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La fin de la démocratie

La démocratie est considérée comme la « panacée » des systèmes de gestion des états

La démocratie athénienne désigne le régime politique mis en place progressivement dans la cité d’Athènes durant l’antiquité et réputée pour être l’ancêtre des démocraties modernes Le terme démocratie vient des mots grecs δῆμος / dêmos («le peuple») et κράτος / krátos («la puissance, le pouvoir»). Il s’agit donc d’un régime où les décisions sont prises par le peuple.

D’où notre vision idyllique de la démocratie Athénienne. Cependant si chacun a le droit de s’exprimer sur « l’Agora », le pouvoir reste entre les mains des grandes familles athéniennes. Seuls participent aux décisions les citoyens Athéniens de souche, qui doivent être descendant de familles Athéniennes, ce qui exclut une grande partie de la population de la prise de décisions. On peut parler de démocratie éclairée entre les mains des plus riches et des plus cultivés.

La dictature c’est « ferme ta gueule », mais la démocratie c’est « cause toujours »

Ce fut pendant très longtemps le modèle de nos démocraties occidentales, le peuple faisant confiance à ses élites (ou supposés telles) pour diriger le pays. C’est dans les pays le plus culturellement avancées que se sont installées les premières démocraties. Il semble que ce soit dans ces mêmes pays qu’elle a tendance à s’effriter.

La problématique de la démocratie se trouve dans le principe de décision :

Une décision doit-elle satisfaire le plus grand nombre ou être la meilleure pour le pays.

Tant que la population à confiance dans ses élites, les décisions de celles-ci reçoivent l’approbation du plus grand nombre et la démocratie fonctionne. C’est ce que nous avons vécu dans nos démocraties occidentales moderne.

Cette démocratie a, très justement, favorisé l’accès à la culture à toutes les couches de la population. Elle a de ce fait prononcé sa perte. Au fur et à mesure que le niveau culturel de la population s’est développé son esprit critique à grandi, et chacun s’est senti  en capacité de participer aux décisions. C’est une aspiration légitime pour chacun de participer à forger son destin.

On a souvent dit par boutade que l’équipe de France de football était composé de onze joueurs et de 60 millions de sélectionneurs.

Les élites sont de plus en plus critiquées, mises en cause (souvent avec raison) et qu’il s’agisse d’un problème de pont et on  se retrouve avec 60 millions d’ingénieurs des ponts et Chaussées, d’un problème de virus et on a 60 millions de virologues, un problème d’économie et on a 60 millions d’économiste. Chacun devient expert en tout !

La décision par le choix du plus grand nombre n’a aucun sens quand il s’agit de lutter contre une pandémie, quand il s’agit de la sécurité d’un pont, ou de décider de la gestion de la dette nationale. Seule la décision des experts doit être prise en compte … à condition qu’elle soit acceptée par le plus grand nombre.

La démocratie fondée sur la confiance dans les élites ne fonctionne plus quand celle-ci  fait défaut.

C’est dans cette brèche que se sont engouffrés les populistes de tout poil. Le peuple veut la parole, alors donnons la parole au peuple.

C’est ce que nous avons vécu avec l’accession au pouvoir d’Hitler en 1933 choisi rappelons le par le peuple Allemand, l’adulation de Staline, celle de Mao (pour ne citer que les plus destructrices) qui nous ont couté près de100 million de mort violentes, misère et destructions. Ce ne sont pas ces hommes qui sont responsable de ce carnage, mais les peuples qui les ont choisi et vénérés comme des dieux. Les leaders ne sont jamais que des émanations des volontés populaires, n’en faisons pas des boucs émissaire pour dédouaner les populations de leur lourde responsabilité. Quand on donne « carte blanche » à quelqu’un on en assume la responsabilité.

Le populisme joue à plaisir de ce désir des populations de se saisir de leur destin. Le  mécanisme en est très simple

  1.  On propose de donner la « parole au peuple »
  2.  Il est ravi et vous choisit dans un grand élan populaire. (rappelons que le peuple est largement plus nombreux que les élites)
  3. Vous prenez les décisions qui plaisent au peuple (même si elles sont aberrantes) pour renforcer votre emprise sur lui
  4. Une fois bien installé dans le pouvoir vous vous moquez bien du peuple, dont vous n’avez plus besoin, et vous n’en faites plus qu’à votre tête !

