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Les études sociologiques

Mariages arrangés, mariages d’amour

Il est de coutume, dans certaines civilisations moins « évoluées » que la notre que les mariages soient arrangés par les parents sans que les futurs époux aient leur mot à dire. C’est un usage qui nous paraît, à nous citoyens des pays occidentaux, totalement aberrant, injuste, voire un tantinet barbare. Dans nos civilisations nous privilégions le mariage dit « d’amour » sur ces mariages de raison, mais c’est un fait relativement récent. Il n’y a encore pas bien longtemps les mariages en France étaient arrangés par les parents pour des raisons socio-économiques (regroupement des fortunes, des patrimoines fonciers, pour assurer l’avenir de la future épouse, …). Ce n’est qu’à partir de la fin du XIXème, début vingtième siècle que la notion de mariage d’amour c’est imposée, soit  il y a environ 100 ans.

Pour mieux cerner cette conception du mariage tentons d’oublier de la voir par nos yeux et de nous mettre dans le contexte d’une époque et de sa culture.

Dans les temps anciens deux critères pouvaient garantir la survie de l’espèce :

  1. La force physique, garantie de la survie individuelle
  2. La fertilité garantie, de la survie collective

Ces deux notions ont institués la domination de l’homme sur la femme (force physique) et la notion de la protection qu’il lui devait (fertilité). Il semble que cet archaïsme dure encore, partiellement, de nos jours.

La civilisation évoluant lentement cette domination-responsable a placé les femmes dans un position de dépendance, à tel point qu’il n’existait pas de place dans la société pour une femme non mariée. Elle ne pouvait ni garantir son intégrité, ni assurer sa subsistance, et encore moins élever des enfants. Le mariage se présentais alors comme une nécessité vitale pour éviter une vie d’apocalypse. Il ne s’agissait pas d’assurer son bonheur mais tout simplement sa survie.

Il s’est institué ,tout naturellement, la responsabilité pour les parents, d’assurer l’avenir de leurs filles de leurs trouver un époux. En corollaire, et pour rendre les choses possible, il était indispensable que les parents puissent également imposer leur volonté à leurs garçons (qui devaient jouer leur rôle dans ce marché)

La notion de « mariage arrangé » c’est tout naturellement imposée sous la responsabilité des parents. Notons que les filles étaient redevables à leur père de leur trouver « un parti » et de tous les sacrifices que devaitt faire la famille pour les marier (dot, trousseau, cérémonie …) Les garçons n’étant pas en mesure de trouver par eux même une épouse (puisque les filles n’étaient pas disponible sans le truchement des parents) étaient redevable à leurs parents de leur trouver une épouse et de leur assurer un statut social.

Loin d’être l’horreur que nous imaginons aujourd’hui le « mariage arrangé » était plutôt vue comme une bénédiction !

Dans la littérature médiévale l’amour en garçons et filles  reste célébrée, mais plus sur le plan de l’amour impossible à concrétiser (Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Guenièvre et Lancelot).

L’amour : oui, mais le mariage d’amour : non !

En occident, c’est, sans doute, à partir de l’époque romantique que la notion de bonheur dans la relation homme/femme se développe. La démocratisation de l’éducation, sa laïcisation, l’accès des femmes à la culture ont progressivement placé l’individu au centre du débat et le mariage, pure arrangement social, est devenu une recherche du bonheur. Comme toujours les idées vont plus vite que les usages et le « mariage arrangé » a perduré un certain temps pour devenir tout à fait exceptionnel.

Il existe toujours un « gap » d‘une cinquantaine d’années entre les idées (les progressistes) et les coutumes (les conservateurs). On a récemment observé ces querelles avec les lois sur la contraception, l’avortement, le pacs, le mariage pour tous, aujourd’hui la PMA et sans doute demain la GPA. A chaque fois le conservatisme a lutté contre la nouveauté, mais à du s’incliner. Pas plus qu’on ne lutte contre la nature, on ne lutte contre l’évolution des civilisations.

Aujourd’hui la notion de recherche  du bonheur (propre aux civilisations de nantis !) est le fondement même du mariage, et le « mariage arrangé » nous paraît antinomique avec cet objectif. Il en est autrement dans des sociétés ou la vie est plus difficile et ou la notion de bonheur passe après la notion de survie. Essayons de voir chaque situation avec les lunettes qui conviennent. Nos lunettes de nantis (nos Ray Ban) nous offrent une version déformée de la réalité des autres sociétés. Ne jugeons pas les sociétés plus archaïques avec nos lois, comme d’ailleurs ces sociétés ne devraient pas juger nos comportements avec les leurs.

De nos jours la situation est, évidemment, complexe car les sociétés ne sont pas homogènes et coexistent les mouvements conservateurs et les mouvements dit « progressistes ». Cette dualité d’opinions est bien sûr génératrice de conflits. La diffusion très large de l’information entre les diverses sociétés active les désirs et les peurs. Les divisions au sein des familles et même dans l’esprit de chacun sont monnaies courantes. Les mutations de la société se font, c’est malheureusement le propre de l’homme, sur un fond d’intolérance et de façon chaotique.

Ce que l’on peut tirer comme leçon est que la notion de mariage, purement sociétale jadis et devenue, chez nous, une recherche du bonheur à deux. Avec l’accroissement des divorces, la dérive des mariages vers les pacs, on peut penser que nous nous tournons, dans le mariage, vers une recherche du bonheur individuel. Comme dans tous les domaines la société « s’Ubérise »  et vire au chacun pour soi… attendons la suite !

La démocratie à bout de souffle ?

Dans nos démocraties modernes, qu’elles soient représentatives ou directes, c’est l’opinion partagée par le plus grand nombre qui l’emporte dans les divers choix de la vie politique.

C’est un système qui a fort bien fonctionné dans les temps anciens, mais qui a cessé de fonctionner plus tard pour plusieurs raisons

  1. Au tout début de la démocratie (la République) les questions à débattre étaient plutôt simples et faisaient plus appel au bon sens qu’a la raison. Ainsi chacun pouvait proposer un choix éclairé à chaque problème posé et même une démocratie directe pouvaient avoir un sens
  2. Ensuite la démocratie, par le biais de la représentativité, est tombée entre les mains d’une classe éclairée et instruite à laquelle les majorités populaires faisaient confiance (dans la mesure où elles ne se sentaient pas en capacité de se faire une opinion sur les problèmes posés).
  3. Avec le développement de l’instruction et l’accession des couches populaires à la culture et à l’information le « gap » culturel entre les élites et « le peuple » a diminué. La majorité, jusqu’alors silencieuse, a commencé à devenir partie prenante de la vie politique, à se forger une opinion, et à souhaiter l’exprimer.
  4. Dans le même temps les élites dirigeantes, accrochées à leur pouvoir, ont eu tendance à négliger les opinions populaires et à ne pas en tenir compte dans leurs décisions. Il s’en est suivit une amorce de conflit entre une élite sûre de son pouvoir et du bien fondé de ses idées et des classes populaires, mieux affirmées dans leurs positions. La notion de contestation des élites est alors apparue.
  5. Si l’on ajoute que ces mêmes élites, si sûres de leurs convictions, ont été incapable de dégager entre elles un consensus. Ceci à forcement décrédibilisé leurs idées et renforcé l’idée, dans « le peuple » qu’elles n’étaient pas plus qualifiées que lui pour prendre les décisions. Apparaît alors la notion de démocratie participative, voire directe, que nous voyons émerger de nos jours.
  6. Malheureusement de nos jours les problèmes deviennent de plus en plus complexes et leur résolution devient l’affaire d’experts spécialisés dans des domaines précis. Tout un chacun ne peut plus avoir une vision éclairé de tous les problèmes.
  7. Nous en sommes à un point ou le rejet des élites se confronte à l’impérative nécessité de faire appel de nouveau à elles. Personne ne sait ,ni ne voit de solution à ce dilemme. Ils nous faut revisiter notre système politique … et cela ne pourra être issu que des élites intellectuelles.

Mais la démocratie, telle que nous la vivons est confrontée à un problème bien plus structurel. Si nul ne peut nier que la volonté des plus nombreux doit se manifester rien ne démontre qu’elle conduira à la meilleure solution. De nombreux exemples montrent que la volonté du peuple à souvent conduit à des catastrophes sanglantes ou mortifère (arrivée au pouvoir d’Hitler, Staline, Mao, Chavez, et même par certains aspects la révolution Française). D’autre part décider à la majorité sur des problèmes hautement techniques ou stratégiques est quasiment l’assurance de foncer dans le mur. Ce sont les démagogues qui encouragent le désir de démocratie directe car il se trouve que le peuple est beaucoup plus facile à manipuler que les élites intellectuelles. Tous les régimes totalitaires ont pour premier objectif d’éliminer les élites et de museler la presse en prenant appui sur « le peuple ».

La démocratie, pensée comme l’antidote à l’autocratie à encore de beaux jours devant elle. Par contre la volonté du plus grand nombre comme critère absolu des choix sociétaux et politiques est un système en fin de vie.

PS : On propose aujourd’hui d’organiser un referendum pour savoir si l’on doit ou non privatiser Aéroport de Paris. C’est un grand n’importe quoi. Combien de Français ont les compétences et le connaissances pour juger d’un tel choix. C’est messieurs populistes qui proposent cette solution s’adressent-ils, lorsqu’ils cherchent un conseil pour un placement financier, à des passants dans la rue ou à un conseillé financier ? se font-ils opérer par une charcutier sur un « rond-point » ou par un professeur de médecine ?

Les poncifs de l’art contemporain

On a distingué plusieurs grands courants dans l’art, depuis la fin du moyen âge. Ceux-ci ont d’abord explosés puis se sont éteints de leur « belle mort ».

  1. La renaissance. Vers les XV ème, XVI ème siècle, le besoin de sortir d’un art traditionnel, iconique, et répétitif se fait sentir. Les peintres cherchent alors à produire l’émotion par « le beau ». On cherche à reproduire la réalité (vécu ou fantasmée) dans son détail, avec précision. L’art devient esthétique, raffiné, enrichi de ses détails. Le précision de la forme, le choix judicieux des couleurs (dans la limite de la palette techniquement disponible à l’époque) deviennent les critères de la beauté. La forme brut, la représentation iconique de la pensée religieuse ne suffisent plus. Il faut de la richesse, de  l’enluminure, de la précision, du détail. L’esthétique devient le moyen d’accéder au beau. Progressivement en se développant l’art va se scléroser . Ce qui était le moyen d’accéder au beau devient un but en soi. Le raffinement n’est plus le chemin de l’émotion mais devient un but en soi. L’académisme prend le pas sur l’émotion. La technique n’est plus un moyen mais devient un but, et l’émotion n’est plus qu’un prétexte pour justifier l’art académique. Le diktat de la forme s’impose.
  2. Avec, disons les impressionnistes, les artistes s’efforcent de remettre l’émotion en avant et de se dégager de ces conventions mortifères pour l’art. La structure les a enfermées, ils veulent la rejeter. La déstructuration de la réalité dans l’art devient une nouvelle période. Ce sont d’abord la couleur, les tâches de couleurs qui vont remplacer la forme chez les impressionnistes et leurs descendants. Ensuite c’est la forme elle-même qui se transforme avec les mouvements cubistes. L’art se déstructure de plus en plus jusqu’à ce que la forme disparaisse dans l’art résolument abstrait. La non-structure devient le moyen de propager l’émotion, d’atteindre le but de l’art. Progressivement le moyen va se substituer au but, la non-structure n’est plus le moyen d’atteindre le sublime, mais une fin en soi. Il né un nouvel académisme, plus on déstructure, plus on fait une œuvre qui ne ressemble à rien et plus on est moderne et novateur. Le diktat de la non-forme s’impose.
  3. Il est intéressant de remarquer que l’évolution de ces deux grands courants de l’art reprend le cheminement de toutes pensées humaines. On part de l’émotion pure qui peu à peu se structure, se formalise, se crée ses règles et ses codes, jusqu’à s’enfermer dans le système qu’elle s’est construite. L’évolution de l’homme au cours de sa vie suit un chemin analogue. Du vécu purement émotionnel de l’enfance on passe progressivement au vécu principalement cognitif de l’homme âgé. De l’émotion créatrice et régénérative on passe au contrôle cognitif des situations et à une forme de sclérose. Il en est de même pour les sociétés humaines. Elles naissent d’un chaos, s’organisent, se structurent, s’hyper-structurent, produisent de plus en plus de règles protectrices qui en  fait les emprisonnent et finalement en meurent. C’est, sans doute, ce qui arrive à notre vielle civilisation occidentale. Nous étouffons nos agriculteurs, nos industriels, notre monde du travail, l’éducation de nos enfants, par des diktats, des préjugés, des concepts castrateurs, idéologiques, écologiques, protectionnistes qui les empêchent de vivre dans une forme de suicide collectifs.  Si je devais trouver un point positif à des personnages délétères comme Donald Trump ou Boris Johnson ce serait de garder cet esprit transgressif, sans doute puéril,  qui pourrait nous donner un espace de réflexion qui nous fait défaut. Comme quoi l’irraisonné peut mener à la raison !
  4. Actuellement l’art se cherche, il tâtonne, balbutie, part dans toutes les directions. Un jour viendra ou de jeunes artistes trouverons une issue et l’expression reprendra ses droits. Une nouvelle ère s’ouvrira pour les artistes, elle explosera sans doute dans ses débuts, puis générera ses codes et ses principes pour s’enfermer dans un nouvel académisme sclérosant. Ainsi va le monde !
  5. Les écueils à éviter pour ne pas tomber dans ce néo académisme sont nombreux dans l’art contemporain. Faire moderne pour faire moderne est le fruit de bien des poncifs. En voici les principaux :

a)  Le « destroy », « trash » « libidineux » :  Le coté régressif de beaucoup d’artiste ados attardés qui refusent de grandir, et refusent de franchir le stade « pipi caca ». Ils s’y complaisent, mais nous qui avons franchi ce cap, cela nous lasse !

b)  La répétition d’objets identiques à l’infini, organisé avec rythme ou pas. Une idée originale qui est devenu un cliché banal

c)  Le gigantisme : prenez un objet banal et grossissez le 100 fois, vous aurez une œuvre d’art. L’insolite dérange et peut créer une émotion … enfin la première fois !

d)  L’animation des objets avec un petit moteur programmé pour leurs faire exécuter certains mouvements d’ensemble. Les artistes découvrent la « petite mécanique » ils redécouvrent le train électrique de leur enfance. Ils ont l’impression d’inventer l’art cinétique mais font juste joujou avec de petit gadget.

Il reste cependant possible de réutiliser ces clichés en leur donnant un nouveau sens, une nouvelle vie. Ils peuvent alors reprendre de la vigueur narrative, sortir de leur académisme… on retrouve alors véritablement de l’art contemporain.

Plaidoyer pour une écologie raisonnée

Durant des siècles l’homme a utilisé la nature pour satisfaire à ses besoins et à ses désirs. Il a, sans scrupules, exploité les ressources naturelles et rejeté ses pollutions sans précautions particulières. Avec l’accroissement linéaire de la population et le développement exponentiel des besoins, la situation est devenue critique. C’est la naissance de la pensée écologique. Il est apparu que, pour laisser une chance d’exister à l’espèce humaine il était nécessaire de contrôler nos comportements, limiter le gaspillage des ressources, et limiter nos rejets polluants. Il fallait sauver la planète pour préserver les chances de vie de l’espèce humaine. 

L’idée à fait son chemin (sans doute trop lentement) et la sauvegarde de la planète s’est imposée comme une évidences à tous les terriens (sauf à un certain D. Trump !). Les mouvements écologiques se sont battus pour atteindre cet objectif, même s’il pouvait paraître à certains comme plutôt utopiste.

Progressivement le concept de « sauver la planète » c’est imposé comme un dogme, puis comme une idéologie. Il fallait sauver la terre à tous prix !

L’écologie a alors abordé le virage dangereux de « la confusion du but et des moyens ». La sauvegarde de la planète qui était le moyen d’atteindre un but (la sauvegarde de l’espèce humaine) est devenu un but en soi. La sauvegarde de notre espèce (but initial) n’est devenu qu’un prétexte pour atteindre le nouveau but. C’est l’inversion classique du but et des moyens.

L’utopie généreuse s’est transformée en idéologie radicale et beaucoup de nos néo-écologistes sont prêt à tout sacrifier, tout détruire pour atteindre leur objectif de sauver la terre.

Qu’importe l’avenir des agriculteurs si on sauve les abeilles et les papillons et les grenouilles.

Qu’importe l’avenir des mineurs et des industries minières si on évite les rejets polluants.

Qu’importe de bloquer les transports aériens, maritimes, terrestres, si on évite les rejets de CO2 et le réchauffement de la planète.

Qu’importe que l’on soit assez près de vaincre les cancers, il faut continuer à traquer les produits supposés cancérigènes contre vents et marées.

Il faut raison garder. L’écologie ne doit pas devenir un nouveau « Daech ». Ne détruisons pas l’espèce humaine pour son bien, pour la protéger.

L’écologie est surement un moyen efficace pour assurer la pérennité de la vie sur terre. Il faut en user, mais peut-être pas en abuser. Ce n’est pas forcément le moyen unique. N’avançons pas la « tête dans le sac » et envisageons des moyens complémentaires qui ne nous font pas défauts.

Lutter contre le gaspillage, la pollution, c’est bien. Pensons également à la régulation démographique, tant dans le nombre que dans la distribution géographique. Trop d’habitants sur la terre et c’est la catastrophe assurée. Trop de concentration en  certains points et trop de zones inoccupées et c’est une pitoyable utilisation de notre espace vital. Gérer les ressources c’est très bien, mais gérer l’eau, les terres arables, réhabiliter les zones désertiques, gérer « l’offre et la demande de vie » est aussi une nécessité.

Et surtout faisons confiance à la capacité d’adaptation de notre espèce aux variations socio-économiques et climatique. Même si les conditions de vie deviennent moins favorables, nous saurons trouver les moyens d’y remédier de nous y adapter. Nous avons survécu à bien des crises. Celle-ci n’est pas la première et, je l’espère, pas la dernière. En toutes crises les solutions dogmatiques, radicales, idéologiques, font souvent plus de mal  que de bien.

La seconde erreur de l’écologie

J’ai déjà signaler que la première erreur de l’écologie était de négliger l’élément fondamental dans la dégradation de la planète : « L’accroissement sans limites de la population terrestre »

Il me semble que l’écologie et les écologiste commettent une seconde erreur.

Dans la vie des partis politiques, et des divers corps constitués la confusion du but et des moyens est la règle la plus générale. Pour atteindre un objectif, un but, (par exemple instaurer la république, lutter contre la corruption, défendre des valeurs en danger) des citoyens s’unissent et forment un parti qui affiche son but. Pour atteindre ce but certains moyens sont à mettre en œuvre comme par exemple la prise nécessaire du pouvoir. Au bout d’un certain temps d’existence on constate que le but de ce parti est devenu la prise, ou la conservation, du pouvoir alors que ceci était initialement le moyen d’y parvenir. A contrario ce qui était le but initial, qui était par exemple lutter pour certaines valeurs, n’est devenu qu’un moyen, un prétexte pour justifier de l’accession au pouvoir.  C’est ce que l’on entend par : « La confusion du but et des moyens »

L’écologie n’a pas échappé à ce travers. Son objectif primaire était, bien sûr, d’assurer le bonheur et la prospérité, dans l’avenir, pour les habitants de la planète. Le moyen  à mettre en œuvre était la protection de la planète, des habitats, des espèces et des ressources. Tout ceci est louable, incontournable, inattaquable.

Avec le temps la protection de la planète est devenue un but en soi et le bonheur des habitants un prétexte pour justifier le nouvel objectif. Pour caricaturer on pourrait dire que les écologistes sont maintenant prêt à sacrifier ses habitants pour sauver la planète.

On comprend alors pourquoi l’écologie a bien du mal à être acceptée. D’un côté le concept même de protéger la planète pour assurer un avenir radieux (ou supposé radieux) à ses habitants et largement acté par les populations, mais d’un autre côté la démarche qui consisterai à sauver la planète au détriment des habitants ne séduit pas et a, évidemment, bien du mal à s’imposer.

Le principe de l’écologie et de la préservation des ressources ne peut et ne doit pas être remis en cause. Cependant on doit « coriger le tir » de deux façons :

  1. En prenant conscience que préserver la planète tout en laissant sa population croitre de façon incontrôlée n’est qu’un leurre. Si au fur et à mesure que l’on contrôle et réduit la consommation des ressources les besoins augmentent on essaye de « Remplir un tonneau des danaïdes ». On peut ralentir le processus, mais certainement pas l’inverser.
  2. Prendre en compte le fait que sauver la planète n’est pas une fin en soi. Par contre agir pour le bien des populations futures est un devoir pour chacun. Oublions, donc, l’idéologie radical et mortifère qui gouverne l’écologie. Lutter contre la dégradation de la nature et la disparition de ses ressources est sans doute l’un des moyens pour assurer l’avenir des humains, mais ce n’est peut-être pas le seul. Se battre contre les évolutions naturelles est un combat de titans et nous ne sommes pas sur de le gagner (il semble que nous soyons en train de le perdre !). Utiliser les immenses capacités d’adaptation de l’homme aux bouleversements naturels serait une autre voie d’accès à nos objectifs, elle est complètement occulté, actuellement, par le dogme de la sauvegarde , à tous prix, de la planète. Quand on n’est pas le plus fort, on ne montre pas ses muscles, et on essaye d’être le plus malin !

Essayons, donc, d’adapter la nature à nos besoins, d’adapter nos besoins à la nature. Économisons nos ressources, adaptons nos comportements, et mettons en place les structures pour survivre dans un environnement que nous ne souhaitons pas.

Tant que nous privilégierons les grenouilles à nos paysans, les coléoptères à l’habitat urbain, nous ne pourrons pas gagner.

Continuons à penser la nature au service de l’homme et non pas le contraire !

ABC du petit populiste

Il y a quelques principes qu’un apprenti dictateur doit connaître pour accéder démocratiquement au pouvoir

  1. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur le plus grand nombre
  2. Le principe démocratique impose de s’appuyer sur les populations les plus malléables, les plus influençables

La méthode va, maintenant, être de favoriser les masses peu cultivées et de ce fait peu douées d’esprit critique et au contraire de dénigrer les élites intellectuelles instruites et douées d’esprit critique.

Le populisme revient donc à donner la parole au peuple et à faire taire les élites intellectuelles et leur relai dans l’opinion, c’est à dire la presse. On retrouve là les stratégies de J.L.Mélanchon et M. Le Pen et dans un certain sens les dérives populistes de L. Wauquiez et des dirigeants socialistes.

Pour donner un exemple du principe de manipulation des masses, prenons celui du débat sur la privatisation des aéroport de Paris.

Tout d’abord, un premier regard sur les problématiques des sociétés nationales. Dans ces entreprises l’état est actionnaire, gérant et dirigeant. Dans le même temps l’état, via les citoyens est également client. De plus l’état, via ses fonctionnaires est également salarié. Les intérêts de ces trois parties sont évidemment antagonistes. Le dirigeant doit pérenniser l’entreprise, diminuer les couts et assurer les profits, les clients veulent un meilleur service à bas cout, et les salariés de meilleurs salaires  et des conditions de travail améliorées. Dans une société privée ces trois intervenants sont indépendant les uns des autres, souvent en conflit, mais chacun défend ses intérêts. Dans une société nationale ces trois parties sont une seule et unique entité : l’état. Dans ces condition cette entité doit s’avantager tout en se désavantageant, économiser en dépensant plus, bref se battre contre elle-même. Situation pour le moins schizophrénique qui aboutit souvent à des impasses.

