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La couverture générale

Le mensonge par omission et nos « politiques »

Le mensonge est en politique une arme largement utilisée et très peu pénalisée.

Rappelons les mensonge sur « les armes de destruction massive » de l’Irak qui a conduit à une guerre meurtrière et à la déstabilisation du moyen orient que nous connaissons aujourd’hui (même si ce n’en est pas l’unique cause). Donald Trump, Vladimir Poutine distillent à loisir toutes sorte d’informations mensongères et propagandistes … et pourtant c’est Bill Clinton avait faillit être destitué pour avoir menti sur sa relation avec Monica Levinski !

Mais le mensonge le plus utilisé, car le moins attaquable, est le mensonge par omission qui est l’arme majeure des campagnes électorales. Il est difficile à contrer car il n’apparaît pas comme tel, et suppose, de la part de l’électeur cible d’imaginer ce qu’on ne lui dit pas, ce qui suppose une grande maturité et de sérieuses compétences. En général le citoyen se « gave » des discours qui lui sont fournis, préférant ne retenir que ce qu’il a envie d’entendre.

Examinons quelques omissions représentatives :

  1. A tout seigneur, tout honneur : Emmanuel Macron. Sa campagne s’est organisée autour de la lutte contre le chômage. On favorise la compétitivité des entreprises pour déclencher un besoin d’embauche. Ce surcroit de travailleurs actifs engendre une augmentation sans douleur des recettes de l’état, de la sécurité sociale, des caisses de retraites et diminue la charge des ASSEDIC. Ceci redonne à l’état des marges de manœuvres pour lutter contre l’inégalité  sociale. Merveilleux !
    Mais ceci peut également se lire comme : On donne de l’argent aux entreprises qui retrouvent de la compétitivité, grossissent leur carnet de commandes et embauchent. Ceci leur permet d’augmenter leurs profits et d’enrichir les actionnaires. L’état c’est appauvri et les actionnaires enrichis. Il s’agit d’un transfert de fond du contribuable aux actionnaires.
    La morale de l’histoire est que l’inégalité sociale est le moteur de la croissance. C’est une politique que j’ai personnellement soutenu, car bien qu’injuste, elle est la seule possible pour « limiter la casse » pour les plus démunis. L’erreur est d’avoir omis d’« annoncer la couleur » car l’accroissement des inégalités fini par apparaître et le mouvement « des gilets jaunes «  en est la traduction.
  2. Marine Le Pen a construit toute sa campagne sur la sortie de l’Europe. Les technocrates de Bruxelles nous imposent leur dictat (ce qui est totalement faux car les « dit technocrates » n’ont pouvoir que sur des décisions mineurs, comme la normalisation du boulon de 13, ou celle de la taille et de la courbure des bananes (j’exagère un peu !). Toutes les décisions majeures (Harmonisation des fiscalités, politiques migratoires, défense Européenne, politique étrangère, …) restent à la charge des état et ce sont eux qui bloquent et non les « technocrates). De cette sortie de l’Europe, Marine nous a vanté tous les avantages ( souveraineté Nationale, compétitivité par la dévaluation, plus de redevances à la l’Europe, contrôle des flux migratoires, …) mais elle a simplement omis de parler des inconvénients. Le marasme des Britanniques englués dans le « Brexit » nous montre comment la chose est complexe et sans doute pénalisante. Sans pudeur, se rendant compte de sa sottise, Marine est passé à autre chose, a oublié Bruxelles et ses technocrates pour enfourcher d’autres mensonges par omission sur les dangers de l’immigration et le scandale du « pacte de Marrakech ».
  3. Nos amis républicains parlent sans cesse (avec juste raison) de la nécessité de diminuer la dépense publiques et des bienfaits que cela pourrait apporter. Ils oublient de nous parler du comment de cette réduction. Diminution des aides de l’état ou augmentation des impôts, diminution drastique du nombre de fonctionnaires (tout en demandant à la majorité actuelle plus de moyens pour l’armée, la police, l’hôpital, les handicapés, les vieux, l’éducation nationale,  les plus défavorisés, la justice, …).
  4. Juste une petite louche pour François Holland qui avait promis de réduire les déficit et diminuer le chômage sans toucher aux revenus des classes moyennes et populaires ! Bizarrement cela n’a pas fonctionné, il n’avait pas mentionné le second terme de l’équation : il faudra bien que tous les citoyens participent.

   C’est toujours facile de promettre « la lune » en oubliant de dire qu’il y fait très froid et que l’atmosphère est irrespirable ! Le mensonge par omission est sans doute le pire des mensonges car il est insidieux, manipulateur, parce qu’il est l’arme de l’élite (disons des plus instruits) contre le peuple (les moins instruits). Si le mensonge par omission était passible de prison on pourrai facilement réduire le nombre de nos députés et sénateurs à une toute petite poignée.

PS : n’accablons pas les politiques on retrouve sensiblement le même mécanisme dans la publicité et toutes démarches protéolytiques.

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Le RIC, Référendum d’initiative citoyenne.

Dans le mouvement populaire dit des  « gilets jaunes »une revendication semble faire un certain consensus, c’est le « Référendum d’Initiative Citoyenne » (RIC). Elle traduit la volonté de chacun des citoyens de faire entendre sa voix et surtout de participer aux prises de décisions pour lesquelles il se sent concerné. Cela paraît le « nec plus ultra » de la démocratie, puisque tout un chacun devient partie prenante dans la gestion de son pays.

L’idée et le principe fondamental en sont donc indiscutable et on ne peut qu’adhérer à cette proposition. Cependant sa mise en place réelle soulève de nombreux problèmes qui paraissent difficiles à surmonter sans un bouleversement total de notre société.

Un mot sur les sujets qui pourraient être proposés dans ces référendum (proposition des lois, abrogation des lois, révocation d’élus, modification de la constitution) et sur leur mode de fonctionnement. Rien n’est encore décidé et nous débattrons des propositions qui sont avancées. Actuellement le projet paraît chargé de propositions contradictoires entre-elles ou ne respectant en rien les principes fondamentaux de notre constitution. On peut dire, en dramatisant un peu :

  1. En ce qui concerne la révocation d’un élu l’article 27 de notre constitution considère comme nul tout mandat impératif(mandat dans lequel le mandaté reste soumis à la volonté et aux désir de ceux qui les ont mandatés.). Dans notre constitution (mandat représentatif) le mandaté ne représente pas ceux qui l’on élu mais l’ensemble de la nation. Il ne peut donc être révoqué par le désir de quelque uns, fussent-ils majoritaires.(au passage rappelons qu’un député qui va dans sa circonscription prendre en compte les doléances de ses électeurs est en contradiction avec notre constitution, il s’agit donc de pur clientélisme)
  2. Modification de la constitution. Elle permettrai de  satisfaire au point précédent en transformant le mandat représentatif de nos députés en un mandat impératif. Ceci remettrai complétement en cause le fonctionnement de notre parlement car la notion de groupes parlementaire perdrai tout son sens, chaque député devant, à titre personnel, représenter uniquement ses électeurs (sous leur contrôle) et ne pourrai en aucun cas s’associer à d’autres.

Toute modification de la constitution ne peut être discutée et définie sur « un rond-point »car elle suppose une technicité, une connaissance des acquis que peu de citoyens possèdent. La notion de proposition de loi est de la même nature. Tout cela ne pourrait se faire sans passer par des organismes législatifs et constitutionnels, spécialisés représentatifs, donc en contradiction totale avec l’esprit du RIC.

  • L’abrogation d’une loi par un RIC revient à ce qu’un mécanisme institutionnel (RIC) vienne remettre en cause une loi adopté par un parlement légitimement élu pour produire les lois. Le parlement serai démis de ses prérogatives puisque soumis à subordination au RIC.
  • Le principe de démettre le parlement (et le sénat) de leur pouvoirs législatifs remet en cause l’ensemble de nos institutions. Notre démocratie représentative deviendrai sous couvert de plus de démocratie une véritable anarchie.
  • Abaisser à 600.000 signature nécessaires l’ouverture d’un référendum permettrai à tout parti politique un peu structuré de collecter facilement ces signatures parmi ses sympathisants (alors qu’il serai assez difficile « au peuple » non organisé de le faire) et ainsi confisquer la notion de référendum à son profit et d’en détourner l’esprit.

Ainsi présenté la RIC constitue une démarche tout à fait populiste et permettrai aux groupes constitués de manipuler l’opinion et constitue un risque majeur de glissement vers l’anarchie (le rêve de l’extrême gauche) ou vers la dictature (le rêve de l’extrême droite). On voit comment une démarche plutôt sympathique et légitime peut devenir un instrument de désordre dans les mains de meneurs plus ou moins charismatiques.

Signalons que l’élection du président de la république au suffrage universel et l’archétype même du référendum. Il semble que « le peuple » ne soit pas satisfait du résultat de son choix ! C’est un cas de figure assez fréquent :

  1. C’est « le peuple » qui a élu AdolphHitler, plébiscité Staline, mao Tsé-toung ou Pétain, avec les résultats que l’onconnaît
  2. Quand « le peuple » prend en main les rênes du pouvoir cela peut conduire à la terreur en France, à l’épisode de gardes rouges en Chine, à celui de Khmers rouges au Cambodge, ou au génocide des Tutsis par le Hutus au Rwanda. Je ne connais pas d’exemples (ou ils m’échappent) dans lesquels la prise en main du pouvoir par « le peuple » ait donné de bons résultats durables.

Je préfère une démocratie représentative, même si elle est partiellement corrompue, imparfaite, partisane, au déferlement de violence que génère la dictature « du peuple ». D’ailleurs, les gouvernements « du peuple » se sont toujours terminés  par une réinstallation plus ou moins réussie d’une démocratie représentative.

Néanmoins cette approche pessimiste du RIC ne doit pas nous empêcher de réfléchir à une meilleur approche de la représentation des citoyens par leurs élus et les institutions, à un meilleur contrôle de l’action des élus par leurs mandants, à des sanction sévères pour les discours mensongers et à toutes tentatives de manipulation de l’opinion. Quand les représentants « du peuple » cesserons de pouvoir raconter tout et n’importe quoi pour « enfumer »les électeurs nous aurons fait un grand pas dans la démocratie.

Peut-être qu’un jour on inventera un nouveau système qui pourra remplacer la démocratie que nous connaissons, mais je crains que cela ne vienne pas de moi !

Gilets jaunes et la banalisation du mal

Selon Hanna Arendt (politologue et philosophe), dans ses études sur la banalisation du mal :

  • La banalité : ce terme indique aussi que le mal est partout dans la société. Toute une société se met, de façon commune, à accepter une étiquette morale sans entretenir de réflexion à son sujet. La société adhère à un système normatif et cesse de comprendre son contenu. Puis, sous diverses pressions, ce contenu évolue sans que l’adhésion au système normatif ne change, pouvant même devenir l’inverse de ce qu’il était : « tu tueras ton prochain »pour le IIIe Reich, ou « tu porteras de faux témoignages contre ton prochain » pour l’URSS sous Staline. Cette évolution peut se produire très brutalement : en une nuit, dit Hannah Arendt, et il ne reste plus que l’habitude de tenir fermement à quelque chose. Hannah Arendt a montré pourquoi la pensée humaine, la réflexion, l’analyse critique étaient un rempart contre le totalitarisme.
  • On retrouve dans l’organisation de l’univers concentrationnaire Soviétique des années 1930 et 1940, sous Staline, les éléments qui rendent banals les gestes des bourreaux en les rendant les plus conformes à la légalité, à la défense des valeurs soviétiques, en utilisant un vocabulaire consacré et spécifique pour qualifier leurs actions, en organisant et en réglant tout comme papier à musiquede telle manière que le bourreau se sente à l’aise dans son rôle.
  • En phase avec les remarques de Victor Klemperer sur le développement des stéréotypes en milieu nazi, Hannah Arendt montre que l’usage des clichés de langage diminuent la conscience des actes. Ces expressions toutes faites, utilisées mécaniquement, empêchent l’imagination, elles entrainent une incapacité à être affecté par ce que l’on fait et, la personne se drapant dans un aspect banal, entretiennent l’absence de pensée.

Sans porter de jugement de valeur sur le mouvement de « Gilets Jaunes » on observe, dans ce mouvement spontané, de nombreux éléments qui nous ramènent à l’analyse d’Hanna Arendt.

  • On y retrouve l’ensemble des éléments présent dans les manifestation traditionnelles comme par exemple :
  1. Le rassemblement d’un certain nombre de courants d’opinions différentes contre une cible commune (comme discréditer ou abattre un gouvernement). Dans le mouvement des « Gilets Jaunes » on retrouve en dénominateur commun la réaction contre le « gouvernement Macron » soit parmi les manifestant soit dans les groupes d’opposants politiques. Ce rassemblement « contre » est assez fréquent, mais il explose dès qu’il s’agit de faire des propositions positives et que l’on commence à entrer dans le « pour ». Les divergences idéologiques s’affirment et le mouvement se scinde en groupes opposés.
  2. L’usage dans ces manifestation de slogans stéréotypés (Macron démission, à bas le capitalisme, écoutons la voix du peuple) deviennent des clichés de langage qui se propagent et dépassent la valeur de leurs contenus. Quand une foule scande ces slogans sa réflexion est comme anesthésiée et ceux-ci deviennent comme un rituel auquel on s’accroche mais dont on a perdu le sens. Les valeurs sous-jacentes peuvent alors évoluer sans que les participants au mouvement n’en prennent conscience. Ils continuent à adhérer au symbole sans se rendre compte que les valeurs qu’il véhicule ont largement dérapés. C’est bien sûr un point d’inquiétude car des leaders peuvent entrainer une foule dans une direction qu’elle ne souhaitais pas.
  • Mais d’autres point, plus spécifiques au mouvement des « gilets Jaunes » doivent nous alerter
  1. Ce mouvement s ‘inscrit dans un cycle plus général de contestation par « le peuple » de tous les corps constitués (Présidence, gouvernement, partis politiques, syndicats, élus locaux) qui constituent le tissus même de notre structure sociale et politique. Hors ces représentants il n’existe rien, ni société, ni gouvernance, ni vie collective. Malheureusement ce « peuple » ne propose rien en remplacement et la rage de détruire (alimentée par le sentiment d’impuissance à intervenir dans son destin) l’emporte sur toute conception d’une future organisation.
  2. Le point le plus inquiétant réside dans ce qu’Hanna Arendt à défini comme la banalisation du mal. Au cours de ces trois semaines de manifestations nous avons assisté à des comportements de plus en plus violents des participants aux manifestations sans que l’opinion ne se dessaisisse de son soutien au mouvement. Ceci signifie que l’inacceptable recule et que les comportements violents deviennent acceptés pour peu qu’ils concourent à l’objectif choisi, même si celui-ci est devenu slogan et à largement dévié de son but initial.
  3. La conjonction de ces deux points est la porte ouverte (très largement) à la mise en place d’un système anarchique, et pour peu qu’un leader charismatique (je devrai dire Christique) survienne il pourra facilement en faire un système totalitaire. Contre sa volonté profonde « le peuple » a consenti à passer de la démocratie à la dictature sans même s’en apercevoir. C’est le schéma d’installation du régime Nazi en Allemagne dont « le peuple » ne s’est rendu compte qu’après la défaite.

Les mouvements que nous vivons actuellement sont des plus inquiétants, le rejet (bien souvent mérité) des élites remplace la réflexion par le sentiment, le cognitif par l’émotif, le progressif par le régressif. Gardons-nous de cette vision « animale » de la société car la loi de la jungle ne profite qu’aux plus forts.

La crise des gilets jaunes ou la quadrature du cercle

Voilà un mouvement sympathique à une grande majorité des Français, soit par simple empathie, soit par intérêt convergeant. les revendications corporatistes suscitent rarement l’intérêt général mais une revendication générale peut, évidemment, susciter l’intérêt de tout le monde. Pourtant il ne semble pas que quiconque puisse donner une réponse sérieuse au problème posé. C’est bien là la question.

Essayons de ramener l’ensemble des revendications hétérogènes (baisse des taxes, hausse des salaires, augmentation du pouvoir d’achat ) à leur dénominateur commun : L’inégalité sociale en France.

On ne peut plus, actuellement, parler de « lutte des classes » car contrairement aux années soixante il n’existe plus  de séparation tranchée entre les classes, et la société Française est formée d’un continuum de situations allant des plus démunis aux plus nantis sans que se dessine de frontières bien marquée entre diverses classes. Selon les événements une scission peut apparaître en n’importe quel  point de ce continuum et séparer les Français selon leurs intérêts réels ou supposé. Ceci rend la résolution des crises de plus en plus difficile car toute solution proposée aura tendance à déplacer la frontière et par là remettre en cause la solution avancée.

Cette inégalité manifeste est forcément insupportable aux plus démunis … et plus facilement acceptée par les nantis. Tous les leaders politique affichent d’avoir chacun la solution, se posent en sauveur de la nation. Ce sont évidemment tous des démagogues, menteurs car la solution n’existe pas vraiment. C’est une utopie qui dure depuis au moins le temps de Jésus Christ, un but mythique, une sorte de graal que personne n’a jamais atteint.

Voici quelques schéma de propositions classiques pour réduire les inégalités :

  • Une première approche serait de distribuer du pouvoir d’achat en réduisant les impôts ou les taxes pour les plus faibles. Malheureusement le budget de la nation étant une équation à somme nulle ceci diminuerai la capacité de redistribution de l’état et pénaliserai cela même que l’on vient de favoriser (Sauf à distribuer de l’argent que l’on n’a pas en faisant appel à l’emprunt et à la dette). Cela reviendrait à donner d‘une main et reprendre de l’autre et n’apporterai rien aux plus démunis.
  • Distribuer du pouvoir d’achat en augmentant les bas salaires, ce qui pénaliserai les entreprises en diminuant leur compétitivité entrainerai des faillites et des délocalisations. La conséquence en serai du chômage, des recettes de l’état diminuées, de l’exode fiscal, et une paupérisation des plus faibles.
  • Prendre au riches pour donner aux pauvres, c’est bien sûr une proposition alléchante (pour les pauvres !). Plusieurs réalités s’opposent à cette idée. Bien que très riche les riches sont peu nombreux et même en leur confisquant tous leurs biens cela n’aurait que peu d’impact sur le revenu des masses populaires. D’autre part, et bien malheureusement, diminuer les actifs de ceux qui investissent pour les donner à ceux qui consomment aurait un effet néfaste sur l’économie.
  • Donner de la compétitivité aux entreprises en diminuant leur fiscalité pour leur donner de la compétitivité et leur permettre de grossir leur carnet de commandes et ainsi de créer de l’emploi. Cette aide de l’état vient encore diminuer ses capacités de redistribution et ainsi pénaliser les plus démunis. C’est l’état, donc le contribuable qui financerai la création d’emplois. Il faudrait payer pour avoir un travail ! Ceci est parfaitement injuste car la reprise de compétitivité des entreprise viendrai accroître leurs bénéfices et enrichir les actionnaires. C’est donc un transfert d’argent des contribuables vers les actionnaires sans contrepartie. En effet le travail créé n’est pas une charge pour les entreprises car elles n’embauchent que le personnel dont elles ont besoins pour honorer leurs commandes et générer leurs profits. C’est donc un leurre pour les plus pauvres
  • Une approche qui permettrai de rendre équitable la proposition précédente serai de demander aux entreprises, en contrepartie de l’aide qui leur est apporté, de céder à l’état des participations à leur capital. Ceci ne gênerait, ne nuirait pas à la compétitivité de l’entreprise mais laisserait à l’état un matelas financier qu’il pourrait monnayer par la suite. Mais il faudrait que le contribuable ait la patience d’attendre quelques années pour se voir peut être remboursé de ses efforts. Cela est loin d’être évident et ne fait pas l’affaire des plus démunis qui voient les plus riches s’enrichir immédiatement et qui n’ont que des perspectives à terme de se voir récompensés.

Il ne paraît donc pas évident de prendre en compte le désir d’égalité manifesté dans le rassemblement dit « des gilets jaunes » par un gouvernement qui n’a aucune marche de manœuvre.

Un élément qui n’a pas encore été pris en compte est la place de la France dans le monde :

  • La France fait partie des pays les moins inégalitaires dans le monde (juste après les pays du nord de l’Europe). C’est à la fois sa grandeur et sa faiblesse.
  • Sa grandeur car cela constitue une adéquation à des valeurs humanistes et à notre devise nationale : Liberté, égalité, fraternité. Nous pouvons, sur le plan moral nous sentir moins mauvais que les autres.
  • Malheureusement toute médaille à son revers. Cette moindre inégalité est due à notre système développé de redistribution qui nécessite des prélèvements sociaux importants, sur les revenus, sur les salaires, et sur les entreprises. Ceci explique en grande partie notre manque de compétitivité sur le plan international ou nous sommes concurrencés par des pays à faibles cout salariaux et à faible prélèvements sur les entreprises.
  • La France est dans le monde et il n’existe pas de solution Franco-Française à l’inégalité sociale. Nous dépendons du monde qui nous entoure et sommes, malheureusement, en compétition permanente avec lui. Le monde est inégalitaire et nous impose sa conception de la société. Pour jouer notre jeu il faudrait fermer toutes les frontières et tous les échanges (comme les révolutions socialistes soviétique ou chinoise ont du le faire), devenir un petit village gaulois d’Astérix, mais sans potion magique.
  • Dernier point, il est malheureusement avéré que les pays dont le taux de croissance est le plus élevé sont les pays à forte inégalité sociale (chine, états unis, Allemagne, indes). Comme ci ont pouvait dire que pour avoir une économie vigoureuse et un chômage faible il faut que les pauvres soient très pauvre et les riches très riche. Heureusement certains pays peuvent faire douter de cet oukase (pays nordiques, japon).

