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La couverture générale

Le paradoxe : ressenti et réalité

La base des philosophies et psychologies relativistes est de considérer d’avantage le vécu (ressenti) des situations plutôt que leur réalité objective.

Ceci est parfaitement montré dans l’écoute des bulletins météologiques qui différencient entre température (telle que mesurée par un instrument de mesure ) et température ressentie par les individus.

La première serai objective et universelle, la seconde est le fait de chaque individu et varie en fonction de divers facteurs (situation aérée ou non, bon état de santé ou de forme, habitude à la chaleur ou au froid, …). La température ressentie peut donc différer d’un individu à l’autre, et pour un individu au hasard des circonstances et des motivations.

L’importance de la température ressentie est qu’elle est propre à chacun d’entre nous. Elle est réellement une sensation perçue, analysée par notre psyché, et ressentie, vécue, comme une représentation mentale de notre perception.

Elle est vraiment du domaine du ressenti car elle peut se produire en dehors de toute élévation de la température extérieurs. La fièvre peut déclencher des sentiments de froid ou de chaud et déclencher les réactions organiques associées (Rougeurs, suées, frissonnements). Ces réactions peuvent également se produire sous l’effet de chocs affectifs. La gêne peut engendrer rougeurs et sueur, la peur les sensations de froid. La température et une perception et ne couvre pas forcément une réalité objective.

En ce qui concerne la température mesurée, dites objective, quelques précisions sur son élaboration sont nécessaires.

Le principe de la création de la notion dites objective de la température est le suivant.

Il est basé sur les observations suivantes :

  1. Dans des conditions précises, l’eau bout à température constante. La chaleur entraine une vaporisation de l’eau. Ce phénomène de vaporisation dégage du froid qui vient compenser l’apport de chaleur fournie (la vaporisation consomme des calories). Il se produit un équilibre entre apport de chaleur et dégagement de froid qui maintient le liquide à température constante durant le temps de la vaporisation(Dans la mesure ou l’apport de chaleur n’excède pas la capacité de vaporisation de l’eau).
  2. Dans des conditions précises, au refroidissement l’eau se solidifie (cristallise). La cristallisation dégage de la chaleur (elle fournit des calories). Ce dégagement de chaleur compense le refroidissement et l’eau, en cours de cristallisation demeure à température constante.
  3. Signalons que alors que le phénomène de vaporisation dure un certain temps (le temps que toute l’eau s’évapore), le phénomène de cristallisation est beaucoup plus rapide. Mais dans les deux cas l’eau reste à température constante durant un certain temps.

Ces remarques faites voyons comment a été mise en place l’unité de température

  1. Il a été décidée définir la température d’ébullition de l’eau comme égale à 100 degrés Centigrade.
  2. Il a été décidé de définir la température de congélation de l’eau égale à 0 degrés Centigrades
  3. Le degré centigrade a été défini comme le centième de l’écart de température entre les température de vaporisation et de congélation de l’eau.
  4. L’échelle des températures est basée sur un double postulat. L’eau bout à 100°, et se solidifie à 0°.Elle repose sur une origine (0°) et une unité (le degré). Fondée sur des postulats elle est donc arbitraire et tout sauf objective.

Ce développement pour montrer que comme le temps, la température n’est pas un fait mais une construction intellectuelle. La durée ou la chronologie sont la formalisation, la représentation de ce ressenti. L’échelle des températures est la représentation mentale élaboré du ressenti de la température. Pour existe un fait doit être relié, comparé, positionné par rapport à un autre. Une température n’a de sens que comparée à une autre température ( c’est pourquoi l’échelle des températures est fondée sur un double postulat). Un temps n’a de sens que comparé à un autre temps (l’échelle des temps est basée sur un double postulat, l’an zéro et une unité, la durée de la rotation de la terre autour du soleil).

NB : Bouddha tenais le même raisonnement à propos de la douleur. Celle-ci n’existe pas, n’est pas un fait, mais seulement la représentation mentale d’un ressenti « négativisé » par sa comparaison à un autre ressenti moins perturbant. En médecine, n’ayant pas d’unité de mesure de la douleur, on essaye d’évaluer la douleur sur une échelle subjective de 1 à10.

On arrive à ce paradoxe que température, temps, douleurs, n’existent pas, mais que pourtant nous en vivons tous quotidiennement les conséquence.

Toute vision philosophique débouche sur un paradoxe. Ne les évitons pas, le paradoxe est « la mère » de notre liberté de penser. Qui fuit le paradoxe refuse sa liberté.

Bouddha, d’accord ou pas d’accord ?

l y a 4600 ans, Bouddha (le philosophe et non son image déifiée par les Bouddhistes) a décrit la conscience comme formée de représentations mentales des événements de notre histoire reliées entre-elles par des relations logiques de cause à effet.

Bravo à lui, il a posé, là, de façon géniale les bases des conceptions modernes de la pensée et de la perception (Neurosciences, thérapies comportementales)

Il a ensuite postulé que, la représentation n’étant pas la vérité mais une simple image imparfaite de celle-ci, il fallait s’en méfier car elle pouvait être trompeuse. En effet ces images, étant perturbées par l’influence sur nous de notre milieu environnant, ne pouvaient que nous éloigner de ce que devrait être notre vision propre. De plus ces représentations sont toujours entachées d’erreurs en raison d’analyses biaisées des situations. Elles peuvent donc nous conduire à des comportements en désaccord avec notre nature profonde. Encore bravo à lui, il a théorisée dans un trait de génie la pathologie mentale.

Pour éviter de nous « éloigner de nous-même » et de nous perdre dans les méandres de nos psychopathologies, il a préconisé de chasser de notre pensée toutes formes de représentations et d’aller chercher notre bonheur dans la « non forme » à travers la méditation. Celle-ci permettant de chasser toutes les pensées et de vivre à travers la perception de soi et non à travers l’image que nous pouvons avoir de nous.

A partir de ce point mes conceptions divergent de celle de Bouddha. Il a postulé que notre conscience, notre vécu était fait de représentations mentales, et maintenant il nous propose de les évacuer. En quelque sorte il nous propose de ne pas vivre pour mieux vivre. C’est un paradoxe, mais qui, pour ceux qui ne sont pas accrochés à la notion de vérité absolue mais adepte d’une vérité relative, n’est pas franchement choquant.

Le problème qui se pose à nous est le suivant : « faut-il ne pas exister pour mieux vivre, ou, vivre imparfaitement en existant », une sorte de « to be or not to be  » moderne !

Dans nos sociétés humaines modernes exister c’est penser, l’existence n’étant pas la vie mais le sentiment de vivre. (Je penses donc je suis, de Descartes). L’important n’est pas de vivre (comme une plante) mais d’avoir le sentiment, la conscience d’exister. Ce qui caractérise, pour nous, l’être humain c’est, justement, sa capacité à penser. Elle est maximum chez l’homme, assez faible chez l’animal, et pense-t-on (aujourd’hui) inexistante chez la plante. Vue avec nos yeux du vingt et unième siècle la proposition de Bouddha revient à prescrire de devenir un légume pour vivre heureux, en quelque sorte pour bien vivre le mieux serai de ne pas se sentir vivre. C’est une proposition pour le moins pessimiste et certainement dévastatrice. Si toute l’humanité se mettait à méditer sous un arbre, recentrée sur son nombril et indifférente aux autres, notre espèce disparaitrait en peu de temps (faute de soins, d’alimentation, de reproduction, de perspective d’avenir). Cette approche peut avoir sa valeur à l’échelon individuel, mais sur un plan collectif c’est un suicide. Elle est d’autre part l’archétype d’égocentrisme et de l’égoïsme

Il faut donc rechercher une autre voie pour exister que la version « nihiliste » de Bouddha.

Comment vivre au travers de représentations que l’on peut croire erronées mais qui, pourtant, vont dicter nos comportements. C’est évidemment un exercice de haute voltige à exécuter sans filet !

Nous sommes tous des êtres angoissés, en recherche permanente de positionnements et de certitudes, et vivre dans l’incertitude nous est très difficile. Étant certain que notre vision du monde est critiquable (du point de vue logique) il nous faut nous débarrasser des certitudes qui sont la plaie de la vie en société, admettre que nous pouvons nous tromper et que les autres peuvent également se tromper, ou tout simplement avoir une vision différente de la nôtre. Ne confondons pas le doute qui est source de réflexions critiques et l’hésitation qui paralyse et empêche d’avancer. La seule certitude que nous puissions avoir c’est que nous risquons fort de nous tromper, comme les autres peuvent se tromper. C’est la base de la notion de tolérance qui reste le « nec plus ultra » du vivre ensemble. (la tolérance ne doit pas être pas le sentiment d’avoir raison tout en permettant aux autres de vivre dans leurs erreurs, mais le sentiments que les autres peuvent avoir raison en pensant différemment de nous)

Bouddha nous propose de vivre dans la certitude du néant, je préfère vivre dans l’incertitude de l’existence.

PS : J’ai évidemment utilisé une pirouette intellectuelle pour débiter mon histoire. Pouvez-vous la déceler ?

PPS : L’homme a besoin de certitude pour se sécuriser et je lui propose de vivre en acceptant l’incertitude. Rassurez vous je me conforte avec l’idée (la certitude) que l’incertitude est inévitable et de cela je suis certain !. Élémentaire mon cher Watson !

Le principe d’incertitude dans la communication

Dans la théorie quantique le principe d’incertitudes d’Heisenberg et la chose la moins intuitive.

Si par exemple un électron tourne autour d’un noyau atomique, il peut exister sur plusieurs niveaux d’énergie (a, b, c) à chacun étant associée une vitesse de l’électron (x, y, z) Si on cherches à mesurer la vitesse d’un électron on obtiendra, par exemple dans une première mesure y. On ne pourra pas dire que la vitesse de l’électron sera y, car elle pourrait être également x ou z. Chaque mesure « piègera » l’électron dans un état donné et aucune d’elles ne pourra rendre compte de la vitesse de l’électron.

On pourrait envisager une mesure statistique qui rendrai compte des divers niveaux d’énergie et obtenir une vitesse moyenne (v), mais celle-ci ne représenterai jamais la vitesse réelle de l’électron (x, y, ou z). La mesure de la vitesse de l’électron, en mécanique quantiques, est un leurre car une mesure unique ne peut donner trois résultats.

Ce principe d’incertitude a donné naissance à une polémique fameuse entre Albert Einstein et Nils Bohr. Le premier prétendant qu’un théorie présentant une incertitude ne pouvait être une théorie acceptable et aboutie, le second postulant que l’incertitude étant un élément inhérent à la théorie ne pouvait la remettre en cause. L’histoire à finalement donné raison à Nils Bohr.

Ce principe d’incertitude peut également s’appliquer à la théorie de la communication.

Lorsque nous cherchons à exprimer (communiquer) une émotion par des mots dans une situation donnée, nous sommes en fait toujours traversés par un faisceau d’émotions complémentaires, parallèles, ou contradictoires. Il nous est difficile à un instant donné de rendre compte par des mots de cet ensemble de ressentis et généralement nous en choisissons un pour rendre compte de notre état émotionnel. C’est une traduction partielle de notre ressenti et par la même une sorte de « mensonge par omission » ou la « mesure faussée » de la mécanique quantique.

Si nous cherchons maintenant à nous exprimer par une voie moins formelle (par exemple la poésie, l’art, l’expression abstraite) notre message sera moins formaté, moins contraint et moins réducteur. Il laissera donc à notre interlocuteur une certaine latitude pour en comprendre les aspects cachés, les diverses facettes, et on peut penser qu’il pourrait en tirer une information plus riche que celle contenue dans un message verbalisé. Malheureusement, il devra non pas comprendre le message mais l’interpréter. Il en aura donc une vision subjective, plus riche mais, peut-être fausse. Elles sera influencée par l’interprétation personnelle qu’il en donnera.

On retrouve encore le principe d’incertitude dans la communication.

Cette incertitude est si générale, si inhérente à nos échanges, qu’elle en fait intimement partie, et doit s’inscrire dans toute théorie de la communication. Elle est tellement « inscrite dans nos gènes » que nous l’assumons sans difficulté dans toutes nos relations. Nous utilisons tous journellement des mots pour lesquels nous serions bien en peine de donner une définition précise. Nous utilisons tous des mots qui n’ont pas exactement la même signification pour nous et pour nos interlocuteurs. Nous discourons tous sur des sujets que nous ne connaissons qu’à peine, avec des interlocuteurs qui n’en connaissent pas plus. Nous vivons avec des proches que nous ne connaissons pas vraiment dans un environnement que nous n’appréhendons que partiellement. Nous savons que notre vérité n’est jamais celle des autres. Pourtant nous « nageons comme un poisson dans l’eau » au milieu de cette incertitude

Cette incertitude fait le charme de la vie, elle est notre liberté de penser, de concevoir et de ressentir. Grace à elle  nous évitons de vivre dans un monde sclérosé et technocratique, dans l’univers de la pensée unique et du tout logique. Grace à elle nous vivons l’amour, la passion, l’utopie.

Le « dire » enferme l’interlocuteur dans le sens toujours réducteur des mots, le « suggérer » lui ouvre les portes de l’interprétation et du contre-sens.

En fait notre communication est faites partie de « dire » dans la communication verbale et partie de « suggérer » dans le non-dit. Et nous nous comprenons bien, ou du moins nous en avons l’impression.

Merci chère incertitude !

De la biennale de Venise à l’autisme Asperger

C’est souvent en vivant de petits événements de la vie quotidienne que l’on découvre des mécanismes intimes qui nous sont cachés.

J’ai proposé de donner comme cause de l’autisme (ou du moins d’un certain type d’autisme) un éparpillement de la conscience. Une petite expérience peut en donner une représentation.

Dans l’enceinte de la Biennale de Venise il y avait, cette année, une cafétéria des plus bizarre, dont voici quelques images :

Classiquement, lorsque l’on entre dans un espace (une pièce par exemple) nouveau, un certain nombre d’éléments nous permettent de nous y situer. Des horizontales pour symboliser le sol, des verticales pour la hauteurs, certains éléments architecturaux (portes, fenêtres) et décoratifs (meubles, lampadaires, …) A partir de ces éléments juxtaposés nous définissons, virtuellement, un espace en trois dimensions dans lequel nous pouvons nous situer et nous sentir à l’aise.

