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La couverture générale

La notion d’espace chez l’animal et les humains

La notion de positionnement dans l’espace est l’une des première acquise par les animaux « dit » supérieurs et les humains. Elle permet de se situer dans un environnement, proche, lointain, voire virtuel dans le cas des humains. Elle est indispensable à la notion de mouvement, c’est pourquoi on la retrouve chez tous les êtres capables d’émotions, donc de réactions.

En préalable à la notion d’espace on doit retrouver chez tous ces êtres une notion importante que nous appellerons « fonction de coordination ». Elle assure le lien de coordination entre les divers éléments de notre corps. Par exemple d’évaluer la position relative d’une main (ou d’une patte) non seulement par rapport à l’environnement mais également par rapport à l’ensemble des éléments de notre corps (pieds, corps, tête, …). Il s’agit d’un positionnement interne, une référence de chaque partie de nous-même par rapport à notre entité globale. Les sportifs, les danseurs, savent bien combien pour chaque geste cette notion de coordination est fondamentale.  Comment apprécier la position d’un pied et d’une mains dans un espace sans établir une relation entre la position de cette main et de ce pied. Le petit être naissant doit tout d’abord  apprendre à se situer, se ressentir comme un tout avant de se situer dans l’espace. Il faut « être » avant de « paraître » dans l’espace.

On peut penser, et c’est la une hypothèse absolument gratuite et sans garantie, que l’origine de certains autismes pourrait se trouver dans cette difficulté chez certains individus de se voir, de se sentir, comme un tout, et non comme un ensemble de détails éparpillés.

Un nourrissons peut rapidement bouger sa main ou ses pieds sans réelle coordination, mais pour mouvoir son corps comme dans la station debout cette notion est indispensable. Il n’y a pas d’équilibre sans coordination musculaire.

Chez les animaux cette indispensable coordination vient très rapidement (particulièrement vite chez certains mammifères (Vaches, Chevaux, Antilopes, Zèbres, …) et les animaux peuvent généralement se mouvoir sous deux à dix jours. Ils peuvent alors acquérir le positionnement dans l’espace, le sens d’un trajet, l’évitement des obstacles, l’orientation. Non seulement le sens de l’espace est plus précoces chez les animaux, mais il est infiniment plus développé et leur permet des performances qui ne laissent pas de nous étonner.

Comment un chat perdu loin de « chez lui » peut-il revenir à bon port ?

Comment les oiseaux migrateurs trouvent-ils et retrouvent-ils leur chemin ?

Comment des poissons, des tortues, retrouvent-elles la plage ou la baie ou ils sont nés pour venir se reproduire ?

Autant de questions  qui ne trouvent pas leur réponse en utilisant les critères de positionnement dans l’espace utilisés par les humain. Il est vrai que nos points de repères « spatio-temporels » sont beaucoup basés sur des éléments cognitifs , acquis par l’éducation, (cartes routières, géolocalisations, signalétique, points de repères, …) ce dont sont dépourvus les animaux. Il est certain que nous n’avons pas exploré toutes les facettes de l’univers émotionnel, englués que nous sommes dans un univers rationnel cognitif. Pour comprendre les choses nous avons besoin de les formaliser dans des représentations codifiées. Mais l’émotionnel profond échappe, par essence, à toute formalisation et de ce fait nous reste étranger.

Les animaux ont sans doute un ressenti des événements infiniment plus étoffé que nous, mais par contre nous savons de façon infiniment plus efficace gérer les quelques émotions qui nous frappent. La capacité de passer de l’émotionnel au cognitif confère aux humains la possibilité de raisonner, de définir des liens de dépendance logiques, d’acquérir la notion du temps, de l’histoire et du futur. Le bilan reste en notre faveur !

PS : Nous ne pouvons comprendre les animaux car eux vivent sur un mode émotionnel alors que nous ne pouvons appréhender qu’une vision cognitive de ce que nous vivons. Toute interprétation du vécu animal ne peu être qu’anthropomorphique, dans la mesure ou ne le reconstituons qu’à partir  de notre monde, le monde des humains.de concept et d’images

L’animal et l’espace-temps d’Einstein

Depuis l’hypothèse d’Albert Einstein d’introduire à la place du temps et de l’espace une grandeur unique appelée espace-temps nous butons à rechercher une représentation intelligible de ce nouveau paramètre.

Nous sommes tellement imprégnés de la représentation dites « Newtonienne » du temps et de l’espace qu’il nous est impossible de nous représenter notre univers autrement.

Prenons l’exemple de la vue. Note représentation de l’espace est essentiellement portée par la vue et l’interprétation des signaux optiques par notre cerveau. Nous savons interpréter les couleurs, le relief,  les distances grâce à la notion de perspective, les mouvement grâce à la persistance rétinienne, etc. etc. Nous avons construit la représentation de notre univers sur le sens de la vue (principalement)

Lorsque nous envisageons la vision de l’univers par une chauve-souris à partir du principe d’écholocation, autant nous pouvons imaginer pour l’animal la perception des obstacles, l’appréciation des distances, autant il nous est difficile d’imaginer pour lui une perception de son environnement aussi riche que la nôtre. Pourtant, sans doute, cet animal n’a pas une vision du monde limitée à cette simple détection radar, sans doute en a-t-il une vision plus complexe, plus complète, que nous sommes incapable d’imaginer … car elle peut être en dehors des concepts que nous avons établi.

Si on prend l’exemple de l’odorat, pour nous il se limite à la perception d’une odeur et son analyse en  termes de « connu-pas connu », « agréable ou désagréable ». Nous sommes bien sûr incapable d’en donner une représentation graphique ou linguistique (à l’exception du langage sommaire et peu diffusé des parfumeurs ou des aromaticiens).

Pour les animaux la perception d’une odeur est bien plus que cela. Comme nous sa perception olfactive lui permet d’identifier une odeur mais avec une précisions infiniment supérieure à nos capacité. Son odorat lui permet d’identifier une espèce (homme, chien, chat, lion, …) mais même, s’il l’a connu, d’identifier un individu dans une espèce.

Il peut également, à travers l’odeur, évaluer l’état émotionnel de la source, effrayée, calme, … sans bien sûr s’en donner une représentation psychologique.

De plus l’animal peut apprécier avec une grande précision à qu’elle distance se trouve la source de cette odeur. L’odorat de l’animal lui permet d’évaluer des distances et donc de se donner une vision spatiale de son environnement.

Encore plus fort, l’animal qui suit une trace peut évaluer de quand date cette trace olfactive, ancienne ou fraîche. Sa perception olfactive inclus une notion de temps.

A travers une seul sens qui est l’odorat, l’animal peut, non seulement, identifier un objet ,mais également, dans une seule globalité, le placer dans le temps et l’espace.

On peut dire que l’animal situe un objet dans une forme d’espace-temps, c’est à dire dans un univers clairement relativiste.

PS : On voit que la philosophie, psychologie relativiste, fondée sur la perception des relations entre les objets, est proche de l’univers relativiste des physiciens

Emotions/raison : Dissonance cognitive

La dissonance cognitive est un concept introduit par le psychologue social Léon Festinger dès 1957, qui traduit un état de tension ressenti par une personne en présence de cognitions (connaissances, opinions ou croyances) incompatibles entre elles.

L’homme réduit son inconfort psychologique en recherchant une adéquation entre son comportement et son opinion.

La dissonance cognitive amène la personne à mettre en œuvre des stratégies visant à restaurer un équilibre cognitif (changer une ou plusieurs croyances, discréditer certaines informations, rechercher de nouvelles informations…).

Elle a largement été utilisée dans le marketing pour comprendre, et surtout susciter, les achats compulsifs. Dans le « combat » entre le désir né du monde émotionnel et son contrôle par le monde cognitif la publicité tente, et souvent réussi, à privilégier dans l’acte d’achat la composante émotionnelle.

La psychologie relativiste va nous aider à montrer le mécanisme mis en jeu dans ce conflit.

Dans une configuration saine

Rappelons brièvement le mécanisme de formation de la conscience. Lorsqu’un individu perçoit une information venue de l’extérieure (un message) sa réaction peut se schématiser en plusieurs phases

  1. La perception du message sous forme d’un signal lumineux, audio, olfactif, tactile
  2. L’analyse, le décodage de ce message par le cerveau pour le transformer en images mentales qui en seront la représentation
  3. La confrontation de ces images mentales avec  celles déjà intégrées dans notre conscience (notre mémoire). C’est une analyse critique informelle.
  4. Le positionnement de l’individu par rapport au message reçu et interprété. C’est le développement des attitudes.
  5. L’intégration, sous forme d’images mentales, du message dans notre conscience qu’elles soient de nature émotionnelles ou cognitives
  6. La création de liens de dépendance logique entre les nouvelles images et le réseau d’images déjà existant dans la conscience pour en assurer l’intégration

Si ce processus se passe sans problème les représentations émotionnelles et cognitives dans notre mémoire sont parfaitement en phase et il ne peut exister de conflit entre le vécu émotionnel et le vécu cognitif.

Dans une configuration pathologiques

Tout ne se passe pas toujours aussi harmonieusement et de nombreux biais peuvent se produire dans le processus précédent. Ils sont très fréquents et généralement de faible importance. Cependant, dans certains car ils peuvent induire des micro-pathologies perturbantes.

  1. La perception de message peut être brouillée, perturbée et le cerveau ne reçoit qu’une image déformée du message réellement émis (bruits, lumières, odeurs parasites).
  2. Le décodage par le cerveau, l’interprétation des signaux, peut induire des erreurs et la représentation du message n’être pas ce qu’elle devrait être.
  3. L’analyse critique informelle du message, tel que reçu, peut, elle aussi, introduire des biais. Soit parce qu’il se produit une erreur dans l’analyse, soit (cas le plus fréquent) parce qu’elle s’appuie sur des images acquises dans notre conscience elles-mêmes issue d’un processus antérieur erroné
  4. Le positionnement de l’individu, ses attitudes, sont entachées d’erreurs. Il se situe, par rapport à l’événement, de façon incohérente avec sa propre histoire, son vécu
  5. L’intégration de la représentation de l’événement est biaisée et l’individu  en gardera un souvenir trompeur. Il croira avoir vécu une situation qui, de fait, n’aura jamais existée.
  6. Il en résulte des relations de dépendance, entre cet événement mal vécu, et le reste du réseau de sa conscience, incohérentes et fallacieuses. L’empilement de ce type d’erreur, lorsqu’un nouveau message va venir, pour être interprété, s’appuyer sur cet élément incohérent il va créer dans le réseau des chaines de dépendances viciées. Ces chaines, même si elles forment un ensemble cohérent, appuyées sur un point d’incohérence , formerons un réseau parasite dans la conscience.(j’appelle cela un « cancer de la mémoire » !) Toute analyse ultérieur qui se construira à partir de ce réseau parasite et du réseau général mettra l’individu  en  « porte à faux » et dans une situation d’inconfort.

Conclusion

On observe très souvent des erreurs dans l’intégration des messages perçus de l’extérieur dans notre conscience entre nos aspirations émotionnelles et cognitives. En raison de leur moindre formalisme (c’est dans la formulation que peuvent se produire les erreurs) l’intégration des messages dans notre sphère émotionnelle est généralement plus proche de notre réalité  que leur intégration dans notre sphère cognitive, par contre les informations de la zone cognitive sont souvent plus proches des réalités sociétale. On observe donc souvent un désaccord entre nos besoins issus de nos émotions et ceux issus de notre raison.

Doit on  vivre au gré de nos émotions au détriment de notre intégration sociale ou au contraire suivre les normes et conventions que nous impose la société au dépend de notre vécu intime ?

Celui qui détiendra la réponse à cette question ne sera pas loin de la sagesse !

Contrôle et libération des émotions

L’émotion est un processus complexe qui à partir d’une information reçue (message) de l’extérieur va mettre en branle des mécanismes de réaction (dans émotion il y a motion = mouvement) qui sont constitutifs de nos comportements. Par exemple :

On perçoit un message dont l’analyse par notre conscience nous dit qu’il est désagréable, voire agressif et on va réagir par un comportement de défense fait de mimiques, de gestuelle, de parole, ….

Il est parfois bon de libérer l’expression de ses émotions, il est parfois bon de la contrôler.

Le comédien

Il est chargé de faire vivre sur scène des personnages imaginaires en leur prêtant les mots, les gestes, les comportement en  phases avec les situations qu’ils vivent. Un comédien débutant ou médiocre va s’en tenir là. Il mettra dans le personnage tout ce dont il sera techniquement capable. Il va jouer le personnage. S’il faut jouer la colère, il adoptera une mine menaçante, des gestes saccadés, peut-être une pointe de tremblement, des vociférations.  Il mettra tout, sauf de l’âme, de l’émotion. Son personnage ne sera pas crédible. Le mauvais comédien se regarde jouer, il est spectateur et non acteur

Le comédien chevronné, le « vieux pro » ne se posera pas la question de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, puisqu’il faut jouer la colère il se mettra en colère. Il entrera dans le personnage et se mettra en colère à sa place. Son personnage sera crédible car il sera vraiment un homme en colère et non une représentation caricaturale. Le comédien saura alors libérer son émotion sans aucun contrôle ni retenue. Il ne sera pas spectateur mais acteur.

