partie de nous-même.

La radicalité est l’acquisition de valeurs de références sociales trop rigide pour être mise en cause par des expériences ultérieures

La boulimie est un déficit de relations affectives chez un individu sujet à l’angoisse

L’anorexie est un déficit de relations affectives chez un individu sur-référencé, à conscience rigide.

En philo-psychologie relativiste c’est la relation qui fait l’humain. C’est la relation qui construit le positionnement, notre conscience, défini nos références, notre identité, et détermine nos comportements.

Nous sommes ce que les autres perçoivent de nous, ils sont ce que nous en percevons. Hors cette relation nous serions cet homme dans l’espace vide et infini décrit au début de cet article … rien !

La violence et la médiation

La violence est l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments naturels.

Dans ce qui va suivre nous nous intéresserons uniquement à la violence ou plutôt aux réactions de violence physique. Nous ne parlerons pas de la violence froidement utilisée pour asseoir, par exemple, une autorité. Les violences d’état, le harcèlement, les violences morales, la coercition, pouvant justifier d’autre développements. La violence dans la domination sadique est également d’une autre nature. Cependant ces autres types de violence cachent également un sentiment ou une crainte d’infériorisation.

On peut s’interroger sur les causes de cette violence et énumérer les raisons sociales, familiales, les psychopathologies, les blessures narcissiques, mais ceci illustre plus les circonstances dans lesquelles va s’exprimer la violence que ses causes profondes.

Recherchons si on peut trouver une cause unique à toutes ces explosions de violences. Par exemple pourquoi dans une discussion qui démarre tranquillement le ton monte progressivement, jusqu’à en venir aux mains ?

On s’aperçoit que derrière toute explosion de violence se cache un sentiment d’impuissance, de frustration, d’incapacité à obtenir ce que l’on recherche.

Reprenons l’exemple précédent d’une discussion qui s’envenime. Deux points de vue s’affrontent et chacun des interlocuteurs veut convaincre l’autre de la supériorité de sa vision. Chacun tente d’argumenter, mais sans succès. Les arguments se font de plus en plus spécieux, de plus en plus de mauvaise foi. Si personne ne cède chacun des interlocuteur se sent impuissant à convaincre l’autre par une argumentation civilisée, et la frustration grandie. On fait alors appel au plus vieux et au plus radical des arguments : La violence physique qui a pour objet la destruction de tout ce qui s’oppose à notre volonté

On peut également prendre l’exemple de l’enfant qui n’arrive pas à faire marcher son jouet et qui de rage le casse. Après avoir éssayé en vain de faire fonctionner son jouet l’enfant s’aperçois de son impuissance et brise l’obstacle qui s’oppose à lui. La violence est dirigée contre l’objet qui lui résiste. La finalité n’est plus de jouer mais de détruire ce qui lui résiste.

Examinons la situation des enfants dit « à problème » qui développent souvent une agressivité à la limite de la violence. Ils en veulent à la terre entière, le plus souvent, en raison de la difficulté qu’ils ont à y trouver leur place (pour toutes sortes de raisons). C’est un cercle vicieux car leur agressivité (due à la difficulté de se situer dans la société) est la raison majeure de leur rejet par « les autres ». Ce rejet accroit leur sentiment d’impuissance à exister dans une société et les poussent à la marginalité. Les aider c’est casser ce cercle vicieux.

Autre exemple dans le sentiment d’agression. Lorsque l’on se sent agressé par une personne, une situation, on peut souvent avoir une réaction violente. On peut tout d’abord tenter de gérer la situation par le dialogue et si cela échoue la violence éclate facilement. C’est une réaction classique dans les comportements paranoïdes dans lesquelles la réponse vers un individu peut être la violence physique. Évidement face à une situation, faute d’adversaire physique clairement identifié, la réponse violente sera dirigée vers la situation sous une forme plus organisée et plus perverse. Elle couvrira toujours le désir d’éliminer l’objet de résistance.

A contrario lorsqu’un individu domine facilement une situation, sur le plan physique, il n’aura jamais le besoin de recourir à la violence physique . Ceci explique la passivité des « grands costauds » et l’agressivité des « petits roquets ». Ce peut être différent si le plus costaud est entrainé sur un autre terrain ou il n’aura pas le dessus !

Derrière toute explosion de violence se cache toujours un sentiment d’impuissance devant la situation et un désir d’éliminer radicalement ce qui fait obstacle à nos désirs.

Comprendre la violence et ses mécanismes est fondamental pour pouvoir la gérer (chez soi et chez les autres !)

Lors d’une discussion, d’un conflit, si on veut que le débat ne dégénère pas en pugilat on doit toujours éviter d’acculer son adversaire dans une position sans issue, dans laquelle la seule porte de sortie serait de vous détruire.

Dans une médiation, souvent, l’un des participant prend un ascendant majeur sur l’autre le plaçant en situation d’impuissance. C’est toujours une situation à éviter. Une victoire par KO est une médiation achevée, classée, mais c’est une médiation bâclée totalement ratée ! Le problème est réglée mais la haine entre les participants exacerbée.

Intelligence artificielle et vision dualiste du monde

Alors que notre vision cognitive du monde est terriblement binaire, notre vision émotionnelle est, elle plus empreinte de continuum et de nuances.

En dehors des concepts quantitatifs représentés dans un modèle mathématique comme la température, la durée, la distance …notre approche qualitative du monde est paradoxalement essentiellement binaire. On est grand ou petit,  riche ou pauvre, jeune ou âgé et l’appréciation des continuum ou des limites nous est extrêmement difficile. A partir de quelle limite est on riche, grand, ou âgé ? nous peinons à le définir de façon univoque. C’est le principe de la vision dualiste de notre univers occidental.

Paradoxalement dans ces circonstances nous ne sommes à l’aise que dans le tout ou rien, la nuance étant toujours la source de débats et de nos conflits. C’est une « quantivation » curieuse puisqu’elle repose sur « rien », c’est à dire zéro  ou sur tout c’est à dire l’infini, les seuls éléments de numérisation totalement indéfinis. Zéro, c’est rien, c’est le néant, la non existence. L’infini c’est tout … c’est à dire rien en particulier ! Le zéro et l’infini se rejoignent sur un concept commun : le néant.

Dans nos modèles de représentation logiques, tout est basé sur cette notion de oui ou non, de tout ou rien. Nous ne savons pas représenter le peut-être ou l’à peu près.  Notre modèle du cerveau est basé sur  la connexion ou non  des synapses neuronaux, c’est à dire dans le modèle oui ou non, qui se traduit dans l’intelligence de nos ordinateurs par des bytes valant 0 ou 1.

Ce sera sans doute le grand défi de l’intelligence artificielle car quelque soit la sophistication de nos algorithmes, ils se terminerons inévitablement par des choix binaires 0 ou 1.

Notre univers émotionnel et bien différent. Il admet toutes les nuances, tous les continuum. Certes il se représente dans notre univers cognitif  sous forme logique binaire, mais ce n’est pas sa nature profonde. Notre monde cognitif n’est qu’une représentation, une image codifiée de notre univers intime émotionnel, une forme de schéma simplificateur. Il est la tentative de fournir la meilleure représentation  de ce qui n’est pas représentable : le chaos du monde des émotions.

C’est bien sûr là que va pêcher l’intelligence artificielle. Comme notre cerveau (du moins dans sa représentation actuelle) l’ordinateur ne sait que gérer 0 ou 1. Pas question à ce jour de continuum entre les deux. Sur un octet les bytes sont à o ou 1 et jamais à 0.43794 ou 0.82745. Dans notre cerveau les synapses sont connectés ou non, mais jamais plus ou moins connectés. On pourra avoir une intelligence artificielle représentant notre univers cognitif mais il sera très difficile (impossible aujourd’hui) de représenter l’univers de nos émotion. L’ordinateur ne sait pas gérer le chaos, l’aléa, l’incertitude.

C’est peut-être une bonne nouvelle, l’ordinateur pourra nous aider, être à notre service, mais il est loin d’être capable de nous supplanter 

Narcissisme chez les dirigeants et le enfants

LES DIRIGEANTS

Ce n’est plus un secret que la majorité des dirigeants politiques ont une tendance au narcissisme. Arriver au sommet de la pyramide du pouvoir est une tâche si difficile qu’il est quasiment impossible de l’accomplir sans une totale surestime de soi, une haute idée de sa valeur et de son destin. Tous nos présidents ont été plus ou moins narcissiques, De Gaule, Sarkozy, Chirac, Giscard, Macron , Hollande, pour essayer de les classer dans un ordre décroissant. (et ce, sans aller rechercher dans l’histoire Louis XIV ou Napoléon)

Derrière tout narcissique se cache un paranoïaque en sommeil !  Ce sont deux pathologie de même origine, une raideur  excessive de la conscience.

