Archives par étiquette : 49.3

49.3 et question de confiance …utile ou illusoire ?

La question e confiance, corolaire de l’article 49.3 de la constitution, et qui engage la responsabilité du gouvernement devant le parlement est une vieille tradition qui a survécu à la III ème, la IV ème et la V ème république. Son sens profond a considérablement évolué au cours des âges et notamment lors de l’avènement de la V ème république sous le générale De Gaule.

Sous la IV ème république le président de la république jouait un rôle mineur dans la gestion du pays. Le président du conseil, chef du gouvernement et de l’exécutif, était le véritable responsable de la gestion du pays. Les divers présidents de la république (Vincent Auriol, René Coty) jouaient essentiellement un rôle représentatif. Lorsque la confiance était refusée, le gouvernement était dissous et un nouveau président du conseil choisi dans la majorité qui avait fait tomber le gouvernement. On avait donc une véritable alternance dans l’orientation de la politique du pays.

Malheureuse, à cette époque, le parlement était fractionné en de nombreux partis et il était trop facile, presque un jeu, de créer une coalition pour faire tomber les gouvernements. L’instabilité politique paralysait toute action gouvernementale.

Le général De Gaule, en 1958, fait voter une nouvelle constitution qui accroit les pouvoirs du président de la république, et en contrepartie diminue ceux de l’ancien président du conseil désormais appelé Premier Ministre. Le recours à l’article 49.3 et à la question de confiance était maintenu.

Sous la présidence De Gaule le premier ministre et le ministre gardaient une certaine autonomie et un pouvoir personnel de décision.

Au fur et à mesure de la succession des divers présidents (Giscard, Mitterrand, Chirac,) les prérogatives des présidents se sont accrues et les gouvernements vassalisés, pour être qualifiés, in fine, de collaborateurs par Nicolas Sarkozy. Avec Emmanuel Macron le régime et devenu véritablement présidentiel et le gouvernement ne sert plus que de conseil et d’exécutant des décisions du président. C’est le président qui nomme le premiers ministres et même les ministres, tenant en sa main leur avenir politique.

C’est dans cette configuration que ce pose la question de l’utilité de la question de confiance et par ricochet celle du « 49.3 ».

Lorsqu’un gouvernement est renversé le président nomme un premier ministre et toutes les lois en discussions sont suspendues, mais rien n’empêche le nouveau gouvernement de reprendre à son compte la politique de son prédécesseur voire les lois suspendues. Mais l’opposition réunie pour faire « contre » resste incapable d’offrir une nouvelle majorité.

Le gouvernement tombe, mais l’exécutif (le Président) reste en place. Le nouveau premier ministre et son gouvernement restent assujettis sa la bonne volonté. Le Prsident, élu au suffrage universel, n’est pas responsable devant le parlement et n’est responsable que devant les Français. C’est le vice de ce système présidentiel qui fait qu’en cas de mécontentement la contestation se fait par la rue dans un affrontement entre l’opinion et le président.
Les Français n’en ont cure du gouvernement et du parlement et préfèrent s’adresser directement au décideur : le président.

On voit que 49.3 et question de confiance sont des simulacres de pouvoir et contre-pouvoir. Dans notre constitution (ou du moi dans sa dérive présidentielle) l’antagonisme se passe entre présidence et opinion. Ces « arguties » constitutionnelles sont vidées de leur sens.

Toutes les polémiques actuelles sur les procédures sont stériles les questions qui se posent sur la retraite sont ;

  1. Cette réforme est-elle nécessaire
  2. Est-elle équitable ou à défaut quelle serait la réforme alternative
  3. Si on en reste à l’allongement de la durée de vie au travail « Quid du travail des senior »

P.S. Ne confondons pas régime présidentiel et dictature. Il reste de nombreux contre-pouvoir : La presse et les médias, l’opinion, le sénat et le parlement, les syndicats, le conseil constitutionnel, l’indépendance de la justice. Mais ce régime a tendance à effacer les « corps intermédiaires » qui sont un tampon contre les radicalités.   

