Archives de catégorie : Sociologie

Les études sociologiques

La langue Française, ses déboires, et ses avatars

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.

 

 

 

 

Le procès d’Abdelkader Merah, réflexions sur la justice

C’est un procès qui a fait couler beaucoup d’encre (encore qu’à la télé … l’encre !) et suscité de nombreuses polémiques. C’est en ça qu’il mérite qu’on s’y attarde.

Soyons clair, je n’ai jamais eu accès au dossier, ni assisté aux audiences. Je n’ai donc aucune légitimité à parler du fond, mais seulement de quel que grands principe de justice.

Rappelons que notre justice, en France, est fondée sur trois notions de base.

  • Tout prévenu est considéré comme innocent, tant qu’il n’a pas été jugé coupable (Ceci est vrai pour l’institution judiciaire, mais ne préjuge pas de ce que peut penser l’opinion publique).
  • Tout accusé a le droit à un procès équitable et à être défendu par un avocat.
  • Le doute profite à l’accusé, c’est à dire que l’on a choisi préférable de laisser libre un coupable plutôt que d’incarcérer un innocent. Ce choix n’est pas sans conséquences.

En ce sens les attaques contre l’avocat d’Abdelkader Merah (quel que soit l’opinion que l’on ait sur la personne de Me Dupont-Moretti) me paraissent un déni de justice. Admettre la cause « indéfendable » revient à considérer l’accusé comme coupable apriori, à privilégier la justice personnelle, celle de la rue, par rapport à la justice institutionnelle. Cela rejoint le vieil adage populiste « la rue a toujours raison » cher à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Non ! c’est la rue qui a plébiscité Hitler et Pétain, Staline et Mao, elle se trompe bien souvent.

Pour justifier de son intervention pour défendre l’accusé, son avocat avance : « Je ne défends pas une cause, une idéologie, mais un homme », par contre lorsque l’on parle du caractère, de l’idéologie, de la dangerosité d’Abdelkader Merah, il avance « on ne juge pas un homme, mais les faits qui lui sont reprochés ». Drôle de dialogue quand la défense défend l’homme et l’accusation attaque les faits !

Autre fait d’émotion, l’opinion publique (du moins sa part la plus populiste) a été privée du procès de Mohamed Merah et beaucoup on voulut faire du procès de son frère celui de l’assassin. Cet amalgame a été source de toutes sortes de dérives et comportement passionnels.

Par exemple lorsque l’avocat de la défense avance que le deuil de la mère de Merah vaut bien le deuil de toutes les mères (ce qui est vrai), l’opinion passionnée comprend que la situation globale de la mère de Merah vaut bien la situation globale des mères des victimes (ce qui est évidemment faux). Quand on est dans la passion et l’émotion on entend et on comprend ce que l’on a envie d’entendre et de comprendre. (Sans doutes que l’avocat de la défense en joue perfidement et provoque cette réaction pour montrer comment l’accusation se roule dans l’irrationnel et la soif de vengeance).

La complicité d’assassinat n’a pas été retenue contre Abdelkader Merah, non pas qu’elle est été éliminée mais parce qu’elle n’a pas pu être prouvée. C’est bien sûr une frustration pour les amoureux de la justice comme pour les assoiffés de vengeance. Mais c’est ainsi qu’est bâtie notre justice et il faut en accepter les règles et les limites. De ce fait Abdelkader Merah se trouve en accusation non plus pour des faits, mais pour ses opinions et ses fréquentations. Cette qualification des faits couvre pudiquement un « délit d’opinion » et une sorte de déni de la liberté d’expression. Il est poursuivi pour « association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste » ce qui de l’avis de tous les juristes est une appellation « fourre-tout » et donc « fourre-rien » qui permet toutes les interprétations. J’aurais préféré « incitation à la haine raciale » qui aurait mieux représenté la situation (telle que je la ressens) … mais les peines encourues auraient été plus faibles ! On n’a pas pu le coincer pour complicité d’assassinat on corrige les tir en lui infligeant 20 ans pour un autre motif. Je ne dis pas que le personnage ne mérite pas cette peine (je n’ai pas la connaissance du dossier suffisante pour me prononcer), mais j’ai l’impression que l’on est très « border line » vis à vis de notre conception de la justice. Le « twist » des règles pour obtenir ce que l’on souhait est un pas dangereux …c’est exactement ce que l’on reproche à l’évasion fiscale ! (Tourner les règles à son profit). Pourquoi ne pas inculper la mère d’Abdelkader Merah (qui semble très impliquée), Éric Zemmour, les nazillons qui gravitent autour du FN, les militants anti avortements, etc., etc., Le délit d’opinion n’a pas de limites.

La peur est toujours mauvaise conseillère, il faudrait ne pas céder à la panique et remettre « l’église au milieu du village ». Si on fait le bilan des morts inutiles :

  • La guerre : La seconde guerre mondiale a fait plus de 40 millions de morts, pour être aujourd’hui copains et solidaire de nos anciens ennemis
  • La cigarette : 60.000 morts par an en France
  • Les accidents de la route : 3.000 morts par an en France
  • Les accidents du travail : 500 morts par an en France
  • Le terrorisme : environ 1OO morts par an En France, bien que très irrégulier et en progression

Au risque de heurter l’opinion (un risque qui me paraît une certitude !) je dirais que le terrorisme n’est pas le plus grand des dangers qui nous guettent. Eliminer les « va-t-en-guerre », les nationalistes, les chauffards, les lobbies (tabac, alcool, agro-alimentaires, …) sauverait bien plus de vie que l’éradication du terrorisme

 

Il faut se garder des jugements injustes, qu’il soit le fait de décisions judiciaires ou moraux. Ils font le lit de nos adversaires qui peuvent se targuer d’être nos victimes … ce qui est pour le moins paradoxal. Ils basent leur propagande Le terrorisme et les terroristes progressent assez rapidement en nombre et en radicalité. Ils recrutent plus de nouveaux adeptes que nous n’en éliminons. Pour le moment nous perdons du terrain. Il faut donc se remettre en cause et envisager une autre approche du problème

 

La solidarité : Une notion qui « fout le camp »

L’homme, à l’état individuel est libre de ses actes, mais il est toujours menacé. Il trouve toujours plus fort, plus malin, plus retord que lui. Pour faire face aux danger l’homme a décidé de mutualiser ses ressources et de se constituer en sociétés. L’objet de ces communautés est donc avant tout de mettre en commun les forces disponibles pour s’unir contre toutes les attaques. Dans toutes les sociétés est née la notion de solidarité qui garantit à chacun le secours des autres en cas de problèmes.

Les morales développées dans les sociétés, qu’elles soient d’origine religieuse (morale révélée issue de Dieu) ou athée (morale issue d’un consensus social) ont toutes prônée l’entraide, le partage, la réciprocité des droits et des devoirs vis à vis des dangers venant de l’extérieur. La solidarité est plus qu’une valeur morale universelle, elle est un incontournable des sociétés.

La solidarité est le fondement des structures sociales. Le biais évident est d’essayer de bénéficier de la solidarité des autres en évitant, soi-même  d’y participer.

Depuis un certain temps cette notion est en recul dans nos sociétés, et certainement la période de crise que nous vivons, ou que nous ressentons, favorise le « chacun pour soi ».

Il est évidemment paradoxal que dans les périodes difficiles ou le besoin de solidarité se fait le plus sentir, ce soit le « chacun pour soi » qui resurgisse ! (Mais ceci est une autre histoire)

Voici quelques exemples pour illustrer ce propos

Ubérisation du travail

De plus en plus les citoyens souhaitent s’affranchir des structures de entreprises dans le monde du travail. Celle-ci est vécue comme une contrainte et un frein à l’accomplissement serein de son « gagne-pain » qu’importe si les uns ne respectent pas les réglementations fiscales et si les autres vivent grâce à des avantages fiscaux importants. Que ceci constitue une concurrence déloyale vis à vis des chauffeurs de taxi ou des autres artisans importe peu, « chacun pour soi » !

 

Les contrats d’assurance automobile

De plus en plus les assurances proposent des contrats de type « ne payez que ce que vous consommez ». Le contrat se fait sur mesure en fonction de vos habitudes et usages de conduites. Ceci permet de proposer des contrats meilleur marché pour les « petits rouleurs », mais d’un autre coté des contrats plus chers pour les « gros rouleurs ». Ceci détruit complètement le caractère mutualiste et solidaire de l’assurance. Les compagnies feraient bien de se méfier car si on ne paye que ce que l’on consomme en ne jouant plus sur la mutualisation des risques, on risque de déboucher sur un principe d’auto-assurance. Pourquoi passer par une compagnie d’assurance qui va prendre son pourcentage au passage, si c’est pour payer ce que l’on coute.

Le problème des « migrants »

C’est bien sur un problème dont personne n’a les clés ni les solutions. Cependant il est manifeste qu’une forte partie de la population Européenne ne conçoit pas de « payer pour les autres » quel que soit leur situation de détresse et de souffrance. Au diable cette notion périmée de solidarité, et vive le « chacun pour soi ». Il est affligeant de voir des pays pétris de Catholicisme comme la Pologne virer en ce sens.

