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Le sens des mots. Précision du langage et de la communication

Les mots (noms, verbes, adjectifs, …) avec la syntaxe (grammaire), sont les vecteurs de la communication orale dans une langue. Ils sont utilisés comme outils de (codification / décodification) dans le transfert d’informations entre deux individus.

LE MECANISME DE LA COMMUNICATION

Comment fonctionne cet échange oral ?

  • Un individu ressent le besoin d’exprimer une idée, de transmettre sa pensée.
  • Il formalise sa pensée abstraite dans sa conscience cognitive (voir « La psychologie relativiste »)
  • A l’aide du langage appris il codifie les représentations mentales de sa conscience cognitive sous forme de phrases et de textes.
  • Il exprime ce langage sous forme de discours (Oralisation)
  • Son interlocuteur perçoit le discours. (Il l’entend et transmet l’information à sa conscience cognitive).
  • Dans la mémoire cognitive le discours perçu fait l’objet d’une analyse critique.
  • Le langage identifié, le message est décodé en fonction de la connaissance apprise du langage perçu.
  • Le contenu du message est intégré au grand réseau de la mémoire.

Cela impose quelques prérequis.

  1. Les deux participant du dialogue doivent posséder le même acquis du même langage.
  2. Le niveau de connaissances de la langue du « récepteur » doit être similaire à celui de « l’émetteur »
  3. Les univers dans lequel s’inscrivent les connaissances doivent être voisines pour les deux participants (les discours des « spécialistes » d’un domaine sont souvent inaudibles pour le profane)
  4. Le message transmis doit être adapté aux niveaux de maturité des deux participants (on ne parle pas de la même manière entre deux adultes et d’un adulte à un enfant)

Ceci posé, la communication peut être établie dans de bonnes conditions.

 

LES OBSTACLES A LA COMMUNICATION

Bien sûr, en y regardant de plus près tout n’est pas aussi simple et de nombreux facteurs peuvent obscurcir les échanges.

Le sens des mots

Pour une bonne communication les mots doivent, pour chacun des participants, recouvrir exactement les mêmes concepts et cela implique un dictionnaire de référence qui recense ces définitions. C’est le rôle que remplit le « dictionnaire de l’académie Française ». Malheureusement celui-ci est très peu accessible. On y substitue de nombreux dictionnaires populaires (Larousse, Robert, Littré, … et évidemment Internet). Ceci peut créer un certain biais dans le sens des mots puisque chacun, pour éviter le plagiat et la redondance, s’efforce d’avoir une définition légèrement différente de celle des autres.

Ces définitions, même pour la définition officielle, sont souvent trop lapidaire pour représenter le concept qui les sous-tend.

Si par exemple on définit une chaise comme : « meuble possédant 4 pieds et un dossier et destiné à s’asseoir », l’objet est assez bien cerné (encore qu’il ne tienne pas compte des chaises monopode que l’on ne peut pourtant pas qualifier de tabouret) Qu’importe, une foule d’adjectifs permettront de préciser le modèle de chaise dont on veut parler.

Par contre pour certains mots plus conceptuels une définition en quelques lignes est totalement inadaptée. Par exemple : « Laïcité, Liberté, Dieu, Homme, amabilité, Amour, … » ne sont pas réductibles à une définition quand des milliers et des milliers de pages n’ont pas réussis à leur donner un sens définitif. La définition de tels mots ne peut pas être universelle car elle dépend trop du vécu et des expériences de chacun.

La couleur des mots

Les mots, par-delà leurs définitions, ont une couleur qui dépend du vécu de chacun. Si « migrant » (on devrait dire émigrant) peut avoir une définition assez précise, ce mot peut prendre une couleur (une connotation) différente selon la culture (Front National, Gauchiste, Centriste, Chrétien, Musulman …) de chaque individu et selon origine géopolitique du migrant en question. Ce mot ne peut donc pas figurer tel quel dans une communication bien comprise. Quand « l’émetteur » l’utilise pour décrire un concept qui lui est personnel, le « récepteur » le décrypte en fonction de sa propre culture, de son vécu, et lui donne une signification en déphasage avec celle qu’a voulu lui donner « l’émetteur ». Ceci est à l’origine de nombreux « dialogues de sourds ».