Les idéaux de gauches n’ont jamais pu s’imposer et, en France, depuis 1789 l’égalité entre les hommes reste un mirage. Il n’est malheureusement pas dans la nature humaine de vouloir partager, et dans les moments difficiles le chacun pour soi reprend vite le dessus. Après chaque révolution populaire des oligarques sont apparus qui ont rapidement confisqué les biens et créés une nouvelle race de possédants. C’est un triste constat.

Lutter contre les inégalités c’est lutter contre la nature humaine, c’est lutter contre soi-même, jouer à la fois l’attaquant et le défenseur. C’est à dire que si l’on gagne il faut, en même temps, accepter de perdre, et si l’on perd il faut se féliciter d’être gagnant. Ce n’est pas un combat facile.

On ne peut pas lutter contre les inégalités sociales, elles font trop parties de la condition humaine (elles proviennent du besoin permanent de positionnement qui anime l’homme et de son angoisse de l’avenir), mais cela n’empêche pas d’essayer. On peut au moins les cantonner au minimum, empêcher qu’elles  ne s’accroissent.

Ce n’est pas parce qu’un but est inaccessible qu’il faut y renoncer. Le chemin vers le meilleur est profitable en soi. Aider les plus faibles est générateur de bien-être, et pour les plus faibles se sentir aidé peut adoucir la misère. Alors « haut les cœurs » et continuons le combat.

 

PS : Dissipons un malentendu qui se propage comme une rumeur. Les populations rurales seraient les oubliées de la république tant du point de vue économique que géographique. Éloignement du pouvoir central, faiblesse des services publiques, misère sociale. Les « Parisiens » seraient les privilégiés du système. Pour contredire ces rumeurs disons que :

  • Les Parisiens ne sont pas plus près du pouvoir que les ruraux car la proximité géographique ne joue en rien sur la faculté de participer aux décisions.
  • Certes les services publiques sont plus présent dans la capitale que dans les campagnes, mais je souhaites aux ruraux de venir gouter les joies du RER aux heures d’affluence, d’apprécier les embouteillages et les bouchons Parisiens, d’avaler les gaz d’échappement dans les rues, le stress et la presse permanente. Il faut aussi se rendre compte que la proximité géographique n’implique pas un accès plus facile aux divers services. A Paris, trois quart d’heures de trajet sont monnaie courante.
  • La campagne n’a pas l’apanage de la misère. La vie est beaucoup plus chère à Paris, principalement les loyers qui sont le triple de ceux de la campagne. Les quartiers pauvres de Paris et de son environnement urbain véhiculent plus de pauvreté que nulle part en France.
  • Le leitmotiv des ruraux est toujours : « vivre à Paris, moi jamais ! », ce qui est paradoxal !

Laurent Wauquiez, sur l’eugénisme tu te goures

Laurent Wauquiez, pour défendre son opposition à la PMA, s’est saisi de l’objection que celle-ci conduirais directement à la GPA et que cette « marchandisation du corps » induirais une forme d’eugénisme (avec une lourde allusion au régime nazi).

L’eugénisme est une théorie qui, sous couvert d’amélioration de la race, se propose d’éliminer tout individu ne correspondant pas à des critères définis par une classe dominante. C’est donc l’opposé de la GPA qui se propose de faciliter l’accès à la parentalité à certains individus qui  en sont éloignés, sans restriction de sexe, de couleur de peau ou autres. Cette association n’est donc pas recevable et résulte d’une absence de réflexion ou plutôt, Wauquiez étant loin d’être sot, d’une volonté délibérée de flatter un électorat déjà convaincu de son opposition à la GPA. On peut être pour ou contre PMA et GPA, mais on doit argumenter en toute honnêteté.

La seule pratique qui pourrait conduire à une forme d’eugénisme, et pourtant rentrée dans les mœurs, est l’avortement. En effet dans certains pays, sous le poids des contingences sociétales, les femmes sont tentées d’avorter si elles attendent une fille et au contraire de garder le bébé s’il s’agit d’un garçon. Cette sélection constitue bien une dérive eugéniste. Les progrès de la génétique qui permettrons bientôt de prévoir les caractéristiques physiques et mentales du bébé à venir, mettrons en évidence ce futur risque.

En ce qui concerne la « marchandisation du corps », elle n’est pas nouvelle. Depuis l’instauration du travail rémunéré, la location du corps, de l’esprit, de l’expérience, d’un « carnet d’adresses » est la pratique de base de nos sociétés. Un militaire en opération, un mercenaire, risquent bien leur vie ou leur intégrité physique en échange d’un salaire, idem pour un pompier, un policier, un gendarme. Un footballeur s’achète ou se vend. Un mineur qui descendait dans la mine certain d’avoir la silicose à 50 ans vendait bien son corps. Tout travail rémunéré est une marchandisation d’une personne et cela n’a plus rien de choquant. La fonction de prostitué, de mère porteuse peuvent se voir comme un location de son corps ou comme une activité de service rémunérée, tout dépend des lunettes à travers lesquelles on veut les regarder.

Cessons de diaboliser ce qui ne l’est pas et posons-nous les vrais questions. Le problème de la GPA est le risque d’attachement de la mère porteuse à l’enfant quelle porte. Cela reste un lien que nous ne sommes pas prêt à couper quel que soit le contrat passé au préalable. Le lien charnel ne peut être occulté par un lien contractuel. C’est mon objection personnel à la GPA.

Avortement, euthanasie, PMA, et GPA

Introduction

Le problème du « droit à la vie et à la mort » se pose dès que l’on contourne les grandes lois de la nature pour organiser le vécu des hommes, pour l’adapter aux évolutions de la société moderne.

Ce problème ne peut s’aborder sans jeter un regard de philosophe sur ce qui fait, à nos yeux, l’essence même de la vie.

Cette vision de la vie repose sur l’hypothèse fondamentale de la transcendance ou non. Elle définit le caractère religieux ou athée de la vision de cette vie. Il s’agit bien d’une hypothèse car rien n’infirme ou ne confirme une transcendance à l’homme. C’est donc un choix totalement arbitraire,  le plus souvent influencé par le milieu familial, une rencontre, une sorte de hasard. C’est toujours sous le poids d’un environnement, d’une expérience de vie, de circonstances extérieures que se prend la décision de croire ou ne pas croire en une entité supérieure qui gouverne notre vie. Comme tout choix il n’est jamais fait « à priori » mais toujours le fruit d’un vécu personnel. L’important et de comprendre que quelque soit le choix fait il est toujours du domaine de l’arbitraire et ne peut être considéré comme une vérité.

  • Dans la vision religieuse (et je parlerais ici des religions Judéo-chrétiennes car ce sont celles que je connais le mieux mais le propos restera valable pour toutes les autres croyances), Dieu existe en tant que transcendance à l’homme. Il a créé l’univers, l’homme, lui à assigné une finalité et une morale. La morale est donc un « à priori » pour l’homme, elle est la loi de Dieu. En tant que telle, elle prime sur toute autre morale sociétale et se retrouve en contradiction avec toute organisation sociale issue de l’homme. En ce sens, toute religion est de nature asociale, à moins que la société elle-même n’ai adoptée la loi divine pour gouverner les relations entre citoyens. Théoriquement seul les états religieux peuvent accepter la religion sans créer de lourds conflits moraux dans l’esprit des citoyens. Les lois de l’homme peuvent se négocier, la loi de Dieu jamais. Cette dernière est assise sur un dogme immuable qui ne pourrait être remis en cause que par Dieu lui-même et ne pouvant évoluer, elle est incapable de suivre et de s’adapter aux évolutions de la société. Sur un plan théorique toute religion est incompatible avec une société gérée par des lois humaines. C’est en tordant le bras à bien des dogmes, à force de compromis, que la religion à put trouver sa place dans un état laïc et républicain comme la France.
  • Dans la vision non transcendantale, athéiste, matérialiste, Dieu n’existe pas (ou du moins il serai une création de l’homme) et il n’existe aucune morale « à priori ». Les relations entre les hommes se définissent par un consensus plus ou moins démocratique sur le vivre ensemble entre les citoyens. Elles sont négociés et donc peuvent être remises en cause, renégociées à l’infini. La morale peut donc s’adapter à l’évolution des sociétés (même si cette adaptation est souvent chaotique et conflictuelle)

Dans la vision religieuse l’homme s’adapte à la morale divine, dans la vision athéiste c’est la morale sociétale qui s’adapte à l’homme. Ce sont, bien sûr, deux visions pour le moins antagonistes, en tout cas résolument conflictuelles.

IVG, Avortement

C’est à la lumière des réflexions précédentes que l’on doit envisager le droit ou non à l’avortement.

  • Dans la vision religieuse, Dieu donne la vie et lui seul a le droit de la reprendre. Ainsi posé le problème est des plus simple. L’avortement est une transgression et doit-être condamné. Qu’importe le statut du fœtus (déjà homme ou pas encore), il est vivant et, créature de Dieu, on ne peut toucher à son intégrité. Le non à l’avortement est par essence justifié quelle qu’en soient les conséquences pour la mère, le père, l’enfant à naitre … La condition humaine s’efface devant la loi de Dieu, la vie issue de Dieu est sacré.

Qu’importe si ces militants anti avortement sont bien souvent des partisans de la peine de mort , ont n’en est pas à un paradoxe près. Qu’importe, également, que ces ardents défenseurs de la vie ne se mobilisent guère contre les guerres qui font des millier, dizaines de millier, centaines et millions de morts. Certains iraient même jusqu’à tuer pour mieux défendre la vie ! Qu’importe également que ces « lois divines » ne soient que l’interprétation par les hommes de textes sacrés que personne n’a jamais vu ou tenu entre ses mains !

  • Dans la vision athéiste le problème est évidemment différent. C’est une décision collégiale qui doit décider du bien fondé de l’avortement. Elle repose sur la définition d’un critère : à partir de quel degré d’évolution peut-on considérer le fœtus comme un être humain. Avant ce stade l’avortement est possible, après il peut être considéré comme un infanticide. Dans l’empire romain et la Grèce antique l’infanticide (surtout celui des filles et des enfants mal formés) était monnaie courante. Il était vu comme une régulation sociétale nécessaire. Les temps ont bien changés et de nos jours la protection infantile est vue comme un « must » incontournable. Se pose alors le problème éthique de savoir à partir de quel stade de développement le fœtus peut être considéré comme un enfant. C’est évidemment une question sans réponse (il faudrait savoir ce qu’est la vie pour trancher !), et pourtant, pour légiférer il est nécessaire d’en fournir une. Actuellement la loi fixe comme délai pour autoriser l’avortement, entre 9 et 14 semaine après les dernières règles selon la méthode utilisée (IVG médicamenteuse, par aspiration, ou chirurgicale). Cette règle, qui peut être différente selon les pays tient plus compte des problèmes médicaux que d’une définition du statut du fœtus.

Dans notre société le fœtus n’a aucun statut administratif, il ne recevra son identité que lors de sa naissance et déclaration à l’état civil. La société ne devrait donc lui accorder aucun droit de protection puisqu’il n’existe pas en tant que citoyen. Pour prendre en compte sa sécurité il devrait avoir une existence administrative lors de sa conception ou du moins lors de la prise en compte de son état d’être humain ! On voit comment le problème et complexe et toute décision arbitraire.

Euthanasie

Alors que précédemment nous parlions du droit à la vie, nous allons maintenant parler du droit à la mort. En France le suicide est autorisé, car évidemment il serai difficile de sanctionner un homme qui se suicide de quelques années de prisons et pourquoi pas de la peine de mort ! Reste le suicide raté. La personne qui survit à une tentative de suicide, doit-elle être inculpé de tentative de meurtre ? Il n’en est rien, au contraire la personne objet de cette tentative de suicide ratée est prise en charge, soignée, plainte, et considérée comme une victime de la vie. Ceci confirme que cette tentative d’atteinte à la vie n’est pas pénalisable mais au contraire parfaitement tolérée. En ce qui concerne le problème de l’euthanasie on peut donc dire que la tentative volontaire d’attenter à la vie ne peut être sanctionable dans la mesure ou le consentement de la personne euthanasié est acquis. Cependant, dans ce « suicide assisté » c’est le rôle de l’assistant qui peut faire débat. Comment s’assurer que la personne qui donne la mort (ou qui libère de la vie) agit bien au nom de son patient et pas au nom d’intérêts qui lui sont propres(héritier trop pressé d’accéder à la succession, aidant lassé de sa tâche, …). C’est sur ce point que doit porter le débat et non sur un hypothétique droit à la mort.

Bien sûr pour une personne religieuse, croyant au ciel, au paradis, à la vie éternelle, ce raisonnement n’est sans doute pas acceptable. Mais nous sommes dans une république laïque et les points de vue religieux doivent rester du domaine du religieux

PMA

La PMA pose d’autres problèmes éthiques, moraux et légaux : le droit de l’enfant, le droit de la famille, la notion de filiation.

Définitions :

  • L’éthique est l’ensemble des valeurs personnelles attachées à l’identité d’un individu
  • La morale est un ensemble de règles de vie définies au sein d’un groupe d’individus
  • La loi régie le consensus moral au sein d’une communauté citoyenne
  • C’est trois notions ne sont pas toujours, même rarement, en accord !

Nos ensembles de valeurs sont, il faut bien le reconnaître, issues de la religion catholique qui a dominé notre pays jusqu’à la révolution. Notamment la structure de la famille, le rôle de chacun en son sein (père, mère, enfants), est fondée sur des très anciennes valeurs datant de plusieurs siècles. Malheureusement la société a évoluée et ce qui avait un certain sens au XVII ème siècle devient de nos jour fortement anachronique. Prétendre que la structure de la famille doit encore être : « un papa, une maman, des enfants » c’est ignorer la structure actuelle de nos familles  (mère seules avec des enfants, familles décomposée et recomposées, mères et pères célibataires, enfants adoptés). Vouloir conserver cette ancienne vision de la famille est également en incohérence avec l’autorisation du divorce (qui détruit la structure de la famille) et devrait entrainer la pénalisation de l’abandon de famille (principalement par les pères) qui bousculent cette vision idéale de la famille. Les rôles dans la famille ont également été largement redéfinis et ne correspond plus aux anciennes valeurs.

Quant aux droits des enfants, j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer là-dessus, ils font place aux devoirs des parents. Ceux-ci, quels qu’ils soient, ont la responsabilité d’assurer à leurs enfants amour, nourriture, santé, protection, et éducation. Dans la mesure où ils remplissent ces devoirs tous les parent sont bons ! Les parents n’ont pas la responsabilité de rester ensemble toute leur vie.

Quant à la filiation, le problème est déjà résolut dans l’adoption. Elle se fait avec le ou les parents qui ont assumé les responsabilités et qui ont ainsi créés les liens qui lui donnent tout son sens. C’est le respect des devoir qui génère le droit sur les enfants.

GPA

Elle soulève deux problèmes :

  • La marchandisation du corps. C’est un faux problème soulevé par des opposants à la GPA. Cette marchandisation du corps existe depuis toujours, notamment dans toutes les professions à risque ? Qu’on me dise que la profession de mercenaire, de militaire, ou le risque de mourir est la contrepartie d’un salaire, ne constitue pas une marchandisation du corps ! Qu’on me dise que le métier de mineur dans les mines de charbon dans lequel le risque de silicose était de 100% n’était pas une marchandisation du corps !
  • Le vrai problème de la GPA réside dans le risque d’attachement de la mère biologique à son enfant à sa naissance. Lien qui ne peut être rompu par quelque contrat que ce soit. Nous ne sommes pas prêt à admettre que ce lien puisse être annulé parce qu’un engagement antérieur l’avait supposé non existant. Je ne crois pas que notre société soit prête pour accepter la GPA.

Conclusion

On constate que dans une société les valeurs individuelles basées sur le contact réel avec la vie quotidienne évoluent beaucoup plus vite que les valeurs collective. L’éthique précède la morale, elle-même en avance sur la loi. Les Français, pour ne parler que d’eux, vivent dans une société qui évolue très vite et doivent s’y adapter. Notre morale peine à évoluer, traine plusieurs siècles de retard sur les mœurs et la loi ne suit pas. On observe partout des pratiques tout à fait courantes qui reste contestées par les morales laïques ou religieuses (mœurs sexuelles, consommation du cannabis, avortement et euthanasie, jeune du vendredi, refus du porc chez les musulmans,  etc. etc.).

Tout changement est anxiogène car il suppose une remise en cause des constructions intellectuelles établies. Le repli régressif est sécurisant mais paralysant. Il crée le décalage entre ceux qui ont la capacité de s’adapter, et ceux qui enfermés dans leurs certitudes sont en incapacité d’évoluer.

La certitude est la pire des vertus !

Le populisme ou la raison du peuple

Le peuple a-t-il toujours raison ?

On peut donner une infinité de définitions du populisme. Mais toutes tournent autour de la souveraineté du peuple dans les décisions collectives. Bien sûr la notion même de peuple est loin d’être précise car, si elle pourrait définir l’ensemble des citoyens vivants dans un pays (la communauté nationale), elle est le plus souvent utilisé pour représenter les classes populaires par opposition aux classes dirigeantes et aux élites.

Le populisme véhicule donc une sorte de notion de « lutte des classes », un conflit entre riches et pauvres, élites et ignorants, dominants et dominés.  Il y a derrière tout discours populiste un esprit de rébellion, de revanche, de remise en cause de l’ordre établit

Bien que défini plutôt récemment, le populisme est pratiqué depuis la nuit des temps par tout-ceux qui désirent prendre le pouvoir, il est le cousin germain de la démagogie.

Traditionnellement associé à une pensée « de droite » il connut, chez nous, la consécration avec le mouvement « Poujadiste », mais bien sûr, à l’analyse, il se révèle tout à fait universel et transverse à toutes les idéologies.

Pour bien comprendre cette technique de manipulation des opinions, de prise de contrôle essayons d’en définir les mécanismes. Elle se base sur 4 grandes étapes.

1) Définition d’une cible.
Il faut identifier un groupe d’individu ayant une aspiration, un besoin, une revendication assez forte et commune à tous. C’est cette nécessité qu’il faudra flatter et promettre de solutionner. Peu importe si ses individus ont par ailleurs des aspirations très diverses, voire antagonistes. On doit les réunir autour de leur besoin commun.
Ce groupe pourra être selon la situation et l’objectif de la prise de pouvoir : Les patriotes ( défenseurs de la France) , les travailleurs (force vives de la nation ), les entrepreneurs ( créateur de croissance et générateurs d’emplois) , les défenseurs de la morale ( anti avortement, mariage pour tous, …), les écologistes (défenseurs de la planète et des générations futures ), les défenseurs d’une idée, … ou pourquoi pas les supporters du Paris saint Germain ou autres.

2) Création d’un sentiment de cohésion.
Il faut donner une unité au groupe et pour cela rien de mieux que de se définir par rapport à un adversaire commun. ( il est toujours plus facile de fédérer les gens contre quelque chose que pour! ). Cet ennemi commun sera le ciment du groupe et fera oublier à chacun ses divergences avec les autres.
Pour le groupe des patriotes, l ‘ennemi pourra être les ennemis de la Nation. Ce pourra être les communistes (déjà vu ! ), les juifs (déjà fait!), les arabes devenus les musulmans (en cours ! ), les libres penseurs et les intellectuels, dont on peut, par une pirouette ou une autre justifier qu’ils sont un danger pour la patrie.
Pour le groupe des travailleurs, l’ennemi tout désigné sera les Patrons, les capitalistes, les banques, dont il n’est pas trop difficile d’argumenter qu’ils sont les exploiteurs de la classe ouvrière et qu’ils ne pensent qu à « s’en foutre plein les poches ».
Pour le groupe des entrepreneurs (patron est devenu un terme péjoratifs imprononçable, comme nègre ) l’ennemis sera bien sur les salariés (qui ne pensent pas au bien de l’entreprise mais à obtenir toujours plus d’avantages et plus de salaire ) ou un gouvernement socialiste qui paralyse la liberté d’entreprendre …
Pour les défenseurs de la morale l’ennemi sera les libres penseurs, les progressistes,les pervertis de tous poils.
Pour les écologistes, pas besoin d’aller chercher très loin, les pollueurs, les industriels, les pétroliers, …..feront l’affaire.
N’oublions pas Bruxelles et l’Europe qui peuvent faire un ennemi idéal pour des groupes très divers.

3) Devenir les porte-paroles
Il faut s’autoproclamer pourfendeur de l’ennemi. Le discours et simple puisque l’on s’adresse à un public déjà convaincu. Il suffit d’insister et d’insister encore sur le danger commun, d’exacerber les peurs, de titiller les anxiétés. Tout l’art sera d’éviter les autres sujets qui pourraient diviser le groupe et lui faire perdre son illusion de cohérence. Si on s’y prend bien, si on s’investi assez, si on évite les pièges de la division, on pourra passer du statut de leader auto-proclamé à celui de leader désigné.

4) Passage aux actes.
C’est là le point faible du populisme. Si on prend une certaine audience, si le groupe prend du pouvoir, il va se trouver confronter à la nécessité d’agir. Hors, un acte est toujours positif. On n’est plus dans la négation des actes des autres, mais dans l’action. On fait ! On va être obligé de sortir de la dénonciation pour devenir soit même sujet à la critique. C’est à ce moment que les divergences d’opinions dans le groupe vont apparaître . Chacun, en fonction de ses convictions, n’aura pas la même idée de l’action à entreprendre. Sortie de le dénonciation commune, l’action pourra être diverse, chacun va retrouver son indépendance de pensée.
Que peut-il se passer ?
Soit le groupe se scinde en plusieurs courants avec de nouveaux leaders émergeants … et bonjour la guerre des chefs et des chapelles, soit l’une des tendances réussi à s’imposer aux autres par la force et la coercition et le mouvement devient autoritaire, autocratique. Il est obligé de se doter de règles et de dogmes qu’il faut imposer à des personnes qui ne sont plus d’accord sur les objectifs. Non seulement il faut imposer ses idées à la cible antagoniste choisie, mais encore à une partie de ses sympathisants. Les tenants du populisme se retrouvent alors être une minorité qui doit imposer ses idées à une majorité. Inutile de dire que la dérive totalitariste est inévitable.