La construction Européenne

Elle se heurte à l’égoïsme des états (ou plutôt de leurs ressortissants). Chacun a peur de payer plus que les autres, de faire plus d’efforts que ses voisins … et résultat des courses tout le monde paye et plonge !

 

On pourrait décliner les exemples à l’infini, mais à quoi bon. Le phénomène est là et il faut l’assumer. S’agit-il d’un mouvement conjoncturel due à la crise économique actuelle ou d’un mouvement plus profond qui fait bouger notre société ? Sans doutes un peu les deux. Devant ce recul de la solidarité et ce regain de l’intérêt personnel il faudra sans doutes remettre en cause nos valeurs et pratiques sociétales, à moins qu’un mouvement de balancier ne vienne monter pourquoi et comment la solidarité est une protection contre les dangers.

Mais on a vue bien des sociétés, des communautés, des entreprises se saborder et couler faute d’être capable de faire face à leur égoïsme. La faiblesse de  l’Europe en est un exemple flagrant.

La prison : Nécessité et aberration

Depuis bien longtemps je suis mal à l’aise avec la notion de prison, voir nos semblables enfermés comme des animaux en cage me gêne. Pourtant cette notion de prison est aussi vieille que les sociétés. Déjà l’institution judiciaire et prison existaient dans l’Egypte des pharaons et sans doutes bien avant. Il semble que les principes même de la justice et des peines ait peu évolué (dans leurs principes de base) depuis ces époques anciennes. Le délit, le jugement et la sanction proportionnée sont leurs fondements depuis toujours.

Il me paraît souhaitable de s’interroger sur cette notion capitale.

La société se construit autour de certaines valeurs consensuelles définie par des institutions, et il est normal que ces sociétés défendent ces valeurs contre les actes délictueux ou criminels  qui pourraient les remettre en cause. Il en va de leurs cohérences et de leurs survies.

Le problème fondamental dans notre monde actuel est que les fonctions de la prison (oublions la notion de peine de mort qui n’est plus en vigueur chez nous) ne sont pas clairement définies, ni admises.

  • La prison peut être prise comme une fonction d’éloignement temporaire de la société d’individus dangereux ou perturbateurs. En ce sens elle joue pleinement son rôle, mais évidemment son caractère temporaire ne fait que repousser le problème puisque tôt ou tard ces individus seront réintégrés à la société et pourront perpétrer de nouveaux délits. La mesure d’éloignement n’est donc pas une fonction suffisante
  • La prison peut avoir une fonction de dissuasion en inspirant la crainte d’une sanction pénible et infamante. Malheureusement il semble que cet aspect dissuasif soit surtout ressenti par les « honnêtes gens ». Les délinquants agissant généralement soit par impulsions, soit avec un sentiment d’impunité, soit avec l’inconscience de commettre un délit. La fonction de dissuasion est loin d’être une panacée et en tout cas insuffisante par elle-même.
  • La prison peut avoir une notion de rédemption. Elle est symbolisée dans la phrase « j’ai payé ma dette à la société, je ne lui dois plus rien ». Si on peut dire que, après avoir purgé sa peine l’individu est quitte envers la société, on ne peut pas dire qu’il est quitte envers sa victime. Qu’un assassin est fait un ou dix ans de prison ne rendra pas son père assassiné à un enfant. Cette rédemption « institutionnelle » ne dédouane pas le délinquant de son acte. Le mal qui a été fait ne peut pas s’effacer et le délinquant le portera toute sa vie.
  • La prison pourrait avoir une fonction de réparation en dédommageant la victime du préjudice qui lui a été causé. Cette notion ne peut s’appliquer à un crime de sang car dans ce cas le dommage est irréparable. En cas de délit crapuleux la prison ne peut être une réparation, seul un dédommagement financier peut couvrir un dommage financier. Si la prison peut être envisagé comme une réparation vis à vis de la société, elle ne le sera jamais vis à vis de victimes. (Quant au dédommagement financier, vu la lenteur de la justice, il arrive trois ou quatre ans  après le dommage, donc bien trop tard  pour être une compensation efficace)
  • La prison peut avoir une fonction de réinsertion dans la société en « rééduquant » les délinquants pour « corriger » leurs penchants transgressifs et les re-sociabiliser correctement. Cette fonction pourrait éviter la récidive et la délinquance à répétition. Elle aurait l’avantage de renforcer les valeurs morales en vigueur.

 

Il est indispensable de hiérarchiser ces six fonctions pour définir une politique carcérale qui puisse fonctionner. Avant de donner des moyens pour la prison il me paraît fondamentale de se fixer des objectifs. Si les points 1, 2, 3 nécessitent des moyens pour l’encadrement des prisonnier (places de prisons, surveillants, sécurité) le point 5 réclame d’autres moyens plus orientés vers la pédagogie, la psychologie, la formation professionnelle sans doutes plus couteux mais pour un résultat plus définitif.

A ce stade faisons un point sur la notion de peine et de leur durée. Les points 1,2,3 s’accommodent assez bien de la notion de durée de peine comme nous la pratiquons aujourd’hui, par contre dans le cas de la ré-insertion(5) elle perd complètement de son sens. Le problème n’est plus de définir une durée de peine proportionnelle à la nature du délit commis, mais de pouvoir définir le moment à  partir duquel un délinquant peut être remis en liberté dans la société. On peut imaginer qu’un individu ayant commis un crime grave sous le coup d’une passion (rupture affective, divorce, …) pourrait être remis en liberté rapidement, une fois le choc émotionnel passé ou guéri, alors qu’au contraire un escroc calculateur et cupide serai plus long à réinsérer et resociabiliser. Ceci bouscule largement notre notion de la justice, de ses sanctions, et de l’évaluation de la gravité des délits.

On comprend mieux comment fixer des moyens à la justice c’est avant tout lui fixer des objectifs. Actuellement nous dansons sur deux pieds. Notre notion de gravité des délits, évaluation des peines nous conduit à préférer les notions d’éloignement, dissuasion, rédemption, mais dans le même temps nous souhaitons mener une politique de réinsétions qui n’est pas compatible. Résultat notre philosophie penche vers l’incarcération, alors que notre désir va vers la ré-insertion, la libération. Avant d’aller plus loin il serai sain de résoudre ce dilemme !

De même qu’avant de réformer notre justice (comme on le fait très régulièrement) on doit poser le problème de la prison qui est l’outil d’exécution de la justice. Comme toujours, pour ne pas choisir, on construit nos pyramides en commençant par le haut en pensant que l’on adaptera le bas au moment voulut … résultat rien ne tient debout.

Une dernière réflexion sur un des points qui me tracasse. Quand un individu commet un délit, on le juge souvent 2 à 3 ans après. Au moment du jugement on a dans le box l’individu tel qu’il est aujourd’hui que l’on juge pour ce qu’il était il y a 2 ou 3 ans. On juge un individu pour ce qu’il n’est sans doutes plus ! (on tourne le problème en disant que l’on ne juge pas l’homme mais son délit … c’est pourtant l’homme que l’on va emprisonner ). Il va être condamné à 5 ou 10 ans de prison. Il peut changer et n’être plus l’individu qu’il était il y a longtemps quand il a commis son délit. (D’où la très juste notion de libération anticipée). Ceci plaide pour la fonction de réinsertion de la prison et la notion, non pas de longueur de la peine, mais de la réinsertabilité du délinquant.

 

Vous avez sans doutes compris que mon cœur et mon esprit penchent pour la fonction de réinsertion qui à l’avantage de régler le problème à sa base et qui de plus n’exclus pas les fonctions de dissuasion, d’éloignement et de rédemption.

Des paradoxes dans notre système économique

Notre système économique paraît présenter une certaine cohérence, en dépit de nombreuses anomalies. Pourtant, par bien des aspects, il est totalement paradoxal. Les propos qui vont suivre seront plutôt « caricaturaux », mais ils peuvent cependant donner à réfléchir

Notre économie manque de compétitivité, et dans notre pays les salaires sont trop bas pour offrir à nos concitoyens le standard de vie auquel ils estiment avoir droit (même si ces salaires sont souvent assez haut par rapport à bien des pays du monde). L’état a mis en place des systèmes de redistribution, sous forme d’aides sociales, pour booster le revenu des plus pauvres. Pour cela il met à contribution les entreprises sous formes d’impôts, de taxes, de cotisations sociales. Etranglée par ces charges les entreprises manquent de compétitivité et sont obligées de maintenir les salaires à un niveau assez faible. Notre système de rétribution et donc un « serpent qui se mord la queue », un « cercle vicieux », un « boucle sans fin ».

Pour retrouver de la compétitivité, nos entreprises sont amenées à délocaliser leur production dans des pays ou la main d’œuvre est moins chère. Ce faisant elles génèrent des couts de transport plus élevés, mais surtout créent du chômage sur notre territoire. Pour faire face à cette pénurie d’emplois l’état met en place un système d’indemnisation des chômeurs qui devient de plus en plus couteux au fil des délocalisations. Pour faire face à cette dépense l’état met à contribution les entreprises sous forme, entre-autre, de contribution patronale à l’assurance chômage. Les entreprises donnent d’une main ce qu’elles ont gagnées de l’autre. C’est encore un « cercle vicieux ».

