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Cela concerne deux fonctions différentes de la conscience cognitive.

Il y a une grande différence entre « Apprendre » qui constitue une acquisition de connaissance et « Savoir » que l’on peut considérer comme une mise à disposition possible des informations acquises pour un usage ultérieur. Il nous arrive à tous d’être incapable de nous remémorer une information apprise … de l’avoir « sur le bout de la langue » sans être capable de la « cracher », cette information pourtant « apprise » ne constitue un réel savoir que si on a la possibilité de l’utiliser.

J’ai déjà décrit le mécanisme de l’apprentissage. Une information reçue, venant de l’extérieure, est décryptée dans notre conscience (émotionnelle et cognitive) elle fait l’objet d’une analyse critique en fonction des éléments d’information déjà intégrés à notre mémoire.

Si cette information ne bouscule pas trop notre vécu historique elle est intégrée à notre mémoire par la création de liens logiques qui l’intègrent dans le grand réseau déjà constitué. En général l’intégration d’un nouvel élément d’information bouscule toujours plus ou moins le réseau existant. La nouveauté dérange ! mais, tant bien que mal, l’homogénéité du réseau, sa cohérence se reconstitue après une phase génératrice d’angoisse (attention, une conscience cognitive plastique intégrera plus facilement des informations variés qu’une conscience rigide. Cette dernière sera plus sélective sur les informations à acquérir

L’apprentissage sans le savoir présente peu d’intérêt, (si ce n’est que de créer dans la mémoire des nœuds d’information qui pourront être utilisés dans la construction ultérieure de la conscience à partir de nouvelles informations obtenues). Suite à l’apprentissage, le savoir permettra l’utilisation des informations apprises dans les échanges avec l’extérieur. Les deux processus sont donc complémentaires dans l’élaboration d’une culture individuelle.

Etudions maintenant les mécanismes mis en jeux dans les deux processus.

 

APPRENDRE

Le mécanisme de l’apprentissage est assez clair dans le cadre de la théorie que nous avons proposé. Il correspond au processus d’acquisition des informations dans la mémoire. Le message émis par un agent extérieur et reçu par la mémoire selon divers niveaux. La partie cognitive du message et reçue par la mémoire cognitive, la partie émotionnelle est reçue par la mémoire émotionnelle, et les niveaux intermédiaires du message seront reçus par les niveaux de formalisme intermédiaires de la conscience. L’analyse critique du message reçu, vis-à-vis de la construction logique du réseau historique de la mémoire, définie les conditions d’intégration du message dans le vécu historique. Si les conditions sont propices le message va s’intégrer au vécu sans obstacle majeur et sera relié à l’ensemble du réseau par de nouvelles relations logiques. L’information est acquise dans la mémoire et la phase d’apprentissage terminée. Si, par contre, l’information reçue remet largement en cause toute la construction logique acquise, l’information aura tendance à être reniée et liée au réseau logique de la conscience par un message d’alerte : « attention danger » et pourra même être reçue, si la conscience est un peu rigide, comme une agression;

Notons que l’apprentissage sera facilité par une conscience présentant un certain niveau de plasticité.

 

SAVOIR

La phase d’apprentissage est une phase nécessaire dans l’acquisition des informations.  Elle n’est cependant pas suffisante car une information acquise mais non disponible ne présente que peu d’intérêt dans les échanges relationnels avec l’environnement. La phase de mise à disposition de l’information est indispensable.

Le mécanisme par lequel une information apprise peut être retrouvée est loin d’être clair, et par la même difficile à théoriser.

Certaines pistes peuvent nous aider à nous faire une idée sur comment se déroule le « process ».

  • Expérience des « mots croisés » La recherche d’un mot dans un exercice de mots croisés et l’exemple type de recherche d’une information acquise dans le réseau de la mémoire. Les données proposées sont une définition sous forme d’une proposition logique (plus ou moins à double sens), un nombre de cases à remplir dans lesquelles certaines lettres sont déjà renseignées. Après avoir pris connaissance des données du problème (définition logique et contraintes) la recherche démarre et un mot survient à la mémoire, qui est une solution possible au problème posé. Comment est-on passé du problème à sa solution, mystère ! J’ai fait des centaines de mots croisés, étudié des milliers de définition en espérant déchiffrer le mécanisme qui fait passer de la question à la réponse sans déceler le moindre stade intermédiaire. Pourquoi cette incapacité à appréhender des mécanismes qui pourtant doivent exister ?

 

Une première hypothèse serait que ma capacité d’introspection est trop faible et que je ne suis pas taillé pour résoudre ce problème

Une seconde hypothèse serait que ces mécanismes sont si rapides que ma conscience cognitive n’a pas le temps de les formaliser et quelle reçoit la solution avant d’avoir compris ce qui lui arrive

Une troisième hypothèse, que personnellement je privilégierais serait que ces mécanismes se produisent dans des zones profondes de la conscience (au niveau émotionnel ou très proche) et qu’il n’y aurait aucune nécessité à ce qu’ils arrivent au niveau cognitif. Ils resteraient non formulés ou n’auraient pas le temps de se formaliser. Seul le résultat serai proposé dans un formalisme purement cognitif.

 

  • Apprentissage d’un texte .C’est un autre exemple significatif. Prenons l’exemple d’un comédien qui doit apprendre un texte ou d’un collégien qui doit apprendre une poésie. Comment procèdent-ils ?

Pour apprendre une poésie, le collégien va d’abord apprendre deux vers. Puis il va les réciter dans sa tête ou à voix haute pour les fixer dans sa mémoire (en fait pour fabriquer les éléments qui lui permettrons de retrouver dans sa mémoire les deux vers qu’il a appris) Il va ensuite apprendre les deux vers suivant et suivant le même principe les réciter pour être capable de les retrouver. Il va ensuite essayer de réciter les quatre vers pour créer un lien logique entre la fin des deux premiers vers et le début des deux vers suivants. De fil en aiguille-t-il va créer les éléments qui lui permettrons de réciter toute la poésie.

Le point important qui surgit est que les mécanismes qui permettrons de retrouver des éléments dans la mémoire doivent être créés au moment même  de l’apprentissage et non quelques temps après. C’est là qu’apparait « l’effort intellectuel » qui fait passer de l’apprentissage passif au savoir actif.

 

CONCLUSION

A partir de tout cela on peut proposer diverses approches pour théoriser le mécanisme qui permet de retrouver dans sa mémoire des informations apprises précédemment. Comme nous l’avons proposé on peut admettre que les mécanismes de recherche doivent être établit dès le moment ou l’on acquière l’information.

On peut supposer que lorsque l’on met en place le mécanisme d’intégration d’une information, qui va de cette information vers la mémoire, se mette en place un mécanisme inverse allant de la mémoire à une information, permettant de rechercher des données apprises et de les porter à la conscience cognitive. (Dans la mesure où l’on mobilise ce mécanisme avec l’intention avouée que cette donnée acquise soit « à disposition » dans la mémoire, dans une approche résolument volontariste)

On peut également envisager un mécanisme de création d’un index dans la mémoire (comme dans un moteur de recherche) mais cela parait beaucoup moins probable que la proposition précédente.

En conclusion, si on peut théoriser le processus d’intégration d’une information dans la mémoire, le processus inverse qui permet de retrouver, à la demande, une information apprise reste à théoriser.

 


"La différence entre apprendre et savoir"   


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