Nous nous flattons de notre démocratie, mais existe-t-elle vraiment ?
Il nous faut d’abord éviter la confusion entre démocratie et république. La démocratie est la gestion des affaires publiques par le peuple (pris ici au sens de citoyen) alors que la république est une sorte de démocratie dans laquelle les citoyens élisent des représentants chargés de porter leur parole dans les décisions.
Il peut exister d’autres formes de démocratie, comme la démocratie directe dans laquelle les citoyens donnent individuellement leur avis sur chaque question. On peut même imaginer un autocrate dirigeant une démocratie, pour peu qu’il respecte la volonté du peuple quitte à l’imposer par la force !
Ne confondons pas liberté d’expression ou de la presse et démocratie, même si la probabilité est très faible elles pourraient théoriquement, exister en autocratie.
L’archétype de la démocratie est la démocratie de la cité d’Athènes (500 AV JC). Tous les éléments sont présents: Justice indépendante, liberté d’expression, vote libre … Cependant sur les 240.000 habitants de la cité seuls 40.000 avaient le droit de vote. En étaient exclus les femmes, les esclaves et les étrangers (métèques) . Ne votaient que les « citoyens Athéniens » c’est à dire nés de parents Athéniens. D’autre part dans les votes moins de 5.000 citoyens venaient voter. Voilà qui ressemble bien à une Oligarchie démocratique !
Quant à la République Romaine, elle est divisée en deux classes : Les patriciens et les plébéiens. Les premiers sont les descendants des grandes familles et possèdent les terres, les second, artisans ou paysans constituent « le petit peuple » possédant surtout des dettes. Certain deviennent esclave pour payer leur dette. Le sénat, organisme dirigeant, est aux mains des patriciens. Cette république a plus l’allure d’une oligarchie que d’une démocratie.
Après la chute de l’empire Romain suit en France et en Europe une période des plus floue jusqu’à l’arrivée de régimes stabilisés et la formation de nations cohérentes. Vers le XIIIème siècle apparaît la royauté dans laquelle noblesse et clergé se partagent le pouvoir au nom de la religion. C’est une véritable théocratie ou le pouvoir issu de Dieu, se partage entre l’église et l’état (avec beaucoup de querelles pour le pouvoir). Mais noblesse et clergé s’entendent pour conserver le pouvoir jusqu’à la révolution de 1789.
Alors, la république est proclamée, Mais il s’agit d’une république post révolution, aux mains des révolutionnaires, donc assez sanglante.
Après plusieurs aller-retour (Empire, restauration) la république ‘installe après la défaite de 1870, mais jusqu’en 1944 les femmes n’ont pas le droit de vote (entre autres discriminations). Difficile de parler de démocratie quand 50%. des citoyens n’ont pas la voix au chapitre.
A partir de 1944 et la constitution de 1958 la démocratie semble enfin s’imposer. Malheureusement la nature humaine va s’empresser de la pervertir. La politique « électoraliste » des partis, les intérêts personnels des élus, le manque de résultats, la montée des individualismes et du populisme ont ruiné la confiance de la population dans ses élus.
Les décisions parlementaires ne sont plus acceptées et sont contestées dans la rue. A tout bout de champ on réclame le démission du président, du gouvernement, ou de certains élus. Le démocratie représentative est décriée au profit d’un démocratie directe.
Chacun veut faire entendre sa voix et pense détenir la vérité (même sur des questions techniques qui dépassent largement ses compétences). Bref, le désir de démocratie directe tourne doucement à l’anarchie (confère l’état de notre représentation parlementaire !).
N’oublions jamais que le chaos de l’anarchie conduit très directement à la dictature. C’et une évolution générale dans les vieilles démocratie qui voit les partis populistes aux portes du pouvoir. La récente élection Américaine en est un exemple flagrant. Le populisme plante la graine de l’anarchie qui développe le chaos et fini par l’appel à un état fort et au pouvoir totalitaire.
Conclusion
La démocratie ne peut fonctionner que sous la forme d’un oligarchie librement acceptée. Cela a été longtemps le cas quand les « masses populaires » faisaient confiance à leur élite dirigeante. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ou elles sont totalement discréditées dans l’opinion. Par contre les classes populaires, mieux éduquées, on conscience d’avoir leur mot à dire dans les décisions. Chacun se sent en capacité de donner son avis pour diriger le pays. C’est la cacophonie. Rien de plus dangereux que ceux qui pensent savoir mais qui ignorent qu’ils ne savent pas ! ils sont les plus faciles à embrigader et radicaliser si on les « caressent dans le sens du poil ».
La voie es libre pour des dirigeant spopulistes narcissiques et paranoïaques. C’est le cas de Trump (narcissique, paranoïaque, extraverti et ayant besoin d’être adulé) et de Poutine (narcissique, paranoïaque, introverti et ayant besoin d’être craint). Le peuple a choisi avec enthousiasme Hitler, Staline, Mao, Poutine, et maintenant Trump … Bravo le peuple pour ta clairvoyance !
C’est pourtant un courant général qui portera de par le monde ce type de dirigeant au pouvoir. A défaut de chaos nous risquons la terreur … et malheureusement rien n’arrêtera la vague populiste. C’est l’individualisme qui nous gouverne et contre un courant d’opinion on ne peut rien, si ce n’est attendre que la vague passe !
Elle passera. Après les années de totalitarisme et d’intolérance, viendra « la gueule de bois », la demande d’apaisement … et le nouvel appel à la démocratie ! Avec quelques centaines de millions d’habitants en moins sur la planète. Merci les populistes !
pourtant les classes populaires ont bien le droit à la parole, elles ne peuvent se satisfaire d’un paternalisme de l’élite. Comment trouver un « modus vivendi » qui respecte les intérêts des uns et le savoir des autres ? ce n’est certainement pas ce vieux système qui date de 2500 ans. … la porte est ouverte aux innovateurs !