C’est le problème du populisme, construit sur une fausse idée de cohésion, il se termine toujours mal, soit dans le chaos et la division, soit dans l’autoritarisme.

PS : Le principe même « du peuple qui a toujours raison » et largement contredit par l’histoire. Pensons que c’est le peuple qui a porté au pouvoir Hitler (mien führer adoré), Staline (le petit père du peuple ), Mao Tsé Toung (le grand timonier), que c’est avec l’appui du peuple que les catholiques ont menés l’inquisition, l’extermination des Cathares, les guerres contre les protestants, que le peuple participe largement aux dérives radicales qui ont portés au pouvoir D. Trump, V. Poutine, E. Erdogan, J. Bolsonaro et qui polluent notre siècle. C’est également par le peuple que se forgent les idéologies radicales Islamistes. Non le peuple est loin d’avoir toujours raison, et même si sa cause est le plus souvent juste il manque souvent totalement de clairvoyance dans ses choix, il se laisse facilement manipuler par les populistes.

L’argent, unité de mesure illusoire

L’argent sert à quantifier et mesurer l’intérêt que l’on porte à un bien, un service, voire un être. Il s’agit d’un unité de mesure étrange car bien que très clairement définie (Comme toute unité de mesure elle nécessite un étalon, qui fut l’or et qui est actuellement le Dollar US, les autres devises se positionnant par rapport à lui) elle sert à mesurer quelque chose qui n’est pas directement quantifiable.

Prenons l’exemple du salaire horaire d’un ouvrier, comment le mesurer en termes d’unité monétaire. Il n’existe pas de définition « absolue » de ce niveau de salaire. IL n’est défini que de façon relative à partir de quelques règles :

  • Un ouvrier est payé moins cher qu’un contremaitre, lui même payé moins cher qu’un cadre, payé moins cher qu’un dirigeant
  • Le salaire est fixé en comparaison avec les salaires d’ouvriers faisant un travail analogue.
  • Il tient compte de la rareté de la compétence recherchée.
  • Il est calculé en fonction de son incidence dans le cout des produits fabriqués et qui devront être vendus
  • Le salaire est évalué en fonction du taux de retour financier escompté. Un footballeur qui rapporte des recettes en vente de maillots, droits de télévision, billetterie, abonnements, un parfumeur (nez), un greffeur de perles, seront payés très cher car ils sont susceptible de rapporter beaucoup à l’entreprise

On peut trouver une foule d’élément qui peuvent influer sur le salaire de cet ouvrier, mais tous seront en rapport avec ce qui se pratique, de façon générale, dans l’industrie et aucun de constituera une mesure absolue du cout d’une heure de travail d’une personne. C’est une notion qui n’existe pas « en soi ». Il n’existe pas d’évaluation objective de combien vaut le travail d’un être humain. (sauf dans le cas odieux de l’esclavage ou ce cout était évalué, par définition, à zéro !)

Dans une transaction l’argent sert à mesurer le niveau d’adéquation entre l’offre et la demande.

L’argent et, également, le système de quantification des autres unité de mesure (temps, espace, poids, puissance, etc., etc.). C’est donc une « supra unité », qui permet de mesurer d’une façon, apparemment précise, des notions non quantifiables. En ce sens on peut dire que c’est une illusion. Il permet de mesurer (d’évaluer) le temps passé, un distance parcourue, une longueur de tissus, …etc., etc.

  • Si vous avez un accident mortel sur la route votre famille touchera une indemnité de l’assurance pour le prix de votre disparition. Ce montant versé mesurera le prix du vide laissé par votre disparition, en quelque sorte le prix de votre vie pour vos proches.
  • Vous avez un accident du travail et vous perdez l’usage d’une main. Vous serez pensionné pour le prix estimé de votre main.
  • Le marché de l’art est l’exemple même de la valeur relative d’une mesure monétaire qui se présente comme absolue. Combien vaut une œuvre d’art ? le prix du désir de l’acquérir par un acheteur, (valeur hautement subjective et relative), le prix espéré de sa revente, (valeur relative)

Les évaluations monétaires des biens, services, personnes sont bien des valeurs relatives les unes aux autres dans un système de relations relativement cohérent. Mais c’est un système qui tourne en rond en se mordant la queue. Vous estimez A par rapport à B, puis B par rapport à C, ce qui vous donne une estimation de C par rapport à A. Les valeurs relatives peuvent être, apparemment raisonnables (pour peu qu’elles fassent l’objet d’un consensus) mais qu’elles en sont les valeurs absolues ? Existe-t-il une valeur origine qui déterminerai toutes les autres ? Y a-t-il quelque part une entité suprême qui  fixerai, par exemple, la valeur absolue d’un quintal de blé étalon dont on pourrait déduire, de proche en proche, la valeur absolue de tous les biens, services, personnes ? bien sûr que non !

Nous vivons dans un système ou tout est évalué (directement ou indirectement) en unités monétaires. C’est une vaste « bulle », une construction « autoportante » qui ne repose sur rien, ou plutôt qui repose sur un consensus général. L’argent se présente comme une unité de mesure alors qu’il n’est qu’un droit consensuel à acquérir bien, service, et autres valeurs comme l’amour, la loyauté, la renommée …

L’argent n’est pas une valeur, il n’est que la représentation symbolique de grandeurs non mesurables en soi. Il représente les relations comparatives entre ces grandeurs.

Il est amusant de constater que cette représentation d’un monde non quantifiable exprimé en termes monétaire et analogue à la vision d’Albert Einstein dans sa théorie de la relativité, dans laquelle les objets ne sont plus représentés par leurs propriétés intrinsèques, absolues, mais par les relations qu’ils ont entre-deux. C’est également la vision de la psychologie relativiste qui définit les êtres non pas par ce qu’ils sont mais par les relations qu’ils développent entre-eux

 

On peut lutter contre le chômage

Nos dirigeants ont tous déclarés comme priorité N°1 la lutte contre le chômage. Ils ont tous échoués. Il est apparu d’autres priorité, la conservation du pouvoir d’achat, l’égalité, la réduction des déficits. Quatre priorités, c’est trop, surtout si elles peuvent être antagonistes.

Le niveau de chômage dans un pays est effectivement de première importance

  • Parce qu’il reflète le niveau d’activité économique, donc de croissance
  • Parce qu’il est fondamental pour l’équilibre des comptes de l’assurance chômage, des caisses de retraites, et de la sécurité sociale

Pour lutter contre le chômage il faut tout d’abord bien en cerner les paramètres. De nos jours les pays ne vivent plus en autarcie comme c’était le cas jusqu’au XVI ème, XVII ème siècle et les échanges commerciaux sont de plus en plus important. La balance commerciale en est le reflet.

  • Lorsqu’un pays importe des produits qu’il consomme, (soit parce qu’il n’a pas la technicité suffisante pour les fabriquer, soit parce que ses couts de fabrication ne le rendent pas compétitif vis à vis des produits importés), on peut dire qu’en même temps que les produits il importe du chômage (puisque ces produits ne sont pas le fruit de ses travailleurs)
  • Inversement, lorsqu’un pays exporte les produits qu’il a fabriqué on peut dire qu’il exporte aussi sont chômage dans le pays importateur.

On comprend comment la compétitivité des entreprises, sur le plan international est fondamentale pour l’économie et le niveau de chômage d’un pays. Ne nous leurrons pas, diminuer notre chômage c’est augmenter celui des autres. Il s’agit d’une véritable guerre commerciale non avouée.

 

La compétitivité des entreprise et l’emploi

Une des piste pour créer de l’emploi (préconisée par la droite libérale et honnie par la gauche Keynésienne) consiste à alléger les charges des entreprises pour leur redonner de la compétitivité (en diminuant leurs couts), regarnir leurs carnets de commandes, et ainsi les inciter à embaucher pour couvrir leurs besoins. Cette méthode à notamment été utilisée en Allemagne par Gerhard Schröder avec un certain succès. Elle présente cependant de gros inconvénients

  • Dans la mesure ou on allège les charges des entreprises (Cadeau aux patrons disent « la gauche ») les recettes de l’état diminuent et sa capacité de redistribution (services publics ou aides sociales) est moins grandes. Le contribuable est pénalisé. De plus, la compétitivité des entreprises étant accrue elles font des meilleurs profits qui profitent aux actionnaires. C’est une approche très inégalitaire car l’argent passe de la poche des contribuables à celle des actionnaires.
  • Les entreprises prétendent, en contrepartie, créer du travail ce qui profiterai aux salariés. En fait l’embauche (si elle se produit) n’est en rien une contrepartie de l’aide reçue, mais une simple conséquence de la nouvelle compétitivité. Les entreprise embauchent parce qu’elles ont des commandes à honorer grâce auxquelles elles feront de nouveaux profits. Ces embauches ne leur coutent rien mais au contraire leur rapportent. Les entreprises reçoivent donc des aides sans contrepartie.
  • La mise en place du processus est longue. Dans un premier temps les aides de l’état servent à reconstituer la trésorerie des entreprises, phase nécessaire pour leur donner un volant d’action. Après cette phase vient celle de l’investissement et de l’intégration de l’aide dans la diminution de la structure des couts. Enfin vient la phase de démarchage et la conquête de nouveaux marché, c’est seulement alors que l’influence sur le niveau de chômage se fera sentir. L’ensemble du processus peut prendre au moins deux à trois ans. Durant ce temps le contribuable paie sans rien voir venir. Très rapidement l’opposition crie au scandale et bientôt les électeurs réclament des comptes et le gouvernement est obligé de lâcher du lest, de redistribuer du pouvoir d’achat, et la politique capote. Seules les entreprises en sont bénéficiaires car elles se sont enrichies.
  • Comment rendre viable ce processus et lui donner une certaine justice. Il faut trouver une contrepartie à fournir par les entreprises pour rendre le process équitable. On ne peut demander aux entreprises d’embaucher avant d’avoir des besoins en main d’œuvre, ce serai ridicule, impossible, et improductif. On ne peut demander qu’elles fournissent une contribution financière car se serai leur donner d’une main ce que on leurs retire de l’autre. La contrepartie réclamée ne doit pas entamer leur compétitivité. La solution serai de demander, en échange le l’aide financière apportée par l’état (le contribuable) de céder une part de leurs actifs à l’état. Ce transfert d’actions ou de parts sociales n’aurai aucun impact sur l’exploitation et la compétitivité des entreprises et constituerai un forme de caution pour l’état. Celui-ci pourrait revendre ces actions soit à l’entreprise elle-même, soit sur les marchés et ainsi récupérer, pour les contribuables le capacité de redistribution perdue. Le financement de la reconquête du marché et de la création d’emploi serait alors juste et égalitaire.

Cette solution qui pourrait être acceptable pour les citoyens serait évidemment décriée par le patronat habitué à recevoir des aides sans contrepartie.

 

L’utilisation efficace des ressources

Du temps de la Royauté, le Roi avait des droits, qui lui avaient été conférés par Dieu et le peuple le devoir de le servir. La république a changé la donne. Selon le principe de la solidarité, les citoyens sont tenus au devoir de solidarité envers leurs compatriotes. En ce qui concerne les assurances chômage, le principe est le même. Tous les participants (cotisants) se portent solidaires des membres défaillants. Il en résulte que ce sont l’ensemble des membres qui ont le devoir d’aider les chômeurs et non ces derniers qui ont des droits à une aide. Avec l’usage et l’habitude il est devenu courant de parler des droits des chômeurs au lieu d’évoquer le devoir général de solidarité. Ne nous trompons pas, les bénéficiaires du chômage restent redevable de leurs indemnités à la collectivité.

Une fois posée ce préambule, nécessaire car ce que je vais dire va déclencher une polémique avec avis très favorable coté patronat et droite et des cris d’indignation côté gauche !

Nous cherchons, à rendre compétitive une économie plombée par ses couts de main d’œuvre trop élevés et nous avons d’autre part environ 3,5 millions de personnes au chômage payées à ne rien produire. Chercher l’erreur ! C’est un volant de main d’œuvre et de productivité gigantesque et couteux qui est inutilisé.

D’autre part une très grande partie de notre consommation est faites de produits importés car notre industrie est incapable de les produire à un cout compétitif. Tout le gros électroménager (Frigidaires, Machines à laver, micro-ondes, fours), la majorité du petit électroménager(Fers à repasser, robots ménager, batteur), les télévisions, tous les produits high-techs, les smartphones, les scooters, la majorité des voitures « dites » Françaises, etc., etc.  ne sont pas fabriqués en France. Pour la plus part non pas pour une raison de compétences mais pour une raison de cout. Cela représente des centaines de milliers d’emplois directs ou indirects de perdu ou plutôt cédés aux pays fournisseurs. Un véritable gâchis.

Contrairement à une rumeur délétère propagée par des groupes à la pensée nauséabonde, la grande majorité des personnes au chômage souhaitent vivement retrouver un emploi stable, et beaucoup sont même prêt à faire les effort nécessaires pour y parvenir.

Alors pourquoi ne pas aborder de front le défi qui est le nôtre !

Rêvons un instant. Les Assedic pourrait investir dans des usines de production, disons, par exemple, de machines à laver et de Frigidaires d’entrée de gamme. Une technicité largement à notre portée. Les chômeurs volontaires pourraient y être employé moyennant une surcote de leur allocation (cadres, techniciens, comptables, commerciaux, ouvriers). Sur le plan salarial l’entreprise ne supporterai que la surcote accordée aux  chômeur (le reste étant assuré normalement par les ASSEDIC) et se retrouverai en bonne position de compétitivité vis à vis des produits d’importations. Les ASSEDIC pourraient alors en partie se financer sur les revenus de l’entreprise. Les sous-traitants y trouveraient un regain d’activité et les importations de produits étrangers seraient ralenties (sans imposer de barrières douanières comme cela semble être, malheureusement, à la mode), et surtout les chômeurs y retrouveraient la dignité qu’assure l’autonomie financière.

Voilà une idée qui réjouira les partis de droite  (les chômeurs sont des fainéants) et qui fera crier les partis de gauche (les chômeurs sont des victimes), deux affirmation aussi inutiles l’une que l’autre. Il s’agit d’une suggestion qui sans doute peut poser certains problèmes. Mais les problèmes sont fait pour être résolut. C’est la classique défense de ceux qui ne veulent pas bouger, des conservateurs, que de soulever des problèmes soi-disant insolubles. On observe cela chaque fois que l’on cherche à faire bouger les lignes. Dans la plupart des cas on s’aperçoit vite qu’il  s’agit de faux problèmes. La dynamique, la force d’un pays est justement d’aborder les problèmes et de leurs trouver la meilleure solution, de faire preuve d’initiative, d’innovation ? N’oublions pas que la lutte contre le chômage est aussi une guerre commerciale et que qui baisse les bras sera le perdant.

La langue Française et ses déboires

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile, ils sont logiques et simplificateurs, tout le contraire de l’orthographe.

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.

 

 

 

 

 

Réflexions à propos de « l’affaire Benala »

L’affaire Benala
Depuis quelques jours l’affaire déferle dans la presse, les médias, au point de paralyser le travail des parlementaires dans une forme d’hystérie plutôt malsaine. Pour les uns « affaire d’état », pour les autres « tempête dans un verre d’eau ».

Pour rappel des faits, un employé de l’Élysée chargé de la sécurité du Président c’est substitué aux forces de police pour appréhender avec brutalité un manifestant dans une manifestation en mai dernier. Il en résulte une double infraction de coups et blessures (apparemment sans blessures) et d’usurpation de pouvoir de police. Une infraction sérieuse déjà observée lors des manifestations d’extrême droite ou d’extrême gauche. La justice est saisie et l’enquête est en cours. D’autres enquêtes ont également été diligentées par, l’IGPN (police des polices), par le parlement, et par le sénat. Il ne nous manque plus qu’un recours aux prudhommes pour sanction abusive pour fermer le bans (dans ce cas, oh miracle ! la justice militaire n’est pas actionnée).

Les justices parallèles
Dans la mesure où l’on souhaite mettre fin aux régimes spéciaux de retraite on pourrait s’interroger sur le rôle de ces régimes spéciaux de justice qui agissent en parallèle. Chacun peut arriver à ses propres conclusions, définir ses propres sanctions. Tout ceci peut être cumulatif, contradictoire, et pour le moins confus. Si le rôle de la justice est indiscutable (puisque qu’elle existe pour remplir cette fonction), l’IGPN est déjà une justice un peu parallèle interne à un corps de l’état avec un rôle analogue à la justice militaire. Il est vrai que l’ordre des médecins, des magistrats, la fédération Française de football, l’Union cycliste internationale etc. etc. ont aussi le propre système de tribunal et de justice. Dans les entreprises privée c’est le directeur général auquel on confie ce rôle de juge, quitte pour le salarié à faire appel de sa décision devants « les prudhommes ». Dans les organismes maffieux, dans le milieu de la délinquance on retrouve également ce rôle de juge et ce système de sanctions (parfois expéditives). C’est dans la nature de tout groupe constitué que de vouloir rendre sa justice.  Il existe dans notre pays des centaines d’organisme de justice, chacun agissant avec ses propres règles, ses propres contrôle, ses lobbies. La justice finie par être un tribunal parmi tant d’autres, même si « in fine » l’institution judiciaire reste le recours suprême vers lequel chacun peut se retourner pour se faire rendre « LA JUSTICE » … mais au bout de nombreuses années et souvent bien trop tard.

Les abus de pouvoir
Un point intéressant et celui du parlement qui c’est autosaisi d’une commission d’enquête, et il semble qu’à la lecture des textes (sous un certain angle) ceci puisse faire partie de ses prérogatives. C’est pour le moins bizarre que l’organe législatif puisse se muer en organisme judiciaire et juger des affaires qui ne concernent pas l’action du parlement. Ce dernier est chargé du contrôle de l’action du gouvernement mais nullement de la gestion du personnel de l’Élysée et des voies de fait sur la voie publique. Une usurpation de pouvoir (légale) pour juger une usurpation d’identité et de fonction, c’est vraiment coquins contre coquins ! Quand à censurer le gouvernement pour sanctionner des violences faites par un salarié de la présidence dans l’espace publique c’est un poil « Ubuesque ». Il est vrai que le parlement vote pour ses conditions de travail, ses salaires, ses conditions de retraite, de crédit à la consommation, ses avantages divers … on n’en n’est plus à un conflit d’intérêt près. J’aurais bien aimé voter pour mon salaire et ma retraite !

Il est vrai que les membres du gouvernement n’ont rien fait pour ébruiter l’affaire et peuvent être soupçonnés de « mensonge par omission », mais existe-t-il un seul député qui n’ait jamais menti au moins par omission dans l’intérêt de son parti (revoir les affaires Strauss Kahn, Cahuzac, Fillon, Chirac, etc. etc. !)

Le rôle trouble des députés
Nos députés sont les premier à trahir leur fonction en respectant la « sacro-sainte » discipline de vote et en s’arrogeant des droits sur leur circonscription. Ils sont élus, effectivement par un scrutin par circonscription mais sont censés être représentatifs au niveau national et non régional. Le niveau régional est déjà représenté par les maires, les conseillers généraux, les conseillers régionaux, et enfin par les sénateurs. Le « travail » des députés en circonscription et largement entaché d’électoralisme et de clientélisme. On soigne avant tout ses électeurs potentiels, temps qui est pris sur celui dévolu à la représentation nationale. C’est un « hiatus » de nos institution de faire élire des représentant par des électeurs qu’ils ne sont pas censés représenter. Pourquoi un membre du collège législatif se donnerait-il des pouvoir exécutifs dans une partie du territoire ? On est bien sûr dans un franc conflit d’intérêt : « je m’occupe de ce qui me rapporte et non de ma fonction propre ». Nos députés usurpent le pouvoir des représentants locaux (puisqu’ils ont plus de pouvoir à Paris dans notre état centralisateur) au même titre que Monsieur Benala a pu usurper les pouvoirs de la police !

La discipline de vote
Autre dévoiement du système dans la discipline de vote. Les électeur choisissent un homme pour être un représentant de la nation et celui-ci ne vote plus les lois en son âme et conscience mais selon les directives qui lui sont fournie par les instance régnantes dans son parti. En fait au parlement ont un réel droit de vote une petite poignée de personnage (ceux qu’on appelle les poids lourds des partis) qui confisquent leur légitimité au instances élues, certains de ces personnages pouvant eux-mêmes ne pas être des élus !

