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Les études philosophiques et psychologiques

La notion de « bien-être animal »

C’est un grand débat entre les tenants du  « bien-être » animal, qui considèrent que les animaux (ou du moins certains animaux) ont des droits plus ou moins analogues à ceux des humains, et ceux qui considèrent l’animal comme un être inférieur aux humains et donc « corvéable à merci ».

Pour le moment ce débat n’a pas beaucoup de sens dans la mesure ou les définitions de l’homme et de l’animal  sont des plus floues. Sans définition précise de ce sur quoi on parle le débat ne peut que s’enliser dans des polémiques, des contradictions, des fausses vérités. Avant de parler et de débattre il faut se mettre d’accord sur ce sur quoi on parle.

Le problème posé n’est pas celui des droits de l’animal, mais avant tout celui de son statut. Les éventuels droits en découlerons alors presque automatiquement. A chacun donc d’argumenter sur le statut relatif des humains et des animaux pour éclairer sa position.

Je vais donc, dans ce qui suit, donner ma position personnelle sur le sujet. Ce n’est, bien sûr, qu’une opinion et chacun peut avoir une opinion contraire. Pour moi, soit :

  1. Il existe une vérité absolue, « à priori », et alors une opinion doit prévaloir et  annihiler toutes les autres. Elle sera de nature « transcendantale », religieuse, et s’imposera devant toutes autres opinions de nature humaine
  2. Il n’existe pas d’opinion valable « à priori » et alors l’opinion à mettre en avant sera issue d’un consensus (bien improbable) accepté par toutes les parties. C’est alors l’humain qui fixera ses propres règles comme c’est le cas dans toutes les sociétés laïques.

Voyons d’abord comment se passent les choses dans la nature sauvage, dans un univers que l’homme n’a pas encore régenté et dans lequel on peut estimer que les règles sont soit de nature divine soit le fruit de l’évolution naturelle.

Dans cette nature il n’existe ni droit ni devoir, il n’existe aucune règle pouvant apporter restriction aux agissements de chacun. Chacun vit sa vie en fonction de ses besoins naturels et de ses capacités sans souci ni respect pour « l’autre ». Chacun est prédateur et nourriture pour les autres espèces. Seul sont préservées les espèces au somment de la chaine alimentaire. Lions, rhinocéros, crocodiles, peuvent manger sans être mangé. Dans la nature dévorer sa proie, massacrer les forêts comme le font les éléphants ne constitue ni un droit ni un devoir mais une simple nécessité existentielle.

Parlons maintenant de la différence entre nature humaine et nature animale. Elle se situe essentiellement au niveau de la capacité cognitive. L’animal a un niveau  de conscience émotionnelle très développé. Ce sont des êtres très sensible, d’autant plus que leurs réactions émotionnelles ne sont en aucun cas contrôlées par la raison. L’animal ressent, à des émotions et y réagit, mais il ne peut pas conceptualiser ses émotions dans une représentation structurée et construite. Il ne développe pas, comme les humains, un récit de son vécu, une organisation chronologique de ses souvenirs. L’animal apprend très jeune la notion d’espace mais il est incapable d’acquérir la notion du temps. Pour résumer, au contraire des humains, les animaux ne développent pas les niveaux de conscience cognitive. Ils ont des émotions, mais pas de sentiments ni de raison.

C’est sur la base de cette représentation que nous pouvons ouvrir le débat sur le « bien-être » animal.

  1. Si on se place d’un point de vue purement « naturel », l’homme est un animal au sommet de la chaine alimentaire. Il peut donc manger sans être mangé. Il peut disposer au hasard de ses nécessités de toutes les ressources alimentaires disponibles (animales, végétales, voire minérales). Il n’a ni devoirs ni  droits vis à vis des animaux.
  2. Mais l’homme a créé des sociétés généralement organisées autour de la solidarité réciproques (même si certaines tendent plutôt vers la solidarité à l’égard du dominant, sans réciprocité). Il a donc développé la notion de devoirs réciproques. En contre point de ces devoirs est née la notion de droits accordés à certains afin qu’ils puissent assumer leurs responsabilités, leurs devoirs. Par exemple les parents ont la charge (le devoir) de nourrir et d’éduquer leurs enfants, ils sont donc en capacité (en droit) de choisir le type d’éducation, de culture, les principes qu’ils veulent inculquer à leur progéniture. Dans ces société c’est la notion de devoir qui prime, la notion de droit n’en étant qu’une conséquence.
  3. Lorsque les hommes ont introduits dans leurs sociétés les animaux (domestiques ou domestiqués ) ils ont « de facto » été amenés à leur appliquer les notions et les valeurs sociétales inhérentes à la société. Ils se sont en quelque sorte positionnés en « colonisateurs ». Quand des colons s’installent sur une terre étrangère, ils imposent leur vision du monde aux populations autochtones, en général sous prétexte de leur apporter la civilisation, l’éducations, la santé … Ils les réduisent en quasi esclavage (même si la situation peut avoir de nombreux points positifs). C’est précisément notre comportement vis à vis de nos animaux domestiques dont nous refusons de prendre en compte leur « animalité ». Nous exigeons qu’ils s’adaptent à notre mode de vie, et en ce sens nous leur intimons le devoir de s’adapter  à nos désirs et nos besoins. En contrepartie de ce « pseudo colonialisme » nous leur accordons des droits et de là découle la notion de droits des animaux. Ces droits n’existent que parce que nous obtenons de nos animaux domestiques la soumission que nous attendons. Ces droits disparaissent si l’animal se rebelle et refuse de se soumettre.
  4. La notion même de « bien-être animal » n’existe que dans la domestication (colonialisme) de l’animal. Elle n’a absolument aucun sens dans la nature pour les animaux sauvages. Nous pouvons même nous poser la question de savoir si elle a un sens dans le règne animal. Le « bien-être » est du domaine du sentiments et on doit s’interroger sur un point : « est-ce qu’un animal, au vécu quasiment émotionnel et dépourvu de conscience cognitive peut, ou non, développer un  sentiment ? » C’est très délicat car le sentiment, frontière entre l’émotionnel et le cognitif, peut ne pas être totalement absent de la conscience animale. Il est sans doute plus développé chez l’animal domestique, façonné par un long contact avec l’homme, que chez l’animal sauvage. Est-il suffisamment présent pour que l’on puisse parler de sentiment de bien-être ou de mal-être ? Est-il différent selon l’animal, son espèce, son dressage ? Est-il de même nature chez le chien, le chat, le cheval, la vache, le canari, ou le poisson rouge ? En général nous projetons, par anthropomorphisme, nos propres sentiments sur l’animal. Qui a, un jour, interrogé une vache sur sa vision du bien-être ?

Le problème se résume maintenant à quelques questions

  1. As-t-on le droit de domestiquer un animal, de le sortir de sa condition, fusse avec les meilleures intentions. Nous refusons ce droit à l’homme vis à vis de l’homme, l’accordons-nous à l’homme vis à vis de l’animal ? si oui nous considérons l’animal comme un être inférieur et la notion de « bien-être » n’a plus de raison d’être.
  2. La conscience de l’animal est-elle de structure suffisamment proche de celle de l’homme pour que nos projections anthropomorphiques ait un sens. Si oui, la réponse à la question précédente est non !

En fait ces deux questions n’en font qu’une, car la réponse à la seconde question dépend de la réponse à la première qui elle-même dépend de la réponse à la seconde

Donnez la réponse à ces questions et je vous pourrez prendre position sur la notion de « bien-être animal »

Importance de la petite enfance en psychologie (suite)

J’ai insisté, dans un article précèdent, sur l’importance des ressentis de la petite enfance dans la construction de la conscience cognitive de l’adulte et comment l’intégration des ressentis au cours de la vie construisait le réseau logique de la conscience cognitive.

Donner un exemple n’est pas facile car il faudrait relier la description de la relation du monde émotionnel de l’enfant au monde cognitif de l’adulte. Hors, s’il est possible de décrire le monde de l’adulte par une représentation formalisé comme le langage, décrire le monde émotionnel, par essence non ou peu formalisé, par des mots est impossible. Le non formulé ne peut se décrire dans un système de représentation formulé (du moins à ce jour).

Pour décrire comment se construit l’empilement des images mentales, et ses déviances, dans la conscience cognitive je prendrais trois exemples.

Le problème de la fratrie. J’ai évoqué ce problème dans la première partie de cet article. Le cas qui nous intéresse aujourd’hui est le suivant : « Comment des acquis de sa petite enfance peuvent perturber le vécu d’un adulte »

Reprenons l’histoire d’un ainé perturbé par l’irruption dans la famille de son cadet. Il se sent  délaissé par ses parents qui consacrent, tout naturellement, une grande partie de leur temps au bébé. L’ainé ne dispose plus que de parents « à mi-temps » alors qu’il les avait à temps plein auparavant. Il en conçoit une certaine angoisse car un enfant vit en totale fusion avec ses parents et les voir, en partie, s’éloigner lui fait perdre une partie de ses références et de son identité. Ce peut être un véritable deuil pour lui. Il développe donc tout naturellement une certaine anxiété, un certain mal être. Il en veut inconsciemment à ses parents de leur trahison et plus consciemment à son cadet de le chasser pour prendre sa place .

Cette situation peut ne pas être catastrophique si l’ainé accepte cette séparation, cette nouvelle maturité (il fait son deuil), et la compense par une sorte de pouvoir sur son cadet qui le repositionne dans la famille en tant que responsable du petit.

Souvent cela ne se passe pas bien et le deuil ne se fait pas. L’ainé conserve une sourde rancœur à ses parents (masquée par l’affection qu’il leur porte) et intègre son cadet comme un ennemi, un élément perturbateur de son bien-être. Par la suite, chaque situation de la vie familiale sera analysé en partant du postulat intégré : « mes parents préfèrent mon cadet et lui ,intrigue pour m’évincer de leur affection ». A partir de ce postulat tout événement sera vécu à travers cette vision perturbé et son ressenti intégré comme un élément négatif venant alimenter son hostilité.

Pour le cadet le vécu de cet animosité est bien intégré et il va également vivre chaque nouvelle situation à travers le prisme de « mon ainé me déteste »

Progressivement vont se construire, de part et d’autre, des « pyramides de rancœur » qui vont de plus en plus diviser la fratrie.

Le point le plus important à signaler c’est que le ressenti, le vécu, de cette opposition dans la fratrie va porter sur les événement les plus récent en occultant totalement l’histoire et le passé. C’est l’ensemble des fausses analyses les plus récentes (conséquence des traumatismes anciens) qui va servir de support à l’animosité alors que leur cause profonde va être ignorée. Pourtant, ni l’ainé ni le cadet, ne sont responsable de ce qui s’est passé et chacun reproche à l’autre des faits dont chacun est plus victime que responsable. Les parents qui vivent très mal cette situation n’en sont pas plus responsables, ils ont fait pour le mieux en fonction de ce qu’il pensaient devoir faire. C’est sans doute notre culture qui pêche et ne nous donne pas les bonnes clés pour agir ! et ce que nous pensons être le meilleur ne l’est pas forcément.

Dans notre culture et dans notre vision de la famille les bonnes relations ente membres semble être un évidence. Il n’y a, donc, pas lieu de s’en préoccuper. C’est bien sur une erreur fondamentale dont de nombreuses familles portent le poids.

Un passage difficile du peu formulé au  totalement formulé. Ces problèmes ne sont pas l’apanage de la petite enfance et peuvent survenir dans la conscience des adultes. Par exemple dans sa théorie de la relativité restreinte Einstein à modifié totalement la vision de l’univers Newtonien en le reformulant. Pour Newton l’univers était construit autour de deux entités fondamentales. L’espace et le temps, pour lui, représentent des contenants, à priori, dans lequel vont évoluer la matière et les énergies. Que la matière existe ou non, le temps et l’espace sont des permanents, même en l’absence de matière le temps s’écoule et l’espace existe. C’est une vision évidemment très inspiré de la religion Catholique et de son Dieu  créateur de toutes choses. C’est l’univers dans lequel nous baignons encore aujourd’hui et que parents, amis, enseignants, nous ont appris et que nous avons intégré tant dans notre sphère émotionnelle que cognitive. La vision de Newton est la seule qui existe (en occident), elle baigne toute notre culture et notre vision du monde.

Einstein a inventé une autre vision de l’univers dans lequel l’espace-temps est le contenant de la matière et de l’énergie, avec cette particularité qu’ils sont indissociables. L’espace-temps n’a aucun sens sans la matière ou l’énergie qui le peuplent. Seule leur relation existe. De ce fait l’espace-temps n’est plus un contenant à priori et chaque élément de matière ayant sa propre relation à lui, évolue dans son propre espace-temps.

C’est une notion pas trop difficile à comprendre intellectuellement, mais horriblement délicate à accepter, à intégrer pour la bonne raison que :

Le terme d’espace-temps choisi par Einstein pour désigner sa nouvelle grandeur (se substituant aux grandeurs espace et temps) est mal choisi. L’évoquer implique quasi automatiquement dans notre esprit l’appel au vieilles notions acquise d’espace et de temps Newtonien. Notre mémoire se déclenche sous l’effet d’un ressenti, dans ce cas les mots espace et temps, qui sont les clés d’accès à tous nos acquis. Immédiatement les notions Newtoniennes surgissent et se présentent en tant que critères d’analyse du nouvel élément invoqué, et ce même si la partie cognitive de notre conscience propose autre chose. Ce vécu pathologique partagé entre des acquis émotionnels et cognitifs contradictoires nous empêche de parfaitement comprendre le propos invoqué. Difficile d’intégrer une notion nouvelle qui se trouve en opposition à un acquis émotionnel plus archaïque. Il est certain que pour des chercheurs qui « baignent » dans la relativité tous les jours les souvenirs archaïques ont été encapsulés par les acquis quotidiens et ne constituent plus un obstacle à la compréhension.

Les débats sur le Brexit. L’opinion publique au royaume uni est divisée entre les partisans ou non du Brexit. C’est un schisme profond qui alimente toutes les conversations, à tel point que quelque soit le sujet discuté tout débat se ramène toujours à cette problématique. On peut comparer cela à tout débat avec un représentant du Rassemblement National. Tout sujet débattu, qu’il  s’agisse d’un match de football, d’un concert, d’un problème d’éducation, de transport, de civisme, se ramène immédiatement au problème des migrant, des islamistes. Le mécanisme est le même dans une discussion avec un militant d’extrême gauche ou tout sujet implique la critique du capitalisme ou du patronat.  C’est le mécanisme que l’on observe dans toutes « radicalisation » Une vision (erronée ou non, mais en tout cas exclusive) est incrustée dans notre conscience. Elle s’impose dans toutes nos analyses des situations (positionnement) et biaise inexorablement toute conclusion qui pourrait la contredire. Plus aucune analyse critique n’est possible sans passer par un filtre quasi obsessionnel. Une idée rigidifiée intégrée dans la conscience biaise toutes les analyses ultérieures et s’autoalimente de tous les vécus. On conçoit bien comment une telle attitude cotoye allégrement la paranoïa.

