Le siècle des lumières, c’est bien fini !

On a longtemps cru que le « siècle des lumières », marqué notamment  par les philosophes Français (Diderot, D’Alembert, Voltaire, Rousseau, Montesquieu …) marquait un tournant dans la philosophie et la sociologie et montrait à l’humanité une autre voie que celle qu’elle avait suivi depuis 4.000 ans. On s’aperçoit aujourd’hui que loin d’être un tournant, ce n’était qu’une parenthèse dans l’histoire.

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des sociétés on constate qu’elles se sont toutes développées sur un même schéma. Une classe dominante, dotée de tous les pouvoirs et accaparant les  richesses, minoritaire mais imposant ses volontés à une population asservie, exploitée et acceptant sa condition sous l’influence d’une « intelligencia » religieuse investie (on devrait dire auto investie) d’une autorité divine utilisant  la religion comme prétexte pour assurer la domination des plus fort en collision avec eux.

Ne nous méprenons pas même la soi-disant « démocratie Athénienne » n’était qu’une oligarchie déguisée ou seule 20%  participaient aux décisions.

La collusion des églises et des  classes dominantes alliait le pouvoir de l’argent et les lois divines pour maintenir les populations sous leurs coupes. En France l’église et la royauté ont même inventé le concept de« monarchie de droit divin »  pour sceller leur accord … fallait oser !

Ces sociétés étaient, avant tout, construites autour d’une croyance religieuse, donc basées sur l’affect. L’apport du « siècle des lumières » fut d’injecter de la raison, sinon dans la pensée (puisque les religions ont continuées à prospérer) mais dans la gestion des sociétés humaines, de développer la notion de sociologie qui a pu mener à la révolution Française. La création de la notion de république, donnant la parole au peuple a remis le citoyen au centre des priorités. Les notions de solidarité, de mutualisation, du respect des autres, des droits et devoirs de chacun, du « vivre ensemble » sont devenues nos valeurs cardinales.

Les sociétés fondées comme des empire, avec un potentat et des asservis à perdu du terrain vis à vis des visions plus « démocratiques » du vivre ensemble.

Le peuple d’exprimant au travers de représentants élus, d’abord satisfait de la situation, a progressivement perdu confiance dans ses élites. On peut dire que Jules Ferry avec sa magnifique  et si  généreuse idée de la démocratisation de l’éducation c’est trouvé, très paradoxalement, le fossoyeur de « l’esprit des lumières ».

En effet, la population, maintenant éduquée, déçue par ses représentants (auxquels ils demandaient « la lune » et qui leur avait promis) a pensée, à tort ou à raison, qu’elle était tout aussi capable de prendre les décisions que  ces élites qui avaient échouées. L’idée de la « démocratie direct » fait vite son chemin, particulièrement prônée par les populistes qui s’en servent comme « faux nez » pour les faire marcher .

Ceci fait partie d’un vaste mouvement « d’Uberisation »  de la société, du recul de la notion de solidarité, de la mutualité. C’est le sentiment que « l’autre » n’est plus un alliée, une aide, mais que au contraire qu’il est devenu on boulet à trainer.

Notre parlement nous en donne un exemple flagrant ou chaque parti « se la joue perso » et aucun n’a plus le souci de l’intérêt collectif.

Partout des groupuscules  se forment qui cherchent à imposer leurs vues par le chantage ou la force quand ce dernier ne marche pas.

 Cette émiettement des propositions d’action entraine une paralysie de tout système démocratique et un fort sentiment d’anarchie. On regrette le bon vieux temps du parti  majoritaire qui, certes,  confisquait le pouvoir mais avait des possibilités d’action. On recherche « l’homme fort » (pas la femme forte!) qui saura « tenir » le pays et mettre les oppositions au pas.

En bref  on prépare et on espère le retour au régime du « dominant/dominé » qui avait  déjà pointé son nez avec Hitler, Staline, Mao, et maintenant bien installé par Trump, Poutine, Xi Jiping, et tant de petits chefaillons et dictateurs en herbe. On revient au temps des empires.

Chacun attend l’homme fort en pensant naïvement, qu’il sera de son bord et servira ses idées et ses intérêts, alors qu’il ne servira que les siens. On recherche le dominant que l’on exècre par ailleurs et que l’on brulera « in fine ». Les populistes s’en servent comme tremplin vers le pouvoir.  Dans un pays comme dans le monde, dans l’anarchie c’est la loi du plus fort  qui l’emporte. On revient tranquillement aux fondamentaux sociétaux basée sur une classe, ou un pays, dominant qui vassalise les autres. Le grand entremetteur justifiant ce principe qu’était les religions étant remplacé par des idéologies mieux adaptées à l’époque.

Le « siècle des lumières » n’a été qu’une petite parenthèse de 2 ou 3 siècles dans les 6  mille ans d’histoire…et ma génération a eu  la chance d’en  profiter ! Merci Voltaire et consorts.

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