Un comédien qui doit interpréter un personnage ne doit pas le faire vivre, mais il doit le vivre.  Il doit être capable de laisser remonter ses émotions pour les transmettre sans fard. Les comédiens sont, en général, des individu de  type émotif, sensible, qui ont parfois du mal à ne pas se laisser envahir par leurs émotions … d’ou leur légendaire « Ego »

Les médiateurs

C’est tout l’inverse qui est requis. Le médiateur intervient dans des conflits. Dans ces situations c’est l’affectif, l’émotionnel qui s’oppose à la résolution « raisonnable » du litige. Le médiateur devra surtout éviter de se laisser déborder par ses émotions et devra entrainer les « belligérants » sur le terrain de la raison. Il devra, non seulement, se poser en spectateur de la situation,  mais amener les personnes en conflits à devenir spectateur de leurs comportements. Vous connaissez, sans doute, l’expression :

« Si tu te voyait quand tu es en colère ! », Ce qui signifie : « Tu te trouverais ridicule et inconséquent »

L’art de la médiation est de parvenir à sortir les personnes en conflit de leurs émotions et les amener à prendre de la distance par rapport à elles. Ceci veut dire les voir de l’extérieur, de plus loin en position de spectateur et non plus d’acteur

C’est d’abord le contrôle des émotions qui assure le succès d’une médiation

Ce qui ne signifie pas que le médiateur doit occulter les réactions émotionnelles des « belligérants ». Il doit, au contraire les prendre en compte, les analyser, pour en trouver les fils directeurs, le début de la pelote sur lequel il faut tirer pour amener chacun des participants au recul nécessaire à la résolution du conflit.

Conclusion

La dialectique « émotion/raison » est sous-jacent à toute situation et à toute personnalité. Il est salutaire d’être capable de « jongler à deux boules » avec ces deux vécu. Avoir, de façon générale, la capacité à distancier émotion et raison et sans doute le fondement de toute sagesse

Les addictions et la dépendance

Les addictions et les dépendances

Dans ces moments difficiles de confinements nous sommes exposé à une perte de repère et à une certaine solitude. Ce sont les deux paramètres les plus déterminant dans le développement des addictions ou de leurs rechutes. C’est donc bien  le moment de se poser la question du mécanisme de l’addiction afin d’y mieux résister

Définition

On parle d’addiction lorsqu’un sujet ne peut résister à la survenue répétée d’un comportement, et que celle-ci est précédée d’une tension croissante que seul le passage à l’acte soulage (sur le moment).

Notons qu’en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement, le sujet ressent une anxiété pénible ou insupportable. Cet envahissement donne lieu à des tentatives répétées pour contrôler, réduire ou abandonner le comportement, mais en vain.

Ne confondons pas l’addiction qui est de nature psychologique et la dépendance qui est de nature organique (difficultés de sevrage). Certaines addictions (Alcool, Drogues, Médicaments,) se doublent de dépendance.

L’addiction

Si la caractéristique pharmacologique de certaines substances (alcool, drogues, tabac…) joue un rôle reconnu dans la survenue d’un besoin addictif/dépendant, on peut repérer des mécanismes identiques dans des addictions sans substances (jeu pathologique, fièvre acheteuse, « cyberdépendance », boulimie mais aussi parfois travail, sport, sexualité etc.) : il est donc plausible d’isoler certains invariants dans les personnalités sujettes aux addictions.

Causes profondes des addictions

C’est la fragilisation de la structure identitaire qui crée le terrain favorable à une addiction. Les individus à la personnalité flottante, avec des repères et des positionnement incertains sont les plus vulnérable et bien sur les adolescents sont les cibles les plus touchées. D’autres catégories évoluant dans des environnements professionnels ou familiaux instables comme les artistes, chanteurs, musiciens, chômeurs, certains retraités peuvent facilement être atteint. Toute fragilisation des repères, qu’elle soit de nature structurelle (enfance perturbée, carence d’affection) ou conjoncturelle (rupture affective, rupture professionnelles) est une porte ouverte à l’addiction.

Prenons un exemple : le tout-petit ayant échoué à intérioriser le lien à sa mère absente, toute absence est désormais vécue comme une perte. Ces profils sont caractérisés par un vécu angoissé, un imaginaire qui s’appauvrit, une vulnérabilité à l’ennui et à l’anxiété, une relation compliquée à autrui, oscillant entre dépendance et évitemen-.

Une angoisse débordante conduit alors le sujet à mettre en place une relation à un objet à la fois source de stimulation et de satisfaction immédiate (les sensations ont remplacé les émotions) et, croit-il, maîtrisable. L’objet de l’addiction (alcool, aliment, toxique notamment) permet au sujet d’exprimer sa toute-puissance dans une relation fusionnelle. Mais cette autosuffisance s’avère rapidement illusoire car la sensation de manque replonge le sujet dans la dépendance à autrui qu’il croyait avoir ainsi vaincue. Il en ressort plus vulnérable que avant en développant un sentiment d’échec, une sous-estime de soi

Le principe de « niveau de tolérance » (besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour maintenir l’effet attendu) conduit fréquemment la personnalité addictive à présenter et à subir plusieurs dépendances, concomitantes ou successives.

Auto-alimentation des addictions

Le danger dans les addictions est qu’elles s’autoalimentent (ce qui est la base même du mécanisme addictif)

Si l’on prend par exemple l’addiction à l’alcool :

Le sujet, par les circonstances, est soumis à une forte angoisse. Il a du mal à cerner ses repères et à se sortir de son système de références floues et incertaines. Il va rechercher un stimuli qui, temporairement, pourra lui servir de point de référence. Sous l’impact de ce stimuli intense il va avoir, en focalisant son attention sur cet effet, l’impression de se re situer, de s’accrocher à un point fixe. L’alcool est un excellent générateur de ce type de stimuli.

Bien évidemment le sujet s’accroche à une « branche pourrie » puisque le sentiment de se référencer ne dure que le temps que dure le stimuli. Très rapidement il va retrouver son univers angoissé et le besoin de se re stimuler, par exemple de boire encore, ce qu’il va faire jusqu’à ce qu’un événement extérieur survienne pour l’en empêcher (ce qui lui causera une frustration très pénible et des réactions très vives) ou que l’ivresse l’emporte dans un état comateux dans lequel il perd tout besoins et stimuli.  Au réveil il retrouvera sa personnalité flottante et angoissée assortie généralement d’un fort sentiment de culpabilité et de dévalorisation de son image (blessure narcissique) pour avoir cédé à son addiction. Il n’en sera que plus vulnérable et encore plus perdu et angoissé. Le phénomène s’auto alimente et le sentiment d’être égaré en lui-même s’accentue.

De plus l’alcool, par exemple, est susceptible de créer une dépendance qui participe à l’auto alimentation du processus.

Selon les addictions le type de stimuli recherché sera différent

L’alcool, les drogues, le tabac, la boulimie se vivrons dans un stimuli oralisé pour calmer une angoisse.

Le jeu, les achats compulsifs, le travail se vivrons dans la recherche d’une intense activité cérébrale pour calmer une anxiété (angoisse cristallisée sur un besoin de gagner de l’argent, du pouvoir)

Signalons de nouvelles addictions apparue récemment :

L’addiction au téléphone portable ou le sujet essaye de calmer son angoisse dans la recherche d’un contact permanent à l’autre pour éviter de se sentir seul. (recherche d’un stimuli affectif)

L’addiction aux jeux vidéo ou le sujet recherche une intense activité intellectuelle pour éviter de sentir le vide qui l’habite (recherche d’une activité cérébrale intense).

Le principe des thérapies contre les addictions

Diverses méthodes peuvent être envisagées

  1. Traiter en premier la cause profonde (sentiment d’angoisse) avant d’aborder le traitement du comportement addictif
  2. Traiter en premier le comportement addictif pour terminer en essayant de re-référencer le sujet
  3. Mais le mécanisme d’auto alimentation des addictions décrit plus haut suggère de traiter les deux problèmes en parallèle puisque l’un alimente l’autre et réciproquement. N’en traiter qu’un seul serai infructueux

Conclusion

Une addiction se présente comme un « médicament » qui soulage assez rapidement une douleur, mais ne guérit pas. Son effet est très provisoire et donc son efficacité est donc extrêmement faible. Par contre ses effets secondaires sont généralement violemment délétères et le ratio bénéfices/risques est déplorable.

N.B.  A noter que tous les comportements addictifs comportent des effets secondaires pénalisants ou délétères, Comme-ci la culpabilité et l’auto punition faisait partie intégrante de l’addiction

PS   Ne confondons pas l’addiction qui est le fait de sujet mal référencés et l’obsession qui est plutôt le fait de sujet rigides

Coronavirus, Angoisse, Anxiété, ou Peur

Il existe de nombreux mots en Français ou en argot pour désigner la réaction d’un individu devant une menace imminente : L’angoisse, l’anxiété, la peur, l’inquiétude, la trouille, les foies, la « traquette », la pétoche, … Le sens précis de ces mots reste assez flou et ils sont employés indifféremment et sans discernement.

Essayons de donner un sens à chacun d’eux et de présenter un tableau clinique des réactions devant un danger. Donnons, de plus, un un exemple dans la crise du coronavirus qui nous bouscule actuellement.

Angoisse

L’angoisse est un sentiment diffus, plus un sentiment, qu’un état. C’est une réaction devant le sentiment d’un danger non identifié, non formulé. On ne peut mettre d’images ni sur le danger, ni sur le malaise que l’on ressent. L’angoisse constitue le fond d’une personnalité, un terrain mobile et incertain sur lequel se construit un individu. Elle peut se manifester par des réaction physiques, chaleur, transpiration, troubles intestinaux, mais elle peut aussi se traduire dans une personnalité incernable construite sur un fond mouvant, une identité floue, insaisissable, un positionnement incertain qui rend la communication aux autres difficiles ( il est toujours difficile des se positionner par rapport à une référence mobile ! ).

L’angoisse est un défaut de positionnement soit nature structurelle, plutôt au niveau de la conscience émotionnelle. L’angoisse est un vide et comme telle elle ne peut ni se formuler, ni se décrire. C’est également le terrain idéal pour la propagation ou la rechute dans les addictions.

Dans la crise du coronavirus nous sommes tous placés devant une grande incertitude. On découvre à peine le problème on n’en connais ni les tenants ni les aboutissants. On se pense en danger sans savoir d’ou il peut venir, qui il va frapper, qui il va épargner. On n’a pas vraiment conscience de l’importance du péril, parfois on peut même douter de sa réalité. Les réactions des politiques se font « au coup à coup » au fur et à mesure de l’évolution de la situation (ou du moins de la perception que l’on en a). IL nous est impossible de nous positionner, de nous situer par rapport à cet événement. C’est typiquement une situation génératrice d’angoisse.
L’angoisse paralyse.

Anxiété

L’anxiété est d’une nature différente. Il s’agit d’une réaction devant un danger plutôt identifié mais encore non avéré. L’anxiété vient du fait que l’on ne connaît pas les éventuelles conséquence du danger à venir, ni même d’ailleurs sa réalité. Elle va se traduire par un intense activité intellectuelle, l’élaboration des scénarios possibles et de leurs conséquences, la recherche de parades et de solutions. Devant l’incertitude on ne peut prévoir ce qui va arriver ni quel comportement on pourra adopter devant le danger. Dans une grande fébrilité on va chercher à définir une stratégie devant chacune des situations envisagées comme possibles. Comme celles-ci sont nombreuses chaque stratégie imaginée pour parer à une situation données sera remise en cause par l’émergence d’une autre situation qui remettra en cause la parade précédemment envisagée. La stratégie le plus souvent envisagée, pour mettre fin à cette perpétuelle recherche, est de se préparer au pire, d’envisager une parade à la situation la plus extrême. Se préparer au pire serait être prêt à tout. Malheureusement, c’est donc la solution la plus dramatique qui s’impose, et le pire devient probable. On obscurcit le fait que les choses peuvent aussi gentiment s’arranger pour ne vivre que la situation la plus dramatique … on crie avant d’avoir mal !

Il y a difficulté à se positionner devant une situation improbable dont les conséquences ne sont pas connues. Quand l’angoisse cesse d’être indéterminée pour se cristalliser sur un sujet précis elle devient anxiété.

L’anxiété et de nature conjoncturelle, du niveau cognitif et doit être reliée à la conscience cognitive.

Dans la crise du coronavirus l’anxiété devant la situation est parfaitement mise en évidence dans le comportement des médias (qui rappelons le s’efforcent de satisfaire aux aspiration des lecteurs ou auditeurs) Ils traduisent la fébrilité de nos attentes et notre besoin de rumination intellectuelle. On nous abreuve de nouvelles tantôt alarmantes, tantôt rassurantes dont la plupart sont au conditionnel. C’est une véritable « diarrhée » d’informations, un flot continu, un perpétuel ressassement destinée, non pas à nous informer mais plutôt à satisfaire notre besoin de rumination. Les médias nous permettent, en quelque sorte, de sublimer notre angoisse en anxiété, de combler cette impression de vide due à l’angoisse par un trop plein de pensées contradictoires.
L’anxiété rend fébrile.

La peur

La peur survient devant un danger avérée, une menace précise dont les conséquences sont connues et quantifiables. Il faut réagir devant un problème identifié et évaluer ses propres capacités à faire face ou non. La difficulté de positionnement ne vient pas, comme pour l’anxiété, d’identifier la cible, mais dans le doute sur ses capacité à faire face à la situation. La peur survient généralement quand on se trouve confronté à des situations nouvelles, ou à des situations déjà vécues pour lesquelles on n’avait pas trouvé la parade adéquate.