C’est la représentation typique (à petite échelle) de la pathologie comportementale et de sa thérapie. Une mauvaise analyse intégrée (et dans nos exemple la vision Newtonienne devient une mauvaise analyse par rapport à la vision relativiste, et l’obsession islamophobe et le vers dans le fruit) perturbe nos comportements et seule une rééducation comportementale (un travail quotidien sur la relativité ou la notion d’identité) peut corriger cette erreur.

L’origine du monde, mythe ou réalité

La théorie de la relativité d’Einstein prédit un univers en expansion. Il s’agit là, bien sûr,  d’un corolaire à sa théorie valable uniquement dans le cadre de celle-ci et non comme une vérité absolue.

Si au lieu d’aller vers le futur on retourne sur nos pas en remontant le temps on construit un univers qui se contracte et qui, il y a 13,8 milliards d’années se présentait comme un point infiniment petit doté d’une énergie infiniment grande. Ce concept , dit du  « big bang » dépasse , évidemment, toutes nos capacités humaines d’imagination.

Forcément se pose alors la question : « Qui avait-il avant ? » et ceci suppose réflexion.

Rappelons tout d’abord qu’une théorie, et la relativité d’Einstein n’échappe pas à la règle, n’est pas une description d’une réalité mais la meilleure représentation que l’on peut en proposer à une époque donnée. Selon les vieux adages : « comparaison n’est pas raison » et « La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a » ne demandons pas à une théorie plus qu’elle ne peut donner. Même la théorie de la relativité a ses limites.

L’un des principaux arguments que l’on peut opposer à la théorie du Big bang est que la théorie d’Einstein est basé sur l’influence des champs de gravitation, en négligeant les forces électromagnétiques de faible influences à grande distances. Lorsque l’univers se contracte vient un moment  ou cette hypothèse n’est plus valable car à faible distances les forces électromagnétiques deviennent prépondérantes et la théorie de la relativité ne s’applique plus. Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune théorie qui puisse prendre en compte à la fois les forces gravitationnelles et les forces électromagnétiques. Nous ne savons pas décrire l’univers au moment à son origine !

C’est, encore, un paradoxe qu’il soit plus facile de prédire le futur que de décrire le passé !

Pour décrire l’origine de l’univers deux options s’offrent à nous :

  1. Un univers contingent, c’est dire décrit à l’aide de relations causale cause / effet. Dans ce cas avant toute chose (effet) doit exister une cause. Dans ce cas il n’y aurait pas d’origine du monde, puisque à chaque description de cet origine se poserait la question de ce qu’il avait avant et qui serait la cause de cette origine.
  2. Un univers non contingent qui serait d’origine transcendantale et qui apparaitrait soudainement sous une influence hors du champ de la conscience humaine. C’est la représentation religieuse de l’univers créé par une forme de « dieu » créateur et par le fait arbitre.
  3. Il est plus sage de penser que cette origine nous échappe et qu’elle n’est pas du ressort de notre pensée. Toute entité se définit dans notre conscience humaine par comparaison  (positionnement) à une entité de référence. On n’est jamais grand, mais plus ou moins grand qu’un autre ou qu’une moyenne statistique. Définir l’univers supposerai posséder un référent  auquel le comparer pour le caractériser. Malheureusement se référent n’existe pas. Puisque chercher l’origine d’une entité que l’on ne sait pas définir paraît être une démarche aussi vaine qu’impossible cette question restera pour longtemps (à jamais ?) sans réponse.
  4. Ceci ne signifie pas que l’on doive renoncer à modéliser cette origine si cela nous est nécessaire. L’homme a besoin pour exister de concevoir une représentation du monde, de représenter ses émotions, les événements, les situations, sous forme d’images mentales liées entre-elles par des relations de causalité et ainsi de créer par sa pensée le monde dans lequel il vit. C’est comme cela que nous existons aujourd’hui. La psychologie s’efforce de montrer comment « fonctionne »  l’homme alors que personne ne sait donner la définition de l’homme et cela peut, quand même, être d’une grande utilité dans le traitement des psychopathologies. Nous avons besoin de décrire notre univers et donc de lui modéliser une origine, ne nous en privons pas mais gardons à l’esprit  qu’il ne s’agit que de modèles et non de réalité.
  5. Pour palier à cette difficulté les hommes ont inventé les religions et les dieux qui vont avec. Plus d’incertitudes, plus d’angoisse devant l’inconnu, les dieux sont la réponses à toutes les questions. L’univers, pas de problème, c’est dieu qui l’a créé. Les événements du monde, pas de problèmes, c’est la volonté de dieu, Allah l’a voulu …Dieu explique tout, sauf qu’il n’explique pas dieu !
  6. Les scientifiques ne sont pas en reste ils ont inventé l’infini, le zéro (néant), les singularités (points au moment desquels les théorie ne s’applique plus mais où on se donne le droit de les appliquer quand même … comme au moment du big bang). Les scientifiques ont donc également inventé leurs dieux pour expliquer l’inexplicable !
  7. Quant à moi, je dois dire que ces recherches me passionnent, cette modélisation du monde est une escrime intellectuelle fascinante. Mais, pour moi ,l’origine du monde c’est ma naissance ou plutôt le moment de l’éveil de ma conscience, ce moment ou j’ai découvert le monde qui m’entoure et ou j’ai pris conscience de mon existence. Cet univers, qui est né avec moi, disparaitra avec ma mort !

L’univers n’est jamais universel. L’univers n’est jamais celui des autres, mais toujours et uniquement le sien !

La mort existe-t-elle ?

Ce qui suit doit, évidemment être pris au second degré … quoi que !

Notre existence se passe à construire petit à petit notre conscience cognitive, à l’enrichir d’expériences pour progressivement prendre notre identité, notre pleine conscience d’exister. Alors, évidemment, la pensée de la mort, destruction brutale de cette construction, vient en totale contradiction avec ce parcours et il est bien normale qu’elle nous bouscule quelque peu.

Pour un homme qui a passé les 80 ans, la situation est un peu celle d’un condamné dans le couloir de la mort. Il sait qu’il doit mourir mais il ne sait ni quand ni comment ! Paradoxalement alors que le condamné vit plutôt mal la situation, nous les « vieux » ne voulons pas la voir comme telle. Nous continuons notre petit vie comme si de rien était (ou presque !), à faire des projets d’avenir, à nous mobiliser pour l’avenir de la planète, la construction de l’Europe, l’avenir des retraites, ou autres objectifs qui ne nous concernent plus.

En vieillissant on devient casanier, plus renfermé. On voit les portes se fermer une à unes devant nous, il est naturel de se renfermer et de se réfugier dans son passé.

La vie est bien faites car alors que l’on s’approche de la mort, on se détache progressivement de la vie. On va quitter les autres, mais on a moins besoin d’eux.

Victor Hugo écrivait (Veni, Vidi, Vixi, « Les contemplations »)

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

………….

Posons-nous la question de ce qu’est vraiment la mort. Évidemment il s’agit de la fin de la vie, mais comme celle-ci reste un mystère (je devrais dire : « Le mystère »), nous cherchons à définir une notion par rapport à une notion, elle-même, indéfinie. Définir la vie, c’est à dire donner un sens à notre système de pensée est impossible car il nous manque le référent transcendantal qui permettrai de la définir (même si nous en inventons certains dans nos religions). On ne peut se définir dans l’absolu, mais uniquement par rapport à un référent extérieur. Pas de sens à la vie veut dire pas de sens à la mort !

La vie n’a donc, pour nous, aucun sens défini. Dans notre besoin perpétuel de références nous cherchons à lui en  donner un, et c’est là toute la quête d’identité que nous menons tout au long de notre existence. L’ensemble de nos positionnements se traduit dans le sens que nous donnons à notre existence. Nous n’avons pas défini la vie, mais nous lui avons donné un sens. L’étape suivante est bien évidemment de donner un sens à notre mort.

De tous temps les civilisations ont tentés de donner un sens à cette fin de vie inexorable. Les approches vont toutes dans le même sens : nier la mort en inventant une suite à la vie. Le culte des morts chez les Égyptiens, les champs Élyséens et le Styx chez les Gréco-romains, la réincarnation chez les Hindouistes et le Bouddhistes, le paradis chez les Juifs, les Chrétiens et les musulmans, les innombrable culte des mort et des ancêtres dans la plupart des civilisations. Même chez les « purs athées »  occidentaux on continue à fleurir les tombes et se « recueillir  »sur elles, on parle aux ancêtres et on respecte leurs dernières volontés comme s’ils étaient encore parmi nous.

On pourrait penser que ceux qui croient à une vie éternelle sont sans crainte de la mort. Erreur, il faut inverser la proposition car ce sont ceux qui ont peur de la mort qui s’inventent une vie éternelle.

Le grand moteur de l’angoisse est l’incertitude, l’absence de repères, les positionnements flottants. C’est ce qui motive le développement de notre conscience cognitive pour donner structure, raison, contrôle logique à notre vision du monde.

La croyance à une forme de vie éternelle après la mort est une croyance à laquelle, en fait, personne ne croit véritablement. On voudrait y croire, mais personne n’est dupe. (seuls on put y croire, les kamikaze ou les terroristes suicidaires de Daech ou autre groupes … on peut leur concéder cette valeur). Cette attente d’une vie après la mort est plus anxiogène que sécurisante. Cette promesse d’un avenir incertain, non réellement explicité, souvent sujet à conditions d’obtention, rajoute l’incertitude à l’incertitude. On aborde plus sereinement la mort en la voyant comme la fin irrémédiable de l’existence, qu’en se projetant dans un futur improbable.

Comment, donc, voir la mort de façon la plus sereine ou la moins anxiogène possible.

La vie, plus simplement le sentiment d’exister nous est fourni par notre conscience cognitive. C’est elle qui ,en nous en produisant les représentations formalisées nous donne la conscience d’exister. Vivre c’est avant tout se sentir exister, se représenter sa vie.

La mort, elle,  n’est pas un état, c’est un néant qui ne peut supporter d’adjectif qualificatif

Tant qu’on est vivant on n’est pas mort et quand on n’est plus vivant on n’existe plus (même si les autres veulent se persuader que notre cadavre c’est encore nous) La mort ne peut être un état pour un être vivant, puisque par essence un être vivant ne peut être que vivant et que ne pas être vivant ce n’est pas être mort mais simplement ne plus être !

C’est une position beaucoup moins anxiogène que celle qui consiste à croire à une forme de vie après la mort. Au lieu de s’angoisser sur ce que pourrait être cette vie éternelle qu’on ne peut se représenter (l’éternité est un concept qui échappe à toute représentation), dont on se demande si on remplira les conditions pour y accéder dans de bonnes conditions, mieux vaut accepter de simplement « ne plus être », comme ne sont plus ceux qui nous ont précédés, comme ne sont plus les animaux, comme ne sont plus les plantes qui meurent. Nous acceptons très bien qu’animaux et plantes disparaissent définitivement du monde, il suffit d’un petit effort pour accepter que nous subissions le même sort. C’est une position « difficile à avaler » mais beaucoup moins angoissante que la vie éternelle !

PS : Nous avons le même genre de position dans le problème de  l’euthanasie. Nous acceptons d’euthanasier nos animaux familier (chiens, chats, chevaux, …) pour leur éviter des souffrances insupportables, mais nous refusons cela à « nos vieux » qui pourtant le méritent tout autant !

Le paradoxe : ressenti et réalité

La base des philosophies et psychologies relativistes est de considérer d’avantage le vécu (ressenti) des situations plutôt que leur réalité objective.

Ceci est parfaitement montré dans l’écoute des bulletins météologiques qui différencient entre température (telle que mesurée par un instrument de mesure ) et température ressentie par les individus.

La première serai objective et universelle, la seconde est le fait de chaque individu et varie en fonction de divers facteurs (situation aérée ou non, bon état de santé ou de forme, habitude à la chaleur ou au froid, …). La température ressentie peut donc différer d’un individu à l’autre, et pour un individu au hasard des circonstances et des motivations.

L’importance de la température ressentie est qu’elle est propre à chacun d’entre nous. Elle est réellement une sensation perçue, analysée par notre psyché, et ressentie, vécue, comme une représentation mentale de notre perception.

Elle est vraiment du domaine du ressenti car elle peut se produire en dehors de toute élévation de la température extérieurs. La fièvre peut déclencher des sentiments de froid ou de chaud et déclencher les réactions organiques associées (Rougeurs, suées, frissonnements). Ces réactions peuvent également se produire sous l’effet de chocs affectifs. La gêne peut engendrer rougeurs et sueur, la peur les sensations de froid. La température et une perception et ne couvre pas forcément une réalité objective.

En ce qui concerne la température mesurée, dites objective, quelques précisions sur son élaboration sont nécessaires.

Le principe de la création de la notion dites objective de la température est le suivant.

Il est basé sur les observations suivantes :

  1. Dans des conditions précises, l’eau bout à température constante. La chaleur entraine une vaporisation de l’eau. Ce phénomène de vaporisation dégage du froid qui vient compenser l’apport de chaleur fournie (la vaporisation consomme des calories). Il se produit un équilibre entre apport de chaleur et dégagement de froid qui maintient le liquide à température constante durant le temps de la vaporisation(Dans la mesure ou l’apport de chaleur n’excède pas la capacité de vaporisation de l’eau).
  2. Dans des conditions précises, au refroidissement l’eau se solidifie (cristallise). La cristallisation dégage de la chaleur (elle fournit des calories). Ce dégagement de chaleur compense le refroidissement et l’eau, en cours de cristallisation demeure à température constante.
  3. Signalons que alors que le phénomène de vaporisation dure un certain temps (le temps que toute l’eau s’évapore), le phénomène de cristallisation est beaucoup plus rapide. Mais dans les deux cas l’eau reste à température constante durant un certain temps.

Ces remarques faites voyons comment a été mise en place l’unité de température

  1. Il a été décidée définir la température d’ébullition de l’eau comme égale à 100 degrés Centigrade.
  2. Il a été décidé de définir la température de congélation de l’eau égale à 0 degrés Centigrades
  3. Le degré centigrade a été défini comme le centième de l’écart de température entre les température de vaporisation et de congélation de l’eau.
  4. L’échelle des températures est basée sur un double postulat. L’eau bout à 100°, et se solidifie à 0°.Elle repose sur une origine (0°) et une unité (le degré). Fondée sur des postulats elle est donc arbitraire et tout sauf objective.

Ce développement pour montrer que comme le temps, la température n’est pas un fait mais une construction intellectuelle. La durée ou la chronologie sont la formalisation, la représentation de ce ressenti. L’échelle des températures est la représentation mentale élaboré du ressenti de la température. Pour existe un fait doit être relié, comparé, positionné par rapport à un autre. Une température n’a de sens que comparée à une autre température ( c’est pourquoi l’échelle des températures est fondée sur un double postulat). Un temps n’a de sens que comparé à un autre temps (l’échelle des temps est basée sur un double postulat, l’an zéro et une unité, la durée de la rotation de la terre autour du soleil).