Dans le même ordre d’idées, pour équilibrer leurs comptes et retrouver de la compétitivité les entreprises passent par des plans de licenciement. Elles passent alors leurs déficits à la collectivité obligée à prendre en charge le chômage ainsi généré. L’état se retourne donc vers les entreprises pour les mettre à contribution et les faire participer au cout du chômage généré. On se retrouve captif du « cercle vicieux » mentionné plus haut.

On stigmatise, souvent, nos entreprises et leur manque de compétitivité vis à vis du marché mondial et notamment vis à vis des pays émergents à bas couts de main d’œuvre. Ce fait est-il à lui seul responsable de la faiblesse de nos entreprises. Cela n’est pas certain, et la valeur des monnaies joue un rôle important.

Supposons un pays A ou les salaires sont de 1000, par exemple et l’indice des prix à la consommation également de 1000.  Comparons-le à un pays B ou les salaires sont de 100 et l’indice des prix à la consommation serait de 100. Théoriquement les citoyens devraient avoir sensiblement le même niveau de vie. Si maintenant nous envisageons des échanges entre ces pays on voit que le pays B à un avantage certain vis à vis du pays A. Les entreprises achètent leur matière première soit localement (avantage au pays B) soit à des pays tiers (donc sensiblement au même prix même si ces couts pèsent différemment dans les prix e revient dans chaque pays). Même avec une compétitivité structurelle bien supérieure les entreprises du pays A auront une compétitivité sur le marché international inférieure à celles du pays B. Les taux de change des monnaies ne pouvant pas corriger cet écart de compétitivité. C’est pourquoi un retraité du pays A (qui touche la retraite dans son pays d’origine) pourrait vivre « royalement » dans le pays B.

 

Ces réflexions ne sont pas à prendre à la lettre car elles comportent beaucoup d’approximations. Néanmoins elles doivent faire réfléchir à l’organisation du monde qui nous entoure.

La Justice. Droit civil contre droit moral

C’est un débat récurrent dans nos sociétés que d’opposer le droit et la morale. Récemment une femme a été condamné pour avoir envoyé de l’argent à son fils parti faire le Djihad en Syrie. Elle a été accusée de « financement du terrorisme » (que penser de sa modeste obole par rapport à celle déversée par l’Arabie Saoudite !) ceci primant sur le devoir d’une mère d’aider ses enfants. Des personnalités d’extrême gauche ont été honnies pour avoir tentées de trouver des excuses sociales à la dérive Islamiste. Cette confusion perpétuelle entre droit et morale mérite que l’on en débâte.

La justice

C’est un ensemble de règles écrites et consensuelles qui fixe le « vivre ensemble » dans une société, qui fixe les droits et les devoirs de chacun. La Justice s’appuie sur ces règles (la loi) pour décider si tout acte est conforme ou en opposition à la règle commune. La Justice juge les actes et non les hommes.

La morale

C’est un ensemble de règles, généralement non formulées, non écrites, qui définissent la position de chacun d’entre nous, son sentiment, son attitude vis à vis de nos agissements personnels ou celui de nos semblables. La morale n’est pas forcément consensuelle, elle est individuelle. La morale juge les hommes et non les actes.

Les circonstances atténuantes

Une analyse sociologique ou psychologique de la situation peut entrainer une réduction de la peine encourue par le condamné. Ceci peut conduire à une confusion entre justice et morale. Ce n’est pas véritablement le cas. Elles induisent une réduction de la peine encourue mais nullement une atténuation de la gravité du délit commis. Le jugement n’est pas modifié, seule la peine est atténuée.

 

Ainsi énoncé Justice et Morale sont donc deux notions indépendantes et non exclusives.

Rien n’empêche de juger au nom de la loi avec la plus grande rigueur tout en conservant un jugement moral plus nuancé et parfois plus bienveillant.

Prenons par exemple la dérive Islamiste djihadiste. Tout acte ou comportement en écart avec nos lois doit être sanctionné comme il se doit, sans défaut ni excès de sévérité. Ceci n’empêche absolument pas de réfléchir à la genèse de cette dérive, d’en dégager les responsabilités individuelles ou sociétales si elles existent. Cette analyse est absolument indispensable pour garder un œil critique sur le fonctionnement de notre société et ajuster lois morales et lois civiles. La légalité doit autant que possible refléter les aspirations morales du « vivre ensemble » afin que la loi reste consensuelle et acceptable par l’ensemble des citoyens.

Radicalité et radicalisation

Deux mots à la mode, très usités, mais dont les contours restent assez flou. La « radicalité » est utilisée dans un sens assez large pour designer des comportements rigoristes, extrémistes, sans nuances et sans concession. La « radicalisation » est utilisée dans un sens plus restrictif pour caractériser un individu qui se converti à un islam rigoriste devenant ainsi capable d’actes de terrorisme.

Les tentatives de « dé-radicalisation » ont été relativement des échecs, et comprendre ce que sont réellement la radicalité et la radicalisation me paraît un passage obligé pour aborder leur traitement.

Essayons de donner un sens plus large à ses deux mots et dans le même temps de les définir l’un par rapport à l’autre.

Disons tout d’abord que la radicalité est un état alors que la radicalisation est le processus qui doit conduire à la radicalité. La radicalité est statique, la radicalisation dynamique. Ces deux mots semblent couvrir un process unique allant de l’un à l’autre, mais en fait ils couvrent bien deux phénomènes distinct dans leur mécanisme et dans leur genèse. On verra que la radicalité acquise par radicalisation est de nature différente de celle acquise par l’éducation.

La radicalité

Elle traduit les comportements d’un individu qu’on pourrait caractériser de raide, psychorigide, voire à tendances paranoïaque. Sa conscience cognitive est fortement structurée et les expériences nouvelles ont beaucoup de mal à s’intégrer à son réseau de vécu historique. (L’intégration implique toujours une remise en cause partielle de l’existant).

Tout élément nouveau à insérer se heurte à une structure rigide qui ne laisse aucune place à la nouveauté. Toute tentative pour intégrer une idée nouvelle est vécue comme une agression et immédiatement rejetée ou intégrée avec une connotation négative. Il est difficile de dire si cette hyper structuration de la conscience cognitive est innée ou acquise par l’éducation et le milieu environnant (Il me paraît que l’influence de l’apprentissage devrait être le facteur dominant). Le personnage sera plutôt dominant et autoritaire. On retrouvera là, tous les leader intégristes religieux (Catholiques, Juif, Islamistes) les leader idéologues obtus (extrême droite et extrême gauche), donc des radicaux plutôt meneurs !

La radicalisation

C’est le développement chez un individu de comportements radicaux. Elle touche principalement des personnages à psyché plutôt souple avec des repères un peu flottants et mal assurés. L’individu a la capacité d’absorber et d’intégrer facilement les messages venant de son environnement (en raison de la plasticité, le manque de structure de sa conscience cognitive) et comme il est, en plus, en recherche de repères, en recherche d’identité, il sera une proie rêvée pour tout prosélytisme radical. Les individus du groupe cité plus haut seront pour eux le « gourou » qu’ils attendent pour se sécuriser, se stabiliser. Le « radicalisé » sera un radical suiveur, docile et obéissant, le sujet idéal à envoyer « au casse-pipe ».

Dé radicalisation

En ce qui concerne le « voyage inverse » il est bien évident que pour les radicaux du premier groupe, que l’on pourrait appeler « radicaux structurels » la dé radicalisation sera très difficile. C’est l’ensemble d’un vécu et ses expériences qu’il faudrait corriger. C’est une remise en cause totale de l’individu. Mieux vaut lui laisser ses certitudes, mais développer des mécanismes de prise de conscience des conséquences de cet intégrisme et des approches compensatoires qui pourrait l’amener à contrôler mieux ses comportements.

Les radicalisés par manque de repères pourront mieux être traités. Il faudra leur redonner des valeurs (repères) qui devront se substituer à leur bouclier intégriste. Il ne sera pas possible d’éliminer leur tendance extrémiste sans y substituer d’autres valeurs aussi sécurisante pour eux

Conclusion

La radicalisation d’un groupe nécessite deux types d’individus. Des radicaux dominants pour créer la dynamique organiser la cohésion, et des radicalisés dominés pour constituer la troupe de soldats. Ainsi présenté, le rôle des soldats paraît moins gratifiant !

Les notions d’identité et d’identitaire en psychologie relativiste

Le discours actuel est truffé des mots « identité », « identitaire », chacun s’en gargarise à plaisir … mais au fait qu’est-ce que cela veut dire ?

Aucun des enragés de ces mots n’a pris la peine de le définir et chacun de nous les enregistre avec une vague notion de ce qu’ils peuvent signifier. C’est bien pratique dans le discours politique d’utiliser des mots à signification floue puisque chacun les reçois selon ce qu’il voudrait entendre. C’est l’art du discours politique d’évoquer sans préciser, de laisser planer l’ambiguïté, de tirer des conclusions précises à partir de notions qui ne le sont pas ! C’est une des techniques de « l’enfumage ».

La « psychologie relativiste » organisée autour de la notion d’échange, de positionnement, et de la prise d’identité et parfaitement adaptée pour donner un sens à ces mots.

