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La couverture générale

La médiation chez les comédiens, les familles, et dans les conflits

Précisons que je ne suis pas, moi-même, comédien et mon autorité pour aborder ce sujet est très limitée. Néanmoins  je vais me permettre d’ imaginer ce que pourrait être une situation.et prendre le risque de me tromper « qui ne risque rien n’a rien !  » charge aux comédiens de me démentir si nécessaire.

Supposons que je sois comédien et que l’on me propose, par exemple le rôle de Rodrigue dans Le Cid de Corneille (tant qu’a rêver, autan taper haut)

Je dispose alors d’un texte, de quelques information sur l’époque et de mon expérience personnelle.

J’attaque courageusement et je m’efforce de construire mon personnage, le Rodrigue que je sens et que je voudrais incarner. Tout en respectant le texte il y a plusieurs façon de voir le personnage .

  1. Rodrigue fils dévoué à son père par amour plus que par devoir
  2. Rodrigue fils dévoué à son père plus par devoir que par amour
  3. Rodrigue, fils de famille riche, passionné ou capricieux décidé à en  découdre avec Don Gormas pour s‘affirmer et se donner une position
  4. Rodrigue écrasé par le poids d’une société et contraint de jouer le rôle qu’on lui a assigné
  5.  … on peut encore imaginer d’autres profils

Je commence à travailler mon texte, et supposons que je travaille une scène avec Chimène.  Je vais mettre en scène le personnage que j’ai choisi, mais je ne peux éviter d’imaginer le personnage de Chimène qui me donne la réplique. Celui-ci ne va pas interférer avec ce que je veux que mon personnage soit, mais son attitude va obligatoirement influer sur le comportement de mon Rodrigue. On ne répond pas de la même manière à une Chimène agressive, compatissante, douloureuse, ou résignée. Pour travailler, non pas ce qu’est mon personnage, mais ce que sera son comportement, je dois tenir compte de ce que j’imagine de Chimène. Il faut distinguer ce que peut être un personnage et ce que sera son comportement en réaction à une situation ou un autre personnage.

A la première répétition je lance ma première réplique. La comédienne qui interprète Chimène peut être surprise car elle n’a pas en face d’elle le Rodrigue qu’elle attendait. De même sur sa réponse je peux être surpris de ne pas retrouver la Chimène que j’avais imaginé.

Voilà donc un conflit entre deux comédiens qui doivent accorder leurs violons afin que leur dialogue devienne crédible, qu’ils jouent ensemble et non pas chacun de leur côté. Il faut accorder les personnalités des deux personnages et adapter leurs comportements à leur relation supposée.

Les choses peuvent bien se passer chacun faisant les concessions nécessaires, adaptant à la fois la vision qu’ils ont de leur personnage et leur façon d’illustrer leur comportement.

Les choses peuvent également se passer mal, chacun étant braqué sur ses positions et estimant l’autre dans l’erreur (ego surdimensionné, sentiment d’infériorisation, abus de position hiérarchique) et on se retrouve en situation de conflit ouvert. Difficile de travailler dans ses conditions.

Il est nécessaire de faire appel à un « médiateur » pour gérer le conflit et ce doit être le rôle du metteur en scène, dont l’objectif est bien sur que l’harmonie revienne et que le travail se poursuive.

Il doit donc sortir ses comédiens de ce conflit ,de niveau surtout affectif, pour le recadrer sur un mode plus rationnel.  Expliquer aux deux « adversaires » que le problème ne se situe pas au niveau qu’il lui prêtent. Qu’ils ont tous les deux raison, chacun de leur côté, que ce ne sont pas eux qui ne s’entendent pas, mais que ce sont leurs deux personnages qui ne peuvent pas coexister comme tel et se comprendre. La faute revient à Rodrigue et Chimène qui ne peuvent fonctionner ensemble. Ce n’est pas les comédiens qu’il faut remettre en cause mais leurs personnages .

C’est une phase typique de médiation entre deux « médiés » (les deux comédiens) et un « médiateur »( le metteur en scène). Le rôle du médiateur est d’aider (de driver !) les deux personnes en conflit pour les sortir de l’enfermement dans leur problématique personnelle, leur permettre de prendre du recul sur leur conflit, leur permettre d’avoir une vision extérieure de leur situation, de devenir spectateur de leur divergence. En résumé de les aider à passer dans leur conflit du mode émotionnel, affectif, à un mode rationnel et réfléchi.

On a, là, un certaine analogie avec la médiation familiale dans laquelle un médiateur doit permettre à un couple en conflit ouvert de se parler pour trouver la meilleur solution à leur mésentente. Pour cela il doit sortir le conflit du mode émotionnel incontrôlable par les parties en présence pour l’amener sur un terrain plus rationnel mieux gérable. Les « médiés » doivent cesser de ne voir que l’autre et ses défauts pour enfin se voir eux même et prendre suffisamment de recul pour se juger objectivement. Ils doivent un instant cesser d’être un acteur engagé de la situation pour en devenir le spectateur. Ce n’est pas simple car il ne s’agit pas uniquement « d’intellectualiser » le débat, mais surtout de remettre, pour chacun, l’approche émotionnelle en phase, en accord,  avec sa formalisation cognitive, ce qui n’est pas possible quand le vécu de la situation est purement émotionnel.

Le passage du rôle d’acteur à celui de spectateur est la colonne vertébrale de toute médiation qu’elle soit conjoncturelle, familiale, voire thérapeutique.

Coronavirus ou « panique à bord »

Quelques chiffres pour relativiser

Cause de décès Nb morts annuels
Armes à feu Marseille 25
Coronavirus (estimée sur stade actuel de l’épidémie) 60
Gagnants du gros lot ( loto et millionnaire) 150
Accidents de la route 3.200
Grippe annuelle 6.000
Accidents domestiques 20.000
Alcool 49.000
Tabac 57.000
Cancer 150.000
   
Total des décès 750.000

Ces chiffres sont évidemment discutables, mais ils représentent des ordres de grandeur qui restent significatifs.

A noter que les chiffres des décès dus au coronavirus sont estimés sur la base de la mortalité actuelle au stade présent de l’épidémie. On constate que, à ce jour, il est deux fois plus probable de gagner le gros lot au loto que de mourir du coronavirus. Même si l’épidémie se développe largement on ne voit pas arriver une mortalité statistiquement importante (ce qui ne doit pas faire oublier le traumatisme individuel que constitue un décès).

L’anxiété généralisée

On s’interroge sur le fait qu’une cause de décès « statistiquement banale » puisse générer un tel niveau d’anxiété dans la population.

La peur du coronavirus est, bien évidemment, liée à ce qu’il s’agit d’une nouvelle cause de mortalité qui s’ajoute aux causes habituelles qui par leur banalité on finit par être acceptées par les populations. Notons que bien des morts liées au coronavirus viendrons en soustraction des autres causes. Un mort par coronavirus n’aura pas un accident domestique, un accident de la route, un cancer, ou autre.

L’anxiété est un processus psychologique bien connu. Lorsque survient un événement dont les conséquences inconnues, incertaines, sont susceptibles d’être très négatives l’être humain développe de l’anxiété. Cela se traduit de diverses façons selon les individus :

  1. Certains imaginent le pire pour se préparer à toute éventualité. C’est une tentative pour se réassurer en imaginant comment « être prêt à tout ». C’est une fausse assurance car le danger et ses conséquences étant mal connu aucune solution ne peut être satisfaisante ou sécurisante à priori. La seule certitude qui demeure pour ces gens c’est que le pire va arriver !
  2. Sans penser au pire chacun envisage les parades au danger. Celui ci étant mal évalué aucune solution ne peut être crédible. On passe alors en mode rumination. On imagine une solution,  ou se rassure, mais immédiatement on la met en doute et on repart dans la peur qui suscite la recherche d’une nouvelle parade, qui est remise en cause … et c’est l’esprit qui part « en boucle » dans une sarabande qu’on ne peut arrêter qu’en cherchant une nouvelle parade ! L’esprit est entièrement occupé dans ce processus et on n’arrive plus à penser sereinement à autre chose

L’alimentation par les médias

Ce phénomène est tout à fait représentatif du fonctionnement des médias en pareil circonstance. Le coronavirus occupe de façon majoritaire télévisions, radios, presse. On ne parle que de cela.

Un scientifique vient vous expliquer que les risques ne sont pas si élevés et que nos services de santé sont prêt à toute éventualité … OUF !

Mais un journaliste vient vous expliquer qu’on ne sait pas comment va évoluer l’épidémie et qu’il faut s’attendre au pire … AIE !

Un autre scientifique vous parle d’essais thérapeutiques sur de nouvelles molécules qui pourrait nous soigner … OUF !

Mais on nous explique que l’on ne peut espérer un vaccin avant un an … AIE !

Un politique envisage d’enrailler l’épidémie par des mesures efficaces de confinement …OUF !

Un économiste signale alors que confinement signifie paralysie de l’économies, faillites, chômage, récession … la crise 29 aux états unis …AIE !

Tout ceci alimente le mécanisme de rumination de chacun et donne corps à notre anxiété.

La surenchère

Dans le périmètre de l’anxiété collective plus personne n’ose prendre le risque d’un décision raisonnée. Les Chinois ont pris des mesure « drastiques » qui servent de point de références à tous les décideurs. Il devient difficile de faire moins. Si dans un coin on décide de fermer une école, difficile pour les maires voisins de conserver leurs écoles ouvertes . Chacun se doit de prendre des mesures au moins à la hauteur de celles prises ailleurs. C’est vite l’escalade, la surenchère inévitable, la panique. Les représentants des partis les plus « paniquard » comme le RN proposent immédiatement la fermeture des frontières sans penser que le virus est déjà en France et que la fermeture des frontières est inutile.

Il est très difficile dans ces conditions, pour des gouvernants, de prendre des mesure raisonnées et empreintes du bon sens. Ils sont bien obligées de sur réagir. Souvenons-nous de la pauvre Roseline Bachelot et de ses millions de doses de Tamiflu. Pouvez-t-elle faire autrement dans le climat d’anxiété qui agitait la population ? La surenchère génère encore plus d’anxiété. Si les institutions prennent des mesures « drastiques » c’est que le danger est vraiment réel (On doute des institutions quand elles promettent de bonnes solutions, mais on leur fait confiance quand elles annoncent des catastrophes), on surenchéri dans l’anxiété.

Conclusion

Il est intéressant de noter que le processus individuel de l’anxiété est un véritable modèle pour celui de l’anxiété collective. Pour tout individu l’incertitude est génératrice d’angoisse (par manque de repères). Lorsque cette incertitude se cristallise sur un sujet précis elle déclenche le mécanisme ruminatoire de l’anxiété. Il est très difficile de lutter contre une anxiété quand elle est bien installée. Comme contre un fort courant ,on ne peut s’imposer contre une anxiété, il faut faire avec, nager dans le sens du courant. C’est toute la difficulté de la gestion de la crise. Il faut prendre des décisions démagogiques sans hypothéquer la réussite finale. On reprochera aux dirigeants de ne pas avoir pris certaines mesure, mais on leur reprochera également de les avoir prise.

Le grand moteur de cette anxiété est que nous sommes dans une société qui n’admet plus le risque. A titre individuel ou collectif nous sommes « bardés » d’assurances :

Assurance automobile
Assurance habitation
Assurance décès, obsèques
Assurance multirisques vie privé
Assurance prêt immobilier et autres crédits
Assurance perte ou vol de papier, de téléphone
Assurance catastrophes naturelles
Assurance scolaire
Assurance activités sportives
Assurance annulation de voyage
Assurance professionnelle

Assurance chômage
Pension de retraites
Sécurité sociale
Mutuelle complémentaire

Et pour couronner le tout, « le principe de précaution » qui stipule que l’on ne doit rien entreprendre de nouveau si les conséquences de cette action ne sont pas connues et expérimentées à l’avance … ce qui  est évidemment impossible !

La vie est un risque permanent, et ne pas prendre de risque c’est ne pas vivre, se condamner à l’immobilité et à l’impuissance. Ne pas prendre de risques c’est laisser les autres ou les événements décider pour vous.

Gouverner, dit-on, c’est prévoir, c’est à dire évaluer le risque raisonnable, mais dans une société paralyser par la peur, il n’existe pas de risque raisonnables.

Le déclin des intellectuels

De tout temps les sociétés se sont stratifiées en « classes sociales ». Les piliers de cette stratification ont été : Les royautés (pharaons, empereurs, rois, sultans, califes …) les religions (Égyptienne, Romaine, Chrétienne, Aztèques, Mayas …), les intellectuels(artistes philosophes, économistes, scientifiques …) et le peuple (… les autres !).

A  partir de ces piliers et par le biais d’alliances variées se sont créés les classes dominantes et les classes dominées. C’est le lot de toutes les civilisations que de se soumettre à ce processus.

Le point commun à toutes les « royautés » c’est de s’être appuyés sur les religions pour se définir un caractère héréditaire que l’on retrouve dans les sociétés anciennes. Les pharaons, les empereurs Romains, les rois Aztèques ou Mayas se sont appuyés sur les prêtres,  pour asseoir leur puissance, Les royautés occidentales se sont appuyés sur le Christianisme, les Sultans sur l’Islam, les maharadja sur l’Indouisme. A cette époque les intellectuels n’existaient pas en tant que classes puisque le savoir était l’apanage des religieux.

En occident, c’est la renaissance qui a fait émerger les intellectuels en tant que classe identifiée, c’est la première fois que les artistes, peintre, sculpteur, écrivains sont connus par leurs noms et non par leurs œuvres (Michel Ange, Léonard de Vinci, Ronsard, Molière, Corneille …). Ils sont alors au  service du pouvoir mais commencent à s’affirmer comme troisième force derrière la royauté et l’église.

En France, avec la révolution de 1789, la royauté disparaît brutalement pour être remplacée par une bourgeoisie d’argent comme force dominante. Les intellectuels occupent la seconde place devant l’église toujours présente. La révolution industrielle va confirmer les intellectuels comme seconde classe dominante de la nation.

Avec le développement de l’éducation, la classe dites « populaire » prend de l’importance et entend bien imposer son point de vue. Le fossé entre intellectuels et « le peuple » n’est plus si profond et une frange intermédiaire de gens de savoir apparaît. Cette nouvelle force reproche à la classe dominante (bourgeoisie et intellectuels) de n’avoir pas su gérer correctement le pays, ou du moins de l’avoir géré à son seul avantage. Nait alors dans le peuple  un sentiment de rejet vis à vis des institutions établies, des élites bourgeoises ou intellectuelles. Les termes « populisme » , « degagisme », « démocratie directe », alimentent les slogans des nouveaux opposants. Les décisions institutionnelles sont systématiquement remises en cause dans la rue (ZAD de Notre dame des landes, loi travail, gilets jaunes,  statut de la SNCF,  Loi sur les retraites). Les décisions du parlement sont violemment remises en cause par des manifestations populaires. Ceci, en sous-main, implique que les institutions parlementaires ne sont plus considérées comme légitimes. C’est donc une remise en cause totale de notre démocratie représentative ! Les intellectuels ne sont pas totalement discrédités, même si ils sont vertement critiquées,  mais on souhaite leur garder et rôle purement technique, purement consultatif en les éloignant de toute capacité de décision. Le pouvoir aux « non sachants » et les « sachants » en pur appuie technique. Personne ne remet véritablement en cause le rôle des chirurgiens, ingénieur, économistes, à condition qu’ils ne soit plus partie prenante dans les décisions. Comme les migrants ils sont toléré … dans la mesure où ils restent à leur place !

Ou cela va-t-il nous mener ? c’est une grande interrogation de l’époque.

Pourtant c’est un scénario déjà vu et dont les retombées sont connues de tous.

En 1933 en Allemagne, la république de Weimar est à bout de souffle et le peuple Allemand en grande colère. Le rejet des institutions est fort dans les deux extrêmes (Parti Nazi et Bolchevick). L’extrême gauche fait peur car elles fomente des insurrections, putsch, attentas. Le « peuple » Allemand se réfugie alors dans le parti Nazi. S’en suivent l’avènement d’Hitler au pouvoir, la guerre et ses funestes conséquences.

En 1917 en Russie, le « peuple » se soulève contre l’establishment tsariste, élimine noblesse et intellectuels pour prendre le pouvoir. S’en suivent l’arrivé de Staline au pouvoir, la « Dictature du prolétariat », la main mise sur l’Europe de l’est, le « Goulag » …etc., etc.

Même scénario pour la révolution Chinoise avec l’arrivée de Mao, la purge des intellectuels remplacés par les « gardes rouges », les grandes famines, et le sauvetage de la Chine par Deng Xiaoping.

Scénario identique pour la révolution Castriste et Salvadorienne et Algérienne.

Dans tous les cas le « peuple » arrive au pouvoir sans structure politique établie. Elle s’avère pourtant indispensable à toute prise de décision.  On cherche alors un leader charismatique issu du « peuple »  et généralement l’un des acteurs principaux de la révolution populaire. Apparaissent alors Hitler, Staline, Mao, Castro, Chavez, Ben Bella, portés au pinacle par le « peuple ». Ceux-ci, pas plus que les gouvernances précédentes ne peuvent donner satisfaction au « peuple » et répondre à leurs attentes et aux promesses faites. Une opposition prend corps. Mais ces leaders, issus de forces révolutionnaire, ont des manières musclées pour éliminer les opposants et se maintenir au pouvoir. Ils dirigent alors par la coercition non plus pour le « peuple », mais « contre le « peuple ». Il faudra alors attendre des années pour que ces pouvoirs se gangrènent de l’intérieur et le sacrifice de beaucoup de courageux opposant qui payeront de leur vie le retour à la démocratie.

Le « peuple » souffre avant les révolutions, il souffre encore après, et payera de son sang son aspiration à la démocratie.

Même si la gouvernance par des élites aveugles et une bourgeoisie financière avide n’est pas une solution humaine, morale satisfaisant, l’appel à la démocratie directe est un dangereux miroir aux alouettes sur lequel le « peuple » à tendance à se précipiter.

La leçon de l’affaire Grivaux

Inutile de résumer cette « affaire » qui a fait la « une » de tous les médias, chacun a put s’en faire une idée. Dans les milieux politiques et militants les coups bas, la délation, la diffamation, la calomnie, les « fake news » sont monnaie courante et n’étonnent plus personne. Ce qui arrive à Benjamin Grivaux n’est que la conséquence logique de tous ces comportements délétères.

Dans le cas qui nous intéresse ce qui est surprenant  est qu’un comportement parfaitement légal et conforme aux lois, donc théoriquement banal, puisse créer un tel Buzz et défrayer la chronique.

On peut en trouver diverses raisons qui peuvent nous alarmer.