NB : Bouddha tenais le même raisonnement à propos de la douleur. Celle-ci n’existe pas, n’est pas un fait, mais seulement la représentation mentale d’un ressenti « négativisé » par sa comparaison à un autre ressenti moins perturbant. En médecine, n’ayant pas d’unité de mesure de la douleur, on essaye d’évaluer la douleur sur une échelle subjective de 1 à10.

On arrive à ce paradoxe que température, temps, douleurs, n’existent pas, mais que pourtant nous en vivons tous quotidiennement les conséquence.

Toute vision philosophique débouche sur un paradoxe. Ne les évitons pas, le paradoxe est « la mère » de notre liberté de penser. Qui fuit le paradoxe refuse sa liberté.

Le principe d’incertitude dans la communication

Dans la théorie quantique le principe d’incertitudes d’Heisenberg et la chose la moins intuitive.

Si par exemple un électron tourne autour d’un noyau atomique, il peut exister sur plusieurs niveaux d’énergie (a, b, c) à chacun étant associée une vitesse de l’électron (x, y, z) Si on cherches à mesurer la vitesse d’un électron on obtiendra, par exemple dans une première mesure y. On ne pourra pas dire que la vitesse de l’électron sera y, car elle pourrait être également x ou z. Chaque mesure « piègera » l’électron dans un état donné et aucune d’elles ne pourra rendre compte de la vitesse de l’électron.

On pourrait envisager une mesure statistique qui rendrai compte des divers niveaux d’énergie et obtenir une vitesse moyenne (v), mais celle-ci ne représenterai jamais la vitesse réelle de l’électron (x, y, ou z). La mesure de la vitesse de l’électron, en mécanique quantiques, est un leurre car une mesure unique ne peut donner trois résultats.

Ce principe d’incertitude a donné naissance à une polémique fameuse entre Albert Einstein et Nils Bohr. Le premier prétendant qu’un théorie présentant une incertitude ne pouvait être une théorie acceptable et aboutie, le second postulant que l’incertitude étant un élément inhérent à la théorie ne pouvait la remettre en cause. L’histoire à finalement donné raison à Nils Bohr.

Ce principe d’incertitude peut également s’appliquer à la théorie de la communication.

Lorsque nous cherchons à exprimer (communiquer) une émotion par des mots dans une situation donnée, nous sommes en fait toujours traversés par un faisceau d’émotions complémentaires, parallèles, ou contradictoires. Il nous est difficile à un instant donné de rendre compte par des mots de cet ensemble de ressentis et généralement nous en choisissons un pour rendre compte de notre état émotionnel. C’est une traduction partielle de notre ressenti et par la même une sorte de « mensonge par omission » ou la « mesure faussée » de la mécanique quantique.

Si nous cherchons maintenant à nous exprimer par une voie moins formelle (par exemple la poésie, l’art, l’expression abstraite) notre message sera moins formaté, moins contraint et moins réducteur. Il laissera donc à notre interlocuteur une certaine latitude pour en comprendre les aspects cachés, les diverses facettes, et on peut penser qu’il pourrait en tirer une information plus riche que celle contenue dans un message verbalisé. Malheureusement, il devra non pas comprendre le message mais l’interpréter. Il en aura donc une vision subjective, plus riche mais, peut-être fausse. Elles sera influencée par l’interprétation personnelle qu’il en donnera.

On retrouve encore le principe d’incertitude dans la communication.

Cette incertitude est si générale, si inhérente à nos échanges, qu’elle en fait intimement partie, et doit s’inscrire dans toute théorie de la communication. Elle est tellement « inscrite dans nos gènes » que nous l’assumons sans difficulté dans toutes nos relations. Nous utilisons tous journellement des mots pour lesquels nous serions bien en peine de donner une définition précise. Nous utilisons tous des mots qui n’ont pas exactement la même signification pour nous et pour nos interlocuteurs. Nous discourons tous sur des sujets que nous ne connaissons qu’à peine, avec des interlocuteurs qui n’en connaissent pas plus. Nous vivons avec des proches que nous ne connaissons pas vraiment dans un environnement que nous n’appréhendons que partiellement. Nous savons que notre vérité n’est jamais celle des autres. Pourtant nous « nageons comme un poisson dans l’eau » au milieu de cette incertitude

Cette incertitude fait le charme de la vie, elle est notre liberté de penser, de concevoir et de ressentir. Grace à elle  nous évitons de vivre dans un monde sclérosé et technocratique, dans l’univers de la pensée unique et du tout logique. Grace à elle nous vivons l’amour, la passion, l’utopie.

Le « dire » enferme l’interlocuteur dans le sens toujours réducteur des mots, le « suggérer » lui ouvre les portes de l’interprétation et du contre-sens.

En fait notre communication est faites partie de « dire » dans la communication verbale et partie de « suggérer » dans le non-dit. Et nous nous comprenons bien, ou du moins nous en avons l’impression.

Merci chère incertitude !

Euthanasie, avortement, le débat sans issue

C’est un débat sans fin pour la bonne raison qu’il n’a pas de début ! Après cette phrase profonde, autant que creuse, je vais m’en expliquer.

Les notions d’avortement ou d’euthanasie nous ramènent inévitablement à la notion de droit à la vie et de droit à la mort. C’est un débat moral qui manque totalement d’assise philosophique

La notion à débattre est celui de la frontière de ce que nous appelons : «  La vie »

Historiquement, et pour des raisons essentiellement religieuses la notion morale de vie a été ramenée à la notion d’être humain. L’homme avait une âme qui faisait de lui l’être humain qui comptait pour nous et pour les dieux créateurs qui nous gouvernaient. Vu d’aujourd’hui la notion morale d’humanité était associée à la conscience cognitive seule digne de vécu.

Progressivement la notion a glissé vers l’animal. D’abord l’animal domestique puis progressivement avec l’apparition de la conscience écologique à l’ensemble des animaux.

Le vivant digne de respect s’appuie donc, aujourd’hui sur la notion de conscience cognitive et de conscience émotionnelle. Si l’animal à peu de vécu cognitif, il a un vécu émotionnel intense

Sont donc exclues du « cercle sacré » des espèces vivantes représentées sur terre : les plantes, et les animaux à la frontière des plantes et des animaux (anémones, … )

Compte-tenu des évolutions et de leur projections dans le futur, il n’est pas impossible que les plantes, après tout êtres vivants tout autant que nous, ne soit pas inclues dans le panel des espèces dont il faut respecter la vie (ce qui si on prend en compte la suppression de la consommation des espèces animales, la suppression de la consommation des espèces végétales pourrait poser des problèmes majeurs, surtout si on continue de jeter l’anathème sur les produits transformés d’origines chimiques)

On n’a ainsi décrit la hiérarchie évolutive de la notion d’être vivant digne d’intérêt.

Revenons au problèmes de l’euthanasie et de l’avortement qui posent le problème du droit (notion essentiellement morale et non existentielle) à la vie et à la mort.

Posons-nous la question évidente de qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort. Pour la mort, la question est facilement résolut par le postulat : « La mort est la fin ou la cessation de la vie ». On a donc défini la mort par rapport à la vie.

Toute définition dans notre logique humaine revient à une prise ou un don d’identité. Nous définir c’est nous donner une identité dans l’univers où nous vivons. C’est un positionnement, qui comme tout positionnement nécessite un point de référence. C’est là que le bât blesse. Une entité ne peut pas s’auto définir, seule une référence externe peut lui servir de point fixe par rapport à quoi se situer. Pour notre définition de la vie cette référence n’existe pas et la vie ne peut, en aucun cas, se définir. Les religions ont habilement évitées cet écueil en fabricant des  référants externes que sont les divers dieux  et nous définissent la vie par rapport à eux. C’est évidemment une « pirouette », aussi élégante que fallacieuse. La représentation que nous pouvons avoir de ces dieux se situe toujours dans l’univers des représentations humaines et ne constituent nullement de référents externes. Elles sont basées sur des mythologies humaines, des valeurs morales directement issue des sociétés humaines, de texte totalement « apocryphe » et totalement écrit par des humains (même si on les supposent inspirés par le dieu). Tous ces auto positionnement de la vie par rapport à la vie conduisent donc à des définitions sans valeurs et ne servent que de justification à des postulats (qui comme tous les postulats sont de nature purement arbitraire)

Nous ne pouvons savoir, dans l’absolu, ce qu’est la vie, donc ce qu’est la mort, donc quel peut en être le statut moral ou juridique. Toutes tentatives de justification dans un sens ou dans l’autre ne sont qu’hypocrisie ou supercherie.

Dans l’incapacité totale de statuer, et dans la nécessité absolue de le faire, il nous faut faire un choix arbitraire. Celui-ci ne peut se faire que dans le cadre des institutions qui régentent notre société. Dans notre démocratie représentative, c’est au parlement voire à une procédure référendaire de statuer.

Le débat devra être exempt de toutes considérations philosophiques, idéologiques , ou religieuses qui ne seraient « qu’enfumages » inutiles. La seule valeur à retenir pour la décision est qu’elle soit conforme à nos institutions (constitution, processus parlementaire, décision majoritaire)

Que philosophes, idéologues, lobbies, religieux nous « lâchent la grappe » et le débat trouvera sa résolution naturelle.

Ce débat est sans fin car il lui manque son début qui serait la définition univoque de la vie

De la nécessité d’être deux pour exister (être)

Je discutais l’autre jour avec une personne qui me disait : « untel, c’est un combattant !».

 j’essayais de lui faire comprendre que faire une vertu d’être un combattant, c’est implicitement reconnaître le conflit comme une vertu et que cela pouvait conduire à la compétition et à la violence.
 Il me rétorquait « mais on peut être un combattant sans nécessairement combattre ! ».
Je lui demandais alors « à quoi reconnait-on un combattant qui ne combat pas »
« à ce qu’il ne se laisse pas faire ! »
Ce qui reconnaît implicitement la notion de conflit, de suprématie, de hiérarchie, toutes les composantes de la compétition.

Mais l’important de cette histoire est que l’on ne peut être un combattant si on est tout seul, il faut être au moins deux pour se dire « un combattant ». On ne peut pas combattre contre rien !

Suite à cette discussion se pose la question de l’existence même de l’être. L’homme existe-t-il en tant qu’individu isolé ou ne prend-t-il son existence que dans la relation à l’autre.

L’homme, évidemment, se défini par ce qu’il est, littéralement par les adjectifs qui le caractérisent : orgueilleux, hédoniste, prétentieux, ambitieux, coopératif, etc. etc. Un homme isolé ne peut prétendre à aucun de ces qualificatifs.

  1. Parce que ce sont des notions relatives et quelles nécessitent des points de références pour être évaluées. Un homme seul ne peut être « qualifié » ni d’orgueilleux, ni d’ambitieux.
  2. Parce qu’il s’agit de jugements (moraux en ce cas) et que ceux-ci doivent être obligatoirement portés par un tiers pour avoir une valeur significative.

Pour se définir l’homme a besoin de références, et c’est par l’analyse critique de son positionnement par rapport à l’autre qu’il peut les élaborer.

Pour forger son identité, exister, il a besoin de références, donc de positionnements, donc d’un autre pour se situer par rapport à lui.

Prenons pour exemplifier mon propos deux cas extrêmes. S’ il vous plait lisez le raisonnement jusqu’au bout car le début pourrait vous paraître plus que choquant. C’est d’une banalité totale d’affirmer que Hitler et Staline sont des monstres. Pourtant on peut en même temps affirmer le contraire, non pas par négationnisme ou engagement identitaire forcené, mais par simple logique. Chacun d’entre-eux est un homme qui a ses idées , qui les vit et qui y crois. Après tout, l’idée même d’exterminer les juifs ou les opposants au régime n’est qu’une idée parmi d’autres et qui ne prend sa signification historique que replacée dans un contexte sociétal, dans un contexte de relation aux autres. Hitler, supposé homme seul sur la planète, sans intrication dans un contexte de société ne serai qu’un illuminé ni bon ni méchant, ni monstrueux ni génial. Replacé dans une relation aux autres il prend son qualificatif de monstre. C’est dans une relation aux autres qu’un homme existe et peut être qualifié et décrit. Un homme seul n’est rien et n’existe pas dans un contexte cognitif. Il devient ce qu’il est quand il interfère avec un ou plusieurs de ses semblables. Alors, son positionnement par rapport aux autres, et le positionnement des autres par rapport à lui leur confèrent leurs identités réciproques.  Un homme seul n’est jamais orgueilleux, arriviste, généreux ou autre. Il ne le devient qu’a travers sa relation et son positionnement réciproque à un autre et par le jugement d’un tiers.

On peut donner un autre exemple de cette relativité de « l’être ». Supposons un individu qui mesure, par exemple 1m75. Mettons-le au milieu d’autres mesurant par exemple 1m60, on dira : « Qu’il est grand ! » si nous le mettons parmi des individus mesurant 1m90 on dira : « mon dieu qu’il est petit !» Chaque élément de l’identité d’un individu est fonction de sa relation aux autres, de son positionnement. Un homme isolé n’a pas d’identité et ne peut être défini.

On peut objecter qu’un homme seul dans la nature, pourrait se  fabriquer ses références par rapport à son environnement (espace, plantes, animaux). Mais il ne pourrait acquérir que ce que son environnement pourrait lui offrir. Au seul contact de la nature dépeuplée de congénères humains il ne trouverai pas matière à développer sa conscience cognitive, à se positionner en être humain et serai donc … un animal riche en émotions, en instinct, mais certainement pas un homme au sens Homo sapiens … et de toutes façons il ne serait définit que par référence à la nature.

C’est pourquoi le propos de la « psychologie relativiste » sera d’étudier l’homme dans le cadre de sa relation aux autres et jamais en tant qu’individu isolé.  

Le débat inné-acquis en psychologie relativiste

Le débat inné/acquis est vieux comme le monde. Dans la « mythologie chrétienne », Dieu crée l’homme à son image, donc parfait. L’homme est avant tout tributaire de son « inné ». Viennent ensuite Satan et les tentations qui vont pervertir l’homme et le rendre tributaire de son acquis. Durant tout le moyen âge, en Europe, c’est cette vision qui va prévaloir. Vers les XVII et XVIII ème siècle, avec l’apparition des lumières et les théories scientistes, l’acquis va prendre une dimension plus importante. Enfin, en raison des progrès de la génétique et du rôle de l’ADN dans la transmission héréditaire l’inné va regagner du terrain. Bref le débat est loin d’être clos. Aujourd’hui l’opinion la plus générale et qu’un homme est formé partie par son inné, partie par son acquis. L’inné fournissant « le terrain » sur lequel va se construire l’acquis.

On voit que cette notion d’inné/acquis est extrêmement variable avec l’époque et qu’elle est fonction de la culture du moment. Sans aucun doute, l’idée que l’on peut en avoir maintenant variera dans l’avenir au hasard des découvertes et des croyances.