C’est le schéma mille fois répété qui mène du populisme à l’autocratie ou à la dictature.

Quand le peuple avait confiance dans ses élites (et quand elles la méritaient) la démocratie fonctionnait de façon stable. Quand le peuple fait confiance à des tribuns populistes la démocratie vire vite à l’autocratie.

Notre notion de démocratie est à bout de souffle, et n’est plus adapté à nos population. Elle nous offre

  1. Une domination par des puissances financières, économique, élitistes
  2. Une domination par un autocrate populiste
  3. Un système d’anarchie ou chacun veut décider contre l’avis des autres

La démocratie est devenue une utopie inadaptée et mortifère, mais par quoi la remplacer ?

Il est vraisemblable que nous allons passer par une période de populisme/autocratie (Chine, Russie, USA, Brésil, Turquie, Hongrie, …) qui se terminera dans les deuils, la douleur , et qui verra les peuples jeter l’opprôbe sur les leaders qu’il a lui-même choisit.

ABC du petit populiste

Il y a quelques principes qu’un apprenti dictateur doit connaître pour accéder démocratiquement au pouvoir

  1. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur le plus grand nombre
  2. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur les populations les plus malléables, les plus influençables

La méthode va, maintenant, être de favoriser les masses peu cultivées et de ce fait peu douées d’esprit critique et au contraire de dénigrer les élites intellectuelles instruites et douées d’esprit critique.

Le populisme revient donc à donner la parole au peuple et à faire taire les élites intellectuelles et leur relai dans l’opinion, c’est à dire la presse. On retrouve là les stratégies de J.L.Mélanchon et M. Le Pen et dans un certain sens les dérives populistes de L. Wauquiez et des dirigeants socialistes.

Pour donner un exemple du principe de manipulation des masses, prenons celui du débat sur la privatisation des aéroport de Paris.

Tout d’abord, un premier regard sur les problématiques des sociétés nationales. Dans ces entreprises l’état est actionnaire, gérant et dirigeant. Dans le même temps l’état, via les citoyens est également client. De plus l’état, via ses fonctionnaires est également salarié. Les intérêts de ces trois parties sont évidemment antagonistes. Le dirigeant doit pérenniser l’entreprise, diminuer les couts et assurer les profits, les clients veulent un meilleur service à bas cout, et les salariés de meilleurs salaires  et des conditions de travail améliorées. Dans une société privée ces trois intervenants sont indépendant les uns des autres, souvent en conflit, mais chacun défend ses intérêts. Dans une société nationale ces trois parties sont une seule et unique entité : l’état. Dans ces condition cette entité doit s’avantager tout en se désavantageant, économiser en dépensant plus, bref se battre contre elle-même. Situation pour le moins schizophrénique qui aboutit souvent à des impasses.

Pour en revenir à la privatisation de ADP, l’approche des populistes serait, bien sûr : Cette société fonctionne très bien, elle rapporte un bon pécule à l’état, alors pourquoi s’en séparer. Argument imparable et qui fait mouche auprès de personnes habituées à gérer leur budget personnel, sans mettre en œuvre les notions d’investissement ou autres perspectives à long terme. Ainsi présenté l’option, gardons à l’état la gestion de ces aéroport, s’impose comme une évidence pour « le peuple ».

Poussons l’analyse un peu plus loin. Pour assurer la rentabilité, à terme, de ces aéroports compte tenu du développement et des évolutions dans le transport aérien cette entreprise doit constamment s’adapter et ceci entraine des nécessités d’investissement colossaux (c’est ce que l’on observe sur tous les aéroports de la planète). L’état a , bien sûr, les capacités à réaliser ces investissements, mais il a aussi des capacités d’investissement limitées. Il doit de plus investir dans l’éducation, les hôpitaux, les transports terrestres, les voies de communications, l’énergie, …. Et a du mal à assurer le financement dans tous ces secteurs.

Restent les investissements dans les technologies de demain (télécommunication, intelligence artificielle, biotechnologies, recherches médicale, transition énergétique, etc. etc.). Si ses investissements ne sont pas fait, dans une dizaine d’années, notre pays sera à la traines des autres et vassalisé par les états qui auront su prévoir l’avenir et voir plus loin.