La peur est une réaction de défense salutaire, elle permet de prendre conscience de ses limites et de ses capacités.

Dans la crise du coronavirus, devant l’évolution de la situation et le fait que le danger se précise, après l’angoisse puis l’anxiété, vient la peur. On finit par clairement identifier le danger, on choisi sa stratégie de défense (ou plutôt on adopte celle définie par les pouvoirs publics) et on commence la lutte. La population épouse la stratégie de « confinement » proposée par les scientifiques et mise en oeuvre par les gouvernants. La peur nous pousse à accepter les privations qui nous sont imposées.
La peur pousse à l’action.

Ces trois types de réaction sont en relation étroite, dans des domaines différents, avec la capacité de positionnement de chacun

Nous avons définis ces situations comme strictement indépendantes. En général il n’en est rien et elles se mélanges gaillardement. L’anxiété et la peur surgissent plus facilement chez un individu de nature angoissée et toutes difficultés de positionnement les facilitent.

Dans la crise du coronavirus les trois mécanismes se superposent. L’angoisse qui nous paralyse, l’anxiété qui entraine des réactions fébriles, incohérentes et désordonnées, enfin la peur qui nous permet de réagir et d’accepte les contraintes de la lutte.

Le vocabulaire étant toujours imprécis, chacun pourra aimer choisir des mots différents pour nommer les trois mécanismes précédents. J’ai donné mes mots et leur définitions, on peut en choisir d’autres. L’important est que les trois mécanismes existent et peu importe comment on les nommes.

L’émotion : schéma énergétique

Voyons comment les notions d’émotion, de positionnement, et de nécessité de communication peuvent se formaliser dans un modèle énergétique

La notion d’énergie est sans doute la représentation, la plus universelle de la vie. On la retrouve en physique dans la thermodynamique (science des échanges d’énergie) autan que dans la mythologie Hindou, Brahma étant l’énergie créatrice et Shiva l’énergie destructrice, ou encore dans toutes les philosophies Bouddhiques ou para-Bouddhiques pour lesquelles la notion d’énergie libérée ou bloquée est omni présente. Dans les religions chrétiennes le saint esprit peut être vu comme l’énergie divine qui donne à l’homme la force de sa foi.

Dans le règne végétal les plantes ont besoin d’énergie pour vivre. Elles consomment les nutriments de la terre (véhiculée par l’eau), le CO2 de l’air, ainsi que l’énergie solaire pour réaliser leur photosynthèse, c’est à dire la fabrication de matière vivante. Cette dernière peut être considérée comme une énergie potentielle qui servira à alimenter les herbivores et les insectes, ou via leur décomposition à reconstituer les nutriments de la terre, ou les énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon. A noter que la plante trouve son nutriment dans la terre ou elle est plantée et n’a donc pas besoin de se déplacer pour survivre. Elle n’a donc pas besoin de la notion de positionnement dans l’espace.

Dans le règne animal ( animaux et humains) , la vie à également besoin de nutriments pour se développer. Les animaux consomment des plantes, d’autres animaux, de l’oxygène de l’air, qui sont soit stockés sous forme d’énergie potentielle (à consommer plus tard) dans les muscles et dans les graisses, soit utilisés sous forme d’énergie cinétique pour générer le mouvement, donc la vie. A noter que contrairement aux plantes les animaux doivent consommer de l’énergie pour rechercher et acquérir les nutriments qui leur sont nécessaire. Il leur est donc nécessaire d’acquérir la notion de positionnement dans l’espace.

On peut noter trois niveaux de développement de la conscience entre les plantes, les animaux, les humains.

Les plantes

Elles ne possèdent pas de cerveau clairement défini. Elles obéissent aux simples lois de la sélection naturelle qui les a dotés des capacités fonctionnelles nécessaires à leur survie. On peut dire qu’elles n’ont pas de conscience (au sens ou nous l’entendons pour les humains). Elles sont gérés par des processus chimiques, ou photochimiques, les lois de leur environnement naturel et n’ont que peu de capacités d’adaptation en cas d’évolutions de leurs conditions de vie.

Les animaux

Ils sont plus évolués et possèdent un cerveau, et des récepteurs (vue, ouïe, odorat, gout, et toucher) qui leur permettent de percevoir les messages issus de l’extérieurs. Ceux-ci, apparemment formels, sont en fait reçu par ces récepteur sous forme de messages dépourvus de sens, comme de simples signaux électrique certes complexe mais dépourvus de signification. C’est l’interprétation de ces signaux par le cerveau ( la psyché) qui leur donnera un sens. C’est donc la capacité du cerveau à fournir un formalisme codifié à ces impulsions électriques qui leur donnera une signification.  Pour les animaux la capacité à formuler les émotions est faible et peu sophistiqué. Elles sont analysées comme gratifiantes ou pénalisantes, alarmant ou sécurisantes, c’est à dire assez peu formelles et plutôt globales. Les animaux peuvent se projeter dans l’espace mais pas dans le temps, ils ressentent des émotions mais ne peuvent en faire des sentiments et encore moins un récit. Ils sont plus sensibles aux signaux portant sur les sens plus primitifs (odorat) que sur les sens plus formalisables (vue, ouïe)

Les humains

Comme les animaux les humains perçoivent les messages issus de l’extérieur, surtout par la vue et l’ouïe, mais ils ont, contrairement aux animaux, une forte capacité à les transcrire dans des représentations formelles comme le langage ou les images. De cette capacité à formaliser, les humains développent la notion de temps ou plutôt de chronologie. Ils peuvent, par des liens logiques, organiser les représentations des événements en cause et effets, en  avant et après, ce qui permet de les structurer en un récit chronologique

Cette capacité des humains à formaliser leur vécu est devenu une nécessité. Ils ont besoin de formaliser leurs émotions (les messages perçus) pour se situer par rapport à elles, se positionner, acquérir en toutes situations des repères. Pour l’humain l’absence de repère est le moteur de l’angoisse. La seule façon de résorber cette angoisse est d’intégrer la situation au réseau formalisé et logique de leur connaissance. L’humain à un besoin absolue de comprendre, d’expliquer, de représenter sa vie dans une formulation logique codifiée. Quand se présentent des événements qu’il ne peut expliquer il invente la notion transcendantale de dieu qui constitue, apparemment, une explication logique à tout ce que l’humain ne peut comprendre

Schéma énergétique de l’émotion

On peut considérer que le nutriment, le carburant de la psyché, est l’information contenue dans les messages reçu de l’extérieur et perçues par nos sens. C’est cet apport d ‘énergie qui va alimenter le moteur de notre psyché et ainsi créer  le mouvement de la vie. Cette énergie pourra être utilisée :

Pour enrichir la structure de notre conscience de nouvelles informations intégrées à notre réseau logique de connaissances. Toute organisation d’un réseau, toute création d’une structure, consomme de l’énergie et est stockée sous forme d’énergie potentielle. C’est l’acquisition de la connaissance, la formation de notre conscience, de notre vision du monde, de notre identité.

Pour déclencher des réactions émotionnelles telles que suées, rougeurs, tremblements, palpitations, mouvements incontrôlés,  diarrhées, vomissements, perte de connaissance, qui constituent des réactions de défense destinées à consommer une énergie en excès.

Pour déclencher des comportements soit émotionnels comme la peur, la colère, le fou-rire, la pitié, les divers sentiments, … soit  des comportements plus raisonnés qui permettent de faire face à la situation vécue. Ces comportements sont des messages ré émis vers l’extérieurs qui, en consommant de l’énergie visent à restabiliser notre équilibre bousculé

Conclusion

C’est l’information issue de l’extérieur qui constitue le moteur de notre vie, ou du moins la conscience que nous avons de vivre. Si ces messages viennent à manquer, si notre capacité cérébrale de les analyser, on peut dire que nous sommes en état de mort cérébrale, assimilé à une plante. L’émotion née d’un déséquilibre de notre psyché. Nous devons consommer l’énergie, les messages reçus pour éviter tout désordre de notre conscience. Paradoxalement bous ne pouvons-nous passer de ces messages qui alimentent notre conscience et notre sentiment d’exister.

L’humain est une drôle de machine, déstabilisé par toute information reçue, luttant pour retrouver son équilibre, mais qui ne peut se passer de cette stimulation  externe.

La vie est ce mouvement permanent. Consommer de l’énergie, la restituer, c’est ça la vie !

Le narcissisme pour les nuls !

Bien sûr ce titre n’est qu’un clin d’œil à une collection maintenant célèbre. Loin de moi l’idée  que je m’adresse à des nuls, moi le « sachant » ! Ce serait une démarche totalement narcissique. Mon propos est de proposer mon point de vue, sans vouloir convaincre. S’expliquer aux autres c’est leur permettre de vous comprendre et donc de mieux vous accepter.

Parler du narcissisme sera l’occasion de rappeler (ce que je prêche à qui veux l’entendre … et ils ne sont pas nombreux) que la classification des psychopathologies par leurs symptômes est une erreur et qu’une classification par leurs causes serai bien plus fructueuse.

Le narcissisme

Le sujet narcissique développe une image idéale de lui-même qu’il survalorise et s’efforce d’imposer aux autres. Si vous en cherchez un parfait exemple, pensez à Donald Trump. En contre-point, si le sujet privilégie son image idéalisée c’est évidemment parce qu’i n’aime pas ce qu’il est véritablement.

La « sous-estime de soi »

Le sujet à tendance à se dévaloriser, se sentir toujours en infériorité en se comparant aux autres et à ce qu’il penses devoir être. Le sujet n’aime pas ce qu’il est en comparaison à une image idéalisée de ce qu’il pourrait ou devrait être

On voit que ces deux pathologies sont exactement les mêmes : Mauvaise image de soi en comparaison d’une image idéalisée de ce que l’on pourrait ou devrait être.

Comment les mêmes causes peuvent produire des effets si différents, voire antagonistes comme les comportements narcissiques ou pusillanimes ?

Le vieil adage : « Les mêmes causes produisent les mêmes effets » n’est valide que si ces causes agissent sur le même objet. Dans notre cas il n’en est rien. Les causes détectées agissent sur des individus différents, donc sur des terrains différents.

En psychologie il existe deux terrains fondamentalement différents : La conscience rigide ou la conscience souple (1 voir rappel plus bas … pour ceux qui n’ont pas tout suivit)

Le sujet à conscience rigide (Paranoïde) est réfractaire à toutes critiques et les rejettent systématiquement. Il peut à loisir développer l’image idéalisé de lui-même, la porter en avant. C’est une façon de s’affirmer et de nier toutes remise en cause. C’est le narcissique type.

Le sujet à conscience souple (hysteroïde) va intégrer toutes les critiques et remises en cause de ce qu’il est. Il va dévaloriser ce qu’il est vraiment tout en rêvant de ce qu’il pourrait être. C’est le type même de la « sous-estime de soi »

On voit que narcissisme et sous-estime de soi sont une seule et unique pathologie qui s’appliquant sur des terrains différents (antagonistes) conduit à des comportements différents (antagonistes)

  • Un individu à la conscience rigide possède une conscience cognitive fabriquée à partir de certitudes plus ou moins simplistes. Cette rigidité lui interdit toute acquisition d’idées nouvelles. Toute pensée non en accord total avec ce qu’il est le déstabilise, est vécue comme une agression, et est immédiatement rejetée. C’est un sujet à tendance « paranoïde »

Au contraire un individu à la conscience laxe ou souple à une structure de conscience mal déterminée. Il est hyper réceptif aux idées des autres et peut les intégrer facilement. C’est un sujet à tendance « hysteroïde »

La notion de « bien-être animal »

C’est un grand débat entre les tenants du  « bien-être » animal, qui considèrent que les animaux (ou du moins certains animaux) ont des droits plus ou moins analogues à ceux des humains, et ceux qui considèrent l’animal comme un être inférieur aux humains et donc « corvéable à merci ».

Pour le moment ce débat n’a pas beaucoup de sens dans la mesure ou les définitions de l’homme et de l’animal  sont des plus floues. Sans définition précise de ce sur quoi on parle le débat ne peut que s’enliser dans des polémiques, des contradictions, des fausses vérités. Avant de parler et de débattre il faut se mettre d’accord sur ce sur quoi on parle.

Le problème posé n’est pas celui des droits de l’animal, mais avant tout celui de son statut. Les éventuels droits en découlerons alors presque automatiquement. A chacun donc d’argumenter sur le statut relatif des humains et des animaux pour éclairer sa position.

Je vais donc, dans ce qui suit, donner ma position personnelle sur le sujet. Ce n’est, bien sûr, qu’une opinion et chacun peut avoir une opinion contraire. Pour moi, soit :

  1. Il existe une vérité absolue, « à priori », et alors une opinion doit prévaloir et  annihiler toutes les autres. Elle sera de nature « transcendantale », religieuse, et s’imposera devant toutes autres opinions de nature humaine
  2. Il n’existe pas d’opinion valable « à priori » et alors l’opinion à mettre en avant sera issue d’un consensus (bien improbable) accepté par toutes les parties. C’est alors l’humain qui fixera ses propres règles comme c’est le cas dans toutes les sociétés laïques.

Voyons d’abord comment se passent les choses dans la nature sauvage, dans un univers que l’homme n’a pas encore régenté et dans lequel on peut estimer que les règles sont soit de nature divine soit le fruit de l’évolution naturelle.