Avant de jouer les « vierges outragées » et d’hysteriser la moindre polémique (en se comportant comme des adolescents en crise), nos députés feraient bien de « balayer devant leur porte » et de respecter l’esprit de nos institutions pour remettre « l’église au milieu du village »

L’échelle des sanctions
On a beaucoup critiqué les responsables de l’Élysée pour la sanction infligée dès le début mai à Monsieur Benanla , la jugeant trop peu sévère vis à vis des faits reprochés. Encore une fois jugeons la situation sans passions. Suite à la prise de connaissance des faits Monsieur Benala a été mis à pied 15 jours avec privation de salaire. La sanction est-elle en proportion de la faute ? qui pourrait le dire. Notre système de sanction pénal est purement de type relatif. Si vol de 100 € conduit à une sanction X, un vol de 1000 € devra être sanctionné par une peine plus lourde et ainsi de suite. Ce système relatif fonctionne assez bien, mais comment, sur quelle base fixer la référence, la sanction X … rappel à la loi, Travaux d’intérêts généraux, prison … aucun système de référence n’existe et on se contente de fixer des peines par habitude, par rapport à des affaires précédentes, c’est un système purement subjectif qui se donne des allures rationnelles. De même, comment fixer des peines relatives dans le cas de vols, d’agressions, d’escroqueries, de viols, de meurtres, qui peut, qui a établi la relativité de peines entre délits de nature différentes ?  Dernier exemple, un juge condamne un détenu à disons 5 ans de prison. Ce dernier fait appel et sa peine est réduite à 1 an voire il est gracié. Le premier juge a-t-il été défaillant, et dans ce cas il devrait être sanctionné, ou est-ce la cour d’appel qui fait erreur, pourquoi l’un des jugements l’emporterai-t-il sur l’autre ? et que dire si la cour Européenne s’en mêle et prononce un autre jugement ? Se prononcer sur la proportionnalité d’une peine est un exercice hautement risqué et toujours critiquable.

Les tribunaux d’exception
Autre point que soulève le prononcé de cette sanction c’est qu’elle ne respecte absolument pas la « sacro-sainte » vertu de la présomption d’innocence. Comment, sans enquête contradictoire, sans jugement, une justice parallèle s’arroge-t-elle le droit de prononcer une condamnation ? Comment peut-on juger une peine trop ou pas assez lourde sans éléments d’enquêtes, sur la simple présomption de culpabilité. Décidemment ses « tribunaux parallèles » ont des allures de tribunaux révolutionnaires, un léger côté de procès Staliniens ! Personnellement dans le cas qui nous intéresse j’aurais opté pour une mise à pied provisoire sans perte de salaire en attente du jugement prononcé par la tribunal compétant.

Les protections occultes
Ce dernier point soulève le problème majeur des pouvoirs occultes, fantasmés ou réels, qui agitent notre sphère politique. Dans le cas présent beaucoup des intervenants étaient persuadé, à tort ou à raison, qu’il existait une relation forte entre E.Macron et son garde du corps. A tous niveau on constate une réticence à l’engagement dans cette incertitude. Plutôt que de risquer de « fâcher le prince » chacun c’est réfugié dans des demi-mesures, la langue de bois, l’omission. S’il s’agissait d’un cas isolé ce ne serai pas très grave, mais l’important et que si chacun à agit avec cette prudence fautive c’est que chacun a vécu ou connu de nombreux exemples ou le lanceur d’alerte a été le premier puni pour avoir révélé une vérité. Les membres d’un parti doivent s’exprimer avec « les éléments de langage » qui lui sont fournis par le « bureau politique » sous peine d’exclusion ou de non investiture aux prochaines élections, voter contre une loi proposé par son parti revient à une « mise à mort » politique. On comprend bien que quand on doit s’opposer à un pouvoir occulte, même simplement supposé, on préfère assurer ses arrières et éviter des propos définitifs. Dans le doute, abstient toi !

Conclusion
En conclusion, et par-delà cette affaire de droit commun, c’est toute l’incohérence et la déliquescence de notre monde politique qui se dévoile. On est loin de la société idéale, mais la justice faites par les hommes ne sera jamais que la justice des hommes. Nous avions élu une « nouvelle race » de députés, on peut dire qu’ils n’ont pas été long à apprendre la leçon de leurs ainés.

 

 

L’histoire de l’art, de la raison à l’émotion

Nos société évoluent, au cours de l’histoire allant, en se formalisant de plus en plus, des meutes, des clans informels des sociétés primitives, jusqu’aux sociétés modernes ou tout est encadré, régulé, réglementé, et dans lesquelles la spontanéité, l’instinctuel sont quasiment rejetés.

L’histoire de l’art se présente comme un long cheminement qui va des temps les plus reculés jusqu’à nos jour. Vu avec beaucoup de recul, on trouve dans l’expression artistique une lente évolution qui va, à l’inverse des sociétés, du plus raisonné, contrôlé, académique, au plus déconstruit, débridé, informel.

Il est curieux de constaté que plus les sociétés se structurent et plus leur expression dans l’art suit le chemin inverse et se déstructurent.

Reprenons, rapidement, les grandes périodes de l’histoire de l’art :

  • Époque Gréco-romaine. L’art est généralement d’expression religieuse. On montre surtout des représentations des dieux sur un mode extrêmement codifié, à la fois dans l’iconographie de la représentation et dans son expression esthétique. On respecte les canons de la beauté qui sont à la fois gage de beauté et de respect envers les divinités représentées.
  • Au moyen âge on reste dans la représentation religieuse (une autre religion bien sûr) mais l’expression artistique reste très formelle à la fois dans les sujets traités et dans la façon graphique de les interpréter.
  • A la Renaissance les carcans de l’art s’assouplissent et l’on peut aborder de nouveaux sujets. Tout d’abord on se dégage pratiquement de l’art religieux en représentant la mythologie Gréco-romaine (ce qui est une façon de rester dans le religieux tout en s’en écartant). On s’oriente alors vers la représentation des « grands de ce monde » dans une présentation « laïco-religieuse ». On décrit dans les portraits et représentations des grands hommes plus leurs fonctions, leur pouvoir, que leur personnalité. Le costume, la position, sont choisies avec soin pour donner toute l’impression de puissance attachée à la fonction.
  • Progressivement on va glisser vers des expressions plus personnelles, des portraits plus intimistes, des sujets plus naturalistes montrant les gens du peuple. La sensibilité s’insinue sous les codes académiques.
  • Avec l’époque impressionniste le sentiment fait véritablement irruption dans l’art. On ne peint plus une réalité mais la perception que l’on peut en avoir. Les artistes recherchent comment techniquement, dans leur travail, représenter des sentiments, des états d’âme. Adieu la rigueur, place à la liberté.
  • Au début du 20 ème siècle la « dé formalisation » de l’art s’accentue. Cubisme, structuralisme, constructivisme, les codes utilisées deviennent de plus en plus personnels, la « réalité » ne fait plus partie des objectifs artistiques. On ne peint plus ce que l’on voit mais ce que l’on ressent. Alors que les impressionnistes peignaient ce qu’il ressentaient devant un paysage, on n’a plus besoin de sujet pour s’exprimer, on trouve en soi les élans nécessaires à la création. Il reste encore des traces d’académisme puisqu’il reste des écoles, des chapelles, une théorisation de l’art qui imposent encore certaines contraintes et conventions
  • Dans l’époque contemporaine tous les codes éclatent. On arrive à ce que certain peuvent appeler « le grand n’importe quoi ». Toute formalisation a disparue et la projection sur une toile devient presque un acte physique (tout à fait pour certains artistes) Chacun balance dans son œuvre ses déchirements internes (souvent névrotiques, nihilistes, morbides, parfois à la limite de la pathologie). Qu’importe la forme, on s’exprime et … c’est tout.

 

On voit dans ce petit résumé comment l’expression artistique est passée en deux siècle d’un mode contrôlé, raisonné, et gouverné par la conscience cognitive, des choses, à une expression sans règles communes, et commandée par la conscience émotionnelle.  La raison à progressivement fait place à l’animalité. Si on cherche à comprendre ce nouveau mode d’expression on fait fausse route. Il n’y a plus rien à comprendre, à analyser, dans cet art, juste à ressentir, à éprouver. Selon la raison c’est du « n’importe quoi », selon l‘émotion ce peut être intense.

Quel sera l’avenir de l’art dans cette perspective … mystère ? Continuera-t-il à évoluer à rebours de l’évolution de la société (qui elle va dans le sens de plus de structuration, plus de codification, plus d’universalité dans la connaissance), l’avenir nous le dira. Quel sera le profil des futurs amateurs d’art ? « L’élite culturelle » va-t-elle abandonner la notion d’art et la laisser aux classes « les plus populaires » ? le marché de l’art va-t-il, de ce fait, s’élargir ?

On retrouve une évolution similaire dans la musique qui est passé en deux siècles d’une musique folklorique rituelle et répétitive, à la grande période de la musique dites « classique », pour en arriver au jazz, au rock’n roll, au métal, au rap. Encore ici, l’élite c’est fait déposséder de ses prérogatives de leader d’opinion et se sont les couches populaires qui se sont accaparé le privilège des conduire les gouts, de faire le marché de la musique. On va vers une musique plus instinctuelle, plus spontanée, plus caricaturale.

La disparition des élites dominantes est le fait majeur de l’évolution des civilisations modernes, avec le paradoxe que, plus la civilisation devient complexe, technique, difficile à appréhender et moins les élites intellectuelles gouvernent le monde.

Plus les sociétés se structurent, plus les élites perdent leur pouvoir au bénéfice des classes populaires, et plus leur expression devient, simple, instinctuelle, animale … finalement, c’est très logique !

Signalons une forme artistique un peu particulière, c’est la littérature. Dans la mesure où elle s’exprime à travers un média totalement codifié et secondarisée (le langage), elle n’arrive pas à devenir une expression animale (car l’animal n’a pas de langage). Même si la littérature « au kilomètre », les romans « dit de gare » jouent les bestseller, il reste encore une place pour la « belle littérature ». Si on observe une évolution dans la littérature, c’est souvent plus dans les sujets traités que dans la façon de les traduire.

 

Reproduction, sexualité, pornographie, et prostitution

Rien qu’à l’énoncé du titre on peut que se dire : « Mon dieu, dans quelle galère on s’embarque ». C’est vrai que le sujet est plutôt chaud car il est du domaine du tabou, du non-dit, du caché, du coupable, le vrai package complet de notre culture judéo-chrétienne ! mais pas que, car dans la plupart des cultures évoluées on retrouve ce tabou du sexe.

Dans la mesure ou le sujet est complexe, on va l’aborder pas à pas.

La reproduction

C’est la base fondatrice de la vie et de l’existence d’une espèce vivante. Sans reproduction, pas de perpétuation, sans renouvellement pas d’existence ! Comme toute nécessité biologique la reproduction est une sorte d’innée dans l’espèce, une forme d’instinct. Laissez ensemble un homme et une femme et il trouverons tout seul comment s’accoupler et se reproduire. Si la respiration, l’alimentation sont les garants de la survie d’un individu, la reproduction est le garant de la survie de l’espèce. Accordons à l’acte d’accouplement une valeur fondatrice et universelle dans le domaine de la vie.

La sexualité

La plupart de nos comportements amoureux ne visent pas à la reproduction, mais dans l’immense majorité ils servent à assouvir d’autres nécessités comme la recherche du plaisir sensuel, recherche d’une communication intime, besoin de sécurisation, besoin d’une image sociale valorisante, besoin de se positionner dans sa composante mâle ou femelle, …etc. etc. A ce niveau le comportement amoureux n’est plus du domaine de l’innée mais plutôt d’un acquis, d’un apprentissage. Il est du niveau de la conscience cognitive. La sexualité se découvre, ou mieux s’apprend.

Rappelons à ce point que le relation sexuelle est totalement gratuite, écolo-responsable puisqu’elle ne consomme pas les ressources de la planète, accessible à ceux qui la désirent. Elle permet de prendre et de donner du plaisir, c’est un merveilleux moyen de communication sur le mode le plus intime, elle rapproche les êtres (au moins temporairement), bref elle a un rôle important d’amortisseur social dans les divers conflits entre personnes. Comment avons-nous pu en faire cet objet de rejet, ce tabou presque immoral, cet acte plus ou moins coupable et inavouable ? De ce qui pourrait être une solution nous avons fait un problème. Nos amis les Bonobos ont mieux su gérer la relation sexuelle et nous pourrions nous en inspirer. Ils sont plus primaires et peut être que cette faiblesse de leur conscience cognitive leur permet de gérer l’émotion au niveau émotionnel et non pas, comme nous, prétendre gouverner l’émotion par la raison. On peut dire que Bouddha disait vrai et que la raison nous entraine parfois au déraisonnable (quand elle s’applique à un domaine qui n’est pas le sien comme l’émotion)

Mais comme tout sujet tabou, et dont on ne parle pas la sexualité manque de vocabulaire adapté. Pour en parler on dispose de deux vocabulaire :

  • Le vocabulaire argotique, populaire, et qui se veut par principe vulgaire
  • Un vocabulaire pédant qui se veut technique, châtié, hors des présomptions de vulgarité

Par exemple, si je vais aux toilettes je peux soit aller « chier », soit aller « déféquer ». Je ne me reconnais dans aucun de ces deux termes. Je peux « baiser « ou « faire l’amour » (vulgaire ou romantique), je peux faire une « pipe » ou une « fellation », un « broute minou » ou un « cunnilingus ». On ne trouve jamais le terme médian qui décrirait les choses en toute simplicité. Ce dont on ne parle pas n’a pas besoin de vocabulaire, mais ce qui n’a pas de vocabulaire n’a pas de vocation à s’exprimer.

La sexualité est, avons-nous dit, du domaine du cognitif, de la représentation mentale. C’est pourquoi elle se nourrit de fantasme qui sont les représentations formulées de nos pulsions sexuelles. Le fantasme se présente comme une image coloré par les éléments culturels dont on dispose. Dans la mesure ou la sexualité devrait s’apprendre mais ne s’apprend pas (la faute au tabou) la représentation mentale de nos pulsions manque d’éléments précis pour se formaliser. C’est pourquoi elle se traduit par le flou du fantasme et non par une image bien définie

La pornographie

On s’inquiète beaucoup de ce que les jeunes, garçons et filles, regardent de plus en plus de vidéos pornographiques. L’image générale en est déplorable (image dégradante de la sexualité et de la femme, perversion sociale, tendance à l’exaspération des besoins, conduirait à la violence et aux agressions sexuelles, …). Tout cela n’est pas faux mais mérite analyse.

  • Les commerçant qui produisent ces vidéos ne sont pas des philanthropes et ils fournissent ce que leurs consommateurs demandent. En fait ils mettent en scène rien de plus que les fantasmes existants chez la plupart d’entre nous. Ils ne produisent pas cette image dévalorisée, ils la formalisent, la représentent. Leur succès est lié à leur capacité à fournir des images aussi proches que possible de nos fantasmes secrets. C’est le tabou de la sexualité qui génère ces fantasmes et non la pornographie qui ne fait que les exploiter. Si le tabou sexuel disparaissait la pornographie n’aurait plus de raison d’être.
  • Les jeunes se trouvent propulsé, à la puberté dans l’univers de la sexualité sans y être préparés et, inévitablement, ils se posent énormément de questions. Que faire ? comment se comporter dans l’intimité ? que dire ? une fille comment ça fonctionne, un garçon comment ça marche ? quelles limites à ne pas franchir et quelles limites, au contraire, à dépasser ? quelle influence sur mon image sociale ? qu’en penseraient mes parents ? l’amour ça veut dire quoi ? la fidélité, la relation avec les études, … ? autant de questions dont ils cherchent les réponses. Ou peuvent-ils les trouver sinon dans la pornographie ? que leur offrons nous pour répondre à leurs angoisses ? l’éducation sexuelle à l’école, le papa qui met la petite graine dans la maman, … au secours ! Les jeunes se tournent vers la pornographie parce qu’ils doivent le faire, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ce sont les adultes qui, empêtrés dans leurs problématiques sont incapable de leur apporter l’aide dont ils ont besoins. Ce phénomène paraît nouveau, simplement parce que la pornographie est maintenant librement accessible. Au siècle derniers ont avait les mêmes questions, les mêmes inquiétudes, et si la pornographie avait été disponible, croyez-moi, on se serait rué dessus !
  • La pornographie est de piètre qualité, c’est vrai. Mais à l’époque de la prohibition aux états unis l’alcool diffusé en contrebande était de très mauvaise qualité (difficultés de fabrication, manque de concurrence, vente assurée par défaut). Demandez à Francis Ford Coppola, Steven Spielberg ou Martin Scorsese de réaliser un film avec un budget de 30.000 €, deux jours de tournages, pas de décor, pas de scénario, et des acteurs qui n’en sont pas, je ne suis pas sûr qu’ils feraient mieux.

Disons que le problème qui se pose pour les jeunes vaut également pour les adultes qui ont tout appris de la sexualité « sur le tas », le résultat n’est pas optimum et le pourrais faire mieux s’impose … mais bon ! encore un sujet qu’il vaut mieux ne pas aborder !

La prostitution

Encore un serpent de mer. Depuis que le monde est monde la prostitution existe et beaucoup se proposent de la supprimer … évidemment sans y parvenir, autant vouloir supprimer l’instinct de reproduction ! Les arguments ont variés avec les époques. D’abord sociétaux avec la hiérarchisation des classes sociales en fonction des métiers exercés, puis prophylactiques avec les progrès de la médecine, aujourd’hui plus hédonistes en se penchant sur triste le sort des femmes, mais toujours avec la plus grande hypocrisie. Les plus grands défenseurs de la morale n’étant pas ceux qui faisait le moins appel aux prostituées et le chiffre d’affaire estimé de la prostitution montre que la clientèle est vaste et variée. L’ensemble des argumentations est fondé sur un oukase venu d’on ne sait où : « Il est mal de vendre son corps ». Pourquoi est-il mal de vendre son corps, mystère ! Pourtant les exemples sont nombreux d’individus amenés, souvent contre leur gré, à vendre leur corps. Combien de travailleurs des mines ont poussé leur corps jusqu’à l’extrême limite de la résistance pour quelques pièces, les militaires, les mercenaires échangent bien leur vie pour de l’argent, … et les footballeurs ! Neymar par exemple, vendu pour 220 millions d’Euros, payé 800.000 euros par mois, assuré contre toute déficience physique ne vend ils pas son corps … car je ne penses pas que ce soit son esprit, ni sa coupe de cheveux que l’on paye à ce prix ! Mais évidemment le cas des prostitué est traité différemment, non pas parce qu’elles vendent leur corps mais parce qu’elles vendent du sexe, elles monnaient du tabou !

Conclusion

Attention je ne fais pas, ici, une apologie de l’amour libre, de la pornographie, ou de la prostitution. J’essaye simplement de « remettre l’église au milieu du village ». Ce que je critique c’est la gestion de la sexualité au nom d’affirmations sans fondement, de vieux oukases comme :

  1. La prostitution est sale et dégradante
  2.  Le sexe avant la mariage c’est mal
  3. Vendre son corps est inacceptable
  4. La pornographie c’est le vice

Et pourquoi pas la masturbation rend sourd !

Bien sûr derrière ces apriori se cachent des causes plus profondes : Le farouche rejet de notre part animale, la peur de s’abandonner dans une relation à l’autre, en résumé le besoin de contrôler nos émotions par la raison

Pour être capable de gérer nos émotions de la sorte il faudrait mieux définir et comprendre les principes de base de la sexualité pour la gérer mieux. A partir du moment où l’acte de reproduction est détourné de son objet initial, il commence à être gérer par toute la construction mentale de la conscience cognitive. Il cesse d’être universel et devient conditionné par les expériences de chacun, par les images qu’il en a créé, avec tous les biais et travers que cela comporte.

Et puis, si la sexualité est un élément important de notre vie sociale et affective, c’est loin d’être notre seul vecteur d’échanges et de communication. Heureusement notre palette de capacités de relations est très vaste, mais ne la laissons pas être gravement perturbée par une mauvaise approche de la sexualité, ne nous laissons pas « manger » par le tabou du sexe

La politique de Macron expliquée

Tous les régimes successifs se sont fixés comme objectif prioritaire le chômage. Ils ont tous échoués, pourquoi ? Parce en plus de cet objectif ils ont voulu résorber la dette publique, faire des avancés sur le pouvoir d’achat, donner de la compétitivité aux entreprises, préparer leurs futures échéances électorales, réduire le déficit des caisses de retraites, etc. etc. Plaire à droite, plaire à gauche, tous se sont égarés à courir plusieurs lièvres et des objectifs antagonistes.

Pour le régime de Macron, il n’y a qu’une seule priorité : Le chômage. L’égalité, la redistribution du pouvoir d’achat ne font pas partie des objectifs prioritaire à court terme. Ils ne trouverons leur place qu’une fois le premier objectif atteint. C’est une option difficile à afficher !

Son analyse est simple:

Résorber le chômage c’est avoir moins de Français à indemniser, plus de recettes pour l’état et pour les caisses de retraite. Le bénéfice est énorme puisque l’on met plus de Français au travail, on rééquilibre tous les comptes sociaux, on diminue notre dette extérieure, on améliore le climat social, et on se donne des marges de manœuvre pour s’atteler à la notion d’égalité et de justice sociale. Toute politique doit faire sauter ce verrou.

Pour résorber le chômage il faut créer des emplois. Pour créer des emplois il faut que les entreprises gonflent leur carnet de commande. Pour gonfler un carnet de commande il faut trouver de la compétitivité vis à vis de nos concurrents étranger (soit parce que l’on va exporter d’avantage, soit parce que l’on va importer moins) et que la compétitivité interne est une « équation à somme nulle » qui ne joue pas sur l’emploi.

Pour trouver de la compétitivité les entreprises doivent soit développer et vendre des produits innovants soit diminuer leurs prix, donc leurs couts. La recherche de la compétitivité par l’innovation est un processus nécessaire mais qui s’inscrit dans le temps long. La compétitivité par les couts peut être mise en œuvre à relativement court terme, d’où le choix de l’aide financière aux entreprises comme seule option pour lutter contre le chômage.