Lorsque l’on entre dans la cafétéria montrée plus haut cette construction prend un certain temps. Au début on perçoit une multitude de détails disparates, sans liens entre eux. Progressivement on analyse les éléments, les situe les uns par rapport aux autres, reconstruisant les liens logiques qui les réunissent. Petit à petit la conscience d’un espace globalisé se fait dans lequel il nous est possible de nous situer. Nous sommes alors positionnés dans cet univers et l’effet de chaos s’est dissipé. Le vécu, un peu, anxiogène du début fait place à un certain confort.

Cet expérience montre combien la perception d’un espace n’est pas une notion immédiate mais une construction mentale qui prend un certain temps, mobilise des acquis, et une synthèse de beaucoup d’éléments pour arriver à en faire un tout.

Si on en revient à l’autisme (ou à certaines formes d’autisme provenant de l’éparpillement de la conscience) on peut proposer l’analyse suivante. Ces patients dont la perception de chaque détail est similaire à la notre (et peut être plus pertinente) n’ont pas la capacité de réaliser la synthèse de ces élément  pour en  créer un tout. Il est possible de se situer (se positionner) dans notre univers globalisé, mais par contre pour les patients se situer par rapport à une foule de détails, épars et sans liens apparents entre eux est mission impossible. Vivant dans cet univers morcelé dans lequel il est impossible de se situer, de se définir, les autistes déroulent un vécu totalement angoissant. Ils absorbent tout détails, mais tout détails les déstabilisent et leur déclenche des crises d’angoisse.

On comprend pourquoi ces patients se réfugient dans les rituels établis, des références solides dont ils ne peuvent se défaire.

Il est certain que plus les événement qui surgissent touchent les couches profondes de la conscience (le niveau affectif) et plus la déstabilisation de l’autiste sera grande et angoissante. C’est pourquoi ceux-ci se réfugient  dans le plus cognitif, les règles absolues, les chiffres (sans aucune charge affective), les dates. Ils refusent toutes relations avec « les humains » qui inévitablement vont les entrainer dans une communication affective qui leur fait peur.

Construire une conscience s’est intégrer à son vécu de façon cohérente toutes les micro informations du quotidien pour en faire un réseau structuré et cohérent. Les autistes n’ont pas cette capacité et ils développent une conscience éparpillée, faites de multiples détails perçus de façon « très pointue » mais qu’ils sont incapables de synchroniser.

Peut-être que le travail serai de leur redonner, par des exercices appropriés, cette capacité de synthèse qui leur manque.

PS : Cette expérience montre que nous sommes tous, à dose homéopathique, un peu autiste Asperger. La pathologie n’est qu’une exagération d’un état de mini-pathologies naturel.

Euthanasie, avortement, le débat sans issue

C’est un débat sans fin pour la bonne raison qu’il n’a pas de début ! Après cette phrase profonde, autant que creuse, je vais m’en expliquer.

Les notions d’avortement ou d’euthanasie nous ramènent inévitablement à la notion de droit à la vie et de droit à la mort. C’est un débat moral qui manque totalement d’assise philosophique

La notion à débattre est celui de la frontière de ce que nous appelons : «  La vie »

Historiquement, et pour des raisons essentiellement religieuses la notion morale de vie a été ramenée à la notion d’être humain. L’homme avait une âme qui faisait de lui l’être humain qui comptait pour nous et pour les dieux créateurs qui nous gouvernaient. Vu d’aujourd’hui la notion morale d’humanité était associée à la conscience cognitive seule digne de vécu.

Progressivement la notion a glissé vers l’animal. D’abord l’animal domestique puis progressivement avec l’apparition de la conscience écologique à l’ensemble des animaux.

Le vivant digne de respect s’appuie donc, aujourd’hui sur la notion de conscience cognitive et de conscience émotionnelle. Si l’animal à peu de vécu cognitif, il a un vécu émotionnel intense

Sont donc exclues du « cercle sacré » des espèces vivantes représentées sur terre : les plantes, et les animaux à la frontière des plantes et des animaux (anémones, … )

Compte-tenu des évolutions et de leur projections dans le futur, il n’est pas impossible que les plantes, après tout êtres vivants tout autant que nous, ne soit pas inclues dans le panel des espèces dont il faut respecter la vie (ce qui si on prend en compte la suppression de la consommation des espèces animales, la suppression de la consommation des espèces végétales pourrait poser des problèmes majeurs, surtout si on continue de jeter l’anathème sur les produits transformés d’origines chimiques)

On n’a ainsi décrit la hiérarchie évolutive de la notion d’être vivant digne d’intérêt.

Revenons au problèmes de l’euthanasie et de l’avortement qui posent le problème du droit (notion essentiellement morale et non existentielle) à la vie et à la mort.

Posons-nous la question évidente de qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort. Pour la mort, la question est facilement résolut par le postulat : « La mort est la fin ou la cessation de la vie ». On a donc défini la mort par rapport à la vie.

Toute définition dans notre logique humaine revient à une prise ou un don d’identité. Nous définir c’est nous donner une identité dans l’univers où nous vivons. C’est un positionnement, qui comme tout positionnement nécessite un point de référence. C’est là que le bât blesse. Une entité ne peut pas s’auto définir, seule une référence externe peut lui servir de point fixe par rapport à quoi se situer. Pour notre définition de la vie cette référence n’existe pas et la vie ne peut, en aucun cas, se définir. Les religions ont habilement évitées cet écueil en fabricant des  référants externes que sont les divers dieux  et nous définissent la vie par rapport à eux. C’est évidemment une « pirouette », aussi élégante que fallacieuse. La représentation que nous pouvons avoir de ces dieux se situe toujours dans l’univers des représentations humaines et ne constituent nullement de référents externes. Elles sont basées sur des mythologies humaines, des valeurs morales directement issue des sociétés humaines, de texte totalement « apocryphe » et totalement écrit par des humains (même si on les supposent inspirés par le dieu). Tous ces auto positionnement de la vie par rapport à la vie conduisent donc à des définitions sans valeurs et ne servent que de justification à des postulats (qui comme tous les postulats sont de nature purement arbitraire)

Nous ne pouvons savoir, dans l’absolu, ce qu’est la vie, donc ce qu’est la mort, donc quel peut en être le statut moral ou juridique. Toutes tentatives de justification dans un sens ou dans l’autre ne sont qu’hypocrisie ou supercherie.

Dans l’incapacité totale de statuer, et dans la nécessité absolue de le faire, il nous faut faire un choix arbitraire. Celui-ci ne peut se faire que dans le cadre des institutions qui régentent notre société. Dans notre démocratie représentative, c’est au parlement voire à une procédure référendaire de statuer.

Le débat devra être exempt de toutes considérations philosophiques, idéologiques , ou religieuses qui ne seraient « qu’enfumages » inutiles. La seule valeur à retenir pour la décision est qu’elle soit conforme à nos institutions (constitution, processus parlementaire, décision majoritaire)

Que philosophes, idéologues, lobbies, religieux nous « lâchent la grappe » et le débat trouvera sa résolution naturelle.

Ce débat est sans fin car il lui manque son début qui serait la définition univoque de la vie

Eric Zemmour, le pervers narcissique

Il était programmé à la télé un débat entre Daniel Cohn-Bendit et Éric Zemmour. J’ai décidé de le regarder, non pas pour les idées qui pourraient y être développées (une idée nouvelle ne peut naitre dans ce genre de débat contradictoire ou conflictuel) mais pour assister à un duel d’éloquence, un débat rhétorique ou la dialectique l’emporte sur les idées. Une sorte de forum d’éloquence comme on pouvait en suivre dans l’Athènes antique. Je dois dire que je suis resté sur ma faim.

J’aime beaucoup écouter Cohn-Bendit et je l’ai suivi depuis ses prestations de mai 68. J’adore sa vivacité d’esprit, son sens de la répartie, ses analyses lucides et empreintes d’un minimum d’idéologie. Pourtant, là, je l’ai trouvé plutôt faible, sans doute un peu vieillit (cela nous arrive à tous passé un certain âge !) . Il m’a paru hésitant, mal positionné par rapport à son contradicteur. Comment se fait-il qu’un si remarquable rhétoricien comme notre Dany « feu » le rouge puisse ne pas s’imposer devant un esprit aussi étriqué qu’Éric Zemmour ?

C’est bien simple Zemmour est le véritable « pervers narcissique », son archétype !

  1. Narcissique c’est quasi une évidence. Il suffit de le voir s’adresser à ses opposants avec ce sourire suffisant, dédaigneux, voire provocateur, pour mesurer la dimension de son ego. Il affirme, conteste, a toujours raison (même contre les évidences). On l’a vu, de façon pitoyable demander à D. Cohn-Bendit de faire devant lui son « mea culpa » comme s’il était le dieu du jugement dernier.
  2. Pervers, il l’est de deux façons : D’abord, pour assurer son ego il ne doit pas accepter la contradiction. C’est un homme retors, mais à l’esprit plutôt étroit. Une sorte de super héros sans super pouvoirs. Alors, ne pouvant pas se hisser au-dessus des autres, il n’a d’autre issue que de les rabaisser et si possible les humilier. Dans le débat on l’a vu humilier une pauvre jeune fille qui parlait de ses expériences positives de contact avec des étrangers lors de son expérience « Erasmus » Il l’a rabaissé au rang de petite étudiante privilégiée croyant naïvement que son vécu pouvait avoir valeur universelle alors qu’il n’était que le résultat d’un « entre-soi » d’un petit milieu bourgeois. (Ce qui est totalement faux car ce contact positif entre jeunes étrangers se retrouve dans tous les milieu sociaux, par exemple dans les rencontres sportives, les journées mondiales de la jeunesse, les chantiers de jeunesse, etc. etc.). Il est de ce fait prés à asséner les plus énormes contre-vérités pour assurer l’intégrité de son ego.
  3. On retrouve là l’univers fabriqué des narcissiques. Pour assurer leur supériorité il se construisent un univers à leur mesure, dans lequel ils jouent le rôle d’un « Deus ex machina », super arbitre de la vérité. Ils s’accrochent à cet univers qui les sécurise dans lequel ce que nous pouvons prendre pour des « fake news » sont les piliers logique de leur construction égotique. L’erreur majeur de Dany est d’avoir suivi Zemmour dans cet univers taillé à sa mesure et dans lequel il navigue comme un poisson dans l’eau. Dany pensait pouvoir déconstruire cet univers, il s ‘est en fait noyé dedans. C’est une bonne leçon de ce débat, on ne peut lutter avec un tel Narcisse en le suivant dans son monde incohérent (pour nous) et dont lui seul a les clés. On ne peut que s’y perdre.    
  4. L’autre perversité de ces sinistres narcissique, qui en fait les êtres retors et dangereux que l’on connaît est justement leur capacité diabolique à nous entrainer  dans cet univers fantasmé. N’importe quelle de leurs propositions sont des pièges pour nous attirer sur leur terrain, dans un piège. Répondre à une de leurs phrases s’est glisser dans la trappe. C’est notre pensée qui devient incohérente dans un monde ou eux gèrent la cohérence. Cela revient à s’agiter dans des sables mouvants. C’est pourquoi ces individus sont de redoutables manipulateurs qui finissent par faire perdre à leur proche toute notion de leur réalité propre pour épouser celle du pervers.

Message pour Daniel Cohn-Bendit : On ne débat pas avec un pervers narcissique, on le soigne. Par contre ce débat a loin d’avoir été inutile car il a mis en évidence la pathologie d’Éric Zemmour. On peut maintenant s’en méfier et s’en défier !

Thérapies comportementales et Parmentier de canard

C’est parfois au travers d’un événement banal de la vie courante que l’on redécouvre les bases de la philosophie !

La perception que l’on a d’une situation et parfois bien différente de la réalité de cette situation (si tant est qu’elle existe !). Le souvenir que je vais évoquer ici met en relief tous les mécanismes d’acquisition et de ré utilisation de ses souvenirs par la conscience. Elle explicite également le processus de construction pathologique de la conscience et les possibilités d’y remédier par une thérapie (de type comportementale)

J’ai l’habitude de manger des plats cuisinés industriels (Ce genre de plat ou il y a trop de sel, trop de gras, trop de sucre, de l’huile de palme, et plein d’additifs qui donnent le cancer !). J’ai mangé l’autre jour un Parmentier de canard, pas mauvais au goût, mais plein d’espèce de trucs un peu gélatineux genre tendons ou nerfs dans la viande. C’était vraiment très désagréable et j’ai eu vraiment du mal à finir la barquette. J’ai eu l’occasion de remanger ce plat avec encore la même impression de morceaux tendineux, à la fois coriaces et un peu gluants et cartilagineux. Je me demandais comment on pouvait trouver dans un canard autant de bas morceaux.

Alors que je jetais l’emballage à la poubelle j’aperçu sur le carton l’énoncé : « Parmentier de canard aux champignons ». Alors là, Tilt ! Mon souvenir, réactivé par cette nouvelle information : « Le plat contient des champignons », se modifie légèrement et je vois la sensation éprouvée d’un autre œil (beaucoup moins négatif). J’ai remangé de ce plat et n’ai plus éprouvé la sensation désagréable que j’avais eu précédemment. Je ne mastiquais plus des nerfs, mais des champignons.

Pour d’écrire le phénomène, disons que ma sensation première a été analysée par ma conscience comme reliée à la sensation désagréable de mastiquer un tissus caoutchouteux et gluant. J’avais complétement occulté le souvenir de la consistance du champignon pour mettre en avant un souvenir plus désagréable. Avec l’acquis d’une nouvelle information j’ai pu ré-analyser la sensation sur de nouvelles bases et modifier la perception que j’en avais originellement.