  1. Le tribunal des magistrats. Il statue au nom de la loi qui est une pour tous les citoyens et pour laquelle tous les juges devraient donner une même interprétation. Cependant, le fait qu’un jugement en « première instance » puisse être contredit par un jugement en appel, lui-même remis en cause par un jugement en cassation montre bien que les interprétations de la loi peuvent être à géométrie variable. Malgré tout la base jugement est unique et c’est la loi.
  2. Le tribunal populaire. C’est l’opinion publique. Elle procède d’un jugement moral basé sur les convictions de chacun. Celles-ci dépendent pour chacun d’entre nous de son milieu social, de ses convictions religieuses ou idéologiques, de ses sources d’informations et des diverses rumeurs qui peuvent circuler. Elles sont donc d’ordre purement moral, et différentes pour chacun, et, amalgamées en diverses tendances minoritaires ou majoritaires, elles constituent l’opinion publique.
  3. La temporalité de ces deux tribunaux et différente. L’opinion publique, de nature émotive, se forme très rapidement et en quelques jours le tribunal populaire a rendu son verdict. Le tribunal des magistrat agit dans le temps long et mettra 6 mois à 1 an pour rendre son verdict. Dans ce temps long le verdict du tribunal  des magistrats tombera dans l’indifférence générale, l’opinion publique s’étant rapidement désintéressé de la question. On comprend l’importance prise par le tribunal populaire vis à vis de celui des magistrats.
  4. L’apparition des réseaux sociaux accélère et amplifie le phénomène. Grace  à eux, l’’opinion publique se forme plus rapidement et le jugement populaire se diffuse très largement. Les médias (télé, presse) sont bien obligées de suivre le mouvement et participent largement au processus. Ils sont obligés pour satisfaire l’opinion de parler sans savoir (puisque les enquêtes ne sont pas terminées, voire par encore commencés) et donc d’alimenter les rumeurs.
  5. Ce ne sont pas, en général, les plus modérés, les plus réfléchis qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Les plus sages attendent de savoir , de comprendre, pour porter leur jugement et leur opinion quand ils l’expriment arrive « après la bataille ». Au contraire, les enragés, les avides de sensations, se déchaînent  très rapidement avec force et violence et apparaissent comme le reflet de l’opinion générale.
  6. Les institutions sont donc bousculées par les aspirations individuelles (fussent-elles amalgamées dans des opinions collectives). C’est, malheureusement un phénomène général que cette remise en cause des institutions. Une loi votée par le parlement est remise en cause par la rue ou par des « zadistes », le travail parlementaire est empêché par de petits groupes de pression, le travail est « Ubérisé », on en appelle partout au referendum …On observe un glissement anarchique qui est largement inquiétant. La population pense qu’exprimer son opinion individuelle et la défendre par tous les moyens c’est aller vers plus de démocratie, elle fait fausse route et nous mène vers l’anarchie, la loi du plus fort, bref la dictature.

La démocratie représentative a montré ses limites et sa perversité, La démocratie directe est un miroir aux alouettes. Sous couvert de la libre expression de chacun elle vire au chaos. En l’absence de synthèse l’expression polymorphe conduit à l’anarchie. Comme chacun ne peut être entendu par tous c’est la voix du plus fort qui domine. Méfions-nous de la démocratie directe, elle conduit rapidement à la mort de la démocratie.

Droit des femmes et discrimination

Encore un sujet polémique et à propos duquel on ne se fait que des amis et des amies. Le problème de la « soumission » de la femme à l’homme est un problème récurrent dans toutes les sociétés depuis des siècles et des siècles, dans toutes les civilisations, et sur tous les continents. Cela interroge. Si j’étais Éric Seymour je dirais que : « si c’est tant universel, c’est sans doute que c’est normal ». Heureusement je ne suis pas ce pervers narcissique et j’ai essayé de réfléchir sainement  à la question.

Pour débuter en beauté disons que je n’aime pas beaucoup le terme de droit. Nos sociétés se sont fondées sur un principe de solidarité réciproque. Tous les membres d’une société doivent soutenir l’un des leurs en difficulté, et chaque membre peut attendre de tous les autres leur solidarité. La société est basée sur des devoirs et non sur des droits. Évidemment pour remplir leur devoir les individus sont en attente de recevoir les droits nécessaires à l’accomplissement de leurs devoirs. Par exemple, les parents ont le devoir de faire vivre et éduquer leurs enfants, et en contre partie ils ont le droit de choisir le mode d’éducation, de religions, de nourriture qu’ils imposent à leur progéniture.

La notion de « droit des femmes » s’efface donc devant la notion des devoirs des hommes vis à vis d’elles.

A l’origine de l’espèce la survie était essentiellement corrélée à la notion de force physique. Dans les sociétés primitives l’homme a donc reçu le devoir, la fonction d’être le protecteur de la femme. Ce devoir lui a donné certains droits évident comme de choisir le lieu de résidence, une certaine supervision de la sécurité du foyer. Jusque là rien d’anormal. Cependant au fil des temps l’homme a outre passé ces droits liés à ses devoirs et il s’est octroyé toutes sortes de droits sans rapport avec ses devoirs. C’est malheureusement un fait récurant que tout individu acquérant un pouvoir en use et  en abuse. Quand on a le pouvoir on fixe les règles et, bien sûr, on les définies à son avantage. La domination des hommes c’est donc installée, presque naturellement. Les garçons ont été élevés dans le culte de leur domination et les femmes de leur soumission.

Les temps ont bien changé, la force physique n’est plus une nécessité et le système devient obsolète (depuis déjà un certain temps). De nos jours, heureusement les femmes peuvent très bien se débrouiller seules et n’ont en rien besoin de la tutelle des hommes. Et pourtant le système « machiste » demeure.

En ce qui concerne la notion Française de droit on peut dire que, en tous cas sur le papier, les droits des femmes sont égaux à ceux des hommes. Il doit y avoir un minimum de lois, règlements, dans lesquels les femmes sont discriminées. Bien sûr les réglementation sur la maternité ou le remboursement des opérations de la prostate restent soumises « au genre », mais c’est inévitable.

Le problème n’est donc pas de nature législative mais bien dans les mentalités. Or il est beaucoup plus facile modifier les lois que de changer la culture et les mentalités, et ce pour plusieurs raisons :

  1. Parce que, s’il est possible d’atteindre l’égalité entre deux être strictement identiques cela est beaucoup plus difficile quand ceux-ci présentent quelques différences. La réponse à leurs besoins sera forcément différente (légèrement) et la comparaison des avantages et inconvénients pour chacun difficile à faire. Comparer les avantages que présentent pour les hommes  leur force et leur taille à ceux attribué au charme et la séduction des femmes est « mission impossible ». Comparer la domination « machiste » de certains hommes à la « tyrannie domestique » de certaines femmes n’est pas chose facile. Chaque partie se pose en victime et re nie tous ses torts. On ne sait comparer que des grandeurs quantifiables dans la même unité.
  2. Parce que la discrimination des femmes n’est pas un cas unique. Sont également discriminé indépendamment de leur genre les gros, les moches, les petits, les juifs, les arabes, les noirs, les marginaux … bref tous ceux qui présentent un caractère minoritaire identifié dans un groupe, tous ceux qui sont un tant soit peu différents. Cela commence très tôt, dès la cour de récréation à l’école.
  3. Ce refus de la différence est lié à la tendance narcissique présente en chacun de nous. La différence nous inquiète, elle est génératrice d’angoisse car elle remet inévitablement en cause nos positionnements péniblement acquis. Nos références sont établies et toute vision nouvelle les remets en cause. Il n’est pas étonnant qu’on retrouve chez les mêmes individus la discrimination systématique des femmes, des minorités ethniques, ou des religions (voir Donald Trump si vous avez besoin d’un exemple !). Plus l’individu à une structure de conscience rigide et plus il aura tendance à avoir des visions discriminatoires des autres.
  4.  En ce qui concerne la discrimination homme/femme, tous les hommes ne sont pas fondamentalement « discriminant » mais la position de dominant est tellement confortable qu’ils usent et abusent facilement de la situation. C’est tellement plus facile de négocier avec quelqu’un en lui disant « ferme ta gueule ! » qu’en argumentant !
  5. La situation se fige très tôt, notamment à l’école. Chez les enfants la conscience cognitive est encore peu développée et le raisonnement logique faible. C’est donc, comme chez Cro-Magnon la force physique qui fait la loi. Les garçons « fichent des gnons » et les filles « tirent les cheveux », on n’est pas à égalité.
  6. La capacité discriminatoire est inversement proportionnelle à la capacité de tolérance, et sur ce point les femmes ne sont pas mieux que les hommes ! De plus notre société ne semble pas évoluer vers plus de tolérance, bien au contraire. Nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus complexe, ou nous recevons de plus en plus d’informations contradictoires et dans lequel il nous est de plus en plus difficile de nous situer, de nous positionner. Or une difficulté de positionnement, un manque de référence, c’est un manque de confiance en soi et en contrepartie la peur des autres. La société, que nous avons voulu, développe en nous des tendances « paranoïde » qui ne facilitent pas le vivre ensemble. Je crains que les visions discriminantes aient de beaux jours devant elles, et que régler les unes en fera naitre d’autres.   

La discrimination homme/femme est un phénomène navrant qui s’inscrit dans un panel plus large de discriminations. Il est le reflet de notre incapacité à vivre dans l’incertitude. Dans sa polémique avec Niels Bohr, Albert Einstein (pourtant loin d’être un con !) Soutenait, déjà, que puisque la mécanique quantique retenait le « principe d’incertitude » elle ne pouvait être une théorie aboutie. Seule la certitude est vérité. Lorsque nous auront, un jour peut-être, compris que l’on ne peut pas tout comprendre, pas tout savoir, pas tout contrôler t que la force véritable réside dans la capacité d’adaptation le monde ira sans doute mieux.

PS : on retrouve cette même dualité dans l’écologie entre ceux (les plus nombreux) qui veulent lutter contre le réchauffement climatique et contrôler la planète et ceux qui proposent de s’adapter au plus vite à ce réchauffement.

Retraite, la pénibilité

Voilà un sujet bien à l’ordre du jour et qui n’a pas fini de faire couler de l’encre et des larmes.

Dans un souci de justice, à priori évident, il s’agit de prendre en compte la « pénibilité » dans le calcul des retraites. Malheureusement c’est loin d’être aussi évident qu’il y paraît.

Les critères de pénibilité reconnu ou demandé sont :

  1. Travail de nuit ou en horaires décalés
  2. Port de lourdes charges
  3. Exposition à des impulsions vives
  4. Exposition au bruit
  5. Exposition au températures extrêmes
  6. Expositions Hyperbare

On voit qu’il s’agit d’agressions physiques, en négligeant toute pénibilité due au stress et agressions psychiques. Pourquoi pas !

Les deux premières étant les plus fréquentes

Travail de nuit ou en horaires décalés

On le trouve dans de nombreuses profession

Personnel RATP et SNCF

Conducteurs de car

Chauffeurs routiers

`Taxis

Personnel aérien navigant

Personnel hospitalier

Commerce dans les aéroport

Boulangerie

Café bar

Kiosques à journaux

Les commerçants et restaurateurs (qui s’approvisionnent tôt aux halles)

Les services de presse

Les personnels des radio et télé du matin

Les éboueurs, le personnel  des sociétés de nettoyage, les agriculteurs,et de nombreux autres …..

Port de lourdes charges

Pour faire simple les manutentionnaires, les employés du BTP, le dockers

Les autres

Il ne faut pas oublier les militaires, les pompiers, les gendarmes et les policiers

Sans oublier les cadres et les dirigeant soumis à une pression constante des actionnaires, les petits commerçants et entrepreneurs, les agriculteurs, toujours en stress pour leur trésorerie.

C’est donc une énorme partie des travailleurs Français (peut-être 50%) qui pourraient revendiquer la pénibilité dans le travail. C’est beaucoup trop pour être une exception. Il faut donc trouver mieux

  1. La prise en compte de la pénibilité comme fait actuellement est plutôt du ressort de la morale, de la récompense, valeurs hautement subjectives et non quantifiable
  2. Parce que la pénibilité est (théoriquement) déjà prise en compte dans les salaires, donc dans les cotisations retraites, et donc dans les pensions.
  3. Parce que la pénibilité n’est pas un critère dans la gestion des retraites, c’est l’espérance de vie qui est le paramètre à prendre en compte. C’est lui qui détermine le temps que chacun de nous va passer à la retraite et donc toucher une pension. L’espérance de vie peut à la fois s’évaluer (pour un individu sur un mode statistique) et c’est un paramètre quantifiable à introduire dans le calcul des pensions
  4. Cependant l’espérance de vie est un paramètre qui de sa nature statistique dépend du regroupement fait pour son analyse. Selon qu’on fait les analyse par profession, par nature de pénibilité, par géographie, par tranche d’âge, on obtiendra une espérance de vie différente pour un même individu. Ce n’est donc pas l’arme absolue, mais c’est déjà nettement mieux que la notion de pénibilité très subjective et non quantifiable !

Retraite, la cacophonie

Le chef d’orchestre baisse sa baguette et l’orchestre se met à jouer. Hélas c’est la cacophonie, le préposé aux partitions a tout mélangé et aucun instrumentiste n’a la bonne information. Chacun joue, avec conscience, sa partie et l’ensemble est un désastre !

C’est ce que l’on observe dans le projet de réforme des retraites. Chacun joue son rôle, mais sans aucune cohérence avec les autres. On parle d’âge pivot, de pénibilité, de niveau  de cotisation, bref de points de détail, mais on n’a pas réglé les problèmes fondamentaux. On doit avant tout se mettre d’accord sur un certain nombre de points :

  1. Notre système de retraite est-il menacé à court, moyen, et long terme ?
  2. Devons-nous choisir un système par répartition ou par capitalisation ? Si la réponse à la première question est oui, le système par répartition peut poser problème
  3. Voulons-nous un système re-distributif ou  parfaitement égalitaire ?
  4. Voulons-nous un système totalement solidaire (entre générations ou professions)  ou, au contraire basé sur le « mieux-disant » pour chaque groupe identifié ?

La réponse à ces questions est un préalable absolu pour espérer obtenir un consensus sur les questions de l’âge pivot, la pénibilité, …

  1. Pour répondre à la question de la viabilité du système actuel on ne peut que s’appuyer sur un collège de spécialistes en excluant totalement le point de vue de la population (qui n’y comprend rien et n’a pas les éléments techniques suffisants) les syndicats et les politiques (qui aveuglés par leurs intérêts partisans n’ont aucune crédibilité en la matière)
  2. Le choix du système par répartition ou capitalisation doit être celui des intéressés. Il semble que les Français aient fait, a priori, le choix de la répartition. Ce n’est pas mon choix personnel, mais ce n’est pas à moi de décider.
  3. Système re-distributif ou égalitaire. Si on demande leur avis aux Français on peut prévoir le réponse. Pour les plus démunis  la redistribution est le « must », c’est bien que ceux qui ont le plus payent pour moi ! Les plus aisés choisirons un système égalitaire. Je n’ai pas envie de payer pour les autres ! Les pauvres sont les plus nombreux, mais les riches les plus influents. Le match est indécis.
  4. Régime totalement solidaire ou non, trois cas sont à envisager :

Les profession  en développement préfèrent s’autogérer et profiter de leur bon ratio actifs/retraites. La corporation des développeurs en intelligence artificielle (beaucoup d’actifs et zéro retraités) opterai certainement pour un régime spécial

Les fonctionnaires et retraités des services publics. Ils opteraient pour une auto gestion dans la mesure ou leur système, très avantageux, ne peut jamais être déficitaire  puisque leurs déficits sont contractuellement couvert par l’état (c’est à dire le contribuable, vous et moi)

Les professions en régression (mauvais rapport actifs/retraités, donc en déficit) seront partisans d’un régime solidaire pour bénéficier de l’apport des régimes excédentaires.

On comprend pourquoi la réponse à ces question a été « mise sous le tapis » et qu’il est plus facile de se « chamailler » sur l’âge pivot ou la pénibilité (1), qui sont du domaine du concret et du pragmatique, que de tenter d’arriver à un consensus  improbable sur les options fondamentales.

La cacophonie dans le projet de réforme des retraites n’est ni le fait du gouvernement, ni des syndicats,  ni des citoyens. Elle est le reflet de notre incapacité à nous gérer en société responsable , à définir des valeurs communes. En l’absence de valeurs communes nous sommes condamnés à chercher des accords sur des sujets sur lesquels nous sommes fondamentalement en total désaccord.

  • Le fait de considérer la pénibilité comme un facteur de gestion dans notre système de retraite est une erreur fondamentale. La pénibilité est une valeur qui ne peut être prise en compte dans un système de retraite. Il n’y a pas de pénibilité, mais un sentiment de pénibilité. C’est une grandeur non objectivable qu’on ne peut relier à la gestion d’un système de retraite. L’espérance de vie est la grandeur objectivable qui tient compte à la fois nos critères moraux et des critères de gestion d’un système de retraite. C’est celle sur laquelle on doit se pencher.

Pourquoi cet antisémitisme séculaire ?

Commençons par une petite précision. On parle souvent de racisme à propos de l’antisémitisme. C’est un abus de langage. Le racisme consiste en une classification de l’espèce humaine en sous-espèces sur la base critères morphologiques ou comportementaux plus ou moins partagés. Il s’agit là d’une simple opération de taxonomie (en elle-même discutable sur l’universalité de ses critères), mais sans autre portée qu’une tentative de rationalisation. Le racisme né lorsque, à partir de cette classification,  on établit une hiérarchie entre les races et qu’à partir d’elle on accorde des droits supérieurs à certaines d’entre elles. Pour parler de l’antisémitisme cet appel à la notion de races est, néanmoins, largement instrumentalisé pour justifier le rejet d’une partie de la population mondiale.

Les « Juifs » sont une communauté, un peuple, construit autour d’une religion ou d’une histoire, mais en aucun cas une race puisqu’il existe des juifs de race blanche, Africaine ou Asiatique.

L’antisémitisme et un phénomène très ancien. Oppressés dans l’Égypte Pharaoniques, les Juifs sont encore persécutés dans l’Égypte de l’empire romain. Tout au long du moyen Âge ils resterons la cible de l’église Catholique. On leur reproche la crucifixion de Jésus, leur refus d’épouser la religion Catholique, ils sont interdit d’exercer les métiers de l’artisanat (ce qui les poussera à se lancer dans le commerce … ce qui leur sera reproché ultérieurement). Néanmoins ils sont plus poursuivit  par l’institution de l’église que par le pouvoir royal et cohabitent assez paisiblement avec les populations.

Même au « siècle des lumières » les philosophes (mis à par Diderot) reprocherons aux Juifs leur conservatisme, leur attachement à des traditions séculaires qui s’opposent aux idées « modernistes » qui sont dans l’air du temps, et leur rôle de banquier de l’aristocratie.

A partir du XIX ème siècle la raison s’impose dans la description du monde, et pour justifier de l’antisémitisme fleurissent des théories plus ou moins fantaisistes fondées sur des critères pseudo-scientifiques hautement discutables. L’apogée de l’antisémitisme vient avec l’affaire Dreyfus et la création des mouvements Sionistes. Ces derniers cherchent à démontrer l’unicité du peuple Juif comme uniquement descendant, en ligne droite, des premiers Juifs d’Israël. Cette théorie est complétement rejetée par l’histoire, les Juifs moderne étant surtout le fruit de conversions qui se sont produite au cours de l’histoire dans de nombreux pays.

De nos jours il existe un antisémitisme complétement irrationnel, plus fondé sur des fantasmes, des « on-dit », des rumeurs, des « fake news ». Aucun des arguments que l’on oppose aux Juifs ne « tient la route », mais ils sont si ancrés dans une certaines partie de la population qu’ils en deviennent presque des croyances et échappent de la sorte à toute analyse logique.

Vient immédiatement à l’esprit la question de savoir pourquoi cette communauté a, de tout temps et en toutes époques , fait l’objet de rejet. C’est un phénomène, sinon unique (puisqu’il touche également les communautés Roms), mais en tous cas tout à fait spécifique de la population juive. Il faut différencier cela des persécutions « conjoncturelles »qui ont frappés les Indiens d’Amérique du nord ou latine, des Kurdes, des Arméniens, des Bantous, des Ouigours, Aborigènes.