La connaissance des mots et la précision de la pensée

Aucun Français n’a une notion précise de la définition des mots qu’il utilise, et de ce fait ne choisit pas forcement le bon mot pour décrire le concept qu’il veut exprimer. Si, en plus, le « récepteur » ajoute son propre biais dans son analyse du mot, … bonjour le dialogue !

Un autre biais classique vient, non pas de l’imprécision des mots, mais de l’imprécision de la pensée de celui qui s’exprime. Comme le disait Boileau, « Ce qui se conçoit clairement s’exprime clairement … ». Une pensée est toujours un mélange de cognitif (raisonné et logique) et d’affectif (sentiment). La partie cognitive pourra se transmettre avec une certaine précision, mais sa composante affective n’est jamais réductible au langage ! Heureusement nous sommes habitués à évoluer dans ce monde ou l’imprécision d’une pensée se transmet dans un langage imprécis à une autre pensée toute aussi floue !  Ceci ne nous choque plus. Tant que l’imprécision sur les mots ne dépasse pas le niveau d’imprécisions de nos pensées, nous trouvons la communication satisfaisante ! Quelle nécessité y aurait-il à intégrer un message précis dans une conscience cognitive aux contours flous ! (Ceux, d’ailleurs qui revendiquent plus de précision dans les échanges sont immédiatement qualifiés de « pinailleurs », de « coupeurs de cheveux en quatre », car en fait ils dérangent)

 

CORRECTION « AUTOMATIQUES »

Etant habitués à vivre dans ce flou de communication, chacun de nous a mis en place quelques éléments correctif :

  • Quand nous recevons un message nous nous sommes habitué, dans le cadre de son interprétation, à tenir compte de ce que nous pouvons savoir de l’émetteur, de sa culture, de ses opinions, de son passé. Nous remettons son message en perspective ! Bien sûr cette interprétation peut parfois améliorer la compréhension du message, mais elle peut également le déformer et lui donner un sens que l’émetteur n’a pas voulu.
  • Ce mécanisme d’interprétation nous conduit souvent à n’entendre dans un message que ce que nous souhaitons en entendre. Nous recherchons en priorité dans tout message les éléments gratifiants, sécurisants. Cette capacité à interpréter nous permet de filtrer la communication à notre avantage. Qui as-t-il de plus gratifiant que quelqu’un qui pense comme vous ? Ce filtre est, on s’en doute, un obstacle à la communication. Cependant il est facilement accepté car si d’un côté il sécurise le « récepteur », de l’autre il satisfait « l’émetteur » qui se sent reconnu et valorisé.

 

CONCLUSION

La communication est loin d’être un processus simple. Elle est toujours imparfaite, biaisée, floue. Nous pensons communiquer avec précision et fiabilité alors qu’en fait nous vivons dans une approximation perpétuelle, avec un niveau d’erreurs, dans nos transmissions, assez élevé. Notre communication qui se veut au niveau du cognitif comporte une très grande part de subjectivité, d’affectivité, de raccourcis et de biais. C’est ce qui fait de nous des hommes et non des robots, ce que l’intelligence artificielle n’est pas prête à remplacer ! Mais évidemment cette communication des non-dits, des émotions, n’est pas « critiquable » car, en effet, la critique est toujours du ressort du raisonné et du cognitif. On ne peut ni exprimer, ni expliquer le ressenti émotionnel, on ne peut que l’apprécier globalement, le renifler, le sentir, en fournir une impression. C’est vraiment la part de l’humain que la machine aura du mal à remplacer. L’homme fait des erreurs, la machine ne sait pas en faire ! L’homme est imprécis, incertain, fluctuant, la machine est trop précise, affirmatrice, rigide. Pourtant nous apprécions tous que nos échanges soient empreints d’un côté humain, affectif.

 

PS : C’est en ce sens qu’il y a 2600 ans Bouddha considérait notre système de représentations mentales comme imparfait et nous éloignant de la vérité. Il recommandait de s’en méfier et si possible de les éviter. Dommage, je ne pourrais pas revendiquer la paternité de l’idée !

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