L’identité se forme par acquisition de la conscience cognitive. Les émotions, les ressentis des événements, des situations, de êtres, de l’environnement s’inscrivent dans la conscience émotionnelle sous la forme d’un « chaos » sans structure ni relations logiques entre-elles. La confrontation de ces émotions avec la conscience cognitive déjà acquise va les inscrire dans un réseau relationnel qui va organiser ces émotions en un réseau logique, structuré, et cohérent (autant que possible) et ainsi enrichir la conscience cognitive. Celle-ci, confrontée à des nouvelles émotions va définir son positionnement vis à vis d’elles, nous amener à des attitudes par rapport à elles et déterminer nos comportements. C’est ce processus qui définit notre identité. Celle-ci évolue sans cesse au cours de note vécu, en s’affirmant et se précisant sans cesse. L’identité sera le récit de notre vécu historique. Elle nous définit de façon univoque et fait de nous l’être spécifique que nous devenons tous les jours. L’identité est une notion dynamique qui se forme au gré des événements que nous vivons.

Les notions de perte d’identité, de crise identitaire, prend alors un tour différent si on les confronte à la notion d’identité définie plus haut.

La notion de perte d’identité est une notion absurde (exception faites de certaines psychopathologie) puisque chaque jour nous perdons notre identité pour en gagner une nouvelle encore plus structurée, encore plus forte. C’est l’évolution vers la maturité, la dynamique de création de notre conscience cognitive qui est en marche ! Une véritable perte d’identité se produit dans le cas de la dépression, dans laquelle le système de valeur qui induit notre identité explose (sous le choc d’une émotion trop forte pour être organisée dans le réseau de la conscience cognitive). La perte d’identité n’est en aucun cas la résultante d’un choc culturel, mais plutôt d’un choc émotionnel.

Pour en venir à la crainte d’une partie de la population Française de la perte de son identité sous la pression d’une « invasion » musulmane, on peut les rassurer. Jamais la confrontation à des influences nouvelles ne fait perdre une identité. Au contraire chaque expérience nouvelle nous enrichit, structure et développe notre identité, nous fait murir. Il est certain que pour des individus à structure mentale « paranoïde » rigides et bloqués sur leur acquis, toute nouveauté est vécue comme une agression, une remise en cause, un danger. Leurs craintes, aujourd’hui se cristallisent sur « les musulman » mais se sont de toutes façon des individus hostile à tout changement. Le « c’était mieux avant » veut surtout dire « ne changeons rien ».

La notion de « crise identitaire » est un peu plus complexe puisque l’on est plus sur une psychologie individuelle mais sur une psychologie de groupe (la crise identitaire individuelle a été évoquée plus haut dans le domaine de la dépression). La notion d’identité de groupe est plus difficile à cerner.

Dans une société il existe un certain nombre de valeurs commune, un patrimoine commun (ou plus ou moins commun) qui construisent ce que l’on pourrait définir comme une identité culturelle. Elle est forte dans un groupe isolé et bien spécifique, se dilue quand le cercle qui définit le groupe grossit, et perd presque tout son sens à l’échelon d’une nation. Lorsque ces valeurs sont remises en cause certains groupes ont du mal à s’adapter et ont tendance à se replier sur leurs valeurs historiques. Pour les individus qui ont forgés leurs identités sur les valeurs du groupe ont pourra parler de « crise identitaire » personnellement je préfère parler d’une crise des valeurs.

Le phénomène n’est pas nouveau. Le dernier épisode a été la crise causée par l’avènement du « communisme ». Cette utopie égalitaire a bousculé les valeurs traditionnelles de la bourgeoisie bien assise sur ses privilèges. Cette dernière a vécu à l’époque une véritable « crise identitaire ou des valeurs » Elle a conduit à toutes les répressions que l’on a pu connaître (syndicales, Mac artisme, monté en puissance des opinions d’extrême droite, et sous-tendu à la seconde guerre mondiale). Cette utopie a un peu disparue, dans la mesure où ces nouvelles valeurs se sont partiellement inscrite dans le patrimoine commun (même s’il existe encore de nombreuses résistances).

La « crise identitaire » que l’on croit connaître aujourd’hui est moins le fait de la confrontation au monde musulman mais la perte d’une des grandes valeurs sur lesquelles se sont construite la plupart des sociétés : La solidarité !

Les remous autour de la « loi travail » sont le reflet du « chacun pour soi » (patronat/syndicats). La devise moderne pourrait être : Tous pour un, un pour moi ! C’est cette nouvelle approche des situations qui détermine la crise identitaire (des valeurs) que nous vivons aujourd’hui.

Pour en donner quelques exemples :

1- Arrivée de Donald Trump au pouvoir et son « américa first » qui rappelle étrangement le « Deutschland uber alles » des années 30.

2- La nouvelle approche des assurances : ne payez que ce que vous consommez, donne un gros coup de griffe à la mutualisation des risques basée sur la solidarité.

3- L’Uberisation galopante de notre consommation

4- L’inclination, par exemple, de Emmanuel Macron à tirer le salariat vers un entreprenariat individuel

5- La position es grandes puissances dans le conflit Syrien

Etc. Etc.

Le référendum ou la démocratie bafouée

La nouvelle loi travail crée bien des polémiques. On dit que 66% des Français seraient contre donc seulement 44% seraient pour (je ne suis pas certain des chiffres, mais cela est sans importance pour le raisonnement)
En fait, le problème est mal posé.
Dans les 66% de gens qui sont contre, en fait environ 25% sont contre parce qu’ils trouvent que cette loi ne va pas assez loin (La droite), 25% sont contre parce qu’ils trouvent que cette loi va trop loin (La gauche extrême) et 16% sont mitigés, soit qu’ils n’aient pas d’opinion affirmée, soit qu’ils acceptent certaines parties de la loi mais pas les autres.

Le rapport devient alors :
Favorables :44%
Pas assez loin : 25%
Trop loin : 25%
Indécis mais plutôt contre : 16%

Démocratiquement cette loi devrait être acceptée

Mais me direz-vous, de toutes façon 66% des Français ne refusent cette loi et elle ne pourra pas être mise en œuvre. Mais si on mettait au vote la proposition de la droite elle recueillerait également une majorité de vote « contre », idem pour la proposition de la gauche extrême.

Soit ! mais alors, que fait-on ? que proposer ?

Si on fait un vote « démocratique » (pas une forme de référendum par oui/non), c’est bien sur cette loi qui sera choisie ! Quelle est donc cette spirale infernale qui fait que le point de vue majoritaire, la démocratie, ne peut s’imposer ?

C’est que dans ce cas, ou il faut absolument faire quelque chose, la notion de « contre » n’a aucun sens. Il n’est pas question de ne pas faire quelque chose, mais, au contraire, de faire ! Le débat doit porter sur des propositions concrètes et non sur des refus.

De plus tout référendum par Oui/Non et dépourvu de sens. Les pro-oui, comme les pro-non ne représentent pas des majorités homogènes. C’est additionner des carottes et des choux, des torchons avec des serviettes. Les Français doivent se prononcer sur des proposition précises susceptibles de dégager des majorités et des minorités homogènes

Revenons-en à la simple démocratie, choisissons parmi des propositions celle qui recueille le plus de voix, et laissons parler la démocratie.

Une petite remarque à propos du « slogan » de Mélenchon : « un coup d’état social » qu’il clame à tout va. Ce slogan peut se lire de deux manières

  1. Un coup, d’état social, c’est à dire, « je vous fais le coup de l’état social », qui semblerait indiquer que Mélenchon avouerait qu’il berne ses supporter en leur annonçant un avenir social pour les faire bouger en sachant très bien qu’il ne pourra jamais leur donner

2. On peut également comprendre, ce que je crois, qu’il veut dire « un coup d’état, social », c’est à dire une révolution vers le social, vers un avenir meilleur. En fait Mélenchon se « plante » complètement, il veut critiquer le coup d’état libéral de Macron, mais il avance le contraire en dénonçant un coup d’état social !
Ceci montre bien comment on mobilise les foules avec des slogans que personne d’analyse et que chacun interprète selon ses fantasmes

Le message publicitaire d’aujourd’hui

Vous avez surement, comme moi, observés comment les messages publicitaires fournit avec les annonces étaient faibles pour ne pas dire parfois débiles. C’est un point qui m’a interpellé, étant entendu que je ne pense pas que les publicistes soient des gens d’un tel niveau intellectuel.

Un message, quel qu’il soit a deux composantes principales :

Une composante cognitive (un message oral, un texte, une représentation explicite, …) sous forme codifiée socialement (langage, icône, …) qui s’adresse à notre conscience cognitive.

Une composante émotionnelle (difficile à formuler puisque par essence elle est du domaine non formulable) qu’on peut qualifier « d’image » véhiculée par le message et qui s’adresse à notre conscience émotionnelle.

En individu rationnel je pensais que le message formulé s’adressant à ma conscience cognitive était très important et qu’il devait lui donner tout son sens. C’était sans doutes le cas il y a un certain temps lorsque les publicités étaient plus rares. De nos jours, elles sont si nombreuses que les messages se télescopent, s’entrechoquent, et se neutralisent. Nous sommes, dans une seule journée, soumis au message de 4 ou 5 marques de dentifrice qui toutes font les dents plus blanches, évitent les caries, aseptisent la bouche, … plusieurs marques de voitures toutes plus confortables les unes que les autres et qui nous amènent dans un confort absolu dans des paysages paradisiaques. Ces messages « n’impriment » plus, ils s’annulent les uns les autres.