De ce rapide tableau historique on peut retenir plusieurs choses :

  1. L’antisémitisme c’est appuyé tantôt sur des ressorts politiques, tantôt sur des ressorts religieux (eux-mêmes fortement teintés de politique)
  2. La première cause de stigmatisation et de persécution des Juifs, le principal reproche qui leur a été fait ,est leur refus de s’intégrer aux communautés dans lesquelles ils vivaient, leur besoin d’entre-soi, leur attachement à des racines historiquement dépassées pour les autres populations.
  3. C’est un fait que le vécu d’une communauté très soudée suscite très souvent jalousie, crainte et rejet de la part des populations environnantes. Ce phénomène de rejet amène la communauté à se replier, encore plus, sur elle-même, ce qui accentue la position  de rejet. Le phénomène s’auto entretient et se perpétue dans le temps. 
  4.  Les Juifs ne sont pas les seules communautés à avoir été persécutées. Les Roms et gitans (les bohémiens), les arméniens, les kurdes, les ouigours, et toutes les communauté qui essayent de vivre entre-elles dans un univers différent qui leur devient hostile on subit le même sort. Je ne parles pas, ici, des peuples exterminés « conjoncturellement » comme les indiens d’Amérique du Nord ou du sud, Bantous, aborigènes, … mais de ceux dont l’histoire et celui d’une perpétuelle persécution.

On touche directement, ici, la notion de droit à la différence, que je préfère énoncer comme le devoir d’accepter la différence. Toute société est construite à partir d’individus forcément différents et le devoir premier pour qu’une société soit viable est le devoir de tolérance et de respect des autres dans leur  différence.

La psychologie relativiste nous fourni des pistes pour interpréter ce phénomène et le replacer dans son contexte humain (ou plutôt inhumain !)

Dans l’évolution de l’individu celui-ci passe d’une relation purement fusionnelle, dans laquelle le sujet est en totale osmose avec l’objet que constitue son environnement,  à une relation d’empathie dans laquelle le sujet se dissocie de son environnement pour devenir autonome. Il passe d’un état de dépendance à un état de liberté.

  1. Dans la fusion (premier âge) le sujet totalement intégré à son environnement est en totale dépendance vis à vis de celui-ci. Il fait partie d’un tout et n’existe pas en tant qu’individu isolé et autonome et n’a donc pas d’identité propre. La fusion est un état de sécurisation mais qui comporte un volet de dépendance.
  2. Dans la relation empathique (âge adulte) le sujet a pris ses distances avec son entourage. Il considère ses proches comme différents de lui et peut alors se distancier, positionner par rapport à eux. C’est la base de la prise d’identité. La relation empathique est un état d’autonomie, mais de prise de risques. Elle comporte donc un volet anxiogène.
  3. Au cours de son existence, au fur et à mesure de ses expérience le sujet, par l’analyse critique des situations, apprend à se positionner vis à vis des événements et donc à définir une relation vis à vis d’eux. Cette conscience d’une différence entre le sujet et l’objet de ses ressentis est la base de son « individuation », de sa prise de distance avec son environnement, et donc de la formation de son identité.
  4. Si sur le plan individuelle la différenciation entre soi et l’objet de ses ressentis est anxiogène on conçoit que l’agrégation de cette anxiété individuelle détermine, sur le plan sociétal, une réaction naturelle de rejet vis à vis de tout groupe constitué ayant des comportement « hors normes ». Ceci  conduit à une position de défense vis à vis de toute différence et explique l’attitude de rejet vis à vis des marginaux, des originaux, des étrangers, et de tout individu ou groupe d’individus de culture, mœurs, religion, différente.

Tout ceci explique le phénomène général du rejet de la différence mais n’explique pas la position agressive que de tout temps les populations ont adopté vis à vis de Juifs, et également de Roms. Ces deux populations, seules, ont dans leur langage un mot qui identifie tout ce qui n’est pas eux. C’est « Gadjo » pour les Roms et « goy » pour les Juifs. C’est à dire que pour eux il n’y a que deux types d’individus : Les juifs (ou les Roms) et les autres. Ils ont cette position particulière et séculaire de se différencier, de s’isoler parmi les autres. Passons sur des positions extrémistes comme la notion du « peuple élus » ou la position de « perpétuelles victimes », elles existent mais restent marginales, mais attachons-nous à l’essentiel. De nombreuses population, notamment les minorités, ont une tendance conjoncturelle au repli communautaire devant leur marginalisation, mais chez les Juifs et les Roms il s’agit plutôt d’une position structurelle, volontaire, et historique qui explique que ces communautés aient été au cours de l’histoire rejetés et persécutées non pas à certaines époques et dans certaines circonstances, mais de façons récurrente et perpétuelles.

L’antisémitisme et donc le fruit de la tendance au rejet des différences, inhérentes à la nature humaine, que notre organisation sociale et nos valeurs morales ont du mal à domestiquer (notre permanente intolérance basée sur la crainte) mais également par l’attitude identitaire, de façon forcenée, de ces populations.

L’antisémitisme ne sera combattu que par un effort réciproque des deux parties. Une volonté de tolérance et d’acceptation d’un coté et une volonté d’intégration de l’autre.

Perfectionnisme et loi des rendements décroissants

Cette loi, énoncée par David Ricardo (1821)  est en fait bien plus ancienne. Elle résulte des travaux sur l’agriculture de Turgot (1768), ministre de Louis XVI.

En économie, la loi des rendements décroissants énonce le principe selon lequel le rendement marginal (ou productivité marginale) obtenu par l’utilisation d’un facteur de production supplémentaire (la terre, le capital, le travail ou autre) diminue, à toutes choses égales par ailleurs.

Prenons un exemple simple. Supposons un pays « théorique » de 100.000 habitants et disposant d’une force de police de 100 policiers. Le taux délinquance dans ces conditions est de 80 délits pour 1.000 habitants. Le gouvernement veut prendre des mesures pour diminuer la délinquance et embauche 50 policiers supplémentaires. (je ne suis pas sûr que cela soit la bonne méthode mais c’est juste pour illustrer l’exemple). Après étude on s’aperçoit que le taux de délinquance est tombé à 45/1.000. Encouragé par ce succès le gouvernement embauche 50 nouveaux policiers. Le taux de délinquance tombe alors à 30/1.000. Une nouvelle embauche de 50 policiers amènera le taux de délinquances à 25/1.000. Puis, on aura beau embaucher de nouveaux policiers on ne fera tomber le taux de délinquance que très faiblement et atteindre un niveau de délinquance nul sera « mission impossible »

Loi des rendements décroissants

Pour le même investissement le rendement est décroissant.

Ce petit exemple pour montrer combien il est difficile et couteux d’atteindre les objectifs de perfection que notre société s’impose. Dire que « le risque zéro n’existe pas », c’est bien mais comprendre que l’amélioration sans fins de nos exigences est infiniment couteuse, c’est mieux.

Cette loi est bien connue dans le domaine économique dans l’amélioration de process, dans la gestion des stocks, elle est moins utilisée dans les sciences humaines et les sciences politiques.

Nous exigeons de plus en plus des trains qui arrivent à l’heure, de la sureté alimentaire, de la sureté sur les routes, de meilleures performances scolaires, et pour cela nous investissons massivement pour tenter d’éliminer les derniers aléas qui nous inquiètent, mais le résultat n’est guère probant

Heureusement, la loi de Ricardo ne s’applique, comme exprimé, « qu’à toutes choses égales » par ailleurs. L’objectif fixé est en général multifactoriel. Si l’on prend l’exemple montré plus haut on peut dire que la baisse de la délinquance n’est pas uniquement lié au nombre de policiers mis en œuvre. Elle peut dépendre de l’éducation, de la façon d’utiliser ces policiers (en répression ou en prévention), du type de délinquance à éradiquer. Dans ces conditions si l’action sur le nombre de policiers s’essouffle on peut encore agir sur les autres facteurs dans lesquels on aura encore une marge de progression à peu de frais. L’optimisation se fera, non en s’entêtant à pousser l’un des paramètres à son maximum mais en jouant sur ceux qui offrent une latitude de progression facile.

Actuellement c’est dans la sécurité que notre obsession du risque zéro nous coute horriblement cher.

  1. Pour prendre un exemple récent, parlons de la sécurité à la SNCF. Le train est sans doute le moyen de transport les plus surs, et la SNCF une des compagnies les plus fiables dans le monde. Les accidents sont très rares mais ils existent et cela peut inquiéter les voyageurs. Les cheminots veulent imposer la présence d’un contrôleur dans chaque train pour améliorer une sécurité que les usagers ne demandent pas. Cette action serai très couteuse et ne contribuerai que de façon infime à la sécurité générale. La majorité des accidents se produisent aux passages à niveaux et là, la marge de progression est forte. C’est donc dans ce domaine qu’il faut investir (mais pas que ,évidemment) et non pas dans une mesure d’augmentation du personnel qui n’apporterai pratiquement rien.
  2. Dans la sécurité alimentaire la demande est très forte. Nous multiplions les réglementations, les normes, les contraintes au point que nos agriculteurs ne peuvent plus vivre. Nous nous tournons vers la filière Bio, qui paraît plus sure, mais aussi plus couteuse ou vers l’importation de denrées agricoles de prix plus abordables mais venant de pays ou nos normes ne sont pas respectées. A force de rechercher la sécurité alimentaire nous risquons de perdre notre indépendance alimentaire. Dans un futur ou l’augmentation des populations, les problèmes climatiques risquent d’entrainer des grosses pénuries alimentaires, nous risquons de payer cher nos excès de prudence.
  3. Prenons l’exemple de la sécurité dans les usine « Seveso ». On aura beau faire un maximum d’investissement dans la prévention et la sécurité on n’éliminera jamais le risque d’accident. De nombreuses usines ont été « tuées » par les investissement dans la sécurité qui on consommées le maximum des investissement laissant les investissement en production très en arrière. On a sans doute un peu amélioré (à la marge) la sécurité des populations environnantes mais de nombreuses usines ont du fermé par manque de compétitivité. Le refus de tout risques, le besoin de sécurité à tout prix pourrait nous entrainer vers des risques encore plus grands que ceux que nous voulons éviter.

La condition humaine est d’être mortel, c’est dommage mais c’est ainsi. Profitons des bons moments et ne pourrissons pas notre vie à vouloir la sauver. Carpe diem !

Coucou, revoila le voile !

La polémique sur le voile dit « islamique » refait surface. Heureux pays dont le problème majeur tourne autour d’un simple petit bout de tissus !

La polémique (du Grec Polemicos : qui concerne la guerre) désigne une discussion, un débat, une controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets (politique, scientifique, littéraire, religieux, etc.). On ne doit pas la confondre avec la simple expression d’un opinion, qui n’engage que la personne qui l’exprime sans désir d’en découdre avec d’autres d’opinion opposée. c’est donc une simple opinion  que j’exprime ici.

Les divers attentats terroristes, le problème sans solution de l’immigration ont inquiété une grande partie de la population Française. C’est une crainte légitime, même si le danger est souvent quantitativement surestimé par rapport à la cigarette, l’alcoolisme, ou les accidents de la route. Comme c’est souvent le cas dans la peur devant un danger diffus on cherche toujours à le cristalliser sur un fait tangible et identifiable. C’est le port du foulard qui à été choisi , par les deux camps, comme étendard de la révolte. C’est évidemment une attitude puérile car le danger ne vient pas d’un attribut de costume mais de la montée d’une pensée islamiste radicale. Nous voilà des Don Quichottes qui attaquent des foulards en oubliant le danger réel.

On n’a donc pondu une loi pour réglementer le port du voile et non pour réglementer des pratiques dévoyées de l’Islam. Comme on ne pouvait décemment pas stigmatiser uniquement les musulmans on a pondu une loi interdisant les signes religieux ostentatoires. Elle présente certains aspects pour le moins absurdes

  1. Le voile porté par les femmes musulmanes n’a jamais été un signe religieux mais une habitude culturelle. Ce n’est pas l’islam qui a apporté cette notion de voile mais l’islam qui  c’est implanté dans une régions ou depuis des siècles les femmes (comme d’ailleurs les hommes) se protégeaient du sable par cet accessoire. Dans l’imagerie chrétienne Jésus et Marie portent naturellement le voile. Les sœurs catholiques se sont dévouées pendant des siècle à la cause des indigents en portant un voile, Mère Theresa en est un exemple.
  2. Cette loi vise les communautés religieuse en leur imposant certaines contraintes, mais elle néglige complètement les communauté laïques. Pourquoi un catholique, un juif, un musulman, n’auraient pas le droit d’afficher leur appartenance à leurs communautés alors qu’un franc maçon, un membre d’un parti politique, d’un syndicat, d’une association en auraient le droit. Faudrait-il, un jour, interdire les signe ostentatoire d’appartenance au Paris-Saint-Germain ? Tout ceci n’a aucun sens et chacun a le droit , et peut-être même le devoir, d’afficher ce qui fait son identité profonde.
  3. Par contre cela masque évidemment son véritable sens qui est l’exorcisation de la peur devant l’islamisme radical. Mais pénaliser et stigmatiser des citoyens ordinaires ne peut que les braquer et les précipiter dans les bras de ceux que l’on veut combattre. La méthode des recruteurs islamistes est avant tout d’isoler leur « proie » , de les couper de leur environnement et de développer chez eux un sentiment « paranoïaque » vis à vis d’une société qui les exclue, les brime,  les persécute. Stigmatiser le port du voile c’est ostraciser une partie de la population musulmane, donner raison aux recruteurs, et faciliter leur activité néfaste.
  4. Ne pas lutter contre cet accessoire vestimentaire ne veut pas dire ne pas combattre la dérive radicale de l’Islam. Les groupes terroristes, les intégristes qui incitent à la haine doivent être éradiqués car toute société est en droit de se défendre contre ceux qui veulent sa perte. Mais ne nous trompons pas de cible.

Ne soyons pas le taureau furieux qui fonce sur la cape agité par le toréro en négligeant de foncer sur celui qui va le mettre à mort.

Mariages arrangés, mariages d’amour

Il est de coutume, dans certaines civilisations moins « évoluées » que la notre que les mariages soient arrangés par les parents sans que les futurs époux aient leur mot à dire. C’est un usage qui nous paraît, à nous citoyens des pays occidentaux, totalement aberrant, injuste, voire un tantinet barbare. Dans nos civilisations nous privilégions le mariage dit « d’amour » sur ces mariages de raison, mais c’est un fait relativement récent. Il n’y a encore pas bien longtemps les mariages en France étaient arrangés par les parents pour des raisons socio-économiques (regroupement des fortunes, des patrimoines fonciers, pour assurer l’avenir de la future épouse, …). Ce n’est qu’à partir de la fin du XIXème, début vingtième siècle que la notion de mariage d’amour c’est imposée, soit  il y a environ 100 ans.

Pour mieux cerner cette conception du mariage tentons d’oublier de la voir par nos yeux et de nous mettre dans le contexte d’une époque et de sa culture.

Dans les temps anciens deux critères pouvaient garantir la survie de l’espèce :

  1. La force physique, garantie de la survie individuelle
  2. La fertilité garantie, de la survie collective

Ces deux notions ont institués la domination de l’homme sur la femme (force physique) et la notion de la protection qu’il lui devait (fertilité). Il semble que cet archaïsme dure encore, partiellement, de nos jours.

La civilisation évoluant lentement cette domination-responsable a placé les femmes dans un position de dépendance, à tel point qu’il n’existait pas de place dans la société pour une femme non mariée. Elle ne pouvait ni garantir son intégrité, ni assurer sa subsistance, et encore moins élever des enfants. Le mariage se présentais alors comme une nécessité vitale pour éviter une vie d’apocalypse. Il ne s’agissait pas d’assurer son bonheur mais tout simplement sa survie.

Il s’est institué ,tout naturellement, la responsabilité pour les parents, d’assurer l’avenir de leurs filles de leurs trouver un époux. En corollaire, et pour rendre les choses possible, il était indispensable que les parents puissent également imposer leur volonté à leurs garçons (qui devaient jouer leur rôle dans ce marché)

La notion de « mariage arrangé » c’est tout naturellement imposée sous la responsabilité des parents. Notons que les filles étaient redevables à leur père de leur trouver « un parti » et de tous les sacrifices que devaitt faire la famille pour les marier (dot, trousseau, cérémonie …) Les garçons n’étant pas en mesure de trouver par eux même une épouse (puisque les filles n’étaient pas disponible sans le truchement des parents) étaient redevable à leurs parents de leur trouver une épouse et de leur assurer un statut social.

Loin d’être l’horreur que nous imaginons aujourd’hui le « mariage arrangé » était plutôt vue comme une bénédiction !

Dans la littérature médiévale l’amour en garçons et filles  reste célébrée, mais plus sur le plan de l’amour impossible à concrétiser (Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Guenièvre et Lancelot).

L’amour : oui, mais le mariage d’amour : non !

En occident, c’est, sans doute, à partir de l’époque romantique que la notion de bonheur dans la relation homme/femme se développe. La démocratisation de l’éducation, sa laïcisation, l’accès des femmes à la culture ont progressivement placé l’individu au centre du débat et le mariage, pure arrangement social, est devenu une recherche du bonheur. Comme toujours les idées vont plus vite que les usages et le « mariage arrangé » a perduré un certain temps pour devenir tout à fait exceptionnel.

Il existe toujours un « gap » d‘une cinquantaine d’années entre les idées (les progressistes) et les coutumes (les conservateurs). On a récemment observé ces querelles avec les lois sur la contraception, l’avortement, le pacs, le mariage pour tous, aujourd’hui la PMA et sans doute demain la GPA. A chaque fois le conservatisme a lutté contre la nouveauté, mais à du s’incliner. Pas plus qu’on ne lutte contre la nature, on ne lutte contre l’évolution des civilisations.

Aujourd’hui la notion de recherche  du bonheur (propre aux civilisations de nantis !) est le fondement même du mariage, et le « mariage arrangé » nous paraît antinomique avec cet objectif. Il en est autrement dans des sociétés ou la vie est plus difficile et ou la notion de bonheur passe après la notion de survie. Essayons de voir chaque situation avec les lunettes qui conviennent. Nos lunettes de nantis (nos Ray Ban) nous offrent une version déformée de la réalité des autres sociétés. Ne jugeons pas les sociétés plus archaïques avec nos lois, comme d’ailleurs ces sociétés ne devraient pas juger nos comportements avec les leurs.

De nos jours la situation est, évidemment, complexe car les sociétés ne sont pas homogènes et coexistent les mouvements conservateurs et les mouvements dit « progressistes ». Cette dualité d’opinions est bien sûr génératrice de conflits. La diffusion très large de l’information entre les diverses sociétés active les désirs et les peurs. Les divisions au sein des familles et même dans l’esprit de chacun sont monnaies courantes. Les mutations de la société se font, c’est malheureusement le propre de l’homme, sur un fond d’intolérance et de façon chaotique.

Ce que l’on peut tirer comme leçon est que la notion de mariage, purement sociétale jadis et devenue, chez nous, une recherche du bonheur à deux. Avec l’accroissement des divorces, la dérive des mariages vers les pacs, on peut penser que nous nous tournons, dans le mariage, vers une recherche du bonheur individuel. Comme dans tous les domaines la société « s’Ubérise »  et vire au chacun pour soi… attendons la suite !

Pérennité des régimes de retraite dit « spéciaux »

Notre gouvernement se propose de modifier notre système de retraite afin de le pérenniser. Il s’agit d’homogénéiser les divers systèmes de retraite pour arriver à un système dit « universel ». L’objectif est louable , même si ses modalités d’application peuvent faire débat. Système universel ne veut pas forcément dire sans exceptions ou dérogations, mais que celles-ci ne seront plus liés à une corporation mais à une situation qui peut concerner un salarié quelque soit sa branche d’activité.

Nos divers systèmes de retraites étant parfaitement inégalitaires, inutile de dire qu’il y aura des gagnants et de perdants dans un jeu à somme nulle.

Les principaux perdants seront les adhérents aux régimes dit « spéciaux » et les plus fortunés des systèmes à vocation redistributive.