Dans cette nature il n’existe ni droit ni devoir, il n’existe aucune règle pouvant apporter restriction aux agissements de chacun. Chacun vit sa vie en fonction de ses besoins naturels et de ses capacités sans souci ni respect pour « l’autre ». Chacun est prédateur et nourriture pour les autres espèces. Seul sont préservées les espèces au somment de la chaine alimentaire. Lions, rhinocéros, crocodiles, peuvent manger sans être mangé. Dans la nature dévorer sa proie, massacrer les forêts comme le font les éléphants ne constitue ni un droit ni un devoir mais une simple nécessité existentielle.

Parlons maintenant de la différence entre nature humaine et nature animale. Elle se situe essentiellement au niveau de la capacité cognitive. L’animal a un niveau  de conscience émotionnelle très développé. Ce sont des êtres très sensible, d’autant plus que leurs réactions émotionnelles ne sont en aucun cas contrôlées par la raison. L’animal ressent, à des émotions et y réagit, mais il ne peut pas conceptualiser ses émotions dans une représentation structurée et construite. Il ne développe pas, comme les humains, un récit de son vécu, une organisation chronologique de ses souvenirs. L’animal apprend très jeune la notion d’espace mais il est incapable d’acquérir la notion du temps. Pour résumer, au contraire des humains, les animaux ne développent pas les niveaux de conscience cognitive. Ils ont des émotions, mais pas de sentiments ni de raison.

C’est sur la base de cette représentation que nous pouvons ouvrir le débat sur le « bien-être » animal.

  1. Si on se place d’un point de vue purement « naturel », l’homme est un animal au sommet de la chaine alimentaire. Il peut donc manger sans être mangé. Il peut disposer au hasard de ses nécessités de toutes les ressources alimentaires disponibles (animales, végétales, voire minérales). Il n’a ni devoirs ni  droits vis à vis des animaux.
  2. Mais l’homme a créé des sociétés généralement organisées autour de la solidarité réciproques (même si certaines tendent plutôt vers la solidarité à l’égard du dominant, sans réciprocité). Il a donc développé la notion de devoirs réciproques. En contre point de ces devoirs est née la notion de droits accordés à certains afin qu’ils puissent assumer leurs responsabilités, leurs devoirs. Par exemple les parents ont la charge (le devoir) de nourrir et d’éduquer leurs enfants, ils sont donc en capacité (en droit) de choisir le type d’éducation, de culture, les principes qu’ils veulent inculquer à leur progéniture. Dans ces société c’est la notion de devoir qui prime, la notion de droit n’en étant qu’une conséquence.
  3. Lorsque les hommes ont introduits dans leurs sociétés les animaux (domestiques ou domestiqués ) ils ont « de facto » été amenés à leur appliquer les notions et les valeurs sociétales inhérentes à la société. Ils se sont en quelque sorte positionnés en « colonisateurs ». Quand des colons s’installent sur une terre étrangère, ils imposent leur vision du monde aux populations autochtones, en général sous prétexte de leur apporter la civilisation, l’éducations, la santé … Ils les réduisent en quasi esclavage (même si la situation peut avoir de nombreux points positifs). C’est précisément notre comportement vis à vis de nos animaux domestiques dont nous refusons de prendre en compte leur « animalité ». Nous exigeons qu’ils s’adaptent à notre mode de vie, et en ce sens nous leur intimons le devoir de s’adapter  à nos désirs et nos besoins. En contrepartie de ce « pseudo colonialisme » nous leur accordons des droits et de là découle la notion de droits des animaux. Ces droits n’existent que parce que nous obtenons de nos animaux domestiques la soumission que nous attendons. Ces droits disparaissent si l’animal se rebelle et refuse de se soumettre.
  4. La notion même de « bien-être animal » n’existe que dans la domestication (colonialisme) de l’animal. Elle n’a absolument aucun sens dans la nature pour les animaux sauvages. Nous pouvons même nous poser la question de savoir si elle a un sens dans le règne animal. Le « bien-être » est du domaine du sentiments et on doit s’interroger sur un point : « est-ce qu’un animal, au vécu quasiment émotionnel et dépourvu de conscience cognitive peut, ou non, développer un  sentiment ? » C’est très délicat car le sentiment, frontière entre l’émotionnel et le cognitif, peut ne pas être totalement absent de la conscience animale. Il est sans doute plus développé chez l’animal domestique, façonné par un long contact avec l’homme, que chez l’animal sauvage. Est-il suffisamment présent pour que l’on puisse parler de sentiment de bien-être ou de mal-être ? Est-il différent selon l’animal, son espèce, son dressage ? Est-il de même nature chez le chien, le chat, le cheval, la vache, le canari, ou le poisson rouge ? En général nous projetons, par anthropomorphisme, nos propres sentiments sur l’animal. Qui a, un jour, interrogé une vache sur sa vision du bien-être ?

Le problème se résume maintenant à quelques questions

  1. As-t-on le droit de domestiquer un animal, de le sortir de sa condition, fusse avec les meilleures intentions. Nous refusons ce droit à l’homme vis à vis de l’homme, l’accordons-nous à l’homme vis à vis de l’animal ? si oui nous considérons l’animal comme un être inférieur et la notion de « bien-être » n’a plus de raison d’être.
  2. La conscience de l’animal est-elle de structure suffisamment proche de celle de l’homme pour que nos projections anthropomorphiques ait un sens. Si oui, la réponse à la question précédente est non !

En fait ces deux questions n’en font qu’une, car la réponse à la seconde question dépend de la réponse à la première qui elle-même dépend de la réponse à la seconde

Donnez la réponse à ces questions et je vous pourrez prendre position sur la notion de « bien-être animal »

Qu’est-ce que l’émotion

L’émotion est un mot très vague qui recouvre l’ensemble d’un processus affectif qui va du ressenti d’une situation aux comportements qui en résultent. L’ensemble de ce process doit être plus finement analysé pour mettre en évidence diverses phases qui le compose.

Le ressenti

C’est la perception d’un message reçu de notre environnement et détecté par l’un de nos sens (vue, ouïe, odorat, gout, toucher). C’est une forme d’acquisition brute pour notre conscience, on peut dire : » une prise de conscience ».

L’émotion

Toute acquisition nouvelle dans un système en équilibre induit une potentialité de déséquilibre et une réaction tendant à retrouver un nouvel équilibre. La perception d’un nouveau message par notre conscience n’échappe pas à la règle. Notre équilibre est, de ce fait, perturbé et notre conscience va, immédiatement, mettre en œuvre les mécanisme pour résorber ce déséquilibre.

L’analyse critique

Le premier processus va être une tentative d’analyse critique de la situation. Pour ce faire, notre conscience va tenter de passer le message à notre univers cognitif (notre conscience cognitive) pour tenter de l’intégrer à notre réseau logique de conscience. Pour dialoguer avec notre univers cognitif le message devra être formalisé, représenté, devenir une image mentale interprétable par notre conscience cognitive. Cette phase de représentation mentale des situations est un pas absolument nécessaire à l’analyse critique de la situation. Cette représentation va, alors, être comparé à l’ensemble des représentations mentales présentes dans notre mémoire pour définir les liens logiques de dépendance entre elle et le réseau mémoriel. Si ces liens peuvent se créer la nouvelle situation (le nouveau message) trouvera sa place logique dans notre conscience et deviendra partie intégrante de notre vécu historique, de notre identité.

Si ce processus ne peut se mettre en place, sous l’effet d’un choc affectif trop intense, trop surprenant, trop déroutant, l’analyse critique qui devrait conduire à l’intégration du message ne peut pas se produire. Pour réagir au déséquilibre notre conscience va mettre en jeu  des mécanismes de défense de type émotionnels. Ce peut être des suées, des rougeurs, des palpitations, une colère irrationnelle, des réactions de violence (selon la capacité ou non de l’analyse critique à partiellement interpréter le message). Notre conscience cognitive logique ne pouvant agir, c’est notre conscience émotionnelle qui va prendre la main  pour évacuer le message troublant. Il en restera des traces dans notre conscience émotionnelle.

Les attitudes et positionnement

Que le message s’intègre correctement ou non dans notre réseau de conscience le résultat détermine notre attitude vis à vis de la situation vécue. Ceci va définir notre positionnement vis à vis d’elle (le message reçu) c’est à dire la façon dont nous allons la vivre, l’évaluer, la juger. Ce positionnement vis à vis de l’ensemble des situations vécue constitue la construction de notre identité, ce que nous sommes, ce que nous devenons. L’historique de ces analyses est notre identité profonde en perpétuelle reconstruction.

Ce positionnement va, évidemment, définir la façon dont nous allons réagir au message reçu et déterminer nos comportements en  réaction à la situation.

Nous réagissons à une situation non pas seulement en fonction de ce qu’elle est, mais aussi en fonction de tout notre vécu historique déjà intégré. Ce n’est pas un individu « neuf » qui réagit à une situation mais un individu  avec tout son passé et toute son histoire.

Conclusion

L’émotion  est un phénomène complexe et non une entité en soi. Par exemple :

  1. Un bruit nous fait sursauter. C’est le mécanisme émotionnel qui  entre en jeu. Dans la surprise, l’analyse critique par la conscience cognitive ne peut pas être mise en route. La réaction de défense sera la contraction musculaire qui nous fait sursauter
  2. On est face à un danger identifié. Il se peut que dans un premier temps la réaction émotionnelle se mette en jeu, puis l’analyse critique de la situation intervient, jauge le danger (plus ou moins bien plus ou moins mal) et nous positionne vis à vis de la situation. Nous adoptons alors les comportements de défense qui nous paraissent appropriés. Dans ce cas précis les réactions émotionnelles peuvent obscurcir l’analyse critique et nos comportements n’être pas si appropries que cela.

Évitons de confondre sous le vocable d’émotion la perception du message, sa représentation en une image mentale compréhensible par notre conscience cognitive, notre positionnement, et les comportements qui  en résultent. L’émotion, à mon sens, n’est que le sentiment d’instabilité, de porte-à-faux généré par la perception d’un nouveau message.

Une expérience sur la relation fusionnelle de l’enfant

Le très jeune enfant vit avec son entourage (ses parents en général) une relation quasi fusionnelle. Il ne se différencie pas d’eux et épouse leurs émotions et leurs états d’âme. N’ayant que très peu de capacités cognitives il a un positionnement tout à fait incertain à son environnement, et sans repères, il utilise ceux de ces parents , dans la fusion, pour exister. Dans cette situation l’enfant se vit comme le « centre du monde » et n’existe dans l’univers que ce qui peut avoir une relation avec lui. De ses parents, par exemple, il ne conçoit que ce qui peut interférer avec lui et n’imagine pas qu’il puissent avoir une vie en dehors de lui.

Il est une expérience que nous avons tous vécu avec nos enfants … du moins pour ceux qui en ont élevé.

Lorsque l’enfant commence à parler, prononce ses premiers mots, on lui apprend les rudiments du vocabulaire en nommant des objets que l’on désigne afin que l’enfant répète le mot. On lui montre son père en disant « papa » et l’enfant répète « papa ». On penses alors qu’il a appris à identifier et reconnaître son père. Quelques jours après l’enfant croise un autre homme et l’appelle « papa ». Ceci fait en général  beaucoup rire.

En fait quand l’enfant répète pour la première fois « papa » ce n’est pas son père qu’il identifie mais l’objet visuel que l’on lui présente. Il identifie un homme. Devant notre enthousiasme il se conforte dans son identification et pour nous faire plaisir et se faire valoir il va appeler toute représentation masculine « papa ».

De fait, l’enfant ne fait pas encore la relation entre son père, pour lequel il a une relation purement fusionnelle et l’image de son père qui est encore un objet qui lui est étranger. Quand on lui désigne l’image de son père et qu’on la nomme « papa » c’est cette image qu’il associe au mot « papa » et non la représentation fusionnelle qu’il a de son père.

Dans ce stade fusionnel la représentation du père est purement émotionnelle et absolument pas cognitive. Il ne peut identifier à partir d’une image que les objets avec lesquels il a pris une certaine distance et qui sont ,de ce fait, sortis de sa sphère émotionnelle. On ne peut identifier par les mots d’un langage (codification cognitive) que des objets dont la représentation est entrée dans notre sphère cognitive (c’est à dire qui se sont différenciés de nous).

Le fusionnel ne peut se vivre que dans l’émotion, l’objectivé dans le cognitif.

On retrouve dans ce comportement enfantin le comportement animal. Comme le jeune enfant les animaux (animaux dit supérieurs) ont une conscience cognitive très peu développée. Comme le jeune enfant ils ne font pas la liaison entre un objet et son image. Ils peuvent, de façon émotionnelle, ressentir un objet, un autre animal, ou un être humain, mais il leur est difficile de construire, formaliser, à partir de cette émotion une représentation cognitive de leur ressenti. C’est le lien entre leur ressenti visuel (perception de l’image) et leur ressenti émotionnel qui leur fait défaut. C’est pourquoi certains animaux peuvent rivaliser avec un enfant d’un an, un an  et demi, mais que alors que l’enfant va poursuivre son développement l’animal restera bloqué à ce stade primaire. Alors que l’enfant va apprendre le temps, la chronologie, l’histoire, et la différenciation, l’animal va rester bloqué sur sa notion d’espace et de présent.

L’homme se vit dans le temps, l’animal dans l’espace

Les conflits dans une fratrie

C’est un problème classique et récurent que les conflits entre ainés et cadets dans une fratrie.

L’ainé, d’abord enfant unique, développe avec ses parents une relation totalement fusionnelle. N’ayant que peu de références (sa conscience cognitive est très peu peuplée) il utilise les références de son environnement pour se situer. Il ne fait qu’un avec ses parents et vit en totale dépendance vis à vis d’eux. Sa sécurisation passe par eux.