On peut présenter les deux situations qui permettent de donner un sens à ce débat :

  1. Pour ceux qui croient à la réalité du monde (vision transcendantale et religieuse), qui en ont une vision qui se veut objectivée, le débat inné/acquis est d’importance. Il s’agit pour eux de présenter une description du monde la plus proche possible de la réalité, aussi conforme que possible à l’existant. Cette description ne peut être qu’unique puisque, pour eux, le monde est  unique tel que décrit dans les textes originaux. Toute description est un dogme qui élimine immédiatement toute autre description. Par exemple, pour un musulman Sunnite, Mahomet et le prophète et donc Ali ne l’est pas . Pour un Chiite, Ali est le prophète et donc Mahomet ne l’est pas. Il ne peut y avoir qu’une seule vérité puisqu’il n’y a qu’un seul dieu, un seul monde qui transcende l’espèce humaine. Trancher sur le débat inné/acquis dans la construction de l’homme est donc un point fondamentale de la philosophie, de la psychologie, et de la science en général.
  2. Pour ceux qui croient que le monde est une réalité totalement inaccessible à l’homme, une virtualité, il n’est plus question de rechercher une description du monde, mais une ou des représentations de celui-ci. On doit alors promouvoir la représentation du monde la mieux adaptée à ses objectifs de vie. Chacun peut choisir la représentation qui lui convient le mieux en fonction des circonstance et, pourquoi pas, des périodes.

Vient alors le problème de choisir la meilleur représentation possible en fonction de la vision du monde qui est la sienne

  1. Pour la vision religieuse, transcendantale, la solution est à trouver parmi les dogmes en vigueur. Ce n’est guère facile car les religions, du fait de leur ancienneté, n’ont jamais dans leurs fondements abordées ce problème. Elle s’appuie sur des textes sacrés fondateurs (Bible, Évangile, Coran, Thora, Védas …) dont l’authenticité fait débat et le contenu pour le moins vague en la matière. Elles ont tendance à représenter l’humain comme fait d’un corps et d’une âme dissociables dans la mort.
  2. Pour la vision subjective de l’homme, et notamment dans la psychologie relativiste la seule représentation de l’homme à laquelle on accède est un simple modèle, une sorte de conglomérat d’hypothèses. Le seul impératif de ces modèles, qui peuvent varier d’un individu à l’autre, d’une chapelle à l’autre, et de permettre d’obtenir les meilleurs résultats en rapport du but que l’on se fixe. Au fond « qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse » que l’on pourrait traduire par « Qu’importe le modèle pourvu que l’on ait les bons résultats ». Le débat ne porte plus sur l’importance de l’innée ou de l’acquis, mais quelles sont leurs importances relatives pour obtenir un  modèle performant. Il n’y a plus débat, mais choix arbitraire !

Cependant personne ne peut nier qu’il existe, dans la formation de la psyché une part d’acquis. Le simple fait d’avoir un cerveau avec ses hémisphères, ses lobes, ses neurones, ses connections synaptiques est bien le fait d’une transmission génétique, même si elle est indifférenciée selon les individus. Tout organe est, dans sa nature, d’origine génétique.  D’autre part on ne peut nier que l’éducation, l’expérience, peuplent le cerveau d’informations qu’il n’avait pas reçues à la naissance.

Dans la psychologie relativiste on distingue trois fonctions du cerveau

  1. Le contrôle des fonctions vitales (respiration, circulation sanguine, digestion, métabolisme divers)
  2. Le contrôle des émotions
  3. Le contrôle cognitif

Le premier point est évidemment du domaine de l’inné. Aucun individu ne pourrait survivre sans avoir reçu à sa naissance la capacité de respirer, de faire battre son cœur, de se nourrir et de déféquer

Le troisième point est évidemment du domaine de l’acquis, il se construit par l’expérience, l’éducation, l’apprentissage

Reste le domaine du contrôle des émotions qui peut faire débat car, il est à la frontière entre l’inné et l’acquis. Certaines réactions émotionnelles sont manifestement du domaine de l’innée . Par exemple le fait de transpirer et de voir son cœur s’accélérer devant la peur, de rougir devant la gêne, de trembler dans l’émotion forte, ne sont jamais apprises, ce sont donc des réactions innés.

Par contre l’émotion qui crée des sentiments (donc une formulation de l’émotion) doit être de nature acquise en tout cas dans la forme qu’elle prend, dans sa représentation.

Ceci  repose le problème des frontières entre les diverses fonctions du cerveau. J’ai eu l’occasion de proposer, dans le cadre de la psychologie relativiste, qu’il n’y ai pas de frontière définie entre le monde des émotions et celui du cognitif, mais simplement un continuum entre des représentation les moins formulées, et donc non présente à ce que nous appelons la conscience, et des représentations formulées et qui constituent la conscience.

Sans doute n’existe-t-il pas non plus de frontières entre les réactions de type purement organique (respiration, …) et les réactions déclenchées par des événements extérieurs (peur, gêne).

Le cerveau, ou plutôt  sa psyché, se présente donc comme un continuum entre son action sur des fonctions organiques , purement interne, et son action vis à vis de l’extérieur dans le domaine du cognitif. Il n’y a pas trois type de réactions agissant dans des domaines différent, mais un seul type donnant des réaction plus ou moins tournées vers « l’intérieur » ou vers « l’extérieur ». Ces divers éléments de la psyché allant du plus archaïque au plus récent en se construisant par strates successives, chaque élément s’appuyant sur les éléments plus anciens. Plus l’événement est ancien et moins il se présente à la conscience et à la mémoire. La gouverne des fonctions vitales crées au stade fœtale sont bien évidemment totalement inaccessibles à la conscience, par contre peuvent être partiellement en relation avec les couches émotionnelles. Lorsque celle-ci sont impactées, des réactions « psychosomatiques » peuvent survenir.

Ce modèle respecte parfaitement l’hypothèse actuelle selon laquelle l’inné est le terrain sur lequel se développe l’acquis.

L’inné est non seulement le terrain sur lequel se construit la conscience mais il est est les fondements, la racine. IL peut exister un inné sans acquis (ou presque), par exemple dans le monde animal, mais il ne peut exister d’acquis sans inné !

Attention : tout ce qui précède n’est en rien une description d’une réalité, mais la formulation d’un modèle pour la représenter au mieux.

L’histoire, récit ou réalité

Introduction

L’histoire se veut la cristallisation dans le  présent d’un passé recomposé, un récit circonstancié et documenté qui fait foi et consensus. L’histoire se veut fiable, crédible, et surtout objective.

Tout fait appuyé sur des écrits, des témoignages, devient un fait historique et peut servir à construire l’Histoire

L’histoire est donc un récit circonstancié, documenté, … mais cela reste un récit

Le fait historique

Le présent est horriblement difficile à comprendre. Passé dans l’histoire il s’avère plus facile à saisir. L’histoire simplifie les choses, et plus l’événement est ancien et plus sa vision en est réductrice. En effet, pour un événement remontant loin dans le passé les textes document sur lesquels s’appuyer son rares et très peu recoupés. La vision simplifiés n’est étayée que par un ou deux éléments considérés, à tort, comme représentatifs. Pour un événement plus récent les documents seront nombreux, contradictoires, et son « historisation » dans une vision unique et bien plus difficile.

Quand on vit un événement présent, on en comprend la complexité. Les opinions divergent, l’affichage et les postures sont générales, le non-dit est souvent plus important que ce qui est affiché.

Chacun vit un événement présent selon sa formation, sa sensibilité, sa culture, son acquis historique, sa conscience cognitive. Chaque événement est vécu de façon individuelle, et il y a autant d’histoires que d’individus. Le fait historique n’existe pas en soi, il est la résultante des sentiments, des projections, des visions, des analyses critiques de chacun des individus concernés. C’est un réseau de dépendances entre les êtres impliqués directement ou indirectement. On pourrait, théoriquement, dire que l’histoire telle qu’on la connais n’a pas de sens !

Cependant, en raison de leur proximité culturelle des groupes d’individus peuvent avoir une vision de leur histoire, un récit voisin, similaire, commun. De par leurs expériences communes, des groupes d’individus peuvent se forger un vécu culturel commun, une conscience cognitive similaire. Leur approche des événements, leur analyse critique des situations sera proche. Bien qu’ayant, en théorie, chacun leur propre histoire, une partie de celle-ci sera commune (soit parce qu’ils ont vécu les événements en commun, soit parce que on leur a enseigné le récit historique commun … en ce sens, l’enseignement de l’histoire fait l’histoire !)

Pour entrer dans l’histoire

Pourquoi et comment un fait rentre-t-il dans l’histoire ? Pourquoi devient-il un fait historique ? C’est bien simple, il faut et il suffit qu’il soit partagé par  un grand nombre d’individus. Il fait alors partie de l’histoire de chacun, et donc de l’histoire de tous. Pour qu’un fait devienne un fait historique, il faut qu’il soit subit par un grand nombre d’individu et de surcroit dans un sens analogue.

La première famille qui va donner ces fait historique sont les grands événement naturels (crues, inondations, séismes, éruptions, sécheresses, épidémies,) Ils sont subit par tous.

Deuxième famille, les fait générés par l’homme (guerres, avancés ou reculs sociaux, découvertes, prises de pouvoir, familles régnants, …). Ils sont le fait des hommes qui détiennent le pouvoir de décider pour les autres, d’agir pour les autres,  d’apporter aux autres, de faire subir aux autres leurs volontés, … les puissant.

Ceci explique pourquoi notre histoire est avant tout l’histoire des puissants !  Elle se compose de dynasties, de Rois, de leurs guerres, de leurs intrigues, de leurs luttes, d’hommes célèbres ayant eu une forte influence sur leurs concitoyens. Le « petit peuple »  ne joue que le rôle de « faire valoir », de trame de fond sur laquelle se déroulent les événements,  il n’est pas acteur de l’histoire mais il la subit. Seuls ceux qui font l’histoire entrent dans l’histoire ! Les obscurs, les sans-grades, ceux qui , en fait, sont l’histoire, n’ont pas le droit d’y entrer

… entre ici Jean Moulin !  mais pas Jean Dupont ou Jacques Durand !

Entrent dans l’histoire les chefs, les hommes de pouvoir, les puissants, les nantis, les icônes, … exit les collaborateurs, les chevilles ouvrières, les assistants, les bras droits, les épouses, l’histoire n’est pas pour eux.

L’histoire est celle des hommes de pouvoir ou d’influence, elle n’est ni la mienne, ni la vôtre ! … rassurez-vous, nous avons chacun notre propre histoire, qui soit dit en passant, vaut bien l’histoire officielle !

L’histoire réductrice

Un point intéressant de l’histoire c’est qu’elle simplifie le récit, elle en présente une synthèse. Sur un événement contemporain les avis divergent, chacun en a sa vision, chacun sa compréhension qui dépendent à la fois de ce que chacun est et de ce que chacun aimerais être. Les médias en sont le reflets. Que pensera un historien qui pour un même événement sera confronté à la une de l’Humanité et du Figaro ? Ou mettra-t-il le curseur de l’objectivité ?

Hollande était-il un bon « social-démocrate » qui a fait pour le mieux pour son pays dans un environnement international difficile (selon ses partisans), un dangereux socialo-communiste qui mène son pays au chaos (Sarkozy) , ou un traitre à l’idéal de gauche, vendu au capitalisme (J.L.Mélanchon). Il n’était bien sur aucun de ces personnages mais en même temps il était les trois !

Mais l’histoire à la nécessité de faire consensus, faute de quoi elle ne serai pas l’Histoire. Alors elle simplifie, dégage les grandes lignes des événements, ne connaît que les points de vue dominants, dépersonnalise les vécus, elle devient une sorte de « plus petit dénominateur commun ».

L’erreur des historiens et de l’Histoire et, par souci vérité, de vouloir objectiver les faits alors qu’ils sont éminemment subjectifs dans l’histoire de chaque individu. L’objectivité en histoire n’a pas de sens, sauf à développer une « histoire officielle » qui fait consensus.

Conclusion

Il en résulte que chacun de nous vivant les événements historique sans vraiment les comprendre tant leur complexité nous dépasse, leur traduction dans le passé, dans l’histoire, est tout aussi hermétique. L’histoire officielle n’est qu’une vision réductrice des événements, elle nous donne l’impression de comprendre ce que les contemporains des faits n’ont jamais compris. Le passé est insaisissable, c’est pourquoi nous en proposons un modèle simplifié que nous appelons Histoire. Mais la représentation ne vaut jamais réalité.

On pourrait presque dire que le futur, basé sur des prévisions, des perspectives, des projections, des déductions, n’est pas moins précis que le passé … mais là, je vais peut-être trop loin !

Les grandes confusions intellectuelles

J’ai déjà eu l’occasion de parler de l’imprécision de notre communication verbale et comment celle-ci peut être corrigée par la communication implicite du non-dit. On sait combien la définition de mots que nous utilisons est imprécise (quelques lignes dans un dictionnaire), variable selon les individus, et surtout plutôt très mal connue de chacun de nous. C’est grâce à des mimiques, des gestes des intonations de voix, que nous transmettons à l’autre la teneur exacte de nos propos. Un même texte lu par divers comédien peut prendre des significations très diverses selon la façon dont il est dit.

Un autre piège classique qui nous guette dans nos comportements est celui de l’habitude. Elle peut finir par transformer des concepts, sans que nous en ayons conscience, et modifier en profondeur nos comportements. En voici quelques exemples :

Confusion entre l’objet et son image

Chaque objet que nous observons détermine une image mentale dans notre conscience. Quand l’objet est lointain (pour des raisons historiques, géographiques, parce que c’est un objet abstrait) nous utilisons pour le faire vivre une représentation symbolique, iconique, qui lui tient lieu de réalité. Avec l’usage, l’habitude, cette représentation finit par se substituer à l’objet lui-même dans notre esprit et à devenir une forme de réalité.

Dans les religions, surtout les plus anciennes, les représentations symboliques des dieux (statues, totems, tikis, talismans) finissent par être adorées comme si elles étaient le dieu lui-même et non sa simple représentation. Les grandes processions chrétiennes dans lesquelles on promène des statues d’un saint, de la vierge Marie dans la plus grande ferveur des croyants sont l’exemple de l’adoration d’un symbole.

Le drapeau est le symbole, l’incarnation d’une nation. Bien qu’il ne soit, en fait qu’un chiffon de tissus, toute profanation, tout irrespect devant le drapeau est considéré par les citoyens (surtout les plus « patriotes ») comme une grave offense à toute une nation.