De plus, ces messages exprimés dans le langage de la raison sont « opposables ». Les citoyens sont maintenant suffisamment éduqués vis à vis de la publicité pour critiquer le message, le contredire, argumenter contre. Vous avez toujours plus ou moins utilisé le dentifrice « machin » et vous n’avez pas pour autant les dents plus blanches qu’avec le dentifrice « truc ». Ce genre de message a perdu sa crédibilité. Les publicistes le savent bien. Alors que leur reste-t-il ?

Ils s’adressent donc à l’image masquée du message, celle qui vous crée une émotion, un sentiment qui vous transperce sans que vous n’en preniez conscience. Elle s’insère dans votre mémoire émotionnelle, s’incruste, vous envahie. Sans que vous n’en preniez réellement conscience, elle va s’immiscer dans le réseau logique de votre conscience émotionnelle, et ensuite participer aux créations logiques que vous pourrez élaborer et notamment à vos décisions. C’est un ver, pervers ! Naturellement ce type de messages est très difficile à élaborer pour qu’il fassent mouche, et bien souvent ils ne portent pas,( bien qu’il ne soit guère possible de mesurer leur impact isolément)

Par contre, dans le même rayon, ce qui joue un grand rôle est la notoriété. Il est connu que plus un slogan ou simplement le nom d’une marque est répété et plus celle-ci nous est familière. Elle devient comme un ami bien connu en qui on a confiance et auquel on peut se confier. Dans le choix d’un produit en rayon cette proximité, cette familiarité, nous fait visualiser le produit porteur de cette marque très spécifiquement au milieu des autres. Notre choix se porte nous naturellement sur lui en toute confiance. Dans ce cas, c’est encore notre conscience émotionnelle qui nous guide, malgré nous et contre parfois toute logique.

 

En conclusion, dans un message publicitaire, le message formel est accessoire. Il ne sert que d’accroche pour nous inciter à visualiser l’affiche ou le spot sans réellement transmettre de contenu.

L’image générale portée par le message pourrait jouer un grand rôle s’il pouvait vraiment « viser juste » ce qui est assez difficile par contre il va servir de support à la « notoriété.

Le message publicitaire serra composée d’un élément conceptuel original pour nous accrocher, d’un élément non formulé (style graphique, musique, couleurs), … servant à créer une image abstraite du produit, et surtout d’une répétition dans le temps (matraquage) qui nous familiarisera et nous fidélisera à la marque.

Il sera donc formé d’une accroche qui se veut humoristique, ou choquante, pour nous inciter à lire l’annonce, dans un style étudié pour faire image du produit, tout ceci étant prétexte à présenter la marque et à l’imposer à notre mémoire.

Les Français, les rois de la polémique

Périodiquement, le pays est traversé par des polémiques qui enflamment l’opinion, et se terminent généralement en « eau de boudin, par une sorte de non-lieu. Je voudrais tenter de montrer :

  • Pourquoi ces polémiques sont stériles
  • Comment et pourquoi les Français peuvent s’en saisir et se passionner pour elles.

LES POLEMIQUES STERILES

Voyons les plus récentes d’entre-elles :

Le statut de la « première dame ».

La polémique porte sur le fait de donner ou non un statut à la « première dame ». Celle-ci entreprend des actions publiques qui sont plus ou moins largement relayées par les médias. Chaque Français peut en prendre connaissance et porter sur les faits un jugement critique (bien, mal, de son ressort, ne devrait pas s’en mêler, …) Ce jugement est porté, bien sûr, par rapport à ce que chaque citoyen pense être le rôle, la fonction, les attributions de la « première dame ». C’est donc par rapport à un statut « implicite » de, ou de la conjointe du président que chaque Français porte son jugement. La « première dame » a donc, non seulement un statut, mais elle a même une infinité de statuts implicites. Le problème de lui donner, ou non, un statut ne se pose donc pas, qu’on le veuille ou non elle en a un. On peut alors débattre de la normalisation et de l’officialisation d’un statut, de la définition des fonctions de la « première dame », de ses devoirs et de ses droits. Ceci pourra bien sûr, en France, être source de nouvelles polémiques.

Le voile islamique et le burkini

Encore un sujet passionnant qui mérite que l’on se déchire. Le voile, sujet de la polémique, est tout sauf Islamique. On peut citer des porteuses de voile célèbres comme mère Theresa, toutes les représentations de la vierge Marie dans les nombreuses églises, on peut rappeler qu’il n’y a pas si longtemps en Europe la plupart des paysannes portaient souvent ce type d’accessoire, que si le voile peut s’associer avec l’Islam c’est simplement parce que cette religion s’est implantée dans des régions ou le port du voile était traditionnel. Avoir assimilé cet attribut vestimentaire à un signe religieux est une pure escroquerie intellectuelle (de la part des opposant comme de la part des musulman) qui sous-tends des relents d’islamophobie ou d’islamophilie non avoués.

Quant au débat sur le port du burkini, on a pourchassé les naturistes, difficilement admis le bikini, fait la grimace aux « seins nus », si on reproche maintenant à des femmes d’être trop couvertes, … comment s’habiller pour aller à la plage … doit on définir un « dressing code » !

Le mariage gay

Encore une fausse polémique entretenue par des lobbies bien ou mal pensant. Le PACS avait, à son époque, fait polémique, mais comme toujours l’histoire donne tort aux réactionnaire et le PACS entre homosexuels est passé dans les mœurs. Passer d’un PACS à une union renforcée n’aurait jamais dû faire plus qu’un simple débat technique. Hélas, le choix du terme « Mariage » pour ce PACS étendu a réveillé dans les inconscients des vieux fantômes que l’on croyait enterré (pardon pour cet enterrement de fantômes qui pourrait faire polémique). Les « vieux cathos réac» (je n’inclus pas tous les catholiques dans cette catégorie), qui n’étaient en rien concernés par cet acte civique républicain se sont lancés dans une polémique stérile et perdue d’avance (je l’ai déjà dit l’histoire donne toujours tort aux réactionnaires). Que dirait ses gens si la république se permettait de régenter le sacrement de la communion, ou l’ordination des prêtres, … !

La déchéance de nationalité

Un super exemple de polémique sans objets. Elle devait s’appliquer aux actes de terroriste, après que le délinquant (pour ceux qui ne se sont pas suicidé ou été abattus au cours de leur attentat) ait purgé sa peine, donc dans 15 à 20 ans, elle ne pouvait s’appliquer qu’aux binationaux (donc ni aux Français, ni aux étrangers), soit quelques individus sur lesquels on devrait statuer dans 20 ans, et devait punir des gens qui par principe honnissent la nationalité Française et seraient bien récompensés en s’en voyant privé.

 

QU’EST CE QUI POUSSE LES FRANCAIS DANS CE RIDICULE ?

C’est le type même de ces polémiques que d’être ridicule. Quand une polémique y échappe, elle devient débats, elle mobilise les experts qui s’accaparent la parole et éjectent de ce fait le « petit peuple » du débat.  Celui-ci ne peut s’y mêler car il ne possède ni le bagage technique, ni le bagout qui lui permettrait de lutter avec les spécialistes. Pour nous insérer dans le débat, nous, « petit peuple », nous n’avons pour seule solution que d’épouser une des thèses des experts et la pousser en avant en feignant qu’elle soit nôtre.

Alors que reste-t-il au « petit peuple », c’est à dire vous et moi, pour exprimer son opinion ? justement les polémiques stériles et ridicules. Elles n’ont pas de solution car, comme nous l’avons vu plus haut, soit-il n’y a pas de réel problème, soit le problème posé et totalement à coté de ce qu’il devrait être. Aucun expert, aucun spécialiste, ne peuvent intervenir. Ils ne peuvent ni fournir des arguments solides, ni réfuter les arguments fallacieux qui leurs sont opposés. Leur logique est en défaut et ils disparaissent rapidement de écrans radar. Nous voilà libre d’exposer nos points de vue, d’avancer nos solutions magiques, sans souci d’être réellement contredit puisque la polémique échappe à toute logique. Généralement, tout en pensant participer à la solution d’un problème, chacun exprime ses fantasmes, exhume ses rancœurs, ses craintes, ses frustrations, ses obsessions, ses désirs cachés, et très (trop) souvent ses engagements politiques. Ces polémiques sont un exutoire pour chacun. Nous leurs donnons l’allure hypocrite d’un débat alors qu’elles ne sont que défoulement collectif.

Un élément important à signaler est le côté un peu immature de la population Française. Ceci lui confère le charme et le romantisme que lui prêtent les étrangers, de façon analogue aux italiens par exemple, un sens des valeurs romanesques, le gout des causes perdues, l’exaltation des sentiments, et bien sur son besoin de polémiquer. Pour avoir beaucoup travaillé avec des étrangers j’ai pu constater qu’après des discussions parfois très rudes, quand un choix est décidé il n’est plus remis en cause. En France, au contraire, toute décision prise est rapidement remise en cause et sujet à nouvelles polémiques.

C’est notre charme à nous Français !