Pour en revenir à la privatisation de ADP, l’approche des populistes serait, bien sûr : Cette société fonctionne très bien, elle rapporte un bon pécule à l’état, alors pourquoi s’en séparer. Argument imparable et qui fait mouche auprès de personnes habituées à gérer leur budget personnel, sans mettre en œuvre les notions d’investissement ou autres perspectives à long terme. Ainsi présenté l’option, gardons à l’état la gestion de ces aéroport, s’impose comme une évidence pour « le peuple ».

Poussons l’analyse un peu plus loin. Pour assurer la rentabilité, à terme, de ces aéroports compte tenu du développement et des évolutions dans le transport aérien cette entreprise doit constamment s’adapter et ceci entraine des nécessités d’investissement colossaux (c’est ce que l’on observe sur tous les aéroports de la planète). L’état a , bien sûr, les capacités à réaliser ces investissements, mais il a aussi des capacités d’investissement limitées. Il doit de plus investir dans l’éducation, les hôpitaux, les transports terrestres, les voies de communications, l’énergie, …. Et a du mal à assurer le financement dans tous ces secteurs.

Restent les investissements dans les technologies de demain (télécommunication, intelligence artificielle, biotechnologies, recherches médicale, transition énergétique, etc. etc.). Si ses investissements ne sont pas fait, dans une dizaine d’années, notre pays sera à la traines des autres et vassalisé par les états qui auront su prévoir l’avenir et voir plus loin.

Sans prendre parti sur le fond de la question on voit que le problème est infiniment plus complexe qu’il n’en a l’air. Il s’agit de définir le rôle de l’état en tant que gestionnaire des affaires courantes ou en tant que promoteur des solutions d’avenir. Faut-il laisser au privé la gestion des affaires courantes ( ce qu’il sait très bien faire) et dédier à l’état le rôle d’orienter le pays vers son avenir (ce que ne fera pas le privé) ? ou au contraire engranger les revenus et laisser l’avenir du pays au main du privé (Français ou étranger) ? C’est un choix délicat que même les « experts » ont du mal à assumer. Personnellement j’ai bien mon idée mais je suis loin d’être sûr de mon choix, et je doutes que les discussions « sur les ronds-points » puissent nous apporter des solutions crédible.

Tout ceci pour montrer les dangers inhérent au populisme et comment avec des argumentations simplifiés on peut facilement manipuler une opinion crédule par manque de connaissance. Il est certain qu’avec de tels arguments un référendum populaire sur la question pencherait largement en faveurs de la conservation de ADP au sein de l’état (parmi une population qui, paradoxalement, a une vision très négative de la gestion de l’état sur son patrimoine)

On en revient au principe de base :

Pour devenir très démocratiquement un bon dictateur : s’appuyer sur le peuple, faire taire les élites et leur relais. C’est la voie choisie par Hitler, Staline, Mussolini, Mao, et plus récemment par Chavez, Poutine, et Erdogan avec le succès et les conséquences que nous connaissons. Méfions-nous de ceux qui, dans notre pays, préconisent ces méthodes

Protection légale des « hors la loi »

Dans la république la loi et censée protéger les citoyens contre tout danger extérieur ou intérieur. Actuellement de nombreux conflits opposent ceux qui sont chargé de faire respecter la loi et l’ordre public et ceux qui outrepassent leurs droits. La notion de « bavure policière » est représentative de ce problème.

Lorsqu’un individu se met hors le loi en outrepassant la protection qu’il doit à ses concitoyens, il reste, cependant, protégé par la loi contre toute réponse excessive, de ceux qu’il lèse. Un individu, même « hors la loi » conserve ses droits civiques tant qu’il n’en a pas été déchu. Il n’en résulte pas une dissymétrie dans les droits théoriques de chacun (celui qui s’affranchi de ses obligations citoyenne étant alors considéré comme « hors la loi ») mais par contre une profonde dissymétrie dans la jouissance de ces droits. Ceux qui s’affranchissent des contraintes de la loi sont privilégiés par rapport à ceux qui les respectent. La république se doit de corriger ces inégalités en obligeant tout citoyen à respecter la loi et à punir les contrevenants en conséquence.

Ce pose alors la question des moyens mis en œuvre pour débusquer les délinquants, les juger, et les punir. Ceci pose diverses questions :

  1. Un problème de morale. Dans quel mesure les forces de police, de justice, ont-elles le droit de transgresser la loi pour réagir contre la délinquance. En ce qui concerne la justice, chargée d’appliquer la loi, de juger en son nom, il semble difficile de les autoriser à ne pas la respecter. En ce qui concerne les forces de police, le problème peut se poser. La réponse de chacun se fera selon sa propre sensibilité. Par exemple les individus à sensibilité, disons pour simplifier, de gauche, partisans de la solidarité nationale, des valeurs éthiques, du respect de l’état auront tendance à récuser cette possibilité. Par contre ceux de sensibilité, toujours en simplifiant, de droite partisans de l’efficacité, du respect de l’ordre, du droit individuel face à l’état pourront plus facilement l’accepter.
  2. Si se problème moral est tranché dans le sens d’une autorisation pour la puissance publique à transgresser sa propre loi selon le bon adage : «  la fin justifie les moyens » se pose les limites de cette transgression. Les forces de police ont-elles toute latitude pour outrepasser leurs droits habituels ou doit-on leur imposer des limites pour leur autoriser une réponse, disons « proportionnée » à la situation à laquelle elles ont à faire face. Cette notion ayant l’avantage de représenter un compromis entre les deux positions énoncées au point précédent.
  3. Reste alors à fixer cette limite et à établir la notion de « proportionnalité » entre des éléments disparates. On pourrai alors proposer des proportionnalités, ou des hiérarchisations, comme par exemple :

une certaine capacité de transgression de la loi pour un vol de 100 €, une capacité encore plus grande pour un vol de 1000 €, et encore nettement plus grande pour un vol de 100.000 €

Une certaine capacité de transgression de la loi pour une bagarre, une capacité  plus grande pour une agression avec blessure, et une capacité encore plus forte pour un meurtre.

Cette hiérarchisation est envisageable entre des délits de même nature mais devient très complexe dans le cas de délits de nature différente. Comment comparer la capacité de transgression de la loi vis à vis d’ un vol de 1000 € ou d’ une agression avec blessure. Ceci revient à se poser la question de la nuisance, vaut-il mieux se faire voler 1000 € ou se prendre « un pain dans la tronche » ? C’est un débat hautement subjectif.

La notion de « proportionnalité » est du domaine mathématique et ne peut s’appliquer qu’à des grandeurs quantifiables. Elle n’a que peu de sens appliquée à des valeurs morales ou éthiques.

La notion de « proportionnalité » ne peut donc véritablement se trancher de façon rationnelles, quantitative, objective.

Prenons un exemple simple, par exemple un commerçant qui se fait braquer avec une arme. Quel peut être sa réponse proportionnée. Supposons qu’il s’agit d’une arme factice.

  1. L’arme étant inoffensive, le danger objectif et très faible et le commerçant est sensée avoir une réponse plutôt « molle »
  2. Mais le commerçant ne sait pas que l’arme est factice et pour lui le danger est réel et même pressant. Il est en droit d’avoir une réponse plus musclée pour défendre son intégrité physique.
  3. Comment s’appréciera la proportionnalité de la réponse à apporter, sur base du danger objectif ou subjectif ?
  4. Cette réponse sera apportée par le juge, sans doute quelques mois après l’incident au cours d’un future procès.
  5. Comment le commerçant, en une fraction de seconde, peut-il évaluer la future réaction d’un juge inconnu, dans un procès qui ne s’est pas encore tenu ?

Cette notion de « proportionnalité », bien que séduisante au demeurant, paraît dans les faits bien difficile à appliquer.

Le problème est de même nature en se qui concerne les forces de l’ordre qui doivent évaluer, en un instant, le danger immédiat présenté par un délinquant et surtout dans quelle mesure sont attitude présente peut dégénérer ou non en un danger final.

On voit comment les notions de « légitime défense » et de « réaction proportionnée », satisfaisantes sur le papier sont très mal adaptées aux situations réelles.

La question est loin d’être tranchée. L’institution policière et judiciaire doit-elle strictement respecter les règles qu’elles ont elle-même fixées, et dans ce cas se trouver en position d’infériorité dans la poursuite des délinquants (qui eux n’ont aucune entrave légale à leur action) au risque de favoriser la délinquance ? Avons-nous le droit, au nom de nos valeurs ou de notre bonne conscience, d’exposer les fonctionnaires chargés de nous protéger à des risques parfois mortels ?

En d’autres termes lorsqu’un individu choisit de s’abstraire des règles et lois en vigueurs doit-il encore bénéficier de la protection d’une loi qu’il bafoue ? L’éthique doit-elle l’emporter sur l’efficacité et la sécurité ?

La notion de « mourir droit dans ses bottes pour défendre ses valeurs » semble un comportement typique d’un romantisme Français, bien inscrit dans notre « pseudo identité nationale »

Prendre aux riches pour donner aux pauvres – Une fable !

C’est un slogan universellement entendu, et qui « fleuri sur les ronds-points » en cette période agitée. Pour beaucoup c’est la panacée, l’arme ultime de la justice sociale.

Il est évidemment extrêmement choquant d’envisager certain de nos concitoyens vivant dans de luxueuses villas, alors que d’autres (plus nombreux) se trouvent confinés dans de petits et misérables logements insalubres (quel que soit la justification que l’on peut donner à cette inégalité).

J’ai eu l’occasion de montrer comment cette affirmation est erronée et relève du plus pur populisme. Pour le débat, restons en France.

  1. Supposons une personne très fortunée avec, disons, un capital de 30 milliard d’euros. On est là sur la première fortune de France. Ce capital lui assure, bon an mal an, un revenu après impôts, si elle en paye, d’environ 400 millions d’euros (à la louche !)
  2. Supposons maintenant que l’on « spolie » cette personne de son capital (comme on l’a fait pour les juifs, pour l’aristocratie Russe par exemple). L’état se retrouve avec un revenu de 400 millions d’euros à répartir entre environ 40 millions de Français, soit environ 10 euros par Français et par an
  3. Supposons que la « razzia » s’étendent aux 200 plus gros possesseurs de la nation, pour un capital total de 300 milliards d’euros. Le revenu à répartir serai d’environ 100 euros par an et par Français, soit à peu près 8 euros par mois. Voilà qui ne va pas bouleverser la vie de nos concitoyens (à l’exception de ceux qui ont été spoliés)
  4. Parlons maintenant du capital qui reviendrait à la nation, environ 300 milliards d’euros. Il est principalement formé de parts de sociétés et de placements dans des fonds d’investissement. C’est ce capital qui assurerai aux français ce petit revenu de 8 euros par mois.
  5. Pour redistribuer de capital l’état Français devrait avant tout le céder pour obtenir les liquidités nécessaires à la redistribution. Malheureusement ce capital ayant été confisqué par l’état Français aucun investisseur ne sera soucieux d’en acquérir la moindre part sachant que ce qui est arrivé une fois ne peut que se reproduire et que devenir propriétaire d’un bien qui risque fort d’être confisqué dans un avenir proche n’est pas motivant. La valeur marchande de ce capital est quasi nulle.

D’autre part il n’y aurai plus en France aucun acheteur potentiel puisqu’on aurai décapité les grandes fortunes. Le seule solution serai de brader à très, très bas prix les fleurons de l’économie Française à  des investisseurs étrangers. Une totale catastrophe qui couterai, à terme, aux Français bien plus de 8 euros par mois ! Les riches ne sont pas assez nombreux. Il est vrai que si ils étaient nombreux on ne pourrai plus les considérer comme riches.

Bien sûr on pourrait descendre encore plus bas le seuil de « spoliation » et l’étendre aux classes moyennes. Ceci amènerai un peu plus de revenus à distribuer aux plus pauvres et on pourrait atteindre un niveau de redistribution de 10 à 12 euros par mois, à condition d’augmenter très largement le nombre des « spoliés ». On est très proche de « la dictature du prolétariat » avec les conséquences que l’on connaît.

Ajoutons que cette politique de redistribution forcenée nuirait à la capacité d’investissement dans les entreprises car, ce sont les riches qui investissent et ce ne sont pas les 10 euros distribués à chaque Français qui seront réinjectés dans l’économie (il serviraient plutôt à acheter des produits chinois). L’économie Française déclinerai assez rapidement pour devenir vite moribonde. C’est par ce processus de redistribution à tout va  et donc de sous-investissement que Hugo Chavez a ruiné son pays et conduit le Venezuela à la crise humanitaire, sociale, et économique qu’il connaît aujourd’hui.

Convenons que mon analyse est très schématique et discutable dans sa forme. Cependant je la crois juste sur le fond, d’autant qu’elle est étayée par des expériences déjà vécues. (révolutions Française, Soviétique, Chinoise, Cubaine, Bolivarienne/Venezuela, …). Gardons-nous des solutions populistes simplificatrices à l’excès. On ne commence pas une telle lutte contre les inégalités (car c’est bien de lutte légitime dont il s’agit) en se tirant une balle dans le pied.

PS. Évidemment je n’ai même pas envisagé la riposte des plus riches consistant à s’expatrier, investir à l’étranger, ou délocaliser leurs entreprises .Et de plus l’isolement de la France sur le plan international serai total ! Bonjour les dégâts.

PPS. On a toujours vu, après chaque « révolution populaire » après élimination de la classe dominante émerger une nouvelle classe de « riches » issue des classes populaires qui ont fait la révolution. Ces « nouveaux riches » ont exactement le même comportement que les « anciens riches » ! Il n’y a pas deux catégories d’individu, les riches et les pauvres, il s’agit d’une même espèce « Homo sapiens ». On reproche au riches d’en vouloir toujours plus, mais on constate que les pauvres, c’est bien naturel, en veulent également toujours plus.

Les pauvres ne sont que des riches sans argent, c’est par ce biais qu’il faut juger des inégalités

Les réseaux sociaux, une illusion de démocratie

Il existe, dans nos civilisations plusieurs freins à l’expression des classes populaires et les moins cultivées

  1. L’expression orale dans notre univers complexe suppose un certain niveau de connaissances, un capacité d’analyse et de synthèse, une gymnastique dialectique que l’on ne peut acquérir que par l’éducation, l’instruction. Ce n’est pas un hasard si dans notre monde politique ou la dialectique règne en maitre les représentants de la nation sont généralement issus des grandes écoles (ENA, Science-po, magistrature…). C’est un univers dans lequel les classes populaires ne peuvent trouver leur place faute d’arguments structurés pour faire valoir leur point de vue.
  2. Le « bien-pensant », le « politiquement correct », la peur du jugement des autres, la crainte de se sentir ridicule ou impuissant, bloquent l’expression de ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans le discours.

Les réseaux sociaux ont fait sauter tous ces verrous et libérés la parole commune

  1. Parce que l’on peut s’y exprimer sans craindre la contradiction et donc sans crainte de voir démolir ses arguments par un interlocuteur plus habile ou mieux informé.
  2. Parce que l’anonymat protège du ridicule et que chacun peut s’y exprimer sans crainte de voir écorner son image.

Voilà les points positifs que l’on peut attribuer aux réseaux sociaux. Malheureusement tout bonheur à son revers et nos réseaux ne font pas exception à la règle.

  1. L’absence de débat contradictoire permet d’exprimer n’importe qu’elle opinion, de diffuser n’importe qu’elle information sans qu’elle puisse être discutée, tempérée, ou réfutée. C’est donc le terrain de prédilection pour la diffusion de fausses nouvelles, d’opinions extrêmes qui seraient censurées dans les média classiques. C’est donc le moyen de communication des « lanceurs d’alertes » mais aussi de tous les recalés de la société dont la rage destructrice trouve ici un écho sans obstacle.
  2. Ces réseaux paraissent être un vaste forum ouvert dans lequel les opinions diverses peuvent se télescoper, se confronter. Il devrai s’en dégager une opinion, plus ou moins, consensuelle et respectueuse de notre démocratie

En fait il n’en est rien. La structure même de ces réseaux basés sur la notion virtuelle « d’amis » fait que les informations vont circuler dans un cercle fermé (si large soit-il) d’amis présentant des caractéristiques culturelles, des affinités voisines. L’information contradictoire circulera dans un autre cercle « d’amis » tout aussi homogène en affinités et culture. De ce fait la confrontation des idées n’aura jamais lieu et ce qui devrait-être un forum ouvert ne sert qu’à conforter chacun dans ses idées. Les réseaux ne sont pas une zone de débats mais une zone de propagande (information ans contradiction) pour des groupes fermés.Compte tenu des ce qui précède les réseaux sociaux sont le point de rencontre de tous ceux en recherche d’absolu, les jeunes ouverts, influençables et donc facile à manipuler, les radicaux de tous poils (Extrêmes droite et gauche, radicaux islamistes, propagande internationale). Les « recruteurs » y trouvent à la fois le public (proie) qu’ils recherchent et le terrain sur lequel ils peuvent avancer leur argumentation sans contradiction dans un univers déjà acquis.

Les réseaux sociaux qui auraient dut être le lieu de convergence des opinions, de confrontation des idées dans un vaste forum ouvert sont devenus un ensemble de sous-réseaux fermés, sans communication les uns avec les autres. Chacun de ces petits réseaux fonctionne en vase clos, limités à des abonnés de même couleur idéologique. Chacun peut y conforter ses opinions aux contact de ses « amis » qui pensent comme lui et ainsi renforcer les certitudes qu’il avait initialement. Qu’il s’agisse de réseaux à visées politique, religieuse, culturelle, sportive, éducative, d’échange de banalités par les jeunes, ou autres ils sont un lieu de renforcement des certitudes.

Loin du forum ouvert, ces réseaux deviennent un lieu de sclérose des opinions, de renforcement des certitudes absolues, de radicalisation, d’uniformisation dans un cercle.

On ne progresse dans la « sagesse » qu’en se confrontant aux opinions différentes. On ne progresse que par la remise en cause de ses certitudes.

PS : J’ai connu une expérience analogue dans un autre cercle fermé en relation, la communauté scientifique. Un chercheur avait dans ses recherches démontré une certaine propriété. D’autres avaient utilisé ce résultat pour s’en servir dans leurs propres travaux, si bien que dans de nombreuses publications ce résultat était validé. Il était devenu, par le fait, un sorte de vérité avérée par sa notoriété dans la littérature scientifique. Il s’est, par la suite, révélé que ce chercheur avait fait une erreur (ce qui est fréquent dans la recherche !) et que cette apparente vérité n’était qu’une sorte de « fake news ». Il faut toujours se méfier et la notoriété n’est bien souvent pas un critère de vérité.

Nos députés sont-ils « hors sol »

C’est devenu une forme de « leitmotiv » entonné par tous les biens pensants pour expliquer la crise actuelle de la représentativité de nos élus.

Faisons un petit rappel constitutionnel. En France les députés ont un mandat dit « représentatif », ce qui signifie que bien qu’élus dans une circonscription chaque député représente l‘ensemble des citoyens Français. Ils n’ont aucune responsabilité vis à vis des électeurs de la circonscription dans laquelle ils ont été élus. Ils n’ont, en principe, aucune légitimité dans ce qu’ils appellent « leur circonscription ».

Pourtant ils agissent et sont actifs sur le plan local, et ce pour deux raisons principales

  1. Pour des raisons purement clientélistes et électoralistes. Car s’intéresser à la vie locale dans leur circonscription est un gage de satisfaction des électeurs et donc de réélection.
  2. Parce que, étant amenés à voter des lois qui ont des répercussions purement locales ils sont amenés à « prendre le pouls » de leur territoire pour prendre connaissance des désidérata de leurs électeurs.

Le problème vient de notre structure de décisions. Des députés représentant l’ensemble des citoyens sont amenés à prendre des décisions « régaliennes » ce qui est parfaitement logique, mais également à prendre des décisions touchant des territoires locaux, des populations ciblées (en général dans certaines régions). C’est dans ce deuxième volet que leur rôle devient pour le moins ambiguë. Nos députés ne sont pas « hors sol » mais plutôt amenés à légiférer sur des questions un peu hors de leurs compétences. On ne peut avoir un mandat national (régalien) et être impliqué dans des décisions purement locales. Il y a donc une contradiction dans nos institutions.

Les décisions régaliennes devraient être du ressort des députés (représentant l’ensemble de la nation) et les décisions locales devraient être du ressort des représentants locaux.

C’est tout simplement le problème de la décentralisation qui est ici posé.

Nos institutions sont, dit-on, un mille feuilles. Je dirais plutôt qu’elles sont un mille feuilles sur lequel aurait roulé un camion.

Non seulement nos institutions sont constituées de strates multiples et partiellement indépendantes, mais les dites strates s’interpénètrent et se mélangent.  Les députés empiètent sur les autorités locales, les préfets également, les conseils régionaux, généraux, maires, communautés de communes, métropoles agissent sur les mêmes territoires en ordre dispersé. Il en résulte paralysie ou lenteur, pagaille, gabegie, et incohérence dans les politiques. Bien sûr dans cette confusion chacun défend son « pré carré » et son petit pouvoir local. Chacun prône la décentralisation (qui lui donnerai du pouvoir local) mais chacun la combat (car elle risquerai d’écorner sa position de petit chef).

Un des avantage de la décentralisation serai de rapprocher les décisions de ceux qui les subissent, ce qui serai dans « l’air du temps ». De ce fait, de nombreux problèmes qui divisent la nation auraient une portée plus régionale, et seraient donc moins impactant. De plus l’homogénéité dans une région étant plus forte que dans une nation les problèmes surviendraient moins fréquemment et avec une moins forte intensité. Évidemment, la difficulté est de définir quel niveau de décentralisation on souhaite. Doit-on donner une certaine autonomie aux régions ou faut-il aller vers un état fédéral ? et, dans ce dernier cas dans quel mesure abandonner notre « jacobinisme national » et accepter que les diverses régions ne fonctionnent pas de façon identique, que certaines politiques, certaines législation puissent différer d’une région à l’autre.

Il paraît certain que des décisions concernant par exemple la chasse ou la pêche n’ont pas à être prises au niveau national mais en fonction d’impératifs locaux. Les filières éducatives, les politiques industrielles sont liées à des conditions socio-économiques régionales et la région Provence Cote d’azur n’a, en la matière, pas les mêmes besoins que la région Lyonnaise par exemple. Pourquoi des électeurs du nord de la France ou de Bretagne prendraient-ils part à une décision concernant uniquement la Corse ? Une décentralisation conduit à des décisions mieux adaptées aux nécessités et donc plus acceptables.

Une décentralisation, outre les problèmes d’ego et de pouvoir des dirigeants en place, pose les questions du partage des pouvoirs et des responsabilités (donc des charges) , de la collecte des recettes, donc des budgets nationaux et régionaux

Un squelette, d’une structure simple et qui ne bousculerai très peu notre structure administrative (mais qui bousculerai beaucoup nos institutions), serai d’avoir :

  1. Une structure nationale, avec le président de la république, le gouvernement et les parlementaires, en charge des questions régaliennes (pouvoir législatif, exécutif national, armée, police nationale, coordination européenne, affaires étrangères, coordination avec l’Europe, coordination entre les régions, …  ) et dotée d’un budget national.
  2. Des autorités régionales (conseils régionaux, généraux, municipaux) Chargées de l’administration régionale, dont les compétences dépendent du degré de décentralisation souhaitée et dotées d’un budget régional.
  3. Une fonction (préfets) en charge de la liaison entre le pouvoir central et le pouvoir régional.