Pour parler des régimes « spéciaux » voyons dans quelles conditions de tels systèmes son viables.

  1. Ils doivent tout d’abord être à l’équilibre financier. On ne peut envisager un système de retraite plus avantageux financé par un régime général qui le serai moins. Pourquoi  un salarié qui partirait à la retraite à, disons 63 ans,  financerai la retraite d’un salarié qui partirait à 52 ans ?
  2. Un régime de retraite ne peut être pérenne que si la profession qu’il recouvre est stable sur le plan économique. La profession ne connaît pas de chômage, le ratio actifs/retraités reste constant.
  3. La profession doit être en situation de quasi-monopole afin de pouvoir inclure dans sa tarification la quote-part nécessaire à couvrir les cotisations retraites. C’est le cas de la RATP, la SNCF, les avocats, …Si une guerre des prix vient casser ce monopole, les tarifs des prestations ne couvrent plus les cotisations retraite et la caisse se déséquilibre.
  4. Si la profession est plutôt réservée à des salariés bien rémunérés et donc la proportion de nécessité redistributive faible

A titre d’exemple, la caisse de retraite de la SNCF présente un déficit de 3,5 milliards (compensé par l’état, donc le contribuable), mais les effectifs de la SNCF sont passé de 600.000 cheminots à 300.000, bousculant le ratio actifs/retraités. Les économies faites en réduisant drastiquement le nombre de cheminots sont à payer ,sur le temps, par le déséquilibre de la caisse de retraite.

Autre exemple : la profession d’avocat. Le régime se porte merveilleusement bien, pas de chômage, des tarifs « conséquents », un ratio actifs/retraités favorable. La caisse est excédentaire ! Mais que se passera-t-il si l’intelligence artificielle s’immisce dans la profession pour le traitement des dossiers et que le nombre d’avocats vient à se réduire ? inévitablement la caisse de retraite se retrouverai en déficit et le régime ne serai plus viable.

Si on considère la RATP. Depuis un certains nombre d’années elle a perdu de nombreux postes de travail (Poinçonneurs, chefs de station, postes aux guichet, personnel  de nettoyage) remplacés par des automates ou confiés à des sociétés extérieures (non affiliés à leur système de retraites). Les conducteurs sont en voie de disparition remplacés par des lignes automatisées (1, 14, et bientôt 4). Le système ne fera qu’accroitre son déficit (actuellement 800 millions financé par l’état)

Tout ceci montre qu’un régime « spécial » de retraite ne peut être viable que dans un temps relativement court. Dans notre période de rapide mutation économique l’environnement changeant remet en cause la pérennité d’un système assis sur une seule corporation. Le moindre bouleversement économique perturbe suffisamment l’équilibre du système pour le rendre déficitaire. Seule une mutualisation des risques, dans un système universel, peut garantir l’avenir de nos retraites (les professions en déclin étant remplacée par des professions nouvelles). Si les adhérents des régimes « spéciaux » veulent garantir le versement de leurs pensions, ils ont tout intérêt à se mutualiser dans le régime commun quelles qu’en soient les conséquences à court termes..

La démocratie à bout de souffle ?

Dans nos démocraties modernes, qu’elles soient représentatives ou directes, c’est l’opinion partagée par le plus grand nombre qui l’emporte dans les divers choix de la vie politique.

C’est un système qui a fort bien fonctionné dans les temps anciens, mais qui a cessé de fonctionner plus tard pour plusieurs raisons

  1. Au tout début de la démocratie (la République) les questions à débattre étaient plutôt simples et faisaient plus appel au bon sens qu’a la raison. Ainsi chacun pouvait proposer un choix éclairé à chaque problème posé et même une démocratie directe pouvaient avoir un sens
  2. Ensuite la démocratie, par le biais de la représentativité, est tombée entre les mains d’une classe éclairée et instruite à laquelle les majorités populaires faisaient confiance (dans la mesure où elles ne se sentaient pas en capacité de se faire une opinion sur les problèmes posés).
  3. Avec le développement de l’instruction et l’accession des couches populaires à la culture et à l’information le « gap » culturel entre les élites et « le peuple » a diminué. La majorité, jusqu’alors silencieuse, a commencé à devenir partie prenante de la vie politique, à se forger une opinion, et à souhaiter l’exprimer.
  4. Dans le même temps les élites dirigeantes, accrochées à leur pouvoir, ont eu tendance à négliger les opinions populaires et à ne pas en tenir compte dans leurs décisions. Il s’en est suivit une amorce de conflit entre une élite sûre de son pouvoir et du bien fondé de ses idées et des classes populaires, mieux affirmées dans leurs positions. La notion de contestation des élites est alors apparue.
  5. Si l’on ajoute que ces mêmes élites, si sûres de leurs convictions, ont été incapable de dégager entre elles un consensus. Ceci à forcement décrédibilisé leurs idées et renforcé l’idée, dans « le peuple » qu’elles n’étaient pas plus qualifiées que lui pour prendre les décisions. Apparaît alors la notion de démocratie participative, voire directe, que nous voyons émerger de nos jours.
  6. Malheureusement de nos jours les problèmes deviennent de plus en plus complexes et leur résolution devient l’affaire d’experts spécialisés dans des domaines précis. Tout un chacun ne peut plus avoir une vision éclairé de tous les problèmes.
  7. Nous en sommes à un point ou le rejet des élites se confronte à l’impérative nécessité de faire appel de nouveau à elles. Personne ne sait ,ni ne voit de solution à ce dilemme. Ils nous faut revisiter notre système politique … et cela ne pourra être issu que des élites intellectuelles.

Mais la démocratie, telle que nous la vivons est confrontée à un problème bien plus structurel. Si nul ne peut nier que la volonté des plus nombreux doit se manifester rien ne démontre qu’elle conduira à la meilleure solution. De nombreux exemples montrent que la volonté du peuple à souvent conduit à des catastrophes sanglantes ou mortifère (arrivée au pouvoir d’Hitler, Staline, Mao, Chavez, et même par certains aspects la révolution Française). D’autre part décider à la majorité sur des problèmes hautement techniques ou stratégiques est quasiment l’assurance de foncer dans le mur. Ce sont les démagogues qui encouragent le désir de démocratie directe car il se trouve que le peuple est beaucoup plus facile à manipuler que les élites intellectuelles. Tous les régimes totalitaires ont pour premier objectif d’éliminer les élites et de museler la presse en prenant appui sur « le peuple ».

La démocratie, pensée comme l’antidote à l’autocratie à encore de beaux jours devant elle. Par contre la volonté du plus grand nombre comme critère absolu des choix sociétaux et politiques est un système en fin de vie.

PS : On propose aujourd’hui d’organiser un referendum pour savoir si l’on doit ou non privatiser Aéroport de Paris. C’est un grand n’importe quoi. Combien de Français ont les compétences et le connaissances pour juger d’un tel choix. C’est messieurs populistes qui proposent cette solution s’adressent-ils, lorsqu’ils cherchent un conseil pour un placement financier, à des passants dans la rue ou à un conseillé financier ? se font-ils opérer par une charcutier sur un « rond-point » ou par un professeur de médecine ?

Les poncifs de l’art contemporain

On a distingué plusieurs grands courants dans l’art, depuis la fin du moyen âge. Ceux-ci ont d’abord explosés puis se sont éteints de leur « belle mort ».

  1. La renaissance. Vers les XV ème, XVI ème siècle, le besoin de sortir d’un art traditionnel, iconique, et répétitif se fait sentir. Les peintres cherchent alors à produire l’émotion par « le beau ». On cherche à reproduire la réalité (vécu ou fantasmée) dans son détail, avec précision. L’art devient esthétique, raffiné, enrichi de ses détails. Le précision de la forme, le choix judicieux des couleurs (dans la limite de la palette techniquement disponible à l’époque) deviennent les critères de la beauté. La forme brut, la représentation iconique de la pensée religieuse ne suffisent plus. Il faut de la richesse, de  l’enluminure, de la précision, du détail. L’esthétique devient le moyen d’accéder au beau. Progressivement en se développant l’art va se scléroser . Ce qui était le moyen d’accéder au beau devient un but en soi. Le raffinement n’est plus le chemin de l’émotion mais devient un but en soi. L’académisme prend le pas sur l’émotion. La technique n’est plus un moyen mais devient un but, et l’émotion n’est plus qu’un prétexte pour justifier l’art académique. Le diktat de la forme s’impose.
  2. Avec, disons les impressionnistes, les artistes s’efforcent de remettre l’émotion en avant et de se dégager de ces conventions mortifères pour l’art. La structure les a enfermées, ils veulent la rejeter. La déstructuration de la réalité dans l’art devient une nouvelle période. Ce sont d’abord la couleur, les tâches de couleurs qui vont remplacer la forme chez les impressionnistes et leurs descendants. Ensuite c’est la forme elle-même qui se transforme avec les mouvements cubistes. L’art se déstructure de plus en plus jusqu’à ce que la forme disparaisse dans l’art résolument abstrait. La non-structure devient le moyen de propager l’émotion, d’atteindre le but de l’art. Progressivement le moyen va se substituer au but, la non-structure n’est plus le moyen d’atteindre le sublime, mais une fin en soi. Il né un nouvel académisme, plus on déstructure, plus on fait une œuvre qui ne ressemble à rien et plus on est moderne et novateur. Le diktat de la non-forme s’impose.
  3. Il est intéressant de remarquer que l’évolution de ces deux grands courants de l’art reprend le cheminement de toutes pensées humaines. On part de l’émotion pure qui peu à peu se structure, se formalise, se crée ses règles et ses codes, jusqu’à s’enfermer dans le système qu’elle s’est construite. L’évolution de l’homme au cours de sa vie suit un chemin analogue. Du vécu purement émotionnel de l’enfance on passe progressivement au vécu principalement cognitif de l’homme âgé. De l’émotion créatrice et régénérative on passe au contrôle cognitif des situations et à une forme de sclérose. Il en est de même pour les sociétés humaines. Elles naissent d’un chaos, s’organisent, se structurent, s’hyper-structurent, produisent de plus en plus de règles protectrices qui en  fait les emprisonnent et finalement en meurent. C’est, sans doute, ce qui arrive à notre vielle civilisation occidentale. Nous étouffons nos agriculteurs, nos industriels, notre monde du travail, l’éducation de nos enfants, par des diktats, des préjugés, des concepts castrateurs, idéologiques, écologiques, protectionnistes qui les empêchent de vivre dans une forme de suicide collectifs.  Si je devais trouver un point positif à des personnages délétères comme Donald Trump ou Boris Johnson ce serait de garder cet esprit transgressif, sans doute puéril,  qui pourrait nous donner un espace de réflexion qui nous fait défaut. Comme quoi l’irraisonné peut mener à la raison !
  4. Actuellement l’art se cherche, il tâtonne, balbutie, part dans toutes les directions. Un jour viendra ou de jeunes artistes trouverons une issue et l’expression reprendra ses droits. Une nouvelle ère s’ouvrira pour les artistes, elle explosera sans doute dans ses débuts, puis générera ses codes et ses principes pour s’enfermer dans un nouvel académisme sclérosant. Ainsi va le monde !
  5. Les écueils à éviter pour ne pas tomber dans ce néo académisme sont nombreux dans l’art contemporain. Faire moderne pour faire moderne est le fruit de bien des poncifs. En voici les principaux :

a)  Le « destroy », « trash » « libidineux » :  Le coté régressif de beaucoup d’artiste ados attardés qui refusent de grandir, et refusent de franchir le stade « pipi caca ». Ils s’y complaisent, mais nous qui avons franchi ce cap, cela nous lasse !

b)  La répétition d’objets identiques à l’infini, organisé avec rythme ou pas. Une idée originale qui est devenu un cliché banal

c)  Le gigantisme : prenez un objet banal et grossissez le 100 fois, vous aurez une œuvre d’art. L’insolite dérange et peut créer une émotion … enfin la première fois !

d)  L’animation des objets avec un petit moteur programmé pour leurs faire exécuter certains mouvements d’ensemble. Les artistes découvrent la « petite mécanique » ils redécouvrent le train électrique de leur enfance. Ils ont l’impression d’inventer l’art cinétique mais font juste joujou avec de petit gadget.

Il reste cependant possible de réutiliser ces clichés en leur donnant un nouveau sens, une nouvelle vie. Ils peuvent alors reprendre de la vigueur narrative, sortir de leur académisme… on retrouve alors véritablement de l’art contemporain.

Le déremboursement de l’homéopathie

Déremboursement homéopathie

Le gouvernement Français vient de prendre la décision de dé-rembourser les spécialités homéopathiques.

Grand branlebas dans le Landerneau des « baba cool », mais pas que … !

L’argument avancé étant que celles-ci n’ont pas prouvés scientifiquement leur efficacité. Argument parfaitement recevable, à la restriction prés que l’homéopathie n’étant pas véritablement du domaine scientifique il lui est difficile de prouver avec des arguments hors de son domaine une quelconque efficacité.

Je dois dire, en préambule, que je ne suis pas un adepte de l’homéopathie, bien qu’une expérience personnelle se soit montrée très bénéfique en ce domaine sans que je puisse conclure à une efficacité de la technique, à un concours de circonstances, ou à un effet placébo.

Il est impossible de prouver scientifiquement l’efficacité de l’homéopathie (comme il  est impossible de prouver scientifiquement son inefficacité) celle-ci donc doit être considérée comme une croyance et non être vue comme une science.

Il existe dans le monde des milliards d’individus qui croient à Dieu, Jésus, Mahomet, Allah, à la « déité » de Bouddha, l’ancien testament, la résurrection ou la réincarnation, sans que ces croyances n’aient reçus aucune  validation scientifique. Elles gouvernent leur vie, parfois participent de très près à la gouvernances des états sans que personne n’y trouve à redire. Croire à l’homéopathie n’est pas plus bête que de croire en Jésus ou Allah.  Une croyance ne peut et ne doit pas se juger , elle est par essence hors de la logique humaine.

Ceci statué, se pose le problème de la participation financière de l’état à la pratique de l’homéopathie. En théorie, en vertu du principe de laïcité de l’état, la réponse devrait être : Non !

Cependant la pratique n’est pas si évidente. L’état participe (souvent pour des raison historiques) de diverses façons au maintient des pratiques liés à ces croyances.

  1. Les religions reconnues bénéficient d’une exemption de TVA supportées par tous les citoyens qu’ils participent ou non à ces croyances.
  2. En Alsace/Moselle dans le régime du concordat les ministres des principales religions (sauf l’Islam) sont payés par l’état. Leurs salaires sont alignés sur ceux de la catégorie A de la fonction publique française et ils peuvent bénéficier des indemnités chômage (Assedic).
  3.  L’état contracte avec les écoles confessionnelles, pour peu qu’elles respectent certaines règles (accessibilité à tous, enseignement religieux facultatif, respect des programmes de l’éducation nationale) pour leur fournir les moyens financiers et humain d’exister comme alternance à l’école publique.
  4. La mise à disposition du culte catholique de toutes les églises appartenant (enfin confisquées) à l’état (toutes celles construites avant 1905), c’est à dire leur grande majorité est un avantage énorme accordé au pratiquants de ce culte.

Il ne serai pas absurde que l’état puisse « mettre la main à la poche » en faveur d’autres croyances, et que le remboursement des spécialités homéopathiques par la sécurité sociale puisse être maintenu. La solidarité nationale qui s’exerce en faveur des cultes pourrai s’exercer en faveur des adeptes de l’homéopathie. Il est bien possible que la communauté des adeptes de l’homéopathie (36% de la population) soit plus nombreuse que celle des pratiquants catholiques ou des autres religions.

Une petite aparté sur le « pèlerinage à Lourdes » et les guérisons miraculeuses. Faut-il, au nom de la science, dans la mesure ou son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, l’interdire ? Traiter d’escrocs les organisateurs de ce qui, alors, deviendrait une vaste arnaque, interdire la vente des bougies salvatrices, de l’eau miraculeuse, et de toutes les « bondieuseries » qui vont avec ? Bien sur que non, cela se passe en toute transparence, entre adultes consentants parfaitement conscients de leur démarche, chacun agissant en toute bonne foi (c’est le cas de la dire !).

Ceci  étant posé, penchons-nous sur la décision qui vient d’être prise et sur ses conséquences.

  1. L’état Français à donc décidé que les spécialité homéopathiques étaient sans effets prouvés, bien que les partisans de cette médecine lui trouvent des effets avérés. Dans ce cas, contrairement à la mode actuelle,  la théorie, dites scientifique, l’emporte sur la pratique, et l’avis des élites sur celui du peuple … ce qui amène inévitablement de l’eau au moulin des populistes !
  2. C’est une sorte de « camouflet » à tous ceux qui croient au bienfaits de l’homéopathie, un façon de leur dire officiellement vous êtes des ânes et des pigeons !
  3. Sortir l’homéopathie de « la sphère médicale » c’est bien sur la remettre entre les mains de n’importe qui (aujourd’hui les homéopathes sont docteurs en médecine) et ranger les spécialités homéopathiques dans la catégorie de simple biens de consommation. Le garde-fou que constituaient les médecin pour éviter que dans des maladies sérieuses le prescripteur « vende » son homéopathie en lieu et place des médicaments nécessaires et « by-passé ». Le prescripteur n’aura plus l’obligation médicale d’adresser son patient au médecin compétant.
  4. Dans la mesure ou les spécialité homéopathiques son officiellement considérée comme sans effets, il devrait être interdit aux médecins de les prescrire, aux pharmaciens de les vendre et aux nouveau prescripteurs de les prescrire et de les vendre comme remèdes aux pathologies. Ces faits devraient être considérés comme une escroquerie.
  5. Les économies de « bout de chandelles » faites par la sécurité sociale pourraient être remise en cause par un certain report de consommateurs d’homéopathie vers des médicaments plus chers et bien remboursés.

Après ce petit plaidoyer pseudo-philosophique pour l’homéopathie remettons les pieds sur terre, l’église au milieu du village, et abordons le problème de façon pragmatique.

Ce n’est pas parce que certains ne croient pas en l’homéopathie que les autres ne doivent pas y croire. Personnellement, en  tant que scientifique je n’y crois pas vraiment mais je conçois facilement que d’autres puissent y croire ! Je ne crois ni en dieu ni en diable et pourtant d’autres y croient, et alors, tant qu’ils ne veulent pas m’obliger à y croire !

Les adeptes des traitements homéopathiques sont nombreux, plus de 36% des Français disent avoir recours de façon régulière à l’homéopathie, et la majorité des sondés affirment que leur confiance en cette pratique s’accroit de jours en  jours.

 ils ne coutent pas cher à la sécurité sociale (la sécurité sociale a remboursé 126 millions d’euros pour l’homéopathie sur 18.800 millions d’euros de remboursement total, soit une quote-part de 0,6%.)

D’autre part le report des patient sur les médicament allopathique remboursé devrait un peu diminuer le bénéfice escompté.

Alors pourquoi pour un si faible retour pénaliser des millions de concitoyens, mettre dans l’embarras 5000 médecins homéopathes, les pharmaciens, les laboratoires qui distribuent ces spécialités et générer une polémique nationale.

Quel que soit l’efficacité ou la non efficacité de l’homéopathie la mesure me paraît manquer de réalisme. Le rôle d’un gouvernement n’est pas d’établir la vérité et le politiquement correct (laissons ce débat aux philosophes), mais de gérer au mieux de l’intérêt collectif les désirs et les besoins des citoyens. Certains gouvernements déclarent juste et véritable la réalité d’Allah, font des préceptes de l’islam la loi de l’état, et condamnent toutes autres croyances, d’autres décrètent injuste et illégal l’avortement ou l’euthanasie, d’autres encore mettent au ban de la société les homosexuels. On dit de ces gouvernements qu’ils sont totalitaires ou radicalisés. Dans notre pays certains voudraient interdire à tous l’avortement ou l’euthanasie sous prétexte  que personnellement ils y sont opposés. Vouer aux gémonies l’homéopathie procède du même esprit. Nous sommes, en principe, une démocratie tolérante. Nous acceptons toutes les religions, l’homosexualité, l’avortement, et sans doute bientôt l’euthanasie, alors tolérons l’homéopathie qui ne pose aucun problème moral et uniquement un tout petit manque à gagner pour l’état.

