Archives de catégorie : Générale

La couverture générale

Le comédien, l’artiste et le  » trac « . Analyse

Tous les comédien et les artistes qui se produisent devant un public reconnaissent avoir un «trac» fou avant d’entrer en scène. On le comprend bien pour un jeune artiste qui débute et doit impérativement réussir son « examen de passage », mais il est plus étonnant de constater que même un artiste confirmé éprouve ce sentiment d’anxiété avant le lever du rideau. Même une star adulée, à peu près sure de recevoir une ovation de son public, avant même que d’avoir entamé son « show », est sujette au «trac» au point parfois d’en être indisposée.

Définissons d’abord, pour une bonne compréhension trois mots trop souvent employés l’un pour l’autre :

  • L’angoisse, c’est un sentiment diffus de mal être, non formalisé, qui provient du sentiment de perte de références, d’un déficit de positionnement, d’une impression de flottement. On ne peut le définir, ni dans son pourquoi, ni dans son comment, ni dans son quand. Par essence même l’angoisse ne peut se décrire avec des mots.
  • L’anxiété survient quand l’angoisse arrive à se cristalliser sur un fait précis. En général le sentiment que quelque chose pouvant avoir des conséquences fâcheuses va survenir sans savoir si l’issue en sera positive ou négative. Il s’en suit une « rumination mentale » ou le sujet essaye de prévoir l’imprévisible, élabore des solutions ou parades jamais satisfaisantes et toujours remises en cause. Certains sujets ont même tendance à prévoir le pire pour tenter d’éviter d’être désarçonnés par une issue envisagée comme forcement fatale
  • La peur est le sentiment que quelque chose de néfaste va certainement arriver et qu’il est nécessaire de prendre toutes dispositions pour, soit l’éviter, soit la contrer

Le «trac» du comédien est évidemment de l’anxiété, et en analyser les causes pourrait permettre de le mieux cerner

  • Disons en préambule que tout artiste qui aime se produire en public est généralement de nature angoissée. Le contact avec le public est le plus souvent un moyen de réassurance, de se redéfinir dans un rôle, de se ré-identifier.
  • Passons sur les causes évidente de ce «trac» comme la crainte de l’échec, la blessure narcissique de l’ego, un certain sentiment d’insuffisance, des considérations de carrière, de soucis financiers. Toutes ces considérations conduisent à une urgence de réussir et une crainte de l’échec. Évidemment toutes ses causes sont le lot de chacun d’entre nous, de tout individu soucieux de son avenir. Elles sont récurrentes et ne peuvent à elles seules rendre compte du phénomène particulier du «trac» d’avant entrée en scène qui assaille comédiens et artistes.
  • Mais les raisons évoquées ci-dessus ne sont que la cristallisation d’une angoisse, sa formalisation dans des raisons et des conséquences parfaitement plausibles. Un point doit pourtant interpeller : Quand le comédien entre en scène, quand l’artiste commence son show, dès les premières répliques, les premières paroles d’une chanson, le «trac» disparaît et le plaisir d’être en scène, de jouer avec et pour le public s’installe. Pourtant rien n’est encore assuré, l’échec toujours possible, les causes logiques de l’anxiété toujours présentes.
  • Le comédien, l’homme, vit dans son univers habituel, dans son environnement quotidien, avec ses références familiales, professionnelles, son cercle d’ami. Même quand il travaille, répète, il vit avec ses repères familiers. Par contre quand il est sur scène, dans son spectacle le voilà projeté dans l’univers de son personnage, de celui de ses partenaires, de celui voulut par l’auteur de la pièce. Toutes les références, les positionnements sont brutalement changés. Il ne peut et ne doit plus être lui-même mais il doit devenir celui qu’il incarne,  un Lorenzo, un Don Juan,  un Alceste, dans un autre lieu, dans une autre époque. Le comédien doit se redéfinir dans un autre univers, prendre une autre identité, perdre ses référence pour en adopter d’autres. S’il ne fait pas cela il sera mauvais, jouera la comédie sans incarner son personnage.

Ce passage d’une identité à une autre ne se fait pas sans douleurs. Perdre ses références est le moteur principal de l’angoisse. La transition commence par un abandon, une perte de repères. Par contre, une fois entré en scène le comédien retrouve l’identité et les référence de son personnage, il devient l’autre, il se re-stabilise et le «trac» disparaît.

La période difficile est ce moment charnière où l’on commence à s’oublier, ou l’on sent poindre en soit son futur personnage, cette période ou l’on n’est plus soi tout en n’étant pas encore l’autre. Ce déficit d’identité génère un fond d’angoisse qui a tous les éléments pour se muer en anxiété (Peur de l’échec, du jugement, perspectives de carrière, situation financière, etc. etc.).

Peut-on échapper à ce «trac» ? est-il même sain d’y échapper ? peut-on vraiment jouer la comédie sans passer par ce moment douloureux du «trac» ? C’est évidemment très dépendant de chacun, nous sommes tous différent, et personne ne réagit de la même façon. Pourtant, de manière générale, ce passage par l’angoisse, permet la libération de l’artiste et l’explosion de son nouveau personnage lors de son entrée en scène, devant son public. Ce phénomène de dépersonnalisation/re-personnalisation paraît fondamental pour passer entièrement de soi à l’autre, pour s’oublier et devenir son personnage. Comédiens, artistes, ne craignez plus ce «trac». Tout au contraire savourez le ! Il symbolise votre métier. Il vous permet d’être prêt pour votre entrée en scène.

L’histoire, récit ou réalité

Introduction

L’histoire se veut la cristallisation dans le  présent d’un passé recomposé, un récit circonstancié et documenté qui fait foi et consensus. L’histoire se veut fiable, crédible, et surtout objective.

Tout fait appuyé sur des écrits, des témoignages, devient un fait historique et peut servir à construire l’Histoire

L’histoire est donc un récit circonstancié, documenté, … mais cela reste un récit

Le fait historique

Le présent est horriblement difficile à comprendre. Passé dans l’histoire il s’avère plus facile à saisir. L’histoire simplifie les choses, et plus l’événement est ancien et plus sa vision en est réductrice. En effet, pour un événement remontant loin dans le passé les textes document sur lesquels s’appuyer son rares et très peu recoupés. La vision simplifiés n’est étayée que par un ou deux éléments considérés, à tort, comme représentatifs. Pour un événement plus récent les documents seront nombreux, contradictoires, et son « historisation » dans une vision unique et bien plus difficile.

Quand on vit un événement présent, on en comprend la complexité. Les opinions divergent, l’affichage et les postures sont générales, le non-dit est souvent plus important que ce qui est affiché.

Chacun vit un événement présent selon sa formation, sa sensibilité, sa culture, son acquis historique, sa conscience cognitive. Chaque événement est vécu de façon individuelle, et il y a autant d’histoires que d’individus. Le fait historique n’existe pas en soi, il est la résultante des sentiments, des projections, des visions, des analyses critiques de chacun des individus concernés. C’est un réseau de dépendances entre les êtres impliqués directement ou indirectement. On pourrait, théoriquement, dire que l’histoire telle qu’on la connais n’a pas de sens !

Cependant, en raison de leur proximité culturelle des groupes d’individus peuvent avoir une vision de leur histoire, un récit voisin, similaire, commun. De par leurs expériences communes, des groupes d’individus peuvent se forger un vécu culturel commun, une conscience cognitive similaire. Leur approche des événements, leur analyse critique des situations sera proche. Bien qu’ayant, en théorie, chacun leur propre histoire, une partie de celle-ci sera commune (soit parce qu’ils ont vécu les événements en commun, soit parce que on leur a enseigné le récit historique commun … en ce sens, l’enseignement de l’histoire fait l’histoire !)

Pour entrer dans l’histoire

Pourquoi et comment un fait rentre-t-il dans l’histoire ? Pourquoi devient-il un fait historique ? C’est bien simple, il faut et il suffit qu’il soit partagé par  un grand nombre d’individus. Il fait alors partie de l’histoire de chacun, et donc de l’histoire de tous. Pour qu’un fait devienne un fait historique, il faut qu’il soit subit par un grand nombre d’individu et de surcroit dans un sens analogue.

La première famille qui va donner ces fait historique sont les grands événement naturels (crues, inondations, séismes, éruptions, sécheresses, épidémies,) Ils sont subit par tous.

Deuxième famille, les fait générés par l’homme (guerres, avancés ou reculs sociaux, découvertes, prises de pouvoir, familles régnants, …). Ils sont le fait des hommes qui détiennent le pouvoir de décider pour les autres, d’agir pour les autres,  d’apporter aux autres, de faire subir aux autres leurs volontés, … les puissant.

Ceci explique pourquoi notre histoire est avant tout l’histoire des puissants !  Elle se compose de dynasties, de Rois, de leurs guerres, de leurs intrigues, de leurs luttes, d’hommes célèbres ayant eu une forte influence sur leurs concitoyens. Le « petit peuple »  ne joue que le rôle de « faire valoir », de trame de fond sur laquelle se déroulent les événements,  il n’est pas acteur de l’histoire mais il la subit. Seuls ceux qui font l’histoire entrent dans l’histoire ! Les obscurs, les sans-grades, ceux qui , en fait, sont l’histoire, n’ont pas le droit d’y entrer

… entre ici Jean Moulin !  mais pas Jean Dupont ou Jacques Durand !

Entrent dans l’histoire les chefs, les hommes de pouvoir, les puissants, les nantis, les icônes, … exit les collaborateurs, les chevilles ouvrières, les assistants, les bras droits, les épouses, l’histoire n’est pas pour eux.

L’histoire est celle des hommes de pouvoir ou d’influence, elle n’est ni la mienne, ni la vôtre ! … rassurez-vous, nous avons chacun notre propre histoire, qui soit dit en passant, vaut bien l’histoire officielle !

L’histoire réductrice

Un point intéressant de l’histoire c’est qu’elle simplifie le récit, elle en présente une synthèse. Sur un événement contemporain les avis divergent, chacun en a sa vision, chacun sa compréhension qui dépendent à la fois de ce que chacun est et de ce que chacun aimerais être. Les médias en sont le reflets. Que pensera un historien qui pour un même événement sera confronté à la une de l’Humanité et du Figaro ? Ou mettra-t-il le curseur de l’objectivité ?

Hollande était-il un bon « social-démocrate » qui a fait pour le mieux pour son pays dans un environnement international difficile (selon ses partisans), un dangereux socialo-communiste qui mène son pays au chaos (Sarkozy) , ou un traitre à l’idéal de gauche, vendu au capitalisme (J.L.Mélanchon). Il n’était bien sur aucun de ces personnages mais en même temps il était les trois !

Mais l’histoire à la nécessité de faire consensus, faute de quoi elle ne serai pas l’Histoire. Alors elle simplifie, dégage les grandes lignes des événements, ne connaît que les points de vue dominants, dépersonnalise les vécus, elle devient une sorte de « plus petit dénominateur commun ».

L’erreur des historiens et de l’Histoire et, par souci vérité, de vouloir objectiver les faits alors qu’ils sont éminemment subjectifs dans l’histoire de chaque individu. L’objectivité en histoire n’a pas de sens, sauf à développer une « histoire officielle » qui fait consensus.

Conclusion

Il en résulte que chacun de nous vivant les événements historique sans vraiment les comprendre tant leur complexité nous dépasse, leur traduction dans le passé, dans l’histoire, est tout aussi hermétique. L’histoire officielle n’est qu’une vision réductrice des événements, elle nous donne l’impression de comprendre ce que les contemporains des faits n’ont jamais compris. Le passé est insaisissable, c’est pourquoi nous en proposons un modèle simplifié que nous appelons Histoire. Mais la représentation ne vaut jamais réalité.

On pourrait presque dire que le futur, basé sur des prévisions, des perspectives, des projections, des déductions, n’est pas moins précis que le passé … mais là, je vais peut-être trop loin !

Les grandes confusions intellectuelles

J’ai déjà eu l’occasion de parler de l’imprécision de notre communication verbale et comment celle-ci peut être corrigée par la communication implicite du non-dit. On sait combien la définition de mots que nous utilisons est imprécise (quelques lignes dans un dictionnaire), variable selon les individus, et surtout plutôt très mal connue de chacun de nous. C’est grâce à des mimiques, des gestes des intonations de voix, que nous transmettons à l’autre la teneur exacte de nos propos. Un même texte lu par divers comédien peut prendre des significations très diverses selon la façon dont il est dit.

Un autre piège classique qui nous guette dans nos comportements est celui de l’habitude. Elle peut finir par transformer des concepts, sans que nous en ayons conscience, et modifier en profondeur nos comportements. En voici quelques exemples :

Confusion entre l’objet et son image

Chaque objet que nous observons détermine une image mentale dans notre conscience. Quand l’objet est lointain (pour des raisons historiques, géographiques, parce que c’est un objet abstrait) nous utilisons pour le faire vivre une représentation symbolique, iconique, qui lui tient lieu de réalité. Avec l’usage, l’habitude, cette représentation finit par se substituer à l’objet lui-même dans notre esprit et à devenir une forme de réalité.

Dans les religions, surtout les plus anciennes, les représentations symboliques des dieux (statues, totems, tikis, talismans) finissent par être adorées comme si elles étaient le dieu lui-même et non sa simple représentation. Les grandes processions chrétiennes dans lesquelles on promène des statues d’un saint, de la vierge Marie dans la plus grande ferveur des croyants sont l’exemple de l’adoration d’un symbole.

Le drapeau est le symbole, l’incarnation d’une nation. Bien qu’il ne soit, en fait qu’un chiffon de tissus, toute profanation, tout irrespect devant le drapeau est considéré par les citoyens (surtout les plus « patriotes ») comme une grave offense à toute une nation.

On observe le même dilemme en science ou la théorie, modèle ou image d’un phénomène naturel, s’impose finalement comme  si elle était une réalité. En ce qui concerne la théorie atomique, en 400 AVJC le grec Démocrite avait imaginé la matière faites de micros éléments flottant dans le vide qu’il avait appelé atomes. Aristote était d’un avis différent et éclipsa complétement la théorie de Démocrite pour la remplacer par celle de la matière infiniment divisible. Des millénaires plus tard Rutherford développa une vision moderne de l’atome fait d’électrons circulant autour d’un noyau sur une orbite circulaire. Bohr modifia cette vision en imaginant que les électrons tournaient sur des orbites elliptiques. Évidemment tout ceci  ne sont que des représentations, des modèles, imaginés par les scientifiques pour expliquer les propriétés de la matière. Ce modèle s’est avéré si performant qu’il a été universellement adopté et que de modèle décrivant une réalité il est passé à véritable réalité. L’objet s’est confondus avec son image.