Tout ceci représente un immense chantier semé de milles embûches et suppose donc une volonté farouche d’y parvenir (ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent). Néanmoins le rejet des administrations centralisées est tel que nous nous verrons obligés d’agir en ce sens. Plutôt que de subir les événements précédons les. Voilà l’occasion de lancer un grand débat national qui permettrai à chacun de se forger une opinion, de peser le pour et le contre de la décentralisation. L’opinion publique est lente à se cristalliser, il lui faut du temps pour s’acclimater à une idée, et le brassage des suggestions est le terreau ou elle se construit. Avant de proposer une idée, quelle qu’elle soit, il faut préparer les citoyens à la recevoir.

Vécu objectif et ressenti d’un événement

C’est l’erreur des technocrates de croire que les événements tels que analysés selon des critères objectifs et rationnels sont vécus de la même façon par les individus.

La première évidence et qu’un événement public peut être vécu très différemment par divers individus (en fonction de leur culture, des circonstances, du contexte) alors qu’il sera interprété de façon univoque sous forme de statistiques ou d’analyse rationnelle.

On peut dire que le vécu d’un événement ne représente jamais cet événement en termes de réalité objective, mais qu’il est le fait de la confrontation du fait avec l’individu qui l’observe (encore u clin d’œil à la théorie de la relativité ou un événement n’est plus un fait en soi, mais l’observation d’un fait par un observateur)

Ceci  remet en cause tous les principes de réalité. Un événement n’existe que s’il est observé (en tant que tel ou dans ses conséquences). Il en résulte qu’un événement ne peut exister en dehors de la perception qu’en ont les observateurs et que sa réalité propre ne peut être apprehendée ou n’existe pas (ce qui revient au même).

Les Français se plaignent de la baisse du pouvoir d’achat alors que tous les chiffres montrent que celui-ci n’a cessé de croître ces dernières années. C’est évidemment parce que la mesure du pouvoir d’achat envisagée par les « technocrates statisticiens » et par les populations est différente. Pour les « statisticiens » la mesure du pouvoir d’achat se fait par comparaison ente le revenu disponible des ménages et le cout d’un « panier » standard représentatif de leurs consommations. Pour le citoyen la comparaison se fait entre la capacité d’achat du revenu des ménages et le désir d’achat de ces ménages. La naissance de nouveaux désirs, de nouveaux besoins, étant plus rapide que la croissance des revenus le citoyen à une perception négative de l’évolution de son pouvoir d’achat, alors que le « statisticien » en a une vision positive.

Les Français ont une grande crainte du terrorisme et des terroristes, pourtant celui-ci n’a fait «  que » 10 morts en 2018, alors que le mouvement des « gilets jaunes », plutôt sympathique à l’opinion publique en a causé 11, et que les accidents de la route, considérées avec un certain détachement en ont causé environ 3000 ! Il n’y a aucune corrélation entre le sentiment d’insécurité ressenti et le risque réel auquel on peut être exposé. A tel point que la limitation de vitesse à 80 km/h est ressentie comme une atteinte à la liberté, alors qu’elle pourrait, en toute objectivité, sans doute éviter bien des morts sur la route.

La preuve que l’opinion publique est agité par des réactions irrationnelles est qu’elles peuvent être extrêmement variable dans des temps très courts.

Il y a encore peu la crainte majeure des Français était le chômage. Les attentats du Bataclan et de Nice ont déplacé cette priorité sur la crainte du terrorisme et la polémique sans fin sur les « fichiers S ». Puis est venu le mouvement des « gilets jaunes » qui a entrainée l’opinion public vers la notion de « pouvoir d’achat ». Exit le terrorisme et personne ne s’offusque que l’ensemble des forces de police et gendarmerie soient maintenant focalisées sur le maintien de l’ordre, la poursuite des « casseurs » et la sécurisation des lieux publics. Place libre aux terroristes pour préparer leurs prochaines attaques.

Plus troublant encore est que l’ensemble des revendications actuelles portent sur une contribution massive de l’état au soutien de la consommation au détriment de l’aide à l’emploi, et par conséquences à la lutte contre le chômage. Dans les priorités des Français le chômage et maintenant passé en 8ème rang.

On voit que les priorités de nos compatriotes fluctuent de façon irrationnelles et sans rapport avec les dangers réels liés à ces trois thèmes qui eux sont restés à un niveau de risques sensiblement invariants durant toute cette période. Il y a une nette dissociation entre les risques encourus et le sentiment d’anxiété vécu.

Ceci pose une difficulté au niveau  des décisions politiques. Faut-il calmer les angoisses de la population en servant le « sentiment » du risque, ou apurer la situation en gérant le risque « réel » ? La démagogie, le populisme imposent de satisfaire les attentes morbides de la population, quitte à prendre des mesures aussi spectaculaires qu’inutiles (elles doivent être surtout très visible), et à laisser de coté les mesures nécessaires (qui aux yeux des citoyens paraissent des mesures inutiles). Le choix est délicat car qui ne propose pas les mesures rassurantes sera rejeté par la population comme refusant de voir et d’aborder les vrais problèmes

C’est à cela qu’on mesure combien la décision politique est compliquée, et combien la politique est un arts plus qu’une science.

La démocratie est-elle encore démocratique

Il y a peu de temps (après les émeutes de banlieue) on stigmatisait les « racailles », ces gamins sans éducation qui ne pensaient qu’à détruire, bruler les voitures, caillasser les flics, racketter les populations  et imposer leur domination dans des zones de « non droit ». On à même presque fait l’éloges des « dealers » qui pour préserver leur business s’efforçaient de conserver une certaine paix sociale (comme le font les dirigeants de pays développés en arrosant les dirigeant Africains ou autres pour qu’ils conservent leur pays en paix – par tous les moyens- et permettent ainsi l’exploitation tranquille des richesses minières ou pétrolières)

Puis est venu le tour des « zadistes », pseudo écolo anarcho gauchiste qui prétendaient imposer leur loi sur « leur territoire » et s’opposer à des décisions prises par l’unanimité de nos représentants. Barricades, bagarres de rue, et caillassage de flics.

Viennent maintenant les « gilets jaunes », autre groupe informel et protéiforme qui décide de bloquer la circulation, l’accès à des zones commerciales, aux autoroutes, et s’autorise à piller, saccager, … et bien sûr, c’est un incontournable caillassage de flics.

Mélenchon a bien sûr soutenu les »gilets jaunes » et les « zadistes », mais pas les « racailles » … quand même ces arabes pourraient se tenir à leur place.

Dans ces trois mouvements, beaucoup de points communs, la difficulté à s’intégrer dans un système social très inégalitaire (même si la France est l’un des pays les moins inégalitaires dans le monde) entrainant une sorte de dés errance sociale, et bien évidement la forme d’action, commandos guérilla, paralysie de l’activité, destructions des biens, et échauffourées avec la police. Les « gilets jaunes » ont largement dépassés la « racaille » et les « zadistes » dans l’exercice de la violence.

Mais le trait le plus marquant et le rejet des institutions. Ces groupes étant minoritaires dans le pays (et totalement incapable de s’unir) les institutions démocratiques ne leur permettront jamais d’imposer leurs idées. La tentation est grande de dénier toute démocratie et de choisir la voie de la force, la loi du plus fort pour atteindre leurs buts. (rappelons que la démarche de Daech est fondée sur les mêmes principes). Alors bien sûr se pose le problème de notre démocratie. Et pourtant tous ces groupes se réclament de la démocratie !

La démocratie est littéralement le « gouvernement par le peuple » ce qui en l’absence d’institutions représentatives peut confiner à l’anarchie. Pour éviter cette dérive on a pris l’habitude d’appeler démocratie un système politique dans lequel chacun peut exprimer ses volontés et dont les décisions sont prises à la majorité. Petit à petit avec « l’Ubérisation » de notre espace publique l’idée s’est faites que la démocratie était un système politique ou chacun pouvait exprimer ses volontés et où chacun était en droit de les voir se réaliser. En ce sens la démocratie avec son choix majoritaire est largement décriée, ce choix majoritaire étant considéré comme un autoritarisme totalitaire. On voit constamment des décisions démocratiques (c’est à dire prise par une majorité dans des instances représentatives) remises en cause, souvent de façon violente, par des groupes minoritaires. Un exemple très significatif est celui du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-landes (sans aborder le problème du bien-fondé ou non du projet) adopté par toutes les instances représentatives, confirmé par l’institution judiciaire, puis par un référendum populaire, remis en cause par une minorité active reniant tout processus démocratique au nom de la sacro-sainte démocratie.

La nouvelle vision de la démocratie serai une démocratie directe (sans passage par des corps intermédiaires représentatifs) ou chacun pourrai s’exprimer en son nom propre. Outre la complexité technique de cette prise de décision (Athènes avait 250.000 habitant dont seulement 40.000 votants, alors que la France compte 43.000.000 d’électeurs) due au fait que l’on prend en France des milliers et des milliers de décisions législatives ou administratives par an,  elle ne résous nullement le problème de la non reconnaissance du choix majoritaire.

Le problème de notre démocratie n’est pas facile à traiter. Peu de gens reconnaissent la démocratie et chacun veut « sa démocratie ». Ce phénomène d’ « Ubérisation » des volontés pose problème en tout les domaines. Chacun veut être maitre de son destin et responsable de ses décisions, chacun veut être son propre patron, et pourtant en cas de difficultés chacun se retourne vers l’état, vers la solidarité collective. On veut les avantages de la société sans en subir les contraintes.

C’est une équation que sociologues et économistes auront bien du mal à résoudre !

Une des solutions possible serai une décentralisation efficace en donnant au régions une véritable autonomie (sans oublier l’état central responsable des décisions régalienne). La France compte 13 régions métropolitaines et 5 régions d’outre-mer, la régionaliser sous forme fédérale pourrait largement alléger le problème de la décision avec dans chaque région un corps électoral plus homogène, des centres de décisions plus proche des citoyens donc un meilleur sentiment d’implication dans la gestion.

Au fond nos concitoyens ne veulent plus du « Jacobinisme » issu de la révolution Française, avec ce paradoxe qu’ils craignent que la décentralisation ne conduise à une inévitable distorsion inégalitaire entre les régions. Ils sont farouchement contre le « Jacobinisme » mais contre une décentralisation ou plutôt contre ses effets : « Et si les autres obtenaient plus que moi ! »

Décentraliser c’est accepter qu’une région ai de meilleurs services publiques au prix d’une imposition plus élevée, c’est accepter que l’éducation régionale (ex nationale) favorise plus les formations orientées vers le tourisme dans certaines régions alors que les formations scientifiques seront privilégiés dans une autre. On ne peut pas décentraliser et garder l’esprit Jacobin. On ne peut pas être libre et indépendant et vouloir en même temps être comme les autres. La liberté a un prix qu’il faut être prêt à payer.

L’art et son évolution entropique

L’Entropie

Le second principe de la thermodynamique stipule que dans un système isolé en évolution, l’entropie ne peut que croitre et l’énergie du système diminuer. L’entropie étant la mesure du niveau de désordre dans le système. Cette hypothèse est étayé par le fait suivant :

Tout système est composé d’un certain nombre d’éléments réunis en configurations. Les configurations organisées représentent une toute infime partie des configurations possibles. Toute évolution du système l’entrainera donc inévitablement vers des configurations sans organisation, vers le chaos, donc vers une entropie maximum.

Dans un système non isolé, en interaction avec l’extérieur, tout apport d’énergie peut contribuer, au contraire à l’entrainer vers ses formes les plus énergétiquement favorisées, donc les plus structurées. Cette entropie négative ou néguentropie a été théorisée par Brillouin et Schrödinger.

L’Art et L’Entropie

Lorsque l’on regarde l’histoire de l’art avec un certain recul on aperçois une nette évolution vers la déstructuration des œuvres réalisées par les créateurs.

L’art antique (gréco-romain) était très « canonique » régit par des règles incontournables tant dans les sujets représenté que par la forme des réalisations.

Après une période un peu en retrait au moyen âge ou la rigueur de l’iconographie religieuse était de mise, la renaissance à libéré l’art d’une partie de ses carcans. Les sujets étaient plus libre (tout en restant confinés à certains sujets bien particuliers) et l’expression se voulait très figurative bien qu’encore allégorique, raffinées dans les détails, et attachée à représenter un monde tel que l’on voulait qu’il soit. Le portrait représente d’avantage l’institution que l’homme, le costume plus que la personne. Les enfants sont le plus souvent négligés et horribles, les mains des personnages archétypales (fine aux doigts pointus pour les femmes, carré aux doigts forts pour les homme)

Avec l’apparition de l’impressionnisme l’art évolue encore vers moins de structuration. Les sujets son plus libre (paysages, sujets naturalistes, portraits de l’âme). La représentation picturale « explose » en touches discontinues, la lumière, l’atmosphère compte plus que le sujet lui-même.

Avec les « fauves », le cubisme, les constructivistes, le sujet disparaît devant l’impression graphique, oubliés la lumière et l’ambiance et place aux rythmes, à l’équilibre/déséquilibre des masses et des couleurs.

Avec l’art contemporain plus de freins n’existent. Tout peut être Art. La réalisation, l’œuvre comptent moins que la démarche. Je fais de l’art parce que je veux faire de l’art, c’est mon intention qui importe et non ce qui en résulte. Je ne fais plus appel à la raison, le visuel ne me suffit plus, il me faut m’exprimer par le son (audio) la matière, le mouvement (vidéo, art cinétique).

Progressivement on est passé de la raison vers des ressentis de plus en plus archaïques, la vie, l’ouïe, le toucher. On est passé du raisonné à l’émotion, du cognitif au sensible, du structuré au chaos. L’entropie n’a cessé de croitre Voilà une belle représentation du second principe de la thermodynamique.

Conclusion

Comment se fait-il qu’au cours de son histoire l’art est suivit les lois de la thermodynamique, comme tout système isolé ? Question qui mérite débat.

On ne peut dissocier l’art de l’artiste, et l’on s’aperçois que celui-ci à suivit une évolution parallèle à ses œuvres. Bien qu’ayant été, de tout temps, plutôt en marge de la société traditionnelle, un « poil » individualiste, l’artiste n’a pas toujours eu le statut qu’on lui connais aujourd’hui.

Je ne parlerai pas des artistes de l’antiquité car, personnellement, je ne connais rien sur leur statut et que je préfère me taire !

A la renaissance les artistes dépendaient de leur mécènes (Rois, Princes, Nobles) qui les nourrissaient en commandant leurs toiles. Cette dépendance empêche de les considérer comme un système isolé (puisqu’en relation avec leur environnement). Ils travaillaient souvent en « atelier » et ce n’est pas toujours « le maitre » qui exécutait l’ensemble de l’œuvre. Ceci n’avait pas d’importance car ni « la patte », ni « la pâte » du maitre n’avait à l’époque d’importance. L’art vivait donc, à cette époque, dans un univers assez structuré dans des règles, une structure sociale, organisées.

Progressivement l’art et les artistes s’individualisent. Ils conservent une certaines structure en se regroupant en chapelles, mouvements, équipes (Impressionnistes, Nabis, Fauvistes, Cubistes, Surréalistes, Constructivistes, Pop art, Street arts …). Mais ces chapelles sont de moins en moins soudées et petit à petit l’art et les artistes deviennent indépendant (on pourrai dire « Ubérisés ».

L’art doit sans cesse se montrer créatif, toujours innover, faire du neuf. La répétition, le « à la manière de » sont considérés comme une forme de plagiat. Pour continuer d’être créatif l’art et l’artiste doivent sans cesse se détacher des normes et règles existantes pour apporter du nouveau dans la création. Il leur faut donc renier les organisations existantes. Les artistes étant avant tout des individualistes, ils le feront sans s’orienter vers de nouvelles structures, sans vouloir de nouveau s’aliéner, dépendre des autres. Inévitablement l’art dérive vers le chaos (en suivant les lois de la thermodynamique !).

Nous sommes à une époque où l’art arrive « au bout du chemin ». Il a littéralement explosé toutes les structures, renié toutes les règles, il arrive au terminus de la trajectoire. Beaucoup d’artistes, à titre individuels on suivit le même parcours. Quand on a minimalisé son expression jusqu’à peindre un « carré blanc sur fond blanc » que reste-t-il devant soi sinon un mur ? … un mur blanc évidemment.

Les plasticiens on, malheureusement, oubliés un point essentiel. Dans l’art, les codes et le règles sont non seulement un support à l’élaboration d’une œuvre mais également le vecteur de la communication avec le public. C’est à travers eux que le spectateur va pénétrer dans l’expression de l’artiste, comprendre, apprécier et vivre l’œuvre. Pour échanger, communiquer, il faut de codes, un langage. A force de se dégager des règles, de refuser toute structuration, les artistes contemporains ont, sinon vidés leur production de sens, en tout cas coupés les éléments de langage qui permettaient la transmission d’une pensée ou d’une émotion. L’art est devenu stérile faute de moyens d’échange.

Il existe encore un public pour ce genre de travail. Quelques « bobos branchés » qui apprécient ce travail parce que d’autres l’on apprécié, sans ceux rendre compte que ces autres l’on appréciés parce qu’il pensaient qu’eux même l’avaient gouté. « J’aime ce que tu aimes parce que je pense que tu aimes ce que j’aime »

Tous les arts n’ont pas suivi cette évolution suicidaire. La musique par exemple. On ne peut nier que de Mozart au rappeur de banlieue il s’est  passé quelque chose. La musique a su évoluer en trouvant une nouvelle forme pour un nouveau public. Jazz, Rock, Pop, Folk, techno, rap, on trouvé leur forme populaire, pour un public populaire et par des artistes populaires. La musique a su se diversifier de l’expression la plus sophistiqué à la plus simple, de Schonberg, Boulez, à Dalida, Claude François, MC Solar, Maître Gims et autres.

La littérature a su avoir une approche similaire. La grande et belle littérature n’a pas occulté la collection Arlequin, Marc Levy, les « romans de gare » . Place à été faite à une littérature « intermédiaire » dont la saga Harry Potter en est l’exemple type.

Le théâtre c’est également diversifié depuis les grandes œuvres classiques, les pièces débat intellectuelle, jusqu’au comédies de boulevard

Les arts plastique se sont toujours voulut élitiste. L’œuvre doit être  unique, haro sur les reproduction ou les multiples, donc chère et réservé à une petite frange de la population, à un public restreint. Être fier d’avoir une pauvre « repro » d’un peintre célèbre dans son salon et le type même de la « beaufitude ».

Le street-art est bien une tentative de démocratiser l’art plastique. Elle est œuvre issue des milieux populaires, mais malheureusement appréciée des élites et non des classes populaires. Bien qu’issu du « peuple » elle n’intéresse guère le « peuple ». Quel employé des postes, quel petit artisan décorerait sa maison avec un Basquiat ?

Être créatif nécessite de s’affranchir des règles, mais s’affranchir des règles ne signifie pas forcément devenir créatif

Être un artiste isolé dans sa tour d’ivoire ne signifie ni être un artiste, ni être supérieur.

Le mensonge par omission et nos « politiques »

Le mensonge est en politique une arme largement utilisée et très peu pénalisée.

Rappelons les mensonge sur « les armes de destruction massive » de l’Irak qui a conduit à une guerre meurtrière et à la déstabilisation du moyen orient que nous connaissons aujourd’hui (même si ce n’en est pas l’unique cause). Donald Trump, Vladimir Poutine distillent à loisir toutes sorte d’informations mensongères et propagandistes … et pourtant c’est Bill Clinton avait faillit être destitué pour avoir menti sur sa relation avec Monica Levinski !

Mais le mensonge le plus utilisé, car le moins attaquable, est le mensonge par omission qui est l’arme majeure des campagnes électorales. Il est difficile à contrer car il n’apparaît pas comme tel, et suppose, de la part de l’électeur cible d’imaginer ce qu’on ne lui dit pas, ce qui suppose une grande maturité et de sérieuses compétences. En général le citoyen se « gave » des discours qui lui sont fournis, préférant ne retenir que ce qu’il a envie d’entendre.

Examinons quelques omissions représentatives :

  1. A tout seigneur, tout honneur : Emmanuel Macron. Sa campagne s’est organisée autour de la lutte contre le chômage. On favorise la compétitivité des entreprises pour déclencher un besoin d’embauche. Ce surcroit de travailleurs actifs engendre une augmentation sans douleur des recettes de l’état, de la sécurité sociale, des caisses de retraites et diminue la charge des ASSEDIC. Ceci redonne à l’état des marges de manœuvres pour lutter contre l’inégalité  sociale. Merveilleux !
    Mais ceci peut également se lire comme : On donne de l’argent aux entreprises qui retrouvent de la compétitivité, grossissent leur carnet de commandes et embauchent. Ceci leur permet d’augmenter leurs profits et d’enrichir les actionnaires. L’état c’est appauvri et les actionnaires enrichis. Il s’agit d’un transfert de fond du contribuable aux actionnaires.
    La morale de l’histoire est que l’inégalité sociale est le moteur de la croissance. C’est une politique que j’ai personnellement soutenu, car bien qu’injuste, elle est la seule possible pour « limiter la casse » pour les plus démunis. L’erreur est d’avoir omis d’« annoncer la couleur » car l’accroissement des inégalités fini par apparaître et le mouvement « des gilets jaunes «  en est la traduction.
  2. Marine Le Pen a construit toute sa campagne sur la sortie de l’Europe. Les technocrates de Bruxelles nous imposent leur dictat (ce qui est totalement faux car les « dit technocrates » n’ont pouvoir que sur des décisions mineurs, comme la normalisation du boulon de 13, ou celle de la taille et de la courbure des bananes (j’exagère un peu !). Toutes les décisions majeures (Harmonisation des fiscalités, politiques migratoires, défense Européenne, politique étrangère, …) restent à la charge des état et ce sont eux qui bloquent et non les « technocrates). De cette sortie de l’Europe, Marine nous a vanté tous les avantages ( souveraineté Nationale, compétitivité par la dévaluation, plus de redevances à la l’Europe, contrôle des flux migratoires, …) mais elle a simplement omis de parler des inconvénients. Le marasme des Britanniques englués dans le « Brexit » nous montre comment la chose est complexe et sans doute pénalisante. Sans pudeur, se rendant compte de sa sottise, Marine est passé à autre chose, a oublié Bruxelles et ses technocrates pour enfourcher d’autres mensonges par omission sur les dangers de l’immigration et le scandale du « pacte de Marrakech ».
  3. Nos amis républicains parlent sans cesse (avec juste raison) de la nécessité de diminuer la dépense publiques et des bienfaits que cela pourrait apporter. Ils oublient de nous parler du comment de cette réduction. Diminution des aides de l’état ou augmentation des impôts, diminution drastique du nombre de fonctionnaires (tout en demandant à la majorité actuelle plus de moyens pour l’armée, la police, l’hôpital, les handicapés, les vieux, l’éducation nationale,  les plus défavorisés, la justice, …).
  4. Juste une petite louche pour François Holland qui avait promis de réduire les déficit et diminuer le chômage sans toucher aux revenus des classes moyennes et populaires ! Bizarrement cela n’a pas fonctionné, il n’avait pas mentionné le second terme de l’équation : il faudra bien que tous les citoyens participent.

   C’est toujours facile de promettre « la lune » en oubliant de dire qu’il y fait très froid et que l’atmosphère est irrespirable ! Le mensonge par omission est sans doute le pire des mensonges car il est insidieux, manipulateur, parce qu’il est l’arme de l’élite (disons des plus instruits) contre le peuple (les moins instruits). Si le mensonge par omission était passible de prison on pourrai facilement réduire le nombre de nos députés et sénateurs à une toute petite poignée.