Défendons nos valeurs, la solidarité en est le fondement et vaut bien le débours d’un ou deux euros par an pour chaque français.

Plaidoyer pour une écologie raisonnée

Durant des siècles l’homme a utilisé la nature pour satisfaire à ses besoins et à ses désirs. Il a, sans scrupules, exploité les ressources naturelles et rejeté ses pollutions sans précautions particulières. Avec l’accroissement linéaire de la population et le développement exponentiel des besoins, la situation est devenue critique. C’est la naissance de la pensée écologique. Il est apparu que, pour laisser une chance d’exister à l’espèce humaine il était nécessaire de contrôler nos comportements, limiter le gaspillage des ressources, et limiter nos rejets polluants. Il fallait sauver la planète pour préserver les chances de vie de l’espèce humaine. 

L’idée à fait son chemin (sans doute trop lentement) et la sauvegarde de la planète s’est imposée comme une évidences à tous les terriens (sauf à un certain D. Trump !). Les mouvements écologiques se sont battus pour atteindre cet objectif, même s’il pouvait paraître à certains comme plutôt utopiste.

Progressivement le concept de « sauver la planète » c’est imposé comme un dogme, puis comme une idéologie. Il fallait sauver la terre à tous prix !

L’écologie a alors abordé le virage dangereux de « la confusion du but et des moyens ». La sauvegarde de la planète qui était le moyen d’atteindre un but (la sauvegarde de l’espèce humaine) est devenu un but en soi. La sauvegarde de notre espèce (but initial) n’est devenu qu’un prétexte pour atteindre le nouveau but. C’est l’inversion classique du but et des moyens.

L’utopie généreuse s’est transformée en idéologie radicale et beaucoup de nos néo-écologistes sont prêt à tout sacrifier, tout détruire pour atteindre leur objectif de sauver la terre.

Qu’importe l’avenir des agriculteurs si on sauve les abeilles et les papillons et les grenouilles.

Qu’importe l’avenir des mineurs et des industries minières si on évite les rejets polluants.

Qu’importe de bloquer les transports aériens, maritimes, terrestres, si on évite les rejets de CO2 et le réchauffement de la planète.

Qu’importe que l’on soit assez près de vaincre les cancers, il faut continuer à traquer les produits supposés cancérigènes contre vents et marées.

Il faut raison garder. L’écologie ne doit pas devenir un nouveau « Daech ». Ne détruisons pas l’espèce humaine pour son bien, pour la protéger.

L’écologie est surement un moyen efficace pour assurer la pérennité de la vie sur terre. Il faut en user, mais peut-être pas en abuser. Ce n’est pas forcément le moyen unique. N’avançons pas la « tête dans le sac » et envisageons des moyens complémentaires qui ne nous font pas défauts.

Lutter contre le gaspillage, la pollution, c’est bien. Pensons également à la régulation démographique, tant dans le nombre que dans la distribution géographique. Trop d’habitants sur la terre et c’est la catastrophe assurée. Trop de concentration en  certains points et trop de zones inoccupées et c’est une pitoyable utilisation de notre espace vital. Gérer les ressources c’est très bien, mais gérer l’eau, les terres arables, réhabiliter les zones désertiques, gérer « l’offre et la demande de vie » est aussi une nécessité.

Et surtout faisons confiance à la capacité d’adaptation de notre espèce aux variations socio-économiques et climatique. Même si les conditions de vie deviennent moins favorables, nous saurons trouver les moyens d’y remédier de nous y adapter. Nous avons survécu à bien des crises. Celle-ci n’est pas la première et, je l’espère, pas la dernière. En toutes crises les solutions dogmatiques, radicales, idéologiques, font souvent plus de mal  que de bien.

La puissance des « fake news » contre la vérité

On peut s’étonner de la puissance virale des « fake news » devant la vérité. Pourtant, c’est assez simple à comprendre. Ces « fake news » sont conçues, consciemment ou inconsciemment, pour diffuser plus efficacement que les informations contrôlées, vérifiés, certifiables.

Si on recherche les critères d’acceptabilité d’une information on retrouve

  1. La crédibilité. Sans forcément être vraie une info, pour se diffuser, doit être crédible. C’est évidemment une notion très relative à la cible visée. Plus celle-ci sera cultivée, dotée d’esprit critique et plus les critères de crédibilité devront être important pour que l’information soit acceptée. Transmettre des fausses informations à une cible intellectuelle et bien formée sera bien plus difficile que de la transmettre aux couches populaire (c’est une vision élitiste, mais c’est comme cela !)
  2. L’information doit caresser sa cible « dans le sens du poil ». Une fausse information qui vous conforte dans des opinions déjà acquise et de ce fait vous sécurise et beaucoup plus acceptable qu’une information qui vous dérange, vous remet en cause, bref qui déclenche en vous un mécanisme anxiogène.
  3. La crédibilité d’une information est très dépendante de la fréquence avec laquelle on la reçoit. Plus on est en contact avec une information et plus elle nous paraît crédible et avoir un caractère universel. Ce processus crée l’effet « boule de neige » et permet à l’information de s’auto crédibiliser par effet récurrent. Le process de retransmission  des informations entre groupes d’amis des réseaux sociaux est particulièrement favorable au développement viral de l’info. C’est bien théorisé dans la publicité ou on admet que chaque information à un seuil d’occurrence  à partir duquel elle devient efficace.

Pour créer une « bonne fake news » :

  1. Cherchez un sujet anxiogène pour lequel la cible que vous visez sera en recherche de sécurisation
  2. Choisissez une cible potentielle dont l’esprit critique et suffisamment peu développé pour être capable d’un analyse objective de l’information que vous allez délivrer
  3. Choisissez les réseaux sociaux dans lequel la diffusion virale est quasiment le credo

Vous voilà maintenant admis au rang d’expert dans le milieu des manipulateurs d’opinions

Notez que ce processus est également valable pour la démarche publicitaire. On a tous peur de vieillir, de grossir, on est donc la cible idéale pour les « fake slogans » que nous distillent les publicitaires. Longue vie aux produits anti-rides, contre la cellulite, et autres produits amincissants.

Dans la propagande politique il est difficile de propager de réelles « fake news » car les médias jouent à notre place le rôle d’esprit critique, mais les semi vérités, les mensonges par omission passent très bien. On en « gobe » à longueur de campagnes électorales, elles nous sécurisent, nous confortent, on veut bien les croire sans vraiment les passer au crible de l’analyse. Six mois plus tard on accuse le candidat de nous avoir menti sans avoir réellement conscience que nous sommes fautif d’avoir voulu croire ce qui n’était pas crédible. Tous les candidats ont la recette pour sauver la France, la planète, voire le monde. Il faut vraiment vouloir être aveugle ou stupide pour y croire !

Le piège grossier du souverainisme

Marine Le Pen, Philippot, Dupont-Aignan, et consort nous prônent les avantages du souverainisme pour la nation Française. Sont-ils sincères, compétents, ou au contraire menteurs ou incompétents ?

La souveraineté nationale n’est pas complexe à mettre en place (le Brexit en est un exemple contraire, mais pas forcément représentatif) mais là n’est pas la question. Le vrai problème n’est pas là, mais bien celui de notre capacité à vivre et faire respecter cette souveraineté.

On a le droit d’avoir des ambitions, mais encore faut-il en avoir les moyens.

Si on regarde l’ensemble des pays non impliqués dans des structures collectivisés, on s’aperçoit que les nations prospères sont :

  1. Les grands pays à forte puissance économiques et militaire (États-Unis, Chine)
  2. Les grands pays à forte population et donc à fort potentiel économique (Russie, Indes, Brésil …)
  3. Les petits pays à caractère de paradis fiscaux, ou disposant de ressources très importantes en matières premières demandées sur le marché international.(Pays du golfe, Bermudes et paradis fiscaux de tous poils)

Notre pays n’entre, malheureusement pour nous, dans aucune de ces catégories.

Prenons un exemple simple (caricatural mais réaliste quand on voit ce qui se passe entre La Chine et les États-Unis)). Supposons qu’un dirigeant Chinois décide d’investir en France et se propose d’acheter l’ensemble des aéroports de notre pays. Notre pays, en toute souveraineté s’y refuse … après un référendum d’initiative partagée. Le dirigeant Chinois décide alors de bloquer tout commerce avec la France, de refuser toutes marchandises provenant de notre pays et d’interdire toute implantation de société Française sur le territoire Chinois. Forcement nous répliquons en appliquant de droits de douane prohibitifs sur les produits importés Chinois. Dans ce bras de fer la Chine perd une toute petite partie de son marché d’exportation (France par rapport à reste du monde) nous, au contraire vu notre taille nous perdons gros dans la bataille et pénalisons nos exportations agricoles et technologiques.

Si la Chine veux pousser le bouchon un peu plus loin, ses dirigeants vont voir l’Allemagne ou l’Angleterre avec le chantage suivant : « Vous cessez toute activités commerciales ou politiques avec la France, sinon nous allons compliquer vos échanges avec la Chine ». Ces pays ne peuvent que céder, leurs intérêts sur le marché Chinois étant de loin plus prometteurs qu’avec une France isolée. Nous nous retrouvons de plus en plus seuls.

Le rapport de force nous serai bien plus favorable si la Chine voulait s’opposer à une Europe unies et parlant d’une seule voix. Impossible pour la Chine de se priver d’un marché de 512 millions de consommateurs parmi les plus riches de la planète. L’Europe représente, de très loin, le premier marché d’exportation de la Chine (394 millions de dollars alors que les USA n’importent que 267 millions de dollars depuis la Chine)  

Prenons un autre exemple. Supposons que la France, en état souverain, décide de lutter contre les paradis fiscaux. Pour garder l’argent en France elle décide d’interdire ou de fortement pénaliser les entreprises ou banques Françaises qui envisageraient de placer de l’argent dans un paradis fiscal. En état souverain elle en aurait le droit. Évidemment l’ensemble des sociétés multinationales, qui font leur miel avec les paradis fiscaux, l’ensemble des pays dont l’économie et très dépendante de ces sociétés se lèveraient pour éradiquer le « vilain petit canard » qui vient s’opposer à leurs intérêts. Contre toute la puissance financière du monde, je ne donnes pas cher de notre peau. Même une Europe forte et unie aurait bien du mal à s’imposer (à condition qu’elle est put régler le problème de ses paradis fiscaux interne), alors la France toute seule … !

On pourrait  prendre l’exemple de la lutte contre le réchauffement climatique, les négociations internationales, ou autres. Seule, la France est un petit pays sans capacité à lutter contre les monstres de la planète.

Le souverainisme est un leurre quand on n’a pas la puissance pour l’imposer sur le monde. La France souveraine, mais isolée, serait vite ruinée et le dernier acte de souveraineté serai un référendum d’initiative partagée avec les options suivantes :

Voulez-vous être absorbé ou vassalisés par :

1 La Chine
2 Les Etats-Unis
3 La Russie

Ce serait notre ultime acte de souveraineté que de choisir celui-qui va nous manger !

Croyez-moi, si on veut jouer seul dans la cours des grands, il ne suffit pas de montrer ses petits muscles, il faut aussi être capable de s’en servir.

L’Europe occupée à se déchirer dans des luttes entre nations désormais rivales serait rapidement digérée par les « vrais » grandes puissances. L’Europe, telle que nous la vivons, est loin d’être satisfaisante mais au moins elle pourrait nous permettre une réaction collective quand nos intérêts commun seront menacés par de grandes puissances hégémoniques

La seconde erreur de l’écologie

J’ai déjà signaler que la première erreur de l’écologie était de négliger l’élément fondamental dans la dégradation de la planète : « L’accroissement sans limites de la population terrestre »

Il me semble que l’écologie et les écologiste commettent une seconde erreur.

Dans la vie des partis politiques, et des divers corps constitués la confusion du but et des moyens est la règle la plus générale. Pour atteindre un objectif, un but, (par exemple instaurer la république, lutter contre la corruption, défendre des valeurs en danger) des citoyens s’unissent et forment un parti qui affiche son but. Pour atteindre ce but certains moyens sont à mettre en œuvre comme par exemple la prise nécessaire du pouvoir. Au bout d’un certain temps d’existence on constate que le but de ce parti est devenu la prise, ou la conservation, du pouvoir alors que ceci était initialement le moyen d’y parvenir. A contrario ce qui était le but initial, qui était par exemple lutter pour certaines valeurs, n’est devenu qu’un moyen, un prétexte pour justifier de l’accession au pouvoir.  C’est ce que l’on entend par : « La confusion du but et des moyens »

L’écologie n’a pas échappé à ce travers. Son objectif primaire était, bien sûr, d’assurer le bonheur et la prospérité, dans l’avenir, pour les habitants de la planète. Le moyen  à mettre en œuvre était la protection de la planète, des habitats, des espèces et des ressources. Tout ceci est louable, incontournable, inattaquable.

Avec le temps la protection de la planète est devenue un but en soi et le bonheur des habitants un prétexte pour justifier le nouvel objectif. Pour caricaturer on pourrait dire que les écologistes sont maintenant prêt à sacrifier ses habitants pour sauver la planète.

On comprend alors pourquoi l’écologie a bien du mal à être acceptée. D’un côté le concept même de protéger la planète pour assurer un avenir radieux (ou supposé radieux) à ses habitants et largement acté par les populations, mais d’un autre côté la démarche qui consisterai à sauver la planète au détriment des habitants ne séduit pas et a, évidemment, bien du mal à s’imposer.

Le principe de l’écologie et de la préservation des ressources ne peut et ne doit pas être remis en cause. Cependant on doit « coriger le tir » de deux façons :

  1. En prenant conscience que préserver la planète tout en laissant sa population croitre de façon incontrôlée n’est qu’un leurre. Si au fur et à mesure que l’on contrôle et réduit la consommation des ressources les besoins augmentent on essaye de « Remplir un tonneau des danaïdes ». On peut ralentir le processus, mais certainement pas l’inverser.
  2. Prendre en compte le fait que sauver la planète n’est pas une fin en soi. Par contre agir pour le bien des populations futures est un devoir pour chacun. Oublions, donc, l’idéologie radical et mortifère qui gouverne l’écologie. Lutter contre la dégradation de la nature et la disparition de ses ressources est sans doute l’un des moyens pour assurer l’avenir des humains, mais ce n’est peut-être pas le seul. Se battre contre les évolutions naturelles est un combat de titans et nous ne sommes pas sur de le gagner (il semble que nous soyons en train de le perdre !). Utiliser les immenses capacités d’adaptation de l’homme aux bouleversements naturels serait une autre voie d’accès à nos objectifs, elle est complètement occulté, actuellement, par le dogme de la sauvegarde , à tous prix, de la planète. Quand on n’est pas le plus fort, on ne montre pas ses muscles, et on essaye d’être le plus malin !

Essayons, donc, d’adapter la nature à nos besoins, d’adapter nos besoins à la nature. Économisons nos ressources, adaptons nos comportements, et mettons en place les structures pour survivre dans un environnement que nous ne souhaitons pas.

Tant que nous privilégierons les grenouilles à nos paysans, les coléoptères à l’habitat urbain, nous ne pourrons pas gagner.

Continuons à penser la nature au service de l’homme et non pas le contraire !

ABC du petit populiste

Il y a quelques principes qu’un apprenti dictateur doit connaître pour accéder démocratiquement au pouvoir

  1. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur le plus grand nombre
  2. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur les populations les plus malléables, les plus influençables

La méthode va, maintenant, être de favoriser les masses peu cultivées et de ce fait peu douées d’esprit critique et au contraire de dénigrer les élites intellectuelles instruites et douées d’esprit critique.

Le populisme revient donc à donner la parole au peuple et à faire taire les élites intellectuelles et leur relai dans l’opinion, c’est à dire la presse. On retrouve là les stratégies de J.L.Mélanchon et M. Le Pen et dans un certain sens les dérives populistes de L. Wauquiez et des dirigeants socialistes.

Pour donner un exemple du principe de manipulation des masses, prenons celui du débat sur la privatisation des aéroport de Paris.

Tout d’abord, un premier regard sur les problématiques des sociétés nationales. Dans ces entreprises l’état est actionnaire, gérant et dirigeant. Dans le même temps l’état, via les citoyens est également client. De plus l’état, via ses fonctionnaires est également salarié. Les intérêts de ces trois parties sont évidemment antagonistes. Le dirigeant doit pérenniser l’entreprise, diminuer les couts et assurer les profits, les clients veulent un meilleur service à bas cout, et les salariés de meilleurs salaires  et des conditions de travail améliorées. Dans une société privée ces trois intervenants sont indépendant les uns des autres, souvent en conflit, mais chacun défend ses intérêts. Dans une société nationale ces trois parties sont une seule et unique entité : l’état. Dans ces condition cette entité doit s’avantager tout en se désavantageant, économiser en dépensant plus, bref se battre contre elle-même. Situation pour le moins schizophrénique qui aboutit souvent à des impasses.

Pour en revenir à la privatisation de ADP, l’approche des populistes serait, bien sûr : Cette société fonctionne très bien, elle rapporte un bon pécule à l’état, alors pourquoi s’en séparer. Argument imparable et qui fait mouche auprès de personnes habituées à gérer leur budget personnel, sans mettre en œuvre les notions d’investissement ou autres perspectives à long terme. Ainsi présenté l’option, gardons à l’état la gestion de ces aéroport, s’impose comme une évidence pour « le peuple ».

Poussons l’analyse un peu plus loin. Pour assurer la rentabilité, à terme, de ces aéroports compte tenu du développement et des évolutions dans le transport aérien cette entreprise doit constamment s’adapter et ceci entraine des nécessités d’investissement colossaux (c’est ce que l’on observe sur tous les aéroports de la planète). L’état a , bien sûr, les capacités à réaliser ces investissements, mais il a aussi des capacités d’investissement limitées. Il doit de plus investir dans l’éducation, les hôpitaux, les transports terrestres, les voies de communications, l’énergie, …. Et a du mal à assurer le financement dans tous ces secteurs.

Restent les investissements dans les technologies de demain (télécommunication, intelligence artificielle, biotechnologies, recherches médicale, transition énergétique, etc. etc.). Si ses investissements ne sont pas fait, dans une dizaine d’années, notre pays sera à la traines des autres et vassalisé par les états qui auront su prévoir l’avenir et voir plus loin.

Sans prendre parti sur le fond de la question on voit que le problème est infiniment plus complexe qu’il n’en a l’air. Il s’agit de définir le rôle de l’état en tant que gestionnaire des affaires courantes ou en tant que promoteur des solutions d’avenir. Faut-il laisser au privé la gestion des affaires courantes ( ce qu’il sait très bien faire) et dédier à l’état le rôle d’orienter le pays vers son avenir (ce que ne fera pas le privé) ? ou au contraire engranger les revenus et laisser l’avenir du pays au main du privé (Français ou étranger) ? C’est un choix délicat que même les « experts » ont du mal à assumer. Personnellement j’ai bien mon idée mais je suis loin d’être sûr de mon choix, et je doutes que les discussions « sur les ronds-points » puissent nous apporter des solutions crédible.