La naissance d’un cadet va bousculer et remettre en cause cette structure. Devant faire face au nouveaux besoins de cet enfant les parents vont consacrer beaucoup de leur temps au nouveau-né et c’est autant de temps qu’il ne pourront consacrer à l’ainé. Celui-ci qui avait « des parents à plein temps » ne dispose plus que de parents à « mi-temps ».  Dans sa relation fusionnelle c’est véritablement la perte d’une partie de lui-même, une sorte de « petit deuil » qui lui sera difficile de vivre. Souvent l’ainé passe bien ce cap toujours difficile et compense la perte d’une partie de son vécu fusionnel en endossant le rôle de grand frère qui lui redonne de nouvelles références en le situant « dans la cours des grands ».

Souvent, malheureusement cela ne se passe pas aussi bien. L’ainé vit une véritablement situation d’abandon. Il en veut à ses parents de leur désertion (vécue comme une trahison) et il en veut à son cadet, rival qui lui prend sa place. L’expression de ce « mal être » ne se fera pas directement vis à vis des parents (bloqué par la relation de dépendance affectueuse et fusionnelle avec eux) mais s’exprimera directement dans l’agressivité développé à l’encontre de son cadet. Il se venge à la fois de son cadet qui a usurpé sa place et  de ses parents en s’en prenant à celui qui semble être devenu leur nouveau « petit chéri ».

L’attitude de l’ainé ne doit pas s’interprétée comme une réaction agressive mais plutôt comme une réaction de défense légitime :

Mes parents me laissent tomber et mon cadet veut prendre ma place.

En ce qui concerne le cadet, qui bien évidemment n’a aucunement le sentiment de chasser son ainé, l’agressivité de celui-ci est très mal vécue. Lui aussi à une réaction de défense :

Mon ainé me déteste.

Le problème est que l’on ne va pas en rester à ce conflit enfantin. Les deux enfants vont construire leurs relations familiales autour de ces deux interprétations erronées. Chacun d’entre eux analysera chaque situation en fonction de  son erreur initiale. L’ainé verra toujours dans les agissements et propos de son cadet le rival qui veut prendre sa place, et le cadet un ainé qui le déteste.

Rappelons brièvement le processus de la construction de la mémoire (conscience cognitive). Tout événement vécu est ressenti, puis analysé par la conscience cognitive sur la base des critères historiquement intégrés. C’est la confrontation du ressenti et de notre vécu historique qui va donner son sens à l’événement et l’intégrer à notre mémoire. La conscience de la situation se construit donc strate par strate au fur et à mesure des expériences, chaque couche servant de critère d’analyse pour la couche suivante. On comprend facilement que l’analyse d’un événement familial en fonction des critères erronés, comme ceux intégrés par l’ainé ou le cadet donne naissance à une vision du vécu familial biaisé pour les deux enfants. Le traumatisme de l’enfance va se perpétuer dans la fratrie, et la vision négative imprégnera le vécu familial. Dans la vie quotidienne ce sont les vécu les plus récents, les plus accessibles à la mémoire qui sont sollicité en premiers, ce sont eux qui, prioritairement, influencerons l’analyse critique des événements. Ils seront cependant entaché d’erreur puisque construits à partir de réminiscence enfantines biaisées. Ces enfants se reprocherons tout et n’importe quoi sans avoir conscience de leur erreur d’analyse. Les reproches qu’ils pourront se faire seront, évidemment, dépourvus de sens et totalement incompréhensibles. Chacun ne pourra pas comprendra l’attitude de l’autre (car il l’analysera sur la base de critères biaisés par ses expériences passées erronées) et ceci renforcera  l’animosité réciproque qui  de ce fait sera auto entretenue et ne fera que croitre. Bien sûr la réconciliation sera de plus en plus difficile.

Voilà deux enfants qui « s’en veulent » réciproquement alors qu’ils sont tous les deux  des victimes. Le cadet est victime du « mal être » de son ainée qui lui-même est victime de sa situation familiale. Ceci devrait conduire à une forme de solidarité … mais l’agressivité se tournerai immédiatement vers les parents ce qui est affectivement difficile à envisager pour les deux enfants.

Les parents sont eux-mêmes les victimes d’une vision sociale un peu utopiste. Elle consiste à penser, dans une idéalisation de la famille, que l’entente entre membres d’une même famille va de soi, une sorte d’a priori, innée, et par voie de conséquences qu’il n’y a pas lieu de s’en soucier. C’est malheureusement faux et l’expérience le démontre tous les jours ! Une bonne relation familiale se construit. Il est regrettable que cette vision idéalisé de la famille nous ait empêché de forger les outils pour cette réalisation qui pourraient permettre aux parents de gérer, au mieux, cette situation toujours difficile. Les vision utopistes masquent les problèmes et conduisent à bien des déceptions. Les parents, démunis devant la situations, sont également victimes de cette conception sociale erronée.

Comment sortir de cette spirale délétère ? Difficile, les parents, objet et générateur du conflit ne peuvent agir. Toute intervention de leur part est considérée comme une prise de partie et ne fait que raviver le conflit. La solution ne peut venir que des protagonistes et de leur volonté (ou non) d’arranger les choses. Dans la mesure où il s’agit d’un « faux conflit », une sorte de « malentendu »  la seule volonté de le résorber est suffisante pour, par petit pas successifs et réciproques, arranger les choses. Mais cette volonté est bien difficile à admettre, peut-être que la compréhension du mécanisme de la genèse du conflit pourrai faire réfléchir !

L’utopie de l’égalité

C’est un vieux mythe historique qui ne cesse de hanter les consciences. Déjà, en l’an Zéro, Jésus Christ (fils de Dieu ou agitateur de gauche) a théorisé (par l’intermédiaire des évangélistes) dans les évangiles la notion d’égalité entre les hommes, le partage, la solidarité :

Bien heureux les pauvres en esprit, le royaume de Dieu est à eux

Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’accéder au royaume de Dieu

Cette doctrine largement répandue par l’église Catholique n‘est en fait jamais rentrée dans les mœurs et l’institution de l’église a toujours jouée les riches contre les pauvres au mépris totale de la parole de Dieu.

En France il a fallu la révolution de 1789 pour que le pouvoir temporel de l’église et de la noblesse qui lui était inféodée vacille.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen reprend ces principes en les portant même au rang d’institution, fondant ainsi la base des démocraties modernes. Là encore la doctrine est restée lettre morte et la noblesse a été remplacée par une nouvelle classes dominante : la bourgeoise. La richesse a changée de main, pas la pauvreté.

Certain progrès ont été fait durant les XVIII ème et XIXème siècles pour réduire les inégalités, mais plus par l’apparition d’une classe moyènne venue s’intercaler entre les riches et les pauvres que par une véritable réduction des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres.

D’autres essais pour réduire les inégalités ont été tentés mais se sont soldés par des échecs retentissants comme la révolution soviétique, la révolution chinoise (sauvés par le virage libéral de Dien Xiaoping) la révolution Cubaine ou plus récemment la révolution Bolivarienne de Hugo Chavez.

On peut raisonnablement s’interroger sur le fait que depuis 2000 ans la raison, les idéologies, les croyances préconisent l’égalité entre les hommes alors que ces inégalités renâclent à se réduire. Il y a là un désaccord entre les idées et les faits qui ne peut qu’interpeller.

La question est de savoir pourquoi et comment une idée aussi communément admise peut ne pas, quelles que soit les circonstances, trouver son application dans nos société.

On peut trouver la cause de cette absence de cohérence dans deux raisons :

La structure de nos sociétés.

Toute société qui se constitue se construit autour d’une hiérarchie. C’est un processus récurent que l’on observe à toutes les époques et pour tous les lieux. Que l’on passe de la civilisation Pharaonique à l ‘empire romain, de la féodalité à la république on observe toujours une organisation hiérarchique qui se met en place plus ou moins brutalement. Contrairement aux lois de la thermodynamique sur l’évolution de l’entropie une société passe toujours du chaos à la structuration. Une société se construit toujours autour d’une hiérarchie. Lorsque cette structuration disparaît, la société disparaît avec. Ce qui est vrai pour les sociétés est également valable pour tout groupe constitué (association, club,). Dans les « sociétés animales » comme les meutes de loups, les groupes de grands singes, les troupeaux d’éléphants, et autres on voit toujours apparaître une hiérarchisation plus ou moins sophistiquée car la relation animale se fait toujours sur le mode dominant/dominé ce qui implique inévitablement une vision conflictuelle des rapports.

La société et l’homme

Se pose alors la question de savoir pourquoi les hommes, dès qu’ils se regroupent secrètent des structures fondées sur la hiérarchie et le positionnement dans le groupe. La psychologie relativiste peut nous donner  une approche de la représentation du phénomène. Chacun de nous appréhende les événements qu’il vit  en comparant la perception qu’il en a avec le vécu  de ses expériences antérieures. C’est en fonction de son histoire qu’il va donner une certaine valeur à l’événement et déterminer son attitude, son jugement, son positionnement  par rapport à lui. L’événement sera alors intégré dans sa conscience (sa mémoire) et viendra enrichir sa conscience en modifiant peu ou prou son système de valeurs.

Ainsi  faites, la construction de la conscience passe obligatoirement par une succession de positionnements vis à vis de l’environnement. L’organisation hiérarchique des événements, des êtres, des objets, des idées est l’essence même de notre conscience et de notre vision du monde. Le besoin de sécurisation, de résoudre nos angoisses, nous pousse, alors, à adjoindre à cette hiérarchie  un système de valeurs et à chercher à nous situer au mieux dans la hiérarchie. Notre perception de l’existence est fondée sur nos positionnements, notre système de valeurs  et notre positionnement dans cette hiérarchie. La notion même d’égalité est étrangère à l’homme qui se construit par comparaisons et différences.

A partir du moment ou l’homme se compare aux autres via un système hiérarchique de valeurs (qui, soit dit en passant est différent pour chacun d’entre nous) il est inévitable que chacun d’entre nous cherche à se placer au sommet de sa propre pyramide hiérarchique. Ceci ne va pas sans conflits et sans fouler aux pieds la notion d’égalité.

Conclusion

Nos sociétés et surtout leurs valeurs morales sont conçues pour permettre le « vivre ensemble » entre les hommes. Elles secrètent toujours un système, plus ou moins pertinent,  de valeurs morales qui devrait gérer ces conflits et permettre à chacun d’exister. Malheureusement  cette vision morales, construction purement intellectuelle, a bien du mal à résister à la nature profonde de l’être humain. Le citoyen résiste mal à l’homme qui  l’habite, surtout dans les périodes ou la vie sociale est difficile. Les théories égalitaires craquent devant l’égocentrisme humain. Les notions d’égalité, d’humanisme, sont de nature sociétale et non humaine. Elles viennent en  contradiction avec la nature de l’homme. Elles ne tiennent que si la cohésion du groupe est forte mais s’effritent dés qu’elle faiblit.

La notion d’égalité entre les hommes est un objectif utopique vers lequel nous devons tendre tout en sachant que nous ne l’atteindrons jamais

Alzheimer, la dé-construction de la conscience

Il existe deux modes principaux de représentation du cerveau et de ses productions

  1. Le modèle biomédical qui s’intéresse à l’organe lui-même et à son fonctionnement (Lobes, hippocampe, hypothalamus, irrigation, dopamine, endorphines, …). C’est le domaine de la médecine et de la psychiatrie.
  2. Le modèle psychologique, adopté par les psychanalystes, les psychologues, et qui s’intéresse aux productions du cerveau et donc à la notion de conscience à travers les concepts de complexes, psychopathologies,…

Le premier modèle semble, a priori, plus efficaces puisque, des traitements plus courts et moins couteux obtiennent des résultats plus rapides et prennent en compte les mêmes pathologies que le second mais en incluant de plus l’Alzheimer, le parkinson, les AVC., les tumeurs au  cerveau Il est donc tentant de faire entrer la maladie d’Alzheimer dans le modèle psychologie et plus précisément dans celui de la psychologie relativiste.

Rappelons le schéma de construction de la conscience chez l’humain.

  1. A la naissance le cerveau du nourrisson est quasiment vierge et n’est peuplé principalement que des informations nécessaires au fonctionnement de l’organisme, soit des fonctions de respiration, digestives, circulatoires et de  contrôle musculaire. C’est une sorte d’inné indispensable à la survie du nouveau-né, une forme de conscience « organique ».
  2. Par auto apprentissage le bébé va intégrer de nouvelles connaissances comme la distanciation entre lui et les objets de son environnement, le goût, le plaisir et la souffrance et commencer à intégrer la notion d’espace (surtout dès qu’il va marcher).
  3. Ultérieurement l’enfant va apprendre par mimétisme un certain nombre de valeurs simplistes comme le contrôle des sphincters, la récompense, le refus, les rudiments de comportements sociaux. C’est le début de la création de la conscience émotionnelle, du vécu fusionnel, et de la reconnaissance de ses proches.
  4. Vient ensuite une phase d’apprentissage dirigé (une forme de « dressage bienveillant » par les parents et les éducateurs) pour intégrer des valeurs morales, la notion de temps, la manipulation pour arriver à ses fins . C’est le début de la création de la conscience cognitive.
  5. Les informations cognitives, au fur et à mesure des expériences, vont « s’empiler » les unes sur les autres, chacune dépendant des informations précédemment acquises, pour former le réseau de la conscience dans lequel les information les plus anciennes s’estompent au profit des informations les plus récentes.