Cette surestime de soi ne se produit pas par hasard, elle est le fruit d’un sentiment d’insécurité, d’un réel doute sur ses capacité, compensé par un affirmation narcissique de défense.

C’est sur ce doute latent que se construit la position paranoïaque, le sentiment diffus d’être menacé dans son pouvoir apparaît dans la difficulté. Plus le pouvoir grandi et plus la possibilité de dérive paranoïaque menace.

Dans nos régimes démocratique le pouvoir n’est jamais absolu, et les contre-pouvoirs permanent. Aucun de nos dirigeants n’a sombré dans la paranoïa. Il n’en est pas de même dans les régimes autoritaires.

Hitler, Staline, Mao ont terminé leur carrière dans un  délire paranoïaque (hypocondriaque pour Staline) voyant partout des ennemis à éliminer.

Erdogan est un plein virage et depuis un ou deux ans sa paranoïa s’affirme

Trump montre tous les signes de sa dérive. Il ne voit plus que des ennemis, il se sent victime et persécuté. Il était grand temps de l’arrêter.

Poutine est certes un narcissique affirmé, il a évidemment des tendances paranoïa, mais un tel contrôle sur ses émotion qu’on peut le penser à l’abri de cette évolution.

La leçon à tirer de cette histoire et qu’il  faut toujours se méfier des « grands hommes ». Leur sentiment de supériorité plait aux populations qui aiment se sentir protégés par qui, elle pensent plus fort qu’eux. Elles s’abandonnent à lui, lui donnent tous les pouvoirs, enflent son narcissisme et fabriquent de ce fait la paranoïa qui va apparaître à la moindre contrariété.

De façon générale on n’accède pas au pouvoirs en tant que dictateur, on le devient. C’est le peuple qui fabrique ses dictateurs, il fabrique ses idoles pour enfin les bruler.

Ne blâmons pas les dictateurs, mais ceux qui les ont porté aux nues !

Comme quoi dans la démocratie, si vacillante soit-elle, les contre-pouvoirs sont la meilleure défense contre les dictatures folles

L ENFANT EST-IL NARCISSIQUE ?

On avance souvent l’hypothèse que l’enfant passe obligatoirement par une période narcissique pour former son identité. On peut voir les choses différemment.

Le narcissisme est une sur évaluation de l’image de soi, une raideur de la conscience, sans doute une défenses contre un sentiment d’infériorité dû à des troubles de l’enfance. Dans la mesure où il y a sur ou sous-estimation de son image cela suppose une relation différenciée, distanciée avec l’autre. Estimation signifie relation, relativité et image implique un comportement cognitif. Ces deux élément ne sont pas du domaine de l’enfance mais plutôt de la maturité.

Comment donc expliquer ce narcissisme apparent chez l’enfant ? Pour résoudre cela, plongeons nous dans l’univers de l’enfant.

En pleine formation de sa conscience cognitive l’enfant vit principalement sur un mode émotionnel, en fusion avec son environnement (Parents, frères et sœur, …). C’est à dire qu’il a très peu de distanciation avec ses proches et il les vit comme faisant partie de son univers. Il n’a pas d’autonomie réelle, pas de distance avec les autres et les voit  comme n’ayant pas de distance avec lui. C’est un univers totalement fusionnel. Il n’imagine pas « les autres » comme ayant une vie propre, autonome, et dans laquelle il n’existerai pas. Il ne voit dans « les autres » que ce qui les relie à lui et ne leur attribue pas une réalité autre que celle qu’il vit avec eux.

C’est une position egocentrique mais pas narcissique (sauf pathologie particulière) Il est le centre de son univers, peuplé par ses proches. Il ne perçoit que la partie de l’univers, de son environnement en fusion avec lui.

C’est en prenant son autonomie (dans la maturation) qu’il se sentira différent, distancié, des autres, et donc sentira que les autres sont différents de lui. Le passage d’une relation fusionnelle aux autres à une relation empathique corrigera cet égocentrisme de la fusion.

Il n’y a pas, sauf pathologie, de narcissisme chez l’enfant mais une position centrale dans l’univers qu’il vit. L’éducation moderne qui sur protège l’enfant, l’enferme sans sa bulle régressive, l’empêche de prendre son autonomie et de sortir de son univers égocentré .

A force de classifier les pathologies par leurs conséquences comportementales et non par leur causes psychologiques on finit par tout mélanger !

Les addictions

Les addictions

On peut définir l’addiction, dépendance, autrefois assuétude, comme l’envie répétée et irrépressible de faire ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire. Cette définition concerne des envies ou besoins non nécessaire et exclue évidemment les besoins vitaux.

Les addictions peuvent être nombreuses et variées. Citons l’alcool, les drogues, les jeux d’argents, les jeux vidéo, la masturbation, la boulimie, les achats, les smartphones, l’anorexie.

Les addictions ont de façon générale pour origine un déficit de repères chez des sujets angoissés ou anxieux et c’est cette absence de positionnement que l’addiction tente maladroitement de corriger.

L’angoisse n’est ni un sentiment, ni un ressenti. Elle est par nature inconsciente est traduit une incapacité à se situer. C’est une position flottante due à une conscience cognitive trop laxe. Le sujet ne se situe pas par rapport aux autres, par rapport aux situations, il a du mal à se définir. Il se construit sur un socle flottant. Le besoin de se « raccrocher aux branches » se fait particulièrement urgent en période d’inactivité quand le sujet se retrouve face à lui-même. Il a alors besoin d’un coup de fouet. C’est le propre des sujets à conscience cognitive trop laxe. Ce « coup de boost » peut être recherché soit dans une satisfaction physique, soit affective, soit purement psychique

  1.  recherche d’une satisfaction physique
    L’alcool, la tabac, la masturbation vont donner une satisfaction physique immédiate, une sensation forte à travers laquelle le sujet aura l’impression de se resituer et donc d’exister. C’est évidemment une sensation éphémère qui disparaitra avec l’effet qui l’a crée
    la boulimie et l’addition aux smartphones impliquent en plus un déficit affectif que le sujet va compenser par un besoin impérieux d’ingérer pour la boulimie ou la recherche de contact permanent pour le smartphone
  2. La recherche d’une satisfaction psychique
    Le sujet à tendance pour se sentir exister à rechercher une excitation intellectuelle, à se redéfinir dans une fébrilité  permanente. C’est le cas dans l’addiction aux jeux (d’argent ou vidéo) et aux drogues comme la cocaïne et pour certains le goût du risque. Le tabac peut également figurer dans cette catégorie dans la mesure ou l’addiction au geste de fumer est présente.
  3. La recherche de la négation de soi
    C’est le cas du cannabis et des drogues « anesthésiante ». Le sujet ayant des difficulté à se situer dans son univers, il utilise ces substances pour accéder à un monde ou la référence, le positionnement n’existe plus. Il se sent adapté à cet univers
  4. L’anorexie est un cas un peu particulier
    Elle résulte d’une difficulté à se situer, principalement dans le passage à l’âge adulte. Elle est une addiction un peu particulière car c’est une addiction non pas à l’acquisition mais à la privation. La récompense vient du sentiment de puissance que donne le contrôle sur soi-même. C’est à travers cette domination de lui-même que le sujet se sent exister

De façon générale les addictions résultent d’une difficulté à se situe, à se positionner, donc à se définir et se sentir exister. Elles constituent des palliatifs à cette difficulté de sentir exister, mais leur effet et toujours éphémère et ne corrige pas le problème de fond.

De plus l’addiction n’a pas seulement des causes, elle a aussi des effets très souvent délétères. La recherche de stabilisations jamais satisfaites auto-alimente l’addiction, soit par besoin répétitifs, soit par une véritable addiction biologique à certaines substances.

La mort en psychologie relativiste

C’est notre vision de la vie qui conditionne notre vision de la mort !

Traditionnellement on voit la mort comme la fin de la vie, ce qui est parfaitement raisonnable. Malheureusement la vie est plutôt difficile à définir. Elle peut avoir tant de définitions qu’elle n’en a aucune. La mort,  fin d’une chose non définie, reste donc un concept des plus vague.