Tout ceci pour montrer les dangers inhérent au populisme et comment avec des argumentations simplifiés on peut facilement manipuler une opinion crédule par manque de connaissance. Il est certain qu’avec de tels arguments un référendum populaire sur la question pencherait largement en faveurs de la conservation de ADP au sein de l’état (parmi une population qui, paradoxalement, a une vision très négative de la gestion de l’état sur son patrimoine)

On en revient au principe de base :

Pour devenir très démocratiquement un bon dictateur : s’appuyer sur le peuple, faire taire les élites et leur relais. C’est la voie choisie par Hitler, Staline, Mussolini, Mao, et plus récemment par Chavez, Poutine, et Erdogan avec le succès et les conséquences que nous connaissons. Méfions-nous de ceux qui, dans notre pays, préconisent ces méthodes

Les anomalies de notre système de TVA

Nous avons, en France, un système de taxation sur la valeur ajouté des entreprises qui à perdu un peu de son sens dans sa pratique. Ce sont les entreprises qui collectent pour le compte de l’état la TVA. La comptabilité des entreprises se fait en « hors taxe » et les écritures de TVA n’interviennent pas dans la gestion des sociétés. C’est un service rendu, et en contrepartie l’état les rend responsable de toutes anomalies dans le paiement de cette taxe. Il est un peu indélicat de se décharger sur un tiers de ses obligations pour ensuite le tenir responsable de toutes erreurs. Quand je demande un service à un ami je ne lui tiens pas compte de ses éventuelles erreurs.

Toutes les entreprise sont assujetties à la TVA (collecte et versement). En fait, La TVA entre entreprise assujetties est totalement inutile. Des milliards de mouvements d’écritures, tant de TVA que de Banque sont absolument  inutiles.

Le fournisseur facture la TVA à son  client qui la lui paie, mais qui la récupère
Le fournisseur perçoit la TVA, mais la reverse à l’état
Bilan :
Pour l’état : zéro
Pour le client : zéro
Pour le fournisseur : zéro

Les entreprises ne devraient pas être assujetties à la TVA, travailler en « hors taxe » et seules les ventes à des non assujettis (qui ne récupèrent pas la TVA) devraient faire l’objet de mouvements de TVA

On économiserai :
Des milliards d’écritures inutiles
Des dizaines de milliers d’agent comptables en charge de la TVA
Des contrôle de TVA dans les entreprises assujetties, devenus inutiles (sauf cas particuliers rares)

En cas de litige, entre l’état et une entreprise, sur le versement de la TVA un contrôle fiscal est déclenché par Bercy. L’état devient alors juge et partie, ce qui est en opposition avec la notion de contrôle indépendant et constitue un » conflit d’intérêt » majeur. Que dirais-t-on si c’était l’autre partie (l’entreprise) qui prenait en charge ce contrôle ! Il est notoire que lors d’un contrôle fiscal l’état s’intéresse uniquement au sommes qui auraient pu ne pas lui être versé, mais jamais à celles qu’il aurait pu percevoir indument.

On voit que notre système de collecte de la TVA pourrait être largement amélioré dans un but de simplification et d’objectivité.

Protection légale des « hors la loi »

Dans la république la loi et censée protéger les citoyens contre tout danger extérieur ou intérieur. Actuellement de nombreux conflits opposent ceux qui sont chargé de faire respecter la loi et l’ordre public et ceux qui outrepassent leurs droits. La notion de « bavure policière » est représentative de ce problème.

Lorsqu’un individu se met hors le loi en outrepassant la protection qu’il doit à ses concitoyens, il reste, cependant, protégé par la loi contre toute réponse excessive, de ceux qu’il lèse. Un individu, même « hors la loi » conserve ses droits civiques tant qu’il n’en a pas été déchu. Il n’en résulte pas une dissymétrie dans les droits théoriques de chacun (celui qui s’affranchi de ses obligations citoyenne étant alors considéré comme « hors la loi ») mais par contre une profonde dissymétrie dans la jouissance de ces droits. Ceux qui s’affranchissent des contraintes de la loi sont privilégiés par rapport à ceux qui les respectent. La république se doit de corriger ces inégalités en obligeant tout citoyen à respecter la loi et à punir les contrevenants en conséquence.

Ce pose alors la question des moyens mis en œuvre pour débusquer les délinquants, les juger, et les punir. Ceci pose diverses questions :

  1. Un problème de morale. Dans quel mesure les forces de police, de justice, ont-elles le droit de transgresser la loi pour réagir contre la délinquance. En ce qui concerne la justice, chargée d’appliquer la loi, de juger en son nom, il semble difficile de les autoriser à ne pas la respecter. En ce qui concerne les forces de police, le problème peut se poser. La réponse de chacun se fera selon sa propre sensibilité. Par exemple les individus à sensibilité, disons pour simplifier, de gauche, partisans de la solidarité nationale, des valeurs éthiques, du respect de l’état auront tendance à récuser cette possibilité. Par contre ceux de sensibilité, toujours en simplifiant, de droite partisans de l’efficacité, du respect de l’ordre, du droit individuel face à l’état pourront plus facilement l’accepter.
  2. Si se problème moral est tranché dans le sens d’une autorisation pour la puissance publique à transgresser sa propre loi selon le bon adage : «  la fin justifie les moyens » se pose les limites de cette transgression. Les forces de police ont-elles toute latitude pour outrepasser leurs droits habituels ou doit-on leur imposer des limites pour leur autoriser une réponse, disons « proportionnée » à la situation à laquelle elles ont à faire face. Cette notion ayant l’avantage de représenter un compromis entre les deux positions énoncées au point précédent.
  3. Reste alors à fixer cette limite et à établir la notion de « proportionnalité » entre des éléments disparates. On pourrai alors proposer des proportionnalités, ou des hiérarchisations, comme par exemple :

une certaine capacité de transgression de la loi pour un vol de 100 €, une capacité encore plus grande pour un vol de 1000 €, et encore nettement plus grande pour un vol de 100.000 €

Une certaine capacité de transgression de la loi pour une bagarre, une capacité  plus grande pour une agression avec blessure, et une capacité encore plus forte pour un meurtre.

Cette hiérarchisation est envisageable entre des délits de même nature mais devient très complexe dans le cas de délits de nature différente. Comment comparer la capacité de transgression de la loi vis à vis d’ un vol de 1000 € ou d’ une agression avec blessure. Ceci revient à se poser la question de la nuisance, vaut-il mieux se faire voler 1000 € ou se prendre « un pain dans la tronche » ? C’est un débat hautement subjectif.

La notion de « proportionnalité » est du domaine mathématique et ne peut s’appliquer qu’à des grandeurs quantifiables. Elle n’a que peu de sens appliquée à des valeurs morales ou éthiques.

La notion de « proportionnalité » ne peut donc véritablement se trancher de façon rationnelles, quantitative, objective.

Prenons un exemple simple, par exemple un commerçant qui se fait braquer avec une arme. Quel peut être sa réponse proportionnée. Supposons qu’il s’agit d’une arme factice.

  1. L’arme étant inoffensive, le danger objectif et très faible et le commerçant est sensée avoir une réponse plutôt « molle »
  2. Mais le commerçant ne sait pas que l’arme est factice et pour lui le danger est réel et même pressant. Il est en droit d’avoir une réponse plus musclée pour défendre son intégrité physique.
  3. Comment s’appréciera la proportionnalité de la réponse à apporter, sur base du danger objectif ou subjectif ?
  4. Cette réponse sera apportée par le juge, sans doute quelques mois après l’incident au cours d’un future procès.
  5. Comment le commerçant, en une fraction de seconde, peut-il évaluer la future réaction d’un juge inconnu, dans un procès qui ne s’est pas encore tenu ?

Cette notion de « proportionnalité », bien que séduisante au demeurant, paraît dans les faits bien difficile à appliquer.

Le problème est de même nature en se qui concerne les forces de l’ordre qui doivent évaluer, en un instant, le danger immédiat présenté par un délinquant et surtout dans quelle mesure sont attitude présente peut dégénérer ou non en un danger final.

On voit comment les notions de « légitime défense » et de « réaction proportionnée », satisfaisantes sur le papier sont très mal adaptées aux situations réelles.

La question est loin d’être tranchée. L’institution policière et judiciaire doit-elle strictement respecter les règles qu’elles ont elle-même fixées, et dans ce cas se trouver en position d’infériorité dans la poursuite des délinquants (qui eux n’ont aucune entrave légale à leur action) au risque de favoriser la délinquance ? Avons-nous le droit, au nom de nos valeurs ou de notre bonne conscience, d’exposer les fonctionnaires chargés de nous protéger à des risques parfois mortels ?

En d’autres termes lorsqu’un individu choisit de s’abstraire des règles et lois en vigueurs doit-il encore bénéficier de la protection d’une loi qu’il bafoue ? L’éthique doit-elle l’emporter sur l’efficacité et la sécurité ?

La notion de « mourir droit dans ses bottes pour défendre ses valeurs » semble un comportement typique d’un romantisme Français, bien inscrit dans notre « pseudo identité nationale »

L’écologie, danger ultime pour la planète ?

Je m’excuse par avance pour le cynisme de mes propos, mais il faut parfois jouer les Cassandres et regarder la réalité en face. Réfléchir, se poser des questions, se remettre en cause, peut-être une attitude salvatrice.

L’écologie voudrait sauver la planète, en fait elle veut principalement sauver ses habitants (hommes, animaux, ou plantes) et c’est bien normal.

On ne peut être que pour, car préserver les populations de la désertification de leur environnement, de la montée des eaux sur les petites iles, de l’intoxication par les pesticides,  de la mauvaise nourriture, ne peut qu’amener un plus pour l’humanité .

Mais être écolo n’est pas uniquement être barbu, à petites lunettes, manger bio, avec un bandanas sur le tête. La médecine, les laboratoire pharmaceutiques, jouent également leur rôle écologique fondamental en enrayant les maladies microbiennes ou virales, en réparant les dégâts occasionnés à notre corps, en soignants hommes et animaux.

Pourtant le problème N°1, pour nous autres, reste la surpopulation. Toutes les nuisances écologiques que nous subissons sont fonction du nombre d’habitants de la planète.

Quand une poigné d’autochtones vivaient sur le flan d’un volcan, une éruption faisait peu de morts, quand un million de personnes y vivent les dégâts humains et matériels sont plus importants

Quand milles personnes jettent de temps à autre un déchet en plastique ce n’est pas trop grave, mais quand un milliard le font c’est une pollution majeure.

Quand milles personnes consomment du charbon, du pétrole, de l’uranium ou du lithium pour satisfaire leurs besoins, il n’y a pas péril, mais quand plusieurs milliards le font c’est une catastrophe programmée.

Quand quelques « papy jardiniers » désherbent leur jardin avec un désherbant chimique toxique ce n’est pas un problème, mais quand les millions d’agriculteurs du monde arrosent la planète au Glyphosate c’est un danger mortel

On pourrait continuer l’énumération à l’infini avec les besoins alimentaires, les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation, l’éradication de minorités dont les rites et usages entravent notre développement, la consommation de pesticides, d’antibiotiques, la nécessité de sacrifier la qualité à la productivité, l’accroissement des flux migratoires, etc., etc. tous et toutes fonction du nombre d’habitants de la planète.

L’accroissement continu de la population nous conduit inexorablement à la pénurie, à la compétition pour la vie, donc aux conflits, et aux mécanismes de régulation que peuvent être les catastrophes naturelles, les épidémies, les famines, et par-dessus tout les guerres. On devra, si on n’enraye pas l’explosion démographique, inévitablement sacrifier des milliards de vie pour sauver les autres habitants de notre planète.

L’écologie se trompe de cible. Bien sur son propos est louable et il faut lutter contre les nuisances qui nous menacent (avec sans doute moins de dogmatisme et de dictat qu’on ne le fait actuellement) mais cela ne fait que repousser un peu le problème. Économiser les ressources, l’énergie peut nous permettre de gagner du temps, de repousser les problèmes. Mais la poussée démographique ira plus vite que nos efforts insuffisants, trop tardifs, et désordonnés pour améliorer notre qualité de vie. Même avec l’immense capacité d’adaptation de l’espèce humaine, sept milliards, dix milliards, vingt milliards d’habitant ne pourront pas coexister sur notre terre.

Lutter contre cette démographie galopante qui nous menace à terme devrait être un objectif prioritaire (mais au combien délicat à mettre en œuvre !). L’écologie actuelle en améliorant le bien être, les conditions de vie des habitants pousse, au contraire, tout en réduisant les nuisances, à l’accroissement de la population (allongement de la durée de vie, diminution de la mortalité infantile, bien être et espoir) et, sans politique de régulation concomitante, nous amène dans le mur. L’accroissement du bien-être des population entraine certainement une tendance antagoniste à la diminution de la natalité, mais sera-ce suffisant ?

La consommation c’est la menace d’aujourd’hui, l’écologie lutte contre une menace à 50 ans, reste à lutter à plus long terme contre la démographie galopante.

La planète sera t’elle sauvée par les militaires et leurs horribles bombes nucléaires qui feront le travail de régulation démographique que nous n’avons pas su faire ! ou bien les progrès dans l’amélioration des conditions matérielles de vie pourront-ils entrainer une prise de conscience et une baisse salutaire de la natalité ?

Prendre aux riches pour donner aux pauvres – Une fable !

C’est un slogan universellement entendu, et qui « fleuri sur les ronds-points » en cette période agitée. Pour beaucoup c’est la panacée, l’arme ultime de la justice sociale.

Il est évidemment extrêmement choquant d’envisager certain de nos concitoyens vivant dans de luxueuses villas, alors que d’autres (plus nombreux) se trouvent confinés dans de petits et misérables logements insalubres (quel que soit la justification que l’on peut donner à cette inégalité).

J’ai eu l’occasion de montrer comment cette affirmation est erronée et relève du plus pur populisme. Pour le débat, restons en France.

  1. Supposons une personne très fortunée avec, disons, un capital de 30 milliard d’euros. On est là sur la première fortune de France. Ce capital lui assure, bon an mal an, un revenu après impôts, si elle en paye, d’environ 400 millions d’euros (à la louche !)
  2. Supposons maintenant que l’on « spolie » cette personne de son capital (comme on l’a fait pour les juifs, pour l’aristocratie Russe par exemple). L’état se retrouve avec un revenu de 400 millions d’euros à répartir entre environ 40 millions de Français, soit environ 10 euros par Français et par an
  3. Supposons que la « razzia » s’étendent aux 200 plus gros possesseurs de la nation, pour un capital total de 300 milliards d’euros. Le revenu à répartir serai d’environ 100 euros par an et par Français, soit à peu près 8 euros par mois. Voilà qui ne va pas bouleverser la vie de nos concitoyens (à l’exception de ceux qui ont été spoliés)
  4. Parlons maintenant du capital qui reviendrait à la nation, environ 300 milliards d’euros. Il est principalement formé de parts de sociétés et de placements dans des fonds d’investissement. C’est ce capital qui assurerai aux français ce petit revenu de 8 euros par mois.
  5. Pour redistribuer de capital l’état Français devrait avant tout le céder pour obtenir les liquidités nécessaires à la redistribution. Malheureusement ce capital ayant été confisqué par l’état Français aucun investisseur ne sera soucieux d’en acquérir la moindre part sachant que ce qui est arrivé une fois ne peut que se reproduire et que devenir propriétaire d’un bien qui risque fort d’être confisqué dans un avenir proche n’est pas motivant. La valeur marchande de ce capital est quasi nulle.

D’autre part il n’y aurai plus en France aucun acheteur potentiel puisqu’on aurai décapité les grandes fortunes. Le seule solution serai de brader à très, très bas prix les fleurons de l’économie Française à  des investisseurs étrangers. Une totale catastrophe qui couterai, à terme, aux Français bien plus de 8 euros par mois ! Les riches ne sont pas assez nombreux. Il est vrai que si ils étaient nombreux on ne pourrai plus les considérer comme riches.

Bien sûr on pourrait descendre encore plus bas le seuil de « spoliation » et l’étendre aux classes moyennes. Ceci amènerai un peu plus de revenus à distribuer aux plus pauvres et on pourrait atteindre un niveau de redistribution de 10 à 12 euros par mois, à condition d’augmenter très largement le nombre des « spoliés ». On est très proche de « la dictature du prolétariat » avec les conséquences que l’on connaît.

Ajoutons que cette politique de redistribution forcenée nuirait à la capacité d’investissement dans les entreprises car, ce sont les riches qui investissent et ce ne sont pas les 10 euros distribués à chaque Français qui seront réinjectés dans l’économie (il serviraient plutôt à acheter des produits chinois). L’économie Française déclinerai assez rapidement pour devenir vite moribonde. C’est par ce processus de redistribution à tout va  et donc de sous-investissement que Hugo Chavez a ruiné son pays et conduit le Venezuela à la crise humanitaire, sociale, et économique qu’il connaît aujourd’hui.

Convenons que mon analyse est très schématique et discutable dans sa forme. Cependant je la crois juste sur le fond, d’autant qu’elle est étayée par des expériences déjà vécues. (révolutions Française, Soviétique, Chinoise, Cubaine, Bolivarienne/Venezuela, …). Gardons-nous des solutions populistes simplificatrices à l’excès. On ne commence pas une telle lutte contre les inégalités (car c’est bien de lutte légitime dont il s’agit) en se tirant une balle dans le pied.

PS. Évidemment je n’ai même pas envisagé la riposte des plus riches consistant à s’expatrier, investir à l’étranger, ou délocaliser leurs entreprises .Et de plus l’isolement de la France sur le plan international serai total ! Bonjour les dégâts.

PPS. On a toujours vu, après chaque « révolution populaire » après élimination de la classe dominante émerger une nouvelle classe de « riches » issue des classes populaires qui ont fait la révolution. Ces « nouveaux riches » ont exactement le même comportement que les « anciens riches » ! Il n’y a pas deux catégories d’individu, les riches et les pauvres, il s’agit d’une même espèce « Homo sapiens ». On reproche au riches d’en vouloir toujours plus, mais on constate que les pauvres, c’est bien naturel, en veulent également toujours plus.

Les pauvres ne sont que des riches sans argent, c’est par ce biais qu’il faut juger des inégalités

Les réseaux sociaux, une illusion de démocratie

Il existe, dans nos civilisations plusieurs freins à l’expression des classes populaires et les moins cultivées

  1. L’expression orale dans notre univers complexe suppose un certain niveau de connaissances, un capacité d’analyse et de synthèse, une gymnastique dialectique que l’on ne peut acquérir que par l’éducation, l’instruction. Ce n’est pas un hasard si dans notre monde politique ou la dialectique règne en maitre les représentants de la nation sont généralement issus des grandes écoles (ENA, Science-po, magistrature…). C’est un univers dans lequel les classes populaires ne peuvent trouver leur place faute d’arguments structurés pour faire valoir leur point de vue.
  2. Le « bien-pensant », le « politiquement correct », la peur du jugement des autres, la crainte de se sentir ridicule ou impuissant, bloquent l’expression de ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans le discours.

Les réseaux sociaux ont fait sauter tous ces verrous et libérés la parole commune

  1. Parce que l’on peut s’y exprimer sans craindre la contradiction et donc sans crainte de voir démolir ses arguments par un interlocuteur plus habile ou mieux informé.
  2. Parce que l’anonymat protège du ridicule et que chacun peut s’y exprimer sans crainte de voir écorner son image.

Voilà les points positifs que l’on peut attribuer aux réseaux sociaux. Malheureusement tout bonheur à son revers et nos réseaux ne font pas exception à la règle.