On observe le même dilemme en science ou la théorie, modèle ou image d’un phénomène naturel, s’impose finalement comme  si elle était une réalité. En ce qui concerne la théorie atomique, en 400 AVJC le grec Démocrite avait imaginé la matière faites de micros éléments flottant dans le vide qu’il avait appelé atomes. Aristote était d’un avis différent et éclipsa complétement la théorie de Démocrite pour la remplacer par celle de la matière infiniment divisible. Des millénaires plus tard Rutherford développa une vision moderne de l’atome fait d’électrons circulant autour d’un noyau sur une orbite circulaire. Bohr modifia cette vision en imaginant que les électrons tournaient sur des orbites elliptiques. Évidemment tout ceci  ne sont que des représentations, des modèles, imaginés par les scientifiques pour expliquer les propriétés de la matière. Ce modèle s’est avéré si performant qu’il a été universellement adopté et que de modèle décrivant une réalité il est passé à véritable réalité. L’objet s’est confondus avec son image.

Dans le « star système » le public adore, non pas l’homme ou la femme qu’ils ne connaissent pas, mais l’image du personnage dans son œuvre, la presse, les médias. La disparition de Johnny Halliday ou de Charles Aznavour nous en donne une bonne représentation. Une foule anonyme qui ne connaissait pas les hommes vient rendre hommage, voire pleurer sur l’icône qu’ils ont le sentiment d’avoir perdu. C’est l’image qui est regrettée et non l’homme (sauf bien entendu pour les proches et la famille).

Confusion entre le but et les moyens

Une des bonnes illustration de cette dialectique est la pièce de Musset :Lorenzaccio. Lorenzo rêve d’abattre le tyran de Venise Alexandre de Médicis. Pour  parvenir à ses fins il  doit pouvoir approcher le tyran. Pour cela il devient l’organisateur des débauches d’Alexandre. Donc son but est de tuer le tyran et le moyen mis en œuvre l’organisation des fêtes. Au bout d’un moment, Lorenzo s’aperçois qu’il est devenu lui-même un débauché et que son but est devenu l’organisation de fêtes, alors que l’assassinat du tyran m’est plus que le prétexte, un moyen pour excuser sa débauche.

A la naissance d’un parti politique il y a généralement une idéologie qui vise à l’amélioration de la vie des concitoyens. Pour mettre en jeu cette politique on doit accéder au pouvoir.  Cette prise de pouvoir est un exercice difficile qui implique une énergie folle et un engagement total. Le but est ici de mettre en jeu sa politique et le moyen la prise du pouvoir. A force d’effort pour accéder à la première place, cette accession au pouvoir devient le but suprême du parti, et la politique à mettre en œuvre n’est plus que le prétexte, le moyen qui justifie la prise du pouvoir. Le moyen est devenu le but, alors que l’ancien but est devenu moyen.

Dans toutes religions, le but et la communion avec Dieu, l’accomplissement de ses volontés et de ses desseins. Le moyen est constitué d’un certain nombre de rites, de pratiques destinés à favoriser cette communion. Pour être devenir un bon chrétien, il faut aller à la messes, donner à la quête, pour être un bon musulman il faut prier, je crois, cinq fois par jour, faire ses ablutions avant la prière, faire ramadan, pour être un bon juif il faut faire shabbat, respecter des rites alimentaires, …etc. … etc. Petit à petit l’intérêt s’est déplacé de la communion avec Dieu vers la pratique des rituels. Être un bon chrétien, c’est aller à la messe et donner à la quête, Être un bon musulman c’est prier cinq fois par jour et faire ramadan, Être un bon juif, c’est faire shabbat !

Ce qui était le moyen et devenu le but ( principalement chez les religieux intégristes ). Il faut et il suffit de respecter les rites pour être dans le droit chemin. La communion avec Dieu est devenu le prétexte, le moyen, pour accomplir les pratiques rituelles. C’est bien sur le faiblesse de tous les mouvements intégristes religieux d’avoir confondus les buts et les moyens … l’être avec le paraître !

Cette confusion est un grand classique des projets à long terme.

Confusion entre les devoirs et les droits

Ce qui va suivre s’inscrit dans une logique parfaitement athée dans laquelle, contrairement aux visions religieuses, la morale n’est pas un « apriori » décrété par la puissance divine.

L’homme isolé a du mal à survivre face à la nature et à ses congénères. Il se regroupe alors en clan, troupe, société, état,  afin de mutualiser les forces dans un système de solidarité réciproque. Il s’agit d’un contrat entre participants au groupe transcrit dans des lois qui définissent les modalités de ce contrat.

La morale, règles du vivre ensemble dans les groupes humains est un consensus accepté (librement ou  non) par les participants au groupe. Elle est le fruit des consciences émotionnelles de chacun relayées par leur consciences cognitives. Cette dernière finalise la morale dans des règles de vie et fixe notamment les devoirs et les droits de chacun. Hors conscience cognitive, pas de morale, donc ni devoir ni droits. C’est ce que l’on peut observer dans le règne animal.

On pense généralement que les droits des uns génèrent des devoirs pour les autres. Ceci signifierai que certain non seulement s’octroieraient  des droits, mais en plus imposeraient des devoirs aux autres. Je ne crois pas qu’une société puisse raisonnablement fonctionner sur ce modèle. Au contraire la vie en société impose aux membres des devoirs et en contrepartie leur accorde les droits qui vont leur permettre de remplir leurs devoirs.

Par exemple : Les parents ont le devoir de protéger, de nourrir, et d’éduquer leurs enfants (devoirs légitimes puisque ce sont les parents qui ont souhaités avoir un enfant et que ceci leur crée des responsabilités). Pour accomplir ces devoirs on accorde aux parents des droits sur les enfants : Droit de choisir leur éducation, leur religion, leur morale. Ce sont bien les devoirs qui engendrent les droits et non le contraire.

Dans cette vision, à la naissance, un nourrisson n’a aucun droits, car n’ayant aucune responsabilités il n’a aucun devoirs. Généralement on confond le droit des enfants (inexistant) avec les devoirs des parents.

Au fur et à mesure que l’enfant grandi et développe sa conscience cognitive il acquière certaines responsabilités (apprendre à marcher, parler, être propre, manger seul) et cela lui octroie certains droits. Plus il va grandir, plus sa conscience cognitive va se peupler, et plus il va se créer des responsabilités (travailler à l’école, obéir à ses parents, choisir ses copains avec discernement, aider à la maison). En contrepartie ses droits vont s’accroitre (argent de poche, sortir seul, choisir son look). Au fur et à mesure que les responsabilités de l’enfant s’accroissent, son droit à l’autonomie grandi, et au contraire les responsabilité et les droits de ses parents diminuent. C’est le phénomène d’autonomisation.

On parle souvent, à tort,  de « droit au chômage » comme si le fait pour un individu de se trouver en position délicate induisait automatiquement l’obligation pour les autres de lui venir en aide. Le chômage est un devoir de solidarité que les participants au groupe on acceptés dans le contrat social (en attente, évidement, de réciprocité)

En ce qui concerne les animaux, la question des droits et des devoirs ne se pose pas. La faiblesse de leur conscience cognitive ne leur permet pas d’élaborer une morale collective. Dans la nature la notion de droits et devoirs est totalement inexistante, seule les nécessités de survie de l’espèce guide les comportement. On protège les petits, les nourri, et leur enseigne l’art de la vie. Passé cet apprentissage, nécessité de l’espèce, les petits sont abandonnés à leur sort. Pour les animaux domestiques leurs « propriétaires » acceptent un certain nombre d’obligation, de devoirs, définis par consensus, partie de notre contrat social. On ne peut donc parler de droit des animaux, mais de devoir des humains.

Conclusion

Ces confusions intellectuelles se produisent avec le temps, l’habitude, la pratique. Elles s’installent insidieusement sans que les individus en aient conscience. Elles entrainent bien évidemment des comportement incohérents, en  désaccord avec les visions proposées et perturbent fortement la vie sociale.

Les pensées asiatiques et occidentales : le but et le chemin

Il existe beaucoup d’oppositions, en tout cas en apparence, entre les pensées occidentales et asiatiques. Nous parlerons ici de la pensée asiatique traditionnelle et non de cette nouvelle pensée asiatique terriblement influencée par le monde occidental

  • La pensée occidentale est beaucoup plus dualiste que la pensée asiatique. Elle se décline d’avantage en termes d’oppositions marquées, blanc ou noir, bon ou mauvais, si j’ai raison tu as forcément tort, alors que la pensée asiatique est plus nuancée, prête à accepter les paradoxes et les contradictions. Avoir tort et raison n’est pas rédhibitoire.
  • Si les religions asiatiques sont du même ressort que celles que nous connaissons en occident (dieu tout puissant, rites et dogmes obligatoires, institution hiérarchique dominante et prédatrice, principe de récompenses et punitions …) elles présentent des différences significatives quant à la représentation des divinités. Les dieux occidentaux ont une nature plus divine, plus abstraites, très peu rattachés au monde terrestre, alors que les divinités asiatiques ont une présence, un vécu terrestre avéré. Bouddha, divinisé par ses fidèles, n’est même pas, en théorie, un dieu mais un homme porté par ses mérites terrestre à l’état divin.
  • Enfin, et c’est le sujet que je voudrais développer, si toutes deux distinguent dans le parcours religieux le but à atteindre et le chemin à parcourir pour y arriver, elles traitent ces deux notions de façon très différente.

 

Dans les pensée asiatiques, s’il existe un but à atteindre (le nirvana ou la sainteté chez les bouddhistes, la réincarnation dans des êtres supérieurs pour les hindouiste) c’est le chemin choisi pour y parvenir (la voie) qui importe le plus.

Dans la pensée occidentale, au contraire c’est le but qui est privilégié quel que soit le chemin emprunté pour y arriver. Dans la mesure ou atteindre son but et primordial, la notion de temps et d’urgence s’affirme.

Qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse

 Pour un occidental réussir c’est avant tout atteindre son but, réaliser son rêve …. et bien sûr avoir sa « Rolex » !

On connait bien dans notre monde nombre de parvenus, richissimes, qui se sont enrichit par des chemins, sinon délictueux, du moins à la frontière de la légalité et souvent violant toute morale. Ils sont cependant respectés et surtout enviés, ce qui est plus grave. Dans l’Asie moderne ce genre de comportement et de jugement est malheureusement devenu des plus courant.

La voie en Asie est assez différente. Le but à atteindre n’est plus purement matériel mais plutôt de portée morale. Le but est l’excellence, le parfait, … en fait l’infini sagesse, la divinité. C’est un but totalement inaccessible et c’est en ce sens que le chemin, la voie prend toute son importance par rapport au but qui ne sera jamais atteint. Dans la mesure ou le but ne sera pas atteint on s’attachera plutôt à la notion de chemin, et la notion de temps perd de sa nécessité.

On retrouve un peu cette fonction dans certaines visions de l’art. Si on se pose la question de savoir ce qu’est l’art, ce qu’est le beau, qu’est ce qui est une œuvre d’art et qu’est ce qui ne l’est pas, on a du mal à trouver une définition qui tienne vraiment la route. Rien n’est jamais beau ni laid, tout dépend du regard que l’on porte dessus. Rien n’est de l’art ou pas de l’art, tout dépend de la définition à laquelle on se réfère (puisqu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’art). Alors ce qu’il reste c’est la démarche artistique, la recherche du beau, du parfait, du toujours mieux, le chemin vers le spirituel. Ce n’est pas toujours la façon d’être de certains artistes occidentaux qui privilégient, à travers leurs œuvres la reconnaissance, le positionnement social et les subsides. Ne les blâmons pas, ils sont pris dans le tourbillon du monde et chacun doit mener sa vie à sa guise.

L’art traditionnel asiatique, les jardin zen, la calligraphie, les Haïku, ont une visée spirituelle qui dépasse l’œuvre réalisée. La démarche créatrice, la conception, prime sur les résultat … qui n’est en fait que la conséquence prévisible de l’effort accomplit.

On retrouve cette dualité dans le fameux « débat quantique » qui a opposé Albert Einstein et Nils Bohr. Après la mise en évidence par Heisenberg du principe d’incertitude dans la mécanique quantique, Albert Einstein défendait la thèse que si une théorie repose sur une incertitude c’est qu’elle n’est pas aboutie et doit être revisitée. En d’autres termes, une pensée ne peut être que vrai ou fausse, et fermez le ban ! Pour Nils Bohr , au contraire cette incertitude ne constitue pas une erreur mais un fait inhérent au système et qu’il fallait l’accepter comme tel. Il n’y a pas dans l’incertitude le vrai ou le faux, mais simplement le vrai et le faux, et surtout le possible.

 

Dans la psychologie relativiste le vécu, l’existence de l’homme et une construction sans fin (autre bien sûr que la mort) par l’accumulation des expériences confrontées au vécu déjà acquis. Ce qui fait l’homme c’est le chemin qu’il parcoure, la voie qu’il se trace (ou qu’il subit) et non pas son objectif final (puisque tout se termine par la disparition de l’être). L’enrichissement de l’homme est ce qu’il devient et non ce qu’il acquière.

La civilisation occidentale à tendance à privilégier « l’avoir », le progrès technologique, l’accumulation des biens matériels, la psychologie relativiste s’intéresse à « l’être », « le devenir » et en ce sens est plus proche de la pensée asiatique que de son pendant occidental.

On ne possède jamais totalement ce que l’on a, on possède toujours ce que l’on est.

Comparaison entre les pensées occidentales et asiatiques

Il existe beaucoup d’opposition, en tout cas en apparence entre la pensée occidentale et la pensée asiatique. Nous parlerons ici de la pensée asiatique traditionnelle et non de cette nouvelle pensée asiatique terriblement influencée par le monde occidental

  • La pensée occidentale est beaucoup plus dualiste que la pensée asiatique. Elle se décline d’avantage en termes d’opposition marquées, blanc ou noir, bon ou mauvais, raison ou tort, alors que la pensée asiatique est plus nuancée, prête à accepter les paradoxes et les contradiction.
  • Si les religions asiatique sont du même ressort que celle que nous connaissons en occident (dieu tout puissant, rites et dogmes obligatoire, institution hiérarchique dominante et prédatrice, principe de récompenses et punitions …) elles présentent des différences significatives quant à la représentation des divinités. Les dieux occidentaux ont une nature plus divine, très peu rattachés au monde terrestre, alors que les divinité asiatiques ont une présence, un vécu terrestre avéré. Bouddha, divinisé par ses fidèles, n’est même pas, en théorie, un dieu mais un homme porté par ses mérites terrestre à l’état divin.
  • Enfin, et c’est le sujet que je voudrais développer, si toutes deux distinguent dans le parcours religieux le but à atteindre et le chemin à parcourir pour y arriver, elles traitent ces deux notions de façon très différentes

Dans les pensée asiatiques, s’il existe un but à atteindre (le nirvana ou la sainteté chez les bouddhistes, la réincarnation dans des êtres supérieurs pour les hindouiste) c’est le chemin choisi pour y parvenir (la voie) qui importe le plus.

Dans la pensée occidentale, au contraire c’est le but qui est privilégié quel que soit le chemin emprunté pour y arriver

Qu’importe la bouteille pourvu qu’on ait l’ivresse

 Pour un occidental réussir c’est avant tout atteindre son but, réaliser son rêve …. et bien sûr avoir sa « Rolex »
On connait bien dans notre monde nombre de parvenus, richissimes, qui se sont enrichit par des chemins, sinon délictueux, du moins à la frontière de la légalité et violant toute morale. Ils sont cependant respectés et surtout enviés, ce qui est plus grave. Dans l’Asie moderne ce genre de comportement et de jugement est malheureusement devenu des plus courant.