Sans prendre parti sur le fond de la question on voit que le problème est infiniment plus complexe qu’il n’en a l’air. Il s’agit de définir le rôle de l’état en tant que gestionnaire des affaires courantes ou en tant que promoteur des solutions d’avenir. Faut-il laisser au privé la gestion des affaires courantes ( ce qu’il sait très bien faire) et dédier à l’état le rôle d’orienter le pays vers son avenir (ce que ne fera pas le privé) ? ou au contraire engranger les revenus et laisser l’avenir du pays au main du privé (Français ou étranger) ? C’est un choix délicat que même les « experts » ont du mal à assumer. Personnellement j’ai bien mon idée mais je suis loin d’être sûr de mon choix, et je doutes que les discussions « sur les ronds-points » puissent nous apporter des solutions crédible.

Tout ceci pour montrer les dangers inhérent au populisme et comment avec des argumentations simplifiés on peut facilement manipuler une opinion crédule par manque de connaissance. Il est certain qu’avec de tels arguments un référendum populaire sur la question pencherait largement en faveurs de la conservation de ADP au sein de l’état (parmi une population qui, paradoxalement, a une vision très négative de la gestion de l’état sur son patrimoine)

On en revient au principe de base :

Pour devenir très démocratiquement un bon dictateur : s’appuyer sur le peuple, faire taire les élites et leur relais. C’est la voie choisie par Hitler, Staline, Mussolini, Mao, et plus récemment par Chavez, Poutine, et Erdogan avec le succès et les conséquences que nous connaissons. Méfions-nous de ceux qui, dans notre pays, préconisent ces méthodes

Le populisme ou la raison du peuple

Le peuple a-t-il toujours raison ?

On peut donner une infinité de définitions du populisme. Mais toutes tournent autour de la souveraineté du peuple dans les décisions collectives. Bien sûr la notion même de peuple est loin d’être précise car, si elle pourrait définir l’ensemble des citoyens vivants dans un pays (la communauté nationale), elle est le plus souvent utilisé pour représenter les classes populaires par opposition aux classes dirigeantes et aux élites.

Le populisme véhicule donc une sorte de notion de « lutte des classes », un conflit entre riches et pauvres, élites et ignorants, dominants et dominés.  Il y a derrière tout discours populiste un esprit de rébellion, de revanche, de remise en cause de l’ordre établit

Bien que défini plutôt récemment, le populisme est pratiqué depuis la nuit des temps par tout-ceux qui désirent prendre le pouvoir, il est le cousin germain de la démagogie.

Traditionnellement associé à une pensée « de droite » il connut, chez nous, la consécration avec le mouvement « Poujadiste », mais bien sûr, à l’analyse, il se révèle tout à fait universel et transverse à toutes les idéologies.

Pour bien comprendre cette technique de manipulation des opinions, de prise de contrôle essayons d’en définir les mécanismes. Elle se base sur 4 grandes étapes.

1) Définition d’une cible.
Il faut identifier un groupe d’individu ayant une aspiration, un besoin, une revendication assez forte et commune à tous. C’est cette nécessité qu’il faudra flatter et promettre de solutionner. Peu importe si ses individus ont par ailleurs des aspirations très diverses, voire antagonistes. On doit les réunir autour de leur besoin commun.
Ce groupe pourra être selon la situation et l’objectif de la prise de pouvoir : Les patriotes ( défenseurs de la France) , les travailleurs (force vives de la nation ), les entrepreneurs ( créateur de croissance et générateurs d’emplois) , les défenseurs de la morale ( anti avortement, mariage pour tous, …), les écologistes (défenseurs de la planète et des générations futures ), les défenseurs d’une idée, … ou pourquoi pas les supporters du Paris saint Germain ou autres.