Dans le « star système » le public adore, non pas l’homme ou la femme qu’ils ne connaissent pas, mais l’image du personnage dans son œuvre, la presse, les médias. La disparition de Johnny Halliday ou de Charles Aznavour nous en donne une bonne représentation. Une foule anonyme qui ne connaissait pas les hommes vient rendre hommage, voire pleurer sur l’icône qu’ils ont le sentiment d’avoir perdu. C’est l’image qui est regrettée et non l’homme (sauf bien entendu pour les proches et la famille).

Confusion entre le but et les moyens

Une des bonnes illustration de cette dialectique est la pièce de Musset :Lorenzaccio. Lorenzo rêve d’abattre le tyran de Venise Alexandre de Médicis. Pour  parvenir à ses fins il  doit pouvoir approcher le tyran. Pour cela il devient l’organisateur des débauches d’Alexandre. Donc son but est de tuer le tyran et le moyen mis en œuvre l’organisation des fêtes. Au bout d’un moment, Lorenzo s’aperçois qu’il est devenu lui-même un débauché et que son but est devenu l’organisation de fêtes, alors que l’assassinat du tyran m’est plus que le prétexte, un moyen pour excuser sa débauche.

A la naissance d’un parti politique il y a généralement une idéologie qui vise à l’amélioration de la vie des concitoyens. Pour mettre en jeu cette politique on doit accéder au pouvoir.  Cette prise de pouvoir est un exercice difficile qui implique une énergie folle et un engagement total. Le but est ici de mettre en jeu sa politique et le moyen la prise du pouvoir. A force d’effort pour accéder à la première place, cette accession au pouvoir devient le but suprême du parti, et la politique à mettre en œuvre n’est plus que le prétexte, le moyen qui justifie la prise du pouvoir. Le moyen est devenu le but, alors que l’ancien but est devenu moyen.

Dans toutes religions, le but et la communion avec Dieu, l’accomplissement de ses volontés et de ses desseins. Le moyen est constitué d’un certain nombre de rites, de pratiques destinés à favoriser cette communion. Pour être devenir un bon chrétien, il faut aller à la messes, donner à la quête, pour être un bon musulman il faut prier, je crois, cinq fois par jour, faire ses ablutions avant la prière, faire ramadan, pour être un bon juif il faut faire shabbat, respecter des rites alimentaires, …etc. … etc. Petit à petit l’intérêt s’est déplacé de la communion avec Dieu vers la pratique des rituels. Être un bon chrétien, c’est aller à la messe et donner à la quête, Être un bon musulman c’est prier cinq fois par jour et faire ramadan, Être un bon juif, c’est faire shabbat !

Ce qui était le moyen et devenu le but ( principalement chez les religieux intégristes ). Il faut et il suffit de respecter les rites pour être dans le droit chemin. La communion avec Dieu est devenu le prétexte, le moyen, pour accomplir les pratiques rituelles. C’est bien sur le faiblesse de tous les mouvements intégristes religieux d’avoir confondus les buts et les moyens … l’être avec le paraître !

Cette confusion est un grand classique des projets à long terme.

Confusion entre les devoirs et les droits

Ce qui va suivre s’inscrit dans une logique parfaitement athée dans laquelle, contrairement aux visions religieuses, la morale n’est pas un « apriori » décrété par la puissance divine.

L’homme isolé a du mal à survivre face à la nature et à ses congénères. Il se regroupe alors en clan, troupe, société, état,  afin de mutualiser les forces dans un système de solidarité réciproque. Il s’agit d’un contrat entre participants au groupe transcrit dans des lois qui définissent les modalités de ce contrat.

La morale, règles du vivre ensemble dans les groupes humains est un consensus accepté (librement ou  non) par les participants au groupe. Elle est le fruit des consciences émotionnelles de chacun relayées par leur consciences cognitives. Cette dernière finalise la morale dans des règles de vie et fixe notamment les devoirs et les droits de chacun. Hors conscience cognitive, pas de morale, donc ni devoir ni droits. C’est ce que l’on peut observer dans le règne animal.

On pense généralement que les droits des uns génèrent des devoirs pour les autres. Ceci signifierai que certain non seulement s’octroieraient  des droits, mais en plus imposeraient des devoirs aux autres. Je ne crois pas qu’une société puisse raisonnablement fonctionner sur ce modèle. Au contraire la vie en société impose aux membres des devoirs et en contrepartie leur accorde les droits qui vont leur permettre de remplir leurs devoirs.

Par exemple : Les parents ont le devoir de protéger, de nourrir, et d’éduquer leurs enfants (devoirs légitimes puisque ce sont les parents qui ont souhaités avoir un enfant et que ceci leur crée des responsabilités). Pour accomplir ces devoirs on accorde aux parents des droits sur les enfants : Droit de choisir leur éducation, leur religion, leur morale. Ce sont bien les devoirs qui engendrent les droits et non le contraire.

Dans cette vision, à la naissance, un nourrisson n’a aucun droits, car n’ayant aucune responsabilités il n’a aucun devoirs. Généralement on confond le droit des enfants (inexistant) avec les devoirs des parents.

Au fur et à mesure que l’enfant grandi et développe sa conscience cognitive il acquière certaines responsabilités (apprendre à marcher, parler, être propre, manger seul) et cela lui octroie certains droits. Plus il va grandir, plus sa conscience cognitive va se peupler, et plus il va se créer des responsabilités (travailler à l’école, obéir à ses parents, choisir ses copains avec discernement, aider à la maison). En contrepartie ses droits vont s’accroitre (argent de poche, sortir seul, choisir son look). Au fur et à mesure que les responsabilités de l’enfant s’accroissent, son droit à l’autonomie grandi, et au contraire les responsabilité et les droits de ses parents diminuent. C’est le phénomène d’autonomisation.

On parle souvent, à tort,  de « droit au chômage » comme si le fait pour un individu de se trouver en position délicate induisait automatiquement l’obligation pour les autres de lui venir en aide. Le chômage est un devoir de solidarité que les participants au groupe on acceptés dans le contrat social (en attente, évidement, de réciprocité)

En ce qui concerne les animaux, la question des droits et des devoirs ne se pose pas. La faiblesse de leur conscience cognitive ne leur permet pas d’élaborer une morale collective. Dans la nature la notion de droits et devoirs est totalement inexistante, seule les nécessités de survie de l’espèce guide les comportement. On protège les petits, les nourri, et leur enseigne l’art de la vie. Passé cet apprentissage, nécessité de l’espèce, les petits sont abandonnés à leur sort. Pour les animaux domestiques leurs « propriétaires » acceptent un certain nombre d’obligation, de devoirs, définis par consensus, partie de notre contrat social. On ne peut donc parler de droit des animaux, mais de devoir des humains.

Conclusion

Ces confusions intellectuelles se produisent avec le temps, l’habitude, la pratique. Elles s’installent insidieusement sans que les individus en aient conscience. Elles entrainent bien évidemment des comportement incohérents, en  désaccord avec les visions proposées et perturbent fortement la vie sociale.

Les pensées asiatiques et occidentales : le but et le chemin

Il existe beaucoup d’oppositions, en tout cas en apparence, entre les pensées occidentales et asiatiques. Nous parlerons ici de la pensée asiatique traditionnelle et non de cette nouvelle pensée asiatique terriblement influencée par le monde occidental

  • La pensée occidentale est beaucoup plus dualiste que la pensée asiatique. Elle se décline d’avantage en termes d’oppositions marquées, blanc ou noir, bon ou mauvais, si j’ai raison tu as forcément tort, alors que la pensée asiatique est plus nuancée, prête à accepter les paradoxes et les contradictions. Avoir tort et raison n’est pas rédhibitoire.
  • Si les religions asiatiques sont du même ressort que celles que nous connaissons en occident (dieu tout puissant, rites et dogmes obligatoires, institution hiérarchique dominante et prédatrice, principe de récompenses et punitions …) elles présentent des différences significatives quant à la représentation des divinités. Les dieux occidentaux ont une nature plus divine, plus abstraites, très peu rattachés au monde terrestre, alors que les divinités asiatiques ont une présence, un vécu terrestre avéré. Bouddha, divinisé par ses fidèles, n’est même pas, en théorie, un dieu mais un homme porté par ses mérites terrestre à l’état divin.
  • Enfin, et c’est le sujet que je voudrais développer, si toutes deux distinguent dans le parcours religieux le but à atteindre et le chemin à parcourir pour y arriver, elles traitent ces deux notions de façon très différente.

 

Dans les pensée asiatiques, s’il existe un but à atteindre (le nirvana ou la sainteté chez les bouddhistes, la réincarnation dans des êtres supérieurs pour les hindouiste) c’est le chemin choisi pour y parvenir (la voie) qui importe le plus.

Dans la pensée occidentale, au contraire c’est le but qui est privilégié quel que soit le chemin emprunté pour y arriver. Dans la mesure ou atteindre son but et primordial, la notion de temps et d’urgence s’affirme.

Qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse

 Pour un occidental réussir c’est avant tout atteindre son but, réaliser son rêve …. et bien sûr avoir sa « Rolex » !

On connait bien dans notre monde nombre de parvenus, richissimes, qui se sont enrichit par des chemins, sinon délictueux, du moins à la frontière de la légalité et souvent violant toute morale. Ils sont cependant respectés et surtout enviés, ce qui est plus grave. Dans l’Asie moderne ce genre de comportement et de jugement est malheureusement devenu des plus courant.

La voie en Asie est assez différente. Le but à atteindre n’est plus purement matériel mais plutôt de portée morale. Le but est l’excellence, le parfait, … en fait l’infini sagesse, la divinité. C’est un but totalement inaccessible et c’est en ce sens que le chemin, la voie prend toute son importance par rapport au but qui ne sera jamais atteint. Dans la mesure ou le but ne sera pas atteint on s’attachera plutôt à la notion de chemin, et la notion de temps perd de sa nécessité.

On retrouve un peu cette fonction dans certaines visions de l’art. Si on se pose la question de savoir ce qu’est l’art, ce qu’est le beau, qu’est ce qui est une œuvre d’art et qu’est ce qui ne l’est pas, on a du mal à trouver une définition qui tienne vraiment la route. Rien n’est jamais beau ni laid, tout dépend du regard que l’on porte dessus. Rien n’est de l’art ou pas de l’art, tout dépend de la définition à laquelle on se réfère (puisqu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’art). Alors ce qu’il reste c’est la démarche artistique, la recherche du beau, du parfait, du toujours mieux, le chemin vers le spirituel. Ce n’est pas toujours la façon d’être de certains artistes occidentaux qui privilégient, à travers leurs œuvres la reconnaissance, le positionnement social et les subsides. Ne les blâmons pas, ils sont pris dans le tourbillon du monde et chacun doit mener sa vie à sa guise.

L’art traditionnel asiatique, les jardin zen, la calligraphie, les Haïku, ont une visée spirituelle qui dépasse l’œuvre réalisée. La démarche créatrice, la conception, prime sur les résultat … qui n’est en fait que la conséquence prévisible de l’effort accomplit.

On retrouve cette dualité dans le fameux « débat quantique » qui a opposé Albert Einstein et Nils Bohr. Après la mise en évidence par Heisenberg du principe d’incertitude dans la mécanique quantique, Albert Einstein défendait la thèse que si une théorie repose sur une incertitude c’est qu’elle n’est pas aboutie et doit être revisitée. En d’autres termes, une pensée ne peut être que vrai ou fausse, et fermez le ban ! Pour Nils Bohr , au contraire cette incertitude ne constitue pas une erreur mais un fait inhérent au système et qu’il fallait l’accepter comme tel. Il n’y a pas dans l’incertitude le vrai ou le faux, mais simplement le vrai et le faux, et surtout le possible.

 

Dans la psychologie relativiste le vécu, l’existence de l’homme et une construction sans fin (autre bien sûr que la mort) par l’accumulation des expériences confrontées au vécu déjà acquis. Ce qui fait l’homme c’est le chemin qu’il parcoure, la voie qu’il se trace (ou qu’il subit) et non pas son objectif final (puisque tout se termine par la disparition de l’être). L’enrichissement de l’homme est ce qu’il devient et non ce qu’il acquière.

La civilisation occidentale à tendance à privilégier « l’avoir », le progrès technologique, l’accumulation des biens matériels, la psychologie relativiste s’intéresse à « l’être », « le devenir » et en ce sens est plus proche de la pensée asiatique que de son pendant occidental.

On ne possède jamais totalement ce que l’on a, on possède toujours ce que l’on est.

La psychologie relativiste et la psychologie comportementale et cognitive

Si l’on regarde d’un peu près l’efficacité des thérapies dans les domaines autour de la psychologie on est obligé d’admettre qu’elle est d’une grande faiblesse. Quand on penses que pour améliorer un symptôme chez un patient il faut 4 à 5 ans de psychanalyse, on se rend compte combien le rapport entre les efforts fournit et les résultats obtenus est disproportionné. En médecine par exemple, il suffit d’une ou deux visites chez un médecin pour guérir des pathologies classiques, et l’efficacité de la technique médicale est sans commune mesure avec celle de toutes les techniques de psychologie. Bien sûr la création de médicament est un effort gigantesque pour un laboratoire pharmaceutique, mais rapporté au nombre de malades qui en bénéficierons il reste malgré tout modeste. C’est pourquoi la psychiatrie a une efficience assez élevée vis à vis des autres techniques thérapeutiques utilisée dans le domaine de la psychologie.

Ce rapport efforts engagés/résultats obtenus est un point essentiel car il va déterminer la compatibilité économique des soins et l’accessibilité générale aux soins pour les malades. Hors, le challenge qui attend les psychologues est : « comment guérir le maximum de patients avec les minimum de ressources engagées ». On peut dire, aujourd’hui que ce challenge est loin d’être gagné !

Un espace prometteur s’ouvre actuellement avec les thérapies comportementales et cognitives qui permettent, avec un minimum de séances (8 ou 10) de corriger des comportements déviants et pénalisants pour le patient. Dans ces conditions l’accès aux soins arrive dans le domaine du possible et c’est un bon signe.

Dans ce domaine, la psychologie relativiste peut être d’une grande aide pour les thérapeutes.

Corriger des comportements déviants suppose en premier lieu de définir ce qu’est un comportement, quel est le mécanisme de sa formation, pourquoi il va se produire dans un sens plutôt que dans un autre, quel est la raison d’un éventuelle déviance ? La psychologie relativiste va nous apporter sinon toutes les réponses, du moins des pistes pour tracer la genèse des comportements.