Étudions maintenant le mécanisme de la disparition de la conscience dans la maladie d’Alzheimer.

  1. Dans un premier temps ce sont les informations les plus nouvelles qui sont « oubliées ». Le malade ne se souvient plus de ce que l’on vient de faire ou dire, mais il conserve l’ensemble de sa mémoire.
  2. Puis le malade perd la notion de beaucoup d’éléments qu’il a appris dans le passé mais se souvient encore des souvenirs très anciens. Il confond souvent les événements récents avec les souvenirs de sa jeunesse, il prend par exemple la fille pour la mère qu’il a connu jadis. C’est la déconstruction progressive de la conscience cognitive.
  3. C’est enfin la conscience émotionnelle qui est attaquée, le malade ne reconnaît plus ses proches, conjoints, enfant, frères et sœurs. Les reconnaissances non cognitives ne marchent plus.
  4. Enfin ce sont les fonctions organiques qui sont altérées notamment les dernièrs apprises (contrôle des sphincters) et enfin les fonctions fondamentales disparaissent. D’abord la déglutition, enfin la respiration. Le malade en est au stade du  décès.

On fait alors la remarque suivante : Dans la maladie, les fonctions mentales, les éléments de conscience disparaissent dans l’ordre inverse de celui dans lequel elles se sont créés. Comme si la conscience se construisait en empilant des couches sur des couches et se détruisait en « effeuillant la marguerite de la conscience » des couches supérieures au plus basses.

Ceci  n’est ni une proposition d’un mécanisme de la maladie d’Alzheimer, ni une approche à visé thérapeutique, mais elle est un premier pas dans l’intégration de cette maladie au schéma général de la psychologie relativiste.

Comme on le dit « c’est le premier pas qui coute ! »

Psychologie des espaces immersifs

Un espace immersif est un lieu dans lequel un spectateur va entrer dans un univers qui n’est pas le sien et dans lequel il va être amené à vivre une expérience, qu’il n’aurait pas pu vivre dans son univers propre.

Il s’agit généralement – mais on peut envisager d’autres dispositifs – d’un lieu clos, pseudo-sphérique, dans lequel vont être projetés des images censées recréer un univers nouveau.

Cette notion d’espace immersif implique donc deux paramètres :

  1. La création d’un univers nouveau, un espace immersif.
  2. Le vécu d’une expérience narrative dans ce nouvel environnement.
  • L’espace immersif. Il est généralement créé par la projection sur cette surface pseudo-sphériques, enveloppant totalement le spectateur, d’images (mais ce pourrait être des stimuli sonores, voire olfactifs ou autres). Celles-ci sont projetées de façon suffisamment mobiles, hachées, pour que le spectateur ne puisse en analyser le narratifs mais uniquement les percevoir comme une atmosphère, une impression, un climat. Toute analyse cognitive, à ce niveau, plongerait  le spectateur dans un position de réflexion qui nuirait  à la création d’un univers qui lui soit totalement étranger. La création, à ce niveau, d’une relation cognitive entre l’univers du spectateur et celui que l’on veut lui suggérer ramènerait le spectateur à son univers propre et l’empêcherait de s’immerger totalement dans un univers qui doit lui être étranger.

L’immersion doit mettre en jeu l’émotionnel et non la raison.

  • Psychologie de l’immersion. A notre naissance, nourrisson, nous faisons notre première expérience immersive. Nous nous trouvons dans un univers inconnu, sans repères, sans capacité de le représenter pour le vivre. Nous vivons uniquement sur le mode de la sensation, de l’émotion, et de la fusion avec notre environnement (notamment nos parents). Ce n’est que très progressivement, par des expériences cognitives que nous allons apprendre à nous situer dans ce monde, à prendre des repères, apprendre les notions d’espace, de gout alimentaires, le bien être, le mal être, puis les valeurs du bien et du mal, la notion du temps, et tout ce qui nous amènera à prendre notre place dans cet univers, à devenir nous-même, à prendre notre identité. Tout individu sans repères n’existe pas (ou du moins n’a pas la conscience qu’il existe.) C’est la formalisation, l’expression, de la relation à notre entourage que nous appelons la conscience d’exister. Tout individu en absence, en déficit, en perte de repères a le besoin absolu de s’en créer. C’est par ce processus que nous passons de la petite enfance à l’âge adulte, d’un être indéfini à notre identité d’adulte. L’absence de repère génère un sentiment d’angoisse que nous comblons par le besoin impérieux de relations pour nous resituer dans notre environnement.

La création de l’espace immersif décrit plus haut doit replacer le spectateur dans cet état primitif. Il est envahit par un univers dont il n’a pas les clé, dans lequel son positionnement vacille, et dans lequel il a besoin de se resituer. Il est alors demandeur d’expériences narratives pour « se raccrocher aux branches » et il faut  maintenant lui en proposer.

  • Les expériences narratives.  Nous avons créé, dans notre espace immersif, une demande pour le spectateur de comprendre, de se situer, dans l’univers dans lequel il est plongé. Il va donc être parfaitement réceptif à l’expérience que l’on va lui proposer. Si on plonge un individu dans un espace immersif sans lui proposer un récit qui lui permettra de se positionner il n’aura qu’une envie c’est de s’échapper d’un univers qui pour lui ne sera qu’un petit cauchemar.
  • Prenons un exemple simple pour décrire la situation. Vous êtes devant un paysage de plaine, des champs qui s’étendent à perte de vue, vous ressentez un sentiment de plénitude que vous cherchez à immortaliser dans une photo. Et là, déception, la photo ne transmet aucune émotion, le paysage est plat, sans intérêt. Quand vous avez apprécié le paysage il s’était créé une relation entre vous et le panorama, vous aviez vécu une relation entre vous et lui dans un univers qui vous était commun. La photo est un autre univers dont vous ne faites pas partie (vous n’êtes qu’un observateur extérieur) Et la relation entre vous et le paysage n’existe plus (même si la relation entre la photo et vous existe). Faites maintenant la même photo, mais en prenant en premier plan un arbre, des fleurs, un personnage. Cette photo n’est plus l’univers atone de la photo précédente, elle prend du relief, prend « du  sens ». Il existe maintenant un relation entre le premier plan et le fond et la photo prend vie. La vie nait de la relation entre les choses, elle nait de la relation entre deux entités clairement identifiées (donc différentes l’une de l’autre). Dans la première photo tous les éléments du paysage avaient même valeur et ils ne créaient aucune relation entre eux. L’apparition d’un premier plan identifié a crée une relation entre lui et le fond ,et la vie surgit. Naturellement l’espace narratif ne doit pas se substituer à l’espace immersif mais s’y superposer (afin de garder les deux plans présent en permanence)
  • Conclusion : C’est ce que nous devons proposer à notre spectateur, une relation entre un fond  (l’espace immersif) et une premier plan (l’expérience narrative). Il nous faut donc créer une sorte de triangulation :
  • Le spectateur est en relation émotionnelle avec l’espace immersif et en relation cognitive avec l’expérience narrative. Pour ne pas le déstabiliser il est important qu’immersif et narratif soient en cohérence pour éviter que le spectateur soit en « grand écart » entre les deux. Le créateur devra soigner cette cohérence. Plus elle sera soignée et plus le spectateur recevra le message dans une position confortable.
  • Sans le narratif l’immersif n’a aucun sens, mais sans l’immersif le narratif n’a aucune couleur !

En ce qui concerne le « déroulé » de la séance, il faut laisser baigner le spectateur dans l’univers immersif un petit moment, afin qu’il pénètre dans le nouvel univers qu’on lui propose. Dès que le besoin de se référencer lui apparaît il faut alors lui proposer le récit qu’il attend. A la fin de l’histoire il est bon de laisser le spectateur un instant dans l’univers immersif pour qu’il « décroche » doucement de l’expérience et revienne tranquillement à sa vie.

On n’est pas si loin du déroulé d’une séance d’hypnose !

Nouvelle classification des psychopathologies

Pour commencer reprenons le mécanisme d’intégration dans notre conscience des événements vécus.

L’événement est vécu et perçu sous un mode émotionnel, non formulé. Notre conscience en donne une image mentale formalisée et va chercher à l’intégrer à notre vécu historique. Pour cela une analyse critique de cet événement (ou plutôt de son image formalisée) et lancée pour comparer et positionner cet événement par rapport au grand réseau logique acquis de la conscience. En créant des liens logiques de causalité avec les divers élément mis en jeu dans la conscience cet événement va maintenant faire partie intégrante du réseau logique de la conscience. Selon la capacité ou non de créer ces liens logiques l’événement sera intégré ou refusé par la conscience.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes apparents. C’est comme si en médecine on classait les maladies selon les boutons, la douleurs, la fièvre. En psychologie, comme en médecine les psychopathologies doivent être classifiées selon leur causes, leurs origines. On peut avancer deux critères principaux :

La structure de la conscience (Problématique structurelle)

Conscience rigide : Narcissisme, paranoïa. Les liens logique de la conscience avec les diverses représentations mentales sont rigides et sans nuances. Les relations de causalité ne souffrent aucune nuance et sont construit sur des certitudes. Les événements vécu auront beaucoup de mal à s’intégrer (car le réseau n’a aucune souplesse d’adaptation) et seront généralement vécus comme éléments perturbateurs et agressifs. L’image de soi établie reste le garant de l’intégrité de l’individu.

La conscience « laxe » : Angoisse, addictions, nature dépressive, sous-estimation de soi. Au contraire les liens logiques de la conscience sont lâches, incertains. Le système de référence est flou et le sujet mal assuré. Il vit dans un monde sans structure et de ce fait développe un sentiment profond d’angoisse. Il pourra intégrer dans sa conscience toutes sortes d’événements vécus sans aucune sélectivité et sans rigueur. Sans « colonne vertébrale » il sera flottant, indécis, et cherchera toujours à « se raccrocher aux branches » pour essayer de se trouver un référent externe pour palier à son absence. de références personnelles.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

La conscience morcelée : Schizophrénie, Autisme (Asperger), bi-polatité. La conscience ne fait pas un tout mais est faites d’éléments qui  constituent des « poches »  de logique, mais sans liens ensemble. Si la conscience est morcelée le souci de détails l’emportera sur la capacité de synthèse. Si la conscience est fractionnée en grand blocs on pourra observer des tendances à des comportements antagonistes plongeant le sujet dans un perpétuel conflit intérieur.

Le contenu de la conscience (Problématique conjoncturelle)

Les déficits affectif : Régression, Anorexie (conscience rigide) boulimie (conscience laxe). Le déficit affectif induit généralement une attitude régressive avec le refus de grandir si la structure de la conscience est rigide, ou au  contraire une recherche désespéré d’affection si la conscience est plutôt « laxe ». L’adolescence est le moment le plus critique pour la gestion du déficit affectif.

Les erreurs dans le vécu : Nous vivons nos événements vécus sur un mode émotionnel dont nous fabriquons une image mentale qui devra être intégrée à notre conscience en fonction de l’analyse critique que nous en ferons vis à vis de notre vécu historique intégré (le réseau logique de notre conscience). Si l’interprétation de ce vécu est erroné, son image mentale formulée ne sera pas conforme à ce qu’elle aurai dut être. Sa confrontation avec le reste de la conscience ne pourra pas donner des résultats satisfaisants.  

Les erreurs dans l ‘intégration :Après avoir formalisé un événement dans une représentation mentale, c’est au tour de l’analyse logique d’établir les liens de dépendance ( causalité) entre cette représentation et les réseau logique des représentation déjà intégrées ? Si cette analyse se passe mal, et que l’intégration dans le réseau se fait de façon erronée on observera une certaine incohérence entre ce point de la conscience et le reste du réseau logique.

Psychopathologies globales ou partielles.

Dans les précédents cas précédents on construit un point aberrant dans la conscience. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point entrainera un lien logique qui, même s’il est en parfaite cohérence avec le point précédent, sera en incohérence avec le reste de la conscience. Se construira un réseau logique parfaitement homogène mais en désaccord avec le reste de la conscience que l’on pourrait qualifier de « cancer de la mémoire ».

Reprenons le cas d’un problème dans une fratrie ou l’ainé est perturbé par l’apparition dans la sphère familiale de son cadet. L’ainé est persuadé que ses parents l’on délaissés au profit de son cadet et voit celui-ci comme un rival. Il en développe une agressivité à son égard qui pourra durer toute sa vie. Le cadet sentant l’animosité de son ainé adopte une position de défense et se sent perpétuellement victime d’une agression. Les deux pourrons développer un comportement paranoïaque  en ce qui concerne les événements liés à la sphère familiale. Il ne seront pas  forcément de nature générale « paranoïde » mais pourrons dans certaines circonstances adopter des comportements qui y font penser.

Il est important de concevoir que certaines parties de la conscience ayant une construction pathologique peuvent entrainer ,seulement quand elles sont sollicités, des comportements déviants et pathologiques. Je caractériserais ces comportements de « partiels »,  et de nature conjoncturelle, ceci par opposition à des comportements pathologiques structurels qui affecterons l’individu en toutes circonstances. On pourra, par exemple, trouver des comportement « paranoïdes » chez des sujets à conscience « laxe » et en sous-estimation de soi.

