La radicalité, simple « biais cognitif »

La différence entre un radicalisé et un modéré est que le modéré parle au conditionnel alors que le radicalisé parle à l’affirmatif, voire à l’impératif

La radicalité consiste à mener des raisonnements justes à partir d’une analyse erronée posée en ukase. En ce sens on peut la considérer comme un biais cognitif !

Reprenons le mécanisme de la création de notre conscience, filtre au travers duquel seront analysés tous les événements que nous allons vivre.

Le vécu d’un événement commence par une perception par nos sens (vue, ouïe, gout, odorat, toucher). A ce niveau il s’agit de simple signaux électrique transmis à notre cerveau. Celui-ci se trouve activé et va comparer ce signal à des signaux déjà perçus et interprétés. Des relations causales de comparaison vont être établies entre ce nouveau signal et ce qui constitue l’essence même de ,notre conscience. Ce sont ces relations causales qui vont donner un sens  à l’événement vécu. Toute perception prend un sens relativement aux perceptions précédemment analysés.

Dans le cas où une ou plusieurs des relations causales sont erronées on crée dans la conscience un biais cognitif, le sens de l’événement observé n’est pas conforme à sa réalité ou à ce qu’il devrait être dans notre réalité propre. Tout lien causal ultérieur rapportant à cet événement mal interprété, aussi logique que puisse être ses relations avec  lui, sera en désaccord avec notre conscience. Il s’en résulte que toute la partie du réseau de conscience établie à partir de ce lien erronée constituera un biais dans la conscience. Quand on construit u mur, si on pose une brique de travers toute la partie du mur au-dessus de cette brique sera « de guingois », même si les briques qui la constitue sont bien posées.

Dans le phénomène de la radicalité une erreur d’analyse sur la perception des jeunes, des Juifs, des Arabes, des migrants, des homosexuels, de la fin de vie, d’une religion  …etc. etc. constituera le biais cognitif originel.

Toutes situations, événements, prises de position passeront désormais par ce filtre.

Généralement cette mauvaise analyse ne vient pas de notre propre récit, de notre fait, mais d’un agent extérieur (famille, milieu, entourage culturel, réseaux sociaux …). C’est aussi le cas des religions qui nous sont de façon très générale imposées et non choisies.

Certains individus seront plus sensibles à cette suggestion. Les narcissiques y trouveront un exutoire à leur besoin de reconnaissance et deviendront des leaders. Les angoissées, en recherche de références  y trouveront un cadre rigide auquel se rattacher. Ils seront plutôt les suiveurs, manipulés par les leaders.

Cette spécificité va conduire le sujet à rechercher, pour se sentir intégré, des contacts présentant le même biais cognitif . Les réseaux sociaux sont évidemment le média idéal pour la confirmation de cette option. Le biais cognitif va prendre valeur d’absolu, presque de dogme puisque partagé par tout un environnement. Désormais toue situation sera jugée en comparaison à ce biais.  Notre conscience se construira sur lui et ce en tous les domaines de la vie. Notre éthique, nos valeurs morales, nos conceptions, nos amitiés et nos inimitiés, notre vision du monde en seront impactées. En bref un radicalisé est construit sur une grosse erreur.

Un des effets de ce biais se traduit dans la vie quotidienne. Le radicalisé à une double conscience : La partie construite sur le biais cognitif et la partie normalement établie à partir de son environnement stable. Lorsqu’il se trouve dans un environnement, disons, normal, il est mal à l’aise avec sa radicalité. D’ailleurs si on lui dit qu’il est « radicalisé » il va le nier … car il se trouve normal. Il sera plus à l’aise parmi des radicalisés de même nature. Il aura une forte tendance à se plonger dans cet environnement et ,cet entre-soi ne fera que le conforter dans ses opinions.

Le radicalisme est un mal contagieux.

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