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J’ai longuement développé l’hypothèse que notre conscience était formée de représentations mentales liées entre elles par des liens logiques de causalité. Ces représentations, informelles dans la conscience émotionnelle, se structurant graduellement pour donner naissance à notre conscience cognitive. Ceci est une vision théorique de la conscience, un modèle, une sorte de « conscience sur papier », mais comment cela se traduit-il dans la réalité ?

De nombreuses personnes avec qui j’ai parlé m’ont rapportées le fait qu’à un concept quelconque elles pouvaient associer une représentation mentale sous forme d’une image, d’une couleur, ou autres et que chaque fois que ce concept venait à leur pensée, l’image associée apparaissaient en même temps

Livrons-nous à une petite expérience. Pensez à une personne que vous connaissez bien, conjoint, enfant, ami, et essayez de vous représenter mentalement son visage, comme si vous vouliez le dessiner. Vous allez vous apercevoir que vous n’arrivez pas à en avoir une représentation suffisamment nette pour vous servir de modèle. Vous pouvez voir dans votre tête une « impression » de la personne, une image fluctuante ou certains détails apparaissent et disparaissent. Vous « sentez » la personne, mais vous ne la représentez pas vraiment. Cette personne que vous croyez bien connaître, vous n’arrivez cependant pas à la visualiser clairement. Les représentations mentales sont un mélange de représentation visuelle (de la conscience cognitive) et d’une impression des choses (de la conscience émotionnelle)

Signalons cependant que si nous cherchons à nous représenter un tableau que nous connaissons bien,  » La Joconde  » par exemple, la représentation mentale sera beaucoup plus nette et surtout beaucoup plus stable. En effet quelque soient les diverses images de  » la Joconde  » que nous ayons pu voir, elles proposent toutes la même représentation. Au contraire l’image mentale d’un proche est composé de multiples tableaux car nous avons mémorisé cette personne dans diverses situations, diverses attitudes, à diverses époques. En raison de la multiplicité des images de la personne que nous avons mémorisées, la représentation mentale que nous appelons depuis nos souvenir et multi-facettes et conduit à une image mentale floue, changeante, moins précise parce que plus riche !

Cela peut expliquer le travail de Picasso qui représente une personne ou un objet sous divers points de vue simultané, ou la vision de la nature, sous forme d’impressions,  des impressionnistes

Pourtant, cette personne, si nous la rencontrons nous pouvons l’identifier immédiatement et sans équivoque. Cette identification se fait en comparant l’image visuelle immédiate que nous avons d’elle et le souvenir que nous gardons dans notre conscience. Ce souvenir, qui nous propose une image floue et incertaine, nous permet, par comparaisons d’identifier la personne sans aucune hésitation ! Le processus de reconnaissance est donc plus complexe que la simple comparaison de deux images, il y a autour de l’image visuelle et de l’image mémorisée d’autres éléments, non formalisés, d’autres impressions, d’autres sentiments qui interviennent dans le mécanisme de la reconnaissance.

On peut s’en apercevoir d’une autre façon. Par exemple : supposons que vous ayez rendez-vous avec une personne et que vous l’attendiez dans la rue, vous guettez son arrivée. Elle survient au loin (100 ou 200 mètres) et vous la reconnaissez. Pourtant vous ne distinguez qu’une petite silhouette, sans formes, image imprécise, qui photographiée ne ressemblerai à rien, et malgré cela vous pouvez l’identifiez, vous dites elle arrive. Ici encore le subjectif l’emporte sur l’objectif. La représentation mentale n’est pas uniquement le fait de la conscience cognitive, mais les représentations de la conscience émotionnelle jouent un rôle important dans le processus.

Reprenons l’exemple précédent, celui de la personne que l’on voudrait dessiner de mémoire. Certains y arrivent, et semblerai remettre en question ce que j’ai avancé plus haut. En fait il n’en est rien. Ils procèdent par « trials and errors » (essais et erreurs), c’est à dire qu’ils commencent à dessiner, comparent le dessin en cours à leur souvenir mémorisé, ressentent les différences, les corrigent et continuent ce process au fur et à mesure que le dessin progresse. Bien sûr si on a déjà dessiné la personne, le processus est plus simple car on compare alors le dessin en cours au souvenir du dessin réalisé précédemment qui, lui peut être plus précis.

Un cas particulier est la représentation mentale des odeurs. Il s’agit, non pas de mémoriser un souvenir visuel mais un souvenir olfactif. Un parfumeur (un nez) peut mémoriser plus de milles odeurs différentes. Il peut même imaginer, dans sa tête, ce que peut représenter un mélange de plusieurs odeurs à partir du souvenir olfactif de chacune d’entre elles. De mon expérience personnelle, (chercheur en chimie) à chaque odeur est associé une sorte d’image mentale plus ou moins définie, plus ou moins indéfinie. Il m’est possible de me remémorer l’odeur des divers solvants (acétone, éther, alcool, chloroforme, tétrachlorure de carbone, …) à partir de vagues représentations visuelles extrêmement imprécises. Pourtant si l’on me présente un de ces solvants je suis capable de l’identifier par son odeur sans aucun problème. On retrouve un phénomène analogue dans la représentation mentale de son par un musicien.  La notion de représentation mentales est bien plus complexe que l’on peut imaginer, elle n’est surement pas purement cognitive mais participe aussi de la conscience émotionnelle.

 


"Les représentations mentales, ... de la théorie à la pratique"   


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