Ceci nous apprend deux choses

  • 1. Suite à une mauvaise analyse critique d’un événement, d’une situation, d’un relation, on peut être amené intégrer dans le réseau de notre conscience une information en décalage ou incohérence avec le reste du réseau de liens logiques établis. Toute analyse critique qui s’appuiera ultérieurement sur ce lien erroné développera une branche du réseau de la conscience en incohérence avec le reste du contenu acquis. Se créeront alors des parties de conscience marginales qui, si utilisées, pourront nous conduire à des positionnements, puis des comportements aberrants.
  • 2. Quand il s’agit de l’analyse du goût d’un Parmentier de canard les conséquences ne devraient pas être dramatiques. Si ce schisme se produit au plus profond de notre conscience, les branches marginales pourront prendre une importance considérable et conduire à de véritables états psychopathologiques.
  • 3. Comment remédier au nuisances que peuvent créer ce déséquilibre de notre conscience. Il est illusoire, comme le prétendent les psychanalystes, de remonter dans le temps pour corriger des erreurs de construction de la conscience. L’idée de revivre aujourd’hui une situation vécu jadis est un non -sens. On ne refait pas l’histoire (sauf pour les négationnistes) le passé est le passé et il ne peut être revécu avec la conscience d’aujourd’hui. L’idée même d’effacer une partie de la mémoire pour la reconstruire de façon différente est une aberration. Le passé existe parce qu’il a existé et nous devons faire avec, l’assumer.
  • 4. Par contre l’acquisition de nouvelles informations, un nouveau regard porté sur ce passé sont possibles. Comme pour le Parmentier de canard, une nouvelle analyse critique alimentée par des nouvelles informations peut créer les liens de remise en cause de la partie de mémoire erronée. Cette dernière peut être contredites, classée au rang d’erreurs par l’apport de nouveaux éléments. Plus on développera ces nouvelles représentations et leurs réseaux logiques de dépendance et plus les erreurs du passé apparaitrons comme obsolètes. La nouvelle construction viendra en quelque sorte encapsuler la zone de conscience en erreur, viendra la dévaloriser, on peut dire la « ringardiser »
  • 5. Il est intéressant de constater que l’acquisition de nouvelles informations, non seulement remet en cause la perception que l’on peut avoir d’un événement actuel, mais modifie également le souvenir que l’on a pu en avoir. Par exemple dans cet exemple du Parmentier de canard les nouvelles connaissances me permettent de le manger maintenant sans dégout mais, en plus, elles ont modifiées le souvenir que j’ai de mes sensation anciennes. Quand je me remémore mes émotions anciennes, je ne peux plus les revoir du même œil. Elles m’apparaissent comme modifiées par les nouvelles acquisitions qui ont agit comme une sorte de thérapie.

On voit, alors, comment une rééducation, sans supprimer les anciennes expériences peut, à l’aide d’informations nouvelles, les corriger et leur donner une nouvelle perspective. C’est tout le principe des thérapies comportementales et cognitives.

C’est au thérapeute d’imaginer les exercices, les nouvelles pratiques et habitudes qui proposerons les nouvelles informations nécessaires à la réalisation de cet objectif. Le patient ne sera jamais guéri de son vécu passé, mais il sera de nouveau en cohérence avec lui-même et verra sa pathologie s’améliorer.

L’égoïsme de l’enfant à l’adulte

Quelques remarques préliminaire :

  1. Le terme égoïsme est assez mal choisi car il ne définit pas le fait un individu mais plutôt une relation entre deux individus : l’un trouvant l’autre égoïste et l’autre s’estimant parfaitement « dans les clous ». J’avais pensé utiliser le terme narcissisme, mais je lui ai trouvé une consonance un peu trop psychopathologique. Peut-être le mot égocentrisme serait-il un moyen terme acceptable. Il est toujours difficile de trouver le juste mot adapté pour une situation abordant un concept nouveau pour lequel le mot n’existe pas encore.
  2. Il apparaît généralement que l’adolescence est l’âge de « l’égoïsme paroxysmique ». Je vais essayer de démontrer le contraire de cette idée reçue

A sa naissance le nourrisson est dans un état de totale fusion avec son environnement. Il n’a ni conscience de son existence, ni conscience de l’existence d’un autre que lui (absence d’identité en termes de psychologie relativiste). Il vit dans un univers totalement fusionnel dans lequel lui et son environnement ne font qu’un. Est-ce un état de total narcissisme (tout le monde est en lui) ou au contraire de totale empathie (Il est fondu dans tout le monde) ? la question n’a pas de sens dans la mesure ou le concept même d’égocentrisme présuppose la notion de l’autre comme entité différenciée.

Au début de son développement la fusion du bébé à son environnement (parents, fratrie, berceau), reste fondamentale, mais petit à petit, le bébé commence à percevoir une légère réalité extérieure. Il apprend que ses parents peuvent apparaître ou disparaître, que s’il lâche un jouet il n’en a plus la jouissance. Ce qui était un état de fusion universelle se fissure et s’installe chez lui un véritable narcissisme total. Seul lui existe par rapport à quelques rares éléments extérieurs qui peuvent lui échapper. Il ne s’agit pas de narcissisme pathologique (qui signifierai que l’image du moi, de son ego est sur évalué par rapport à une norme admise ) mais d’un état naturel à ce stade de développement.

Progressivement l’enfant prend en partie conscience de l’existence d’un monde qui lui est extérieur et avec lequel il faut négocier. La vision du monde reste encore très fusionnelle et l’autre n’existe que dans la mesure où il est en relation, en interférence avec l’enfant. Les parents, par exemple, n’existent pour l’enfant que par la relation qu’ils ont avec lui (ils protègent, dirigent, punissent, récompensent, …) mais il n’ont pas pour lui d’existence propre en dehors de lui (problèmes de santé, professionnels, affectifs, …). Ils n’existent que par leur présence dans l’univers de l’enfant, hors de cet univers ils n’ont pas de réalité. C’est encore une vision très égocentrique que l’on ne peut qualifier d’égoïste, dans la mesure ou l’enfant n’a pas encore les moyens d’affirmer ou de revendiquer sa différence .

Le problème de l’enfant capricieux, qui lui revendique, est une légère entorse à cette règle.  Il apparaît lorsque l’enfant prend conscience que certains de ses comportements lui permettent d’obtenir ce qu’il désire. C’est, bien sûr, très pénible pour les parents et très mauvais pour l’enfant car l’impression de toute puissance qu’il en retire est basée non pas sur sa force mais sur la faiblesse de ses parents. Cette fausse certitude lui sera néfaste, plus tard, quand il aura affaire à plus fort que lui !

A l’adolescence l’enfant affirme une identité naissante. Plus il se voit autonome et plus il découvre pour les autres un certain degré d’autonomie. La vision fusionnelle du monde fait place à une vision plus empathique. Les autres prennent une existence propre et l’ado comprend qu’il doit négocier avec eux. Bien que moins « égocentré » que l’enfant, l’ado apparaît plus « égoïste » car il à plus de moyens pour revendiquer son autonomie. Moins dépendant de son environnement familial, il voit le monde extérieur comme un rival vis à vis duquel il doit s’affirmer. Il va apparaitre « égoïste », non pas que sa vision soit plus narcissique ou égocentrée que celle de l’enfant qu’il a été, mais simplement parce qu’il a les moyens de la faire valoir. De la soumission narcissique il passe à l’empathie revendicatrice. C’est encore une phase pénible pour les parents et difficile pour l’ado. Être en réaction vis à vis de ce que l’on a accepté , devoir renier son « maitre » est une forme de deuil que doivent vivre nos ados et que les parents doivent l’aider à vivre. C’est, pour eux, une tâche ingrate, mais plus facile à assumer quand on comprend ce qui se passe dans la conscience de l’enfant et les enjeux de la situation.

Progressivement l’ado va devenir adulte, affirmer son identité, exister par lui-même. Il devient conscient de son vécu et en même temps du vécu des autres. Le narcissisme originel fait place à l’empathie. A partir du moment ou l’autre à pris une existence propre on commence à pouvoir réellement parler d’égoïsme dans certains comportements.

Ceux-ci, quand ils sont très affirmes, résultent d’attitudes égocentrées non résolues dans la maturation de l’individu. Il s’agit donc d’attitudes « régressives » liées à des comportements déviants acquis durant l’enfance, par défauts éducatifs, et qui se perpétuent à l’âge adulte.

Le vieillard, un peu figé dans sa conscience cognitive rigidifiée a perdu ses capacités d’adaptation. Il ne peut, ni ne souhaite évoluer. Son intérêt pour le monde devient très faible. Plutôt que d’acquérir de nouvelles connaissances ou nouvelles expériences, il préfère gérer son capital acquis. Pourquoi se projeter dans le futur quand on n’a plus d’avenir ? Il préfère adapter son vécu à sa situation plutôt que de refaire le monde. On ne peut dire qu’en vieillissant on devient plus égoïste, mais plutôt que l’on devient plus indifférent au monde et aux autres, et ce n’est pas la même chose ! La vie est bien faites qu’au moment de quitter ce monde, on s’en détache.

En conclusion, contrairement à la croyance générale, dans l’évolution de l’être humain on ne passe pas au cours de sa vie d’une vision altruiste du monde à une vision égoïste, mais bien au contraire d’une attitude totalement narcissique et de soumission à une attitude espérée empathique et autonome. C’est plutôt encourageant pour la vie sociale.

Formation des opinions et thérapies comportementales

Dans l’évolution d’une société vers de nouvelles valeurs on distingue trois étapes :

  1. La prise de conscience collective (somme des prises de consciences individuelles) qui agit sur la formation de la conscience cognitive de chacun. De nouvelles valeurs sont intégrées et la pensée cognitive individuelle et collective s’en trouve modifiée. Lors d’un sondage sur l’acceptabilité de ces nouvelles valeurs les « sondés » on tendance à fournir une réponse d’acceptabilité.
  2. Sous la pression de cette opinion les gouvernants ou leurs organes législatifs adoptent des lois qui inscrivent ces nouvelles valeurs dans la légalité
  3. Vient alors la période de début de l’application de la loi et on se trouve très souvent confronté à de sérieuses résistances. En effet, alors que sondés, les individus avaient tendance à répondre via leur conscience cognitive (et approuver la mesure), mis en situation ils se trouvent en conflit avec leur conscience émotionnelle qui, n’ayant pas encore fait face à cette nouvelle situation, réagit par ses anciennes valeurs émotionnelles non mises à jour. Il faudra un peu de pratiques et plusieurs expériences pour que les couches les plus anciennes de la conscience (émotion) et les couches les plus récentes(cognitive) se retrouvent en phase. (une forme de « remise en cohérence » de la mémoire ). La vision collective s’appuie davantage sur le cognitif alors que l’approche individuelle reste fortement influencée par l’émotionnel.
  4. On voit ainsi qu’une évolution des valeurs dans la conscience cognitive ne met pas directement à jours les valeurs émotionnelles (alors que l’inverse est plus automatique) Il faudra la confrontation à l’expérience pour qu’un conception intellectuelle puisse retrouver ses racines émotionnelles
  5. Pour montrer comment l’émotionnel profond et difficile à modifier je vais prendre l’exemple que je connais le mieux, c’est à dire moi ! je me penses et me prétends ni raciste, ni machiste, … et pourtant ! Si par exemple dans un reportage je vois une femme noire qui perd son enfant j’ai tendance dans un premier réflexe à minimiser l’importance de son deuil, puis la raison prend le dessus et ma compassion devient totale. Sur la « différence » homme-femme je sais que mon premier élan me pousse à faire plus confiance à un homme qu’à une femme pour prendre des décisions importantes, la raison me conduit évidemment à une vision plus raisonnée. Même si cette élan raciste ou machiste ne dure qu’un petit centième de seconde et qu’il est vite étouffé, on ne peut nier son existence ? Il est dans notre conscience des tréfonds animaux qui refusent de s’effacer. Heureusement, ils sont contrôlés, gouvernés par notre cognitif, sociabilisés. On comprend comment en l’absence d’une bonne sociabilisation les instincts primaires peuvent prendre le dessus dans nos comportements. Nous sommes tous, au fond, des bêtes qui ont appris (plus ou moins) à vivre ensemble.                                                                                                                                          

Je ne crois pas être un monstre et ce que j’observe en moi doit-être le lot de chacun d’entre vous.

Cette exemple nous permet d’aborder  le principe des thérapies comportementales et cognitives.

Lorsque notre conscience cognitive s’est construite « de traviole » en raison de certaines erreurs dans l’analyse critique de situations anciennes, le décalage entre nos valeurs émotionnelles intégrées et leurs représentations dans l’univers cognitif peut induire des comportements pathologiques ou déviant. Les premières approches thérapeutiques se proposaient de remonter dans nos souvenir et de corriger ces erreurs (comme on corrige un « bug » dans un programme informatique). C’est un principe auquel je ne souscrit pas. Il n’est pas question d’effacer la mémoire ni de la reconstruire en se mettant dans un situation analogue au souvenir. Ce n’est simplement pas possible de revivre avec la conscience d’aujourd’hui des événements qui ont été analysés avec la conscience d’hier. Ce qui est fait, et fait, et le passé ne se réécrit pas. Le passé, dans son bon et son mauvais doit s’assumer.

Il faut donc envisager une autre approche thérapeutique.

L’analyse de la formation d’une opinion développée plus haut peut nous fournir un excellent fil conducteur.