PS : n’accablons pas les politiques on retrouve sensiblement le même mécanisme dans la publicité et toutes démarches protéolytiques.

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Le RIC, Référendum d’initiative citoyenne.

Dans le mouvement populaire dit des  « gilets jaunes »une revendication semble faire un certain consensus, c’est le « Référendum d’Initiative Citoyenne » (RIC). Elle traduit la volonté de chacun des citoyens de faire entendre sa voix et surtout de participer aux prises de décisions pour lesquelles il se sent concerné. Cela paraît le « nec plus ultra » de la démocratie, puisque tout un chacun devient partie prenante dans la gestion de son pays.

L’idée et le principe fondamental en sont donc indiscutable et on ne peut qu’adhérer à cette proposition. Cependant sa mise en place réelle soulève de nombreux problèmes qui paraissent difficiles à surmonter sans un bouleversement total de notre société.

Un mot sur les sujets qui pourraient être proposés dans ces référendum (proposition des lois, abrogation des lois, révocation d’élus, modification de la constitution) et sur leur mode de fonctionnement. Rien n’est encore décidé et nous débattrons des propositions qui sont avancées. Actuellement le projet paraît chargé de propositions contradictoires entre-elles ou ne respectant en rien les principes fondamentaux de notre constitution. On peut dire, en dramatisant un peu :

  1. En ce qui concerne la révocation d’un élu l’article 27 de notre constitution considère comme nul tout mandat impératif(mandat dans lequel le mandaté reste soumis à la volonté et aux désir de ceux qui les ont mandatés.). Dans notre constitution (mandat représentatif) le mandaté ne représente pas ceux qui l’on élu mais l’ensemble de la nation. Il ne peut donc être révoqué par le désir de quelque uns, fussent-ils majoritaires.(au passage rappelons qu’un député qui va dans sa circonscription prendre en compte les doléances de ses électeurs est en contradiction avec notre constitution, il s’agit donc de pur clientélisme)
  2. Modification de la constitution. Elle permettrai de  satisfaire au point précédent en transformant le mandat représentatif de nos députés en un mandat impératif. Ceci remettrai complétement en cause le fonctionnement de notre parlement car la notion de groupes parlementaire perdrai tout son sens, chaque député devant, à titre personnel, représenter uniquement ses électeurs (sous leur contrôle) et ne pourrai en aucun cas s’associer à d’autres.

Toute modification de la constitution ne peut être discutée et définie sur « un rond-point »car elle suppose une technicité, une connaissance des acquis que peu de citoyens possèdent. La notion de proposition de loi est de la même nature. Tout cela ne pourrait se faire sans passer par des organismes législatifs et constitutionnels, spécialisés représentatifs, donc en contradiction totale avec l’esprit du RIC.

  • L’abrogation d’une loi par un RIC revient à ce qu’un mécanisme institutionnel (RIC) vienne remettre en cause une loi adopté par un parlement légitimement élu pour produire les lois. Le parlement serai démis de ses prérogatives puisque soumis à subordination au RIC.
  • Le principe de démettre le parlement (et le sénat) de leur pouvoirs législatifs remet en cause l’ensemble de nos institutions. Notre démocratie représentative deviendrai sous couvert de plus de démocratie une véritable anarchie.
  • Abaisser à 600.000 signature nécessaires l’ouverture d’un référendum permettrai à tout parti politique un peu structuré de collecter facilement ces signatures parmi ses sympathisants (alors qu’il serai assez difficile « au peuple » non organisé de le faire) et ainsi confisquer la notion de référendum à son profit et d’en détourner l’esprit.

Ainsi présenté la RIC constitue une démarche tout à fait populiste et permettrai aux groupes constitués de manipuler l’opinion et constitue un risque majeur de glissement vers l’anarchie (le rêve de l’extrême gauche) ou vers la dictature (le rêve de l’extrême droite). On voit comment une démarche plutôt sympathique et légitime peut devenir un instrument de désordre dans les mains de meneurs plus ou moins charismatiques.

Signalons que l’élection du président de la république au suffrage universel et l’archétype même du référendum. Il semble que « le peuple » ne soit pas satisfait du résultat de son choix ! C’est un cas de figure assez fréquent :

  1. C’est « le peuple » qui a élu AdolphHitler, plébiscité Staline, mao Tsé-toung ou Pétain, avec les résultats que l’onconnaît
  2. Quand « le peuple » prend en main les rênes du pouvoir cela peut conduire à la terreur en France, à l’épisode de gardes rouges en Chine, à celui de Khmers rouges au Cambodge, ou au génocide des Tutsis par le Hutus au Rwanda. Je ne connais pas d’exemples (ou ils m’échappent) dans lesquels la prise en main du pouvoir par « le peuple » ait donné de bons résultats durables.

Je préfère une démocratie représentative, même si elle est partiellement corrompue, imparfaite, partisane, au déferlement de violence que génère la dictature « du peuple ». D’ailleurs, les gouvernements « du peuple » se sont toujours terminés  par une réinstallation plus ou moins réussie d’une démocratie représentative.

Néanmoins cette approche pessimiste du RIC ne doit pas nous empêcher de réfléchir à une meilleur approche de la représentation des citoyens par leurs élus et les institutions, à un meilleur contrôle de l’action des élus par leurs mandants, à des sanction sévères pour les discours mensongers et à toutes tentatives de manipulation de l’opinion. Quand les représentants « du peuple » cesserons de pouvoir raconter tout et n’importe quoi pour « enfumer »les électeurs nous aurons fait un grand pas dans la démocratie.

Peut-être qu’un jour on inventera un nouveau système qui pourra remplacer la démocratie que nous connaissons, mais je crains que cela ne vienne pas de moi !

Gilets jaunes et la banalisation du mal

Selon Hanna Arendt (politologue et philosophe), dans ses études sur la banalisation du mal :

  • La banalité : ce terme indique aussi que le mal est partout dans la société. Toute une société se met, de façon commune, à accepter une étiquette morale sans entretenir de réflexion à son sujet. La société adhère à un système normatif et cesse de comprendre son contenu. Puis, sous diverses pressions, ce contenu évolue sans que l’adhésion au système normatif ne change, pouvant même devenir l’inverse de ce qu’il était : « tu tueras ton prochain »pour le IIIe Reich, ou « tu porteras de faux témoignages contre ton prochain » pour l’URSS sous Staline. Cette évolution peut se produire très brutalement : en une nuit, dit Hannah Arendt, et il ne reste plus que l’habitude de tenir fermement à quelque chose. Hannah Arendt a montré pourquoi la pensée humaine, la réflexion, l’analyse critique étaient un rempart contre le totalitarisme.
  • On retrouve dans l’organisation de l’univers concentrationnaire Soviétique des années 1930 et 1940, sous Staline, les éléments qui rendent banals les gestes des bourreaux en les rendant les plus conformes à la légalité, à la défense des valeurs soviétiques, en utilisant un vocabulaire consacré et spécifique pour qualifier leurs actions, en organisant et en réglant tout comme papier à musiquede telle manière que le bourreau se sente à l’aise dans son rôle.
  • En phase avec les remarques de Victor Klemperer sur le développement des stéréotypes en milieu nazi, Hannah Arendt montre que l’usage des clichés de langage diminuent la conscience des actes. Ces expressions toutes faites, utilisées mécaniquement, empêchent l’imagination, elles entrainent une incapacité à être affecté par ce que l’on fait et, la personne se drapant dans un aspect banal, entretiennent l’absence de pensée.

Sans porter de jugement de valeur sur le mouvement de « Gilets Jaunes » on observe, dans ce mouvement spontané, de nombreux éléments qui nous ramènent à l’analyse d’Hanna Arendt.

  • On y retrouve l’ensemble des éléments présent dans les manifestation traditionnelles comme par exemple :
  1. Le rassemblement d’un certain nombre de courants d’opinions différentes contre une cible commune (comme discréditer ou abattre un gouvernement). Dans le mouvement des « Gilets Jaunes » on retrouve en dénominateur commun la réaction contre le « gouvernement Macron » soit parmi les manifestant soit dans les groupes d’opposants politiques. Ce rassemblement « contre » est assez fréquent, mais il explose dès qu’il s’agit de faire des propositions positives et que l’on commence à entrer dans le « pour ». Les divergences idéologiques s’affirment et le mouvement se scinde en groupes opposés.
  2. L’usage dans ces manifestation de slogans stéréotypés (Macron démission, à bas le capitalisme, écoutons la voix du peuple) deviennent des clichés de langage qui se propagent et dépassent la valeur de leurs contenus. Quand une foule scande ces slogans sa réflexion est comme anesthésiée et ceux-ci deviennent comme un rituel auquel on s’accroche mais dont on a perdu le sens. Les valeurs sous-jacentes peuvent alors évoluer sans que les participants au mouvement n’en prennent conscience. Ils continuent à adhérer au symbole sans se rendre compte que les valeurs qu’il véhicule ont largement dérapés. C’est bien sûr un point d’inquiétude car des leaders peuvent entrainer une foule dans une direction qu’elle ne souhaitais pas.
  • Mais d’autres point, plus spécifiques au mouvement des « gilets Jaunes » doivent nous alerter
  1. Ce mouvement s ‘inscrit dans un cycle plus général de contestation par « le peuple » de tous les corps constitués (Présidence, gouvernement, partis politiques, syndicats, élus locaux) qui constituent le tissus même de notre structure sociale et politique. Hors ces représentants il n’existe rien, ni société, ni gouvernance, ni vie collective. Malheureusement ce « peuple » ne propose rien en remplacement et la rage de détruire (alimentée par le sentiment d’impuissance à intervenir dans son destin) l’emporte sur toute conception d’une future organisation.
  2. Le point le plus inquiétant réside dans ce qu’Hanna Arendt à défini comme la banalisation du mal. Au cours de ces trois semaines de manifestations nous avons assisté à des comportements de plus en plus violents des participants aux manifestations sans que l’opinion ne se dessaisisse de son soutien au mouvement. Ceci signifie que l’inacceptable recule et que les comportements violents deviennent acceptés pour peu qu’ils concourent à l’objectif choisi, même si celui-ci est devenu slogan et à largement dévié de son but initial.
  3. La conjonction de ces deux points est la porte ouverte (très largement) à la mise en place d’un système anarchique, et pour peu qu’un leader charismatique (je devrai dire Christique) survienne il pourra facilement en faire un système totalitaire. Contre sa volonté profonde « le peuple » a consenti à passer de la démocratie à la dictature sans même s’en apercevoir. C’est le schéma d’installation du régime Nazi en Allemagne dont « le peuple » ne s’est rendu compte qu’après la défaite.

Les mouvements que nous vivons actuellement sont des plus inquiétants, le rejet (bien souvent mérité) des élites remplace la réflexion par le sentiment, le cognitif par l’émotif, le progressif par le régressif. Gardons-nous de cette vision « animale » de la société car la loi de la jungle ne profite qu’aux plus forts.

La crise des gilets jaunes ou la quadrature du cercle

Voilà un mouvement sympathique à une grande majorité des Français, soit par simple empathie, soit par intérêt convergeant. les revendications corporatistes suscitent rarement l’intérêt général mais une revendication générale peut, évidemment, susciter l’intérêt de tout le monde. Pourtant il ne semble pas que quiconque puisse donner une réponse sérieuse au problème posé. C’est bien là la question.

Essayons de ramener l’ensemble des revendications hétérogènes (baisse des taxes, hausse des salaires, augmentation du pouvoir d’achat ) à leur dénominateur commun : L’inégalité sociale en France.

On ne peut plus, actuellement, parler de « lutte des classes » car contrairement aux années soixante il n’existe plus  de séparation tranchée entre les classes, et la société Française est formée d’un continuum de situations allant des plus démunis aux plus nantis sans que se dessine de frontières bien marquée entre diverses classes. Selon les événements une scission peut apparaître en n’importe quel  point de ce continuum et séparer les Français selon leurs intérêts réels ou supposé. Ceci rend la résolution des crises de plus en plus difficile car toute solution proposée aura tendance à déplacer la frontière et par là remettre en cause la solution avancée.

Cette inégalité manifeste est forcément insupportable aux plus démunis … et plus facilement acceptée par les nantis. Tous les leaders politique affichent d’avoir chacun la solution, se posent en sauveur de la nation. Ce sont évidemment tous des démagogues, menteurs car la solution n’existe pas vraiment. C’est une utopie qui dure depuis au moins le temps de Jésus Christ, un but mythique, une sorte de graal que personne n’a jamais atteint.

Voici quelques schéma de propositions classiques pour réduire les inégalités :

  • Une première approche serait de distribuer du pouvoir d’achat en réduisant les impôts ou les taxes pour les plus faibles. Malheureusement le budget de la nation étant une équation à somme nulle ceci diminuerai la capacité de redistribution de l’état et pénaliserai cela même que l’on vient de favoriser (Sauf à distribuer de l’argent que l’on n’a pas en faisant appel à l’emprunt et à la dette). Cela reviendrait à donner d‘une main et reprendre de l’autre et n’apporterai rien aux plus démunis.
  • Distribuer du pouvoir d’achat en augmentant les bas salaires, ce qui pénaliserai les entreprises en diminuant leur compétitivité entrainerai des faillites et des délocalisations. La conséquence en serai du chômage, des recettes de l’état diminuées, de l’exode fiscal, et une paupérisation des plus faibles.
  • Prendre au riches pour donner aux pauvres, c’est bien sûr une proposition alléchante (pour les pauvres !). Plusieurs réalités s’opposent à cette idée. Bien que très riche les riches sont peu nombreux et même en leur confisquant tous leurs biens cela n’aurait que peu d’impact sur le revenu des masses populaires. D’autre part, et bien malheureusement, diminuer les actifs de ceux qui investissent pour les donner à ceux qui consomment aurait un effet néfaste sur l’économie.
  • Donner de la compétitivité aux entreprises en diminuant leur fiscalité pour leur donner de la compétitivité et leur permettre de grossir leur carnet de commandes et ainsi de créer de l’emploi. Cette aide de l’état vient encore diminuer ses capacités de redistribution et ainsi pénaliser les plus démunis. C’est l’état, donc le contribuable qui financerai la création d’emplois. Il faudrait payer pour avoir un travail ! Ceci est parfaitement injuste car la reprise de compétitivité des entreprise viendrai accroître leurs bénéfices et enrichir les actionnaires. C’est donc un transfert d’argent des contribuables vers les actionnaires sans contrepartie. En effet le travail créé n’est pas une charge pour les entreprises car elles n’embauchent que le personnel dont elles ont besoins pour honorer leurs commandes et générer leurs profits. C’est donc un leurre pour les plus pauvres
  • Une approche qui permettrai de rendre équitable la proposition précédente serai de demander aux entreprises, en contrepartie de l’aide qui leur est apporté, de céder à l’état des participations à leur capital. Ceci ne gênerait, ne nuirait pas à la compétitivité de l’entreprise mais laisserait à l’état un matelas financier qu’il pourrait monnayer par la suite. Mais il faudrait que le contribuable ait la patience d’attendre quelques années pour se voir peut être remboursé de ses efforts. Cela est loin d’être évident et ne fait pas l’affaire des plus démunis qui voient les plus riches s’enrichir immédiatement et qui n’ont que des perspectives à terme de se voir récompensés.

Il ne paraît donc pas évident de prendre en compte le désir d’égalité manifesté dans le rassemblement dit « des gilets jaunes » par un gouvernement qui n’a aucune marche de manœuvre.

Un élément qui n’a pas encore été pris en compte est la place de la France dans le monde :

  • La France fait partie des pays les moins inégalitaires dans le monde (juste après les pays du nord de l’Europe). C’est à la fois sa grandeur et sa faiblesse.
  • Sa grandeur car cela constitue une adéquation à des valeurs humanistes et à notre devise nationale : Liberté, égalité, fraternité. Nous pouvons, sur le plan moral nous sentir moins mauvais que les autres.
  • Malheureusement toute médaille à son revers. Cette moindre inégalité est due à notre système développé de redistribution qui nécessite des prélèvements sociaux importants, sur les revenus, sur les salaires, et sur les entreprises. Ceci explique en grande partie notre manque de compétitivité sur le plan international ou nous sommes concurrencés par des pays à faibles cout salariaux et à faible prélèvements sur les entreprises.
  • La France est dans le monde et il n’existe pas de solution Franco-Française à l’inégalité sociale. Nous dépendons du monde qui nous entoure et sommes, malheureusement, en compétition permanente avec lui. Le monde est inégalitaire et nous impose sa conception de la société. Pour jouer notre jeu il faudrait fermer toutes les frontières et tous les échanges (comme les révolutions socialistes soviétique ou chinoise ont du le faire), devenir un petit village gaulois d’Astérix, mais sans potion magique.
  • Dernier point, il est malheureusement avéré que les pays dont le taux de croissance est le plus élevé sont les pays à forte inégalité sociale (chine, états unis, Allemagne, indes). Comme ci ont pouvait dire que pour avoir une économie vigoureuse et un chômage faible il faut que les pauvres soient très pauvre et les riches très riche. Heureusement certains pays peuvent faire douter de cet oukase (pays nordiques, japon).

Les idéaux de gauches n’ont jamais pu s’imposer et, en France, depuis 1789 l’égalité entre les hommes reste un mirage. Il n’est malheureusement pas dans la nature humaine de vouloir partager, et dans les moments difficiles le chacun pour soi reprend vite le dessus. Après chaque révolution populaire des oligarques sont apparus qui ont rapidement confisqué les biens et créés une nouvelle race de possédants. C’est un triste constat.

Lutter contre les inégalités c’est lutter contre la nature humaine, c’est lutter contre soi-même, jouer à la fois l’attaquant et le défenseur. C’est à dire que si l’on gagne il faut, en même temps, accepter de perdre, et si l’on perd il faut se féliciter d’être gagnant. Ce n’est pas un combat facile.

On ne peut pas lutter contre les inégalités sociales, elles font trop parties de la condition humaine (elles proviennent du besoin permanent de positionnement qui anime l’homme et de son angoisse de l’avenir), mais cela n’empêche pas d’essayer. On peut au moins les cantonner au minimum, empêcher qu’elles  ne s’accroissent.

Ce n’est pas parce qu’un but est inaccessible qu’il faut y renoncer. Le chemin vers le meilleur est profitable en soi. Aider les plus faibles est générateur de bien-être, et pour les plus faibles se sentir aidé peut adoucir la misère. Alors « haut les cœurs » et continuons le combat.

 

PS : Dissipons un malentendu qui se propage comme une rumeur. Les populations rurales seraient les oubliées de la république tant du point de vue économique que géographique. Éloignement du pouvoir central, faiblesse des services publiques, misère sociale. Les « Parisiens » seraient les privilégiés du système. Pour contredire ces rumeurs disons que :

  • Les Parisiens ne sont pas plus près du pouvoir que les ruraux car la proximité géographique ne joue en rien sur la faculté de participer aux décisions.
  • Certes les services publiques sont plus présent dans la capitale que dans les campagnes, mais je souhaites aux ruraux de venir gouter les joies du RER aux heures d’affluence, d’apprécier les embouteillages et les bouchons Parisiens, d’avaler les gaz d’échappement dans les rues, le stress et la presse permanente. Il faut aussi se rendre compte que la proximité géographique n’implique pas un accès plus facile aux divers services. A Paris, trois quart d’heures de trajet sont monnaie courante.
  • La campagne n’a pas l’apanage de la misère. La vie est beaucoup plus chère à Paris, principalement les loyers qui sont le triple de ceux de la campagne. Les quartiers pauvres de Paris et de son environnement urbain véhiculent plus de pauvreté que nulle part en France.
  • Le leitmotiv des ruraux est toujours : « vivre à Paris, moi jamais ! », ce qui est paradoxal !

Laurent Wauquiez, sur l’eugénisme tu te goures

Laurent Wauquiez, pour défendre son opposition à la PMA, s’est saisi de l’objection que celle-ci conduirais directement à la GPA et que cette « marchandisation du corps » induirais une forme d’eugénisme (avec une lourde allusion au régime nazi).

L’eugénisme est une théorie qui, sous couvert d’amélioration de la race, se propose d’éliminer tout individu ne correspondant pas à des critères définis par une classe dominante. C’est donc l’opposé de la GPA qui se propose de faciliter l’accès à la parentalité à certains individus qui  en sont éloignés, sans restriction de sexe, de couleur de peau ou autres. Cette association n’est donc pas recevable et résulte d’une absence de réflexion ou plutôt, Wauquiez étant loin d’être sot, d’une volonté délibérée de flatter un électorat déjà convaincu de son opposition à la GPA. On peut être pour ou contre PMA et GPA, mais on doit argumenter en toute honnêteté.

La seule pratique qui pourrait conduire à une forme d’eugénisme, et pourtant rentrée dans les mœurs, est l’avortement. En effet dans certains pays, sous le poids des contingences sociétales, les femmes sont tentées d’avorter si elles attendent une fille et au contraire de garder le bébé s’il s’agit d’un garçon. Cette sélection constitue bien une dérive eugéniste. Les progrès de la génétique qui permettrons bientôt de prévoir les caractéristiques physiques et mentales du bébé à venir, mettrons en évidence ce futur risque.

En ce qui concerne la « marchandisation du corps », elle n’est pas nouvelle. Depuis l’instauration du travail rémunéré, la location du corps, de l’esprit, de l’expérience, d’un « carnet d’adresses » est la pratique de base de nos sociétés. Un militaire en opération, un mercenaire, risquent bien leur vie ou leur intégrité physique en échange d’un salaire, idem pour un pompier, un policier, un gendarme. Un footballeur s’achète ou se vend. Un mineur qui descendait dans la mine certain d’avoir la silicose à 50 ans vendait bien son corps. Tout travail rémunéré est une marchandisation d’une personne et cela n’a plus rien de choquant. La fonction de prostitué, de mère porteuse peuvent se voir comme un location de son corps ou comme une activité de service rémunérée, tout dépend des lunettes à travers lesquelles on veut les regarder.

Cessons de diaboliser ce qui ne l’est pas et posons-nous les vrais questions. Le problème de la GPA est le risque d’attachement de la mère porteuse à l’enfant quelle porte. Cela reste un lien que nous ne sommes pas prêt à couper quel que soit le contrat passé au préalable. Le lien charnel ne peut être occulté par un lien contractuel. C’est mon objection personnel à la GPA.

Avortement, euthanasie, PMA, et GPA

Introduction

Le problème du « droit à la vie et à la mort » se pose dès que l’on contourne les grandes lois de la nature pour organiser le vécu des hommes, pour l’adapter aux évolutions de la société moderne.

Ce problème ne peut s’aborder sans jeter un regard de philosophe sur ce qui fait, à nos yeux, l’essence même de la vie.

Cette vision de la vie repose sur l’hypothèse fondamentale de la transcendance ou non. Elle définit le caractère religieux ou athée de la vision de cette vie. Il s’agit bien d’une hypothèse car rien n’infirme ou ne confirme une transcendance à l’homme. C’est donc un choix totalement arbitraire,  le plus souvent influencé par le milieu familial, une rencontre, une sorte de hasard. C’est toujours sous le poids d’un environnement, d’une expérience de vie, de circonstances extérieures que se prend la décision de croire ou ne pas croire en une entité supérieure qui gouverne notre vie. Comme tout choix il n’est jamais fait « à priori » mais toujours le fruit d’un vécu personnel. L’important et de comprendre que quelque soit le choix fait il est toujours du domaine de l’arbitraire et ne peut être considéré comme une vérité.