Dans nos représentations, la vie vient du monde minéral. Par exemple, les plantes tirent des minéraux de la terre les éléments qui leurs servent à fabriquer de la matière organique végétale vivante. Les herbivores mangent les plantes pour fabriquer de la matière animale vivante, les carnivores mangent cette matière animale vivante. Cette matière vivante fini toujours par mourir pour donner de la matière organique non vivante. Par décomposition cette matière organique finit par donner de la matière minérale. C’est le cycle de la vie. Comme nous l’a dit Jésus Christ (pas si bête le petit Jésus !), tu es poussière et tu retourneras en poussière !

Mais ceci ne définit pas la vie, le mystère du passage de la matière morte à la matière vivante et de la matière vivante à la matière morte,reste un mystère, mais a le mérite de mieux cerner le problème.

Dans la psychologie relativiste la vie est la capacité d’échanges (de relations) avec son environnement pour y réagir et trouver matière à enrichir sa conscience. Cette définition s’applique aux plantes, aux animaux, et aux humain (avec des niveaux de conscience très différents). L’existence même réside dans la conscience, qu’elle soit organique, émotionnelle, ou cognitive. Dans la matière vivante comme dans la matière morte les éléments constitutifs (Atomes et molécules) sont identiques, mais dans la vie ils réagissent entre eux et dans la mort non ! (*)

La psychologie relativiste nous propose donc une définition de la vie et donc, par voie de conséquences, de la mort. Bien sûr ce n’est pas la seule possible, mais dans le cadre de notre philosophie c’est celle qui s’impose.

Ce qui est intéressant c’est que la vision de la vie entraine « de facto » la vision de la mort et va régir nos comportements et, tout particulièrement dans ce paragraphe, notre attitude vis à vis de cette dernière.

Nous n’avons aucun scrupules lorsqu’une plante est fanée (morte) pour la bruler ou la jeter aux ordures. C’était de la matière vivante, elle est maintenant morte et a perdu  toute valeur à nos yeux. C’est tout à fait la position de la psychologie relativiste.

Pour un animal, c’est un peu différent. Pendant longtemps la mort d’un animal a été vécue comme la mort d’une plante. On a pu regretter la perte de son usage (un bon cheval,  une bonne vache) mais on se souciait peu de la perte de l’être, l’animal n’avait pas d’âme ! (comme c’était le cas pour les indiens d’Amérique, les peuples primitifs, et les esclaves)

Avec l’apparition des animaux de compagnie les projections anthropomorphiques ont donné à l’animal un statut qui les rapproche des humains et progressivement on les a traité comme tels. On se soucie du bien être animal, on choie son chat ou son chien, on s’inquiète pour eux, on choisi avec soin leurs croquettes bio, on les soigne, on les assure, …. Bref on est très loin de la vision de l’animal d’il y a seulement un siècle. De nos jours l’animal a pris sa place au milieu des humains. On peut trouver cela souhaitable ou excessif, mais c’est un fait que l’animal s’éloigne des plantes pour se rapprocher des humains.

Pour nous, les humains, c’est bien complexe. Notre haut niveau de conscience nous a amené à développer un fort niveau de représentations, pas toujours cohérentes, et qui perturbent notre approche de la mort.

Une des grandes utopie est la notion de « vie éternelle » , c’est elle qui a embrouillé notre vision de la mort.

De tout temps les hommes ont eu peur de mourir, c’est pourquoi toutes les religions, toutes les croyances ont développé une notion de « vie après la mort ». Dans le Christianisme, le Judaïsme, et l’Islam on retrouve les notions plus ou moins similaires de Paradis. Dans la civilisation Gréco Romaine ce sont les enfers ou les champs Élyséens, Dans le Bouddhisme et l’Hindouisme on a la notion de réincarnation, de Nirvana. On retrouve souvent dans les religions primitives le culte des ancêtres et de la protection qu’ils assurent aux vivants. Bref toute l’humanité veut croire à une vie « post mortem ».

Le paradoxe qui surgit c’est que chacun croit à une vie plus ou moins idyllique après la mort, mais que chacun craint cette même mort.

Alors, on y croit ou on n’y croit pas ?

Il est certain que les adeptes de la vie éternelle y croient « avec modération » et c’est bien là tout le problème. Croire pour se sécuriser à une vie après la mort, associé à une totale incertitude, une absence totale de représentation  de ce « paradis » et générateur d’angoisse. Savoir que quelque chose va se produire (même un événement positif) sans savoir ce qui va se passer, comment cela va se passer, ne permet pas un positionnement clair vis à vis de la situation. L’absence de positionnement, le manque de repères, crée incertitude et donc angoisse. On n’arrive pas à croire à la « vie éternelle » sans en  avoir peur. On l’espère mais on la craint !

La position de la psychologie relativiste est plus claire. L’être étant défini comme la capacité à vivre sa conscience, la mort éradiquant toute conscience, Il devient un non être. Il est plus facile de se voir non exister qu’exister dans un univers indéfini, improbable, incertain.

Cette croyance de la disparition de « l’être » avec la mort, cette vision, entraine une modification totale des comportement vis à vis de notre fin.

Un certain nombre de pratiques impliquent une croyance à une « vie éternelle » ou du moins à une sorte de survivance de « l’être » après la mort :

Respect des dernières volontés du défunt
Visite sur les tombes
Cérémonies mortuaires
Célébration des anniversaires
Culte des ancêtres
Fidélité aux engagement pris

Dans la vision de la psychologie relativiste elles perdent tout leur sens. Le défunt a existé, on en garde le souvenir, il fait partie de ce que nous sommes par la relation que nous avons eu avec lui, mais il n’existe plus en tant qu’ « être » et toute tentative de renouer avec lui n’a aucun sens. On ne relation pas avec le néant

Citons-ici quelques propos d’Épicure qui conçoit la vie comme la capacité à percevoir des sensations (ce qui n’est pas loin de la psychologie relativiste :

« Familiarise-toi avec l’idée que la mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or, la mort est la privation complète de cette dernière. Ainsi, celui des maux qui fait le plus frémir n’est rien pour nous, puisque tant que nous existons, la mort n’est pas, et que la mort est là où nous ne sommes plus. »

 La vie et la mort s’excluent réciproquement l’une l’autre : « Quand nous existons la mort n’est pas là, et lorsque la mort est là, nous n’existons pas ».

La mort n’existe ni pour les vivants, ni pour les morts. En bref, elle n’est pas un sujet de préoccupation.

Malgré tous ces beaux discours il n’en reste pas moins que l’idée de la mort reste pour nous une perspective plus que désagréable. Note vie est basée sur le principe d’une fuite en avant, nous vivons tous dans l’idée d’une perspective future. Passée l’angoisse métaphysique de la mort, reste la fin de cette fuite en avant, la fin de toute projection dans le futur… c’est à dire : la fin

Dans la psychologie relativiste la construction de notre conscience est la structuration de nos vécus en un récit de notre vie organisé selon la logique d’une cause entraine un effet, d’un avant suggère un aprés. La mort est la fin de la conscience, la fin de l’écriture de ce récit, … l’apparition d’une cause sans effets, d’un avant sans son après !

Malraux faisait dire à Perken, un de ses personnages du roman « la voie royale »

Ce qui est difficile dans la mort c’est d’arrêter d’écrire sa biographie

(*) C’est le principe de la datation au  carbone 14

L’énigme de la conscience : émotion ou cognition

J’ai toujours décrit la conscience comme composée d’images mentales reliées entre-elles par de liens logiques de dépendance. Tout cela est bien beau, mais il reste en suspens certains problèmes

  1. Comment peut-on représenter la notion d’images mentales et de relations logiques ?
  2. Lorsque nous communiquons, notre cerveau reçoit-il un message cognitif analysé par notre conscience cognitive, ou un message émotionnel analysé par notre conscience émotionnelle

Nous allons essayer de répondre à ces deux questions.

Lorsque nous percevons notre environnement, c’est avec nos cinq sens, et uniquement à travers nos cinq sens. Le message reçu (Visuel, Auditif, Olfactif, Gustatif, tactile) est transmis, via des récepteurs, sous forme de signaux électriques au cerveau. Cette perception nous donne une sensation enregistré dans le cerveau. Cette sensation, cette impression, est à ce stade dépourvue de tout sens et ne représente rien. Pour qu’elle prenne un sens elle devra être assortie d’une représentation formalisée qui lui prêtera une signification.