Est-ce une politique juste : « bien sûr que non ! », Est-ce que cette politique accroit les inégalités, « bien sûr que oui ! », Existe-t-il une autre politique envisageable : « Je ne le crois pas ! »

Cette politique est particulièrement injuste car en donnant de larges aides aux entreprises pour leur redonner une compétitivité, dans un budget tendu et limité, elle diminue inévitablement la capacité de redistribution des richesses vers les plus défavorisés. Les entreprises devenant prospères, certes elles embauche car elles ont besoin de main d’œuvre pour honorer leurs nouvelles commandes, mais elles s’enrichissent et accroissent leurs profits. Cette politique se traduit, « in fine », par un transfert d’argent depuis les poches des plus démunis vers celles des actionnaires. La diminution du chômage passe par un accroissement des inégalités. Voilà une politiquement parfaitement injuste puisqu’elle revient à dire aux plus pauvres : « si vous voulez du travail vous allez devoir le payer »

Existe-t-il une autre solution ? Je n’en voit pas ! Toutes tentatives pour distribuer du pouvoir d’achat se traduirait par un affaiblissement des entreprises. L’idée que cette distribution pourrait conduire à une reprises de la consommation qui soutiendrait les entreprises est totalement fausse. Dans un marché concurrentiel et ouvert les consommateurs se tournent vers les produits les plus avantageux et dans ce cas, ou nos entreprises ne seraient pas compétitives, vers des produits importés. La distribution de pouvoir d’achat profiteraient à nos concurrents étrangers. Nos entreprises en difficultés devraient débaucher, voire fermer ou se délocaliser. Ce serait la catastrophe pour le marché du travail, le chômage, et la dette publique. Évidemment se seraient encore les plus pauvres qui en pâtiraient.

Des deux solutions, Macron choisit celle qui satisfait son électorat libéral et qui est la « moins pire » pour les classes défavorisées. L’autre solution, plutôt proposée par les forces de gauche, entrainerait plus d’égalité mais, malheureusement une égalité dans le désastre. Mieux vaut l’injustice que la débâcle et les « forces de gauche » qui penses défendre les classes les plus démunies ne feraient avec leur proposition que de les appauvrir davantage.

Avoir son assiette correctement remplie, c’est bien, même si celle des autres est mieux fournie.

C’est douloureux à admettre, mais le monde est ainsi fait. La France est dans le monde et ne peut échapper au climat libéral général. La gauche doit se rendre à l’évidence, elle a perdu son combat. Toutes les politiques qui agissent comme si la France était un ilot isolé du monde font fausse route et sont vouées à l’échec.  Nous ne pouvons plus jouer en solo et penser imposer nos vues au reste du monde, il nous faut « nager avec le courant » essayer de trouver notre place dans ce courant et tenter de limiter la casse. C’est en ce sens que la politique proposée par E. Macron, même si elle est contraire à certaines de nos valeurs, est la seule possible à ce jour. Gardons-nous des politiques des populistes de droite ou de gauche qui sous couvert d’aider les classes populaire ne feraient que les paupériser au maximum. Ces leaders ne cherchent qu’à asseoir leur pouvoir et se moquent bien de ceux qu’ils prétendent défendre. La phrase la plus stupide que l’on peut entendre est : « le peuple a toujours raison et il faut l’écouter ». Le peuple a plébiscité Pétain, il a porté au pouvoir Hitler, Mussolini, Staline et Mao Tsé tung. Il lui arrive parfois de faire quelques légères erreurs. Les citoyens méritent d’être écoutés, mais « le peuple » il faut s’en méfier.

Radicalisation et dé-radicalisation

L’homme, sur son mode le plus primaire, est sujet aux grandes lois de la nature, « manger ou être mangé », « marquer et défendre son territoire », « le plus fort l’emporte sur le plus faible », « les plus faibles ont vocation à être éliminés pour garder l’espèce aussi saine que possible », « seul les plus forts sont amenés à se reproduire ». Cette situation étant extrêmement anxiogène (puisque le dominant d’un jour risque d’être le dominé de demain) l’homme, dans sa supériorité cognitive sur l’animal, a inventé la société. Cet art ou coutume du « vivre ensemble » se superpose aux instincts primitifs pour assurer à chacun la possibilité d’exister. Plus les sociétés sont « avancées » et plus la composante sociale l’emporte sur la composante instinctuelle.

En période de prospérité les contraintes sociales, le collectif, sont facilement acceptées par les citoyens puisqu’elle leur apporte la sécurité. Dans la difficulté, quand la société apparaît incapable d’assurer la prospérité et donc, (par une assimilation erronée) la sécurité, les individus ont tendance à se replier sur eux-mêmes et donc sur leurs valeurs instinctuelles et primaires. Rejetant la société ils se retrouvent face à leurs instincts naturels et « l’homme devient un loup pour l’homme ».

C’est sur ce terrain que se produisent les phénomènes de radicalisation.

LA RADICALISATION

Sur le plan sociétal la radicalisation sera favorisée par :

  • Les difficultés économiques, chômage, pénuries, menaces extérieures
  • Les difficultés sociétales, remise en cause des valeurs établies, apparition d’idées nouvelles, modification des hiérarchies

Sur le plan individuel

  • Structure mentale rigide à nature paranoïde qui fait voir des dangers là où ils n’existent pas vraiment
  • Structure mentale floue, identité faible, individus en recherche de certitudes.

Pour terminer ce panorama général disons que le phénomène de radicalisation ne se limite pas aux terroristes Islamistes (même si c’est là qu’il est le plus cruel, violent et dangereux) mais que les militants les plus farouche du front National, la droite « dites dure » de Laurent Wauquiez, ou les militant de la gauche insoumise présentent une composante radicale importante. N’oublions jamais qu’avant de devenir des bourreaux (digne de Daech) les Nazis étaient de simples militants radicaux d’extrême droite, que les Khmers rouges ou les gardes rouges de Mao ont commencés par être de simples militants radicaux d’extrême gauche. Les circonstances, l’appel du pouvoir et de la toute-puissance, le sentiment d’impunité, peuvent facilement transformer de simples asociaux (puisque les extrémistes ont pour composantes communes le rejet de la société en place) en bourreaux sans limites.

Je ne m’étendrais pas sur les facteurs sociétaux qui participent au développement des radicalités car elles ont été largement exposées, qu’il est inutile de répéter ce qui a déjà été développé et qu’elles ne rentre pas dans le champ de la « Psychologie relativiste » que je cherche à promouvoir.

Sur le plan psychologiques deux types d’individus seront susceptibles de se radicaliser

  • Les individus a structure de la conscience cognitive rigide (par nature ou par éducation). Ils sont enfermés dans leur certitudes, refusent ce qui les déranges, se sentent agressés par toute idée qui ne va pas dans le sens qui leur convient et les renforce dans leurs croyances. Leur structure mentale paranoïde est déjà de type radical. Une tentative pour les radicaliser pourra renforcer leurs convictions, les entrainer à plus d’excès, mais ne pourra pas leur faire changer de position, d’avis. Ce genre d’individu ne sera sensible qu’aux discours qu’ils attendent pour se conforter et se sécuriser. Par exemple ce type d’individu, s’il est d’extrême droite, non seulement ne pourra pas être séduit par un discours d’Islamiste radical mais, au contraire, le rejettera avec violence comme « le discours du diable »
  • En ce qui concerne les sujets à identité faible, à conscience cognitive lâche, à positionnement incertain, La mécanique est différente. Il ne s’agit pas pour eux de se conforter dans une position pour se sécuriser, mais au contraire d’acquérir des références, des positionnements, une identité pour sortir de leur schéma mal référencé et anxiogène. Ils sont en recherche d’identité et disponible pour toute idéologie capable de leur apporter les certitudes qui leurs font défauts. Extrême droite, extrême gauche, Islamisme, tout est possible pour eux. C’est une question complexe de circonstances, de milieu social, de rencontres, d’amis ou copains, qui les entrainera dans un sens ou dans l’autre. Peu importe l’idéologie pour peu qu’elle soit simple, facile à assimiler, qu’elle intègre à un groupe social, qu’elle apporte certitudes, sécurité, positionnement et identité. Bien sûr, dans ce schéma les jeunes sont la proie idéale des recruteurs. Leur identité est fragile, en construction, leurs jugements incertains, ils sont en phase de se dégager de l’identité parentale sans avoir encore forgé la leur, en recherche d’identité ils sont prêts à adhérer à toute idée qui pourra leur donner une perspective de vie.

 

LA DE-RADICALISATION

La radicalisation est un phénomène plutôt facile car il apporte la sécurité (comme d’ailleurs l’adhésion à une secte). La dé-radicalisation est autrement difficile car elle cherche à détruire une structure cohérente et sécurisante pour la remplacer par … ? C’est là que le bât blesse, qu’avons-nous à proposer à ces jeunes (ils sont généralement jeunes), quelle vision de la société, quelle perspective d’avenir, quel projet exaltant ?

En ce qui concerne le premier type d’individu, les « paranoïdes », ils ne faut pas rêver, la dé-radicalisation est pratiquement impossible. Ils sont structurés ainsi depuis leur plus jeune âge et ils ont peu de chances de se remettre en cause totalement. On peut cependant les raisonner, leur fixer des limites, les modérer, les sociabiliser, mais les changer, certainement pas. Ce type d’individu à souvent intégré en partie des codes sociaux ou moraux rigides, mais facteur d’intégration possible. Et puis, après tout, toute société a ses extrêmes et ils peuvent y prendre leur place.

Pour les individus en recherche d’identité la dé-radicalisation est théoriquement possible. Elle est très difficile car elle fait passer l’individu d’une situation sécurisante, confortable (intellectuellement) à une situation anxiogène ou on détruit ses certitudes sans lui avoir encore redonné une identité solide. Ce ne peut être qu’un processus lent, une véritable thérapie. Tant qu’il ne sera pas recadré dans une nouvelle identité le sujet s’accrochera à ses croyances (on peut dire comme un malade !) et ne voudra pas « lâcher la proie pour l’ombre ». L’effet de groupe, comme dans un centre de dé-radicalisation, pourrait jouer un rôle synergique (les progrès des uns pouvant rejaillir sur les autres) ou un rôle négatif (les résistances des uns pouvant conforter les autres dans leur résistance). Ce point mérite réflexion.

La dé-radicalisation n’est pas une éducation, on ne part pas de zéro pour construire quelque chose, on doit détruire un existant avant de reconstruire autre chose.

Si on vous dit : « je vais vous construire une nouvelle maison ! », vous êtes plutôt content.

Si on vous dit : « Je vais détruire votre maison pour ensuite en construire une autre ! » vous allez avoir quelques réticences.

 

 

La relation entre le délit et la peine encourue

Dans notre système pénal les délits sont classifiés selon un mode quasi taxonomique. A chaque délit est associés une peine minimum et une peine maximum entre lesquelles le juge doit trancher .

Supposons qu’un délinquant ayant volé 1000 €  soit condamné à 1 mois de prison (abstraction faites de toutes circonstances atténuantes ou aggravantes) un délinquant ayant volé 100.000 € aura une peine plus lourde et ainsi de suite. Ce système paraît logique et cohérent, bien que pas forcement juste. En effet la peine de référence (ici 1 mois) est définie de façon purement subjective en rapport avec la fonction que l’on veut donner à la peine.

La peine sera plus lourde pour des attouchements sexuels que pour un harcèlement, un viol générera une peine plus lourde qu’une tentative de viol.

Des liens logiques de quasi proportionnalité graduerons les peines en fonction de l’importance estimée du délit. La difficulté vient avec la comparaison entre deux types de délits. Comment harmoniser une peine entre un vol de 10 000 € et un délit d’attouchement sexuel ? Aucune logique ne permet de le faire. La définition de la peine sera éminemment subjective et dépendra de l’état de la société au moment de la décision. Il y a 100 ans le délit d’attouchement sexuel aurai paru mineur devant un vol d’argent ! De nos jours cela pourrait être différent ! Les peines sont distribuées par les juges sur la foi de l’habitude sans système de graduation construit.

Ce qui démontre bien le coté aléatoire des sentences est qu’une peine prononcée en première instance peut être contredites en appel, voire complètement remanié en cassation. Quel est le juge qui a raison, dans notre système c’est le dernier qui a parlé (le juge de cassation). C’est un peu limite, car le premier jugement pourrait avoir été le plus pertinent.

LA FONCTION DE LA PEINE

Quelle est la fonction de la peine ? N’oublions jamais qu’en raison de la structure familiale de nos sociétés la peine infligée à un délinquant s’applique également à sa famille, ce qui est généralement une énorme injustice. Femme et enfants innocents peuvent avoir leur vie gâchée par la peine infligée à leur  « tuteur ».

La peine dissuasive

La lourdeur de la peine devrait être dissuasive, mais aucun délinquant qui s ‘apprête à commettre un larcin ne le fait en pensant qu’il va inévitablement être arrêté. Sinon il s’abstiendrai. Dans ce cas, pour être vraiment dissuasive, la peine devrait être très lourde, ce qui dans le cas où elle serait appliquée pourrait apparaître excessif. Ne négligeons pas, cependant, un certain coté dissuasif de la peine chez les délinquants les plus méthodiques

La peine réparatrice

Aucune peine ne peut réparer les préjudices subis par la victime, tout au plus peut-elle satisfaire le désir légitime de vengeance de la partie lésée.

La peine punitive

La peine peut avoir une valeur punitive, sur le mode œil pour œil, dent pour dent. Je ne suis pas sûr que cela soit un bon exemple à offrir à notre société.

La peine rédemptrice

Selon le vieil adage : « J’ai purgé ma peine, je suis quitte envers la société ». Non la peine n’efface jamais ni l’acte commis, ni le préjudice subi. On n’est jamais quitte de ses actes.

La peine éducative

Elle devrait remettre  le délinquant dans « le droit chemin », celui de  la re-sociabilisation et ainsi éviter tout récidive. C’est évidemment le processus idéal, mais l’idéal est un point que l’on n’atteint jamais ! Cette option remet totalement en cause toute notre politique pénitencière. Cela suppose

  • On se donne les moyens financiers et techniques d’assurer la réinsertion sociale des délinquants (Gros progrès budgétaires et de la psychologie)
  • On dispose de critères objectifs pour déterminer si le délinquant est mur pour sa réinsertion (Gros progrès de l’expertise psychologique)
  • Il n’y a plus de durée à la peine, le délinquant est incarcéré tant qu’il n’est pas mur pour la réinsertion (Grosses difficultés culturelles à faire admettre qu’un individu qui aurait commis un crime grave sur un coup de folie puisse être libéré avant un petit délinquant qui a commis de petites arnaques à répétition.).

Certains éléments montrent bien que notre politique de répression ne fonctionne pas bien. Prenons l’exemple des détenus pour « radicalisation ». certain ont été condamné à des peines courtes pour, par exemple, leur proximité avec des dangereux Djihadistes. Ils ont purgés leur peine et vont maintenant être libérés. Leur dangerosité est la même qu’avant leur incarcération ( ou pire !)  et on ne sait actuellement pas quoi faire d’eux. La prison n’a rien réglé, et pourtant la peine prononcée était bien en rapport avec la gravité de leur délit. Ni la peine dissuasive, ni la peine réparatrice, ni la peine punitive, ni la peine rédemptrice ne peuvent avoir été efficaces

Ceci met en avant la nécessité absolue d’aller vers une notion de peine éducative, en dépit des difficultés à la mettre en œuvre.

Ecologie et démographie

Les démographes prévoient que bientôt la population de l’Afrique aura doublée. Cette prévision est basée sur nombres d’arguments comme le taux de fécondité des femmes Africaines, son évolution prévisible dans le temps, le développement économique, les progrès de l’éducation, …

D’autre par les écologistes prévoient que compte tenu du réchauffement de la planète les pays sub-sahariens et l’Afrique en général sont menacés de sécheresse et de désertification. Ceci militerait plutôt pour une diminution de la population en raison des conditions de vie extrêmes

Les sociologues de leur côté prévoient des vagues d’émigration des pays du sud vers les pays du nord, diminuant ainsi la population en Afrique pour augmenter celle des pays du nord. Quoi qu’il en soit la population de la planète va croitre largement, ce qui personnellement m’inquiète beaucoup plus que le « réchauffement climatique ».

Cet accroissement de la démographie est le problème qui génère tous les autres. Avec une population réduite notre planète pourrais être, sinon un petit paradis, du moins clairement vivable. Si nous étions moins nombreux :

  • Le risque d’épuiser les matières premières non renouvelables serai bien moindre et surtout repoussé loin dans le temps (pétrole, métaux rares, sable, …)
  • La pollution serai diminuée car elle est à peu près proportionnelle au niveau de population (gaz à effet de serre, trou dans la couche d’ozone, pollution des mers et des rivières, pollution de l’air, …)
  • L’impact sur la nature serai diminué (déforestation, consommation excessive d’eau, épuisement des sols … )
  • Les efforts à faire pour « rester dans les clous » seraient infiniment réduit et bien plus facile à imposer et à gérer

Tous les efforts de gestion de la ressource, de gestion de la planète, sont inefficaces devant l’accroissement de la population. Inutile de se « tordre mutuellement les bras » quand les besoins augmentent plus vite que nos capacités à les gérer.

Évidemment  envisager une politique de diminution de la population semble une idée invraisemblable, inacceptable, quasiment eugéniste ! Elle entrainerai, en période de décroissance un déséquilibre profond entre jeune et vieux, actifs et inactifs, bref elle présente tous les défauts possibles et imaginable !

Pourtant, que peut-il advenir de nous si nous continuons à laisser croitre notre population.

Plusieurs mécanismes de régulation peuvent automatiquement se mettre en place :

  • Surviendrons, avec la concentration des hommes des périodes de plus en plus fréquentes de tensions, de rivalité dans les pénuries, de création de groupes d’auto-défense à l’échelle des nations.
  • Les matières premières disponible, l’alimentation, les terres habitables, l’eau seront confisquées par les groupes les plus puissant (disons schématiquement : Les riches) laissant aux plus démunis la seule option de disparaître, ou de se rebeller
  • La régulation se fera par les conflits armésc(l’arme nucléaire sera alors bien utile à ceux qui en disposerons) et par les famines qui imposerons la disparition de milliards d’individus pour rendre la planète vivable pour les survivants.

 

Ce scénario « apocalyptique » est quasi inévitable en ce sens qu’il sera malheureusement nécessaire à la survie de l’humanité (ce qui est un peu paradoxal). Il vaudrait mieux nous préparer à gérer cette diminution du nombre d’habitants de la planète plutôt que de la subir de façon dramatique. J’ai bien peur que nos brillants écolos ne voit guère plus loin que le bout de leur nez, et qu’ils observent l’arbre, si écologique soit-il, qui masque la forêt. On peut survivre sur une planète polluée, avec un peu de particules fines dans les poumons, mais pas dans les guerres modernes et les grandes pénuries.

 

La disparition de notre culture, mythe ou réalité ?

C’est le « leitmotiv » des partis d’extrême droite Islamophobes que de dénoncer le « raz de marée migratoire qui menace de transformer notre pays en un pays musulman ». C’est évidemment un fantasme né dans l’esprit de ces extrémistes, issu de leur esprit paranoïde, en perpétuel sentiment d’agression et d’insécurité. Pour essayer de définir cette soi-disant identité nationale, cette culture Française menacée de disparition, penchons-nous sur sa genèse en faisant un peu d’histoire.

A l’origine, la France n’existait pas et ce qui n’était pas encore la Gaule (et qui dépassait largement les limites de notre pays actuel) était peuplé d’une myriade de peuples, tribus, clans, de langues et de cultures différente (Celtes, Saxons, Catalans, Occitans, …). C’est après la conquête de la Gaule par Jules César que se fait une approche d’unification, sous domination Romaine. En quelques siècles la culture Romaine s’impose et efface progressivement (sans les éradiquer) les anciennes civilisations. Avec la christianisation de Rome, le catholicisme s’impose en Gaule et apporte un nouvel élément culturel dans la Gaule romaine. Progressivement l’empire Romain s’étiole et la Gaule subit des invasions (Burgondes, Goths, Alamans, Francs) qui chassent les Romains. C’est Clovis (496) qui réussit à imposer la domination des Francs sur l’ensemble des territoires pour former « le royaume Francs » Habilement il s’associe avec l’église (Organisation fortement structurée dans tout le territoire), et jette les bases de l’alliance entre la royauté et l’église qui durera jusqu’à la révolution de 1789.

Sous les diverses dynasties, mérovingienne, Carolingienne, Capétienne, Valois, Bourbon, la France va subir des destins variés dépassant largement ses frontières actuelles et les influences Anglaises, Allemandes, Ibériques, Italiennes, viennent enrichir (sans le modifier radicalement) notre héritage culturel.

Viens l’époque de la Renaissance Italienne qui va envahir l’Europe et en modifier considérablement la culture. Hors l’influence Italienne, La période de la Renaissance a été marqué par l’apport des érudits Arabes, chassés de Constantinople et réfugiés en Italie, qui vont apporter l’Algèbre, L’héliocentrisme (bien avant Copernic et Galilée), la boussole, l’astrolabe … et participer au renouveau des sciences et des arts (céramique, mosaïque). Voilà déjà qu’apparaît la première vague de « culturisation » musulmane

C’est une révolution endogène qui va remettre en cause, fondamentalement notre patrimoine culturel. Le siècle des lumières et la révolution Française vont bouleverser le paysage culturel de notre pays, remettant en cause l’alliance de l’église et de la noblesse, redonnant la voix au peuple, et redessinant une nouvelle classe dominante : la bourgeoisie.

Les conquêtes Napoléoniennes, la révolution industrielle, sont autant d’occasion d’échanges culturels entre les nations Européennes qui bien sûr vont influer sur la culture Française.

La dernière vague, d’origine exogène, dont on peut dire qu’elle a déferlé sur notre pays est l’influence de la culture Américaine, principalement, après la seconde guerre mondiale.

En musique l’apparition de Blues, du Jazz, du Rock’n Roll  introduit en France une suite d’accords (Anatole : Do, La mineur,  Ré mineur, Sol 7) qui servira de base au développement de toute la variété Française.