Histoires parallèles de l’art et de la conscience

L’art est avant tout un outils d’expression. L’artiste se projette dans son œuvre. Il doit donc exister une relation entre l’art et sa pensée, l’expression de son moi et la représentation de celui-ci dans la conscience.

Ces deux histoires (art et conscience) ont suivi des parcours parallèles sans qu’il soit aisé de savoir laquelle des deux tires l’autre !

Dans l’antiquité l’art se complait dans la représentation des Dieux ou des humains à stature Divine (César, Pharaon etc., etc.).  Cette représentation est gouvernée par des « canons de la beauté » appuyés sur une esthétique très conventionnelle. La notion de conscience est réduite à son expression cognitive et l’art une forme de sublimation de cette pensée cognitive.

L’art s’attache à l’aspect subliminal et transcendantal du sujet.

Jusqu’au moyen âge, en Europe, l’art est essentiellement de nature religieuse, destiné à glorifier le créateur en donnant une représentation codifiée de l’image transcendantale de la divinité.  La conscience est toujours de nature cognitive, accompagnée de l’âme qui constitue la part subliminale de la nature humaine.

L’art s’attache à l’aspect rationnel des cultes et de leurs rites, mais intègre également la notion divine de l’âme

A la renaissance les artistes abandonnent l’iconographie religieuse pour se reporter sur des figures plus laïques ou sur des représentations des mythes antiques (en oubliant totalement leur signification religieuse). Les individus sont représentés sous leur aspect sociétal et leur statut social (dans leurs plus beaux atours) . L’âme est un peu occultée et la conscience cognitive, empreinte de la réalité, est privilégiée.

L’art s’attache à l’aspect social, au statut des sujets (réservé aux riches et puissants)

Avec la naissance du romantisme puis de l’impressionnisme l’émotion fait son entrée dans l’art. L’affectif, le sentiment, la perception deviennent les sujets des artistes. L’individu n’est plus présent pour ce qu’il est pour les autres, mais ce qu’il est pour lui, ce qu’il ressent. La conscience cognitive se double d’une conscience émotionnelle. C’est la révolution psychologique.

L’art s’attache au ressentis, à la notion d’impression, au perçu plutôt qu’au réel.

Viennent alors les mouvements cubistes, surréalistes, psychédéliques, abstraits, qui refusent tout rapport au réel et visent à représenter ce que l’on ressent au-delà des apparences. La conscience émotionnelle devient le moteur de l’art et de son expression.

L’art s’attache à l’émotion, aux sentiments, hors de toute réalité construite.

Et maintenant pour la suite ?

Il semble de nos jours que l’expression artistique ainsi que les représentations de la conscience sont un peu en panne d’idées nouvelles. Il n’est pas facile de prévoir les évolutions à venir. Peut-être peut t on se référer à cette phrase attribuée à André Malraux (selon André Froissard !)

Le XXI ème siècle sera mystique ou ne sera pas

Les travers et limites du populisme

Le mot peuple est issu du latin populus désignant l’ensemble des citoyens (universi cives), individus ayant le pouvoir de voter dans la constitution romaine, Ce terme désigne couramment un ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire ou ayant en commun une culture, des mœurs, un système de gouvernement.

En français, le terme de « peuple » peut avoir plusieurs connotations, en fonction de ceux qui y appartiendraient ou non. Il désigne alors :

  • Les individus de condition modeste, par opposition aux catégories supérieures ou privilégiées par la naissance, la culture et/ou la fortune. La notion de « peuple » prenant alors un tour péjoratif, désignant des citoyens de deuxième zone, incultes et grossiers.
  • L’inverse se produit dans la bouche des populistes. Au contraire la notion de peuple est valorisée par opposition à la notion d’élite, cette dernière étant considérée comme l’exploiteur sans scrupules

Dans les deux cas, la notion se veut conflictuelle.

Le langage du populisme est simple, il consiste :

  • A dresser « le peuple » contre les élites (accusées de s’arroger tous les privilèges et tous les pouvoirs), en creusant un fossé qui n’est pas sans rappeler la « lutte des classes »
  • A écouter les doléances du « peuple » et à lui proposer exactement ce qu’il veut entendre (sans souci de savoir si c’est réalisable ou non)
  • A se poser comme la personne providentielle qui se met au service du « peuple », dernier rempart et seul recours contre la classe dominante.
  • A promettre au « peuple » de lui donner le pouvoir et la domination sur les élites.
  • Démagogie et mensonge par omission sont les deux mamelles de la rhétorique et de la dialectique populiste (comme d’ailleurs de tout discours politique)

Ce langage fonctionne assez bien, mais pourtant il montre rapidement ses limites.

Lors de la naissance des premiers « populisme » le « peuple » venait en opposition à la noblesse, ou à la bourgeoisie naissante. Il était opprimé, mais majoritaire en nombre. Une victoire électorale pouvait être envisagée.

De nos jours dans nos sociétés riches et développées le dit « peuple » n’est plus directement opposé à une classe dominante, mais plutôt une sorte d’extension des classes moyennes, sans qu’une frontière ne soit nettement marquée. La victoire électorale n’est plus possible sans une alliance avec au moins une partie des classes moyennes ; Hors, celles-ci n’adhèrent pas aux projets prônés par les populistes, trop favorables aux plus démunis. Reste donc comme ultime solution, pour les populistes, à réactiver une sorte de « dictature du prolétariat » dans une projection inévitablement révolutionnaire

« Lutte des classes » et « dictature du prolétariat » sont, malheureusement pour les populistes, des concepts qui ont fait long feu.

Le refus et l’éradication des élites (Le fameux « Dégagisme » de Mélanchon ») atteint rapidement son niveau d’incompétence. Imaginons le fonctionnement de « l’académie Française » gérée par des élus du « peuple », des usines sans les cadres, des hôpitaux sans médecins, un parlement sans députés…. D’autant plus que les leaders des mouvements insoumis sont, eux-mêmes, des étudiants dûment diplômés de nos universités (JL Mélanchon : Licence de Philo, A Corbière : Licence d’Histoire, F Ruffin : Maitrise de lettres … bonjour le peuple !)

D’autres part, la mise en place d’une gouvernance « populiste » (qui ne pourrait survenir qu’en cas de sentiment de paupérisation d’une grande partie des classes moyennes) s’avérerait un total four, les promesses faites par démagogie étant absolument intenables tant que l’on reste dans les limites d’un état démocratique. La seule option pour une gouvernance de ce type serait, de devenir un état totalitaire et policier, une fermeture des frontières et l’isolement total du pays (tant sur le point géopolitique, financier, commercial)

Ce discours populiste est donc une simple mystification toujours orchestrée par des individus désireux de s’accaparer le pouvoir et de le conserver. Les suivre, c’est s’exposer à de très dangereux conflits au sein de la nation qui nous entrainerait bien loin en arrière.

La prévalence des idées populaires (Le peuple a toujours raison !) mise en avant par M. Le Pen et J.C. Mélenchon est bien sûr une parfaite ineptie. Hitler, Mussolini, Staline, Mao Tsé-Toung ont tous été porté au pouvoir par « le peuple », le maréchal Pétain a été, lui-même, plébiscité. Au contraire, « le peuple » ne cesse de se tromper, d’élire des politiques qu’il vomit deux ans après (c’est une des limites de la démocratie !). L’Histoire et remplie de ces épisodes populistes qui se sont terminés en catastrophe.

Pour compléter le tableau et rendre un peu de crédit au populisme, disons que les « élites » ne jouent pas vraiment le rôle de guide qu’elles devraient incarner, mais qu’elles abusent de leur position dominante pour confisquer le pouvoir et s’en servir dans leur seul intérêt. Le projet du populisme n’est pas sans légitimité, c’est son usage qui est critiquable

La fameuse fracture Gauche-Droite

******On parle beaucoup, en ce moment dans le monde politique, de la fin de la rupture gauche-droite qui est en train de devenir le « marronnier » à la mode. Examinons ce phénomène sous un éclairage différent.

 

Tout d’abord, la disparition de ce fractionnement de l’opinion est systématiquement étudiée du point de vue des partis politiques ce qui n’est pas la bonne approche. L’opinion doit s’étudier du point de vue de l’opinion … élémentaire mon cher Watson !

L’opinion publique Française est, en fait, un continuum, un gradient allant de la droite de l’extrême droite à la gauche de l’extrême gauche, en passant par les partis traditionnels de droite et de gauche. Il n’y a pas véritablement de cassure dans ce passage continu entre les deux extrêmes (en fait, c’est un peu plus complexe car divers gradients peuvent exister : sur l’Europe par exemple ou sur les valeurs sociétales … mais ne compliquons pas les choses !)

La rupture s’exprime dans l’incarnation de cette opinion dans des partis politiques. Toutes ces récentes années le Parti Socialiste et la droite Française républicaine (RPR, UNR, UMP, Les Républicains) ont construits deux blocs antagonistes, dont la survie était justement organisée autour de la répulsion entre droite et gauche. Pour la droite, la gauche était le démon et pour la gauche la droite était Satan. Tous les comportements et les doctrines de ces deux partis majoritaires visaient à entretenir et conforter ce clivage. Mais, sous-jacent, l’opinion publique restait le continuum décrit plus haut. Le paysage politique était incarné par des partis extrêmes ou modérés de droite et de gauche qui avaient proposés et réussis l’incarnation de ce gradient en 4 blocs antagonistes.