Évitons de caractériser, trop simplement, un sujet par un pathologie unique, même si elle est dominante, la psychopathologie peut être multiformes

Importance de la petite enfance en psychologie (suite)

J’ai insisté, dans un article précèdent, sur l’importance des ressentis de la petite enfance dans la construction de la conscience cognitive de l’adulte et comment l’intégration des ressentis au cours de la vie construisait le réseau logique de la conscience cognitive.

Donner un exemple n’est pas facile car il faudrait relier la description de la relation du monde émotionnel de l’enfant au monde cognitif de l’adulte. Hors, s’il est possible de décrire le monde de l’adulte par une représentation formalisé comme le langage, décrire le monde émotionnel, par essence non ou peu formalisé, par des mots est impossible. Le non formulé ne peut se décrire dans un système de représentation formulé (du moins à ce jour).

Pour décrire comment se construit l’empilement des images mentales, et ses déviances, dans la conscience cognitive je prendrais trois exemples.

Le problème de la fratrie. J’ai évoqué ce problème dans la première partie de cet article. Le cas qui nous intéresse aujourd’hui est le suivant : « Comment des acquis de sa petite enfance peuvent perturber le vécu d’un adulte »

Reprenons l’histoire d’un ainé perturbé par l’irruption dans la famille de son cadet. Il se sent  délaissé par ses parents qui consacrent, tout naturellement, une grande partie de leur temps au bébé. L’ainé ne dispose plus que de parents « à mi-temps » alors qu’il les avait à temps plein auparavant. Il en conçoit une certaine angoisse car un enfant vit en totale fusion avec ses parents et les voir, en partie, s’éloigner lui fait perdre une partie de ses références et de son identité. Ce peut être un véritable deuil pour lui. Il développe donc tout naturellement une certaine anxiété, un certain mal être. Il en veut inconsciemment à ses parents de leur trahison et plus consciemment à son cadet de le chasser pour prendre sa place .

Cette situation peut ne pas être catastrophique si l’ainé accepte cette séparation, cette nouvelle maturité (il fait son deuil), et la compense par une sorte de pouvoir sur son cadet qui le repositionne dans la famille en tant que responsable du petit.

Souvent cela ne se passe pas bien et le deuil ne se fait pas. L’ainé conserve une sourde rancœur à ses parents (masquée par l’affection qu’il leur porte) et intègre son cadet comme un ennemi, un élément perturbateur de son bien-être. Par la suite, chaque situation de la vie familiale sera analysé en partant du postulat intégré : « mes parents préfèrent mon cadet et lui ,intrigue pour m’évincer de leur affection ». A partir de ce postulat tout événement sera vécu à travers cette vision perturbé et son ressenti intégré comme un élément négatif venant alimenter son hostilité.

Pour le cadet le vécu de cet animosité est bien intégré et il va également vivre chaque nouvelle situation à travers le prisme de « mon ainé me déteste »

Progressivement vont se construire, de part et d’autre, des « pyramides de rancœur » qui vont de plus en plus diviser la fratrie.

Le point le plus important à signaler c’est que le ressenti, le vécu, de cette opposition dans la fratrie va porter sur les événement les plus récent en occultant totalement l’histoire et le passé. C’est l’ensemble des fausses analyses les plus récentes (conséquence des traumatismes anciens) qui va servir de support à l’animosité alors que leur cause profonde va être ignorée. Pourtant, ni l’ainé ni le cadet, ne sont responsable de ce qui s’est passé et chacun reproche à l’autre des faits dont chacun est plus victime que responsable. Les parents qui vivent très mal cette situation n’en sont pas plus responsables, ils ont fait pour le mieux en fonction de ce qu’il pensaient devoir faire. C’est sans doute notre culture qui pêche et ne nous donne pas les bonnes clés pour agir ! et ce que nous pensons être le meilleur ne l’est pas forcément.

Dans notre culture et dans notre vision de la famille les bonnes relations ente membres semble être un évidence. Il n’y a, donc, pas lieu de s’en préoccuper. C’est bien sur une erreur fondamentale dont de nombreuses familles portent le poids.

Un passage difficile du peu formulé au  totalement formulé. Ces problèmes ne sont pas l’apanage de la petite enfance et peuvent survenir dans la conscience des adultes. Par exemple dans sa théorie de la relativité restreinte Einstein à modifié totalement la vision de l’univers Newtonien en le reformulant. Pour Newton l’univers était construit autour de deux entités fondamentales. L’espace et le temps, pour lui, représentent des contenants, à priori, dans lequel vont évoluer la matière et les énergies. Que la matière existe ou non, le temps et l’espace sont des permanents, même en l’absence de matière le temps s’écoule et l’espace existe. C’est une vision évidemment très inspiré de la religion Catholique et de son Dieu  créateur de toutes choses. C’est l’univers dans lequel nous baignons encore aujourd’hui et que parents, amis, enseignants, nous ont appris et que nous avons intégré tant dans notre sphère émotionnelle que cognitive. La vision de Newton est la seule qui existe (en occident), elle baigne toute notre culture et notre vision du monde.

Einstein a inventé une autre vision de l’univers dans lequel l’espace-temps est le contenant de la matière et de l’énergie, avec cette particularité qu’ils sont indissociables. L’espace-temps n’a aucun sens sans la matière ou l’énergie qui le peuplent. Seule leur relation existe. De ce fait l’espace-temps n’est plus un contenant à priori et chaque élément de matière ayant sa propre relation à lui, évolue dans son propre espace-temps.

C’est une notion pas trop difficile à comprendre intellectuellement, mais horriblement délicate à accepter, à intégrer pour la bonne raison que :

Le terme d’espace-temps choisi par Einstein pour désigner sa nouvelle grandeur (se substituant aux grandeurs espace et temps) est mal choisi. L’évoquer implique quasi automatiquement dans notre esprit l’appel au vieilles notions acquise d’espace et de temps Newtonien. Notre mémoire se déclenche sous l’effet d’un ressenti, dans ce cas les mots espace et temps, qui sont les clés d’accès à tous nos acquis. Immédiatement les notions Newtoniennes surgissent et se présentent en tant que critères d’analyse du nouvel élément invoqué, et ce même si la partie cognitive de notre conscience propose autre chose. Ce vécu pathologique partagé entre des acquis émotionnels et cognitifs contradictoires nous empêche de parfaitement comprendre le propos invoqué. Difficile d’intégrer une notion nouvelle qui se trouve en opposition à un acquis émotionnel plus archaïque. Il est certain que pour des chercheurs qui « baignent » dans la relativité tous les jours les souvenirs archaïques ont été encapsulés par les acquis quotidiens et ne constituent plus un obstacle à la compréhension.

Les débats sur le Brexit. L’opinion publique au royaume uni est divisée entre les partisans ou non du Brexit. C’est un schisme profond qui alimente toutes les conversations, à tel point que quelque soit le sujet discuté tout débat se ramène toujours à cette problématique. On peut comparer cela à tout débat avec un représentant du Rassemblement National. Tout sujet débattu, qu’il  s’agisse d’un match de football, d’un concert, d’un problème d’éducation, de transport, de civisme, se ramène immédiatement au problème des migrant, des islamistes. Le mécanisme est le même dans une discussion avec un militant d’extrême gauche ou tout sujet implique la critique du capitalisme ou du patronat.  C’est le mécanisme que l’on observe dans toutes « radicalisation » Une vision (erronée ou non, mais en tout cas exclusive) est incrustée dans notre conscience. Elle s’impose dans toutes nos analyses des situations (positionnement) et biaise inexorablement toute conclusion qui pourrait la contredire. Plus aucune analyse critique n’est possible sans passer par un filtre quasi obsessionnel. Une idée rigidifiée intégrée dans la conscience biaise toutes les analyses ultérieures et s’autoalimente de tous les vécus. On conçoit bien comment une telle attitude cotoye allégrement la paranoïa.

C’est la représentation typique (à petite échelle) de la pathologie comportementale et de sa thérapie. Une mauvaise analyse intégrée (et dans nos exemple la vision Newtonienne devient une mauvaise analyse par rapport à la vision relativiste, et l’obsession islamophobe et le vers dans le fruit) perturbe nos comportements et seule une rééducation comportementale (un travail quotidien sur la relativité ou la notion d’identité) peut corriger cette erreur.

L’origine du monde, mythe ou réalité

La théorie de la relativité d’Einstein prédit un univers en expansion. Il s’agit là, bien sûr,  d’un corolaire à sa théorie valable uniquement dans le cadre de celle-ci et non comme une vérité absolue.

Si au lieu d’aller vers le futur on retourne sur nos pas en remontant le temps on construit un univers qui se contracte et qui, il y a 13,8 milliards d’années se présentait comme un point infiniment petit doté d’une énergie infiniment grande. Ce concept , dit du  « big bang » dépasse , évidemment, toutes nos capacités humaines d’imagination.

Forcément se pose alors la question : « Qui avait-il avant ? » et ceci suppose réflexion.

Rappelons tout d’abord qu’une théorie, et la relativité d’Einstein n’échappe pas à la règle, n’est pas une description d’une réalité mais la meilleure représentation que l’on peut en proposer à une époque donnée. Selon les vieux adages : « comparaison n’est pas raison » et « La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a » ne demandons pas à une théorie plus qu’elle ne peut donner. Même la théorie de la relativité a ses limites.

L’un des principaux arguments que l’on peut opposer à la théorie du Big bang est que la théorie d’Einstein est basé sur l’influence des champs de gravitation, en négligeant les forces électromagnétiques de faible influences à grande distances. Lorsque l’univers se contracte vient un moment  ou cette hypothèse n’est plus valable car à faible distances les forces électromagnétiques deviennent prépondérantes et la théorie de la relativité ne s’applique plus. Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune théorie qui puisse prendre en compte à la fois les forces gravitationnelles et les forces électromagnétiques. Nous ne savons pas décrire l’univers au moment à son origine !

C’est, encore, un paradoxe qu’il soit plus facile de prédire le futur que de décrire le passé !

Pour décrire l’origine de l’univers deux options s’offrent à nous :

  1. Un univers contingent, c’est dire décrit à l’aide de relations causale cause / effet. Dans ce cas avant toute chose (effet) doit exister une cause. Dans ce cas il n’y aurait pas d’origine du monde, puisque à chaque description de cet origine se poserait la question de ce qu’il avait avant et qui serait la cause de cette origine.
  2. Un univers non contingent qui serait d’origine transcendantale et qui apparaitrait soudainement sous une influence hors du champ de la conscience humaine. C’est la représentation religieuse de l’univers créé par une forme de « dieu » créateur et par le fait arbitre.
  3. Il est plus sage de penser que cette origine nous échappe et qu’elle n’est pas du ressort de notre pensée. Toute entité se définit dans notre conscience humaine par comparaison  (positionnement) à une entité de référence. On n’est jamais grand, mais plus ou moins grand qu’un autre ou qu’une moyenne statistique. Définir l’univers supposerai posséder un référent  auquel le comparer pour le caractériser. Malheureusement se référent n’existe pas. Puisque chercher l’origine d’une entité que l’on ne sait pas définir paraît être une démarche aussi vaine qu’impossible cette question restera pour longtemps (à jamais ?) sans réponse.
  4. Ceci ne signifie pas que l’on doive renoncer à modéliser cette origine si cela nous est nécessaire. L’homme a besoin pour exister de concevoir une représentation du monde, de représenter ses émotions, les événements, les situations, sous forme d’images mentales liées entre-elles par des relations de causalité et ainsi de créer par sa pensée le monde dans lequel il vit. C’est comme cela que nous existons aujourd’hui. La psychologie s’efforce de montrer comment « fonctionne »  l’homme alors que personne ne sait donner la définition de l’homme et cela peut, quand même, être d’une grande utilité dans le traitement des psychopathologies. Nous avons besoin de décrire notre univers et donc de lui modéliser une origine, ne nous en privons pas mais gardons à l’esprit  qu’il ne s’agit que de modèles et non de réalité.
  5. Pour palier à cette difficulté les hommes ont inventé les religions et les dieux qui vont avec. Plus d’incertitudes, plus d’angoisse devant l’inconnu, les dieux sont la réponses à toutes les questions. L’univers, pas de problème, c’est dieu qui l’a créé. Les événements du monde, pas de problèmes, c’est la volonté de dieu, Allah l’a voulu …Dieu explique tout, sauf qu’il n’explique pas dieu !
  6. Les scientifiques ne sont pas en reste ils ont inventé l’infini, le zéro (néant), les singularités (points au moment desquels les théorie ne s’applique plus mais où on se donne le droit de les appliquer quand même … comme au moment du big bang). Les scientifiques ont donc également inventé leurs dieux pour expliquer l’inexplicable !
  7. Quant à moi, je dois dire que ces recherches me passionnent, cette modélisation du monde est une escrime intellectuelle fascinante. Mais, pour moi ,l’origine du monde c’est ma naissance ou plutôt le moment de l’éveil de ma conscience, ce moment ou j’ai découvert le monde qui m’entoure et ou j’ai pris conscience de mon existence. Cet univers, qui est né avec moi, disparaitra avec ma mort !

L’univers n’est jamais universel. L’univers n’est jamais celui des autres, mais toujours et uniquement le sien !

Importance de la petite enfance en psychologie

C’est devenu un « lieu commun » que d’avancer que la petite enfance joue un rôle crucial dans le développement d’un individu. Depuis les travaux, notamment de Freud, on considère que les premières années de la vie sont le socle sur lequel va se construire la psyché et déterminer les comportements futurs de l’enfant.

C’est une donnée expérimentale (construite dans le cabinet des praticiens) dont la psychologie relativiste peut donner une représentation (un modèle).