  1. C’est en comparant cette nouvelle sensation à des sensations anciennes (qui elles ont reçu leur formalisation, leur signification) que celle-ci va prendre un sens. Cette comparaison, va donner une valeur à la sensation perçue en créant cette fameuse relation logique entre elle et les sensations déjà explicitées dans notre mémoire. C’est dans le positionnement de cette sensation par rapport aux sensation déjà explicitées que celle-ci va prendre son sens, sa valeur.
    Dans la conscience, chaque image mentale est assortie de liens logiques avec le reste de la mémoire. C’est le couple image mentale – relation logique qui en est l’élément constitutif.
    Notre mémoire est donc composée d’un niveau émotionnel constitué par l’enregistrement de l’ensemble de sensations perçues, et d’un niveau cognitif constitué de l’ensemble des relations logiques de dépendance (ou de comparaison) entre les sensations (images mentales) stockées. La somme de ces deux « niveaux » constitue notre conscience
  2. En ce qui concerne la communication, la solution de notre problème résulte de l’énoncé précédent. Lorsque nous recevons, dans la communication, un message que celui-ci soit verbal, visuel, olfactif ou autre, il ne peut être perçu  que par nos sens, et uniquement par nos sens. Dans cette configuration nous ne pouvons percevoir dans le message que sa partie « émotionnelle », la seule accessible à nos sens, et en aucun cas sa partie cognitive voulue par notre interlocuteur.
    Ce n’est qu’ultérieurement que l’analyse de cette perception (sensation) par notre conscience, la comparaison avec des sensations anciennes déjà explicitées redonnera à ce message les contenu cognitif voulu par notre interlocuteur. On comprend aisément pourquoi le sens du message perçu n’est pas toujours exactement le sens que l’autre à voulu lui donner. Plus la culture est commune, plus les apprentissages sont communs et meilleur sera la transmission de l’information.

La perception est immédiate et ne nécessite aucun apprentissage, elle est pratiquement d’un niveau organique. C’est pourquoi la conscience émotionnelle est le moteur de la vie animale. Par contre la construction de la conscience cognitive, principalement réservée aux humains, est lente car elle suppose un parcours complexe et nécessite une communication avec les autres dans un processus d’apprentissage.

C’est pourquoi les enfants vivent sur le mode émotionnel et le passage à l’adulte, au mode plus cognitif est long et périlleux. La perception, la sensation, ne se trompe pas, par contre son interprétation dans la conscience cognitive et périlleuse et donne lieu à de nombreux contre-sens. C’est pourquoi l’humain a besoin de communication pour évoluer vers le stade adulte. Il n’est pas de développement humain sans apprentissage de la vie et donc sans échanges avec ses semblables.

Le monde réel ou virtuel

Ce que je vais raconter ci-dessous va vous paraître plutôt « abscond », dérangeant, voire farfelu. Ne le rejetez pas à priori, lisez jusqu’au bout, laissez reposer, réfléchissez et revenez-y ! Paris ne s’est pas construit en un jour, notre pensée non plus.

C’est la grande mode que de découvrir, notamment avec internet le « monde virtuel »

Virtuel est un adjectif (qui peut être substantivé : le virtuel) utilisé pour désigner ce qui est seulement en puissance, sans effet actuel. Il s’emploie souvent pour signifier l’absence d’existence. C’est le domaine du possible non existant physiquement. Pourtant le virtuel, non existant, existe bien. Il est donc bien réel !

On doit donc distinguer le virtuel de la pure fiction qui qui serait plutôt du domaine de l’impossible ou improbable non existant.

Il devient donc parfois difficile de distinguer le réel du virtuel puisqu’ils présentent tous deux la même apparence de réalité.

Le cinéma, la télévision sont-ils du ressort du virtuel puisque l’on vit une situation à partir d’une simple représentation codifiée de celle-ci, ou du réel puisque le fait initial sur l’écran est bien réel ?

Penser à un souvenir, revivre en pensée un événement passé est-il du domaine du réel puisque cet événement a bien existé ou du virtuel puisque l’on revit une situation qui n’existe plus ?

Une photographie est-elle un témoignage réel puisqu’elle symbolise un personnage réel à travers un document papier réel ou un témoignage virtuel puisqu’elle nous permet de vivre la présence de cette personne en son absence ?

Lorsqu’un comédien interprète un rôle, c’est un personnage réel qui fait vivre un personnage virtuel, ou est la réalité, l’illusion, ou le réel ?

Ces quatre exemples posent le problème de la représentation codifiée, symbolique, et de son rattachement à l’un des domaines que nous voulons étudier. Peut-on dire que le réel est un fait et que sa représentation est virtuelle et dans ce cas que la majorité des concepts médiatiques que nous manipulons seraient du ressort du virtuel, ou au contraire que la représentation symbolique, à travers un dessin, un écran, un livre sont bien des faits réels et donc que la majorité de ces concepts seraient du domaine du  réel. C’est bien embrouillé, et c’est bien normal car nous allons voir que la distinction entre réel et virtuel n’est pas un fait mais un interprétation intellectuelle de nos perceptions

La réalité

Commençons par la réalité qui paraît paradoxalement plus facile à établir

La réalité est l’ensemble des phénomènes considérés comme existant effectivement. Ce concept désigne donc ce qui est physique, concret, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif.

Une table, une pomme, une personne vivante, une maison, sont des éléments factuels du domaine de l’existant donc bien réels. On peut les toucher, les voir, les entendre, les sentir, les gouter. A travers nos sens  nous percevons la réalité. Tout ce que l’on peut, a travers nos sens voir, entendre, toucher, sentir gouter sont donc le réel. Néanmoins sont également considérés comme faisant partie du réel toutes les entités dont nous avons connaissance même si elles sont hors de portée de nos sens. La statue de la liberté à New York est bien réelle même si nous ne la percevons pas mais que nous savons qu’elle est là et qu‘ elle existe. C’est donc la connaissance plus que la perception qui définit le concept de réalité. Celle-ci deviendrait alors un artefact cognitif de notre culture et non plus un fait perçu. Il suffit que l’on nous ai appris qu’une entité est réelle pour qu’elle le devienne, sans que nous puissions le vérifier par nous-même. La réalité n’est plus un fait personnel, vérifié et éprouvé par nous, mais un fait culturel basée sur la confiance dans nos apprentissages. De tout temps les hommes ont cru en la réalité des dieux, non pas qu’ils en ait fait l’expérience personnelle, mais parce qu’on leur a appris qu’ils existaient. Les dieux, leurs assistants (anges, démon divers, sous-dieux) sont donc bien réel par culture, apprentissage, confiance, croyance.

L’étude de la géographie, de l’histoire sont des faits culturels auxquels nous croyons sans en avoir toujours l’expérience personnelle.

A travers ces exemples on commence à voir poindre une frontière assez floue entre réalité et virtualité.

La virtualité

Elle est loin d’être nouvelle et le meilleur exemple en est le langage et l’écriture. Une langue est l’outil  de la représentation symbolique d’une pensée. Simplement à partir des 32 « phonèmes »(*) de la langue Française nous pouvons parler, traduire nos pensées et les échanger avec les autres. Il s’agit bien d’une expression codifiée de notre pensée. Pour l’écriture c’est encore un peu plus complexe puisqu’il s’agit d’une codification des phonèmes (eux même codifiés) à partir de quelques symboles graphiques (les lettres et les signes diacritiques). Le langage écrit ou parlé est donc une virtualité totale permettant de communiquer entre les humains des pensées forcement abstraites. On commence à percevoir les limites de notre réalité. Si notre perception personnelle de la réalité peut être envisagée, la communication impose une codification, un symbolisme qui est par essence virtuel. Toute communication par un mode formalisé , et touchant à la sphère cognitive est virtuelle. Le cognitif est lui-même la virtualisation, à visée universelle, d’une perception personnelle.

Se pose maintenant le problème de la communication émotionnelle, les non-dits les sensations, sont-elles du domaine de la réalité ou de la virtualité ? La réponse est simple : La question n’a pas de sens car virtualité et réalité sont des concepts du monde cognitif et n’ont aucun sens lorsque l’on s’adresse aux émotions. Peut-on parler de rage, de tendresse à propos d’une pomme de terre !

Nous reste à traiter le problème de nos perceptions, personnelles et identitaires. Cherchons à en expliquer le mécanisme. Nous percevons notre environnement à travers nos cinq sens :Vue, ouïe, odorat, goût, et toucher. Ce sont nos seul outils de perception connus à ce jour, nos seul moyens de percevoir notre univers, d’en prendre conscience. Nous prendrons à titre d’exemple le sens de la vue, mais ce qui sera dit peut s’appliquer à chacun de nos sens.