La voie en Asie est assez différente. Le but à atteindre n’est plus purement matériel mais plutôt de portée morale. Le but est l’excellence, le parfait, … en fait l’infini sagesse totalement inaccessible. C’est en ce sens que le chemin, la voie prend toute son importance.

On retrouve un peu cette fonction dans certaines visions de l’art. Si on se pose la question de savoir ce qu’est l’art, ce qu’est le beau, qu’est ce qui est une œuvre d’art et qu’est ce qui ne l’est pas on a du mal à trouver une définition qui tienne vraiment la route. Rien n’est jamais beau ni laid, tout dépend du regard que l’on porte dessus. Rien n’est de l’art ou pas de l’art, tout dépend de la définition à laquelle on se réfère (puisqu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’art et que s’il en existait une, l’art ne serai sans doute plus de l’art). Alors ce qu’il reste c’est la démarche artistique, la recherche du beau, du parfait, le chemin vers le spirituel. Ce n’est pas toujours la façon d’être de certains artiste occidentaux qui privilégient, à travers leurs œuvres la reconnaissance, le positionnement social et les subsides. Ne les blâmons pas, ils sont pris dans le tourbillon du monde et chacun doit mener sa vie à sa guise.

L’art traditionnel asiatique, les jardin zen, la calligraphie, les Haïku, ont une visée spirituelle qui dépasse l’œuvre réalisé. c’est les progrès de l’homme à travers la réalisation de son oeuvre qui prime sur l’oeuvre elle-même.

On retrouve cette dualité dans le fameux « débat quantique » qui a opposé Albert Einstein et Nils Bohr. Après la mise en évidence par Heisenberg du principe d’incertitude dans la mécanique quantique, Albert Einstein défendait la thèse que si une théorie repose sur une incertitude c’est qu’elle n’est pas aboutie et doit être revisité. En d’autres termes, une pensée est vrai ou fausse. Pour Nils Bohr , au contraire cette incertitude ne constitue pas une erreur mais un fait inhérent au système et qu’il fallait l’accepter comme tel. Il n’y a pas dans l’incertitude le vrai ou le faux, mais simplement le possible.

Dans la psychologie relativiste le vécu, l’existence de l’homme et une construction sans fin (autre bien sûr que la mort) par l’accumulation des expériences confrontées au vécu déjà acquis. Ce qui fait l’homme c’est le chemin qu’il parcoure, la voie qu’il se trace (ou qu’il subit) et non pas son objectif final (puisque tout se termine par la disparition de l’être). L’enrichissement de l’homme est ce qu’il devient et non ce qu’il acquière.

La civilisation occidentale à tendance à privilégier « l’avoir », le progrès technologique, l’accumulation des biens matériels, la psychologie relativiste s’intéresse à « l’être », « le devenir » et en ce sens est plus proche de la pensée asiatique que de son pendant occidental.

On ne possède jamais totalement ce que l’on a, on possède toujours ce que l’on est.

La notion de modèle, ou le piège de la vérité

C’est une notion plutôt familière aux scientifiques mais assez mal comprise ou acceptée du grand public. Elle consiste à substituer à un phénomène observé une image fabriquée de ce phénomène. Par exemple, une photographie est la représentation d’une personne ou d’un site, mais elle n’est en aucun cas cette personne ou ce site. Elle en est un modèle de représentation extrêmement pratique à utiliser (on peut l’emporter dans sa poche, la regarder autant de fois que l’on veut, la découper, la maquiller, la dupliquer, ce qui ne serai pas possible avec l’original).

La psychologie relativiste est fondée sur le principe de la représentation mentale constitutive de la conscience cognitive. On a du mal, si l’on n’a pas une solide culture scientifique, à comprendre le principe des modèles et de la représentation. Il est toujours difficile de différencier entre l’objet et son image. De plus certains modèles sont si anciens qu’ils finissent à s’imposer à nous comme la réalité qu’ils représentent. Pourtant dans de nombreux cas plusieurs représentations d’un même objet coexistent sans que nous n’en soyons le moins du monde gêné.

Prenons l’exemple de la matière.

  • Elle peut être décrite à l’échelle macroscopique par la théorie de la relativité générale d’Einstein.
  • Elle peut être décrite à l’échelle microscopique par la mécanique quantique ou la chimie théorique.
  • A l’échelle humaine elle peut être décrite par diverses théories : Mécanique des fluide, résistance des matériaux, ou encore définie par des propriétés relatives à ses divers états (solide, liquide, gazeux) ou par les propriétés de certains matériaux (métaux, bois pierre, …)

On voit donc que l’on dispose d’une grande variété de descriptions de la matière qui constituent autant de modèles (absolument incompatibles entre eux), autant de représentations que nécessaires, chacune d’elle étant utilisée dans son domaine particulier. Aucune de ces descriptions ne peut se targuer d’être plus valable que les autres et aucune ne représente la réalité de la matière. A ce jour, la matière n’existe pas en tant que telle mais à travers les modèles de représentation qui en sont donnés.

Un autre exemple intéressant et celui du cerveau humain. On lui connaît de nombreuses représentations

  • La représentation médical-biologique issue d’autopsies ou l’on décrit le cerveau comme une matière vivante avec ses lobes, sont irrigation, son innervation …
  • La représentation physico-chimique dans laquelle les neurotransmetteurs (Endorphine, Adrénaline, Dopamine, Sérotonine, Acétylcholine, …) sont responsables de nos émotions et nos comportements. C’est le domaine de la psychiatrie de gérer et réguler la production de ces substances.
  • La psychologie (sous toutes ses formes) qui envisage le cerveau comme un contenant de messages formalisés qui par leur logique (ou illogisme) gouvernent nos émotions et nos comportements. La psychologie gère nos émotions en modifiant ces contenus logiques.
  • Les neurosciences qui étudient nos émotions et ressentis à travers l’activation de certaines zones du cerveau.

Donc autant de modèles (tous aussi performant, chacun dans leur domaine, les uns que les autres) qui décrivent la même réalité dans des univers, des schémas totalement différents.

On pourrait décliner à l’infini de tels exemples. Pour beaucoup de gens « non croyants » la religion, le dieu, les dieux, sont un simple modèle de représentation de l’inconnu qui nous entoure. En quelque sorte un modèle !

Il est, évidemment, difficile d’admettre notre incapacité à accéder à la vérité. Difficile d’admettre que nous ne vivons que de représentations de ce que nous cherchons à comprendre, que nous vivons dans un monde virtuel que nous nous sommes fabriqués depuis toujours. Nous ne pouvons vivre un événement ou un phénomène observé qu’au travers de la représentation mentale que nous nous en faisons. Difficile de vivre dans un univers incertain ou nos références ne sont pas accrochées à un « absolu » mais uniquement relatives à l’univers que chacun de nous s’est fabriqué. Nous cherchons à travers des « pseudos » certitudes à nous sécuriser (religions, idéologies, théories …) sans nous rendre compte que ces certitudes sont la base même de notre intolérance, de nos difficultés à vivre ensemble, de nos éternels conflits. Faire la guerre pour se sécuriser ne me paraît pas une très bonne solution !

Apprendre à vivre pour soi, par rapport à ses propres références, si virtuelles soient-elles, accepter que les autres aient un référenciel différent tout aussi virtuel et factice que le nôtre, est le propre de la psychologie relativiste.

De grâce, cessons de confondre l’objet avec son image !

Et si la mort n’existait pas !

Dans la mesure ou la mort est la fin de la vie, définir ce que représente la mort implique, au préalable, d’avoir défini ce que peut être la vie. A partir de là tout se complique car il n’est guère possible de donner une représentation « officielle » ou indiscutable de la vie.

Dans la psychologie relativiste nous avons adopté une représentation de la vie, ou plutôt du fait d’exister, comme une capacité à percevoir des émotions et à les intégrer dans la construction de notre mémoire cognitive pour en fabriquer des représentations intelligibles. C’est ce mécanisme d’acquisition qui nous donne la conscience d’exister. S’il n’est pas la vie il nous en fournit une représentation acceptable.

Disons tout d’abord que définir la vie, pour un être vivant comme nous le somme est un pari impossible. Devant l’incapacité à appréhender la vie nous en donnons une représentation qui serai l’image (ou une image) de la vie. Cette représentation nous fournit les hypothèse et les codes qui caractérisent notre vision de la vie. Pour chercher à définir la vie nous ne pouvons que travailler avec les codes et hypothèses que nous avons acquis, et qui invariablement vont nous reconduire à la définition initiale. On ne peut que tourner en rond. Seul un observateur extérieur, donc non humain, possédant des codes différents pourrait définir ce qu’est « notre vie » en comparaison avec ses propres codes (toute définition est un positionnement par références).

Laissons donc à des extraterrestre le soin de définir notre vie ! Ce n’est pas gagné !

Il nous faut pourtant impérativement adosser notre vécu à une définition de notre vie. Il s’agit de la base même de toutes nos constructions intellectuelles, de toutes constructions de représentations mentales, de notre mémoire cognitive, et de notre sentiment d’exister, d’être.

Nous sommes donc amenés, arbitrairement à choisir une représentation de la vie qui puisse « coller » au mieux avec nos expériences vécues et la construction de notre pensée.

C’est une double pirouette car :

  • Nous basons toute la représentation de notre existence sur un choix totalement arbitraire
  • La logique voudrait que ce choix soit fait avant tout début de construction mentale sensée en découler. Or nous faisons l’inverse, nous commençons par construire notre conscience cognitive dès notre enfance, avant de nous poser la question du choix de notre représentation de la vie, à l’âge adulte, ayant déjà une conscience cognitive formée.

Notre élaboration mentale est pleine de paradoxes, de contradictions, d’erreurs … et c’est d’ailleurs ce qui caractérise notre condition d’homme. C’est comme cela, et il faut faire avec ! Pas de panique, ce n’est pas grave de se tromper, de nager dans les contradictions et les paradoxes, tant que l’on a pleine conscience des erreurs et des approximations que l’on fait. Au contraire cela nous donne lucidité et tolérance. Ce qui est grave c’est de penser, malgré toutes ces approximations et contradictions, que l’on détient la vérité et que l’on « pense juste » … et donc en déduire que les autres « pensent mal ».

Nous avons le choix pour définir la vie entre deux courants principaux :

  • Le courant religieux (quelque soient les religions en cause) qui préconise une transcendance à l’homme, une entité supérieure gestionnaire de la vie, de notre vie. Elle décide de notre destin et donc de notre mort. Dans ce modèle l’homme existe comme un être permanent qui peut passer de la vie à la mort sans cesser d’exister. Dans ce monde la vie et la mort sont des états de passage d’une être pérenne qui peut les traverser en gardant son intégrité. Il y a donc une « vie après la mort », une vie éternelle. Dans ce schéma une chose me gêne car s’il y a une vie après la mort qu’en est-il avant la vie ? Y a-t-il une « vie avant la vie » ou assiste-t-on avec la naissance de l’enfant à la naissance de « l’âme », à la naissance d’un être éternel ? un être qui n’aurait pas de fin mais qui aurait un début !
  • L’autre approche est purement agnostique. L’homme, comme l’univers, n’est pas une création d’une entité supérieure. Au contraire c’est lui qui par sa pensée crée son univers et c’est le fait même de cette création qui est le sentiment d’exister, qui est le vécu, la vie. L’univers n’est plus une donnée « universelle » commune à tous les hommes mais une donnée « personnelle » chacun créant son propre monde à partir de ses propres expériences. Dans cette vision la mort perd de son sens. Si l’homme secrète son propre vécu, secrète sa vie, à partir du moment où il cesse de se sentir exister, il n’existe plus. La mort devient un « non état » car l’homme mort n’existant plus on ne peut plus le considérer comme mort ! Woody Allen disait : « tant que l’on n’est pas mort, on est vivant, et si on est mort on n’est tout simplement plus !». Il n’y a pas de mort, on est vivant ou rien ! Dans l’univers de la psychologie relativiste l’homme existe tant qu’il est vivant et qu’il relationne avec l’extérieur. Lorsque cette relation cesse l’homme devient néant. Est-ce l’homme qui disparaît ou le monde extérieur qui s’efface. Cela revient au même, un homme qui disparaît c’est un monde qui s’efface.

 

Évidemment tout ce qui précède n’est qu’une construction intellectuelle. Il ne s’agit nullement d’une description d’une réalité qui nous est inaccessible, mais d’une tentative d’en donner une représentation acceptable et susceptible de s’intégrer à la vision du monde qui est proposée dans la psychologie relativiste. Le propre de l’homme est de formaliser ses émotions en images mentales intégrées à sa conscience cognitive. C’est, pour lui, l’unique façon d’en prendre conscience, de les vivres. Ressentir, représenter, et intégrer ces images dans le grand récit que constitue notre conscience cognitive, c’est ce qui constitue notre vécu.

Personne ne peut se vanter de savoir ce qu’est la vie. Chacun peut en donner la représentation qui lui convient. Mais ne confondons pas l’objet avec son image et restons conscient que cette image n’est qu’un artifice intellectuel pour masquer notre ignorance.

Construction de la conscience cognitive, les images mentales

J’ai pu modéliser de façon plutôt satisfaisante, en tout cas à mon sens !, la construction des liens de causalité (causes/effets) qui relient les représentations mentales dans la conscience cognitive et constituent la structure même de la conscience. Ces liens constituent l’organisation logique et le chemin stocker et pour retrouver les informations dans la mémoire.Reste maintenant à définir le contenu et la nature de ces représentations mentales qui constituent l’information elle-même. Comment un événement quelconque se trouve inscrit dans la mémoire et constitue l’information, le souvenir.

C’est un sujet fondamental dans la connaissance du cerveau. Malheureusement je n’ai pas, à priori, d’idée pour modéliser ce contenu mémoriel.

Cherchons donc quelques pistes qui pourraient nous donner un point de départ dans cette recherche et tout d’abord envisageons ce que pourrait être une image mentale.

 

La notion d’image mentale

Ces images résultent de la formalisation de nos émotions et ressentis dans un langage codé afin de pouvoir être stockées dans la mémoire. Il s’agit donc d’accéder à une représentation de ces codes si on veut modéliser le contenu de la mémoire.

Chacun de nous a pu faire l’expériences des images mentales. Souvent, penser à quelque chose ou quelqu’un fait surgir dans notre mémoires des images, de couleurs, des formes associées à la pensée en cours. Ces images sont souvent récurrentes et apparaissent (de façon diffuse) à chaque fois que la même pensée se renouvelle. Pour ma part, par exemple, chaque fois que j’envisage la notion d’année ou de mois il apparaît dans ma mémoire une sorte de boucle fermée sur laquelle se positionnent les mois. Cette boucle a systématiquement la même forme et les mois se positionnent sur elle toujours aux mêmes endroits. Cette images est toujours associé au même concept. En est-elle la représentation concrètement formalisé ?

