Ce n’est pas un scoop que de dire que les états gouvernés par un dirigeant populiste ou des partis populistes ont le vent en poupe. l’argument fondamental de ces régimes est l’opposition du peuple et des élites.
Dans ce qui va suivre j’utiliserai le mot « peuple » comme la partie de la population représentative des ouvriers, artisans, employés et classes moyenne inférieures. Le mot « élite » représentant les « sachants, diplômés, classes moyennes supérieure, les dominants économiques ou financiers. Le peuple représentant la grande majorité numérique dans la population. C’est ce ratio numérique qui fait tout l’intérêt de s’adresser à lui.
Alors que le monde se complexifie le peuple en appelle aux données simples. Mozart devient Booba, Botticelli devient Banksy ou Basquiat, Shakespeare devient Marc Levy, Les enfants du paradis deviennent mission impossible, Coco Chanel devient H&M … Le peuple réclame des « idées courtés » et des raisonnement simplifiés et pragmatiques. Les créations sont désormais faites pour la masse et non pour quelques « happy few »
Évolution
Jusqu’au XIX ème siècle le monde se divisait entre les élites (les sachants) et le peuple (les ignorants). Les élites dirigeaient et le peuple, dans son ignorance, leurs faisait confiance. Cette soumission faisait let lit de notre démocratie représentative. Paradoxalement on peut dire que Jules Ferry a été, en quelque sorte ,le « père du populisme’. Il a voulu l’éducation pour tous comme affirmation de la démocratie et atout de l’économie. Le peuple est devenu plus instruit et le fossé entre élites et peuple c’est en partie comblé. Progressivement le peuple c’est senti frustré de ne pas participer aux décisions et a commencé à critiquer les élites. Celles-ci, par ailleurs, n’ont pas réussies à combler les besoins de la population et ont donc justifié ces critiques.
Le populisme
Les populistes se sont engouffrés dans cette brèche avec pour slogan principal : « Le peuple a toujours raison » ou encore « La voix du peuple doit se faire entendre ». Inutile de dire combien cet argumentaire a fait mouche dans les classes populaires. Chacun a voulu s’exprimer et l’avènement des « réseaux sociaux » est devenu le support idéal pour combler cette frustration.
Pourtant l’histoire à montré que le peuple aussi peut se tromper, et lourdement. L’élection du parti Nazi en1933 qui a porté Hitler à la chancellerie , l’adulation de Staline (le petit père du peuple), le culte de Mao (le grand timonier), le Brexit le support à Vladimir Poutine, ou le référendum de 2005 qui aurai pu nous sortir de l’Europe, sont autant d’erreurs tragiques dont le peuple est majoritairement responsable. L’histoire contemporaine est pleine de ces exemples ou l’aveuglement populaire a conduit à des catastrophes. Les despotes viennent généralement d’une élection ou d’une révolution populaire, toujours dans une période de chaos ou d’anarchie.
On a vu fleurir les thèses complotistes, les « Fake news », les propagandes les plus grotesques qui font le lit d’une opinion populaire trop naïve.
L’action populiste
Il n’est pas trop difficile de motiver les classes populaires qui se sentent frustrées (à juste titre) dans notre système. Il suffit d’abonder dans le sens de leur colère.
- Clamer que le peuple a toujours raison et que les élites ont tort ou sont corrompues
- Dire au peuple ce qu’il veut entendre, dans un langage aussi simple et caricatural que possible
- Promettre au peuple ce qu’il peut désirer
- Combattre ce et ceux que le peuple déteste
Voilà le petit ABC du parfait populiste. Si on y ajoute une petite dose de nationalisme, une rasade de valeurs traditionnelles (le peuple a peur du changement … tout en réclamant la révolution) on défini le cocktail parfait à faire déguster aux classes populaire.
Qu’importe que les promesses ne soient que de grossières utopies, le peuple ne réfléchit pas au-delà de ses désirs, il voit son objectif mais ne préjuge pas de ses conséquences.
Convaincre le peuple est assez facile, Les classes populaires réagissent aux messages sur un plan émotionnel, donc assez basique et général. Sur les quatre points cités plus haute il est facile d’obtenir un consensus. Convaincre les élites et plus complexe. Car plus cultivées elles réagissent de façon plus nuancé et varié. Leurs réactions sont nettement moins unanimes et leurs diverses opinions se heurtent et se fragmentent.
Conclusion
La civilisation des élites a vécu er nous entrons dans une ère ou le peuple prend le pouvoir. Dans notre consumérisme tout est conçu, « designé »,, fabriqué pour la masse. Disons quand même que pour une opération chirurgicale, l’enseignement dans les universités, un problème juridique ou financier … on choisira l’option élite plutôt que l’option peuple, mais dans notre démocratie ou la règle est que la majorité l’emporte et c’est le peuple qui dominera.
L’élite ne sera pas absente puisque les mouvements populaires sont le plus souvent initié par des membres des élites voulant se faire une place au soleil. L’ascension de Donald Trump en est un bon exemple. Le populisme, une fois le peuple conquis, tourne généralement à l’autocratie voire la dictature. Hitler, Staline, Mao, Poutine, Trump, en sont de bons exemples.
Comment concilier les connaissance et la capacité de réflexion des élites avec les volontés légitimes du peuple. Elitisme versus populisme, sera le défi pour l’avenir de nos démocraties …Bon courage !
P.S. Si vous souhaitez imaginer ce que peut être la démocratie directe, imaginez, pour ceux qui peuvent l’avoir connue, une assemblée générale de copropriété avec des milliers et des milliers de participants !