Que se passe-t-il lorsque nous voyons un objet ?

 D’abord nous ne voyons pas l’objet mais uniquement la lumière qu’il réfléchit. En l’absence de lumière nous ne voyons rien ! L’objet lui-même  ne nous est pas accessible … c’est une première entorse à la notion de réalité !

Cette lumière frappe l’œil et, en traversant le cristallin, est dispersée sur la rétine par un système plus ou moins similaire aux systèmes optiques. Les cellules de la rétine transforment cette énergie lumineuse en  énergie électrique qui sera transmise vers le cerveau via les nerfs optiques … on s’éloigne pas mal de la réalité et on s’approche d’un schéma de communication codifiée !

Le cerveau reçoit ces impulsions électriques et les enregistre dans la mémoire. Mais à ce stade elles n’ont encore aucune signification et sont simplement du registre des émotions. Pour leur donner un sens, notre cerveau va maintenant les comparer à des enregistrements antérieurement appris. C’est ici que la notion d’apprentissage va prendre toute son importance.

Lorsque, par exemple, enfant on vous a appris à reconnaître les couleurs, votre maman, papa, vous ont montré, par exemple, un carré vert. Votre cerveau a enregistré les signaux électriques reçus. On vous a alors dit : «  c’est du vert ». Maintenant vous avez associé la vision du carré vert et la notion cognitive de «vert ». Chaque fois que votre cerveau recevra ce type de signaux il les identifiera comme générés par une entité verte. Notre vie est un constant apprentissage et à chaque instant nous apprenons ou reconnaissons des milliers de sensations visuelles qui sont autant d’images mentales intégrées dans notre mémoire. Notre conscience est ainsi peuplées de milliards d’images mentales indexées  entre elles par des liens logiques de dépendance.

Ce qui est valable pour les perceptions visuelles l’est également pour les perception sonore. Les sons, les bruits, se perçoivent mais leur significations’apprend. L’apprentissage des « phonèmes » va permettre le langage. Il est très difficile de bien parler une langue étrangère car les phonèmes de base de la langue n’ont pas été acquis dans le plus jeune âge et deviennent difficiles à intégrer à l’âge adulte. On a toujours tendance à se référer aux anciens phonèmes acquis dans notre jeunesse. Un Français parlera toujours l’Anglais avec « un accent Français »

L’odorat, le goût, et le toucher sont plus difficiles à intégrer car les repères cognitifs appris manquent en référence. Seuls les odeurs, les goûts, et les sensation tactiles les plus fréquentes fournissent un apprentissage entier qui permettra de les identifier, c’est pourquoi, par faute de véritable apprentissage ces sens sont moins développés et moins utilisés.

On comprend après tout cela comment il est difficile d’approcher la réalité du monde. Nous ne voyons pas le monde mais simplement son reflet, transformé en signaux électriques et identifié à partir de l’apprentissage que nous en avons fait. C’est cet apprentissage, cette culture au sens le plus large qui donne un sens à ce que nous percevons. Nous avons, par principe, par décision, appelé réalité ce que nos sens nous transmettent analysés dans un univers culturel. Cette réalité n’est pas un fait mais une définition a priori. La réalité est une construction intellectuelle, dans notre conscience cognitive, elle n’est donc que de nature virtuelle et la frontière entre réalité et virtualité est tombée !

Mais nous avons décidé que cette représentation virtuelle personnelle de notre monde était notre réalité, c’est pourquoi cette réalité n’est pas exactement la même pour tous le monde (*) Un phonème est la plus petite entité de son utilisée dans un langage

Les émotions en psychologie relativiste

Comme pour tout affect humain les émotions vont mettre en jeu tout le spectre de notre conscience pour balayer de la réaction inconsciente jusqu’au comportement et à son analyse cognitive.

C’est l’essence même de la psychologie relativiste de penser que le passage de la perception à l’expression est un jeu de formalisations successives qui nous font passer de la pulsion informelle  au comportement formalisé.

Principe de l’émotion

Émotion signifie mouvement, ce qui implique modification d’un état énergétique.

Considérons, un instant, notre psyché comme un système énergétique ayant atteint un certain équilibre. Tout apport d’énergie à ce système va entrainer un déséquilibre qui tend à le faire bouger. Selon le second principe de la thermodynamique, un système isolé ne peut évoluer que vers le chaos, la déstructuration. Tout apport à notre psyché, à notre conscience devrait donc se traduire par une tendance à sa désorganisation. L’émotion devrait donc nous éparpiller. Mais contrairement à l’énoncé de ce second principe notre psyché n’est pas un système isolé, mais au contraire un système en échange permanent avec son environnement. Tout apport d’énergie à ce système en perpétuelle relation va, au contraire, induire une structuration supplémentaire à notre conscience. En effet tout apport d’énergie à un système organisé non isolé va le faire passer à un niveau énergétique supérieur.  C’est l’idée même de la psychologie relativiste d’envisager les expériences de la vie, nos multiples perceptions, comme l’élément structurant de notre pensée, comme l’élément moteur qui nous feras passer du chaos originel de la petite enfance à la pensée organisée de l’âge adulte.

L’émotion, le message perçu, sera le carburant, l’apport énergétique qui fera évoluer notre pensée vers un niveau d’organisation, donc de formalisme, supérieur. L’émotion va nous structurer et nous faire devenir, passer d’une pensée purement émotionnelle, sans cohérence, sans formalisme à une conscience cognitive organisée et capable de se représenter sur un mode verbalisable et échangeable.

En d’autres termes, sans émotions, pas de mouvement, pas d’évolution, pas de vie, pas de prise d’identité.

On conçoit alors que l’étude de l’émotion soit fondamentale dans la représentation de la vie. Comme les aliments sont une nécessité vitale pour notre existence physique, les émotions sont une nécessité vitale pour notre développement psychique.

Le mécanisme de l’émotion

On peut résumer le mécanisme de l’émotion dans le schéma suivant, que nous allons expliciter :

Le chemin de l’émotion

Avant tout l’émotion commence par une « perception », un ressenti à travers nos sens : Ouïe, Vision, Odorat, goût, et toucher. Ce sont, ou du moins on le pense aujourd’hui, nos seul moyens de communication avec le monde qui nous entoure.

Ces messages qui ne sont, à ce stade, que de simples signaux électriques (on retrouve ici la notion d’apport énergétique) vont être transmis à notre cerveau pour une première analyse rapide et inconsciente. Ils vont être analysés en termes d’impact, d’importance et en termes de nouveauté. C’est à travers ces critères d’impact et de nouveauté que va se produire la première réaction de notre organisme. Plus le message reçu sera important et nouveau et plus l’émotion sera forte.

Si l’émotion est purement sensorielle (qui ne met en jeu aucun imaginaire) nous aurons une réaction purement organique, comme pourrait l’avoir une plante. Une brulure déclenche une nécrose des tissus, un coup un hématome, par exemple.

Chez les humains l’émotion est rarement de niveau purement sensoriel car nous avons en nous (c’est la différence avec les plantes) un imaginaire inconscient acquis au cours de nos expériences de la vie. S’il est mis en jeu par l’analyse, on va déclencher des réactions émotionnelles inconscientes comme une suée, des palpitations, des crispations, des gestes incontrôlés, des rougeurs, des diarrhées. C’est en fait l’animal qui est en nous qui réagit à son bouleversement émotionnel

Mais nous ne sommes pas que des animaux et nous avons aussi des capacité d’analyses un peu plus élaborées. Le message perçu est maintenant analysé avec un peu plus de perspicacité. Il est comparé et évalué à l’aune de nos expériences passées sur un mode un peu plus formalisé que l’analyse quasi inconsciente précédente. Nous allons développer ce qu’on peut appeler un « sentiment » vis à vis de la situation évoquée par le message. De ce dernier, se développe une représentation, certes encore floue et imparfaite,  mais qui nous en donne une approche un peu plus cognitive. C’est une sorte d’impression que l’on aurait du mal à décrire, mais que nous ressentons confusément. Nous avons alors la capacité de nous situer par rapport à la situation, de nous positionner, de la prendre en compte dans notre univers personnel

Nous développons alors ce que l’on peut appeler une « attitude » vis à vis de l’événement (du message). Nous pouvons apprécier à peu près les conséquence qu’il pourrait avoir, en évaluer les avantages ou les inconvénients, la gravité ou la banalité, bref comme on dit « nous en faire une idée »

Mais dans un système tout apport d’énergie est déstabilisant et a besoin d’être consommé. Il va l’être de deux façons

  1. En intégrant cette expérience à notre système de pensée, c’est  à dire en créant des liens logiques de structure, de dépendance, entre la représentation de cette expérience et celle des expériences passées. La structuration d’un système nécessite un accroissement de son niveau énergétique . C’est en construisant ces liens logiques que nous fabriquons notre positionnement vis à vis de cet événement. Ils vont être les relations entre ce nouvel apport et nos acquis anciens qui vont définir comment notre histoire se situe par rapport à ce présent.
  2. Ce surcroit d’énergie va également se dissiper dans notre réponse, c’est à dire dans le message en retour que nous allons envoyer. Nous allons adopter un « comportement »  qui se traduira par un message gestuel, verbal, une action physique adaptée à ce que nous avons évalué de la situation.
    Ce comportement deviendra alors un nouvel acquis pour notre conscience, de nature plus formalisé, plus codifié que les acquis précédents

C’est ainsi que les émotions construisent notre conscience, nos positionnements, notre identité, c’est ainsi qu’elles font de chacun de nous l’être unique que nous sommes.