Disons d’abord que nous considérons une opinion comme la résultante d’un certain nombre de positionnements dans le domaine considéré. Il y a alors deux façon de se forger une opinion :

  1. Selon un cheminement personnel. La formation même de la conscience cognitive par la création de liens logiques entre les représentations mentales que nous nous faisons des situation nous amène à définir les positionnements nécessaires à la formation de notre opinion sur les choses. Cette opinion peut, évidemment, être plus ou moins rigide, plus ou moins solide,  plus ou moins cohérente, plus ou moins pathologique. Qu’importe à ce stade, c’est notre opinion.
  2. Une autre façon de se forger une opinion est la formation ou l’éducation. Dans ce cas l’opinion, toute faites, nous est proposée par un éducateur, un commentateur, un philosophe. Cette opinion nous intéresse et nous décidons d’y souscrire (en général, pas par hasard, mais parce que nos idées ou nos failles nous poussent en ce sens). Nous recevons dans notre conscience cognitive des informations qui nous séduisent, mais ne sont pas forcément en accord avec notre vécu historique émotionnel. Nous adoptons cette opinion mais sans véritablement l’accepter sur le plan de notre émotionnel. Progressivement, en faisant vivre cette idée, nous allons développer de nouveaux liens logiques en liaison avec notre conscience émotionnelle qui vont, non effacer les positionnements acquis dans le passé, mais se superposer à eux, créer des liens de remise en cause, et finalement les envahir et les étouffer comme un lierre asphyxie une plante. C’est la volonté de « faire vivre » ces idées nouvelles, de les prendre volontairement en compte dans toute analyse des situations vécues qui va ancrer nos nouvelles opinions dans notre conscience. Entre la volonté d’adopter une idée et son intégration totale (presque totale !) dans notre conscience, le chemin est long. On retrouve là un des préceptes de Bouddha : « Ce qui importe n’est pas d’atteindre son but, mais de suivre le chemin qui mène (ou plutôt mènerai) à ce but ! »

On comprend, ainsi, le principe des thérapies comportementales et cognitives. Pas question de renier ou d’effacer un passé gravé dans notre conscience, mais de donner au patient la direction à prendre et les outils pour cheminer vers le but. Le cap est, bien sûr, de corriger les comportements pathologiques pénalisant, et les outils les exercices volontaires qui vont permettre dans toutes situations d’analyser les événements dans le contexte du but à atteindre. Le patient pourra alors, pas à pas, forger les liens logiques qui vont intégrer dans sa conscience les critères correctifs, les éléments qui vont, peu à peu, supplanter les éléments pathologiques et étouffer la maladie. Il ne sera, peut-être pas réellement guéri au sens psychopathologique, mais il pourra vivre « comme si ! ». Personne n’en demande plus.

L’important n’est pas d’atteindre son but, mais de cheminer vers lui !

De la nécessité d’être deux pour exister (être)

Je discutais l’autre jour avec une personne qui me disait : « untel, c’est un combattant !».

 j’essayais de lui faire comprendre que faire une vertu d’être un combattant, c’est implicitement reconnaître le conflit comme une vertu et que cela pouvait conduire à la compétition et à la violence.
 Il me rétorquait « mais on peut être un combattant sans nécessairement combattre ! ».
Je lui demandais alors « à quoi reconnait-on un combattant qui ne combat pas »
« à ce qu’il ne se laisse pas faire ! »
Ce qui reconnaît implicitement la notion de conflit, de suprématie, de hiérarchie, toutes les composantes de la compétition.

Mais l’important de cette histoire est que l’on ne peut être un combattant si on est tout seul, il faut être au moins deux pour se dire « un combattant ». On ne peut pas combattre contre rien !

Suite à cette discussion se pose la question de l’existence même de l’être. L’homme existe-t-il en tant qu’individu isolé ou ne prend-t-il son existence que dans la relation à l’autre.

L’homme, évidemment, se défini par ce qu’il est, littéralement par les adjectifs qui le caractérisent : orgueilleux, hédoniste, prétentieux, ambitieux, coopératif, etc. etc. Un homme isolé ne peut prétendre à aucun de ces qualificatifs.

  1. Parce que ce sont des notions relatives et quelles nécessitent des points de références pour être évaluées. Un homme seul ne peut être « qualifié » ni d’orgueilleux, ni d’ambitieux.
  2. Parce qu’il s’agit de jugements (moraux en ce cas) et que ceux-ci doivent être obligatoirement portés par un tiers pour avoir une valeur significative.

Pour se définir l’homme a besoin de références, et c’est par l’analyse critique de son positionnement par rapport à l’autre qu’il peut les élaborer.

Pour forger son identité, exister, il a besoin de références, donc de positionnements, donc d’un autre pour se situer par rapport à lui.

Prenons pour exemplifier mon propos deux cas extrêmes. S’ il vous plait lisez le raisonnement jusqu’au bout car le début pourrait vous paraître plus que choquant. C’est d’une banalité totale d’affirmer que Hitler et Staline sont des monstres. Pourtant on peut en même temps affirmer le contraire, non pas par négationnisme ou engagement identitaire forcené, mais par simple logique. Chacun d’entre-eux est un homme qui a ses idées , qui les vit et qui y crois. Après tout, l’idée même d’exterminer les juifs ou les opposants au régime n’est qu’une idée parmi d’autres et qui ne prend sa signification historique que replacée dans un contexte sociétal, dans un contexte de relation aux autres. Hitler, supposé homme seul sur la planète, sans intrication dans un contexte de société ne serai qu’un illuminé ni bon ni méchant, ni monstrueux ni génial. Replacé dans une relation aux autres il prend son qualificatif de monstre. C’est dans une relation aux autres qu’un homme existe et peut être qualifié et décrit. Un homme seul n’est rien et n’existe pas dans un contexte cognitif. Il devient ce qu’il est quand il interfère avec un ou plusieurs de ses semblables. Alors, son positionnement par rapport aux autres, et le positionnement des autres par rapport à lui leur confèrent leurs identités réciproques.  Un homme seul n’est jamais orgueilleux, arriviste, généreux ou autre. Il ne le devient qu’a travers sa relation et son positionnement réciproque à un autre et par le jugement d’un tiers.

On peut donner un autre exemple de cette relativité de « l’être ». Supposons un individu qui mesure, par exemple 1m75. Mettons-le au milieu d’autres mesurant par exemple 1m60, on dira : « Qu’il est grand ! » si nous le mettons parmi des individus mesurant 1m90 on dira : « mon dieu qu’il est petit !» Chaque élément de l’identité d’un individu est fonction de sa relation aux autres, de son positionnement. Un homme isolé n’a pas d’identité et ne peut être défini.

On peut objecter qu’un homme seul dans la nature, pourrait se  fabriquer ses références par rapport à son environnement (espace, plantes, animaux). Mais il ne pourrait acquérir que ce que son environnement pourrait lui offrir. Au seul contact de la nature dépeuplée de congénères humains il ne trouverai pas matière à développer sa conscience cognitive, à se positionner en être humain et serai donc … un animal riche en émotions, en instinct, mais certainement pas un homme au sens Homo sapiens … et de toutes façons il ne serait définit que par référence à la nature.

C’est pourquoi le propos de la « psychologie relativiste » sera d’étudier l’homme dans le cadre de sa relation aux autres et jamais en tant qu’individu isolé.  

Positionnement et proximité des éducateurs

La psychologie relativiste a fait du positionnement la colonne vertébrale de toute relation. Il est la base de l’analyse critique de tout événement et de la prise d’identité d’un individu. Ceci mérite donc que l’on s’attarde un peu sur cette notion.

Prenons pour exemple le positionnement dans l’espace et examinons comment la proximité peut jouer dans cette fonction. Commençons par un petit exemple pour illustrer le propos.

Mettons-nous tout près d’une personne. Il devient difficile de l’appréhender visuellement dans son ensemble. Si on lève les yeux on aperçoit son visage, si on baisse les yeux on aperçoit ses pieds. On ne pourra se positionner, vis à vis d’elle, que de façon partielle, morcellaire, ou dynamique en visant alternativement le haut (le visage) et le bas (les pieds).

Si cette personne est située, disons à 20 mètres, on l’appréhende dans sa globalité et notre positionnement par rapport à elle est total.

Si cette personne est maintenant éloignée, disons à 100 mètres, elle n’est plus qu’un élément dans notre champs visuel parmi de nombreux autres. Notre relation à elle est minimisée et diluée parmi nos relations à tous les objets observés. Notre positionnement à l’objet redevient incertain.

Le positionnement est clairement établi lorsque l’objet de ce positionnement occupe entièrement notre champs de vision. C’est dans ces conditions que notre référencement spatial à lui est clairement défini. Pour une bonne construction de références il faut que l’objet de la relation soit clairement identifié dans son intégrité, clairement différencié du sujet qui l’observe, et le plus stable possible. La stabilité de l’observateur sera également un facteur essentiel d’une bonne relation.

Transposons cette exemple dans un domaine ou le positionnement, la référence, est un élément fondamental, j’ai cité l’éducation.

L’enfant pour se former à besoin de référants qui sont généralement les parents ou les éducateurs. La proximité affective, intellectuelle du référant sera un élément essentiel de la réussite d’une éducation, ou d’une rééducation (dans le cas d’un éducateur). La « juste distance » sera le point clé de ce succès.

Envisageons le cas d’un trop grande proximité, dans le cas des parents ou d’éducateurs « copains ». Le contact avec l’enfant se fait bien et la relation apparaît satisfaisante. L’enfant est en confiance, se sent accepté et la situation est apparemment harmonieuse. Pourtant, en général, cela se termine en catastrophe. L’enfant est maintenu dans une position régressive et se complait dans son cocon. Arrive un jour ou, sous la pression des circonstances, le parent ou l’éducateur se voient obligés de prendre une décision d’adulte (en principe pour le bien de l’enfant) qui l’oppose à l’enfant. Il s’en suit un drame. L’enfant se sent brutalement trahi, abandonné. Il vit cette décision comme une séparation, un petit deuil. Inutile de dire que pour un éducateur d’enfants en difficultés cette rupture de confiance avec l’enfant (qui est en difficulté généralement pour avoir vécu ce genre de situation) l’échec sera total. Non seulement l’enfant sera braqué vis à vis de son référant, mais il présentera des défenses renforcées vis à vis de tout éducateur qui pourrait tenter de prendre la relève.

Envisageons l’option contraire ou les parents ou l’éducateurs sont trop loin de l’enfant, par manque d’implication affective ou intellectuelle. Inutile de faire un dessin, comme dans le cas précédent d’un objet éloigné la référence ne se construit pas et les référants ne jouerons pas leur rôle.

Reste à trouver la juste distance qui assurera le meilleur système référentiel pour le « bambin ». Elle se situe, bien sûr, entre les deux positions extrêmes précédentes, mais où ?

Cela dépendra essentiellement de l’enfant.

Si celui-ci est en demande d’affection (c’est souvent le cas des plus jeunes) l’éducateur pourra se rapprocher de lui, aller le chercher, répondre à ses sollicitations d’amour, sans toutes fois se confondre (fusionner) avec lui. L’éducateur doit toujours rester un élément externe au système de l’enfant, faute de quoi il ne pourrait pas être un élément de référence.

Au contraire, si l’enfant est en défense contre une relation affective qui l’a déçue et contre laquelle il a pris ses « distances de sécurité » (c’est souvent le cas des plus âgés), il faudra le laisser venir, l’apprivoiser, ne pas forcer ses défenses. De toutes façons derrière ce refus de l’affection se cache un grand manque qui finiras bien par éclater au grand jour. C’est en se construisant de nouvelles références, de nouvelles certitudes que l’enfant pourra abandonner ses défenses pour retrouver une nouvelle sécurité plus gratifiante.

Le rôle d’éducateur est infiniment difficile. Les parents compensent leurs erreurs par l’amour inconditionnel qu’il portent (généralement) à leur enfant et qu’il lui conserveront pour longtemps. L’éducateur social(qui ne peut pas donner un amour éternel à tous les enfants dont il s’occupe) n’a pas ce « filet de sécurité » et de ce fait  n’a pas le « droit à l’erreur ». Il lui faut donc agir avec prudence, par petit pas, et avec patience.

PS : Il faut comprendre que l’univers de l’enfant est terriblement fusionnel et égocentrique. Pour lui les éléments extérieurs n’ont de sens que s’il sont intimement intégrés à son univers. Ses parents existent essentiellement dans la mesure de la relation qu’ils ont avec lui. Ils n’ont pas, pour l’enfant, de réalités externes comme une vie personnelle, des désirs particuliers, un existence en dehors de la relation qu’ils ont avec lui. Il faut attendre l’âge adulte pour que l’enfant se forme une identité, se différencie de son environnement pour qu’il puisse, en parallèle accorder à son environnement une existence propre. C’est le phénomène d’individuation et de maturation.

Les psychopathologies, classification et thérapies

Pour comprendre les psychopathologies il est important de revenir sur la construction de la conscience.

Disons, en préambule, que l’on peut représenter la conscience comme un ensemble d’images mentales représentant les situations, les choses, ou les êtres, liées entre-elles par des relation logique causales. La cause précédant toujours l’effets ces  relations définissent également une chronologie et donc la notion de temps.

Tout être vivant, à sa naissance, doit-être doté d’un certain nombre de fonctions et capacités métaboliques nécessaire à sa survie immédiate. Pour l’homme et les animaux supérieurs ce sont notamment les fonctions respiratoires, digestives, circulatoires (le sang). C’est un innée indispensable caractéristique d’une espèce.

Puis, pour l’homme, le nourrisson va développer des capacités émotionnelles au contact de son environnement. Les notions de faim, de bien-être et de mal-être (accompagné du besoin de sécurisation), de chaud et froid, d’espace qui vont forger les premiers étages de sa conscience émotionnelle. A noter que ces acquisition sont fondées et issues de ses premières fonctions organique (C’est, par exemple, sur la fonction digestive que se construit la notion de faim, sur la notion de bien-être que le nourrisson va apprendre la notion de douleur, donc de danger). Progressivement se fabrique un réseau émotionnel plus élaboré (on dira plus formalisé) avec les notions primaires d’amour ou de rejet, avec une meilleur prise de conscience de la notion d’espace (donc de sa position dans cet espace et de la distinction entre lui et son environnement). Dans la petite enfance, au contact de son environnement familial, scolaire, sociétal et des messages plus cognitifs qu’il reçoit les prémices de sa future conscience cognitive s’élaborent. Il va apprendre à se dissocier partiellement de son entourage (individuation), acquérir la notion de temps (liée à la conscience cognitive). Ensuite viendrons des notions plus sociétales de bien et de mal, d’amis et d’ennemis. Progressivement il pourra comprendre et intégrer des notions plus complexes, plus construites, plus formalisées. L’éducation parentale, scolaire, les relations à ses copains ou copines vont lui créer des références, des positionnements qui vont donner naissance à son identité. Plus il avancera en âge, plus il sera confronté à des problématiques (à sa portée) et plus sa conscience cognitive va s’enrichir, se structurer, et plus son identité va s’affirmer. C’est le difficile passage de l’adolescence ou il faut passer d’un vécu émotionnel (assorti de relations fusionnelles) à un vécu cognitif (assorti de relation empathiques). On construit alors les bases du réseau logique de la conscience (images mentales liées et structurées par des relations logiques)

A l’âge adulte il va apprendre à se dissocier des autres, à avoir ses propres visions, ses propres valeurs (évidemment fortement influencées par le milieu dans lequel il évolue), à forger sa propre identité, et accentuer son vécu cognitif (sans oublier totalement son vécu émotionnel sur lequel il s’est construit).