  • Dans la vision religieuse (et je parlerais ici des religions Judéo-chrétiennes car ce sont celles que je connais le mieux mais le propos restera valable pour toutes les autres croyances), Dieu existe en tant que transcendance à l’homme. Il a créé l’univers, l’homme, lui à assigné une finalité et une morale. La morale est donc un « à priori » pour l’homme, elle est la loi de Dieu. En tant que telle, elle prime sur toute autre morale sociétale et se retrouve en contradiction avec toute organisation sociale issue de l’homme. En ce sens, toute religion est de nature asociale, à moins que la société elle-même n’ai adoptée la loi divine pour gouverner les relations entre citoyens. Théoriquement seul les états religieux peuvent accepter la religion sans créer de lourds conflits moraux dans l’esprit des citoyens. Les lois de l’homme peuvent se négocier, la loi de Dieu jamais. Cette dernière est assise sur un dogme immuable qui ne pourrait être remis en cause que par Dieu lui-même et ne pouvant évoluer, elle est incapable de suivre et de s’adapter aux évolutions de la société. Sur un plan théorique toute religion est incompatible avec une société gérée par des lois humaines. C’est en tordant le bras à bien des dogmes, à force de compromis, que la religion à put trouver sa place dans un état laïc et républicain comme la France.
  • Dans la vision non transcendantale, athéiste, matérialiste, Dieu n’existe pas (ou du moins il serai une création de l’homme) et il n’existe aucune morale « à priori ». Les relations entre les hommes se définissent par un consensus plus ou moins démocratique sur le vivre ensemble entre les citoyens. Elles sont négociés et donc peuvent être remises en cause, renégociées à l’infini. La morale peut donc s’adapter à l’évolution des sociétés (même si cette adaptation est souvent chaotique et conflictuelle)

Dans la vision religieuse l’homme s’adapte à la morale divine, dans la vision athéiste c’est la morale sociétale qui s’adapte à l’homme. Ce sont, bien sûr, deux visions pour le moins antagonistes, en tout cas résolument conflictuelles.

IVG, Avortement

C’est à la lumière des réflexions précédentes que l’on doit envisager le droit ou non à l’avortement.

  • Dans la vision religieuse, Dieu donne la vie et lui seul a le droit de la reprendre. Ainsi posé le problème est des plus simple. L’avortement est une transgression et doit-être condamné. Qu’importe le statut du fœtus (déjà homme ou pas encore), il est vivant et, créature de Dieu, on ne peut toucher à son intégrité. Le non à l’avortement est par essence justifié quelle qu’en soient les conséquences pour la mère, le père, l’enfant à naitre … La condition humaine s’efface devant la loi de Dieu, la vie issue de Dieu est sacré.

Qu’importe si ces militants anti avortement sont bien souvent des partisans de la peine de mort , ont n’en est pas à un paradoxe près. Qu’importe, également, que ces ardents défenseurs de la vie ne se mobilisent guère contre les guerres qui font des millier, dizaines de millier, centaines et millions de morts. Certains iraient même jusqu’à tuer pour mieux défendre la vie ! Qu’importe également que ces « lois divines » ne soient que l’interprétation par les hommes de textes sacrés que personne n’a jamais vu ou tenu entre ses mains !

  • Dans la vision athéiste le problème est évidemment différent. C’est une décision collégiale qui doit décider du bien fondé de l’avortement. Elle repose sur la définition d’un critère : à partir de quel degré d’évolution peut-on considérer le fœtus comme un être humain. Avant ce stade l’avortement est possible, après il peut être considéré comme un infanticide. Dans l’empire romain et la Grèce antique l’infanticide (surtout celui des filles et des enfants mal formés) était monnaie courante. Il était vu comme une régulation sociétale nécessaire. Les temps ont bien changés et de nos jours la protection infantile est vue comme un « must » incontournable. Se pose alors le problème éthique de savoir à partir de quel stade de développement le fœtus peut être considéré comme un enfant. C’est évidemment une question sans réponse (il faudrait savoir ce qu’est la vie pour trancher !), et pourtant, pour légiférer il est nécessaire d’en fournir une. Actuellement la loi fixe comme délai pour autoriser l’avortement, entre 9 et 14 semaine après les dernières règles selon la méthode utilisée (IVG médicamenteuse, par aspiration, ou chirurgicale). Cette règle, qui peut être différente selon les pays tient plus compte des problèmes médicaux que d’une définition du statut du fœtus.

Dans notre société le fœtus n’a aucun statut administratif, il ne recevra son identité que lors de sa naissance et déclaration à l’état civil. La société ne devrait donc lui accorder aucun droit de protection puisqu’il n’existe pas en tant que citoyen. Pour prendre en compte sa sécurité il devrait avoir une existence administrative lors de sa conception ou du moins lors de la prise en compte de son état d’être humain ! On voit comment le problème et complexe et toute décision arbitraire.

Euthanasie

Alors que précédemment nous parlions du droit à la vie, nous allons maintenant parler du droit à la mort. En France le suicide est autorisé, car évidemment il serai difficile de sanctionner un homme qui se suicide de quelques années de prisons et pourquoi pas de la peine de mort ! Reste le suicide raté. La personne qui survit à une tentative de suicide, doit-elle être inculpé de tentative de meurtre ? Il n’en est rien, au contraire la personne objet de cette tentative de suicide ratée est prise en charge, soignée, plainte, et considérée comme une victime de la vie. Ceci confirme que cette tentative d’atteinte à la vie n’est pas pénalisable mais au contraire parfaitement tolérée. En ce qui concerne le problème de l’euthanasie on peut donc dire que la tentative volontaire d’attenter à la vie ne peut être sanctionable dans la mesure ou le consentement de la personne euthanasié est acquis. Cependant, dans ce « suicide assisté » c’est le rôle de l’assistant qui peut faire débat. Comment s’assurer que la personne qui donne la mort (ou qui libère de la vie) agit bien au nom de son patient et pas au nom d’intérêts qui lui sont propres(héritier trop pressé d’accéder à la succession, aidant lassé de sa tâche, …). C’est sur ce point que doit porter le débat et non sur un hypothétique droit à la mort.

Bien sûr pour une personne religieuse, croyant au ciel, au paradis, à la vie éternelle, ce raisonnement n’est sans doute pas acceptable. Mais nous sommes dans une république laïque et les points de vue religieux doivent rester du domaine du religieux

PMA

La PMA pose d’autres problèmes éthiques, moraux et légaux : le droit de l’enfant, le droit de la famille, la notion de filiation.

Définitions :

  • L’éthique est l’ensemble des valeurs personnelles attachées à l’identité d’un individu
  • La morale est un ensemble de règles de vie définies au sein d’un groupe d’individus
  • La loi régie le consensus moral au sein d’une communauté citoyenne
  • C’est trois notions ne sont pas toujours, même rarement, en accord !

Nos ensembles de valeurs sont, il faut bien le reconnaître, issues de la religion catholique qui a dominé notre pays jusqu’à la révolution. Notamment la structure de la famille, le rôle de chacun en son sein (père, mère, enfants), est fondée sur des très anciennes valeurs datant de plusieurs siècles. Malheureusement la société a évoluée et ce qui avait un certain sens au XVII ème siècle devient de nos jour fortement anachronique. Prétendre que la structure de la famille doit encore être : « un papa, une maman, des enfants » c’est ignorer la structure actuelle de nos familles  (mère seules avec des enfants, familles décomposée et recomposées, mères et pères célibataires, enfants adoptés). Vouloir conserver cette ancienne vision de la famille est également en incohérence avec l’autorisation du divorce (qui détruit la structure de la famille) et devrait entrainer la pénalisation de l’abandon de famille (principalement par les pères) qui bousculent cette vision idéale de la famille. Les rôles dans la famille ont également été largement redéfinis et ne correspond plus aux anciennes valeurs.

Quant aux droits des enfants, j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer là-dessus, ils font place aux devoirs des parents. Ceux-ci, quels qu’ils soient, ont la responsabilité d’assurer à leurs enfants amour, nourriture, santé, protection, et éducation. Dans la mesure où ils remplissent ces devoirs tous les parent sont bons ! Les parents n’ont pas la responsabilité de rester ensemble toute leur vie.

Quant à la filiation, le problème est déjà résolut dans l’adoption. Elle se fait avec le ou les parents qui ont assumé les responsabilités et qui ont ainsi créés les liens qui lui donnent tout son sens. C’est le respect des devoir qui génère le droit sur les enfants.

GPA

Elle soulève deux problèmes :

  • La marchandisation du corps. C’est un faux problème soulevé par des opposants à la GPA. Cette marchandisation du corps existe depuis toujours, notamment dans toutes les professions à risque ? Qu’on me dise que la profession de mercenaire, de militaire, ou le risque de mourir est la contrepartie d’un salaire, ne constitue pas une marchandisation du corps ! Qu’on me dise que le métier de mineur dans les mines de charbon dans lequel le risque de silicose était de 100% n’était pas une marchandisation du corps !
  • Le vrai problème de la GPA réside dans le risque d’attachement de la mère biologique à son enfant à sa naissance. Lien qui ne peut être rompu par quelque contrat que ce soit. Nous ne sommes pas prêt à admettre que ce lien puisse être annulé parce qu’un engagement antérieur l’avait supposé non existant. Je ne crois pas que notre société soit prête pour accepter la GPA.

Conclusion

On constate que dans une société les valeurs individuelles basées sur le contact réel avec la vie quotidienne évoluent beaucoup plus vite que les valeurs collective. L’éthique précède la morale, elle-même en avance sur la loi. Les Français, pour ne parler que d’eux, vivent dans une société qui évolue très vite et doivent s’y adapter. Notre morale peine à évoluer, traine plusieurs siècles de retard sur les mœurs et la loi ne suit pas. On observe partout des pratiques tout à fait courantes qui reste contestées par les morales laïques ou religieuses (mœurs sexuelles, consommation du cannabis, avortement et euthanasie, jeune du vendredi, refus du porc chez les musulmans,  etc. etc.).

Tout changement est anxiogène car il suppose une remise en cause des constructions intellectuelles établies. Le repli régressif est sécurisant mais paralysant. Il crée le décalage entre ceux qui ont la capacité de s’adapter, et ceux qui enfermés dans leurs certitudes sont en incapacité d’évoluer.

La certitude est la pire des vertus !

Le populisme ou la raison du peuple

Le peuple a-t-il toujours raison ?

On peut donner une infinité de définitions du populisme. Mais toutes tournent autour de la souveraineté du peuple dans les décisions collectives. Bien sûr la notion même de peuple est loin d’être précise car, si elle pourrait définir l’ensemble des citoyens vivants dans un pays (la communauté nationale), elle est le plus souvent utilisé pour représenter les classes populaires par opposition aux classes dirigeantes et aux élites.

Le populisme véhicule donc une sorte de notion de « lutte des classes », un conflit entre riches et pauvres, élites et ignorants, dominants et dominés.  Il y a derrière tout discours populiste un esprit de rébellion, de revanche, de remise en cause de l’ordre établit

Bien que défini plutôt récemment, le populisme est pratiqué depuis la nuit des temps par tout-ceux qui désirent prendre le pouvoir, il est le cousin germain de la démagogie.

Traditionnellement associé à une pensée « de droite » il connut, chez nous, la consécration avec le mouvement « Poujadiste », mais bien sûr, à l’analyse, il se révèle tout à fait universel et transverse à toutes les idéologies.

Pour bien comprendre cette technique de manipulation des opinions, de prise de contrôle essayons d’en définir les mécanismes. Elle se base sur 4 grandes étapes.

1) Définition d’une cible.
Il faut identifier un groupe d’individu ayant une aspiration, un besoin, une revendication assez forte et commune à tous. C’est cette nécessité qu’il faudra flatter et promettre de solutionner. Peu importe si ses individus ont par ailleurs des aspirations très diverses, voire antagonistes. On doit les réunir autour de leur besoin commun.
Ce groupe pourra être selon la situation et l’objectif de la prise de pouvoir : Les patriotes ( défenseurs de la France) , les travailleurs (force vives de la nation ), les entrepreneurs ( créateur de croissance et générateurs d’emplois) , les défenseurs de la morale ( anti avortement, mariage pour tous, …), les écologistes (défenseurs de la planète et des générations futures ), les défenseurs d’une idée, … ou pourquoi pas les supporters du Paris saint Germain ou autres.

2) Création d’un sentiment de cohésion.
Il faut donner une unité au groupe et pour cela rien de mieux que de se définir par rapport à un adversaire commun. ( il est toujours plus facile de fédérer les gens contre quelque chose que pour! ). Cet ennemi commun sera le ciment du groupe et fera oublier à chacun ses divergences avec les autres.
Pour le groupe des patriotes, l ‘ennemi pourra être les ennemis de la Nation. Ce pourra être les communistes (déjà vu ! ), les juifs (déjà fait!), les arabes devenus les musulmans (en cours ! ), les libres penseurs et les intellectuels, dont on peut, par une pirouette ou une autre justifier qu’ils sont un danger pour la patrie.
Pour le groupe des travailleurs, l’ennemi tout désigné sera les Patrons, les capitalistes, les banques, dont il n’est pas trop difficile d’argumenter qu’ils sont les exploiteurs de la classe ouvrière et qu’ils ne pensent qu à « s’en foutre plein les poches ».
Pour le groupe des entrepreneurs (patron est devenu un terme péjoratifs imprononçable, comme nègre ) l’ennemis sera bien sur les salariés (qui ne pensent pas au bien de l’entreprise mais à obtenir toujours plus d’avantages et plus de salaire ) ou un gouvernement socialiste qui paralyse la liberté d’entreprendre …
Pour les défenseurs de la morale l’ennemi sera les libres penseurs, les progressistes,les pervertis de tous poils.
Pour les écologistes, pas besoin d’aller chercher très loin, les pollueurs, les industriels, les pétroliers, …..feront l’affaire.
N’oublions pas Bruxelles et l’Europe qui peuvent faire un ennemi idéal pour des groupes très divers.

3) Devenir les porte-paroles
Il faut s’autoproclamer pourfendeur de l’ennemi. Le discours et simple puisque l’on s’adresse à un public déjà convaincu. Il suffit d’insister et d’insister encore sur le danger commun, d’exacerber les peurs, de titiller les anxiétés. Tout l’art sera d’éviter les autres sujets qui pourraient diviser le groupe et lui faire perdre son illusion de cohérence. Si on s’y prend bien, si on s’investi assez, si on évite les pièges de la division, on pourra passer du statut de leader auto-proclamé à celui de leader désigné.

4) Passage aux actes.
C’est là le point faible du populisme. Si on prend une certaine audience, si le groupe prend du pouvoir, il va se trouver confronter à la nécessité d’agir. Hors, un acte est toujours positif. On n’est plus dans la négation des actes des autres, mais dans l’action. On fait ! On va être obligé de sortir de la dénonciation pour devenir soit même sujet à la critique. C’est à ce moment que les divergences d’opinions dans le groupe vont apparaître . Chacun, en fonction de ses convictions, n’aura pas la même idée de l’action à entreprendre. Sortie de le dénonciation commune, l’action pourra être diverse, chacun va retrouver son indépendance de pensée.
Que peut-il se passer ?
Soit le groupe se scinde en plusieurs courants avec de nouveaux leaders émergeants … et bonjour la guerre des chefs et des chapelles, soit l’une des tendances réussi à s’imposer aux autres par la force et la coercition et le mouvement devient autoritaire, autocratique. Il est obligé de se doter de règles et de dogmes qu’il faut imposer à des personnes qui ne sont plus d’accord sur les objectifs. Non seulement il faut imposer ses idées à la cible antagoniste choisie, mais encore à une partie de ses sympathisants. Les tenants du populisme se retrouvent alors être une minorité qui doit imposer ses idées à une majorité. Inutile de dire que la dérive totalitariste est inévitable.

C’est le problème du populisme, construit sur une fausse idée de cohésion, il se termine toujours mal, soit dans le chaos et la division, soit dans l’autoritarisme.

PS : Le principe même « du peuple qui a toujours raison » et largement contredit par l’histoire. Pensons que c’est le peuple qui a porté au pouvoir Hitler (mien führer adoré), Staline (le petit père du peuple ), Mao Tsé Toung (le grand timonier), que c’est avec l’appui du peuple que les catholiques ont menés l’inquisition, l’extermination des Cathares, les guerres contre les protestants, que le peuple participe largement aux dérives radicales qui ont portés au pouvoir D. Trump, V. Poutine, E. Erdogan, J. Bolsonaro et qui polluent notre siècle. C’est également par le peuple que se forgent les idéologies radicales Islamistes. Non le peuple est loin d’avoir toujours raison, et même si sa cause est le plus souvent juste il manque souvent totalement de clairvoyance dans ses choix, il se laisse facilement manipuler par les populistes.

L’argent, unité de mesure illusoire

L’argent sert à quantifier et mesurer l’intérêt que l’on porte à un bien, un service, voire un être. Il s’agit d’un unité de mesure étrange car bien que très clairement définie (Comme toute unité de mesure elle nécessite un étalon, qui fut l’or et qui est actuellement le Dollar US, les autres devises se positionnant par rapport à lui) elle sert à mesurer quelque chose qui n’est pas directement quantifiable.

Prenons l’exemple du salaire horaire d’un ouvrier, comment le mesurer en termes d’unité monétaire. Il n’existe pas de définition « absolue » de ce niveau de salaire. IL n’est défini que de façon relative à partir de quelques règles :

  • Un ouvrier est payé moins cher qu’un contremaitre, lui même payé moins cher qu’un cadre, payé moins cher qu’un dirigeant
  • Le salaire est fixé en comparaison avec les salaires d’ouvriers faisant un travail analogue.
  • Il tient compte de la rareté de la compétence recherchée.
  • Il est calculé en fonction de son incidence dans le cout des produits fabriqués et qui devront être vendus
  • Le salaire est évalué en fonction du taux de retour financier escompté. Un footballeur qui rapporte des recettes en vente de maillots, droits de télévision, billetterie, abonnements, un parfumeur (nez), un greffeur de perles, seront payés très cher car ils sont susceptible de rapporter beaucoup à l’entreprise

On peut trouver une foule d’élément qui peuvent influer sur le salaire de cet ouvrier, mais tous seront en rapport avec ce qui se pratique, de façon générale, dans l’industrie et aucun de constituera une mesure absolue du cout d’une heure de travail d’une personne. C’est une notion qui n’existe pas « en soi ». Il n’existe pas d’évaluation objective de combien vaut le travail d’un être humain. (sauf dans le cas odieux de l’esclavage ou ce cout était évalué, par définition, à zéro !)

Dans une transaction l’argent sert à mesurer le niveau d’adéquation entre l’offre et la demande.

L’argent et, également, le système de quantification des autres unité de mesure (temps, espace, poids, puissance, etc., etc.). C’est donc une « supra unité », qui permet de mesurer d’une façon, apparemment précise, des notions non quantifiables. En ce sens on peut dire que c’est une illusion. Il permet de mesurer (d’évaluer) le temps passé, un distance parcourue, une longueur de tissus, …etc., etc.

  • Si vous avez un accident mortel sur la route votre famille touchera une indemnité de l’assurance pour le prix de votre disparition. Ce montant versé mesurera le prix du vide laissé par votre disparition, en quelque sorte le prix de votre vie pour vos proches.
  • Vous avez un accident du travail et vous perdez l’usage d’une main. Vous serez pensionné pour le prix estimé de votre main.
  • Le marché de l’art est l’exemple même de la valeur relative d’une mesure monétaire qui se présente comme absolue. Combien vaut une œuvre d’art ? le prix du désir de l’acquérir par un acheteur, (valeur hautement subjective et relative), le prix espéré de sa revente, (valeur relative)

Les évaluations monétaires des biens, services, personnes sont bien des valeurs relatives les unes aux autres dans un système de relations relativement cohérent. Mais c’est un système qui tourne en rond en se mordant la queue. Vous estimez A par rapport à B, puis B par rapport à C, ce qui vous donne une estimation de C par rapport à A. Les valeurs relatives peuvent être, apparemment raisonnables (pour peu qu’elles fassent l’objet d’un consensus) mais qu’elles en sont les valeurs absolues ? Existe-t-il une valeur origine qui déterminerai toutes les autres ? Y a-t-il quelque part une entité suprême qui  fixerai, par exemple, la valeur absolue d’un quintal de blé étalon dont on pourrait déduire, de proche en proche, la valeur absolue de tous les biens, services, personnes ? bien sûr que non !

Nous vivons dans un système ou tout est évalué (directement ou indirectement) en unités monétaires. C’est une vaste « bulle », une construction « autoportante » qui ne repose sur rien, ou plutôt qui repose sur un consensus général. L’argent se présente comme une unité de mesure alors qu’il n’est qu’un droit consensuel à acquérir bien, service, et autres valeurs comme l’amour, la loyauté, la renommée …

L’argent n’est pas une valeur, il n’est que la représentation symbolique de grandeurs non mesurables en soi. Il représente les relations comparatives entre ces grandeurs.

Il est amusant de constater que cette représentation d’un monde non quantifiable exprimé en termes monétaire et analogue à la vision d’Albert Einstein dans sa théorie de la relativité, dans laquelle les objets ne sont plus représentés par leurs propriétés intrinsèques, absolues, mais par les relations qu’ils ont entre-deux. C’est également la vision de la psychologie relativiste qui définit les êtres non pas par ce qu’ils sont mais par les relations qu’ils développent entre-eux

 

On peut lutter contre le chômage

Nos dirigeants ont tous déclarés comme priorité N°1 la lutte contre le chômage. Ils ont tous échoués. Il est apparu d’autres priorité, la conservation du pouvoir d’achat, l’égalité, la réduction des déficits. Quatre priorités, c’est trop, surtout si elles peuvent être antagonistes.

Le niveau de chômage dans un pays est effectivement de première importance

  • Parce qu’il reflète le niveau d’activité économique, donc de croissance
  • Parce qu’il est fondamental pour l’équilibre des comptes de l’assurance chômage, des caisses de retraites, et de la sécurité sociale

Pour lutter contre le chômage il faut tout d’abord bien en cerner les paramètres. De nos jours les pays ne vivent plus en autarcie comme c’était le cas jusqu’au XVI ème, XVII ème siècle et les échanges commerciaux sont de plus en plus important. La balance commerciale en est le reflet.

  • Lorsqu’un pays importe des produits qu’il consomme, (soit parce qu’il n’a pas la technicité suffisante pour les fabriquer, soit parce que ses couts de fabrication ne le rendent pas compétitif vis à vis des produits importés), on peut dire qu’en même temps que les produits il importe du chômage (puisque ces produits ne sont pas le fruit de ses travailleurs)
  • Inversement, lorsqu’un pays exporte les produits qu’il a fabriqué on peut dire qu’il exporte aussi sont chômage dans le pays importateur.

On comprend comment la compétitivité des entreprises, sur le plan international est fondamentale pour l’économie et le niveau de chômage d’un pays. Ne nous leurrons pas, diminuer notre chômage c’est augmenter celui des autres. Il s’agit d’une véritable guerre commerciale non avouée.

