L’identité, sa perte ou son enrichissement

C’est un mot magique utilisé « à tour de bras » par nos politiques sous forme d’identité Française, de désir ou de besoin identitaire… ou autre.

Mais avez-vous, une seule fois, entendu l’un de ces bavards définir ce qu’il entendait par identité. Ils se servent de ce vocable comme « mot valise » derrière lequel chacun peut mettre ce qu’il entend ou pense entendre  par identité (Patriotisme, nationalisme, racisme, citoyenneté …)

L’identité, définition

L’identité est ce qui permet d’identifier un individu parmi tous les autres et ce, de façon univoque.

Par exemple l’identité d’un citoyen et matérialisée par sa « carte d’identité » assumant que la probabilité que deux individus aient le même nom, le même prénom, et soient nés dans la même ville le même jour, est infiniment faible voire nulle, surtout  si on y ajoute la nationalité, une photo, des empreintes digitales, et sans doute un jour une analyse ADN.

Pratiquement cette identité est le marqueur d’un individu unique parmi les 7 ou 8  milliards d’habitants de la planète.

L’identité nationale.

Un concept dont sont friands les nationalistes. Ce seraient les caractéristiques physiques, sociales, ou culturelles qui permettrai d’identifier de façon univoque, un Français par exemple, de tous les habitants de la planète. Aucun de ces nationalistes ne s’est risqué à nous dire quelles seraient ces propriétés…  mis à part le béret Basque et la baguette sous le bras ! Le Français est râleur, mais il est loin d’être le seul. Le Français est sensible à  son apparence, à sa mise, mais pas plus que les italiens ou les espagnols. Le Français est un utopiste … mais des milliard d’individus sur la planète le sont aussi. Le Français est pétrit du catholicisme, comme l’Amérique latine … et nombreux d’entre eux sont musulmans, Juifs, Protestant ou athée. Définir les paramètre d’une identité nationale est aussi impossible que de définir les critères d’une race. Les noirs de race sont moins noirs que certain sri Lankais ou Pakistanais. Les Juifs qui ont été longtemps considérés comme une race sont aussi bien blanc que noirs ou Jaunes.

Personne ne se lance à préciser les critères d’une identité nationale car ces critères n’existent pas et ceux qui s’y réfèrent sont , d’ ailleurs, ceux qui prônent également la notion de race … toute aussi impossible à établir.

La genèse de l’identité.

Chacun croit avoir forgé son identité.  C’est une erreur. Je ne me suis pas fait tout seul, ce sont les autres, par ma relation avec eux, qui m’ont fait. Mon « innée » je le tiens de la génétique de mes parents, ma culture je la tiens de mes apprentissages par ma famille, mes professeurs, mes amis, mes relations, mes lectures, mon environnement. Je ne suis que le fruits de mes relations aux autres, de mes positionnements par rapport à eux. Je ne suis que le miroir de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai subi, de ce que j’ai fait subir aux autres. Très humblement je ne suis que la créature d’un docteur Frankenstein universel. Si je suis différent des autres ce n’est que parce que mon environnement a été le miens et pas le leur, que mes parents ont été les miens et pas les leurs, que ma vie a été la mienne et pas la leur. Je ne suis que ce que les hasard de la vie ont fait de moi … mais ma vanité personnelle voudrait que j’en soit plutôt satisfait.

L’identité se construit pas à pas, strate par strate. Chacune de mes expériences prend son sens en relation avec ce que j’ai vécu auparavant, ce que je suis à cet instant, et chaque expérience me modifie un peu ou beaucoup.

Si je ne suis que le fruit des autres, je me console en pensant que moi aussi je les façonnes, ils sont ce que je leur donne et qu’ils reçoivent de moi. Nous faisons un tout, comme un vol d’étourneaux ou chacun ne se dirige que sous l’influence de ses voisins.

Alors pas d’orgueil, pas de fierté, pas de vanité, bon ou mauvais nous ne sommes que ce que les autres ont fait de nous, comme il ne sont que ce que nous avons fait d’eux.

Mais alors, quid du « libre arbitre », qui tient le sifflet dans cette partie, peut-être un « deus ex machina » qi joue avec nous, ou peut-être que chacun de nous a son sifflet et dicte et se fait dicter les règles.

La perte de son identité

C’est le concept le plus ridicule qui soit. Perdre son identité serai gommer de façon irréversible tout ce que nous avons vécu, nos expériences, nos passions, nos dégouts … un « reset de notre mémoire » comme on efface le disque dur d’un ordinateur. Cela serait-il possible qu’il nous faudrait des années et des années pour acquérir cette nouvelle identité qui remplacerait l’ancienne.

Non, une identité ne se perd pas, elle se modifie, ne cesse de se modifier jour après jour. Il ne peut en être autrement, c’est la loi de la vie et de l’expérience. Certes un nouvel environnement, de nouvelles expériences, modifient notre identité lui donnent une nouvelle orientation, mais ne se construisent qu’à partir de ce que nous étions avant. On ne perd jamais son identité mais on l’enrichie, l’affine, la précise tous les jours.

Conclusion

Méfions-nous de ces discours ridicules venant de sots qui ne savent même pas de quoi ils parlent … et qui surtout ne voient pas plus loin que le bout de leurs futures élection.

C’est en modifiant notre identité ou plutôt en la construisant que nous passons du bébé à l’enfant de l’enfant à l’adulte, et de l’adulte au vieillard. Maudit soient ceux qui veulent nous empêcher de grandir en figeant notre identité, en nous gardant dans une puérilité propice à leurs desseins.

Modifier notre identité, l’enrichir, acquerir des capacités de réflexion, c’est ce qi peut nous arriver de meilleur. Ne devenons pas ces bébés qui reçoivent la fessée des populistes !

Modifier son identité c’est, sans doute ce qui nous approche le plus de la liberté.

P.S. Ce dont je viens de parler est une version simpliste de la notion d’identité qui, de fait, est bien plus complexe.

La physique moderne postule que ce que nous appelons réalité n’est qu’une simple perception d’une vérité qui nous échappe. Nous ne percevons le monde qu’au travers de nos sens et de l’analyse des messages (visuels, auditifs, olfactifs ou tactiles) reçus de l’extérieur et analysés par notre conscience. Dans la théorie de la relativité on admet, tout à fait implicitement et « à bas bruit », que cette perception constitue « notre réalité » … puisque c’est la seule accessible. Un précepte que Bouddha avait énoncé il y a déjà 2600 ans.

Notre identité est multiple elle se compose :

  1.  De notre perception de nous-même, comment nous nous voyons, nous représentons, qui et ce que nous pensons être. Cette vision de nous-même au travers du filtre de notre conscience, de nos valeurs nous fourni l’image idéale de ce que nous sommes ou plutôt de ce que nous pensons ou souhaitons être.
  2. La perception par les autres. Elle dépend de ce que nous sommes (ou de ce que nous affichons d’être … de nos postures, de ce qu’est l’autre (qui va nous percevoir au travers du filtre de sa conscience, de ses propres valeurs) ,et enfin se définir au travers de la relation que nous entretenons.
  3. Notre identité va être un mixte indéterminé entre ce que nous pensons être et ce que chacun de nos contacts va penser de nous. Nous-même ne serons jamais le même en fonction des interlocuteurs que nous côtoyons. Tout se défini dans chaque relation particulière.

L’identité est une notion complexe qui mérite d’être manipulée avec beaucoup de circonspection et de réserve. Attention aux charlatans qui font de l’identité un « mot valise » destiné à vous faire croire que vous êtes ce qu’ils ont envi que vous soyez !

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