Ces anciens partis n’ont pas vu venir chez les électeurs une grande lassitude vis à vis de ce découpage ayant fait la preuve de sa stérilité et de son incapacité à gouverner sainement.

En parallèle au sein des grands partis (PS et UMP à l’époque) un clivage c’est installé entre les ailes droites et ailes gauches et induit une fragilité potentielle (Plus un parti est « gros » et plus la distance entre son aile droite et son aile gauche est grande et plus le risque de fracture est grand). Longtemps les partis ont conservé, malgré tout, une homogénéité fondée sur la détestation de l’autre (haine de la gauche contre haine de la droite).

Les « primaires » ont mis en évidence, de façon criante, les fractures internes des partis et créées deux nouveaux clivages en leur sein.

Est alors apparu le mouvement « en marche » qui en s’efforçant de colmater la brèche entre droite et gauche est venu attiser les fractures internes aux partis. L’électorat, lassé des guerres stériles entre droite et gauche c’est massivement impliqué dans ce processus et a apporté ses suffrages à ce nouveau mouvement. Les partis traditionnels ont implosés et le paysage politique s’est trouvé bouleversé. Un grand parti (plus ou moins centriste) a émergé et PS et Les Républicains n’ont d’autre choix que se scinder pour se « raccrocher » au centre ou aux extrêmes.

Ceci n’affecte en rien le continuum dans l’opinion, mais modifie son incarnation dans les partis politiques. L’opinion ne change pas (en dépit d’un certain glissement vers la droite) seule son incarnation dans les partis se modifie. La bipolarisation a, momentanément, vécue.

Cependant, la taille du nouveau parti induit une très grande distance entre son aile droite et son aile gauche, d’où un fort risque de schisme en cas de difficulté à gouverner … et peut-être verrons-nous le clivage gauche-droite se réactiver dans quelques années. Après tout la différence entre riches et pauvres reste un fait qui n’est pas près de disparaître.

 

Pensons toujours que l’opinion est un gâteau que les partis politiques se partagent selon des lignes de rupture qui peuvent varier selon les époques.

Le travail des chômeurs

Je vais aborder un sujet qui devrait faire polémique à tel point qu’il n’est pratiquement jamais débattu.

Notre pays est dans une situation paradoxale. D’un côté on nous dit que notre économie n’est pas compétitive en raison des couts salariaux trop élevés, et d’autre part nous finançons, via le chômage, trois millions cinq cent mille personnes qui bien que recevant des subsides ne produisent rien. Aucune économie ne peut supporter un tel fardeaux.

Fut une époque où le chômage ne touchait qu’une faible partie des actifs et ou notre économie pouvait supporter une telle charge, ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui.

Bien sur les indemnités de chômage sont couvertes par les cotisations sociales y afférent, mais, non seulement, celles-ci entrent dans le prix de revient (le cout) des produits fabriqués et diminuent la compétitivité des entreprises mais de plus le ratio actif/chômeurs ne permet plus de financer les caisses d’indemnisations.

Chaque chômeur est indemnisé par la solidarité nationale puisque chaque actif ne peut par ses cotisations finance son propre risque de chômage.

Chaque chômeur contracte donc une dette vis à vis de la solidarité nationale et doit être acteur de la situation et engagé dans le sauvetage de notre système de protection sociale.

Comment rééquilibrer les comptes de notre caisse d’assurance chômage ?

L’idée simple est d’utiliser ce volant de main d’œuvre que constituent nos 3.500.000 chômeurs pour produire des biens marchands dont la vente viendrait combler le déficit de nos caisses de solidarité. Evidement cette production « protégée » ne doit pas venir en compétition avec des productions locales, faute d’utiliser des chômeurs pour créer d’autres chômeurs !

Il existe de très nombreuses productions non couverte par des sociétés fabricants en France (Gros électroménager, télévision, Hifi, Photographie, téléphonie mobile, Motos …) et totalement importées de l’étranger.  Nous avons la technicité pour produire de tels marchandise, au moins, dans les versons d’entrées de gamme (pour lesquelles il n’y a aucun frais de recherche et développement).

Des société Nationales utilisant une main d’œuvre en partie payée par les indemnités chômages, donc avec des couts salariaux faibles (complément de salaire entre l’indemnité chômage et un salaire décent) pourrait produire des biens très compétitifs sur le marché national et venir ainsi alimenter les caisses des ASSEDIC et ré équilibrer leurs comptes.

Il s’agit là d’une simple idée et non d’un projet ficelé, mais convenons que dans une économie en difficulté, ne pas utiliser une ressource en main d’œuvre aussi important devient une véritable aberration.

M. Le Pen … même stratégie que Daech !

Il existe une stratégie de radicalisation, largement utilisée par les recruteurs de Daech. On constate que cette stratégie a beaucoup de points communs avec le « racolage » de Marine Le Pen.

Le point crucial dans le recrutement de Daech est d’isoler la cible de toutes ses références et notamment de le couper de ses relations avec ses proches (famille, amis). Coupé de ses références, la cible n’a plus d’autres points de repères pour se situer que le discours de son recruteur. Elle va vivre, alors, en vase clos, dans un « entre-soi » dans l’univers de Daech.

Chez Marine Le Pen, même stratégie. Il s’agit de creuser un fossé entre l’univers du front national et le reste de la société. Plus se fossé sera grand et plus la cible sera éloignée de ses références, et baignée dans l’univers frontiste. C’est dans ce nouvel univers qu’elle va développer ses nouvelles références et devenir un « bon militant radicalisé ». Le vécu « entre-soi » est le terreau même de la radicalisation.

Chez Daech le point fondamental pour créer la césure entre les militants radicalisés et le reste de la population est le distinguo subtil entre les bons musulmans, les mauvais musulmans et les mécréants. C’est l’outils majeur utilisé pour isoler leurs cibles de tout son environnement. Ils s’arrogent la souveraineté sur la religion en se présentant comme les seuls vrais musulmans.

Chez Marine Le Pen l’outils de césure est la notion de France et de patriote. Seuls les représentants du front national seraient les bons français et les vrais patriotes, les « autres » seraient   identifiés comme soumis aux diktats de l’Europe et seraient de mauvais patriotes. Marine Le Pen s’arroge la souveraineté sur la France et son image.

Chez Daech comme chez Marine Le Pen, la notion de fracture est fondamentale. Rien de mieux pour regrouper fédérer des sympathisants que de désigner l’autre comme un ennemi. C’est dans l’adversité que ces partis extrêmes se retrouvent. La sortie de l’Europe, la fermeture des frontières, l’isolement de la France, est le terrain fondamental pour une prise de contrôle sur le pays. C’est la B A Ba de l’installation de tout système totalitaire que d’isoler le pays en fermant toutes les frontières.

Bien sûr il ne faut pas pousser la comparaison trop loin. Daech fabrique des « bombes humaines » chargées de semer la terreur chez les mécréants. Le front national n’en est pas là, mais cherche quand même à générer des combattants. Il se positionne, donc, dans un univers de violence et une optique guerrière.  Le parallèle avec Daech n’est donc pas totalement infondé.

Dernier point de convergence : la victimisation.

Pour Daech, l’occident, les « croisés » oppressent les musulmans (les bons, pas ceux qui pactisent avec les mécréants). Ces bons musulmans sont les victimes expiatoires. C’est ce qui les rassemblent, les soudent.

Attitude totalement identique au front national, victime expiatoire du système, des puissances de l’argent, des médias, des magistrats, des « autres ».

 

On voit donc comment la lutte contre Daech est une absolue nécessitée et comme, en parallèle, la lutte contre le front national s’impose. Ceci nous démontre également comment tous les extrémistes utilisent les mêmes « ficelles » pour arriver à leur fin.

 

 

La peur et le refus de la différence

Vous n’êtes pas sans avoir constaté que nous sommes infiniment plus sensibles aux différences qu’au similitudes. Pour n’importe quel élément ou événement, nous remarquons en priorité ce qui nous choque, ce qui nous bouscule. Chez nos proche nous avons tendance à remarquer leurs défauts plus que leurs qualités, dans tout événement, dans une discussion par exemple, nous remarquons et montons en épingle ce qui nous sépare en laissant de côté ce qui nous rapproche. Dans nos bilans le passif l’emporte généralement sur l’actif !

Ce type de comportement est bien connu, et le décrire ne constitue pas un « scoop ». L’objet de ce texte est de montrer qu’il s’explique assez bien dans le système déjà proposé de construction de notre conscience, fut-elle cognitive ou émotionnelle.

Notre conscience est faite de représentations mentales de niveau plus ou moins structurés (allant de la conscience émotionnelle à la conscience cognitive) et reliées entre elles par un réseau de relations causales logiques acquises par l’expérience.

Quand un fait nouveau se présente à nous, il nous est nécessaire de l’intégrer à notre conscience (vécu de l’événement). Pour cela nous devons analyser ce fait, et le mettre en relation avec notre expérience (attitude et positionnement) et trouver les liens logiques qui vont le relier au réseau existant dans notre conscience.

Si le fait est déjà connu, les liens logiques le reliant au reste du réseau existent déjà et l’intégration dans notre conscience (mémoire) se fait sans problèmes et sans réaction de notre part.