 

La compétitivité des entreprise et l’emploi

Une des piste pour créer de l’emploi (préconisée par la droite libérale et honnie par la gauche Keynésienne) consiste à alléger les charges des entreprises pour leur redonner de la compétitivité (en diminuant leurs couts), regarnir leurs carnets de commandes, et ainsi les inciter à embaucher pour couvrir leurs besoins. Cette méthode à notamment été utilisée en Allemagne par Gerhard Schröder avec un certain succès. Elle présente cependant de gros inconvénients

  • Dans la mesure ou on allège les charges des entreprises (Cadeau aux patrons disent « la gauche ») les recettes de l’état diminuent et sa capacité de redistribution (services publics ou aides sociales) est moins grandes. Le contribuable est pénalisé. De plus, la compétitivité des entreprises étant accrue elles font des meilleurs profits qui profitent aux actionnaires. C’est une approche très inégalitaire car l’argent passe de la poche des contribuables à celle des actionnaires.
  • Les entreprises prétendent, en contrepartie, créer du travail ce qui profiterai aux salariés. En fait l’embauche (si elle se produit) n’est en rien une contrepartie de l’aide reçue, mais une simple conséquence de la nouvelle compétitivité. Les entreprise embauchent parce qu’elles ont des commandes à honorer grâce auxquelles elles feront de nouveaux profits. Ces embauches ne leur coutent rien mais au contraire leur rapportent. Les entreprises reçoivent donc des aides sans contrepartie.
  • La mise en place du processus est longue. Dans un premier temps les aides de l’état servent à reconstituer la trésorerie des entreprises, phase nécessaire pour leur donner un volant d’action. Après cette phase vient celle de l’investissement et de l’intégration de l’aide dans la diminution de la structure des couts. Enfin vient la phase de démarchage et la conquête de nouveaux marché, c’est seulement alors que l’influence sur le niveau de chômage se fera sentir. L’ensemble du processus peut prendre au moins deux à trois ans. Durant ce temps le contribuable paie sans rien voir venir. Très rapidement l’opposition crie au scandale et bientôt les électeurs réclament des comptes et le gouvernement est obligé de lâcher du lest, de redistribuer du pouvoir d’achat, et la politique capote. Seules les entreprises en sont bénéficiaires car elles se sont enrichies.
  • Comment rendre viable ce processus et lui donner une certaine justice. Il faut trouver une contrepartie à fournir par les entreprises pour rendre le process équitable. On ne peut demander aux entreprises d’embaucher avant d’avoir des besoins en main d’œuvre, ce serai ridicule, impossible, et improductif. On ne peut demander qu’elles fournissent une contribution financière car se serai leur donner d’une main ce que on leurs retire de l’autre. La contrepartie réclamée ne doit pas entamer leur compétitivité. La solution serai de demander, en échange le l’aide financière apportée par l’état (le contribuable) de céder une part de leurs actifs à l’état. Ce transfert d’actions ou de parts sociales n’aurai aucun impact sur l’exploitation et la compétitivité des entreprises et constituerai un forme de caution pour l’état. Celui-ci pourrait revendre ces actions soit à l’entreprise elle-même, soit sur les marchés et ainsi récupérer, pour les contribuables le capacité de redistribution perdue. Le financement de la reconquête du marché et de la création d’emploi serait alors juste et égalitaire.

Cette solution qui pourrait être acceptable pour les citoyens serait évidemment décriée par le patronat habitué à recevoir des aides sans contrepartie.

 

L’utilisation efficace des ressources

Du temps de la Royauté, le Roi avait des droits, qui lui avaient été conférés par Dieu et le peuple le devoir de le servir. La république a changé la donne. Selon le principe de la solidarité, les citoyens sont tenus au devoir de solidarité envers leurs compatriotes. En ce qui concerne les assurances chômage, le principe est le même. Tous les participants (cotisants) se portent solidaires des membres défaillants. Il en résulte que ce sont l’ensemble des membres qui ont le devoir d’aider les chômeurs et non ces derniers qui ont des droits à une aide. Avec l’usage et l’habitude il est devenu courant de parler des droits des chômeurs au lieu d’évoquer le devoir général de solidarité. Ne nous trompons pas, les bénéficiaires du chômage restent redevable de leurs indemnités à la collectivité.

Une fois posée ce préambule, nécessaire car ce que je vais dire va déclencher une polémique avec avis très favorable coté patronat et droite et des cris d’indignation côté gauche !

Nous cherchons, à rendre compétitive une économie plombée par ses couts de main d’œuvre trop élevés et nous avons d’autre part environ 3,5 millions de personnes au chômage payées à ne rien produire. Chercher l’erreur ! C’est un volant de main d’œuvre et de productivité gigantesque et couteux qui est inutilisé.

D’autre part une très grande partie de notre consommation est faites de produits importés car notre industrie est incapable de les produire à un cout compétitif. Tout le gros électroménager (Frigidaires, Machines à laver, micro-ondes, fours), la majorité du petit électroménager(Fers à repasser, robots ménager, batteur), les télévisions, tous les produits high-techs, les smartphones, les scooters, la majorité des voitures « dites » Françaises, etc., etc.  ne sont pas fabriqués en France. Pour la plus part non pas pour une raison de compétences mais pour une raison de cout. Cela représente des centaines de milliers d’emplois directs ou indirects de perdu ou plutôt cédés aux pays fournisseurs. Un véritable gâchis.

Contrairement à une rumeur délétère propagée par des groupes à la pensée nauséabonde, la grande majorité des personnes au chômage souhaitent vivement retrouver un emploi stable, et beaucoup sont même prêt à faire les effort nécessaires pour y parvenir.

Alors pourquoi ne pas aborder de front le défi qui est le nôtre !

Rêvons un instant. Les Assedic pourrait investir dans des usines de production, disons, par exemple, de machines à laver et de Frigidaires d’entrée de gamme. Une technicité largement à notre portée. Les chômeurs volontaires pourraient y être employé moyennant une surcote de leur allocation (cadres, techniciens, comptables, commerciaux, ouvriers). Sur le plan salarial l’entreprise ne supporterai que la surcote accordée aux  chômeur (le reste étant assuré normalement par les ASSEDIC) et se retrouverai en bonne position de compétitivité vis à vis des produits d’importations. Les ASSEDIC pourraient alors en partie se financer sur les revenus de l’entreprise. Les sous-traitants y trouveraient un regain d’activité et les importations de produits étrangers seraient ralenties (sans imposer de barrières douanières comme cela semble être, malheureusement, à la mode), et surtout les chômeurs y retrouveraient la dignité qu’assure l’autonomie financière.

Voilà une idée qui réjouira les partis de droite  (les chômeurs sont des fainéants) et qui fera crier les partis de gauche (les chômeurs sont des victimes), deux affirmation aussi inutiles l’une que l’autre. Il s’agit d’une suggestion qui sans doute peut poser certains problèmes. Mais les problèmes sont fait pour être résolut. C’est la classique défense de ceux qui ne veulent pas bouger, des conservateurs, que de soulever des problèmes soi-disant insolubles. On observe cela chaque fois que l’on cherche à faire bouger les lignes. Dans la plupart des cas on s’aperçoit vite qu’il  s’agit de faux problèmes. La dynamique, la force d’un pays est justement d’aborder les problèmes et de leurs trouver la meilleure solution, de faire preuve d’initiative, d’innovation ? N’oublions pas que la lutte contre le chômage est aussi une guerre commerciale et que qui baisse les bras sera le perdant.

La langue Française et ses déboires

LA LANGUE MOYEN DE COMMUNICATION

Définissons ce que peut être une langue dans le cadre de la « psychologie relativiste ». C’est avant tout un outil de communication dont l’objet est d’échanger des idées, des informations et de permettre une communication (un pont) entre la psyché de deux individus. La télépathie n’étant pas un moyen convaincant d’échange, l’homme a inventé le langage qui permet de transmettre assez facilement une information présente dans le cerveau d’un individu au cerveau d’un autre individu. C’est en ce sens une invention géniale.

Comment fonctionne cet outil ?

  • Le besoin d’exprimer nait dans les couches profondes de la conscience émotionnelle.
  • Il se formalise sous forme de représentations mentales dans la conscience cognitive.
  • Grace à un langage appris (qui codifie ces représentations sous forme de mots, de phrases susceptibles d’être vocalisées ou écrites), le message est transmis à l’interlocuteur.
  • Celui-ci reçoit le message et le décrypte sous formes de représentations mentales dans sa conscience cognitive.
  • Ces représentations sont « dé-formalisées » pour passer de la conscience cognitive à la conscience émotionnelle et être perçues comme des émotions

N.B. Les animaux ayant une conscience cognitive embryonnaire ne peuvent pas accéder au langage

Ceci suppose, évidemment, que les deux individus possèdent un langage commun afin que le message codifié par l’un puisse être dé-codifié par l’autre. C’est en ce sens que la référence à un dictionnaire (Celui de l’académie) permet à tous de partager la même définition et valeur des mots, ce qui est un « must » pour la compréhension des messages.

Néanmoins cette transmission est toujours imparfaite puisque les représentations mentales générées par deux individus ne sont jamais totalement identiques (puisque leurs consciences cognitives ont été formées au cours de leurs expériences respectives qui ne sont jamais les mêmes. Cependant, dans la mesure ou l’imprécision de la transmission reste inférieure à la précision de la pensée de chacun, le message peut être compris de façon acceptable.

La langue est un héritage qui nous vient de nos anciens (parents, institutions, littérature, …) et de ce fait entre bien dans la notion patrimoniale.

DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

De nombreux mouvements se proposent de défendre la langue Française, et de ce fait postulent qu’elle est attaquée et menacée. La langue est un outil, et comme telle, doit être simple et efficace. C’est à ces conditions qu’un outil peut s’imposer et être utile. Cependant, la langue Française est en compétition avec des concurrentes, dont la langue Anglaise. Pour s’imposer une langue doit-être plus simple et plus efficace que ses concurrentes.

Sur le plan de l’efficacité le Français est une langue riche, avec un vocabulaire abondant et précis. Il offre à son utilisateur un choix varié de mots pour désigner des concepts presque similaires et donc une grande finesse pour exprimer sa pensée.

En contrepartie cette abondance est difficile à gérer, et le choix du « juste mot » pour traduire un concept est assez complexe et demande une forte implication, une grande connaissance, un sens des nuances de la part du locuteur. Ce sens, ce goût du détail fait partie du patrimoine Français (même si dans le monde moderne il a tendance à s’effacer), mais il n’est pas inhérent à tous les peuples et à toutes les cultures et constitue un obstacle à l’apprentissage et à un usage généralisé de notre langue.

Autre obstacle à l’usage du Français et l’abus de règles dans l’orthographe. (L’abus de normes est un mal bien Français qui nous paralyse dans bien des domaines). Il est incroyable de voir combien notre grammaire est complexe, nos règles orthographiques innombrables et leurs exceptions encore plus. La majorité d’entre nous est incapable d’écrire, même un texte simple, sans faire de fautes. Pour nous c’est un calvaire et pour un étranger un véritable casse-tête.

Cette complexité grammairienne a des effets pervers. Dans l’apprentissage du Français elle nous pousse à privilégier la forme (l’orthographe) par rapport au fond (un très bon devoir de Français est considéré comme nul s’il contient trop de fautes d’orthographe), et dans l’apprentissage des langues étrangères à privilégier la grammaire sur la conversation. Nous traitons toutes les langues comme si elles étaient des langues mortes !

Pour illustrer cette complexité quelques exemples :

  • Le pluriel des mots :

Les mots qui se terminent en au, eu, eau, prennent un x au pluriel sauf bleu, émeu, landau, lieu (pour le poisson uniquement), pneu, sarrau.

Les mots se terminant en al prennent aux au pluriel, sauf bal, carnaval, festival, chacal, égal, cal

les mots qui se terminent par ail font ails au pluriel, sauf bail, corail, émail, soupirail, travail, ventail, vitrail qui prennent aux

les motsqui se terminent par ou font ous au pluriel, sauf Bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou prennent un x au pluriel

  • Aucun

Ce mot est toujours au singulier, sauf s’il est employé avec des mots toujours au pluriel (aucun achats, mais aucuns frais d’achat) (sur ce point mon correcteur orthographique a fait la faute !)

  • L’accord du participe passé avec les verbe avoir, exception absurde
  • Les innombrables règle de l’accord des participes passé
  • Les mots masculins qui se terminent par ée (apogée, lycée, pygmée, scarabée)

On pourrait citer à l’infini de telles exceptions (faites une recherche sur Google et vous serez horrifié). Ces exceptions enrichissent-t-elles la langue Française. Bien sûr que non ! en quoi dire « des genous » appauvrit la langue ? Dire « « des chevals » en place de « des chevaux » trahit-il le sens d’une phrase ? d’ailleurs on dit un équidé, des équidés.

Ces centaines de règles absurdes, ces millier d’exceptions sont un obstacle majeur au développement de notre langue dans le monde. On pourrait facilement faire d’un « nouveau Français » une langue attrayante en la conservant aussi riche et musicale, tout en la rendant aisée et accessible.

Mais toute simplification se heurte au « mur des grammairiens » … pas le « mur des cons » des magistrat, mais presque ! Ils défendent, non pas la langue, mais le pouvoir que leur confère cette complexité dont ils sont les tenants … et malheureusement les aboutissants !

Arrêtons de nous plaindre que nos enfants fassent trop de fautes d’orthographe. Ce ne sont pas eux qui sont mauvais mais l’orthographe qui est débile, ils sont logiques et simplificateurs, tout le contraire de l’orthographe.

L’INVASION DES TERMES ETRANGERS

Nos puristes se plaignent également de l’usage de termes étrangers dans notre vocabulaire courant, ils crient à l’invasion, à la menace de la disparition de notre belle langue, disons à sa pureté. Ceci n’est pas sans rappeler l’appel à la pureté de la race arienne. D’ailleurs les réactions de nos compatriotes Front National ou extrême droite qui crient à l’invasion musulmane, à la menace de disparition de notre identité, disons à sa pureté, parce que quelques éléments d’une culture étrangère viennent enrichir notre culture séculaire. La langue comme la culture doivent évoluer avec la société sous peine de mourir.Une culture, comme une langue à besoin d’évoluer pour survivre. Toute espèce a besoin de renouvellement, de sang neuf pour ne pas se scléroser et dégénérer.

Prenons, par exemple,  le terme informatique « browser » (Firefox, Chrome, Safari, Explorer, Opéra, …). Ce terme vient des USA (1995 Netscape Navigator), puisque c’est là que ces logiciels ont été inventés, et qu’il fallait bien leur donner un nom. Le terme « browser » est utilisé et compris dans le monde entier. Personnellement je trouve merveilleux un mot universel qui remet en cause la malédiction de la « tour de Babel ». Pourquoi avoir voulu (dans une loi absurde) le remplacer en Français par « butineur », un mot que personne ne comprend, pas même les internautes Français. D’autant plus que le terme « browser » n’attend pour devenir Français que notre décision de l’intégrer à notre langue.

Acceptons avec gourmandise l’enrichissement de notre langue par ces mots nouveaux, d’où qu’ils viennent et si nous voulons que ces mots soient d’origine Française inventons en premier les nouveaux concepts, les nouvelles technologies, et baptisons-les en premier.

CONCLUSION

La langue Française est un patrimoine et comme tel devrait être conservé et restauré en l’état. Mais la langue est plus que cela. C’est aussi le moyen privilégié de notre communication, et comme tel elle doit sans cesse évoluer, s’adapter aux évolution du monde moderne. Elle doit rester en phase avec les concepts qu’elle représente et qu’elle est censée transmettre. La confiner à son rôle patrimonial revient à la condamner à devenir une langue morte et inutilisable.

La défense de la langue Française ne passe pas par la crispation devant les langues concurrentes mais par la lutte contre notre conservatisme forcené. Notre ennemi est, avant tout, notre rigidité devant tout changement (qui bouscule la hiérarchie des valeurs). C’est nous qui voulons faire de notre langue une langue morte comme une sorte de latin moderne.

Mais, de vous à moi, ce sont des combats d’arrière garde. Nous n’avons pas su évoluer et l’anglais s’est imposé comme la langue du futur, en tout cas pour le futur immédiat.

 

 

 

 

 

Réflexions à propos de « l’affaire Benala »

L’affaire Benala
Depuis quelques jours l’affaire déferle dans la presse, les médias, au point de paralyser le travail des parlementaires dans une forme d’hystérie plutôt malsaine. Pour les uns « affaire d’état », pour les autres « tempête dans un verre d’eau ».

Pour rappel des faits, un employé de l’Élysée chargé de la sécurité du Président c’est substitué aux forces de police pour appréhender avec brutalité un manifestant dans une manifestation en mai dernier. Il en résulte une double infraction de coups et blessures (apparemment sans blessures) et d’usurpation de pouvoir de police. Une infraction sérieuse déjà observée lors des manifestations d’extrême droite ou d’extrême gauche. La justice est saisie et l’enquête est en cours. D’autres enquêtes ont également été diligentées par, l’IGPN (police des polices), par le parlement, et par le sénat. Il ne nous manque plus qu’un recours aux prudhommes pour sanction abusive pour fermer le bans (dans ce cas, oh miracle ! la justice militaire n’est pas actionnée).

Les justices parallèles
Dans la mesure où l’on souhaite mettre fin aux régimes spéciaux de retraite on pourrait s’interroger sur le rôle de ces régimes spéciaux de justice qui agissent en parallèle. Chacun peut arriver à ses propres conclusions, définir ses propres sanctions. Tout ceci peut être cumulatif, contradictoire, et pour le moins confus. Si le rôle de la justice est indiscutable (puisque qu’elle existe pour remplir cette fonction), l’IGPN est déjà une justice un peu parallèle interne à un corps de l’état avec un rôle analogue à la justice militaire. Il est vrai que l’ordre des médecins, des magistrats, la fédération Française de football, l’Union cycliste internationale etc. etc. ont aussi le propre système de tribunal et de justice. Dans les entreprises privée c’est le directeur général auquel on confie ce rôle de juge, quitte pour le salarié à faire appel de sa décision devants « les prudhommes ». Dans les organismes maffieux, dans le milieu de la délinquance on retrouve également ce rôle de juge et ce système de sanctions (parfois expéditives). C’est dans la nature de tout groupe constitué que de vouloir rendre sa justice.  Il existe dans notre pays des centaines d’organisme de justice, chacun agissant avec ses propres règles, ses propres contrôle, ses lobbies. La justice finie par être un tribunal parmi tant d’autres, même si « in fine » l’institution judiciaire reste le recours suprême vers lequel chacun peut se retourner pour se faire rendre « LA JUSTICE » … mais au bout de nombreuses années et souvent bien trop tard.

Les abus de pouvoir
Un point intéressant et celui du parlement qui c’est autosaisi d’une commission d’enquête, et il semble qu’à la lecture des textes (sous un certain angle) ceci puisse faire partie de ses prérogatives. C’est pour le moins bizarre que l’organe législatif puisse se muer en organisme judiciaire et juger des affaires qui ne concernent pas l’action du parlement. Ce dernier est chargé du contrôle de l’action du gouvernement mais nullement de la gestion du personnel de l’Élysée et des voies de fait sur la voie publique. Une usurpation de pouvoir (légale) pour juger une usurpation d’identité et de fonction, c’est vraiment coquins contre coquins ! Quand à censurer le gouvernement pour sanctionner des violences faites par un salarié de la présidence dans l’espace publique c’est un poil « Ubuesque ». Il est vrai que le parlement vote pour ses conditions de travail, ses salaires, ses conditions de retraite, de crédit à la consommation, ses avantages divers … on n’en n’est plus à un conflit d’intérêt près. J’aurais bien aimé voter pour mon salaire et ma retraite !

Il est vrai que les membres du gouvernement n’ont rien fait pour ébruiter l’affaire et peuvent être soupçonnés de « mensonge par omission », mais existe-t-il un seul député qui n’ait jamais menti au moins par omission dans l’intérêt de son parti (revoir les affaires Strauss Kahn, Cahuzac, Fillon, Chirac, etc. etc. !)

Le rôle trouble des députés
Nos députés sont les premier à trahir leur fonction en respectant la « sacro-sainte » discipline de vote et en s’arrogeant des droits sur leur circonscription. Ils sont élus, effectivement par un scrutin par circonscription mais sont censés être représentatifs au niveau national et non régional. Le niveau régional est déjà représenté par les maires, les conseillers généraux, les conseillers régionaux, et enfin par les sénateurs. Le « travail » des députés en circonscription et largement entaché d’électoralisme et de clientélisme. On soigne avant tout ses électeurs potentiels, temps qui est pris sur celui dévolu à la représentation nationale. C’est un « hiatus » de nos institution de faire élire des représentant par des électeurs qu’ils ne sont pas censés représenter. Pourquoi un membre du collège législatif se donnerait-il des pouvoir exécutifs dans une partie du territoire ? On est bien sûr dans un franc conflit d’intérêt : « je m’occupe de ce qui me rapporte et non de ma fonction propre ». Nos députés usurpent le pouvoir des représentants locaux (puisqu’ils ont plus de pouvoir à Paris dans notre état centralisateur) au même titre que Monsieur Benala a pu usurper les pouvoirs de la police !

La discipline de vote
Autre dévoiement du système dans la discipline de vote. Les électeur choisissent un homme pour être un représentant de la nation et celui-ci ne vote plus les lois en son âme et conscience mais selon les directives qui lui sont fournie par les instance régnantes dans son parti. En fait au parlement ont un réel droit de vote une petite poignée de personnage (ceux qu’on appelle les poids lourds des partis) qui confisquent leur légitimité au instances élues, certains de ces personnages pouvant eux-mêmes ne pas être des élus !

Avant de jouer les « vierges outragées » et d’hysteriser la moindre polémique (en se comportant comme des adolescents en crise), nos députés feraient bien de « balayer devant leur porte » et de respecter l’esprit de nos institutions pour remettre « l’église au milieu du village »

L’échelle des sanctions
On a beaucoup critiqué les responsables de l’Élysée pour la sanction infligée dès le début mai à Monsieur Benanla , la jugeant trop peu sévère vis à vis des faits reprochés. Encore une fois jugeons la situation sans passions. Suite à la prise de connaissance des faits Monsieur Benala a été mis à pied 15 jours avec privation de salaire. La sanction est-elle en proportion de la faute ? qui pourrait le dire. Notre système de sanction pénal est purement de type relatif. Si vol de 100 € conduit à une sanction X, un vol de 1000 € devra être sanctionné par une peine plus lourde et ainsi de suite. Ce système relatif fonctionne assez bien, mais comment, sur quelle base fixer la référence, la sanction X … rappel à la loi, Travaux d’intérêts généraux, prison … aucun système de référence n’existe et on se contente de fixer des peines par habitude, par rapport à des affaires précédentes, c’est un système purement subjectif qui se donne des allures rationnelles. De même, comment fixer des peines relatives dans le cas de vols, d’agressions, d’escroqueries, de viols, de meurtres, qui peut, qui a établi la relativité de peines entre délits de nature différentes ?  Dernier exemple, un juge condamne un détenu à disons 5 ans de prison. Ce dernier fait appel et sa peine est réduite à 1 an voire il est gracié. Le premier juge a-t-il été défaillant, et dans ce cas il devrait être sanctionné, ou est-ce la cour d’appel qui fait erreur, pourquoi l’un des jugements l’emporterai-t-il sur l’autre ? et que dire si la cour Européenne s’en mêle et prononce un autre jugement ? Se prononcer sur la proportionnalité d’une peine est un exercice hautement risqué et toujours critiquable.