Dans la haute technologie, audio, télévision, ce sont les découvertes Américaines qui envahissent le marché Français (même si ce sont via des compagnie Japonaises).

Dans le domaine de l’alimentation, les fast Food, les grandes surfaces, les drive-in, les aliments manufacturés ont modifiés nos habitudes alimentaires.

Sur le plan économique les doctrines libérales, les trusts multinationaux sont devenus le modèle de notre économie.

La publicité, le modèle des campagnes électorales nous viennent directement d’outre-Atlantique.

Bien évidemment sur le plan de l’armement et les doctrines militaires les Américains sont notre maitre à tous.

Quelle que soit cette ingérence dans notre vie quotidienne cette petite « révolution culturelle » n’a pas effacé le fond de culture libertaire qui sommeille en nous, notre amour de la liberté, de l’égalité. Quelle que soit la déferlante d’une culture sur une autre, quelle que soit son impact, elle ne pourra jamais détruire une culture existante. Ce qui s’est forgé au long des siècles ne peut pas disparaître en quelques années. La culture est un patrimoine et comme tel elle est ancrée, physiquement, en chacun de nous. Tant que nous vivrons, notre culture vivra !

La culture est un patrimoine, mais qui ne cesse de s’enrichir. Ce sont les influences constantes quelle subit qui la font vivre. Une culture qui ne vit pas, qui ne se remet pas en cause, qui n’évolue pas, est une culture qui se sclérose et qui finit par disparaître.

Alors quand quelques apeurés, quelques froussards paranoïdes veulent nous faire peur, se sentent menacés par quelques jeunes filles qui se mettent un foulard sur la tête, je leur dit : « ressaisissez-vous, ayez un peu confiance en vous, la fin du monde n’est pas pour demain ! » … comme disait Jésus Christ : « Hommes de peu de foi … ! »

L’influence de la culture Islamique n’est pas une menace, c’est la bouffée d’oxygène qui nous permettra de faire vivre notre patrimoine. Puisons-y ce qui nous intéresse, et laissons de côté ce qui nous déplait … pour être riche il ne faut pas hésiter à amasser !

PS : On voit avec ce petit historique que la notion de culture Française est complexe, sommes-nous descendant des Romains, des celtes, des Saxons, des Normands, des barbares, mêlés de germains, d’ibères, d’Italiens, d’Américains … la recherche du « Français de pure souche » est un simple fantasme pour alimenter une idéologie totalement artificielle et absolument pas crédible. Que ne ferait-on pas  pour flatter les appétits de pouvoir de certains ? La manipulation des foules les plus crédules en fait partie intégrante.

 

Populisme : Amalgames, Simplifications, Certitudes

Populisme est un mot que l’on « met à toutes les sauces » et qui s’applique notamment dans les commentaires politiques pour stigmatiser la pensée des autres. En fait sa définition est pour le moins floue puisqu’il définit en général, à tort, une pensée plus qu’une méthode. Ce qui nous intéresse aujourd’hui sera plutôt le problème des « ressorts » du populisme plus que son impact sur la société.

Nous verrons que le danger « populiste » n’est pas tant dans ses buts inavoués mais dans le fait qu’il se bâtit sur des incohérences de pensée.

L’amalgame.

C’est une erreur courant d’associer les propriétés d’un élément d’un ensemble à tout l’ensemble. Puisque l’un des éléments possède une propriété, alors tous les éléments doivent posséder cette propriété. C’est bien sûr une erreur car la taxonomie de l’ensemble ne repose pas forcément sur cette propriété. On assimile, par exemple, le comportement d’un individu à l’ensemble des individus de la communauté qu‘il est censé représenter. C’est un réflexe qui nous touche tous. Par exemple, si on voit un individu commettre une incivilité le reflexe est de dire : « Ce type est un voyou ». Si par contre il s’agit d’un noir, d’un arabe, d’un juif, on aura tendance à dire (selon ses antagonismes évidemment) : « Ces noirs, ces arabes, ces juifs sont des voyous ». C’est un processus d’amalgame, souvent inconscient.

Dans la polémique sur le harcèlement sexuel on amalgame fréquemment viol et agression touchant à l’intégrité physique de la victime, des comportements déplacés portant atteint à l’intégrité psychique de la victime, et des comportements stupides qui agressent le « quant à soi » de la victime. Ce type d’amalgame permet à certains (certaines !) de présenter ces trois comportements comme des agressions sexuelles alors que d’autres en profiterons pour présenter les faits comme pas si grave, comme une dépendance à la nature humaine, ….

L’amalgame est un composant majeur de la pensée populiste. C’est une erreur d’analyse majeure

La simplification

C’est sans-doutes la composante majeure du populisme. Elle consiste à voir le monde de manière manichéenne, sans nuances, le monde en noir et blanc. Cette approche permet à un public qui n’a pas l’habitude de manier les idées abstraites un peu complexes de se positionner facilement vis à vis des événements et des situations.

La vision manichéenne, en bien ou mal, bons ou méchants offre une alternative si tranchée que le positionnement est quasi immédiat. Cette facilité de positionnement est évidemment gratifiante et sécurisante. Pas de doutes, pas d’hésitation, pas de stress, on choisit facilement son camp.

Les certitudes.

C’est un autre élément constitutif du populisme. Le doute est difficile à supporter car il offre un positionnement incertain, fluctuant, et donc anxiogène pour qui ne peut le supporter. Asséner des certitudes simplissimes pour sécuriser son interlocuteur est la base du populisme. Malheureusement ce sentiment de détenir la vérité, allié au fait que la vérité des autres est vue (de façon manichéenne et simplificatrice) comme aux antipodes de la sienne n’ouvre la porte à aucune négociation. Puisque j’ai raison l’autre a forcément tort ! Excellente opportunité pour les prosélytes populiste de mobiliser les foules autour d’une vision radicalisée.

C’est le grand problème des religions qui possèdent une vérité absolue et non négociable. A la question les religions sont-elles compatibles avec la république je réponds sans hésiter : « Non ». Si on croit à une loi divine, on ne peut la penser moins importante que la loi des hommes. Les religions, dans les états modernes et démocratiques, au prix de quelques pirouettes intellectuelles on sut « mettre de l’eau dans leur Divin » et trouver les compromis nécessaires entre lois des hommes et lois de Dieu (Loi de 1905). Grace à Dieu (si je peux m’exprimer ainsi !) les lois divines sont sans références objectives. Elles ressortent plus de croyances transmises que de textes certifiés divins. Même si on peut les croire d’essence divine elles sont objectivement formalisées par des hommes pour les hommes et ceci ouvre une fenêtre de négociation importante.

Seuls les religieux dit « radicaux » n’ont pas voulu jouer le jeu et continuent à opposer Loi divine et loi républicaine.

Amalgames, simplification, certitudes, sont les éléments moteurs du populisme. Ils constituent une erreur de la pensée logique et comme tels représentent des dangers pour les sociétés. Ceux qui s’en servent sont de dangereux manipulateurs de l’opinion.

Les « grands hommes » et le mythe des héros

J’ai eu l’occasion dans un article précédent de montrer comment la vie n’avait aucun sens, ou du moins n’avait que le sens que chacun de nous voulait bien lui donner. La vie n’a pas de projet, pas de vision, pas d’objectif. La seule raison de la vie, qui est plus une nécessité qu‘un but, est de se reproduire pour pérenniser l’espèce (en ce sens qu’une espèce périssable qui ne se reproduirai pas n’aurai aucune chance d’exister).

Nous sommes, pourrait-on dire des épis dans un champs de blé, anonymes, indistincts bien que tous différents. Aucune tête qui ne dépasse. Si l’un des épis disparaît cela n’a aucune incidence sur le champ (en contradiction avec les vers de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! »)

Pourtant certains hommes, dit : « Les grand hommes », émergent de cet anonymat et représentent un phare pour beaucoup d’entre nous. S’agit-il de sujets exceptionnels, en quelque sorte de « surhommes » doués de qualités que les autres n’ont pas ? ou au contraire sont-ils le fruit d’une conjonction de situations, « the right man in the right place ! » ?

De façon générale pour accéder à la catégorie des « grands hommes » il parait indispensable d’avoir réalisé au cours de sa vie une œuvre marquante, de s’y être accroché avec ténacité, si possible d’avoir vaincu des obstacles, d’avoir laissé son empreinte sur le monde.

Mais bien sûr cela est loin d’être suffisant, encore faut-il que cette œuvre rencontre son public. Ce sont les opinions publiques qui font les « grands hommes ». Elles choisissent ceux dont les actions correspondent le plus à leurs attentes. Ce ne sont jamais les héros qui s’imposent, bien au contraire, ils sont choisis.

A ce propos, Edmond Rostand faisait dire à Cyrano : « Devenir un petit grand homme dans un rond, non merci ! ».

Ceci renverse un peu les croyances. Aucun personnage, si brillant soit-il ne peut se targuer d’être un « grand homme », ce n’est pas un état en soit. C’est le public qui choisit et désigne ses héros.

Ce choix peut être fait du vivant du « grand homme », ou au contraire à titre posthume. Bien des hommes brillants n’ont pas été reconnus de leur vivant car ils sont venus trop tôt, en avance sur l’histoire. Parfois ils sont reconnus plus tard. Au contraire, certains hommes ont été adulés de leur vivant puis honnis après leur mort ou leur déclin (Hitler, Staline, …).

La notion de « grand homme » n’est pas universelle mais liée à un territoire géographique ou sociologique. On a connu des héros dans un pays, détestés dans d’autres, des héros dans une fraction de l’opinion, détesté dans le reste de la population, des héros dans un milieu détestés ou ignorer dans d’autres.

Tout ceci pour relativiser un peu la notion de notoriété. Elle n’est pas un mérite, mais une reconnaissance par une opinion publique. Elle n’est pas un état, mais un devenir. Elle n’est pas uniquement le fruit de qualités intrinsèques, mais celui de leur capacité d’acceptation par une opinion publique. Cette notion de notoriété peut, parfois, présenter des biais et faire appel à la démagogie, voire au populisme. C’est de plus en plus le cas de nos jours ou les moyens techniques de se mettre en avant dans l’opinion sont de plus en plus efficients. La notoriété, la notion de « grand homme » et de plus en plus fabriquée, construite sur une image plus que sur une réalité. Elle deviendra plus labile, plus fugace, réservée à ceux qui ont l’accès aux médias. La ténacité réside plus dans la construction d’une image acceptable que dans l’élaboration d’une œuvre. Ces tapages médiatiques risquent d’obscurcir le message de nos véritables héros, ceux qui ont réellement quelque chose à proposer ! C’est ainsi que va notre monde !

La langue Française, ses déboires, et ses avatars

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.

 

 

 

 

Races, racisme, et « discriminance »

LA NOTION DE RACE

Parler de Races et de Racisme est toujours un exercice périlleux. Les réactions à ce mot sont toujours plus passionnelles que raisonnables, mais ce blog s’intitule « on peut tout dire », alors banco !

La notion de races peut être considéré comme un élément taxonomique servant à classifier, pour une espèce, (dans notre cas homosapiens), des sous espèces. Les critères de sélection taxonomiques pouvant être très variés. Dans le cas des races, ils portent surtout sur des critères morphologiques (couleur de peau, morphologie du visage) mais ces critères ne sont pas plus pertinents que d’autres, par exemples : grands, moyens, petits ou gros, maigres, ou encore riches et pauvres. Ils ne sont que des critères de classification, de sélection, de discrimination {pris au sens noble}.  En ce sens le mot de « races » reste neutre et n’a rien de péjoratif. Il est très éloigné du sens que l’on veut lui donner dans le mot « raciste ».

Le mot « races » prend sa connotation délétère quand on lui associe une nouvelle dimension qui est la notion de hiérarchisation entre les races. On fait très facilement la confusion entre la notion de « races » {pur élément de classification} et celle de « racisme » qui accole à la notion de classification celle de hiérarchisation.

La notion de hiérarchisation des races qui a été très en vogue durant des siècles n’a jamais été étayée par aucune argumentation valable. C’est la race dominante sur le plan économique et militaire, « auto définie » comme Blanche qui a défini comme inférieures toutes les autres « races » définies par lui comme subalternes, voire presque du règne animal, selon le critère : » tout ce qui ne me ressemble pas n’est pas digne et doit être considéré comme inférieur. Il s’agit plus d’un désir de domination, une incapacité à prendre en compte la diversité observée dans la nature que d’une argumentation étayée. De nos jours la preuve a largement été faites que toutes les « races » présentent sensiblement le même potentiel et que la différence entre les races est plus le produit d’une éducation différentes, et quelle est surtout due aux critères de sélection choisis pour établir ce classement. Si l’on choisit les critères dominant de la « races » blanche pour établir la valorisation il est absolument certain que la « race » blanche se retrouvera au sommet de la hiérarchie. D’autres critères pourraient valoriser les papous de nouvelle guinée ou les indiens d’Amazonie. Cette notion de « racisme » ne peut plus se justifier aujourd’hui, en tout cas de façon raisonnée et construite.

LA GENESE DU RACISME

La nécessité de la notion de races apparait avec la grande époque des colonisations au XVI me siècle. Elle a servi d’alibi à des conquérants chrétiens pour asservir des populations déclarées « races inférieures »

  • Colonisation de l’Amérique du sud par les Espagnols : Eradication des cultures Mayas, Aztèques, Incas, évangélisations forcées, asservissement des populations, controverse de Valladolid : les indiens ont-ils une âme ?
  • Conquête de l’ouest Américain : Eradication des tribus indiennes, élégante doctrine du général Custer : un bon indien est un indien mort !
  • Colonisation de l’Afrique : Négros, Bamboula, esclavage (avec la participation active et efficace des tribus Arabes)
  • Colonisation de l’Asie : Citrons, Niacoués, asservissements

LE RACISME D’AUJOURD HUI. LA DISCRIMINANCE

La notion de hiérarchisation des races est une notion aujourd’hui devenue caduque. Seuls les pires crétins d’entre nous peuvent encore avancer de telles idioties. On sait maintenant que tous les individus, pour peu qu’ils aient accès à l’éducation et à la culture, sont sur un pied d’égalité devant l’intelligence. Les Arabes nous ont donnés Averroès, Ibn Khaldoun, Avicenne, La mosquée de Cordoue, les prémices de la renaissance Italienne et Française, la race noire Nelson Mandela et Barack Obama, Aimé Césaire, mais aussi Cassius Clay et Hussain Bolt, l’Asie Bouddha, Confucius et Lao Se, les juifs Einstein et Freud parmi bien d’autres. La notion d’inégalité des races est loin derrière nous, et pourtant les discriminations dites « racistes » existent toujours. Elles ont donc trouvé une nouvelle acccroche.  L’Islamophobie qui s’affirme de plus en plus de nos jours en est un exemple majeur. Ses racines sont loin d’être complexes.

Les Français, dit-on, ont peur de perdre leur identité devant les « déferlements de migrants musulmans ». Comme si une identité pouvait se perdre ! Elle est le fruit de toutes les expériences acquises durant toute notre vie. Seule une maladie comme la maladie d’Alzheimer peut en effaçant de notre mémoire les expériences passées altérer notre identité. Une identité ne se perd pas, elle ne peut s’appauvrir, et ne peut que s’enrichir d’expériences nouvelles. Si quelqu’un risque devoir bousculer son identité, ce sont bien les migrants, et certainement pas nous (d’autant plus que ces gens n’ont qu’un rêve en venant en France, c’est de vivre comme nous, d’épouser nos standards Européens, d’avoir leur téléphone portable, leur écran plat, et leur 4X4)

Ce sentiment de peur, même s’il n’est pas justifié, se cristallise sur un situation malgrѐs tout difficile, et génère, dans la panique, un rejet des autres que l’on qualifie de « racisme » et que je préfère baptiser « Discriminance », le terme de discrimination me paraissant un peu faible pour décrire ce phénomène.

Les Nazis, quel que soit le coté abjecte de leur idéologie avaient, à tout le moins, une argumentation formulée, exprimée, donc critiquable par la raison. Le résidu de « racisme » que nous vivons aujourd’hui, apparemment un peu adouci n’en est que plus dangereux. Il est du domaine de l’affectif, du non formulé, basé sur des sentiments. Il n’est plus du domaine de la raison mais de celui de la conviction, de la croyance. Il est donc infiniment plus difficile à combattre, bien plus dangereux. De plus il déborde de la notion d’antagonisme à une « race » bien définie ‘les Juifs, les noirs, les Roms… pour devenir une hostilité à tout et rien, à ce qui gêne, à ce qui dérange.  On le retrouve dans la haine des musulmans (qui sont loin d’être une race), des mécréants (pas une race non plus)

 

L’ANTI SEMITISME

Le cas juif est un cas un peu particulier. Même si le terme de racismes ne s’applique pas littéralement à l’anti sémitisme (puisque les juifs ne sont pas une race, mais plutôt une communauté religieuse) il en a tous les tenants et les aboutissants délétères. Son objet n’est pas de justifier une conquête et des agissements impardonnables dans une culture Chrétienne, il est de nature beaucoup plus ancienne. Déjà sous les Pharaons Egyptiens, le « peuple » Juif est persécuté. Puis, sous Jésus Christ, les juifs deviendront à leur tour les persécuteurs et crucifierons Jésus (ce que les chrétiens ne leur pardonneront pas). L’hégémonie naissante de la religion catholique verra de nouveau le peuple juif persécuté. Il n’est pas facile de trouver le pourquoi de cet acharnement sur les juifs tout au long de l’histoire. Une autre communauté à subit le même cycle de persécutions, c’est le peuple Tzigane, les Roms et l’on peut faire un parallèle entre le sort de ces deux communautés. Toutes deux sont des communautés très fermées qui ont toujours souhaitées vivre en marge des autres, toutes deux ont un mot particulier pour désigner les autres, non en terme de différenciation, d’étranger comme nous le faisons, mais de façon exclusive en terme de non Juif (les goys) ou de non Roms (les gadjos). Il est encore très mal vue pour un juif d’épouser un goy ou pour une Rom d’épouser un gadjo. Ce genre de situation entraine généralement de gros problèmes familiaux. Ce désir forcené de se marginaliser induit un regard ressenti comme un peu méprisant par les autres (les juifs sont le peuple élu de Dieu, ce qui leur donne une supériorité et des droits sur les autres). Comme tous les marginaux ils sont rejetés par ceux qui se sentent méprisés. Il me semble que c’est la cause principale de l’anti sémitisme. Bien sur l’attitude des juifs orthodoxes, la politique expansionniste de l’état d’Israël (justifiée par le sentiment d’être le peuple élu) ne fait qu’accroitre le fossé entre eux et « les goys.

CONCLUSION

On peut voir que sous le qualificatif de « racisme » peut se cacher des processus un peu différents.

  • Un alibi pour justifier des massacres qui ne sont que de simples désirs de conquêtes
  • Un sentiment de peur devant une mutation qui s’annonce et devant laquelle on ne se sent pas à la hauteur
  • Un sentiment de rejet vis-à-vis d’une communauté qui refuse de s’intégrer de crainte, sans doutes, de se voir dissoute dans cette intégration. Plus les juifs se sentent rejetés, et plus ils se soudent en communauté étanche, et plus ils se soudent et plus les autres les rejettent. L’anti Sémitisme à encore de beaux jours devant lui.

Le mot de races qui devrait être un mot neutre comme catégorie, sorte, type, à pris une connotation négative. On ne peut plus l’utiliser sans être taxé de raciste ou de nazi. Il est vrai que sa définition des plus floue a facilité le dévoiement de son sens. Les critères de définition de ce que pourrait être une race n’ont jamais été ni clairs ni pertinents et de ce fait ce mot a vite perdu son sens primaire pour devenir le « gros mot » qu’il est aujourd’hui.

L’autre morale de l’histoire est que notre habitude de classifier les événements par leurs symptômes et non par leurs causes nous fait englober dans une même catégorie des événements qui n’ont rien à voir. Hors, pour porter remède à certains fait nuisible mieux vaut agir sur les causes que sur les symptômes.

 

 

 

 

 

Le procès d’Abdelkader Merah, réflexions sur la justice

C’est un procès qui a fait couler beaucoup d’encre (encore qu’à la télé … l’encre !) et suscité de nombreuses polémiques. C’est en ça qu’il mérite qu’on s’y attarde.

Soyons clair, je n’ai jamais eu accès au dossier, ni assisté aux audiences. Je n’ai donc aucune légitimité à parler du fond, mais seulement de quel que grands principe de justice.

Rappelons que notre justice, en France, est fondée sur trois notions de base.

  • Tout prévenu est considéré comme innocent, tant qu’il n’a pas été jugé coupable (Ceci est vrai pour l’institution judiciaire, mais ne préjuge pas de ce que peut penser l’opinion publique).
  • Tout accusé a le droit à un procès équitable et à être défendu par un avocat.
  • Le doute profite à l’accusé, c’est à dire que l’on a choisi préférable de laisser libre un coupable plutôt que d’incarcérer un innocent. Ce choix n’est pas sans conséquences.

En ce sens les attaques contre l’avocat d’Abdelkader Merah (quel que soit l’opinion que l’on ait sur la personne de Me Dupont-Moretti) me paraissent un déni de justice. Admettre la cause « indéfendable » revient à considérer l’accusé comme coupable apriori, à privilégier la justice personnelle, celle de la rue, par rapport à la justice institutionnelle. Cela rejoint le vieil adage populiste « la rue a toujours raison » cher à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Non ! c’est la rue qui a plébiscité Hitler et Pétain, Staline et Mao, elle se trompe bien souvent.

Pour justifier de son intervention pour défendre l’accusé, son avocat avance : « Je ne défends pas une cause, une idéologie, mais un homme », par contre lorsque l’on parle du caractère, de l’idéologie, de la dangerosité d’Abdelkader Merah, il avance « on ne juge pas un homme, mais les faits qui lui sont reprochés ». Drôle de dialogue quand la défense défend l’homme et l’accusation attaque les faits !

