Peut-on rire de la mort ?

La réponse est oui si on se moque de sa propre mort et non pour celle des autres.

Avant d’aborder le sujet définissons les deux paramètres

Le rire est une posture qui consiste à présenter un événement d’une certaine gravité comme u  événement banal. C’est une dédramatisation. Le comique venant de l’écart entre le réel et sa représentation.

Pour la mort, sa définition est plus complexe car i, s’agit de définir un concept dont on ignore tout, dont on ne connaît que son environnement, ses conséquences.

  1. Selon Épicure la mort est un non concept car tant que l’on n’est pas mort, on est vivant et que quand on est mort on « n’est » plus. La notion même d’être mort est un non-sens
  2. Pour les adeptes de la vie éternelle le problème est plus paradoxal. Puisque l’on « est » après la mort la mort devient un état possible.
    Toutes les religions  proposent ou on proposés la vie éternelle. Les dieux disposent de ce pouvoir. Le « deal » est simple : « vous êtes des sujets fidèles et obéissant et en échange vous aurez droit à une vie éternelle heureuse … sinon vie éternelle pourrie ! »
    Dans mon lointain passé Catholique (hé oui personne n’est parfait) un aumônier m’avait dit : « si tu est sage, quand tu seras mort tu seras assis à la droite de Dieux ». Enfant j’avais gobé cela tout cru. Plus tard, en grandissant je me suis posé la question de savoir ou est la droite d’un dieu qui n’a ni forme ni représentation. De plus il y aura des milliards de personnes qi voudront cette place … quelle bataille en perspective ! Je ne me vois vraiment pas me chicaner avec mère Térésa ou Saint Augustin pour avoir la meilleures place … c’est sans doute le début de mon engagement à gauche !
  3. Que penser d’une promesse de vie éternelle sans détail. Serrât-on jeune ou vieux, avec ou sans corps, que mangera-on, quelles relations avec les autres, les distractions ? retrouverais-je mes proches dans ce bazar, bref quid ? quid ? quid ? Je n’achète pas un produits sans avoir la notice, surtout si son obsolescence programmée est infinie. De plus que la condition primaire pour avoir cette vie éternelle est de commencer par mourir … ça sent l’arnaque !

Vu sous cette angle rire de sa propre mort n’est pas plus idiot que d’en pleurer et au moins cela fait rigoler ce qui est rare de nos jours

Quelques « blagounettes » pas très drôles, juste pour illustrer le propos

  1. Deux amis âgés se rencontrent  et en se disant  adieu: 
    « a la prochaine »
    « à mes obsèques si tu es libre ! »
    « Pour te voir je ferais un effort »
    « mais tu sais je crois que je ne semai pas là, j’ai d’autres obligations prévues »
  2. A l’enterrement d’un ami ont fait tout pour l’honorer. On l’a habillé avec la chemise en satin beige qu’il aimait porter dans les grandes occasion, on joue cette musique qu’il aimait tant, jusqu’au moment de la crémation ou l’on  susurre à l’officiant : « Pas trop cuit, i aimait tant la viande rouge »

Rire de sa propre mort reste, je pense, la meilleur façon de l’exorciser, de la rendre sereine. Malraux faisait dire à l’un de ses personnages dans « la voie royale » : « dans la mort le difficile est d’arrêter d’écrire sa biographie ». Le propre de l’humain est de faire de sa vie un récit fictif écrit dans le temps et dans l’espace … et il est toujours difficile de tracer le mot « FIN »

P.S. Que personne ne pleure sur ma mort, moi je partirai en disant : « c’est chouette de les avoir connus, quelle chance j’ai eu » … et si vous le voulez réjouissez-vous comme moi de nos rencontres

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