Au contraire, si le fait est nouveau pour nous, il va falloir rechercher quels liens logiques peuvent l’intégrer de façon cohérent à notre conscience. Très souvent ces nouveaux liens logiques seront, sinon en contradiction, mais au moins en porte-à-faux avec notre structuration établie. L’intégration ne se fera qu’en remettant, partiellement en cause, notre vécu historique et sa cohérence logique. Ceci provoquera, en nous déstabilisant, une réaction de défense. Plus notre conscience est fortement structurée et plus la remise en cause sera brutale. Les enfants réagiront faiblement, et les personnes âgées plus fortement. Les individus à structure de conscience paranoïaque pourront avoir des réactions violentes.

 

Cette difficulté à accepter la différence et l’une des racines (il y en a d’autres) du racisme. Elle implique des individus à structure mentales très rigides, plutôt simplificatrices, facilement déstabilisés par la nouveauté, peu capables de s’adapter aux évolutions, toujours en défense. Cette peur de la différence caractérise des individus à structure mentale « paranoïde » qui ont peur de l’autre dès qu’il se montre un peu différent. Ils sont facilement manipulables pour peu que l’on joue sur les peurs qui les habitent ! On reconnaît là les électeurs des partis extrémistes, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche

 

L’Identité Nationale, c’est quoi ?

Nous avons défini l’identité comme le positionnement particulier d’un individu par rapport à son environnement et aux autres. L’identité c’est la formation de la conscience dans l’échange et dans la relation aux autres, c’est ce qui nous différencie d’eux, ce qui nous individualise. C’est une notion tout à fait personnelle, individuelle, et caractéristique. Plus on avance en âge, et plus la conscience se structure, plus nous passons d’une relation aux autres fusionnelle indifférenciée à une relation empathique identifiée. Plus nous avançons en âge, et plus nous sommes nous-même, individu identifié et caractérisé. L’identité est ce qui nous définit par rapport aux autres.Les politiques de tout poil, nous ont rebattu les oreilles avec la notion d’identité Nationale, on a glosé et glosé pour finalement plus ou moins associer cette notion à la notion simpliste :

J’aimes pas les arabes et les musulmans, et ils sont un danger pour notre civilisation ou arabes et musulmans font partie de la nation, et ils sont des éléments de notre culture.

Piètre débat dans lequel notre identité serait simplement assimilable à notre position par rapport à un groupe social (par ailleurs ni identifié, ni homogène) particulier. C’est bougrement réducteur !

Aucun de ces débatteurs n’a défini ce que pouvait être une identité Nationale, quels en étaient les contours, les éléments fondateurs, …

La notion d’identité étant par essence une notion individuelle, le concept même d’identité Nationale paraît être un non-sens logique puisqu’il associe deux prémisses opposés, l’un individuel, l’autre collectif. Rappelons qu’un citoyen Français possède une « Carte Nationale d’Identité » et non une « Carte d’Identité Nationale » !

Quand des données personnelles (identité) doivent être compilées pour obtenir des données collectives on utilise, inévitablement, l’arme de la statistique.

On peut voir l’identité Nationale de différentes manières :

  • On pourrait admettre que l’Identité Nationale puisse être ce que l’ensemble des Français pourrait avoir en commun, une sorte de « plus petit dénominateur commun » dans la culture des ressortissants Français. Il serait sans doutes minuscule et réduis à peau de chagrin ! Si l’on prend nos hommes politiques (censé représenter les courants de l’opinion Française) sur le sujet, par exemple de leur position face à l’Islam, quel peut être le dénominateur commun entre Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, pas grand-chose ! Sur n’importe quel sujet une opinion Nationale est fragmentée, divisée, opposée, et s’il est possible de trouver une majorité démocratique, il est très difficile de trouver un dénominateur commun. Donc pas réellement d’identité Nationale !
  • L’identité Nationale pourrait, au contraire, être représentée comme la somme des éléments de l’identité de chacun de nos concitoyens, pondérés ou non par le nombre d’individus qui présentent ces éléments. On arriverait à une cacophonie générale, tant les traits d’identité sont nombreux et variés, et il serait difficile d’en dégager un portrait type (encore faudrait-il pouvoir identifier, dénombrer, et classifier les traits d’identité à examiner !)
  • Et pourtant, pour les étrangers le Français a une image : râleur, prétentieux, romantique enflammé, amateur de culture … ceci peut-il définir une identité Nationale ? L’âme d’un pays serait-il, non pas ce que sont ses ressortissants, mais ce que les autres pensent d’eux ? L’identité est ce que l’on est, ce que l’on a construit son acquis. L’identité Nationale serait ce que l’on nous prête, ce que les autres pensent de nous ! Le débat sur l’identité Français devrait-il se mener en Allemagne, en Angleterre, … Belgique, Suisse, Italie … ?  La vision du « Français » sera-t-elle universelle ou dépendra-t-elle de chaque pays, de chaque groupe homogène interrogé dans chaque pays ? Encore un débat sans issues, car si notre identité Nationale ne doit pas nous appartenir … peut-on encore parler d’identité ?

 

Ce débat est stérile, car débattre sur une notion qui n’a pas été définie tourne inévitablement à la mascarade. Il pourrait se remettre en place si, un jour, on est capable de s’entendre sur un concept d’identité Nationale clairement élaboré et structurellement définit. On pourra alors se poser des questions sur son avenir, ce qui le menace, ce qui doit être préservé, ce qui peut évoluer, …

Une drôle d’histoire

histoireJe n’ai jamais été très bon à l’école. J’aime savoir, mais je déteste apprendre. Bien sur l’histoire de France, matière qui à mon époque était l’archétype de « l’apprendre » était la matière que je redoutais le plus. Finalement, avec le recul du temps, je ne suis pas si mécontent de cette « impasse ». Je n’aurais pas, de toutes façons, appris ce que j’ai envie de savoir sur mon pays.

Je me fout des turpitudes des « grands de ce monde », de leurs guerres, de leurs massacres, de leurs complots, de leurs assassinats, … leur jeu n’est pas le miens.

Qu’as t on voulut m’apprendre sur mon pays ?

L’histoire de la France se résume à l’histoire des 5 % de puissants et des familles régnantes. Les autres 95 % ne comptent pas et ne font pas partie de l’histoire. Comme je suis plutôt dans ceux-la, je ne suis pas évidement d’accord !

Ces « happy few » auxquels on s’intéressent ne donnent pas une image reluisante de ce que fut notre pays.

Pas vraiment de VIP entre Vercingetorix, Clovis, et Charlemagne … donc pas vraiment d’histoire !

Charlemagne aurait put bien faire, mais las, il a inventé l’école … comment lui pardonner !

Les croisades de Saint Louis, passage ignominieux s’il en est. Aller, au nom d’une croyance religieuse, massacrer des mécréants. C’est du Saint Ben Laden en culotte de velours ! Ce n’est pas ce que je trouve le plus glorieux dans notre histoire.

La guerre de cent ans, Jeanne d’Arc brulée après un procès inique, le duc de Bourgogne éliminé, ….

Le duc de Guise assassiné, Henri IV assassiné, les arrestations et embastillages du Cardinal de Richelieu, le massacre des protestants, la croisade contre les cathares …

Louis XIV, XV, XVI, période de faste et de guerres, dépenses somptuaires qui affament le peuple et exaspèrent les sentiments contre les privilégiés

La révolution racontée comme une période de barbarie sanglante, exécutions, dénonciations, querelles civiles, luttes de pouvoir ….

Les boucheries et le Népotisme Napoléonien …

L’histoire de France c’est pour moi autre chose , c’est l’histoire d’hommes et de femmes qui ont fait notre nation, construit jour après jour l’identité dont nous nous parons.

Les milliers d’artisans, sculpteurs, maçons, qui ont bâtit les cathédrales, leurs familles, leurs espérances font partie de l’histoire de la France .

Les agriculteurs, les commerçant, ils ont aussi leur histoire qui est la nôtre.

Les institutions, la poste, l’administration, la justice, la police, c’est aussi notre histoire

Et la révolution, au-delà des horreurs, c’est aussi la déclaration des droits de l’homme. Le plus beau texte qu’il m’ai été donné de lire, l’alliance du romantisme et de la raison, de Lamartine et de Voltaire, de Rousseau et de Diderot,le document fondateur des civilisations modernes, la constitution des constitutions, le fondement , s’il en est, de l’identité Française !

De Napoléon, retenons plutôt le code civil, la création de la banque de France, les cours d’appel et de cassation, la cour des comptes, le développement du système métrique, des lycées, la construction de la bourse, le concordat avec l’église.

Et tous les poètes, écrivain, peintres, les philosophes, les mathématiciens, physiciens, chimistes, ne sont-ils pas plus l’histoire de la France que les militaires et les politiques.

Glorifions nous, s’il le faut, de ce qui est glorieux dans notre passé. N’occultons pas, mais jetons un œil critique sur les faits et la méfaits de notre histoire militaire et politique. Attachons nous, dans notre histoire, à ceux qui ont fait l’identité de notre pays, à ceux qui, peu ou prou, ont lutté pour l’humanité, et non à ceux qui ont tout fait pour la détruire !