Comment se construisent les comportements dans la théorie de la psychologie relativiste

  • Quand il vit un événement, le sujet perçoit une « émotion », un « message », issu de son environnement.
  • Reçu dans sa conscience émotionnelle, ce message est analysé par sa conscience cognitive en vue d’être intégré à son vécu historique pour enrichir cette conscience cognitive.
  • Cette analyse va induire des positionnements de la conscience vis à vis de l’événement pour construire les liens logiques qui vont relier les divers paramètres de cet événement aux éléments déjà acquis dans la conscience cognitive.
  • Ces positionnements vont induire l’attitude ou les attitudes que le sujet va adopter vis à vis de cet événement.
  • Ce sont ces attitudes qui vont déclencher les comportements (actifs ou passif) du sujet

Dans ce schéma on voit combien c’est la structure, même, de la conscience cognitive acquise qui va gouverner les positionnements, les attitudes, et les comportements du sujet vis à vis de l’événement vécu. On peut donc dire qu’un sujet réagit à un événement en fonction, bien sûr de l’événement extérieur, mais surtout en fonction de ce qu’il est, de ce que sa conscience cognitive a déjà acquise. Si la structure de la conscience, dans la zone mise en jeu est cohérente le comportement induit du sujet sera cohérent (c’est à dire en phase avec ce que le sujet est réellement). Si au contraire la zone de la conscience mise en jeu présente un certain niveau d’incohérence avec l’ensemble du réseau de la conscience cognitive, les comportements induits pourront être incohérents, déviants, par rapport à ce que le sujet ou son environnement peuvent attendre.

Prenons un exemple, ou plutôt décrivons un schéma comportemental non pathologique, imaginaire, caricatural, pour essayer de faire comprendre le propos :

Supposons un sujet à forte éducation et pratique religieuse, donc enclin à la tolérance et au respect de l’autre. Supposons que par ailleurs son environnement lui ai appris une certaine méfiance vis à vis de l’homosexualité, considérée comme une perversion, une dégradation de l’individu. Si on pose à ce sujet la question du mariage entre homosexuels ses comportements, ses réponses risquent d’être erratiques et sans cohérences. Partagé entre son souci, ancré dans sa conscience, de tolérance et de respect, et son dégout de l’homosexualité ses positionnements seront ambiguës, mal assurés, et ses comportements manqueront de cohérence.

Dans le domaine pathologique le processus sera le même mais, évidemment, plus sournois.

Actuellement, les thérapies comportementales et cognitives utilisent des procédés expérimentaux d’apprentissage pour créer, au sein de la conscience cognitive, les « patchs », représentations compensatoires qui vont chercher à masquer la zone de non cohérence chez le sujet pour « l’encapsuler » dans une zone formée d’éléments cohérents avec l’ensemble de la conscience et qui vont corriger les positionnements malsains pour produire des nouveaux comportements satisfaisants pour le sujet et son entourage.

Évidemment la grosse difficulté de ce type de thérapie est de savoir créer entre la zone erronée de la conscience, et la nouvelle zone compensatoire, le lien logique indispensable qui annonce : « La proposition qui vient de cette zone est erronée et doit être remplacée par la proposition de la nouvelle zone compensatoire ! ». Actuellement ce lien se construit de façon inconsciente (pour le thérapeute comme pour le patient) par l’ajustement expérimental des processus thérapeutiques, et semble plutôt bien fonctionner.

Une étude particulière du processus de création de ce lien indispensable pourrait largement améliorer le process thérapeutique, et la psychologie relativiste pourrait être d’une grande aide en ce domaine.

Comparaison entre les pensées occidentales et asiatiques

Il existe beaucoup d’opposition, en tout cas en apparence entre la pensée occidentale et la pensée asiatique. Nous parlerons ici de la pensée asiatique traditionnelle et non de cette nouvelle pensée asiatique terriblement influencée par le monde occidental

  • La pensée occidentale est beaucoup plus dualiste que la pensée asiatique. Elle se décline d’avantage en termes d’opposition marquées, blanc ou noir, bon ou mauvais, raison ou tort, alors que la pensée asiatique est plus nuancée, prête à accepter les paradoxes et les contradiction.
  • Si les religions asiatique sont du même ressort que celle que nous connaissons en occident (dieu tout puissant, rites et dogmes obligatoire, institution hiérarchique dominante et prédatrice, principe de récompenses et punitions …) elles présentent des différences significatives quant à la représentation des divinités. Les dieux occidentaux ont une nature plus divine, très peu rattachés au monde terrestre, alors que les divinité asiatiques ont une présence, un vécu terrestre avéré. Bouddha, divinisé par ses fidèles, n’est même pas, en théorie, un dieu mais un homme porté par ses mérites terrestre à l’état divin.
  • Enfin, et c’est le sujet que je voudrais développer, si toutes deux distinguent dans le parcours religieux le but à atteindre et le chemin à parcourir pour y arriver, elles traitent ces deux notions de façon très différentes

Dans les pensée asiatiques, s’il existe un but à atteindre (le nirvana ou la sainteté chez les bouddhistes, la réincarnation dans des êtres supérieurs pour les hindouiste) c’est le chemin choisi pour y parvenir (la voie) qui importe le plus.

Dans la pensée occidentale, au contraire c’est le but qui est privilégié quel que soit le chemin emprunté pour y arriver

Qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse

 Pour un occidental réussir c’est avant tout atteindre son but, réaliser son rêve …. et bien sûr avoir sa « Rolex »
On connait bien dans notre monde nombre de parvenus, richissimes, qui se sont enrichit par des chemins, sinon délictueux, du moins à la frontière de la légalité et violant toute morale. Ils sont cependant respectés et surtout enviés, ce qui est plus grave. Dans l’Asie moderne ce genre de comportement et de jugement est malheureusement devenu des plus courant.

La voie en Asie est assez différente. Le but à atteindre n’est plus purement matériel mais plutôt de portée morale. Le but est l’excellence, le parfait, … en fait l’infini sagesse totalement inaccessible. C’est en ce sens que le chemin, la voie prend toute son importance.

On retrouve un peu cette fonction dans certaines visions de l’art. Si on se pose la question de savoir ce qu’est l’art, ce qu’est le beau, qu’est ce qui est une œuvre d’art et qu’est ce qui ne l’est pas on a du mal à trouver une définition qui tienne vraiment la route. Rien n’est jamais beau ni laid, tout dépend du regard que l’on porte dessus. Rien n’est de l’art ou pas de l’art, tout dépend de la définition à laquelle on se réfère (puisqu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’art et que s’il en existait une, l’art ne serai sans doute plus de l’art). Alors ce qu’il reste c’est la démarche artistique, la recherche du beau, du parfait, le chemin vers le spirituel. Ce n’est pas toujours la façon d’être de certains artiste occidentaux qui privilégient, à travers leurs œuvres la reconnaissance, le positionnement social et les subsides. Ne les blâmons pas, ils sont pris dans le tourbillon du monde et chacun doit mener sa vie à sa guise.

L’art traditionnel asiatique, les jardin zen, la calligraphie, les Haïku, ont une visée spirituelle qui dépasse l’œuvre réalisé. c’est les progrès de l’homme à travers la réalisation de son oeuvre qui prime sur l’oeuvre elle-même.

On retrouve cette dualité dans le fameux « débat quantique » qui a opposé Albert Einstein et Nils Bohr. Après la mise en évidence par Heisenberg du principe d’incertitude dans la mécanique quantique, Albert Einstein défendait la thèse que si une théorie repose sur une incertitude c’est qu’elle n’est pas aboutie et doit être revisité. En d’autres termes, une pensée est vrai ou fausse. Pour Nils Bohr , au contraire cette incertitude ne constitue pas une erreur mais un fait inhérent au système et qu’il fallait l’accepter comme tel. Il n’y a pas dans l’incertitude le vrai ou le faux, mais simplement le possible.

Dans la psychologie relativiste le vécu, l’existence de l’homme et une construction sans fin (autre bien sûr que la mort) par l’accumulation des expériences confrontées au vécu déjà acquis. Ce qui fait l’homme c’est le chemin qu’il parcoure, la voie qu’il se trace (ou qu’il subit) et non pas son objectif final (puisque tout se termine par la disparition de l’être). L’enrichissement de l’homme est ce qu’il devient et non ce qu’il acquière.

La civilisation occidentale à tendance à privilégier « l’avoir », le progrès technologique, l’accumulation des biens matériels, la psychologie relativiste s’intéresse à « l’être », « le devenir » et en ce sens est plus proche de la pensée asiatique que de son pendant occidental.

On ne possède jamais totalement ce que l’on a, on possède toujours ce que l’on est.

La dépression conduit-elle au suicide ?

Définition de la dépression :

Elle se produit sous l’effet d’un choc affectif intense qui bouscule la conscience cognitive acquise. L’impact est si fort que la tentative d’intégration de la nouvelle information oblige la conscience à un tel écart, une telle remise en cause, qu’elle n’a même pas la possibilité de rejeter l’émotion et qu’elle explose en plein vol. Toutes les valeurs, les structurations, les liens de dépendance sont remis en cause et le sujet perd tous ses repères, donc toutes ses valeurs. Il se retrouve démuni dans l’analyse des événements car il a perdu ses critères d’analyse. C’est une situation d’angoisse (manque cruel de positionnement) et l’absence de valeurs fait perdre le « sens de la vie », le « goût des choses ». Plus rien n’a d’intérêt, toute action paraît vaine, les notions de bien ou mal, bon ou mauvais n’ont plus de sens. Dans l’explosion de la conscience cognitive la notion même de relation de dépendance (donc de temps) se perd.

Le suicide :

Il s’agit d’une tentative, qui paraît justifiée dans l’immédiat, pour se soustraire à une souffrance morale qui pourri la vie et dont on ne voit pas la fin possible dans le moment présent. Le suicide est vu comme la seule thérapeutique susceptible d’apporter la paix et le repos.

Interactions entre dépression et suicide.

Sur un plan purement théorique la dépression ne devrait pas conduire au suicide. L’indifférence du sujet à sa vie ne devrait pas générer de souffrance puisque aucune valeur ne vient réellement contrarier le vécu.

Sur le plan pratique la dépression n’est jamais totale et le sujet garde assez de valeur intégrées pour être capable de souffrir. Plus la dépression sera profonde et moins le sujet pourra souffrir, et moins la nécessité d’en finir se fera pressante.

En ce qui concerne le suicide on peut observer diverses tendance antagoniste :

  • Le désir d’en finir avec une vie de souffrance, comme un besoin de s’endormir d’un sommeil dont on ne se relèvera pas
  • La persistance d’un instinct de vie qui nous habite depuis notre plus jeune âge et qui nous pousse à nous défendre contre tout agression. C’est autour de ce désir de vie que se construit toute notre conscience et son échelle des valeurs.
  • Un certaine crainte de l’inconnu, la difficulté à accepter l’irréversible qui freine largement le passage à l’acte
  • Le rôle de la dépression

Le rôle de la dépression dans le passage à l’acte suicidaire.

Elle n’est pas suffisante en soi pour conduire à l’irréversible et elle doit s’accompagner d’une autre pathologie qui génère de la souffrance morale. Très fréquemment le traumatisme affectif qui a causé la dépression suffit à établir un état de mal être (rupture amoureuse, deuil, …). L’équation du suicide réside alors dans le bilan entre pulsions opposées :

Élément poussant au suicide

  • Désir d’échapper à une douleur insupportable
  • Reliquat des valeurs pouvant donner un sens à la douleur
  • Influence du choc émotif cause de la dépression sur le mal être

Élément freinant le passage à l’acte

  • Désir, besoin, de vivre inhérent à tout individu
  • Crainte de l’inconnu, de l’irréversible, et de la mort
  • Perte des valeurs dans la dépression ne donnant aucun sens à la mort

On voit que l’influence de la dépression sur le passage à l’acte suicidaire est un jeu extrêmement subtil et que c’est la résultante de toutes ces pulsion (le bilan) qui conduisent ou non à l’acte ultime. Il est malheureusement impossible, à ce jour, de quantifier ces paramètres pour en faire un bilan. Il nous faudrait être capable de représenter le processus dans un modèle, sinon mathématique, mais au moins quantifiable. Alors peut-être que des algorithmes d’intelligence artificielle associés à des données expérimentales pourraient nous aider à mieux appréhender le problème

Par contre, ces « éléments de langage » pourraient nous permettre de mieux aider la personne en souffrance en jouant sur les divers paramètres (même si on peut avoir du mal à en apprécier les importances relatives). Pour aider il faut d’abord comprendre et c’est l’objet de ces quelques lignes.

 

Monsieur « je sais tout », paranoïde ou hysteroïde ?

Nous avons tous côtoyé dans notre vie de ces personnes qui veulent toujours avoir raison, ne jamais être en tort, tout savoir mieux que tout le monde, détenir la vérité. C’est évidemment toujours très agaçant car en ayant raison ils nous mettent automatiquement en position d’avoir tort !

Nous avons l’habitude de classifier les comportements, les pathologies et psychopathologies par leur symptômes (bien visibles) plutôt que par leur causes (moins accessibles). Ceci nous amène à faire des amalgames et des confusions regrettables. Dans le cas qui nous intéresse (ou du moins qui m’intéresse !) c’est tout à fait flagrant. Il existe deux grandes typologies de « têtus », ceux à tendances paranoïdes et ceux à tendances hysteroïdes.

Le têtu paranoïde
C’est un individu dont la conscience cognitive a développé une structure rigide. Ses représentation mentales et leur interrelations sont simples, sans nuances, sans place au doutes (pour faire image à ceux qui ne sont pas au fait de la psychologie relativiste, on pourrai dire en termes Freudiens qu’il à un surmoi rigide et omniprésent). Il a des positionnements nets et tranchés et une identité forte. C’est un individu qui a peu de capacités d’adaptation et qui refuse tout ce qui serai susceptible d’ébranler sa construction intellectuelle. Une structure rigide ne se déforme pas, elle résiste ou elle explose. C’est un individu qui ne peut « relationner » avec les autres que sur son propre terrain. Même pour les aimer il doit les amener sur son terrain, leur imposer ses vues et ses gouts. C’est un autocrate malgré lui. On peut dire qu’il est de type « paranoïde » car tout ce qui n’est pas en accord avec ce qu’il pense, ce à quoi il croit, représente un danger pour son intégrité. Il ne peut accepter et inscrire dans sa conscience cognitive que des propositions, des événement qui ne le remettrons pas en cause, il en va de sa superbe, de son équilibre. Il aura un comportement plutôt agressif et prédateur car il lui faut s’imposer pour pouvoir être lui-même.

