Trump ou la banalité du mâle.

Anna Arendt à théorisée, suite au procès Eichmann « la banalité du mal » sous deux aspects

  1. Les monstres n’apparaissent pas toujours comme tel, mais comme de banals citoyens, souvent même plutôt effacés
  2. On s’habitue au mal et une monstruosité n’apparaît jamais brutalement mais, très généralement, par petits pas successifs

C’est ce dernier aspect qui m’interpelle aujourd’hui : Comment peut-on arriver à une telle monstruosité sans réaction des populations ?.

Imaginons un escalier , échelle de la terreur, ou le bas représente la normalité et le haut la monstruosité.

Passer du degré 0 au degré 1 va susciter un certain émoi vite éteint par l’habitude, on s’habitue à ce petit inconvénient

Passer du  degré 1 au degré 2 interpelle, mais on à tendance à voir le « gap » entre les degrés  1 et 2 en négligeant la référence au degré 0. Ainsi de proche en proche on peut « monter dans les tours» sans que personne n’y prenne garde. Cette méthode des « petits pas » est utilisée pour faire accepter « en douceur » des modifications, par ailleurs, inacceptables.

L’horreur nazi a commencé par des campagnes de dénigrement, acceptable par la population Allemande déjà baignée, comme toute l’Europe, d’antisémitisme. Puis on est passé aux moqueries, aux insultes, aux spoliations, aux déclassement social pour enfin diffuser le sentiment de la nocivité de la dites « race Juive ».

Le pas suivant est évidemment la nécessité d’isoler les Juifs du reste de la population pour éviter la contagion … d’où l’idée bien naturelle de la déportation … ce qui entraine la mise en place des camps de concentration.

Une fois les Juifs déportés et concentrés, qu’en faire ? Ils deviennent une charge inutile, un abcès, même un danger. La solution s’impose tout naturellement : s’en débarrasser … d’où la solution finale qui s’impose ; Auschwitz et Birkenau.

C’est ainsi que l’on est passé, dans la société Allemande, de la moquerie aux crémations sur quelques années.

Les goulags Soviétiques, les déportations Chinoises ou le harcèlement scolaire, rien ne se fait en un jours. On n se méfie jamais assez des premiers pas !

Bien sur tous les « premiers pas » ne conduisent pas à l’extrême, bien heureusement, mais les leçons de l’histoire méritent qu’on s’en inquiète.

Venons-en  à Donald Trump dont « l’irrésistible ascension » peut, à juste titre, inquiéter et comparons, toutes proportions gardées, à l’arrivée des Nazis et Hitler au pouvoir et celle de Trump. Ne négligeons pas que Trump en est encore aux déclarations alors que les Nazis en étaient aux actes.

  1. La devise :Pour les nazis: « Deutstchland uber alles »  et pour Trump « América first » ou « Make América great again » .Même idéologie
  2. Les Nazis sont arrivés au pouvoir par des élections démocratiques, comme Trump, donc avec l’assentiments des  populations.
  3. Hitler a tenté un coup d’état raté (1922) tout comme Trump au Capitole
  4. Les boucs émissaires : Pour les Nazis les juifs, pour Trump les migrants
  5. Les déportations : Les Nazis ont déporté 2 millions de Juifs, Trump promet d’expulser 15 millions de migrants et propose de déporter 2 millions de Palestiniens
  6. Les annexions : Les Nazis ont annexé l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, Trump propose d’annexer le Groenland, le Canada, et de mettre la main sur le canal de panama.
  7.  Les supports : Les Nazis ont été  supportés par les milieux d’argent comme l’est Trump

Voilà donc des similitudes qui appellent réflexion, d’autant que, par exemple, l’arrivé de Poutine n’est pas sans similitude.

Sans confondre les intentions et les réalisations ont peut s’interroger sur le niveau très faible de réaction de la classe politique et des population mondiales aux intentions de Trump. Comment ne pas hurler au loup quand le dirigeant du plus puissant pays au monde parle d’annexer deux états souverains ou de déporter 2 millions de palestiniens hors de leur terre. natale … pour sans doute permettre à un autre pays de l’occuper. L’Europe est décidément bien décevante

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