Plus l’individu avance en âge et plus les niveaux émotionnels s’enfoncent dans les profondeurs de la conscience et plus les niveaux cognitifs sont sollicités dans les comportements. Les relations deviennent de moins en moins fusionnelles et plus empathiques. L’individu a moins besoin des autres et le vieillard a tendance à se replier sur lui-même et sur son passé (d’autant plus qu’il a de moins en moins de futur !)

Au cours de cette construction de nombreuses erreurs peuvent se produire qui pourront déboucher sur des psychopathologies bénignes ou sévères. Nous sommes tous des mini psychopathes et heureusement les véritables psychopathologies sont du domaine de l’exception.

On classe généralement les psychopathologies selon leurs symptômes et je préfère y substituer une classification par leurs causes. En médecine on a commencé par classifier les maladies selon leurs symptômes (irruptions, rougeur, douleurs) pour enfin les classifier par leur cause (bactériennes, virales, allergiques, …). Il est temps que la psychologie s’inspire de cette voie.

  1. Les pathologies liées à des incohérences dans la construction de la conscience. Elles sont d’autant plus sévères et difficiles à combattre qu’elles se produisent dans les couches les plus profondes de la conscience (donc au plus près de l’enfance). Des erreurs d’analyse et de compréhension peuvent survenir, lors de l’intégration des expériences vécues, dans la structure du  réseau de la conscience. Il peut également s’agir d’erreurs dans l’information transmise par le milieu environnant (par un milieu familial déséquilibré par exemple). La conscience se construit partiellement, dans certains domaines, sur ces informations erronées et il en résulte certaines incohérences sur l’ensemble de son réseau. Plus ces incohérences se produirons au plus profond de la conscience, au plus près de ses racines, de ses fondements et plus les incohérences développées sur elles, le schisme de la conscience sera important. Ce sera la cause de ce que j’appellerai les « pathologies dissociatives » comme la schizophrénie, la bipolarité, voire certaines formes d’autisme.
  2. Les pathologies liées à une structuration trop rigide de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont sans nuances, gorgées de fausses certitudes. L’individu va perdre toute adaptabilité à son environnement et développer un vécu organisé autour de l’angoisse de perdre ses certitudes. C’est la cause des paranoïa et narcissismes.
  3. Les pathologies liés à une structuration trop faible de la conscience. Les relations logiques entre les représentations des expériences vécues sont imprécises, incertaines. L’individu manque de références solides, il est flottant, angoissé. Il cherchera sans cesse un modèle qui pourrait lui apporter les références « clé en main » qui lui manque. Il développera un comportement pusillanime avec des relations aux autres difficiles. Étant mal positionné il ne permettra pas aux autres de ses positionner par rapport à lui, d’où des relations ambigües et parfois conflictuelles (car pour les autres il n’est jamais le même, fluctuant et peu fiable). C’est la porte ouverte à la dépression, la pusillanimité et aux diverses addictions (alcool, tabac, jeux, drogue, …) qui seront pour lui un moyen de se « désangoisser », de retrouver, un instant, un positionnement vis à vis d’une sensation forte.

Mieux « sérier » les psychopathologies, les organiser par causes communes, c’est mieux les comprendre, et par là mieux les traiter.

La psychologie relativiste : La méthode thérapeutique

Le principe général des thérapie conventionnelles, basé sur l’approche psychanalytique, est la reconstruction. Le principe en est le retour, par régression, dans le passé pour atteindre le point d’où serai issu la pathologie (névrose ou psychose) pour, à partir de lui, se livrer à une reconstruction thérapeutique de la psyché. La psychologie relativiste et son modèle de construction de la conscience s ‘oppose à cette théorisation.

La mémoire et ses réminiscences ne s’effacent pas. Les souvenirs mémoriels peuvent s’enfouir sous la formidable acquisition des nouvelles expériences mais ne disparaissent pas pour autant. Seule la dégénérescence neuronale peut entrainer un effacement de la mémoire. Non seulement un événement vécu ne s’efface pas, mais de plus il reste implicitement contenu dans le reste de la conscience qu’il a contribué à construire. Oublions cette approche et acceptons que le passé soit le passé et que rien ne le fera disparaître. Les regrets, les remords, n’ont jamais gommés une erreur faites. On doit vivre et assumer son passé.

La thérapie ne se fera pas dans l’oubli mais au contraire par l’acquisition de nouvelles informations qui pourront compenser ces expériences anciennes, et remettre en cause de vieilles erreurs acquises. On ne peut s’abstraire du passé mais on peut « l’encapsuler » dans un nouveau réseau logique qui décrédibilisera le vécu antérieur et se posera en contradicteur des tendances nuisibles. Une forme de cognitif qui s’opposera à un émotionnel déformé. C’est d’ailleurs le principe de l’éducation que de forger des gardes fou au instincts profonds issus du monde des émotions. On retrouve donc le principe des thérapies comportementales et cognitives infiniment plus efficaces et faciles à mettre en œuvre, pour peu que l’on ait fait le bon diagnostic.

Inutile de préciser qu’en ce qui concerne les psychopathologies lourdes le travail est loin d’être évident (surtout lorsque la conscience cognitive est perturbée). Néanmoins il me semble que quitte à avoir un long chemin à parcourir, autant le faire dans la bonne direction.  

Comportements asociaux et psychopathologies

Les comportements asociaux peuvent avoir plusieurs origines qu’il est important de ne pas confondre.

Les psychopathologies proviennent d’une construction erronée du réseau de la conscience, souvent accentuée par un terrain soit trop rigide soit trop « laxe » de celle-ci. Elles peuvent bien évidemment conduire à des comportements asociaux.

Mais ceux-ci peuvent également découler d’une éducation, d’une formation, d’un environnement en décalage avec les normes admises dans la société.

  1. Dans le premier cas c’est le déséquilibre dans la conscience, sa structure même qui induit un mal vécu de l’individu et donc sa réaction de défense contre une société dont il  n’arrive pas à appréhender les règles. L’agressivité apparente développée par l’individu est de fait une réaction de défense vis à vis d’un environnement  qu’il n’arrive pas à appréhender de façon cohérente.
  2. Dans le second cas c’est l’intégration de valeurs en réaction avec les normes sociales qui génère l’asociabilité des comportement. Ces valeurs en décalage avec les règles et usages empêchent une intégration harmonieuse de l’individu dans son environnement et, par conséquence, une volonté de détruire cet univers qui le rejette.2

Le premier cas découle de la structure, de la construction de la conscience. Il est donc de nature structurelle. Le second cas découle d’un contenu inadapté de la conscience, d’une éducation inadaptée. Il est donc conjoncturel

Les deux cas peuvent évidemment coexister.

La « radicalisation », par exemple, peut être le fruit d’une structure trop « laxe » de la conscience qui génère un état angoissé et malléable ( de nature hysteroïde). Les règles strictes d’un environnement radical peuvent apporter un mécanisme de stabilisation dans une certitude (même aberrante) qui peut aider à résoudre les angoisses. Le terrain structurel angoissé peut être apaisé par une éducation conjoncturelle adaptée.

Elle peut également être le fruit d’une structure mentale trop rigide (de nature paranoïde) qui gêne l’adaptabilité sociale et qui se trouve conforté par l’intégration à un groupe qui prône la même rigidité des valeurs. Ici encore le terrain paranoïde trouve à s’exprimer dans une idéologie radicale de nature conjoncturelle.

Dans les deux cas, l’intégration à un groupe fournit ou justifie les références solides qui faisaient défaut ou s’opposaient à l’intégration sociale. Les  sectes, les groupes radicaux, les idéologies fortes, sont une forme de thérapie (comportementale par compensation) pour ces individus.

Dans le cas fréquent des enfants dit « inadaptés socialement » c’est généralement une absence de références familiales, sociales et sociétales qui génèrent une conscience trop « laxe ». Ces enfants se forgent, pour résoudre leur terrain angoissé des certitudes très simplistes (souvent au contact d’enfants dans une situation analogue). Se rattacher à ces certitudes leur permet de se stabiliser, même si elles contrarient fortement leur capacité d’intégration sociale. Il semble que la résolution de leur angoisse personnelle prime sur leur besoin d’intégration (encore qu’il retrouvent une certaine intégration dans des petits groupes de copains en dés errance comme eux)

La thérapie est délicate et doit tenir compte de l’analyse précédente.

  1. Quand on soigne ces enfants on commence, de fait, par les isoler de l’environnement semi stabilisant qu’ils s’étaient créés. On doit donc s’attendre de leur part à une certaine agressivité affirmée ou rentrée. Elle est naturelle chez tout être déraciné, et il faut la gérer avec beaucoup de compassion.
  2. Il faut éviter de « briser » leurs références avant d’en avoir établi des nouvelles. Ils vivraient ceci comme une insupportable agression, comme un boiteux auquel on retirerai ses béquilles en lui disant tu dois te débrouiller sans elles.
  3. L’éducateur à le rôle difficile d’être le nouveau référent. C’est dans la relation avec ce « point fixe » que l’enfant doit fabriquer son nouveau positionnement. J’insiste sur le fait que l’enfant doit, de lui-même développer ses nouvelles références et que l’on ne peut et ne doit en aucun cas les lui inculquer. Lui seul peut gérer et sentir l’opportunité de passer d’un système à l’autre.
  4. L’éducateur doit être le point de référence par rapport auquel l’enfant peut se situer et se redéfinir. Le jugement bienveillant mais sévère de l’éducateur doit redéfinir les notions de « bien et de mal » dans le comportement de l’enfant.
  5. Ce jugement ne peut être acceptable que s’il n’est pas moralisateur, castrateur, destructeur de certitudes, et si l’enfant à confiance dans son référent. La relation de confiance, de complicité est un élément majeur de la relation thérapeutique. Comme dans une relation familiale l’enfant acceptera les règles établies s’il se sent aimé, protégé, secouru quand il a des défaillances. Dans cette thérapie, mieux vaut, souvent, « transgresser les lignes » que de perdre la confiance de l’enfant.
  6. L’enfant doit intégrer que les nouvelles valeurs qu’on lui propose sont bien plus bénéfiques pour lui que les valeurs auxquelles il était accroché.
  7. Inutiles de dire combien le rôle de référent est difficile !  

Les enfants inadaptés ne sont, la plus part du temps, pas des malades, pas non plus des « racailles », mais simplement des inadaptés, des échecs éducatifs. Il faut les prendre comme tel.

Réorienter des enfants vers un système de valeurs qu’il a toujours vécu comme hostile est un travail de funambule dans lequel l’erreur se paye au prix d’une chute souvent lourde de conséquences. Comme dans toute éducation, avant d’imposer il faut aimer, avant de s’octroyer des droits il faut accepter ses devoirs.

Il n’y a pas de technique magique pour devenir de bons parents, il n’y en a pas non plus pour devenir un bon éducateur.

PS : Le traitement des déviances sociales dans le cas de psychopathologies avéré est, bien sûr, un atout autre débat

Le débat inné-acquis en psychologie relativiste

Le débat inné/acquis est vieux comme le monde. Dans la « mythologie chrétienne », Dieu crée l’homme à son image, donc parfait. L’homme est avant tout tributaire de son « inné ». Viennent ensuite Satan et les tentations qui vont pervertir l’homme et le rendre tributaire de son acquis. Durant tout le moyen âge, en Europe, c’est cette vision qui va prévaloir. Vers les XVII et XVIII ème siècle, avec l’apparition des lumières et les théories scientistes, l’acquis va prendre une dimension plus importante. Enfin, en raison des progrès de la génétique et du rôle de l’ADN dans la transmission héréditaire l’inné va regagner du terrain. Bref le débat est loin d’être clos. Aujourd’hui l’opinion la plus générale et qu’un homme est formé partie par son inné, partie par son acquis. L’inné fournissant « le terrain » sur lequel va se construire l’acquis.

On voit que cette notion d’inné/acquis est extrêmement variable avec l’époque et qu’elle est fonction de la culture du moment. Sans aucun doute, l’idée que l’on peut en avoir maintenant variera dans l’avenir au hasard des découvertes et des croyances.

On peut présenter les deux situations qui permettent de donner un sens à ce débat :

  1. Pour ceux qui croient à la réalité du monde (vision transcendantale et religieuse), qui en ont une vision qui se veut objectivée, le débat inné/acquis est d’importance. Il s’agit pour eux de présenter une description du monde la plus proche possible de la réalité, aussi conforme que possible à l’existant. Cette description ne peut être qu’unique puisque, pour eux, le monde est  unique tel que décrit dans les textes originaux. Toute description est un dogme qui élimine immédiatement toute autre description. Par exemple, pour un musulman Sunnite, Mahomet et le prophète et donc Ali ne l’est pas . Pour un Chiite, Ali est le prophète et donc Mahomet ne l’est pas. Il ne peut y avoir qu’une seule vérité puisqu’il n’y a qu’un seul dieu, un seul monde qui transcende l’espèce humaine. Trancher sur le débat inné/acquis dans la construction de l’homme est donc un point fondamentale de la philosophie, de la psychologie, et de la science en général.
  2. Pour ceux qui croient que le monde est une réalité totalement inaccessible à l’homme, une virtualité, il n’est plus question de rechercher une description du monde, mais une ou des représentations de celui-ci. On doit alors promouvoir la représentation du monde la mieux adaptée à ses objectifs de vie. Chacun peut choisir la représentation qui lui convient le mieux en fonction des circonstance et, pourquoi pas, des périodes.