2) Création d’un sentiment de cohésion.
Il faut donner une unité au groupe et pour cela rien de mieux que de se définir par rapport à un adversaire commun. ( il est toujours plus facile de fédérer les gens contre quelque chose que pour! ). Cet ennemi commun sera le ciment du groupe et fera oublier à chacun ses divergences avec les autres.
Pour le groupe des patriotes, l ‘ennemi pourra être les ennemis de la Nation. Ce pourra être les communistes (déjà vu ! ), les juifs (déjà fait!), les arabes devenus les musulmans (en cours ! ), les libres penseurs et les intellectuels, dont on peut, par une pirouette ou une autre justifier qu’ils sont un danger pour la patrie.
Pour le groupe des travailleurs, l’ennemi tout désigné sera les Patrons, les capitalistes, les banques, dont il n’est pas trop difficile d’argumenter qu’ils sont les exploiteurs de la classe ouvrière et qu’ils ne pensent qu à « s’en foutre plein les poches ».
Pour le groupe des entrepreneurs (patron est devenu un terme péjoratifs imprononçable, comme nègre ) l’ennemis sera bien sur les salariés (qui ne pensent pas au bien de l’entreprise mais à obtenir toujours plus d’avantages et plus de salaire ) ou un gouvernement socialiste qui paralyse la liberté d’entreprendre …
Pour les défenseurs de la morale l’ennemi sera les libres penseurs, les progressistes,les pervertis de tous poils.
Pour les écologistes, pas besoin d’aller chercher très loin, les pollueurs, les industriels, les pétroliers, …..feront l’affaire.
N’oublions pas Bruxelles et l’Europe qui peuvent faire un ennemi idéal pour des groupes très divers.

3) Devenir les porte-paroles
Il faut s’autoproclamer pourfendeur de l’ennemi. Le discours et simple puisque l’on s’adresse à un public déjà convaincu. Il suffit d’insister et d’insister encore sur le danger commun, d’exacerber les peurs, de titiller les anxiétés. Tout l’art sera d’éviter les autres sujets qui pourraient diviser le groupe et lui faire perdre son illusion de cohérence. Si on s’y prend bien, si on s’investi assez, si on évite les pièges de la division, on pourra passer du statut de leader auto-proclamé à celui de leader désigné.

4) Passage aux actes.
C’est là le point faible du populisme. Si on prend une certaine audience, si le groupe prend du pouvoir, il va se trouver confronter à la nécessité d’agir. Hors, un acte est toujours positif. On n’est plus dans la négation des actes des autres, mais dans l’action. On fait ! On va être obligé de sortir de la dénonciation pour devenir soit même sujet à la critique. C’est à ce moment que les divergences d’opinions dans le groupe vont apparaître . Chacun, en fonction de ses convictions, n’aura pas la même idée de l’action à entreprendre. Sortie de le dénonciation commune, l’action pourra être diverse, chacun va retrouver son indépendance de pensée.
Que peut-il se passer ?
Soit le groupe se scinde en plusieurs courants avec de nouveaux leaders émergeants … et bonjour la guerre des chefs et des chapelles, soit l’une des tendances réussi à s’imposer aux autres par la force et la coercition et le mouvement devient autoritaire, autocratique. Il est obligé de se doter de règles et de dogmes qu’il faut imposer à des personnes qui ne sont plus d’accord sur les objectifs. Non seulement il faut imposer ses idées à la cible antagoniste choisie, mais encore à une partie de ses sympathisants. Les tenants du populisme se retrouvent alors être une minorité qui doit imposer ses idées à une majorité. Inutile de dire que la dérive totalitariste est inévitable.

C’est le problème du populisme, construit sur une fausse idée de cohésion, il se termine toujours mal, soit dans le chaos et la division, soit dans l’autoritarisme.

PS : Le principe même « du peuple qui a toujours raison » et largement contredit par l’histoire. Pensons que c’est le peuple qui a porté au pouvoir Hitler (mien führer adoré), Staline (le petit père du peuple ), Mao Tsé Toung (le grand timonier), que c’est avec l’appui du peuple que les catholiques ont menés l’inquisition, l’extermination des Cathares, les guerres contre les protestants, que le peuple participe largement aux dérives radicales qui ont portés au pouvoir D. Trump, V. Poutine, E. Erdogan, J. Bolsonaro et qui polluent notre siècle. C’est également par le peuple que se forgent les idéologies radicales Islamistes. Non le peuple est loin d’avoir toujours raison, et même si sa cause est le plus souvent juste il manque souvent totalement de clairvoyance dans ses choix, il se laisse facilement manipuler par les populistes.

Populisme : Amalgames, Simplifications, Certitudes

Populisme est un mot que l’on « met à toutes les sauces » et qui s’applique notamment dans les commentaires politiques pour stigmatiser la pensée des autres. En fait sa définition est pour le moins floue puisqu’il définit en général, à tort, une pensée plus qu’une méthode. Ce qui nous intéresse aujourd’hui sera plutôt le problème des « ressorts » du populisme plus que son impact sur la société.

Nous verrons que le danger « populiste » n’est pas tant dans ses buts inavoués mais dans le fait qu’il se bâtit sur des incohérences de pensée.

