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 Apprendre à vivre dans l’incertitude.

« La seule chose dont on peut être certain c’est que quand on est sûr d’avoir raison … on est sûr de se tromper ».

De tout temps on a considéré qu’u delà de nos perceptions, souvent trompeuses, se cachait une réalité à laquelle il serai bon d’accéder. La présence d’un dieu, extérieur à l’humain, détenteur et créateur de cette vérité a alimenté le sentiment religieux omniprésent dans les sociétés.  Cette certitude était un facteur de sécurité. Ne pas accéder à cette vérité, c’est ne pas pouvoir adopter un positionnement stable, adéquat, donc une identité claire, est serai la source de l’angoisse dans nos civilisations .

La recherche de cette vérité absolue a été le moteur de nos pensées.

L’incertitude sur notre vision du monde, dont beaucoup se doutaient, à clairement été mises à jour au début du XX ème siècle avec l’arrivée de la mécanique quantique. Jusque-là , scientifiques, philosophes et religieux, d’Aristote à Jésus, de Confucius à Bouddha, de Mahomet à Newton, et plus récemment Einstein avaient toujours affirmés avancer dans leurs propos la vérité sur le monde.

Quand Heisenberg  proposât son principe d’incertitude dans la mécanique quantique ce fut le « branle-bas dans le Landernau » des sachants. Einstein fut le premier à monter au créneau et à polémiquer avec Niels Bohr. Pour lui l’incertitude n’était pas une option dans une théorie scientifique qui recherchait la vérité dans la représentation de la vie. Pourtant l’incertitude quantique est devenue le pilier de la physique moderne

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Pour pendre un exemple analogue reprenons la justification de la relativité illustré par l’expérience suivant :

Un individu est dans un train qui roule à 100 à l’heure et lance, dans ce train, une balle avec une vitesse de 50 Km/h. Pour lui la vitesse de la balle est de 5O Km/h.  Un observateur sur le quai  voit bien sûr passer la balle à 150 Km/h par  la loi d’addition des  vitesses. Si ce même observateur était dans un train roulant en sens inverse du premier à 100 Km/h verrait passer la balle à 250 Km/h

L& vitesse de la balle est -elle de 50, 150, ou250 k/h. Dans chaque situation, chaque  cas la balle à une vitesse de déplacement différente … et pourtant elle devrait avoir  dans l’absolu une vitesse qui lui est propre. Quelle est donc la vitesse réelle de cette balle? Pour chaque observateur, mis dans des conditions différentes, la vitesse de la balle est différente (50,  100 ou 250 Km./h).Sa vitesse est relative à la position et la situation de l(observateur.  Quant à la vitesse de la balle en dehors de tout observateur qu’elle est-elle ? mystère car seul un observateur peut  l’évaluer ou  mesurer cette vitesse. On ne saura donc jamais qu’elle est la vitesse absolue de cette balle . Seul un dieu extérieur au système , et indépendant des observateurs, pourrait la connaître en se prenant somme référentiel absolu. Les notions de certitude et de dieu sont très  connexes. On voit que le principe d’incertitude habite toute la physique  moderne  de la relativité à la mécanique quantique.

Ce n’est, évidemment pas la physique moderne qui a créé le sentiment d’incertitude dans notre société, il n’en est que la confirmation. C’est la première fois qu’une représentation de la vie met en jeu l’incertitude ! Il est venu  de l’accélération du mouvement de la vie. Toujours plus, toujours mieux, toujours plus vite, toujours plus immédiat. Paradoxalement c’est cette recherche perpétuelle de sécurité dans la certitude qui génère l’incertitude de la vie. Lorsque le monde s’accélère l’être humain n’a plus les capacités de s’adapter au changement  permanent. Prenons l’exemple du réchauffement climatique qui s’est maintes fois produits dans la vie de la planète, il se produisait sur des périodes de plusieurs milers d’années laissant à la nature le temps de s’y adapter. Aujourd’hui il se produit sur un siècle et ni la nature, ni l’humain ne peuvent suivre ce rythme. Quand, pour se sécuriser, on essaye de gérer demain, il est déjà aujourd’hui sinon hier.

L’univers est devenu anxiogène pour nous pauvres humains. Il nous est impossible d’accéder à un positionnement stable dans ce monde en perpétuelle fuite en avant.

. Or le positionnement est la base de la construction de notre identité, de notre conscience et de notre sécurisation.  Sans ces repères établis l’être humain nage dans un océan d’incertitude Ne plus savoir clairement qui on est, ou on est, pourquoi on vit est le ferment de l’incertitude et de son corolaire l’angoisse de vivre. Pour remédier à cette incertitude les populations, qui souhaitent  retrouver ordre et stabilité nous proposent des vérité simples, car plus un propos devient complexe, plus il est difficile à concevoir, et devient pour l’ interlocuteur générateur  d’incertitude. Mes discours des populistes reflètent bien cette recherche de simplicité et de certitude.

