Gaza : Génocide ou épuration

Le terme de génocide implique l’intention finale d’exterminer une population. Il ne semble que cela fasse réellement partie des projets de l’état d’Israël. Cependant le deal envisagé par Trump et Netanyahou de déporter les palestiniens pour bâtir sur leur territoire un ensemble immobilier touristique laisse pantois. A Netanyahou la tâche de rendre inhabitable Gaza par la destruction totale des infrastructures, à Trump le projet immobilier et à l’état d’Israël l’occupation des territoires vidés des habitants Palestiniens. Après cela l’existence même de la cis Jordanie n’aurait plus de sens. Il s’agit là d’un projet d’épuration ethnique. Donc génocide, non mais épuration, oui.

Il est intéressant de voir comment les peuples vivent et racontent l’histoire des conflits. Pour un peuple il n’y a vraiment de conflit que lorsque son intégrité est agressée, meurtrie.

Prenons l’exemple de la colonisation Française en Algérie. Vers 1830 l’armée Française envahi l’Algérie, Abdel Kader est défait. Les colons s’installent, le pays devient prospère. Les Français métropolitain comme les colons d’Algérie trouvent que tout va bien, le pays est calme et les affaires vont bien. IL en est très différemment pour les Algériens relégués au rang « d’indigène » soumis, exploités, voire humiliés. Quand les indépendantistes Algériens réagissent dans les années 1945-1950, des colons sont massacrés, des fermes ravagées. Les colon vivent se retournement comme une véritable agression, réagissent très violement. C’est le début de la guerre d’Algérie. (Signalons que comme Poutine parle de d’opérations spéciales et non de guerre, les Français parlent des « événements » et non de guerre). Pour les Algériens l’histoire commence en 1830 par une agression Française, pour les colons l’histoire débute en 1945 par une agression Algérienne.

Il en va de même en Palestine. Pour les Palestiniens l’histoire débute en 1948 par une agression Israélienne, mais pour Israël elle débute le 7 octobre 2024 par les massacres causés par le Hamas. Deux peuples, deux histoires, deux agresseurs. Difficile de s’entendre quand chacun tient l’autre pour le responsable. Le principe de « c’est pas moi c’est l’autre » et de la réécriture de l’histoire à son avantage est un universel dans les conflits.

Ce qui est inquiétant c’est que ce projet d’épuration concocté entre Trump et Netanyahou n’a pas créé d’émoi majeur dans la société Israélienne. Comment une population dont les grand parents on subit l’horreur d’une déportation de masse et qui se revendiquent en permanence comme descendant de la Shoa peut-elle ne pas se révolter devant une telle ignominie ? Tout simplement en  raison de l’histoire qu’on leur a servi : Le Hamas a déclenché les hostilités le 7 octobre et son éradication est nécessaire à la paix. Ce n’est pas faux … sauf que l’autre obstacle à la paix est la droite Israélienne … et j’en ai bien peur une certaine opinion publique.

Les peuples sont extrêmement vulnérables à la manipulation. Une solide  propagande fait et défait, à volonté, les opinions publiques. Méfions-nous de « la vertu du peuple » elle est souvent le reflet de « la vertu que leur imposent  des puissants ». Les tyrans ne s’y trompent pas, ils en appellent toujours au peuple souverain. D’est la plus part du temps le peuple qui fabrique les dictateurs (Hitler, Staline, Mao, Poutine, Trump …) qui va les humilier.

L’esclave a la liberté de choisir son maitre !

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