Vient alors le problème de choisir la meilleur représentation possible en fonction de la vision du monde qui est la sienne

  1. Pour la vision religieuse, transcendantale, la solution est à trouver parmi les dogmes en vigueur. Ce n’est guère facile car les religions, du fait de leur ancienneté, n’ont jamais dans leurs fondements abordées ce problème. Elle s’appuie sur des textes sacrés fondateurs (Bible, Évangile, Coran, Thora, Védas …) dont l’authenticité fait débat et le contenu pour le moins vague en la matière. Elles ont tendance à représenter l’humain comme fait d’un corps et d’une âme dissociables dans la mort.
  2. Pour la vision subjective de l’homme, et notamment dans la psychologie relativiste la seule représentation de l’homme à laquelle on accède est un simple modèle, une sorte de conglomérat d’hypothèses. Le seul impératif de ces modèles, qui peuvent varier d’un individu à l’autre, d’une chapelle à l’autre, et de permettre d’obtenir les meilleurs résultats en rapport du but que l’on se fixe. Au fond « qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse » que l’on pourrait traduire par « Qu’importe le modèle pourvu que l’on ait les bons résultats ». Le débat ne porte plus sur l’importance de l’innée ou de l’acquis, mais quelles sont leurs importances relatives pour obtenir un  modèle performant. Il n’y a plus débat, mais choix arbitraire !

Cependant personne ne peut nier qu’il existe, dans la formation de la psyché une part d’acquis. Le simple fait d’avoir un cerveau avec ses hémisphères, ses lobes, ses neurones, ses connections synaptiques est bien le fait d’une transmission génétique, même si elle est indifférenciée selon les individus. Tout organe est, dans sa nature, d’origine génétique.  D’autre part on ne peut nier que l’éducation, l’expérience, peuplent le cerveau d’informations qu’il n’avait pas reçues à la naissance.

Dans la psychologie relativiste on distingue trois fonctions du cerveau

  1. Le contrôle des fonctions vitales (respiration, circulation sanguine, digestion, métabolisme divers)
  2. Le contrôle des émotions
  3. Le contrôle cognitif

Le premier point est évidemment du domaine de l’inné. Aucun individu ne pourrait survivre sans avoir reçu à sa naissance la capacité de respirer, de faire battre son cœur, de se nourrir et de déféquer

Le troisième point est évidemment du domaine de l’acquis, il se construit par l’expérience, l’éducation, l’apprentissage

Reste le domaine du contrôle des émotions qui peut faire débat car, il est à la frontière entre l’inné et l’acquis. Certaines réactions émotionnelles sont manifestement du domaine de l’innée . Par exemple le fait de transpirer et de voir son cœur s’accélérer devant la peur, de rougir devant la gêne, de trembler dans l’émotion forte, ne sont jamais apprises, ce sont donc des réactions innés.

Par contre l’émotion qui crée des sentiments (donc une formulation de l’émotion) doit être de nature acquise en tout cas dans la forme qu’elle prend, dans sa représentation.

Ceci  repose le problème des frontières entre les diverses fonctions du cerveau. J’ai eu l’occasion de proposer, dans le cadre de la psychologie relativiste, qu’il n’y ai pas de frontière définie entre le monde des émotions et celui du cognitif, mais simplement un continuum entre des représentation les moins formulées, et donc non présente à ce que nous appelons la conscience, et des représentations formulées et qui constituent la conscience.

Sans doute n’existe-t-il pas non plus de frontières entre les réactions de type purement organique (respiration, …) et les réactions déclenchées par des événements extérieurs (peur, gêne).

Le cerveau, ou plutôt  sa psyché, se présente donc comme un continuum entre son action sur des fonctions organiques , purement interne, et son action vis à vis de l’extérieur dans le domaine du cognitif. Il n’y a pas trois type de réactions agissant dans des domaines différent, mais un seul type donnant des réaction plus ou moins tournées vers « l’intérieur » ou vers « l’extérieur ». Ces divers éléments de la psyché allant du plus archaïque au plus récent en se construisant par strates successives, chaque élément s’appuyant sur les éléments plus anciens. Plus l’événement est ancien et moins il se présente à la conscience et à la mémoire. La gouverne des fonctions vitales crées au stade fœtale sont bien évidemment totalement inaccessibles à la conscience, par contre peuvent être partiellement en relation avec les couches émotionnelles. Lorsque celle-ci sont impactées, des réactions « psychosomatiques » peuvent survenir.

Ce modèle respecte parfaitement l’hypothèse actuelle selon laquelle l’inné est le terrain sur lequel se développe l’acquis.

L’inné est non seulement le terrain sur lequel se construit la conscience mais il est est les fondements, la racine. IL peut exister un inné sans acquis (ou presque), par exemple dans le monde animal, mais il ne peut exister d’acquis sans inné !

Attention : tout ce qui précède n’est en rien une description d’une réalité, mais la formulation d’un modèle pour la représenter au mieux.

Enfin un modèle abouti pour la conscience

Introduction

Après 10 ans de réflexion et 3 ans de recherches, je peux enfin proposer un modèle de la conscience satisfaisant. Ses qualités sont d’être simple, presque évident, suffisamment universel pour que des spécialistes des neurosciences aux Freudiens les plus convaincus chacun puisse y trouver son compte, et capable d’intégrer tous les aspects de la psychologie,  de la théorie, au diagnostic, et à la thérapie.

Entropie et psychologie relativiste

Le second principe de la thermodynamique stipule que dans un système isolé en évolution, l’entropie ne peut que croitre et l’énergie du système diminuer. L’entropie étant le niveau de désordre dans le système. Cette hypothèse est étayé par le fait suivant :

Tout système est composé d’un certain nombre d’éléments réunis en configurations. Les configurations organisées représentent une toute infime partie des configurations possibles. Toute évolution du système l’entrainera donc inévitablement vers des configurations sans organisation, vers le chaos, donc vers une entropie maximum.

Formation de la conscience

On peut appliquer ce principe à tout système quel qu’il soit pour peu qu’on le conçoive comme un échange énergétique. On peut notamment essayer de l’appliquer au domaine de la psyché humaine, dans le cadre de la psychologie relativiste.

Dans cette discipline, nous avons postulé que la conscience humaine passait au cours de la vie d’une conscience émotionnelle sans structure et chaotique (petite enfance) à une conscience cognitive organisée et rigidifiée dans un réseau logique (âge adulte). Ceci peut paraître antagoniste avec le second principe de la thermodynamique.

Il n’en est rien car la conscience humaine ne constitue pas un système isolée. Dans un tel système, en interaction avec l’extérieur, tout apport d’énergie peut contribuer, au contraire à l’entrainer vers ses formes les plus énergétiquement favorisées, donc les plus structurées. Cette entropie négative ou néguentropie a été théorisée par Brillouin et Schrödinger

L’homme échange avec son milieu extérieur et c’est comme cela qu’il se construit. Sa psyché n’est donc pas un système isolé. Ces échanges lui sont une nécessité vitale, car sans eux l’homme ne peut être viable, car il se nourrit de communication.

Pour l’homme l’apport d’énergie qui va structurer sa conscience est la connaissance, l’expérience, le vécu. Ces éléments vont s’intégrer à sa conscience et développer sa conscience cognitive. A travers elle se construisent les notions de positionnement, d’analyse critique, de relations et aussi les notions abstraites qui organisent les sociétés (Religions, morales, idéologies, républiques, démocraties) et constituent les représentations mentales nécessaires à la vie humaine. Au cours de sa vie l’homme va acquérir des connaissances et développer sa vision du monde.

Dans sa toute petite enfance sa communication se déploiera autour d’une information peu élaboré (pauvre en énergie) et c’est surtout sa conscience émotionnelle qui va se construire. L’analyse critique des événements sera mineure, les images mentales représentatives imprécises, et les liens qui les coordonnent plutôt flous. Néanmoins chaque nouvelle expérience, chaque nouveau message, apporte, intègre, un peu de logique dans le réseau de conscience. Cet enrichissement cognitif amène un peu plus de logique dans l’analyse critique des futurs événements. Petit à petit le réseau mémoriel se structure, l’émotion perd du terrain dans les représentations mentales et leurs liens logiques vis à vis de la raison, et la conscience cognitive se forme. Ce n’est que vers 2 à 3 ans que l’enfant acquière suffisamment de structure cognitive pour se forger ses premiers souvenirs. Avant il n’est que dans l’émotion, la fusion, et ne construit pas de représentations mentales capable d’émerger dans sa conscience.

Au fur et à mesure des expériences la conscience se construit par strates successives de plus en plus formalisées. Chaque nouvel événement est analysé en fonction des données déjà acquise et apporte un plus au développement de la conscience cognitive. Petit à petit les capacités de communication formelles vont se développer, la conscience cognitive intégrer des informations de plus en plus structurées, et initier un vécu cognitif plus solide. La conscience se formera par strates successives de plus en plus organisées, chacune étant le fruit de la strate précédente enrichie de la nouvelle information acquise. A l’âge adulte (pas avant 30 ans) la conscience cognitive commence à se rigidifier et s’efforce de contrôler les élans émotionnels.

 Plus l’information reçue, les messages détectés, seront fortement structurés (donc riche en énergie)  et plus la conscience cognitive sera rigide, et plus la capacité d’adaptations aux idées nouvelles sera faible. La nature profonde de la conscience sera fonction de l’éducation reçue (avec, pourquoi pas, une participation de potentialité génétique !)

Plus les messages reçus et intégrés sont nombreux, riches, et relatifs à des domaines variés et plus la conscience cognitive sera complexe, pleine de nuances, capable d’analyses critiques élaborées des événements vécus. Plus de culture variée et plus d’ouverture d’esprit, moins de certitudes abruptes, et plus de tolérance.

Les strates les plus profondes (relatives aux événements les plus anciens) seront moins formulées, moins logiquement structurées, moins figuratives, et donc moins susceptible d’être mémorisées de façon représentatives et donc de revenir à la conscience. Elles constituerons des émotions intégrées, mémorisées mais incapable de réapparaitre à la conscience en cas d’appel. Ceci ne veux pas dire qu’elles sont inutiles car elles ont servies de fondements à la construction des strates plus formulées. Ne faisons pas l’erreur de donner trop d’importance à ce que nous pouvons concevoir (le vécu cognitif) au détriment de ce qui nous échappe (le vécu émotionnel). Mea culpa, c’est mon défaut majeur !  

Dans les représentations mentales qui apparaitrons à notre conscience quand nous devons réagir à un événement ce sont de toute évidence les plus récentes, les plus formulées (et peut-être les plus accessibles) qui seront privilégiées. Les plus anciennes ne nous apparaitrons pas de façon consciente mais joueront quand même un rôle dans notre analyse critique car elles seront implicitement présentes dans les représentations conscientes.  

Évidemment si un événement est intégré de façon erronée dans l’empilement du réseau de la conscience, il se produira des incohérences dans sa construction. Imaginez un maçon qui construit un mur en parpaings bien alignés horizontalement. Si tout d’un coup un parpaing est mal posé, que sa surface n’est pas bien horizontale toutes les autres pièce posée sur lui partirons de travers et toute une partie du mur sera bancale. Il en est de même pour la conscience et tout élément intégré de façon erronée, incohérente génèrera une « pile » en incohérence avec l’ensemble du système. Toute analyse s’appuyant sur ce réseau erroné conduira à développer ce « cancer de la conscience ». Toute analyse s’appuyant à la fois sur ce réseau erroné et sur le réseau cohérent conduira le sujet à une position ambiguë, incertaine, et frustrante.

Notre conscience est faites de ces « mini » incohérences que nous avons pris l’habitude de gérer. Ce n’est que lorsque ces incohérences seront marquées quelles pourront déboucher sur des pathologies de dissociation de la mémoire (attitudes bipolaires, schizophrénie, voire autisme) ou pourront accroitre, pour des consciences cognitives rigides, les tendances au narcissisme et à la paranoïa.

Conclusion

L’énergie apportée aux cellules vivantes sous forme d’oxygène, de sucre,  associée à leur capacité d’assimilation va définir la vie, son organisation et son évolution. L’énergie apporté à la conscience sous forme d’information, de messages structurés , va définir le vécu. (le vécu étant la conscience de vivre)

Privé de cet apport, l’homme (totalement isolé, sans possibilités de communiquer) perd toute structure mentale organisée, il périclite dans une forme de folie chaotique, puis de vécu végétatif. Pour tout enfant, l’apport de cette information par son milieu environnant (parents, proches) est une nécessité vitale à sa structuration et à son développement normal.

Pour véritablement vivre « en homme », l’homo sapiens a besoin de la communication. C’est l’échange d’informations structurées qui fait le vécu de l’homme et le différencie de l’animal.

L’animal vit de ses émotions, l’homme de son vécu à travers sa conscience cognitive. L’animal vit sur l’instant, l’homme vit dans le temps de son récit historique.

PS : Ceci peut résoudre le problème de la modélisation de la construction de la conscience, mais il reste à définir comment cette mémoire peut être utilisée, comment les éléments reviennent à la conscience quand un événement la sollicite. Il reste encore bien du « pain sur la planche ».

On pourrait pour cela s’inspirer des algorithmes de l’Intelligence Artificielle, notamment ceux de la médecine, qui permettent à partir d’une série d’images mémorisées de retrouver celles qui correspondent à votre cas et de faire un diagnostic. Il ne serai pas étonnant que l’algorithme de recherche puisse être adapté à notre conscience, et que la façon dont il fouille les parmi les images mémorisées reliées par des relation de signification (des critères) puisse s’adapter à la recherche dans une mémoire cognitive formée d’images mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.

L’ordinateur est issu du cerveau humain, rien ‘étonnant qu’il puisse en être une représentation, une formalisation, un modèle. Après tout, c’est bien la fonction d’un modèle d’être un outil de travail pour manipuler ce que l’on ne peut comprendre

Conscience cognitive et dissensions familiales

J’ai expliqué comment l’analyse critique d’un événement vécu permettait l’intégration d’une image mentale en créant des liens logiques qui la relie au réseau des images mentales déjà intégrées.