L’amalgame.

C’est une erreur courant d’associer les propriétés d’un élément d’un ensemble à tout l’ensemble. Puisque l’un des éléments possède une propriété, alors tous les éléments doivent posséder cette propriété. C’est bien sûr une erreur car la taxonomie de l’ensemble ne repose pas forcément sur cette propriété. On assimile, par exemple, le comportement d’un individu à l’ensemble des individus de la communauté qu‘il est censé représenter. C’est un réflexe qui nous touche tous. Par exemple, si on voit un individu commettre une incivilité le reflexe est de dire : « Ce type est un voyou ». Si par contre il s’agit d’un noir, d’un arabe, d’un juif, on aura tendance à dire (selon ses antagonismes évidemment) : « Ces noirs, ces arabes, ces juifs sont des voyous ». C’est un processus d’amalgame, souvent inconscient.

Dans la polémique sur le harcèlement sexuel on amalgame fréquemment viol et agression touchant à l’intégrité physique de la victime, des comportements déplacés portant atteint à l’intégrité psychique de la victime, et des comportements stupides qui agressent le « quant à soi » de la victime. Ce type d’amalgame permet à certains (certaines !) de présenter ces trois comportements comme des agressions sexuelles alors que d’autres en profiterons pour présenter les faits comme pas si grave, comme une dépendance à la nature humaine, ….

L’amalgame est un composant majeur de la pensée populiste. C’est une erreur d’analyse majeure

La simplification

C’est sans-doutes la composante majeure du populisme. Elle consiste à voir le monde de manière manichéenne, sans nuances, le monde en noir et blanc. Cette approche permet à un public qui n’a pas l’habitude de manier les idées abstraites un peu complexes de se positionner facilement vis à vis des événements et des situations.

La vision manichéenne, en bien ou mal, bons ou méchants offre une alternative si tranchée que le positionnement est quasi immédiat. Cette facilité de positionnement est évidemment gratifiante et sécurisante. Pas de doutes, pas d’hésitation, pas de stress, on choisit facilement son camp.

Les certitudes.

C’est un autre élément constitutif du populisme. Le doute est difficile à supporter car il offre un positionnement incertain, fluctuant, et donc anxiogène pour qui ne peut le supporter. Asséner des certitudes simplissimes pour sécuriser son interlocuteur est la base du populisme. Malheureusement ce sentiment de détenir la vérité, allié au fait que la vérité des autres est vue (de façon manichéenne et simplificatrice) comme aux antipodes de la sienne n’ouvre la porte à aucune négociation. Puisque j’ai raison l’autre a forcément tort ! Excellente opportunité pour les prosélytes populiste de mobiliser les foules autour d’une vision radicalisée.

C’est le grand problème des religions qui possèdent une vérité absolue et non négociable. A la question les religions sont-elles compatibles avec la république je réponds sans hésiter : « Non ». Si on croit à une loi divine, on ne peut la penser moins importante que la loi des hommes. Les religions, dans les états modernes et démocratiques, au prix de quelques pirouettes intellectuelles on sut « mettre de l’eau dans leur Divin » et trouver les compromis nécessaires entre lois des hommes et lois de Dieu (Loi de 1905). Grace à Dieu (si je peux m’exprimer ainsi !) les lois divines sont sans références objectives. Elles ressortent plus de croyances transmises que de textes certifiés divins. Même si on peut les croire d’essence divine elles sont objectivement formalisées par des hommes pour les hommes et ceci ouvre une fenêtre de négociation importante.

Seuls les religieux dit « radicaux » n’ont pas voulu jouer le jeu et continuent à opposer Loi divine et loi républicaine.

Amalgames, simplification, certitudes, sont les éléments moteurs du populisme. Ils constituent une erreur de la pensée logique et comme tels représentent des dangers pour les sociétés. Ceux qui s’en servent sont de dangereux manipulateurs de l’opinion.

Les travers et limites du populisme

Le mot peuple est issu du latin populus désignant l’ensemble des citoyens (universi cives), individus ayant le pouvoir de voter dans la constitution romaine, Ce terme désigne couramment un ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement.