Rappelons que dans cette psychologie on admet que la conscience est logiquement constituée de représentations mentales des événements liées entre-elles par des relations de causalité (des liens logiques).

Chaque situation de la vie est concrétisée dans une images mentale. La confrontation entre cette image mentale et l’ensemble des représentations déjà existantes dans la conscience va définir des liens logiques entre le « nouvel entrant » et l’existant. La conscience se développe alors par construction (par empilement, par analyse critique des événements, par positionnement) d’un grand réseau logique qui s’étoffe à chaque nouvelle expérience.

Par exemple la nécessité biologique de s’alimenter va donner progressivement le besoin émotionnel que constitue la faim. Cette faim va construire au hasard des expérience le sentiment du goût. A partir de là vont se développer les habitudes alimentaires, la gastronomie, l’organisation sociale autour de l’alimentation, les môdes, les conceptions économiques de l’agro-alimentaire. D’un socle parfaitement inconscient on élabore, par l’expérience, un univers de plus en plus cognitif dans un domaine socio-culturel.

On voit comment la conscience se construit par strates successives depuis nos nécessités biologiques les plus profondes jusqu’aux conceptions les plus formulées sur le plan cognitif.

Comme dans une maison dont les fondations supportent l’ensemble de la construction, la petite enfance et ses expériences seront le socle du développement de la psyché. Ce qui a été acquis dans cette période va déterminer ce que nous serons plus tard.

Jusque-là la psychologie relativiste n’apporte pas grand-chose à ce que nous savions déjà. Elle propose simplement un mécanisme pour l’expliquer. Mais la vie n’est, malheureusement pas si simple.

Reprenons l’exemple de la maison. Supposons que nos fondations ne soient pas parfaitement horizontales. Les murs vont se construire « en biais » et au bout d’un moment s’écrouler sous leur poids. La maçon, pour éviter cela va progressivement redresser le mur en jouant sur les briques, sur l’épaisseur des joints pour corriger le défaut original et remettre le mur d’aplomb. Finalement le toit sera exactement là ou il devait être et la maison sera solide.

Dans la construction de la conscience le mécanisme est le même. Certes les expériences intégrées de la petite enfance constituent les bases, le socle pour l’intégration des expériences ultérieures mais les analyses des nouvelles expériences, conditionnées partiellement par les expériences plus anciennes peuvent être également être influencées par d’autres acquis plus récent. Comme le mur que le maçon redressait progressivement les vécus les plus anciens (les plus archaïques) peuvent se trouver modifiés par l’apport d’autres expériences, dans d’autres domaines, sous d’autres influences. Nous ne sommes jamais construit sur une logique unique mais sous l’effet des nombreuses influences variées et même parfois antagonistes.

De plus, lorsque l’on fait appel à notre conscience se sont toujours les éléments les plus récents qui sont mis en avant, donc les plus cognitifs. Ce sont ceux qui s’imposent à notre vue et sur lesquels nous basons nos analyse des situations en occultant souvent les souvenir les plus anciens. Ils ne sont pas forcément en adéquation avec notre vécu intime plus archaïque. Notre pensée est complexe et si nos premières expériences sont le socle de la construction de notre personnalité (notre identité), de nombreuses expériences ultérieurs peuvent venir influer et remettre en cause nos conception originales. C’est le principe même des thérapies comportementales et cognitive que de venir corriger des expériences anciennes par de nouveaux acquis compensatoires.

Il peut, cependant, arriver que l’expérience vécue dans la petite enfance soit de nature plutôt exceptionnelle comme par exemple une mauvaise interprétation des réactions parentales,  un important traumatisme affectif qui empêche la formulation cognitive de l’événement. Dans ce cas le vécu historique, trop décalé par rapport aux réalités existantes ne pourra pas être simplement corrigé par les expériences ultérieures. L’enfant gardera une cicatrice qui ne se guérira pas toute seule. Les analyses critique des événements ultérieures seront faussées chaque fois qu’elles feront appel à  ce domaine, et une partie pathologique de la conscience peut se développer, et générer une incohérence dans la conscience cognitive. Si le trouble est trop intense une thérapie sera nécessaire.

Un exemple, malheureusement très fréquent, est le disfonctionement affectif dans une fratrie. Le schéma classique est celui-ci :

Un enfant unique est élevé par ses parents. Très normalement il développe avec eux une relation fusionnelle qui lui permet de trouver une identité à travers eux. Survient la naissance d’un cadet qui va devoir trouver sa place dans le milieu familial. Un bébé a besoin de beaucoup de soins qui occupent une grande partie du temps de ses parents. L’ainé se sent délaissé ( Il faut se rappeler combien une relation fusionnelle peut être exclusive. Toute perte d’un élément de cette relation est ressentie comme la perte d’une partie de soi-même)

L’ainé voit donc son cadet comme un prédateur, et ses parents comme l’ayant trahi. Chaque événement dans la sphère familiale sera analysé par l’ainée au nom de ces deux critères. Toute la construction de son univers familial se fera, au fil du temps,  en fonction d’eux.

Arrivé à l’adolescence, puis à l’âge adulte, pour l’ainé, l’ensemble des représentations du vécu familial  sera construit autour d’une hostilité sourde à ses parents et plus affirmé à l’égard de son cadet. Il est important de comprendre que ce sont les représentations les plus récentes, car les plus formulées qui occuperons la conscience immédiate de l’ainé et son hostilité paraitra totalement illogique et injustifiée dans les circonstances présentes. Pour en  comprendre la raison il faut la remettre en perspective avec son vécu historique, mais ni lui, ni son entourages n’en percevrons la logique.

En ce qui concerne le cadet, il va se construire sur un sentiment d’incompréhension de l’attitude de son ainé et son besoin de participer pleinement au vécu familial. Il va à son tour développer un sentiment de rejet à l’égard de son ainé, creusant ainsi le fossé qui les sépare. Pour les même raisons que son ainé le comportement du cadet paraitra illogique.

L’ainé manifeste son animosité à l’égard de son cadet. Ce dernier se sentant rejeté par son frère cherche la consolation auprès de ses parents qui compatissent (et console celui qui « pleurniche »), ce qui avive le ressentiment de l’ainé vis à vis de son cadet … et c’est une boucle infernale qui s’autoalimente. La famille se trouve embarquée dans cette spirale dont il lui sera difficile de se sortir sans l’aide d’un tiers non impliqué dans le processus (une thérapie familiale par exemple).

Notre conscience se construit par empilement des images mentales illustrant nos diverses expériences. Chaque représentation se trouve liée par une relation logique de causalité avec divers autres éléments de la conscience. Toute nouvelle expérience devra voir sa représentation intégrée au réseau logique de la mémoire. Malgré diverses influence cette intégration s’efforcera de conserver une cohérence à la conscience. Le représentation de la petite enfance se verront nuancées par les expériences plus récentes et ne seront pas le socle unique de notre conscience.

Ce n’est que dans le cas où ces représentation enfantines  entrainent une trop forte déviance par rapport aux réalités extérieures que cette correction ne pourra pas se faire. Toute une partie de la conscience sera « biaisée » et en incohérence avec la réalité intégrée et entrainera, chaque fois que l’on fera appel à elle,  des jugements erronés et des comportements inappropriés.

Sous l’effet dans fort choc affectif ou d’une expérience très anxiogène l’intégration de l’événement, mal formalisé, pourra également conduire à une partie incohérente de la conscience. Tout appel ultérieur à ce vécu se fera à travers cette vision traumatique et réactivera la choc émotionnel ou l’anxiété. C’est le principe du syndrome « post-traumatique ».

La mort existe-t-elle ?

Ce qui suit doit, évidemment être pris au second degré … quoi que !

Notre existence se passe à construire petit à petit notre conscience cognitive, à l’enrichir d’expériences pour progressivement prendre notre identité, notre pleine conscience d’exister. Alors, évidemment, la pensée de la mort, destruction brutale de cette construction, vient en totale contradiction avec ce parcours et il est bien normale qu’elle nous bouscule quelque peu.

Pour un homme qui a passé les 80 ans, la situation est un peu celle d’un condamné dans le couloir de la mort. Il sait qu’il doit mourir mais il ne sait ni quand ni comment ! Paradoxalement alors que le condamné vit plutôt mal la situation, nous les « vieux » ne voulons pas la voir comme telle. Nous continuons notre petit vie comme si de rien était (ou presque !), à faire des projets d’avenir, à nous mobiliser pour l’avenir de la planète, la construction de l’Europe, l’avenir des retraites, ou autres objectifs qui ne nous concernent plus.

En vieillissant on devient casanier, plus renfermé. On voit les portes se fermer une à unes devant nous, il est naturel de se renfermer et de se réfugier dans son passé.

La vie est bien faites car alors que l’on s’approche de la mort, on se détache progressivement de la vie. On va quitter les autres, mais on a moins besoin d’eux.

Victor Hugo écrivait (Veni, Vidi, Vixi, « Les contemplations »)

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

………….

Posons-nous la question de ce qu’est vraiment la mort. Évidemment il s’agit de la fin de la vie, mais comme celle-ci reste un mystère (je devrais dire : « Le mystère »), nous cherchons à définir une notion par rapport à une notion, elle-même, indéfinie. Définir la vie, c’est à dire donner un sens à notre système de pensée est impossible car il nous manque le référent transcendantal qui permettrai de la définir (même si nous en inventons certains dans nos religions). On ne peut se définir dans l’absolu, mais uniquement par rapport à un référent extérieur. Pas de sens à la vie veut dire pas de sens à la mort !

La vie n’a donc, pour nous, aucun sens défini. Dans notre besoin perpétuel de références nous cherchons à lui en  donner un, et c’est là toute la quête d’identité que nous menons tout au long de notre existence. L’ensemble de nos positionnements se traduit dans le sens que nous donnons à notre existence. Nous n’avons pas défini la vie, mais nous lui avons donné un sens. L’étape suivante est bien évidemment de donner un sens à notre mort.

De tous temps les civilisations ont tentés de donner un sens à cette fin de vie inexorable. Les approches vont toutes dans le même sens : nier la mort en inventant une suite à la vie. Le culte des morts chez les Égyptiens, les champs Élyséens et le Styx chez les Gréco-romains, la réincarnation chez les Hindouistes et le Bouddhistes, le paradis chez les Juifs, les Chrétiens et les musulmans, les innombrable culte des mort et des ancêtres dans la plupart des civilisations. Même chez les « purs athées »  occidentaux on continue à fleurir les tombes et se « recueillir  »sur elles, on parle aux ancêtres et on respecte leurs dernières volontés comme s’ils étaient encore parmi nous.

On pourrait penser que ceux qui croient à une vie éternelle sont sans crainte de la mort. Erreur, il faut inverser la proposition car ce sont ceux qui ont peur de la mort qui s’inventent une vie éternelle.

Le grand moteur de l’angoisse est l’incertitude, l’absence de repères, les positionnements flottants. C’est ce qui motive le développement de notre conscience cognitive pour donner structure, raison, contrôle logique à notre vision du monde.

La croyance à une forme de vie éternelle après la mort est une croyance à laquelle, en fait, personne ne croit véritablement. On voudrait y croire, mais personne n’est dupe. (seuls on put y croire, les kamikaze ou les terroristes suicidaires de Daech ou autre groupes … on peut leur concéder cette valeur). Cette attente d’une vie après la mort est plus anxiogène que sécurisante. Cette promesse d’un avenir incertain, non réellement explicité, souvent sujet à conditions d’obtention, rajoute l’incertitude à l’incertitude. On aborde plus sereinement la mort en la voyant comme la fin irrémédiable de l’existence, qu’en se projetant dans un futur improbable.

Comment, donc, voir la mort de façon la plus sereine ou la moins anxiogène possible.

La vie, plus simplement le sentiment d’exister nous est fourni par notre conscience cognitive. C’est elle qui ,en nous en produisant les représentations formalisées nous donne la conscience d’exister. Vivre c’est avant tout se sentir exister, se représenter sa vie.

La mort, elle,  n’est pas un état, c’est un néant qui ne peut supporter d’adjectif qualificatif

Tant qu’on est vivant on n’est pas mort et quand on n’est plus vivant on n’existe plus (même si les autres veulent se persuader que notre cadavre c’est encore nous) La mort ne peut être un état pour un être vivant, puisque par essence un être vivant ne peut être que vivant et que ne pas être vivant ce n’est pas être mort mais simplement ne plus être !

C’est une position beaucoup moins anxiogène que celle qui consiste à croire à une forme de vie après la mort. Au lieu de s’angoisser sur ce que pourrait être cette vie éternelle qu’on ne peut se représenter (l’éternité est un concept qui échappe à toute représentation), dont on se demande si on remplira les conditions pour y accéder dans de bonnes conditions, mieux vaut accepter de simplement « ne plus être », comme ne sont plus ceux qui nous ont précédés, comme ne sont plus les animaux, comme ne sont plus les plantes qui meurent. Nous acceptons très bien qu’animaux et plantes disparaissent définitivement du monde, il suffit d’un petit effort pour accepter que nous subissions le même sort. C’est une position « difficile à avaler » mais beaucoup moins angoissante que la vie éternelle !

PS : Nous avons le même genre de position dans le problème de  l’euthanasie. Nous acceptons d’euthanasier nos animaux familier (chiens, chats, chevaux, …) pour leur éviter des souffrances insupportables, mais nous refusons cela à « nos vieux » qui pourtant le méritent tout autant !