Les niveaux d’analyses dans l’émotion

Intéressons-nous maintenant à ces processus d’analyses qui participent à partir des émotions à la construction de notre être.

  1. Sur le plan psychologique,
    la « perception » du message générateur de l’émotion et la réaction instinctuelle à ce message seront d’un niveau totalement inconscient, réflexe.
    La création du « sentiment » sera un processus de niveau émotionnel, à moitié conscient mais sans définition précise. Sont intégration dans la conscience sera de niveau émotionnel
     Le passage aux « comportements »  et leur intégration dans la conscience relèvera du cognitif, puisqu’il est capable de se formaliser dans des  mots, des actes possibles à décrire.
  2. Sur le plan sociologique ou relationnel
    La réaction à la « perception », immédiate inconsciente relève du niveau organique et n’implique ni relation ni  sociologie
    La création du « sentiment » relève de la confrontation entre les message perçus et notre psyché. Elle est purement personnelle et ne tiens en aucun cas compte de notre environnement. C’est notre sentiment vis à vis de l’événement
    Nos « comportements » vont être la projection que nous pensons devoir en faire vis à vis de l’extérieur. Ils vont prendre en compte des valeurs issues de notre environnement , ils vont être fonction de l’image que nous voulons porter de nous vers les autres. Ils sont sociabilisés (bien ou mal évidemment !)  

Les approches thérapeutiques

Elles vont dépendre du niveau que l’on veut atteindre

  1. Le niveau purement émotionnel inconscient. Il ne nous est pas accessible. Toute approche consciente ou simplement construite est inaudible pour ce niveau … peut-être un jour, mais pas aujourd’hui
    Par contre ce niveau, purement organique pourra être atteint par la médecine et les médicaments. Ils ont prouvés leur efficacité à ce niveau
  2. Au niveau de la création du sentiment et de sa gestion, on est dans le pure domaine de la psychothérapie, psychanalyse, ou autre
  3. En ce qui concerne les attitudes et les comportement, on tombe dans le domaine des thérapies comportementales et cognitives, qui en faisant réfléchir sur nos comportements induisent des modifications dans nos attitudes, qui  en retour vont induire pour nous de nouveaux comportement

PS : Profitions en pour redéfinir deux termes

Humeur : Ce serait la somme des sentiments qui habitent un individu à un moment donné. C’est un concept conjoncturel.

Tempérament : Ce serait la somme des sentiments qui « statistiquement » habitent un individu. C’est un concept structurel.

L’espace existe-il ?

Dans les apprentissages que fait le petit enfant, la découverte de « l’espace » et l’un des premier et donc l’un des plus fondamentaux. Le tout petit bébé doit avant tout apprendre la relation de coordination entre les diverses parties de son corps, le concevoir non comme un puzzle de pièces indépendantes mais comme un tout (le puzzle réalisé). Cette coordination est absolument nécessaire pour, par exemple, l’équilibre dans la marche bipédiques. On peut penser, mais sans aucune certitude, que certains troubles autistiques pourraient venir d’un apprentissage défectueux à cette période. Ensuite l’enfant va devoir apprendre à se positionner dans l’espace, évaluer les distances, envisager les obstacles, se créer des itinéraires. Il va découvrir la notion générale d’espace. Il va apprendre à créer une géométrie, une topologie de son environnement.

C’est Newton qui en 1697 à donné la première théorisation scientifique de l ‘espace. Celui-ci est, pour Newton, de nature transcendantale, étrangère à l’homme. Que l’espace soit ou non peuplé par l’humanité il existe, il est indépendant de la matière qui, éventuellement, le peuple. Dans la conception religieuse de l’époque Dieu à créer la terre et le ciel, il a donc créé l’espace.

L’espace serait comme une gigantesque boite dans laquelle évolueraient les humains.

Cette notion serait alors de nature divine et échapperait à tout représentation humaine.

Le problème c’est toujours posé aux hommes de décrire l’espace pour pouvoir le quantitativer et l’utiliser. Ce problème est donc la mesure de l’espace.

Toute mesure est à la fois différentielle et référentielle, c’est à dire qu’elle implique une origine, une fin, et une unité de mesure. Origine et fin sont deux points identifiés de l’espace, et l’unité de mesure est le mètre ou des multiples du mètre.

Originellement on a utilisé une barre de métal à faible coéfficient de dilatation, dit mètre étalon, pour représenter le mètre. La distance entre deux points de l’espace est donc le nombre de fois que l’on peut y inclure ce mètre (ou ses multiples). La mesure de l’espace se réduit donc à une mesure d’une autre grandeur qui est la distance.

On peut savoir combien de mètres représentent une distance, mais on n’a aucune notion de combien mesure, dans l’absolu, un mètre.

Nous pouvons donc accéder à une représentation topologique de notre environnement en évaluant la position spatiale des objets les uns par rapport aux autres. Chaque objet est positionné par rapport à ses voisins immédiats ou éloignés. C’est une représentation sur dimensionnée puisque un objet A est positionné par rapport à ses voisins B et C, eux même positionnés par rapport à une objet D. Mais A est également positionné par rapport à D. A possède donc 2 positionnements qui doivent être en cohérence.

L’important dans cette vision pratique c’est que l’univers, l’espace, à pour limites le dernier objet connu, le plus éloigné dans chaque direction. L’univers reste limité aux objets identifiés et s’éloigne donc de la représentation Newtonienne ou l’espace est infini et de nature divine.

Autre différence fondamentale, dans la représentation de Newton l’espace est indépendant des humains qui le peuplent. Dans la représentation pratique l’univers n’existe que par la présence d’un observateur. C’est lui qui crée la topologie de son univers qui devient non un absolu mais une représentation mentale personnelle.

Dans l’espace de Newton les hommes ont besoin de Dieu pour évoluer, dans l’espace, dans la représentation pratique c’est l’espace et dieu, qui ont besoin des hommes pour exister.

Les deux représentations ne sont cependant pas incompatibles puisque au-delà de l’univers des objets identifiés reste une interrogation sur la « finitude » de l’espace qui peut être comblée par une représentation plus métaphysique comme celle de Newton

NB : Dans la représentation de Newton espace et temps sont des contenants de l’homme et de la matière. Ceci implique que les hommes évoluent dans deux contenants différents ce qui est paradoxal. Si on suppose que ces deux contenants n’en font qu’un, on pourrait facilement l’appeler « espace-temps ».

On peut dire qu’à l’échelle humaine l’espace n’existe pas et que seul nous est accessible la notion de distance et la géométrie du monde que nous nous fabriquons.

Le temps existe-t-il ?

La notion de temps telle que nous la connaissons est relativement récente.

Elle  a été théorisée par Newton en 1687 dans ses « principia mathématica ». Pour lui le temps est universel et éternel. Il existe (tout comme l’espace) en dehors de l’homme de la matière et de l’énergie. Qu’il soit peuplé ou non le temps (comme l’espace) existe et s’écoule. Présenté comme tel le temps est une transcendance à l’homme, de nature quasi  religieuse. Ceci  correspond à la vision chrétienne du dieu  ayant créé l’univers, donc le temps et l’espace. Ces deux grandeurs de nature divine échappent à tout contrôle par l’humain.