Autre fait d’émotion, l’opinion publique (du moins sa part la plus populiste) a été privée du procès de Mohamed Merah et beaucoup on voulut faire du procès de son frère celui de l’assassin. Cet amalgame a été source de toutes sortes de dérives et comportement passionnels.

Par exemple lorsque l’avocat de la défense avance que le deuil de la mère de Merah vaut bien le deuil de toutes les mères (ce qui est vrai), l’opinion passionnée comprend que la situation globale de la mère de Merah vaut bien la situation globale des mères des victimes (ce qui est évidemment faux). Quand on est dans la passion et l’émotion on entend et on comprend ce que l’on a envie d’entendre et de comprendre. (Sans doutes que l’avocat de la défense en joue perfidement et provoque cette réaction pour montrer comment l’accusation se roule dans l’irrationnel et la soif de vengeance).

La complicité d’assassinat n’a pas été retenue contre Abdelkader Merah, non pas qu’elle est été éliminée mais parce qu’elle n’a pas pu être prouvée. C’est bien sûr une frustration pour les amoureux de la justice comme pour les assoiffés de vengeance. Mais c’est ainsi qu’est bâtie notre justice et il faut en accepter les règles et les limites. De ce fait Abdelkader Merah se trouve en accusation non plus pour des faits, mais pour ses opinions et ses fréquentations. Cette qualification des faits couvre pudiquement un « délit d’opinion » et une sorte de déni de la liberté d’expression. Il est poursuivi pour « association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste » ce qui de l’avis de tous les juristes est une appellation « fourre-tout » et donc « fourre-rien » qui permet toutes les interprétations. J’aurais préféré « incitation à la haine raciale » qui aurait mieux représenté la situation (telle que je la ressens) … mais les peines encourues auraient été plus faibles ! On n’a pas pu le coincer pour complicité d’assassinat on corrige les tir en lui infligeant 20 ans pour un autre motif. Je ne dis pas que le personnage ne mérite pas cette peine (je n’ai pas la connaissance du dossier suffisante pour me prononcer), mais j’ai l’impression que l’on est très « border line » vis à vis de notre conception de la justice. Le « twist » des règles pour obtenir ce que l’on souhait est un pas dangereux …c’est exactement ce que l’on reproche à l’évasion fiscale ! (Tourner les règles à son profit). Pourquoi ne pas inculper la mère d’Abdelkader Merah (qui semble très impliquée), Éric Zemmour, les nazillons qui gravitent autour du FN, les militants anti avortements, etc., etc., Le délit d’opinion n’a pas de limites.

La peur est toujours mauvaise conseillère, il faudrait ne pas céder à la panique et remettre « l’église au milieu du village ». Si on fait le bilan des morts inutiles :

  • La guerre : La seconde guerre mondiale a fait plus de 40 millions de morts, pour être aujourd’hui copains et solidaire de nos anciens ennemis
  • La cigarette : 60.000 morts par an en France
  • Les accidents de la route : 3.000 morts par an en France
  • Les accidents du travail : 500 morts par an en France
  • Le terrorisme : environ 1OO morts par an En France, bien que très irrégulier et en progression

Au risque de heurter l’opinion (un risque qui me paraît une certitude !) je dirais que le terrorisme n’est pas le plus grand des dangers qui nous guettent. Eliminer les « va-t-en-guerre », les nationalistes, les chauffards, les lobbies (tabac, alcool, agro-alimentaires, …) sauverait bien plus de vie que l’éradication du terrorisme

 

Il faut se garder des jugements injustes, qu’il soit le fait de décisions judiciaires ou moraux. Ils font le lit de nos adversaires qui peuvent se targuer d’être nos victimes … ce qui est pour le moins paradoxal. Ils basent leur propagande Le terrorisme et les terroristes progressent assez rapidement en nombre et en radicalité. Ils recrutent plus de nouveaux adeptes que nous n’en éliminons. Pour le moment nous perdons du terrain. Il faut donc se remettre en cause et envisager une autre approche du problème

 

La solidarité : Une notion qui « fout le camp »

L’homme, à l’état individuel est libre de ses actes, mais il est toujours menacé. Il trouve toujours plus fort, plus malin, plus retord que lui. Pour faire face aux danger l’homme a décidé de mutualiser ses ressources et de se constituer en sociétés. L’objet de ces communautés est donc avant tout de mettre en commun les forces disponibles pour s’unir contre toutes les attaques. Dans toutes les sociétés est née la notion de solidarité qui garantit à chacun le secours des autres en cas de problèmes.

Les morales développées dans les sociétés, qu’elles soient d’origine religieuse (morale révélée issue de Dieu) ou athée (morale issue d’un consensus social) ont toutes prônée l’entraide, le partage, la réciprocité des droits et des devoirs vis à vis des dangers venant de l’extérieur. La solidarité est plus qu’une valeur morale universelle, elle est un incontournable des sociétés.

La solidarité est le fondement des structures sociales. Le biais évident est d’essayer de bénéficier de la solidarité des autres en évitant, soi-même  d’y participer.

Depuis un certain temps cette notion est en recul dans nos sociétés, et certainement la période de crise que nous vivons, ou que nous ressentons, favorise le « chacun pour soi ».

Il est évidemment paradoxal que dans les périodes difficiles ou le besoin de solidarité se fait le plus sentir, ce soit le « chacun pour soi » qui resurgisse ! (Mais ceci est une autre histoire)

Voici quelques exemples pour illustrer ce propos

Ubérisation du travail

De plus en plus les citoyens souhaitent s’affranchir des structures de entreprises dans le monde du travail. Celle-ci est vécue comme une contrainte et un frein à l’accomplissement serein de son « gagne-pain » qu’importe si les uns ne respectent pas les réglementations fiscales et si les autres vivent grâce à des avantages fiscaux importants. Que ceci constitue une concurrence déloyale vis à vis des chauffeurs de taxi ou des autres artisans importe peu, « chacun pour soi » !

 

Les contrats d’assurance automobile

De plus en plus les assurances proposent des contrats de type « ne payez que ce que vous consommez ». Le contrat se fait sur mesure en fonction de vos habitudes et usages de conduites. Ceci permet de proposer des contrats meilleur marché pour les « petits rouleurs », mais d’un autre coté des contrats plus chers pour les « gros rouleurs ». Ceci détruit complètement le caractère mutualiste et solidaire de l’assurance. Les compagnies feraient bien de se méfier car si on ne paye que ce que l’on consomme en ne jouant plus sur la mutualisation des risques, on risque de déboucher sur un principe d’auto-assurance. Pourquoi passer par une compagnie d’assurance qui va prendre son pourcentage au passage, si c’est pour payer ce que l’on coute.

Le problème des « migrants »

C’est bien sur un problème dont personne n’a les clés ni les solutions. Cependant il est manifeste qu’une forte partie de la population Européenne ne conçoit pas de « payer pour les autres » quel que soit leur situation de détresse et de souffrance. Au diable cette notion périmée de solidarité, et vive le « chacun pour soi ». Il est affligeant de voir des pays pétris de Catholicisme comme la Pologne virer en ce sens.

La construction Européenne

Elle se heurte à l’égoïsme des états (ou plutôt de leurs ressortissants). Chacun a peur de payer plus que les autres, de faire plus d’efforts que ses voisins … et résultat des courses tout le monde paye et plonge !

 

On pourrait décliner les exemples à l’infini, mais à quoi bon. Le phénomène est là et il faut l’assumer. S’agit-il d’un mouvement conjoncturel due à la crise économique actuelle ou d’un mouvement plus profond qui fait bouger notre société ? Sans doutes un peu les deux. Devant ce recul de la solidarité et ce regain de l’intérêt personnel il faudra sans doutes remettre en cause nos valeurs et pratiques sociétales, à moins qu’un mouvement de balancier ne vienne monter pourquoi et comment la solidarité est une protection contre les dangers.

Mais on a vue bien des sociétés, des communautés, des entreprises se saborder et couler faute d’être capable de faire face à leur égoïsme. La faiblesse de  l’Europe en est un exemple flagrant.

La prison : Nécessité et aberration

Depuis bien longtemps je suis mal à l’aise avec la notion de prison, voir nos semblables enfermés comme des animaux en cage me gêne. Pourtant cette notion de prison est aussi vieille que les sociétés. Déjà l’institution judiciaire et prison existaient dans l’Egypte des pharaons et sans doutes bien avant. Il semble que les principes même de la justice et des peines ait peu évolué (dans leurs principes de base) depuis ces époques anciennes. Le délit, le jugement et la sanction proportionnée sont leurs fondements depuis toujours.

Il me paraît souhaitable de s’interroger sur cette notion capitale.

La société se construit autour de certaines valeurs consensuelles définie par des institutions, et il est normal que ces sociétés défendent ces valeurs contre les actes délictueux ou criminels  qui pourraient les remettre en cause. Il en va de leurs cohérences et de leurs survies.

Le problème fondamental dans notre monde actuel est que les fonctions de la prison (oublions la notion de peine de mort qui n’est plus en vigueur chez nous) ne sont pas clairement définies, ni admises.

  • La prison peut être prise comme une fonction d’éloignement temporaire de la société d’individus dangereux ou perturbateurs. En ce sens elle joue pleinement son rôle, mais évidemment son caractère temporaire ne fait que repousser le problème puisque tôt ou tard ces individus seront réintégrés à la société et pourront perpétrer de nouveaux délits. La mesure d’éloignement n’est donc pas une fonction suffisante
  • La prison peut avoir une fonction de dissuasion en inspirant la crainte d’une sanction pénible et infamante. Malheureusement il semble que cet aspect dissuasif soit surtout ressenti par les « honnêtes gens ». Les délinquants agissant généralement soit par impulsions, soit avec un sentiment d’impunité, soit avec l’inconscience de commettre un délit. La fonction de dissuasion est loin d’être une panacée et en tout cas insuffisante par elle-même.
  • La prison peut avoir une notion de rédemption. Elle est symbolisée dans la phrase « j’ai payé ma dette à la société, je ne lui dois plus rien ». Si on peut dire que, après avoir purgé sa peine l’individu est quitte envers la société, on ne peut pas dire qu’il est quitte envers sa victime. Qu’un assassin est fait un ou dix ans de prison ne rendra pas son père assassiné à un enfant. Cette rédemption « institutionnelle » ne dédouane pas le délinquant de son acte. Le mal qui a été fait ne peut pas s’effacer et le délinquant le portera toute sa vie.
  • La prison pourrait avoir une fonction de réparation en dédommageant la victime du préjudice qui lui a été causé. Cette notion ne peut s’appliquer à un crime de sang car dans ce cas le dommage est irréparable. En cas de délit crapuleux la prison ne peut être une réparation, seul un dédommagement financier peut couvrir un dommage financier. Si la prison peut être envisagé comme une réparation vis à vis de la société, elle ne le sera jamais vis à vis de victimes. (Quant au dédommagement financier, vu la lenteur de la justice, il arrive trois ou quatre ans  après le dommage, donc bien trop tard  pour être une compensation efficace)
  • La prison peut avoir une fonction de réinsertion dans la société en « rééduquant » les délinquants pour « corriger » leurs penchants transgressifs et les re-sociabiliser correctement. Cette fonction pourrait éviter la récidive et la délinquance à répétition. Elle aurait l’avantage de renforcer les valeurs morales en vigueur.

 

Il est indispensable de hiérarchiser ces six fonctions pour définir une politique carcérale qui puisse fonctionner. Avant de donner des moyens pour la prison il me paraît fondamentale de se fixer des objectifs. Si les points 1, 2, 3 nécessitent des moyens pour l’encadrement des prisonnier (places de prisons, surveillants, sécurité) le point 5 réclame d’autres moyens plus orientés vers la pédagogie, la psychologie, la formation professionnelle sans doutes plus couteux mais pour un résultat plus définitif.

A ce stade faisons un point sur la notion de peine et de leur durée. Les points 1,2,3 s’accommodent assez bien de la notion de durée de peine comme nous la pratiquons aujourd’hui, par contre dans le cas de la ré-insertion(5) elle perd complètement de son sens. Le problème n’est plus de définir une durée de peine proportionnelle à la nature du délit commis, mais de pouvoir définir le moment à  partir duquel un délinquant peut être remis en liberté dans la société. On peut imaginer qu’un individu ayant commis un crime grave sous le coup d’une passion (rupture affective, divorce, …) pourrait être remis en liberté rapidement, une fois le choc émotionnel passé ou guéri, alors qu’au contraire un escroc calculateur et cupide serai plus long à réinsérer et resociabiliser. Ceci bouscule largement notre notion de la justice, de ses sanctions, et de l’évaluation de la gravité des délits.

On comprend mieux comment fixer des moyens à la justice c’est avant tout lui fixer des objectifs. Actuellement nous dansons sur deux pieds. Notre notion de gravité des délits, évaluation des peines nous conduit à préférer les notions d’éloignement, dissuasion, rédemption, mais dans le même temps nous souhaitons mener une politique de réinsétions qui n’est pas compatible. Résultat notre philosophie penche vers l’incarcération, alors que notre désir va vers la ré-insertion, la libération. Avant d’aller plus loin il serai sain de résoudre ce dilemme !

De même qu’avant de réformer notre justice (comme on le fait très régulièrement) on doit poser le problème de la prison qui est l’outil d’exécution de la justice. Comme toujours, pour ne pas choisir, on construit nos pyramides en commençant par le haut en pensant que l’on adaptera le bas au moment voulut … résultat rien ne tient debout.

Une dernière réflexion sur un des points qui me tracasse. Quand un individu commet un délit, on le juge souvent 2 à 3 ans après. Au moment du jugement on a dans le box l’individu tel qu’il est aujourd’hui que l’on juge pour ce qu’il était il y a 2 ou 3 ans. On juge un individu pour ce qu’il n’est sans doutes plus ! (on tourne le problème en disant que l’on ne juge pas l’homme mais son délit … c’est pourtant l’homme que l’on va emprisonner ). Il va être condamné à 5 ou 10 ans de prison. Il peut changer et n’être plus l’individu qu’il était il y a longtemps quand il a commis son délit. (D’où la très juste notion de libération anticipée). Ceci plaide pour la fonction de réinsertion de la prison et la notion, non pas de longueur de la peine, mais de la réinsertabilité du délinquant.

 

Vous avez sans doutes compris que mon cœur et mon esprit penchent pour la fonction de réinsertion qui à l’avantage de régler le problème à sa base et qui de plus n’exclus pas les fonctions de dissuasion, d’éloignement et de rédemption.

Des paradoxes dans notre système économique

Notre système économique paraît présenter une certaine cohérence, en dépit de nombreuses anomalies. Pourtant, par bien des aspects, il est totalement paradoxal. Les propos qui vont suivre seront plutôt « caricaturaux », mais ils peuvent cependant donner à réfléchir

Notre économie manque de compétitivité, et dans notre pays les salaires sont trop bas pour offrir à nos concitoyens le standard de vie auquel ils estiment avoir droit (même si ces salaires sont souvent assez haut par rapport à bien des pays du monde). L’état a mis en place des systèmes de redistribution, sous forme d’aides sociales, pour booster le revenu des plus pauvres. Pour cela il met à contribution les entreprises sous formes d’impôts, de taxes, de cotisations sociales. Etranglée par ces charges les entreprises manquent de compétitivité et sont obligées de maintenir les salaires à un niveau assez faible. Notre système de rétribution et donc un « serpent qui se mord la queue », un « cercle vicieux », un « boucle sans fin ».

Pour retrouver de la compétitivité, nos entreprises sont amenées à délocaliser leur production dans des pays ou la main d’œuvre est moins chère. Ce faisant elles génèrent des couts de transport plus élevés, mais surtout créent du chômage sur notre territoire. Pour faire face à cette pénurie d’emplois l’état met en place un système d’indemnisation des chômeurs qui devient de plus en plus couteux au fil des délocalisations. Pour faire face à cette dépense l’état met à contribution les entreprises sous forme, entre-autre, de contribution patronale à l’assurance chômage. Les entreprises donnent d’une main ce qu’elles ont gagnées de l’autre. C’est encore un « cercle vicieux ».

Dans le même ordre d’idées, pour équilibrer leurs comptes et retrouver de la compétitivité les entreprises passent par des plans de licenciement. Elles passent alors leurs déficits à la collectivité obligée à prendre en charge le chômage ainsi généré. L’état se retourne donc vers les entreprises pour les mettre à contribution et les faire participer au cout du chômage généré. On se retrouve captif du « cercle vicieux » mentionné plus haut.

On stigmatise, souvent, nos entreprises et leur manque de compétitivité vis à vis du marché mondial et notamment vis à vis des pays émergents à bas couts de main d’œuvre. Ce fait est-il à lui seul responsable de la faiblesse de nos entreprises. Cela n’est pas certain, et la valeur des monnaies joue un rôle important.

Supposons un pays A ou les salaires sont de 1000, par exemple et l’indice des prix à la consommation également de 1000.  Comparons-le à un pays B ou les salaires sont de 100 et l’indice des prix à la consommation serait de 100. Théoriquement les citoyens devraient avoir sensiblement le même niveau de vie. Si maintenant nous envisageons des échanges entre ces pays on voit que le pays B à un avantage certain vis à vis du pays A. Les entreprises achètent leur matière première soit localement (avantage au pays B) soit à des pays tiers (donc sensiblement au même prix même si ces couts pèsent différemment dans les prix e revient dans chaque pays). Même avec une compétitivité structurelle bien supérieure les entreprises du pays A auront une compétitivité sur le marché international inférieure à celles du pays B. Les taux de change des monnaies ne pouvant pas corriger cet écart de compétitivité. C’est pourquoi un retraité du pays A (qui touche la retraite dans son pays d’origine) pourrait vivre « royalement » dans le pays B.

 

Ces réflexions ne sont pas à prendre à la lettre car elles comportent beaucoup d’approximations. Néanmoins elles doivent faire réfléchir à l’organisation du monde qui nous entoure.

La Justice. Droit civil contre droit moral

C’est un débat récurrent dans nos sociétés que d’opposer le droit et la morale. Récemment une femme a été condamné pour avoir envoyé de l’argent à son fils parti faire le Djihad en Syrie. Elle a été accusée de « financement du terrorisme » (que penser de sa modeste obole par rapport à celle déversée par l’Arabie Saoudite !) ceci primant sur le devoir d’une mère d’aider ses enfants. Des personnalités d’extrême gauche ont été honnies pour avoir tentées de trouver des excuses sociales à la dérive Islamiste. Cette confusion perpétuelle entre droit et morale mérite que l’on en débâte.

La justice

C’est un ensemble de règles écrites et consensuelles qui fixe le « vivre ensemble » dans une société, qui fixe les droits et les devoirs de chacun. La Justice s’appuie sur ces règles (la loi) pour décider si tout acte est conforme ou en opposition à la règle commune. La Justice juge les actes et non les hommes.

La morale

C’est un ensemble de règles, généralement non formulées, non écrites, qui définissent la position de chacun d’entre nous, son sentiment, son attitude vis à vis de nos agissements personnels ou celui de nos semblables. La morale n’est pas forcément consensuelle, elle est individuelle. La morale juge les hommes et non les actes.

Les circonstances atténuantes

Une analyse sociologique ou psychologique de la situation peut entrainer une réduction de la peine encourue par le condamné. Ceci peut conduire à une confusion entre justice et morale. Ce n’est pas véritablement le cas. Elles induisent une réduction de la peine encourue mais nullement une atténuation de la gravité du délit commis. Le jugement n’est pas modifié, seule la peine est atténuée.

 

Ainsi énoncé Justice et Morale sont donc deux notions indépendantes et non exclusives.

Rien n’empêche de juger au nom de la loi avec la plus grande rigueur tout en conservant un jugement moral plus nuancé et parfois plus bienveillant.

Prenons par exemple la dérive Islamiste djihadiste. Tout acte ou comportement en écart avec nos lois doit être sanctionné comme il se doit, sans défaut ni excès de sévérité. Ceci n’empêche absolument pas de réfléchir à la genèse de cette dérive, d’en dégager les responsabilités individuelles ou sociétales si elles existent. Cette analyse est absolument indispensable pour garder un œil critique sur le fonctionnement de notre société et ajuster lois morales et lois civiles. La légalité doit autant que possible refléter les aspirations morales du « vivre ensemble » afin que la loi reste consensuelle et acceptable par l’ensemble des citoyens.

Radicalité et radicalisation

Deux mots à la mode, très usités, mais dont les contours restent assez flou. La « radicalité » est utilisée dans un sens assez large pour designer des comportements rigoristes, extrémistes, sans nuances et sans concession. La « radicalisation » est utilisée dans un sens plus restrictif pour caractériser un individu qui se converti à un islam rigoriste devenant ainsi capable d’actes de terrorisme.

Les tentatives de « dé-radicalisation » ont été relativement des échecs, et comprendre ce que sont réellement la radicalité et la radicalisation me paraît un passage obligé pour aborder leur traitement.

Essayons de donner un sens plus large à ses deux mots et dans le même temps de les définir l’un par rapport à l’autre.

Disons tout d’abord que la radicalité est un état alors que la radicalisation est le processus qui doit conduire à la radicalité. La radicalité est statique, la radicalisation dynamique. Ces deux mots semblent couvrir un process unique allant de l’un à l’autre, mais en fait ils couvrent bien deux phénomènes distinct dans leur mécanisme et dans leur genèse. On verra que la radicalité acquise par radicalisation est de nature différente de celle acquise par l’éducation.

