On parle beaucoup de l’IA et comme toujours ceux qui en parlent le plus sont ceux qui en connaissent le moins. Les spécialistes préfèrent se taire … car le témoignage de scientifiques peu connus ne peut lutter contre la parole des vedettes du petit écran et de la presse.
Alors allez-vous me dire : « et toi, qu’est ce qui te légitimes à t’exprimer ? » Très bonne question.
J’ai développé un modèle de la conscience (cognitive, affective, ou organique) extrêmement proche de celui utilisé dans l’i.A. dans le domaine du cognitif qu’il s’agisse de l’acquisition des données (Le e :learning dans l’I.A.), de la mise en relation de ces données pour leur donner un sens, du mécanisme de la recherche de solution dans la mémoire. Notre système de sélection, priorisation, décision, notre système de valeurs, n’est rien qu’un algorithmes que nous avons construit inconsciemment au fil des ans. Cette proximité entre le modèle de la conscience en psychologie relativiste et le modèle utilisé dans l’I.A. me permet d’en mieux comprendre les arcanes.
Les avantages de l’I.A. ne sont plus à démontrer qu’il s’agisse de médecine, de la disponibilité de la connaissance, de la recherche bibliographique dans tous les domaines, de l’organisation et la gestion des processus de production.
Les dangers ne sont pas oubliés. Ils sont généralement l’autre face des avantages, comme le risque sur les emplois peu qualifiés, la modification des process de création, l’uniformisation de la culture, ou l’usage militaire.
Mais d’autre danger nous guettent
- La fin de la vérité. Avec l’I.A. générative on peut maintenant créer des contenus plus vrais que vrais. L’image, L’audio, la vidéo, le texte, qui nous servaient de preuve de vérité sont totalement décrédibilisé. Saint Thomas prêchait « je crois ce que je vois » devient totalement ringard. Il devient quasi impossible, sans la mise en œuvre de moyens considérables de savoir si une assertion est vraie, fausse, ou simplement orientée. Imaginez, un cas qui se présente à nous régulièrement, que vous recevez un SMS de l’assurance maladie vous demandant de renouveler votre carte vitale qui est en erreur. Comment savoir si c’est du lard ou du cochon. Répondre c’est un risque, mais ne pas répondre peut poser problème. C’est maintenant notre conviction qui prend la décision. On n’est plus sur « je crois ce que je vois » mais sur « Je vois ce que je veux croire » … ce qui devient la voie royale vers le radicalisme et l’individualisme. C’est la conviction à priori qui fait loi ! La vérité n’a plus de sens.
- On craint une uniformisation de la culture puisque c’est ChatGPT ou autre qui donnent la réponse à nos interrogations ! Détrompez-vous. A ce propos une petite anecdote :
Lorsque Microsoft a fait ses premiers essais pour créer une .I.A. elle a réalisé ses premiers tests sur un jeu de données limités. A leur grand désappointement les premières réponses de leur nouveau monstre étaient tout simplement horribles, politiquement incorrectes, pleine de racisme et de haine. Que s’était-il donc passé ? Tout simplement leur jeu de données de test avait été recueilli dans le sud de la Géorgie,, état à l’époque, profondément conservateur et raciste. Leur I.A. ne faisait que raisonner et recrache ce qu’on lui avait appris.
l’intelligence des humains est faites de nos apprentissages, de nos expériences, de nos influences diverses. Elle est différente pour chacun d’entre-nous car nos vies sont toutes différentes. C’est ce qui détermine notre identité et notre façon de répondre à un problème. Il en est de même pour l’I.A. Cessons e parler d’elle comme universelle. Il peut exister autant d’I.A. que le souhaitent leurs créateurs. IL suffit de bien sélectionner les données d’apprentissage, de bien pondérer les algorithmes … bref de « l’élever » comme on éduque un enfant pour en faire une intelligence d’ultra droite ou gauche, un petit Daech, un parangon de vertu, un Climato-sceptique, un écologiste radical ou modéré, un spécialiste de la philatélie, ou de la mécanique moto … bref de créer le personnage que l’on désire pour l’utiliser au dessein que l’on a choisi pour lui.
si vous demandez, par exemple, « quel soin pour ma peau ?» une I .A. pourra vous répondre : « Le savon de Marseille » et une autre : « Le produit ‘machin’ de l’Oréal ». Tout dépend du gestionnaire qui l’a éduqué et de son sens du commerce.
L’I.A. sera le partenaire idéal des campagnes de publicité, des campagnes électorale, des tentatives de déstabilisation, des propagandes et prosélytismes. Un jour nous choisirons notre I.A. comme nous choisissons notre organe de presse, notre chaine de télévision, nos influences sociétales. Rien de bien nouveau, mais avec des moyens décuplés pour nous influencer et nous déresponsabiliser. La culture populiste dans toute son horreur !