Pour donner un exemple de cette construction, prenons ce cas très (peut-être trop) schématique :

Soit deux individus, l’un élevé dans une famille de tradition politique à gauche, l’autre dans un famille de tradition politique de droite.  Ils vivent tous les deux les événements que nous venons de vivre (révolte des « gilets jaunes »)
L’individu élevé dans une tradition de gauche, empreint de valeurs de solidarité, d’égalité et faisant, via sa conscience cognitive, l’analyse critique de la situation intégrera le vécu des événements avec compassion et sympathie.
Celui élevé dans une tradition de droite, plutôt soucieux d’efficacité, de récompense du mérite, privilégiant les valeurs économiques analysera la situation comme dangereuse, irresponsable, et remettant en cause le principe de juste rémunération des mérites.
On comprend, à travers cet exemple, comment le vécu historique intégré influe sur la construction de la conscience cognitive et comment celle-ci se conforte de ses propres expériences.
Chacun de nous vit les événements en fonction de sa propre histoire et se construit sur les fondations qu’il a lui-même bâties. Ceci explique la diversité entre les humains : autant d’histoires, autant d’individualités.
Mais la construction de la mémoire cognitive n’est pas uniquement liée à ce processus déterministe.
1) Lorsque l’analyse critique de l’événement montre une certaine dissonance avec le vécu historique, celui-ci ne peut s’intégrer directement à la mémoire historique. La création de liens logiques suppose une remise en cause du vécu historique pour l’adapter au nouvel événement étudié. Le réseau s’adapte (remise en cause), les liens historiques sont modifiés, et ce, en fonction de la plasticité de la mémoire cognitive (rigide ou laxe)
2) Si cette dissonance est trop marqué, l’intégration de l’événement peut être refusé et celui-ci mis dans une sorte de « quarantaine » dans laquelle peuvent être stockés des événements vécus mais non intégré au réseau cognitif. Il en reste cependant trace dans la conscience émotionnelle.
3) Si le vécu de l’événement est déformé par rapport à sa réalité, celui-ci peut être intégré de façon erronée dans la conscience cognitive et construire des liens apparemment logiques avec les éléments mis en cause dans l’analyse critique, mais en incohérence avec l’ensemble du réseau. Les futures analyses qui devront s’appuyer sur cet élément erroné conduiront au développement d’un réseau logique, mais en incohérence avec le réseau principal. Plus le point erroné est profond dans la hiérarchie chronologique (donc plus ancien historiquement, petite enfance) et plus le sous-réseau pourra prendre de l’importance (et plus il sera difficile à éradiquer).
4) Un phénomène analogue peut se produire si l’erreur se fait au niveau de l’analyse critique par la conscience cognitive. Les conséquences en seront strictement identiques.

On voit comment la construction de la conscience cognitive se fait par empilement en strates successives de représentations des événements (représentations mentales et liens logiques de causalité). Les plus profondes, les plus historique (la petite enfance) étant de nature moins formalisées (puisque appuyées sur peu de représentations logiques), et donc plus proche de la conscience émotionnelle. Plus la conscience cognitive se développe et plus les représentations seront formalisées, sophistiquées, logiques. L’enfant n’a que des représentations un peu floues dans sa conscience cognitive car appuyées sur des représentation un peu chaotiques, elles sont peut conscientes car elles n’appartiennent pas au monde structuré accessible. L’adulte, plus construit développera des représentations de plus en plus formelles (mais moins spontanées) au fur et à mesure qu’il « grandira en âge et en sagesse ». Il aura une meilleur « vision » (conscience) de son vécu.
Pour un thérapeute la communication avec un enfant devra tenir compte de l’état de construction de la conscience de son patient (degré de maturité) et adapter ses messages en conséquence.
Ces mécanismes rendent bien compte, par exemple, des dissensions dans les fratries. Elles se basent le plus souvent sur des jalousies, rivalités lors de la petite enfance. L’un des frères ou sœurs développe un sentiment de jalousie vis à vis d’un autre (très souvent l’ainé vis à vis de son cadet). Ce dernier ne comprenant pas le pourquoi de cette rivalité la traduit en termes de désamour ou de rejet. Dans la petite enfance ces sentiments s’inscrivent dans la mémoire sous forme très peu formalisée et donc peu consciente. Sur ces bases les consciences se développent. L’analyse de tous les événements familiaux se fait à l’aune de ce hiatus et un réseau incohérent se construit. Plus l’âge avance et plus les représentations se formalisent et plus elles prennent la forme de vérités. La dissension prend alors des allures de réalités en oubliant complètement l’erreur sur lesquels elles sont basées. De fausses interprétations ont conduit à un vrai problème.

Si on plonge dans les raisons de cette l’animosité on s’aperçoit qu’on ne s’aime pas simplement parce que … on ne s’aime pas ! C’est vraiment la première prise de conscience préalable avant toute réconciliation.

Comportements asociaux ou psychopathologiques

Beaucoup de nos concitoyens affichent des comportements asociaux, qui se traduisent par des incivilités, des débordements de violence, des positions en repli de la société. Il est intéressant d’essayer d’en faire émerger leurs racines et leurs causes.

On peut distinguer deux causes principales (sans que l’une n’évite la participation de l’autre à ces comportements déviants).

La première cause est évidemment éducative. Il s’agit d’un manque d’éducation à la vie sociale principalement due à la défaillance du milieu familial, car c’est dans cet environnement que ce font les premiers apprentissages du « vivre ensemble ». Un milieu familial déstructuré, dans lequel les individus ne trouvent pas leur place exacte conduit à une vision (et donc un apprentissage) d’une société sans structures clairement définies et donc ou tout pourrait être possible pour chacun. Contrairement à ce que l’on affirme ces individus ne sont pas dé-sociabilisés, mais plutôt sociabilisé dans un autre univers que celui que nous souhaitons. Généralement ces enfants (car c’est d’enfants ou d’adolescent dont il s’agit) vivent et s’éduquent dans la rue. Ils forment spontanément des microsociétés sous forme de bandes avec leur organisation et leurs valeurs, comme toute société humaine, car il n’existe pas de groupes humain qui ne secrète un « vivre ensemble » basé sur des valeurs et des hiérarchies.

Ces microsociétés sont assez primitives, presque animales et ne sont pas sans rappeler la meute que constituent les loups. La valeur la plus fondamentale est basée principalement sur la force et très minoritairement sur la raison. Pour régler un litige on se bagarre et le vainqueur (le plus fort) l’emporte et a donc raison. Ceci contre toute notre logique, car être le plus fort physiquement n’implique pas immédiatement que son point de vue était le bon. Dans cette meute « la raison du plus fort et toujours la meilleure ». C’est sur cette valeur de base que se fonde la hiérarchie (le positionnement) dans la bande. Le plus fort, le plus malin, le plus agressif, devient le chef. Il impose le respect car il apparaît comme le plus apte à conduire la bande vers son destin. Comme dans la meute, sa compagne ou son compagnon acquière « par alliance » un statut de dominant. Comme dans un groupe animal des jeux d’alliance peuvent inverser les hiérarchies et remettre en cause les dominants.

La bande étant un « entre soi » avec ses propres valeurs elle est forcément en opposition, en lutte avec les autres groupes constitués et principalement avec ce que nous appelons notre société civilisée.

La déchéance sociale favorisant la déstructuration des familles est évidemment un facteur déclenchant du phénomène. Elle favorise le développement de ces bandes et leur donne en même temps leur motif justifié de haine contre notre société.

Ne voyons pas dans ces bandes des groupes dé-sociabilisés mais plutôt des minorités qui n’ont pas réussi (ou que nous n’avons pas réussi) à intégrer dans notre système. Ils agissent comme toute minorité qui se sent rejeté, qui s’auto-organise en microsociété sur la base des valeurs qui leurs sont accessible. Dans le cas des bandes il s’agit de la force, mais dans le cas d’une minorité religieuse cela peut être la foi.

Nous ne sommes pas ici dans un phénomène pathologique mais dans une simple désocialisation d’un individu qui induit un phénomène de groupe et la constitution d’une coalition asociale. Naturellement chaque participant au groupe peu avoir, en plus, ses propres psychopathologies.

Le terrain psychologique. Une des causes de dérangement psychologique et la configuration structurelle de la conscience cognitive. Elle ne représente pas, en soi, une pathologie, mais le terrain sur lequel certaines pathologies peuvent se développer. Celles-ci peuvent, outre le problème personnel du sujet, conduire à des comportements déviants et  asociaux.

Une conscience cognitive à structure rigide, c’est à dire dans laquelle les relations causales entre les événements sont sans nuances, sans latitude de débat, construites sur des absolues certitudes, est la porte ouverte à des comportements narcissiques ou paranoïdes. Cette structure rigide ne laisse aucun capacité à la conscience cognitive d’intégrer des événements autres que ceux qui peuvent confirmer les certitudes déjà acquises. Tout apport de l’extérieur non conforme à la pensée existante est refusé. «  L’ego » est privilégié (position narcissique) et l’apport extérieur considéré comme une agression (position paranoïde). Dans de telles conditions le vécu avec les autres est inévitablement conflictuel, sauf dans un petit cercles épousant les mêmes valeurs ou avec des individus faibles en recherche de références solides (Gourous, Autocrates, Chef de bandes)

Une conscience cognitive trop laxiste, c’est à dire dans laquelle les relations causales entre les événements sont mal définie, incertaines, trop réceptives aux propositions nouvelles conduira à des comportements angoissés, anxiogènes, par manque de références. L’individu sera imprévisible et en perpétuelle recherche de lui-même, sans fiabilité. Étant mal référencé il ne permet pas aux autres de se positionner vis à vis de lui et ses relations sont forcément compliquées.

Il s’agit là de comportements asociaux strictement individuels de nature pathologique fondamentale dues à la nature même de la conscience cognitive, indépendamment des événements anecdotiques que l’individu a put vivre.

La troisième cause ressort également de la psychopathologie. Elle résulte de la construction erronée de la conscience cognitive. J’ai montré comment se construisait le réseau logique de la conscience cognitive. Tout élément vécu est perçu par la conscience émotionnelle et transmis pour analyse critique à la conscience cognitive. En fonction des résultats de cette analyse le vécu de l’événement sera accepté pour intégration de façon soit positive ou soit négative. La prise en compte dans la conscience cognitive se traduira par la création de liens logiques entre l’image mentale de l’événement et le grand réseau du vécu historique.

L’analyse critique peut parfois mal fonctionner et les relations causales avec le vécu historique mal évaluées (parce que l’événement a été mal perçu,  parce que son incidence sur le réseau général a été mal évalué, parce qu’il remettrai en causes trop de certitudes établies). L’événement est alors intégré dans la conscience cognitive avec des liens logiques en incohérence avec l’ensemble du réseau. Toute analyse critique ultérieure qui s’appuiera sur cet événement conduira inévitablement à intégrer un événement avec des liens logiques, certes cohérent à ce niveau, mais en incohérence avec l’ensemble du réseau. Il pourra alors se développer un sous-réseau en incohérence avec le réseau principal qui générera pour l’individu un mal-être dans une partie de son vécu (On pourrait rapprocher ce mécanisme de la « névrose » Freudienne)

C’est un phénomène très courant dans notre vécu qui se produit à petite échelle des milliers et des milliers de fois dans notre vie. Tant qu’il est de petite importance, que les réseaux parasites ne s’étendent pas trop, il est vécu comme une norme. Nous sommes tous un peu incohérent, mais pas plus que les autres ! cela fait partie de l’imperfection de la pensée humaine (Bouddha l’avait largement dénoncée). Si par contre l’incohérence est largement développée dans une large partie de notre conscience le vécu en  porte-à-faux entre les deux réseau (cohérent et incohérent) peut entrainer des pathologies graves allant de la simple frustration, au comportement bipolaire, voire à la schizophrénie.

Plus cette incohérence se développe profond dans notre conscience, au niveau le plus bas de son réseau (c’est à dire dans l’enfance) et plus le sous-réseau peut prendre de l’ampleur et plus ses conséquences risquent d’être dramatiques pour l’individu. On peut alors rapprocher le phénomène de la « psychose » Freudienne)

Dans ce cas, encore, le comportement asocial sera individuel, d’origine pathologique, et ne se traduira pas par des actions de groupes.

Il est très important  de bien isoler ces divers mécanismes si on veut traiter le phénomène avec efficacité. Ce qui complique l’analyse c’est que ces mécanismes peuvent coexister et se superposer. On peut même dire qu’ils existent rarement de façon isolée et que différencier la poule de l’œuf sera le secret d’une thérapie réussie.

L’implication personnelle dans les événements

Nous vivons très souvent les événements dans un mode impliqué, « le nez dans le guidon » et bien souvent sans le recul nécessaire à une saine analyse de la situation. De ce fait nous réagissons à ce qui nous arrive plus « avec nos tripes » qu’avec notre raison, car nous mettons en jeu davantage notre conscience émotionnelle que notre conscience cognitive.

Rappelons brièvement le mécanisme de réaction à un événement.

Lorsque nous sommes participant d’un événement quel qu’il soit, nous commençons par le ressentir et le vivre au niveau de notre conscience émotionnelle. L’information est alors transmise à notre mémoire cognitive pour analyse critique. Cet événement va être évalué en fonction de notre système de références acquis pour définir notre positionnement par rapport à lui, et la capacité qu’il va avoir à s’intégrer dans notre système de valeurs. Trois cas peuvent survenir :

  1. L’événement ne bouscule que peu notre système de valeurs et il aura capacité à s’intégrer dans notre conscience cognitive en créant les nouveau liens logiques de dépendance au réseau existant. Il y aura peu  de remise en cause du système de valeurs et cette nouvelle expérience va enrichir notre vécu historique sans modifier de façon sérieuse notre équilibre référenciel. Notre comportement, en réaction à cet événement sera empreint de logique et de raison.
  2. L’analyse de l’événement traduit un désaccord profond avec notre système de référence et, par conséquence, son vécu aura du mal à s’intégrer dans notre conscience cognitive. Selon la solidité, la forte structuration de cette conscience Il pourra être simplement rejeté et noté comme aberrant, ou au contraire se montrer totalement incapable d’être formalisé. Cette incapacité de l’événement à être vécu sous une forme logique, cette impuissance à le formaliser, va nous laisser envahit par l’expression de notre conscience émotionnelle et nos réactions ne seront plus gouvernées par la raison mais plutôt par l’émotion. Elles seront plutôt irrationnelles et pourront surprendre notre entourage. C’est ce que l’on peut appeler un choc émotionnel.
  3. Suite à une erreur dans l’analyse critique de cet événement, celui-ci va nous paraître compatible avec notre vécu historique(alors qu’il ne l’est pas du tout). Il va s’intégrer à notre conscience cognitive mais sera en désaccord avec notre conscience émotionnelle générale.Ceci, à notre insu, va créer un point d’incohérence dans notre mémoire qui sera par la suite générateur de conflits. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point erroné générera un conflit entre conscience émotionnelle et cognitive. Alors que le comportement explicité plus haut (au point 2) entraine une réaction émotive immédiate, l’intégration erronée d’un événement dans la conscience cognitive aura un « effet retard » sur le vécu d’événements futurs.