La radicalité

Elle traduit les comportements d’un individu qu’on pourrait caractériser de raide, psychorigide, voire à tendances paranoïaque. Sa conscience cognitive est fortement structurée et les expériences nouvelles ont beaucoup de mal à s’intégrer à son réseau de vécu historique. (L’intégration implique toujours une remise en cause partielle de l’existant).

Tout élément nouveau à insérer se heurte à une structure rigide qui ne laisse aucune place à la nouveauté. Toute tentative pour intégrer une idée nouvelle est vécue comme une agression et immédiatement rejetée ou intégrée avec une connotation négative. Il est difficile de dire si cette hyper structuration de la conscience cognitive est innée ou acquise par l’éducation et le milieu environnant (Il me paraît que l’influence de l’apprentissage devrait être le facteur dominant). Le personnage sera plutôt dominant et autoritaire. On retrouvera là, tous les leader intégristes religieux (Catholiques, Juif, Islamistes) les leader idéologues obtus (extrême droite et extrême gauche), donc des radicaux plutôt meneurs !

La radicalisation

C’est le développement chez un individu de comportements radicaux. Elle touche principalement des personnages à psyché plutôt souple avec des repères un peu flottants et mal assurés. L’individu a la capacité d’absorber et d’intégrer facilement les messages venant de son environnement (en raison de la plasticité, le manque de structure de sa conscience cognitive) et comme il est, en plus, en recherche de repères, en recherche d’identité, il sera une proie rêvée pour tout prosélytisme radical. Les individus du groupe cité plus haut seront pour eux le « gourou » qu’ils attendent pour se sécuriser, se stabiliser. Le « radicalisé » sera un radical suiveur, docile et obéissant, le sujet idéal à envoyer « au casse-pipe ».

Dé radicalisation

En ce qui concerne le « voyage inverse » il est bien évident que pour les radicaux du premier groupe, que l’on pourrait appeler « radicaux structurels » la dé radicalisation sera très difficile. C’est l’ensemble d’un vécu et ses expériences qu’il faudrait corriger. C’est une remise en cause totale de l’individu. Mieux vaut lui laisser ses certitudes, mais développer des mécanismes de prise de conscience des conséquences de cet intégrisme et des approches compensatoires qui pourrait l’amener à contrôler mieux ses comportements.

Les radicalisés par manque de repères pourront mieux être traités. Il faudra leur redonner des valeurs (repères) qui devront se substituer à leur bouclier intégriste. Il ne sera pas possible d’éliminer leur tendance extrémiste sans y substituer d’autres valeurs aussi sécurisante pour eux

Conclusion

La radicalisation d’un groupe nécessite deux types d’individus. Des radicaux dominants pour créer la dynamique organiser la cohésion, et des radicalisés dominés pour constituer la troupe de soldats. Ainsi présenté, le rôle des soldats paraît moins gratifiant !

Les notions d’identité et d’identitaire en psychologie relativiste

Le discours actuel est truffé des mots « identité », « identitaire », chacun s’en gargarise à plaisir … mais au fait qu’est-ce que cela veut dire ?

Aucun des enragés de ces mots n’a pris la peine de le définir et chacun de nous les enregistre avec une vague notion de ce qu’ils peuvent signifier. C’est bien pratique dans le discours politique d’utiliser des mots à signification floue puisque chacun les reçois selon ce qu’il voudrait entendre. C’est l’art du discours politique d’évoquer sans préciser, de laisser planer l’ambiguïté, de tirer des conclusions précises à partir de notions qui ne le sont pas ! C’est une des techniques de « l’enfumage ».

La « psychologie relativiste » organisée autour de la notion d’échange, de positionnement, et de la prise d’identité et parfaitement adaptée pour donner un sens à ces mots.

L’identité se forme par acquisition de la conscience cognitive. Les émotions, les ressentis des événements, des situations, de êtres, de l’environnement s’inscrivent dans la conscience émotionnelle sous la forme d’un « chaos » sans structure ni relations logiques entre-elles. La confrontation de ces émotions avec la conscience cognitive déjà acquise va les inscrire dans un réseau relationnel qui va organiser ces émotions en un réseau logique, structuré, et cohérent (autant que possible) et ainsi enrichir la conscience cognitive. Celle-ci, confrontée à des nouvelles émotions va définir son positionnement vis à vis d’elles, nous amener à des attitudes par rapport à elles et déterminer nos comportements. C’est ce processus qui définit notre identité. Celle-ci évolue sans cesse au cours de note vécu, en s’affirmant et se précisant sans cesse. L’identité sera le récit de notre vécu historique. Elle nous définit de façon univoque et fait de nous l’être spécifique que nous devenons tous les jours. L’identité est une notion dynamique qui se forme au gré des événements que nous vivons.

Les notions de perte d’identité, de crise identitaire, prend alors un tour différent si on les confronte à la notion d’identité définie plus haut.

La notion de perte d’identité est une notion absurde (exception faites de certaines psychopathologie) puisque chaque jour nous perdons notre identité pour en gagner une nouvelle encore plus structurée, encore plus forte. C’est l’évolution vers la maturité, la dynamique de création de notre conscience cognitive qui est en marche ! Une véritable perte d’identité se produit dans le cas de la dépression, dans laquelle le système de valeur qui induit notre identité explose (sous le choc d’une émotion trop forte pour être organisée dans le réseau de la conscience cognitive). La perte d’identité n’est en aucun cas la résultante d’un choc culturel, mais plutôt d’un choc émotionnel.

Pour en venir à la crainte d’une partie de la population Française de la perte de son identité sous la pression d’une « invasion » musulmane, on peut les rassurer. Jamais la confrontation à des influences nouvelles ne fait perdre une identité. Au contraire chaque expérience nouvelle nous enrichit, structure et développe notre identité, nous fait murir. Il est certain que pour des individus à structure mentale « paranoïde » rigides et bloqués sur leur acquis, toute nouveauté est vécue comme une agression, une remise en cause, un danger. Leurs craintes, aujourd’hui se cristallisent sur « les musulman » mais se sont de toutes façon des individus hostile à tout changement. Le « c’était mieux avant » veut surtout dire « ne changeons rien ».

La notion de « crise identitaire » est un peu plus complexe puisque l’on est plus sur une psychologie individuelle mais sur une psychologie de groupe (la crise identitaire individuelle a été évoquée plus haut dans le domaine de la dépression). La notion d’identité de groupe est plus difficile à cerner.

Dans une société il existe un certain nombre de valeurs commune, un patrimoine commun (ou plus ou moins commun) qui construisent ce que l’on pourrait définir comme une identité culturelle. Elle est forte dans un groupe isolé et bien spécifique, se dilue quand le cercle qui définit le groupe grossit, et perd presque tout son sens à l’échelon d’une nation. Lorsque ces valeurs sont remises en cause certains groupes ont du mal à s’adapter et ont tendance à se replier sur leurs valeurs historiques. Pour les individus qui ont forgés leurs identités sur les valeurs du groupe ont pourra parler de « crise identitaire » personnellement je préfère parler d’une crise des valeurs.

Le phénomène n’est pas nouveau. Le dernier épisode a été la crise causée par l’avènement du « communisme ». Cette utopie égalitaire a bousculé les valeurs traditionnelles de la bourgeoisie bien assise sur ses privilèges. Cette dernière a vécu à l’époque une véritable « crise identitaire ou des valeurs » Elle a conduit à toutes les répressions que l’on a pu connaître (syndicales, Mac artisme, monté en puissance des opinions d’extrême droite, et sous-tendu à la seconde guerre mondiale). Cette utopie a un peu disparue, dans la mesure où ces nouvelles valeurs se sont partiellement inscrite dans le patrimoine commun (même s’il existe encore de nombreuses résistances).

La « crise identitaire » que l’on croit connaître aujourd’hui est moins le fait de la confrontation au monde musulman mais la perte d’une des grandes valeurs sur lesquelles se sont construite la plupart des sociétés : La solidarité !

Les remous autour de la « loi travail » sont le reflet du « chacun pour soi » (patronat/syndicats). La devise moderne pourrait être : Tous pour un, un pour moi ! C’est cette nouvelle approche des situations qui détermine la crise identitaire (des valeurs) que nous vivons aujourd’hui.

Pour en donner quelques exemples :

1- Arrivée de Donald Trump au pouvoir et son « américa first » qui rappelle étrangement le « Deutschland uber alles » des années 30.

2- La nouvelle approche des assurances : ne payez que ce que vous consommez, donne un gros coup de griffe à la mutualisation des risques basée sur la solidarité.

3- L’Uberisation galopante de notre consommation

4- L’inclination, par exemple, de Emmanuel Macron à tirer le salariat vers un entreprenariat individuel

5- La position es grandes puissances dans le conflit Syrien

Etc. Etc.

Le référendum ou la démocratie bafouée

La nouvelle loi travail crée bien des polémiques. On dit que 66% des Français seraient contre donc seulement 44% seraient pour (je ne suis pas certain des chiffres, mais cela est sans importance pour le raisonnement)
En fait, le problème est mal posé.
Dans les 66% de gens qui sont contre, en fait environ 25% sont contre parce qu’ils trouvent que cette loi ne va pas assez loin (La droite), 25% sont contre parce qu’ils trouvent que cette loi va trop loin (La gauche extrême) et 16% sont mitigés, soit qu’ils n’aient pas d’opinion affirmée, soit qu’ils acceptent certaines parties de la loi mais pas les autres.

Le rapport devient alors :
Favorables :44%
Pas assez loin : 25%
Trop loin : 25%
Indécis mais plutôt contre : 16%

Démocratiquement cette loi devrait être acceptée

Mais me direz-vous, de toutes façon 66% des Français ne refusent cette loi et elle ne pourra pas être mise en œuvre. Mais si on mettait au vote la proposition de la droite elle recueillerait également une majorité de vote « contre », idem pour la proposition de la gauche extrême.

Soit ! mais alors, que fait-on ? que proposer ?

Si on fait un vote « démocratique » (pas une forme de référendum par oui/non), c’est bien sur cette loi qui sera choisie ! Quelle est donc cette spirale infernale qui fait que le point de vue majoritaire, la démocratie, ne peut s’imposer ?

C’est que dans ce cas, ou il faut absolument faire quelque chose, la notion de « contre » n’a aucun sens. Il n’est pas question de ne pas faire quelque chose, mais, au contraire, de faire ! Le débat doit porter sur des propositions concrètes et non sur des refus.

De plus tout référendum par Oui/Non et dépourvu de sens. Les pro-oui, comme les pro-non ne représentent pas des majorités homogènes. C’est additionner des carottes et des choux, des torchons avec des serviettes. Les Français doivent se prononcer sur des proposition précises susceptibles de dégager des majorités et des minorités homogènes

Revenons-en à la simple démocratie, choisissons parmi des propositions celle qui recueille le plus de voix, et laissons parler la démocratie.

Une petite remarque à propos du « slogan » de Mélenchon : « un coup d’état social » qu’il clame à tout va. Ce slogan peut se lire de deux manières

  1. Un coup, d’état social, c’est à dire, « je vous fais le coup de l’état social », qui semblerait indiquer que Mélenchon avouerait qu’il berne ses supporter en leur annonçant un avenir social pour les faire bouger en sachant très bien qu’il ne pourra jamais leur donner

2. On peut également comprendre, ce que je crois, qu’il veut dire « un coup d’état, social », c’est à dire une révolution vers le social, vers un avenir meilleur. En fait Mélenchon se « plante » complètement, il veut critiquer le coup d’état libéral de Macron, mais il avance le contraire en dénonçant un coup d’état social !
Ceci montre bien comment on mobilise les foules avec des slogans que personne d’analyse et que chacun interprète selon ses fantasmes

Le message publicitaire d’aujourd’hui

Vous avez surement, comme moi, observés comment les messages publicitaires fournit avec les annonces étaient faibles pour ne pas dire parfois débiles. C’est un point qui m’a interpellé, étant entendu que je ne pense pas que les publicistes soient des gens d’un tel niveau intellectuel.

Un message, quel qu’il soit a deux composantes principales :

Une composante cognitive (un message oral, un texte, une représentation explicite, …) sous forme codifiée socialement (langage, icône, …) qui s’adresse à notre conscience cognitive.

Une composante émotionnelle (difficile à formuler puisque par essence elle est du domaine non formulable) qu’on peut qualifier « d’image » véhiculée par le message et qui s’adresse à notre conscience émotionnelle.

En individu rationnel je pensais que le message formulé s’adressant à ma conscience cognitive était très important et qu’il devait lui donner tout son sens. C’était sans doutes le cas il y a un certain temps lorsque les publicités étaient plus rares. De nos jours, elles sont si nombreuses que les messages se télescopent, s’entrechoquent, et se neutralisent. Nous sommes, dans une seule journée, soumis au message de 4 ou 5 marques de dentifrice qui toutes font les dents plus blanches, évitent les caries, aseptisent la bouche, … plusieurs marques de voitures toutes plus confortables les unes que les autres et qui nous amènent dans un confort absolu dans des paysages paradisiaques. Ces messages « n’impriment » plus, ils s’annulent les uns les autres.

De plus, ces messages exprimés dans le langage de la raison sont « opposables ». Les citoyens sont maintenant suffisamment éduqués vis à vis de la publicité pour critiquer le message, le contredire, argumenter contre. Vous avez toujours plus ou moins utilisé le dentifrice « machin » et vous n’avez pas pour autant les dents plus blanches qu’avec le dentifrice « truc ». Ce genre de message a perdu sa crédibilité. Les publicistes le savent bien. Alors que leur reste-t-il ?

Ils s’adressent donc à l’image masquée du message, celle qui vous crée une émotion, un sentiment qui vous transperce sans que vous n’en preniez conscience. Elle s’insère dans votre mémoire émotionnelle, s’incruste, vous envahie. Sans que vous n’en preniez réellement conscience, elle va s’immiscer dans le réseau logique de votre conscience émotionnelle, et ensuite participer aux créations logiques que vous pourrez élaborer et notamment à vos décisions. C’est un ver, pervers ! Naturellement ce type de messages est très difficile à élaborer pour qu’il fassent mouche, et bien souvent ils ne portent pas,( bien qu’il ne soit guère possible de mesurer leur impact isolément)

Par contre, dans le même rayon, ce qui joue un grand rôle est la notoriété. Il est connu que plus un slogan ou simplement le nom d’une marque est répété et plus celle-ci nous est familière. Elle devient comme un ami bien connu en qui on a confiance et auquel on peut se confier. Dans le choix d’un produit en rayon cette proximité, cette familiarité, nous fait visualiser le produit porteur de cette marque très spécifiquement au milieu des autres. Notre choix se porte nous naturellement sur lui en toute confiance. Dans ce cas, c’est encore notre conscience émotionnelle qui nous guide, malgré nous et contre parfois toute logique.

 

En conclusion, dans un message publicitaire, le message formel est accessoire. Il ne sert que d’accroche pour nous inciter à visualiser l’affiche ou le spot sans réellement transmettre de contenu.

L’image générale portée par le message pourrait jouer un grand rôle s’il pouvait vraiment « viser juste » ce qui est assez difficile par contre il va servir de support à la « notoriété.

Le message publicitaire serra composée d’un élément conceptuel original pour nous accrocher, d’un élément non formulé (style graphique, musique, couleurs), … servant à créer une image abstraite du produit, et surtout d’une répétition dans le temps (matraquage) qui nous familiarisera et nous fidélisera à la marque.

Il sera donc formé d’une accroche qui se veut humoristique, ou choquante, pour nous inciter à lire l’annonce, dans un style étudié pour faire image du produit, tout ceci étant prétexte à présenter la marque et à l’imposer à notre mémoire.

Les Français, les rois de la polémique

Périodiquement, le pays est traversé par des polémiques qui enflamment l’opinion, et se terminent généralement en « eau de boudin, par une sorte de non-lieu. Je voudrais tenter de montrer :

  • Pourquoi ces polémiques sont stériles
  • Comment et pourquoi les Français peuvent s’en saisir et se passionner pour elles.

LES POLEMIQUES STERILES

Voyons les plus récentes d’entre-elles :

Le statut de la « première dame ».

La polémique porte sur le fait de donner ou non un statut à la « première dame ». Celle-ci entreprend des actions publiques qui sont plus ou moins largement relayées par les médias. Chaque Français peut en prendre connaissance et porter sur les faits un jugement critique (bien, mal, de son ressort, ne devrait pas s’en mêler, …) Ce jugement est porté, bien sûr, par rapport à ce que chaque citoyen pense être le rôle, la fonction, les attributions de la « première dame ». C’est donc par rapport à un statut « implicite » de, ou de la conjointe du président que chaque Français porte son jugement. La « première dame » a donc, non seulement un statut, mais elle a même une infinité de statuts implicites. Le problème de lui donner, ou non, un statut ne se pose donc pas, qu’on le veuille ou non elle en a un. On peut alors débattre de la normalisation et de l’officialisation d’un statut, de la définition des fonctions de la « première dame », de ses devoirs et de ses droits. Ceci pourra bien sûr, en France, être source de nouvelles polémiques.

Le voile islamique et le burkini

Encore un sujet passionnant qui mérite que l’on se déchire. Le voile, sujet de la polémique, est tout sauf Islamique. On peut citer des porteuses de voile célèbres comme mère Theresa, toutes les représentations de la vierge Marie dans les nombreuses églises, on peut rappeler qu’il n’y a pas si longtemps en Europe la plupart des paysannes portaient souvent ce type d’accessoire, que si le voile peut s’associer avec l’Islam c’est simplement parce que cette religion s’est implantée dans des régions ou le port du voile était traditionnel. Avoir assimilé cet attribut vestimentaire à un signe religieux est une pure escroquerie intellectuelle (de la part des opposant comme de la part des musulman) qui sous-tends des relents d’islamophobie ou d’islamophilie non avoués.

Quant au débat sur le port du burkini, on a pourchassé les naturistes, difficilement admis le bikini, fait la grimace aux « seins nus », si on reproche maintenant à des femmes d’être trop couvertes, … comment s’habiller pour aller à la plage … doit on définir un « dressing code » !

Le mariage gay

Encore une fausse polémique entretenue par des lobbies bien ou mal pensant. Le PACS avait, à son époque, fait polémique, mais comme toujours l’histoire donne tort aux réactionnaire et le PACS entre homosexuels est passé dans les mœurs. Passer d’un PACS à une union renforcée n’aurait jamais dû faire plus qu’un simple débat technique. Hélas, le choix du terme « Mariage » pour ce PACS étendu a réveillé dans les inconscients des vieux fantômes que l’on croyait enterré (pardon pour cet enterrement de fantômes qui pourrait faire polémique). Les « vieux cathos réac» (je n’inclus pas tous les catholiques dans cette catégorie), qui n’étaient en rien concernés par cet acte civique républicain se sont lancés dans une polémique stérile et perdue d’avance (je l’ai déjà dit l’histoire donne toujours tort aux réactionnaires). Que dirait ses gens si la république se permettait de régenter le sacrement de la communion, ou l’ordination des prêtres, … !

La déchéance de nationalité

Un super exemple de polémique sans objets. Elle devait s’appliquer aux actes de terroriste, après que le délinquant (pour ceux qui ne se sont pas suicidé ou été abattus au cours de leur attentat) ait purgé sa peine, donc dans 15 à 20 ans, elle ne pouvait s’appliquer qu’aux binationaux (donc ni aux Français, ni aux étrangers), soit quelques individus sur lesquels on devrait statuer dans 20 ans, et devait punir des gens qui par principe honnissent la nationalité Française et seraient bien récompensés en s’en voyant privé.

 

QU’EST CE QUI POUSSE LES FRANCAIS DANS CE RIDICULE ?

C’est le type même de ces polémiques que d’être ridicule. Quand une polémique y échappe, elle devient débats, elle mobilise les experts qui s’accaparent la parole et éjectent de ce fait le « petit peuple » du débat.  Celui-ci ne peut s’y mêler car il ne possède ni le bagage technique, ni le bagout qui lui permettrait de lutter avec les spécialistes. Pour nous insérer dans le débat, nous, « petit peuple », nous n’avons pour seule solution que d’épouser une des thèses des experts et la pousser en avant en feignant qu’elle soit nôtre.

Alors que reste-t-il au « petit peuple », c’est à dire vous et moi, pour exprimer son opinion ? justement les polémiques stériles et ridicules. Elles n’ont pas de solution car, comme nous l’avons vu plus haut, soit-il n’y a pas de réel problème, soit le problème posé et totalement à coté de ce qu’il devrait être. Aucun expert, aucun spécialiste, ne peuvent intervenir. Ils ne peuvent ni fournir des arguments solides, ni réfuter les arguments fallacieux qui leurs sont opposés. Leur logique est en défaut et ils disparaissent rapidement de écrans radar. Nous voilà libre d’exposer nos points de vue, d’avancer nos solutions magiques, sans souci d’être réellement contredit puisque la polémique échappe à toute logique. Généralement, tout en pensant participer à la solution d’un problème, chacun exprime ses fantasmes, exhume ses rancœurs, ses craintes, ses frustrations, ses obsessions, ses désirs cachés, et très (trop) souvent ses engagements politiques. Ces polémiques sont un exutoire pour chacun. Nous leurs donnons l’allure hypocrite d’un débat alors qu’elles ne sont que défoulement collectif.

Un élément important à signaler est le côté un peu immature de la population Française. Ceci lui confère le charme et le romantisme que lui prêtent les étrangers, de façon analogue aux italiens par exemple, un sens des valeurs romanesques, le gout des causes perdues, l’exaltation des sentiments, et bien sur son besoin de polémiquer. Pour avoir beaucoup travaillé avec des étrangers j’ai pu constater qu’après des discussions parfois très rudes, quand un choix est décidé il n’est plus remis en cause. En France, au contraire, toute décision prise est rapidement remise en cause et sujet à nouvelles polémiques.

C’est notre charme à nous Français !