Les tribunaux d’exception
Autre point que soulève le prononcé de cette sanction c’est qu’elle ne respecte absolument pas la « sacro-sainte » vertu de la présomption d’innocence. Comment, sans enquête contradictoire, sans jugement, une justice parallèle s’arroge-t-elle le droit de prononcer une condamnation ? Comment peut-on juger une peine trop ou pas assez lourde sans éléments d’enquêtes, sur la simple présomption de culpabilité. Décidemment ses « tribunaux parallèles » ont des allures de tribunaux révolutionnaires, un léger côté de procès Staliniens ! Personnellement dans le cas qui nous intéresse j’aurais opté pour une mise à pied provisoire sans perte de salaire en attente du jugement prononcé par la tribunal compétant.

Les protections occultes
Ce dernier point soulève le problème majeur des pouvoirs occultes, fantasmés ou réels, qui agitent notre sphère politique. Dans le cas présent beaucoup des intervenants étaient persuadé, à tort ou à raison, qu’il existait une relation forte entre E.Macron et son garde du corps. A tous niveau on constate une réticence à l’engagement dans cette incertitude. Plutôt que de risquer de « fâcher le prince » chacun c’est réfugié dans des demi-mesures, la langue de bois, l’omission. S’il s’agissait d’un cas isolé ce ne serai pas très grave, mais l’important et que si chacun à agit avec cette prudence fautive c’est que chacun a vécu ou connu de nombreux exemples ou le lanceur d’alerte a été le premier puni pour avoir révélé une vérité. Les membres d’un parti doivent s’exprimer avec « les éléments de langage » qui lui sont fournis par le « bureau politique » sous peine d’exclusion ou de non investiture aux prochaines élections, voter contre une loi proposé par son parti revient à une « mise à mort » politique. On comprend bien que quand on doit s’opposer à un pouvoir occulte, même simplement supposé, on préfère assurer ses arrières et éviter des propos définitifs. Dans le doute, abstient toi !

Conclusion
En conclusion, et par-delà cette affaire de droit commun, c’est toute l’incohérence et la déliquescence de notre monde politique qui se dévoile. On est loin de la société idéale, mais la justice faites par les hommes ne sera jamais que la justice des hommes. Nous avions élu une « nouvelle race » de députés, on peut dire qu’ils n’ont pas été long à apprendre la leçon de leurs ainés.

 

 

L’histoire de l’art, de la raison à l’émotion

Nos société évoluent, au cours de l’histoire allant, en se formalisant de plus en plus, des meutes, des clans informels des sociétés primitives, jusqu’aux sociétés modernes ou tout est encadré, régulé, réglementé, et dans lesquelles la spontanéité, l’instinctuel sont quasiment rejetés.

L’histoire de l’art se présente comme un long cheminement qui va des temps les plus reculés jusqu’à nos jour. Vu avec beaucoup de recul, on trouve dans l’expression artistique une lente évolution qui va, à l’inverse des sociétés, du plus raisonné, contrôlé, académique, au plus déconstruit, débridé, informel.

Il est curieux de constaté que plus les sociétés se structurent et plus leur expression dans l’art suit le chemin inverse et se déstructurent.

Reprenons, rapidement, les grandes périodes de l’histoire de l’art :

  • Époque Gréco-romaine. L’art est généralement d’expression religieuse. On montre surtout des représentations des dieux sur un mode extrêmement codifié, à la fois dans l’iconographie de la représentation et dans son expression esthétique. On respecte les canons de la beauté qui sont à la fois gage de beauté et de respect envers les divinités représentées.
  • Au moyen âge on reste dans la représentation religieuse (une autre religion bien sûr) mais l’expression artistique reste très formelle à la fois dans les sujets traités et dans la façon graphique de les interpréter.
  • A la Renaissance les carcans de l’art s’assouplissent et l’on peut aborder de nouveaux sujets. Tout d’abord on se dégage pratiquement de l’art religieux en représentant la mythologie Gréco-romaine (ce qui est une façon de rester dans le religieux tout en s’en écartant). On s’oriente alors vers la représentation des « grands de ce monde » dans une présentation « laïco-religieuse ». On décrit dans les portraits et représentations des grands hommes plus leurs fonctions, leur pouvoir, que leur personnalité. Le costume, la position, sont choisies avec soin pour donner toute l’impression de puissance attachée à la fonction.
  • Progressivement on va glisser vers des expressions plus personnelles, des portraits plus intimistes, des sujets plus naturalistes montrant les gens du peuple. La sensibilité s’insinue sous les codes académiques.
  • Avec l’époque impressionniste le sentiment fait véritablement irruption dans l’art. On ne peint plus une réalité mais la perception que l’on peut en avoir. Les artistes recherchent comment techniquement, dans leur travail, représenter des sentiments, des états d’âme. Adieu la rigueur, place à la liberté.
  • Au début du 20 ème siècle la « dé formalisation » de l’art s’accentue. Cubisme, structuralisme, constructivisme, les codes utilisées deviennent de plus en plus personnels, la « réalité » ne fait plus partie des objectifs artistiques. On ne peint plus ce que l’on voit mais ce que l’on ressent. Alors que les impressionnistes peignaient ce qu’il ressentaient devant un paysage, on n’a plus besoin de sujet pour s’exprimer, on trouve en soi les élans nécessaires à la création. Il reste encore des traces d’académisme puisqu’il reste des écoles, des chapelles, une théorisation de l’art qui imposent encore certaines contraintes et conventions
  • Dans l’époque contemporaine tous les codes éclatent. On arrive à ce que certain peuvent appeler « le grand n’importe quoi ». Toute formalisation a disparue et la projection sur une toile devient presque un acte physique (tout à fait pour certains artistes) Chacun balance dans son œuvre ses déchirements internes (souvent névrotiques, nihilistes, morbides, parfois à la limite de la pathologie). Qu’importe la forme, on s’exprime et … c’est tout.

 

On voit dans ce petit résumé comment l’expression artistique est passée en deux siècle d’un mode contrôlé, raisonné, et gouverné par la conscience cognitive, des choses, à une expression sans règles communes, et commandée par la conscience émotionnelle.  La raison à progressivement fait place à l’animalité. Si on cherche à comprendre ce nouveau mode d’expression on fait fausse route. Il n’y a plus rien à comprendre, à analyser, dans cet art, juste à ressentir, à éprouver. Selon la raison c’est du « n’importe quoi », selon l‘émotion ce peut être intense.

Quel sera l’avenir de l’art dans cette perspective … mystère ? Continuera-t-il à évoluer à rebours de l’évolution de la société (qui elle va dans le sens de plus de structuration, plus de codification, plus d’universalité dans la connaissance), l’avenir nous le dira. Quel sera le profil des futurs amateurs d’art ? « L’élite culturelle » va-t-elle abandonner la notion d’art et la laisser aux classes « les plus populaires » ? le marché de l’art va-t-il, de ce fait, s’élargir ?

On retrouve une évolution similaire dans la musique qui est passé en deux siècles d’une musique folklorique rituelle et répétitive, à la grande période de la musique dites « classique », pour en arriver au jazz, au rock’n roll, au métal, au rap. Encore ici, l’élite c’est fait déposséder de ses prérogatives de leader d’opinion et se sont les couches populaires qui se sont accaparé le privilège des conduire les gouts, de faire le marché de la musique. On va vers une musique plus instinctuelle, plus spontanée, plus caricaturale.

La disparition des élites dominantes est le fait majeur de l’évolution des civilisations modernes, avec le paradoxe que, plus la civilisation devient complexe, technique, difficile à appréhender et moins les élites intellectuelles gouvernent le monde.

Plus les sociétés se structurent, plus les élites perdent leur pouvoir au bénéfice des classes populaires, et plus leur expression devient, simple, instinctuelle, animale … finalement, c’est très logique !

Signalons une forme artistique un peu particulière, c’est la littérature. Dans la mesure où elle s’exprime à travers un média totalement codifié et secondarisée (le langage), elle n’arrive pas à devenir une expression animale (car l’animal n’a pas de langage). Même si la littérature « au kilomètre », les romans « dit de gare » jouent les bestseller, il reste encore une place pour la « belle littérature ». Si on observe une évolution dans la littérature, c’est souvent plus dans les sujets traités que dans la façon de les traduire.

 

Reproduction, sexualité, pornographie, et prostitution

Rien qu’à l’énoncé du titre on peut que se dire : « Mon dieu, dans quelle galère on s’embarque ». C’est vrai que le sujet est plutôt chaud car il est du domaine du tabou, du non-dit, du caché, du coupable, le vrai package complet de notre culture judéo-chrétienne ! mais pas que, car dans la plupart des cultures évoluées on retrouve ce tabou du sexe.

Dans la mesure ou le sujet est complexe, on va l’aborder pas à pas.

La reproduction

C’est la base fondatrice de la vie et de l’existence d’une espèce vivante. Sans reproduction, pas de perpétuation, sans renouvellement pas d’existence ! Comme toute nécessité biologique la reproduction est une sorte d’innée dans l’espèce, une forme d’instinct. Laissez ensemble un homme et une femme et il trouverons tout seul comment s’accoupler et se reproduire. Si la respiration, l’alimentation sont les garants de la survie d’un individu, la reproduction est le garant de la survie de l’espèce. Accordons à l’acte d’accouplement une valeur fondatrice et universelle dans le domaine de la vie.

La sexualité

La plupart de nos comportements amoureux ne visent pas à la reproduction, mais dans l’immense majorité ils servent à assouvir d’autres nécessités comme la recherche du plaisir sensuel, recherche d’une communication intime, besoin de sécurisation, besoin d’une image sociale valorisante, besoin de se positionner dans sa composante mâle ou femelle, …etc. etc. A ce niveau le comportement amoureux n’est plus du domaine de l’innée mais plutôt d’un acquis, d’un apprentissage. Il est du niveau de la conscience cognitive. La sexualité se découvre, ou mieux s’apprend.

Rappelons à ce point que le relation sexuelle est totalement gratuite, écolo-responsable puisqu’elle ne consomme pas les ressources de la planète, accessible à ceux qui la désirent. Elle permet de prendre et de donner du plaisir, c’est un merveilleux moyen de communication sur le mode le plus intime, elle rapproche les êtres (au moins temporairement), bref elle a un rôle important d’amortisseur social dans les divers conflits entre personnes. Comment avons-nous pu en faire cet objet de rejet, ce tabou presque immoral, cet acte plus ou moins coupable et inavouable ? De ce qui pourrait être une solution nous avons fait un problème. Nos amis les Bonobos ont mieux su gérer la relation sexuelle et nous pourrions nous en inspirer. Ils sont plus primaires et peut être que cette faiblesse de leur conscience cognitive leur permet de gérer l’émotion au niveau émotionnel et non pas, comme nous, prétendre gouverner l’émotion par la raison. On peut dire que Bouddha disait vrai et que la raison nous entraine parfois au déraisonnable (quand elle s’applique à un domaine qui n’est pas le sien comme l’émotion)

Mais comme tout sujet tabou, et dont on ne parle pas la sexualité manque de vocabulaire adapté. Pour en parler on dispose de deux vocabulaire :

  • Le vocabulaire argotique, populaire, et qui se veut par principe vulgaire
  • Un vocabulaire pédant qui se veut technique, châtié, hors des présomptions de vulgarité

Par exemple, si je vais aux toilettes je peux soit aller « chier », soit aller « déféquer ». Je ne me reconnais dans aucun de ces deux termes. Je peux « baiser « ou « faire l’amour » (vulgaire ou romantique), je peux faire une « pipe » ou une « fellation », un « broute minou » ou un « cunnilingus ». On ne trouve jamais le terme médian qui décrirait les choses en toute simplicité. Ce dont on ne parle pas n’a pas besoin de vocabulaire, mais ce qui n’a pas de vocabulaire n’a pas de vocation à s’exprimer.

La sexualité est, avons-nous dit, du domaine du cognitif, de la représentation mentale. C’est pourquoi elle se nourrit de fantasme qui sont les représentations formulées de nos pulsions sexuelles. Le fantasme se présente comme une image coloré par les éléments culturels dont on dispose. Dans la mesure ou la sexualité devrait s’apprendre mais ne s’apprend pas (la faute au tabou) la représentation mentale de nos pulsions manque d’éléments précis pour se formaliser. C’est pourquoi elle se traduit par le flou du fantasme et non par une image bien définie

La pornographie

On s’inquiète beaucoup de ce que les jeunes, garçons et filles, regardent de plus en plus de vidéos pornographiques. L’image générale en est déplorable (image dégradante de la sexualité et de la femme, perversion sociale, tendance à l’exaspération des besoins, conduirait à la violence et aux agressions sexuelles, …). Tout cela n’est pas faux mais mérite analyse.

  • Les commerçant qui produisent ces vidéos ne sont pas des philanthropes et ils fournissent ce que leurs consommateurs demandent. En fait ils mettent en scène rien de plus que les fantasmes existants chez la plupart d’entre nous. Ils ne produisent pas cette image dévalorisée, ils la formalisent, la représentent. Leur succès est lié à leur capacité à fournir des images aussi proches que possible de nos fantasmes secrets. C’est le tabou de la sexualité qui génère ces fantasmes et non la pornographie qui ne fait que les exploiter. Si le tabou sexuel disparaissait la pornographie n’aurait plus de raison d’être.
  • Les jeunes se trouvent propulsé, à la puberté dans l’univers de la sexualité sans y être préparés et, inévitablement, ils se posent énormément de questions. Que faire ? comment se comporter dans l’intimité ? que dire ? une fille comment ça fonctionne, un garçon comment ça marche ? quelles limites à ne pas franchir et quelles limites, au contraire, à dépasser ? quelle influence sur mon image sociale ? qu’en penseraient mes parents ? l’amour ça veut dire quoi ? la fidélité, la relation avec les études, … ? autant de questions dont ils cherchent les réponses. Ou peuvent-ils les trouver sinon dans la pornographie ? que leur offrons nous pour répondre à leurs angoisses ? l’éducation sexuelle à l’école, le papa qui met la petite graine dans la maman, … au secours ! Les jeunes se tournent vers la pornographie parce qu’ils doivent le faire, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ce sont les adultes qui, empêtrés dans leurs problématiques sont incapable de leur apporter l’aide dont ils ont besoins. Ce phénomène paraît nouveau, simplement parce que la pornographie est maintenant librement accessible. Au siècle derniers ont avait les mêmes questions, les mêmes inquiétudes, et si la pornographie avait été disponible, croyez-moi, on se serait rué dessus !
  • La pornographie est de piètre qualité, c’est vrai. Mais à l’époque de la prohibition aux états unis l’alcool diffusé en contrebande était de très mauvaise qualité (difficultés de fabrication, manque de concurrence, vente assurée par défaut). Demandez à Francis Ford Coppola, Steven Spielberg ou Martin Scorsese de réaliser un film avec un budget de 30.000 €, deux jours de tournages, pas de décor, pas de scénario, et des acteurs qui n’en sont pas, je ne suis pas sûr qu’ils feraient mieux.

Disons que le problème qui se pose pour les jeunes vaut également pour les adultes qui ont tout appris de la sexualité « sur le tas », le résultat n’est pas optimum et le pourrais faire mieux s’impose … mais bon ! encore un sujet qu’il vaut mieux ne pas aborder !

La prostitution

Encore un serpent de mer. Depuis que le monde est monde la prostitution existe et beaucoup se proposent de la supprimer … évidemment sans y parvenir, autant vouloir supprimer l’instinct de reproduction ! Les arguments ont variés avec les époques. D’abord sociétaux avec la hiérarchisation des classes sociales en fonction des métiers exercés, puis prophylactiques avec les progrès de la médecine, aujourd’hui plus hédonistes en se penchant sur triste le sort des femmes, mais toujours avec la plus grande hypocrisie. Les plus grands défenseurs de la morale n’étant pas ceux qui faisait le moins appel aux prostituées et le chiffre d’affaire estimé de la prostitution montre que la clientèle est vaste et variée. L’ensemble des argumentations est fondé sur un oukase venu d’on ne sait où : « Il est mal de vendre son corps ». Pourquoi est-il mal de vendre son corps, mystère ! Pourtant les exemples sont nombreux d’individus amenés, souvent contre leur gré, à vendre leur corps. Combien de travailleurs des mines ont poussé leur corps jusqu’à l’extrême limite de la résistance pour quelques pièces, les militaires, les mercenaires échangent bien leur vie pour de l’argent, … et les footballeurs ! Neymar par exemple, vendu pour 220 millions d’Euros, payé 800.000 euros par mois, assuré contre toute déficience physique ne vend ils pas son corps … car je ne penses pas que ce soit son esprit, ni sa coupe de cheveux que l’on paye à ce prix ! Mais évidemment le cas des prostitué est traité différemment, non pas parce qu’elles vendent leur corps mais parce qu’elles vendent du sexe, elles monnaient du tabou !

Conclusion

Attention je ne fais pas, ici, une apologie de l’amour libre, de la pornographie, ou de la prostitution. J’essaye simplement de « remettre l’église au milieu du village ». Ce que je critique c’est la gestion de la sexualité au nom d’affirmations sans fondement, de vieux oukases comme :

  1. La prostitution est sale et dégradante
  2.  Le sexe avant la mariage c’est mal
  3. Vendre son corps est inacceptable
  4. La pornographie c’est le vice

Et pourquoi pas la masturbation rend sourd !

Bien sûr derrière ces apriori se cachent des causes plus profondes : Le farouche rejet de notre part animale, la peur de s’abandonner dans une relation à l’autre, en résumé le besoin de contrôler nos émotions par la raison

Pour être capable de gérer nos émotions de la sorte il faudrait mieux définir et comprendre les principes de base de la sexualité pour la gérer mieux. A partir du moment où l’acte de reproduction est détourné de son objet initial, il commence à être gérer par toute la construction mentale de la conscience cognitive. Il cesse d’être universel et devient conditionné par les expériences de chacun, par les images qu’il en a créé, avec tous les biais et travers que cela comporte.

Et puis, si la sexualité est un élément important de notre vie sociale et affective, c’est loin d’être notre seul vecteur d’échanges et de communication. Heureusement notre palette de capacités de relations est très vaste, mais ne la laissons pas être gravement perturbée par une mauvaise approche de la sexualité, ne nous laissons pas « manger » par le tabou du sexe

Radicalisation et dé-radicalisation

L’homme, sur son mode le plus primaire, est sujet aux grandes lois de la nature, « manger ou être mangé », « marquer et défendre son territoire », « le plus fort l’emporte sur le plus faible », « les plus faibles ont vocation à être éliminés pour garder l’espèce aussi saine que possible », « seul les plus forts sont amenés à se reproduire ». Cette situation étant extrêmement anxiogène (puisque le dominant d’un jour risque d’être le dominé de demain) l’homme, dans sa supériorité cognitive sur l’animal, a inventé la société. Cet art ou coutume du « vivre ensemble » se superpose aux instincts primitifs pour assurer à chacun la possibilité d’exister. Plus les sociétés sont « avancées » et plus la composante sociale l’emporte sur la composante instinctuelle.

En période de prospérité les contraintes sociales, le collectif, sont facilement acceptées par les citoyens puisqu’elle leur apporte la sécurité. Dans la difficulté, quand la société apparaît incapable d’assurer la prospérité et donc, (par une assimilation erronée) la sécurité, les individus ont tendance à se replier sur eux-mêmes et donc sur leurs valeurs instinctuelles et primaires. Rejetant la société ils se retrouvent face à leurs instincts naturels et « l’homme devient un loup pour l’homme ».

C’est sur ce terrain que se produisent les phénomènes de radicalisation.

LA RADICALISATION

Sur le plan sociétal la radicalisation sera favorisée par :

  • Les difficultés économiques, chômage, pénuries, menaces extérieures
  • Les difficultés sociétales, remise en cause des valeurs établies, apparition d’idées nouvelles, modification des hiérarchies

Sur le plan individuel

  • Structure mentale rigide à nature paranoïde qui fait voir des dangers là où ils n’existent pas vraiment
  • Structure mentale floue, identité faible, individus en recherche de certitudes.

Pour terminer ce panorama général disons que le phénomène de radicalisation ne se limite pas aux terroristes Islamistes (même si c’est là qu’il est le plus cruel, violent et dangereux) mais que les militants les plus farouche du front National, la droite « dites dure » de Laurent Wauquiez, ou les militant de la gauche insoumise présentent une composante radicale importante. N’oublions jamais qu’avant de devenir des bourreaux (digne de Daech) les Nazis étaient de simples militants radicaux d’extrême droite, que les Khmers rouges ou les gardes rouges de Mao ont commencés par être de simples militants radicaux d’extrême gauche. Les circonstances, l’appel du pouvoir et de la toute-puissance, le sentiment d’impunité, peuvent facilement transformer de simples asociaux (puisque les extrémistes ont pour composantes communes le rejet de la société en place) en bourreaux sans limites.

Je ne m’étendrais pas sur les facteurs sociétaux qui participent au développement des radicalités car elles ont été largement exposées, qu’il est inutile de répéter ce qui a déjà été développé et qu’elles ne rentre pas dans le champ de la « Psychologie relativiste » que je cherche à promouvoir.

Sur le plan psychologiques deux types d’individus seront susceptibles de se radicaliser

  • Les individus a structure de la conscience cognitive rigide (par nature ou par éducation). Ils sont enfermés dans leur certitudes, refusent ce qui les déranges, se sentent agressés par toute idée qui ne va pas dans le sens qui leur convient et les renforce dans leurs croyances. Leur structure mentale paranoïde est déjà de type radical. Une tentative pour les radicaliser pourra renforcer leurs convictions, les entrainer à plus d’excès, mais ne pourra pas leur faire changer de position, d’avis. Ce genre d’individu ne sera sensible qu’aux discours qu’ils attendent pour se conforter et se sécuriser. Par exemple ce type d’individu, s’il est d’extrême droite, non seulement ne pourra pas être séduit par un discours d’Islamiste radical mais, au contraire, le rejettera avec violence comme « le discours du diable »
  • En ce qui concerne les sujets à identité faible, à conscience cognitive lâche, à positionnement incertain, La mécanique est différente. Il ne s’agit pas pour eux de se conforter dans une position pour se sécuriser, mais au contraire d’acquérir des références, des positionnements, une identité pour sortir de leur schéma mal référencé et anxiogène. Ils sont en recherche d’identité et disponible pour toute idéologie capable de leur apporter les certitudes qui leurs font défauts. Extrême droite, extrême gauche, Islamisme, tout est possible pour eux. C’est une question complexe de circonstances, de milieu social, de rencontres, d’amis ou copains, qui les entrainera dans un sens ou dans l’autre. Peu importe l’idéologie pour peu qu’elle soit simple, facile à assimiler, qu’elle intègre à un groupe social, qu’elle apporte certitudes, sécurité, positionnement et identité. Bien sûr, dans ce schéma les jeunes sont la proie idéale des recruteurs. Leur identité est fragile, en construction, leurs jugements incertains, ils sont en phase de se dégager de l’identité parentale sans avoir encore forgé la leur, en recherche d’identité ils sont prêts à adhérer à toute idée qui pourra leur donner une perspective de vie.

 

LA DE-RADICALISATION

La radicalisation est un phénomène plutôt facile car il apporte la sécurité (comme d’ailleurs l’adhésion à une secte). La dé-radicalisation est autrement difficile car elle cherche à détruire une structure cohérente et sécurisante pour la remplacer par … ? C’est là que le bât blesse, qu’avons-nous à proposer à ces jeunes (ils sont généralement jeunes), quelle vision de la société, quelle perspective d’avenir, quel projet exaltant ?

En ce qui concerne le premier type d’individu, les « paranoïdes », ils ne faut pas rêver, la dé-radicalisation est pratiquement impossible. Ils sont structurés ainsi depuis leur plus jeune âge et ils ont peu de chances de se remettre en cause totalement. On peut cependant les raisonner, leur fixer des limites, les modérer, les sociabiliser, mais les changer, certainement pas. Ce type d’individu à souvent intégré en partie des codes sociaux ou moraux rigides, mais facteur d’intégration possible. Et puis, après tout, toute société a ses extrêmes et ils peuvent y prendre leur place.