 

Visualisation d’une image mentale

Livrons-nous à une petite expérience des plus intéressante. Vous allez penser à une personne que vous connaissez très bien, un proche que vous côtoyez régulièrement. Essayez maintenant de la visualiser, d’imaginer son image dans votre esprit, comme si vous vouliez l’utiliser comme modèle pour la dessiner. En vous concentrant vous allez vous rendre compte que cette image d’une personne que vous connaissez très bien n’arrive pas à être nette. Elle est floue, changeante, instable. Il est impossible d’en avoir une idée précise, mais pourtant nous savons qu’il s’agit de cette personne et pas d’une autre. L’image mentale n’est pas une image au sens propre du terme, elle est un flou qui représente malgré tout cette personne. Si nous rencontrons cette personne, nous la reconnaitrons au premier coup d’œil. La comparaison de l’image visuelle que nous recevons d’elle avec cette image mémorisée floue et labile se fait sans problème et l’identification est immédiate. Bizarre, non !

Ajoutons que cette personne nous la reconnaitrions de dos, de face, de profil sans aucun problème, même si la reconnaissance de dos est moins facile. La reconnaissance de la personne vue de dessus (vue dites « d’avion ») et encore plus difficile. La reconnaissance par le son de sa voix est assez facile.

Nous pouvons avancer, un peu dans le concept d’image mentale. Elle serai, la superposition, ou la coexistence des différentes images visuelles ou sonores que nous avons pu acquérir et mémoriser au contact de la personne dans diverses situations, divers vêtements, diverses humeurs, … et plus nous connaissons bien la personne et plus son image sera floue, et paradoxalement plus le souvenir sera riche, et plus l’identification sera facile. C’est pourquoi une personne vue de dessus est plus difficile à identifier car c’est une information que nous n’avons que peu de chance d’avoir mémorisé. D’autre part, une image comme celle de « La Joconde » sera plus précise dans notre mémoire car quel que soit le nombre de fois où nous l’avons mémorisé, il s’agit, à des nuances près, toujours de la même image et notre souvenir est univoque.

 

Les images en « streaming »

Les étudiants, les comédiens, connaissent bien l’image visualisé des textes qu’ils ont appris. Pour beaucoup d’entre nous, réciter un texte c’est avant tout le lire dans sa mémoire, phrase par phrase, la fin d’une phrase ou d’un vers faisant apparaître la phrase suivante, et ainsi de suite. D’ailleurs, quand on « perd le fil », il faut repartir en arrière pour retrouver le « fil de sa pensée » et retrouver cet enchaînement que l’on a manqué.

Dans la mémorisation d’une chanson on retrouve le même fil. Les premières note font surgir les suivantes et l’on n’a jamais toute la chanson en mémoire à la fois. On se souviens de phrases musicales liées entre elles par un mécanisme d’enchaînement de type « queue/tête » qui nous permet, en « streaming » de faire défiler toute la chanson. Ce phénomène de lecture « en streaming » s’applique également à la récitation d’un texte appris.

Signalons, dans le chant que le fait de donner les premières notes de la chanson (donner le la), permet de passer d’un chant relatif (des notes les unes par rapport aux autres) à un chant absolu (basé sur un ton) qui permet de chanter à plusieurs sans cacophonie.

Cet aspect peut donner pour la mémoire, comme pour un ordinateur la division en une mémoire de stockage ROM (mémoire morte) et une mémoire de travail RAM (mémoire vive) dans laquelle se produirait les processus de rappel des informations pour traitement (visualisation, raisonnement). C’est une hypothèse qui a été envisagé, pour d’autres raison, par le spécialiste des neuro-sciences Lionel Naccache.

Même si ces réflexions permettent de mieux cerner la notion d’image mentale (ou du moins de leur restitution dans la mémoire) elles ne permettent pas d’en donner une modélisation.

 

Analogie avec l’ordinateur

Penchons-nous maintenant sur l’analogie entre le cerveau et l’ordinateur pour essayer de trouver de nouveaux indices, de nouvelles pistes. Bien sûr ce n’est pas le cerveau qui se calque sur l’ordinateur, mais ce dernier conçu et issu dans le cerveau qui en serai son image.

Dans un ordinateur – dont les données sont actuellement purement du domaine du cognitif – les informations sont stockées sous forme d’informations binaires, en 0 ou 1.

Pour un texte, chaque lettre (de chaque alphabet, russe, chinois, indien, latin…) est codifiée disons pour simplifier de 1 à 256 (ceci ne concerne que l’alphabet latin). Une lettre frappée au clavier s ‘enregistre sous son code dans la mémoire. A la relecture le code de la lettre est lu et envoie sur l’écran le graphisme correspondant.

Pour une image, celle-ci est divisé en « pixels », et chacun d’entre eux est codifié dans la mémoire avec sa couleur, sa transparence, son intensité, …. La lecture successive des pixels permet de reconstituer l’image sur un écran.

On peut aisément imaginer une analogie entre le stockage par 0 ou 1 de ces données dans l’ordinateur et un stockage par l’état connecté ou non entre des synapses neuronaux. Mais dans les cas décrit nous avons stocké des données déjà formalisées (textes ou images) pour en donner une représentation formalisé. Ce n’est pas trop difficile puisque nous possédons la clé de la codification !

L’analogie avec l’ordinateur s’arrête là. La machine ne sait pas stoker (en tous cas à ce jour) des données non formalisées, des concepts abstrait, des sentiments, des impressions comme nous le faisons dans notre mémoire. Nous ne savons pas représenter sous forme binaires ces concepts émotionnels. L’émotion ne peut se résoudre à ce schéma simplificateur. Notre pensée est infiniment plus riche, plus nuancée, plus floue aussi, que celle que peut avoir une machine. Il est vraisemblable que c’est le contraire qui se produira. Si nous parvenons à modéliser l’abstraction, l’émotion produit dans le cerveau humain, alors ce modèle pourra se transmettre à l’ordinateur et les machine auront de l’émotion.

Modéliser totalement l’inscription des images mentales dans notre cerveau implique de pouvoir donner un modèle logique pour représenter les émotions, les concepts abstrait.

Désolé, mais je ne sais pas faire !

La construction de la conscience cognitive (suite)

Dans la première partie, j’ai donné un exemple très simple pour montrer comment une information s’inscrit dans notre mémoire, conscience cognitive, et crée les liens nécessaires à son intégration dans le grand réseau de cette conscience.

Évidemment, dans la vie, les mécanismes sont plus complexes, non pas qu’ils soient plus compliqués mais surtout parce qu’ils sont infiniment plus nombreux à se mettre en place.

Reprenons notre exemple précédent enrichi de nouvelles informations

Voilà ce que nous savons et avons déjà intégré :

Soit Pierre le père de Paul, et Jeanne la fille de Paul.
Pierre et militaire, pilote dans l’aviation, Il adore le football et c’est un grand supporter de l’OM (Olympique de Marseille !)
Paul est architecte, il a construit un immeuble aux Indes. Il aime la randonnée cycliste et de ce fait est très intéressé par le tour de France
Jeanne est au collège, elle aime le Rap, et à une collection de poupées Barbie.

Imaginons maintenant que l’on apprenne qu’il va y avoir un match important pour le championnat de France de foot et que Marseille (OM) est en lice. Cette information va s’inscrire dans notre mémoire et un lien va se construire entre cette information et celle concernant Pierre, car vraisemblablement Pierre sera concerné par à cette nouvelle.

On apprend maintenant qu’un immeuble c’est effondré aux Indes. En intégrant cette information on va créer un lien avec Paul, architecte qui a construit un immeuble aux Indes et qui est susceptible d’être impliqué dans l’affaire. Ce lien tiendra compte de la très faible probabilité que Pierre soit mêlé à l’histoire.

Apprenons que l’OM a construit un nouveau stade réalisé par un architecte Jacques X. En intégrant cette information on la reliera à Pierre supporter acharné de l’OM et père d’un architecte (Paul). On créera également un lien avec Paul, en tant qu’architecte. Jacques X. se trouvera ainsi relié à Pierre et à Paul.

Apprenons maintenant que le tour de France fera étape à Marseille et que l’arrivée aura lieu dans le nouveau stade de l’OM. Nous créerons des nouveaux liens logique dans notre conscience cognitive. Jacques, à travers le stade qu’il a créé pour l’OM va établir, ou renforcer, un nouveau lien avec Pierre qui aime le foot et l’OM. A travers l’arrivée du tour à Marseille un lien va s’établir avec Paul qui est un fan du tour de France.

Va se développer un immense réseau logique qui relie chacune des informations à chaque élément déjà inscrit dans la conscience. On imagine facilement, compte tenu du nombre d’informations dont nous disposons combien de combinaisons peuvent se trouver entre elles et la richesse du réseau créé. Bien sûr l’exemple que j’ai fourni est d’une simplicité infinie à côté de ce qui se produit dans la réalité et de plus il ne concerne que des informations factuelles et non des concept plus diffus comme des opinions religieuses, des concepts philosophiques, des observation invérifiables, voire considérées comme fausses et donc rejetées. Ce réseau va mettre en jeu des milliards de liens logiques qui vont définir les chemins entre toutes ses informations. C’est liens servent à inscrire les informations dans la mémoire, mais ils servent surtout à être les chemin tracé pour les retrouver. Quand on recherche une information dans la mémoire, il suffit de trouver le bon point de connexion dans le réseau pour remonter les liens vers l’information souhaitée. La construction de la mémoire en réseau a pour finalité ultime la capacité à retrouver une information stockée.

Quand on dit que l’on a une info « sur le bout de la langue », sans réussir à la faire émerger c’est que par des moyens détournés on sent que l’on possède cette information mais que l’on n’arrive pas à trouver le point d’entrée (de connexion) dans le réseau et qu’on ne peut donc pas accéder à ce que l’on cherche. Peut-être, après un moment, on retrouvera le point d’entrée et l’information surgira toute seule, comme par magie. On dira : » Je le savais bien ! »

Voici, un peu mieux explicité le mécanisme qui gouverne les liens logiques entre les information dans la mémoire, tant en ce qui concerne leur intégration que leur réémergence.

C’est bien de trouver un modèle sur la structuration de l’information et l’on conçoit assez bien que des liens logiques puissent être modélisés par une séquence d’opérateurs logiques booléens (OUI, NON, OU, OR, ET, SANS, AVEC, SI …ALORS,) qu’en est-il de l’information elle-même, comment s’inscrit-elle dans la mémoire. Nous avons défini le contenant (le réseau logique) mais pas le contenu (l’information).

Il reste donc, encore, un immense travail à accomplir et j’avoue que toutes suggestions seraient les bienvenues !

La construction de la conscience cognitive

J’ai eu l’occasion de montrer comment, dans la psychologie relativiste, se formait le réseau logique de la conscience cognitive. Une émotion est transmise par un tiers, reçue et analysée par la conscience qui, si elle la trouve en cohérence avec l’ensemble de la psyché, l’intègre dans le grand réseau logique en créant tous les liens possibles avec l’existant.

Présentée ainsi la proposition est satisfaisante, mais peut-être un peu difficile à comprendre et à intégrer. Essayons donc dans donner une représentation plus imagée.

Intégration dans la conscience

Supposons que l’on connaisse Pierre, le père de Paul. Paul nous présente Jeanne une fillette de 10 ans et nous dit : « c’est ma fille ». Nous intégrons cette information dans notre mémoire et commençons le processus d’intégration générale en créant tous les liens logiques possibles.

  • Jeanne et la petite fille de Pierre
  • Pierre est le grand père de Jeanne

L’information initiale a été intégrée à notre conscience cognitive

Refus d’intégration dans la conscience

Supposons la même situation, mais maintenant Paul nous dit : « Jeanne est ma grand-mère ». Le processus d’intégration se passe mal car Jeanne vue son âge ne peut-être la mère de Pierre. Les liens logiques avec l’ensemble de la psyché ne peuvent être créés ou du moins sont créés avec un « flag » d’erreur.

Le cancer de la psyché

Reprenons la cas précédent dans lequel l’information : « Jeanne est la grand-mère de Paul » bien que mémorisée a vu son intégration refusée. Supposons que l’on fasse connaissance de Jacques le frère de Jeanne, de ses amis, et autres informations liées à elle et à lui. Tout ceci s’intégrera dans notre psyché comme un réseau logique dépendant de Jeanne. Bien que ce réseau soit parfaitement cohérent en soi, il ne pourra pas être lié au réseau général car les informations sur Jeanne ne le sont pas. Ce réseau issu de Jeanne se développera comme un corps étranger dans notre conscience, ce que j’appelle pompeusement « un cancer de la psyché ».

Ces cancers sont extrêmement nombreux chez chacun d’entre nous. S’ils se situent en périphérie de notre réseau ils ne créeront pratiquement pas de problème car les zones logiques qu’ils couvrent seront rarement sollicités. Par contre situé au plus profond de notre construction logique, au cœur de notre psyché ils auront un large développement et seront fréquemment sollicités. Ils pourront alors induire chez nous des comportements, au moins partiellement, incohérents et inexplicables. Un grand nombre de psychopathologie (que Freud pouvait définir comme « complexe, névrose, psychoses) trouveraient leur origine dans ces désordres de la conscience.

Rigidité et souplesse de la conscience

Elle traduit la capacité de notre mémoire cognitive à intégrer les messages reçus de l’extérieur. Avant de présenter des exemples adaptés voyons quelques notions préliminaires.

Supposons un sondage pour une élection politique qui donne à un candidat un score prévisionnel de 48,70 %. Si le sondage est de qualité on peut dire que ce candidat ne sera pas élu.

Supposons le même sondage, mais assorti d’une précision de mesure de plus ou moins 2 %. Le candidat crédité d’un score de 48,70 % est en fait crédité d’une fourchette allant de 46,70 % à 50,70 %. Et il n’est plus possible d’affirmer qu’il ne sera pas élu. Signalons que l’assertion que dans ce cas il aurai plus de chance de ne pas être élu que d’être élu est fausse. Il s’agit d’une imprécision dans le sondage et non d’une distribution statistique. Tous les résultats à l’intérieur de la fourchette sont strictement équivalents.

Prenons, maintenant, un individu à conscience cognitive rigide. Il a intégré de façon simplificatrice : « L’immigration est un danger pour notre culture, les migrants sont inadaptés à notre mode de vie, ils sont de plus voleurs et profiteurs ». Si se pose à lui la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants en France, sa réponse sera « non, dix fois non ! ». La conscience cognitive rigide n’accepte que des concepts qui la renforce dans ses certitudes et rejette tous les autres. C’est une structure « paranoïde » qui s’auto-conforte dans ses certitudes, il est difficilement adaptable.

