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Psychologie des espaces immersifs

Un espace immersif est un lieu dans lequel un spectateur va entrer dans un univers qui n’est pas le sien et dans lequel il va être amené à vivre une expérience, qu’il n’aurait pas pu vivre dans son univers propre.

Il s’agit généralement – mais on peut envisager d’autres dispositifs – d’un lieu clos, pseudo-sphérique, dans lequel vont être projetés des images censées recréer un univers nouveau.

Cette notion d’espace immersif implique donc deux paramètres :

  1. La création d’un univers nouveau, un espace immersif.
  2. Le vécu d’une expérience narrative dans ce nouvel environnement.
  • L’espace immersif. Il est généralement créé par la projection sur cette surface pseudo-sphériques, enveloppant totalement le spectateur, d’images (mais ce pourrait être des stimuli sonores, voire olfactifs ou autres). Celles-ci sont projetées de façon suffisamment mobiles, hachées, pour que le spectateur ne puisse en analyser le narratifs mais uniquement les percevoir comme une atmosphère, une impression, un climat. Toute analyse cognitive, à ce niveau, plongerait  le spectateur dans un position de réflexion qui nuirait  à la création d’un univers qui lui soit totalement étranger. La création, à ce niveau, d’une relation cognitive entre l’univers du spectateur et celui que l’on veut lui suggérer ramènerait le spectateur à son univers propre et l’empêcherait de s’immerger totalement dans un univers qui doit lui être étranger.

L’immersion doit mettre en jeu l’émotionnel et non la raison.

  • Psychologie de l’immersion. A notre naissance, nourrisson, nous faisons notre première expérience immersive. Nous nous trouvons dans un univers inconnu, sans repères, sans capacité de le représenter pour le vivre. Nous vivons uniquement sur le mode de la sensation, de l’émotion, et de la fusion avec notre environnement (notamment nos parents). Ce n’est que très progressivement, par des expériences cognitives que nous allons apprendre à nous situer dans ce monde, à prendre des repères, apprendre les notions d’espace, de gout alimentaires, le bien être, le mal être, puis les valeurs du bien et du mal, la notion du temps, et tout ce qui nous amènera à prendre notre place dans cet univers, à devenir nous-même, à prendre notre identité. Tout individu sans repères n’existe pas (ou du moins n’a pas la conscience qu’il existe.) C’est la formalisation, l’expression, de la relation à notre entourage que nous appelons la conscience d’exister. Tout individu en absence, en déficit, en perte de repères a le besoin absolu de s’en créer. C’est par ce processus que nous passons de la petite enfance à l’âge adulte, d’un être indéfini à notre identité d’adulte. L’absence de repère génère un sentiment d’angoisse que nous comblons par le besoin impérieux de relations pour nous resituer dans notre environnement.

La création de l’espace immersif décrit plus haut doit replacer le spectateur dans cet état primitif. Il est envahit par un univers dont il n’a pas les clé, dans lequel son positionnement vacille, et dans lequel il a besoin de se resituer. Il est alors demandeur d’expériences narratives pour « se raccrocher aux branches » et il faut  maintenant lui en proposer.

  • Les expériences narratives.  Nous avons créé, dans notre espace immersif, une demande pour le spectateur de comprendre, de se situer, dans l’univers dans lequel il est plongé. Il va donc être parfaitement réceptif à l’expérience que l’on va lui proposer. Si on plonge un individu dans un espace immersif sans lui proposer un récit qui lui permettra de se positionner il n’aura qu’une envie c’est de s’échapper d’un univers qui pour lui ne sera qu’un petit cauchemar.
  • Prenons un exemple simple pour décrire la situation. Vous êtes devant un paysage de plaine, des champs qui s’étendent à perte de vue, vous ressentez un sentiment de plénitude que vous cherchez à immortaliser dans une photo. Et là, déception, la photo ne transmet aucune émotion, le paysage est plat, sans intérêt. Quand vous avez apprécié le paysage il s’était créé une relation entre vous et le panorama, vous aviez vécu une relation entre vous et lui dans un univers qui vous était commun. La photo est un autre univers dont vous ne faites pas partie (vous n’êtes qu’un observateur extérieur) Et la relation entre vous et le paysage n’existe plus (même si la relation entre la photo et vous existe). Faites maintenant la même photo, mais en prenant en premier plan un arbre, des fleurs, un personnage. Cette photo n’est plus l’univers atone de la photo précédente, elle prend du relief, prend « du  sens ». Il existe maintenant un relation entre le premier plan et le fond et la photo prend vie. La vie nait de la relation entre les choses, elle nait de la relation entre deux entités clairement identifiées (donc différentes l’une de l’autre). Dans la première photo tous les éléments du paysage avaient même valeur et ils ne créaient aucune relation entre eux. L’apparition d’un premier plan identifié a crée une relation entre lui et le fond ,et la vie surgit. Naturellement l’espace narratif ne doit pas se substituer à l’espace immersif mais s’y superposer (afin de garder les deux plans présent en permanence)
  • Conclusion : C’est ce que nous devons proposer à notre spectateur, une relation entre un fond  (l’espace immersif) et une premier plan (l’expérience narrative). Il nous faut donc créer une sorte de triangulation :
  • Le spectateur est en relation émotionnelle avec l’espace immersif et en relation cognitive avec l’expérience narrative. Pour ne pas le déstabiliser il est important qu’immersif et narratif soient en cohérence pour éviter que le spectateur soit en « grand écart » entre les deux. Le créateur devra soigner cette cohérence. Plus elle sera soignée et plus le spectateur recevra le message dans une position confortable.
  • Sans le narratif l’immersif n’a aucun sens, mais sans l’immersif le narratif n’a aucune couleur !

En ce qui concerne le « déroulé » de la séance, il faut laisser baigner le spectateur dans l’univers immersif un petit moment, afin qu’il pénètre dans le nouvel univers qu’on lui propose. Dès que le besoin de se référencer lui apparaît il faut alors lui proposer le récit qu’il attend. A la fin de l’histoire il est bon de laisser le spectateur un instant dans l’univers immersif pour qu’il « décroche » doucement de l’expérience et revienne tranquillement à sa vie.

On n’est pas si loin du déroulé d’une séance d’hypnose !

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