Nos comportements impliquent alors un dilemme :

La réaction émotionnelle est, en accord avec notre vécu intime mais évidemment se trouve en porte-à-faux avec notre vision des réalités extérieures. L’individu aura un double vécu, intime et externe, qui ne seront pas en phase, non compatibles. S’il essaye de privilégier son vécu intime, son comportement sera inadapté aux réalités de son environnement, et si, au contraire, il s’efforce de se vivre en adéquation avec son environnement il éprouvera un sentiment profond de frustration.  Le vécu sera frustrant et le comportement inconfortable.

La réaction dépendra de l’impact émotionnel de l’événement.Si cet impact  est faible la conscience cognitive pourra prendre en charge l’affect et l’individu réagira de façon plus ou moins rationnelle. Par contre si cet impact est fort, la conscience émotionnelle va déborder la conscience cognitive  qui n’aura pas la capacité de gérer l’événement, de le formaliser et de l’intégrer de façon logique. L’individu va réagir de façon affective, souvent en opposition avec son système de valeurs et ses références. Son comportement sera incompréhensible  pour son entourage et même pour lui.

La réaction raisonnée se fait « dans le temps »alors que la réaction émotionnelle se fait « dans l’immédiat ». En effet la conscience cognitive reconnaît la notion de temps (de chronologie)alors que la conscience émotionnelle ne connaît que le présent.

On le voit très bien, par exemple, dans le domaine politique.La menace écologique est prise en compte dans une approche raisonnée alors que celle qui vise le chômage ou le pouvoir d’achat se fait dans l’immédiat sur un mode affectif. Le public est sensible au discours écologique et il en comprend très bien la nécessité à long terme. Cependant quand une décision vient bousculer son quotidien, l’inquiéter, sa réaction devient émotionnelle et sa vision à court terme. Il va privilégier son vécu immédiat (affectif) et totalement occulter sa vision à terme (cognitif).

C’est un des grands problèmes de la gouvernance d’un état comme le France. La remise en marche de l’économie, la lutte contre le chômage, la lutte contre les inégalités sociale, impliquent une politique à long terme.Malheureusement ce travail de fond est constamment remis en cause par les besoins à court terme de la population. La lutte contre le chômage, la réduction des déficits se heurtent à la demande de pouvoir d’achat, à la lutte contre les inégalités de revenu. Ces deux politiques sont contradictoires et s’annulent l’une l’autre. Résultat, on court plusieurs lièvres à la fois et on échoue sur les deux tableaux.

Le psychologue et le travail avec les enfants

Pour un psychologue le travail avec les enfants est une tâche difficile (mais peut-être moins que le travail avec des adultes !) car le fait de travailler « avec » et souvent perçu par l’enfant comme travailler « contre ».

 

VISION THEORIQUE

Rappelons quelques principes de la psychologie relativiste :

  • Notre psyché est, très schématiquement, composée d’une conscience émotionnelle réceptacle de nos émotions (zone de chaos non structurée) et d’une conscience cognitive formalisation, structuration de nos émotions dans des représentations mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.
  • A la naissance le bébé a une conscience cognitive très pauvre et vit surtout de sa conscience émotionnelle (comme tout petit animal supérieur) vit essentiellement de sa conscience émotionnel. Il ressent mais ne comprend pas, il a des émotions mais pas de sentiments.
  • Le vécu émotionnel entraine des relations à l’environnement d’un type fusionnel dans lequel le petit enfant, sans autonomie, ne distingue pas réellement la frontière entre lui et son environnement.
  • Au fur et à mesure de sa « maturation » l’enfant va développer sa conscience cognitive, va développer son identité et prendre de l’autonomie. Il commencera à prendre de l’autonomie et en se détachant de son environnement acquérir la notion de frontière entre lui et le autres. Sa relation passera progressivement du mode fusionnel au mode empathique.
  • Ce passage progressif et lent de l’univers fusionnel au relations d’empathie caractérise le passage de l’enfance, à l’adolescence, et à l’âge adulte.
  • Le passage à l’autonomie (relations empathiques) est anxiogène car innovant alors que la régression dans le monde fusionnel est sécurisant, mais aliénant. Cette dualité marquera tout le passage de l’enfance à l’âge adulte.
  • Comprendre l’enfant c’est avant tout être capable d’évaluer à quel stade de maturation il est (en fonction des circonstances de sa vie)

Pour parler plus précisément de l’enfance et entrer schématiquement dans son monde disons que :

  • L’enfant est sans autonomie, il vit à travers son environnement, ce qui lui permet de d’exister dans la fusion. Il s’agit principalement d’abord de sa mère (stade prénatal et natal) puis de son environnement familial (petite enfance) puis d’un cercle plus large, parents, amis, professeurs, éducateurs (adolescence). C’est un point difficile à comprendre pour nous autres adultes qu’un enfant existe surtout dans sa relation à son monde extérieur et sans autonomie propre.
  • Plus difficile à admettre c’est que pour un enfant son environnement n’existe que dans la relation qu’il peut avoir avec lui. Par exemple, vis à vis de ses parents (dans un univers conventionnel), l’enfant ne voit que la mère qui protège, qui fait des gâteaux, qui console, il ne voit que le père qui entraine, forme, éduque. Il ne voit pas en ses parents des individus qui ont une vie en dehors de lui, qui ont leurs problèmes, leurs besoins, leur existence propre. La notion d’autonomie lui est totalement étrangère.
  • Ce n’est que progressivement en fin d’adolescence que l’enfant acquière une identité marquée, donc une certaine autonomie et qu’il pourra comprendre que l’univers ne se réduit pas à ce qu’il en connais mais que tout être à son propre vécu, son existence propre. En forgeant son identité l’enfant se démarque des autres, ne veut plus en dépendre. Se différenciant des autres, inévitablement il différencie les autres de lui. L’identification est une sorte de deuil des autres. Si on n’est pas les autres, les autres ne sont pas nous !

Pour terminer cette description de l’univers de l’enfance et maintenant parler plus précisément des enfants dit « difficiles » (qui sont généralement des enfants qui ont eu une vie difficile) il nous faut parler de la violence.

  • La violence n’est pas une caractéristique d’un individu. Personne n’est violent de nature. On ne nait pas agressif, on le devient. Toute violence vient d’un sentiment d’impuissance. Derrière tout individu violent cherchez toujours ce qu’il voudrait faire mais qu’il ne peut réaliser.
  • L’incapacité à trouver sa place dans une société, le sentiment d’impuissance à s’intégrer génère la violence que l’on peut observer dans nos banlieues, dans les bandes de casseurs.
  • Vous avez surement observé sur une plage un enfant en train de construire un château de sable, dès qu’il l’abandonne un plus jeune vient piétiner ce château et le détruire. C’est le sentiment d’impuissance à faire de même qui pousse à cet acte agressif. Quand on n’est pas capable de construire, la seule façon de créer c’est de détruire. Derrière toute destruction il y a un désir de création contrarié. Derrière tout nihilisme il y a une identité qui ne peut éclore.
  • Une autre violence est le fait des enfants qui n’arrivent pas à sortir de l’enfance, qui n’arrivent pas à « maturer ». Ce fait de ne pouvoir éclore, de se sentir confiné dans l’aliénation du vécu fusionnel crée un sentiment d’impuissance à exister qui engendre de la violence. La régression engendre de la violence. (On peut observer cette violence contre soi-même par exemple dans l’anorexie)
  • Évidemment, et malheureusement, certains enfants cumulent les trois volets de l’impuissance. Difficulté à sortir de l’enfance, incapacité à s’intégrer dans la société, désir de création contrarié.

ASPECT THERAPEUTIQUE

Loin de moi l’idée de donner des conseils aux thérapeutes, je n’en est ni l’envie, ni les compétences. Je ne suis qu’un théoricien technocrate … chacun son rôle ! Par contre je peux m’autoriser à suggérer  quelques pistes.

  • Soigner un enfant c’est avant tout communiquer avec lui. Il faut donc entrer dans son univers, faire partie de sa fusion pour exister à ses yeux comme un élément de lui-même et non comme un corps étranger qui sera rejeté. Pour un adulte il est très difficile de s’immiscer dans un tel milieu, d’autant plus qu’il ne faut pas y  jouer le rôle enveloppant de protecteur (dans une relation régressive) mais celui de référant, point fixe à partir duquel l’enfant pourra se resituer et développer ses repères. Il s’agit peut-être d’assumer le rôle que les parents n’ont pas su incarner ?
  • Pour éclore et chasser de son esprit ce sentiment d’impuissance, l’enfant a besoin de réussir, qu’il s’agisse de réussite scolaire, sportive, de militantisme, de prise de responsabilité. Autant d’éléments qui peuvent le différencier des autres, lui forger une identité bien à lui à travers la reconnaissance des autres. Si un adulte peut (plus ou moins) s’auto référencer, l’enfant a besoin du regard des autres pour exister.
  • Le thérapeute devra être positif, bienveillant, encourageant mais sans cocooning. Il doit se comporter en référent, comme un point fixe par rapport auquel l’enfant pourra se resituer en positif ou en négatif. Il devra être juste, mais sans complaisance pour inculquer les valeurs sociales et de relation aux autres. C’est en sortant de la fusion que l’on acquière l’empathie nécessaire à l’intégration sociale.
  • L’intégration sociale ne viendra que plus tard, après que l’enfant aura affirmé son identité. Pour s’intégrer il faut savoir ce que sont les autres, mais avant tout savoir qui l’on est et ce que l’on est.

Positionnements et références, la colonne vertébrale de la vie

L’homme est un animal qui pense. Ceci est sa grande force et aussi sa faiblesse. D’un côté cela lui permet d’inscrire son histoire dans le temps, de prévoir, donc d’organiser et de créer mais d’autre part l’oblige à formaliser, représenter son émotionnel dans sa conscience cognitive sous  forme d’images mentales. Il lui arrive de ne pas pouvoir finaliser la formalisation de certains concepts qui échappent à son entendement. Il est alors en prise avec une angoisse qui ne peut cesser tant que ce concept reste indéfini. L’invention des religions (représentation transcendantale d’un concept non formalisable) est la tentative de parade pour échapper à cette angoisse. Les représentations sous forme d’images mentales liées entre-elles par des liens de causalité constituent les références qui permettent à l’homme de se situer dans son environnement, de se sentir « positionné », d’avoir un univers stabilisé.

Dans la psychologie relativiste on accorde une importance toute particulière à la notion de positionnement. Ce dernier sera le moteur de toute action et le générateur de nos comportements. Le positionnement est une notion absolument nécessaire à l’homme pour un vécu serein. Lorsqu’il perd ses références, l’homme dérive, flotte dans un univers d’angoisse, et peut sombrer dans la dépression.

Le positionnement

Vis à vis de tout événement l’individu définit son positionnement à l’aide des références qu’il a acquises précédemment. A partir du contenu de sa conscience cognitive il fait une analyse critique de l’événement pour déterminer dans quelle mesure la perception de celui-ci est en accord avec ses propres références. Il se situe, se positionne donc par rapport à l’événement.

Les références

Lors de l’intégration de cet événement dans sa conscience cognitive l’individu va (car l’événement ne sera jamais en accord total avec ses propres valeurs) peu ou prou remettre en cause ses convictions initiales pour recréer un tout homogène entre ses valeurs initiales et celles apportées par cet événement. La conscience cognitive se reconstruit donc avec des références légèrement différentes mais plus solides.  Toute expérience nous modifie, nous enrichie, même si l’évolution est peu perceptible.

Les valeurs

Ce système référentiel constitue notre système de valeurs, car c’est à travers lui que se fera toute analyse critique d’une situation qui se présente à nous. Il définit plus largement le regard que l’on porte sur la vie et constitue notre identité.

Le sens de la vie

C’est par la construction de ce système de valeurs que va se définir pour nous « le sens de la vie », puisque c’est lui qui va donner une valeur, un sens à nos perceptions, à nos actions et nos pensées. Il va  nous donner un sentiment d’utilité, justifier de nos comportements.

Les motivations

Guidé par ce « sens de la vie » définit dans notre système de valeurs, l’individu va développer ses motivations, c’est à dire ses nécessités existentielles. Il va cultiver des envies, des désirs, pour satisfaire son système de valeurs.

Les comportements

Les motivations de l’individu vont générer ses comportements dans la vie, sa façon d’être, d’agir ou de réagir, définir ses relations aux autres et de concrétiser ce qu’il est pour eux.

Conclusion

Dans la psychologie relativiste la formation de l’identité est connexe de celle de la conscience cognitive. Au développement de cette dernière correspond une « maturation » de l’identité, une individuation du sujet, un renforcement de son autonomie et de sa personnalité. Cette « maturation » est le fruit de l’analyse critique des événements de la vie grâce au positionnement qu’adopte le sujet vis à vis de son vécu.

  • Positionnement, références, valeurs font partie d’un seul mécanisme d’acquisition de la conscience cognitive.
  • Le sens de la vie va lier nos expériences à nos comportements.
  • Motivations et comportements font partie du mécanisme qui gouverne nos actions et la représentation de notre vécu.
  • L’ensemble de ces 4 points représente le mécanisme de notre vécu.

L’ensemble de ce mécanisme peut se symboliser comme la prise d’identité de l’individu, c’est à dire ce qu’il est pour lui et pour chacun de ceux qu’il est amené à fréquenter. On voit que la formation de l’identité est un mécanisme complexe, lent, et sans cesse remis en cause par de nouvelles expériences.

Cette vision de l’identité en perpétuelle construction, sans cesse modifiée par les expériences de la vie est en opposition fondamentale avec les pensées identitaires qui considèrent l’identité comme un patrimoine qu’il faut protéger et garder en l’état ou on l’a reçu. Cette vision patrimoniale de l’identité et bien sûr en désaccord avec l’évolution perpétuelle des sociétés, elle ne peut que mener les individus à être de plus en plus en décalage avec les réalités, à une vision ultra conservatrice, et une totale inadaptation avec la société moderne.