Pour les individus en recherche d’identité la dé-radicalisation est théoriquement possible. Elle est très difficile car elle fait passer l’individu d’une situation sécurisante, confortable (intellectuellement) à une situation anxiogène ou on détruit ses certitudes sans lui avoir encore redonné une identité solide. Ce ne peut être qu’un processus lent, une véritable thérapie. Tant qu’il ne sera pas recadré dans une nouvelle identité le sujet s’accrochera à ses croyances (on peut dire comme un malade !) et ne voudra pas « lâcher la proie pour l’ombre ». L’effet de groupe, comme dans un centre de dé-radicalisation, pourrait jouer un rôle synergique (les progrès des uns pouvant rejaillir sur les autres) ou un rôle négatif (les résistances des uns pouvant conforter les autres dans leur résistance). Ce point mérite réflexion.

La dé-radicalisation n’est pas une éducation, on ne part pas de zéro pour construire quelque chose, on doit détruire un existant avant de reconstruire autre chose.

Si on vous dit : « je vais vous construire une nouvelle maison ! », vous êtes plutôt content.

Si on vous dit : « Je vais détruire votre maison pour ensuite en construire une autre ! » vous allez avoir quelques réticences.

 

 

La relation entre le délit et la peine encourue

Dans notre système pénal les délits sont classifiés selon un mode quasi taxonomique. A chaque délit est associés une peine minimum et une peine maximum entre lesquelles le juge doit trancher .

Supposons qu’un délinquant ayant volé 1000 €  soit condamné à 1 mois de prison (abstraction faites de toutes circonstances atténuantes ou aggravantes) un délinquant ayant volé 100.000 € aura une peine plus lourde et ainsi de suite. Ce système paraît logique et cohérent, bien que pas forcement juste. En effet la peine de référence (ici 1 mois) est définie de façon purement subjective en rapport avec la fonction que l’on veut donner à la peine.

La peine sera plus lourde pour des attouchements sexuels que pour un harcèlement, un viol générera une peine plus lourde qu’une tentative de viol.

Des liens logiques de quasi proportionnalité graduerons les peines en fonction de l’importance estimée du délit. La difficulté vient avec la comparaison entre deux types de délits. Comment harmoniser une peine entre un vol de 10 000 € et un délit d’attouchement sexuel ? Aucune logique ne permet de le faire. La définition de la peine sera éminemment subjective et dépendra de l’état de la société au moment de la décision. Il y a 100 ans le délit d’attouchement sexuel aurai paru mineur devant un vol d’argent ! De nos jours cela pourrait être différent ! Les peines sont distribuées par les juges sur la foi de l’habitude sans système de graduation construit.

Ce qui démontre bien le coté aléatoire des sentences est qu’une peine prononcée en première instance peut être contredites en appel, voire complètement remanié en cassation. Quel est le juge qui a raison, dans notre système c’est le dernier qui a parlé (le juge de cassation). C’est un peu limite, car le premier jugement pourrait avoir été le plus pertinent.

LA FONCTION DE LA PEINE

Quelle est la fonction de la peine ? N’oublions jamais qu’en raison de la structure familiale de nos sociétés la peine infligée à un délinquant s’applique également à sa famille, ce qui est généralement une énorme injustice. Femme et enfants innocents peuvent avoir leur vie gâchée par la peine infligée à leur  « tuteur ».

La peine dissuasive

La lourdeur de la peine devrait être dissuasive, mais aucun délinquant qui s ‘apprête à commettre un larcin ne le fait en pensant qu’il va inévitablement être arrêté. Sinon il s’abstiendrai. Dans ce cas, pour être vraiment dissuasive, la peine devrait être très lourde, ce qui dans le cas où elle serait appliquée pourrait apparaître excessif. Ne négligeons pas, cependant, un certain coté dissuasif de la peine chez les délinquants les plus méthodiques

La peine réparatrice

Aucune peine ne peut réparer les préjudices subis par la victime, tout au plus peut-elle satisfaire le désir légitime de vengeance de la partie lésée.

La peine punitive

La peine peut avoir une valeur punitive, sur le mode œil pour œil, dent pour dent. Je ne suis pas sûr que cela soit un bon exemple à offrir à notre société.

La peine rédemptrice

Selon le vieil adage : « J’ai purgé ma peine, je suis quitte envers la société ». Non la peine n’efface jamais ni l’acte commis, ni le préjudice subi. On n’est jamais quitte de ses actes.

La peine éducative

Elle devrait remettre  le délinquant dans « le droit chemin », celui de  la re-sociabilisation et ainsi éviter tout récidive. C’est évidemment le processus idéal, mais l’idéal est un point que l’on n’atteint jamais ! Cette option remet totalement en cause toute notre politique pénitencière. Cela suppose

  • On se donne les moyens financiers et techniques d’assurer la réinsertion sociale des délinquants (Gros progrès budgétaires et de la psychologie)
  • On dispose de critères objectifs pour déterminer si le délinquant est mur pour sa réinsertion (Gros progrès de l’expertise psychologique)
  • Il n’y a plus de durée à la peine, le délinquant est incarcéré tant qu’il n’est pas mur pour la réinsertion (Grosses difficultés culturelles à faire admettre qu’un individu qui aurait commis un crime grave sur un coup de folie puisse être libéré avant un petit délinquant qui a commis de petites arnaques à répétition.).

Certains éléments montrent bien que notre politique de répression ne fonctionne pas bien. Prenons l’exemple des détenus pour « radicalisation ». certain ont été condamné à des peines courtes pour, par exemple, leur proximité avec des dangereux Djihadistes. Ils ont purgés leur peine et vont maintenant être libérés. Leur dangerosité est la même qu’avant leur incarcération ( ou pire !)  et on ne sait actuellement pas quoi faire d’eux. La prison n’a rien réglé, et pourtant la peine prononcée était bien en rapport avec la gravité de leur délit. Ni la peine dissuasive, ni la peine réparatrice, ni la peine punitive, ni la peine rédemptrice ne peuvent avoir été efficaces

Ceci met en avant la nécessité absolue d’aller vers une notion de peine éducative, en dépit des difficultés à la mettre en œuvre.

Ecologie et démographie

Les démographes prévoient que bientôt la population de l’Afrique aura doublée. Cette prévision est basée sur nombres d’arguments comme le taux de fécondité des femmes Africaines, son évolution prévisible dans le temps, le développement économique, les progrès de l’éducation, …

D’autre par les écologistes prévoient que compte tenu du réchauffement de la planète les pays sub-sahariens et l’Afrique en général sont menacés de sécheresse et de désertification. Ceci militerait plutôt pour une diminution de la population en raison des conditions de vie extrêmes

Les sociologues de leur côté prévoient des vagues d’émigration des pays du sud vers les pays du nord, diminuant ainsi la population en Afrique pour augmenter celle des pays du nord. Quoi qu’il en soit la population de la planète va croitre largement, ce qui personnellement m’inquiète beaucoup plus que le « réchauffement climatique ».

Cet accroissement de la démographie est le problème qui génère tous les autres. Avec une population réduite notre planète pourrais être, sinon un petit paradis, du moins clairement vivable. Si nous étions moins nombreux :

  • Le risque d’épuiser les matières premières non renouvelables serai bien moindre et surtout repoussé loin dans le temps (pétrole, métaux rares, sable, …)
  • La pollution serai diminuée car elle est à peu près proportionnelle au niveau de population (gaz à effet de serre, trou dans la couche d’ozone, pollution des mers et des rivières, pollution de l’air, …)
  • L’impact sur la nature serai diminué (déforestation, consommation excessive d’eau, épuisement des sols … )
  • Les efforts à faire pour « rester dans les clous » seraient infiniment réduit et bien plus facile à imposer et à gérer

Tous les efforts de gestion de la ressource, de gestion de la planète, sont inefficaces devant l’accroissement de la population. Inutile de se « tordre mutuellement les bras » quand les besoins augmentent plus vite que nos capacités à les gérer.

Évidemment  envisager une politique de diminution de la population semble une idée invraisemblable, inacceptable, quasiment eugéniste ! Elle entrainerai, en période de décroissance un déséquilibre profond entre jeune et vieux, actifs et inactifs, bref elle présente tous les défauts possibles et imaginable !

Pourtant, que peut-il advenir de nous si nous continuons à laisser croitre notre population.

Plusieurs mécanismes de régulation peuvent automatiquement se mettre en place :

  • Surviendrons, avec la concentration des hommes des périodes de plus en plus fréquentes de tensions, de rivalité dans les pénuries, de création de groupes d’auto-défense à l’échelle des nations.
  • Les matières premières disponible, l’alimentation, les terres habitables, l’eau seront confisquées par les groupes les plus puissant (disons schématiquement : Les riches) laissant aux plus démunis la seule option de disparaître, ou de se rebeller
  • La régulation se fera par les conflits armésc(l’arme nucléaire sera alors bien utile à ceux qui en disposerons) et par les famines qui imposerons la disparition de milliards d’individus pour rendre la planète vivable pour les survivants.

 

Ce scénario « apocalyptique » est quasi inévitable en ce sens qu’il sera malheureusement nécessaire à la survie de l’humanité (ce qui est un peu paradoxal). Il vaudrait mieux nous préparer à gérer cette diminution du nombre d’habitants de la planète plutôt que de la subir de façon dramatique. J’ai bien peur que nos brillants écolos ne voit guère plus loin que le bout de leur nez, et qu’ils observent l’arbre, si écologique soit-il, qui masque la forêt. On peut survivre sur une planète polluée, avec un peu de particules fines dans les poumons, mais pas dans les guerres modernes et les grandes pénuries.

 

La disparition de notre culture, mythe ou réalité ?

C’est le « leitmotiv » des partis d’extrême droite Islamophobes que de dénoncer le « raz de marée migratoire qui menace de transformer notre pays en un pays musulman ». C’est évidemment un fantasme né dans l’esprit de ces extrémistes, issu de leur esprit paranoïde, en perpétuel sentiment d’agression et d’insécurité. Pour essayer de définir cette soi-disant identité nationale, cette culture Française menacée de disparition, penchons-nous sur sa genèse en faisant un peu d’histoire.

A l’origine, la France n’existait pas et ce qui n’était pas encore la Gaule (et qui dépassait largement les limites de notre pays actuel) était peuplé d’une myriade de peuples, tribus, clans, de langues et de cultures différente (Celtes, Saxons, Catalans, Occitans, …). C’est après la conquête de la Gaule par Jules César que se fait une approche d’unification, sous domination Romaine. En quelques siècles la culture Romaine s’impose et efface progressivement (sans les éradiquer) les anciennes civilisations. Avec la christianisation de Rome, le catholicisme s’impose en Gaule et apporte un nouvel élément culturel dans la Gaule romaine. Progressivement l’empire Romain s’étiole et la Gaule subit des invasions (Burgondes, Goths, Alamans, Francs) qui chassent les Romains. C’est Clovis (496) qui réussit à imposer la domination des Francs sur l’ensemble des territoires pour former « le royaume Francs » Habilement il s’associe avec l’église (Organisation fortement structurée dans tout le territoire), et jette les bases de l’alliance entre la royauté et l’église qui durera jusqu’à la révolution de 1789.

Sous les diverses dynasties, mérovingienne, Carolingienne, Capétienne, Valois, Bourbon, la France va subir des destins variés dépassant largement ses frontières actuelles et les influences Anglaises, Allemandes, Ibériques, Italiennes, viennent enrichir (sans le modifier radicalement) notre héritage culturel.

Viens l’époque de la Renaissance Italienne qui va envahir l’Europe et en modifier considérablement la culture. Hors l’influence Italienne, La période de la Renaissance a été marqué par l’apport des érudits Arabes, chassés de Constantinople et réfugiés en Italie, qui vont apporter l’Algèbre, L’héliocentrisme (bien avant Copernic et Galilée), la boussole, l’astrolabe … et participer au renouveau des sciences et des arts (céramique, mosaïque). Voilà déjà qu’apparaît la première vague de « culturisation » musulmane

C’est une révolution endogène qui va remettre en cause, fondamentalement notre patrimoine culturel. Le siècle des lumières et la révolution Française vont bouleverser le paysage culturel de notre pays, remettant en cause l’alliance de l’église et de la noblesse, redonnant la voix au peuple, et redessinant une nouvelle classe dominante : la bourgeoisie.

Les conquêtes Napoléoniennes, la révolution industrielle, sont autant d’occasion d’échanges culturels entre les nations Européennes qui bien sûr vont influer sur la culture Française.

La dernière vague, d’origine exogène, dont on peut dire qu’elle a déferlé sur notre pays est l’influence de la culture Américaine, principalement, après la seconde guerre mondiale.

En musique l’apparition de Blues, du Jazz, du Rock’n Roll  introduit en France une suite d’accords (Anatole : Do, La mineur,  Ré mineur, Sol 7) qui servira de base au développement de toute la variété Française.

Dans la haute technologie, audio, télévision, ce sont les découvertes Américaines qui envahissent le marché Français (même si ce sont via des compagnie Japonaises).

Dans le domaine de l’alimentation, les fast Food, les grandes surfaces, les drive-in, les aliments manufacturés ont modifiés nos habitudes alimentaires.

Sur le plan économique les doctrines libérales, les trusts multinationaux sont devenus le modèle de notre économie.

La publicité, le modèle des campagnes électorales nous viennent directement d’outre-Atlantique.

Bien évidemment sur le plan de l’armement et les doctrines militaires les Américains sont notre maitre à tous.

Quelle que soit cette ingérence dans notre vie quotidienne cette petite « révolution culturelle » n’a pas effacé le fond de culture libertaire qui sommeille en nous, notre amour de la liberté, de l’égalité. Quelle que soit la déferlante d’une culture sur une autre, quelle que soit son impact, elle ne pourra jamais détruire une culture existante. Ce qui s’est forgé au long des siècles ne peut pas disparaître en quelques années. La culture est un patrimoine et comme tel elle est ancrée, physiquement, en chacun de nous. Tant que nous vivrons, notre culture vivra !

La culture est un patrimoine, mais qui ne cesse de s’enrichir. Ce sont les influences constantes quelle subit qui la font vivre. Une culture qui ne vit pas, qui ne se remet pas en cause, qui n’évolue pas, est une culture qui se sclérose et qui finit par disparaître.

Alors quand quelques apeurés, quelques froussards paranoïdes veulent nous faire peur, se sentent menacés par quelques jeunes filles qui se mettent un foulard sur la tête, je leur dit : « ressaisissez-vous, ayez un peu confiance en vous, la fin du monde n’est pas pour demain ! » … comme disait Jésus Christ : « Hommes de peu de foi … ! »

L’influence de la culture Islamique n’est pas une menace, c’est la bouffée d’oxygène qui nous permettra de faire vivre notre patrimoine. Puisons-y ce qui nous intéresse, et laissons de côté ce qui nous déplait … pour être riche il ne faut pas hésiter à amasser !

PS : On voit avec ce petit historique que la notion de culture Française est complexe, sommes-nous descendant des Romains, des celtes, des Saxons, des Normands, des barbares, mêlés de germains, d’ibères, d’Italiens, d’Américains … la recherche du « Français de pure souche » est un simple fantasme pour alimenter une idéologie totalement artificielle et absolument pas crédible. Que ne ferait-on pas  pour flatter les appétits de pouvoir de certains ? La manipulation des foules les plus crédules en fait partie intégrante.

 

Populisme : Amalgames, Simplifications, Certitudes

Populisme est un mot que l’on « met à toutes les sauces » et qui s’applique notamment dans les commentaires politiques pour stigmatiser la pensée des autres. En fait sa définition est pour le moins floue puisqu’il définit en général, à tort, une pensée plus qu’une méthode. Ce qui nous intéresse aujourd’hui sera plutôt le problème des « ressorts » du populisme plus que son impact sur la société.

Nous verrons que le danger « populiste » n’est pas tant dans ses buts inavoués mais dans le fait qu’il se bâtit sur des incohérences de pensée.

L’amalgame.

C’est une erreur courant d’associer les propriétés d’un élément d’un ensemble à tout l’ensemble. Puisque l’un des éléments possède une propriété, alors tous les éléments doivent posséder cette propriété. C’est bien sûr une erreur car la taxonomie de l’ensemble ne repose pas forcément sur cette propriété. On assimile, par exemple, le comportement d’un individu à l’ensemble des individus de la communauté qu‘il est censé représenter. C’est un réflexe qui nous touche tous. Par exemple, si on voit un individu commettre une incivilité le reflexe est de dire : « Ce type est un voyou ». Si par contre il s’agit d’un noir, d’un arabe, d’un juif, on aura tendance à dire (selon ses antagonismes évidemment) : « Ces noirs, ces arabes, ces juifs sont des voyous ». C’est un processus d’amalgame, souvent inconscient.

Dans la polémique sur le harcèlement sexuel on amalgame fréquemment viol et agression touchant à l’intégrité physique de la victime, des comportements déplacés portant atteint à l’intégrité psychique de la victime, et des comportements stupides qui agressent le « quant à soi » de la victime. Ce type d’amalgame permet à certains (certaines !) de présenter ces trois comportements comme des agressions sexuelles alors que d’autres en profiterons pour présenter les faits comme pas si grave, comme une dépendance à la nature humaine, ….

L’amalgame est un composant majeur de la pensée populiste. C’est une erreur d’analyse majeure

La simplification

C’est sans-doutes la composante majeure du populisme. Elle consiste à voir le monde de manière manichéenne, sans nuances, le monde en noir et blanc. Cette approche permet à un public qui n’a pas l’habitude de manier les idées abstraites un peu complexes de se positionner facilement vis à vis des événements et des situations.

La vision manichéenne, en bien ou mal, bons ou méchants offre une alternative si tranchée que le positionnement est quasi immédiat. Cette facilité de positionnement est évidemment gratifiante et sécurisante. Pas de doutes, pas d’hésitation, pas de stress, on choisit facilement son camp.

Les certitudes.

C’est un autre élément constitutif du populisme. Le doute est difficile à supporter car il offre un positionnement incertain, fluctuant, et donc anxiogène pour qui ne peut le supporter. Asséner des certitudes simplissimes pour sécuriser son interlocuteur est la base du populisme. Malheureusement ce sentiment de détenir la vérité, allié au fait que la vérité des autres est vue (de façon manichéenne et simplificatrice) comme aux antipodes de la sienne n’ouvre la porte à aucune négociation. Puisque j’ai raison l’autre a forcément tort ! Excellente opportunité pour les prosélytes populiste de mobiliser les foules autour d’une vision radicalisée.

C’est le grand problème des religions qui possèdent une vérité absolue et non négociable. A la question les religions sont-elles compatibles avec la république je réponds sans hésiter : « Non ». Si on croit à une loi divine, on ne peut la penser moins importante que la loi des hommes. Les religions, dans les états modernes et démocratiques, au prix de quelques pirouettes intellectuelles on sut « mettre de l’eau dans leur Divin » et trouver les compromis nécessaires entre lois des hommes et lois de Dieu (Loi de 1905). Grace à Dieu (si je peux m’exprimer ainsi !) les lois divines sont sans références objectives. Elles ressortent plus de croyances transmises que de textes certifiés divins. Même si on peut les croire d’essence divine elles sont objectivement formalisées par des hommes pour les hommes et ceci ouvre une fenêtre de négociation importante.

Seuls les religieux dit « radicaux » n’ont pas voulu jouer le jeu et continuent à opposer Loi divine et loi républicaine.

Amalgames, simplification, certitudes, sont les éléments moteurs du populisme. Ils constituent une erreur de la pensée logique et comme tels représentent des dangers pour les sociétés. Ceux qui s’en servent sont de dangereux manipulateurs de l’opinion.

Les « grands hommes » et le mythe des héros

J’ai eu l’occasion dans un article précédent de montrer comment la vie n’avait aucun sens, ou du moins n’avait que le sens que chacun de nous voulait bien lui donner. La vie n’a pas de projet, pas de vision, pas d’objectif. La seule raison de la vie, qui est plus une nécessité qu‘un but, est de se reproduire pour pérenniser l’espèce (en ce sens qu’une espèce périssable qui ne se reproduirai pas n’aurai aucune chance d’exister).

Nous sommes, pourrait-on dire des épis dans un champs de blé, anonymes, indistincts bien que tous différents. Aucune tête qui ne dépasse. Si l’un des épis disparaît cela n’a aucune incidence sur le champ (en contradiction avec les vers de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! »)

Pourtant certains hommes, dit : « Les grand hommes », émergent de cet anonymat et représentent un phare pour beaucoup d’entre nous. S’agit-il de sujets exceptionnels, en quelque sorte de « surhommes » doués de qualités que les autres n’ont pas ? ou au contraire sont-ils le fruit d’une conjonction de situations, « the right man in the right place ! » ?

De façon générale pour accéder à la catégorie des « grands hommes » il parait indispensable d’avoir réalisé au cours de sa vie une œuvre marquante, de s’y être accroché avec ténacité, si possible d’avoir vaincu des obstacles, d’avoir laissé son empreinte sur le monde.

Mais bien sûr cela est loin d’être suffisant, encore faut-il que cette œuvre rencontre son public. Ce sont les opinions publiques qui font les « grands hommes ». Elles choisissent ceux dont les actions correspondent le plus à leurs attentes. Ce ne sont jamais les héros qui s’imposent, bien au contraire, ils sont choisis.

A ce propos, Edmond Rostand faisait dire à Cyrano : « Devenir un petit grand homme dans un rond, non merci ! ».

Ceci renverse un peu les croyances. Aucun personnage, si brillant soit-il ne peut se targuer d’être un « grand homme », ce n’est pas un état en soit. C’est le public qui choisit et désigne ses héros.

Ce choix peut être fait du vivant du « grand homme », ou au contraire à titre posthume. Bien des hommes brillants n’ont pas été reconnus de leur vivant car ils sont venus trop tôt, en avance sur l’histoire. Parfois ils sont reconnus plus tard. Au contraire, certains hommes ont été adulés de leur vivant puis honnis après leur mort ou leur déclin (Hitler, Staline, …).

La notion de « grand homme » n’est pas universelle mais liée à un territoire géographique ou sociologique. On a connu des héros dans un pays, détestés dans d’autres, des héros dans une fraction de l’opinion, détesté dans le reste de la population, des héros dans un milieu détestés ou ignorer dans d’autres.

Tout ceci pour relativiser un peu la notion de notoriété. Elle n’est pas un mérite, mais une reconnaissance par une opinion publique. Elle n’est pas un état, mais un devenir. Elle n’est pas uniquement le fruit de qualités intrinsèques, mais celui de leur capacité d’acceptation par une opinion publique. Cette notion de notoriété peut, parfois, présenter des biais et faire appel à la démagogie, voire au populisme. C’est de plus en plus le cas de nos jours ou les moyens techniques de se mettre en avant dans l’opinion sont de plus en plus efficients. La notoriété, la notion de « grand homme » et de plus en plus fabriquée, construite sur une image plus que sur une réalité. Elle deviendra plus labile, plus fugace, réservée à ceux qui ont l’accès aux médias. La ténacité réside plus dans la construction d’une image acceptable que dans l’élaboration d’une œuvre. Ces tapages médiatiques risquent d’obscurcir le message de nos véritables héros, ceux qui ont réellement quelque chose à proposer ! C’est ainsi que va notre monde !