Le têtu hysteroïde
C’est au contraire un individu à la conscience cognitive fragile. Sa conscience est construite sur le doute, l’incertitude. Ses positionnements sont flottants et son identité si faible qu’il est difficile à cerner pour les autres et peu sûr de lui. Son manque de confiance en lui et le fil conducteur de son vécu. Il fait difficilement confiance aux autres car il ne se sait pas capable de réagir en cas d’erreur (par manque de confiance en ses capacités). Il redoute tout ce qui peut le faire vivre son sentiment d’infériorité et notamment de se tromper et de devoir assumer ses erreurs. Sa réaction de défense est : « Je ne me trompe pas, c’est l’autre qui a tort ». On peut le dire de type hysteroïde car sa structure mentale « laxe » lui permettrai de s’adapter à l’autre, de vivre à travers les désirs de l’autre. Il fait cela assez bien, sauf s’il doit se retrouver en situation d’échec, d’erreur, de faute. Dans ce cas-là, il met en route ses mécanismes de défense et commence le manèges des « c’est pas moi, c’est toi » qui peuvent être si agaçants. Malheureusement reconnaître une erreur, c’est avoir tort, c’est s’être trompé, c’est avoir été mauvais, c’est être infériorisé. Il peut vivre aimablement avec les autres sur son mode d’adaptabilité, mais il faut éviter de le mettre en porte-à-faux pour ne pas déclencher ses mécanismes de défense.

Évidemment les mécanismes décrits ci-dessus sont des descriptions théoriques. Un individu ne se résume pas en quelques traits de caractères et il est la résultantes de beaucoup d’influences diverses venant de son vécu personnel. C’est d’ailleurs ce vécu qui est à la base de la construction de sa conscience cognitive. Si l’on peut dire que cette conscience est plutôt rigide ou faible, ce n’est jamais si simple dans la vie. La structure d’une conscience peut être multi-facettes, rigide dans certains domaines, adaptable dans d’autres, rigide certains jours, plus souple dans d’autres et l’on ne peut en appréhender qu’une résultante statistique. Il faut bien faire avec ce que l’on a et vivre avec ses limites (ce qui signifie accepter de se tromper !), mais il faut rester conscient de n’être que dans le schéma, la caricature en espérant que la sensibilité de l’observateur saura remettre les nuances de couleurs qui manquent au tableau.

La notion de modèle, ou le piège de la vérité

C’est une notion plutôt familière aux scientifiques mais assez mal comprise ou acceptée du grand public. Elle consiste à substituer à un phénomène observé une image fabriquée de ce phénomène. Par exemple, une photographie est la représentation d’une personne ou d’un site, mais elle n’est en aucun cas cette personne ou ce site. Elle en est un modèle de représentation extrêmement pratique à utiliser (on peut l’emporter dans sa poche, la regarder autant de fois que l’on veut, la découper, la maquiller, la dupliquer, ce qui ne serai pas possible avec l’original).

La psychologie relativiste est fondée sur le principe de la représentation mentale constitutive de la conscience cognitive. On a du mal, si l’on n’a pas une solide culture scientifique, à comprendre le principe des modèles et de la représentation. Il est toujours difficile de différencier entre l’objet et son image. De plus certains modèles sont si anciens qu’ils finissent à s’imposer à nous comme la réalité qu’ils représentent. Pourtant dans de nombreux cas plusieurs représentations d’un même objet coexistent sans que nous n’en soyons le moins du monde gêné.

Prenons l’exemple de la matière.

  • Elle peut être décrite à l’échelle macroscopique par la théorie de la relativité générale d’Einstein.
  • Elle peut être décrite à l’échelle microscopique par la mécanique quantique ou la chimie théorique.
  • A l’échelle humaine elle peut être décrite par diverses théories : Mécanique des fluide, résistance des matériaux, ou encore définie par des propriétés relatives à ses divers états (solide, liquide, gazeux) ou par les propriétés de certains matériaux (métaux, bois pierre, …)

On voit donc que l’on dispose d’une grande variété de descriptions de la matière qui constituent autant de modèles (absolument incompatibles entre eux), autant de représentations que nécessaires, chacune d’elle étant utilisée dans son domaine particulier. Aucune de ces descriptions ne peut se targuer d’être plus valable que les autres et aucune ne représente la réalité de la matière. A ce jour, la matière n’existe pas en tant que telle mais à travers les modèles de représentation qui en sont donnés.

Un autre exemple intéressant et celui du cerveau humain. On lui connaît de nombreuses représentations

  • La représentation médical-biologique issue d’autopsies ou l’on décrit le cerveau comme une matière vivante avec ses lobes, sont irrigation, son innervation …
  • La représentation physico-chimique dans laquelle les neurotransmetteurs (Endorphine, Adrénaline, Dopamine, Sérotonine, Acétylcholine, …) sont responsables de nos émotions et nos comportements. C’est le domaine de la psychiatrie de gérer et réguler la production de ces substances.
  • La psychologie (sous toutes ses formes) qui envisage le cerveau comme un contenant de messages formalisés qui par leur logique (ou illogisme) gouvernent nos émotions et nos comportements. La psychologie gère nos émotions en modifiant ces contenus logiques.
  • Les neurosciences qui étudient nos émotions et ressentis à travers l’activation de certaines zones du cerveau.

Donc autant de modèles (tous aussi performant, chacun dans leur domaine, les uns que les autres) qui décrivent la même réalité dans des univers, des schémas totalement différents.

On pourrait décliner à l’infini de tels exemples. Pour beaucoup de gens « non croyants » la religion, le dieu, les dieux, sont un simple modèle de représentation de l’inconnu qui nous entoure. En quelque sorte un modèle !

Il est, évidemment, difficile d’admettre notre incapacité à accéder à la vérité. Difficile d’admettre que nous ne vivons que de représentations de ce que nous cherchons à comprendre, que nous vivons dans un monde virtuel que nous nous sommes fabriqués depuis toujours. Nous ne pouvons vivre un événement ou un phénomène observé qu’au travers de la représentation mentale que nous nous en faisons. Difficile de vivre dans un univers incertain ou nos références ne sont pas accrochées à un « absolu » mais uniquement relatives à l’univers que chacun de nous s’est fabriqué. Nous cherchons à travers des « pseudos » certitudes à nous sécuriser (religions, idéologies, théories …) sans nous rendre compte que ces certitudes sont la base même de notre intolérance, de nos difficultés à vivre ensemble, de nos éternels conflits. Faire la guerre pour se sécuriser ne me paraît pas une très bonne solution !

Apprendre à vivre pour soi, par rapport à ses propres références, si virtuelles soient-elles, accepter que les autres aient un référenciel différent tout aussi virtuel et factice que le nôtre, est le propre de la psychologie relativiste.

De grâce, cessons de confondre l’objet avec son image !

Et si la mort n’existait pas !

Dans la mesure ou la mort est la fin de la vie, définir ce que représente la mort implique, au préalable, d’avoir défini ce que peut être la vie. A partir de là tout se complique car il n’est guère possible de donner une représentation « officielle » ou indiscutable de la vie.

Dans la psychologie relativiste nous avons adopté une représentation de la vie, ou plutôt du fait d’exister, comme une capacité à percevoir des émotions et à les intégrer dans la construction de notre mémoire cognitive pour en fabriquer des représentations intelligibles. C’est ce mécanisme d’acquisition qui nous donne la conscience d’exister. S’il n’est pas la vie il nous en fournit une représentation acceptable.

Disons tout d’abord que définir la vie, pour un être vivant comme nous le somme est un pari impossible. Devant l’incapacité à appréhender la vie nous en donnons une représentation qui serai l’image (ou une image) de la vie. Cette représentation nous fournit les hypothèse et les codes qui caractérisent notre vision de la vie. Pour chercher à définir la vie nous ne pouvons que travailler avec les codes et hypothèses que nous avons acquis, et qui invariablement vont nous reconduire à la définition initiale. On ne peut que tourner en rond. Seul un observateur extérieur, donc non humain, possédant des codes différents pourrait définir ce qu’est « notre vie » en comparaison avec ses propres codes (toute définition est un positionnement par références).

Laissons donc à des extraterrestre le soin de définir notre vie ! Ce n’est pas gagné !

Il nous faut pourtant impérativement adosser notre vécu à une définition de notre vie. Il s’agit de la base même de toutes nos constructions intellectuelles, de toutes constructions de représentations mentales, de notre mémoire cognitive, et de notre sentiment d’exister, d’être.

Nous sommes donc amenés, arbitrairement à choisir une représentation de la vie qui puisse « coller » au mieux avec nos expériences vécues et la construction de notre pensée.

C’est une double pirouette car :

  • Nous basons toute la représentation de notre existence sur un choix totalement arbitraire
  • La logique voudrait que ce choix soit fait avant tout début de construction mentale sensée en découler. Or nous faisons l’inverse, nous commençons par construire notre conscience cognitive dès notre enfance, avant de nous poser la question du choix de notre représentation de la vie, à l’âge adulte, ayant déjà une conscience cognitive formée.

Notre élaboration mentale est pleine de paradoxes, de contradictions, d’erreurs … et c’est d’ailleurs ce qui caractérise notre condition d’homme. C’est comme cela, et il faut faire avec ! Pas de panique, ce n’est pas grave de se tromper, de nager dans les contradictions et les paradoxes, tant que l’on a pleine conscience des erreurs et des approximations que l’on fait. Au contraire cela nous donne lucidité et tolérance. Ce qui est grave c’est de penser, malgré toutes ces approximations et contradictions, que l’on détient la vérité et que l’on « pense juste » … et donc en déduire que les autres « pensent mal ».

Nous avons le choix pour définir la vie entre deux courants principaux :

  • Le courant religieux (quelque soient les religions en cause) qui préconise une transcendance à l’homme, une entité supérieure gestionnaire de la vie, de notre vie. Elle décide de notre destin et donc de notre mort. Dans ce modèle l’homme existe comme un être permanent qui peut passer de la vie à la mort sans cesser d’exister. Dans ce monde la vie et la mort sont des états de passage d’une être pérenne qui peut les traverser en gardant son intégrité. Il y a donc une « vie après la mort », une vie éternelle. Dans ce schéma une chose me gêne car s’il y a une vie après la mort qu’en est-il avant la vie ? Y a-t-il une « vie avant la vie » ou assiste-t-on avec la naissance de l’enfant à la naissance de « l’âme », à la naissance d’un être éternel ? un être qui n’aurait pas de fin mais qui aurait un début !
  • L’autre approche est purement agnostique. L’homme, comme l’univers, n’est pas une création d’une entité supérieure. Au contraire c’est lui qui par sa pensée crée son univers et c’est le fait même de cette création qui est le sentiment d’exister, qui est le vécu, la vie. L’univers n’est plus une donnée « universelle » commune à tous les hommes mais une donnée « personnelle » chacun créant son propre monde à partir de ses propres expériences. Dans cette vision la mort perd de son sens. Si l’homme secrète son propre vécu, secrète sa vie, à partir du moment où il cesse de se sentir exister, il n’existe plus. La mort devient un « non état » car l’homme mort n’existant plus on ne peut plus le considérer comme mort ! Woody Allen disait : « tant que l’on n’est pas mort, on est vivant, et si on est mort on n’est tout simplement plus !». Il n’y a pas de mort, on est vivant ou rien ! Dans l’univers de la psychologie relativiste l’homme existe tant qu’il est vivant et qu’il relationne avec l’extérieur. Lorsque cette relation cesse l’homme devient néant. Est-ce l’homme qui disparaît ou le monde extérieur qui s’efface. Cela revient au même, un homme qui disparaît c’est un monde qui s’efface.

 

Évidemment tout ce qui précède n’est qu’une construction intellectuelle. Il ne s’agit nullement d’une description d’une réalité qui nous est inaccessible, mais d’une tentative d’en donner une représentation acceptable et susceptible de s’intégrer à la vision du monde qui est proposée dans la psychologie relativiste. Le propre de l’homme est de formaliser ses émotions en images mentales intégrées à sa conscience cognitive. C’est, pour lui, l’unique façon d’en prendre conscience, de les vivres. Ressentir, représenter, et intégrer ces images dans le grand récit que constitue notre conscience cognitive, c’est ce qui constitue notre vécu.

Personne ne peut se vanter de savoir ce qu’est la vie. Chacun peut en donner la représentation qui lui convient. Mais ne confondons pas l’objet avec son image et restons conscient que cette image n’est qu’un artifice intellectuel pour masquer notre ignorance.

Construction de la conscience cognitive, les images mentales

J’ai pu modéliser de façon plutôt satisfaisante, en tout cas à mon sens !, la construction des liens de causalité (causes/effets) qui relient les représentations mentales dans la conscience cognitive et constituent la structure même de la conscience. Ces liens constituent l’organisation logique et le chemin stocker et pour retrouver les informations dans la mémoire.Reste maintenant à définir le contenu et la nature de ces représentations mentales qui constituent l’information elle-même. Comment un événement quelconque se trouve inscrit dans la mémoire et constitue l’information, le souvenir.

C’est un sujet fondamental dans la connaissance du cerveau. Malheureusement je n’ai pas, à priori, d’idée pour modéliser ce contenu mémoriel.

Cherchons donc quelques pistes qui pourraient nous donner un point de départ dans cette recherche et tout d’abord envisageons ce que pourrait être une image mentale.

 

La notion d’image mentale

Ces images résultent de la formalisation de nos émotions et ressentis dans un langage codé afin de pouvoir être stockées dans la mémoire. Il s’agit donc d’accéder à une représentation de ces codes si on veut modéliser le contenu de la mémoire.

Chacun de nous a pu faire l’expériences des images mentales. Souvent, penser à quelque chose ou quelqu’un fait surgir dans notre mémoires des images, de couleurs, des formes associées à la pensée en cours. Ces images sont souvent récurrentes et apparaissent (de façon diffuse) à chaque fois que la même pensée se renouvelle. Pour ma part, par exemple, chaque fois que j’envisage la notion d’année ou de mois il apparaît dans ma mémoire une sorte de boucle fermée sur laquelle se positionnent les mois. Cette boucle a systématiquement la même forme et les mois se positionnent sur elle toujours aux mêmes endroits. Cette images est toujours associé au même concept. En est-elle la représentation concrètement formalisé ?