C’est toujours ce concept de temps que nous utilisons, sans en avoir pleine conscience, tous les jours dans notre vie quotidienne.

Temps et durée

En fait quand nous utilisons la notion du temps nous utilisons, sans nous en rendre compte, la notion de durée.

Si je dis : « Nous sommes en 2020 », il ne s’agit nullement d’une position dans le temps,  cela signifie qu’il s’est écoulé 2020 années depuis notre « origine du temps » placée en l’an zéro, année supposée de la naissance de Jésus Christ. Comme celle-ci, origine des temps, et plutôt incertaines on comprend que mon affirmation que nous sommes en 2020 est loin d’être fiable.

Dans beaucoup de systèmes informatique la date (ou le temps) correspond au nombre de secondes écoulées depuis le 1 janvier 1970. Ce temps est universel puisqu’il ne dépend pas de la géographie du lieu. Ici encore il s’agit de durée.

Lorsque l’on dit : « combien de temps faut-il pour aller de Paris à Marseille », il s’agit bien de durée et non de temps.

La mesure du temps

Le temps ne se mesure pas et seule la mesure de la durée nous est accessible. C’est une mesure que l’on peut qualifier de différentielle et référentielle. Elle suppose un début, une fin (différentielle) et une unité de mesure (référencielle), ce qui est le cas général pour les mesures.

Début et fin sont des paramètres qui sont véritablement liés au temps mais qui ne nous sont pas directement accessibles, sauf sous forme de durée chacun d’eux étant évalué par rapport à la même origine (an zéro). C’est, en fait, la différence entre ces deux durées qui représente la durée que nous cherchons à évaluer.

L’unité de mesure, dans ce cas appelée base de temps sert à quantitativer cette durée et la rendre intelligible.

Ce schéma est celui de toutes les mesures classiques. Pour mesurer une distance, on a (à l’origine mais ce n’est plus d’actualité) pris une barre de métal de très faible coefficient de dilatation et décidé que cela représentait le mètre (dit mètre étalon). Il suffisait alors d’évaluer combien de fois ce mètre pouvait être contenu dans la distance à évaluer pour obtenir cette distance en mètre.

On sait donc mesurer cette distance en mètres, mais on ne sait toujours pas dans l’absolu, combien mesure 1 mètre !

Pour le temps on a utilisé diverses unités (bases de temps)

  1. La plus connue est le jour, divisé en 24 heures, qui représente la durée d’une rotation de la terre sur elle-même. Elle est théoriquement invariante à notre petite échelle, mais en fait elle varie très doucement dans le temps
  2. On à utilisé pour définir l’année la rotation de la terre autour du soleil (elle aussi supposée en première approximation constante).
  3. Nous utilisons donc deux bases de temps différentes et sans cohérences entre elles. En fait l’année représente 356,2422 rotations de la terre sur elle-même. Pour rétablir la cohérence on ajoute tous les quatre ans à l’année le 29 février pour retrouver une certaines cohérence, du moins à l’échelle des réalités quotidiennes. D’autres correction plus fines sont menées périodiquement pour tenir compte du fait que 0,2422 n’est pas 0,25 soit un quart pile de jours.
  4. On a depuis défini bien d’autres bases de temps beaucoup plus précises fondées sur des vibrations atomiques, mais cela ne modifie pas le principe général de mesure : début, fin, unité.
  5. Mais avec tout cela on ne sait toujours pas, dans l’absolu, combien de temps met la terre à tourner sur elle-même, combien de temps met la terre pour tourner autour du soleil, combien mesure un mètre, ou combien pèse un kilo

Passé, Présent, Avenir

Ces trois concepts sont étroitement liés à la notion de temps. Pour mieux les comprendre livrons nous à une petite expérience :

Pensons successivement à un évènement de notre passé, à une événement présent, et à un événement anticipé dans notre futur.

C’est fait ?  Alors continuons

C’est trois événement, nous y avons pensé, nous les avons vécus ou revécus uniquement dans le temps présent. Il nous est impossible de revivre le passé autrement que dans notre présent, de même que nous ne pouvons imaginer notre futur que dans le temps présent.

Dans cette vision, passé, présent, avenir, se confondent dans une forme d’universalité du temps. Ils ne sont plus qu’une chronologie des évènements, avant – après, ou cause – effet. Le déroulement des événement dans le temps est la simple construction d’un réseau de relations logiques, un faisceau relationnel entre les évènements. Le temps devient d’essence humaine puisqu’il se construit à partir de la perception des évènements, du vécu de chacun. Il perd son caractère universel pour devenir personnel comme toutes les perceptions.
En mécanique quantique, Maxwell a montré que l’évolution d’une entité ne dépendait que de son état présent en remettant en cause la notion physique de passé et de futur.

On est donc face à deux conception très différentes :

  1. Le temps dit « Newtonien » de nature transcendantale, rapidement transformé en religion. Il est universel … et si j’osais je dirai intemporel et éternel. Ceci représente exactement la nature divine. Dans cette notion le temps se fiche pas mal des hommes, ce sont les hommes qui ont besoin du temps.
  2. La notion que j’ai décrite plus haut dans laquelle le temps n’a plus son côté magique et transcendantal. Il est issue, et fabriqué par les humains. C’est le temps qui a besoin des hommes pour exister

Conclusion

Selon ce qui est exposé au-dessus la question : « Le temps existe-t-il ? » peut en fait se ramener à : « Dieu existe-t-il ? » c’est à dire à une question qui n’a aucune réponse. Je doit dire, qu’il me semble, que dès qu’une notion commence à flirter avec la métaphysique elle débouche inévitablement sur la question de l’existence de dieu.

–Temps populaire

 Tel que décrit par Newton. C’est le temps des religieux, de ce qui croient en un Dieu créateur de l’univers, même s’il sont persuadés de ne pas croire. Il nous est pratique dans la vie quotidienne car conforme à la philosophie populaire, il s’accommode de toutes nos convictions et ne heurte personne. Cependant ils est en désaccord avec la pensée moderne et crée un fossé entre les « sachants » et « le peuple »   Il est pratique mais obsolète. Dans cette définition le temps est dit contigent car il dépend d’une force extérieure.

—Le temps de la psychologie relativiste

C’est le plus proche de celui des physiciens. Il tend à se passer de dieu, sans se passer toute fois d’une certaine pensée transcendantale dont il aurait sans doute besoin pour aller plus loin dans son analyse. Le temps est un arrangement chronologique des évènements dans notre conscience, c’est cette chronologie qui secrète la durée, grandeur que nous pouvons évaluer mais pas mesurer dans l’absolu. Ce qui explique que dans cette conception l’absolu est rejeté. Dans cette définition le temps est immanent, c’est à dire auto généré.

–Le temps des physiciens 

 incompréhensible pour les « humanoïdes ». Il résulte de la théorisation de la matière et peut varier en fonction des théories. Le temps de la relativité peut ne pas être celui des quantiques. La notion évolue en fonction des progrès de la physique.

PS : Pour répondre à la question posée, le temps existe-il ?, citons :

Fernand Raynaud : « ça dépend, si y a du vent ! »

Ou

Laspales : « Y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes ! » ou encore : « C’est vous qui voyez ! »

Chacun croit à sa version. Dieu existe, le temps est transcendantal, Dieu n’existe pas, le temps est du domaine de l’humain. Dans tous les cas le temps n’existe pas car s’il est transcendant il est du domaine de la croyance et non de la réalité humaine et s’il est une construction de l’esprit humain il n’a pas d’existence propre car il n’existe que sous formes d’images mentale dans notre conscience … ce qui n’est pas très différent d’une croyance !

Le langage des mains : La gestuelle

Les mimiques du visages sont une réaction à une émotion et traduisent d’une façon involontaire les émotions ou les sentiments ressentis

A l’opposé les gestuelles des mains sont une action, sinon volontaire du moins volontariste, destinée à transmettre une information à notre interlocuteur.

Certains gestes sont purement des actions informatives, d’autres peuvent être mêlés, selon les circonstance, d’un contenu émotionnel ou sentimental. Leur lecture en est plus compliquée car ils peuvent contenir, non seulement un message informatif, mais également l’expression du ressenti d’une émotion. Un message informatif peut être simple, bien codifié, une réaction émotionnelle est toujours complexe et peu soumis à codification lisible.