Article 49.3, et motion de censure

La quatrième république et son absence chronique de majorité à la chambre des députés nous avait amenés à subir des gouvernements fantômes constamment remis en cause par la « question de confiance ». A l’instauration de la cinquième république par le général de Gaule la constitution permettait au gouvernement en place de forcer une décision en l’absence de majorité parlementaire. Le vote du budget de la nation, élément fondamental pour le fonctionnement de nos institution pouvait faire, de la part du gouvernement, l’appel à cet article 49.3 pour débloquer la situation. Pour ne pas bafouer les droits du parlement les parlementaires peuvent déposer une motion de censure qui, si elle est acceptée, peut faire « tomber » le gouvernement.

Récemment notre gouvernement a fait appel à l’article 49.3 pour faire voter des éléments du budget. L’opposition a immédiatement réagi en parlant de déni de démocratie, d’abus de pouvoir, de gouvernement dictatorial, … et j’en passe.  Il était pourtant évident qu’à la vue des résultats des élections à l’assemblée nationale le recours au 49.3 était inévitable. Pourtant cet article est inscrit dans notre constitution, elle même votée ou modifiée par le congrès (assemblée nationale plus sénat) élus démocratiquement par les citoyens.

Une motion de censure posée par la France Insoumise à été votée par le rassemblement national et le gouvernement a crié au scandale alors que ceci est parfaitement constitutionnel.

On est donc en pleine mascarade qui n’honore pas nos parlementaires

Reprenons calmement la genèse des événements

  1. Le gouvernement propose une loi (budgétaire dans l’exemple ci-dessus) c’est son rôle. Le parlement dans sa majorité la refuse, c’est son droit
  2. Le gouvernement fait passer sa loi par le 49.3
  3. L’opposition, ou plutôt l’une des opposition pose une motion de censure. C’est la règle
  4. Dans le cas général elle n’est pas adoptée (car les oppositions se « tirent la bourre ») la loi est votée et on tombe dans le fameux déni de démocratie agité par les oppositions
  5. Si par hasard elle était adoptée le gouvernement est dissout et le président nomme un nouveau premier ministre qui nomme un nouveau gouvernement. C’est une grande victoire pour l’opposition mais le président et son premier ministre entérine un nouveau gouvernement qui ne changera pas grand-chose à ses options
  6. On a perdu du temps, on s’est entre-déchirée et on est ramené au problème précédent.

Il est clair que notre système ne fonctionne pas car :

  1. Si le gouvernement a la majorité absolue à la chambre le régime parlementaire est détourné de son essence. On pourrait presque parler de dictature douce
  2. Si le gouvernement n’a pas la majorité absolue et sauf à gouverner à coup de 49.3 le parlement est bloqué et le régime parlementaire paralysé. On peut parler de déni de démocratie … mais dans un système ou la démocratie, elle-même, ne fonctionne pas !

Alors qu’est-ce qui coince dans nos institutions

  1. Le vote à la majorité absolue (50% des parlementaires) Dans la mesure où le gouvernement et ses alliés n’ont pas la majorité absolue toute proposition de vote peut être refusé. Pourtant la structure du parlement actuel :
    Renaissance : 43%
    Gauche : 28%
    R.N. : 16%
    Droite : 13%
    Donne une nette majorité au partis du gouvernement, l’opposition ayant certes une majorité hétérogène de blocage mais aucune majorité de proposition.
    Est-il raisonnable que l’on puisse refuser une proposition de loi sans être capable d’avancer une proposition alternative  ?
  2. La motion de censure devrait être la mise en compétition de la proposition du gouvernement avec une contre-proposition faites par le parti qui dépose la motion de censure. Projet contre projet et non projet contre refus.

Il nous faut nous doter d’une système dans lequel un gouvernement n’ayant pas la majorité absolue peut quand même gouverner. Bien sûr il reste la possibilité d’alliance

Mais dans les divers pays d’Europe quand deux partis s’entendent pour gouverner ensemble cela s’appelle une coalition. En rance quand deux partis s’entendent on appelle cela une tambouille politicienne ou un tripatouillage électoral. Cela explique bien des choses