 

Visualisation d’une image mentale

Livrons-nous à une petite expérience des plus intéressante. Vous allez penser à une personne que vous connaissez très bien, un proche que vous côtoyez régulièrement. Essayez maintenant de la visualiser, d’imaginer son image dans votre esprit, comme si vous vouliez l’utiliser comme modèle pour la dessiner. En vous concentrant vous allez vous rendre compte que cette image d’une personne que vous connaissez très bien n’arrive pas à être nette. Elle est floue, changeante, instable. Il est impossible d’en avoir une idée précise, mais pourtant nous savons qu’il s’agit de cette personne et pas d’une autre. L’image mentale n’est pas une image au sens propre du terme, elle est un flou qui représente malgré tout cette personne. Si nous rencontrons cette personne, nous la reconnaitrons au premier coup d’œil. La comparaison de l’image visuelle que nous recevons d’elle avec cette image mémorisée floue et labile se fait sans problème et l’identification est immédiate. Bizarre, non !

Ajoutons que cette personne nous la reconnaitrions de dos, de face, de profil sans aucun problème, même si la reconnaissance de dos est moins facile. La reconnaissance de la personne vue de dessus (vue dites « d’avion ») et encore plus difficile. La reconnaissance par le son de sa voix est assez facile.

Nous pouvons avancer, un peu dans le concept d’image mentale. Elle serai, la superposition, ou la coexistence des différentes images visuelles ou sonores que nous avons pu acquérir et mémoriser au contact de la personne dans diverses situations, divers vêtements, diverses humeurs, … et plus nous connaissons bien la personne et plus son image sera floue, et paradoxalement plus le souvenir sera riche, et plus l’identification sera facile. C’est pourquoi une personne vue de dessus est plus difficile à identifier car c’est une information que nous n’avons que peu de chance d’avoir mémorisé. D’autre part, une image comme celle de « La Joconde » sera plus précise dans notre mémoire car quel que soit le nombre de fois où nous l’avons mémorisé, il s’agit, à des nuances près, toujours de la même image et notre souvenir est univoque.

 

Les images en « streaming »

Les étudiants, les comédiens, connaissent bien l’image visualisé des textes qu’ils ont appris. Pour beaucoup d’entre nous, réciter un texte c’est avant tout le lire dans sa mémoire, phrase par phrase, la fin d’une phrase ou d’un vers faisant apparaître la phrase suivante, et ainsi de suite. D’ailleurs, quand on « perd le fil », il faut repartir en arrière pour retrouver le « fil de sa pensée » et retrouver cet enchaînement que l’on a manqué.

Dans la mémorisation d’une chanson on retrouve le même fil. Les premières note font surgir les suivantes et l’on n’a jamais toute la chanson en mémoire à la fois. On se souviens de phrases musicales liées entre elles par un mécanisme d’enchaînement de type « queue/tête » qui nous permet, en « streaming » de faire défiler toute la chanson. Ce phénomène de lecture « en streaming » s’applique également à la récitation d’un texte appris.

Signalons, dans le chant que le fait de donner les premières notes de la chanson (donner le la), permet de passer d’un chant relatif (des notes les unes par rapport aux autres) à un chant absolu (basé sur un ton) qui permet de chanter à plusieurs sans cacophonie.

Cet aspect peut donner pour la mémoire, comme pour un ordinateur la division en une mémoire de stockage ROM (mémoire morte) et une mémoire de travail RAM (mémoire vive) dans laquelle se produirait les processus de rappel des informations pour traitement (visualisation, raisonnement). C’est une hypothèse qui a été envisagé, pour d’autres raison, par le spécialiste des neuro-sciences Lionel Naccache.

Même si ces réflexions permettent de mieux cerner la notion d’image mentale (ou du moins de leur restitution dans la mémoire) elles ne permettent pas d’en donner une modélisation.

 

Analogie avec l’ordinateur

Penchons-nous maintenant sur l’analogie entre le cerveau et l’ordinateur pour essayer de trouver de nouveaux indices, de nouvelles pistes. Bien sûr ce n’est pas le cerveau qui se calque sur l’ordinateur, mais ce dernier conçu et issu dans le cerveau qui en serai son image.

Dans un ordinateur – dont les données sont actuellement purement du domaine du cognitif – les informations sont stockées sous forme d’informations binaires, en 0 ou 1.

Pour un texte, chaque lettre (de chaque alphabet, russe, chinois, indien, latin…) est codifiée disons pour simplifier de 1 à 256 (ceci ne concerne que l’alphabet latin). Une lettre frappée au clavier s ‘enregistre sous son code dans la mémoire. A la relecture le code de la lettre est lu et envoie sur l’écran le graphisme correspondant.

Pour une image, celle-ci est divisé en « pixels », et chacun d’entre eux est codifié dans la mémoire avec sa couleur, sa transparence, son intensité, …. La lecture successive des pixels permet de reconstituer l’image sur un écran.

On peut aisément imaginer une analogie entre le stockage par 0 ou 1 de ces données dans l’ordinateur et un stockage par l’état connecté ou non entre des synapses neuronaux. Mais dans les cas décrit nous avons stocké des données déjà formalisées (textes ou images) pour en donner une représentation formalisé. Ce n’est pas trop difficile puisque nous possédons la clé de la codification !

L’analogie avec l’ordinateur s’arrête là. La machine ne sait pas stoker (en tous cas à ce jour) des données non formalisées, des concepts abstrait, des sentiments, des impressions comme nous le faisons dans notre mémoire. Nous ne savons pas représenter sous forme binaires ces concepts émotionnels. L’émotion ne peut se résoudre à ce schéma simplificateur. Notre pensée est infiniment plus riche, plus nuancée, plus floue aussi, que celle que peut avoir une machine. Il est vraisemblable que c’est le contraire qui se produira. Si nous parvenons à modéliser l’abstraction, l’émotion produit dans le cerveau humain, alors ce modèle pourra se transmettre à l’ordinateur et les machine auront de l’émotion.

Modéliser totalement l’inscription des images mentales dans notre cerveau implique de pouvoir donner un modèle logique pour représenter les émotions, les concepts abstrait.

Désolé, mais je ne sais pas faire !

La construction de la conscience cognitive (suite)

Dans la première partie, j’ai donné un exemple très simple pour montrer comment une information s’inscrit dans notre mémoire, conscience cognitive, et crée les liens nécessaires à son intégration dans le grand réseau de cette conscience.

Évidemment, dans la vie, les mécanismes sont plus complexes, non pas qu’ils soient plus compliqués mais surtout parce qu’ils sont infiniment plus nombreux à se mettre en place.

Reprenons notre exemple précédent enrichi de nouvelles informations

Voilà ce que nous savons et avons déjà intégré :

Soit Pierre le père de Paul, et Jeanne la fille de Paul.
Pierre et militaire, pilote dans l’aviation, Il adore le football et c’est un grand supporter de l’OM (Olympique de Marseille !)
Paul est architecte, il a construit un immeuble aux Indes. Il aime la randonnée cycliste et de ce fait est très intéressé par le tour de France
Jeanne est au collège, elle aime le Rap, et à une collection de poupées Barbie.

Imaginons maintenant que l’on apprenne qu’il va y avoir un match important pour le championnat de France de foot et que Marseille (OM) est en lice. Cette information va s’inscrire dans notre mémoire et un lien va se construire entre cette information et celle concernant Pierre, car vraisemblablement Pierre sera concerné par à cette nouvelle.

On apprend maintenant qu’un immeuble c’est effondré aux Indes. En intégrant cette information on va créer un lien avec Paul, architecte qui a construit un immeuble aux Indes et qui est susceptible d’être impliqué dans l’affaire. Ce lien tiendra compte de la très faible probabilité que Pierre soit mêlé à l’histoire.

Apprenons que l’OM a construit un nouveau stade réalisé par un architecte Jacques X. En intégrant cette information on la reliera à Pierre supporter acharné de l’OM et père d’un architecte (Paul). On créera également un lien avec Paul, en tant qu’architecte. Jacques X. se trouvera ainsi relié à Pierre et à Paul.

Apprenons maintenant que le tour de France fera étape à Marseille et que l’arrivée aura lieu dans le nouveau stade de l’OM. Nous créerons des nouveaux liens logique dans notre conscience cognitive. Jacques, à travers le stade qu’il a créé pour l’OM va établir, ou renforcer, un nouveau lien avec Pierre qui aime le foot et l’OM. A travers l’arrivée du tour à Marseille un lien va s’établir avec Paul qui est un fan du tour de France.

Va se développer un immense réseau logique qui relie chacune des informations à chaque élément déjà inscrit dans la conscience. On imagine facilement, compte tenu du nombre d’informations dont nous disposons combien de combinaisons peuvent se trouver entre elles et la richesse du réseau créé. Bien sûr l’exemple que j’ai fourni est d’une simplicité infinie à côté de ce qui se produit dans la réalité et de plus il ne concerne que des informations factuelles et non des concept plus diffus comme des opinions religieuses, des concepts philosophiques, des observation invérifiables, voire considérées comme fausses et donc rejetées. Ce réseau va mettre en jeu des milliards de liens logiques qui vont définir les chemins entre toutes ses informations. C’est liens servent à inscrire les informations dans la mémoire, mais ils servent surtout à être les chemin tracé pour les retrouver. Quand on recherche une information dans la mémoire, il suffit de trouver le bon point de connexion dans le réseau pour remonter les liens vers l’information souhaitée. La construction de la mémoire en réseau a pour finalité ultime la capacité à retrouver une information stockée.

Quand on dit que l’on a une info « sur le bout de la langue », sans réussir à la faire émerger c’est que par des moyens détournés on sent que l’on possède cette information mais que l’on n’arrive pas à trouver le point d’entrée (de connexion) dans le réseau et qu’on ne peut donc pas accéder à ce que l’on cherche. Peut-être, après un moment, on retrouvera le point d’entrée et l’information surgira toute seule, comme par magie. On dira : » Je le savais bien ! »

Voici, un peu mieux explicité le mécanisme qui gouverne les liens logiques entre les information dans la mémoire, tant en ce qui concerne leur intégration que leur réémergence.

C’est bien de trouver un modèle sur la structuration de l’information et l’on conçoit assez bien que des liens logiques puissent être modélisés par une séquence d’opérateurs logiques booléens (OUI, NON, OU, OR, ET, SANS, AVEC, SI …ALORS,) qu’en est-il de l’information elle-même, comment s’inscrit-elle dans la mémoire. Nous avons défini le contenant (le réseau logique) mais pas le contenu (l’information).

Il reste donc, encore, un immense travail à accomplir et j’avoue que toutes suggestions seraient les bienvenues !

Pourquoi nos ados se comportent-ils … comme des ados !

Les parents connaissent bien les difficultés, mineures ou majeures, qu’ils rencontrent avec leurs enfants dans la période de 13 à 20 ans. Les adolescents, en retour, connaissent également des difficultés avec leurs parents. C’est une période de conflit, inévitable, nécessaire, et productive si elle est bien gérée.

Sur le plan psychologique, l’adolescence est une période de transition entre l’enfance (vécu en « fusion » avec l’environnement) et l’âge adulte période de prise d’indépendance et d’identité.

Sur le plan sociétale on constate une rupture assez brutale, vers 18/20 ans entre le monde de l’enfance et la monde des adultes. Elle était symbolisé jadis pour les garçon par le service militaire (on est conscrit, on « va aux putes » et on devient un homme !) De nos jours cette rupture est un peu moins brutale, mais en deux ans on quitte le foyer familial, on change de copains, on passe à l’université ou dans le monde du travail, on a ses premières expériences de vie de couple, un petite autonomie financière, les premières responsabilités.

On a donc un décalage entre la brutalité de la rupture sociétale et la progressivité de la rupture psychologique. C’est la premier élément d’instabilité pour l’ados qui se trouve plongé dans un monde dont il n’a pas les codes.

Voyons ce que nous propose la « psychologie relativiste » pour comprendre cette situation. L’enfant qui nait vit de sa conscience émotionnelle et dépend totalement de ses parents. Sa conscience cognitive est embryonnaire. Son vécu cognitif se fait à travers la fusion au milieu familiale. Il vit les événements à travers ses parents et ressent ce qu’ils ressentent. Progressivement, grâce à ses expériences de la vie il développe sa conscience, engage d’autres fusions (maitres, copains, éducateurs, grand parents) qui l’éloignent un peu de son cocon initial. Le voilà, vers 7 ou 8 ans qui devient un petit garçon ou une petite fille. Il a de plus en plus d’autonomie et de ce fait vit des expériences qui lui sont propres et non partagées par son univers familiale. Il commence donc à avoir un vécu personnel, une amorce d’identité. Plus il avance en âge et plus sa personnalité se développe reléguant, petit à petit, l’influence de la famille au second plan. Il commence à se sentir indépendant, mais en cas de difficulté il sait qu’il trouvera toujours dans sa famille le relais protecteur qui lui sera nécessaire. Il est en « liberté surveillée ». En ce sens, les examen du brevet et surtout le Bac sont une forte expérience initiatique. Pour la première fois il a un cap à franchir et seul devant sa feuille ou son examinateur il ne peut compter que sur lui-même car ses parents ne peuvent rien pour lui ! (Si cet examen est devenu désuet sur le plan de l’évaluation, il garde, en tout cas pour moi, cette valeur de rite initiatique … comme on le trouve encore dans les peuplades reculées ou pour devenir un homme l’enfant doit assurer une mission difficile sans aucune aide extérieure)

Le conflit parent enfant

Au fur et à mesure que l’ados affirme son identité, forge ses propres valeurs, il va inévitablement entrer en conflit (majeur ou mineur) avec l’univers dans lequel ses parents l’ont élevé. Il doit s’affirmer et le cocon protecteur que lui ont tissé ses parents devient une gêne majeur à son éclosion. Les parents veulent qu’il soit eux et lui veut être lui. C’est un conflit que les parents doivent accepter de perdre faute de briser le développement de l’enfant. Mais ils ne doivent pas perdre sans combattre, car :

L’ados est loin d’être mûr et il est prêt à s’engager dans n’importe quel chemin qui lui promet d’affirmer son identité. « Qu’importe la bouteille pour peu qu’on ait l’ivresse ». Le rôle des parents est alors d’accepter le débat ou le conflit pour permettre à leur ado d’analyser en conscience la voie qu’il choisit, de lui permettre de prendre le temps de la réflexion (durant le temps que dure le conflit), de lui fixer des garde-fous, des limites, des valeurs à ne pas transgresser qui lui serviront de références provisoires. Bien sûr l’ados peut n’en faire qu’à sa tête mais il saura que ses parents le désapprouvent, qu’il franchit une barrière défendue. Il vaut mieux un ados qui franchit la limite qu’un ados qui n’a pas de limites. Mieux vaut un ados positionné du mauvais côté de la frontière qu’un ado sans références. La grande faiblesse de l’adolescence c’est le manque de références, l’absence de positionnement, et le rôle de l’éducation, pour son aspect psychologique, c’est avant tout de donner des références stables.

