La nature, amie ou ennemie

Depuis des millénaires, depuis « homo sapiens » et sans doute même avant, l’homme à tenté d’échapper aux contingences de la nature. Celles-ci sont principalement la condition animale,  la mort, la maladie,  la pénurie alimentaire, la solitude. Nos sociétés se sont construites contre la nature.

Elles sont bâties sur le notions de droits et de devoirs réciproques  (les devoirs des uns permettant les droits des autres) définissant une échelle de valeurs. Nos comportements évalués par rapport à ces valeurs déterminant la notion de sentiments (Joie,refus,  peine, colère …).

Rien de tel dans la nature, ni droits, ni devoirs, encore moins de sentiments ,rie que la simple notion de nécessité. Dans la chaine alimentaire chacun se nourrit de son prédécesseur et sert de nourriture à son supérieur sans état d’âme, sans sentiments. C’est la nécessité qui fait loi. Quand la nature déclenche séismes, tsunami, éruptions, ouragans,  inondations , raz de marées, tempêtes, incendies, elle se soucie  peu de nous et des ravages qu’elle nous cause.

L’humain est un être de la nature qui s’en est affranchis et qui garde une distance aussi grande que possible avec elle.

Trois grands tabou en sont le signe

  1. L’odeur corporelle. C’est l’un des identifiants principal dans la nature. La communication par excellence. Elle renseigne sur l’espèce, le genre, la situation, la présence ,  la disposition. C’est plus qu’une « carte d’identité ». Nous, humain avons bannis de nos sociétés l’odeur « sui generis » à coups de parfums, de déodorants, de lavages et produits d’hygiène comme pour effacer l’animal que nous étions.
  2. La sexualité. Dans la nature c’est un simple acte de reproduction destiné à assurer la continuité de l’espèce, aussi naturel que nécessaire. Nous avons sublimé ce processus indispensable pour en faire un  acte sociétal sujet aux valeurs sociale. Dans le désir de l’autre la paraitre est souvent plus important que l’être. Les marqueurs du désir sont les vêtements (élégance, lingerie) la promesse (vie confortable, attachement, richesse, trophée …). Dans la nature pour le mâle les femelles sont indifférenciées, et réciproquement pour les femelles. Pour les humains le partenaire doit avoir des caractéristiques spécifiques qui définissent l’appétence pour l’autre. Nous avons fait de l’animalité dans la sexualité un tabou dégotant, un signe évident de bestialité. Quand l’accouplement de vient animal cela devient de la pornographie. Comme pour tout tabou on pratique mais on n’en parle pas.
  3. La mort. Encore un déni qui devient tabou. Dites à un ami « je crois que je vais bientôt mourir’ il vous répondra invariablement « Ho ! il ne faut pas dire  ça ». Ce déni se traduit par l’invention des  religions  promettant une vie éternelle , le culte des anciens, les mémoriaux. On sait que l’on n’échappera pas à la mot, mais on fait comme si !

Nous vivons dans la nature comme des colonisateurs, différenciées de la plèbe et pillant sans  vergognes ni scrupules les ressources locales . Nous nous conduisons comme de maitres prédateurs.

Le respect de la nature est arrivé en France avec  Charles Dumont, non tan pour la chérir que pour mieux en gérer les ressources

Conclusion

Non, nous n’aimons pas la nature, nous la fuyons. Nous la  détesterions si nous n’avions pas un besoin immense de ses ressources limitées.  Il est vrai que nous aimons flâner dans un espace vert,  respirer le bon air, mais comme un propriétaire qui visite son jardin et qui même en prend soin pour mieux en jouir. Nous aimons la nature comme un maitre aime son serviteur, pour ce qu’il lui apporte. Nous la craignons comme le maitre craint que son serviteur ne se rebelle ;

D’ailleurs l’amour est un sentiment, ce qui est totalement ignoré dans  la nature, et qui comme tout sentiment suppose un certain niveau de réciprocité. On ne peut pas plus aimer la nature que tomber amoureux d’une feuille de papier ou d’un tournevis !

Contentons-nous de la respecter, comme on respecte ce qui nous est utile voire indispensable. Prenons en grand soin car c’est elle qui nous permet de vivre … mais de grâce, pas d’anthropomorphisme !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *