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01 42 59 15 27 patrick@rouillier.com

Je ne vais pas, ici, parler de la relation sadomasochiste qui est plutôt une mise en représentation, une mise en scène, une scénographie de fantasmes, qu’une relation réelle.

La représentation classique de cette relation évoque un dominant à forte personnalité, imposant ses volontés à un dominé faible et pusillanime.

domiEn fait,  ce type de relation est loin d’être aussi simple, et les rôles respectifs ne sont pas aussi déterminés

Du côté du dominant on observe une personnalité (conscience cognitive) rigide et peu adaptable. Il ne peut donc relationner aux autres que sur le mode qui lui est propre (correspondant à la construction de sa conscience cognitive ) sans possibilités de s’en écarter pour épouser les besoins d’autrui. Sa pensée rigide l’oblige à amener l’autre « sur son terrain » pour pouvoir échanger avec lui. Ce sont les caractéristiques d’une structure de conscience Paranoïa-Narcissique. (paranoïa pour le sentiment d’agression quand le vouloir est contrarié, Narcissique par la sur-valorisation de la conscience de soi ). C’est bien sur une faiblesse.

Du côté du dominé, La conscience cognitive est mal définie, mal structurée, les repères sont imprécis, les références incertaines. Ceci conduit à la timidité voire la pusillanimité. Cependant la psyché est plus plastique et les facultés d’adaptation élevées. Ceci lui permettra de s’adapter aux propositions du dominant. C’est lui qui va favoriser la relation et la rendre possible. C’est bien sur une force.

Sur le plan du positionnement, le dominé va pouvoir utiliser la rigidité, la fixité du dominant dans la relation pour s’en servir de référence dans son positionnement. La relation sera pour lui sécurisante, donc gratifiante.

Le dominant va utiliser cette relation avec un individu un peu flottant, mal cerné, pour donner un peu de souplesse à sa psyché. Il va s’autoriser à faire un peu bouger son système de référence car il ne se sent pas menacé dans la relation, il n’est plus en défense perpétuelle. Il lâche un peu prise et se sent plus à l’aise. C’est encore un côté gratifiant dans la relation.

Vu sous cet angle, la notion de dominant et de dominé n’est plus aussi tranchée, moins univoque. On ne peut plus -dans une certaine mesure – définir qui est la « victime » et qui est le « bourreau ». Il s’agit d’une relation dans laquelle chacun peut trouver « son compte ». Ceci répond aux interrogations de ceux qui ne comprennent pas qu’une telle relation puisse exister, et surtout puisse durer. Notre culture occidentale valorise d’avantage l’action par rapport à la réaction et privilégie le rôle du dominant. En fait une relation n’est jamais univoque et tous les interlocuteurs y participent et y trouvent leur compte.

Mentionnons que nous parlons ici de typologie, de définition d’un modèle de relation théorique. Dans la « vrai vie » ce n’est jamais le cas, et si le rapport dominant/dominé est le trait majeur d’un relation, il n’en est jamais qu’un élément parmi les autres.

Prenons l’exemple d’une femme, que nous appellerons G…. Elle est marié et a un enfant. Sa conscience cognitive s’est construite sur un fond de forte anxiété et un sens aigu des responsabilités (héritage de son vécu ). Celle ci a une structuration rigide comme une carapace qui la protège contre son anxiété.

G… a besoin de contrôler en permanence son vécu, pour ne pas être surprise, déstabilisée par des événements non prévus, et ainsi réveiller son anxiété sous-jacente.

Pour son enfant elle se sentira responsable et voudra pour lui le meilleur, et surtout lui éviter le pire. Elle sera sur-protectrice, ayant toujours peur de ne pas « en faire assez ». Elle sera, en même temps très directive dans son éducation, en raison de sa psyché rigide.

Elle a le sentiment de se sacrifier pour son enfant … ce qui n’est pas faux.

En même temps, la sur-protection, la rigidité de ses comportements, l’anxiété qu’elle transmet au travers de ses comportements outranciers, sont un frein à la maturation de l’enfant, l’enferme dans une position régressive qui nuit à son évolution. On peut, pour prendre le contre pied de ce qui a été dit plus haut avancer qu’elle sacrifie ( inconsciemment ) son enfant à son processus de sécurisation … la vie est bien compliquée !

Avec son époux, c’est le côté dominant qui s’exprime, et la relation évoquée plus haut se développe. Cela peut conduire à des « clash » et des inimitiés si chacun d’eux ne comprend pas leurs rôles respectifs dans la relation et les avantages que chacun peut en retirer. (ce qui est la généralité dans les couples qui se disputent sans avoir conscience du vécu réel de chacun ) De plus personne n’est à 100 % dominant ou dominé et les plus rigides ont parfois besoin de céder, comme les plus faibles des besoins de s’affirmer … ce qui complique le vécu de la relation, les besoins peuvent évoluer au gré des événements et des moments.

L’époux ne peut assurer son autorité sur la famille, sur son enfant. Avant de s’imposer à lui, il devra s’imposer à son épouse ce qui déclencherai une crise familiale. Il doit donc se mettre en retrait, ce que l’enfant ne peut pas toujours accepter. De fait, c’est lui qui conserve la cohérence à la structure de la famille par sa capacité d’ acceptation de la situation.

G… a le sentiment de se sacrifier pour sa famille, elle le fait en réalité, mais en même temps elle lui « bouffe » son oxygène et l’empêche de respirer.

L’enfant, lui, subit. Selon son tempérament il se dégagera plus ou moins rapidement de cette influence, gardera plus ou moins d’anxiété transmise, plus ou moins de position régressive. Il s’autonomisera d’autant mieux qu’il comprendra le mécanisme qui préside à la structure familiale … le thérapeute est la pour lui faire comprendre et admettre son histoire.

Notons que, pour un enfant, le fait de se retrancher derrière son « héritage familial » pour justifier ses problématiques est une attitude tout à fait négative, voire néfaste. A l’âge adulte un individu doit s’assumer, ne plus se considérer comme le fruit de son vécu (même si de fait il l’est) mais comme ce qu’il est. Les reproches, les regrets, les remords, ne servent à rien. Ce qui est fait est fait, ce qui est, est ! Avec l’âge, on doit devenir responsable de soi, autonome, se dégager des ses fusions d’enfance . Si d’autres ont,évidement, participé à notre construction historique la « balle est maintenant dans notre camps », à nous de jouer ! C’est là qu’est la notion de liberté.


"La relation dominant/dominé"   


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