On peut dire, également, que dans ce conflit, les parents jouent le rôle de « sparring Partner ». Ils vont permettre à leur ado de connaître son premier grand conflit, de s’entraîner à la dure bataille qu’est la vie, mais dans une sorte de « match amical » dans lequel l’enjeu n’est pas la victoire mais plutôt l’entrainement à la bataille. Quel meilleur adversaire pour s’endurcir que des parents qui ne vous veulent que du bien.

La déprime de l’ado

On observe souvent à l’adolescence une période de flottement chez l’enfant. Notre ado se traine, manque d’enthousiasme, passe des journée dans sa chambre à écouter de la musique, ne semble avoir aucun but, aucun objectif, c’est la déprime ! Peu à peu notre ado perd ses références de l’enfance pour acquérir, via le développement de sa conscience cognitive ses nouvelles références personnelles d’adulte. Malheureusement dans nos sociétés les jeunes sont projetés dans le monde des adultes assez brutalement. Ils ne croient plus en leur système référentiel de l’enfance, mais ils n’ont pas eu le temps de se forger leurs identité d’adulte (on sait combien évoluant dans le monde des adultes les ados ont du mal à se positionner. On les sent incertains, flottant, indécis, mal positionnés). Ce déficit de références les plonge dans un univers un peu angoissant dans un mécanisme analogue à celui de la dépression. Les références, les valeurs, ne sont plus solidement établies. Sans valeurs pas d’objectifs, pas de projet, pas de hiérarchisation des choses. Tout cela se terminera avec le vécu, l’acquisition progressives de nouvelles valeurs. Quand l’identité s’affirme la déprime s’efface. Évidemment si cette déprime dure, si elle n’est plus conjoncturelle, il faudra penser à la dépression et agir en conséquence.

La découverte de la sexualité

Encore un problème qui arrive sans prévenir et qui va bousculer l’adolescence. Décidement nos ados n’ont pas de chance, tout se précipite autour d’eux et voilà encore un élément qui les assaille et dont ils n’ont pas les clés. Toujours la faute à notre société. Le « tabou du sexe » n’a pas permis à leurs parents de les préparer à cette intrusion dans leur univers. Les voilà au prise avec de nouveaux désirs dont ils n’ont pas une conscience précise. Sans connaissances, sans modèle, sans l’expérience ou sans l’expérience des autres, impossible de se faire un positionnement vis à vis d’un « ennemi invisible ». Mal positionné dans le monde des adultes, les voilà en porte à faux avec le monde qui lui est proche, celui des ados. Le seul univers stable qui leur reste est celui de leur enfance dont ils souhaitent et doivent s’en détacher. Pas facile de gérer tout cela !

Conclusion

On voit comme l’adolescence est une période difficile et comment les adultes, avec leurs préjugés, leurs tabous ne sont pas capables, malgré leur bonne volonté, de préparer leurs enfants aux épreuves qui les attendent. On les sur protèges ce qui ne les prépare pas aux durs combats de la vie, et, en même temps, on ne leur donne pas les armes pour gérer leurs sexualité naissante, on ne leur offre pas toujours les références par l’exemple qu’ils sont en droit d’attendre de leurs parents et de la société. On doit aux enfants de leur forger les connaissances et les aptitudes pour défendre, non pas nos valeurs, mais leurs valeurs et se bâtir une identité solide.

 

 

La construction de la conscience cognitive

J’ai eu l’occasion de montrer comment, dans la psychologie relativiste, se formait le réseau logique de la conscience cognitive. Une émotion est transmise par un tiers, reçue et analysée par la conscience qui, si elle la trouve en cohérence avec l’ensemble de la psyché, l’intègre dans le grand réseau logique en créant tous les liens possibles avec l’existant.

Présentée ainsi la proposition est satisfaisante, mais peut-être un peu difficile à comprendre et à intégrer. Essayons donc dans donner une représentation plus imagée.

Intégration dans la conscience

Supposons que l’on connaisse Pierre, le père de Paul. Paul nous présente Jeanne une fillette de 10 ans et nous dit : « c’est ma fille ». Nous intégrons cette information dans notre mémoire et commençons le processus d’intégration générale en créant tous les liens logiques possibles.

  • Jeanne et la petite fille de Pierre
  • Pierre est le grand père de Jeanne

L’information initiale a été intégrée à notre conscience cognitive

Refus d’intégration dans la conscience

Supposons la même situation, mais maintenant Paul nous dit : « Jeanne est ma grand-mère ». Le processus d’intégration se passe mal car Jeanne vue son âge ne peut-être la mère de Pierre. Les liens logiques avec l’ensemble de la psyché ne peuvent être créés ou du moins sont créés avec un « flag » d’erreur.

Le cancer de la psyché

Reprenons la cas précédent dans lequel l’information : « Jeanne est la grand-mère de Paul » bien que mémorisée a vu son intégration refusée. Supposons que l’on fasse connaissance de Jacques le frère de Jeanne, de ses amis, et autres informations liées à elle et à lui. Tout ceci s’intégrera dans notre psyché comme un réseau logique dépendant de Jeanne. Bien que ce réseau soit parfaitement cohérent en soi, il ne pourra pas être lié au réseau général car les informations sur Jeanne ne le sont pas. Ce réseau issu de Jeanne se développera comme un corps étranger dans notre conscience, ce que j’appelle pompeusement « un cancer de la psyché ».

Ces cancers sont extrêmement nombreux chez chacun d’entre nous. S’ils se situent en périphérie de notre réseau ils ne créeront pratiquement pas de problème car les zones logiques qu’ils couvrent seront rarement sollicités. Par contre situé au plus profond de notre construction logique, au cœur de notre psyché ils auront un large développement et seront fréquemment sollicités. Ils pourront alors induire chez nous des comportements, au moins partiellement, incohérents et inexplicables. Un grand nombre de psychopathologie (que Freud pouvait définir comme « complexe, névrose, psychoses) trouveraient leur origine dans ces désordres de la conscience.

Rigidité et souplesse de la conscience

Elle traduit la capacité de notre mémoire cognitive à intégrer les messages reçus de l’extérieur. Avant de présenter des exemples adaptés voyons quelques notions préliminaires.

Supposons un sondage pour une élection politique qui donne à un candidat un score prévisionnel de 48,70 %. Si le sondage est de qualité on peut dire que ce candidat ne sera pas élu.

Supposons le même sondage, mais assorti d’une précision de mesure de plus ou moins 2 %. Le candidat crédité d’un score de 48,70 % est en fait crédité d’une fourchette allant de 46,70 % à 50,70 %. Et il n’est plus possible d’affirmer qu’il ne sera pas élu. Signalons que l’assertion que dans ce cas il aurai plus de chance de ne pas être élu que d’être élu est fausse. Il s’agit d’une imprécision dans le sondage et non d’une distribution statistique. Tous les résultats à l’intérieur de la fourchette sont strictement équivalents.

Prenons, maintenant, un individu à conscience cognitive rigide. Il a intégré de façon simplificatrice : « L’immigration est un danger pour notre culture, les migrants sont inadaptés à notre mode de vie, ils sont de plus voleurs et profiteurs ». Si se pose à lui la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants en France, sa réponse sera « non, dix fois non ! ». La conscience cognitive rigide n’accepte que des concepts qui la renforce dans ses certitudes et rejette tous les autres. C’est une structure « paranoïde » qui s’auto-conforte dans ses certitudes, il est difficilement adaptable.

Prenons un individus à conscience cognitive plus souple. Il a intégré de façon plus nuancée que si l’immigration pose problème, les migrants peuvent apporter des éléments qui remettent en cause salutairement certains points de notre culture, qu’il peuvent rajeunir une population vieillissante et participer à régler nos problèmes de retraite. A la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants, sa réponse sera plus nuancée. Par exemple : « pourquoi pas s’ils sont jeunes et formés, en veillant à ne pas faire entrer sur le territoire des individus indésirable, etc. etc. ». Sa conscience pourra même admettre certaines remise en cause de ses convictions et le débat pourra enrichir sa conscience. La conscience cognitive souple a des facilité à accueillir des concepts nouveaux et a s’auto-conforter dans sa souplesse. L’individu est adaptable.

La différence entre les deux individus réside dans leurs capacités à douter de leurs convictions, à la capacité de se remettre en cause. Notons qu’une trop grande souplesse de la conscience cognitive permet d’intégrer tout et n’importe quoi, générant une difficulté de positionnement, de référence et un terrain angoissé et anxiogène.

 

Bien sûr nous avons présenté des exemples très simples et dans la vie les mécanismes sont autrement complexes. Si complexes même qu’il serai délicat de les expliciter. L’important est de montrer, ici, le principe d’alimentation de la conscience cognitive, la construction du réseau logique, le positionnement par rapport aux événements, la prise  de maturité, et la formation de l’identité de chacun au fur et à mesure de ses expériences.

 

 

L’art existe t-il ? peut-on le définir ?

Il est souvent très difficile de différencier entre œuvre d’art, design ou décoration, élucubrations fumeuses. Comment entre, la Vénus de Botticelli,  la leçon d’anatomie de Rembrandt, un pot de fleurs de Raynaud, les nymphéas de Monet, une toile de Basquiat,  définir ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. Le consensus est rarement atteint.

Cherchons donc une définition universelle qui regrouperai toutes les formes d’art, les diverses écoles de peinture, sculpture, musique, littérature … ou toute autre moyen de communication, si possible durable et transmissible (happening !) .

L’art serai la création d’un objet inutile dont la seule fonction serai de créer une émotion (positive ou négative) sans aucune finalité économique, pédagogique. L’émotion créée pourrait être de nature religieuse, sensuelle, érotique, guerrière, ou autre.

L’art deviendrai un processus de communication des émotions, qui échapperai à l’univers cognitif. L’émotion ressentie par l’artiste serai codifiée (formalisée) dans un média support présenté au public. Le spectateur (ou l’auditeur, lecteur, …) devrai dé-codifier le média qui lui est présenté pour en ressentir sa propre émotion.  Ce processus typique de communication suppose de la part de l’artiste et de son interlocuteur un langage commun, une connaissance, au moins empirique des codes qui construisent le message. Apprécier une œuvre d’art s’apprend, s’enseigne, et se cultive. Le gros écueil de cette approche est que cet apprentissage n’entraine une « intellectualisation » de la vision de l’art qui introduirai un élément cognitif qui pourrait nuire, ou même faire oublier le message émotionnel qui devrait être transmis. A mon sens, une œuvre d’art ne doit pas se comprendre, mais se ressentir. A partir du moment où l’on commence à expliquer on sort du domaine pur de l’art pour entrer dans celui de la culture. Ce domaine est loin d’être inintéressant, mais pour moi, c’est « autre chose ». Visiter un musée, une exposition, devrait être une agréable flânerie et non pas la préparation d’un examen. Gouter un bon vin, un plat délicat, ne nécessite pas d’en connaître la recette !

La définition donnée plus haut de l’art n’est, bien sûr, jamais atteinte. Un créateur n’est jamais exempt d’arrières pensées économiques (il faut bien manger !) , de vision politique (l’artiste engagé), de vision moraliste (dénonciation des travers de la société), de vision religieuse (prosélytisme), de vision naturaliste (natures mortes).

Ainsi présenté, on pourrait dire que « l’art n’existe pas » mais qu’il serait plutôt un objectif, un but à atteindre, un Graal, plus un cheminement, une démarche qu’une réalité.

On pourrait rapprocher cette approche de l’art de la doctrine Bouddhiste de la recherche du « Nirvana ». Celui-ci n’est pas un état final, mais un but, un « cheminement vers soi-même», ce que les bouddhistes appellent « la voie ». Cette recherche se fait également en faisant abstraction de tout éléments cognitifs, toujours en relation avec « les autres », qui pourraient perturber la connaissance de soi.

On considère souvent que, le design, l’esthétique industrielle, l’architecture, l’illustration, la musique de variété … sont des formes dérivées de l’art, des sortes « d’ersatz », des « sous-arts ». Je penses, au contraire qu’elles constituent des approches de l’art, le début d’un cheminement vers l’ultime, le parfait. Elles ne sont pas des dérivés, mais des précurseurs ! Toutes ces manifestations à forte composante artistiques sont la concrétisation du besoin de l’art, de la nécessité de faire plus, de faire mieux, de communiquer aux autres, sur un mode négligé de nos jours, dans le registre des émotions.

La littérature occupe une place particulière dans ce panthéon artistique. D’abord parce que son mode de codification dans la communication est extrêmement élaboré et fait même l’objet de « dictionnaires » dans chaque langue utilisée et même inter-langages. Ensuite parce que l’échange littéraire fait largement appel au cognitif et que le contenu échangé peut être dépourvu de toute composante émotionnelle  (dans les documentations techniques, les contrats en droit, les publications scientifiques, …). Le roman, et surtout la poésie seraient les formes de littérature les plus proches de la notion d’art.

La création artistique est favorisée par un comportement régressif, un refus du rationnel, du réalisme. Elle veut privilégier la relation fusionnelle aux autres, l’échange intime des émotions. Nombreux grands artistes ont fait preuve d’une totale immaturité dans leurs comportements sociaux. En ce sens la création artistique est à différentier de la création dans les domaines de la technologie, voire des sciences humaines qui explorent de nouvelles voies dans un domaine connu alors que la création artistique explore de nouveaux domaines, de nouvelles visions du monde. En ce sens elle peut paraître irréaliste, extravagante, choquante

Alors que la création technologique conserve les codes de communication existant, la création artistique présente de nouveaux codes qui doivent être assimilés avant de pourvoir s’inscrire dans le phénomène de communication. Quand les impressionnistes ont présentés leurs travaux, les conservateurs n’y ont vu qu’un travail réaliste mal peint, techniquement puéril. Si l’on regarde une toile de Basquiat comme une représentation purement picturale, c’est bien mauvais. Si on la regarde comme l’expression d’une personnalité bouillonnante, l’expression d’une certaine rage de vivre, d’un mal-être social, elle prend une dimension nouvelle et une nouvelle raison d’être. De nos jours certains travaux d’artistes nous paraissent dénués de toute raison, de tout « sens commun ». Il est possible que certains d’entre eux deviennent dans un demi -siècle des références artistique quand le regard sur eux aura évolué.

Cette représentation de l’art comme un absolu, une finalité à atteindre lui donne une composante un peu transcendantale et donc quasi religieuse. Elle correspond bien à l’exigence régressive, du besoin de fusion, d’absolu  due au caractère  immature, voire psycho-pathologique, des grands créateurs artistiques.

Musset disait « Frappe toi le cœur, c’est là qu’est le génie ». Sans doute préconisait-il de privilégier le cœur sur l’esprit, l’émotion sur la raison.