  1. L’absence de débat contradictoire permet d’exprimer n’importe qu’elle opinion, de diffuser n’importe qu’elle information sans qu’elle puisse être discutée, tempérée, ou réfutée. C’est donc le terrain de prédilection pour la diffusion de fausses nouvelles, d’opinions extrêmes qui seraient censurées dans les média classiques. C’est donc le moyen de communication des « lanceurs d’alertes » mais aussi de tous les recalés de la société dont la rage destructrice trouve ici un écho sans obstacle.
  2. Ces réseaux paraissent être un vaste forum ouvert dans lequel les opinions diverses peuvent se télescoper, se confronter. Il devrai s’en dégager une opinion, plus ou moins, consensuelle et respectueuse de notre démocratie

En fait il n’en est rien. La structure même de ces réseaux basés sur la notion virtuelle « d’amis » fait que les informations vont circuler dans un cercle fermé (si large soit-il) d’amis présentant des caractéristiques culturelles, des affinités voisines. L’information contradictoire circulera dans un autre cercle « d’amis » tout aussi homogène en affinités et culture. De ce fait la confrontation des idées n’aura jamais lieu et ce qui devrait-être un forum ouvert ne sert qu’à conforter chacun dans ses idées. Les réseaux ne sont pas une zone de débats mais une zone de propagande (information ans contradiction) pour des groupes fermés.Compte tenu des ce qui précède les réseaux sociaux sont le point de rencontre de tous ceux en recherche d’absolu, les jeunes ouverts, influençables et donc facile à manipuler, les radicaux de tous poils (Extrêmes droite et gauche, radicaux islamistes, propagande internationale). Les « recruteurs » y trouvent à la fois le public (proie) qu’ils recherchent et le terrain sur lequel ils peuvent avancer leur argumentation sans contradiction dans un univers déjà acquis.

Les réseaux sociaux qui auraient dut être le lieu de convergence des opinions, de confrontation des idées dans un vaste forum ouvert sont devenus un ensemble de sous-réseaux fermés, sans communication les uns avec les autres. Chacun de ces petits réseaux fonctionne en vase clos, limités à des abonnés de même couleur idéologique. Chacun peut y conforter ses opinions aux contact de ses « amis » qui pensent comme lui et ainsi renforcer les certitudes qu’il avait initialement. Qu’il s’agisse de réseaux à visées politique, religieuse, culturelle, sportive, éducative, d’échange de banalités par les jeunes, ou autres ils sont un lieu de renforcement des certitudes.

Loin du forum ouvert, ces réseaux deviennent un lieu de sclérose des opinions, de renforcement des certitudes absolues, de radicalisation, d’uniformisation dans un cercle.

On ne progresse dans la « sagesse » qu’en se confrontant aux opinions différentes. On ne progresse que par la remise en cause de ses certitudes.

PS : J’ai connu une expérience analogue dans un autre cercle fermé en relation, la communauté scientifique. Un chercheur avait dans ses recherches démontré une certaine propriété. D’autres avaient utilisé ce résultat pour s’en servir dans leurs propres travaux, si bien que dans de nombreuses publications ce résultat était validé. Il était devenu, par le fait, un sorte de vérité avérée par sa notoriété dans la littérature scientifique. Il s’est, par la suite, révélé que ce chercheur avait fait une erreur (ce qui est fréquent dans la recherche !) et que cette apparente vérité n’était qu’une sorte de « fake news ». Il faut toujours se méfier et la notoriété n’est bien souvent pas un critère de vérité.

Nos députés sont-ils « hors sol »

C’est devenu une forme de « leitmotiv » entonné par tous les biens pensants pour expliquer la crise actuelle de la représentativité de nos élus.

Faisons un petit rappel constitutionnel. En France les députés ont un mandat dit « représentatif », ce qui signifie que bien qu’élus dans une circonscription chaque député représente l‘ensemble des citoyens Français. Ils n’ont aucune responsabilité vis à vis des électeurs de la circonscription dans laquelle ils ont été élus. Ils n’ont, en principe, aucune légitimité dans ce qu’ils appellent « leur circonscription ».

Pourtant ils agissent et sont actifs sur le plan local, et ce pour deux raisons principales

  1. Pour des raisons purement clientélistes et électoralistes. Car s’intéresser à la vie locale dans leur circonscription est un gage de satisfaction des électeurs et donc de réélection.
  2. Parce que, étant amenés à voter des lois qui ont des répercussions purement locales ils sont amenés à « prendre le pouls » de leur territoire pour prendre connaissance des désidérata de leurs électeurs.

Le problème vient de notre structure de décisions. Des députés représentant l’ensemble des citoyens sont amenés à prendre des décisions « régaliennes » ce qui est parfaitement logique, mais également à prendre des décisions touchant des territoires locaux, des populations ciblées (en général dans certaines régions). C’est dans ce deuxième volet que leur rôle devient pour le moins ambiguë. Nos députés ne sont pas « hors sol » mais plutôt amenés à légiférer sur des questions un peu hors de leurs compétences. On ne peut avoir un mandat national (régalien) et être impliqué dans des décisions purement locales. Il y a donc une contradiction dans nos institutions.

Les décisions régaliennes devraient être du ressort des députés (représentant l’ensemble de la nation) et les décisions locales devraient être du ressort des représentants locaux.

C’est tout simplement le problème de la décentralisation qui est ici posé.

Nos institutions sont, dit-on, un mille feuilles. Je dirais plutôt qu’elles sont un mille feuilles sur lequel aurait roulé un camion.

Non seulement nos institutions sont constituées de strates multiples et partiellement indépendantes, mais les dites strates s’interpénètrent et se mélangent.  Les députés empiètent sur les autorités locales, les préfets également, les conseils régionaux, généraux, maires, communautés de communes, métropoles agissent sur les mêmes territoires en ordre dispersé. Il en résulte paralysie ou lenteur, pagaille, gabegie, et incohérence dans les politiques. Bien sûr dans cette confusion chacun défend son « pré carré » et son petit pouvoir local. Chacun prône la décentralisation (qui lui donnerai du pouvoir local) mais chacun la combat (car elle risquerai d’écorner sa position de petit chef).

Un des avantage de la décentralisation serai de rapprocher les décisions de ceux qui les subissent, ce qui serai dans « l’air du temps ». De ce fait, de nombreux problèmes qui divisent la nation auraient une portée plus régionale, et seraient donc moins impactant. De plus l’homogénéité dans une région étant plus forte que dans une nation les problèmes surviendraient moins fréquemment et avec une moins forte intensité. Évidemment, la difficulté est de définir quel niveau de décentralisation on souhaite. Doit-on donner une certaine autonomie aux régions ou faut-il aller vers un état fédéral ? et, dans ce dernier cas dans quel mesure abandonner notre « jacobinisme national » et accepter que les diverses régions ne fonctionnent pas de façon identique, que certaines politiques, certaines législation puissent différer d’une région à l’autre.

Il paraît certain que des décisions concernant par exemple la chasse ou la pêche n’ont pas à être prises au niveau national mais en fonction d’impératifs locaux. Les filières éducatives, les politiques industrielles sont liées à des conditions socio-économiques régionales et la région Provence Cote d’azur n’a, en la matière, pas les mêmes besoins que la région Lyonnaise par exemple. Pourquoi des électeurs du nord de la France ou de Bretagne prendraient-ils part à une décision concernant uniquement la Corse ? Une décentralisation conduit à des décisions mieux adaptées aux nécessités et donc plus acceptables.

Une décentralisation, outre les problèmes d’ego et de pouvoir des dirigeants en place, pose les questions du partage des pouvoirs et des responsabilités (donc des charges) , de la collecte des recettes, donc des budgets nationaux et régionaux

Un squelette, d’une structure simple et qui ne bousculerai très peu notre structure administrative (mais qui bousculerai beaucoup nos institutions), serai d’avoir :

  1. Une structure nationale, avec le président de la république, le gouvernement et les parlementaires, en charge des questions régaliennes (pouvoir législatif, exécutif national, armée, police nationale, coordination européenne, affaires étrangères, coordination avec l’Europe, coordination entre les régions, …  ) et dotée d’un budget national.
  2. Des autorités régionales (conseils régionaux, généraux, municipaux) Chargées de l’administration régionale, dont les compétences dépendent du degré de décentralisation souhaitée et dotées d’un budget régional.
  3. Une fonction (préfets) en charge de la liaison entre le pouvoir central et le pouvoir régional.

Tout ceci représente un immense chantier semé de milles embûches et suppose donc une volonté farouche d’y parvenir (ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent). Néanmoins le rejet des administrations centralisées est tel que nous nous verrons obligés d’agir en ce sens. Plutôt que de subir les événements précédons les. Voilà l’occasion de lancer un grand débat national qui permettrai à chacun de se forger une opinion, de peser le pour et le contre de la décentralisation. L’opinion publique est lente à se cristalliser, il lui faut du temps pour s’acclimater à une idée, et le brassage des suggestions est le terreau ou elle se construit. Avant de proposer une idée, quelle qu’elle soit, il faut préparer les citoyens à la recevoir.

Les paradoxes du grand débat national

  1. La démocratie participative. On invente un grand débat pour remettre le citoyen au cœur des décisions gouvernementales car on ne croit plus dans la démocratie représentative. Pour cela on organise, un peu partout, des réunions, des cahiers de doléances, et on recueille des millions de critiques, suggestions, propositions issues directement de la volonté des citoyens. Il faut maintenant traiter cette masse d’informations pour en faire un matériaux utilisable. Pour cela on organise des groupes de concertations au niveau départemental, régional, chargés de réunir les données, de les organiser, de les sélectionner, et d’en faire une première synthèse. Ces premiers rapports seront transmis à d’autres groupes moins nombreux, peut-être au niveau régional pour réaliser une synthèses des rapports précédent, et fournir à un dernier échelon l’ensemble de ces travaux pour élaborer le rapport final qui sera transmis à l’exécutif pour construire un plan d’action dans le domaine du réalisable. C’est tout à fait fascinant car on vient de réinventer la démocratie représentative en remplaçant des représentants élus par des représentants plus ou moins désignés ou auto-proclamés. Il est certain que dans ce processus les propositions viennent de « la base » et ne sont plus laissées au bon vouloir des représentants. Tout cela ne remet pas du tout en cause la démocratie représentative (au contraire cela la conforte), mais plutôt les rôle que jouent (ou plutôt que ne jouent pas) les représentant élus qui défendent plus leurs propres idées et intérêts que l’intérêt général.
  2. Une fiscalité plus juste. C’est une revendication bien légitime en soi, et personne dans l’hexagone ne peut s’afficher contre une participation plus juste à l’effort national. Mais qu’entend-t-on par plus juste ?
    Une première vision de la justice serai que chaque citoyen paye le même montant absolu d’impôts et de taxes. C’est évidemment irréaliste car cela amènerai les bas revenus à payer plus d’impôts qu’ils ne perçoivent en salaires.
    Une autre approche de cette justice serai que chaque citoyen paye sur son revenu le même pourcentage d’impôts et taxes. Là encore l’état ne pourrai en aucun cas collecter suffisamment de recettes pour financer une redistribution qui nous paraît légitime.
    On pourrait évidemment conserver le système de collecte et de redistribution actuel, mais, manifestement, il ne donne pas satisfaction.
    Reste alors à augmenter la contribution des plus riches pour mettre la redistribution au niveau souhaité par les citoyens. Cela conduirai les plus riches à travailler pour acquérir des richesses pour les redistribuer aux autres. Bien sûr ce n’est pas des plus motivant. De plus, même en confisquant quasi tous les revenus des plus riches on n’arriverai pas à un niveau de redistribution satisfaisant. En effet les riches sont très riches, mais malheureusement ils sont peu nombreux, et leurs revenus saupoudrés sur l’ensemble de la population aurait un effet très limité. De toutes façons cela représenterai une notion de la justice plutôt partisane !  
    On comprend que la notion de justice est relative. « est juste ce qui est bon pour moi ! »
  3. Le pouvoir d’achat. Les Français se plaignent de la baisse du pouvoir d’achat alors que tous les chiffres montrent que celui-ci n’a cessé de croître ces dernières années. C’est évidemment parce que la mesure du pouvoir d’achat envisagée par les « technocrates statisticiens » et par les populations est différente. Pour les « statisticiens » la mesure du pouvoir d’achat se fait par comparaison ente le revenu disponible des ménages et le cout d’un « panier » standard représentatif de leurs consommations. Pour le citoyen la comparaison se fait entre la capacité d’achat du revenu des ménages et le désir d’achat de ces ménages. La naissance de nouveaux désirs, de nouveaux besoins, étant plus rapide que la croissance des revenus le citoyen à une perception négative de l’évolution de son pouvoir d’achat, alors que le « statisticien » en a une vision positive.
  4. La réforme de l’état. Il est nécessaire de « réformer l’état ». C’est un vieux débat. On est passé du régime des pharaons à la démocratie Athénienne, puis sous la domination Romaine à la monarchie, puis la république, puis l’empire. En France successivement des royautés mérovingiennes, aux Carolingiens, aux Capétiens, aux Valois, aux Bourbons. Ensuite est venue la république, puis le consulat, l’empire, la restauration de la monarchie, encore l’empire, puis les diverses républiques contemporaines. Voilà bien des réformes en profondeur de l’état. Louis XIV disais « l’état c’est moi » mais de nos jours l’état c’est nous, vous, moi. C’est pourquoi si on a pu souvent réformer les institutions ont n’a jamais réformé l’état. La véritable reforme de l’état supposerai une évolution des mentalités, une prise de conscience par la population du rôle qu’on veut faire jouer à l’état, un long débat philosophique qui passerait par-dessus la tête de nos concitoyens. Continuons donc à bricoler autour de la constitution et n’attendons pas de remise en cause fondamentale de nos institutions.
  5. La désertification des campagnes. C’est un sujet sur lequel il y a beaucoup à dire. Je passerais sur la polémique sur la vie des privilégiés dans les métropoles et des défavorisées dans les campagnes. Il suffit de questionner les personnes vivant en zone rurale en leur demandant « aimeriez-vous vivre à Paris ? » la réponse vient très vite : « certainement pas ! ».
    Les maires se lamentent en voyant leurs centre-ville désertés par tous les commerces et en appellent au gouvernement pour réparer la casse. Se souviennent-ils qu’ils ont avec empressement donnés les autorisations aux investisseurs pour implanter des centres commerciaux en périphérie de leurs villes en échange de promesse de création d’emplois. En fait d’emplois tous les petits commerçants ont fermé boutique et des emplois de petits patrons et petits artisans qui rapportaient à l’économie locale ont été remplacés par des emplois de caissières et de manutentionnaires qui rapportent à des grands groupes financiers qui réinvestissent  dans d’autres régions voire à l’étranger.
    Quant aux populations de ces régions désertées ce sont elles qui boudent les commerçant locaux pour aller s’approvisionner dans les grandes surfaces. Ce sont elles qui font ce choix librement. Il est certain que cette désaffection pour les centres villes entrainent (effet boule de neige) la perte d’attractivité pour la ville, la disparition progressive des services, etc. etc.
    Les doléances des maires et des populations à ce sujet sont pour le moins paradoxales.
  6. Conclusion. En dépit de tous ces paradoxes ce genre de manifestations populaires est loin d’être inutile. Elle brassent les idées, mets les citoyens face à leurs responsabilités, et à terme (si ce genre d’initiative se généralise) pourrai concourir à développer l’esprit critique (et non pas l’esprit de critique) qui fait défaut à nos concitoyens. Par contre, à court terme, ces débats risquent d’être générateurs de frustrations, chacun ne pouvant comprendre que ses désirs ne soient pas pris en compte dans l’immédiat.

  7. Dommage que ces initiatives ne soient partie intégrante de notre scolarité pour nous amener à l’âge adulte avec un solide esprit critique.

Le « peuple » a-t-il toujours raison

Les populistes de tout bord entendent donner le pouvoir au peuple, et certain vont jusqu’à affirmer « le peuple a toujours raison », et pourtant :

Le peuple a porté Hitler au pouvoir en 1933 en le recevant comme le sauveur de la patrie. Pourtant il le connaissait de longue date. Jusqu’en 1934 « le Führer » s’est efforcé d’éliminer les communistes (la peste rouge) avec l’assentiment de la nation. Il à ensuite éliminé les sociaux-démocrates, leaders de la république de Weimar, considérés à l’époque comme, traitres, et corrompus. L’opinion publique a applaudie. Puis est venu le tour des Juifs, brimés, agressés, spoliés, puis déportés et enfin exécutés, toujours avec le plein accord (au moins tacite) des Allemands (puisque les juifs étaient la gangrène qui minait la société Allemande). Enfin l’annexion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, l’invasion de la Pologne, … et on connaît la suite : Plus de 40 millions de morts. On peut dire que le peuple Allemand n’a pas fait le bon choix !

Staline, le « petit père du peuple » a été adulé par la population Soviétique qui a payé lourdement le prix de sa politique dictatoriale … encore un mauvais choix !

Mao, « le grand timonier », venu au pouvoir avec la révolution Chinoise, et dans l’euphorie du renouveau, a inondé la Chine du sang de ses compatriotes (déportations, Gardes rouges ) et déclenché la famine la plus meurtrière (grand bond en avant) : « La chine était au bord du gouffre, mais nous avons fait un grand bond en avant ! ». La Chine n’a repris son véritable essor économique qu’avec la mort de « Mao ». Le peuple s’est une fois de plus fourvoyé !

La population Française a plébiscité Le maréchal Pétain en 1940 avant de le condamner à mort en 1945 ! Bravo pour le peuple et sa clairvoyance !

Suite aux attentats sur les tours du World Trade center le peuple Américain c’est embarqué fleur au fusil dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak créant dans le moyen orient une situation de conflits mortels dont nous ne voyons plus le bout. Encore une fois l’opinion du peuple a conduit à la catastrophe.

Récemment le peuple Britannique s’est déclaré pour le Brexit. On ne sait pas encore ou cela peut le mener, pour le moment la situation est sombre, le pays fracturé, l’économie atteinte. L’avenir dira si le choix était bon, mais pour le moment il est pour le moins douteux.

On pourrait multiplier à l’infini les exemples ou l’opinion public c’est lourdement trompée. La plus part des dictatures se sont installées sous les bravos des populations ou en tous cas avec, au moins, leur approbation tacite. Le peuple Iranien a chassé le « shah d’Iran » pour mettre à sa place un régime guère plus recommandable. Hugo Chavez n’a pas apporté a son peuple la paix et le bonheur qu’il attendait

Ceci qui est frappant c’est qu’ à chaque fois, avec le recul de l’histoire, le peuple s’aperçois qu’il s’est trompé, brule les idoles qu’il a adulés (Hitler, Staline, Mao, Pétain) et tout récemment le peuple Britannique « vire sa cuti » sur le Brexit.

Lors des élection présidentielles en France (soit dit en passant au suffrage universel) on a élu plusieurs présidents (de Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron) à chaque fois, après une période d’euphorie le peuple a désavoué son choix et tous sont partis sous les lazzi de ceux qui les avaient choisis.

L’avis du peuple est un outil extrêmement dangereux. Celui-ci  réagit de façon affective et sans analyse raisonnée aux événements auxquels il est confronté. Il bondit sur son premier sentiment avant toute réflexion. L’exemple type de cette réaction instinctuelle est le référendum. Le peuple ne répond jamais à la question qui lui est posée mais y trouve un « défouloir » pour exprimer son anxiété. Il utilise ce genre de scrutin pour mettre en avant ses idées ou ses désirs sans jamais répondre à la question qui lui est posée

 C’est par le biais du populisme que se sont installées les principales dictatures. Un groupe animé par un leader populiste s’empare des émotions de la population, la caresse dans le sens du poil, et l’entraine dans une utopie programmée. Immédiatement il est porté aux nues, attendu comme « le messie », et accède au pouvoir. Avec le temps la réflexion se fait, l’utopie s’estompe, et la réalité fait surface. Malheureusement il est souvent trop tard et le régime a installé, avec l’assentiment des populations, un état policier qu’il devient très difficile de déboulonner. Il faudra au peuple une longue prise de conscience, beaucoup de douleur et de sang pour renverser le dictateur qu’il avait choisi avec enthousiasme.