Les citoyens se persuadent que cette « chienlit » est le fait des institutions, du laxisme des gouvernants  et recherchent « l’homme fort » qui mettra fin à ce chaos. Malheureusement le désordre n’est pas le fait d’une faction mais d’un monde qui a changé qui devient de plus en plus complexe et que nous ne maitrisons plus. Le dictateur pourra réprimer, emprisonner, fustiger, le désordre restera et l’illusion d’un retour des certitudes déçu.

Nos certitudes sur l’avenir, les retraites, le travail, la famille, les religions, le climat, la paix, ne reviendrons pas de sitôt et il nous faudra vivre avec le monde que nous avons créé, nous adapter à l’incertitude.

Nous cherchons tous à le faire, à coups d’assurance maladie, d’assurance retraite, ‘assurance sur la vie, habitation, scolaire, voiture …mais ces palliatifs ne peuvent rien contre les incertitudes grandissantes de la vie.

Le principe d’incertitude selon Heinsenberg

Cette incertitude, définie par Heisenberg et l’une des conséquences de la mécanique quantique. Elle est difficile à concevoir dans notre vision de la vie.

Pour en donner une représentation pratique, Schrödinger à imaginé une expérience (en pensée) dites « Chat de Schrödinger ».

Imaginons que l’on place un chat dans une boîte opaque contenant des éléments susceptible de le tuer, sans en avoir la certitude. On ne sait pas ce qui se passe dans la boîte ou le chat peut être mort ou vivant. Tout au plus peut-on définir une probabilité qu’il soit dans chacun des états. L’état du chat est source d’incertitude. Pour le vérifier, tentons une mesure : ouvrons la boîte !  A l’intérieur on va trouver le chat dans un état bien défini, mort ou vivant. La mesure (vérification) à modifié l’état du chat. Celui-ci était dans un état de probabilité d’être mort ou vivant, et du fait de la mesure le voilà mort ou vivant. De l’incertitude, la mesure a créé une certitude qui ne reflète plus l’état que le chat avait avant la mesure dans la boîte.

Qu’en est-il dans le cadre de la mécanique quantique. Autour d ‘un atome un électron peut avoir plusieurs niveaux d’énergie, son énergie réelle étant la superposition de ces divers niveaux énergétiques. Si on arrive à mesurer l’énergie d’un électron, on va figer celui-ci dans un seul de ses états possibles et mesurer une énergie qui ne reflètera pas la valeur réelle de l’énergie de l’électron. La mesure, si précise soit-elle, fausse le résultat et le rend inutilisable.

Ce « principe d’incertitude » a déclenché une polémique sévère entre Einstein et Niels Bohr.

Bohr intégrant dans sa pensée les notions d’états superposés et donc d’incertitude, alors que Einstein les refusait catégoriquement. Einstein disait de lui :

« Je suis un non-croyant profondément religieux, c’est en quelque sorte une nouvelle forme de religion »

Il croyait à « la nature rationnelle de la réalité » et ne pouvait accepter ce qui remettait en cause cette certitude. En fait, Albert Einstein considérait la mécanique quantique comme une description d’une réalité rationnelle (donc imperméable aux incertitudes) alors que Niels Bohr n’y voyait qu’un représentation symbolique d’une réalité qui nous échappe (sujet aux paradoxes et approximations)

L’histoire a fini par donner raison à Niels Bohr.

On a souvent interprété le principe d’incertitude de Heisenberg comme l’impossibilité de connaître à la foi la position et la vitesse d’un électron. C’est une fausse interprétation, mais en même temps pas si fausse que ça, puisque qu’elle reprend l’idée des diverses possibilités d’orbites (donc de niveau d’énergie) pour l’électron et l’impossibilité d’en mesurer avec certitude la vitesse.

Accepter de vivre dans un monde ou règne l’incertitude est extrêmement difficile. Notre vielle culture « Judéo-chrétienne » et toutes les cultures religieuses nous ont poussé à croire à une vérité divine donc unique et non négociable. Admettre les multiples visages de la vérité nous amène à repenser complètement notre conception de la vie, mais c’est la voie ouverte vers la tolérance.

L’épisode précédent montre bien comment la représentation philosophique de la vie pour un savant peut jouer un rôle important même au niveau de théories purement mathématiques. On ne répétera jamais assez :

« De la philosophie avant toute choses ! »