Les religions, grandeur et mystification.

Le problème de la transcendance et un point fondamental de la philosophie et principalement de la métaphysique. Chacun le résous à sa manière. Certains  y croient farouchement, d’autres la nient avec obstination, d’autres se réfugient dans le doute agnostique, et enfin, les moins nombreux ne s’en préoccupent guère. Pour ces derniers, dont je suis, la transcendance étant par  essence de nature non humaine ne peut s’envisager dans l’univers des hommes (fait de représentations construite à partir de nos références terrestres)

Pourtant toutes les religions, les rites tribaux, se sont toujours construits autour de représentations anthropomorphiques de leurs dieux, tant sur leurs aspects physiques, que sur leurs réactions émotionnelles, leurs comportements, et leurs morales. Les dieux Assyriens, Égyptiens, Aztèques, avaient leur représentation sous forme humaines, des désirs et des aspirations qui nous seraient proches. Le panthéon gréco-romain est un formidable mélange entre des pouvoirs divins et des comportements parfaitement humains. L’Hindouisme et sa trilogie (Brahma, Vishnou, Shiva) respecte ces principes de bases. De plus toutes ses doctrines s’inscrivent dans des récits parfaitement en phase avec nos vécus d’homme. Ces récits vont tous de la genèse à l’éternité, en passant par la vie quotidienne.

Nos religions « dites modernes » n’échappent pas à la règle. Si le judaïsme et les religions dérivées font un peu bande à part en ce qui concerne la représentation de dieu, ils sont parfaitement anthropomorphiques en ce qui concerne les morales et le récit ( Bible, Évangiles, Coran)

Chacune d’elle consiste, en général, en un simple manuel de « vivre ensemble » que n’importe lequel d’entre nous aurais pu écrire. Rien de magique, rien de bien différent d’une loi républicaine. Les petites différences entre les lois édictées par chaque dieu tiennent généralement aux différents contextes sociétaux dans lesquelles elles s’appliquent.

Il est intéressant de constater que chaque religion considère avec un certain mépris condescendant les bases sacrées, les rites, et les pratiques de autres religions. Quand on pense détenir « la vérité » les simagrées des autres semblent ridicules et totalement hors de propos. Quand on est dégagé de l’emprise de toutes religion on trouve tous ces costumes, ces pratiques , ces dogmes canoniques tous aussi désuet les uns que les autres.

Devant de telles incohérences, on peut se demander comment des croyants peuvent croire en des choses aussi peu crédibles

Aux états unis la religion est presque institutionnelle, et pourtant ce pays a applaudi quand la bombe atomique a détruit Hiroshima et Nagasaki. Il a supporté la guerre en Corée , le massacre des populations civiles au Vietnam, les guerres en Afghanistan et en Irak, le lobby des armes.  C’est également le pays chantre du libéralisme ou les plus fort écrasent les plus faibles, ou on a la haine du communisme qui pourtant (dans son esprit) prône l’égalité et la solidarité. C’est le pays de la loi du plus fort ! tout ceci est bien loin de sa foi chrétienne.

Devant tant  d’éloignement d’une vérité crédible on peut se poser la question : « les croyants croient-ils vraiment en dieu ? »

 

Crédibilité des textes sacrées

Toutes les religions fonctionnent sur le même principe. Elles se réfèrent à un texte sacré qui contiendrait la parole du dieu concerné. Pour les juifs et les protestants il s’agit de la bible, pour les catholiques des évangiles et pour les musulmans du coran, pour les indouistes les 4 véda. Aucun de ces documents n ont été écrit par celui qui les a professés. La bible a été rapportée oralement avant d’être écrite, les évangiles n’ont, ni été écrit par Jésus, ni par ses apôtres, le Coran n’a pas été écrit par Mahomet, mais sont le fruit d’une transmission orale dont la crédibilité n’est pas prouvée. Rien ne prouve qu’il reflètent la pensée de celui qui  en est à l’origine. Si on peut admettre qu’ il respectent dans l’esprit l’idée originale, il  est certain qu’ en faire une lecture littérale est une pure escroquerie intellectuelle. Les intégristes qui prétendent suivre à la lettre les préceptes des textes sacrées ne sont que des ânes ou des imposteurs. N’en déplaise aux croyants, ces textes dit sacrées sont à prendre avec beaucoup de recul et de prudence. La parole de dieu pourrait bien n’être que la parole des hommes !

Les guerres de religions

Les principales religions du monde occidental (Judaïsme, Protestantisme, Catholicisme, Islam) sont censées adorer le même dieu et pourtant elles ont développées des pratiques et des rites différents. Depuis des siècles, au nom de la parole de dieu, elles se sont aimablement  massacrées. Les Juifs ont crucifiés Jésus, Les catholiques ont massacrées les protestant et les musulmans, les Juifs ont été massacrées par tout le monde et prennent maintenant leur revanche sur les Arabes, de nos jours certains musulmans veulent exterminer les chrétiens, les Sunnites sont en guerre avec les Chiites, en Afrique Chrétiens et Musulmans sont en guerre ouverte. Chacun obéissant à une injonction divine. Dieu semble donner des ordres et directives plutôt contradictoires ! A-t-il perdu la boule, joue t’il à semer la zizanie, ou plus simplement les hommes justifient-il leurs désirs de conquête en prenant prétexte d’un dieu auquel aucun ne croit.

L’approche de la mort

Toutes les religions proposent à leur fidèles une vie future, éternelle, et pleine de félicité. De quoi inspirer des idées de  mort à bien des croyants. Pourtant tous s’accrochent à la vie, aucun ne souhaite tenter l’aventure de la vie éternellement heureuse. A croire qu’ il ne croient pas trop à cette fable. Seul quelques kamikaze djihadistes sont prêt à faire le voyage, mais il est vrai qu’ il ne sont guère futés et facilement influençables.

Il faut se rendre à l’évidence, les croyants ne croient plus en dieu

La religiosité a disparu devant la civilisation moderne. Le mythe de la création du monde n’a pas résisté au « big bang ». Les croyants croient encore à l’institution, à l’église, mais pas en dieu. Ils  respectent les rites et les usages mais pas la pratique divine sauf, par exemple mère Theresa, ou l’abbé Pierre. Il est significatif que lorsqu’un individu respecte les préceptes de son Église, on en fait, immédiatement, un être exceptionnel, un saint homme. Le croyant « lambda » serait dispensé de se conduire selon les commandements de dieu … étrange, non ?

La religiosité  existe encore dans les pays en voie de développement Afrique, Amérique latine, moyen orient, pays qui  vivent encore selon leurs traditions, avec des populations peu intégrées au monde moderne, mais elle disparaitra avec la culture et l’éducation. Comme disais Brassens :

« Faudrait vraiment avoir la foi de mon charbonnier qui est heureux comme un pape et con comme un panier »

Les croyants aimeraient bien croire mais, en faites, ils ne croient plus et refusent de s’en rendre compte. Toujours en citant Brassens :

« Faites semblant de croire et bientôt vous croirez »

Croire en un dieu n’est pas en soi une tare, au contraire cela laisse présager d’un certain désir de grandeur. Ce qui élève l’homme ne peut pas lui nuire. Mais de là à en faire toute une mise en scène ,(je devrais dire une mise en Cène pour Jésus ) il y a un  fossé. Même si les religions vivent encore, dieu est mort.

Ne blâmons pas les religions, elles ont eu leurs heures de nécessité. Elles ont structurées nos sociétés, lancé le principe de l’aide aux plus défavorisés, assuré la santé publique, les hôpitaux, les asiles, elles ont été le berceau de la culture et de sa transmission … et en ce sens elles ont sciée la branche sur laquelle elles étaient assises. Ici-bas, tout est éphémère, même l’éternité. Mais, croyants, rassurez vous, toutes les religions finissent, un jour, par disparaitre … mais l’homme en invente toujours de nouvelles.

Les races existent-elles ?

Question sans réel intérêt car l’association de la notion de race (un critère taxonomique) et celle d’existence (notion philosophique) est sans objet. La race est l’assimilation d’une population donnée à des critères de classification basés essentiellement sur des notions morphologiques. L’existence est une notion de philosophie qui s’associe à la notion de vérité ou à celle de réalité

La question de la notion de races est cependant de première importance car elle est la porte ouverte à la notion de racisme et par suite d’inégalité entre les races

La notion de races telle qu’on la connaît aujourd’hui est basée sur une classification, une taxonomie organisée autour d’un nombre réduit de critères apparents comme la couleur de la peau, des caractéristiques des traits du visage (yeux, nez, pommettes). Elle est largement insuffisante car elle ne propose pas une classification univoque. Par exemple les indo-pakistanais à couleur de peau extrêmement foncée ne sont pas considérés comme faisant partie de la race dites noire, il y a des redondances entre la race dites caucasienne et la race asiatique en ce qui concerne les yeux bridés et les pommettes hautes (notamment entre les asiatiques, les indiens d’Amérique, les esquimaux). De plus on trouve souvent plus de variabilité génétique entre individus d’une même « race » qu’entre individus de « races » différentes.

La classification en races et donc imparfaite et ne peut prétendre classifier la population humaine. Il faudrait y ajouter des critères géographiques et culturels pour lui donner en sens mais on arriverait alors à la notion d’ethnie et non à celle de races. On pourrait essayer d’imaginer une décomposition de l’espèce humaine en sous espèces (comme pour les chiens : 343, les chats : 80) mais l’intérêt en serai faible car les différences entre les humains portent plus sur des critères culturels que génétique.

Pourtant cette notion, malgré toutes ses imperfections reste largement utilisée. En soi ce ne serait pas grave, on trouve souvent dans nos environnements beaucoup de classifications bancales et l’on s’en accommode plutôt bien. Là ou le problème devient franchement délétère c’est lorsque à la notion de races on ajoute un nouveau concept qui est celui de la hiérarchie entre les races. C’est ici que commence le racisme et non avec la simple notion de races.

Cette utilisation du concept de races à des fins politiques est loin d’être nouvelle. Depuis l’antiquité, la définition de la communauté juive comme le peuple élu de Dieu voisine avec la notion de race supérieure (donc en contrepartie de races inférieures, et donc de racisme). Dans le monde chrétien la distinction entre les concepts de païen ou d’hérétique et de chrétien a justifié de nombreuses exterminations (sortes de génocides basés sur une classification suivie d’une hiérarchisation) notamment les croisades, le massacre des protestants, la mise en esclavages des indiens d’Amérique du sud. Aujourd’hui la notion de Djihad reprend ce vieux concept. La notion de races en tant que telle est apparue au XVIIIème siècle avec la conquête de l’ouest Américain puis au XX ème siècle avec l’apartheid, la Shoah, et la ségrégation aux états unis. A chaque fois on s’est servi d’une notion mensongère et non étayée pour justifier pillages, carnages, spoliations et génocides.

La notion de race est, de toutes façons, battue en brèche par le mélange des populations et le métissage. A ceux qui rêvent encore d’une race pure rappelons que l’homo sapiens n’est même pas une espèce pure puisque son génome est mâtiné du génome de l’homme de Neandertal (autre espèce avec laquelle il s’est croisé). Si nous ne sommes même pas une espèce pure, comment penser à une race (sous espèce) pure.

La notion de races, pure approche taxonomique, est un distinguo totalement arbitraire. En ce sens on ne peut dire si elle existe ou n’existe pas. C’est un simple choix, comme dans une bibliothèque de classer les ouvrages par ordre alphabétique de titre ou d’auteur. Elle serait purement anecdotique si on ne lui associait, à des fins de domination politique, une notion de hiérarchie.  Dans le langage, des termes comme nègre, bamboula, « niacoué », termes franchement racistes, ont pris leur sens péjoratif car ils induisent implicitement une notion hiérarchique alors que leurs synonymes black, vietnamien sont encore politiquement corrects.

PS : Disons à propos du racisme antisémite, dans lequel une communauté est à tort assimilée à une race, que ce sont les Juifs, eux-mêmes, qui, historiquement, se sont positionnés comme une sorte de race supérieure et élue de Dieu. On sait combien cela leur a couté cher. Une question se pose crument, pourquoi l’antisémitisme ? pourquoi cette persécution universelle des Juifs à travers le temps et l’espace ? Répondre à ces questions permettrai de mieux cerner les racines de cet acharnement sur une communauté. La question se pose également à propos des Roms, communauté également historiquement persécuté.

A-t-on vraiment besoin de Dieu

Dans cet article je vais, sans doute, énumérer un certain nombre de lieux communs qui en soi ne présentent absolument aucun intérêt. Par contre la juxtaposition de ces banalités peut offrir une vision intéressante.

Cette question est d’importance car elle découle, en partie, de la question Dieu existe-t-il ? En effet la question de l’existence de Dieu n’est un problème fondamental que si Dieu présente un certain degré d’utilité. Chacun se moque bien, évidemment de l’existence ou la non existence d’une entité qui serait inutile.

La réponse à cette question dépendra, de toute évidence, de la croyance que l’on peut avoir en toute transcendance.

On peut définir trois grands courants :

Ceux qui croient en un Dieu (quel qu’il soit), les croyants
Ceux qui ne croient pas en un Dieu, les athées
Ceux qui n’en savent rien, les agnostiques

Pour les croyants, Dieu est la racine même de leur existence. C’est le créateur, le gestionnaire de la vie, le législateur, le gérant de notre mort (Rama, Vishnu, Shiva pour les hindous). C’est lui qui décide, qui donne, qui juge, récompense, pardonne, ou puni. Il gère nos destinées dans la vie terrestre et l’au-delà. Ainsi présenté, on peut dire qu’il est de toute utilité, voire indispensable. Sans Dieu nous n’existerions pas. Lui, par contre, existerait, mais personne ne serait là pour le savoir … et en ce sens il n’aurait aucune utilité, sauf sans doute pour lui.

Faisons donc l’hypothèse que Dieu existe et examinons tous les aspects de ses fonctions utilitaires, et surtout comment elles se manifestent à notre niveau. Les manifestations de Dieu en tant que gérant de la vie terrestre sont des plus rares. De façon générale personne ne l’a jamais vu, jamais entendu. Dieu ne se manifeste jamais directement mais à travers des hommes, des prophètes, des saints hommes dont seul l’engouement qu’ils suscitent les différencient des « faux-prophètes » (un peu comme pour les stars du show-biz dont les succès font souvent office de talent !). Il n’existe aucune manifestation de Dieu qui ne soit relayée dans une manifestation humaine. Un point important à signaler est que les manifestations de Dieu se font (à l’exception de l’apparition de Jésus à Paul, mais dont la vérité historique peut être contestée) toujours au travers de personnages déjà croyants convaincus … comme disais Brassens : « Faites semblant de croire et bientôt vous croirez ! » On peut les considérer plus comme une affirmation d’une croyance déjà existante qu’une manifestation divine. Il en est de même pour toutes les religions vivantes ou mortes. Il paraît tout à fait naturel qu’une manifestation d’une transcendance ne puisse s’exprimer hors du champ de la perception humaine, hors de notre champ de conscience, par contre qu’un Dieu ne s’adresse qu’uniquement à ses partisans en leur disant va convaincre les autres pose problème ! pourquoi ne cherche-t-il pas à les contacter directement !