Balayons le spectre de ces gestes, tous à visée informative, en allant de :

  1. Décision : Les plus informatifs et fortement tranchés et cognitifs
  2. Précision : Toujours informatifs mais sou tendant une réaction cognitive
  3. Hésitation : Traduisent déjà un état émotionnel dans le doute
  4. Sentimentaux : Expression d’un sentiments

On voit dans ce « scan » que l’on passe de gestes fortement cognitifs, à des gestes teintés d’émotion, puis des gestes ou l’émotion l’emporte sur le cognitif, pour aller vers des gestes de nature purement émotionnelle

Les plus informatifs vont être les gestes de décision :

Viennent ensuite les gestes de précision qui impliquent une demande cognitive d’explication, mais déjà un début d’hésitation

En allant vers les gestes moins informatifs et qui impliquent déjà une forte composante émotionnelle viennent les gestes d’hésitation

En dernier lieu, fortement teintés  de réactions émotionnelles, bien que toujours à visé informatives viennent les gestes sentimentaux

On voit que le langage gestuel des mains s’étend sur un large spectre allant du plus cognitif au plus sensible et du plus personnel au plus relationnel

Du big bang aux trous noirs

Ce que je vais vous raconter est bien sûr une histoire, un conte philosophique, qui se pare d’effets scientifiques mais ne présente aucune crédibilité. … pourtant on a souvent vu les histoires de science-fiction s’avérer, avec le temps, pas si sottes.

Dans la théorie de la relativité d’Einstein toute entité massive déforme l’espace-temps (originellement plat) et cette courbure influence le trajet des autres corps en mouvement qui passent à sa portée. D’une trajectoire linéaire elle leur donne une trajectoire incurvée. Si cette inflexion est suffisamment forte les corps moins massifs finissent par tourner autour des corps plus massifs. Lorsque les corps en rotation se heurtent, ils peuvent fusionner pour donner une entité encore plus massive et surtout plus dense.

A force de fusionner et de se densifier les entités célestes finissent par créer ce que l’on appelle des « trous noirs ». C’est un point de l’univers ou la matière (ou l’énergie) est si forte et si concentrée qu’elle crée une intense déformation de l’espace-temps. Cette déformation est si intense que les corps qui gravitent dans son voisinage ne vont pas seulement tourner autour du trou noir, mais être carrément absorbé par lui, comme dans un vortex, pour venir fusionner avec la matière présente et créer un trou noir encore plus intense et actif

Un trou noir de forte intensité peut même absorber de plus petits trous noirs.

Progressivement les trous noirs absorbent toute la matière, puis les plus gros trous noirs absorbent les plus petit, jusqu’à ce que tout l’univers se concentre en un seul point, un seul énorme trou noir.

On obtient alors les conditions initiales du Big Bang ou toute la matière de l’univers est concentrée en un seul point. Le Big bang peut alors se produire, exploser, former l’univers céleste en expansion, les systèmes de galaxies et les systèmes solaires, puis les trous noirs, puis le grand trou noir, puis encore le Big Bang.et ainsi  de suite.

Voilà un univers sans début ni fin, en perpétuel renouvellement, et qui respecte (ou peu s’en faut) les règles de la relativité. L’univers en extension fini par se retrouver concentré en un point, prêt à s’étendre de nouveau, dans une succession d’explosions et de concentrations.

Évidemment tout ceci est une fable, un conte, mais qu’importe pourvu qu’il nous entraîne dans un univers ou tout s’explique sans avoir besoin ni de dieu, des hommes.

Emmener moi au pays de merveilles !

La notion de temps chez l’animal et chez l’humain

Avec la notion d’espace, la notion de temps est une grandeur qui joue un rôle primordiale dans la représentation de la vie quotidienne.

Contrairement à la notion d’espace que tout être vivant capable d’émotions et susceptible  d’acquérir par sa propre expérience, la notion de temps est le fruit d’un apprentissage. On n’apprend pas aux enfants à apprécier l’espace, ils le découvrent, par contre on leur apprend le temps. Avant/après, hier/demain, matin/soir, puis les jours, les heures, lire l’heure, les dates, …

On pense apprendre le temps aux enfants, mais en fait on leur apprend la chronologie et les relations de dépendances causales.

La cause précède l’effet, donc elle se place avant. L’effet suis la cause donc il se place après. Le temps n’est que l’enchainement chronologique des événements qui  se positionnent les uns à la suite des autres dans des relations de dépendances.

En ce sens le temps n’est pas une grandeur que l’on peut appréhender , mesure. Quand on dit « nous sommes en 2020 » ceci ne marque pas un temps mais une durée, la mesure de l’écart qui nous sépare d’une origine qui est la naissance (supposée) de Jésus Christ . Ce que nous appelons « temps » est toujours une durée entre un point origine et un point destination. Cette durée se mesure toujours à partir d’un étalon référant comme la rotation de la terre autour du soleil pour les année ou la rotation de la terre sur elle même pour les jours. Cet appel à deux références distinctes pour mesurer les années et les jours induit que le « temps » des années n’est pas le même que le « temps » des jours. On est alors obliger d’introduire un correctif tous les quatre ans (29 février) pour presque rétablir, la cohérence de ces deux temps.

Le temps ne peut s’appréhender et la durée se mesure par rapport à un étalon référent dont la mesure absolue ne nous est pas connue. La terre tourne sur elle-même en un jour n’est pas une mesure, mais une définition. Nous ne savons pas définir dans l’absolue le temps que met la terre pour faire une révolution autour de son axe, sauf à la mesurer par rapport à un autre étalon arbitraire dont on ne connaitrait pas la durée.

Le temps n’existe pas, et la durée est une valeur référentielles qui nécessite un étalon de référence.

Notons au passage que l’on pourrait faire le même raisonnement ave l’espace qui n’est pas une grandeur. Seule la distance est mesurable mais toujours en référence à un étalon arbitraire (mètre, année lumière, coudée … )

Dans la mesure ou le « temps » est un système de référence logique dans lequel c’est la relation de causalité entre les événements qui établit une chronologie il est du ressort de la « conscience cognitive » telle que définit dans la psychologie relativiste.

La grande différence entre la perception du temps (et de l’espace) par l’animal et l’homme est que pour le premier elle est instinctuelle, globale, émotionnelle, alors que pour le second elle est réfléchie, analytique, cognitive.

L’animal vit à travers ses émotions, et l’homme à travers ses émotions sublimées dans sa raison.

Il n’est pas toujours facile pour nous humain de nous « représenter » le temps. C’est ce que nous avons vu précédemment car nous sommes encore imprégné de la vison de Newton dans laquelle le temps est un réceptacle universel dans lequel se déroule notre vie. C’est une vision religieuse, transcendantale, du temps car celui-ci existe, alors, en dehors de l’homme. Le temps n’a pas besoin de l’homme pour exister, il lui pré existe.

Avec la disparition progressive du sentiment religieux dans la pensée les philosophes modernes ont modifiés leur vision du temps qui, dans l’ensemble, se rapproche de ce que nous avons développé plu haut.

En ce qui concerne la notion de temps chez l’animal il nous est extrêmement difficile de nous la représenter car par sa nature émotionnelle elle échappe à toute représentation structurée et codifiée.

Pour un animal le temps existe mais sans le passé et sans le futur. L’animal se vit au présent. Ses souvenirs, ses éventuelles et rares anticipations ne sont pas, comme pour nous organisés dans une chronologie ou des relations causales, mais comme un ensemble universel ou tout existe en même temps. C’est sans doute la vision du monde que doit avoir un nourrisson avant le développement de sa conscience cognitive, un monde ou souvenirs, vécu présent, se mélangent sans être hiérarchisés dans un temps. Ceci n’empêche ni l’apprentissage (puisque les souvenirs existent),  ni une certaine , mais très faible, capacité de projection causale dans ce que nous appellerions futur, mais l’animal vit ses souvenirs au présent sans organisation temporelle. Pour lui tous les jours sont aujourd’hui. C’est une expérience que nous pouvons faire :

Si on pense à un événement passé, qui nous est arrivé, en fouillant dans notre mémoire, on revit ce souvenir au moment ou il nous revient en mémoire, c’est à dire dans le présent … exactement comme un animal ou un nourrisson. C’est par une « gymnastique » de mémoire, par des référentiels temporels que nous classons les événements dans une chronologie. L’homme est un animal qui structure ses souvenirs, organise sa pensée en définissants des relations logiques de causalité entre eux.

PS : A noter que chez l’animal la notion de temps comme la notion d’espace ne sont pris en charge par aucun système de représentation formalisé. Les deux se confondent dans une approche globale régie par l’émotion et l’intuition.