En français, le terme de « peuple » peut avoir plusieurs connotations, en fonction de ceux qui y appartiendraient ou non. Il désigne alors :

  • Les individus de condition modeste, par opposition aux catégories supérieures ou privilégiées par la naissance, la culture et/ou la fortune. La notion de « peuple » prenant alors un tour péjoratif, désignant des citoyens de deuxième zone, incultes et grossiers.
  • L’inverse se produit dans la bouche des populistes. Au contraire la notion de peuple est valorisée par opposition à la notion d’élite, cette dernière étant considérée comme l’exploiteur sans scrupules

Dans les deux cas, la notion se veut conflictuelle.

Le langage du populisme est simple, il consiste :

  • A dresser « le peuple » contre les élites (accusées de s’arroger tous les privilèges et tous les pouvoirs), en creusant un fossé qui n’est pas sans rappeler la « lutte des classes »
  • A écouter les doléances du « peuple » et à lui proposer exactement ce qu’il veut entendre (sans souci de savoir si c’est réalisable ou non)
  • A se poser comme la personne providentielle qui se met au service du « peuple », dernier rempart et seul recours contre la classe dominante.
  • A promettre au « peuple » de lui donner le pouvoir et la domination sur les élites.
  • Démagogie et mensonge par omission sont les deux mamelles de la rhétorique et de la dialectique populiste (comme d’ailleurs de tout discours politique)

Ce langage fonctionne assez bien, mais pourtant il montre rapidement ses limites.

Lors de la naissance des premiers « populisme » le « peuple » venait en opposition à la noblesse, ou à la bourgeoisie naissante. Il était opprimé, mais majoritaire en nombre. Une victoire électorale pouvait être envisagée.

De nos jours dans nos sociétés riches et développées le dit « peuple » n’est plus directement opposé à une classe dominante, mais plutôt une sorte d’extension des classes moyennes, sans qu’une frontière ne soit nettement marquée. La victoire électorale n’est plus possible sans une alliance avec au moins une partie des classes moyennes ; Hors, celles-ci n’adhèrent pas aux projets prônés par les populistes, trop favorables aux plus démunis. Reste donc comme ultime solution, pour les populistes, à réactiver une sorte de « dictature du prolétariat » dans une projection inévitablement révolutionnaire

« Lutte des classes » et « dictature du prolétariat » sont, malheureusement pour les populistes, des concepts qui ont fait long feu.

Le refus et l’éradication des élites (Le fameux « Dégagisme » de Mélanchon ») atteint rapidement son niveau d’incompétence. Imaginons le fonctionnement de « l’académie Française » gérée par des élus du « peuple », des usines sans les cadres, des hôpitaux sans médecins, un parlement sans députés…. D’autant plus que les leaders des mouvements insoumis sont, eux-mêmes, des étudiants dûment diplômés de nos universités (JL Mélanchon : Licence de Philo, A Corbière : Licence d’Histoire, F Ruffin : Maitrise de lettres … bonjour le peuple !)

D’autres part, la mise en place d’une gouvernance « populiste » (qui ne pourrait survenir qu’en cas de sentiment de paupérisation d’une grande partie des classes moyennes) s’avérerait un total four, les promesses faites par démagogie étant absolument intenables tant que l’on reste dans les limites d’un état démocratique. La seule option pour une gouvernance de ce type serait, de devenir un état totalitaire et policier, une fermeture des frontières et l’isolement total du pays (tant sur le point géopolitique, financier, commercial)

Ce discours populiste est donc une simple mystification toujours orchestrée par des individus désireux de s’accaparer le pouvoir et de le conserver. Les suivre, c’est s’exposer à de très dangereux conflits au sein de la nation qui nous entrainerait bien loin en arrière.

La prévalence des idées populaires (Le peuple a toujours raison !) mise en avant par M. Le Pen et J.C. Mélenchon est bien sûr une parfaite ineptie. Hitler, Mussolini, Staline, Mao Tsé-Toung ont tous été porté au pouvoir par « le peuple », le maréchal Pétain a été, lui-même, plébiscité. Au contraire, « le peuple » ne cesse de se tromper, d’élire des politiques qu’il vomit deux ans après (c’est une des limites de la démocratie !). L’Histoire et remplie de ces épisodes populistes qui se sont terminés en catastrophe.

Pour compléter le tableau et rendre un peu de crédit au populisme, disons que les « élites » ne jouent pas vraiment le rôle de guide qu’elles devraient incarner, mais qu’elles abusent de leur position dominante pour confisquer le pouvoir et s’en servir dans leur seul intérêt. Le projet du populisme n’est pas sans légitimité, c’est son usage qui est critiquable