Prenons un individus à conscience cognitive plus souple. Il a intégré de façon plus nuancée que si l’immigration pose problème, les migrants peuvent apporter des éléments qui remettent en cause salutairement certains points de notre culture, qu’il peuvent rajeunir une population vieillissante et participer à régler nos problèmes de retraite. A la question de savoir s’il faut ou non accueillir des migrants, sa réponse sera plus nuancée. Par exemple : « pourquoi pas s’ils sont jeunes et formés, en veillant à ne pas faire entrer sur le territoire des individus indésirable, etc. etc. ». Sa conscience pourra même admettre certaines remise en cause de ses convictions et le débat pourra enrichir sa conscience. La conscience cognitive souple a des facilité à accueillir des concepts nouveaux et a s’auto-conforter dans sa souplesse. L’individu est adaptable.

La différence entre les deux individus réside dans leurs capacités à douter de leurs convictions, à la capacité de se remettre en cause. Notons qu’une trop grande souplesse de la conscience cognitive permet d’intégrer tout et n’importe quoi, générant une difficulté de positionnement, de référence et un terrain angoissé et anxiogène.

 

Bien sûr nous avons présenté des exemples très simples et dans la vie les mécanismes sont autrement complexes. Si complexes même qu’il serai délicat de les expliciter. L’important est de montrer, ici, le principe d’alimentation de la conscience cognitive, la construction du réseau logique, le positionnement par rapport aux événements, la prise  de maturité, et la formation de l’identité de chacun au fur et à mesure de ses expériences.

 

 

L’art existe t-il ? peut-on le définir ?

Il est souvent très difficile de différencier entre œuvre d’art, design ou décoration, élucubrations fumeuses. Comment entre, la Vénus de Botticelli,  la leçon d’anatomie de Rembrandt, un pot de fleurs de Raynaud, les nymphéas de Monet, une toile de Basquiat,  définir ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. Le consensus est rarement atteint.

Cherchons donc une définition universelle qui regrouperai toutes les formes d’art, les diverses écoles de peinture, sculpture, musique, littérature … ou toute autre moyen de communication, si possible durable et transmissible (happening !) .

L’art serai la création d’un objet inutile dont la seule fonction serai de créer une émotion (positive ou négative) sans aucune finalité économique, pédagogique. L’émotion créée pourrait être de nature religieuse, sensuelle, érotique, guerrière, ou autre.

L’art deviendrai un processus de communication des émotions, qui échapperai à l’univers cognitif. L’émotion ressentie par l’artiste serai codifiée (formalisée) dans un média support présenté au public. Le spectateur (ou l’auditeur, lecteur, …) devrai dé-codifier le média qui lui est présenté pour en ressentir sa propre émotion.  Ce processus typique de communication suppose de la part de l’artiste et de son interlocuteur un langage commun, une connaissance, au moins empirique des codes qui construisent le message. Apprécier une œuvre d’art s’apprend, s’enseigne, et se cultive. Le gros écueil de cette approche est que cet apprentissage n’entraine une « intellectualisation » de la vision de l’art qui introduirai un élément cognitif qui pourrait nuire, ou même faire oublier le message émotionnel qui devrait être transmis. A mon sens, une œuvre d’art ne doit pas se comprendre, mais se ressentir. A partir du moment où l’on commence à expliquer on sort du domaine pur de l’art pour entrer dans celui de la culture. Ce domaine est loin d’être inintéressant, mais pour moi, c’est « autre chose ». Visiter un musée, une exposition, devrait être une agréable flânerie et non pas la préparation d’un examen. Gouter un bon vin, un plat délicat, ne nécessite pas d’en connaître la recette !

La définition donnée plus haut de l’art n’est, bien sûr, jamais atteinte. Un créateur n’est jamais exempt d’arrières pensées économiques (il faut bien manger !) , de vision politique (l’artiste engagé), de vision moraliste (dénonciation des travers de la société), de vision religieuse (prosélytisme), de vision naturaliste (natures mortes).

Ainsi présenté, on pourrait dire que « l’art n’existe pas » mais qu’il serait plutôt un objectif, un but à atteindre, un Graal, plus un cheminement, une démarche qu’une réalité.

On pourrait rapprocher cette approche de l’art de la doctrine Bouddhiste de la recherche du « Nirvana ». Celui-ci n’est pas un état final, mais un but, un « cheminement vers soi-même», ce que les bouddhistes appellent « la voie ». Cette recherche se fait également en faisant abstraction de tout éléments cognitifs, toujours en relation avec « les autres », qui pourraient perturber la connaissance de soi.

On considère souvent que, le design, l’esthétique industrielle, l’architecture, l’illustration, la musique de variété … sont des formes dérivées de l’art, des sortes « d’ersatz », des « sous-arts ». Je penses, au contraire qu’elles constituent des approches de l’art, le début d’un cheminement vers l’ultime, le parfait. Elles ne sont pas des dérivés, mais des précurseurs ! Toutes ces manifestations à forte composante artistiques sont la concrétisation du besoin de l’art, de la nécessité de faire plus, de faire mieux, de communiquer aux autres, sur un mode négligé de nos jours, dans le registre des émotions.

La littérature occupe une place particulière dans ce panthéon artistique. D’abord parce que son mode de codification dans la communication est extrêmement élaboré et fait même l’objet de « dictionnaires » dans chaque langue utilisée et même inter-langages. Ensuite parce que l’échange littéraire fait largement appel au cognitif et que le contenu échangé peut être dépourvu de toute composante émotionnelle  (dans les documentations techniques, les contrats en droit, les publications scientifiques, …). Le roman, et surtout la poésie seraient les formes de littérature les plus proches de la notion d’art.

La création artistique est favorisée par un comportement régressif, un refus du rationnel, du réalisme. Elle veut privilégier la relation fusionnelle aux autres, l’échange intime des émotions. Nombreux grands artistes ont fait preuve d’une totale immaturité dans leurs comportements sociaux. En ce sens la création artistique est à différentier de la création dans les domaines de la technologie, voire des sciences humaines qui explorent de nouvelles voies dans un domaine connu alors que la création artistique explore de nouveaux domaines, de nouvelles visions du monde. En ce sens elle peut paraître irréaliste, extravagante, choquante

Alors que la création technologique conserve les codes de communication existant, la création artistique présente de nouveaux codes qui doivent être assimilés avant de pourvoir s’inscrire dans le phénomène de communication. Quand les impressionnistes ont présentés leurs travaux, les conservateurs n’y ont vu qu’un travail réaliste mal peint, techniquement puéril. Si l’on regarde une toile de Basquiat comme une représentation purement picturale, c’est bien mauvais. Si on la regarde comme l’expression d’une personnalité bouillonnante, l’expression d’une certaine rage de vivre, d’un mal-être social, elle prend une dimension nouvelle et une nouvelle raison d’être. De nos jours certains travaux d’artistes nous paraissent dénués de toute raison, de tout « sens commun ». Il est possible que certains d’entre eux deviennent dans un demi -siècle des références artistique quand le regard sur eux aura évolué.

Cette représentation de l’art comme un absolu, une finalité à atteindre lui donne une composante un peu transcendantale et donc quasi religieuse. Elle correspond bien à l’exigence régressive, du besoin de fusion, d’absolu  due au caractère  immature, voire psycho-pathologique, des grands créateurs artistiques.

Musset disait « Frappe toi le cœur, c’est là qu’est le génie ». Sans doute préconisait-il de privilégier le cœur sur l’esprit, l’émotion sur la raison.

Les religions, grandeur et mystification.

Le problème de la transcendance et un point fondamental de la philosophie et principalement de la métaphysique. Chacun le résous à sa manière. Certains  y croient farouchement, d’autres la nient avec obstination, d’autres se réfugient dans le doute agnostique, et enfin, les moins nombreux ne s’en préoccupent guère. Pour ces derniers, dont je suis, la transcendance étant par  essence de nature non humaine ne peut s’envisager dans l’univers des hommes (fait de représentations construite à partir de nos références terrestres)

Pourtant toutes les religions, les rites tribaux, se sont toujours construits autour de représentations anthropomorphiques de leurs dieux, tant sur leurs aspects physiques, que sur leurs réactions émotionnelles, leurs comportements, et leurs morales. Les dieux Assyriens, Égyptiens, Aztèques, avaient leur représentation sous forme humaines, des désirs et des aspirations qui nous seraient proches. Le panthéon gréco-romain est un formidable mélange entre des pouvoirs divins et des comportements parfaitement humains. L’Hindouisme et sa trilogie (Brahma, Vishnou, Shiva) respecte ces principes de bases. De plus toutes ses doctrines s’inscrivent dans des récits parfaitement en phase avec nos vécus d’homme. Ces récits vont tous de la genèse à l’éternité, en passant par la vie quotidienne.

Nos religions « dites modernes » n’échappent pas à la règle. Si le judaïsme et les religions dérivées font un peu bande à part en ce qui concerne la représentation de dieu, ils sont parfaitement anthropomorphiques en ce qui concerne les morales et le récit ( Bible, Évangiles, Coran)

Chacune d’elle consiste, en général, en un simple manuel de « vivre ensemble » que n’importe lequel d’entre nous aurais pu écrire. Rien de magique, rien de bien différent d’une loi républicaine. Les petites différences entre les lois édictées par chaque dieu tiennent généralement aux différents contextes sociétaux dans lesquelles elles s’appliquent.

Il est intéressant de constater que chaque religion considère avec un certain mépris condescendant les bases sacrées, les rites, et les pratiques de autres religions. Quand on pense détenir « la vérité » les simagrées des autres semblent ridicules et totalement hors de propos. Quand on est dégagé de l’emprise de toutes religion on trouve tous ces costumes, ces pratiques , ces dogmes canoniques tous aussi désuet les uns que les autres.

Devant de telles incohérences, on peut se demander comment des croyants peuvent croire en des choses aussi peu crédibles

Aux états unis la religion est presque institutionnelle, et pourtant ce pays a applaudi quand la bombe atomique a détruit Hiroshima et Nagasaki. Il a supporté la guerre en Corée , le massacre des populations civiles au Vietnam, les guerres en Afghanistan et en Irak, le lobby des armes.  C’est également le pays chantre du libéralisme ou les plus fort écrasent les plus faibles, ou on a la haine du communisme qui pourtant (dans son esprit) prône l’égalité et la solidarité. C’est le pays de la loi du plus fort ! tout ceci est bien loin de sa foi chrétienne.

Devant tant  d’éloignement d’une vérité crédible on peut se poser la question : « les croyants croient-ils vraiment en dieu ? »

 

Crédibilité des textes sacrées

Toutes les religions fonctionnent sur le même principe. Elles se réfèrent à un texte sacré qui contiendrait la parole du dieu concerné. Pour les juifs et les protestants il s’agit de la bible, pour les catholiques des évangiles et pour les musulmans du coran, pour les indouistes les 4 véda. Aucun de ces documents n ont été écrit par celui qui les a professés. La bible a été rapportée oralement avant d’être écrite, les évangiles n’ont, ni été écrit par Jésus, ni par ses apôtres, le Coran n’a pas été écrit par Mahomet, mais sont le fruit d’une transmission orale dont la crédibilité n’est pas prouvée. Rien ne prouve qu’il reflètent la pensée de celui qui  en est à l’origine. Si on peut admettre qu’ il respectent dans l’esprit l’idée originale, il  est certain qu’ en faire une lecture littérale est une pure escroquerie intellectuelle. Les intégristes qui prétendent suivre à la lettre les préceptes des textes sacrées ne sont que des ânes ou des imposteurs. N’en déplaise aux croyants, ces textes dit sacrées sont à prendre avec beaucoup de recul et de prudence. La parole de dieu pourrait bien n’être que la parole des hommes !

Les guerres de religions

Les principales religions du monde occidental (Judaïsme, Protestantisme, Catholicisme, Islam) sont censées adorer le même dieu et pourtant elles ont développées des pratiques et des rites différents. Depuis des siècles, au nom de la parole de dieu, elles se sont aimablement  massacrées. Les Juifs ont crucifiés Jésus, Les catholiques ont massacrées les protestant et les musulmans, les Juifs ont été massacrées par tout le monde et prennent maintenant leur revanche sur les Arabes, de nos jours certains musulmans veulent exterminer les chrétiens, les Sunnites sont en guerre avec les Chiites, en Afrique Chrétiens et Musulmans sont en guerre ouverte. Chacun obéissant à une injonction divine. Dieu semble donner des ordres et directives plutôt contradictoires ! A-t-il perdu la boule, joue t’il à semer la zizanie, ou plus simplement les hommes justifient-il leurs désirs de conquête en prenant prétexte d’un dieu auquel aucun ne croit.

L’approche de la mort

Toutes les religions proposent à leur fidèles une vie future, éternelle, et pleine de félicité. De quoi inspirer des idées de  mort à bien des croyants. Pourtant tous s’accrochent à la vie, aucun ne souhaite tenter l’aventure de la vie éternellement heureuse. A croire qu’ il ne croient pas trop à cette fable. Seul quelques kamikaze djihadistes sont prêt à faire le voyage, mais il est vrai qu’ il ne sont guère futés et facilement influençables.

Il faut se rendre à l’évidence, les croyants ne croient plus en dieu

La religiosité a disparu devant la civilisation moderne. Le mythe de la création du monde n’a pas résisté au « big bang ». Les croyants croient encore à l’institution, à l’église, mais pas en dieu. Ils  respectent les rites et les usages mais pas la pratique divine sauf, par exemple mère Theresa, ou l’abbé Pierre. Il est significatif que lorsqu’un individu respecte les préceptes de son Église, on en fait, immédiatement, un être exceptionnel, un saint homme. Le croyant « lambda » serait dispensé de se conduire selon les commandements de dieu … étrange, non ?

La religiosité  existe encore dans les pays en voie de développement Afrique, Amérique latine, moyen orient, pays qui  vivent encore selon leurs traditions, avec des populations peu intégrées au monde moderne, mais elle disparaitra avec la culture et l’éducation. Comme disais Brassens :

« Faudrait vraiment avoir la foi de mon charbonnier qui est heureux comme un pape et con comme un panier »

Les croyants aimeraient bien croire mais, en faites, ils ne croient plus et refusent de s’en rendre compte. Toujours en citant Brassens :

« Faites semblant de croire et bientôt vous croirez »

Croire en un dieu n’est pas en soi une tare, au contraire cela laisse présager d’un certain désir de grandeur. Ce qui élève l’homme ne peut pas lui nuire. Mais de là à en faire toute une mise en scène ,(je devrais dire une mise en Cène pour Jésus ) il y a un  fossé. Même si les religions vivent encore, dieu est mort.

Ne blâmons pas les religions, elles ont eu leurs heures de nécessité. Elles ont structurées nos sociétés, lancé le principe de l’aide aux plus défavorisés, assuré la santé publique, les hôpitaux, les asiles, elles ont été le berceau de la culture et de sa transmission … et en ce sens elles ont sciée la branche sur laquelle elles étaient assises. Ici-bas, tout est éphémère, même l’éternité. Mais, croyants, rassurez vous, toutes les religions finissent, un jour, par disparaitre … mais l’homme en invente toujours de nouvelles.