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La démocratie à bout de souffle ?

Dans nos démocraties modernes, qu’elles soient représentatives ou directes, c’est l’opinion partagée par le plus grand nombre qui l’emporte dans les divers choix de la vie politique.

C’est un système qui a fort bien fonctionné dans les temps anciens, mais qui a cessé de fonctionner plus tard pour plusieurs raisons

  1. Au tout début de la démocratie (la République) les questions à débattre étaient plutôt simples et faisaient plus appel au bon sens qu’a la raison. Ainsi chacun pouvait proposer un choix éclairé à chaque problème posé et même une démocratie directe pouvaient avoir un sens
  2. Ensuite la démocratie, par le biais de la représentativité, est tombée entre les mains d’une classe éclairée et instruite à laquelle les majorités populaires faisaient confiance (dans la mesure où elles ne se sentaient pas en capacité de se faire une opinion sur les problèmes posés).
  3. Avec le développement de l’instruction et l’accession des couches populaires à la culture et à l’information le « gap » culturel entre les élites et « le peuple » a diminué. La majorité, jusqu’alors silencieuse, a commencé à devenir partie prenante de la vie politique, à se forger une opinion, et à souhaiter l’exprimer.
  4. Dans le même temps les élites dirigeantes, accrochées à leur pouvoir, ont eu tendance à négliger les opinions populaires et à ne pas en tenir compte dans leurs décisions. Il s’en est suivit une amorce de conflit entre une élite sûre de son pouvoir et du bien fondé de ses idées et des classes populaires, mieux affirmées dans leurs positions. La notion de contestation des élites est alors apparue.
  5. Si l’on ajoute que ces mêmes élites, si sûres de leurs convictions, ont été incapable de dégager entre elles un consensus. Ceci à forcement décrédibilisé leurs idées et renforcé l’idée, dans « le peuple » qu’elles n’étaient pas plus qualifiées que lui pour prendre les décisions. Apparaît alors la notion de démocratie participative, voire directe, que nous voyons émerger de nos jours.
  6. Malheureusement de nos jours les problèmes deviennent de plus en plus complexes et leur résolution devient l’affaire d’experts spécialisés dans des domaines précis. Tout un chacun ne peut plus avoir une vision éclairé de tous les problèmes.
  7. Nous en sommes à un point ou le rejet des élites se confronte à l’impérative nécessité de faire appel de nouveau à elles. Personne ne sait ,ni ne voit de solution à ce dilemme. Ils nous faut revisiter notre système politique … et cela ne pourra être issu que des élites intellectuelles.

Mais la démocratie, telle que nous la vivons est confrontée à un problème bien plus structurel. Si nul ne peut nier que la volonté des plus nombreux doit se manifester rien ne démontre qu’elle conduira à la meilleure solution. De nombreux exemples montrent que la volonté du peuple à souvent conduit à des catastrophes sanglantes ou mortifère (arrivée au pouvoir d’Hitler, Staline, Mao, Chavez, et même par certains aspects la révolution Française). D’autre part décider à la majorité sur des problèmes hautement techniques ou stratégiques est quasiment l’assurance de foncer dans le mur. Ce sont les démagogues qui encouragent le désir de démocratie directe car il se trouve que le peuple est beaucoup plus facile à manipuler que les élites intellectuelles. Tous les régimes totalitaires ont pour premier objectif d’éliminer les élites et de museler la presse en prenant appui sur « le peuple ».

La démocratie, pensée comme l’antidote à l’autocratie à encore de beaux jours devant elle. Par contre la volonté du plus grand nombre comme critère absolu des choix sociétaux et politiques est un système en fin de vie.

PS : On propose aujourd’hui d’organiser un referendum pour savoir si l’on doit ou non privatiser Aéroport de Paris. C’est un grand n’importe quoi. Combien de Français ont les compétences et le connaissances pour juger d’un tel choix. C’est messieurs populistes qui proposent cette solution s’adressent-ils, lorsqu’ils cherchent un conseil pour un placement financier, à des passants dans la rue ou à un conseillé financier ? se font-ils opérer par une charcutier sur un « rond-point » ou par un professeur de médecine ?

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