Pour faire face à cette incapacité de l’homme à se représenter la transcendance toutes les religions ont présentées une vision anthropomorphique de leurs Dieux (Dieux de l’Égypte, Dieux Romains, Dieux de l’Olympe, Indiens, Jésus Christ). Mention particulière à l’Islam qui devant cette incapacité a déclarée « tabou » toutes représentations de Dieu, ce qui évacue le problème de l’incapacité à le représenter.

Pour en revenir au problème majeur de l’utilité d’un Dieu abordons le problème de la prière. Depuis 600 ans pour les musulmans, 2000 ans pour les chrétiens, et encore plus pour les juifs, les hommes adressent à Dieu d’innombrables prières, le sollicitant, pour eux, leurs proches, leur santé, leurs conditions matérielles, etc. etc. Si l’on faisait le rapport prières exaucées/prières adressées on serait atterré de voir combien Dieu se moque complétement de nous et de nos requêtes, au point même que lorsqu’une de nos demande paraît exaucée on crie au miracle et à la béatification ! Il est totalement inefficace et inutile.

Quant à la gestion des affaires du monde c’est encore pis ! si l’on prend simplement les événements récents : Tsunami, Tremblements de Terre, inondations, guerre en Syrie, Afghanistan, attentats terroristes, famines, sécheresses, misère, on ne voit aucune intervention de Dieu pour nous aider. Bien sûr dira-t-on beaucoup de ces malheurs sont le fait des hommes et de leur égoïsme et ils récoltent ce qu’ils ont semé. D’accord, n’empêche que Dieu ne nous est d’aucune aide.

Pour les purs athées, matérialistes, positivistes, l’existence de Dieu est niée, et par la même son utilité. Dieu n’existe pas et on s’en passe très bien ! Pourtant pour ces individus à culture, en général, très scientifique la notion sinon de Dieu, mais du moins de religiosité n’est pas absente. Dans les modèles scientifique les notions d’infini et de zéro sont absolument cruciales, la notion de propriétés physiques multiples et coexistantes (mésomérie, incertitude Quantique) est courantes dans la physique moderne. Ces notions, insensées dans nos représentations anthropomorphes, se sont imposées dans la pensée scientifique. Elles sont de même nature que les concepts religieux et servent à masquer (à compenser) l’incapacité de la pensée humaine à représenter ce qui la dépasse. Il n’existe pas de pensée scientifique sans appel au transcendantal, même si celui-ci s’affuble hypocritement d’un masque rationnel. En ce sens on peut dire que Dieu a une utilité, non pas dans la vie pratique, dans le quotidien, mais plutôt dans la conception d’une pensée, dans le développement de modèles de la vie, dans la conceptualisation du monde. Mais disons que dans ce principe c’est plus nous qui faisons appel à Dieu, plus nous qui l’utilisons, que lui qui nous propose quelque chose d’utile. On peut dire, alors, que ce n’est pas Dieu qui a créé les hommes pour le servir, mais les hommes qui ont créés Dieu pour s’en servir.

Pour les agnostiques, dont je fais partie, l’approche paraît plus simple. Dieu existe si on a besoin de s’en servir, il n’existe plus lorsqu’il nous gêne. On nage toujours en plein paradoxe, en pleine contradiction. Ce n’est plus le problème de l’utilité de Dieu qui se pose mais celui du besoin que nous avons de lui. Le vécu dans ce monde incertain n’est pas si facile. On refuse les références stables que les croyants ou les athées se sont forgées, le Dieu adoré ou honni par rapport auquel on existe. On refuse les absolus. On ne se positionne plus dans un univers cerné et défini « a priori » (univers Newtonien) mais par rapport aux entités qui peuplent notre univers (univers relativiste). Peu importe les éventuelles limites de l’univers si l’on ne se situe plus par rapport à lui mais par rapport à nos voisins connus et identifiés. La position agnostique, pour être confortable, implique une remise en cause de nos notions d’espace, de temps (et accessoirement de la matière et de l’énergie) Dans cet univers relativiste Dieu ne trouve pas réellement sa place. Mais évidemment il s’agit d’une pirouette intellectuelle qui limite l’univers à ce que nous connaissons … donc qui élimine « a priori » la notion de Dieu.

Il est bien curieux de constater comment tous ces Dieux son totalement inutiles et inefficients dans notre vécu et comment ils sont indispensables dans la représentation de ce vécu. Dieu apparaît dans tous système de représentation de la vie, dans toutes les doctrines philosophiques et religieuses (y compris celles qui le nient avec force) pour, ensuite, n’avoir aucune participation à l’ordre du monde. Dieu existe dans la théorie mais pas dans la pratique !

Intelligence artificielle et psychologie relativiste

L’intelligence artificielle était jusqu’à ces derniers temps la capacité pour une machine de raisonner, à partir de données acquises, comme un cerveau humain, donc d’être capable d’effectuer des opérations logiques en chaîne et d’en exprimer le résultat (sur un écran, une imprimante, le pilotage d’une machine). Ces opérations étant cantonnées à des domaines particuliers et à des opérations répétitives

Ce processus est analogue à une partie de la capacité d’activité de notre cerveau dans le domaine de l’expressions à partir d’informations structurées de la conscience cognitive.

La grande nouveauté dans l’intelligence artificielle est que la machine est maintenant dotée de capacités d’apprentissage, donc capable d’acquérir des informations nouvelles qui lui permettrons de modifier sa logique et ses comportements. Ceci implique une capacité pour une machine de recevoir des messages, de les analyser et de les critiquer, puis de les intégrer au réseau d’informations déjà existant dans le but de les utiliser ultérieurement.

L’intelligence artificielle implique un processus d’apprentissage assez complexe. La mémoire de la machine est capable de recevoir un message (le lire, l’écouter, le visualiser), de le décrypter (langage, reconnaissance de forme), de le transcrire dans un pseudo-langage compréhensible par la machine, d’en faire une analyse critique pour en juger du bien fondée et de sa crédibilité, et enfin de l’intégrer au réseau d’informations déjà acquises, en l’enrichissant. Ces nouvelles informations pourront alors participer à l’expression par la machine sous forme de messages ou d’actions. L’acquisition de nouvelles données donnera plus de pertinence aux messages ou aux actions entreprises.

Ce processus et cette modélisation correspond trait pour trait à la modélisation de la psyché utilisée dans la psychologie relativiste. L’individu reçoit un message de son environnement, en dé-codifie le langage en le formalisant en représentation mentales, fait l’analyse critique du message, puis l’intègre dans le réseau logique de la conscience cognitive en développant de nouveau liens logiques (de causalité) avec les informations existantes. L’enrichissement de la conscience cognitive par apprentissage est pour l’individu sa prise de maturité et la formation de son identité. On peut penser qu’il en est de même pour la machine et que celle-ci à coup d’apprentissage se forgerait une maturité et une identité. Deux machines au départ identique pourraient, si elles sont soumises à des expériences différentes, évoluer différemment et générer des comportements qui seront spécifiques à chacune d’elles.

En ce qui concerne l’inscription de l’information dans la mémoire, dans les deux cas, elle procède d’une codification binaire activé/non activé qui se traduit pour la machine en byte 0/1 et pour l’homme en connexions synaptiques activées ou non activées.

Jusqu’à présent le parallèle entre intelligence artificielle d’une machine et celle du cerveau humain (telle que décrite dans la psychologie relativiste) semble tout à fait probant. La question se pose : La machine pourrait-elle remplacer l’humain ?

En fait nous avons comparé la machine à l’une des composantes de la psyché humaine, la communication au travers des étages formalisés de la conscience, à travers la conscience cognitive. Une communication au niveau de la logique et du formalisé.

Nous avons déjà vu que la communication de l’homme ne se limitait pas aux échanges formalisés et purement logique (du domaine du cognitif) Un autre niveau d’échange se produit également au travers des couches plus profondes et moins formalisées de la mémoire, au niveau de la conscience émotionnelle. C’est le domaine de la communication du non-dit ! Tout message formel que nous émettons s’accompagne d’une foule de messages adjacents : expression de visage, gestuelle, intonation, rythme de la voix … ces messages non formulés vont colorer le message formel et lui donner une dimension affective qui vont en enrichir le sens. Ces messages additionnels sont difficiles à appréhender car ils ne se réfèrent à aucun code explicite. Ils sont imprécis, flous, perçu ou non perçus par l’interlocuteur. Ils sont du domaine du ressenti, du sensible, de l’affectifs. Pourtant ils sont de la plus grande importance dans la communication, dans l’expression et la compréhension d’un message.

C’est, en tout cas pour le moment, la grande différence entre la communication par la machine dans l’intelligence artificielle et celle d’un être humain. La machine ne sait pas être floue, ne sait pas être approximative, ne sait pas se tromper (lorsqu’elle se trompe c’est un bug de programmation dont la faute incombe au développeur et non à la machine). La machine ne sait pas être ambiguë, hésitante, gérer le tout et son contraire, son message est toujours sec, technocratique, sans sensibilité, et de ce fait beaucoup moins riche en « signifié » que le message humain.

Il faudra dépenser beaucoup de millions de dollars et de temps pour développer une machine capable de se tromper, une machine non fiable, pleine de paradoxes, une machine capable à une même question de fournir des réponses différentes, bref une machine qui puisse refléter la pensée humaine avec tous ses paradoxes et ses incohérences. La machine saura-t-elle se mettre en colère, pleurer, déprimer, générer ses psychopathologies, naviguer dans ses contradictions comme nous le faisons tous les jours ?

Signalons un point d’inquiétude en ce qui concerne l’intelligence artificielle. A ce jour le mode de pensée de cette machine est défini par une pensée rigide à très forte structuration. La structure même d’une pensée narcissique et paranoïaque avec un niveau de tolérance quasi nul. Puisque la machine ne se trompe jamais elle est en droit de penser détenir la vérité, elle devient une religion. Saurons-nous créer une machine qui tolère l’incertitude et la contradiction, faire des concessions ?

Un domaine qui devrait encore longtemps rester l’apanage de l’humain est la création artistique (je parle de la création et non de la production). En littérature, peinture, musique, la machine pourra créer, mais saura-t-elle innover, produire quelque chose hors du champs de ce que l’on lui a appris, hors du domaine de la déduction logique ? rien n’est moins sûr.

A ce jour l’intelligence artificielle c’est de l’hyper réalisme, de la photographie, la psyché humaine de l’impressionnisme ou du cubisme

Modèles, représentations, et certitudes

La psychologie relativiste est fondée sur le principe de la représentation mentale constitutive de la conscience cognitive. On a du mal à comprendre le principe des modèles et de la représentation. Il est toujours difficile de différencier entre l’objet et son image. De plus certains modèles sont si anciens qu’ils finissent à s’imposer à nous comme la réalité qu’ils représentent. Pourtant dans de nombreux cas plusieurs représentations d’un même objet coexistent sans que nous n’en soyons le moins du monde gêné.

Prenons l’exemple de la matière.

  • Elle peut être décrite à l’échelle macroscopique par la théorie de la relativité générale d’Einstein.
  • Elle peut être décrite à l’échelle microscopique par la mécanique quantique ou la chimie théorique.
  • A l’échelle humaine elle peut être décrite par diverses théories : Mécanique des fluide, résistance des matériaux, ou encore définie par des propriétés relatives à ses divers états (solide, liquide, gazeux) ou par les propriétés de certains matériaux (métaux, bois pierre, …)

On voit donc que l’on dispose d’une grande variété de descriptions de la matière qui constituent autant de modèles (non compatibles entre eux), autant de représentations que nécessaires. Chacune d’elle étant utilisée dans son domaine particulier. Aucune de ces descriptions ne peut se targuer d’être plus valable que les autres et aucune ne représente la réalité de la matière. A ce jour, la matière n’existe pas en tant que telle mais à travers les modèles de représentation qui en sont donnés.

Un autre exemple intéressant et celui du cerveau humain. On lui connaît de nombreuses représentations

  • La représentation médical-biologique issue d’autopsies ou l’on décrit le cerveau comme une matière vivante avec ses lobes, sont irrigation, son innervation …
  • La représentation physico-chimique dans laquelle les neurotransmetteurs (Endorphine, Adrénaline, Dopamine, Sérotonine, Acétylcholine, …) sont responsables de nos émotions et nos comportements. C’est le domaine de la psychiatrie de gérer et réguler la production de ces substances.
  • La psychologie (sous toutes ses formes) qui envisage le cerveau comme un contenant de messages formalisés qui par leur logique (ou illogisme) gouvernent nos émotions et nos comportements. La psychologie gère nos émotions en modifiant ces contenus logiques.
  • Les neurosciences qui étudient nos émotions et ressentis à travers l’activation de certaines zones du cerveau.

Donc autant de modèles (tous aussi performant les uns que les autres) qui décrivent la même réalité dans des univers, des schémas totalement différents.

On pourrait décliner à l’infini de tels exemples. Pour beaucoup de gens (les « non croyants » la religion, le dieu, les dieux, sont un simple modèle de représentation de l’inconnu qui nous entoure). En quelque sorte un modèle !

 

Il est, évidemment, difficile d’admettre notre incapacité à accéder à la vérité. Difficile d’admettre que nous ne vivons que de représentations de ce que nous cherchons à comprendre, que nous vivons dans un monde virtuel que nous nous sommes fabriqués depuis toujours. Difficile de vivre dans un univers incertain ou nos références ne sont pas accrochées à un « absolu » mais uniquement relatives à l’univers que chacun de nous s’est créé. Nous cherchons à travers des « pseudos » certitudes à nous sécuriser (religions, idéologies …) sans nous rendre compte que ces certitudes sont la base même de notre intolérance, de nos difficultés à vivre ensemble, de nos éternels conflits. Faire la guerre pour se sécuriser ne me paraît pas une très bonne solution !

Apprendre à vivre pour soi, par rapport à ses propres références, si virtuelles soient-elles, accepter que les autres aient un référenciel différent tout aussi virtuel et factice que le nôtre, est le propre de la psychologie relativiste.