Les grandes « actions du peuple » conduisent généralement (pas toujours heureusement) à la violence. Elles justifient la « manière forte », et même souvent la réclament. Inutile de dire comment après ces « révolutions populaires » s’instaure un régime fort tant les exemples sont nombreux.

Alors cessons de croire que « le peuple » a toujours raison (justement parce qu’il réagit hors de toute raison). C’est la grande faiblesse de la démocratie de postuler que la raison du plus grand nombre soit toujours la meilleure. Dans tous les cas la meilleure solution reste celle qui fournit les résultats au plus près de l’attente, qu’elle soit plébiscité ou non, … mais c’est une version très « élitiste ».

Les citoyens sont souvent de braves gens, le « peuple » est une furie éternellement assoiffée.

Comment concilier les aspirations très légitimes des population avec le choix des meilleurs solutions, concilier les besoins affectifs avec les solutions raisonnées, c’est le dilemme qui se présente à nos dirigeant politiques, quel qu’ils soient, et je ne crois pas que l’on ai trouvé à leur actuelle mieux que la démagogie car la démocratie ne semble plus appréciée. C’est dire s’il nous reste beaucoup à inventer !

Vécu objectif et ressenti d’un événement

C’est l’erreur des technocrates de croire que les événements tels que analysés selon des critères objectifs et rationnels sont vécus de la même façon par les individus.

La première évidence et qu’un événement public peut être vécu très différemment par divers individus (en fonction de leur culture, des circonstances, du contexte) alors qu’il sera interprété de façon univoque sous forme de statistiques ou d’analyse rationnelle.

On peut dire que le vécu d’un événement ne représente jamais cet événement en termes de réalité objective, mais qu’il est le fait de la confrontation du fait avec l’individu qui l’observe (encore u clin d’œil à la théorie de la relativité ou un événement n’est plus un fait en soi, mais l’observation d’un fait par un observateur)

Ceci  remet en cause tous les principes de réalité. Un événement n’existe que s’il est observé (en tant que tel ou dans ses conséquences). Il en résulte qu’un événement ne peut exister en dehors de la perception qu’en ont les observateurs et que sa réalité propre ne peut être apprehendée ou n’existe pas (ce qui revient au même).

Les Français se plaignent de la baisse du pouvoir d’achat alors que tous les chiffres montrent que celui-ci n’a cessé de croître ces dernières années. C’est évidemment parce que la mesure du pouvoir d’achat envisagée par les « technocrates statisticiens » et par les populations est différente. Pour les « statisticiens » la mesure du pouvoir d’achat se fait par comparaison ente le revenu disponible des ménages et le cout d’un « panier » standard représentatif de leurs consommations. Pour le citoyen la comparaison se fait entre la capacité d’achat du revenu des ménages et le désir d’achat de ces ménages. La naissance de nouveaux désirs, de nouveaux besoins, étant plus rapide que la croissance des revenus le citoyen à une perception négative de l’évolution de son pouvoir d’achat, alors que le « statisticien » en a une vision positive.

Les Français ont une grande crainte du terrorisme et des terroristes, pourtant celui-ci n’a fait «  que » 10 morts en 2018, alors que le mouvement des « gilets jaunes », plutôt sympathique à l’opinion publique en a causé 11, et que les accidents de la route, considérées avec un certain détachement en ont causé environ 3000 ! Il n’y a aucune corrélation entre le sentiment d’insécurité ressenti et le risque réel auquel on peut être exposé. A tel point que la limitation de vitesse à 80 km/h est ressentie comme une atteinte à la liberté, alors qu’elle pourrait, en toute objectivité, sans doute éviter bien des morts sur la route.

La preuve que l’opinion publique est agité par des réactions irrationnelles est qu’elles peuvent être extrêmement variable dans des temps très courts.

Il y a encore peu la crainte majeure des Français était le chômage. Les attentats du Bataclan et de Nice ont déplacé cette priorité sur la crainte du terrorisme et la polémique sans fin sur les « fichiers S ». Puis est venu le mouvement des « gilets jaunes » qui a entrainée l’opinion public vers la notion de « pouvoir d’achat ». Exit le terrorisme et personne ne s’offusque que l’ensemble des forces de police et gendarmerie soient maintenant focalisées sur le maintien de l’ordre, la poursuite des « casseurs » et la sécurisation des lieux publics. Place libre aux terroristes pour préparer leurs prochaines attaques.

Plus troublant encore est que l’ensemble des revendications actuelles portent sur une contribution massive de l’état au soutien de la consommation au détriment de l’aide à l’emploi, et par conséquences à la lutte contre le chômage. Dans les priorités des Français le chômage et maintenant passé en 8ème rang.

On voit que les priorités de nos compatriotes fluctuent de façon irrationnelles et sans rapport avec les dangers réels liés à ces trois thèmes qui eux sont restés à un niveau de risques sensiblement invariants durant toute cette période. Il y a une nette dissociation entre les risques encourus et le sentiment d’anxiété vécu.

Ceci pose une difficulté au niveau  des décisions politiques. Faut-il calmer les angoisses de la population en servant le « sentiment » du risque, ou apurer la situation en gérant le risque « réel » ? La démagogie, le populisme imposent de satisfaire les attentes morbides de la population, quitte à prendre des mesures aussi spectaculaires qu’inutiles (elles doivent être surtout très visible), et à laisser de coté les mesures nécessaires (qui aux yeux des citoyens paraissent des mesures inutiles). Le choix est délicat car qui ne propose pas les mesures rassurantes sera rejeté par la population comme refusant de voir et d’aborder les vrais problèmes

C’est à cela qu’on mesure combien la décision politique est compliquée, et combien la politique est un arts plus qu’une science.

La démocratie est-elle encore démocratique

Il y a peu de temps (après les émeutes de banlieue) on stigmatisait les « racailles », ces gamins sans éducation qui ne pensaient qu’à détruire, bruler les voitures, caillasser les flics, racketter les populations  et imposer leur domination dans des zones de « non droit ». On à même presque fait l’éloges des « dealers » qui pour préserver leur business s’efforçaient de conserver une certaine paix sociale (comme le font les dirigeants de pays développés en arrosant les dirigeant Africains ou autres pour qu’ils conservent leur pays en paix – par tous les moyens- et permettent ainsi l’exploitation tranquille des richesses minières ou pétrolières)

Puis est venu le tour des « zadistes », pseudo écolo anarcho gauchiste qui prétendaient imposer leur loi sur « leur territoire » et s’opposer à des décisions prises par l’unanimité de nos représentants. Barricades, bagarres de rue, et caillassage de flics.

Viennent maintenant les « gilets jaunes », autre groupe informel et protéiforme qui décide de bloquer la circulation, l’accès à des zones commerciales, aux autoroutes, et s’autorise à piller, saccager, … et bien sûr, c’est un incontournable caillassage de flics.

Mélenchon a bien sûr soutenu les »gilets jaunes » et les « zadistes », mais pas les « racailles » … quand même ces arabes pourraient se tenir à leur place.

Dans ces trois mouvements, beaucoup de points communs, la difficulté à s’intégrer dans un système social très inégalitaire (même si la France est l’un des pays les moins inégalitaires dans le monde) entrainant une sorte de dés errance sociale, et bien évidement la forme d’action, commandos guérilla, paralysie de l’activité, destructions des biens, et échauffourées avec la police. Les « gilets jaunes » ont largement dépassés la « racaille » et les « zadistes » dans l’exercice de la violence.

Mais le trait le plus marquant et le rejet des institutions. Ces groupes étant minoritaires dans le pays (et totalement incapable de s’unir) les institutions démocratiques ne leur permettront jamais d’imposer leurs idées. La tentation est grande de dénier toute démocratie et de choisir la voie de la force, la loi du plus fort pour atteindre leurs buts. (rappelons que la démarche de Daech est fondée sur les mêmes principes). Alors bien sûr se pose le problème de notre démocratie. Et pourtant tous ces groupes se réclament de la démocratie !

La démocratie est littéralement le « gouvernement par le peuple » ce qui en l’absence d’institutions représentatives peut confiner à l’anarchie. Pour éviter cette dérive on a pris l’habitude d’appeler démocratie un système politique dans lequel chacun peut exprimer ses volontés et dont les décisions sont prises à la majorité. Petit à petit avec « l’Ubérisation » de notre espace publique l’idée s’est faites que la démocratie était un système politique ou chacun pouvait exprimer ses volontés et où chacun était en droit de les voir se réaliser. En ce sens la démocratie avec son choix majoritaire est largement décriée, ce choix majoritaire étant considéré comme un autoritarisme totalitaire. On voit constamment des décisions démocratiques (c’est à dire prise par une majorité dans des instances représentatives) remises en cause, souvent de façon violente, par des groupes minoritaires. Un exemple très significatif est celui du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-landes (sans aborder le problème du bien-fondé ou non du projet) adopté par toutes les instances représentatives, confirmé par l’institution judiciaire, puis par un référendum populaire, remis en cause par une minorité active reniant tout processus démocratique au nom de la sacro-sainte démocratie.

La nouvelle vision de la démocratie serai une démocratie directe (sans passage par des corps intermédiaires représentatifs) ou chacun pourrai s’exprimer en son nom propre. Outre la complexité technique de cette prise de décision (Athènes avait 250.000 habitant dont seulement 40.000 votants, alors que la France compte 43.000.000 d’électeurs) due au fait que l’on prend en France des milliers et des milliers de décisions législatives ou administratives par an,  elle ne résous nullement le problème de la non reconnaissance du choix majoritaire.

Le problème de notre démocratie n’est pas facile à traiter. Peu de gens reconnaissent la démocratie et chacun veut « sa démocratie ». Ce phénomène d’ « Ubérisation » des volontés pose problème en tout les domaines. Chacun veut être maitre de son destin et responsable de ses décisions, chacun veut être son propre patron, et pourtant en cas de difficultés chacun se retourne vers l’état, vers la solidarité collective. On veut les avantages de la société sans en subir les contraintes.

C’est une équation que sociologues et économistes auront bien du mal à résoudre !

Une des solutions possible serai une décentralisation efficace en donnant au régions une véritable autonomie (sans oublier l’état central responsable des décisions régalienne). La France compte 13 régions métropolitaines et 5 régions d’outre-mer, la régionaliser sous forme fédérale pourrait largement alléger le problème de la décision avec dans chaque région un corps électoral plus homogène, des centres de décisions plus proche des citoyens donc un meilleur sentiment d’implication dans la gestion.

Au fond nos concitoyens ne veulent plus du « Jacobinisme » issu de la révolution Française, avec ce paradoxe qu’ils craignent que la décentralisation ne conduise à une inévitable distorsion inégalitaire entre les régions. Ils sont farouchement contre le « Jacobinisme » mais contre une décentralisation ou plutôt contre ses effets : « Et si les autres obtenaient plus que moi ! »

Décentraliser c’est accepter qu’une région ai de meilleurs services publiques au prix d’une imposition plus élevée, c’est accepter que l’éducation régionale (ex nationale) favorise plus les formations orientées vers le tourisme dans certaines régions alors que les formations scientifiques seront privilégiés dans une autre. On ne peut pas décentraliser et garder l’esprit Jacobin. On ne peut pas être libre et indépendant et vouloir en même temps être comme les autres. La liberté a un prix qu’il faut être prêt à payer.

L’art et son évolution entropique

L’Entropie

Le second principe de la thermodynamique stipule que dans un système isolé en évolution, l’entropie ne peut que croitre et l’énergie du système diminuer. L’entropie étant la mesure du niveau de désordre dans le système. Cette hypothèse est étayé par le fait suivant :

Tout système est composé d’un certain nombre d’éléments réunis en configurations. Les configurations organisées représentent une toute infime partie des configurations possibles. Toute évolution du système l’entrainera donc inévitablement vers des configurations sans organisation, vers le chaos, donc vers une entropie maximum.

Dans un système non isolé, en interaction avec l’extérieur, tout apport d’énergie peut contribuer, au contraire à l’entrainer vers ses formes les plus énergétiquement favorisées, donc les plus structurées. Cette entropie négative ou néguentropie a été théorisée par Brillouin et Schrödinger.

L’Art et L’Entropie

Lorsque l’on regarde l’histoire de l’art avec un certain recul on aperçois une nette évolution vers la déstructuration des œuvres réalisées par les créateurs.

L’art antique (gréco-romain) était très « canonique » régit par des règles incontournables tant dans les sujets représenté que par la forme des réalisations.

Après une période un peu en retrait au moyen âge ou la rigueur de l’iconographie religieuse était de mise, la renaissance à libéré l’art d’une partie de ses carcans. Les sujets étaient plus libre (tout en restant confinés à certains sujets bien particuliers) et l’expression se voulait très figurative bien qu’encore allégorique, raffinées dans les détails, et attachée à représenter un monde tel que l’on voulait qu’il soit. Le portrait représente d’avantage l’institution que l’homme, le costume plus que la personne. Les enfants sont le plus souvent négligés et horribles, les mains des personnages archétypales (fine aux doigts pointus pour les femmes, carré aux doigts forts pour les homme)

Avec l’apparition de l’impressionnisme l’art évolue encore vers moins de structuration. Les sujets son plus libre (paysages, sujets naturalistes, portraits de l’âme). La représentation picturale « explose » en touches discontinues, la lumière, l’atmosphère compte plus que le sujet lui-même.

Avec les « fauves », le cubisme, les constructivistes, le sujet disparaît devant l’impression graphique, oubliés la lumière et l’ambiance et place aux rythmes, à l’équilibre/déséquilibre des masses et des couleurs.

Avec l’art contemporain plus de freins n’existent. Tout peut être Art. La réalisation, l’œuvre comptent moins que la démarche. Je fais de l’art parce que je veux faire de l’art, c’est mon intention qui importe et non ce qui en résulte. Je ne fais plus appel à la raison, le visuel ne me suffit plus, il me faut m’exprimer par le son (audio) la matière, le mouvement (vidéo, art cinétique).

Progressivement on est passé de la raison vers des ressentis de plus en plus archaïques, la vie, l’ouïe, le toucher. On est passé du raisonné à l’émotion, du cognitif au sensible, du structuré au chaos. L’entropie n’a cessé de croitre Voilà une belle représentation du second principe de la thermodynamique.

Conclusion

Comment se fait-il qu’au cours de son histoire l’art est suivit les lois de la thermodynamique, comme tout système isolé ? Question qui mérite débat.

On ne peut dissocier l’art de l’artiste, et l’on s’aperçois que celui-ci à suivit une évolution parallèle à ses œuvres. Bien qu’ayant été, de tout temps, plutôt en marge de la société traditionnelle, un « poil » individualiste, l’artiste n’a pas toujours eu le statut qu’on lui connais aujourd’hui.

Je ne parlerai pas des artistes de l’antiquité car, personnellement, je ne connais rien sur leur statut et que je préfère me taire !

A la renaissance les artistes dépendaient de leur mécènes (Rois, Princes, Nobles) qui les nourrissaient en commandant leurs toiles. Cette dépendance empêche de les considérer comme un système isolé (puisqu’en relation avec leur environnement). Ils travaillaient souvent en « atelier » et ce n’est pas toujours « le maitre » qui exécutait l’ensemble de l’œuvre. Ceci n’avait pas d’importance car ni « la patte », ni « la pâte » du maitre n’avait à l’époque d’importance. L’art vivait donc, à cette époque, dans un univers assez structuré dans des règles, une structure sociale, organisées.

Progressivement l’art et les artistes s’individualisent. Ils conservent une certaines structure en se regroupant en chapelles, mouvements, équipes (Impressionnistes, Nabis, Fauvistes, Cubistes, Surréalistes, Constructivistes, Pop art, Street arts …). Mais ces chapelles sont de moins en moins soudées et petit à petit l’art et les artistes deviennent indépendant (on pourrai dire « Ubérisés ».

L’art doit sans cesse se montrer créatif, toujours innover, faire du neuf. La répétition, le « à la manière de » sont considérés comme une forme de plagiat. Pour continuer d’être créatif l’art et l’artiste doivent sans cesse se détacher des normes et règles existantes pour apporter du nouveau dans la création. Il leur faut donc renier les organisations existantes. Les artistes étant avant tout des individualistes, ils le feront sans s’orienter vers de nouvelles structures, sans vouloir de nouveau s’aliéner, dépendre des autres. Inévitablement l’art dérive vers le chaos (en suivant les lois de la thermodynamique !).

Nous sommes à une époque où l’art arrive « au bout du chemin ». Il a littéralement explosé toutes les structures, renié toutes les règles, il arrive au terminus de la trajectoire. Beaucoup d’artistes, à titre individuels on suivit le même parcours. Quand on a minimalisé son expression jusqu’à peindre un « carré blanc sur fond blanc » que reste-t-il devant soi sinon un mur ? … un mur blanc évidemment.

Les plasticiens on, malheureusement, oubliés un point essentiel. Dans l’art, les codes et le règles sont non seulement un support à l’élaboration d’une œuvre mais également le vecteur de la communication avec le public. C’est à travers eux que le spectateur va pénétrer dans l’expression de l’artiste, comprendre, apprécier et vivre l’œuvre. Pour échanger, communiquer, il faut de codes, un langage. A force de se dégager des règles, de refuser toute structuration, les artistes contemporains ont, sinon vidés leur production de sens, en tout cas coupés les éléments de langage qui permettaient la transmission d’une pensée ou d’une émotion. L’art est devenu stérile faute de moyens d’échange.

Il existe encore un public pour ce genre de travail. Quelques « bobos branchés » qui apprécient ce travail parce que d’autres l’on apprécié, sans ceux rendre compte que ces autres l’on appréciés parce qu’il pensaient qu’eux même l’avaient gouté. « J’aime ce que tu aimes parce que je pense que tu aimes ce que j’aime »

Tous les arts n’ont pas suivi cette évolution suicidaire. La musique par exemple. On ne peut nier que de Mozart au rappeur de banlieue il s’est  passé quelque chose. La musique a su évoluer en trouvant une nouvelle forme pour un nouveau public. Jazz, Rock, Pop, Folk, techno, rap, on trouvé leur forme populaire, pour un public populaire et par des artistes populaires. La musique a su se diversifier de l’expression la plus sophistiqué à la plus simple, de Schonberg, Boulez, à Dalida, Claude François, MC Solar, Maître Gims et autres.

La littérature a su avoir une approche similaire. La grande et belle littérature n’a pas occulté la collection Arlequin, Marc Levy, les « romans de gare » . Place à été faite à une littérature « intermédiaire » dont la saga Harry Potter en est l’exemple type.

Le théâtre c’est également diversifié depuis les grandes œuvres classiques, les pièces débat intellectuelle, jusqu’au comédies de boulevard

Les arts plastique se sont toujours voulut élitiste. L’œuvre doit être  unique, haro sur les reproduction ou les multiples, donc chère et réservé à une petite frange de la population, à un public restreint. Être fier d’avoir une pauvre « repro » d’un peintre célèbre dans son salon et le type même de la « beaufitude ».

Le street-art est bien une tentative de démocratiser l’art plastique. Elle est œuvre issue des milieux populaires, mais malheureusement appréciée des élites et non des classes populaires. Bien qu’issu du « peuple » elle n’intéresse guère le « peuple ». Quel employé des postes, quel petit artisan décorerait sa maison avec un Basquiat ?

Être créatif nécessite de s’affranchir des règles, mais s’affranchir des règles ne signifie pas forcément devenir créatif

Être un artiste isolé dans sa tour d’ivoire ne signifie ni être un artiste, ni être supérieur.